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LA PENSEE
ET LA LANGUE
Ferdinand
BRUNOT
DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRE; DE l'université DE PARIS
LA PENSEE ET LA LANGUE METHODE, PRINCIPES ET PLAN DTNE THÉORIE NOUVELLE DU LANGAGE APPLIOUÉE AU FRANÇAIS
MASSON ET 120,
Cï^
EDITEURS
BOULEVARD SAINT-GERMAIN, ig22
PARIS-VI*'
=^
r
C'
Tous de
de
droits
traduction
réservés
pour
ref^roduction,
et
d'adaptation
tous
pays.
COPYRIGHT 1922 BY
= MASSON ET De =
U
N0V25
1968
MA CHÈRE ÉCOLE DE SÈVRES A
POUR OUI (.KITE MÉIHODE A ÉTÉ CRÉÉE
A L'ACADÉMIE ROYALE DE LANGUE ET LITIÉRATURE FRANÇAISES
DE BELGIQUE HOMMAGE DU DE
l'REMlER 1-A
MEMBRE FRANÇAIS
SEC.FIOX DE THIUOLOGIE
INTRODUCTION Ce
une «Psychologie ».
livre n'est pas
J'ai
même
évité avec soin de con-
sulter les psychologues et leurs œuvres, ne voulant point
ner à des analyses dont
beaucoup moi, de
analyses sommaires et superficielles auxquelles je suis obhgé,
les
me
Ce
ma matière, et suivre commun est le résultat.
dont
n'est pas
le
parler
non plus une Grammaire ». Sans doute on y retrouvera <
de verbes, d'adverbes, ainsi de
d'adjectifs,
aussi les règles qui régissent les variations des J'ai fait la critique
me
fidèlement
borner, pour ne pas excéder
-ifLtravail des foules
mots
me laisser entraî-
complexité eussent dépassé de
la finesse et la
suite.
mots
et
de plusieurs de ces règles, je n'en
les
On
y retrouvera leur agencement. ai
écarté aucune,
mon lecteur à même de distinguer celles qui ont une Mais mon but n'a pas été de donner une grammaire
bornant à mettre
autorité véritable.
revue et corrigée.
Ce que
j'ai
voulu, c'est présenter un exposé méthodique des
pensée, considérés et classés par rapport au langage, et des ''
faits
de
moyens d'ex-
pression qui leur correspondent.
Voici comment et pourquoi j'ai été conduit à faire ce livre. L'étude des langues, une des plus anciennes des disciplines humaines,
qui a fourni à Aristote quelques-uns des priiLcipes, e_ssentiels de sa philos-Sophie, une des reines incontestées rajeunie ou pour
mieux
du Moyen Age, quoiqu'elle
dire renouvelée de fond en
ait été
comble depuis un
siècle et demi par les découvertes de la grammaire comparée et de la grammaire historique, qui l'ont élevée au rang d'une science d'observation, est aujourd'hui, dans nos classes, un enseignement de rebut, une
école d'éîinui, effroi des élèves et des maîtres.
Ce
n'est pas ici le lieu de chercher les responsabilités.
le droit
d'imposer une doctrine par l'enseignement,
les
En
examens, l'Administration de l'Instruction publique acceptait de suivre toujours la
les
progrès de
fait, et
qu'elle
la science.
ne
route aux nouveautés.
était
s'est
le
les
devoir
Personne n'oserait soutenir qu'elle
l'a
pas servie de son autorité pour barrer
En physique
reconnue, on l'envoyait rejoindre
la liste
acceptant
concours et
et la
en chimie, dès qu'une erreur
théorie de l'horreur
du vide ou
des gaz permanents. Les applications pratiques y obligeaient. Elles
LA FESSÉE ET LA LANGUE
VIJl
commandé
eussent bon gré mal gré
.grammaticale^_.elle, n'avait pas et
y semblait acquis-et
fixé
plus apparente et
la
doctrine
à jaTnais,^uisqueJa^onventTOfl-eftfeegraplii^ue^ plus
commune
des applications grammaticales,
immuable.
restait
Où
la
La
ces renouvellements.
ne pouvait avoir pareille fortune. Tout
la
bureaucratie universitaire,
bien intentionnée qu'elle fût, eût-
si
goût de retoucher son catéchisme ? Quelquefois, sous l'impulsion d'esprits éclairés, informée de la décadence de l'enseignement, elle elle pris le
a eu quelques velléités .-dlinnover, d-unifier^, de. simplifier, _de.xaiustei\_
Mais quand
il
eût fallu imposer, elle tolérait. Elle acceptait une amélio-
comme on pardonne une faute. Un moment on a pu espérer que l'État
ration,
allait
trancher dans
le vif,
que
l'orthographe, fléau de l'éducation grammaticale, allait être réformée. Sur ce point, essentiel pourtant, la peur de l'opposition, et des coalitions d'in-
eu vite raison des
térêts matériels ont
A
cela
vœux
répétés
n'y a malheureusement nul remède
il
;
la
du Conseil Supérieur. s:^r^npgAes pouvoirs
une Tant qu'on n'aura pas abjuré, est, aussi longtemps que le pré-
à qui a été remis le soin 4€-î=égler- périodiquement rorthdg;ràpîie crée
situation sans issue. £^s1rfempêché originel.
tant
que l'orthographe
restera ce qu'elle
jugé public attribuera une valeur de premier ordre à
connaissance de
la
pures conventions d'écriture, l'enseignement véritable de souffrira
il
;
restera gêné, étouffé, faussé, au
mentaires. Les arbres empêchent de voir
Parmi
les maîtres,
que pouvait
sachant
moyens de redonner
la
le profit
langue, ont
à cette discipline
ingénié à trouver des simplifications, à renouveler les -exer-
X)ii--s.'est
améliorer
La
la
pédagogie.
La
use sans profit l'attention et
se sont
qu'ils ont
;
la lecture
et ses disciples,
sont retour-
?
On
feint d'oublier
que Racine consultait Bouhours
Remarques à Uzès que les hommes et les femmes de un milieu très étroit, fermé, dans une Cour tout de bon usage, où un mauvais mot vous déclassait, où la correction
emportait
les
«
>•
;
ce temps vivaient dans éprise
Ils
des textes doit suffire. N'est-ce pas ainsi
formés nos bons écrivains classiques
eu Vaugelas
l'effort. C'était
doctrine restait intacte.
plupart ,^dé(iouragéSj ont renoncé à tout exposé suivi.
nés à l'empirisme
et
langue en
effet éducatif.
cices, à réduire tout ce qui
que
la foi,
d'une étude intelligente de les
la
les classes élé-
la forêt.
bon nombre qui gardaient
tirer l'enfance
essayé de réagir et cherché
son
moins dans
du langage
se pratiquait
comme une
vertu.
INTRODUCTION
—LesJerAtents 4e
l'antiquité
comptent sur
IX
le_latin.^La version latine obli-
une toute petite part comprend, bien entendu, après des
gatoire doit tenir lieu de tout. Dirai-je qu'il y a là ?
années
des années
et
— quand
Enjtraduisant
de vérité
— pour rendre son
comparer
nécessité de
il
texte, l'élève se trouve
expressions et
les
dans
la
tours qui diffèrent d'une
les
a là l'occasion de réfléchir quelques minutes, de
temps
langue à l'autre.
Il
en temps, sur
structure de son idiome. Notre français attrape ainsi des
la
du latin, la part de la bonne. Ronsard trouvait déjà que c'était peu pour une demoiselle de bonne maison, qui dep ;is a été recherreliefs
chée de toute l'Europe.
Mais que faire ? On entend partout le même cri Quel livre prendre, méthode suivre ? En vérité, je le dirai sans amertume, mais je suis :
quelle
obligé de
le
en toute
dire
sincérité. Il
en coûte, en conscience, quand un
enfant sait l'orthographe, de l'engager plus avant dans l'étude des manuels
en usage
(i).
Partout ou presque partout, c'est d'abord et
des formes,
une
comme
réalité, et ainsi,
s'il
suffisait d'écrire
la
confusion de l'orthographe
des flexions pour leur donner
dès les premières pages, on voit surgir
la kyrielle
des
quiempêchent de voir les vrais c'est une suite de règles si extravagantes que si l'instinct et la pratique ne les redressaient, en parlant suivant ces théories, on se ferait moquer de soi, comme ces enfants formés pour la dictée qui prononcent toutes les lettres j'en ai entendu -- dans les poules couvent ! Un temps précieux est gaspillé à aligner des verbes actifs et passifs, et à établir entre je chante un air et l'air est chanté des correspondances qui bravent l'usage. Mais que deviendrait la vieille façade sans ces fausses pluriels sans existence véritable et des féminins imaginaires, ;
—
fenêtres
:
?
La syntaxe
est pire encore. Si
son défaut principal
épineuse que l'aient
moins dans
est
les subtilités
faite les raffineurs,
exagérées que dans les
erreurs positives. Erreur de principe d'abord. Malgré les découvertes de la
linguistique moderne,
que
la
le
concept fondamental n'a pas changé. L'idée
langue est fixée reste debout, dans sa fausseté séculaire. Et par
s'explique cette étroitesse de doctrine qui fait
déformations corruptrices
et les
condamner pêle-mêle
nouveautés heureuses.
Partout des barricades de toile d'araignée ferment s'avance, souverain et irrésistible.
souple, adapté, à jour,
'
dit
a\ec raison Léger Noël,
Au
lieu
d'une
les loi
avenues où l'usage de
vie,
on réimprime une ordonnance de
Si nos grammairiens avaient (1) fois d'autres règles que celles qu'ils
là
les
d'un code
police, toute
l'habitude de lire, ils nous donneraient certainement partrouvent chez leurs devanciers. Qui a lu une grammaire, aucune ne vaut rien. » (bastin, Glamires, 25K
les a lues toutes, et
LA PENSÉE ET LA LANGUE
X
pleine de prohibitions, de restrictions, de chicanes, sur laquelle veillent
quelques commissaires de bonne volonté, qui croient sauver nationale
la
«
tradition
».
Des explications ridiculement attardées, fondées non sur le développement historique, mais sur les pires rêveries des logiciens du XVIII^ siècle; ce qui est dans les phrases interprété par ce qui n'y est pas illogismes de
la
;
les
prétendus
construction réelle et vivante ramenés de force à des
formes régulières, seules munies d'une patente
une analyse qui accommode, transforme le réel pour ses besoins, déclare passifs les actifs et sujets les compléments, jamais à court puisqu'elle ne s'embarrasse point des faits, et les recrée pour les conformer à ses vues à priori.
Au
;
milieu de ce fatras^ .joiur-enversement total des valeurs, des faits
anciens et primordiaux transformés en exceptions, des observations essen:^ tielles
reléguées dans l'oubliette d'une remarque, lesunots invariables
—
un idiome comme
le
indispensables à l'expression des rapports dans
nôtre
des
—
sacrifiés-à
noms
des inutilités d'écriture
:
propres, lesquels doivent régner et
de leur naissance leur
a
permis de donner
mots coinposés ou dominer, puisque le bonheur
pluriel des
lieu à des difficultés d'ortho-
graphe.
Un
défilé effrayant
modes,
comme
le
de méprises manifestes
futur dans
le
modes pour des temps, comme
:
des temps pris pour des
passé déguisé en conditionnel, ou des
l'imparfait
du subjonctif dans beaucoup
de ses rôles, des théories bâties sur ces contresens grossiers, des règles qui doivent jouer quand
même, même quand
elles
portent à faux, telles
ces règles de correspondance des
mécanique, tout extérieure chronologie
et
temps dont on a substitué la pauvre formelle, aux rapports véritables de la
(i).
(1) Voici une noie d'inspecleiir insérée dans la Revue pédagogique de Se])lenil)re 11)21. On jugera d'après cela si le mal que je signale est imaginaire. Le professeur explicjue que l'arlicle est un adjectif les élèves n'en comprendront pas mieux la notion d'adjectif, étant donné surtout qu'il définira l'adjectif « un mot que l'on ajoute au nom pour en rendre le sens plus précis ou plus complet Le sens du mot ne dépend évidennnent pas de l'adjectif, et mieux vaudrait dire simplement que le nom peut s'employer sans l'adjectif, mais que l'adjectif, qui ajoute au nom une idée particulière, ne peut s'employer sans le nom. Mieux vaudrait surtout le montrer nellcment aux élèves de telle sorte qu'ils ne confondent jamais ces deux « parties du discours . Si tous les distinguent nettement, à quoi bon philosopher, à faux, sur des notions rébarbatives ? Le professeur arrive ensuite à distinguer rarticle défini, l'article indéfini, l'arlicle partitif. Il déclare donc que l'article défini s'emploie devant un objet nellemcnt défini, nettement déterminé, l'article indéfini devant un objet quelconque, el que l'article partitif marque qup l'on prend une partie d'un tout. Et cependant on dit sans aucune détermination L'homme est mortel et avec détermination : Un homme s'est présenté chez vous. On dit J'ut mangé de la soupe ce matin, même si on a mangé toute la soupe de la soupière. Mais il reste entendu que du, de la, sont des articles partitifs lorsqu'ils amènent un complément d'objet et des un article défini, même si le bon sens el la réflexion y trouvent à redire. A quoi bon enseigner de telles notions sans application praticiue possible el contraires à la saine formation du jugement ? Ce même professeur, dans l'analyse logique de celte phrase L'enjant gui triH'aiUe est récompensé :
i.
:
:
:
INTRODUCTION
XI
Bref, une matière d'observation extraordinairement riche, variée et mouvante, incomparable école de réflexion psychologique et logique, à volonté simple ou complexe, dont les exercices gradués pourraient con-
duire aux plus extrêmes délicatesses de
la
pensée, gâchée par
exclusif de l'écriture, par l'esprit de routine, et, l'ignorance, voilà ce
ceux qui ont «
été
que
il
le
souci
faut bien le dire, par
phipart des livres offrent aux descendants de
la
au XYIII^ siècle
grammairiens de l'Europe
les
«
Secs petits bouquins», dit Anatole France, qui devine «livres honteux ;
dit
A. Meillet, qui
».
»,
sait.
Des réformateurs, comme MAI. Sudre, Yvon,
et
quelques autres, ont
temps qu'onJes suive résolument. L'ère des gram-maires fabriquées en vue des succès de librairie doit se clore. Qu'on nous donne d'abord hardiment ce Manuel des fausses règles, que j'aurais voulu avoir le temps d'écrire, qui deviendra bientôt un bréviaire pédagogique, .ouy_ert la voiiiJQ est
et
un
livre d'affranchissement national.
Je ne recommanderai méthode déductive. Je
plus,
comme
crois
que
.
je
l'ai fait
le sacrifice
ailleurs,
en est
de renoncer à
fait,
et
sauf quelques attardés, personne ne s'entêtera plus à définir
ou
même un
triangle.
En
effet,
mourir devenait
aperçu
;
il
comme on
adverbe,
une
si difficile
beaucoup
les
déterminatif est celui qui indique laquelle
on envisage
le
nom
un verbe
telle
qu'un
radical bien défini, celui de prendre
à saisir qu'il en était introuvable
a bien fallu se
n'éclairait pas
une abstraction,
ou de on s'en est rendre compte aussi que pratiquement on sens de même, en déclarant qu'" un adjectif
un
fois
définit
la
que bientôt,
la
manière
;
d'être particulière sous
».
Ces aberrations ne se soutiennent plus cela est heureux pour l'enseignement grammatical, et j'ajouterai pour l'éducation tout entière, car ;
cett£_dogiiiatique, placée à la base des études, tendait à fausser
de
la r aee, ^léjà
abolissait,
trop porté à
la
logique
au profit d'un dogmeprésenté
l'esprit
abstraite et intempérante. Elle
comme absolu
et souverain jusque
veut, comme l'auteur de son manuel, que la proposition qui luwaille soit complétive du nom « parce qu'elle le complète ». Il est difficile de prendre au sérieux cette définition du complément qui complète, puisque tout complète tout. Mais dans la phrase examinée, la proposiet se parce qu'il travaille qui travaille, équivaut en fait à < lorsqu'il travaille » ou à tion trouve donc être, en réalité, un complément circonstanciel de la proposition principale. Alors réalités ? prés les de regarder lieu de se complaire nomenclature vide au pourquoi dans une La nomenclature de 1911 est déjà trop compliquée ne la surchargeons pas et disons seulement principale proposition la sujet de au reliée la proposition qui travaille est subordonnée et que par le pronom qui, nous ferons ainsi l'économie d'une erreur et d'un terme obscur. Simplifions pour de bon, regardons de près les réalités du langage et évitons le pédantisme. Monsieur X. est un excellent maître dévoyé par un manuel d'ailleurs estimable et des plus répandus.
enfant
',
:
LANGUE
LA PENSÉE ET LA
XII
dans ses caprices, le sens de la vie, tel qu'il se reflète dans le langage. Mais je crois devoir ajouter que la méthode inductive n'est pas meilleure,
si elle
doit conduire à des classifications
seulement cet étiquetage détourne de naître et de
comprendre
sous
les idées
apparent mène doucement
et
comme
but dernier.
l'objet véritable, qui est les signes,
mais pareil désir d'ordre
inévitablement à l'erreur,
/'^es éléments linguistiques n'ont pas une valeur constante.
pas partout semblables à eux-mêmes. raissent bien caractérisés
;
Non
de recon-
Au
sur les bords,
ils
se
ne sont
Ils
centre de leur aire,
ils
appa-
confondent avec d'autres.
» sont aussi mélangées que les classes sociales. mesure de donner à l'une un brevet de conjonction, à l'autre une petite fonction d'adverbe. Souvent les éléments à cataloguer se présentent en chauves-souris. Je suis préposition, voyez
Les
«
parties
du discours
Aucun censeur
n'est en
mon complément;
je suis adverbe,
puisque vous
Aussi voit-on s'écrouler à chaque instant
Malgré l'apparence, confondues
:
fique,
même
celui
:
me
rencontrez seul.
séparations les
mieux
établies.
propositions elles-mêmes, en voisinant, se sont
coordonnées,
J'ai dit ailleurs
m^ettre à
les
les
si
l'on veut
;
subordonnées,
si
on
préfère.
L'objet pratique des études grammaticales est de
de tout comprendre
et
de tout exprimer. L'objet
que se propose un enseignement un peu
une idée de ce qu'est réellement
élevé, est de
scienti-
donner
langage, avec ses nuances, ses inconsé-
le
quences, mêlée perpétuelle d'éléments que des forces naturelles poussent vers la confusion, pendant que d'autres vêtré, indécis,
aligné
Il
pour
comme
complexe la
comme
organisent et
fausse science.
y a quelque trente ans, on a tout espéré de réveiller la curiosité.
On
classes, avant qu'elle fût faite.
l'a
même
immense
à
comprendre
grammaire historique, je dise
service, elle a
au
un
bienfait. Elle a en outre
du mouvement, elle en
rendu d'autre
commencé la règle
à faire pénétrer
grammaticale
;
dans quelques elle
a ainsi ruiné l'absolutisme, car,
y a introen faisant
connaître l'âge et les origines des dogmes, elle a permis d'en mesurer valeur véritable. Elle
a,
de
la
sorte,
de jadis une confiance raisonnée pensent.
les
du mal de
et à interpréter les textes, et ce fut
cerveaux une conception nouvelle de duit l'idée
la
rendue obligatoire dans
Personne n'attend que
_lihistoire de la langue. N'eût-elle point
moins enseigné
distinguent, enche-
nature, et non réduit, simplifié, ordonné,
la
commencé
la
à substituer à la foi naïve
et limitée, plus
digne d'hommes qui
.
INTRODUCTION Mais
il
ne m'en coûte pas de dire qu'elle
XIII
un peu
s'est
En générai,
égarée,
_êlle_s^esL.filus._attadh.éÊ i,.i'jexplicatijQiL.des:4)artic.ukjdtés. .dkpaniès
d^ ja ^ammaire
qu'à
,
elle
a trop
^archaiséu, en portant son effort vers les époques les moins connues,
comme
l'explication de la partie encore vi vante
;
vers les faits les plus difficiles. Ces préférences, tout à l'honneur de ceux
qui faisaient
les
recherches, puisqu'elles augmentaient leur labeur et leurs
empêché 4e
risques d'erreur, ont
entre la science et
comme
lien-de_â!£lâhUr,
il
l'eût fallu,
pédagogie quotidienne.
la
J'ajoute, et ceci est plus grave, que, tout bien considéré,4a gramuiaire
historique n'est pas. celle. qui peut fournir
cadre d'un exposé exact et
le
a:iÊLjde4a4afi-gtte-d-^jourd'hui -Elle
aujûujp4'4wji.
notre usage est
sorti,
de l'usage antérieur et
comme on les donque hier^e confond avec comprendre. Considérons cette
ainsi d'interprétations directes erronées,
nait autrefois.
Mais
Un
simple phrase il
comment
explique
nous préserve
:
il
seul
faut se_gardÊr de croire
exemple
Tejuailà
! S'il
le
fera
de savoir comment
s'agit
de montrer que voi
est indispensable
elle s'est
formée,
est l'ancien impératif qui s'est
peu à peu soudé à l'adverbe là. Mais s'il s'agit d'expliquer le sens de te voilà, ce n'est assurément pas en le traduisant par regarde toi là qu'on en viendra à bout, qu'on donnera la valeur véritable, ni qu'on déterminera le rôle Il
l'est il
de cette exclamation dans l'expression des sentiments. se peut
plus
;
que dans
que dans
l'origine celui ait été
Vive la France,
:
comme
n'apparaît plus
tel
la
un démonstratif, mais
France
ait été le sujet
au sujet parlant. Or,
c'est là ce
de
vive,
il
ne
mais
que l'observa-
teur doit considérer. C'est une éimle-de s uivie- les va r iaticffl»-ëes langues
—
je lui ai fait ici
de
les
examiner
une
aura
tique, purgée de
fait les
seis
Après
une
\et
-l'erre ur
logique d'autrefois, ne
révisions nécessaires,
que
L'étude des
.•'
et
justifiées et
Je ne
faits
fication générale
la
réduite à son rôle,-qu_'elle sera
modeste
grammaire dogmaramenée à son
le
témoin
la règle,
fidèle
de
mais accueil-
aux changements nécessaires,
la
réforme
crois pas.
du langage repose, depuis
de tous
le
judicieuse de ceux qui entendent parler
exactement, toujours éprise de l'ordre et de
aux créations
sera-t-elle faite
;
autre, et assez différente,
fautes, corrigée de ses excès, aura été
l'usage, la conseillère et écrire
est
l'erreur étymologique.
caractère véritable
lante
— c'en
telles qu'elles sont.
tombons pas dans
Quand on
large part
les
l'antiquité, sur
une
classi-
éléments linguistiques qui peuvent composer
LA PENSÉE ET LA LANGUE
XIV une phrase,
qui forment les
et
se mettre d'accord sur le
«
parties
nombre de
du discours
On
».
n'a jamais
ces parties, ce qui prouve déjà
pu
que
le
principe adopté n'est pas d'une grande solidité, ni d'une clarté indiscutable.
Mais passons. Ces parties .du discours, les unes siariahks, les autres dans un ordre à peu près immuable, sont étudiées
_i^nvariables, rangées
successivement dans leurs formes
et
dans leur
rôle, c'est-à-dire
qu'on
passe en revue les accidents qui leur surviennent, variations en nombre,
en genre, en
cas,
en personnes,
etc., et
combinaisons qui forment
ensuite qu'on examine leur fonction
phrases. Quelques auteurs ont réuni morphologie et syntaxe. Le plus souvent elles sont deux parties traitées séparément^JTout le monde a présente à l'esprit la disposition de l'Article, du Nom, etc. Inutile de intérieure des chapitres ordinaires
dans
les
ces
les
:
:
rappeler en détail.
la
ne veux pas discuter
.^Je
cas,
ce plan, imaginé pour
si
convenait de tous points.
lui
Il
serait facile
appliqué à une langue analytique^omme
peu près,
la
langue grecque,
de montrer que non. la
En
tous
nôtre ,JI-a-perd-u> ou à
qu'un archaïsme, dont il grammaire historique se soit accommodée jusqu'ici. Des orientalistes m'ont déclaré après Spinoza qu'appliqué aux langues d'autres familles, il est souvent une gêne pour leurs études il
est
Xoiiie^-sa valeur, et jie constitue plus
surprenant que
la
—
—
;
paralyse les nôtres,
comme
je vais essayer
de
le
montrer.
Dans une géométrie, quand on étudie les triangles, le chapitre forme un tout qui n'empiète sur aucun autre et sur lequel rien n'empiète. L'étude peut être plus ou moins complète, elle n'excède pas la matière, et la matière ne qui en
la
traite,
dépasse point.
Il
y a concordance entre le.si4£t et l'exposé
lequel reste cohérent et limité;
En grammaire
usuelle,
Jamais par exemple un
il
n'en est pas,
mode
censé correspondre. Jamais non plus
laquelle
il
Ainsi
le
conditionnel est en pleine vie. Mais
tions
:
est
pourvu quelle
AU tre_£hose^ que nées
:
ne peut pas en être
il
français ne suffit à exprimer la
il
serait là est barbare. Il
des conditions ou
même
il
ne se borne à
n'exprime pas
suivre bien loin -hors des conditions, d'autre part toute
du
condi-
que des éventualités condition-
me donner un peu de feu ? Au cas où vous donc j'institue uneitude du conditionnel,
sions des conditions reste en dehors
les
à
elle.
exprime d'autre part tout
Pourriez-vous
retirez-vous. Si
ainsi.
modaUté
chapitre.
une
seriez fatigué, il
me
faut le
série d'exprès-
Ce double
vice est
si
grave qu'il rend absolument impossible, suivant moi, toute rénovation '
véritable de la
grammaire sur
l'ancien plan.
Donnons quelques exemples. Modes.
Si la syntaxe
de
Je prends les premiers au chapitre des
l'infinitif est traitée
comme
elle doit l'être,
on y
.
XV
INTRODUCTION voit l'infinitif paraître
puis servir de
comme nom
d'hypothèse, puis prendre
de
verbal, en qualité de sujet, d'objet,
complément de temps, de
suite. Bref, c'est
le
une syntaxe
à transformations
forme, grimée de vingt façons, se montre dans
qui défile, où une
les rôles les
sans que les paragraphes soient ni puissent être reliés par
dans laquelle tout se trouve, sauf
conque,
et
fierait la
présence de
qui
lui soit
Avec
le
l'infinitif
parmi
les
le fait
modes,
même
plus divers,
un
lien quel-
fondamental qui
justi-
une valeur modale
à savoir
propre.
subjonctif, la démonstration serait plus facile et plus concluante
marque des
encore, car tantôt celui-là
des modalités, tantôt
il
que pour
les
relations logiques, tantôt
qu'un simple
n'est
dans chacune des catégories, autres,
une forme
but, puis devenir
sens de l'indicatif, celui de l'impératif, ainsi
espèces sont
les
si
il
marque
de subordination. Et
outil
éloignées les unes des
réunir dans une étude d'ensemble,
il
faut parcourir la
Mais prenons un mode aux emplois plus restreints, dont le domaine, semble-t-il, est plus compact et mieux défini l'impératif. C'est, dit-on, le mode du commandement. Il faudrait d'abord y regarder de plus près. Quand Bébé dit Maman, donne-moi un bonbon », il ne commande pas, il demande. La différenciation peut se faire. Soit Seulement
série des propositions.
:
<
!
l'impératif n'a-t-il point d'autre rôle
hypothèses
:
Ainsi n'entre-t-il pas dans des
?
Faites ce que vous voudrez, vous ne retrouverez pas la confiance
du public. Est-ce
qu'il
y
a là
un
ordre, une
demande, un conseil
?
Si
on en trouvait un, implicite, ce serait justement celui de ne rien faire, exactement le contraire de ce que signifie proprement la forme employée. Je ne voudrais plus donner qu'un exemple, mais qui fasse réfléchir. Arrêtons-nous un instant au mot que. Il est à la fois pronom, adverbe et conjonction. Admettons qu'on arrive à faire exactement la
première de ces fonctions
la
chose soit
si
aisée,
professeur dans
il
et les
deux
puisqu'un de mes collègues
un grand
départ entre
le
il
ne semble pas que
les
plus expérimentés,
autres, et
lycée de Paris, s'y est mépris.
Restera à distinguei^g-Me adverbe et-que conjonction. Si on y parvient, cas où on emploie chacun. Voici
n'y aura plus qu'à examiner les
l'exposé
des rôles de
la
conjonction.
Dictionnaires français, œuvre d'un
Je l'emprunte au meilleur
homme
justement
fier
des
de son esprit
logique et épris de classifications, A. Darmesteter. L'article du '/Dictionnaire Général
Que
1°
».
se
résume
Conjonction
ainsi
relative.
:
Je
désire qu'il vienne.
Par analogie, vu que,
attendu que... 2°
Formant avec un antécédent une locution conjonctive
bien que, de
même
que, de sorte que, avant que de.
:
depuis que,
LA PENSÉE ET LA
XVI 30 (il
LANGUE
Résumant l'antécédent sous-entendu
faut que) l'adore, ce Dieu
;
:
Que chacun
se retire ;
Qu'est-ce que tout cela qu'un
avertissement ? Sors vite, que (de peur que) jf'e ne t'assomme
(si ;
Qu'on
ce n'est un)
Venez ça tous
que (pour que) je vous distribue mes ordres ; Que bien (tant bien) que mal elle arriva ; On n'entend que (rien autre que) des cris ; Il n'est que (il n'est telle
c'est)
chose que) de jouer d'adresse en ce moîide ; La douce chose que (que d'aimer ; Que (s'il arrive que) le bon soit toujours camarade du beau ;
Sans que (sans cette circonstance que) tnon bon génie au devant m'a poussé ; (j'ajoute que) si son rang la distinguait. En tête d'un chapitre, pour en indiquer la matière Que (on y montre
Que
:
désir s'accroît
que) notre
par
la malaysance.
Imaginons qu'on corrige dans cet article toutes les explications arbifondement, quel désoriir<^-dans cet ordr-er
traires et les inventions sans
quelle
débandade d'observations s'en allant en tous sens, et de nature à à celui qui lit l'impression que la conjonction que s'emploie à tort
donner
et à travers,
Or
il
en
pour tout dire ou tout cacher de même à chaque chapitre, à chaque paragraphe, qu'on !
est
comme l'imparfait, une préposition comme de, un comme qui. Et il ne s'agit point là de dépassements accidentels,
regarde un temps conjonctif
qu'une remarque ajoutée à propos sufRrait à indiquer, mais de débordements, si je puis dire, réguliers, de discordances fondamentales entre les
donne pour fonction de signifier. Cela est Les formes du langage, si nombreuses qu'elles soient, sont toujours en quantité bien moindre que les formes de la pensée. Chacune des premières est donc employée à divers offices. Ceux qui ont étudié signes et les choses qu'on leur naturel.
l'histoire des
Quoi
qu'il
moder de
langues savent qu'il y a d'autres causes encore. soit, si on comprend que des linguistes puissent s'accom-
en
ce plan, s'y plaire
et le caractère des
même parfois,
mouvements
parce qu'il leur révèle l'origine,
divers dont l'ensemble constitue
une évo-
lution, quelle pédagogie fonder sur ces ribambelles d'observations sans suite^ qui dispersent l'attention et la
d'intérêt,
comme on
dit
choisir à l'ancienneté prix. le
Mais
si la
?
perdent
au Jardin d'enfants
Ce
?
?
Où
chercher son centre
Partir de la valeur première,
sera se conformer à l'histoire, et la chose a son
valeur première a disparu,
comme
sens primitif est devenu rare et négligeable
dans mais, ou bien
PartLr^de- la -valeur- principale, choisir d'après l'importance régler, semble-t-il, sur la pratique.
on
le trouvait,
C'est se
alors
croit-on qu'il en résultât beaucoup d'ordre
hiérarchisée n'en est pas
?
on retombe dans tous les l'emploi fondamental de que ? Si
Mais
embarras signalés plus haut. Quel est
si
?
moins l'incohérence.
?
L'incohérence
IN TROD UC TION
Aucun
XVII
de classement ne peut donner à un des chapitres dont
artifice
nous parlions plus haut
:
Syntaxe du subjonctif ou Efnploi de que,
pas l'apparence d'une chose composée, ceci serait de
l'art,
logique qui permet d'embrasser une matière, d'en rattacher
unes aux autres, de
les la
la
je
ne dis
mais cette unité les parties
rendre féconde pour l'esprit et assimilable pour
mémoire.
Resterait d'ailleurs une autre difficulté, la principale. Nos g:rammaires y^^ gardent e ofiora-i-mer apparence—d-'ordre^^ police qu'il y manque les. trois quartsde ce qui devrait y être. Prouvons-le avant d'aller plus loin. Voici le chapitre des Degrés des adjectifs. Pourquoi des adjectifs ? Les _
adverbes n'ont-ils pas de degrés
noms,
faut ? plus
homme
?
Plus souvent, dirait Gavroche. Et
de toute nature
et les caractérisations
:
plus nature, plus
les
comme
il
de bien ?
En outre pourquoi trois degrés Parce qu'il y avait trois formes en latin en grec, comme encore en allemand Que nous importe Ces trois for?
et
?
mes ont du
?
grammairiens anciens à la plus fâcheuse des confusions. N'est-il pas contraire à toute méthode de mettre pêle-mêle degrés relatifs
reste induit les
comme
le
comparatif ou
le
superlatif relatif, et degrés absolus
Ceux-ci ne sont-ils réellement que deux n'y a-t-il point d'intermédiaires
température,
le
langage ne
les
?
?
De presque
?
tiède à brûlant,
Le thermomètre marque les degrés de ? La vérité est qu'il y a
exprime-t-il pas
toute une série de degrés, qui pourraient être groupés en trois classes
:
infé-
moyens, supérieurs, qui iraient de Vhyposulfite au permanganate,
rieurs,
beau, ravissant. Les langues anciennes mieux que ce que des grammaires étriquées laisseraient deviner. Les nôtres sont dhme richesse \... conforme à nos besoins. On trouvera dans ce livre la série des moyens d'enchérir sur une appréciation. Il n'y en a pas moins de treize. Est-ce enseigner la langue que les passer sous silence, à l'exception de deux ou trois ?
d'assez
beau à parfaitement
aussi avaient
Retournons-nous maintenant vers les œillères
que
la tradition
les degrés relatifs. Sitôt qu'on a ôté nous impose, que de découvertes Major,
7ninor, plus grand, plus petit sont des
!
comparatifs
de supériorité. N'y
donc pas de comparatifs d'infériorité moins grand ? Et les compad'égalité Pourquoi sont-ils à peu près escamotés ? Sans doute parce qu'ils ne jouent qu'un rôle effacé. En effet Ils contiennent seule-
a-t-il
ratifs
:
.^
!
ment ils
toutes les équations des sciences. Quantité négligeable
!
Seulement
n'avaient pas de formes spéciales en latin.
Raison de plus peut-être pour chercher
et
pour exposer comment
le
LA PEXSLE ET LA
XVIII
rapport d'égalité s'exprimait avant
LANGUE mathématiques
diffusion des
la
et
exprimé depuis. Quant, autant, tant, si, aussi, valent d'être expliqués. Leur syntaxe moderne exige même beaucoup d'attention, j'en appelle aux étrangers. Dès lors une question se pose, impérieuse. Si on veut étudier la langue,
comment il
s'est
manque dans les livres de doctrine ? faire un chapitre des Degrés de l'adjectif, oix il sera des degrés de l'adverbe et du nom, de l'emploi et du choix des
intercaler ce qui
où
Est-il possible traité
de
adverbes de quantité, de même, autres choses
comparatif par essence, et de vingt
Peut-on dresser un chapitre de l'impératif où figureront
?
les
mots ou groupes de mots jetés en commandements Silence ! Dehors ! Arme sur V épaule ! Tenir debout ! où seront rangés parnii les demandes, les exclamations qui exigent, conseillent, supplient, accompagnées des formules qui les futurs et les infinitifs à sens d'ordres, plus tous les :
accentuent en revendications ou
les
atténuent en prières, avec pêle-mêle
conditionnels et les imparfaits des
les
inventions de
la
demandes honteuses, toutes
artifice rattacher ce
foisonnement d'expressions, ce formulaire social com-
pliqué où une race rafiinée a mis son empreinte, et des siècles de vie
mune
leurs
les
platitude, toutes les subtilités de la politesse? Par quel
marques
com-
forme de l'Impératif, sans
diverses, à cette pauvre
personnes, presque sans temps, mutilée, rapiécée, qu'on rencontre parfois,
mais assez rarement dans-Gê 4afe¥i4ftthe
Un exposé et
de gibbosités, un composé d'appendices. Je
car
j'ai
commencé par
Et cependant dans il
?
de cette sorte serait un monstre contrefait, éclatant d'enflure
snlf.t.
le
nécessaire doit être introduit
grammaires. Par quel moyen
les
Entre
les
plus ûispkrates,
ïï
pour
le dis
l'avoir essayé,
là.
farmes
les
?
;
A mon sens
la il
langue doit entrer
n'y en a qu'un, mais
plus diverses de l'expression, entre les signes les
y a un lien, c'est l'idée
tribuent à exprimer. Si on la
commune que
prend pour centre,
il
ne
ces signes con-
s'agit plus
de choisir
entre des rattachements abusifs ou des omissions forcées, tout s'ordonne
autour d'elle parts, et
;
elle
groupe des éléments linguistiques venus de toutes
dont d'autres chapitres se trouvent
s'organise, se classe.
De
la sorte,
finis,
pendant que des hommes
nom,
vingt
est à l'article,
hommes aux noms de nombre
;
précises ou imprécises se cataloguent dans ailleurs les
nombres
et les
allégés.
Tout
se complète,
quelques hommes cesse d'être aux indé-
mesures.
les le
une poignée dlwtnmes au expressions de quantité langage,
comme
le
font
INTRODUCTION
XIX
Les vingt façons de marquer la cause, compléments sans préposition, compléments prépositionnels, adjectifs, formes temporelles, propositions coordonnées, subordonnées, tout ce qui concourt à l'expression de ce rapport, est rapproché, non point bien entendu pour se confondre dans
un chaos nouveau, mais pour se répartir par valeur et par signification, comme autant de signes, synonymes et approchants syntaxiques, proposés au choix de celui qui pense et qui parle. Les outils étudiés, vient l'examen des
faits
entre lesquels s'établit
rapport et de leurs modalités diverses,
le
puis les causes certaines se séparent des probables, celles qu'on accepte
de celles qu'on écarte, jusqu'au point où on voit de
travail
clair
qui de toute part enchaîne des
faits
dans cet énorme
ou des éventua-
observe leurs relations.
lités, et
me
Il
l'esprit,
paraît inutile de citer
d'autres exemples.
ici
On
en trouvera un
dans chacun des chapitres qui composent cet ouvrage.
La première c'est là
objection qu'on ne
retourner à l'idéologie, ne
manquera pas de me
me fait pas
gardée à jamais des spéculations a priori
est
qui ont perdu celle du X^^II•^ siècle
pour
la
On qui et
peur.
'(
la
et
que
des constructipns en
l'air
science positive des langues est
là
retenir désormais dans la voie de l'observation scientifique.
moqué de
s'est
à huit
«
;
faire à savoir
Une idéologie jnH^erne
comprenait
avance, et
Condillac, et on a plaint
ans connaissait déjà
il
ne
la
le
le petit prince de Parme, système des opérations de son âme
>:,
génération de ses idées
s'agit point
».
Le prince
était
en
effet
en
de former de pçtits prodiges de ce genre.
Mais on conviendra que l'étude de la langue maternelle serait peu de chose, si elle ne menait d'une part à l'intelligence des textes et des auteurs, si
d'autre part elle ne contribuait à l'éducation générale de l'esprit.
Dès 1903, ma conviction était faite, et dans des Méthodes élémenque j'ai publiées à cette époque, en collaboration avec M. Bony,
taires
dont
la
dernière est de 1908,
j'ai
fait
des applications, timides encore,
du système, en réunissant tous les moyens d'expression qui servent à marquer les causes, les buts, les conséquences, les hypothèses, etc. Dans le Cours de méthodologie, que je professais alors à la Sorbonne (1908), je marquais fortement la nécessité d'abandonner les
discours (1)
»
«
parties
du
(i).
Voir L'Enseignement de
la
langue française, Paris. A. Colin, in-12, chap.
XV,
p.
155 et
d'un ordre nouveau. Les parties du discours. Nos adieux à Priscien. Si on se donne pour programme de respecter l'ordre traditionnel des « parties du discours», il sera impossible d'obtenir cette coordination des faits si précieux pour les faire comprendre.... suiv. Nécessité
LA PENSÉE ET LA LANGUE
XX J'eus bientôt
de voir que mes idées fondamentales avaient
le plaisir
de grandes analogies avec celles de mon éminent collègue de l'UniverGenève, M. Charles Bally, le créateur de la Stylistique sité de française^ (i).
Malgré
tout,
on ne rompt pas facilement avec une tradition tant remanié c}uinze ans, de dix façons, le Cours de
fois séculaire et j'ai
de
langue que je
faisais à l'École
Après chaque
de Sèvres, et qui n'est autre que ce
retouche à L!ancien plan ne peut
suffire,
même
livre.
Aucune aucun reclassement des faits du
revenu à
tentative, je suis
la
conclusion.
langage ne donnera satisfaction, tant qu'on s'en tiendra à
la classification
par parties du discours. Il
faut se résoudre à dresser
soient plus rangés d'après
Ce sont
idées.
elles-mêmes logie pure,
tique,
ici
et
elles
des méthodes de langage, où les faits ne
des
l'ordre
signes,
mais d'après Tordre des
qui doivent être classées non point sans doute en
pour elles-mêmes,
comme
mais en vue de leurs signes
et
elles le seraient
par
la
psycho-
La
relativement à eux.
scolas-
encore, doit mourir.
11 ne s'agit pas du tout d'empiéter sur la psychologie, ni de faire de la grammaire une branche de la philosophie. Si je cherche à la reconstituer, c'est pour elle-même, pour ses fins propres comme par ses moyens propres.
Et
résultat sera toujours de faire apparaître des dissemblances profondes
le
entre
la
psychologie ou
logie
ou
la
la
logique pure d'une part, de l'autre
logique reflétées dans
le
Je m'attends à une autre critique. vrai, et j'ai des raisons
où
l'esprit
cation.
dans
n'est pour
Mais
Le langage
de ne pas l'ignorer.
particulièrement les
faits,
rôle qu'ils ont eu
la
faits
avaient-ils
une
Il
matériels de
découverte des
rien. Ils
la
psycho-^
langage d'un peuple.
lois
a sa vie propre
la
c'est
phonétique
—
et
on
sait le
de l'évolution des langues
ne sauraient donc entrer dans
relation
;
y a des catégories entières de
quelconque avec
l'autre
ma
—
classifi-
?
présenté, dans la Méthode-Brunot-Bony, un spécimen de ce que pourrait être un Les faits y sont classés d'après les idées à rendre, non d'après la nature grammaticale des moyens d'expression. Et les idées sont rangées en catégories, de façon à former des groupes naturels, etc. Partant du fait de pensée, on
-})cnsée cs,t-devenu dTclentincalion que j'ai exposée el suivie syst'ématiquetait d'expression. Cette méthode 'ment dans moîTr/ni/é (voir vol. I, 2'' partie, lyoO-lltlO) me semble être le remède le plus eflicace contre le formalisme qui paralyse encore les études linguisliques el surtout l'enseignement des langues. Cette méthode s'applique, bien entendu, non-seulement aux mots, mais à tous les faits d'expression (p. ex. aux faits de syntaxe, de prononciation expressive, etc.» (Sli/lisliqne ri /l'/if/iiixfigi/e (jcncrnlc, .\rch. fur das Studium der neueren Sprachcn, .^vril 1912).
•
Nous avons
(Ordre nouveau....
'
'
i
XXI
INTRODUCTION Il
mesure que
la
science se perfectionne,
découvre des rapports essentiels entre
la
pensée et
semble du
qu'il se
reste,
au fur
et à
les
intonations
développement des sons des faits importants j'en ai indiqué plusieurs, et toutes formeront un jour la matière d'études systématiques. En outre, maintenant qu'aux premières de
phrase, qui expliquent dans
la
le
;
recherches en succèdent de nouvelles, nécessairement plus approfondies,
on s'aperçoit que toutes sortes de causes ont contrarié ou dérangé l'évoSous le mot jadis bien vague d'« analogie-), se précise l'action tour à tour destructrice et constructrice de l'esprit, ramenant à lution phonétique.
la simplicité
de séries suivies
la diversité
excessive des formes, corrigeant
développements proprement matériels.
ainsi d'instinct les résultats des
D'autres influences troublantes ont été révélées par
M.
que
gine psychologique,
comme
accidents menacent de troubler
un
pénétrantes études
ce besoin de distinction qui
des mots, revanche des forces de l'esprit sur
Il
les
Gilliéron a consacrées aux parlers vivants, presque toutes d'ori-
faut toujours en revenir
signe.
Ce
qui
le
la
là, si
commande
la
domine
le
choix
matière sonore, dont les
netteté des signes.
on considère l'ensemble, domine, c'est l'idée à
le
signes ne sont que pour elle et par
langage est
signifier.
et le
Les
elle.
Non pas bien entendu que les deux mouvements soient concomitants et marchent ni à même allure, ni toujours dans le même sens. Loin de là. Il y a eu une conception de V humanité en France, longtemps avant que cemot
pour désigner l'ensemble des humains. Et l'oubli où sont dans la jeunesse bourgeoise n'a pas empêché le
existât
tombées tennis
les chandelles
ensuite, de prendre
d'abord, l'aviation
années, l'image
Aussi bien
il
:
là,
ne s'agit pas d'introduire dans
la
dernières
ces
science une conception
grossière de finalité, dont se révélerait tout de suite
question est de savoir pratique des langues, faits
dans
faire une chandelle.
si, il
dans l'étude scientifique
la
fausseté.
comme
Toute
la
dans l'étude
n'y a pas intérêt, grand intérêt, à grouper les
d'après les idées.
Sur l'ensemble, personne ne peut contester. L'assimilation du langage aux espèces vivantes, donnée. Tout
comme un
le
fait
et
monde
de
pour considérer
la société à laquelle
pensée collective, avec
les
langage
psychologie des générations,
telle
il
appartient, qui en
nuances que peuvent y apporter, congroupes et les individus. Ne paraîtra-
sciemment ou inconsciemment, les t-il donc pas avantageux dans le détail, d'examiner la
le
sociologique, qui se produit, se développe, s'altère, se
perfectionne en fonction de reflète la
linguistique à l'histoire naturelle, est aban-
la
est d'accord, je crois,
les divers
chapitres de
qu'on l'aperçoit à travers leur langage,
— LA PENSÉE ET LA LANGUE
XX II
de suivre par exemple
montre
la
développement de
le
l'idée
de
que le compléments, des
finalité, telle
distinction progressive des propositions, des
fkialité, si peu distincts en ancien français ? Assurément on peut réunir, et on .l'a fait, tous les exenîples qu'offre la langue d'adjectifs ou de participes restant invariables, quand ils précèdent le nom. Rapprocher ci-incliis de sauf exception, de vu la requête, de témoin vos deux lettres. La question est de savoir si on doit s'en tenir là. Un vrai savant ne le soutiendra pas. Or, sitôt qu'on examine le fait
modes de
:
:
:
généralisé, qu'on en cherche la loi, qu'il
y a
là
il
est
impossible de ne pas apercevoir
autre chose qu'un hasard de syntaxe, et que Ximmobilité_da-
:jterme variable placé à cet endroit s'explique par ce fait
lequel doit se faire l'accord n'a pas encore été exprimé. tions, le rapport n'est
pas
manière. N'est-ce pas
là
que
nom
le
Dans
avec
ces condi-
ou du moins ne l'est pas de la même une caractéristique de l'esprit frgiiçâis ?
perçu.^.
déjà
Un déplacement de mot embarrassait-il de la même manière un Latin ? Nullement. Impossible de comprendre et d'interpréter le phénomène, qui est ici la difficulté de perception d'un rapport, sans entrer en pleine psychologie ethnique.
Encore n'est-ce pas là tout ce qu'on peut tirer des faits de cet ordre, si on veut bien considérer quelques-uns d'entre eux d'après la méthode que je préconise. Vu, attendu, vu que, toutes les expressions de cette nature ont un rôle si les
commun.
Elles seront
donc classées ensemble, sans considérer
unes sont des prépositions,
les
autres des conjonctions. Or, sitôt
qu'on examine leur sens, on découvre sans peine pourquoi
elles
sont nées
peu près ensemble et à leur date. Pour les exposés de motifs, à une époque où le français débutait dans son rôle de langue administrative et judiciaire,
à
il
fallait
des outils
;
on
les a faits, et je
ne crains pas de
me
servir
ici
de ces
mots, dans une matière où certainement, étant donnée leur culture,
du moins
les
demi conscients. On pourrait apporter d'autres exemples et en nombre. L'imparfait de cause ne doit-il pas être étudié en même temps que le développement sémantique àe'fiu moment que ,'\e plus-que-parfait de cause en même temps
créateurs étaient sinon tout à
c^nt puisque ?
Dans
les
deux
temporel au sens causal
?
fait,
à
cas, n'est-ce pas le
deux phénomènes concordants appartiennent différentes Il
même
passage du sens
Et qu'importe que deux faces du à des parties
même du
?
y a place pour des études globales, sur de ou que, elles ont été
Mais
fait,
disffours
faites.
y a place aussi pour des études sur l'origine, la causalité, la conséquence, etc., où l'on suivrait parallèlement la marche de l'esprit et celle il
du langage, dans
leur accord et leur divergence.
Le
regretté Sturel avait
ISTRODUCTIOX pensé à un
sur les Oppositions.
Il
San«^4oute j« ne prétends pas que
la
livre
XXIII
y en a cent à faire de ce genre. dispersion actuelle ait pour \^^
linguistique les suites désastreuses qu'elle a ailleurs.
Dans
d'ordre scientifique, des renvois rétablissent les Héns que
semble couper. Les savants verront bientôt
les lé
ma méthode
si
recherches
plan adopté leur apporte
nïoyen d'enfoncer plus avant dans l'étude de certaines fonctioiis des
le
mots
et des-formes,
d'en trouver
et
de
les
démêler mieux, de rapprocher des phénomènes
les lois.
Peut-être les philosophes et les sociologues trouveront-ils à glaner, eux aussi,
dans certains de mes chapitres.
quelquefois datés, des
faits
Il
y a
là,
attestés par le langage, et
de vie intellectuelle, logique
et
psychologique,
qui peuvent jeter quelque lumière sur les procédés de l'esprit français
Mais
je
m'adresse surtout à ceux qui enseignent
cherchent avec tant de zèle opiniâtre et d'ingéniosité art,
une méthode
les
la
;
langues et qui
technique de leur
libérée de la routine suivie dans l'étude des langues
mortes, qui veulent élever cette méthode au-dessus d'un empirisme vulgaire, lequel, sous couleur et ignore
ou dédaigne
de pratique, n'imite qu'extérieurement
les lois
profondes qui enchaînent
tiques, permettent de les acquérir et
Puissent-ils trouver
commandée par
ici
l'unité
le
en assurent
la
Quant aux maîtres de
de
français, à tous degrés,
en Sorbonne, mais dans cette École de Sèvres, où
si
différentes
pour lesquels j'ai faite,
les esprits
même si jeunes
les curiosités si fraîches, les traditions
Le
complète possession.
l'esprit, se concilie la,jliY£rsité-des
convie à faire l'expérience que
les
nature,
cadre général où, avec l'unité fondamentale
-dlÊxpressiûH que fournissent des langues souvent
avant tout, je
la
les faits linguis-
moyens
!
j'ai travaillé
non seulement sont
si
aiguisés,
et si souples encore.
nouvelle méthode, c'est de désapprofondément qu'elle est devenue auquel inconsciemment on obéit, si on n'y prend garde. Mais
difficile n'est
pas de s'assimiler
prendre l'ancienne, entrée en nous
la
si
un
instinct
les
jeunes enfants n'éprouvent rien de cette gêne, dont
— un entre collaboration a tenu depuis des années au courant M. Frey, professeur au Lycée Michelet — ont ignorance. Plusieurs de
mes
collègues
préserve leur
qu'une aimable
de mes recherches,
fait l'essai
un succès
les
autres,
dans leur classe,
qu'un inspecteur général m'en disait son ébahissement. Ramené dans sa vraie voie, remis en possession de sa matière véritable,
avec
l'enseignement
tel
de
la
d'abord conduit à voir
fécondé retrouve la vie. L'enfant est dans sa pensée, à analyser ce qu'il veut dire
langue clair
LA PEXSÉE ET LA LAXGUE
XXIV OU
écrire, et cela est
prend
Il
d'un grand
préfère et ainsi
sion qu'il
pour
projfit
formation de son esprit.
la
examiner, à comparer, à choisir
plaisir à
il
un
se fait
En
style.
formes d'expres-
les
dès
effet,
et
tif,
qu'on
lui
qu'il est
du subjonc-
délivré de l'obligation d'apprendre de suite les cent emplois
enseigne cas à cas, occasion par occasion, à s'en servir
judicieusement, qu'on
met en main
lui
les outils et le travail à faire,
qui
y prend un goût extrême, car l'amour des choses du langage, dévoyé chez quelques-uns, est ici
de s'exprimer
le
plus justement possible,
mort en France.
n'est pas
A
il
rhétorique de procédés, d'effets,
la vieille
un apprentissage d'élocution vraie, précise, combiné avec un apprentissage parallèle du vocabulaire, peut
d'imitations, se substitue réglée, qui,
commencer de
bonne heure,
très
et
ne
finir
qu'avec
plus hautes
les
études, apprentissage où chacun éprouve la joie de trouver, et garde la
suprême joie de la vie intellectuelle comme de l'autre. Les maîtres donneront l'exemple, car on pense bien que dans un ouvrage
liberté d'agir,
un
aussi nouveau, et dans
épuisé
la
trouvé un plan
et
né en moi de sur
elle.
sujet aussi vaste, je ne
me
matière. Plusieurs volumes n'y eussent pas
la
mon
ce n'est pas une pure création de
;
considération de
la
flatte
nature des choses, et je
Ceux qui en essayeront auront
pas d'avoir
suffi. J'ai
cherché
esprit le crois
;
il
est
fondé
quotidienne d'y
l'occasion
remarques personnelles, peut-être d'y ajouter des chapitres. Avoir donné branle à tout un mouvement, qui entraînerait les professeurs insérer des
de langues à observer par eux-mêmes, leur avoir fourni l'occasion d'être plus et mieux serait là
que des glossateurs
pour moi
la
arrangeurs
et des
d'exercices,
ce
plus précieuse récompense.
Après avoir ébauché
l'histoire
en Sorbonne une École
oîi
se
de
la
langue française, après avoir institué
forment
— enfin — des
spécialistes desti-
!
monde
donné une méthode libératrice, qu'on lui empruntera sans doute, mais qui aura été créée pour elle. J'aurais ainsi mérité la chance que j'ai eue de travailler nés à en propager
sur
la
hommes
plus
la
belle
connaissance dans
matière
que
le
le
langage
entier, je lui aurais
offre
à
la
curiosité des
(i).
Ferdinand Doyen de de
l'
BRUNOT,
la Faculté des Lettres
Ujîiversité de Paris.
1 Je ne puis terminer cette Introduction sans adresser mes vifs remerciements à M. Frey, j'ai déjà parlé et à M. Bony, qui ont bien voulu lire ce livre en épreuves, et dont les observations m'ont été si précieuses. (
)
dont
\ \
TABLE DES ABRÉVIATIONS
PRINCIPALES ABRÉVIA TIONS.
=
a.
f.
f.
ni.
=
G.
H. L.
=
L.
ancien français,
=
français moderne.
de l'ancienne langue française, Paris, 10 vol., 4°. Histoire de la Langue française, Paris, A. Colin, in-8°. LiTTRÉ. Dictionnaire de la langue française. Paris, Hach., 4 vol., 4" avec Sup-
GODEFROY. DicHonnaiic
=
BRUNOT (ferdinand).
plément. langue française. moyen français. m. f. ouvrage cité. 0. c.
1.
fr.
= = =
II
SIGXES.
> <
veut dire
:
devient, passe
veut dire
:
provient de.
à.
Fautes de signes spéciaux, il a été impossible de figurer phonétiquement la proNous avons essayé de la représenter du mieux possible avec les caractères
nonciation. ordinaires.
///
PRINCIPALES ABRÉVIATIONS EMPLOYÉES DANS LES RENVOIS AUX TEXTES Pour tous les ouvrages marqués d'un astérisciue, se reporter à la bibliographie donnée dans l'Histoire de la Langue, tome et page indiqués. Sauf indication
détaillée
contraire, tous les ouvrages sont publiés à Paris, et sont in-S".
AB.
HECM. renvoie à hermant (abel). Conf. Enf. = Confession d'un Enfant d'hier, Fam. Com. = La Fameuse comédienne, Lemerre, Calm. Lévy Nouv. Coll. 111. ;
A.
1913, in-lè. D.\UD., voir à
A. d. B.
ou
A.
—
DAUDET.
DE BOIS REG.
ANDRY DE
BOIS
REGARD
—
* (III, IX). Rcfl.
—
=
ReflC.vionS
Suite des Réflexions. Suit. sur l'usage présent de la langue française ; Mauriu des Maures, coll. Nelson. AicARD (jean). Muur. d. M. AicARD Aiol éd. J. Norm. et Gast. Raynaud, S. A. T. (Société des Anciens Textes). La vie de S* Alexis * (I, xxv). Al. ou Alex. Remarques sur ALCiDE DE s' MAURICE * (III. ix). Rem. A. ou ALC. DE S' MAUR. les principales difficultés de la l. fr.
—
—
=
—
—
=
'
XXVI
TABLE DES ABRÉVIATIONS
—
aymeri de narbonne * (I, xxvi). Aimer, de X. AM. JAM. AMADIS JAMYN * (II, XVIIl). ŒlWirS pOC'UqueS. ŒuvFcs morolcs AMYOT (j.) * (II, v). Œuv. moF. AMYOT
— —
des hommes illustres. Anthol. des pros. franc, du XIX^"
— Vies = Les Vies = — Anthologie des prosateurs français contemporains,
s.
;
Delagrave, in-12. Dec. Art et Décoration, Revue mens., Lib. des B.-Arts, 4°. ARVERS. Mcs hcurcs pcrducs, Cinqualbre, 1878. AssoL. ASSOLANT (alf.). La fête de Champdebrac, Dentu, 1882. Ancien Théâtre français * (I. xxv). A. Th. fr. Grammaire moderne des écrimiins français, Bruxelles Ai'BERT. AUBERTix. Grum.
Art
et
— — — — —
ARVERs
=
et Paris, 1861.
AVB. Auc. AUG.
Voir à d'aubigné Aucassin et Xicolete
(d')
—
Trag. xxvi).
* (I,
— AL'GiER (émile). Théâtre, Calm. AULARD — AULARD. Rév. = Hist. dc =
Par.
=
* (II, vi).
Les Tragiques.
Lévy. 1886
—
=
L'Aventurière., etc. Av. la Révolution française, Arni. Col., 1901 Paris pendant la réaction thermidorienne, 1898 et suiv.
— — — —
;
:
—
—
BAÏi- (ant. de) * (II, Yi). Euu. BAÏF L'Eunuquc. BALLY BALLY (cHARLEs). Prccis clc stijUsIiquc, Geiiève, lîggimann. BALZ. BALZAC (guez de) * (III, x). éd. Mor. édit. Moreau, Lecolïre, 185-1, 2 v. BALZ. BALZAC (hoxoré de). Birott. Césur Biroite.au, 1838, 2 v. Corr. Correspondance, Calm. Lévy Cous. Pons Le Cousin Pons, Laffite, Idéal Bibliotli. Envers L'Envers de l'histoire contemporaine. Œuv. eomp., Alex. Houssiaux, 1855, XIV Et. phil. Études philosophiques, avec Louis Lambert ; Grandet Eugénie Grandet, Calm. Lévy, 1897 Let. à l'élr. Lettres à l'étrangère, Calm. Lévy, 1899 Louis Lambeit, Calm. L. Lamb. Lévy, 1896 Méd. dc c. Médecin de campagne, Œuv. compl., Al. Houssiaux, XV; Paijs. Les Paysans, œuv. compl., irième édition, XIV; Proscr. Les Proscrits (à la suite de L. Lambert) Urs. Mir. Ursule Mirouet. Paris, ;
;
— — ;
—
=
;
=
—
=
=
— —
;
=
=
;
=
=
:
—
;
=
—
—
=
—
—
—
=
=
Ollendorff. BARB. d'.\urev.
— BARBEY d'auuevilly. Unc vicHlr Mditrcsse, Lemerre, 1879, BARBIER. — lombcs, Dcutu, 1862. — BARON (IV, xiv). Théâtre. BARRÉS — BARRÉS (maur.). Béréu. = Lc jardin dc Bérénice, Charpentier, 1894 — = La Colline = Un homme Em. Paul, 1913 — Un — L'enn. L = L'ennemi des — La Perrin, 1893 )n-16 des Égl. = La grande des Églises de France, Em. Paul, 1914. baudel. — BAUDELAIRE. Mol Lcs Flcurs du Mcd, Calm. Lévy. 1878. BAYLE — BAYLE (IV, xiv). = Dictionnalrc. BEAUMANOiR — BEAUMANOiB. Coustumcs du Beciuvoisis xxvi). BEAUM. — BEAUMARCHAIS. Burb. = Lc Burbicr de Le Mariage de Fig. Figaro, dans Théâtre, BÉDIER — bédier. = Tristan Piazza BECQUE — becque. Lcs Corbcoux, dans Théâtre Comp/c/, Biblioth. artislique 1898 — Les 1910. Illustration théâtrale, 8 BELL. — belleau (rémi) La Rec. = La Reconnue. Benceit — benoît Ducs de Xormand. = Chronique des ducs dc Xormandic. BENIÈRE — BENIÈRE (louis). Papillon, Lijonnais 1909. Jn-12.
—
BARB.
Icm\b.
•
BARON
*
;
Coll.
insp.
libre.
Ib.
inspirée,
d.
;
l.
lois,
pitié FI. d.
*
h.
;
gr. pil.
;
==
Dict.
* (I.
Séville
;
-
=---
L'urne.
le
Trist.
et
et C'^, in-12.
Yseull,
el lillé-
raire,
Polichinelles,
;
oct.
* (II, Vil).
* (I, vi).
BERNSTEiN
— BERNSTEiN.
BÉROALDE DE VERVILLE
dit
Lc Marché,
le
justc, lilustr. tliéàlr..6iiov.
Fas(iuelle, 1900, in-12.
BÉROALDE DE VERVILLE
Lc MoijCU dc parvenir. Berte Li roumans de Bcric aus grans pies * (I, xxvi). * BoiL. BoiLEAU DESPRÉAUX (IV, xiv). EpU. Lcs Épîtrcs ; A. j>. L'Art poétique ; Scd. Les Satires ; Réflexions sur Longin. Réfl. BONiFACE BONiFACE. Mauucl dcs omulcurs de la langue française, Pillet. 1S25. BOREL PETRus BOREL. Pul. Madame Puliphar, \Villiem, 1877, 2 v.
— —
^
—
—
—
—
=
=
* (il, Vil).
=
=
I
TABLE DES ABRÉVIATIONS
—
=
XXVI
—
BOSSUET * (IV, xv). Aiiiu (le Gonz. Or. funèb. d'Anne de Gonzaguc ; Boss. Aueriisscments aux Protestants ; Condé Or. funèb. du Prince Av. au.t Prot. Explication de quelques difficultés sur les prières Expl. de la Messe de Condé ; Henr. d'Angl. Or. funèb. d'Henriette d' Angleterre ; Henr. de la JMesse ; Mar. Th. d'Aut. Or. funèb. de MarieFr. Or. funèb. d'Henr. de France ; Discours sur l'Histoire Universelle ; Thérèse d'Autriche ; H. Univ. Let. Lettres autographes ; Max. des S. Maximes des Saints ; Panég. aut. Panégyrique de Saint Paul ; Prédic. évangél. Sermon sur la S. Paul. Serm. sur l'éminente dignité Prédication évangélique ; Ém. dign. des pauv. Mort Serm. sur la Mort ; Née. de la Vie Serm. des pauvres dans l'Église ; sur les nécessités de la Vie.
—
=
—
—
p.
—
Doutes, critiques
—
et
;
=
=
=
=
—
=
BOUCHET * (II. VIIl). ScrécS. BOUHOURS * (III, XI ct IV, xvi). D.
d'Ariste et d'Eugène Im. nouvelles ;
— Rem.
=
— — —
=
—
— —
—
•
—
=
—
=
BOUCHET
—
= =
—
—
BOUH.
=
=
Doutcs
Remarques sur
la
l.
/
=
— Eutrel. = Entretiens — — Remarques Suit.
fr. ;
Critique de l'Imitcdion de J.-C. dans Rosset, remarques du P. B., Grenoble, 1908.
Entretien,
—
Crim. BOURG, (p.) PAUL BOURGET. Com. = André Cornélis, Lemerre. 188G d'Am. = Un Crime d' Amour. BOURGET et BASSET. Un cas de conscience, Pion et Nourrit, 1910, BOURG, et BASS. ;
—
•
in-16.
— —
—
Théâtre. BOURSAULT * (IV, xvi). Lct. = Lettres nouvelles ; BOURS. BOYLESVE. Ilcs Borr. Lc Parfum des Iles Borromées, Nouv. Coll. 111., Calni BOYL. Lévy. BR.\NTÔME * (II, viii). G. Cap. V ies dcs Grauds Capitaines. BRANTÔME BRÉBEUF BRÉBEUF * (III, xi). Luc. trov. = Luccun travesfy.
=
— = — BRiss.\UD. dcs pop. = Histoire des expressions à médecine, Masson, 1892, = Hislotrc populaire, Flammarion, BRONGNi.\RT — BRONGXiART. 1892, = La Doctrine de Mcdherbe, 1891 — L'EnseiBRUNOT — BRUXOT (FERDINAND). A. in-Ti — H. L — Histoire de Icmgue gnement de —
BRissAUD
Hist.
D""
relatives
jjopnlaires
cxpr. in-12.
la
ncdurcllc
Hïst. uot.
4°.
la
Doctr. Colin,
—
BUssY-RAB.
BUSSY-RABUTiN
*
(IV, xvi).
-
;
française,
la Icaigue
;
française.
=
Mém.
—
Mémoires.
=
CAiLLiÈRES DE CAiLLiÈREs * ( 1\', .wiii). Mots à la M. Dcs Mots à b. et mauv. us. = Dn bon et du mauvais mage. CAMUS * (III, xii). Hom. dam. — Homélies dominicales CAMUS
la
Mode;
— Du
— Iphig. — — — Ann. — = 1910 Ange, janv. Ange théàlr.. 22 (.\lfred). Un CAP. CAPUS — Châtelaine = La Châtelaine. d'Av. = Années d'aventures, Ollendorff, 1895 10 mai Charp. Fasq., 1904 — Hélène Ard. = Hélène Ardouin, fonctionnaire, 27 mai 1905 — La fond. = La 1913 — Piégois, Chapp. Fasq., 1904. CHAMPFL. — champfleury. Cout. = Coules d'automne, Vict. Lecou, 1854. La Ruc S*-Denis. CHAMPMESLÉ — CHAMPMESLÉ (IV, xxvii). Poésies. CH. d'orl. — ch.\rles d'orléans deus Foerster, Halle, 1877. Cheval, Esp. = Li = Guzman d'Alfarache CHAP. — chapelain G. — CHATEAUBRIAND. Poiurat) — = Le Génic du christianisme {Œuv., Mém. = Mémoires d'Outre-Tombe, xxvii). Tour Landry Chev. de L. — Chevcdier de langue Une parfaite grammaire de ,Essay CHiFFLET — CHiFFLET = — CHRESTiEN DE TRoiES xxvii). Ercc = Ercc Euidc — CHREST. DE = Yvain ou Chevalier au Perceval — Chev. au A. T. 1885. DE couTANCES. — L'Evaugilc de Nicodème, Ev. Nie. = CHRÉTIEN xxxiv). Chron. Mousket. — Chroniques de Mousket A. T. Luce, Chron. du M. S^-Mich. — Chroniques du Mont St-Michel, ;
Iphigène.
lilustr.
;
;
et
Illustr. théâtr.,
;
ib.,
;
petite
pet.
;
et
*
xvii).
* (I,
chevaliers us
a. d.
* (III, xii)
CH.\T.
espees, éd.
(Irad.).
d'Alf.
éd.
Gc'/J.
;
Ib.
* (I,
la
la T.
*
(III, xiii).
ht
d'
française.
* (I,
T.
;
l.
ct
Pcrc.
;
lion.
le
S.
A.
*
(I.
éd. Sini.
S.
TABLE DES ABREVIATIONS
XXVIII
—
Nouveau
xvn). Mou oiicle Benjamin, TiLLiER TiLLiER (claude). Benj. Nouv. nouv. Les Cent Nouvelles nouvelles * (I, xxviii). COMM. COM.MIXES * (I, XXVIIl). COMTE (.\.) coîNiTH (auguste). Esp. pos. = DiscouFs suF l'esprit Civil.
—
CL.
C.
— —
traité de la Civilité * (lY,
=
—
Nelson.
coll.
positif, Société posi-
tiviste, 1898.
—
copp. ou coppÉE.
Lévy
;
—
coppÉE
(fr.).
=
Vr. Riches
Adolphe, éd. Rudler, Manchester, 1919. Conversation sur la Critique de la Princesse
—
Crit. de la Princ. de Clèves de Clèves * (IV, xvii).
même
=
CONSTANT (benjamin). Ad.
coNST. (b.) Conv. sur la
=
Coup.
Vrais Riches,
Le Coupable, Nouv.
même
coll.
-
:
—
Coll. Illustr.,
=
Cont.
Calm.
Contes en prose,
coll.
— CORNEILLE (pierre) (Ed. dcs Écrivalns). Androm. = Andro— Cid = Le Cid — Cin. = Cinna — dit. = Clitandre — Gai du = La Galerie du Palais — Hér. = Héraclius — Hor. = Horace — = L'Illusion — Im. = L'Imitation de J.-C. — Ment. = Le Menteur — = Polyeucte — Pulch. = Pulchérie — Rodog. = Rodogune — du M. = La Suite du Menteur — Théod. = Théodore. THOMAS CORNEILLE (V. à CORN. TH. Comeillc). xxviii). L. — Le Couronnement de Louis = cosTAR — cosTAR xiv). couci — CHATELAIN DE coucY. Chcmsons, Franc. 1830. * (III, xiii),
coRN.
mède
Gi'.
;
;
;
;
Pcd. ///.
;
Pol.
;
;
;
;
;
;
;
Suit,
;
;
Tlî. * (I,
Cor.
* (III,
Lct.
Lcttrcs.
éd.
—
ÎNlicliel,
Vaug. Le Courrier de Vaugelas, par em.\n m.\rtin, Journ. semi-mensuel, 1869 et suiv., in-4°. CRÉBiLLON crébillon. Atréc et Th. Atrée et Thyesle (Œuvres), Liège, 1729, in-12. CUREL DE curel. Nouv. Id. La Nouvelle Idole, Stock, 1900, in-12. * CUVEL. cuvELiKR (I, XXVIIl). Du Gucsc. Chroniçuc de Bertrand Duguesclin. Courr.
—
— —
=
=
=
— perrot d'ablancourt AjmplU. ^ Apophtegmes. DANCOURT Y, Anglure. DANGL. — XX. Voijugc = Lc Saint Voyage de Jérusalem du S^ d'aub. — d'albignk *(II, Œuv. — Œuvres; — Trag. = Tragiques. DAUD. — ALPHONSE DAUDET. Niv. 1886 ;— La Nivernaisc, Marp. Conl.= Conlesdu 1898,in-12et Contes Charp., -— — = 1892 Im. L'Immortel, Nouv. Dentu, 1882 JacA\ Moul. = de mon moulin, — Nab. = Le Nabab, CharNelson = La 1886 — Num. Roum. = Numa Roumestan, 1887 -Nouv. CahiL Lévy -Tar. = Port Tarascon Guillaume — Rois = Les Rois en Dentu, 1879 — Saph. — Sapho^ Charpentier, 1884 — Flanim. — Alp. = Tartarin sur Alpes, Marpon Tar. = Tartarin de Tarascon, Guillaume ou Lemerre, 1886. De Venus — De Venus d'amor, Fœrster, Bonn. 1880. DEiMiER — deimier Acod. = Acadcmic de DE l'estang — DE l'estang xv). Trud. = De Traduction. DE RÉGN. — DE RÉGNIER. (H.) La Flumbéc, Lévy, Nouv. DÉHOVL. — DÉRouLÈDE (paul). Ch. du = Chunls du Calm. Lévy, Méthode. descartes — DESCARTES xv). OU Méthode = Discours sur * (III, 28).
d'abl.
DANC.
*
* (I.
XVIIl).
I
(
xviii).
d'
vi).
les
=z
Bcllc
A.
lundi,
belle
Coll.
Lettres
pentier, j)etite paroisse, éd.
111.
Paris,
;
coll.
Ib.,
Coll.
Illustr.,
Pet. par.
:
Port.
:
exil,
;
;
-
;
;
:
T.
;
in-12,
choisis,Vc\..V>ïh.
('A\..\y\^.
;
Let.
et FI.,
et
les
Tart.
;
éd.
coll.
la déesse
éd.
* (III, xiv).
l'art poétique.
* (III,
la
Caliu.
sold
* (III,
Coll.
III.
in-18.
soldcd,
.
la
i\M/i.
DES ESCUTEAUX DES ESCUTEAUX (III, XV). DESM. — Yoir à regn. desm. DES PER. DES PERiERS (bonaventure) * (II, xii). Nouv. *
—
RécT.
—
NouvcUcs
récréu-
lions et joyeux devis.
DESPOIS DESP. dest. Dict.
-
— du
—
DESPois (eug.). Le théâtre français sous Louis XIV, 1871, 2
DESPORTES * (II, XIl). DESTUTT DE TRACY. Éléments
lang. vie.
Aimé André, DiD
1803. — plattde conca-rseav. Dictionnaire
— DIDEROT.
Ncv. de Rcuu. famille,
Le père de
d'idéologie,
critique...
du langage
1835.
=
v.
—
vicieux...,
= Le neveu de Rameau, Jamiel, in- 12 P. de Fam. Amsterdam, mdcclviii Ricliardson. Jannet, in-12. ;
—
;
TABLE DES ABRÉVIATIONS DOLET
—
DOLET (étiexne)
=
DOMERGUE
Eiif.
Francoys de Valois
Les Gestes de Val. traduire.
—
* (II, xiii).
;
=
XXIX
Second Enjer
— Mun. de
=
trad.
;
— La
Gesl
de F. de Manière de bien
DOMERGUE. Grammaire
—
française simplifiée. 1782, in-l'i Manuel Solutions grammaticales, 1808. DONN. DONNAY (maurice). Potr. La Pcdronne. Illustr. théâtrale, 19 déc. 1908. DOON DE MAYENCE, 1859, in-12. DOON dornier. L'Ombre == L'Ombre de l'homme, Soc. fi'^ d" Imprimerie. DORNIER d'ouville d'ouville * (III. xvi). Conl. L'Elite des Contes ; L'Esp. fol. L'Esprit follet ; La Coif. à la Mode La Coiffeuse à la Mode. des étrangers 1805.
—
—
;
;
•
=
—
—
—
•
—
=
—
=
=
[DENIS poulot]. Le Sublime ou le travailleur comme il est, Lacroix Verboeckhoven, 1872. DU BARTAS * (II, XIIl). ŒuiUeS. DU BART. DU BEL. DU BELLAY * ( 1 1, xiii). Déf La Deffencc et illustration de la langue Le t. in. = Lettres inédites. françoise ; Durmart le Gai. Li Roman de Durmart le Gcdlois, éd. Stengel, Tubinj^cn. 1873. DUMAS (alex. i)ère). Antoni] {Œuv. compL), Théâtre, Charp., 1834-36. DUMAS (a.) DUMAS (a.) DUMAS (alex. fils). Aff. Clém. L'Affaire Clemenceau, Nouv. Coll. Illustr., Calm. Lévy Dem. Monde. = Le Demi-Monde, Théâtre. Calm. Lévy L'Étr. L'Étrangère (Ib.) Les Id. de M'"^- Aubr. Les Idées de Madame Aubray (Ib.) Tul. La Tulipe noire, éd. Brandon, New- York, Amer. B.C>'. D. p.
—
— —
— —
—
;
=
d'urfé
—
—
;
—
d'urfé
=
.
=
—
;
=
—
;
=
=
* (III, XYii). Astr.
L'Astrée.
DUR. duruy (george). Uniss. = L'Unisso{7, Hachette, 1888. DU VAIR * (II, XI v). ŒuVrCS. DU VAIR DUVAL * (III. xvii). L' Esch. fr. = L'Eschole françoise. DUVAL DU VERDiER. Flot. = Lc Flutteur, Cl. Barbin, 1697. DU VERDiER
—
—
•
E E.
DESCH.
EUSTACHE DESCHAMPS
•
* (I. XXIX). ŒuvrCS. * (III, xviii).
— L'Espadon satyrique — Conf. = — ESTiENNE HE.NRi xv). Apol. = Apologic poup Hérodotc — Hypom. = Hypomneses de La Conformité du avec lingua. — EST. BOIL. ESTIENNE BoiLEAU xxvii). Mcst. = Lc Livrc dcs Mestiers.
Esp. satyr.
* (II,
EST. (h.)
le
fr.
Év. des Qucn.
FAB.
—
—
grec
;
gallica
;
* (I,
Liv. d.
Les Évangiles des Quenouilles
FABRE. M""" Fust.
—
=
Madame
* (I,
Fuster,
xxx).
Charpentier,
1887
;
—
=
Tigr.
L'Abbé Tigrane ; Barnabe et Oncle Cél. (mon Oncle Célestin), sont cités d'après les Œuvres choisies, Delagrave, in-12. f.\guet FAGUET (émile). Théût. cont. = Notes sur le théâtre contemporain. Lecène
—
et Oud., l-3e sér., 1888-1890.
FAUCHET (CLAUDE)
FAUCH.
* (II,
XV).
— FÉNELON. Télém. = Lcs Avcntures de Télémaque. FEUiLL. — FEUILLET (octave). Mortc = La Mortc, Calm. Lévy, 1886. — FLAMENT FLAMENT. Lc MosQuc = Le MusQuc Baudcau, 30 janv. 1909. FLAUB. — FLAUBERT (GUSTAVE). Bov. — Madame Bovary, Charp.. 1889 — Éduc. = — Éd. = L' Éduccdion L'éducation sentimentale, Mich. Lévy, 1870. 2 sentimentale, Prem. version, Charp., tome des Prem. Œuvres — Lég. S' — Par l'Hosp. = La Légende de S' Julien avec suivants Champs. = Par Champs par Grèves — Un simple, P. LafBte, Idéal = Salammbô, 1909 Calm. Lévy — à Sand, Lévy, = Pages 1863 — Pag. A. — Les Fleurs de de françoise FÉNELON
Illustr. théàtr..
ct Ic
;
v.
sent.
;
III l'Hospitcdier.
les
Bib.,
;
Let.
l'Eloq. fr.
FONTEN.
—
éd.
FONTENELLE.
les
les
;
cceur
;
;
choisies,
ch.
;
les
et
G.
Jul.
;
Sal.
xMich.
Colin.
* (III, xviii). l'éloquence Histoirc des Oracles, Soc. Textes Hist. dcs Or.
fleurs
—
fr.
mod.
-
XXX
TABLE DES ABRÉVIATIONS
FORCAD. FOUR.
—
—
FORCADEL (estienne)
* (II, xv).
Œuvres poéUques.
FOURiER. Œuvics Complètes, 1846, Librairie sociétaire. Hïsloire comique, Calni. Lévy FRANCE (anatole). Hist. coiTi. Mcmn. Le Mannequin d'Osier, Ib. Les Dieux ont soif, Ib., 1912 Ping. L'île des Pingouins, Ib. Rôtiss. L'Orme du Mail, Ib. Orme Sylv. Bonn. Le Crime de SylLa Rôtisserie de la reine Pédauque, Ib., 1899 Vers t. meil. = Vers les temps meilleurs, vestre Bonnard, Ib., Nouv. Coll. 111.
FRANCE
(a.)
—
=
;
—
—
;
=
•
;
Pelletan, 1906. FROissARD FROiss.
= = •
—
;
—
;
—
;
=
—
— =
— xxx). Clirou. = Chroniqucs. FROM. — FROMENTIN (eugène). Domin. = Dominiquc, Pion, 1896 — Corr. frag. = Correspondance fragm. 1912, in-16. — Fact. = Faciums — (IV, xx). Dict. = Dictionnairc furet. — FURETIÈRE * (I,
et
:
inédits, Ib.,
et
in.
*
=
Parab. de l'Ev.
—
;
;
Les Paraboles de l'Evangile.
godefroy * I, xxx). Dictionnaire de l'ancienne langue française. GARASSE (p. FRANvois) * (III, xix). Doct. cur. Doclrinc curieuse; Mémoires ; Rab. Le Rabelais réformé. Me'm. Albcrtus, Charpentier, 1896 GAUTIER (THÉOPHILE). Alb. GAUT. Frac. Le Jeune Fr. Capitaine Fracasse, Ib., 1876, 2 v. Les Jeunes-France, Ih., 1894 Romant. Histoire du romantisme, Ib. GAUTIER. (Paul). Un prophète, Edgar Quinel. Pion, 1917. GAUTIER GAUTIER DE coiNCY. Lcs mircicks de la S'« Vierge, 1857, 4°. G. coiNC. GAVAUi-T. Ma T. d'Houfl. Ma tante d'IIonfleur, 111. théàtr.,27 juin 1914. GAv.\ULT GAVAULT ET ROB. CHARV.W — GAV.\ULT et ROB. CHARVAY. il/"'^ JOSettC, mU fCmmC, Illustr. théàtr., 12 janv., 1907. GÉRARD DE NEHVAL. Boh. gai. La Bohêmc galante. Micli. Lévy, G. DE NERVAL Voyage en Orient. 1856 Voy. en Or. G.
GAR.
—
—
{
— —
—
=
=
=
= ;
=
— — —
;
—
=
—
=
;
=
-
—
;
—
=
=
GELLO GELI.O * GiRAULT DuviviER
(II, XVIl). Circé.
— Voir Gr. des — GILLES LE Kerv. de Leltenhove, Louvain, = La langue française GODARD — GODARD. L. xix). — — xix). Eudim. = L' Eudimion GOMB. GOMBAULT G.
Gr.
MUis.
-MUisis, éd.
1882.
* (III,
fr.
*
=
(III. Les EpiEp. ; grammes. Germinie Lacerteu.v. Fayard, Mod. GONG. GONCOURT (Les FrcTcs). G. Lac. Bib., in-4'' Journ. Le Journal des Concourt, Charp., 1883. 9 vol. Sœur Pbil. Sœur Philomène, Fasq.. 1903. Les frères Zemyanno, Charp., 1876. GONG. CONCOURT (edm. de). Fr. Zemg. L'Ombre ; Adv. Les Advis. GOURN.'^Y' de gournay' * (III, xix). 0. thomas-lefebvre. La Grammaire des gens du Monde, HaGr. des G. du Monde
—
-
;
—
=
—
—
—
=
—
-
;
= =
—
—
=
chette, 1843. Gr. des Gr. girault duvivier. Grammaire des Grammaires, Colelle. 1853. Grammaire Générale (de Port-Rojal) * (IV, xxvi). Gr.gén. d'allais. Grammaire méthodique * (IV, xviii). Gram. méth. GRAMMONT GRAMMONT. Traité pratique de prononciation française. Delagrave. in-12. GRENIER GRENIER (ED.). Œuvrcs, Lcmcrrc, 1895, 3 vcl. in-12. GRESSET GRESSET. Le Méch.— Le Méchcmt dans Œuvres, Londres, 1780, 2 vol. in-32. Disc, sur la l. fr. Les Esbahis GRÉv. GRÉviN * (II, v). Les Esb. Discours sur ce qu'on appelle usage dans la Langue Françoise, à la suite du Traité sur le commerce de Lettres, Jacq. Estienne, 1708, in-12.
— — — —
— —
—
G.
sand.
•
=
— =
;
GEORGE SAND. Champ. — François Elle Correspondance, Calm. Lévy
—
le
—
—
Champi, Calm. Lévy, 1896
=
;
—
Elle et Lui, Nouv. Coll. 111. L. Ind. Hist. de mu vie = Histoire de ma vie, Lecou, 1854, 2 v. Indiana, Nouv. Coll. 111. ; Jacques, Œuvres, Bonnaire, 1837, 2 v. Jaq. La Mare au Diable, Lecou, 1850 Lélia, Calm. Lévy, 1894. 2 v. GUizoT GUizoT. Essui sur V Hist. de Fr., Ladrange. 1836. Corr.
—
;
—
—
et
;
=
;
—
—
=
;
—
;
TABLE DES ABREVIATIONS
HAUTEROCHE
HAUTEROCHE H.
CAPET
XXXI
CAPET
H.
* (I.
* (IV. XXl). Théâtre. XXXI).
— Heptaméron (Voir marg. de navarre). HÉRÉDiA — HÉRÉDIA. Troph. = Lcs Trophées, A. Lemerre, = Cours HERV. — HERViEU flambeau. Modcrn-Bibliothek. Art. Fayard. 1909 — (victor hugo). HUGO. — Voir à HUG. — HUGUET. Rab. La syntaxe de Rabelais. Hacliette, 1894. — La Cathédrale. 1891 HUYSM. — HUYSMANS. Lù-Bas. Trcssc — En Hept.
in-12.
(p.).
lUustr. théàlr.. 20 janv,
Lci CoiiFsc (lu
fl.
Flirt,
;
v. h.
Sytit.
==
(le
et Stoti<.
Ih.,
;
1899
:
route, Ib.. 189.5.
I
—
Int. consol.
Le
livre de V Internelle consolation * (I,
xxxi).
— Journal d'un Bourgeois de Paris, 1515-1530, — Le jardinier françois (III, xxi).
J. B. P. 1854. Jard. fr.
—
éd. I/alaiiiU',
JAURÈS (JE.\x). Act. Soc. = Action Socialiste, Bellais, 1899. CHARTiER J. CHARTiER. Chroniqucs de Charles VII, Jannet, 1858, DE PAR. Le roman de Jean de Paris * (I, xxxiij. JEAN DE SCHEL.VNDRE * (III, XXl). Tyr Ct SidOU. J. DE SGHEL. joD. JODELLE * (II, xix). Eu(j. == L'Eugènc. j.\UR.
— —
j.
j.
Reuouard.
.}.
*
•
3 in-12.
—
JOIXVILLE * (I, XXXII). Journal de Perlet. Voir, à aulard. Joyes Les Quinze Joyes de mariage JOINV.
—
—
KARR
—
K.\RR (alphonse). A bus les Mosqucs, Calni. Lévv, 1883 Com. d. Comédie de la Réforme (à la suite du précédent) Guêpes = Les Guêpes, Tilleuls Sous les Tilleuls, Calm. Lévy, Nouv. Coll. Illust. Lévy, 1858
=
;
—
—
=
LABICHE. Th. Lévy, 1885.
;
=
Théâtre. (Les titres sont
—
LA BRUYÈRE * (IV, sont faits aux chapitres.
LA BR.
xxxv).
—
(A.)
la Réf.
.Mich.
LAH.
* (I,
-
—
;
ceux des différentes
pièces),
Calm.
xxii). Lcs Caractères (Éd. des Gr. Écrivains). Les renvois
— LAFAYE Dictionnaire synonymes Hachette, 1884. — (IV, FoxT.\iNE (Éd. des Gr. Écrivains). Cont. = Les — — = L'Eunuque, comédie Eun. Fab. = Les Fables. Contes Vanier, 1894. L.\FORGUE — LAFORGUE. Poés. = Poésics Complètes, — LAMARTINE (alph. de). Hcum. — Lcs Harmonics, Hach., 1897 — = 1858 — Médit. = Méditations, Lanson, 1915 — Jocelyn, Médit. = — Raph. = Raphaël, Perrotin Nouvelles Méditations, Fume Furne, = Recueillements poéaussi d'après Garnier, 1857) — Rec. 1849
LAFAYE L.\
des
(b.).
FONT.
*
L.A.
frcmçais.
xxii).
;
;
L.
L.\M.
:
Ib.,
éd.
;
Ib.,
Furne, 1863.
l"éd.
Joe.
•
A'.
et
;
(cité
tiques,
;
;
po.
—
TABLE DES ABRÉVIATIONS
XXXII
— LAMENNAIS. Esq unc phUos. = d'une = Livre du Peuple, Bruxelles. Laiiglet du 1846 —
LAMENN.
cl'
Liv.
;
Par. 1836.
=
p.
Paroles d'un croyant,
XI
t.
Esqiiissc philosophie, Pagnerre, cl C'^. 1838, in-12 des Œuvres eompl. Paul Daubrée et Caillaux, •
;
=
PoésiCS. LA MESNARDIÈRE * (III, XXIl). Poés. LA ^rKSNARD. LA MOTHE LE VAYER * (III, XXIl). LA MÔTHE LE VAYER Jal. Les EscolUcrs ; Les Jaloux. LARiVEY * (II, xx). Esc. LA ROCHEFOUCAULD * (III, XXIl). (Éd. des Graiuls Écrivaiiis). LA ROCH. Leur beau physique, Calm. Lévy, LAVEDAN (henri). Leur beau phys. LAVED. Le nouveau jeu, Ib., 1897. Nouv. jeu Xouv. Coll. 111. Poèmcs unliques. Lemerre, in-12 leconte DE LisLE. Po. (lut. LEC. DE L. Po. ir. Poèmes tragiques. Ib. (Erin. Poèmes barbares, Ib. Les Po. barb.
LAB.
—
—
— — —
—
;
—
=
=
=
=
=
:
=
—
;
=
—
=
Erinnyes, même recueil). LEEST. Syntukt. Sludien iiber Balzae. Kœnigsberg, 188i». Lcs Rois, Calm. Lévy, Nouv. Coll. Illust. LEMAÎTRE (juLEs). Rois La Massière, Calm. Lévj", 1905. Delalain, Grammaire. 1862. LEMAiRE (a.). LEMAiRE LE MAIRE DE BELGES * (II, xx). Illustrations des Gaules. LEM. DE BELG. Chronique scandaleuse, ridicule LE PETIT LE PETIT * (III, xxvii), Chrou. scoud.
— —
LEEST
LEM.
=
;
— — —
et
=
burlesque.
— LESAGE. Pugcs — Le diable l'est. — l'estoile
LES.
4 v.
—
;
;
—
Gil Blas,
Rouen. Ferrand, 1780,
2 vol. in-12.
boîteu.x, éd. .lannet,
* (II, xxi).
de Henri III.
1896
choisics, A. Colin,
Journ. de
II.
=
Mémoires
et
.lournal depuis lu rnor
—
Lettres inédites de Henri IV à De Villiers * (111, xx). d'Henri IV à de Vil. LÉviZACDE LÉvizAC. L' uri dc purlcr et d'écrire coorr^ lu l. fr., Réinonl, an X, 2 v. LÉVY LÉVY (j.). Corr. Les Gaietés de la Correctionnelle, Flammarion. MoU pCtH Trolt, PIOU, 1898. LICHTENBERGER LICHTENBERGER. Trott L. d. Rois ou Q. L. des Rois = Les Quatre livres des Rois * (I, xxxv). L. LAB. LOUISE LARÉ * ( 1 1, xix). Débat de Folie et d'Amour. LOMB. LOMBARD (j.). Byzuncc, Soc. d'éd. litt. et art., 1901. Lei.
—
—
=
—
— — — LORET La Muzc Chrysanthème {Quw. eomp., Calm. Lévy, IV); LOTI — LOTI (pierre). Chvys. = — Dés. = Le Désert, Vil) — Mal. = Matelot, Calm. Lévy, Nouv. — Péch. = Pécheur d'Islande, Calm. Lévy — = Le Livre de — Pag. = Pages A. Colin Cahn. Pitié de mort, Calm. Lévy
LORET
* (III, xxiii).
historiquc.
i\7""'
Ib.,
II].
Coll.
;
Pitié.
;
;
la
cl
Lévy. i.ouvEAU
— LouvEAU.
la
choisies,
ch.
;
Lcs facéUeuses nuits de Straparole, cû.
L'izév.,
et
ISbl, 2 \u\. \n-\2.
M — MAETERLINCK. — MAiNDRON. — — — — Pion, 1897. MARG. — MARGUERITTE
MAETERL. MAiNDR.
Suy.
=
Dariolclte.
La
Sugcssc
cl
1(1
DcsHnéc. Charp., 1899, in-12.
Lemerre, 1912.
DE MAINTENON — M™*^ DE >L\IRTENON * (IV, XXIV). Lct. = LcttreS. MALOT MALOT (hector). P. chois. = Pugcs choisies, A. Colin. MALH. MALHERBE * (II, XXIl). (Éd. dcs Gr. Éciivalns). MAR. DE FR. MARIE DE FRANCE * (I, XXXIIl). ŒuvrCS. P. V. MARG. margueritte (PAUL ct victor). Brcw. gens. — Lcs Braves Gens, Pion N., Poum, 1901 F. nouv. = Les Femmes nouvelles, l'Iammarion, Sel. Collcct. M"**
-
:
:
p.
(p.\ul).
MAIRET
MAIRET
MAR. MAROT MARG. DE NAV.
=
* (III,
Sur
XXIV). Sylv.
* (II, XXIl).
le
=
SylviC.
ŒuvrCS.
MARGUERITE DE NAVARRE
* (II,
XXIl). Ilcpt.
Dern. po. Dernières poésies, A. Colin, S. H. L. MARiv. MARIVAUX. Œuvrcs, Hachcttc, 2 vol. in-8. MARTiNON Comment OU prononce MARTiNON. Prounnc.
—
—
—
Rctour, Plou N.
=
/^'
=
II C])tan;CrOn
/
/ranfo/s, Larous. in-12.
—
TABLE DES ABREVIAriOXS
XXXIII
MAUP. OU MAUPAS - MAUPAS * (II, xxiii). Giom. = Grumnutiif. MAUPASSANT (GUY de). Bel Aiii. = Bel-Ami. Ollendoiil MAUPASS.
—
Conard, 1909.
—
MAYNARD
Yi>.
^
*
ca-iir
(III,
—
Mémoires de la Société Mém. Soc. MÉNAGE * (III, xxv). (). OU MÉNAGE
—
JV/e'n.
Xoirr
XXV). ŒuVrCS. MEIGKET (LOUIS) * (II, XXIIl).
MAYN. MEIGRET
*
—
:
Yvette, Ib., 1902.
l.
(IV, XXIV). Le de Paris
—
—
de linguistique de Paris. Obscruatious sur la Obs
=
.
Ménagier de Paris. Soc. du Bib.
fr.
l.
:
— Menagiana
Cra]jelei, 184(). 2 v.
fr.,
MÉRIMÉE (prosper). Chr. Ck. IX — Chrouiquc du règne de Ch. IX, Col. Colomba. II)., 1920. (Les Ames du Purgatoire, cl La Calm. Lévy, 1890 Vénus d' lue avec le précédent). HisHist. Fr. MicHELET. Bit. dc V hum. MICHEL. La Bible de l'humcmitc ; Hist. Rév. Histoire de la Révolution toire de France, Marp. et Flaiiimar. Jeunesse, Ma La Mer. C. Lévy, 1898 L'Amour. Ib. française, Ib., 1879 MÉRIMÉE
—
;
=
—
=
:
—
;
—
:
—
=
—
=
;
—
— Convention, Nelson. — MiGAULT. Joumul de 1910. — — Histoire de Marie-Stuart. de M. MiGNET MiGNET. Chcirlcs-Quint — Mir. N. D. — Miracles de Nostre Dame xxxiv). Morcdités, Garn., 1904 MiRB. — MiRBEAU (octave). L'Épidémie, dans Farces Les Mcnnuds Le Foyer. théàt. 12 1908 — Mauv. Fasquelle, 1898. MOL. — MOLIÈRE xxv). (Éd. dcs Gr. Ecrivains). Am. méd. ^ L'Amour médecin — Amph. = Amphitryon — Av. — L'Avare — B. ou Bourg. = Le Bourgeois gentilhomme — Dép. Am. — Le Dépit amoureux — D. Gare. = Don Garcie de = L'École des Femmes; — Escnrb. Navarre — D. Jucui = Don Juan — Êe. = La Comtesse d'Escarbagnas — = Les Fâcheux — = L'Étourdi — — = Les Femmes Dand. = Georges Dandin — Impr. = F. — Mal. Im. = Le Malade Imaginaire — Mar. Impromptu de — Mis.— = Le Mariage forcé; = Le Médecin malgré Méd. m. — — Scap. = Les Fourberies = Les Précieuses Le Misanthrope — Sgan. — Sganarelle — = de Scupin MONET MONET (LE XXV). MONN. — MONNIER (henry). pop. — Scèncs populuircs, Dentu, 1890. MONSELET — MONSELET. Lcs Avcux Un pamphlétaire, 1854, MONTCHREST. MONTCHRESTIEN XXIV). Ism. = = MONTESQ. — MONTESQUIEU. Lcl Persanes. Garnier — Ars. — = Esprit Arsace Isménie, à du précédent — Esp. Flammarion
éd.
;
MiGAULT.
Migciull,
Hist.
;
St.
* (I,
-
et
Illuslr.
iléc.
;
berg. =^
;
bergers,
* (III,
;
;
G.
;
;
;
;
d. f.
;
El.
;
sav.
.'icwantes
L'
Versailles
Fcieh.
;
;
G.
;
;
;
;
fore.
lui
l.
;
;
Préc.
ridicules
Tort.
;
-
;
;
Tartuffe.
P.) * (III,
Sc.
in-12.
I.ecou,
d'
* (II,
Pers.
Lctlrcs
la suite
et
=
Considérations sur
— — — = — —
=
:
d.
;
t.
et
des lois
;
causes de la grandeur tirs Romains cl de ieur décadence. MONTFLEURY * (III, XXVl). Théâtre. MONTLUC MONTLUC (bLAISE DE) * (II, XXIV). MOSELLYMOSELLY. La Vie Lorraine. Xouv. libr. nation., 1908, in-18. M. PBÉV. Voir à PRÉVOST. Vie MURGER MURGER. Jcun. Scèncs dc la vie de jeunesse. Mich. Lévy. 1854 Boh. Scènes de la vie de Bohême, Calm. Lévy, Nouv. Coll. 111. M. TIN. TiNAYRE (marcelle). M. Péché. La Maison du Péché, Calm. Lévy. Muss. MUSSET (a. de). Œuv., Charp. et Fasq., in-4o. (Le titre qui suit est celui de
Rom. MONTFL.
les
;
—
l'œuvre ou du morceau.) Myst. du V. Test. Le Mystère du Vieux Testament
—
* (I,
xxxiv).
N —
DE TR. NICOLAS DE TROiES * NOËL DU FAiL NOËL DU FAiL * N.
-
Omn. du ORS. B.
ouDiN
—
— —
BKUNOT
—
Omnibus du langage à tous, Corréard, 1829, ORSON DE BEAUVAIS * (I, XXXV). ouDiN (ant.) * (III, xxvii). Grammaire.
lang.
Ouvrier.
xxiv). Le gruud PuTangou des nouvelles. (II, xiii). Contcs ct DiscouTS d'Eutropel. (II,
L'Ouvrier, Revue, Blériot
in-4°.
in-12.
—
XXXIV
TABLE DES AH !!ÉV I ATIdXS
— ADAM. = Myslèrc des Foules, 1895, 2 PAl-APRAT XXV). ŒlllTCS. RiboU. 1702. PALiss. — PAI.ISSY xxv). Œuvrcs. — — Prov. = (blaisi:) xxvii). Pcns. = Les Pensées PASQ. — PASQUiER (esï.) XXV). Reck. = Les Rechcrehes de Franee. Path. -- Pathelin xxxv). — Pèlerinage de Charlcmagne à Jérusalem xxxv). PELET. XXV). MANS PELETIER DU MANS — Ree. PERRAULT — PERRAULT (IV. xxv). Contes. Flaïuinar.. in-12 ouv. = Recueil de divers PIRON — PiRON. Métr. = La Me'tromanie. dans Œuvres. Amsterdam. POISSON — POISSON xxviii). Œuvres. PONT. DE TYARD — DE TYARD (poNTUs) xxvi). Err. = Errcurs amoureuses. PRÉv. — PRÉVOST (abbé). Manou = Manon Lescaut, Bib. des Amis des Lettres, 1830. — Le Mariage de M. PRÉV. — PRÉVOST (mabcel). Lc jardin Mod. — Julienne. Fr. mariée = Lettres Françoise mariée. .luven. — m^^ de la f.wette (IV, xxii). La Princ. de de PKDUD. — PROUDHON. Rév. = La Révolulinn socicde démontrée par (loup d'État p.
ADAM
r.
,l///.s7.
PALAPRAT
(I .
(JIlcndorfT,
/.
vol. in-l{>
* (IV,
* (II.
p.\sc.
* (111,
p.\sc.\L
Lettres
:
(l'un proi'incial.
* (II.
la
* (I,
* (I,
Pel.
* (II.
D.
*
div.
:
ouvrar/es.
17(i4.
les
* (III,
* (II.
secret,
Ib.
Let.
:
Bibliotli.
:
ci
ci
*
Cl.
Clèves.
Princes.
SOC.
du 2
dée..
— ouiLLAC (abbé — «jiUiNAULT
QUiLLAC
le
Garnier. 1852.
.j.
A.).
La
lani/iic et la sijntaxe
de Bossurt.
'rouis,
Catti
1903.
quinault
RAB. RAc.
-
*
(III. xxviii).
Théâtre.
RABELAIS * (II, XXVl). RACINE * (IV, xxvi). (Éd. des Gr. Écrivains Andr.).
Alhalie
—
=
—
=
=
—
Bér.
=
—
—
Andromaciiie ;
=
-
—
Alh. ; Miihridaie ; Rem. s. Od. Re-
— Milhr.
Bérénice ; Brit. Britanniciis ; Phèd. Phèdre ; P. R. ^ Histoire de Porl-Roi/cd marques sur l'Odyssée ; - - Théb. La Thébaîde. RACAN RACAN * (îll, XXIX). ŒuVrCS. R. CAMB. RAOUL DE CAMBRAI * (III, XXIX). :
==
=
DE GOURM. RÉMY DE GouRMONT. Le Problème du slylc, Soc. du Merc. de Fr. REGN. REGNAKD * (III, xxix). Méu. Lcs Méuechmcs ; Sér. = La Sénérade. REGN. REGNIER * (II, xxvii). Sot. = Satires. * REGN.-DESM. RÉGNiER-DESMARAis (IV, xxvi). Traité de la Grammaire jrançoise. REN. RENAN. Jcs. La Vie de Jésus, .Micliel Lévy. 1863 Souv. Enf. Souvenirs R.
—
—
—
=
—
=
:
—
=
d'Enfance, coll. Nelson. REN. ou RENARD RENARD (JULEs). L' Écomifteur. OIlciidorlT, 19(tl Poil de Carotte, Calm. Lévy, Nouv. Coll. 111. p.ENAUD RENAUD. * (III, xxiv). Manière de parler. Ric.iii;p. RiCHEPiN (.tean). Ch. des Gueux = Lu Clutnson des Gueux ; Miarka, Calm. Lévy, Nouv. Coll. 111. RICHER RICHER * (III, XXX). Ov. r-^ Ovidc bouf/oil. RivoiRE ET BESN. RivoiBE ET BESNARD. Mou ami Tcildij, Ulust r. llléâlr. 12 nov. 1910. R. M. Revue des Deux Mondes. ROB. ROBERT. Graui. Idiorn. Grammaire française. Groningue, 1919 Études d'idiome et de syntaxe, Ib., 1917. DE ROB. ROBERT (louis de). L'envcrs d'une courtisane, Calm. Lévy, Nouv. Coll. III. Rom. du Mal. Le Roman du Malade, Ib. RODENB. RODENBACH. Brugcs lu Moite. .Marp. et Flam. ROG. DE COL. - KOGER DE COf.I.ERYE * (I. XXXVl). Roi. La Chanson de Roland, éd. L. Gautier. Tours 1881.
—
— —
:
—
=
;
—
— —
—
=
;
=
TAULE DES AimEVIAriOXS
—
ROM. ROLL.
ROMAIN ROLLAND. Jean
Chrtsl.
=
XXXV
Jean Christophe. CuhkTs de
Quin-
lu
zaine.
— Romania. — RONSARD
Roman
paul meyer
p. p.
et
gaston paris. 1872
et suiv.
* (II. xxvi). Sans indication, renvoie à la Collection de la Pléiade RONS. éd. Blancheniain Bl. Po. ch. = Poésies choisies. de Marty-Maveaux éd. Becq de Fouquières. Jm Guerre du />». éti. l.afitle. in- ;— Vulf/r RosNY- ROSNY. (J. H.). G. liu Feu
—
:
—
:
ROSTAND (edmond). Chaul.
Romanesques,
Ib.
ROTKou
ROTR. -
=
*
-
= —
1
1891. ChtuUeeler. Fasquelle. 1919
Valfjraive. Lenieire,
D(u\iel
—
RosT.
=
— L'Aiglon. xxx). Théâtre. Heur. Const. = — Deux pue. = Les Deux pucelles
—
=
Rouss. -
—
Les
—
-
:
saint a.mand
vol.
1(1
—
;
s',
~
L'Heureuse Constance : Célim. = Jm Celimène
rousse.au (J.-.T.). Œuvrcs. Genèxe et Paris. Vulland. Contr. soc. = Le Contrat .Social. Extraits, éd. Hachette RUT. on HUTl.n. —- RUTEBEUr * (I. XXX\'1I).
s''
— Rom.
Ib.
;
(III.
Bélisaire ; V('/!f('.s/. Venceslas.
Relis.
:
iii-l»
:
:
—
xxx). Œuvres. = Correspondance. Calni. l.évy, 1878 Cril. et Bocquet. 1841. 5 v. Lund. Causeries du Lundi, Garnier, 1852 Pens. août Pensées d'Août, Rendue], 1837 Po. Poésies complètes. Charpentier, 1890 Portr. de f. Portraits de P. R. Histoire de Port-Royal, Hach., 1860 femmes, Didier, 1845 Port, cont. Portraits contemporains. iNIich. Lévy. 1876 Vol. Volupté, Char-
am. BEUv.
—
^
port.
* (Ili,
SAINTE-BEUVE
Critique
et
Corr.
portraits littéraires, R. ;
—
=
:
—
—
=
:
=
—
—
;
—
=
;
=
—
— = = — s.\int gelais xxviii). Œuvccs. — saint ré.\l (IV, xxvii). Dc Critique. SAINT SIM. — SAINT SIMON (IV, xxvii). Mém. = Mémoires (Éd. des Gr. Écrivains). Saint Thomas. — garnier de pont-sainte-maxence (I.xxxvn"). Saini Thomas Martyr. — = Giganlomachie SCARR. scARRON xxx). Rom. com. = Le Roman comique — Virg. = Virgile scÈvE — SGÈVE (MAURICE). Scheuring, 1862. — Partie SCRIBE — SCRIBE. = IJ Mich. Lévy, 1859 — Part, — V. = Le vieux garçon, Ib — L'ours Revanche. SCUDÉRY — scudérv XV). MatMldc. — Le Secrétaire de Cour de xxxi). SEGR.MS — SEGR.\is. xxxi). Xoupellcs frunçoiscs. SENANCouR — SENANCouR. Rcvcrics sur nature de l'homme, 1910. Soc. Textes modernes. — Sent. Sentiments sur C(uactères dc Bruyère (IV, xxvin). Serm. n"o. maill. — Sermons d'olivier maillard xxxvi). sÉv. — r^mo OE sÉviGNÉ (IV, xxviii). (Éd. des Gr. Écrivains indique n" SEYSS. — SEYSSEL (CLAUDE de) xxxviii). Suc. = L'Histoirc de successeurs d'Alexandre. soREL — soREL = Le Berger extrcwagant — Franc. = xxxi). Rcrg. ;
:
;
pentier. 1834.
s. s.
* (II,
GEL. RÉ.M,
*
la
*
*
le
*
(III,
Gicjant.
;
--
-
travesti.
;
Délie, éd.
L'héril.
Ib.
et
héritière.
et rev.
:
garç.
;
le
p'icha, Ib.
le chifire
le
et
;
* (III,
Secr.
la C.
* (III.
la
* (III,
la
]>rimitive
fr.
critiques
cril. s. car.
les
*
la
* (I,
*
(le
:
la lettre).
* (II,
*
(Ili.
(t'Ai.
extr.
<
;
La vraye histoire comique de Francion. CHANT. SŒUR CH.\NT.\L * (III, XXXl). LcttrCS. souv. souvESTRE (Emile). Clair. Clairières, \i\\.\\i:\\cs. .Muquardt. 1852, in-16. ~ STAPFER. RécT. — Récréations grammaticales. 1910. STAPFER STUART MERRILL STUART MERRILL. Po. Poèmcs. Soc. clu Mcrc. de Fr., 1897. SUE SUE (EUGÈNE). Myst. Lcs Mystèrcs de Paris, Bruxelles, Méline, 1845, s''
—
=
-
—
—
tome
II
:
si'Li.Y PRUDii.
.1.
—
=
=
Id. Paris, Albin Michel, tome -— suLLY-PRUDHf)MME. Poésics.
TAHUREAU DU MANS DES RÉAUx *
ALi.i-.MANT
* (II,
I.
l.emei're, 1879.
XXIX).
(III. x.xxii). Hist.
= H istoriettes.
TABLE DES ABRÉVIATIONS
XXXVI
— ïALLEMANT (abbé) (IV, xxviji). Décisions = Rcmorques Décisions de l'Académie uiodc ~ L' AmouF à Am. à TH. CORN. — CORNEILLE (thomas) Mode — Ch. de voix = Le Charme de Voix — Dom de Ciy. Dom Bertrand = Lu Comtesse d'Orgueil. de Cigarral — Comt. d'Or A. T. Constans. Thèbes — Le Roman de Thèbes, *
TALLEM.
et
françoisc.
* (II, xiii).
la
la
;
=.
Berir.
;
g.
;
éd.
THÉOPH. THEUR.
la
lit
S.
THÉOPHILE DE VIAU * (III, XXXIIl). THEURiET (ANDRÉ). LucHc Déscnclos, Flaiiimar., 1889,
—
in-16. Récits des temps mérovingiens, Ganiier. pronoucicdion française. Mélanges de grammaire française, trad. Kultncr et Sudre, TOB. TOBLER. Mél. Vermischie Beitraege, Leipzig, I-IV. 1905 V. Beilr. LcS ConicnS. TOURNEBU (ODET DE) * (II, XXX). Cont. TOURN. A.
—
THiERR.
—
THUROT
—
;
A.
THIERRY. Réc.
THUROT
* (II.
—
De
TRISTAN BERNARD.
— —
lu
= =
—
TRisT. BERN.
=
mc'r.
xxix).
=
=
Poiilaill.
=
Le PouloUler,
théâtrale, 1909.
Illu.st.
vai:gelas * (III, XXXIIl). Rem. Remarques. Actes et paroles ; VICTOR HUGO (Éd. Hctzcl). Actes Année lerr. Chat. Les Châtiments ; L'Année terrible ; Cont. Les Contemplations ; Dern.j. Le Dernier jour d'un condamné ; F. d'aut. Les Feuilles d'automne ; Hem. Hernani ; La Légende des siècles (le titre est celui de la Lég. pièce); Le Roi s'am. Le Roi s'amuse ; Mar. de L. Marion de Lorme ; Mis. Les Misérables ; N. D. de P. Notre-Dame de Paris ; — Or. Les Orientales ; Philos. — Philosophie ; - Raij. et 0. = Les Rai/ons et les Ombres ; Ruij-Blas^ Rhin = Le Rhin ; Li. Blas V H. L. Variétés historiques et littéraires * (111. xxxiii). viDEL VIDEL * (III, xxv). Mél. ^ Méldute. viD. viDOCQ. Mém. Mémoires, Garnicr, 1911, 2 v. VIGNY VIGNY (.\LFBED dk). Cinq-Mors, Dclagrave. 2 v. — Po. Poésies, Ib. Quitte pour la peur (dans le Théâtre, éd. Nelson) - Serv. et gr. mil. Servitude et Grandeur militaire, Calm. Lévy, Nouv. Col. 111. - Stello, éd. Xilsson. viGOR viGoit * (II, xxviii). Sermons. VILLEH. VILLEHARDOUIN * (I XXXVIIl). viLLiERS DE l'i. AD. viLLiERs DE i/isLii ADAM. Cout. crii. Contcs criiels. (">alin. Lévy, Nouv. Coll. 111. * VILLON VILLON (I, XXXVIIl). ŒuvrCS. voG. VOGUÉ (m. de). Hist. et Po. — Histoire et Poésie, Arni. Colin Mail, de lu Mer Le Maître de la Mer, coll. Nelson - Regards = Regards historiques et
VAUG. V. H.
=
—
—
—
— — —
— —
=
=
=
=
— —
—
=
—
—
= =
=
—
=
=
—
—
—
— —
=
=
=
—
:
;
—
;
—
:
-
=
—
;
=
littéraires,
;
A. Colin, in-12
Sp. cont.
=
Spectacles contemporains, Ib.
— VOLTAIRE (Éd. du Com. sur Corn. ~ Commentaire sur Corneille; — mœurs XII = Histoire de Charles XII — Ess. m. = Essai sur — — L' Ing. = L' Ingénu — Orph. de = philosophiques
VOLT.
;
Stècle).
Ch.
Let. phil.
Chine
=
Lettres
L'Orphelin de
s.
-
;
les
les
;
la
;
;
la
Chine. Diverses anires œuvres sont citées par leur titre.
W —
WEY
WEV. liemarques sur
la
langue française, Didol. 18
15.
2 v.
— ZOLA (Emile). Nais Micoul. = Nais .Miruulin. Nouv. — Abb. Mour. = La Faute de l'Abbé Mouret, 1921 Cont. à Nin. = Contes — Corr. — Correspondance, Charpenà Ninon, Flammarion, 1919 — Déb. = La Débâcle, 1919 ;— Germ. = Germinal, 1885 D' Pasc. — Le Docteur Pascal, 1920 — Jacques Damour suite du — Assomm. = L' Assommoir, Charpentier, 1898; — vant) — M">e Neigeon, — Rêve = Le Rêve, Romane. = Les Romanciers Charpent., 1914 Cn\in. I.évv.
V
Ib.,
(Collection
Sél.
lier,
;
Ib.
;
Ib.,
(à la
;
;
naturcdistes,
1888
:
Une
p.
d'am.
=
;
;
Ib.,
;
Ib.,
Ih.,
coll. illust.
-
Une Page d'amour,
;
Ib.
;
-
sui-
GENERALITES
DU
CRI A LA PHRASE
GENERALITES C H APURE
LES CRIS.
—
LES MOTS.
Gris et mots. par des
—
cris, réflexes
-
PREMIER
LES RAPPORTS ENTRE LES MOTS
L'homme s'exprime souvent, ou non, qui traduisent surtout
sentiments. Les uns sont de vrais cris
mots
:
Halte
!
arrive
Il
(i)
:
Bah
!
Pst
!
du reste bien souvent que
comme
Hop les
les
animaux,
ses sensations et !
les autres sont
mots
ainsi
ses
des
employés,
à force d'usure, sont passés à l'état de cris. Aie n'a rien gardé de son ancienne
valeur de subjonctif tion de douleur
;
(aïiie
dame
aidez-moi, à l'aide
:
n'est plus l'invocation
.'),
:
c'est
une simple exclama-
Seigneur
!
ou complexe, se traduit par des sons, des groupes de encrier, vivre, sons, et des bruits, qui forment des mots, signes des idées
Toute
idée, simple
:
demain
(2).
division en mots. Réalités et apparences. — Assurément, un mot un élément irréductil)le, puisqu'on peut en général le retrouver identique à lui-même dans diverses combinaisons, ainsi bec ou muni. Personne ne songe pourtant à analyser bec-de-cane, ou monl-de-piété ; de même pour parce que ou vis-à-vis. On a depuis longtemps reconnu là des mots composés. On admet des
La
-
est
locutions prépositives, conjonctives, adverbiales, etc. cette notion
:
avoir lieu est
un composé comme
unique, celui d'arriver, se produire. devoir compte, être en peine, faire lives
:
De même
l'effet,
bon marché, hors cadre, comme
il
etc.
Il
faut généraliser
pied-à-terre
;
il
a
un sens
pour"Tes locutions verbales et
pour
les locutions adjcc-
faut.
lin seul exemple, celui du mot prendre. Dans une foule de phrases telles que j'ai pris un bain, voulez-vous prendre ma main ? je vais prendre le train, prends tes précautions, aucun doute, prendre est un élément que l'analyse :
p«iiLet^doit isoler.
Cela
est^^de^jà
moins net
intervenue pour changer
lorsqu'il s'agit d'expressions,
le
sens général, telles que
:
où une image est le mors aux
prendre
(1) Nous ne donnons ici, connne l'indique le titre, qu'une iniroduction générale. La plupart des faits qui y sont indiqués seront étudiés en détail ultérieurement. (2) De la constitution matérielle des mois, des son?, et en général de la partie phonétique du langage, si essentielle et si mal connue, nous ne dirons rien il y a un ban livre, auquel il sulGrammont, Traité pialique de prononciulion jrançaise, Paris, DeIagl•a^•e. lira de se reporter ;
:
GÉNÉRALITÉS
4 (lents
prendre
;
taureau par
le
les
cornes
;
prendre la poudre d'escampette
;
prendre barre sur quelqu'un. II
devient tout à fait faux et contraire à une analyse véritable de consile verbe prendre, quand il entre .dans des locutions qu'on a rai-
dérer à part
son d'appeler toutes
lui-même
faites,
attendu que
le
sujet parlant n'en assemble pas
éléments, mais qu'il les trouve tout agglutinées par un long et
les
composées pour donner à l'ensemble un sens unique. la mèche a pris feu l'ébauche vos épreuves voilà notre malade qui a pris bonne mine
lent travail qui les a
Ces locutions peuvent être subjectives
prend tournure
;
:
;
;
prendront bientôt fin (1). Certaines reçoivent au contraire un au chien ; le 87? a pris part à l'action ;
complément d'objet
:
prenez garde
goût à la botanique. les élus prendront place Elles reçoivent aussi des compléments de lieu à la droite du Père (7 prendra rang après le sous-lieutenant. DE BUT, DE FINALITÉ j'ùl prls date, rendez-vous pour la signature. j'ai pris
:
;
:
DE PROPOS
:
il
ne peut prendre son parti du mariage de sa
fille (2).
nos d'origine il prend texte de cette phrase pour mener campagne ; adversaires prennent avantage de chacune de nos fautes. l'avant-gardc a pris contact avec DE RELATION, d'accompvgnement :
:
l'ennemi.
Enfui des compléments qui ne sont pas susceptibles de classification
:
prendre plaisir à l'étude.
Sur
le principe,
il
ne peut y avoir contestation, mais les applications liste ne saurait être dressée des com-
doivent être surveillées, car aucune
:
posés de ce genre sont perpétuellement en formation, leur extension s'ac-
ou décroît sans cesse; j'entends qu'ils circulent d'un milieu à un autre, d'une contrée à une autre, gagnent en difïusion ou au contraire se restreignent. De sorte qu'il serait souvent téméraire d'affirmer qu'ils sont I)arvenus à l'état de complète réalisation. Par exemple, prendre la mer qui, pour un marin, est à peu près l'équivalent de partir sera analysé par un terrien (Cf. prendre terre). Prendre le volant exprime aujourd'hui l'acte de celui qui conduit une voiture automobile il se peut que demain, étendu de proche en proche par la vulgarisation de l'automobile, il ait pour tous le sens de conduire, comme jadis tenir les rênes, le gouvernail. En outre, il y a lieu de se souvenir qu'on ne parle et qu'on n'écrit pas par mots isolés, simples ou composés, mais par groupes de mots, qui entrent en combinaison suivant les besoins de l'idée. Séparer les mots est parfois nécessaire pour les étudier, mais l'objet essentiel est d'observer comment ils se réunissent. Au feu présente deux mots, que l'on peut sans doute considérer à part l'un de l'autre, mais dont la réunion constitue un appel qui, croît
et aussi
;
comme
signe, est indivisible.
(1' Cf.
:
{2)
:
(^f.
prendre parti, corps, forme, chaud, jrnid, courage, peur. prendre ombrage, souci.
LES CRIS
— LES MOTS ~ LES RAPPORTS ENTRE LES MOTS
Les rapports entre les mots. divers moyens 10) Ordre des mots. Si je dis
— Pour marquer
les
5
rapporls, on emploie
:
comme
qui est présenté cachés.
Avec un ordre inverse
arbustes cachent
Le
le
le
:
mur
cache
mur
les arbustes, c'est le
faisant l'action de cacher, et les arbustes qui sont le
rapport serait entièrement changé
:
Les
mur.
rôle de la construction n'est pourtant pas
si alisolu qu'on ne puisse dans certains cas. Pour que la phrase reste compréhensible, il faut alors qu'une autre marque permette de se retrouver dans les rapporls, comme ici Ont été arrêtés pour vol les nommés x, y. z. I.a langue fournit beaucoup d'exemples de rapports marqués par l'ordre des mots. C'est le voisinage qui fait qu'on attribue à un nom l'épithète qui lui est accolée sans copule d'aucune sorte une vaste maison. Il ne s'agit I)oint d'accord, vaste n'a pas de forme variable qui fasse distinguer le féminin. Au reste on rapporterait aussi bien à maison un nom la maison type. De même pour l'apposition Ils faisaient des guérisons, soit par l'imposition des mains, soit par l'onction de l'huile, l'un des procédés fondamentaux de la
l'intervertir
:
:
:
:
médecine orientale, (rex., 20)
Jés., ch. xviii).
Formes variables des mots.
— Malgré
les
réductions apportées par
temps dans le système morphologique du français, même des mots quelques variantes qui permettent de le
avec d'autres.
il
reste dans la
les
forme
mettre en rapport
Dan s: /es en/fm^6'y/cnnp/7/, //.s son/ <)fais, les rapports sont marqués les, viennent, ils, sont, gais, au mot enfants.
par l'accommodation des mots
Cette acconmiodation, appelée accord, est aujourd'hui fort restreinte dans
pour la raison que les formes manquent, ou n'existent plus que dans l'écriture l'eau baisse ; les eau.v baissent. Les seul a une forme changeante X, nt ne sont que des signes graphiques.
la réalité,
:
;
30)
Mots-outils.
— Pour marquer
des signes exprès, des
«
mots-outils
».
les
rapports enlre
les
mots, on emploie
dont c'est la fonction. Dans
feuille de
papier, vin à emporter, défense d'entrer, de et à sont les mots-outils.
Quand
on établit une relation à l'aide d'un de ces mots, la construction s'appelle indirecte, par opposition à la construction directe, où n'entre pas de mot
marquer le rapport. Comparez Rapports implicites. Il arrive
destiné à 40)
^o nt
:
—
il
passe pour riche à
très
souvent que
Les
:
//
est riche.
rapports ne
m
arquésjjar rien du tout. I.cs mots ne sont ni accordés ensemble, ni rapprochés, ni placés à un endroit caractéristique. L'esprit n'en saisit pas
moins sûrement
les relations qu'ils ont entre eux. Il faut considérer, pour expliquer cette faculté, qu'il est guidé par l'analogie des phrases où un signe
marque qu'il il
en
le
rapport. Un^adjectif paraîtra ainsi rapporté à_unjipm,
soit,
faut reconnaître que
le
si
éloigné
rapporte toujours à un nom. Mais français moderne, contrairement à la langue
parce que par nature
il
se
aime ces phrases sans rapport apparent un mur de la Souléiade fût renversé, qu'on ne put remettre debout, fout un écroulement dont la brèche resta béante (zola, Z)'" Pasc, 27G).
logique du xviiie
s.,
:
GÉNÉBALirÈS
G
Changements dans l'expression des rapports.
—
-
Le choix entre
les
moj'Cns d'expression des rapports a varié au cours de fhistoire de la langue, comme ces moyens eux-mêmes. On a abandonné des mots-outils et on en a
on leur a substitué des mots-outils. l'accord s'est réglé tardi\ement l'usage des prépositions ne s'est précisé dans certains cas que tout récemment. Le choix même entre construction directe et indirecte est pour bien des verbes très moderne; tout change et changera toujours. Les forces d'usure et de reconstitution du langage n'ont jamais cessé d'agir. Si on veut explicréé d'autres,
on a oublié des formes
et
L'ordre des mots s'est lentement fixé
;
;
quer Uétat actuel des choses, il est indispensable, ici comme partout, d'étudier passé et de suivre les développements à travers les siècles. On ne s'explique le complément donné i^ar Molière au verbe subjectif brûler quand il a écrit
le
:
Et
je brûle
qu'un nœud
suivre l'analogie qui a
d'aniitic
amené
nous unisse (Mis.,
2.'38),
qu'à la condition de
brûler clans le sens de désirer avec ardeur à la
zîiême construction que désirer.
Or le développement historique a conduit de proche eu proche un élément qui servait à marquer un rapport à en marquer un autre, puis un autre, si
bien qu'au bout du chemin rien ne reste de la première valeur
l'histoire
de presque toutes
les prépositions. Il
;
c'est
n'y a eu aucun changement
de sens quand on a dit ressembler à au lieu de ressembler. Ce n'est pas autre cliose
qu'une modifieaiion de eonstruction. Elle a le caractère d'un pur accicpii n'a aucune signification ralionncllc ni psychologique.
dent de forme,
—
Conclusions relatives à la méthode. C'est mouvements. faux que d'appliquer les observations historiques langue d'aujourd'hui. Ruisque a pu être temporel, historique de suivre cl d'cxplicruer ces
conjonction considéré
cpii
marciue
tel qu'il est
le
dans
le
le rôle AIa_is
de
la
grammaire
rien ne serait J>Uis
à l'interprétation de la c'est
actuellement une
Le langage doit être cerveau du sujet parlant à l'époque où il parle,
molif et jamais
le
teuips.
sous peine des pires erreurs d'analyse.
y a
11
deux
lieu toutefois de retenir des
règles essentielles. !«
On
avcrlissemeuls fournis j)ar l'histoire ne doit pas chercher à expliquer logiquement
des faits de langage qui sont analogiques 2°
Il
(1).
ne faut pas prétendre à des classifications rigoureuses. Partout
catégories voisines se pénètrent.
Un complément
les
de but ou de lieu passe
d'objet, une fin devient une cause, etc. C'est l'image même de la penavec ses complexités et sa souplesse. Une méthode de langage, qui veut avoir une valeur psychologique quelconque, doit la suivre fidèlement dans
au rôle sée,
ses
démarches, et
sacrifier
résolument à
la vérité
de trompeuses appareti-
comprendre mouvements.
ces de netteté. Ce qui importe, ce n'est pas d'étiqueter, c'est de et
d'enseigner à comprendre non seulement
les états,
mais
les
Prétendre ranger pour fcnuiie (l'a. f. disait à femme) dans une catégorie de compléments (1 ou d'attributs où il voisinerait avec des pour marquant rechange, le prix, etc., conduit li l'absur)
dilé pure.
s
CHAPITRE
II
LES INDICATIONS
donne
({uc
de simples indi-
annonces,
les
prospectus, les
arrive .souvent qu'on ne clierche ou qu'on ne
Il -
é-^/zons
dans
;
les,âLlquettes-,-les-nfïîcnës, les
livres d'adresses, les catalogues
de toutes sortes, on ne trouve rien d'autre
des volumes entiers tels que les Annuaires, sont faits.
Il
chaque jour par
paraît
tions de toutes espèces
;
ij
y
milliers
dans
ejx-a-dajisjesj'jies.
journaux des indica-
les
sur les enseignes, partout
Epicerie en gros. Docteur médecin. Mcdadies des yeux. Défense
Transports par ccunions. Banque de Paris Loii.vre, solde
ne faudrait pas croire
l^
A
de toilettes d'été,
y
de la province. Mercredi, cm
Ne pas
différer. ;
la vie, et jexercent une, influence
sur le dcveloppctBeut, de la langue. Depuis le xix^
^jiÊllidble
:
cV afficher.
ait là uaui4aiuiL£LiaLéU£ure_jIu_ langage
ua-TÛieJmniense dans
ces indications ont
et
désinfecter à l'arrivée,
cju'il
;
Tout-Paris, le Bottin, etc.. en
le
s.
surtout, elles
contribuent fortement aux c44a«gemeHt^ du lexique, à cause de leurs besoins propres. Elles ne sont pas
non plus sans action sur
réductions auxquelles les obligent les places, lues d'un
coup d'œil
;
syntaxe, par
la
les prix, et la
les
nécessité d'être
c'estouv^yle télégrapluquc d'j]iiJiutrç_g^n^
qui a ses
régies obscures, dont la principale est de faire 1^ pi u d' effetirvêcTëlii (Tms de mots possible. L'orthographe elle-même en est influencée une faute attire :
l'œil
A
:
Bouillon Kub. E.vigez
«
le
K.
>
noter que, la détermination étant souvent faite par
le lieu
même
où
est
posée une étiquette, point n'est besoin de déterminants. Appartement à louer signifie, soit la îuaison
la
;
il
:
soit: cet
y a un appartement
appartement
est
ci
ci
louer,
louer,
si la
si
l'affiche est à la porte
même affiche
de
est posée sur
Persienne close.
Les sur
titres se
les
général
passent de
mœurs: Nouvelles :
même
Discours de la méthode ; Essai quoique cet usage soit loin d'être Mousquetaires ; Les Rois en c.xil ; 'L^ Edu-
d'articles
Aléditations
Les Orientales ; Les
trois
:
;
cation sentimentale. Eii général, les indications suivent les régies ordinaires de la langue. affiche Ferraille
vendre, ou
ci
phrases ordinaires
:
A
vendre de la ferraille,
J'ai de la ferraille
ci
comme on
On
dirait en
vendre, j'ai à vendre de la ferraille.
CHAPITRE
m
LES PRÉSENTATIONS D'ÊTRES, DE CHOSES, D'IDÉES, D'ACTIONS
Voici, voilà.
Les
Naissance
et
En
voilà votre affaire.
(me
voici
Al., st.
;
Mais ce mot pronoms.
Dans
était
souvent présentés
deux
voici, voilà,
291
est à
Il
;
cf.
:
f.
—
on rcconnail facilement l'ancien impératif
disait encore
(ix,
Voici votre père
:
on se servait du mot héréditaire es, as : Es me, IG): As vus Rollanf sur son cheval pasmet {Roi., 1889). d'un emi)loi très restreint, on le trouve surtout avec les a.
des particules de lieu
Ronsard
—
développement de ces présentatifs.
êtres, les objets, les idées sont
ci et là, :
suivi
—
Approchez, voy me-cy (iv. 285) Voy-/cs-là toutes ii, 382). Puis les éléments se sont soudés. ;
i...
ir.
voi,
qui figurent aussi dans les démonstratifs.
noter qu'il y avait autrefois deux formes vecy, velà (h. l., ir, 383). a disparu; il est probable que c'est la seconde qui se conserve
La première
sous la forme
v'ià,
déjà usilée au temps de
INIolière.
mais qui n'est pas
classique
Originairemenl. voici
que
et
voilà présentent entre
celui-ci el celui-là. Mais,
eux
même
la
différence
depuis longteni]is, ce sens])rimilif s'est efïacé,
du xviii^ s., les deux mots tendent à se confondre aujourd'hui annonce très souvent des choses qui vont suivre au lieu de se rapporter à ce qui précède, quoique tous les granunairiens. y compris Littré, niainliennent la distinction Voilà ce qui va arriver, le l(uix de l'intérêt baissera, A voilà s'est ajouté dans les temps modernes l'enclitique /-// // ; En voilàt-il un tas de jobards ! Il y a un composé, revoici, revoilà : revoilà le printemps. et à partir
;
voilà
:
—
Êtres, actions, caractérisations présentées. voici, voilà est l'^
—
présentent des êtres et des choses
Ils
qui nous contentera tous deux (mol.,
grand art Mis.,
1'"
faire
:
j).,
—
Le
rôle
des
extrêmement considérable.
1, 2)
;
Mère, voici ton
:
G. Dand.,
m,
6)
;
fils
—
;
voici
mois
—
voici
donc
un peu rendre à un succès le son d'une catastrophe (v. ^- voilà qui vaut la peine que l'on vive (auo., Av., i, 5)
le n..
;
—
adhérer à .Jésus en vue du royaume de Dieu, voilà ce qui s'appela d'abord être chrétien,
20
—
infinitif
Ils :
(ren., Jés., ch. xxviii).
présentent des actions ou des
voilà parler
;
ét(ds.
ou bien d'un participe
mes funestes pressentiments,
les voilà
On :
les fail sui\ le
voilà notre
donc accomplis
!
ou
ou bien
homme l^icn
pincé
dun ;
d'un conjonc-
LES PRÉSENTATIONS D'ÊTRES, DE CHOSES, tif
avec un verbe: voici
lève (l'un
;
—
le
voilà qui rugit,
que avec un verbe
:
le
D' IDÉES,]
grand jour qui arrive;
madame,
taisez-vous (v.
voilà qu'il entre;
—
D'ACTIONS
voilà
soleil qui se
le
Hem., m.
ii.,
9
ou inéine pas qu'il m'offre de
—
voilà-t-il
me
voilà vieux
6)
;
devenir son associé. 30
— —
Ils
présentent des caractérisations
:
;
voilà
mon homme
au désespoir (mol., Fourb., i, 2). 10 Nous retrouverons voici et voilà à peu près dans chacun des li\res suivants, mettant en lumière un élément de phrase voici par quel procédé Ces jeux de deux enjcmis, loin des yeux de leurs on réussit à isoler ce corps ; :
—
Qui prennent pour amour leurs naïves chimères ; Risible enfcmtillaiie et du cœur ! Voilà ce qui du ciel en vous serait vainqueur ! Voilà pour quel appât, voilà pour quelle cause Vous trahiriez le voni que ce tenips vous impose ? (la^f., Joc, ô^ ép., 183). On les rencontre formant avec leur complément une proposition isolée Voici par quel procédé. (Cf. voici pourquoi, voici comment, voici à quelle mères, et
des sens
:
occasion.)
CHAPITRE IV LES ÉNONCIATIONS. IDÉES ET PROPOSITIONS
—
La forme usuelle et qui a clé longtemps considérée La proposition. comme le type de renonciation, est un assemblage formé de plusieurs termes: un
a)
une
être,
chose,
une
idée
dont on parle.
b) ce qu'est ou ce que fait cet être, cette chose, celle idée. Ex.
—
Pierre
:
—
le temps est menaçant. machine ronfle ; Cette énonciation peut être complète en trois termes ainsi en parlant de l'eau, on dira Vexai est fraîche. Il y a là un nom. Veau, c'est le sujet ensuite un verbe est, et un attribut, f raidie. On bien deux termes suffisent, un sujet, un verbe l'eau rafraîchit. Ailleurs, il ny a qu'un mot, le verbe Avancez. C'est cela qu'en logique ou en grammaire on appelle proposition. Il n'y a aucun inconvénient à garder le nom et la chose, pourvu qu'on ne prétende pas ramener tout à ce type, comme autrefois. Le défaut de la vieille analyse était de suppléer, d'imaginer, de déformer sans aucun respecl de la réalité du langage, de façon à restituer partout la trinilé logique sujet, verbe, attribut. // parle était expliqué par // est parlant : écoutez, par vous, soyez écoutants. L'ère de ces folies est close. On n"a aucun droit de traduire obéissez !
dort
;
ta
:
:
;
:
:
:
par soyez obéissants
!
ni
Charles prisse par Charles est passant. Soyez obéis-
sants n'a pas absolument le sens de obéissez, et
si
le
présent Charles
est
pas-
dans Roland) c'était avec le sens de Charles est en train de passer. Cette forme a disparu au XYI*" s., il n'en est rien resté on ne saurait la réinventer, sous prétexte de logique, comme une forme (jue \v verbe serait censé suppléer. Is cominy se dit en anglais, en français sant a existé en
a.
(il
f.
est
;
non. La première règle que les maîtres doivent s'imposer,
aux enfants,
ser les autres
s'ils
langage
c'est de respecter le
veulent impo-
réel, la vérité
du
langage.
oi^DixAiKES DK
l'OiiMF.s
reconnues de
la
i.A
PHOPosiTiox
— SujKT, vicHBK. ATTRIBUT me destiné à B. — Sujet, veube subjectie A.
vit(d.
—
:
Lc projet
Lcs fomics généralement
-
:
est iniporlanl.
il
est
d'un intérêt
réussir.
peu-ail
il
.
proposition sont les sui\anles
:
Les choses marchent
:
le
problème
se
pose
;
l'ancien projet n'est plus (1). C.
—
Sujet, verbe, objet
Chambre va Ce sont (1
)
Le
là
l'étudier
en
efl'el
\i
:
La
solution exige toute notre attention
;
la
y consacrera plusieurs séances. des formes usuelles, ce ne sont pas les seules. ;
ici
elle
(i'êhc une simple copule,
il
entre
;ui
iionibie des verbes subjectifs.
•
LES ÉNONCIATIONS. IDÉES ET PROPOSITIONS Observations.
I.
—
Il
11
faut d'abord renoncer à la convention suivant laquelle
Avancez, allons-y, toute proposition devrait renfermer un sujet exprimé Vous, venez près de moi, vous n'ont jamais eu de sujets. Quand on dit :
:
un interpellatif, par lequel on appelle l'inou objet quelconque, à qui on s'adresse. La tendance analogique qui poussait à introduire ici un sujet n'a pas abouti le sous-entendre est absurde. Dès lors il n'y a point lieu de disputer pour savoir n'est pas sujet de venez. C'est là
homme, animal,
téressé,
être
;
si les
groupes où figure un
tions, suivant la
—
II.
Il
ou un participe sont ou non des proposi-
infinitif
présence ou l'absence d'un sujet
n'est pas exact qu'il faille,
mode
verbe soit à un
personnel.
pour
simple convention.
c'est
;
qu'il
que
ait proposition,
y
le
La répulsion s'exprime souvent par une
forme parfaitement adéquate, et non elliptique, qui consiste à donner un mes enfants mendier J'aimerais mieux les tuer et me sujet à un infinitif !
:
tuer ensuite, (zol., Germ., 291).
de narration, aujourd'hui considéré non seulement
L'infinitif dit
mais
correct,
comme
élégant, en offre
un autre exemple
rentrer en leurs grottes profondes (la font., Fab. III.
— Si largement
arriver à considérer
qu'on puisse entendre
comme
le
:
comme
Grenouilles de
14).
ii,
mot
on ne pourra
attribut,
des attributs les compléments de toute espèce,
au vcrl)e cire, forment bel et bien proposition Il est là ; la famille à table ; les taxes sont à la veille d'être votées ; soyez sur vos gardes ; les deux armées sont aux prises ; le lun est en plus ; la statue est de Rodin. qui, joints
:
est
—
Les éléments de la proposition. Chacun des termes d'une propocomposé de plusieurs mots avec le nom va l'article, le démonstratif, etc. le verbe a ses auxiliaires, non seulement ceux qu'on lui sition peut être
;
;
reconnaît dans les formes composées, mais bien d'autres: Votre frère vient d'arriver.
11
existe en outre des locutions nominales ou verbales
venir des
j'ai fait
pommes
de terre de Bretagne
nous en avons parlé plus haut.
A
faudrait se garder de décomposer
;
chaque instant ;
—
se
/'ai
:
/'ai froid
;
—
à cœur de réparer
présentent des cas où
souvent, considérer à part
le
nom
:
il
sujet,
une grave erreur. Ce n'est pas ce nom qui est le sujet, c"est le grou])e qu'il forme avec d'autres termes qui se rapportent à lui. Ex. une honnête femme n'a pas de ces sortes de pensées c'est un homme tout le monde le eonsidérait comme un bon citoyen ou
le
nom
objet,
ou
le
nom
attribut est
:
—
;
;
—
d'esprit.
La remarque ne s'applique pas seulement à ces sortes d'expressions où on pourrait reconnaître quelque chose de voisin des mots composés. Considérons
:
je
ne confierais pas
cette
mission à un envoyé quelconque
n'est pas qu'on ne la confierait pas à
conque.
(Cf.
:
je
ne convient pas à
n'épouserai qu'une
un homme qui
Termes multiples.
un envoyé,
femme
elle
instruite
;
l'idée
porte sur envoyé quel;
une pareille attitude
se respecte).
— Vnc proposition peut
renfermer plusieurs sujets.
GÉNÉRALITÉS
12
plusieurs attributs, plusieurs
compléments d'objet,
etc.
Ces termes mul-
la raison et la justice demanexpriment, soit des idées difïérentes on estime la franchise, la loyauté ; dent la liberté ; soit des idées voisines je me trouve indisposé, malade. Les ditïérenles soit des idées en gradation parties d'un terme multiple sont séparées par des pauses ou réunies par les tiples
:
:
:
conjonctions
même
:
Monsieur
vers
friponnes,
mais
fZes
ou, ni, etc.
et,
nature
:
noms, «
Ah
Le plus souvent,
ce sont les carmélites
!
mots de
ces parties sont des
infinitifs, adjectifs, etc.
Le Roi
:
se tourne
gravement
je savais bien qu'elles étaient des
;
intrigueuses, des ravaudeuses, des brodeuses, des bouquetières;
ne croyais pas qu'elles fussent des empoisonneuses » (sÉv., Lei., 663) ta chanson, ton délire, Bruits confus. J'opposais à
je
;
— Là, tragique, écoutant
ton luxe, à ton rêve, à ton rire, L'n refus, (v.
en
Chat..
ii..
Au mom.
de renl.
Fr.). Il
un mot qui les représente ces termes mulfemmes aiment surtout les dépenses qu'on fait pour elles ; et VOS
arrive qu'on reprenne par
tiples
les
:
fréquentes sérénades, qu'elle trouva sur
rf
vos bouquets continuels, ce superbe feu d'artifice le
l'e'.ui.
diamant
cadeau
qu'elle a reçu de votre fxirl. et le
que vous lui préparez, tout cela lui parle bien mieux en faveur de votre amour que toutes
les
paroles (mol., B. G.,
m,
6).
Voici un exemple-type de phrases de ce genre
:
une
fleur,
une herbe, une
plante, la première chose venue, des arts, des métiers, des étoffes, tout lui fournissait de quoi dire et instruire,
mais
ment
éloquente
et
avec une simplicité
si
si
naturellement, si aisément, si coulamet
des termes si justes, si exacts, si
propres, qu'on était également enlevé des grâces de ses conversations,
même temps
comme
expliquer toutes ces choses
Mém.,
auraient
marchands
guistes, les artisans et les (st. SIM.,
en
et
épouvanté de l'étendue de ses connaissances qui lui faisaient
les
pu
faire les botanistes, les dro-
plus consommés dans
toits ces
métiers
VIII, 85).
Le terme multiple
est
souvent
verbe
le
:
Son image me
suivit le jour.
m'obséda la nuit, ni'agita partout. J'en perdis ta gaieté, la s(uité, le repas Durandal flamboyant semble un sinistre esprit ; Elle va, vient, remonte :
tombe, se relève, s'abat roi
et fait la fête
et
petit
de Gai.).
On
a fait une grande aflaire de savoir que de verbes. Il ne s'agit pas de compter
s'il
les
y a ici auL'inl tic propositions termes ni les propositions, mais
de savoir ce qu'il faut réunir et ce qu'il faut séparer pour on a posé ù la porte un va et vient
père et mère honoreras
où
Le
effrayante du glaive (v. h.. Ug..
—
il
;
—
j'ai pris
;
— prendre
un chaud
un
le
sens. Ainsi
aller et retour
et froid, olTrent des
;
—
:
Tes
exemi>les
faut très nettement réunir en un groupe unique deux mots.
II
faul
expliquer qu'il arrive bien ailleurs cpie les i)arties d'un terme fassent un
tout indivisible Professer une doctrine :
gnité.
et
en pratiquer une autre
L'indignité résulte de la contradiction des deux
forment un tout.
Il
n'y a qu'nn sujet.
est
actes.
une indiLes deux
CHAPITRE V
AUTRES FORMES DE LA PROPOSITION
La base de chose.
d'un
l'idée
la proposition est
— La pensée être,
se présente
d'une chose,
un événement, non un être ou une comme ayant pour base, non plus
souvent etc.,
marquée par un nom, mais
l'idée
d'existence, de nécessité, de convenance, de sufïisancc, etc., en tous cas il pleut ; il convient d'ij aller, soit une idée exprimée soit par un verbe par un verbe accompagné d'un nom, d'un adjectif, etc. il y a urgence ; // jaut une décision ; il sera bon d'y regarder de prés. tenir aucun compte des explications fantaisistes données Il ne faut traditionnellement de ces tours. Une analyse exacte y montre un procédé Dieu existe se dit, de la pensée qui ne peut pas être ramené au premier mais Dieu est est une phrase de philosophe. La phrase dont use le langage courant, c'est: il y a un Dieu. Le pronom il, qui s'y trouve, lui donne l'allure extérieure dune proposition ordinaire. C'est une apparence. // n'est pas sujet; ce mot ne joue aucun rôle véritable. L'infinitif qui vient derrière convient pas de le recevoir n'est pas un sujet; c'est un dans /7 ne me .complément, comme celui de je ne veux pas le recevoir. Dans /7 s'agit de bien s'y prendre, ovi est le sujet ? où est la copule ? où est l'attribut ? C'est cependant une phrase française. On tomberait dans le ridicule en voulant ramener au type commun ce simple dialogue qu'est-ce :
—
:
:
:
:
:
:
—
Il y a que je suis furieux. y a donc ? On peut appliquer la même réflexion aux phrases impersonnelles
qu'il
ordinaires. Interpréter
:
il te
les plus
pousse de la moustache par ta moustache pousse,
ne pas tenir compte du procédé réel de
on ne saurait retourner un bouton me pousse sur le nez, mais il me pousse un bouton sur ie nez, c'est que mon esprit ne part pas de l'idée d'un bouton, mais de l'idée qu'il me pousse quelque chose qui sera déterminé ensuite. Cf. Peut-être aussi se mêlait-il à ce c'est
l'esprit
;
arbitrairemicnt des phrases naturelles. Si je dis^non
:
:
calcul, sans qu'elle s'en rendît compte, quelque
vanité de
femme
(b.
const..
Ad., viii).
Sans doute il ne faut pas grossir l'observation il n'en reste pas moins vrai la phrase-type l'usage courant substitue à chaque instant des variantes une page d'un journal ou une conversation de cinq minutes suffisent à le prouver il convient de remarquer que le geste de M. Millerand a obtenu le ;
qu'à
;
:
résultat cherché. S'il
la zone neutre,
il
est
a fallu un mois de chicane pour obtenir l'évacuation de permis d'affirmer que rien n'aurait pu vaincre sa force
GÉNÉRALITÉS
14
Allemagne n'avait pas subi ce moyen de pression. {Le Journal, Sam. 15 mai 1920, 6^ col.). Cet usage n'est pas nouveau, comme on pourrait croire il y a quarante ans que je n'étais point, et qu'il n'était pas en moi de pouvoir jamais être, comme il ne dépend pas de moi, qui suis une fois, de
d'inertie, si
l'
:
bruy.. Car., Esp. Forts)
n'être plus (i,a
(1).
Les phrases construites sur cette formvile.
C'est.
—
faut faire
Il
où entre la formule c'est. Il ne s'agit pas d'en expliquer l'origine et le développement, qu'on trouvera plus loin, mais d'en considérer la physionomie actuelle. Il est bien certain que des phrases c'est aujourd'hui mercredi ne peuvent être analysées en attritelles que ici
mention des
plirases
:
buant
à mercredi
ment.
Cf.
un
rôle de sujet, ni à ce
C'est aujourd'hui
:
marché
et
il
:
un
rôle d'attribut,
ou inverse-
y a marché aujourd'hui
;
—
c'est
—
cdors ce jurent des cris. un homme maintenant ; Considérons seulemcnl la variété des formes où entre cette locution c'est. c'est ma sœur ; Elle est accompagnée d'un nom ou d'un nominal (2)
—
:
c'est
une
un ange — c'est vous. c'est un compte s'ajoute un participe
peste,
Au nom
:
une relative
Au
lieu
nominal
:
c'est la
d'un
nom
ce qui, ce
qu'il y a de
On peut
-
:
réglé,
une affaire
jaile
;
pluie qui tombe.
ou d'un nominal, on peut avoir une ])roi)osition avec c'est tout : c'était ce qu^il y avait de plus simple ;
le
—
que
ce
mieux. aussi avoir
un adjectif ou un mot servant à caractériser
:
c'est
sage, surprenant, à ravir.
Aux c'est
éléments précédents s'ajoute un autre terme,
un sccmdale que
un plaisir de joie et
Le
l'écouter,
ma paix,
rôle
cette
!
c'est
—
;
que de l'écouter
;
nom ou
infinitif
c'est drôle cette histoire
—
depuis tant d'cmnées,
;
—
:
c'est
c'était
ma
de les entendre toutes deux (i.oti. Pitié, 267).
du nom, de
l'infinitif
commençant par comme,
Ah
proposition
si,
peut cire tenu par une conjonclionnelle
quand,
vous méprendre sur
mon
etc.
:
c'est bizarre
compte,
si
comme
il vieillit ;
vous supposez que
gnerais vilainement à devenir insolvable, (herv.. Cours,
fl., ii,
je
me
—
rési-
4).
peut être aussi accompagné d'un adverbe ou d'un complément C'était, il m'en souadverbial de circonstance c'était là une nouveauté ; C'est
—
:
par une nuit d'automne (isiuss.. Nuit d'oct.). Tous les éléments quelconques de la phrase peu\ent être
vient,
ainsi cons-
une page des I.ellrrs Persanes (lel. xcv) de j^eiiph- ù peii]his loin. (1) Voici
tiers
J.es intérêts
:
AUTRES FORMES DE LA PROPOSITION avec
truits
compléments prépositionnels ou propositions commençant
c'est,
par une conjonction travaille
—
;
c'est
qu'il a été élevé
:
—
c'est
:
à vous que
devant vous que
je
de suffire
c'est afin
m'adresse
je
un enfant,
aux
ce
que
c'est
vous
6).
RÔLES MULTIPLES DE CES PHRASES.
1°
c'est
On
dans l'expression de
s'en sert
y croit
—
parce qu'elle
me
cette
—
.'
Bourg.,
(:moi-.,
heure
que
c'est
comme
entrent
c'est, est-ce,
? (Id., Ib.,
regardez toute effarée
je
élé-
ii,
4)
;
m,
3)
;
(Id..
?
maintenant on considère le rôle on voit combien il est étendu et
Si
la pensée,
:
Pour expliquer un mot ou une phrase
sont pas d'accord.
:
c'est dire
que
—
:
Chcunbres ne
les
le coupable, c'est lui ! c'est elle ! Pour identifier manteau de ta déesse, le zaimph saint que l'on ne pouvait
2° le
c'est qu'il
que vous dites à que
donc,
c'est
varié.
pour lui que je par vos soins
c'est
liesoins de son enfant,
qu'est-ce-que c'est que cette logique ?
:
— savez-vous, vous, — qu'est-ce que joué par
;
qu'elle cherche
ments composants
Escarb.,
— —
c'est
;
veux marcher
du travail. C'est est aussi directement suivi de que : ne sais pas comment m'y prendre ! On a fini par aboutir à des formules où a
15
— voir
«
c'était
«
(flaub.,
Ici
Scd., 115).
3°
Pour présenter
:
Sonnet... C'est
un
40
Pour estimer, apprécier, caractériser
—
une affaire ; c'est à hausser 50
c'est
convenue
définitivement
;
—
:
c'est
quelque chose
c'est délicieux
;
—
c'est
—
;
c'est toute
à en pleurer
(f.
ma
l'existence, l'accomplissement d'un fait
fabre, Barnabe, Œuvres
choisies, 214)
;
:
—
c'est
60
devenu
au début, qui m'accompa-
nièce, cette personne, imprécise
—
Pour exprimer un rapport d'apparLenance c'est à toi d'agir ; l'humanité de prendre la place du divin Sacrifié (b,\rrès, :
ci
insp., 193).
Rien que
—
donc une
c'était
gnait (loti. Pitié, 188).
maintenant
;
les épaules.
Pour marquer
affaire
une révolution
une dcune.
sonnet... L'espoir, C'est
(mol.. Mis., 305).
la sèche
—
el
incomplète
—
énumération qui précède
c'est
Coll.
(il
eût
du rôle de c'est dans la mise en relief des divers éléments de la phrase) permet d'entrevoir quel usage le français fait de cette formule c'est. Il n'est pas rare de la trouver deux ou trois fois de suite, et elle est si naturelle qu'on ne s'y arrête pas c'est par de semblables coups, dont sa vie fallu parler
:
a porté si haut sa réputation que ce sera dans nos jours s'être parmi Les hommes... d'avoir servi sous le Prince de Condé (boss.,
est pleine, qu'il
fait
un nom
Condé, 523-521) c'est
:
—
Oui,
fé
vous entends, c'est un ridicule que d'être trahi, les devants. C'est comme cela que je raisonnais
une gloire que d'avoir pris
sand, Elle et Lui, ch. mélange des c'est et des il, on
autrefois avec vous, c'était notre code. (G.
Rien de plus usuel que peine
:
il
le
y a une chose à laquelle
tu n'as
viii, 88). le
certainement pas songé
remarque :
à
ce sont les
GÉNÉRALITÉS
16
conséquences de
celte petite
vu, et je ne vous ai point
mains pour lui en peines du monde
les
les
plaisanterie
mandé
;
—
il
y a huit jours que
de nouvelles du diamant que vous
faire présent de votre part ci
vaincre son scrupule,
qu'elle s'est résolue à l'accepter, (mol., Bourg.,
;
et
mais
c'est
ne vous ai
je
me mîtes entre
que
j'ai
eu toutes
ce n'est que d'aujourd'hui
m,
6) (1).
d'exercice. Essayez de faire disparaître les c'e.^l de la phrase suivante \"est-ce pas bien et d'une femme honnête ? S'est-ce pas que je peux sans scrupule à présent Prendre ce monde méprisant. Et que fij paie assez mon droit de bienvenue Pour ne pas y rouijir comme une parvenue ? O mon frère ! sens-tu quel légitime orgueil C'est d'entrer là sans mettre un nmsque sur le seuil ! Ce n'est plus mon fantôme, une apparence vaine Qu'à ce rang souhaité j'introduis à grand'peine C'est moi-mfme, c'est moi, c'est ma réalité, Qui respire à son aise en pleine honnêteté 1 (aug.. Av., m, 4). (
que
I
)
Type
:
c'est
place
parmi
;
•
CHAPITRE
VI
PROPOSITIONS A FORME RÉDUITE
Mots ou groupes de mots substitués à des propositions. Les Sans doute les interrogations sont souvent des propositions QUESTIONS. quel profit en que vaut un argument de ce genre? à formes normales voulez-vous m' accompagner ? retiriez-vous ? ne suis-je pas à votre goût ? Mais, sous une foule de formes diverses, des questions apparaissent, où
—
:
—
—
—
on ne saurait reconstituer une proposition. Ce sont d'abord des mots simples en quel cas ? ? quoi ? pourquoi ? comment ? puis des groupes de mots pour quelle raison ? à quel propos à quoi bon ? que penser ? quoi dire ? que :
qui
:
'/
faire ?
Les expressions du sentiment.
mode
— Le sentiment, par nature, s'accom-
particulièrement d'exclamations, de brèves expressions, de groupes
de mots à allure irrégulière
mcdheureusement
!
mieux en mieux
!
Lucile
!
bien
très
:
!
diable
tiens
!
superbe
!
dame
n'importe
!
bon
!
heureusement
!
jamais
!
tant pis
!
!
!
de
— Nicole — Apprends Govielle — Xon, — Xon. — Point Luc. — Clcontc — Chansons. Nie. — Cov. — Point. Luc. — Arrêtez. — Point du Entends-moi. Cov. — Bagatelles Luc. — Un moment. — Luc. — Deux paroles. Nie. — Un peu de patience. Cov. — Tarare Xon, c'en mot. Cov. — Plus de commerce (mol.. Bourg., Nie. — en notre présence! HT, 10); — Endurer un affront comme Avoir avoir Préc. prince, empereur 14) — avoir
— Écoutez Nie. — Covielle
traîtresse.
que...
-
Ciéonle
d'affaire...
!
Clé.
Clé.
!
Clé.
!
tout.
Clé.
!
est fait.
l'^n
celui-là,
rid..
été la loi
!
Géant, pour piédestal avoir eu
qu' Annibal, qu'Attila, Aussi (y. H.,
Hem.,
—
Les ordres. et la
demande
porte
!
taine
!
droit.
Allemagne
l'
monde
le
!...
!
Avoir
et
été
plus grand
que tout tienne
là
!
Les ordres, qui gagnent à être brefs, sont également
mots ou groupes de mots. De
debout
!
silence
les traîtres
!
bonjour
:
à demain
Un peu
pieds sur une
grand que
été l'épée,
!
iv, 2).
traduits par toutes sortes de
à bas
(Id..
et roi
été
;
!
à boire
!
attention
! !
tout
— Allons,
!
doux
halte !
tout
!
même
beau
!
à d'autres
Alonsieur, la révérence
!
penché sur la cuisse gauche. Les jambes point tant
même ligne.
gauche à la hauteur de
l'œil.
!
!
à la
à hui-
Votre corps écartées.
Vos
La pointe épaule. Le bras pas tout-à-fait si étendu. La main L'épaule gauche plus quartée. La tête droite. Le
Votre poignet à
de votre épée vis-à-vis de votre
la prière
Louis, votre leçon
regard assuré (mol., Bourg. ,u, 2)
;
l'
opposite de votre hanche.
— Tant pour
les
coups de fouet qu'il reçut
GÉSÉJRALITÉS
18
à la porte
César
!
tant
où vint heurter sa
!
tête
pour Vanicn
morte
tant
!
pour V alléluia ! Tant pour A un ninrt>i).
la pierre
(v. h.. Chût..
.'
—
Les énonciations ordinaires sesufliscnL Les énonciatioxs ordinaires. beaucoup de cas. avec des mots isolés ou des groupes réduits de
aussi dans
mots.
11
faudrait d'a]>ord citer la série des réponses positiAes ou négatives
oui, certes, bien sûr, point de doute,
l'on complète la question
A
quoi songez-vous Il
y
?
:
Mais
jamais de
Ajoutez tous
comment vous trouvez-vous
?
voir;
:
où
—
!
rien à signaler — rien de — civousdefuger; — paslapeine.
exprimées
— plus personne: — à vous de
les cas
tous malades;
à sauver ce qui peut être sauvé
a d'autres énonciations ainsi
meilleur:
la vie.
:
:
Il ne s'agit pas ici de se demander si les groupes de mots dont nous venons de parler sont des débris de phrases complètes et s'il n'y a pas eu là, autrefois, un c'est ou bien un // y a. L'origine ne fait rien à l'affaire. La ques-
si actuellement ils apparaissent au sujet parlant tels qu'ils au contraire sous une forme pleine qu'il abrégerait consciemment. Il est incontestable que dans un certain nombre de phrases où manque un élément, le verbe par exemple, on se trouve en présence de phrases incom-
tion est de savoir sont, ou
que volontairement on a abrégées. Il y a alors ellipse, une ellipse que On pourrait citer d'innombrables exemples pris à la langue courante ou bien à la langue littéraire, où manque le verbe être : qui a vécu un seul four a vécu un siècle ; même soleil, même monde, mêmes sensations C'est en bienfaisance, comme en poésie. Rien (LA BR., Car.. lvsj)r. l-'orls) plètes
l'esprit supplée.
;
de plus facile que
Dans
cette
d' attraper
—
l'apparence (balz.,
de soleil (dumas, Tul., ch.
toujours les
mêmes
vO;
Prétendues ellipses. était
impossible de dire
Péch.. 62);
Vie pot., 2^ épisode);
— Ces polissons-là, murmura
(flat-r.. Bov..
i,
(),
—
—
ils
l'ecclésiastique,
p. 12'2) (1).
— Qu'ajouterait-on pour restituer des phrases com-
plètes et normales dans les exemples suivants il
]-Jnv.
prison, pas un brin d'herbe, pas un atome de terre, pas vn rayon
:
sont tous
un
soleil
comme
:
Eternel soir ou éternel matin,
qui n'indiquait plus aucune heure
cela ici
:
{
Loti,
des spéculatifs, des intelligences
—
;
La Mer, 23) vertu de nos baguettes s'est évanouie, et de puissantes reines que nous étions, nous nous sonunes trouvées de vieilles femmes... avec cela noire pain à gagner la et des mains qui ne savaient rien faire (A. daud., Cont., Vécu de Fr.) noblesse, la fortune, l'argent, les titres, elle ne sortait pas de ta (Id., Jack, 15)? Et même quand on peut restituer, ne serait-il pas arbitraire parfois de le faire ? Il n'osait lever les yeux, en proie à un singulier combat. Mélange de tous des idées,
mais
rien de pratique
(vogué, Mail, de
la
;
:
—
timidité farouche, d'orgueil souffrant, la crainte douloureuse qu'elle ne l'aimât (1) CI. Si par l'cisaril un foiçul a un unti, la chainc l'en .srpa/r. Dernière des misères, (v. ii., Bien sinistre aussi, le salon de Iccinre, tous les journaux en nwin, ees cenDern. j. d'un cond.) ; taines de têtes pénétrées autour des longues tables vertes, sous les réflecteurs. De temps en temps une baillée, une toux, le froissement d'une feuille déployée, et, planant sur ce calme de salle d'étude, debout et immobiles, le dos au poêle, .lolennels tous les deux et sentant pareillement le moisi, les deux pontifes de l'histoire officielle. (A. Daud., Tart. sur les A., 19).
—
PROPOSITIONS A FORME REDUITE pas
MARC, Fem.
(p. et V.
lumière d'une lampe,
ils
noiiv., 76)
;
—
Autour de
19-
la table, sous la
pauvre
forment une petite société d'amis... Paysage charmant
et singulier que cette tablée de prêtres, de frères et de nonnes, un très vieux mais le devoir avant tout, vous scwez paysage (barrés, Coll. Insp.. 107)
—
:
(flaub., Bov.,
Naissance de formules. où
il
-
p. 125) (1).
II, 6,
— De
cet usage sont nées de vraies formules
ne serait plus possible de rien modifier, heureux
autre outil que sa pensée,
il
a fouillé assez avant
sous l'œs triplex du magistral
!
(v. h..
Dern.
/.,
pour
si
:
heureux si sans un cœur
faire saigner
préf. 1832).
mais quand nos cœurs unis auraient mêmes souhaits, l'apparence qu^Érastc y consente jamais ? (th. corn., Am. à la mode, ii, 2). le moyen de n'être pets aussi malade par l'esprit, que l'est Le moyen de dans sa personne cette comtesse que je vois tous les jours devant mes yeux? (sÉv., Lef., 1433). Le moyen que le moyen qu'f//î juré condamne après l'avoir lu ! (v. h., Dern. /., Comédie). On ne saurait trop insister sur les observations qui précèdent. L'éducation grammaticale a vécu jusqu'ici des sous-entendus imaginaires. Un « // importe d'insister sur la nature des seul exemple de ce qui s'enseigne L'apparence que
:
:
—
:
:
déterminatives concessives en français.
conune
résumé de
En
ce sont des propositions
réalité,
: une subordonnée complétive introduite par que et une subordonnée relative introduite par un corrélatif. Prenons, par exemple, la phrase : quels qu'ils soient, je ne les crains pas. Si nous décomposons la détermination concessive : quels qu'ils soient, nous u trouvons :
complexes
et
le
trois propositions différentes, savoir
principale, une
1°
20
Une principale sous-entcndue Une subordonnéi complétive
soient Ciels)
3°
dans
voit que,
et l'attribut
(j'accorde, j'admets, je concède) :
complément de
la
;
précédente
:
qu'ils
;
Une subordonnée
On
:
voudrez eux).
relative elliptique quels (vous
cette
dernière proposition,
le sujet
(vous)
le
verbe (serez)
verbal (vo\i\Sini) sont sous-entendus. Il ne subsiste, pour la repré-
dans la déterminative concessive réduite, que te corrélatif quels, attribut du complément direct, également sous-entendu (eux) (2). Que penser de cette
senter
«
logique
»
?
auteurs du xix«
poètes et prosateurs, fourmillent de semblables exemples Une lerre an flanc maigre... Et que toiU cela astre ils intriguaient, s'agitaient, et lui immuable (.Michel., RcvoL, Ici lourds rameaux neigeux du mélèze et de l'aune. Un grand silence. Un ciel l'» éd., II, 325) élincelant d'hiver. Le Roi du Hariz... Regarde resplendir la lune large et jaune (Ltc. de L., Po. Voir, entendre, sentir ? Vent, fumée et poussière. Aimer? la coupe d'or ne contient que Ir., 68); du fiel (Id., Ib., 105) elle finit par raconter que, si les uns accusaient simplement M. Grandguillot d'avoir ioué â la Bourse, d'autres affirmaient qu'il avait des femmes à Marseille. Enfin,, sans doute, le père Fouchard orgies, passions abominables (zola, D^ Pascal, 248) des des au milieu de l'océan Indien, venait de la rappeler, quelque besogne à finir (Id., Débâcle, p. 533) On a beau être un lupin un soir triste où le vent commençait à gémir (lotj. Pitié et Mort. 289) comme le président, allez donc vous méfier du lit d auberge où l'on couche, de la chaise où l'on s'assied, de la rampe du paquebot qui cédera tout à coup pour une chute mortelle. El les cuisines préparées, le verre enduit d'un poison invisible (A. dax'D, Tart. sur les A., 127). (2) Petit Jean, Tableau d'analyse logique. Hachette, p. 13 et 14. (1) l^es Voir la pièce ii
fasse un
du
dans ;
les
—
livre
s.,
—
;
:
m des Contemplations.
deux!
— Cf.:
—
;
— ;
—
;
—
CHAPITRE VU
FORMES A REPRISES
—
Même dans Reprises de toutes sortes dans toutes les phrases. propositions les plus simples, il y a des reprises, Il y en a une, à bien dire,
les
dans une présentation dans
le
que: en voilà des affaires! en voilà une chance!
telle
(on dit aussi aujourd'hui
:
en voilà d'une chance
!).
Ces reprises sont
si
fort
génie de la phrase française, que Vaugelas, malgré la passion de
régularité qui régnait de son temps, a favorisé la plus usuelle.
Il
trouvait
au tour les plus grands capitaines de l'antiquité, ce furent Alexandre, César, Hannibal (Rem., i, 414). On sait combien cette ce qui m'a décidé, c'est l'idée de lui rendre l'orme de langage est courante service; — ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut, C'est de vous voir au ciel le juif. L'homme immonde qui ne élever des sornettes (mol., F. sav., iv, 2) peut toucher denrée ni femme qu'on ne la brûle, L'homme d'outrage sur lequel
une
«
merveilleuse grâce
»
:
:
;
tout Le
monde
l^e édition, Il
crache, d'est à lui qu'il faut s'adresser (michel.,
m,
traîne
le
veux
Aux
cheveux,
(v. H., Chat.,
reprises
ma
De même qu'on reprend tarde tellement, celui
Av.,
II, 7).
—en
mère,
Au mom.
:
France, et
porter
être
sur ta claie à L'heure où l'on
mon anneau
de ta chaîne. Je
de rcnt. en Fr.).
ce qui précède, on annonce ce qui suit
—
:
je
un groupe de femmes se chagrinent qui savait donner un aliment à leurs âmes (barrés.
entends, en fait d'agriculture
insp., ch. v);
Moyen- Age,
112).
y a beaucoup d'autres
te
—
;
suis-je là,
mon Dieu
!
m'y qu'il Coll.
de vouloir qu'on m'abuse ? (auo..
CHAPITRE
VIII
PROPOSITIONS A TERMES COMPLÉTÉS
Additions de compléments, leurs rôles. - Les divers termes de proposition peuvent recevoir un développement nécessaire ou utile, quand leur nature grammaticale s'y prête seuls les mots-outils, prépositions, conjonctions, etc., n'en reçoivent point, les articles non plus.
la
;
Sans entrer pelons que
ici
dans des études de détail qu'on trouvera par
10 Les termes sont ainsi repris
corrigés
:
Ils
pour être
identifiés, développés, expliqués,
faute de cette solution Je n'en vois qu'une troisième, c'est que je
tue pour en finir (g. sand, Elle 2°
la suite, rap-
:
et
l.
ch.
m,
sont limités par toutes sortes de restrictions, ainsi
d'habitude,... sont, en général, précoces.
Au
me
37).
lieu
que
:
les
nègres sont
nègres soient tous
les
compris dans ce jugement, il ne s'applique qu'à la majorité d'entre eux de même si je dis vous avez raison sous ce rapport, je retire au jugement son
;
:
caractère absolu. (Cf. avec vous). ainsi
de
Dans
:
:
En
ce qui concerne la souscription, /e suis d'accord
cette statue est belle
de lignes, je restreins la qualification,
suite.
peut y avoir détermination la beauté du visage est un frêle ornement ; la fameuse journée OÙ sur le mont Sina la loi nous fut donnée (rac, Ath., i, 1). 3°
Il
:
— Célébrer avec vous
—
40 II peut y avoir une caractérisation une fille sans dot Il y a... des tempéraments ennemis de toute résistance, des naturels rétifs, que la vérité fait :
;
cabrer, qui toujours se roidissent contre le droit
ne
mène qu'en tournant où
chemin de
la raison, et
l'on les veut conduire (moi... Av.,
i,
5)
:
qu'on
-
cette
maison sans maîtres, ce couvent sans directeur, ce travail et ce repos sans âme les accablent (barrés, Coll. insp., v). 50 II peut y avoir des indications de circonstances sortir par un temps pareil serait de la dernière imprudence ; un mariage par l'entremise de cette personne ne me plairait pas. Bref, des compléments de toute espèce s'ajoutent aux éléments prin:
—
cipaux.
Composition grammaticale de ces additions. la
—
on regarde
Si
structure grammaticale des compléments, on voit que ce sont 1°
Un
ou plusieurs mots rattachés par construction directe
précipité n'est pas efficace
;
un
tir,
:
:
un
tOUteS les minutes, est insuffisant.
tir
trop
GÉNÉRALITÉS
22 2'^
indirects, c'est-à-dire introduits
Des compléments
par des mots-outils
:
sans réglage d'avions, sur des buts cachés, donne des résultais nuls. 30 Des propositions conjonctives, c'est-à-dire introduites par des con-
un
tir
jonctifs
:
un
qui n'atteint pas les secondes lignes, ne prépare que des décep-
tir
tions à l'assaillant.
40 Des propositions conjonctionnelles, c'est-à-dire introduites par des
conjonctions
:
un
tir,
défaut de se prolonger Il
jusqu'à ce qu'il ne reste plus du tout d'obstacle, a et de prévenir l'ennemi.
convient d'insister
ici
pour
faire observer que,
régnant, les propositions compléments de termes, conjonctionnelles,
exemple
rapportent
à
d'autres
contrairement au préjugé
même quand
elles
sont des
éléments qu'au verbe, par
ne mourût dans l'opération faisait hésiter que son mari reviendrait, elle tenait bon. malgré
la crainte qu'elle
:
chirurgien
se
— assurée
;
le
le
la
misère croissantr.
Reconnaissons toutefois que dans l'immense majorité des cas, c'est au les compléments formés de propositions conjonc-
verbe que se rattachent tionnelles je
me
:
puisque vous voulez que je parle d'une autre façon, souffrez que
mette
ici
à la place de
/?;o/?
père (moi... Av.,
m,
7).
que tous ces compléments s'ajoutent, se combinent, rattachent les uns aux autres et se complètent eux-mêmes, ce qui donne à phrase des formes cxIrcMucmcnt variables. Il
va sans
dire
Importemce de ces compléments. soit
dans
compléments
les
:
Au
levant,
se la
—
Il se peut que toute l'idée au couchant, partout, au sud, au
Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule, Passant torrents et monts. Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux et soufflant dans des cuivres, Ainsi que des démons (v. 11., Chat., A l'ob. pass.). L'idée n'est pas dans Ils allaient. Voici encore un exemple,
pôle.
tout simple, pris" à un journal, qui montre l'importance de ces additions
:
pour de tels résultats qu'il est sage et opportun de tuer la confiance du pays dans des conditions de paix dont ta valeur se mesure, pour la France, à l'acharnement que l' Allemagne apporte à vouloir les changer, et qui, si on les changeait dans ie sens du forfait, aboutiraient au règlement même que la délégation allemande à Versailles recomnmndait il y a un an ? (a. tardieu, III^ du 1er jj^cii 1920, p. 264). Toute la pensée est dans le développement donné par les compléments au mot objet la confiance (1). Est-ce
:
l'on condamne celle (la mode) qui lail de la Uie des femmes la base d'un édifice (1) Comparez à plusieurs étages, dont l'ordre et la structure chcmnent selon leurs caprices, qui éloigne les cheveux du visage, bien qu'ils ne croissent que pour l'accompagner, qui les relève et les hérisse à la manière des bacchantes, et semble avoir pourvu à ce que les femmes changent leur physionomie douce rt modeste en une autre qui soit ficre et audacieuse (la br.. Car., la Mode). Ce qu'il s'agissait fie :
montrer, c'était
l'édifice.
CHAPITRE IX
DE LA PROPOSiriOX A LA PHRASE Une
comme terme
proposition
que des mots
qui vivra verra
:
mon
;
—
d'une autre proposition.
divers termes d'une proposition peuvent
Les
être des propositions aussi l)ien
avis est que tu y ailles,
seulement
je
crains que son parti ne soit déjà pris.
A
— I/objet du verbe, au
lieu d"être un être ou une chose, est une un mouvement de cet être ou de cette cliose. Par exemple tu regardais aussi la Malihran mourir. On appelle proposition infinitive le groupe formé par la Malibran et mourir. C'est une convention acceptable,
L'oBjnT.
action,
un
mais
est bien évident cju'il n"y a point
fait
il
état,
mon
tomber
:
crayon
/'abcès S8 développer;
;
—
—
de difïérence essentielle entre
j'ai fait venir
j'ai laissé le
du poisson de Dieppe, et
:
j'ai
j'ai laissé
poisson mordre, où les groupes soulignés
forment proposition. D'autre part, on considère, je
regarde l'oiseau qui
est
et
avec raison,
sur la branche
;
y a deux propositions dans mais avec une forme
qu'il
cela est exact
;
toute semblable, on peut exprimer une idée fort différente qui arrive
—
;
j'ai
ma
mère qui
se
séparant la conjonctive du nom.
même temps un
On
On ne peut
a affaire à
je vois
:
plus
ici
mon
frère
analyser en-
un objet double, qui
est
en
une action. Or ces constructions sont fort régulières
être et
nous voyons avec
meurt.
effroi la dette qui s'enfle et la
va. Elles sont classiques
:
:
fortune publique qui s'en
Au-devant de ton bras
s'avance
Je le sens qui
(RAC.P/îèrf., 706).
Hors de ailleurs
l'objet.
qu'à l'objet
:
—
Des propositions de celte sorte
qu'est-ce qu'il y a ? c'est
diable de noce qui est toujours là
Dcauville s'en va
!
("hivoire et
(1).
!
besnard.
— Va-t-on
;
—
se
rencontrent bien
qui arrive
;
—
et
ma
nous qui avons refusé son invitation à ami Teddy. i. 18) voilà le train qui
et
Mon
reconstruire
mon neveu
ici je
;
ne
—
sais quelle
proposition sous-
entendue ? bauL-il chaque fois mettre à part la proposition commençant par qui ? De quel droit diviser ce que la nature du langage réunit ? Quand un des termes de la proposition est une proposition, est-on en présence d'une simple proposition ? Est-on en jircsence d'une phrase ? Affaire de convention.
Un terme (Il V.
complété par une proposition
Tobler, Mél.,
.'513.
comme terme
de la
GÉNÉRALITÉS
24
—
Nous avons dit déjà qu'un des termes pouvait être non pas seulement un nom et son article, mais un nom accompagné de ses compléments divers. Il n'en est pas autrement quand une proposition se substitue à l'un des compléments. Dans cette phrase de Molière je hais seulement La science
proposition.
:
qui gâtent les personnes (mol., F. sav., 1276), le personnage se défend de haïr la science et l'esprit, c'est une sorte de science et d'esprit el l'esprit
seulement
qu'il a
en horreur
:
l'esprit qui
gâte les personnes
;
aucune sépa-
ration n'est possible entre la conjonctive et les deux substantifs auxquels elle se
rapporte.
Que
sition distincte, soit
I
l'analyse trouve dans cette conjonctive une propo-
mais
il
importe de faire sa part à
la synthèse, et
de
marquer que les deux noms et leurs déterminations ne font qu'un. Voici un sonnet sans défauts vaut seul un long poème une autre proposition (boil,, a. p., ch. II, v. 94). Qu'on mette un sonnet qui na point de défauts.,., sera-ce une phrase ? Il est cependant visible que rien n'est modifié dans l'idée. Chaque fois qu'un terme d'une proposition est complété par une propo:
:
sition, doit-on considérer qu'il
y a phrase
?
Affaire de convention encore.
CHAPITRE X
GROUPEMENTS DE PROPOSITIONS
Isolées et indépendantes. les
unes des autres
point en peine de à
ma mode
577);
;
je
;
les
mon
séjour
Les idées peuvent être indépendantes le sont aussi ne soyez
ici
;
je
me promène beaucoup
— Je m'étais endormi
je sortis de
—
propositions qui les expriment
mon
:
m'y trouve parfaitement bien ;
;
j'y vis
je lis, je n'ai rien à faire (sÉv., Lel.,
la nuit près de la grève,
rêve. J'ouvris les yeux, je vis l'étoile
Un
vent frais m'éveilla,
du matin. Elle resplen-
an fond du ciel lointain (v. h., Chût., Stella). Souvent, pour laisser à chaque idée sa valeur, on décompose en quelque vous acceptez, j'espère, de façon à faire ressortir sorte l'ensemble on dira dissait
:
;
vous acceptez. Cf. vous avez le
repos, paraît-il.
écrit, je
Une mère impose
.suppose
;
votre
sa \oIonlé
:
médecin vous a conseillé
Tu
iras,
que
je te dis
!
(1)
—
Combinées. Il y a des propositions qu'on pourrait appeler combinées, un terme commun. Parmi elles se trouvent les propositions où un
qui ont
même
auxiliaire sert à plusieurs verbes
souillé, déshonoré, brisé
s'amuse,
i,
Diane de
:
vous avez froidement... terni,
Poitiers, comtesse de Brézé (v.
ii.,
flétri, le
Roi
5).
Pendant longtemps
la liberté
de ces constructions a été grande.
A
\in
auxiliaire être suivi d'un premier participe,
on ajoutait un second participe, qui, régulièrement, aurait dû se construire avec avoir. C'est au XVIIe s. seulement que s'est manifestée nettement l'idée que chaque proposition doit avoir
— sauf exception
disait encore
:
justifiée
Dieu m'a mis dans
— tous
le trône et
ses
éléments à
soutenu
.son
soi.
Corneille
choix (cokn., ix, 323,
Compiles, V. 14).
—
Remarque. La construction au moyen des conjonctifs établit souvent un lien entre les propositions par un terme qui semble jouer un rôle dans les deux à la fois qui m'aime me suive ! Cherchez qui vous conseille ! Le premier type est peut-être moins répandu qu'autrefois, il se rencontre pourtant fréquemment Jésus, qui voit ton front croit voir le front du jour (v. h.. Chat., A un martyr) ^- Quiconque a frappé par l'épée périra par l'épée. La plupart du temps qui a été remplacé par celui qui, ce qui : ce qui était vrai hier l'est
—
:
:
;
encore aujourd'hui
(1,1
:
— ce qui
se conçoit bien s'énonce clairement.
Comparez dans les Rayons et les Ombres (Trist. d'Ohniipio) la longue apostrophe, qui il s'écria, au vers fameux Allons ! faites donner In garde, cria-t-il (Chût., l'Exp.).
Alors,
:
suit
GÉNÉRALITÉS
2G
En tait on ne peut pas considérer le conjonetif comme jouant un rôle grammatical dans les deux propositions. C'est la proposition tout entière qui est ou sujet ou objet du verbe principal. Dans cherchez qui vous conseille, qui vous conseille est l'objet. Dans qui m'aime me suive, qui m'aime est sujet. :
:
Coordonnées
subordonnées.
et
— Les
idées sont reliées par des rap-
ports: les propositions se présentent sous forme de coordonnées ou de subor-
dunnées.
—
Coordonnées.
On
comme
considère
coordonnées
propositions ou
les
un mot de coordination, ou bien un adverbe qui joue le
principales ou subordonnées qui sont reliées par
une conjonction
même
rôle
Mais
:
et,
:
ou, mais, car, donc, or,
aussi, pourtant, cependant, néanmoins.
morte de chagrin.
pour
non rattachées par une copule sont femme avait perdu son mari, elle est visible, ailleurs il faut y regarder de près
arrive que des propositions
il
fortement coordonnées par Ici le
le
sens
rapport est
:
cette
Hugo
découvrir. Soient ces vers de Victor
le
longs jours parmi nous, Il n'en a pas compté
bonheur
fleurit
;
dans l'ombre. {Chat.,
A un
martyr).
où
successifs,
On peut
le
Subordonnées.
—
avait encore de
il
Il était
;
à
cet
âge où
le
ici les
phrases
comme
rendre compte qu'il y a là idées s'opposent, si bien qu'on pourrait
les
nombre... néanmoins
Jeune,
regarder
même
se
introduire entre eux cependant, ou néanmoins conjpté
:
nombre
Jésus-Christ Toute rayonnante
Il a considéré la croix de
indépendantes, on peut aussi, on doit
deux groupes
le
:
cependant
//
n'en a pas
a considéré.
//
Nous avons
parlé plus haut des termes complétés.
Il
n'y a en général aucune différence théorique entre les compléments qu'on ajoute à un terme et les compléments qu'on ajoute à l'ensemble d'une pro-
ma mère à. ma vie, depuis peu de différence entre ce qui se rattache au verbe et ce qui se rattache à la proposition dans l'ensemble qu'on a souvent, à tort, considéré comme dépendant du verbe ce qui dépend en réalité de l'ensemble un amant fait sa cour oii s'attache son cœur position.
Comparez
que j'ai perdu
ma
:
je le sais
mère.
Il
depuis que j'ai perdu
y a en particulier
:
si
:
(mol., F. sav.,2n).
Moyens de
r.vtt.vchement en subokdination.
tacliement sont divers I.
-
1!
n'y a point de lien apparent
— Le lien s'établit
II.
la tourmente passée,
comme un III.
il
— Les procédés de
rat-
:
par
les
respira.
:
il
formes
le verrait, il :
ne
le croirait
pas.
dusse- je en mourir, j'essaierai
Beaucoup considèrent
!
la tourmente passée
simple complément. Convention.
— Le lien est établi au moyen des mots-outils
rattachées par un conjonetif j'enrage (mol., Mis., u, 5)
beaucoup de peine.
;
:
—
Oui, mais
il
:
les
conjonctives sont
veut avoir trop d'esprit, dont
j'ai été obligé de le renvoyer, ce qui
m'a
fait
GROUPEMEXTS DE PROPOSITIONS'
27
Les conjonctionnclles sont rattachées par une conjonction ou une locution les lois sont là pour qu'on les exécute (v. h.. Châl., Paroles d'un
conjonctive
:
cons.).
Indécision dans le caractère de diverses phrases. jonctions
—
Il
n'est pas
y a subordination. On s'en fie aux concar est coordonnant, parce que est subordonnant. I^c critère
toujours facile de reconnaître :
s'il
peu sûr, et avec certaines conjonctions il fait défaut. De sorte que est aussi bien coordonnant que subordonnant. De même les sj'nonymes de manière que, etc., ex. il vous a donné le denier à Dieu ? Oui. De sorte que l'appartement est loué. Ou peut faire des observations analogues sur tcmdis que, au est
:
:
lieu que. Il
n'y a non plus subordination qu'en apparence dans les phrases popu-
laires
où entre quoique
quoique
je
:
bien forcé de croire ce que tu
je suis
ne l'aurais pas cru comme
ça.
La subordination
me
dis de lui,
n'existe plus
ici
on disait encore que, bien que... il se soit donné des airs de brave garçon. Quoique joue à peu près le même rôle que et pourtant. Enfin la langue abonde en formules que nous verrons dans nos divers chatelle qu'elle serait, si
pitres Il
:
même
est difficile
jouent
le rôle
nyme de c'est
;
il
que, avec ça que, peut-être que, bien sûr que, heureusement que.
de :
est
les
considérer
comme
heureusement que
je
des propositions; or, en
m'en suis aperça
bien heureux que je m'en sois aperçu
bien heiueux (Cf.
Oh
oui,
Coordonnées, subordonnées morte.
La conjonctive, dont
verons avec
la
!
que ça sentait mauvais) conjonctives.
et
peut être remplacée par une conjonctive les rôles
:
je
fait, elles
en
est sensiblement syno-
!
je
m'en suis aperçu
et
(1).
-
Une coordonnée
n'avais qu'une
Jille,
qui
est
sont multiples, et que nous retrou-
valeur d'une finale, d'une consécutive,
etc.,
peut en
etïet
que l'équivalent d'une proposition liée par une copule à la précédente, et souvent elle ne sert ni à déterminer, ni à caractériser. Elle ajoute une idée à une autre, et les lie, ex. les deux enfants se mirent en marche derrière la majestueuse hallebarde qui rythmait leurs petits pas (a. daud., Jack, 213). On peut couper: elle rythmait leurs petits pas. C'est un procédé de rattachement, rien de plus (2). Mais souvent le seul fait du rattachement fait naître un rapiiort. Ex. Elle heurta ta chaise, qui tomba La chute est due au heurt. n'être
:
:
Classement des subordonnées.
—
Dans certains cas, il y a intérêt à subordonnées d'après leur forme, suivant qu'elles sont conjonctionnelles, conjonctives, etc. mais le principal est de comprendre et de montrer quel rôle elles jouent, et surtout quel sens elles ont: classer les propositions
;
(1)
Sur ces tours, voir ïobicr, McL,
i,
1.».
—
{2) Cf. Us s'en allèrent devant la grand' maman, qui avait peine à les suivre (Id., ib.); petite fille Louison était avec eux, qui pourra vous en dire des nouvelles (Mot,., Mal. imay.,
votre
ii, 7).
GÉNÉRALITÉS
28
expriment un rapport de temps ou bien un ne se reconnaît pas toujours aux conjonctions qui les introduisent. Outre que ajoute toujours quelque il y a peu de chances chose, sauf que marque toujours une restriction si elles
sont sujet ou objet,
rapport logique,
tel
que
si
elles
celui de finalité, et ceci
;
d'erreur. Mais tandis que peut indiquer soit a) une concordance dans le temps tandis qu'on parlemente, la situation se :
:
gâte de plus en plus; soit b)
une opposition vous Vavez mis cm lycée, tandis qu'il aurait fallu un enseignement professionnel. Et il en est. ainsi avec beau:
lui faire suivre
coup d'autres conjonctions. Tout l'effort d'analyse doit porter moins sur des classifications formelles que sur l'intelligence exacte du rôle joué par les éléments de la phrase. Le mieux vaut distinguer une l)eau mot d' « hypothétique » n'explique rien si nous achetons du blé à L'étranger, nous supposition d'une condition à supposer que la récolte soit comblerons le déficit de la récolte nationale ;
:
,
bonne,
il
nous manquera encore des millions de quintaux de
blé.
—
On voit par tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'y Conclusion. qu'aucune ligne de démarcation précise, pour peu qu'on s'attache aux idées et non aux formes, ne sépare une proposition d"unc phrase je ne puis vivre sans vous est une proposition sans vous je ne voudrais pas de la vie en est une aussi. Cependant sans vous a la valeur de si vous n'étiez pas là, si ce n'était de vous. J'irai en revenant équivaut à j'irai au retour. En rêvevant est un complément de temps dans une proposition. En revenant trop tôt, vous inquiéteriez la malade est un système hypothétique, où en revenant joue le rôle (Vuui} ])roposition. Est-on en ]-)résence d'une i)lu'ase ? Conveninsister,
:
:
tion.
CHAPITRE XI LE SENS ET LA EORME DE LA PHRASE
Idée principale et proposition principale.
— Théoriquement,
la pro-
position principale est celle autour de laquelle se groupent les autres propositions. C'est souvent vrai
pourtant
;
la
recherche de la proposition prin-
cipale ne se confond pas toujours avec la recherche de l'idée essentielle.
D'abord
phrase peut avoir une forme de subordonnée et être une
telle
une
principale, voire
bien par
quand
:
15.000 francs
!
Mais
regarder de près
;
Un
isolée.
pense que
je
il
même
regret se traduit par
eu l'occasion d'acheter
j'ai
dans une phrase complète
su
si j'avais
:
cette
ou
!
propriété pour
et régulière,
il
y faut
n'y a pas de règle absolue pour distinguer l'idée essen-
tielle. Elle apparaît très souvent, sans conteste, pour ce qu'elle est, dans l'ant qu'il quelque enchevêtrement de subordonnées qu'elle soit enclose sera là, ce gueux, ce prince. Par te pape béni, monarque malandrin. Dans :
une main
dans
le
sceptre
ses mcichoircs,
et
dans l'autre la pince... Tant qu'il
Ta
A
grandirait l'abjection publique
Quand même
l'
Angleterre
nous avons peur Verb.).
La
!
se vautrera,
vertu, le serment, l'honneur religieux...
et
ce
broyant
Quand même
point d'adorer l'exécrable trompeur.
même l'Amérique
Diraient à
Quand... Quand... Je ne fléchirai pas
î
l'exilé
:
Va-t-en
!
(v. h., Chat., Ult.
principale ressort.
Mais il y a de nombreux cas où la structure extérieure de la phrase ne correspond pas à son caractère réel. Quand M^^e x s'écrie Crois-tu que mon pauvre mari a chcmgé ! l'idée principale n'est pas la question. Voici une phrase d'Anatole France, où, malgré l'apparence, la subordonnée les sept cents pyrots désespéde temps exprime aussi une idée principale raient d'éclaircir jamais cette ténébreuse affaire, quand tout à coup ils décou:
:
par une lettre volée, que les quatre-vingt mille bottes de foin n'avaient qu'un gentilhomme des plus distingués, le comte de Maubec, les avait vendues à l'État, qu'il en avait reçu le prix, mais qu'il ne les avait jamais
vrirent,
jamais
livrées,
existé,
attendu que, issu des plus riches propriétaires fonciers de l'ancienne
Pingouinie, héritier des
Maubec
de ta
Dent du Lynx, jadis possesseurs de
quatre duchés, de soixante comtés, de six cent douze, marquisats, baronnies
vidamies, été
il
ne possédait pas de
terres la largeur de la
main
et
et
qu'il aurait
bien incapable de couper seulement une fauchée de fourrage sur ses domaines
(A.FRANCE,
Ile des
désespéraient et
ils
Ping., 249).
Il
y
a en vérité là
deux idées principales
:
ils
découvrirent.
Dans notre langue
actuelle,
nous avons des formes qui ont pu être jadis
des propositions, mais qui en réalité sont réduites au rôle d'éléments lexico-
GÉNÉRALITÉS
30
ne va pas dans cette maison, n'empêche (//z'on t'y a encore vu hier soir. On ne peut, sans abuser de l'analyse, essayer de retrouver dans n'empêche que le sens et la valeur d'une principale dont dépendrait le reste logiques
tu dis qu'il
:
;
n'empêche que veut dire à peu près et cependant On est autorisé à penser que des faits analogues ont dû .
:
se
présenter à
toute époque.
—
Dans d'autres cas, il Moyens de mettre un élément en relief. qu'on a considéré comme nécessaire de mettre en relief une idée
est visible
qui eût pu être ailleurs, mais à laquelle on accorde une importance partiLa structure ordinaire de la proposition ou de la phrase est aban-
culière.
donnée.
Pour
les
ressources
isolements
et
mises en
les
relief, la
langue a toutes sortes de
:
une
10 Elle intervertit l'ordre ordinaire et substitue à la forme normale
forme à reprises ton consentirai jamais : :
ne
frère, je
—
l'ai
pas vu
qu'on m'ait proposé
;
— V envoyer en pension,
conviens
cette affaire, j'en
n'y
je
—
;
que tout cela fût pris à la lettre par les disciples, c'est ce qui éclate dans les écrits ah .'qu'emporté par du temps avec une évidence absolue (rf.x.^n, Jés.,xvu) ;
une action héroïque, on coure
momentanée des
s'explique par l'ivresse
du Malade,
—
sa fin d'un élan magnifique
ci
et
insensé, le fait
robkrt.
facultés (l. de
Roman
le
28).
20 Elle se sert d'isolants
quant
:
à,
en ce qui concerne, pour ce qui
est
de
:
quant au luxe des vêtements, comment rivaliser avec celui que Dieu a donné Cl
la terre ? (ren.\n, Jés., x).
30 Elle fait passer dans la principale ce l)u 11
dire a dit
:
:
// ij
(mol., B. G.,
souligner
;
IMolière eut
monde depuis longtemps.
a longtemps que vos façons de faire donnent à rire à tout le monde, III, 3).
se railleron! de
moi.
On
eût pu dire aussi
IVloIière a dit
qui se railleront de moi, {Ib., l'idée
([ui est à
nos façons de faire donnent à rire à tout ic
:
m,
contenue dans l'adjectif
//
:
seuls des sots et des sottes,
n'y a que des
3).
.so/s cl
des sottes,
ma femme, ma femme,
L'intention est de mettre en vedette
seuls.
Quand il s'agit d'exprimer le jugement que l'on porte, le sentiment c[u'on éprouve sur une action, le désir qu'on en a, ainsi que nous le verrons dans le chapitre consacré à cette matière, tantôt on use d'un complément, d'un adverbe, d'une subordonnée, tantôt on construit exprès une proposition il est probable qu'il s'en tirera encore une fois, principale. Si l'on compare et il s'en tirera probablement encore cette fois, on voit le changement. La :
première phrase répond plus expressément à une question
telle
que
:
qu'est-ce
y eut alors quelques mois, une année peut-être, où ce ne fut qu'après Dieu habita vraiment sur la terre (ren., Jés., ch. v) ;
que vous en pensez? Cf.
//
—
sa mort que l'on vit se constituer des églises particulières
(!(]..
Ib.. xviii)
;
la
circonstance devient l'essentiel.
Usage de
c'est.
— C'est — qu'on considère ou
non cette formule
comme
— LE SEXS ET LA FORME DE LA JUUiASE
—
une proposition
faisant
31
joue dans ces transpositions d'idées un rôle
énorme. Soit l'exemple ce match aura lieu à Paris, le 12. On veut insister le lieu on retourne la phrase les notions complémentaires deviennent les principales c'est à Paris, c'est le 12 qu'aura lieu le match. Je le vois pour la première fois, devient c'est la première fois que Je le vois :
sur la date et
;
;
:
:
:
—
il
en
cet instant
faut agir maintenant, c'est maintenant qu'il fcait agir
;
— Qui peut,
où Dieu peut-être échoue, Deviner Si c'est du côté sombre ou
Va
joyeux que la roue
tourner
Au mom.
? (v. h., Chat.,
de rent. en Franco).
N'importe quel élément de la pensée peut ainsi devenir l'essentiel et élro spécialement mis en lumière. Le sujet c'est VOUS qui l'aurez voulu sitôt que la conscience s'éveille et se met à vivre dans un être, c'est une destinée qui commence (îviaetkrl., ;
:
Sag.,
—
cil. ci).
L'attribut:
c'est
une chose singulière g us
de paysans (A. daud., Jack, 251);
—
et
la
maladie dans
ces intérieurs
c'est là la vraie grandeur, la vraie
puissance des poètes, de s'adresser à tous dans l'histoire d'un seul (Id.,76.,325).
L'objet
c'est lui qu'elle désire voir;
:
moi, Barca,
et les
vous garde
et je
—
•
d'après la convention passée entre
ambassadeurs des Mercenaires, c'est vous que
je choisis,
(flaub., Scd., ch. xiv).
!
L'objet secondaire
:
c'est à cet
homme
que
c'est à celui-là, c'est à Nostre Loti (en français,
je dois
mon bonheur
Monsieur Loti)
;
—
qu'il faut
faire vos remerciements (loti, Pitié, 205).
La manière
comme
me
—
c'est avec un vrai ; bonne amitié de part et d'autre, n'est-ce-pas? (zola, Assom., 308); c'est dans cette posture si naturelle à un prêtre que les clvmoines surprirent Rufin Capdepont (fabre,
soulagement
:
c'est
cela que tu
qu'il retourne à son
bcmc
;
—
déranges
c'est de
—
A. Tigr.. 169).
Le but
:
c'est
pour
te
tromper
qu'il l'a dit cela
;—
c'était
pour
la gloire de
l'Église uniquement que je songeais à gravir les échelons de la hiércwchie (Id., ib., si
c'est
162-163)
pour
le
;
le
chrétien seraloué d'être
Christ qu'il résiste à son père
mauvais fils, mauvais patriote. combat sa patrie (ren.. Jés..
et
ch. xix).
La cause c'est pourquoi les barons pressèrent le roi Marc de prendre femme une fille de roi (bédier, Tristan, 53). Une comparaison c'était comme si une brise avait rafraîchi mes tempes. LTne conséquence les hommes jetaient leurs armes ; c'était à pleurer de
ci
:
:
:
honte.
Un résultat c'est en vain que je lui écris lettre sur lettre, etc. Dans beaucoup de phrases, c'est n'est plus qu'une formule. Ainsi dans des :
—
tels que c'est que mon argent c'est qu'il me le faut pour demain ; mangé, il est encore possible de traduire ia chose, l'affaire, le point esl que mais il est impossible de résoudre de même c'est qu'il le ferait c'est qu'fn vérité mes cheveux sont dans un désordre... (beaumarch.. Fig..
types
est
:
:
;
Il, 3).
:
C'est que est destiné là à faire ressortir le fait énoncé.
;
CHAPITRE XII
FORMATION DE LA PHRASE FRANÇAISE
Ce que
c'est
qu'vme phrase.
— D'après tout ce qui précède, une phrase
française c'est l'assemlDlagc, autour d'une idée essentielle et d'une proposition principale, dont les termes peuvent être complétés de tout ce qui leur est nécessaire, et
peuvent être eux-mêmes des propositions, d'un nombre
indéterminé d'idées exprimées dans des compléments ou des propositions, qui reçoivent à leur tour toutes les additions et modifications nécessaires.
La période.
— La phrase peut avoir une ligne ou une page
cas on l'appelle souvent période, ex.
:
Quand
je considère
:
en
périls extrêmes et continuels qu'a courus cette princesse sur la terre
durant t'espace de près de dix ans,
et
que d'ailleurs
je vois
en ce dernier
moi-même les mer et sur la que toutes
les
entreprises sont inutiles contre sa personne, pendant que tout réussit d'une
manière surprenante contre
l'État,
que puis-je penser autre chose, sinon que
la Providence, autant attachée à lui conserver la vie qu'à renverser
Sa puisaux
sance, a voulu qu'elle survéquît à ses grandeurs, afin qu'elle pût survivre
attachements de la terre
et
aux sentiments d'orgueil qui corrompent d'autant
plus les âmes qu'elles sont plus grandes
De est
et
plus élevées
?
(boss., Henr. Fr.).
—
qu'une nature universelle qui pense exclut de soi généralement tout ce qui matière, il suit nécessairement qu'un être particulier qui pense ne peut pas ce
aussi admettre en soi la moindre matière; car bien qu'un être universel qui
pense renferme dans son idée infiniment plus de grandeur, de puissance, d'inet de capacité, qu'un être particulier qui pense, il ne renferme pas néanmoins une plus grande exclusion de matière, puisque cette exclusion dcms l'un et l'autre de ces deux êtres est aussi grande qu'elle peut être et comme infinie, et qu'il est autant impossible que ce qui pense en moi soit matière, qu'il est inconcevable que Dieu soit matière : ainsi comme Diei} est esprit, mon
dépendance
âme est esprit (la br., Car., Esp. forts, 37). La langue a passé par des siècles de tâtonnements avant de trouver
la
forme harmonieuse de lignes, équilibrée et souple, qui groupe dans un ensemble logique une série d'idées, ayant chacune leurs éléments nécessaires.
«
période
»,
c'est-à-dire cette
Les phrases tronquées. tiques,
conmie
il
—
Il y a encore des phrases défectivcs ou ellipy a des propositions ayant ce caractère. 11 ne s'agit pas
FORMATION DE LA PHRASE FRANÇAISE
33
bien entendu des fragments de phrase par lesquels, dans un dialogue, un
personnage continue ce que l'autre a commencé, mais de phrases non entrecoupées. Elles donnent de la vivacité au style et ne sont ni des négligences, ni des faiblesses
:
livide, cette raide
démarche contracturée,
santé {A. daud.. Immort., 70)
20
juil. Il
y
Zaïre
—
;
Et nous poussant du
Mais ma
geste
A
:
allait
:
un
tel
aux
contraste
rires de
mère, entr' ouvrant la chambre
genoux, nous
Alzire, et encore
!
(lam., Joc,
dit-elle
pu
Voltaire n'a
:
(balzac, Corr.,
faire accepter que
24, 11).
t.
Il y a des subordonnées qui ne se rattachent à rien monsieur en question ne me plait pas !
Mais
il
1800).
aussi des coordonnées tronquées
et
;
crut à un de ces pauvres névro-
il
pathes... dont les muettes apparitions... faisaient
paternelle
— — Cette maigreur
Et comme la grosse veuve lui demanda où
Cela vous semble drôle, n'est-ce pas? (flaub., Bov., 146)
:
d'autant plus que
le
« sans construction » sont devenues exceptionnelles, et où rien n'empêche de voir la suite des idées. La régularité grammaticale seule manque tous deux condamnés à souffrir, tous deux faibles, incomplets, blessés par toutes nos jouissances, toujours inquiets, avides d'un bonheur scms nom, toujours hors de nous, voilà notre destinée commune, voilà ce qui fait que nous sommes frères... (g. sand,
les
phrases
ce sont des phrases
:
Lélia, l^e p., 3).
Coup d'œil sur
l'histoire.
Tâtonnements
pouvait faire défaut tion
manquait
:
James
n'iert
home plus
—
et progrès.
d'abord rendre régulière l'expression des rapports.
En
a.
f.
le
dulur (Roi., 2901
;
jamais
il
fallut
La conjonc-
se vueillet vengier.
aussi dans n'importe quelle espèce de propositions
n'iert jurz, de tei n'aie
11
conjonctif
jamais n'y aura de jour que de toi :
je n'aie douleur).
Autre chose
était de savoir
combien de
fois ces
rapports devaient être
exprimés, dans quel cas une préposition ou une conjonction
suffisait,
dans
quel cas au contraire une répétition s'imposait, ou du moins une substitution. Longtemps on n'avait pas connu ces exigences ; c'est la génération de Vaugelas qui a
minutieuses.
ou ne s'achève pas (Cid,
peu
modernes, si précises et si que je meurs s'il s'achève jusque dans Balzac mais pour
établi les règles
Corneille pouvait encore écrire 124).
On
lit
:
:
au dessein qu'il a (éd. MGR., I, 117). Après 1660, chaque membre de phrase dut avoir ses éléments propres au complet et on marqua les liens qui le rattachaient aux autres portions de la phrase. On ne toléra môme plus les Gaulois... croient qu'Apollon chasse Les maladies. Minerve préside aux ouvrages, Jupiter est qu'elle se veuille aider et apporter de correspondance
—
:
le
souverain des Cieux.
Une forme adoptée dut être continuée par exemple, une phrase qui commencé par un conjonctif était conjonctive, elle dut le rester jusqu'au bout. On ne dit plus comme Montaigne il s'en voit plusieurs que ;
avait
:
BRUNOT
3
GÉNÉRALITÉS
34
passion pousse hors des bornes de la raison,
la
et
leur fait prendre des conseils
violents, injustes et téméraires (1).
Les exigences sur ce point ont été telles que longtemps on a estimé ne pas pouvoir permettre de donner à un verbe des compléments d'objet d'ordre différent, noms et propositions par exemple. Il en est resté du moins que jamais plus deux verbes qui comportent des compléments de construction différente, ne purent en avoir un seul pour eux deux lorsque nous goûterons et nous nous trouverons saintement enivrés d'un plaisir céleste est une phrase :
le f. m. ne tolère pas. Les instruments de liaison ont été examinés, choisis, criblés autant que possible. On a cherché à se débarrasser de ceux qui manquaient de précision,
que
comme
le
que populaire, bon à tout. Ce que est demeuré en possession de se
substituer à d'autres instruments de rapport plus précis, mais à la condition
que ceux-ci aient paru antérieurement et donné à la proposition son caracC'était le bon temps de la haine ! Alors, quand on haïssait quelqu'un, quand on l'avait enlevé, dans une surprise, ou pris de trahison dans une entrevue, mais qu'on l'avait enfin, qu'on le tenait, on pouvait à son aise le sentir mourir à toute heure, à toute minute (flaub.. Par les chanips, 77-78). tère
:
règle supérieure est en effet
La
ce qui dans l'ordre des
jouant
même
le
mots
rôle ont été
que
est de
les
rapports doivent être
nature à
clairs.
les troubler, s'évite.
rapprochés et groupés
Tout
Les mots
sujets ensemble, objets
:
ont été ensuite placés suivant la règle la plus rigoureuse qu'on pouvait prescrire. Les enfants apprennent à ne pas écrire comme faisaient Jésus aperçut un peu de braves jansénistes, peu soucieux de l'élégance
aussi. Ils
:
plus loin deux autres pêcheurs qui raccommodaient des filets, avec leur père, qui s'appelait Zébédée, dans sa nacelle ; ou encore comme un jésuite humaniste :
on a représenté une femme fort laide qui voulait être aimée, par un épouvantait. Quand on veut représenter quoi que ce soit, il faut aujourd'hui s'arranger
pour qu'un
même
représentant n'ait pas deux rôles. S' Simon écrit encore,
sans aucun souci de la confusion qui résulte de ce qu'un personnage, pendant que le suivant en représente un autre des gonds, dit au Roi qu'en mariant son veilles,
avait
que cependant
il
n'en avait
fils, il
pu arracher
passionnément désiré de faire servir son
rettes, et
que son
lui en avait
fils l'avait
demandé
renvoie à un
Monsieur, hors
promis monts
et
mer-
encore un gouvernement, qu'il
fils
aussi fort souhaité,
la grâce avec instance;
lui avait
// :
pour
comme
l'éloigner de ces il le
savait
que puisqu'il ne
le
du
amou-
reste, et
voulait pas,
il
ne s'entendait point à l'empêcher de s'amuser pour se consoler (s* simon, Méni., VIII, 318). On ne permettrait plus ces entrecroisements de // ou de
lui.
On
a enseigné à éviter l'enchevêtrement excessif des rapports
:
le frère
répandre ce (1) Ce n'est pas un latinisme, mais il se peut que la syntaxe latine ait contribué tour. Il était encore commun au XVIl«s. : des périls fjlorieux Dont je puis faire hommage ù V éclat de DOS i/eux. Et par eux m' acquérir, si le sort m' est propice, La gloire d' un revers... (y.OL., D. Garde, 2DGK Lequel restait même parfois tout ;\ fait en l'air Pour contribuer à /rester un vaisseau hollandoiit lequel, moyennant mille écus. le capitaine nous devoit recevoir en son bord (Journal de Migault, 185). l't
:
FORMATION DE LA PHRASE FRANÇAISE avais. Phrase
que tu m'as dit que tu
claire pourtant,
mais
35
à laquelle
on pré-
décomposent la pensée. Tout ce qui dans les périodes du XVI-^ s., a été banni, depuis que l'imitation impossilile du latin a cessé d'obséder lés esprits que pour obtenir, laquelle de ce si on veut considérer, lequel observé, etc. Il n'eu reste que des traces jour, cédant caix infirmités qu'elle n'avait plus de raison pour secouer, elle s'était mise à vivre de ht vie étroite et renfermée des vieillards (goncourt, fère des tours qui
rappelait les embrouillements
:
:
Germ. Lacert.,
23).
En même temps
l'unité de la phrase se faisait.
Sans écarter
les reprises,
qui sont indispensables, on a fait disparaître tout ce qui était répétition superflue. Les classiques çoieni à
par
le (jouter,
terre
eux-mêmes
n'oscmt avaler
(la br., Car.,
i,
le
écrivaient encore
morceau
:
ceux qui convnen-
qu'ils ont à la bouche, ils le jettent
221).
un peu longues. Il y a des recommencemais seulement dans de longs développements. Les répétitions doivent servir à l'effet oratoire que dirait ce Napoléon qui, parmi tant de combats prodigieu.x, est allé, à huit cents lieues de Paris, provoquer la vieille barbarie moscovite à ce grand duel de 1.S12 ? que dirait ce sublime esprit qui n'entrevoijait qu'avec horreur la possibilité d'une Europe
On
ments
a proscrit les parenthèses :
on tolère
les dis-je,
:
cosaque,
et
qui, certes, quels que fussent ses instincts d'autorité, lui préférait
l'Europe républicaine vait voir
;
que
il
pou-
b'^lliqueux empire, a aujourd'Imi
pour
dirait-il, lui
que son empire, son glorieux
ci
!
si,
du fond de son tombeau,
panégyristes, pour apologistes, pour Uiéorieiens
des
hommes
qui,
nord avec un désespoir qui scrail qui, chaque fois qu'ils
humanité, progrès,
et
dcms notre époipu' rayonnante
risible, s'il n'était
nous entendent prononcer
pour reconstrueteurs qui
et libre, se
Actes Disc.
'?
le
monstrueux, des liommes
les
mots démocratie,
liberté,
se couclicnt à plat ventre avec terreur et se collent l'oreille
contre terre pour écouter s'ils n'entendront pas enfin venir (v. H..
tournent vers
s.
le
canon russe
!
Constit. du 17 juillet 1851).
D'autres progrés se sont réalisés. Ils ont donné à notre phrase des qualités de sobriété, d'équilibre, de variété, de légèreté, de souplesse, d'harmonie et (le
rvthme. Mais ce sont
là choses de stvle.
PARTIE
I
LES ÊTRES, LES CHOSES
LIVRE PREMIER
LES ÊTRES
LES CHOSES
-
LES IDÉES
-
ET LEURS NOMS CHAPITRE PREMIER LES NOMS PROPRES
Observations générales.
— On a coutume de diviser
leSTioniSi-jCIuiÊU^x
Théoriquement, le-nom^uiopre est celui qui est particulier à un être, à xinejatie^à un peuple, tandis que le nom commun-s'appliquc à un g«mpe plus ou moins vaste d' êtres ou de
^catégories l-aJmJ^-p4^ôpp^i^'^e^r-nûnlSJ:^nmnulns.
Qlioses.
peu de noms propres qui désignent uniquement une ville ou une. beaucoup de villes des Etats-Unis portent le nom de villes de Paris, Amsterdam, Syracuse, Si-Cloud, Memphis... l'ancien continent En France il y a beaucoup de localités qui se nomment Villefranche, VilleIl
est
personne
:
:
neuve, Saint-Étienne
;
mêmes noms de personnes
les
s'appliquent très
souvent à des gens qui n'ont entre eux aucune parenté combien y a-t-il de Lefebvre ou de Fernj ? Comment prétendre que le terme-_de__P«ris/e/Ts, qui :
s'applique à_plusjieurs màllions d'individus, soit définition ? Inversement, Le
comment
paradis... qui ne s'appliquent qu'à
noms communs
se fait-il
un seul
un nom propre suivant
la
que des mots comme_L'en/er,
oJb^et,
soient considérés
comme
?
L'étude de l'origine des noms propres montre mieux encore combien
la
noms communs et noms propres est une_di&r_ conventionnelle. Les noms passent sans cesse d'une classe
distinction habituelle entre
.liuctionfragilcet
dans l'autre
(1).
—
Les gens et les pays. Onomastique et toponomastique. L'étude DES NOMS PROPRES. PRÉCAUTIONS A PRENDRE. - L'étudc deS nomS le nom propre prend (1) Les conventions ordinaires se trouvent marquées dans l'écriture une majuscule, le nom commun n'en prend pas. C'est un usage récent. Changeons de siècle, choses ne vont plus de même la Foi au XVI !« s. ne s'écrit qu'avec une grande lettre (cf. :
les
l'écriture allemande).
:
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
40
propres a donné naissance à une science, h^ onomastique est l'étude -noms de personnes; la toponomastique est l'étude des noms de lieux (1).
En
-des
pareille matière les difficultés sont extrêmes, car des altérations-ccrn-
tinuelles défigurent les
noms
propres, et
il
ne faut tenter de
les
interpréter
que quand on possède des documents voisins du temps où ces noms ont été donnés encore faut-il user des plus minutieuses précautions. La rue aux Ours s'appelait vraiment la rue aux oues (aux oies), et St- André des- Arts, St- André-des- Arcs. (Il y avait là des arcades). De même à la campagne. On imagine facilement que St-André-le-Gaz porte un nom déformé, ;
puisque
le
gaz est d'invention récente. C'est St-André-le-Gua
Or, les scribes
du Moyen-Age ont commis d'aussi lourdes
(on nasalisait an), a été compris
comme
=
(
le
gué)
(2).
erreurs. Sannois
cent noix, et traduit
gravement en
latin centum nuces.
Les noms de localités et l'histoire. — Ce qu'on sait de réel de la provenance des noms de lieux est extrêmement curieux c'est l'histoire générale ou locale qui s'est écrite là dans les noms comme dans des monuments. Les moins connues des populations ancestralcs ont laissé leur^spuvenir dans des noms les Ligures à Manosquc (Bas.-Alp.), Venosc (Isère), Manioche (Hte-Saône), Syroz (.Jura) les^jmloîs' ont donné à des accidents géographiques, à des villes, des noms qui subsistent encore Nantes (marais), Condé (confluent). Bcuvray, Bonrbonnc, Vcrçhm, Lyon, portent leurs noms gaulois évolués {Bibractc, Borvonis, Virodiinum, Lugdunum, où le suffixedunum exprimait l'idée de hauteur. Cf. Dun les places, Donon, Autan, -
;
;
;
:
Issoudun,
On
etc.).
voit se développer la civilisation romaine au pullulement des villas,
établissements ruraux autour desquels se construit
dances et aisances, qui sont devenues le
nom
de son propriétaire
:
le villaticum, les
;
les
donne
dépen-
lequel porte encore souvent
Sévigny (Sabini-acum), Vitry
Puis, c'est le-_clinstianismê
Saint- Sébastien, à qui on
le village,
{
Victor i-acum).
^Smnt- Martin, Saint-Cloud, Saini-Blaise, le
nom du
d'autres traces du christianisme dans
Damnuirie, Dammartin, Dampierre,
patron du
lieu.
On
retrouve
le
Martroi,
La Croix aux Mines,
etc.
(1) (Se reporter particulicrenieivl aux beaux travaux de I^onjïnon. I.c pelit livre de LoRÉD.w (Dic/iofifiaire des noms conlenanl la recherche élijmologique de vingt mille noms) est un
L.sRCHEY livre
d'amateur.
par un corps d'oITicicrs fort inslruils, mais étrangers au pays ignorants des parlera locaux, fourmille de méprsis. Elle renferme un nombre exagéré de et même un Lou sabés pas. Le paysan interrogé sur le nom du moulin s'est trouve être le propriétaire l.ou sabés pas est une réponse Est-ce que imns ne le sanez pas ? Le bois de la Bessée (des Bouleaux) est devenu le bois de r-4. B. C. et le plateau de VArenier (sablière), un plateau de r Araignée. M. A. de Rochas raconte qu'en Dauphiné, prés de Saint-Geoirc, il demanda à plusieurs personnes le nom du petit plateau sur lequel il se trouvait. Un paysan lui répondit Ochué. Un autre Loucha (C'était .An seuil, transformé par l'habitude locale de « C'est le chut, cliuinter et de supprimer les finales). 1,'instituteur du village voisin expliqua ainsi nommé probablement parce que l'endroit est solitaire... Un capitaliste du lieu dit Suez"; le propriétaire, flairant un contrôleur de l'impôt, déclara qu'il faillit dire: aux suées, ù cause de la peine que l'on avait à cultiver ce terrain pierreux (2) I.a carte d'Elal-.Major, faite
et
Mon monlin
:
;
:
:
:
:
'.
LES NOMS PROPRES Les Barbares envahissent
le
pays roman.
Ils
41
sont cantonnés
à Sermaize, des Tàifales à Tiff auges sur Sèvre, des
:
Marcomans
des Sarmatcs à
Marmagnc.
Gallo-Romains ou les dépossèdent, et la limite de leur domaine se marque par des noms tels que Fenestrange, Morhange. En Normandie Caudebec, Quillebeuf, Bar fleur, Yvetot, le Havre révèlent des établissements fondés par les Danois, nouveaux venus.
_Ils-ïe£ûiiLeixt Jes
La joe-cériûbitique se
généralise.
Il
s'établit des
:
Mouslier (Corrèze, Lot-
et-Garonne, Nord), Le Moustoir (Côtes-du-Nord, Morbihan), Monesticr
(Dordogne),
Z
Monêtier (Hautes-Alpes), sans compter
les diminutifs:
Mon-
Monesterol, Monislrol, Monlereau. (Cf. Noirmoutier, Moijenmoutier).
treuil,
Puis c'est Tâgp
féodal-.
Ce sont
les ferlés et les
châteaux
La
:
Ferlé- Gaucher,
Château- Thierry, Châleauneuf, Châteauvillain, Caslel-Sarrazin.
Des
privilèges sont accordés à des villes de fondatio n xàcent e-
attirer les habitants;
ils
noms de
Ville franche,
Monségur. Et
l'histoire
moderne
cheville, la Sauvelal, Scmoelerre,
là
comme
pour y Fran-
sont rappelés dans les
l'histoire plus ancienne, ainsi
se reflète
qu'en témoignent Charleville ou
Brazzaville.
—
Multiplicité des noms de lieux dits. Les cartes, même les plus ne donnent qu'une infime partie de cette nomenclature. C'est le __£adasir.û_q^iji révèle les innombrables noms des lieux-dits, où se sont enregistrés p-s petits fflif g de l'histoire locâlola Basse^dn Gerf {oû-&a a tué un ^cerf), la Groix-Louis (où il y eut un homme mort et un monument), la Cannebière (où poussait du chanvre), les Jonchères (où croissaient des joncs), La Perrière (où on extrayait du fer), etc. La vie des générations, dans ce qu'elle a eu de général ou de particulier, de normal ou d'accidentel depuis vingt siècles, s'est marquée là dans une ftomencl ^Uairc_saiTS jlrt> qu'achève de varier à IM^nôni la_div^rsité des parl^rs r—éialectaux, et dont l'étude est loin d'être achevée. détaillées,
1
Les
noms de
souvent le seul
dans
le
nom
personnes.
.
— Noms de
baptême et prénoms.
de famille nest autre chose qu'un ancien
qui comptât pour l'Église,
le seul qu'elle
cérémonies (Ne inlres in judicium
les
nom
— Très
de baptême,
connaisse aujourd'hui encore
cum
servo tuo Petro... Prière
des morts). Aussi y a-t-il d'innomhrahlssJucqumj-GUics, Martin, Albert, etc.
Ces
noms
qu'il leur
suJ)issent
impose.
naturellement
En
outre
ils
IÇ
mflu ence du parler local et ont
la
forme
reçoivent des sthffixgsl^iminutîfs ou autres
:
comparez -Ja(/ae^ Jacquot, Jacquier, J aequo u, Jacquemin, Jaqucmijïoi^acqain^-JLaçguinjel^Jacqu inct, J acquart. Depuis une loi de l'an II, les noms de baptême sont devenus des « prénoms » A cette époque, et pour des raisons historiques, on donna aux __enfants des nomsjris à a nature ouJùeB avcL-éxéne-tni^nt s ro ntemporams,: èt-Jaeques
.
l
Buiius, Racine de la Liberté, Régénérée Vigueur, Sibouletle ou Billard.
Il
y
a aussi des
Mirabeau, des Robespierre, des Pction.
même
Gaffé
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDEES ET LEURS NOMS
42
loi de germinal an XI, les prénoms doivent être ou des noms de personnages connus de l'histoire ancienne, o u de s n oms qui figurent aux différents calendriers. Le nombre en est donc considérable,
Aujourd'hui, suivant une
mais limité. Théoriquement aucune fille ne devrait s'appeler Henriette, malgré Henriette de France, aucun -garçon -:-Jo^re ou Wîlson. L'usage fait assez souvent violer la règle, et tout mouvement n'est pas arrêté (1). Les filles peuvent._s.^Il n'y a point en France de prénoms « tabous « peler iV/a/"ie, au lieu d'être, comme en Espagne, par respect religieux, bapti.
sées d'une appellation relative à la Vierge
Cependant peu de garçons portent
cion.
le
Dolores, Concepcion,
:
prénom de
Assomp-
Jésus.
—
En ce qui concerne les noms de famille (les titres), Noms de famille. on n'a pas naturellement attendu l'état-civil pour donner des noms aux individus, ^aitn
signifiait Pierre fils de GueneSy comme langues anciennes. P^u a peu cette notion s^est enacée^et-George
exprimait la filiatioaj_P£m;e_Ga/îe/on
dans
les
Baron
n'éveille
aucunement
Signification des
de George
l'idée
fils
de Baron.
T-— — 1° Noms t/b'origine.
noms.
ne ou bien d'où est venu celui qui
-V-^ Ils
disent lè^lieu
Bourguignon, Breton, où Liégeois, Poitevin, Picard, Lebreton, Lelorrain, Dtipizz/^(puy =iiauteur), Durupt (ru maison), Desmasures, Dumont, ruisseau), Dumas (mas est
La
«
porte
particule^ii
.
(Viqu
planté de bouleaux), Lalreille, La/ont, Laval.
— Les noms
nobles
«
»
ne sont pas à mettre à part
sont originairement des sobriquets de terre.
Pont Il
:
=
=
L aiLQul a y e
Delaunay,
le
comme M. Dupont ;
de
On peut
Launoy ou Delaunoy
;
pour que
le de suffise à
que
constituer
un
lÊjrfejiêJjigiiifiait rjen.
titre
de noblesse.
mais
:
Ap XyiJ«-&r«n
onj; ridiculisiiles
à la particule. Les vrais grands seigneurs signaient ;
même. recommencé à sévir, savait
Molière (dans Le Bourgeois gentilhomme)
de Caillières (dans ses Mots à la Mode, p. 134),
d'Aumale
ce
du
l'origine est la
faut arriver à notre siècle, où IgjV'anité nobiliaire a
fort bien
:
écrire JMonsieur
Condé, Aumale. Louis
XIV
non point
signait Louis
;
prétendants :
de Condé,
Phili])i)e
d'Or-
léans, Orléans. 2"'
Noms de professions.
Cordier,
Savetier,
Sabatier,
-
-
Citons
:
Grolier (qui
Boulanger, Charron, Bourrelier, fait
des
grottes,
des souliers).
Meunier, Fèure, Bouvier, Masson, Bourrelier, Parmentier (ouvrier en parements). Taillandier, Letailleur, Lecorbelicr, Leprêtre, Loiseleur, Tubeuf, Mouillefarine, Taillefcr.
— non
(]) La liste line ou JiiUelle
ofTicielle publiée en 1865, renferme d'ineffables bouffonneries : Léonn'y figurent pas, mais on y trouve Perpet cl Eiisébiote ; Hortense en souvenir donné coiume un masculin. (V. éd. iévy, La Question des Prénoms, libr.
d'IIoiien.siiis, esl
Judic, 1913).
LES NOMS PROPRES 30
Noms diversement caractéristiques.
Tout ce qui
43
—
variété est infinie.
Ici la
peut apercevoir de manières d'être physiques ou morales, de tics, a fourni àTobserrois eux-mêmes ont eu leur surnom, de Louis le Débonnaire se
d'rtjpeets, d'attitudes, d-e dispositions, d'habitudes,
A^atten
ou
le
;
les
Gros à Napoléon
le Petit.
Mais combien fades sont ces créations de cour-
tisans et de politiques auprès des trouvailles de l'esprit populaire fait,
!
Maa-
Bestournc, Lehérissé, Courbet, Grisard, Crépin, Peiitjean, Magre, MalGrasset,
gras,
I^erouge,
Lebref,
Lebrun,
Lajeunesse,
Legros,
Leborgne,
Courtecuisse, Malapert, Mauclerc, Courtois, Testevuide, Malfilâtre (mauvais beau-fils).
caractères
Lies-4fôMtntles, les
sont
rappelés
Engoulevent,
Boilcau,
:
Pipenbois.
Les analojyes avec clature
:
les
animaux
inspirent et relèvent toute cette
nomen-
Brachet (petit braque), Cochet, Connil (lapin), Fouquet (écureuil),
Hérisson, Fauconnet, Poisson, Lejars, Loiseau, Loison, Lesinge, Lachêvre.
Les-Ji#H«-de~plantes servent également
:
Poirier,
Ponunicr, Fougère,
Vigne, Malherbe, Malebranche. Laprunc. Larosc.
Le rôle des surnoms et des sobriquets. les
je
—
Pour marquer l'impor-
auxquels on reconnaît les matériaux locaux, donnerai en exemple l'onomastique d'un village de îAuxois autour
tance de ces appellations qui renouvellent individus et indiquer
le
les signes
genre de leçons à faire avec
de 1870 (Villu-en-Auxois). 10 ^lqms_d£.-di-gniiés-ùih de grades.
—
Les gamins portaient des bonnets de un bonnet neuf, dont la partie
laine pointue, l'un d'eux s'était présenté avec
supérieure restait verticale. Ses camarades s'écrièrent
:
«
On
mitre
dirait la
du pape » Le sobriquet lui resta. Ses descendants étaient des Pape. Le grand père fut Pierre Pape (de son vrai nom Gallien). De plus savants l'appelaient le Saint-Père. Sa fille fut Manette Pape (Marie-Anne Gallien). Son E^ftperéuT^~Commandant, Capipetit-fils « ie moinet de chez le père Pape » Jjjjne, Bonaparte, avaient été appliqués à d'aneierre-s^klats de Napoléon, qui avaient constamment ces mots à la bouche. Les guerres du second empire .
.
avaient créé un Cuirassier. 2° D'autres habitants étaient distingués par leurs pariicwlarités- ph-y—
sique s
:
Le Grand Charles,
le
Grand Fleurot,
le petit Glaucle, ie
gros Guenau,
Gambi (le boiteux). le Poifin (le poil fin), V Écherbeuté (le mal peigné), le Bane (le borgne), le Beussu (le bossu). Inutile de dire que ces surnoms restaient, même quand la vie avait effacé le caractère distinctif. Le jeune Lcichot avait SS^ns^ le
vieux Louis, Jean
30
le
Gros,
le
Bogueria
(le
bègue),
le
TréD'autres s'étaient signalés par leurs particularités jujorales Diverse (tracassier, chercheur de procès). Railloue (railleur). :
caissier
(remuant). 40
Aux noms
de familles on substituait des prénoms. Les Fournier étaient prénom de l'un d'eux Jean Toussaint, Marie Toussaint ;
des Toussaint, du
:
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
44
les Faiicillon
de
même Il
devenaient de
même
Charles Louis était le
que
arrivait aussi
Thérèse était
le
des Milan (Emiland
mari prenait
un Ménétrier dont
»
:
Catherine Milan
;
de Louis Ménétrier.
fils
la
prénom de
le
femme
sa
femme
s'appelait Thérèse
:
(nom
Charles rare).
50 Éobriquets d'origine accidentelle. Un^JDeau^éxe avait la_yaiiité-d£_SLQn
cendre, qui était riche. On l'appela Genre (gendre). Un autre, nommé Gallien, s'entortilla dans un procèsjen i a veiir -dUm fils mineur,- il. fut désor-
mais Mineur. Cet autre s'était montré un peu bêta Basticn. En revenant de un jeune paysan eut l'imprudence d'appeler sa sœur: sœurette; ce nom prétentieux lui resta. Quant à Cul-Blanc, c'était un « ramassé y, un étranger, venu de Dampierre, pays pauvre, aux champs encombrés de tas de :
la ville,
où
pierre,
le cul-blanc
va nicher
:
de plus
il
était plâtrier.
Double
justi-
fication.
La liste de ces sobriquets n'est jamais close. Un Charles Bovary quelconque arrive, le visage couvert de taches de rousseur. On parle de lui Tu sais, celui qui a le nez garni. Voilà un Nez Garni. Dans bien des endroits les noms sont autant dire hors d'usage, on ne connaît que les Cartille, Napoléon, la Baronne, Barbe de sobriquets vieux ou neufs :
:
bigne, etc.
—
A dire vrai, l'cspjjLt4iopulaire jiliéit_à-«n NÉCESSITÉS ET FANTAISIES. Le village est souvent composé de cinq ou six familles. Les parrains et les marraines sont les mêmes et donnent leurs prénoms aux enfants, qui se trouvent avoir même nom et même prénom. On
instinct profond.
réagit.
Puis la malice s'en mêle. et tout le
monde
se
et se transmettent.
Aux
sobriquets nécessaires s'en ajoutent d'autres,
trouve rebaptisé. Or, ces appellations se perpétuent
Au temps où
l'état-civil n'existait pas, ni les registres
de baptême, où rien ne garantissait l'immutabilité légale des
noms de
on s'imagine facilement le rôle prépondérant joué par ces sobriquets, dans une société dont la vie était généralement sédentaire. Ils devenaient des noms héréditaires, jusqu'au jour où la fantaisie trouvait bon de les rem
famille,
placer. Aujourcriiui,
Les
noms
ils
fournissent les
étrangers.
—
11
noms
et
côté.
y en a beaucoup
:
Mullcr, Scott, -^ÂJibéma
(hollandais), Garros (espagnol), Paoli (italien), Bergson (suédois), etc.
vent aussi Gantois. civil
tes
Ils
étrangers portent le
nom
de leur pavs
:
Sou
Lallemant, Liégeois.
ont reçu un sobriquet. Les-Jwf^, auxquels on a donné un état
seulement
à la fin
noms hébraïques
:
du XYIII^
s.,
noms ou prénoms de lieux
ont-pris ou gardé des
Lévy, Siniéon, Abraham, Isaac
;
des
:
Bordeaux, Cacn, Lijon-Caen, Carcassonne, Lisbonne, Spire, Landau, Ilada mar, Rosenthal (la vallée des roses) des noms de plantes ou d'animaux ;
Blum
(fleur), Hirsch(ceTÎ), Loeive{\iou), Myrtil.
allemands ou alsaciens.
Beaucoup de
ces
noms
;
sont
LES NOMS PROPRES
45
—
noms
de l'antiq^xiité hébraïque, grecque et latine. Les noms sayajits ne^30uvaicnt point être l'objet d'un travail de l'esprit populaire. Ils devaient être_empiuHvtés tels quels. Cependant une adaptation partielle
Les
pouvait
les franciser d'aspect.
Jt«-?tV4^s., la tendance était d'adapterdes
moyens
on leur troussait
queue
noms
antiques.
comme
On
usait de
Henri Estienne, en transformant les désinences. La désinence véritable était remplacée par Enée, Titus Tiie, Brutus Brute ; o devenait un e muet Eneas Didon ; ou bien on leur donnait une forme française voisine Dido on Krémé. par le son de la forme antique Krémès ^n_pfl£si£ Jl n'y avait pas grand inconvénient à franciser comme il plaisait les mots antiques, mais la question se posait plus^sérieuse pour les traducteurs^ A/nz/oi n'hésita pas il naturalisa les noms propres; Montaigne eût voulu qu'on les laissât tels quels, déclarant avec raison qu'autrement ils ne seraient plus reconnaissables. Mais il était trop tard déjà, on ne pouvait Técence^^st resté, comme Plaute ou Virgile. Corneille revenir en arriére traitait encore les noms propres avec une grande liberté, A côté de formes toutes latines, on en rencontre chez lui de très francisées. Il en est de même dans les romans de son temps dans la même phrase de Cijrus, la moitié des noms propres ont leur forme latine, l'autre moitié la forme adaptée. Vaugelas prétendit régler la question en disant que, quand un mot était trop connu, il fallait le franciser, sinon, qu'on le laissât tel quel. Mais ce n'est là que l'apparence d'une régie il suffît en effet d'un chef-d'œuvre pour rendre un nom inconnu célèbre du jour au lendemain, Polyeucte par exemple. plusieurs
«
:
—
:
«
,
—
—
:
la
•
dit
—
—
:
:
:
:
:
Au
noms
XTX
e s.,
grecs
:
a fait reprendre les
noms propres un non seulement dans les œuvres grecques il emploie les Zeus et non Jupiter, Héphaîstos et non Vulcain, Poséidon et
véritable système
noms
de l'exotisme
l«_souci_du _piLtoresque et
anciens. Leconte de Lisle
fit
de cette restauration des
;
non Neptune ; mais il rétablit sous leur forme exacte des noms depuis longtemps entrés dans la langue Hektôr au lieu d'Hector, Agamemnôn au lieu d' Agamemnon, Aincias au lieu d'Énée, Akhilleus au lieu d'Achille. :
Périplirases nominales. _lajtj.gue
ancienne
=
Ceux de Paris
—
A
l'aide
de son démonstratif simple,
la
en réalité à des noms cleiment a guarani {Roi.,
faisait des périphrases, équivalentes
Les Parisiens.
E
cil
de France
le
:
—
Maupas donne 1161) ceulx de la Flèche (des per., Nouv. Récr., xxvi). pour exemple Ceux de la Religion, ceux de Paris (1\ En langue préclassique, Et ne m'obligez point aux mêmes les exemples sont encore très nombreux compliments Que celles de Paris rendent à leurs amans (rotr., Célim., ni, 4). Cet usage n'a jamais été abandonné. La difficulté de connaître les noms des gens de chaque ville rend le tour nécessaire ceux de Pont-à- Mousson. Tout le monde ne connaît pas les Mussipontains (2). ;
:
:
:
(1)
Les ceux est cite dés
(2) Cf. à la
le
XVJe
Caractérisation,
I;
s.,
mais
XVI, ch. 3;
un tour populaire. peuple dit: Tu as vu arriver
c'est le
les
Pont à Moussor
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS XO.VS
10 Il (
=
faut joindre ici la périphrase du type de Celui qui règne diws les Dieu), dont nous reparlerons à propos des noms communs.
Les pseudonymes.
—
Quand pour une
deux
raison quelconque, on ne veut
son nom, on garde l'anonymat. On use de X, ou bien de ***, ou encore on se sert d'un pseudonyme : ^lolière se nommait Poquelin Voltaire, Arouet. On peut aussi remplacer le nom par le nominal un iel : sans me mettre en pas se
nommer par ;
cervelle
Ce que peut dire un
tel
ou penser une
telle,
(th. corn., D. Bertr. de
Cig.. IV, 1) (1).
Nous verrons, au chapitre de rafhrmation, noms sacrés qu'on introduit dans les jurons. (1) Cf.
au
pluriel
:
tel et Ici
la
déformation volontaire des
ni'oul fait tlcniandcr.
(
CHAPITRE
II
LES NOMS COMMUNS, L'EMPRUNT.
Les
noms communs. Les noms
dans son ensemble
la
héréditaires. - Quand on considère nomenclature française, on s'aperçoit qu'à beaucoup
d'idées s'appliquent encore les
homme.
chien, cheval, paix,
noms
qu'elles avaient dès les origines, tclî
C'est le latin parlé qui se continue dans ces mots,
avec ses éléments grecs (bocal), gaulois
germaniques (guerre,
(lieue),
épéc.
fcnilruil).
Les noms nouveaux. - Une multitude d'autres noms sont nouveaux on se les est pro. urés, soit pour exprimer des choses nouvelles ou nouvelcroisade, obus, harmonie, téléphone, quinine, soit pour lement observées nommer autrement dos choses anciennes incendie, fantassin, intrigue. ;
:
:
Les noms d'emprunt. — Parmi ces nouveaux venus, nombreux sont les noms d'emprunt. On a pris consciemment ou inconsciemment des noms à d'autres langues. Les moyens de communication multipliés et rapides que la vie moderne met à la disposition des hommes pour leurs relations, contribuent à augmenter
les échanges de cette sorte mais si leur importance a uivant le^ époqiLejs^ et les circonstances, ils n'onFjâmals cessé d'avoir lieu. D'autres causes, rencontres prolongées, influence d'une civilisation sur une autre, les rendent inévitables.
varié
;
s
Inconvénients et avantages de l'emprunt. vénients que tout le étrangers,
il
monde
comme
entrent,
ils
La
défigure souvent le langage.
parfois telle qu'elle reste insurmontable ciser
— L'emprunt a des incon-
aperçoit. [Malgré l'adaptation des éléments
club ou tilbury, de
:
même
difïîculté d'assimilation est
high-life
ne parvient pas à se franEn admettant qu'ils
pyroscaphe.
demeureront dsiLjnon stres jncompréhensibles à
fweo'clock). ^Lais d'autres ont fait leur trou
:
la masse. (Cf.
handicap, bookmaker, et leur
sens est fort bien perçu par des gens sans instruction, habitués des courses. Il
est
également incontestable que l'emprunt
L'anglais est bien porté aujourd'hui
comme
est
souvent affaire de mode.
On y
autrefois l'italien.
puise
sans besoin, indiscrètement, pour paraître.
En
le principe qui fait emprunter des noms se comprend sans beaucoup des applications cfu'on en fait se justifient. Une nouveauté est apportée du dehors, les chemins de fer par exemple le vocabu-
revanche,
peine, et
;
laire suit l'objet
:
Rail, wagon, tunnel entrent avec les ingénieurs anglais
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS XOMS
48
qui dirigent la construction JEn vainallègue-t-on qu'il est supierflu cTemprunJer_quand on possède déjà le nécessaire, et que^Jimgdîi ne dit rien de plus que imiiiiP^^i
de fer
!
arrive adapté à
il
l'appel
(cf.
:
En
voiture
une
chemin
voiture particulière, la voiture de
/).^_Si
/unn^Z- (a.
f.
:
tonnel) est le
même que
il a subi en Angleterre un travail d'appropriation rend capable de désigner le passage souterrain auquel il s'applique. Tonneau n'a pas ce pouvoir. De même pour budget, bill, reporter, square,
tonneau, peu importe";
qui
le
mess, et une foule d'autres.
De là le
succès de certains
noms empruntés
qui sont aujourd'hui répandus
partout, tels que jockey, bifteck, tramway, bock, kirsch, picmo, clown, bar, foot-ball, bolchevik. D'autres en revanche restent à la surface et ne sont en lunch, sleeping-car. usage que dans des groupes plus ou moins étendus Cela tient à ce que les objets auxquels ils s'appliquent ou les actions qu'ils :
désignent sont peu connus de la masse.
noms
n'ont qu'un temps, soit que la qu'un autre mot remplace le premier. Ainsi bock s'est substitué à moss, à la mode vers 1840. Ce qui précède explique pourquoi, dans la masse des emprunts, les noms tiennent la place la plus considérable. Ils arrivent avec les choses. Il
arrive aussi que certains de ces
chose disparaisse,
comme le carrik,
soit
Les grandes époques de l'emprunt. spéciaux
listes
les
nos emprunts.
de
— On trouvera dans
C'est
les livres
surtout-.,au_XVIe,
^XVilI-XIXe s., qu'ils ont été abondants. Au X VP,s., l'Italie domine intellectuellement l'attire, l'instruit, elle est l'éducatricc. N'j' eût-il
et
au
^^~~"^~
le
mond«
;
elle le
charme,
eu ni guerres d'Italie, ni
les populations d'au delà des Alpes, ni mariages italiens à la Cour de France, que l'ascendant de l'art, de la science, de la civilisation italienne se fût néanmoins imposé. Malgré les protestataires, en dépit du ^nationalisme linguistique d'Henri Estienne, le penchant à l'imitation était iiàlut'el. La mode a achevé de le rendre tout puissant. Jamais, depuis les invasions barbares, la langue n'avait reçu pareille empreinte des centaines balcon, bouffon, caresse, caisson, de mots bien vivants en sont témoins disgrâce, fantassin, infanterie, intrigue, manège, soldat, sonnet, etc. Ils appar
contact avec
:
:
tiennent à tous les
formes de
les
domaines sciences, :
donné, au
commencé moment où les
française,
c'est-à-dire
L'anglais a
exemple
arts, lettres, métiers,
mceufs, à toutes
la vie matérielle et morale.
ejLJiûlitique,
à nous rendre en partie ce que nous
après il
lui
avions
idées anglaises ont influencé fortement la pensée
Louis XIV.
Dans certains domaines, par noms d'une foule de choses
a dès lors fourni les
nouvelles et inconnues en France, depuis le jury jusqu'au club
;
l'échange
na
jamais cessé ensuite d'être très actif. Des catégories entières de noms^ par exemple ceux des courses ou des sports, viennent d'outre-Manche,
mais
il
y en
a de toutes sortes. Citons
chèque, cottage, dandy, snob,
flirt,
fwe
:
banknote, bar, bluff, box, break,
o'clok, hall,
home, interwiew, humoriste,
LES NOMS COMMUNS, L'EMPRUNT
49
lunch, match, mess, music-hall, punch, reporter, sandwich, skating, sleeping, speech, stock, stopper, toast, tramway, trust, verdict, wagon, etc. (1). Quelques-
uns de ces mots sont entrés si profondément dans la langue qu'ils y ont fait souche -.-ipu^ier, wagonnet,^ sportif. Les autres langues comptent peu, même l'espagnol. Quand l'influence de
lEspagne et
s'exerça, 41 était trop tard.
A
moment-là
ce
le
français était formé
fermé, soumis à une discipline sévère, dont la règle principale était qu'il
contenter des mots indigènes. Aussi les mots espagnols sont-ils beaucoup plus rares dans notre langue que les mots italiens bastonnade,
fallait se
:
mousse,
cassolette, fanfaron.
C'est à laj>résen £fi-4^-.soldats-alle-mands au service de la F'rance que sont
dus des noms
que
tels
:
choucroute, blockhaus, boulevard, loustic.
La
science
allemande a eu pourtant son influence subjectif, impératif catégorique, thalweg, etc. viennent d'elle. Depuis le XIX^ s., il est entré aussi quelques :
mots russes mou/ick, rouble, ukase, ou polonais polka, mazurka, troïka, etc. Le reste de l'élément étranger est peu de chose kiniono, krach, razzia, en :
:
:
tout quelques centaines de mots. Il
ne faut pas oublier pourtant que
le français,
même
celui de Paris, a
une
immense ciuant ité dcnoms qui ne lui sont pas propres,mais qui appartiennent à-s#s^-dialjp€tes. 1/emprunt a été le plus souvent inconscient. Cap ou bouillabaisse n'ont pas de parrains, c'est la vie et les relations qui les ont intro-
duits
;
mais à certaines époques,
1ers
écrivains ont professé
fonds qu'il fallait s'adresser pour enrichir la langue.
Au
que
XVP
c'était à ce s.
surtout,
Abandonnée depuis Malherbe, elle a été remise en pratique par George Sand et une foule de romanciers ou de poètes du XIXe s. Citons parmi les noms empruntés aiguière, avalanche, cette doctrine a eu de chauds partisans.
:
barrique, bcsson, brandade, crétin, estaminet, galet, herscheur, houille, lazaret, mélèze, soubrette,
tôle.
Le fonds latin et grec. avec
— Malgré ce qui vient d'être
autres langues vivantes,
Iês
le
cherché des noms,-«,Uislllattti<{«ité. Dès le IX^ en petit nombre,
il
dit des
rapports
principal réservoir où notre langue a s?, il
y eut en France des gens,
est vrai, qiiiiisaient. Ils lisaient en latin, sans quoi ils
lire. Peut-on vraiment parler d'emprunt à propos de mots Non. Sans doute chrétien n'est pas un mot régulièrement évolué suivant les lois phonétiques, mais ce n'est pas un mot d'emprunt. Comment supposer une époque quelconque où il n'eût pas été dans les bouches, quand il était un des_i)remiers que la mère apprenait à bali>utier à -~J-£iifan,t ? Ce sont des mots dont la forme a été gardée des altérations normales par la tradition rituelle. Pour les « clercs » le latin avait le prestige
n'eussent rien eu à
comme
chrétien ?
d'être la langue de leur religion, de leurs maîtres, de leurs textes, la langue
de la grammaire ou de la philosophie, de la médecine ou de l'astrologie
(1)
Voir
BRUNOT
BoNSAFÉ, Dictionnaire
clijm. et hist. des anglicismes, Paris, 1920.
;
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDEES ET LEURS NOMS
50
une candeur empruntaient » pas avec le désir d'embellir leur langue la vérité est que pour eux la peine eût été bien plus grande de penser certaines choses en langue vulgaire. I^e vocable latin sloffrait rien de plus tentant que de le calquer, en lui donnant une terminai-
ils le
parlaient à l'école. Aussi allaient-ils à l'emprunt latin avec
qui exclut toute idée consciente.
Ils n'
«
;
;
son française.
Le latinisme devint cependant, sur la dont
la fureur atteignit
son
maximum
fin
au
du Moyen-Age surtout, une mode, s.,; les chroniqueurs de Bour-
XV^
et de Flandre forment alors une véritable école de latiniseurs les chefs, Chastellain et les Molinet, sont restés célèbres par leur baragouin. 11 ne
gogne les
;
comme exact que l'abus du latinisme soit lacon^équence de l'enthousiasme de la Renaissance française pour l'antiquité latine le courant lancé depuis longtemps était déjà torrentiel au XV^ s. Il y aura moins de latinismes chez Ronsard cjue chez un rhétoriqueur de la cour du Téméraire. Les noms que l'on a tirés du latin sont de toutes sortes ils se rapportent faut pas considérer
;
;
aux choses
les
plus diverses, administration, politique, sciences, arts
:
abondance, action, agriculteur, apostolat, délation, dextérité, facilité, opinion, préface, quotient, semestre, structure, véhicule. C'est par milliers qu'il faut ici
compter.
Il
est utile de rappeler
que ces mots repris avaient souvent
sur-
vécu, déformés par l'évolution phonétique captif doublait chétif, mais pas dans son sens, et c'est là l'important. Ce qui a faAorisé la reprise, c'est que :
le
mot ne
représentait plus l'idée.
C'est au
On
allait
rechercher un signe, en place de
en est de
même
lorsqu'il
moment où aveuglement
a ])ris
un sens moral
celui qui s'était altéré.
Il
ne
s'agit
pas de doublets.
cfu'on
va chercher
cécité.
En somme tous ces noms emi)runtés ont l)caucou]) augmenté la richesse du vocabulaire français aux dépens de son ancienne homogénéité. Il n'est pas certain que cette invasion fût nécessaire. La langue vulgaire s'était fait en divers domaines des termes fort propres (1). Des progrès étaient possibles, les moyens ne manquaient pas. Jusqu'où fussent-ils allés ? On ne raisonne pas par hypothèse sur des faits historic]ues. ,^ Au XVI* s., un nouveau mouvement commença. Le roi avait créé une chaire de grec au Collège de France on se mit à enseigner cette langue dans quelques cpllèges, comme celui de Coqucret, où professait Daurat. Le prestige de la civilisation grecque de^int immense. Toutefois, si on excepte les poètes de la Pléiade, qui se jetèrent dans l'hellénisme avec passion, au moins pendant les premiers temps, la langue littéraire ne fut pas profondément pénétrée. C'est par la science, alors comme aujourd'hui, que le grec est entré dans le français. Dès le Moyen-Age, par l'intermédiaire du latin, beaucoup de mots grecs avaient été francisés. Ils furent rejoints par une foule ;
(1)
Le D' Brissaud
l'a
prouvé en ce qui concerne
des exprès, pop., Paris, 1S92).
la
médecine
el les
noms des
maladicii (Ilisl.
LES NOMS COMMUNS, L'EMPRUNT d'autres.
Tous les
livres de science
51
qu'on commence alors à écrire en français
sont bourrés de grec.
On
s'explique facilement cette vogue. D'abord
incomparable. Ensuite posés nouveaux, et
il
vers lui pour suffire tional.
il
se prête
le
grec est d'une richesse
mieux qu'aucune langue à
n'est pas étonnant
que
le
monde
aux besoins de son vocabulaire
faire des
com-
entier se soit tourné scientifique interna-
CHAPITRE
III
ADAPTATION DE VOCABLES EXISTANTS
Substantification de vocables existants-
—
Pour
à
satisfaire
ses
besoins, qui sont immenses, ou à ses caprices, qui sont continuels, la langue emploie en outre des procédés divers 1° Elle utilise comme noms des voca:
Elle crée des vocables nouveaux.
un autre usage. 2^
bles qui servent à
Ces applications nouvelles sont singulièrement facilitées en f. m. par devenu une règle depuis Vaugelas, qu'aucun nom ne peut
l'usage, qui est
jouer son rôle syntaxique de nom sans être accompagné ou d'un article ou. d'un mot équivalent (démonstratif, possessif, etc.). 11 en résulte que tout
pour mieux dire tout son, tout bruit quelet des bas ; on entendit un pstt et le en est à l'a. b. c. retentissant ; il vient d'acheter une trente chevaux ; les quand, les qui, les le vous, le tu s'échangent dans nos tragédies ; ce n'est, après tout, qu'un vulquoi pleuvent de tous les côtés de la salle; je t'ai toujours dit de te niéfwr de ce pas grand'chose gaire m'as tu vu éviter les à peu près un tiens vaut mieux étudier les à côté de l'histoire;
mot qu'on accompagne conque peut être
fait
—
—
:
—
des hauts
—
—
—
;
ainsi,
nom
;
—
—
;
;
—
—
que deux tu l'auras.
Les noms propres. personnalité,
il
l'a
— Un individu quelconque a marqué une chose de sa
créée, mise en circulation, elle porte son
naies s'appelaient autrefois du
un
louis,
Victoria
;
nom
de celui qui
les
nom. Les mon-
avait fait frapper
un napoléon. Une voiture s'appellera du nom du de même un chapeau un bolivar (1).
«
lanceur
;;
:
:
une
:
Au X1X«
s.,
où
les
créations de l'industrie se sont succédé plus rapidement
que jamais, une foule de choses de toute espèce ont porté des noms ainsi adaptés de créateurs ou de fabricants gibus, godillot, le.bel, poubelle, raspail, chouberski. Maillechort est une combinaison du nom des deux inventeurs Maillot et Choriez (2). Tantôt le nom d'espèce subsiste, au moins quelque temps un fusil chassepot, un fusil gras, tantôt l'application du nom est immédiate un giffard, une cmbine. Nombreux sont dans cette catégorie les noms de personnages pris aux œuvres littéraires et qui sont devenus des types génériques, d'Harpagon à Gavroche, en passant i)ar Pipelet et Prudhomme. :
:
:
:
(1) Dais leur lutte contre l'Espagne, les comballanls de l'Amérique du Sud portaient des chapeaux larges Ijords. coulomb, ohm, ampère, volt, hennj, joule, watl. (2) Compare/ les nouvelles nomenclatures :1
:
ADAPTATION DE VOCABLES EXISTANTS Les adjectifs.
— Les manières d'être sont
très
lement traduites par des adjectifs substantivés (le
:
souvent
53
a du bon
//
naturel-
et très ;
le singulier
la situation; l'odieux de sa conduite. Puis, souvent. le sens de la
s'efface, et l'adjectif
substantivé n'est plus qu'un
nom ordinaire,
manière
sans
marque
aucune de la caractéristique journal (cf. un quotidien). Les adjectifs ainsi employés sont fort anciens en français, le relatif, le propre, le général remontent à la scolastique. Au XVP s., les poètes en usaient avant la Pléiade (v. scève. Délie, clxvi). Mais Du Bellay prétendit faire du procédé un des moyens d'enrichissement du lexique. « Uses donque hardiment de l'adjectif substantiué, comme :
le
liquide des eaux,
vuide de
le
l'air, le fraiz
des umbres, Vepes des forestz,
pourueu que telle manière de parler adioute quelque grâce et véhémence... « (du bellay, Def., 1. n, ch. 9, dans h.l., ii, 189). On trouve chez lui et ses amis des exemples tels que l'obstiné de ma loyauté (pont, tyard, Err., 18) le brun de ce teint (ronsard. i, 28, Bl.) l'armonieux de sa voix (forcad., p. 48, 23-24).
l'enroué des cimballes,
:
—
;
Au
XVIP
s.,
la
mode
;
—
n'était pas passée. Les adjectifs destinés à énoncer
l'abstraction se trouvaient en etTet en rapport direct avec le développement
de l'esprit précieux
:
il
fut difficile de remettre cette conversation
(sEGR., Nouv. franc., 4^ Nouv., 248) (1).
qui polissent
veiië,
244)
;
—
le
le
rude
et
démeslent
le
—
-
dans
le
Sérieux
Cf. de l'attention et de la
seconde
confus (balz.,
plus poly d'une enclume (d'urfé, Astr.,
ii»
dise, éd. Mor..
563)
ii,
—
;
i,
— Le Sombre
Nuit (la mesnard., Poés., 45); le vague des airs (racan, Ps., cm). la 2® moitié du XYIl^ s.. Bouhours et son école prétendirent limiter la liberté dont on avait usé jusque-là dans la langue littéraire CZ)., 46-48). L'usage persista dans la langue technique, mais réduit. Bossuet est un des derniers écrivains du XVII<^ s., qui ont fréquemment employé l'adjectif en guise de substantif; sa langue a souvent quelque chose d'abstrait et de scolastique L'époux sacré ne dit pas toujours qu'il aime L'épouse : à la fin cela tomberait dans le froid (Expl. de la Messe, 149-150). Nostre critique (R. Simon) a peu connu, je ne dirai pas cette justesse d'esprit qui ne s'apprend point, et le bon goût d'un style simple : mais je dirai le grave et le sérieux qui convient à un traducteur de i'évannile (boss., 777.s/. sur la vers, du Nouv. Test., in-12, 1702, p. 154). De là nous sont restées beaucoup d'expressions, telles que découvrir de la
Cependant, dans
:
—
le
fort
et
le
faible
de
quelqu'un
;
l'adjectif substantivé a repris faveur, le
non
conscient, le
poétique aussi, car
subconscient, les
(Philos.,
(1)
I,
Apr^s
dans
et le
la
moyen
Hugo
que.
c'est
Au XIX^
le
contingent, en langue
en particulier, ont eu
d'expression
:
une
Les modes substi-
procédé d'atelier à l'étude austère de chaque chose
25).
a^•oir été
s.,
langue scientifique d'abord:
discontinu,
romantiques,
véritable prédilection pour ce tuent le chic, le poncif
le
l'ennuyeux,
en concurrence avec
sériosité, sérieux Pnit
par prévaloir.
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDEES ET LEURS XOMS
54
Les de la
réalistes, puis les
décadents ont continué cette pratique
la pensée de Frédéric
un
contraste (flaub.,
Educ,
milieu de ses postiches... parlait du tournage
du glacé
(Id., Ib..
:
la hauteur
des réchauds... tout ce bien-être luxueux établissait dans
salle... le poli
307)
I,
—
i, 330) Arnoux, au du tournassage, du truite et
et
;
(1).
—
L'iiomme Êtres et objets nommés par des adjectifs substantivés. non pas les objets, mais les qualités des objets, ou mieux, les sen-
perçoit
sations causées par ces qualités. C'est le :de la substance, qui avait
exclu de la nomenclature
Le XVII''
s.
substantivés.
répandu
le
Moyen-Age, avec sa fausse doctrine
mot de
substantif,
nom
aujourd'hui
(2).
avait édicté quelques restrictions à l'emploi des adjectifs
(3).
Elles empêchèrent l'abus, elles n'ont point tué l'usage, la foule des adjectifs passés
comme le prouvent
de nos jours à l'état de noms
:
apéritif, auto-
mobile, la droite de l'assemblée, un dyspeptique, l'extrême-gauche,
Participes passant au rôle de noms. le
un natu-
romantique, notre syndicaliste.
raliste, l'officiel, ce
—
Il
n'y a pas lieu de séparer
ici
participe présent, ni le participe passé de l'adjectif proprement dit.
Une foule de
noms dans la langue un fait, un émigré, un insurgé, un adjoint, tracé, la donnée d'un problème, un rendu, un miraculé, les délégués, les récupérés, les rescapés, les agglomérés, un cliché. Les participes présents fournissent également les constituants, les communiants, un manifestant, le montant d'une facture, le volant de l'auto A des voyageurs las, à des errants .sans nombre. Elle montrait du doigt une route dans l'ombre (v. h., Art d'être un un
reçu,
une
participes passés sont devenus
une armée, la
écîaircie,
:
criée,
:
;
G. P., Fraternité) (4).
Ce qu'il faut bien remarquer, c'est qu'adjectifs et participes s'appliquent à divers êtres ou objets, ce qui n'empêche pas de comprendre dans chaque milieu à quoi il est fait allusion. Le principcd pour un notaire, c'est de la dette, pour un professeur de collège, le chef de l'établissement pour un soldat d'administration, l'ofUcicr à quatre galons, etc.
le capital
—
;
la pie... (Ilosny, Vahjr., ôG le positif de la sonPrancc {Ib., 164) /"incertain et le nouveau de ces journées trop pleines (p. et v. maui;., il gardait dans sa distinction de Fortes mouslaches brunes, l'œil hardi, ; rlnbman,le délibéré du lieutenant de hussards (\A.,Femm. nonv.,2\); A» transcendental en-allé LVFORGUE, Po., 166). Aiiisï se satisfait le goût si prononcé du français pour l'abstraction. (.1)
Cl.
j'immédiat de
Le jeune,
lui...
amitse
lirau. gens, :{00)
—
;
:
/xi/
•
—
—
ARisroTE, Mélaphijsiquc. l.v. viir, cii. m. On a veu de noslre lent/ys quelques Poêles lieencieux qui ont voulu donner cours à
(2) Cf.
plu-i eurs (3) termes de ceste façon, distml ainsi parlant de leurs mai»lrcsses, ma divine, ma loyauté, ma beauté, ma brave, ma parfaite, mais cela cstoil si galimalias et hors de mesure que rien plus, aussi on l'a rejecté comme chose non moins impropre que nouvelle (Deim., .Icorf., HO cf. h. l., m, 201 et IV, 449). ;
(4)
lapée,
La langue populaire une
tripotée,
et l'argot
une toquante,
la
usent beaucoup du procédé
eoUanle.
:
une
cuite,
une floppâe, une
CHAPITRE IV
FORMATION DE NOMS NOUVEAUX. LA COMPOSITION.
—
Onomatopées.
On procède
leji^ait de rol3Jct~à-aoLmmiuv: l'horloge
;
le
un
quelquefois par uu essai pour imiter teuf-teuf
glouglou de la bouteille
Composés.
—
;
;
ré g ies
Malgré une erreur courante,
svntaxl c;ucs urdiiiaires
la mitrailleuse,
les
:
de
un pouf (1). composés sont très nom-
!)reux en français. IiiJimit-tm4oiu-^fûrJiiés..daai-iats-^:a4tJ-Jes
de
le tic-lac
frou-frou de la soie
le
(-2),
;
faire
4ê^s^-4vns4
aide de camp, Conseil d'État, ce sont
des juxtaposés; les autres joints avec ellipse: timbrc-qiiittance (timbre à mettre sur les quittances).
La condition nécessaire et suffisante pour qu'il y ait composition, c'est que le groupe représente une idée unique. Elle ne se réalise la plupart du temps que progressivement.jPQ/n/7»e de terre, qui, avant de désigner le tubercule ainsi nommé, existait déjà, appliqué au topinambour, est un composé pour tout Français. État-civi l l'est-il au même point? On ne saurait l'affirmer. JÎ04rH»-4'a4HH«4s-ti"a4ton, sans aucun doute. Elle vient d'établir dans les régions où on s'est battu des ])ureaux de
l'
])urement absurde
si étcU civil
nant
décédés ou disparus. La
les militaires
hois-de ul-de^/Mr ne
État-civil militaire, ce qui serait
ne signifiait pas l'ensemble des actes concer-
décompose plus
:
le
femme du peuple
bois de
lit
pour
([ui
achète un
elle, c'est la
carcasse
du lit, le châlit Mais précisément comment déterminer quels sont les composés uniformément indécomposables pour tous ? Avec certains, point de doute, ils sont --a-ftcieûs-i fer à cheval, pierre de touche, chevaLde frise, maréchal des logis, pot de vin. CheminjleJer^hisA'é.cGrit peut hafdirhcht être compté dans le nombre. Quand on a cjiangé_kijaatière des rails, il n'est venu à personne l'idée de défaire le mot et de dire chemin d'acier ; aussi dit-on voyager en chemin de fer. prendre le chemin de fer. De même femme de ménage, homme de peine, bateau à vapeur, juge de paix, hôtel de ville, corps de garde. Mais une foule d'autres ne présentent une idée unique qu'à un groupe de Français plus ou moins restreint, tel gardien de la paix, composé pour les Parisiens, non pour les Lyonnais, qui disent garde urbain : blanc de zinc familier aux enduiseurs, ,
:
:
(1) On peut rapprocher les fonnatioiis enfantines oua oiia (chien), lonlon, nounou. Ces derniers sont en réahté des imitations imparfaites des mots ^ éritaLIes, oncle, nourrice. (2) .Jamais le français ne compose de thèmes, comme le faisait le latin, où on n'ajoutait pas sUva (la forêt) à colère (habiter), mais où on joignait deux éléments n'ayant point de vie indépendante. se joignait l'autre élément col (de l'élément silr suivi d'une voyelle thématique colère), et un suffixe a donnait à l'ensemble silvicol-a, à la fois son existence et son carfctére hubilnnt des forêts (cf. agricola). :
A
;',
:
:
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
56
architectes, entrepreneurs de peinture, mais
que
parlementaires ont
les
probablement décomposé, quand il s'est agi de discuter la substitution obligatoire du blanc de zinc au blanc de cériise. Dans le monde aisé, robe de chambre, robe d'intérieur, coin de feu, sont des noms de vêtements à un autre degré de l'échelle sociale où il n'en est pas fait usage, on les interprète encore par leurs éléments (1). Et ainsi l'existence d'un assez grand nombre de composés, très réelle, est limitée ethnographiquement et socia;
lement.
Les signes extérieurs et internes de la composition. un seul signe extérieur a une valeur
naître la composition,
fusion des éléments
On
voit afficher
:
— Pour reconréelle, c'est la
plafond, piédestal, gendarme, verjus, licou, vinaigre.
du vinaigre de
bois, d'alcool,
opposé au vinaigre de
vin.
Les autres signes orthographiques ne sont pas distinctifs.Le trait d'union n'a pas été bien utilisé, il ne pouvait guère l'être, sous peine d'une revision l'orthographe
de
perpétuelle
l'ont, corps de garde,
machine à
arc-en-ciel,
;
battre
char-à-bancs,
ne l'ont pas.
Il
rez-dc-chaussce
ne faut rien déduire de
son absence.
Les vrais signes doivent être cherchés ailleurs. C'est dabord i^4?sCTîcédc mot en dépendance. Quand il manque, c'est déjà qu'on est
i^actietedevant le
second terme
corps avec le premier y a des juxtaposés avec article, tel que celui dont nous parlions plus haut gardien de la paix. Le mieux est d'essayer de qualifier, par exemple d'ajouter à chien de chasse un adjectif un chien de chasse excellent. Si l'épithète s'applique à l'ensemble et ne peut s'appliquer qu'à lui, la composition est faite un tas de bois peut recevoir une épithète appliquée à bois, un tas de bois pourri, un tas de vieux monter sur les chevaux de bois (3). Si au contraire je considère la phrase des chebois, il est visible (juc toute épithète va s'appliquer à l'ensemble vaux de bois très modernes, mus à l'électricité. Il en est de même avec des juxtaposés d'un autre type, tel que libre penseur, bonne année, grand monde. On trouve cependant des adjectifs rapportés à un des termes V. Hugo a dit Qui sait si l'homme n'est pas un repris de juslice divine (mis.,
en présence d'une expression où
cheval de
trait,
chemin de ronde
le
(2).
fait
Néanmoins
:
il
:
:
:
:
:
:
:
:
L'idylle, vu.
(1)
gant
I).
Comparez ce qui nous arrixe en présence des noms composés étrangers hnr.dschiih. le nous commençons par décomposer soulier de la main. donnait déjA une théorie générale très intéressante Tarlicle indéfini, dit-il, (c.-àse niit devant les noms régis par un aulre nom substantif, duquel ils marquent l'espèce, :
;
:
(2) BufTier d. de)
:
caractère, la cause, la matière, la qualité, la nature, le pays comme gcn.
le
:
(le
;
:
:
(3)
Renouveler l'expérience avec
d'appel.
esprit de vin, raz de marée, ver de terre, terre de fer, cour
FORMATION DE NOMS NOUVEAUX. LA COMPOSITION Les composés à
ellipse,
même
eux,
commode-toilette, commode Pour ceux où entrent des particules
reconnaissables du premier coup à leur ellipse qui est en
même temps une
arrière-cour,
se décèlent
ils
toilette.
suivants
les
même
trois
;
—
noms sont
chimiste-expert,
joints par
une apposition
carte-lettre, coupé-lit,
:
2^
30
Un nom
adjectif
:
carte
café
où
ecm
forte,
postale,
se
col.
D'un nom en dépendance
poste.
timbre-poste, carte correspondcmce, train-
:
étrangères tend
L'influence des langues
noms de
les
accompagné d'un
est
bateau-
robe-chemise, papier-monnaie.
jupe-culotte,
Le rapport est. assez variable bateau léger comme une mouche, donne un concert, charron qui est en même temps forgeron, etc. faux
:
coton-poudre,
homme-femme, roman-feuilleton, wagon-restcai-
logeur-vendeur-recéleur,
rant,
Les principaux types de noms
:
mouche, café-concert, charron-forgeron, tente-abri,
:
d'eux-mêmes.
Principaux types de composés, composés sont 10 Deux ou
57
formés de mots restés distincts, sont
à multiplier aujourd'hui
ce type.
40 Un élément verbal est suivi d'un nom objet coupe papier. Le premier composé de ce genre est dans Roland, c'est le nom d'un cheval Brise Passe-cerf. Ceux qui apparaissent ensuite sont des noms d'hommes :
:
:
miche, Gratepance (h.
l., i,
A
508).
du Moyen-Age, ils servent à dési (1). Darmesteter croyait avoir à l'origine un impératif. Les raisons
la fin
gner des objets aussi bien que des personnes
démontré que la portion verbale était qu'il a données ne sont pas décisives. En tous cas, aujourd'hui, il n'y a là aucun impératif, mais une forme verbale qui est peut-être celle des substantifs verbaux dont nous parlerons plus loin, et que l'esprit interprète par un indicatif coupe-papier, qui coupe le papier. Ces composés sont en :
nombre
très considérable, appliqués soit à des êtres,
garde-chasse, soit à des choses
:
garde-crotte,
comme
souffre-douleur,
compte-gouttes, serre-joints,
tue-mouches.
—
Composés
latins et grecs. La langue en fût restée à ces moyens, si Moyen- Age l'importation de mots latins, dont beaucoup sont devenus de bonne heure très français, ne l'avait préparée à exploiter les richesses que ce nouveau vocabulaire lui apportait en moyens d'expression. Les
depuis
le
composés latins ont fini par fournir à l'analogie des éléments de composition uni, bi, tri : unilatéral, hici;pour n'en citer que quelques-uns clette, hiscotte, inporteur ; ex : ex-député ; in : inculture ; cide : msed/cide :
tels sont,
:
;
culteur
:
pjsc/culteur
locomotion
Mêmes (1) .\ii l'or
;
pare
:
;
culture
l'/i'/pare
observations pour
XVI«
s.,
chasse-peine,
les
l'été
;
:
arboriCvAiWie vore
:
le grec,
;
moteur
:
/ocomoteur
;
motion
:
fumivore.
avec cette différence que la grécomanie
poètes ont affectionné ce procédé dont donne-vin, le nwulon porte-laine.
ils
ont
mime
lire
des adjectifs
;
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
58
ne remonte pas au delà du XVI''
Les éléments composants d'origine
siècle.
grecque sont fort nombreux et commencent à être très féconds. Citons auto (soi-même) (SiUto-b iographie) anthropo (homme) (anthropométrie) ;
bio (vie) {\Aologie) (jraphe)
;
;
(WaWomanie)
biblio (livre)
chromo (couleur) (Ghromolithographie)
;
(jraphie)
;
chrono (temps) (chrono-
;
;
crypta (cachette) (crypto-
cyclo (cercle) cyclostyle: dactylo (doigt) dactylo^/ ap/i/>
elcctro
;
(aimant) électrothérapie: gastro (ventre) ga,strologie ; géo {ierre) géologie: hêlio (soleil) héliogravure ; hcmat (sanc) hématur/e ; hydro (eau) hyàiothérapie
œno
laryngo (larynx) laryngo^omzV
;
,•
;
néo (nouveau) néochrétien
(vin) œnologie
;
ophtcûmo (œil) ophtalmo/og-zc
graphie
pan
;
(tout) psingermanisme
photographie
(lumière)
:
:
mono
odont (dent) odontalgie
:
;
paleo (autrefois) paléo-
;
philo (aimer) philonudhique
;
(beaucoup)
poly
lithographie
(pierre)
iitho
monothéisme
(seul)
polymathie
:
:
photo
(premier)
proto
; pseudo (faux) pseudo-science : pyro (feu) pyrogcne ; iele (loin) télégramme; thermo (chaud) thermochimie: typo (type) typographie : zoo
protOroa/>e
(vie) zoologie.
D'autres éléments forment céphale (tête) hydrocéphale
hydrogène
de),
graphie,
',
:
algie (douleur) névralgie
(domination), bureaucratie
;
gène (issu
;
(écriture), /îé//ographie, orthographe logucAogie (qui étudie), arc/R'ologue, cmthro-
grapixe
/d^rzc (adoration), ;?!r///oIâtrie;
pologie
Uns de mots
les
cratie
;
;
même, manie (folie), éthéromane, cmglomanie ; mètre (mesure^. ; morphe (qui a forme de) anthropomorphe ; nonw (règle), métro-
;
alcoomètre
nome
;
orama (vue) maréorama
(manger) ichtyophagie plastic
(formation),
orlhoptère
;
;
pathie (souffrance), adénopathie
phile (ami), timbrophile
galvcmoplastie
;
—
n'est
Il
-
si
un collectionneur de
;
;
;
phagie
phobe (peur), prétrophohe
pode (pied), myriapode
scope (regard), microscope
Observation. liissantes.
;
;
;
ptèrc (aile),
tomie (coupe), gastrotomie.
Ces formations pullulent, de jour en jour plus enva-
modeste lotion qui ne porte le timbres-poste est un philatéliste ;
nom la
de philocome
«bécane» porta
longtemps le nom de vélocipède. Sous cette influence, et en très grand nombre naissent des hybrides cuitosu g gestion, pyrogréco-français, latino-français, gréco-latins, tels que :
gravure, aquafortiste et automobile
En
outre, et ceci est
(1).
beaucoup plus important,
génie propre, se remet à créer sur des thèmes
Réactions populaires. réagit contre ces usages. Ces il
les altère
devient
lait
-
Cependant,
mots
«
savants
:
la langue,
comme »
renonçant à son
électro-aimant, radio-activité.
est naturel, le peuple
il
étant inaccessibles à son esprit,
par simple déformation ou par étymologie populaire d'ânon, pilules opiacées, pilules à pionccr
;
:
les coliques
laudanum hépatiques
sont des coliques antipathiques.
Le procédé
)
le
plus récent, mais qui a de l'avenir, c'est l'apocope
C{. boulodrome, molocyclcUc.
;
on coupe
1
FORMATION DE NOMS NOUVEAUX. LA COMPOSITION et
on abrège
:
59
photo, kilo, ciné, moto, tijpo, métro, vélo, aéro, pneu, sténo-
dactylo. (Cf. troubade, de troubadour).
Par suite certains suffixes témoignent de croisements singuliers. Ainsi Vo de dynamo (mot grec) est une voyelle thématique d'un mot abrégé dans turco vient du sabir d'Afrique influencé par l'espagnol enfin ot existait en français comme diminutif. Ils se sont tous trois fondus ensem;
;
l)le,
de
telle sorte qu'il
çais, ni grec, ni
en résulte un suffixe de bric-à-brac qui n'est ni franmême pas d'orthographe fixe:
espagnol, et n'a, à vrai dire,
mohlot, sergot, tringlot,
tijpo,
poivrot, vélo.
Depuis quelques années on va plus loin. L'initiale suffit R. P.. C. G. T. Ces mots sont si IMen adoptes qu'on en tire des dérivés erpéiste, ccgétiste. :
:
—
Autres types de composés. On compose aussi à l'aide de jiariieuies. La particule est tantôt un ;ul\erbe ou un adverbialisé malaise, arrièrehoutique. ava^nt-goût. un tôt-fait, du bien-c/re, un premier né, tantôt une pré:
position
:
eontve-ordrp, contre-proposition, en-cas.
y a d'autres types de composés: bout e-en- train, juste au corps, A coup, sans le sou, rien du tout, riz-pain-sel, va-te-lcwer, tout-venant, haut-le-corps, II
laisser-cdler, cdler et retour, va-ct-vicnt.
CHAPITRE V
LA DÉRIVATION
Les
—
un nombre considérable de noms en isation : N'importe qui en détache au besoin la finale isationy^t s'en sert pour louner uiijTiouxcau iîî«tj^_sûxilej:Êiiilr^^
sviffixes.
existe
Il
naturalisation, cristallisation.
commime sa pensée
:
sont faits régulièrement, et
Ils
départementalisation, standardisation,
cojnpris, ainsi
et ..d'être
taylorisation sont nés d'hier. Ces
nouveaux mots peuvent un nouveau mot,
partie détachable, qui s'attache ainsi à le
procédé est la dérivation
être barbares.
sontJjnmé44»leiiLeiit-coxapj.£,hpn si hies J.a
ils
s'appelle suffixe
—
(1).
;
La dérivation repose, comme toute formation de mots en série, sur l'insun t^^pe existant pour avoir un mot semblable. Dans cristallisation, on sent l'idée de cristal, et en outre tinct analogique, qui pousse à reproduire
l'idée
de formation
de,
passage à
t'état,
transformation en.
germain, on aura un dérivé germanisation, dont à l'état de germain, efforts
Le procédé n'a
pour produire
rien de savant,
il
cette
En
l'appliquant à
la signification sera
:
passage
transformation.
est familier
aux enfants, qui en usent
sans se tromper. Le danger est qu'ils en usent trop, pour faire des mots qui n'existent pas. ce qu'il
barismes, hêtrière
;
faut leur expliquer ce qu'ils font inconsciemment
Il
mais
lieu
teinturerie ne
Les préfixes.
—
Il
conduit pas à peinturerie.
y a des
cas, très
nombreux, où
comme
par des préfixes, qui se détachent
fait
;
de leur apprendre, c'est à ne pas abuser et créer des barmême bien faits, hors de propos. Sapinière n'autorise pas
y a
les suffixes
la
dérivation se
de mois existants
;
un assez grand nombre de noms français commencent i)arl co. cpii y apporte l'idée d'un accompagnement, d'une simultanéité: cohéritier, qui hérite en même temps. D'instinct co s'ajoute à des noms pour leur donner une signification analogue
De
coéquipier, cofermier, coïnculpé, copropriétaire, colistier.
:
arrive aussi qu'il
Il
vergue on.tjre
La
:
y a addition simultanée
envergure.
De même
d'un
suffixe
.
différence essentielle entre ces procédés et les procédés de composi-
co ou éléments qui serventJci. m' sonf_pim .(Ip.s mots de vie particulière mais, dans l'état actuel des choses, ne faut pas s'exagérer cette différence. Les éléments des mots savants
tion, c'est
que
les
:
isation n'ont point il
û'u\\ préfixe et
affouillement.
(\)
11
arrive qu'on dt'rive sur des conipos<''S
;
:
honqnrqonisme, centre gaucher,
petit jaurnicr.
LA DERIVATION tels
que
61
qui entrent dans centiseconde ou bactériologie, pourici en qualité de préfixes et de suffixes.
centi, logie,
raient fort bien être retenus
La se
vie des suffixes. -- La condition pour qu'un élément linguistique
détache des mots auxquels
avant tout qu'on
appartient et en produise d'autres, est
il
comme un élément
perçoive
propre, et ayant une ne pourrait pas se détacher de .soleil, de même cul de tilleul, ou ison de trahison. Il arrive souvent qu'un suffixe a plusieurs sens, ain.âi-^>«~ qui veut dire outil servant à dans fermoir, et lieu où une action se fait, dans lavoir. Le sens peut être même très effacé, valeur^^zV a été
il
suffit
que
le
un
suffixe,
ne
apparaisse
le suffixe
d'un nom,
et le caractère
il
l'est plus, et
comme donnant au mot
tel ette
dans
qu'il
forme la valeur
lorgnette.
Il n'est pas nécessaire que le nombre des mots types soit très considérable. NaturellemenJJa fécon dité-d^s-suffixes dépend de toutes sortes de conditions, dout-la-pfemièF^-e^t-leuiLU-tilAté. A uiie_jép,oque de machines, comme la nôtre,
les suffixes
noms de machines ont une
qui servent à faire des
ticulière, ains i euse
activité par-
mitrailleuse, moissonneuse, batteuse, etc. ;^ai£ur
:
:
réfri-
gérateur, accumulateur (Cf. trice).
La réclame, dont dépend en grande partie la vie industrielle et commernoms d'apparence savante, qui donnent à un produit,
ciale, affectionne les
souvent quelconque,
l'air
annonces de
la Presse
pipérazine,
taline,
broméine
Médicale du 19 novembre 1917
choléine,
iodine,
stannoxyl, tannurgijl
;
là la multipli-
ol,.os&, yi^zig.^ Voici :
;
ceux des
théobromine, digi-
valbornine,
tricalcine,
lactéol, néol, iodogénol, théosol, gaiacol
;
De
d'une jnvention scientifique.
cation desjruil^àjDhvsioJiûiwie grecque en Zne,
phospharsijl,
minéralovine, galijl, dialijl,
théoscdvose, santhéose, iodalose. Ces suffixes en ine,
ijl passent forcément de ce journal, lu surtout par les spécialistes, à quatrième page des grands quotidiens ils s'étalent en tous lieux sur les affiches de telle sorte que ces éléments linguistiques arrivent à avoir sinon un sens, du moins une valeur, même pour l'homme du peuple le plus igno-
ose, ol,
la
;
;
rant.
Pour
lui,
coûtent cher,
ine, ose...
cjui se
etc.,
s'appliquent vaguement à des choses qui
vendent chez
le
pharmacien, mais qui guérissent.
D'autres raisons interviennent, la
mode
littéraire
ou populaire. Dans
notre langue contemporaine, poètes et prosateurs ont eu des toquades. Les
noms en arteeetents ont
foisonné
Mém.,
attirance (gaut..
IX, 228,
—
i,
263)
;
—
:
fulgurance, luisance, unisonance (chat.,
Frac, xvii):
— baudel., Fleurs,
XLVii) (1) friselis (stuakt merril, Po., 70) (2). Certains suffixes ont été abandonnés ail (fermait), ain (vilain), esse ;
:
(humblesse), euil (chevreuil), ois (suédois), une (rancune), ion (champion), oie (banderole), etc.
D'autres ont changé de sens, ainsi ard, autrefois attaché à des
<1) Cf. étirunces, voyance, scintillance, assoiwissance, (2) Cf. grouiîlis, enlacis, friselis.
transhumance.
noms
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
02
propres
:
Bernard, Renard, aujourd'hui accolé à des
noms communs, aux-
donne une nuance défavorable dreyfusard, revanchard. Les causes de ces changements ne se démêlent pas toujours avec sûreté. // était phonétiquement assez consistant (aissil). Ce suffixe avait un sens très percepquels
:
il
suffixes ont, comme les mots, des destinées, il a pourtant disparu. Les où agissent des causes accidentelles, des faits de vie. Un des faits qui méritent d'être notés, c'est la concurrence due à la vulgarisation des mots d'origine savante, dont les suffixes s'imposent à l'esprit: aninmiion, conservation, vaccination. Ation élimine ainsi peu à peu aison, de livraison ou fenaison ; déclinaison reste, mais nous parlons de dérivation et non de dérivaison. C'est à ces tendances d'esprit qu"est dû le foisonnement des mots en isnie et en iste, qui triomphent partout en politible,
tique et en art
:
cubisme, naturisme, possibilisme, futurisme.
Ghang-ements matériels.
—
forme. La Iransformalion la plus
gement, qui
le
Les
suffixes
commune
plus souvent se fait
précède. D'épicier on tirait épicerie
changent aussi dans leur
un renforcement, un allonpar agglutination avec un suffixe qui (la
est
signification
était
endroit où est
:
semblé ne faire qu'un, et aujourd'hui il supplante ie, moins consistant. Depuis le XYIl"^ s., le peuple dit mairerie au lieu de mairie. De roué est venue rouerie, de rosse, rosserie, de veule. veuelet (porcelet) lerie. Ce cas se i)réscnte fréquemment dans les diminutifs
celui qui s'occupe d'épices)
;
erie a
:
est fait
de
er
-\-
(le
el
(eau) -f
et
;
dette de
et
-f ette
:
gouttelette
;
eron (chaperon)
on.
D'autres phénomènes se constatent. Autrefois l'addition d'un suffixe, toujours accentué, amenait des changements importants, changements de bcrgier faisait bergerie. Ce timbre en particulier dans la voyelle finale changement nommé apophonie a toujours lieu, mais il n'est plus aussi régulier ni général de volontaire le peuple a tiré volontairicd. Il faut aussi noter les introductions de consonnes. De chapecm on avait tiré chapelier, aujourd'hui, on tire chapeauter (1). De même de bijou, bijoutier ; de café, cafetière ; de tabac, tabatière (2). On s'explique mal ornemaniste :
;
de ornement. Ailleurs c'est un d qui s'est intercalé brelan, Lrelandier. Enfin les suffixes changent de mot d'attache. Ainsi âge s'ajoute en général à des verbes cependant on a tiré charronnage, factage directement de char :
;
ron, facteur, sans passer par les verbes charronner, facter. (1) Cf. paimeuiiler. luijauler. noyaiiler.
(2) Cf. rcholirr, ferbhinlier, morutier.
CHAPITRE VI
LES NOMINAUX Un mot sur le terme de « nominaux ». - A côté des noms véritables, garnit les pF««onis, parce cju'on répugnait à changer le
des
du discours
parties
arrivés à avoir tous les réunir, et
il
y
nombre De toutes provenances, ces mots ne sont pas mêmes caractères il est cependant nécessaire de les
les nonis, sojt v(
il
expressions qui ont été généralement classées soit parmi
muns ou d es
a des
»
.
;
m'a paru que
nom
le
nominaux
d'expressions nominales ou de
leur convenait assez bien, car, on le verra par la suite,
ils
rapprochent
se
d£s 4ïe«is-safis-s€-eonlondre avec eux ils soiit^ahstraits, n'éveillent point diima-ge et ne peuvent pas recevoir toutes les caractérisations ou les déter;
minations que reçoit
le
nom.
Elle se désigne par le
— La personne qui parle est la l'"*' personne. mot mo/( dans certains rôles, par me), au pluriel nous.
Cette sacoche est à moi.
Moi, nous, sont des nominaux.
Nominaux
personnels.
La personne pluriel vous
à qui on parle est la 2^. Elle se désigne par le
je
:
m'adresse à
toi, n'est-ce-pas ?
813). te
Dans
toi,
divers
au singulier
-
:
La personne,
toi.
A
qui
mot
au
toi,
observation a-t-elle été faite
?
A
qui vois la honte où je suis descendue (rac, Phèd.,
compléments que nous verrons, au mère Vappelle. chose, l'idée dont on parle
on emploie
lieu de toi,
2'a
la
di^erses formes, suivant le genre et le
Lui,
cette
elle
j
nombre
est la 3^. Elle se
dans d'autres rôles
\
II,
syntaxiques
i
les, leur.
eux, elles
désigne par
:
le, la,
j
Nominaux non
personnels.
chose, personne, nul.
un
tel.
— Je citerai seulement
rien. tout.
Il
:
quelqu'un, quelque
y en a beaucoup d'autres
verrons plus loin, en parlant des indéterminés et des déterminés cliose de bleu qui paraissait
encore
le front, le
(Id., Cont.,
Lég.,
Aur., vi);
Le Sac. de
(Id., Ib.)
;
la f .)
aile (v. h., Lég.,
Les yeux,
je
Booz)
;
On y
ne sais quoi d'horrible
et
les
Quelque distingue
de farouche
— Et rien quoique tout fût enfant — L'Être resplendissait Un dans Tout, tout dans Un.
(Id.,
n'était petit
;
— Pourrais-
Me dire
une
nez, la bouche.
nous
;
:
je...
chaque soir marchant sans but dans
mon
che-
demain » ? (lam., Joc, 15 août 95). Il faut ajouter, et ceci est très important, que la plupart des représentanis, dont nous aurons à parler, peuvent devenir des nominaux. L^ne femme fait
min,
: «
Rien
ici,
rien là-bas, rien
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
64
des reproches à son mari
Tu ne
:
travailles pas, tu es toujours à causer avec
celui-ci, avec celui-là, avec l'un, avec l'autre (1).
tel
On
ne peut pas considérer
ici comme y serait an un tel. Nous insisterions plus sur l'espèce de termes que nous appelons nomi-
comme
celui-ci, celui-là
des représentants
;
sont
ils
et
naux, si nous ne devions les retrouver par la suite dans d'autres rôles qui expliquent leur sens. La théorie que nous donnons ici suffira sans doute à appeler l'attention sur ces prétendus pronoms, qui fourmillent dans les textes.
—
On fait des noms avec tout; on fait aussi des nomiLes nominalisés. naux avec certains éléments de langage, à l'aide de l'article. On se rend compte ainsi très facilement de façons de parler rebelles autrement à toute analyse, telles que Elle fut désignée, malgré son peu cVcmciennelé. Peu étant ici nominal est détermine par son et porte un complément. :
—
Les périphrases nominales.
rappeler la périphrase avec verbe,
(entendez
;
Parmi si
On
les chutes sont perdues).
les
nominaux, il convient de ce qui tombe est perdu
commune
:
ne saurait trop appeler l'attention sur
immense. A-t-on retranché d'une somme mais on peut dire coniptez les survivants, on peut aussi ce qui reste. De même, au lieu de dire ceux qui survivent. Ainsi partout, avec ce tour, on double les noms. On les remplace aussi, là où ils n'existent pas il répond à tous les besoins de la pensée. Nous ne pouvons pas dire voyons les choisis (2), mais ceux que vous avez choisis ; ni regardez les revenus d' Allemagne (3), mais ceux A ce qui naît le jour Dieu fait place le soir qui sont revenus d' Allemagne. de cette construction. quelque chose, on peut dire
le rôle
Il
:
est
laissez le reste, le restant, :
:
:
;
:
:
(LAM., Joe., 20 (v. H., Cont.,
jiiil.
1800)
Aur., v)
;
—
;
:
—
O poète, tes chants, ou ce Comme ce qui est beau sera Par les Champs,
est gracieux paraîtra sot (flaub..
79);
qu'ainsi tu laid,
nommes
comme
ce qui
— Hélas! ce que
la
mains froides A'e se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas. à ses pieds ce qu'on peut cultiver et (v. H., Chût., Souv. de In nuit du 4) sur sa tête ce qu'on peut étudier et méditer ( Id., Mis., Faut., i, xiii). cueillir mort touche de
ses
;
—
;
Noms
remplaçant des nominaux.
non, étaient souvent remplacés en
Corps
XGv,
E
:
On
2).
de s'adoube
XVJe
s.
(1) cr.
tantes lairmes
lit
por
a.
le
plusieurs fois dans Roland
(4).
—
Les nominaux, personnels ou par des noms. tuen cors plores (= pour toi) (Alex., f.
:
son cors adubet. C'est l'équivalent
Des excmj)les de cette expression
se
rencontrent jusqu'au
sans hoirs de son corps (seyss.. Suce. d'AL, 14
:
Je
la Dois totis les
r»).
D'où l'cxpres-
jours enircr{\a Fortune) chez celui-ci, Chez celui-là
(i.a
VII, 12». (2) Cf.
Montrez
voire choir.
« retour d' Alleitiagne ». vaiUanl homme que li corps de
(3) Cf. /es
(4) Cf. si
lui estoil
=
qu'il
lî^toit
(fkoiss., vu, 461).
font.,
I-'ah.,
LES
NOMINAUX
65
pour se défendre) (1). Personne d'où l'expression de procédure parlant à sa per-
sion à son corps défendant {en se défendant, a joué
sonne on
un
rôle analogue
=
à lui-même).
(
iroit...
(villeh.,
30'')
:
;
Chose équivalait à
—
;
il :
Si fu la chose devisee... que
Or avint chose que
ii
cucns Henri s descendi
de ses sales de Troies (joinv., p. 33).
Nominaux devenant noms.
—
noms véritables manger un petit quelque
en certains cas des
Je voudrais rôle
(1)
:
le
On
moi
est
Je
nominaux tendent à devenir un petit rien
lui rapporterai
chose. Certains sont
;
communs dans
— ce
toujours haïssable.
disait aussi chef, chair
(Fuoiss., V, 75).
Les :
:
si
disent que
XI
chies de princes estoienl demoret sur
le
place
CHAPITRE VU
TABLEAU SOMMAIRE DES^DJ-V^RSES CATÉGORIES DE NOM S QUE L'ON FORME, CLASSÉS D'APRÈS LEUR SENS
—
ai
Dérivés par suffixes Professions, métiers, états, situations. professorat, mandarinat, salariat, anonymat, protectorat.
ise
— — prêtrise, maîtrise, fainéantise. — épicerie, charcuterie (entrer dans — 1'
cric
Composés en
—
culliirc
—
eiir,
ciise
).
:
pisciculture, ostréiculture.
—
Gens attachés à ces occupations. aire
(1):
dignitaire,
-
Dérivés par suffixes
:
pensionnaire, actionnaire, actuaire, parle-
garnisaire,
mentaire.
—
couvreur, polisseur, fraudeur, scieur, viveur, jouisseur, bro-
deuse, finisseuse, laveuse, ravaudeuse. aier.r,
atrice
—
administrateur, agitateur, filateur. cultivateur, aviateur,
accompagnatrice, spectatrice. ivr,
ièrc
-
conférencier,
égoutier, jardinier.
l)oulevardicr, boursicotier,
couturière. chaml)rièrc.
— comédien, académicien, — fumiste, lampiste, automobiliste, tâcb.eron. an — ard — chançard, débrouillard icn
électricien, politicien, statisticien.
feuilletoniste, pul^liciste, naturaliste, éi)éniste,
istc
bicycliste, spécialiste, récidiviste.
jîlanton,
(ce sont des adj. subs!.). fêlard.
Participes employés com:me noms Qjj[
— nrotestanl,
Composés
:
contrevenant, manifestant, militant.
descriptifs
:
garde-chasse,
porte-drapeau,
trouble-fête,
risque-tout.
Gens qui ont titulaires. ex
—
été attachés à des professions, qui
— Composés par préfixes
remplacent
les
:
ex-député, ex-ambassadeur.
(1) Nous avons déj;\ fait observer qu'un suffixe peut exprimer diverses idées fort difiérenles: un chapelier fait des chapeaux, mais un voilurier conduit les \oitures,un ier est dans ce cas cuirassier porte une cuirasse, un geôlier tient en geôle les prisonniers qui sont dans la prison, comme les pigeons et les colombes dans le colombier. Par suite un même sufTixe se trouvera donc dans plusieurs des tableaux qui suivent. Inversement ce n'est pas toujours le sulTixe qu'on attendrait qu'on trouvera employé. Celui qui fait profession de voyager est un voyageur. Celui qui fait profession
un convuerceur, mais un commerçant.
LES DIVERSES CATÉGORIES DE NOMS
— vice-consul, vice-roi
vice
Gens
et
choses qui ont
tés, les mutilés, les la
stibi
une
action.
67
lieutenant).
(cf. simili-or, simili-soie, et
— Participes
:
les
ampu-
administrés, un raté, un exalté, les députés, les élus,
mariée.
—
qui doivent la
—
aiide
svibir.
multiplicande, dividende.
—
Arts, sciences, études. Dérivés par suffixes musicfue, mécanique, céramique, botanique, acoustique, optique, dynamique, phonétique.
—
iqne
Co:n[posés
en
:
:
- minéralogie, biologie, météorologie, bactériologie, sociologie. nomie - agronomie, gastronomie, astronomie.
logie
-
— cristallographie, hydrographie, bibliographie,
graphie
orographie, cliro-
nographie.
— anthropométrie, trigonométrie,
mélrie
Gens occupés à des qui y servent.
hygrométrie.
arts, sciences, etc.
— Dérivés et Co:\iposés en
—
Appareils
et
articles
—
Dérivés
:
— naturaliste, polémiste, violoniste. ^ archéologue, géologue. — météorologiste, log graphe — paléographe, hydrographe, pantographe. iste
loguc
-\-
biologiste.
iste
—
nome
gastronome, métronome. hygromètre, podomètre.
mètre-
Partis, systèmes, doctrines, opinions, usages, modes. EN SUFFIXES :
— jansénisme,
isme
patriotisme, absolutisme, syndicalisme, rationalisme,
favoritisme, fonctionnarisme, illogisme, académisme, bégueulisme,
lyrisme, parisianisme.
Gens qui sont attachés à des ien iste
—
doctrines....
Dérivés en suffixes
:
cartésien, épicurien, luthérien, saint-simonien, voltairien. socialiste, anarchiste, nationaliste, réaliste, verslibriste, spécialiste,
fantaisiste.
er. ier
— centregaucher,
droitier, routinier (cf. les adj. subst.
en ain
:
répu-
blicain).
Doctrine opposée à une autre. suffixe
— Composés
avec préfixe
anti
et
:
isme
—
anti-cléricalisme, antiesclavagisme.
Gens attachés à suffixes
iste
aire
cette opposition.
—
Préfixes
:
— antigrèvegénéraliste, anlibonapartiste. — contre-révolutionnaire.
anti
et
contre avec
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
68
Usines, ateliers, lieux où l'on s'occupe d'vm produit, où a lieu Dérivés en suffixes luie action, où on place vm objet, milieux.
—
:
— garage, pâturage, patinage, tissage, entourage. ance — ambiance.
âge-
•
— dorure, où on dore), teinture. ature — — encrier, plumier, ravier, pénitencier, houillère, ardoisière, garçonnière, sapinière, — lampisterie, tannerie, fumerie. — abattoir, dansoir, lavoir, réservoir, — laboratoire, observatoire, conservatoire. iiim — aquarium, sanatorium, préservatorium. — externat, pensionnat, orphelinat. 67). — Dérivés en suffixes Instruments et outils. (atelier
lire
filature.
ier,
vaisselier,
ière
ère,
rizière.
forcerie,
crie
isoloir,
ozr
atoire
at
(Cf. p.
ailles
:
— tenailles, — jouet, tranchet, lavette, bavette, lorgnette. cisailles.
sifflet,
et, elle
— couperet, euse — concasseur, ascenseur, encreur, numéroteur, batteuse, moissonneuse. — chandelier. — injecteur, projecteur, motrice. percolateur, vaporisateur, afeur — carburateur, feuilleret.
eret
eur,
ier
fraiseuse,
onglier,
leur, trice
-
perforatrice.
isolateur,
oir, oire
— arrosoir, assommoir, repoussoir, baignoire,
Composés descriptifs plumes, ches,
:
aide-mémoire, couvre-pieds, tire-boutons, essuie-
porte-manteau,
pèse-bébé,
balançoire, rôtissoire.
casse-noix,
relève-jupe,
brise-lames,
serre-frein,
attrape-mou-
presse-papier,
tourne-
broche, protège-pointe, monte-charge, passe-plats, passe-lacet,
tire-
bouchon, vide-poche.
— Dérivés en suffixes — Henriade, Franciade, Philippéide, Caroléide, Napoléonidc. Actes, effets produits, objets. — Dérivés en suffixes ade — cotonnade, orangeade, pochade, âge — lainage, attelage, couchage, nappage. — rouennerie, vannerie. — pendentif, — marchandise. ine — lustrine, popeline, aniline. on — molleton, suçon. — ferrure, serrure. Œuvres.
:
ade, ide
:
soierie,
erie
réactif, siccatif.
//
ise
lire
isme
—
organisme, mécanisme.
Objets relatifs à un être ou à une chose.
— on — manchon. ière
jarretière, molletière, sous-ventrière.
— Dérivés en suffixes
:
LES DIVERSES CATEGORIES DE NOMS
Noms
d'actes devenus des
commune
très
de
noms
nom
l'esprit, le
d'objets.
un nom
d'acte devient
remballage, c'est l'acte d'emballer, c'est aussi la caisse,
ha chasse
à cet effet,
coup de gibier
;
du gibier
est la poursuite
:
69
— Par suite d'une opération une
d'être ou de chose le
:
carton qui sert
belle chasse c'est
beau-
l'agrandissement d'un magasin ce sont les travaux qui se
nouveaux locaux eux-mêmes
font à cet effet, puis les
:
Visiter nos agran-
dissements.
DÉRIVÉS EN SUFFIXES ade
:
promenade.
-
— bavardage, camouflage. — vengeance, aison — frondaisons, salaisons. ement — embellissements, ameublements, rendement. — rudesse. — acrobaties, garanties. — gâteries, mufleries, songeries. âge
once
alliance.
•
faiblesse,
esse ic
erie
—-
ité
douceur, lenteurs.
-
eiir
spécialités, actualité,
sommités.
— pourriture, balayure, raclure, dorures, cassures.
lire
Ajouter
les
noms
tirés
du radical verbal
combat, décor, entrave, foule,
:
déblai, remblai, gare, réclame,
pli, reflet.
Métaux, produits chimiques
pharmaceutiques.
et
—
Dérivés en
SUFFIXES ium — potassium, aluminium, hélium, radium. :
on
néon, niton.
-
alcoolat.
at
aie
- nitrate, sulfate, benzoate.
urc
- cyanure, tellure, sulfure, iodure.
veronal, sulfonal, chloral.
al
inc
—
ile
-
-
ol
brillantine, dextrine, glycérine,
lysol,
thymol, formol, phénol.
ose
-
glucose, saccharose, cellulose.
ène
-
méthylène, acétylène, benzène.
gène
morphine, vanilline.
graphite, lignite, sulfite, pyrite.
—
hydrogène, oxygène, cyanogène.
— méthane. -- éthyle, méthyle. amide — cyanamide, acétamide. aminé — méthylamine, vitamine. one — acétone, peptone. — acétonitrile.
cme \]le
ile
Plantes, individus et espèces. ia
— hortensia, fuchsia, dahlia.
— Dérivés en suffixes
:
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS XOMS
70
— jasminées, graminées. — cucurbitacées, renonculacées, papavéracées. ium — géranium, oïdium. Composés en gamc — cryptogame, phanérogame. — apétale, gamopétale, polypétale. sépale — monosépale, polysépale. mono — monocotylédone, monopétale, monosépale. — dicotylédone, dipétale. azalée,
ée
acées
:
pétale
di
Animaux, individus
et espèces.
—
-
Dérivés en suffixes:
— bovins, caprins, — bovidés, équidés.
félins.
in idé
— arachnides. — batracien, saurien.
ide
ien
-
Composés en
:
— hélicoptères, coléoptères. vorc — carnivores, herbivores.
ptère
DÉRIVÉS EN SUFFIXES eur
:
— rongeur, grimpeur.
P.\RTICIPES ET ADJECTIFS
:
ruminants, rapaces, carnassiers.
— Dérivés en suffixes — hématose, psychose, névrose, tuberculose. — paludisme, noctambulisme, rhumatisme.
Maladies. ose
:
isrne ite
ie
— laryngite, bronchite, phlébite. — hystérie, frénésie, pleurésie.
— variole, rougeole, roséole.
oie
Composés en
:
— coxalgie, névralgie, odonlalgie. urie — albuminurie, polyurie, hématurie. algie
•
-
Composés divers
:
Hémoptysie, hémiplégie, hypertrophie. Meilades. eux
— Dérivés en suffixes
:
— varioleux, lépreux, tuberculeux, cancéreux, scrofuleux, fiévreux.
ique
—
typhique, rachiti([uc, paralytique, diabétique, ataxique.
Participes en anémié, gazé, grippé. :
é
—
ou d'objets. — Dérivés en suffixes — gérance, maislrance. — syndicat, patronat, épiscopat, prolétariat, — épousailles,
Collectivités d'êtres ance
at, ial
aille
salariat.
volaille, ferraille, limaille, rocaille,
fiançailles.
:
LES DIVERSES CATÉGORIES DE NOMS
71
— branchage, outillage, feuillage. ade — colonnade, arcade, palissade. assc — plâtras, paperasse. âge
filasse,
«5,
— ramée, emcnt — gouvernement, commandement. — gendarmerie, franc-maçonnerie, argenterie, — bourgeoisie. feuillée.
ée
crie
épicerie,
batellerie,
truanderie,
boiserie.
ie is
— ramassis, abatis, — mâture, voilure, chevelure. — musculature, ossature. Mesures. Contenu de. — Dérivés en suffixes — assiettée, charretée, pochetée, voiturée (On emploie cailloutis.
lire
aiiire
:
ée
nom du
contenant
:
une
assiette de soupe).
(Voir
souvent
le
m.
j^lus loin liv.
ch. ix).
Durée. al
—
septennat, triennat.
ÊTRES, IDÉES EN RBI.ATION AVEC D 'AUTRES ÊTRES
ET d'autres idées
Rapprochement, réunion. con, co
— cohéritier, confrère,
— Composés avec
préfixes
:
cofennier, coarrivée.
Différence, séparation. dis, des, dé
— dissentiment, désharmonie, déhanchement.
Opposition. anti
—
contremarche, contrepoison, contrepartie, contrefer. -- antipyrine. antipape.
contre
NOMS DE MANIERES d'ÊTRE employés nominalement
Adjectifs et participes du calme.
:
le
froid,
le
sérieux,
Expressions qualificatives intercale souvent le
mot
:
le
bon marché de cette
caractère
:
le
était évident.
Dérivés en suffixes
:
— assurance, aisance, concomitance. eur — maigreur, froideur, fraîcheur. cment — emportement, désœuvrement. ance
ie
— bonhomie. — rouerie, canaillerie. — petitesse, robustesse.
crie
esse
folie,
étofîe
m'a séduit
;
on
caractère provisoire de cette mesure
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
72 ise
— couardise, franchise, — plénitude, latitude, vastitude, exactitude. — habileté, pureté. — animosité, ingéniosité, partialité, vulgarité. aiure — froidure, courbature. traîtrise,
sottise,
(i)tu(Ie ié, été
ilc
lire,
Très souvent
les
noms de manière
d'actes et de choses les solitudes
;
:
enlever
d'être ou d'agir deviennent des
ne pas s'émouvoir de les
remplissages, éviter
ces petitesses ; s'enfoncer les
noms dans
bavardages.
NOMMÉS AVEC INDICATION d'un ou de plusieurs caractères (i)
ÊTRES, OBJETS, IDEES
— Composés avec particules — avant-bras, avant-scène. anli — antichambre. — arrière-bouche, arrière-garde. circum, circon — circumnavigateur, circonvolution. en — endivisionnement, encaisse. contre — contre-pente. — entrevoie. hors — hors concours, hors-d'œuvrc. infra — infrastructure. outre — outremer, outretombe. pro, pour — proéminence, protubérance, — rétrogradation, rétropédalage. sous — sous-verge, sous sous-marin, sous-sol, sous-commission. super — surplomb, sujîerstructure, superposition. Indication de temps. — Composés avec préfixes après — après-dîner, après-midi. pré — pré-avis, prémourant. avant — avant-propos, avant-hier. entre — intersession. entretemi)s. anti — antidate. meta — métagramme, métachronisme. post — postface, postcomnnmion. Indication de lieu.
:
avani
arrière
contre-filet,
entre
entrefilet,
i)()iirlour.
létro
bois,
sur,
:
inter,
Indication de privation et d'absence. non non-paiement, non-être, non-valeur, non-lieu, non-intervention. in inculture, irrespect, immaturité.
— — sans — sans-gêne, sans-culotte, sans-cœur. a — aboulie, amoralité. dé — déshonneur, désordre, défaveur. des,
(1)
'j'
Voir à chacun dos chapitres spj-ciaiix du livre XVI.
I
LES DIVERSES CATÉGORIES DE NOMS
73
—
Composés descriptifs boîte aux Indication de but, d'usage. lettres, fer à repasser, fer à cheval, pointe à marquer, fil à coudre, boîte à :
couper.
Composés en
:
— vélocifère. fuge — ignifuge, fébrifuge. calorifère,
fère
— Composés en — insecticide, bactéricide. — arboriculteur, gréviculteur. pare — vivipare, ovipare. vore — budgétivore, omnivore. Indication d'activité
(1).
:
cide
ciilteiir
Indication de
mesure
nombre.
et
— Composés en
:
— solipède, soliloque. — bicyclette, binocle, bicarbure, bisaïeul. a, — triporteur, trinôme.
soli
bis
tricycle,
tri
qiiadri,
—
létra
quadrilatère, tétraèdre, tctragone
nombres, particulièrement tème métrique (2).
les
Ajouter la suite des
multiples et sous-multiples du sys-
— multi-millionnaire. multivalue. — polygone, polyèdre. omni — omniscience, omniprésence. pan — pangermanisme, pangéométrie. plus — plus-value, plus-que-parfail. moins — moins-value. hypo — hyposulfite, hypothermie. muUi polij
-
—
hyper
-
hyperchlorhydrique, hypertrophie.
sur, super
—
surnombre, surtaxe, superphosphate.
-
— ultramicroscope. épi — épigénèse. semi — semi-consonne, semi-preuve. demi — demi-monde, demi-botte. mi — mi-corps, mi-carême. hémi — hémiplégie, hémisphère. — Dérivés .wec suffixes Indication de petitesse — louvat. — ballonnet, cordonnet, garçonnet, camionnette, ultra
(3).
:
at
fillette,
et, ettc
voiturette.
nutif ot, otte
V Action,
liv.
Considérer aussi
(3)\.àln
ces
noms ont perdu
bicyclette, toilette, charrette).
— poivrot,
(1) V. à
(2)
:
(Beaucoup de îlot,
menotte.
VII, ch.
I.
les séries
Caractérisalion,
liv.
organiques
XVI,
ch.
:
II:
penlane, hexanc,
casquette,
tout caractère dimi-
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
74 clic
caii elet
elot illc
poutrelle. — — chevreau, renardeau. — gantelet, bandelette. — angelot. — brindille, bulbille. charmille. ruelle,
oie, iole
—
gaudriole, absidiole, artériole.
— banderolle, moucherolle.
erolle
— veston, ânon, jupon. — moucheron, aileron. — négrillon, grapijlon. eteaa — louveteau. — poètereau. — caniche, barbiche. oche — sacoche. — lornmle, valvule, granule. — théâtricule, — versiculets. on
cron
illon
ereaii
icbe
iile
i)rincipicule.
iciile
iculct
Indication dépréciative
- Dérivés ex sufi-ixes
(1).
— mangeaille. — prêtraillon, moussaillon. ard — chéquard, vantard. asse — vinasse, relavassc, savanlasse. — marâtre (des adjeclits sonl — galantin, diablotin.
:
valetaille,
aille
aillon
âtrc
:
bellâtre,
devenus des noms).
in
(Composés bes, be
mal
p.\ii
préfixes
:
— bévue.
(autrof. mes)
-
-
malveillance, malfaçon, mal-êfrc, mésestime.
Indication approbative. bien
— bien
pensant, ])ien-èlre.
NOMMÉS PAR UN OU PLUSIEURS DE LEURS CARACTÈRES
ÊTRES, OBJETS
—
Notation d'origine. (2) Du Champagne, du bourgogne, du vieuxRouen (cf. l'eliicuf. l'andrinople, le bric, le cantal, le géromé, la valence, la montmorency).
—
Autres déterminations et qualifications. Adjectifs, parti employés comme noms. Un brave, un hypocrite, un juste, un méchant, un malheureux, les radicaux, les modérés, un dirigeable, un complet, un rapide, un excentrique, un faux, un antiseptique, un explosif, le
—
ciPEs
(1) V. à 'a Caractérisalion, liv. X\'I.
(2) V. ib.,
cli:
HI.
cli.
11.
LES DIVERSES CATÉGORIES DE NOMS
75
métropolitain, un périodique, une capitale, une circulaire, une première,
une verticale, Orner un
la
livre
neuvième, de
la troisième,
une
lavallière.
(de gravures sur bois, de gravures à
bois, d' eaux-fortes
l'eau-forte).
Pour donner un gnées
aux
:
seul exemple, les Écoles sont presque toutes ainsi dési-
Polytechnique, Normale, Navale, Centrale. D'où
:
entrer aux Mines,
Arts-et-Métiers.
—
Un huit retlets, Composés descriptifs français, latins, ou grecs. un haut de forme, une huit ressorts, la sans fil, une daumont, un demisang, du tord-boyaux, etc. robe-fourreau, corset cuirasse, gouvernement;
caporal
;
pseudo-comte, autodidacte, héliogravi.re.
—
Noms propres devenus des types. Un Sedan, les Napoléon, des prudhommes. un gavroche, mon pipelet, deux pandores Ils aiment des :
attitudes forcées
ou immodestes, une manière dure, sauvage, étrangère qui
une Diane d'une femme amazone, ou une Pallas
font...
de
une
;
Attila, d'un prince qui
est
bon
ville
;
comme d'une femme simple
une Laïs d'une honnête
cl
magnanime
{L.\.
fille,
Br., Cca\.
et
timide
un Scythe, un
De
la
mode).
CHAPITRE
NOM COMME SIGNE
LE
Noms absolue
adéquats à
l
VIII
'idée.
— En langue scientifique,
la
valeur du
nom
est
pentagone, triangle, acide sulfurique disent avec une précision rigou-
:
reuse ce qu'ils veulent dire. C'est pour arriver à ce résultat qu'on a créé les
nomenclatures celle
:
la
nomenclature chimique d'abord, d'autres ensuite,
comme
des poids et mesures, sous la Révolution, de nos jours, celle de l'élec-
La
tricité.
en est assurée par des règlements publics. Ce serait une
fixité
toire curieuse de
nations
:
montrer
la corde de bois, une pointe de 6 lignes,
une distance de 4
lieues.
his-
la résistance qu'ont ofîerte d'anciennes dénoni'
Dans
la
plupart des cas,
il
un diamant de 35 carats, y a eu accommodation par
changement de signification les vieux noms persistants ont été rapportés à une mesure métrique; une livre est invariablement un demi-kilogramme. Cet arrangement a demandé près d'un siècle, ce qui prouve que l'habitude :
prévaut
même
sur le besoin de précision.
Noms qui exposent l'idée et noms ordinaires.
-La plupart
des
noms
sont dépourvus de cet avantage qu'ont les mots techniques, tels que
litre
ou stère. Ils nomment, mais sans définir. Encore faut-il distinguer. Les uns exposent l'idée tire-ligne, presse-citron, casse-noisettes, boîte aux lettres, :
timbre-poste
avantage,
ils
D'autres
Ceux-là semblent avoir un très grand
abcdtoir, garage, fumoir.
;
sont compréhensibles par leur composition
nomment
spécialement à
la
aussi,
mais
ils
chose signifiée,
tels
:
hache, main, pied, foie, arbre, fenêtre,
peur, joie. C'est la tradition qui en fait
entre
le
signe de l'idée.
le
lièrement ainsi dans les mots empruntés le lien
:
en est particu-
;
il
valeur sémantique ni la force de résistance d'un nom. le
désigne pour ce rôle,
Artillerie n'était ;
il
est
uimom
demeuré au nouveau. Au
il
alors
ni la
que rien
le
signe de l'idée.
s'appliquait à
un autre maté-
contraire, embarcadère paraissait bien
gnait l'endroit où se garaient les trains
le train,
il
n cédé à gare, qui dési-
(1).
de répéter que les mots ne sont pas toujours contemporains des choses, Chris' iunismr ou humanité sont récents.
(1) C'est ici le lieu :
Même
peut devenir ou rester
pas approprié aux canons,
approprié à l'endroit où on allait prendre
tant s'en faut
;
n'est_pas pcrcepliblc puur-no«^^
ne faudrait pas croire pourtant que ces conditions déterminent
Il
riel
Il
balcoji, imbroglio, kirsch, lock-out
signe et la chose signifiée a été noiié hors de chez nous, chez le
peuple d'où ces mots sont venus
ne
même.
n'ont rien en eux-mêmes qui les attache
LE
NOM COMME SIGNE
77
Les noms se trouvent ainsi perpétuellement renouvelés par des changements-qui vont jusqu'à l'oubli du sens propre. De toutes les figures la plus essentielle est la métaphore.
Les dénominations par images. Rôle de la métaphore. de regarder autour de soi
les
—
suffit
Il
premières choses venues pour apercevoir
l'es-
saim serré des métaphores, de lâjeuille de zinc qui couvre le toit au soupirail de la cave, du nœud de l'embrasse au gland du cordon de tirage, de la .main de papier qui est sur la table, aajiifid^de cette même table, ou au bec,
de-cane de la porte. Si au lieu d'errer au hasard, et d'attendre les rencontres,
une idée, immédiatement, à côté des noms dits noms imagés, que la masse anonyme ou bien le génie de quelque créateur a inventés pour elle. Un simple chapeau devient un casque, un boisseau, un tuyau de poêle, un melon, une galette, un camembert ; écrasé, c'est un accordéon, etc. L'eau porte vingt noms. Pendant que le pharmacien la déguise sous
^J^esprit„se concejitrje_siit^
propres, elle lui apparaît avec les
l'appellation
scientifico-commerciale
de
protoxyde
d'hydrogène,
l'ironie
populaire l'afïublc de sobriquets caustiques, de sirop de grenouille à Châ-
leau-la-Pompe.
En
revanche,
les
noms
relatifs
à l'eau entrent dans une quantité de
locutions qui ont été ou sont encore des images
de paroles, une vague de froid,
le tourbillon
:
une onde sonore, un
flot
des afîaires, la source de bien des
un fleuve de sang, une rivière de diamants, un torrent de larmes, une cascade de péripéties, une grêle de pierres, une pluie de fleurs, une larme de café, un déluge de paroles, passer par le canal de M. un tel, un bain de mercure, un océan de maux, les mares stagnantes du Parlement (1). SouventJUiS-images n'éclatent plus aux yeux, on ne sait plus pourquoi le panier à salade désigne la voiture qui transporte les inculpés ou les condamnés (2). Aucune troupe ne porte plus le casque à mèche le nom reste pourtant dans l'usage, attaché au bonnet de coton. La langue fourmille d'images usées, qui sont demeurées des noms (3). Les manières d'être de l'homme sont si fréquemment exprimées de cette façon qu'on remarque à peine les images auxquelles elles ont donné lieu. On en relèverait des milliers d'exemples chez les auteurs ce tigre altéré de Et que dans votre sein ce serpent tout le sang romain (corn., Cin., 168); Et élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé (rac, Andr., 167) Vous êtes lions au combat, ils meurent en agneaux (corn., PoL, 1442); mon lion superbe et généreux ! (v. h., Hem., m, 4). difficultés,
;
:
—
;
—
—
(1) On peul comparer Vnrbre : un arbre généalogique, la racine d'une dent, le dernier rejeton d'une famille, une branche d'études, ime feuille de lôle,un homme très bon sous sa rude écorce, la sève généreuse d'une race, le fruil d'un long travail, etc.
était autrefois à claire-voie. n'est que de considérer le mot chandelle. C'est un produit presque hors d'usage, au moins : on n'en continue pas moins à pnrler de brûler la chandelle par les deux bouts, d'économiser sur les bouis de chandelle, de voir Irenle-six chandelles. Et tout à coup, une de ces expressions pousse un rejeton. Ainsi, du tennis, faire une chandelle passe à l'aviation. (2)
(3)
dans
Il
Tl
les villes
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
78
La langue populaire abonde en
transpositions de cette espèce.
jour ce sont de nouvelles trouvailles.
Un homme
Chaque
volage est un papillon
;
une girouette; grand, une asperge; très long, un gratte-ciel; simple d'esprit, un niais (faucon au nid), un béjaune, un serin, une moule, une huître ; ignorant, un âne ; vaniteux, un paon ; prodigue, un panier percé une femme sotte est une oie ; prétentieuse, une pintade. Des milliers et des milliers d'exemples pourraient être apportés (1). Or, quand un ouvrier appelle poire, en raison de sa forme, l'appareil où est le bouton d'une sonnette électrique, quand l'homme du peuple baptise roue de derrière une pièce de cent sous, l'un et l'autre emploient exactement le même procédé d'esprit que le poète qui crée une image. étourdi,
:
Coup
—
sur l'histoire de la métaphore. Dans la langue littémétaphores ont été tour à tour en faveur ou décriées. Jusqu'au XVIIe s. elles foisonnaient dans les textes, imitées ou créées pendant la période classique on devint plus sobre, les uns par goût, les autres pai contrainte. Les théoriciens examinent les métaphores, les discutent et le'^ pèsent, aussi se comptaient-elles une nouvelle image était comme un nouveau mot. elle passait par les ballottes. Au XYIIP la sécheresse fui. extrême, la langue tournant à l'abstraction et au raisonnemefli—pur mais d'oeil
raire, les
;
:
;
par un«-4»usqLie révoluJicui,-j£s_JBUimanliques,ont restauré la liberté.
])lastique et pittoresque, a été la vicloire
voulaiTmt -la, langue
La
victoire û'Hernani
de l'iniage.
un recul, puisciuc. en éveillant deux idées ])Our un rapport entre elles, on affaiblit l'expression. Erreur insoutenable et contraire aux résultats les plus évidents des recherches linguistiques. I^ métaphorisme est une nécessité liltéraire en même temps qu'une nécessité de la vie ordinaire du langage. Prenons un seul exemple, la fin de Booz; il est frappant. En éveillant l'idée d'une faucille et d'un champ d'étoiles, l'auteur non seulement peint la lune, mais il la peint comme doit la voir dans son rêve la femme qui est une glaneuse et qui vient de travailler aux champs. L'image rapporte le rêve à l'ensemble du sujeL C'était, (lisent cerlaiiis.
établir
Usage
et
abus.
—
Il
faut dire pourtant que l'abus de l'image est
une
source de trouble profond pour la langue, et qu'un peu de discipline volontaire conviendrait.
La mode
trop vite. Le
tel
le
poilu
qu'on
est
un peu courte,
te parler'
,
les
noms en faveur
s'usent
en offre des preuves certaines. L'obus,
y portaient des noms qui changeaient chaque mois. Ce un mouvement, mais un tourbillon. Là aussi on « tourne » mais kaléidoscope donne la sensation de l'animé, il est loin d'arriver à la
café ou le capitaine
n'est plus si
«
ce
,
(1) Un homme sandwich, une coquille de noix, une branche d'études, le rejeton d'une famille, r œ'û-de-bwuf du Iroisiàme, la clef de voûle du si/stème : A priori pourrait-on dire, telle appellation est destinée h être supplantée, ainsi les chemins de fer à noie âlroile : tacauds, loiiiltards, remplace it la lourde désignation administrative.
NOM COMME SIGNE
LE La
netteté.
vie de l'esprit
s'accommoderait mal
79
à la
longue de celte
tré-
pidation.
Le maître ne doit pas ignorer cette tendance, et le moyen qu'il a de la combattre, c'est de montrer aux élèves combien i! est préférable d'arriver à des appellations précises et à une e xpr ession rigoureuse de la_penséc. S'ils s'amusent à appeler un cheval zèbre ou canasson, au lieu de les haranguer, meilleur sera sans doute de leur montrer quel avantage il y a à remplacer
le
cheval par des
On
mots caractéristiques, suivant le besoin. que le cheval peut être considéré dans sa race
leur expliquera
:
nor-
dans sa nature physique cheval, jument, hongre, étalon ; dans sa couleur: alezan, bai; dans son emploi limonier, sous-verge, cheval d'armes, de selle ; dans sa valeur rosse, haridelle. De la haquenée et du palefroi au pur sang du Grand Pri.v, quelle revue à faire Et les mots s'atta-
mand, percheron
;
:
:
:
!
cheront tout naturellement aux choses
(1).
—
Létude des Divers noms d'une même chose. Les synonymes. synonymes est très utile, à condition qu'elle enseigne à distinguer les mots, et non,
comme
le faisaient les
vers latins, à les confondre.
11
faudrait
procéder avec un peu de méthode.
MÉTHODES DE CLASSEMENT.
—
D'abord il y a des mot^s généraux et des Jardin est un terme général on distingue parc, parterre, verger, potager, jardin d'agrément, de plaisance ; chacun de ces jardins particuliers a son aspect et sa nature propre. Il suffit pour trouver des exemples
mots
particuliers.
;
analogues de chercher des mots d'espèce D'autres noms ne s'emploient pas dans salaire,
les
les
mêmes
milieux sociaux
:
ainsi
appointements, émoluments, traitement, honoraires, paye, solde, prêt,
indemnité. C'est le est très
(2).
même
mondes différents. Cette différence le rhume de cervecm (3). Quand arrive de perdre leur sens, ainsi panne
objet dans des
importante. Le coryza se soigne, non
noms
sortent de leur milieu,
il
leur
ou équipée. D'autres s'appliquent à des objets voisins, mais non identiques mètre cube. Stère de bois, mètre cube de gaz Ici les
cesser, Il
:
stère et
(4).
différences varient à l'infini. C'est une étude qui ne doit jamais
pour laquelle
les textes offrent des
exemples sans
fin.
faut bien tenir compte aussi, à l'occasion, des différences locales.
dans l'Est, estaminet dans le Nord, bastide dans le Midi. Mais peu de chose par rapport aux différences d'époque. De langue classique à la nôtre, une foule de noms ont changé de sens.
Gloriette se dit
ces différences sont la
(1)
Il
esL vrai
que
les livres
(2) Comparez parmi les bâlir, surjeter, ourler.
manquent. Mais M. Bally
verbes
:
les
a promis.
coudre d'une part, et de l'autre
(3) Cf. cocctle et fièvre aphteuse. (4) Cf. argot et jargon, patois et dialecte.
:
piquer, sur/iIer. faufiler,
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
80
Enfin
— nous y reviendrons en parlant des caractéristiques -- lesjionis
diffèrent par l'impression qu'ils nous
inspirent
;
la précision, qui
semble
donnent
et les
sentiments qu'ils nous
là particulièrement difficile à atteindre,
oblige à les distinguer avec la plus grande finesse.
Une
idée
comme
celle
de
mélange se présente sous tant d'aspects Pendant que la chimie sépare mélange et combinaison, les langues techniques alliage et ama/
macie connaît
la mixtion,
l'économie politique
la fusion; les luttes éleclangue courante on dira une mixture, et, si de désordre intervienne, un fouillis, un pêle-mêle. Les images
torales le panachage.
peu que l'idée ne manquent pas
:
gondis, un arlequin,
Dans
la
une bouillabaisse, une un pandémonium.
salade,
une macédoine, un salnd-
CHAPITRE IX MODIFICATIONS AUX DÉNOMINATJ' TJQNS
—
Les à peu près. Au nom exact se substitue un nom par à peu que la mémoire fasse défaut, ou que le nom exact soit inconnu.
près, soit
Comme cole.
types on peut citer
chez Chose,
pous voir
S^ Denys, se. 3)
;
machin, machine,
chose,
:
L'usage n'en est pas nouveau
:
truc, fourbi,
bri-
Ecoutez, Chose, allez-vous en un peu
mon Chose est prest (champmeslé, La Rue Romain qui retourna chez les Carthaginois, pour
si... si...
— Chose,
le
tenir sa parole (sÉv., Lett., ccxxxviii).
Ou
bien, faute d'un
exact, on donne un nom en marquant qu'il ne une espèce de vaurien, une sorte de géant; l'homme,
nom
convient pas tout à fait
:
une espèce de Maure, Saisit un pistolet qu'il étreignait encore
(v.
ii.,
Lég.,
— commença par sur berge une manière de chaussée qui permettait de descendre jusqu'au chenal (flaub., Lég. de S^ J. esquissé une manière de système de ma l'Hosp., 62) — Je vous — tandis (ab. herm., Conf. d'un flânaient, apparut Apr.
la bat.)
établir
Il
;
ai
;
la
vie
Ici
enf., let. i)
qu'ils
;
le
capitaine, sorte de colosse à figure éteinte (loti, Mat., 23).
On
dit aussi
:
quelque chose comme... ou simplement
des élancements qui
me donnent dans
toute la
mâchoire
comme une miniature du Rhin, (a. comme une lueur (balz.. Les Pays., 240).
quelque chose jetaient
;
comme
—
:
c'est
comme
la Seine étroite...
daud., Jack, 525)
;
—
ils
La chose est incomplète on PvEtranche sur le nom. En langue moderne on retranche volontiers à un nom quelque chose de son sens, en le composant avec presque. On est parti des noms qui signifient une quantité, la presque totcdité des électeurs, on est arrivé à en employer d'autres Malgré la presque absence de femmes (a. daud., Vlmm., 41); une ;
:
—
presque surdité
(l
).
—
Les noras qu'on évite. Euphémismes. Les euphémismes et la LANGUE LITTÉRAIRE. Bign dcs choscs portent ou ont porté par décence et par politesse des noms déguisés. Pendant toute la dernière guerre, à maîtresse dans la langue administrative l'euphémisme de compagne. Les noms du lavement se sont succédé depuis deux siècles clystère, remède,
s'est substitué
;
lavage intestinal, etc..
(1) Cf.
une demi-vérité
URUNOT
;
on
dit aussi
un
qnnsi-délil,
une quasi-évidence.
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS SOMS
82
La
politesse
«
française a, à diverses époques, poussé très loin ces déli-
»
y a eu des noms considérés comme bas, parce qu'ils se disaient dans le petit peuple mais il y en a eu d'autres, et en très grand nombre, considérés comme bas, parce qu'ils exprimaient certaines choses. Le catesses.
Il
;
•,
cas de poitrine, par exemple, est très curieux. Pis écarté parce qu'il se disait de la vache, poitrine le fut parce qu'on disait poitrine de veau ; estomac ne plaisait guère, si bien qu'on ne savait comment dire (1). L'époque de Malherbe et des Précieuses est allée en ces matières à une extrême sévérité, poussée jusqu'au ridicule. Les classiques ont suivi la tradition, et les postclassiques y ont ajouté. Pendant que dans les genres déclassés, comédie,
on s'en donnait à cœur joie, dans les genres nobles tout jusqu'aux syllabes. A lui seul, le corps humain fournit les exemples nécessaires. Sans parler des organes ou des fonctions dont il n'est pas convenable de s'entretenir en
satire, vaudeville,
était suspect,
pudeurs inexplicables déclassaient les noms nez, barbe, joue, Sein n'était noble qu'au figuré, où il remplaçait ventre ; au propre il cédait la place à gorge ou à poitrine. On pourvoyait aux nécessités par la substitution d'un autre mot génisse remplaçait vache. Ou bien on usait, soit d'un mol général, soit d'une périphrase vase devait tenir lieu de verre, bouteille, plat, assiette, cruche, chaudière, chaudron, etc. L'astre du four était mis à la place de soleil ; la lune le gras était la reine des nuits ; le porc passait au rang d'un philosophe société, des
menton,
:
etc.
:
:
:
On
épicurien qu'on engraisse de glands.
de quelle ingéniosité les préten-
sait
dus poètes de l'Empire ont fait preuve pour nommer le sucre ou le cajc. Ces élégances de la langue post-classique furent, sous l'influence du romanJ'ai dit à la tisme, décréditées, et la langue se tourna vers la précision :
narine
Eh mais, tu Je nommai le
«
:
encore
:
vrai. Toutefois ce n'est
gnée à tout
Les
noms qu'on
Il
neille dit
encore
:
nom
de la pudeur
souligre.
—
même
de
et
]\Ii*:Anî.
qu'il désigne
se_sert
se plaçait
s'écrie ;
Hugo
pourquoi pas?
Un dk
même
la
avait gardé l'adjectif simple es certaines expressions
:
en es
le
(i.at.
Cela est
s'est rési-
ses rôles. PojLLr.-iiM^-
même
même
la
(a.
a.raiit-ou_a4ii:ès-
Sais-tu que ce vieillard fut la
pour
langue
exactement l'homme,
indifféremment autrefois
Elle passe à vos yeux
la
(II).).
du bon goût.
c'est l'évidence
;
Et
(Cont., Aur., vu).
qu'avec l'école naturaliste que
marquer
on veut parler ;^on
!
cochon par son
dire, sans souci
ter sur_im-iix)m, et
mesme).
n'es qu'un nez
chose dont
f. le.
:
meisme,
nom. Cor-
vertu (Cid, 399)
infawAe (Id., Rodog., 619).
:
— L'a.
— f.
ipsum), qu'on a surtout employé dans
pas (sur-le-champ)
:
Endormi
s'est
en es
le
pas.
Ce sont
En
a. f.
les
nominaux personnels surtout qu'on accompagne de même.
on ajoutait aussi
(1) Cf. cadaïue, focr,
elc,
ii.
i...
la
périphrase mes cors, ses cors (son corps)
m,
lôS cl
1()2.
:
Je
MODIFICATIONS AUX DÉNOMINATIONS
83
meïsme mes cors (Ors. B., 585). Nous disons, au besoin, en personne, en .Je t'ai cherché moi-même au fond de tes eorps et en âme, mais même suffit provinces (rac, Andr., 1358). On distingue pour l'accord de même le cas où il renforce simplement un pronom ou un nom, et le cas où le mot porte sur bia+aismi_dp^rjpps_^- nous l'avons PU nous-mêmes ; les belles actions, les crimes même sont pour certains hommes un sujet de vanité. La distinction n'est d'ailleurs pas toujours aisée à faire. Pour marcpier nettement Je cas où même est adverbe, Vaugelas avait eu une singulière :
—
imagination écrire
même
m,
471).
:
singulier (h.
l.,
nom
à côté d'un
pluriel, et
mêmes
nom
à côté d'un
Autre. On précise encore
le sens des personnels en y ajoutant le mot personne en question à ceux dont on la sépare Nous autres, gens d'étude {yioi... Dép. am.. 1273) Nous autres, grands médecins (MOL., Le Méd. m. lui. ir, 4) Vous autres, beaux esprits (mol.. /•'. sav., 1338); Nous autres, nous voulons que les choses restent comme elles
autre, qui
oppose
la
:
;
;
—
—
—
étaient (zola, Germ., 244).
L'addition de autres au
XVIP
s.
:
Eux
pronom
pluriel de la 3^
personne se rencontrait au
autres rarement passent pour gens de bien (mol.,
— Aujourd'hui eux autres
est tomlié
dans
le
U Et., 166G).
langage vulgaire.
—
Les noms qu'on explique. L"x nom est précisé, corrigé. Si le nom employé paraît insuffisant pour exprimer ce qu'on a à dire, il est repris, Son jardin, un pauvre petit carré de légumes de cinq à précisé, remplacé une femme, la mère, se présenta. Ailleurs on corrige six mètres de long ; sa maison, oh ! une maisonnette... :
—
:
Formules pour introduire ces correctifs. Pour introduire ces reprises, corrections ou explications, on se sert souvent de diverses formules, à-dire,
pour mieux
dire, je voulais dire,
plus exactement, etc. les
:
ou plutôt, ou pour parler plus
Cette recrue continuelle
du genre humain,
je
c'est-
juste,
veux
dire
enfcmts qui naissent (boss., Serm. Mort).
De même
les
expressions qui sont, générales sont développées, détaillées:
Une clameur accrut leur incertitude, des plaintes, des hurlées, des ricanements (rosxy, g. du Feu. 34). En ce cas on emploie souvent savoir, à savoir
:
il
entra en possession de son héritage, à savoir une maison,
sise,...
deux champs...
Une lait
idée générale se développe ainsi par ses détails
en rhétorique l'énumération des parties. Elle
:
c'est ce qui s'appe-
est très
commune.
Les explications, développements, ainsi fournis sont souvent des propositions: Avec cette différence que celle-ci est un sentiment volontaire (la br., Car., de l'Homme). Elles peuvent être introduites par à savoir que : Le ministre... n'eut ci donner qu'une assez pauvre explication, à savoir que... ou parque : Ce dernier on n'avait pas pu poursuivre (michel., Rév., i, 304);
—
LES ÊTRES, LES CHOSES, LES IDÉES ET LEURS NOMS
£4
avantage que je mis un point d'honneur à le démentir (bourg.. Les propositions peuvent aussi être coordonnées Ils m'ont explication : c'était le vent qui avait fermé brusquesingulière une donné la mesure a eu bien des inconvénients, les populations
mot eut
cet
Corn., 42)
ment
;
—
la croisée;
ont été effrayées.
:
—
LIVRE
II
yéi^ /^'^'^^^^
GENRES
LES SEXES ET LES
CHAPITRE PREMIER
GENRE DES NOMS
L'IDEE DE SEXE ET LE
Les sexes.
— Un certain nombre d'êtres nous apparaissent comme des ont un sexe
la femme ; le eheval. la femme correspondent à une difïérence naturelle ;mari, épouse présentent l'homme et la femme dansleur union légale, père et mère les caractérisent par rapport aux enfants ils
mâles ou des femelles.
jument
;
le
Ils
ehal, la chatte.
Les mots
:
l'homme,
homme
et
;
s'appellent Monsieur et
noms ont un
genre.
Ils
Madame pour
:
le
mâle
est
A
Quand on
par figure.
le
bouvet femelle (qui fait
dit le rubis mâle et le une idée de valeur Vencens C'est dans le même sens qu'on dit
cette distribution s'attache
mâles
et les
noms
:
:
promesses femelles. Mais, ainsi présentée,
de sexe paraît beaucoup plus générale qu'elle ne 10
domestiques. Leurs
De même quand on
plus apprécié que Vencens femelle.
les effets sont
et les
parle d'objets mâles ou femelles,
bouvet mâle (qui fait la rainure)
la languette), c'est
rubis femelle.
monde
sont masculins (mâles) ou féminins (femelles). Les
objets, eux, n'ont pas de sexe.
par exemple
le
l'est
l'homme
la
notion
réellement.
d'où la notion de sexe semble être complètement absente, quoique les emplois puissent être tenus par des individus des deux sexes citons parmi ces noms à genre unique une bête, une canaille, une crapule, un sage. On ne peut pas dire un canaille II
y
a des
qui s'appliquent à
et
:
;
:
un auteur, un professeur, un écrivain). II s'en faut bien que nous fassions toujours la différence de sexe quand nous pourrions la faire. L'homme et la femme, le Français et la Française ne se confondent pas. Cependant nous employons souvent le masculin commejernie-géniilque, il comprend alors les deux sexes l'homme esFun animal raisonnable ; les Français ont la réputation d'être légers. On dira aussi, quoiqu'on puisse distinguer cheval et jument : Ce cheval ne marche pas. Comme c'est sa vitesse qui importe dans la circonstance, qu'on ne considère la bête que comme bête de trait, on néglige le sexe, an rebours de ce que ferait un éleveur, ou simplement un homme habitant les pays
(cf.
20
:
—
LES SEXES ET LES GEXRES
8G
Comparez l'homme qui
d'élevage.
Dans
:
Oh
!
beau chien
le
le joli
!
confusions sont communes.
chat
I.e
!
mari
femme mon petit, mon chéri. Dans Le Poulailler de Tristan Bery a une scène comique, où la notion de sexe semble ainsi renversée dessein. D'un usage l'auteur fait un moyen dramatique. .Va contraire les
appelle sa
nard, à
s'écrie
la tendresse, ces
langage de
le
:
il
distinctions seront soigneusement maintenues par des chasseurs
tuent pas les femelles) entre
le
ne
(ils
coq faiscm et la poule, le brocard et la chèvre,
le cerf et la biche.
30 En outre, il comme appariés
s'en faut bien
entre les
De même encore pour lynx,
le
le
les
vivants soient considérés
pinson. Cf.
sphinx, l'hydre, la licorne,
le
:
les conciles
ont
fini
les
poissons, les grenouilles, etc.
animaux sauvages ou exotiques
chacal, la panthère, le vautour.
fabuleux
les êtres
:
oiseaux: l'hirondelle,
les
que tous
en couples. Nous ne faisons aucune différence de sexe la mouche, la puce, l'escargot; de même pour petits animaux
par décider que
Nous connaissons aujourd'hui
les
les
De même
enfin
:
le
pour
blaireau,
les
le
animaux
dragons. Après bien des hésitations,
anges n'ont pas de sexe.
procédés de reproduction des plantes.
les
une notion scientifique, qui n'est à peu près pas entrée dans la langue. Fougère mâle esL appliqué à une espèce spéciale dans lelan«a^e couMais
c'est là
^
comme un objet quelconque, asexii£C*_ somme qu'en ce qui concerne la plupart
ran t .. L.a_^laiii£-4:«&Lc, L,
On peut
dire en
—
".
-
la distinction du mâle et de la fernelle^estjeu ré guque lorsqu'une raison spéciale appelle l'atlenUon sur le
l'homme mis à part ^lièxe, et n'a lieu
-ht^i-
-fc-
des êtres
caractère sexuel.
Les genres.
- Il est
impossible au conlraire de ne pas donner aux
leur genre, et les formes correspondantes
noms
aux mots qui accompagnent
le
nom. Quoique table el tableau n'aient pas de sexe, il est impossible de dire un table, une tableau. La notion linguistique de geiire est donc fort souve nt à part de la nolionde sexe, elle a une tout autre valeur et une tout autu .
importance. Il
ne faudrait pas croire que cette
langage.
En
dii>liiu; Lion
de genre soit nécessaire au
indo-européen, dit Meillet, l'opposition du masculin et du
féminin se marque uniquement dans l'adjectif qui se rapporte à un substan-
non dans le sujjslantif lui-même (Mém.. S. Ling., n" 61 clxxxix). Dans les langues anciennes,-i4-y-a"[riFgëni-y pour les inanimés le neutre. Mais l'attribution de ce genre aux noms n'était pas plus régulière qu'elle ne
tif,
:
l'est
en allemand, où
(lai.
:
jumentum,
ou féminin
(lat.
:
le
neutre existe. Des êtres avaient
la bête de
nnirus,
le
somme)
mur
;
le
genre neutre
et des choses avaient le genre
conscientia, la conscience).
Le
:
masculin
genre-»etrtr€
dans les noms à l'époque du passage du latin au français les neutres ont été entraînés par diverses analogies dans les féminiiis (folia > la feuille.) ou dans les masculins (y/n«m > le vin). Il en résulte qu'en français tous les noms de choses, tous les noms d'idées ont, soit le genre masculin, a disparu
;
L'IDÉE soit le
DE SEXE ET LE GENRE DES NOMS
comme
féminin,
des êtres
:
le
87
plafond, la porte, l'esprit, la cour, la
pensée.
du genre.
L'attribution
Dans
noms de choses qui ont
les
été
iormés, ce ne sont point des considérations de sexe qui ont déterminé la répartition dans
un genre ou dans
l'autre,
mais des analogies
et des raisons
de forme. Pendant des années, on a hésité entre unauiQmoJiile
et
une auto-
mobile.
Le plus grand embarras a été par syllepse
comme un nette,
d'attrijjuer
ballon (a République.
le
:
On
un genre à des noms donnés
était porté à direje
République
Mais un trompette n'a jamais pu entraîner un clarià plus forte raison le République. (Les titres de journaux et de livres trompette.
restent intacts
:
la Gallia christicma, la lAberté) (1).
Les personnifications. — Pour les personnifications, on voit clairement quexlestle^enr-e qui a déterminé le sexe. La Garonne, la Loire, dont le
nom
était héréditairement féminin, ont été représentées
en femmes.
A Lyon,
par un hasard heureux, un grand et un petit fleuve formaient un couple le
Rhône, la Saône. Mais ailleurs
grands embarras. figure de
La
femme, mais
le
:
hasard des genres a créé aux artistes de
Grâce, la Beauté, la Science, prenaient facilement la
Force
?
On
a eu recours à Hercule
!
—
Le genre des noms de pays et de villes a été très Les noms de pays. longtemps indécis. On dit la Suisse, la nouvelle Allemagne, ta Russie, mais le Portugal, le Maroc, le Brésil. Pour les noms de villes, l'influence du féminin ville se fait sentir. Cependant on emploie le plus souvent le masculin. Paris csl beau en mai ; Lyon est sonvenl brumeux. :
Les noms d'action. de sexe. Pourtant d'objets: la ponte,
les le
— L'action n'a en français aucun rapport avec l'idée noms
d'action ont
repos, la relève,
le
un genre tout comme les noms Quant au verbe, il n'a
redressement.
point de genres. Seules certaines de ses formes
prennent (1
)
le
(comme
le
participe passé)
genre de l'auteur ou de l'objet de l'action.
On entend
dire
un espèce de vaurien. L'idée de
la
qualification dénominatricc prévaut.
CHAPITRE
II
LES FORMES DES GENRES
—
Noms où aucTine différence de forme ne marque les genres. Beaucoup de noms qui s'appliquent aux deux sexes gardent la même forme pour
ce sont
la
noms terminés
plupart des
dans l'écriture d'un
e
muet)
artiste, copiste, touriste, et les
Les
Henri
hommes
femmes
et les
Rosalie,
;
des
A
noms
:
les très
nationalité
se distinguent
Dans
La Thibaude La Masson.
féminisés
sufïil
noter
noms de
:
les parlers
est la
un
singe,
sans avoir recours à deux
de l'autre
une guenon;
noms
distincts,
iste
:
Russe, Tchèque. :
Jean, Pierre,
communs
:
populaires on entend souvent
femme de Thibaud. Mais
:
est tiré
:
par leurs prénoms
Formes du masculin et du féminin» -nommés de deux noms différents le gendre, neveu, la nièce;
nombreux noms en
Marie. Quelques-uns de ces prénoms sont
Camille, Bénigne, Théodore.
féminin
adversaire, camarade, concierge, élève, garde,
:
patriote, philosophe.
locataire,
:
en consonne articulée (suivie
l'article
Les deux sexes sont parfois
la bru : ic frère, la sœur ; le un coq, une poule ; ou encore, on emploie deux mots dont l'un
cane, canard.
:
—
Les forines usuelles. Type en e. Dans la plupart des noms, c'est une cpii marque les genres différents le chat, la chatte ; le
variation de forme
:
communiant,
la
noms
semblables à celles des adjectifs, dont nous parlerons plus loin
elles tifs
sont
aux noms :
afin
(1).
Ce
que la
part., éd. Lel).
cliez
;
c'est le
type
le
en viennent du reste. C'est par analogie
Bossuet li'c
ici
communiante
ii.
tyi)e a
plus ordinaire. Les formes des
cpi'elles
sont passées des adjet
gagné de proche en proche
:
;
-
Avocate est dans
Vierge Marie fut /'avocate de la vierge Eve (Ann..
16).
— Canarde
V. Hugo. Cf. des vieillardes
sur la figure (Gong.. Joiirn..
ii.
marée fuyarde des endroits qui
se trouve
chez
si vieilles qu'elles
comme
ont
du...
moisi
cœur d'homme est comme une mieux attirée (muss., Prcm. po.. Marr.
194); l'ont
— un
Mf"'-- Clairon, vieillarde
du feu, se. 1). Des noms en an on tire des féminins en ane, anne titane; artisane tijranne demande ci ce démagogue de Marins .s'il n'est pas l'esclave de cette :
:
:
(1 ) N oir poiii- le classenienl tic ces fornu-s cl leurs pnrliciii:irités, à la f'Miarlérisalion. ïiv.Xiy, ch. 2. H sufTira de rappeler ici que la différence créée par la présence de e n'est qu'une diUcrence apparente. L'orthographe empêche de voir la réalité des choses. Ce qui distingue avonfe de avocat, c'est que le premier mot se termine par un /.
LES FORMES DES GENRES pelite
tyranne de Cosette
voire
impuissance
Relig., v, 191)
;
—
Eit devant la
une qualité de
Des noms en on on
féminins en onne
tire des
Un pigeon aime une pigeonne
Et
peuple qu'au fond
le
avortée en
diablesse (Id..
me
droit de
ma
reprocher
compagnonne, pigeonne.
:
compagnonne ;
—
(v. u..
T. la lyre, u, 185)
admis aujourd'tmi
tonne, tout à fait
Au
(Id.
89
d'artisane (a. dum., Aff. Clém., iv).
fils
qui m'envoie une duègne, affreuse
:
;
titane
voilà que l'on se croyait en
pauvreté... l'autre...
etc.
Mis., v, 350)
(v. h.,
blesse,
—
;
-
-
R. Blas, iv, 7); cf. pionne, pié:
bougonne (le.maîtke. Rois,
—
86).
contraire une souillon (gonc, G. Lac., 82).
Notre temps a vu naître pas mal d'autres féminins analogues, ainsi : Quant à ses trois compagnes de route, ce sont des aigrefines dont je
aigrefine
voudrais bien connaître
nom
le
souv., Clair., 87).
(É.
Peureux, heureux faisaient au féminin peureuse, heureuse. Ce n'était
qu'une application de
Type en abbesse
esse.
—
-
Un
nombre de féminins sont en
certain
maître, maîtresse
:
là
la règle générale.
(ci.
:
:
esse
:
abbé,
princesse, pauvresse, tigresse, ânesse). Cette
forme désigne soit des femmes qui remplissent telle ou telle fonction, soit les femmes de ceux qui possèdent une dignité ou exercent une fonction. Ce féminin gagne chaque jour du terrain dans la langue certains disent la :
;
mairesse
;
la notairesse
:
Madame
la mairesse s'assied chez le concierge et son
—
(lésarine est si coquette, dit karr, Guêpes, fe série, 142) theur., Luc. Dés., u). L'analogie qui avait étendu ce type à ânesse. tigresse. sauvagessc, s'exerce adultéresse, chez P. Borel toujours moinesse, faunesse sont dans Y. H. centauresse {Put., II, 197) singesse dans les Goncourl (G. Lac, 19) dans Anatole France (Orm., 47). La langue vulgaire se sert aussi fréquemment de cette forme féminine bougresse, chefessc, gonzesse, ivrognesse,
mari monte
(a.
:
la notairesse (a.
:
;
—
;
;
—
:
typesse...
Types en
eresse, euse.
— Beaucoup de noms qui faisaient leur féminin
en esse avaient un masculin terminé en eur.
Doù
féminin était très répandu au moyen-âge
au XVL"
et
un féminin en s.
:
eresse.
Ce
brodercsse (pals-
grave, 154), menteresse (rob. estienne), pécherc^-sc (gauchie, éd. 1570, défenderesse, pécheresse, 66). Il n'est resté que quelques formes anciennes :
chasseresse.
Mais, au cours du
XVI^
cas au féminin en eresse
s., :
un féminin euse se sulislitua dans beaucoup de effet l'r final du masculin cessait de se faire
en
entendre, de telle sorte qu'un adjectif-nom
menteu.
Il
n'était plus distinct d'un adjectif
prononçait pas non plus. D'où, par analogie
Parmi
les
tourmenteuse 194) Put.,
—
;
I,
29).
nouvelles formes en euse, :
cf.
la :
les
comme menteuT se prononçait du type peureux, où a- (s) ne se :
menteuse.
unes sont
littéraires,
comme
tourmenteuse des jcdoux (v. h., A\ D., ii, vous tairez-vous. Madame la SOUteneuse ? (p. borel.
mémoire
est la
LES SEXES ET LES GENRES
90
D'autres sont ou ont été populaires, comme tailleusc, dont l'Académie ne fait mention qu'en 1878, aujourd'hui tout à fait entré dans la langue,
où
il
s'ajoute à la série
blanchisseuse, laveuse, repasseuse.
:
Vainqueur ne fait ni vainqueresse ni vainqueuse queur dû choisir Aricie ? (rac. Phèd., 102).
Aurois-fe pour vain-
:
—
La forme féminin en trice n'était pas encore reçue au trice. où on ne la rencontrait que dans une quinzaine de noms. L'emploi que l'on en fait dans la langue de la science et de l'industrie a contribué à
Type en
XVI ^'
s.,
vulgariser ce féminin (motrice, génératrice, bissectrice).
aujourd'hui
:
directrice,
On
couramment
dit
organisatrice, fondatrice, distributrice,
inspectrice,
accompagnatrice.
La langue
emploie fréquemment aussi ce type
littéraire
Huysmans,
parle d'une grâce rédemptrice (Flirt. 126). (Lci-bcis, 212). Ailleurs,,
ce sont des
Il
y
formes grammaticales.
et les
a encore quelques fonctions cssenliellenient i)ropres à
nourrice
marin
;
chambrière
;
scaphandrier
:
Hervieu
vocifératrices(GOXc. Fr. Zemg.,-L:s.\).
t'o/.r
Le développement du féminisme
—
P.
:
d'expiatriccs nuits
soldat
;
;
cf.
chaque sexe rosière.
:
:
Un
auteur moderne a écrit ime nouvelle plaisante: Le rosier de Madame Husson. D'autres fonctions avaient apparu longtemps comme réservées aux
hommes
Pour diverses causes, les portes de ces aux femmes. Un ministre a eu pour sous-chef de cabinet sa propre fille il y a des fenniies au barreau, d'autres qui exercent la médecine, etc. La question s'est donc posée pour la hingue. Quelle forme allaient prendre les litres jusque-là réservés ? Se docteur, sculpteur, ingénieur.
:
professions se sont ouvertes ou bien s'ouvrent ;
comment
fcniiniseraient-ils et
?
Pour un certain nombre de mots, avouée, avocate, agrégée n'ont rien qui cl aussi professeur,
Le problème tant
le
aller.
question s'est résolue sans peine ;
Dans beaucoup de
cas,
exposition des femmes peintres
:
Quelques formes
professeure, s'écriraient
comme
:
mais docteur a fait difllculté, l'air d'une funèbre plaisanterie.
choque
ingénieur ; croque-morte a
n'est pas simple.
mot femme
qu'un pis
la
on s'en et
est tiré
sculpteurs.
en ajouCe n'est
se féminiseraient facilement; ingénieure,
supérieure, mais doctoresse
empêche
doc-
teure. Chefesse est horrible.
Ce qui augmente n'avoir rien obtenu,
la dilLiculté, c'est si
ter tout crus des litres
dhounnes
Mademoiselle
:
qu'une seule médecin auxiliaire dcms
médecin chef à
Madame
le
que beaucoup de femmes croiraient
l'assimilation n'était pas complète. Elles veulent por-
l'intérieur.
Madame
le
les hôpitau.v le D""
Dr. un tel On n'a noté du front et qu'une seule
Girard
:
Mcmgin dans
l'
Est
et
docteur Thys-Monod à Lyon (Rev. de P., 191G, 207, dans rob.,
Idiom., 198).
Formation de masculins.
—
Il
n'y a guère que deux exemples de mas-
culins formés sur des féminins, c'est veuf sur veuve et
machin sur machine.
CHAPITRE
III
GENRE DES NOMINAUX. LE NEUTRE
Parmi moi, (lies
loi; ;
les
nominaux,
les
uns n'ont qu'une forme pour
les
nous, vous; les autres ont deux formes distinctes
Puisqu'il
esi
mort pour nous,
je
veux mourir pour
:
deux genres lui, elle
;
:
eux,
lui (v. n., Chat.,
A
un martyr).
Les nominaux neutres. ni
masculins, ni féminins,
quelque chose de bon Chant.,
1).
II,
En
a.
;
f.
—
ils
-
Les nominaux sont neutres
rien de nouveau
:
:
il,
ce, ceci, cela, tout,
ceci tuera cela dites
:
;
ne sont
donnez-moi
ce qui viendra (rost.,
on trouve avec des nominaux l'adjectif neutre
:
pur ço que plus bel seit (Roi., lOOl). :\Iais ce neutre n'a point d'autre forme en f m. que celle du masculin. Il n'y a donc pas lieu d'y insister. On trouve souvent le nominal neutre employé pour désigner des personnes, surtout à l'époque classique Tout ce qu'il y a de becnix esprits au monde savent (malh., Lett., ii); on en fit deux origincaix signez de tout ce qu'z7 y avait de gentilshommes (bus.-rab., Mém., i, 219). La langue clas.
:
—
met alors presque toujours le verbe au pluriel tout ce qu'il y a de tout ce qu'// sembloient faits pour m'aimer (corn., Psyché, 791); y avait de prêtres et de lévites se retirèrent auprès d'eux et leur demeurèrent sique
rois
toujours attachés (rac, Ath.. préf.).
:
—
CHAPITRE IV LES CHANGEMENTS DE GENRES
D'après ce que nous avons
de l'attribution des genres, on pourrait
dit
conclure déjà que les genres ne sont pas immuables.
comme
steppe, phalène, effluve,
lichambre,
I.e
tels
qu'on-
;
garder.
le
—
Changements de genre artificiels. Il y Vu mot a élt^-tamené. soit par des
action savante.
grammairiens, au genre qu'il avait en grec ou
a eu dans certains cas écrivains, soit par des
Mais on
restés.
dans plusieurs ont inventé
Ils
ne
le
sont pas
aujourd'hui un emplâtre à cause du grec. Sous cette
dit
pression, certains
pour
eii-Jatin. C'est le cas
comète, erreur, idole, qui ont été faits souvent masculins.
B.
genre des mots
communs,
mauvaise condition pour se perpétuer. Mais il faut bien que d'autres noms ont perdu leur genre, bien qu'ils fussent dans des
conditions à
A.
plus
et d'autres,
omoplate, orbite, Orléans n'est connu que des gens qui parlent
no'él,
français avec sxiretc dire
pagne
noms ont deux
genres, tels automne, après-midi. Mais
cas, les théoriciens se sont refusés à accepter la liberté, et
les distinctions cfu'on
Changements de genre
ils
enseigne au sujet d'amour, hymne, orgue.
naturels.
— 1° Influence de la finale. —
C'est la désinence dite féminine, qui exerce l'action principale. Cette action
a été très forte. Elle a, à certains
moments,
gnant des êtres masculins par définition,
entraîner des
failli
comme
le
âpithète, épitaphe le
grosse légume, une concombre.
Inflience de
20
en voyelle
:
image
;
Puis
la
l'œ sourd
œ
restait
:
On
œ
:
:
uni-
Un
nasal
en :
noms à initiale mouvement de dénasa-
l'observe dans des
enterrement. Elle est due au
voyelle a passé à
439)
dit
hésite sur amulette, tentacule, disparate.
l'ixitiali:.
lisation de l'article indéfini un.
m,
i..,
sont restés. La langue populaire
On
dési-
;
songe, navire, reproche, cloaque, doute ont été féminins (n.
épigramme,
noms
pape (ci. prophète) men-
a. f. s'est
œne
charte,
d'abord prononcé u -f
œne
porte.
n.
Devant voyelle
du féminin élidé ne s'entendait pas œn ane, œn anesse. Comme nasal au féminin, ainsi qu'au masculin, la prononciation de :
ûvws [^^"r^- s X)ès lors, si le nom n'avait pas luie forme qui le marquât distinctement comme féminin, il pouvait être pris pour un masculin (h. l., m, 277). La mé])rise a été fréquente un admirable
Ijrrlirip é'^'t ]'',u'pilhiii iiv
:
Iliade
(du bell.. Def., 2^ part.,
5)
:
un ombre espars (noNSAUD,
El. de
mon
LES CHANGEMENTS DE GENRES
93
tombeau). Le mot image se rencontre ainsi très souvent au masculin, et il ne peut être question de retour au latin, puisqa' image est féminin en latin. De nos jours le phénomène inverse se produit et fait passer des mots (un) se dénasalise. A Paris, on entend, ou e masculins au genre féminin.
Œ
n homme, comme une âme. D'où un{e) ouvrage, un(e) enterrement, où un se prononce comme une devant erreur. Sous cette influence on considère ces noms comme féminins, et ils gardent ce genre,
ou u
(nasal),
même
là
où
-\-
ils
n
:
u
-{-
ne sont pas précédés immédiatement de un, une
;
cette
grosse
orage, de la belle argent, une grande enterrement (1).
Influence du sens.
30
hiver.
— Le sens exerce
lui aussi
une forte influence sur
automne, sont devenus masculins d'après printemps et Personne a été originairement féminin, comme il l'est dans une per-
genres
les
:
ainsi
été,
sonne âgée, mais forte (de même rien). En devenant des nominaux, personne, personne n'est plus fort en grec, rien sont devenus masculins ou neutres :
rien n'est plus cruel.
Gens eût certainement suivi le même chemin, si le changement eût comtôt. ^Nlais les grammairiens l'ont arrêté. D'où les bizarres conles vieilles gens ; les gens du Xord sont en général tradictions de la règle
mencé plus
:
grands
et forts.
exemple qu'on puisse donner dans la langue actuelle est celui oir, oire ; un arrosoir, une mangeoire. Ayant même sens et même son, ils se brouillent complètement battoir et battoire. On essaie en vain d'en faire deux mots.
Le plus
des
bel
noms en
:
(Ij On hésite sur antichambre, échappatoire qui commençant par voyelle et terminés en consonne, ont double raison de rester féminins. Épiderme (m.l hémisphère (m.), sont des mots savants, sans racine dans la langue.
LIVRE
LES
III
^^-^^^^ ^
NOMBRES
(H APURE PREMIER LA NOTION DE NOMBRE
Dans soit
langage,
le
comme
êtres,
cJwses,
étant seuls, soit
actions sont nécessairement considérés,
comme
fondamentaux le singulier pour nombres une maison, des maisons :
:
étant plusieurs. D'où les deux nombres
l'unité, le pluriel, ;
pour tous
une opération, des opérations
les autres ; toi,
vous.
Êtres et choses nombrables. Êtres et choses non nombrables. Une dlid-Laçlion très importante pour le langage, et qu'on ne fait guère, est celle-cirJl_y- a._fLçs_choses_c[ui. se comptent, ce—sont-J,es_choses^jLûiQ.^-^M-abies des lits ; cent lieues ; vingt nuits ; dix Qrammes ; s'il y en a
—
•
:
plusieurs,
ce sont plusieurs
unités.
_ILv3i'autiie--parLd_es clioS£s_c£ui se jiyisent en parties, le
vin,
comme
le
plomb,
D'une quantité donnée de soupe on fait des portion.'; cuillerées, etc., non des-Oinités. Ce sont là les choses non nom-
la soupe.
assiettées,
:
brables.
comme nous
Mais,
le
verrons, les choses non nombrables deviennent très
Il y a bien des soupes et bien des vins. Un même nom un nom de choses nombrables, tantôt un nom de choses non nomex. un gâteau. Acheter trois gâteaux (nombrables); donnez du
facilement nombrables. sera tantôt brables
;
:
à ces enfants (non nombrablc).
—
La notion de pluriel. Les noms propres et le pluriel. Par définition tous les êtres, toutes les choses nombrables sont susceptibles d'être conçus, soit au singulier, soit au pluriel. Tous les noms qui leur appartiennent peuvent donc être employés au pluriel. Il n'y j_Pfiini_4^xception pour_lés_jiûins^ropres, sauf -bien entendu quand ils sonL strictement
propres, c'est-à-dire quand le-ji£mi_n'.appartient réeltement_qu'à un- seul, par exemple la Meurthe ou le mont Cervin. Quant aux noms de personnes, comme nous l'avons remarqué plus haut, la plupart d'entre eux sont portés par plusieurs individus, et par plusieurs familles
:
LES NOMBRES
9(5
il
y a eu douze Césars ; il y a un nombre énorme de Boulanger ou de Lefèvre. Outre cela., Jes noms propres sont employés comme noms-cammuns. Un
Véronèse, c'est
y
a-t-il
un
On pourra donc demander
tableau de Véronèse.
de Véronèses au Louvre ?
(cf. il
achète tous
:
Cornbien
Corots qu'il rencontre).
les
y a en circulation des Rodins qui n'ont pas été vendus par le maître. On même il a toujours deux Racines sur sa table; j'ai perdu l'un après l'autre deux Chéniers, c'est-à-dire deux exemplaires des œuvres de Racine, Il
dira de
:
de Chénier. Nous avons vu aussi que
les noms propres, de montagnes, de fleuves ou d'hommes, sont employés flgurémeiit pour n ommer d^s^types du ge nre d e des Pactoles, des Césars, des Harpagons ; celui que nomme ie nom propre une sorte de Lacédémone américaine où l'individu n'existerait que pour servir :
Grands Lamas mâle ou
la société plus omnipotente, absolue, infaillible et divine que les et
Nabuchodonosors (flaub., Éduc,
les
239)
i,
—
;
un
poète,
femelle, icuiçail autour de lui, sur les têtes recueillies et décoiffées des vieilles
Saphos
des jeunes Corinnes de l'endroit sa large
et
Aff. Clém., XXIII, 38
;
H. L.,
(cf.
m,
et
puissante poésie
(a.
dum.,
456).
Donc, même sans devenir des noms communs, les noms propres sont, dans une foule de cas, employés en parlant de plusieurs ils sont au pluriel. ;
—
ParjiéfiniUtin, les choses Les choses non nombrables et le pluriel. non nombrables n"onL pas de pluriel l'argent, 'hydrogène, l'encre. Mais la :
y a bien des encres. ors. Tl y a de même des zincs, des terres, des eaux, des mélasses, des sucres, différents de romposilion, de forme ou de goût, de couleur, de prix, etc. Et par là s'introduit déjà l'idée de pluralité. Elle existe pour ainsi dire dans tout pour les techniciens. Il y a l'électricité statique, et l'électricité dynamique pour le physicien; pour le chimiste, l'acide sulfurique anhydre et l'acide sulfurique du commerce ; Et l'Abyspour l'épicier la moutarde de Dijon et celle de Bordeaux, etc. plupart des matières existent en plusieurs espèces II
y a de
l'or
jaune, de l'or rouge, de l'or
:
il
Ce sont des
vert.
;
—
sin venait y prendre des ivoires (v. h., Lég., Lions). D'autre part les objets faits avec les malières portent les
matières.
Il
y a dans
diverses préparations.
La
règle qui dit
que
le Il
commerce
des bronzes.
On
noms de
ces
nettoie les cuivres avec
a été fabriqué des zincs d'art.
les
noms de matières n'ont pas de pluriel est unej:èglê_ quand les grammairiens de la fin du XYII^ s.
fausse, et qui l'était déjà,
douane de Colbert la démentaient en cent une plaisanterie, rien de plus, que de souvent, des argents, pour de l'argent : il me faudrait
l'ont promulguée. Les tarifs de
endroits dire,
(ii.
i..,
comme on
m,
361 et
le fait
iv). C'est
des argents. Mais voici qui est très sérieux
:
—
Elle avait fait entrer dans la
sonune tous les argents (gong., G. Lac, 70) Pour ces chiffres, ces argents, je vous en prie... causez plutôt avec mon gendre (herv.. Cours, fl., iv, ii). ;
.^Les idées abstraites, les
noms de
donnent lieu y en a de bien des
qualités, dç manières d'être,
à des observations analogues. Soit la sensibilité. D'abord
il
LA .\OTIOX DE NOMBRE
97
que le philosophe analyse, qu'exprime le poète ou le romancier. De même pour l'intelligence, la bonté, la modestie, la perversité. C'est ainsi qu'on dira de quelqu'un qu'il a toutes les ambitions (Cf. le Dieu des humbles fcis descend du ciel sur nous (lam., Joc, 5 mai 98). En second lieu, la mise en œuvre de cette qualité, l'acte qu'elle inspire, où elle se réalise, porte souvent son nom. On a des bontés pour quelqu'un on fait à une personne une espèces,
;
Linmbiliié
on
;
lui dit des fadeurs (cf. placer ses disponibilités, les actualités
théâtrales, etc.).
Le pluriel augmentatif.
—
semble aussi parfois qu'on au^gmeate Moyen-Age on
11
Jil_valeujLdjijnoLabsJxai.t^n le mettant au pluriel. Déjà au
en trouve des exemples. Dans
Roman
le
de la Rose
:
la lei de maestez.
au XVI1«"
pJnriels ajjgmenlatifs ont été très en faveur
s.,
dans
la
Ces
langue
de la galanterie. Les prétendants assuraient les dames de leurs soumissions. (Cf. Mes respects à Madame). Dans les romans, le théâtre, on en rencontre à
chaque page
mesme
:
VOS volontez n'estant plus suiettes que de VOS affections,
désir que j'avois en ce temps
je coniure du plus escuteaux, Adv. fort.
que
violcmt de
Ici
mes
s'est reveillé
intentions de gratifier
d'Ypsil., 269; h.
l.,
m,
le
à la veu'è de vos perfections
mes
desirs (des
461). Corneille écrit dans
le
Et que tout se dispose ci leurs contentements (m, 107, var.). II est allé jusqu'à hasarder des éternités : ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez, Alors pour mon supplice auroient d'éternités (Hér., 901-902). Mais Cid
:
commença à discuter cette mode. Balzac trouvait à redire aux du sonnet de Job l'Académie blâmait contentements dans le vers de Corneille cité plus haut. Les abstraits au pluriel ne disparurent pas pour Tliéséc à tes fureurs connaîtra tes bontés {Phcd., 1076). cela. Racine écrit La mode devait reprendre au XIX'^' s., plus forte que jamais. On trouve des des ingénuités dont les iT!3ts abstraits au pluriel, déjà chez les romantiques vers 1650 on
patiences
;
:
;
ou quatre quintaux (gaut., Alb., 14). Mais c'est surtout l'impressionnisme qui allait leur être favorable, puisque ce que prétendait noter l'école, c'étaient les impressions faites sur nous parles objets. Aussi au lieu d'entasser les adjectifs comme les romantiques, les Concourt
nvAndres faisaient
trois
ou Daudet se servent-ils de substantifs, dont ils emploient un grand nomil bre au pluriel: des blancheurs qui défaillent (gong.. Sœur Phil., 41) s'échappait, battait les buissons avec d'adroites cruautés de furet (a. daud., Saph., 48); le perron officiel que franchissaient chaque jour tant d'ambi-
—
;
—
tions frémissantes d'inquiétudes
aux pieds trébuchants
(là..
Xab.,
Certains d^s-éeiwa4«s eenteiirporains continuent à user du
cédé iib.,
:
Venise
227)
;
—
(lomb., Byz.,
est
4).
même
douce à toutes 4&S.Jmi?éviosités abattues (barrés,
pro-
Un
h.
des voies larges achevées à l'extrémité f/'étroitesses de places 2).
D'après c e qui vieiiLjd.'£J-ce.dit, on-^"t»it que toutes les idées à peu près sont sii^Aptihlps diâtm-ccmrLLms-a-u^-phiriel. Celles qui y échappent n'y échappent
que provisoirement. On a pu
lire
au
XIX^
siècle
:
jusqu'aux tréfonds de
LES NOMBRES
98
—
enseigner ou moi-même (loti, Pitié, 240) PRÉMABTiN, Libert. maç., Ouvrier, 1900, 661). ;
secourir leurs prochains (de
—
Il y a des objets, des idées, qui ne semblent La notion de singulier. pas être conçus au singulier, ainsi I^. mœurs^^s^nanières (cf. aux aguets). Ces mots sont beaucoup moins nombreux qu'autrefois (h. l., m, 458). Les grammairiens en ont dressé de longues listes. En réalité, il en est beaucoup
qui sont concevables et sont en effet coi^içiis aussi liieiuau. sixigiilLerj^ ou décombre. On dit un pleur non seulement
pluriel, tels pleur, broussaille
dans l'expression verser un pleur, qui a quelque chose de plaisant, mais ailleurs
Hugo
a
il
:
dérobait quelque pleur involontaire
employé excellemment
broussaille
:
(s'^"
beuve.
Portr. cont.,
i, 1
1
).
point obscur où tressaille
La
Moi, baron dans
ma
mêlée, effroyable et vivante broussaille (Chat., Exp.). Cf.
—
dans un décembre (Lég., Welf). G. Sand a dit le châtiOn trouverait ment qui l'a frappé n'est qu'une représaille (Lélia, ii, 103). chez les auteurs contemporains vêpre (usuel en a. f.). Un appoinlement se dit fréquemment d'après un salaire ; l'intestin est aujourd'hui coutour,
larve
:
—
rant, etc.
L'unité composée. --Un objet peut être formé de plusieurs partie^ qu'un escalier se trouve composé d'un certain noml)re de mareh( i! L'a. f. avait une forme intéressante pour exprimer ce concept double mettait rarticle-tw^-au_ pluriel uns degrés, uns c/s/aiis. Cette forme a vécu jusqu'à la fin du X.Y^ s. A partir de celte date, on a remplacé unsj^Rr des :
c'est ainsi
.-.
:
:
:
des ciseaux
;
des tenailles.
mots comme un ensemble de cérémonie;, pour la célébration d'un événement, ^oces a de même été longtemps employé exclusi^'ement au pluriel, c'est au XIX^ s. qu'il a définitivement pu être C'est par là
que s'explique
la
forme
plurielle de certains
:
funérailles, fiançailles, accordantes, qui désignent
mis au singulier. A côté de la forme uns,
Itijyjeille langue employait aussi la locution une une paire de chausse.f.. L'expression servait naturellement à désigner des objets que l'on ne sépare point une paire de joues. Puis elle s'est étendue aux objets uniques composés de deux ou plusieurs parties c'est ainsi qu'on a dit une paire de culottes, une paire de ciseaux, non point pour
paire de
:
:
;
:
désigner deux culottes, deux ciseaux, mais un^êtement avec deux Jambes,
un ciseau à deux branches (par opposition au ciseau de menuisier, de sculpteur, de graveur) une paire d'habits désignait ce que nous appelons aujourd'hui un complet. Les lunettes sont les deux petites lunes de verre, dont la réunion forme un appareil d'optique (cf. la lunette). Ces pluriels, aujourd'hui mal compris, font analogie. On entend dire mes lorgnons. ;
Le singulier d'espèce. français semble
— Quand
^1 il
abandonner volontiers
de
l'espèce entière, l'esprit
le pluriel
en faveur du singulier.
s'agit
LA NOTIOX DE NOMBRE C'est ainsi soldat.
le
:
—
vous voilà pris de trois côtés (michei.., Rév.,
Cet usage est plus en ait
vo£u&^e
quoi que ce soit deJittéraire.
de la carotte; on signale que la
que
/e
m,
47).
jamais, et iljie faudrait pas croire qu'il
Aux Halles s'établit pomme de terre est
poisson a été abondant, ainsi de suite. Cf.
courcmtcs
99
que dans l'Oraison funèbre de Condé, Bossuet dira le sang enivre Cf. rAutrichlen arrive; d'autre part. l'Espagnol, le Suisse,
et
fraîches
a encore baissé.
;
— un
:
tous les matins chère en ce la truite
le
aime
les
-
le
professeur de piano court le cachet
;
prix
moment; eaux Turc
CHAPITRE
II
LES FORMES DU PLURIEL
Leurs origines.
—
devenue
Si l's est
accident de l'évolution des formes.
dans il
les
féminins une
un signe
était
:
les
murs
(h. l.,
i,
sing.
:
une
;
marque du
la
«
a.
s.
:
li
pluriel
ne distinguait
s
f.
murS, obj.
;
» c'est là un nombres que ,
les
masculins,
le verrons, distinguait le sujet
179, 335, 413). Mais dans
culins, le sujet singulier n'avait pas ce s
les
Dans
rose, des roses.
comme nous
flexionnel, qui,
singulier et l'objet pluriel obj.
des flors
fior,
En
li
:
le
mur
;
Plur.
s., li
mur,
un certain nombre de mas-
pedre
comme
le
pcdre.
A la fln
du Moyen-Age, quand cette déclinaison eut perdu les cas-sujets, il se trouva uniformément que, soit au féminin, soit au masculin, la préseiur les roses, les murs, d'un s distinguait les pluriels la rose, le mur, le père ; les pères. Dès ce moment la langue avait donc une flexion de nombre.
—
:
L'âge ancien du pluriel.
-Cette flexion était réelle, en ce sens que s devant consonne: mur(s) blans. xMUeurs elle sonnait murs. C'est ce que nous z devant voyelle murz épais^ s devant une^atrse si(x) murs, siz œufs ; j'en veux avons encore dans les noms de nombre sis. Cf. tous. Se rappeler la phrase je les regarde comme supérieurs à touz se faisait entendre, sauf
:
:
:
autres
;
en tou(s) cas, je
La prononciation de
les s
sijnnes qui précédaient. .s cols;
gah (gageure) gas;
prends tous.
entraînait certaines jîiadifleali0ns-d«««-4ea_con183). Les labiales
(ii. l., i,
baillil (bailli)
tombaient
:
co/p (coup)
aujourd'hui bœui
baillis. (Cf.
bœufs; œui > œu(f)s). De même la labiale nasale m : oerm (ver) vers. Les palatales tombaient également sac, sas. Les dentales demeuraient, dent, denz ; amant, combinées dans l'écriture en un z (qui sonnait ts) amanz. Si la dentale était précédée d'un premier s, elle était étouffée entre ost (armée) oz. Après /, (qui se prononce en a. f. avec la pointe les deux :
:
:
de la langue contre .s
est
>
le palais dur),
s'articule après /^'Puis ce
désormais aus (aous). c/?eyaus; c/?evel
>
/,
rien de iyaçjticulier ne se produit d'abord,
fort voisin de ou) passe à la voyelle ou et als
De même
chevéls
>
els
>
eus etc. D'où
cheveus. Si le
mot
était
:
cheval
mouillé, la mouillure disparaissait et le traitement était celui de travail,
travaus
;
La chute de
genoil,
S.
—
genous
On
;
ueil.
cheva\s
/
simple
Z :
yeus.
ignore à quel
s'assourdit, et finit par ne plus être
>
terminé par un
moment
prononcé
;
et
pourquoi
le s final
ce qui est sûr, c'est qu'à la
LES FORMES DU PLURIEL fin
du XVI<^
s.,
on ne l'entendait pins. Mais
101
ne disparut pas sans laisser
il
de traces.
Par une sorte de phénomène compensatoire, la voyelle de la finale s'al« Quand on la voudra supprimer (l's), dit un grammairien du commencement du XVIIe s., si faut-il tenir la. syllabe un peu longuette». Cet allongement persista jusqu'aux environs de la Révolution. On l'entend encore dans diverses province du Centre un ami, des amîs. C'est à ce changement qu'est due la différence qu'on entend entre œ dans œuf, où il est
longea.
:
ouvert et œu(fs), où
—
il
est fermé. (Cf.
un
os
:
des
6{s).
Un
grand nombre des pluriels anciens subsistèrent. un bœuf, des bœufs ; un mal, des maux ; un travail, des travaux; un œil, des yeux ; un échec, des éche(cs). Parfois il en résulta deux mots distincts appas et appast, appât (qui s'est refait un pluriel appâts, jeter des appâts dans la rivière). Cf. un col et un cou.
Survivances.
dont quelques-uns vivent toujours
:
:
:
—
L'âge nouveau. S une fois amuï, la lutte entre les pluriels anciens nouveaux a duré longtemps. Dès le XVI<-' s., des pluriels nouve*H*-afLparaissent dans la série «n aZ ; des bals, des bocals, des madrigals
et les pluriels
De même dans la série en ail bails, portails, nombreux^ncore dans les séries en et] eil, eut, euil :
(h. l., III, 294).
sont plus hjislds,
les
chevreuils.
que décider, euil,
:
et
comme
si
il
Pourtant Malherbe lui-même ne
sait
attirails. Ils les ciels, les
encore trop
conseille assez na'ivement de fuir les pluriels des
un garde-chasse, par exemple, pouvait
se passer de
noms en compter
des chevreuils.
Au
XVIl'^
s.,
les
plupart des mots en une_liste de
Cahiers de l'Académie al, ciily disaient-ils ,
(p.
89) formulèrent la règle
ont leui_plimel
enaux
par
:
la
x. Suit
mots qui gardent l'ancien plurieL et qui sont co nsidérés comme
des ex ceptions.
Naturellement, les hésitations étaient encore nombreuses: présentaient particulièrement pour les mots en
al.
les difficultés se
Les grammairiens étaient
partagés sur la forme que doivent prendre au pluriel des mots cristal,
comme
madrigal, amiral, arsenal ; leur indécision fut telle qu'ils finirent par
décider que certains adjectifs en al n'auraient pas de pluriel masculin on dira frugales, mais non pas frugals ni frugaux (a. de b., Réfl., 235). Du XVIJe s. ti nos jours, les pluriels en aux se sont de plus en plus éluux, fanaux, idéaux. Il reste sept mots en ail, _afEermis dans la langue t^ù^ianl leur pluriel en aux : bail, corail, émail, vitrail, soupirail, vantail, JrcLvail ;^ciel fait d'ordinaire cieuy:. Mais on dit des ciels de lit, tes ciels d'un peintre ; œil fait ijeux. Il reste œils dans œils de chat, de perdrix ; aïeul a deux formes, différentes de sens a'ieux, qui est la forme commune, et :
:
:
aïeuls, les grands-parents.
—
Réaction du pluriel sur le singulier. Nous avons en langue moderne noms dont la forme au singulier n'est plus la forme primitive. Ce sont des
des
LES NOMBRES
102
singuliers inlluencés par
genoux
refait sur
La
série la plus
(cf. le
forme du
la
nombreuse
genou
pluriel. Tels sont
verbe s'agenouiller), pou est celle des
pouil,
(a. f.
noms en
(a. f.
genouil)
cf. pouiller).
eau, autrefois
el
:
oiseau,
pinceau, jouvenceau, tonneau, etc. Les dérivés oiseleur, tonnelier n'ont pas suffi à conserver la forme primitive. Dans les adjectifs, la réaction n'a pas
forme en el a continué à vivre à côté de la forme en eau. forme pouvait mieux se maintenir grâce au féminin belle assurait bel. D'où l'emploi des deux formes au masculin, celle en el devant une voyelle un bel animal ; celle en eau devant une consonne // est beau de savoir souffrir sans se plaindre. Il en est de même pour les adjecun mol oreiller, un fol espoir. tifs en ol (fol, mol, fou, mou) Il faut noter du reste que la réaction du pluriel sur le singulier dure toujours: l'entrepreneur dit un matériau : le paysan ton bestiau. On connaît un petit garçon l'histoire du maître d'école de Blangj', contée par Balzac venu trop tard s'excusait ainsi Dame, m'sicu, j'ai mené boire notre chevau été complète
:
la
C'est qu'ici la vieille
:
:
:
:
:
:
:
!
:
—
On
animau
dit cheval,
!
L's écrite. Les liaisons. Vs dans les finales des pluriels,
langue imprimée et enseignée elle
en a eu en
effet.
Nous avons conservé
-
même la
là
où
elle
l'obligation d'écrire
n'a aucune valeur.
Dans une
chose devait avoir des conséquences,
Sous l'influence de
la lecturey^jr^paxait
et
en liaison, beau-
coup plus fréquenxment qu^autrefois;avec la valeur de Au « grand siècle » étaient peu fréquentes (h. l., iv, 213). Une consonne, muette devant consonne, tendait à demeurer muette devant voyelle. On hésitait pour la prononciation de gens inconnus entre fan: inconnu et jan inconnu. « De cent personnes qui parleront dans une conversation, quelles qu'elles soient, il y en aura bien quatre-vingt qui ne prononceront pas les consonnes finales » dit un coHtcinporain Hindret. Dangeau témoigne que les gens de son temps prononcent Iran no u à Paris ? Il ajoute qu'on prononce l's dans vous irez, nous irons, « parce que irez, irons, est le verbe du pronom per:;.
les liaisons
,
:
sonnel
»
.
En
plein
XYIII^
s.,
d'Olivet écrivait encore
:
«
La conversation
dcsjionnôtes gens est pleine d'hiatus volontaires qui sont tellemeiit.autorisés
par l'usage, que, provincial
»
.
si
l'on parlait
autrement, cela serait d'un pédant ou d'un
(littré. Diction., Préf.).
Aujourd'hui les acteurs, les instituteurs, les maîtres de diction ont enseigné à la bourgeoisie que-JLes-liaisons étaient une marque de bonne éducation, et qu'elles s'imposaient rigoureusement, si on ne voulait ni rendre les vers boiteux ni défigurer le langage. Malgré les protestations qu'on trouve chez
grammairiens instruits
les
On
comme Littré, ^/a/s-L7nzs
dit: desroscz épanouies, des
compte combien cette affectation qu'à
hommcz
a prévalu sur
jÉ/a-r/n/.s.
éminents, sans paraître se rendre
est contraire à
l'harmonie en
même temps
la vraie tradition.
Quelquefois l'absence de liaison nuuque une nuance de sens
:
une fabrique
d'armes anglaises dit autre chose que une fabrique d'armc(s) anglaise. Abou-
a
LES FORMES DU PLURIEL
103
lira-t-on à dire des sacz à terre, des ccmij'z époinlés, en détruisant, par fidélité
l'orthographe,
à
l'effet
des lois instinctives qui avaient fait disparaître ces
groupes dans la langue des ancêtres l'ignorance.
(le
?
Ce sera du pédantisme
Que deviennent, dans
et le
triomphe Fon-
ces conditions, les vers de I.a
Le gibier du lion, ce ne sont pas moineaux Mais beaux et bons sandaims et cerfs bons et beaux (Le lion et l' Ane chasscmts) ? Ou celui-ci. de Racine mes promesses aux uns éblouirent les yeux (Brit., 1153) ? Et les simples expressions deux heures et quart, des chars à bancs, des pots à eau, des boites EUX lettres ? Il ne s'agit pas de proscrire les liaisons, mais il containe
:
[jlicrs,
:
:
vient d'enseigner à ce sujet quelques règles
Ne pas
I.
:
se lier à la versification. Elle a
une influence lâcheuse sur
la
diction en prose. II.
III.
Ne pas se régler sur l'exemple des acteurs. Ne pas's'en rapporter à certains^ainphlets
cst_qu£stion de
il
En
«
langue forte
récents de l'Académie, où
(1).
»
principe, dit Martinon. les subsLantifs ne se lient guère
au singulier on dans la lecture (le temps est beau pour la saison). Après r, prononcer s serait gro_tesque un corpz ensanglanté, prendre le mors aux dents. Au contraire, au pluriel, on dit fort bien deux corps ennemis. En jjarlant, o n ne fait p sj toujours la liaison avec s du pluriel, lanl s'en faut. On dit dos à dos, de temps à autre. Mais on ne doit pas dire nez à nez, (lu riz au tait, ni Paris est grand. On ne dit pas deux moulins Ont survécu ; ï/.x cents soldats ont péri^Jl faut, pour qu'on entende r qu'il y aitjLin étroit j.ipport syntaxique entre les mots il y a là des hôtels Sichalandés
:
:
:
—
'
,•
:
Encore cette liaison n'est-elle pas lié s né cessaire ni très usuelle. Dans une foule de cas, elle est absolument proscrite, ainsi après les mots en / des ceufs au lait. De même l'éviter après
inulez-vous faire cwec des soldats exténués
?
;
r
•
cuners, sacs en tas, après
.s(7CS
Conclusion. —
-
pluriels est celle-ci
nom
.•
des velours à côte, des morts amoncelés.
\érité linguistique qu'il faut retenir au
la plupart des
noms
sujet
des
français n'ont plus de forme du
L'idée du pluriel est dans les mots qui accompagnent nécessairement
pluriel. k"
La :
/•
:
articles,
noms
Malgré toutes
de nombres, possessifs, etc.
les contraintes
auxquelles on soumet
les
enfants pour leur
niseigner la première règle de la langue écrite, le résultat linguistique ne 'ut être que très médiocre. Un signe d'écriture ne remplace pas une forme. Nous avons gardé une s de convention. Elle peut avoir son prix, mais elle demeure comme extérieure à la langue, si bien qu'elle est souvent négligée, ])
que de grands écrivains s'en affranchissent
cl
j'iissc la
présence
est si forte.
pnrte Vers vous et (1
AM.. Joe., 5
(1
I
N'oir
dans
le
Que
je
vous tends
sein d'autre
à l'occasion: de ce
que
fantôme cher, Que
mai 1798).
MARTINON, (lu-umcnl un prononce, 'M2,
même
tes bras,
.38o.
mon âme m'cm-
je crois les revoir
(HAPITRE
III
LE PLURIEL ORTHOGRAPHIQUE
Le
pluriel
n'ayant cessé d'être une réalité pour la phonétique et pour la la langue cherchait à se faire une orthograpl)e,
morphologie qu'à l'âge où
une règle commune et constante d'écriture, il n'était guère abandonnât les signes qui marquaient le^pluriel. Après avoir eu une forme du pluriel, on a eu une marque du pluriel. C'est l'âge du pluriel
c'est-à-dire
possible qu'on
orthographique.
—
Z. X. S.
par
r,
Il
Le
a
commencé au XVIJe
pluriel se
marque en
tantôt par x, tantôt par
pour éviter les confusions. était é fermé vous dictes, écrivait (cf. ils
:
ez
dure encore.
français dans l'orthographe, taijtôt
z,
XIV^
primitivement cquivaleiit à s.,
r resta
comme
ù>.
Quand
signe et on l'utilisa
XVP
s., derrière un e, il marquait que ccl e Après l'introduction des accents, il deveMais on le conserva longtemps, en concurrence avec s. On ou es. Il est aujourd'hui confiné dans les verbes vous restez :
nait inutile.
Au
11
s.
Xoi.s avons vu l'origine de ce
l'élément dental disparut, au
s.
dictez.
:
sont restés).
—
Origine de x. L'introduction de x comme signe de pluriel est due à une erreur graphique le groupe us était représenté-au moyen-âge par des v^i^gries al)réviatifs, qu'il suflisait de bien peu de chose pour transformer en une X. Aussi le ]irit-on pour x : chevals s'écrivit donc chevax. Puis on éprouva le besoin de réintégrer dans le mot Vu que l'on n'y reconnaissait plus, d'où chevaux, ensuite, connne l'étymologie latine d'une part semblait méconnue, que de l'autre le rapport avec le singulier cheval cessait d'être marqué, on aK)uta une / ; f/i^t>aulx. De telle façon qu'à un certain moment (XVF s..) :
I
:
l'a se
trouvait en
somme
trois fois représenté (u,
1,
x
=
us).
Cette ortho-
graphe se maintint assez longtcmi)s. La langue ne s'est ])as complètement débarrassée de ce pluriel extraordinaire il est encore admis dans des aulx. Il est vrai qu'on ne l'emploie guère, on dit surtout de l'ail. :
Quant à
l'.i-,
elle est
toujours de règle (sauf dans
le
mol landaus,
qui, étant
étranger, a échappé à la règle)^ O^n n'en voit pas bien l'utilité. Pourquoi
cadeaux avec x ? A quoi bon feux et pneus ? poux et fous ? Un acte de courage nous débarrasserait d'une complication absurde et inutile d). (1)
Il
n'y a que quelques mois eu oux
:
bijoux, cailloux, choux, genoux, fouioux, hiboux,
poii.i
i
LE PLURIEL ORTHOGRAPHIQUE
105
L'embarras de l'écriture ne vient pas du reste de la que les conventions orthographiques admettent que certains noms ne prennent pas la marque du pluriel. Ce sont 10 ceux qui ont déjà s, x, z : temps, nez, gaz. Rien à objecter.
L'emploi de
s.
multiplicité des signes, mais bien de ce
Des mots qui sont accidentelleemnt substantils
20
— des pourquoi — des nos mornes aujourd'hui — sept
;
;
;
si et
des quoi
;
on
recueillir des
:
l'enfant traçait des
— nos hier valaient mieux que
dit. 11
y
a
déjà là quelque
illo-
gisme. Si on fait passer uii adverbe ou un autre.niotrinvariable-dans4a-calé;r
^Kmrquoi refuser d'antre pact-de lui applitpierles-r^gles le nom ? Cette demi-mesure est d'autant plus baroque que le verbe, l'article, l'adjectif vont s'accorder avec ce mot qui lui-même ne porte point dans l'écriture la marque du pluriel. g.orie -des-JUDons,
concernent
d'écritttïe qui
La
raison donnée,
—
et elle
ne
manque pas d'une
certaine force,
—
c'est
qu'on rendrait ces uiotâ méconnaissables ex. des ouis ; des ts. Tant il est vrai qu'on ne peut trouver d'écriture rationnelle qu'en suivant le langage parlé et en se conformant à ses usages. Le reste n'est qu'arbitraire et pour corriger, il faut sans cesse avoir recours à un nouvel arbitraire. :
:
L'orthographe des
noms
propres.
— Les régies que ]"on a posées
à ce
que les noms de famille prennent la marque du ])luriel quand ils représentent une famille célèbre. Ainsi on écrira les Bourbons, les Saint-SimonS : mais on ne mettra pas d's dans les Carnet, les Périer. Où commencent donc les familles dignes de l's, signe de grandeur et de pouvoir ? Voltaire ignorait ces restrictions H écrit lesTichonS : j'ai une grâce à vous demander ; c'est pour les Fichons. Ces Fichons sont une race de femmes de chambre et de domestiques, transplantés, â Paris... Un Pichon oient de mourir à Paris et laisse de petits Fichons *(Let. à Tronchin, 29 juil. 1757V sujet ne sont guère fondées en raison.
On apprend
à l'enfant
:
;
:
D'après raires
même
les règles établies, les
noms propres
expriinanl des types
litté-
ne prennent pas la marque du pluriel les Werther les René. De pour les noms U.;arlisles qui sappliqucnt à leurs œuvres j'ai trois :
;
:
Flaubert sur
ma
Pourtant ne
table.
pas dans le premier cas de plusieurs individus, encore delà ressemblance avec le héros de Gœthe ou celui de Chadans le second n'a-t-on pas affaire, bien qu'elles soient toutes
s'agit-il
qu'ils aient tous
teaubriand trois
du
? et
même
auteur, à des œuvres différentes ? D'ailleurs la règle se préoc-
cupe si peu d'être d'accord avec elle-même qu'après avoir condamné l's dans ce cas-là, on l'emploie quand il s'agit de noms de pays; il faut écrire: les deux Amériques.
—
Les règles concernant les mots L'orthographe des noms composés. composés sont pour la plupart fondées, elles aussi, sur l'arbitraire 10 Pour ceux qui ont soudé leurs éléments, il n'y a pas de difTiculté. Ils des prennent l's du pluriel selon la règle concernant les noms ordinaires :
:
LES NOMBRES
106
gendarmes, des plafonds, des entresols. Quelques-uns font cependant varier leurs différents éléments
mademoiselle
—
marfame
:
— mesdames
;
monsieur
mesdemoiselles. L'autre pluriel de
— messieurs
madame, savoir
madames a un sens difTérent du premier. (Gentilshommes est ancien). 2° Quand le nom composé est formé d'un adjectif et d'un nom, le
pluriel
deux éléments beaux-frères, rouges-gorgeS. 30 Quand le nom composé est formé d'un élément invariable et d'un nom, nom seul prend l's des avant-scènes, des arrière-cours.
est
le
;
des
de rigueur pour
les
:
:
De même quand
les
noms sont formés d'un
élément verbal
des couvre-
:
nuques, des passe-poils, des casse-noisettes.
Les
«
composés à
ellipse
demeurent en général invariables
»
des pied-à-
:
terre.
—
Toutes ces régies comportent déjà de Observations et réserves. nombreuses exceptions, par exemple, si le deuxième terme du juxtaposé est un Invariable des salles à manger. C'est pis encore, quand on vient aux composés où il faut se fier à l'analyse. Ctiemins de fer s'y prête, et aussi pommes de terre. Mais quelle analyse peut-on appliquer pratiquement à c lie fs-d' œuvre ou à aides-de-ccmip ? Faut-il savoir, avant d'écrire, s'il y a un ou plusieurs bancs dans les chars-à-bancs, si on accrochera une ou plusieurs clefs aux porte-clefs ? On pense être sorti d'embarras, (juand le deuxième élément est un nom de matière non nombrable, comme dans pèse-lait, gagne-pain ; mais nous avons vu avec quelle facilité la langue fait des noms de choses non nombrables des noms de choses nombrables. On peut admettre qu'un pèse-lait sert à peser les laits ; qu'un porte monnaie sert à porter des monnaies, ou les cliasseneige à chasser /es neiges. C'est une règle bien dangereuse que celle qui oppose des coupe-papier à des ouvre-lettres. C'est la même qu'on a soutenue à propos de table de hêtre et forêt de hêtres. A ce compte on devrait dire un casse-têtes ; le singulier se justifie-t-il comme dans fume-cigare, parce qu'on n'en fume qu'un à la fois ? Dans un exemple comme celui-là. l'interprétation peut passer, mais comment écrire des caprices de femme, un lit de plume, un magasin de soierie, une salade de laitue, un banc de pierre ? Faudra-t-il examiner s'il s'agit d'un monolithe ? Monsieur et Madame ont leurs cartes de visite. En bonne logique il faudrait le pluriel, puisque ces cartes leur servent à faire leurs visites. ÎVIais ils vont ensemble chez une dame, ne la trouvent pas. Ils n'ont fait qu'une visite. Ils laissent leurs cartes do y/s//e. Ce sont là des chinoiseries, que les plus grands écrivains ignoraient. Cha:
:
:
teaubriand écrivait encore 8).
—
Cf.
V. H.,
:
:
les autres
genres d'apologies sont épuisés (Génie,
Croix de Napoléon
de laurier, de rayons traversée (Ray.
et
!
joyau guerrier
!
pensée
!
Couronne
ombr., Reg. dans une mansarde);
—
—
Ce vieillard possédait des chcmtps de blés et d'orge (Lég., Booz) chaque arbre du verger avait son cliœur champêtre, son orclxestre élevé sur de vieu.v ;
troncs de hêtre
(lam..
Joc.
U'''
mai
1786);
-
il
me montra
les las
de
LE PLURIEL ORTHOGRAPHIQUE
107
—
Lamartine va jusqu'à se permousses d de feuille (Id., ib.. 25 sept. 90). mettre je chausse mes pieds nus de ses souliers à clou (Ib., 2 août 1795). (1), Personne n'orthographie à coup sur, ce qui est déjà un grave inconvénient. La règle en a un autre, très sensible pour le linguiste elle va à contre'-ens de la langue, elle force à analyser ce que précisément l'esprit de synthèse tend à unir elle fait décomposer les mots qui vont vers la compositior-. :
:
;
Noms
d'origine étrangère.
pire fantaisie règne.
On
écrit des
-
-
Pour
Jes
noms
d'origine étrangère, la
Te Deum, mais des albums. Pis encore, un
nombre de gens affectent d'employer le pluriel de la langue originelle maxima, des sanaioria ; des soli, des ciceroni^ C'esl parler latin ou italien
certain 1rs
eu français.
:
2
^
Meut (jarç., Fcmm. no
(1) Il y a daiis ielle annoiie un beau pâle de foies ffras (Scribe, doienie :l de tupoi alertes, de jour.. alishs à monocle (P. et V. 3Iarg.,
se. J),
—
II,
3).
v..,
cou-
CHAPITRE IV
LA QUAXriTÉ
Questions sur la quantité des êtres, des objets, former de
ment
la quantité, la vieille
disparu.
On
se sert aujourd'hui surtout
— Pour
quanj.. Il
de l'adverbe combien
On
de prunes voulez-vous? combien étes-vous?
en fcmt-il
etc.
langue avait un^dj£ctif dil aussi
:
:
sin-
a totale-
Combien
quelle quantité vous
?
L'unité et l'article un.-— Théoriquein^iitXidAe_(l!ynlté se marque par nom. Mais nous avons montré comment les formes du pluriel et du singulier ont peu à peu cessé d'être différentes l'une de l'autre. Au fur et à mesure que cette confusion s'accroissait, jjiLAjt s'étendre l'emploL-de mots divers servant, entre autres choses, -à-marquer.l'unitc et.la.pluralité. Au premier rang est le mot un. C'est uiL,adjectif de nomlrre et un nominal héréditaire qui ^ser~t à compter, et que nous retrouverons. ]\Iais il accompagne le nom dans une foule de phrases où il ne s'agit pas de compter, l'n n'a pas toujours eu ce rôle, comme on peut le voir en comparant la vieille le
singulier du
langue à la nôtre. La cantilène d'Eulalie commence ainsi fut Eulalia, Bel avret cors, bellezour
noms
;
l'auteur dit
:
âme. Devant chaque
un beau
corps.
Or
cet
anima
; il
Eulalie fut bonne jeune
nom
en
f.
:
Buona
pulcclla
n'y a point de un auprès des
fille,
plus
belle
une bonne
fille,
becui corps avait,
m., nous mettrions un, une
:
un ne sert évidemment pas à nombrer, puisque chacun article. Dès une époque,
de nous n'a qu'un corps et qu'une âme. ^7n ^st un
un commence à se rencontrer ainsi, sfms-qu'il soit iiéçessajre que l'idée d'unité est suffisamment exprimée par la forme du singulier donnée au nom un faldestoel i oi:t (Viin olifant (il y avait un Rollanz ferit en une pierre bise (Roland fauteuil d'ivoire, Roi.. 609) frappa sur une pierre bise, Ib., 2338). A mesure qu'on avance, un devient plus commun cependant il n'est pas encore régulièrement employé ni au XIV^ s., ni au XV^ s. Même au XVfe s., il ne ]ieut pas être considéré comme ayant conquis sa place définitive. L'usage moderne ne fait encore que s'annoncer.
très ancienne,
^u
sens, alors
:
;
—
:
Un a)
est alors abseni
Là où
il
:
pourrait l'être encore aujourd'hui, par exemple dans les phrases
négatives, et aussi dans des questions où l'on veut donner
compréhension ment pareil ?
—
b)
En
la plus
grande possible
je n'ai
de
outre, soit
ma
:
aux noms une
avez-vous jamais entendu raisonne-
vie rencontré
semblable niais.
au complément d'objet,
soit
après, préposition,
un
LA QUANTITE manque encore souvent
:
le
109
leua grosse armée, (dolet,
roy.,.
Gesl. Fr.
V.. 41).
De même quand
c)
même, Déf.,
tout
:
le nom est accompagné d'adjectifs tels que autre, tel, manière de parler adjoute quelque grâce (du bell.,
telle
II, 9).
Enfin
hiflle
part
n'est obligatoire.
il
Malgré tout, de fortes tendances préparaient déjà C'est ainsi quel^ticle indéfini tendait désormais
modernes.
les régies
:
accompagner régulièrement l'attribut du v^ilie être suys-j'e ung ung guetteur de chemin ? (dolet, ii En/., 32). b) à accompagner les noms compléments d'objet des verbes, quand ils étaient concrets a/in d'éviter une nouvelle guerre {Let. d'Henri IV à de a) à
;
larron,
:
Vil., fév. 1600).
un devenait aussi plus fréquent après une préposition: comparaison de (du bell, Let. in., 49). et ung si juste personnage
c)
nioy
L'article nu en langue
moderne.
INIaupas enseignait résolument l'usage
moy une
-
-
Au commencement du
nouveau
:
j'ai acheté
un
XYII"?
s.,
cheval, prêtez-
j'ai^acheté cheval, le propos seroit béant qui diroit Quarante ans après, Vaugelas posa une règle nouvelle, suivant une chose c'est chose glorieuse, mais laquelle on ne devait plus écrire (I, 353). Il nous est resté beaucoup d'expressions telles que c'est mauvais
espée (111)
voilà espée»
:
'
;
.
:
:
signe.
il
On rencontre aussi désormais un avec manque se prolongent très tard (i). nous en
Il
pas
le
10
nom
Quand
est resté certain
tel,
quoique
autre,
nombre de façons de
parler.
les
exemples où
Un n'accompagne
:
ce
nom
avec en (préposition toute spéciale)
est construit
:
en
on emploj'ait n'est pas introduit dans beaucoup
pareille occasion, en belle posture, en semblable occurrence. (Si
dans, l'article reparaîtrait). L'article
de compléments
prépositionnels
:
approcher
à grande
prudence, précaution, calculer avec exactitude, livrer sur
agir avec
allure,
commande
;
un
lit
à
baldaquin, un fruit à noyau. 2° Dans des phr ases ijnp,ersonnelIes il y a marché tous les samedis, il n'y a pas grand mal; c^esL^oUe, pitié, dommage; c'est chose facile. 30 Dans un certain nombre de locutions verbales faire compliment, insulte, rapport. Beaucoup ont disparu donner bal, recevoir nouvelle, etc. L^Yaleur_,sém,antique de_ un ainsi employé est minime; c'est en réalité un article qui accompagne les noms d'êtres et de choses nombrables, concrè:
:
:
tes,
ou abstraites, non
définies.
Il
marque surtout
qu'ils sont
singulier.
Tout en se corrigeant, M"« de Gournay n'en soutient pas moins ses théories « C'est bien de parler de la sorte J'aii telles affaires en l'esprit que je. n'en dors point, et mal faict de cet homme en de telles affaires que celles-là, et c'est faillir de dire encore telles affaires ; puisque le babil superflu d'un de se rend importun en de endroicts, quoy que puissent prescher nos Critiques. » {Adois, 702 cL h. l., m, 431).
'1) faict
:
dre ainsi ConmieL-on Il ne fut jamais en de
:
:
tels
au
;
CHAPITRE V LES QUANTITÉS IMPRÉCISES
—
Une portion imprécise
d'vine chose partageable. Le français s'est pour exprimer une portion d'une chose i>artageabl«-e-t-ft0n nombralîle. Elle n'existait pas clans la vieille langue, où manger pain signifiait aussi bien manger du pain cjne manger un pain, tandis qu'il est impossible aujourd'hui de dire donnez-moi viande, et que du, de la sont nécessaires devant les noms de clwses non nombrables, qui, tons, sont du singulier du pain ; de la viande. créé une forme
:
:
On comprend tracté avec
Devant guent.
noms
les
Au
facilement l'origine de ces formes.
(parce que deux
le
e
en voyelle,
il
masculin, de s'est con-
-.de le
> del >
n'y a pas eu vocalisation de
/
den
> du.
de l'on-
;
féminin, de et la sont restés distincts. Pour le sens, on est parti des
tours de phrase où de se faisait suivre de le
Au
sourds se suivaient)
poète dit
:
deit
hum
perdre
et del
quir
et
Par exemple dans Roland,
le, la.
del peil
;
(un
homme
doit perdre et
du poil ; il faut comprendre de son cuir et de son poil). Ailleurs on trouve dans le même poème trop a perdu del sanc (2229). Entendre il a trop perdu du sang ou de son sang (cf. ii. ].., i. 1(53). De signifiait en prenant sur, puis il a signifié une partie de, et enfin une certaine quantité de : Et puis si prist des flors et de l'erbe fresce et des fuelles verdes {Auc, 20 = il prit des Heurs et de Therbe fraîche et des feuilles vertes). Cette construction fut longtemps particulière à !'o])jet du verbe. du cuir
et
:
:
:
—
Naissance de l'article partitif. les noms de (ormes par/;/à'es
céder ainsi deviiireiit
391j elle
:
Peu
de véritables articles qui accompagnèrent
en aucuns lieux
conçoit
rt
elle
engendre du
marbre, du iaspe
d
produit du charbon fort
fer,
de faire pré-
à ])eu l'usage
s'étendit de proche en proche. Elles les
noms
utile,
(h. l.,
liv.
i,
habillée
:
ch. 2).
Henri Esticnne donna de cet usage une théorie significative dans formité (p. 50). Par imitation du grec, ;
mais en
réalité
il
accepte encore (ju'on dise
à^ieu près obligatoire.
premières années du
XYII^
de la pour les substances
devenu
l'article
:
la
Con-
manger
nous savons par d'autres témoignages que l'usage de
l'article était dès lors
la est
280,
de l'argent, du plomb, de l'estain, de l'or, du
de toutes espèces de minéraux (i'ai.issy, 35)
en servante, qu'on envoyoit puiser de l'eau (imont.,
pain
ii,
en d'autres lieux
«
s.
Maupas
Il
le
devint tout à fait dès h
déclare qu'on emploie du, de
partageables en parties similaires
»
(111).
s
I'.
Du, de
des choses non nombrables, qui sont toujours, ainsi
LES QUANTITÉS IMPRÉCISES
111
que nous l'avons vu, au singulier (1). S eiales^-eiiJangUÊ moderne certaines locutions verbales ne prennent pas l'article ce sont des locutions composées, telles que avoir peur, faire tort, prendre patience. Certaines furent très discutées au XVIle s., ainsi avoir esprit ou avoir de l'esprit. Ce ne fut aussi qu'après de longues hésitations que l'usage se fixa dans les cas où ces locutions entraient dans une phrase négative ou dans une exclamation. Là le de avait tendance à reparaître que vous avez de tort ! vous n'avez point de tort; ;
:
:
—
:
les
pauvres enfans n'eurent pas moins de peur que quand
Conf., 152)
—
;
je n'aij
pas, interrompit
;
dit aussi
:
mérite
;
— on
—
du théâtre
c'est
les
noms de choses
de la mine
cette étoïïe a
^
tenoii (perk.,
Roy, tant de tort que vous pensez
le
(Menagiana, ir, 281-282). Par analogie, le partitif accompagne aussi montrer de l'impatience
il
du bon
et
—
;
-
;
cette
c'est
abstraites
femme
a
du Hugo
;
:
du -
on jouait du Wagner.
En langue contemporaine,
développement de cet
le
article est consi-
dérable, Ainsi avec le verbe faire. Les médecins disent qu'un
de l'ataxie, de la typhoïde;
—
les
malade
fuit
automobilistes font du quatre-vingts à
l'heure, etc.
De Il
—
et de la.
Aux deux
a toujours été d'usage,
nom, d'employer de
genres,
quand un
aussi bien
il
se présente
une
difïiculté
de forme.
a^djeçtiLse trouvait entre l'article et le
que du ou delà. Maupas
a
posé en règle que
dêVant"adjectif de suffisait et qu'il ne faut pas écrire de la fine soije. Celte règle est encore dans toutes les grammaires. Mais l'usage ne s'y conforme guère.
Une femme
qui demanderait dans un magasin je veux de fine gancr, demander plusieurs (de fines ganses). Cf. il faut de gros fil. modernes ont fini par suivre l'exemple de la langue populaire, :
aurait l'air d'en
Les écrivains et
même
par écrire
devant adjectif du, de
de la tonne terre (barb., lamb., 160)
;
de la propre besogne (zola, Cont. Nin., 53) d'été
comme
te
la.
—
Car
le
Retrousse
—
;
parc Monceau, ouvert la nuit,
oii
—
peuple après
tout, c'est
manches, fais-moi
tes
il devrait y avoir ici un jardin on entendrait de la très bonne
musique (maupas., Bel Ami, 11) Flaubert déclarait... que pas un imprin'avait de la bonne encre (zola, Romane, 217). :
meur de Paris Quelque.
— Pour
exprinier une quantité
partageable, on se sert aussi de quelque
il
:
non précise d'une chose non y a quelque vertu à faire cela
;
vous aurez quelque peine.
On trouvera
plus loin d'autres expressions telles que
nombrables
:
il
:
peu, guère, beau-
aux chosesjiau-Hombrables et aux choses ne gagne guère d'argent il gagne beaucoup d'argent.
coup, qui s'appliquent également
;
—
(1) Quelques csceplions : manger des confitures ; mais on appelle confiture toutes sortes de confiseries qui forment non pas une masse, mais des morceaux détachés : pâtes d'Auvergne, etc. Il est intéressant de comparer du raisin, des raisins, un raisin (une portion de raisins).
CHAPITRE VI LES CHOSES NOMBRABLES
Naissance de
—
l'article des.
Ihcoriqucmcnt. au
quand
pluriel,
s'agissait
d'exprimer une certaine quantité de choses nonibrables,il
de mettre
le
nom
des formes du, de
au
pluriel.
nombrables au
ciioses
Mais par un progrès tout à
la, le pluriel des s'introduisit
pluriel.
Ce fut d'abord un
analogue à celui
noms d'êtres ou de
partitif.
Puis
le sens s'ef-
noms qui n'exprimaient aucune-
faça et de proche en proche, des gagna les
ment une
fait
auprès des
il
suffisait
De: vos donra des terres que il tient ou de: si vos on passe à si vos donra des terres. Ce cfesservit-de pluriel à un (1). Il faut bien le remarquer. Malgré la ressempartie d'un tout.
donra assez des
terres,
:
blance des formes, du, de la d'une part
et
des de l'autre n'appartiennent plus
même série d'articles. Aussi est-ce une erreur que de leur appliquer les mêmes règles. Du et des arrivent à se rejoindre. Comme on dit la truite à la
:
abonde dans
cette rivière
=
(
les truites)
en employant
le singulier
d'espèce,
on construit le partitif avec ce singulier il y a de la truite dcms ce lac, on exprime une idée très voisine de il y a (les truites (êtres nombrables). Mais c'est là un cas particulier._Du est un partitif, des est le pluriel de un. si
:
Les deux formes des étaient en concurrence // I.
n'y eust jamais de 90, M.)
chaulde
si
— Jehan
:
:
— Elles coexistaient déjà en moyen
bonnes nopces
;
cf.
h. l.,
i,
I^ajinême incertitude persistait au Recli., VIII, ch. 14, II,
270
;
cf.
H. L.,
II,
t.
qu'il n'en y eust de
de Paris envoya au roy
de Par., 48
(.7.
et de.
conyiwy des grans dames {Chev. de
je
i,
p.
787 C)
;
d'
f.
la T. L., 23)
;
et
—
mal disnés (comm.,
Angleterre de viande toute
463-4).
XVP
s.
:
de simples femmelettes (pasq.,
— des grands seigneurs (d'aub.,
Œuvr.,
^^
391, 433).
Au XVIle s., Malherbe et Maupas estimaient qu'on devait dice/tfg; qu and [e^nom est précédé d'un adjectif, et Vaugclas considérait cette règîe comiiic essentielle
:
il
y a û*excellens hommes;
il
y a des hommes
excejjeiis (ii,
(>;.
probablement une des règles de rigueur dans la bonne compagnie. Mais il s'en faut bien qu'elle fût appliquée par ceux qui écrivaient on trouve souvent alors ,d!e, et non des, devant le substantji-: tes lèvres sont d'appas C'était là
;
dont l'esprit s'empoisonne (mayn.,
i,
47);
— Adieu,
belles rosfisseries
Où
j'ay
Le pluriel ancien uns (conservé de nos jours dans les uns, qurlqucs-uns) avait un rôle spé(1 que nous avons vu. Il se mettait prés des objets composés de plusieurs parties i7 avoil une (jramie luire filus noire qu'une carbouclée, cl...- avoil unes grandes jocs cl uns grans dens. )
cial,
tAnc,
:
21). V. p. 98.
I
LES CHOSES NOMBRABLES veii
fumer d'aloyaux
am..
(s^
217).
i.
113
— Inversement des
se
rencontre devant
adjectif.
En
langue moderne
On
liers.
dit bien
:
maintenue, sauf quelques cas particumais on peut dire aussi, si l'on
ia règle a été
nç_semez point de fleurs
veut faire une opposition
;
ne semez point des
—
fleurs, semez des légumes France épuisée ne demande pas des louanges, mais des réparations. Si-lladjjectif forme avec le nom un nom composé, naturellement la règle des belles-mères, des francs-maçons, du pain blanc, du ne s'applique pas :
;
la
:
vin rouge.
jv gle
même
faut ajouter que
Il
pst,_soLivent
dans
violée parles écrivains.
d'exemples. (Cf. bastin, Glanures, 45).
nombre Fera des
les cas
où
Nyrop a
elle est applicable, cette
cité
(ii,
362-4) une foule
serait facile d'en centupler le
Il
mais notre grande sera unique comme assez analogues aux meilleures populations du Liban, mais avec ie don que n'ont pas celles-ci de fournir des grands hommes (ren., .Jés., cli. ix) des remèdes pour des petites blessures (loti. Péch. d'Isl., 74); des bébés... jouaient dans le sable comme des petits chiens (herv., Flirt, yO) un imbécile se croirait là chez des honnêtes femmes (maupass., Yv., 15j. JIla4islfr langue parlée, on entend à chaque instant des pour de. Il s'en faut bien pourtant que l'usage der/essoit aussi étendu que celui de du. Tel homme cultivé qui parle sans hésiter de boire du bon vin, ne dira jamais voir des beaux pays. :
petites éditions qui voudra,
(volt.. Let.. 25 juin 1761)
;
— on peut
se les figurer
;
—
;
— —
!
:
—
Expressions de quantité qui accompagnent les noms. Pour exprimer une quantité imprécise d'êtres ou de choses nombrables, on se sert de divers adjectifs, d'adverbes, d'expressions nominales.
Certains adjectifs sont
vieillis.
Maint. L'origine en est inconnue. Elle n'est peut-être pas latine. Ce mot est demeuré très en usage jusque vers la fin du XYII*" s., Vaugelas le trouvait poétique (i. 252, ii, 410), La Bruyère le regrettait. Cet adjectif ne traîne plus qu'un reste de vie
n
Quant,
marquait
l'égalité).
fois, toutes et
miracle
en maintes occasions (h,
:
Il
a vécu jusqu'au
quantes fois
flottait
(malh.,
Petites quantités. chercher à savoir
Et
si
et
:
m,
298).
~~ Quantes
XVII^
s.,
dans
fois Lorsque
les
sur
expressions quantes
les
ondes, Ce nouveau
47).
r,
—
certains, plusieurs, plus
ferme.
l.,
servait à l'interrogation, mais aussi à l'exclamation (outre qu'i'
1°
d'un
On emploie :
divers...
aujourd'hui
orateurs se
les adjectifs
succédèrent
;
:
—
divers,
Sans
sans considérer Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus
plusieurs s'en vont qui devraient demeurer (v. h., Chat., Ult.
verba). ^^[adjectif le plus usité aujourd'hui est
:
quelque, qui,
composé depuis
le
moyen français, a fini par se souder en un mot unique il n'avait que quelques hommes on trouve là quelques vestiges de l'ancien château. 20 On se sert aussi de nombres précis, qui prennent un sens vague. Dans ;
BRUXOT
—
:
a
LES NOMBRES
114
l'ancienne langue, deux servait ainsi souvent pour désigner une quantité très petite. On le faisait suivre de noms de matières d'une faible valeur :
denier, esperon, espi, ferdin, /éiu, nois, parisis, pois
ail, dé,
:
il
ne vos prisent
A moi, comte, deux 1. m. pas deux liards. 7>o/s, quatre apparaissent aussi très souvent dans l'ancienne langue On
vaillant deus espérons.
mots (corn.. Cid, 397)
;
retrouve ce deux en
—
cela ne valait
de
quatre
:
Geste, plus
Ça
dit
pas
d'ici je te le fais savoir
la
quatre fois
:
—
—
;
On
1685)'
i^RoL,
;"'—
A
Nous disons encore
(cohn., Çid, 403).
:
quatre trois
ou
ne pas dire quatre mots, etc.
On emploie
30 teurs
milliers
des adverbes de quantité
on n'a guère tiré de coups de
:
peu, yurrr
:
fui vu peu d'ache-
fusil.
nominales certaines d'entre elles sont figuune goutte, une larme, un soupçon, un nuage de on mange une bouchée, un morceau, une miette 'de pain (cf. gros lait — an demande une pincée de sel, etc.. connue une noisette de viande) 40
rées
se sert d'expressions
on prend dans son
:
:
thé
—
:
:
—
Grandes quantités. un mot béréditaire
avait
beaucoup, bien, pas mal
hommes
des
Oh
:
— L'ancienne langue on aujourd'hui — beaucoup d'hypothèses sont possibles — bien Adverbes de quantité.
1°
mont, moult, qui a disparu
ont cru à ce miracle. V.n exclamai
ont passé. Ce que est
Nombres
20
\
11..
IL
nigairc
précis.
dique (sept jours)
ioti.
gue de, combien, tant dr
—
:
Ils
et
Omb.. Occano nox)
ce (îU%>n en n vu
commencent
plus de sept gui accepteraient. (De
(Durmart le Gcdl., 4391). Le nombre trente-six a dans //i'(/
-
!
—
;
la
interrompu trente-six fois
Vingt
même
en
langue ;
i)artis
tant de générations !
un nombre fatinombre // y en a
à sept; sept est
a.
si l'en
f..
i)opul:iirc
un
:
mercie bien sept fois
cm[)l()i particulier
fois sur le métier remettez votre
ouvrage
:
(boil., Art p.,
mille songes affreux, mille images sanglantes
plutôt
mille
174)
amas
;
c'est là
sa place,
un
même
nombre
de carnage
i)rocédé.
et
d'horreur (coiîn..
conforme aux
216).
du langage.
(|ui a
Ou
Malherbe
ces laçons de i)arler.
lui
lois
Ilor.,
Il
a^•ait
parfaitement
en ])oésie.
30 l^xPRESSiONS
de et
—
on employail devant
protestait
:
:
voir trente-six chandelles. Vingt, cent,
mille sont très classiques i,
:
jogeux pour
ce qu'// j>rend
plus de sept signifie un assez grand
;
:
:
com^bien de marins, combien de capitaines, Qui sont
!
des courses lointaines (v.
//
dit
;
de,
NOMINALES.
—
Dcux
sonl à uicUrc à part, c'est quantité
qui s'emploient sans articles
comme
de véritables expres-
sions quantitatives.
Force dans
le
sens de i)eaucoui), que Bulïier Irouvail
La Fontaine
vieilli (par.
333). a
moutons. Cette expression n'est cependant pas d'un grand usage. On dit une quantité, un grand nombre, une foule. Les expressions figurées sont aussi fort nombreuses peut-être été sauvé par
le
vers de
:
j'ai dévoré force
:
LES CHOSES
NOM ERABLES
115
une file, une enfilée, une enfilade, une queue, une kyrielle, un chapelet. Celles-là un chapelet d'injures, se rapportent à des choses formées en longues lignes :
une enfilade de colonnes. Une pluie, un déluge, une avalanche se disent de choses qui semblent tomber
un déluge de maux, une bordée d'injures ; noms de mesures une poignée, une hottée. La langue est extraordinaire:
{qui éclatent
comme une bordée
relatives au
volume
ment
:
de canon). D'autres sont des
riche en expressions de cette sorte.
Un
de ces
indique
collectifs
On
toute sorte de (cf. divers).
l'usage est encore libre
La
en
la variété
même temps
que
le
nombre,
c'est
a hésité à le mettre ou au singulier ou au pluriel
:
espèce de).
(cf. toute
— Pour exprimer
quajitité approximative.
l'idée
façon approximative, on peut se contenter souvent de
de quantité d'une
pxiiii.dre
un nom
tel
que^une douzaine^ une vingtaine, une e^nfainv^, qui ne signifie pas toujours environ. dcmzer-t^ingt, cent ; ou bien on a recours à un adverbe spécial Étymologiquement il signihe en tournant autour (cf. virer). Il arrive naturellement à s'appliquer aux mesures de quantité qui marquent l'approximation il m'en faudrait environ deux cents. On use aussi d'autres adverbes :
:
:
:
à peu près, autour de
;
il
en a emporté à peu près vingt. Quelque se place sou-
vent devant le nom de nombre pour marquer que ce nombre ne doit pas être considéré dans sa précision arithmétique quelzques sept OU huyt cens :
personnes (Comm., Il
i,
207).
arrivait souvent dans la_\ieille langue, et dans la langue classique
jiuelq ue, dans ce sens, eût la dit.,
399).
marque du
Aujourd'hui, avec
nombre une valeur
pluriel
quelques
s,
:
que
quelques huit jours (corn.,
prendrait devant
le
nom
de
de^ multiplicateur, ce qui serait tout différent de la
valeur qu'il a dans les exemples cités
quelques cent mille francs voudrait
:
dire plusieurs centaines. Quelque au sens d'environ a en effet été déclaré
invariable par Vaugelas
Nous disons ans.
Ou
(i.
55
;
h. l.,
aussi -.quelque chose
bien nous marquons
m,
520).
comme, dans
les limites
les
:
elle
de deux à trois mois, des enfants entre trois et quatre ans trois
au
a dans les quarante
entre lesquelles :
il
faut se tenir
:
— deux au moins,
plus.
Nominaux numéraux. — voir s'emploient
Plusi£iirs^4e^expressions que nous venons de
comme nominaux
:
puisque beaucoup
.s'en
vont;
— Combien
Omb., Oceano nox). Cet emploi de beaucoup a été l'objet de controverses au XIX^ s. Pouvait-on dire beaucoup ont étudié? Les puristes rejetaient cette forme. On ne voit pas cependant pourquoi la langue n'accepterait pas beaucoup comme sujet, alors qu'elle tolère parfaitement peu : peu y réussissent. Tant numéral, est très usité Un d'eux, le plus hardi, mais Combien ce poulet ? C'est tant.
ont disparu, dure
et triste
fortune
!
(v. h.,
R.
et
:
:
—
—
non pas le plus sage, promit d'en rendre tant (la font., Fab., vi, 4); Tant pour les coups de fouet qu'il reçut à la porte. César, tant pour l'amen, tant
LES NOMBRES
116
pour V alléluia (v. h.. Chat., A un martyr). De là tant et plus, qui a le sens de 1). beaucoup (cf. en mathématiques n 11 arrive souvent que l'adjectif et le nominal ont une f^rme différente quelques, quelques-uns. Quelques-uns est formé de quelques et du pluriel uns, que nous avons déjà vu. Ce nominal peut s'emploj^er, soit avec un
+
:
complément quelques-uns d'entre vous, soit seul quelques-uns estiment. un peu Pendant longtemps on disait aussi aucuns. Aujourd'hui la forme est d'aucuns : il y en a d'aucunes qui prennent des archaïque du reste maris seulement pour se tirer^'de la contrainte de leurs parents (mol., Mal. :
:
—
—
im., u, 6)
—
;
ioffense, la
Tristapatte est jeune, bien bâti
femme
s'était
;
d'aucuns prétendent qu'avant
déjà vengée (muss., Let. Dup.,
let. 3).
Jadis autre, soit au singulier, soit au pluriel, s'employait sans article.
Desportes écrivait encore (EL,
I,
9).
—
La forme
-
:
et
par mesmes appasts, autres pourchasseront,
autres s'est conservée jusqu'à l'époque classique.
Malherbe a exigé d'autres
(iv, 364).
On
le
trouve au singulier
:
mais je ne par suite
sfrai point à d'autre qu'à Valère (mol., Tart., 817). Aujourd'hui,
de la concurrence de de et de des, on tend à dire des autres
:
vous en trou-
verez des autres.
A
autre au singulier
ne se trouve plus en rien qu'un
manchon
f.
et
on ajoutait souvent en a. f. tel : outre m. Nous ne dirions plus avec Malherbe
quelques gants
et
tel. :
elle
Le mot ne prit
autres telles gentillesses (m, 126).
Nous disons et autres semblables, et autres ejusdem farinœ. Autrui -^^lUrai est une ancienne forme de autre, à laquelle nous reviendrons c'est un vrai_lype de nominal indéterminé. Il a été sauvé par Vaugelas. Malgré cela, on peut dire qu'il n'entre plus que dans un petit nombre :
;
d'expressions
:
le
bien d'autrui, ne pas faire à autrui, etc.
que des personnes.
Il
Il
ne désigne jamais
s'emploie aussi bien pour désigner une personne que
plusieurs.
devenu qu'au XYII^ s., un mot composé de genre où -le nomnéminin chose n'a plus donné son genre^-à l'expression (v.vuG., I, 354 ménage, 0., 46; n. l., m, 518). On remarquera la différence eu comparant à une chose : une chose m'inquiète et elle est graxie^ quelque chose m'inquiète et cela est sérieux. La Mothe le Vayer estimait encore que ai-je fait quelque chose que vous n'ayez fait, ou faite étaient tous deux bons (Œuv., II, 639). ^Quelqiie chose n'est
nîascïîlin,
;
:
i
CHAPITRE
VII
QUANTITÉS PRÉCISES
Caractère grammatical des
noms
naux, ou adjectifs ou représentants
maisons
six
et trois
:
—
de nombre.
six et trois font
pièces de terre (adjectif)
-
;
Ils
sont ou nomi-
neuf (nominaux)
gues (adjectif), trois seulement sont venus (représentant nominal)
demandent
—
;
j'avais convoqué six collè(1).
Prenons un. Il était ^/âutref^^ usuel comme nominal Comme un qui prend une coupe (ronsard, un qui n'avait jamais sorti de Corintbe (rac. v, 496 '^—P^/ch., B. de F., 84) H. L., III, 300). Ce n'est pas du tout la même chose que quand nous disons Ici un re]néJe voulais des perdreaux, je n'en ai trouvé çu'un au marché. Ces^-^emplois
à n'être pas confondus. :
:
—
;
:
—
sente un perdreau.
même
de trois
maigre, la
est
Il
hommes,
tête
accompagné de n'en
il
est resté
en. à l'efTet d'établir le lien.
qu'un.
—
Cf.
De
un, très jeune, petit
:
et
à moitié emportée, serrait sur son cœur... une photographie de
i
femme (zola, Déb.,
336).
j
IZéro. — Zéro
est
un mol récent
-avec la ««mération arabe
;
(le
un nominal (qu'avez-vous obtenu
?
a
grandement contribué
à son
que
:
j'ai
qui s'est introduit
chiffre),
un nom
zéro
(le
zéro) et un'lidjcctif.
fluencé de l'école, les enfants disent
0,75.
même
c'est à la fois
est éliminatoire),
En
effet,
sous
développement dans
commerce
le
—
L'adjectif hérédilaii e. c"est nul, nule (au], Adjectifs = zéro. On peut théoriquement l'employer partout, même au pluriel.
—
Ma
l'in-
eu zéro faute. Le système décimal 0,50,
:
nulle). //
n'a
un but à ma lyre. Plus juste que nulleS^^Tj. amours (malh., i, 210). EnJaiUJi-est -4e moins en moins usité. 4*ersonne ne dira je n'ai nuls buts. — Mais au^ingulier, il est encore fort commun nulles excuses.
Reine
est
:
:
je
n'en ai nulle envie
lui seul
pense
;
-
je
n'en éprouve nul besoin.
homme.
n'est plus négatif à
accompagner de ne nul ne sait ce que mots tel.s que aucun, ont tous été assimilés les uns aux autres. Ils ne
dans une phrase, mais
cet
Il
se fait
:
C'est la conséquence de l'évolution des
dont nous allons parler.
Ils
sont plus proprement ni des négatifs ni des positifs.
Aucun l'a
était originairement
un mot
positif.
transformé. Oudin dit vers 1640 que
rable à
il 11
a aucunes personnes (h.
l.,
La contagion de
(1) En certains cas, les nominaux deviennent de véritables des Cinq Cents le conseil des Cinq, etc. ;
—
la négation
y a quelques personnes est préféni, 521 ). Mais on trouve encore à cette il
nnr.i!-
:
les
Quarante;
—
le
conseil
LES XOMIiRES
118
l'poque aucun clans son ancien sens, pour peu que la phiase soil hypothétique. Ainsi voici
une phrase de Descartes
J'étais en l'une des plus célèbres
:
pensais qu'il devait y avoir de savants homnws, s'il y en avait en aucun endroit de la terre (Méth., 21). Peu à peu. en qualité d'adjectif, il tend à renq>lacer nul : Je ne connais aucun peintre ryj// le vaille.
où
écoles de l'Europe,
NoiNiiNAUx
=
originairement
je
—
ZÉRO.
La langue avait
Tous deux avaient
1007, les exemples parlé
je n'ai
:
:
— à âme. —
?
âme
je
et corps
sous l'inflence des phrases négatives où
fini,
raient, par prendre le sens de personne
Nous disons encore
ayant eu d'homme.
.cIcs^jK)niinaux|>osi44l«
valeur de une personne. C'était
la
:
âme
pas rencontré
âme
n'ay veu
d'homme
corps
figu-
Maupas donne, en
qui vive.
à qui parler (190)
ils
n'était avec moi. -
A
;
qui avez-vous
Mais en 1638, ce dernier exemple est supprimé (179). sens é'aucun homme, nous employons nul : que nul ne s'y frotte
^
Dans le ! Nous employons surtout personne Personne n'est venu ; je ne connais personne de si peureux. Le mot est alors un nominal masculin. Ce changement est récent. Vaugelas estimait encore qu'on pouvait dire je ne connais personne si heureuse qu'elle (i. 59). Et jusqu'au XVI II*' s., les grammai-
—
:
:
exemples analogues
riens citent des
:
n'y a personne qui soit plus votre
/'/
servante que moi (des.m., Qram., 318). Cet exemjjle n'est
i)as
probant.
accompagner de la négation, quoiqu'il ail j^ris lui-même l)ar contagion un sens négatif: Qui reste en arrière? Personne (déroul., Ch. du sold.). 11 y a lieu du reste d'y regarder de près. En vérité personne lient la place dnjuudqu'un, sitôt que la phrase prend une nuance négative (jui... ne veut pas que personne vous parle ! (mol., Méd. m. /., m, 3). Aucun nominal, comme aucun adjectif, avait autrefois le sens positif de satisfaction, je n'en fis de ma vie. Et d'éclaireir aucun je n'en ay nulle envie Personne se
fait
:
:
(d'ouv., Espr. A'u/,
follet,
t).
i.
nominal, ne s'emploie que
prit hors
nous
et
comme
détachez vers lui nulle de vos pensées
n'y a celui
..Il
sion
:
//
sujet
du verbe Nul :
(
:
n'i
ad celui ki mot sunt(Rol., 411)
celuy qui ne s'intéressât de leurs mau.v (vaug., Q.
mode
à la fin
du XVII^
alc.
s., (cf.
Pas un était fréquent chez les classiques pas un ne réclame (moi,., Ec. d. /., 92). Il
:
—
ne recula
(v. h.. Chat..
de
C,
s*
Mais,
n'y eut
il
:
//
n'y a celui
comme un
saint que
toujours d'usage
:
Pas un
Exp.).
nuit à bien dormir
comme
ne
MAURici:,/?rm., 68).
je serais
est
v, 5).
Rien est aujourd'hui un nominal négatif, qui signifie aucune chose 'ser la
:
Val de Gr., 216).
Les_classiqux^ employaient encore souvent celte exinr.^
n'y a celui qui
a passé de
n'eaira de l'es-
nos amis (moi,., F. sav., 924). Molière disait encore
et le
jour à rien faire;
il.a 4{é-pûsitif,
il
négative ou. hypothétique avec (1) .\uticiois on lioinMil rien Bérénice (rac, Bér., 1147).
( 1 )
entre encore dans des phrases le
sens de quelque chose
accompaRnô de ne
:
:
pas
Qu'attendez-vous? Rien.
:
4
nuance
j'aurois cru faire'
"mix ne comptez pourj rien
les
pleurs de
QUANTITÉS PRÉCISES un crime à vous rien déguiser consultez-vous bien I]n
même
temps,
a.
f.
(Id.,
Am.
une souffrance inouïe, comparable (v.
ii..
Trav., Hetz..
Sa forme moderne nécmi
m,
1)
;
//?a/.s
à la mode, \\, 5) et
;
—
rien, soulevait les
ii, 1 17).
que
nient), est aiissi ancien
4Htlverbe, tantôt de^n^m'u^l; fuir s'en lii(ifi).
119
h. cohx., Ch. de la Voix,
que d'en rien faire
(iinuil
muscles crispés de GiU.iall
Séant (en
(i
langue mais ne H
la
voelt,
;
servait tantôt
il
valt nient {Roi.,
est encore très usitée, en comptabilité
par
exemple.
Renforcement des mots qui signifient de rien,
tiers l'idée
rien de rien
:
il
par des additions
soil
abstraite par une image. et
on
f cure,
la fait
les
d'
A
.
:
-
:
jyas //
un
zéro.
zeste
;
:
mois complélifs de négation).
soit
On
un
renforce volon-
monde, rien du
fout,
en remplaçant l'idée
1res j)elite eL
—pas
ne vaut pas
-
rien (ni
à se mettre
On prend une chose
précéder de pas
pas une panse
comparera
monde
n'a rien au
:
de nulle valeur,
fi ferlin ;
les cjuatre fers
—
//
n'a rien
ci
d'un chien. (On
CHAPITRE
NUMÉRATION DE UN La quantité précise est l'objet des
VIII
UN MILLIARD
A
matliéinatiques,c'est-à-dire qu'elle a une
terminologie spéciale, très développée et très complexe. ici
que ce qui
fait partie
du langage courant,
et
Nous n'examinerons
tout d'abord la numération.
— La numération française est composite;
Origine des numéraux. nombres qui y entrent sonl,
les
uns d'origine latine,
les
les
autres d'origine
celtique, d'autres enfin d'origine Irançaise.
Vu
— en
a.
était déclinable
f.
MASC. ,
Suj.
uns
une
Ré^.
un
une
SiNGUL'EU
les
i
un
unes
uns
unes
Pluriel (
Il
:
FÉM.
'
ne subsiste plus aujourd'luii au pluriel que dans (juelques expressions
:
uns, les unes, quelejues-uns. quelques-unes.
Deux
était aussi déclinable en a. Suj.
Rég.
Trois se déclinait aussi
f.
does docs (1).
(lui,
dos,
dcus,
:
Musc. Il
ci
Irris
Rég.
iieis
Ireis
Cinq, six, sept, huit, neuf, dix,
Xculrc
l'cm.
Suj.
ireic
o.ize, ilou:e, treize,
quatorze, quinze, seize
sont des mots héréditaii;es tHvariaLlçs^
Pour auquel
dix-sept, dix-huit, dix-neuf... s'est
on
ajouté celui des unités.
l'introduction do
et
:
dix et sept
a
On
com])té par c()ni])te
le
donc
cbilïrc des dizaines, f>ar
addlUo^^cVoù.
(2).
ambes); Ambe (fém.) (1) En a. f. un autre mot signifiait Us deux (masculin anz, féminin souvent avec le masculin dui ; on le trouve sous cette forme dans le Roland: ambedui uni merveiUus vussclage (1094). Il a vécu jusqu'au XII« s., on ne le trouve plus dans :
:
s'accolait Joinville.
(2) Kn a. f. el était régulier. 11 se rencontre encore fréquemment au X> I« s. Au XVJI« s., les grammairiens ne furent pas tous du même avis. Ménage voulait (lu'on dît vingt el un, trev.ic et un, soixante et un, mais il admettait cent un, quatre-vingt-un {().. i, 482). Les écrivains du Umps emploient le plus souvent la conjonction L'n aiug de vingt et deux ans (bai./., i, 187) soixan e et neuf professes (iîac, iv, 619, P.-R.). Mais dès in fin du XVll» s., l'emploi de la con:
:
:
NUMÉRATION DE UN A UN MILLIARD a
121
—
noms
des dizaines. Pour les nombres des dizaines, eu recours en même temps à des systèmes différents
Les
langue
la
:
1° Dix, vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, sont d'origine latine,
aussi
et
XA44*
huitante (ocLante>^ nouante.
sti£tcinte,
s.,
trois cent
encore que Vaugelas
Ils
condamnés
eût
les
étaient très usuels au (ii,
111)
septante neuf livres douze sous huit deniers
(MOL., B. G.,
III,
4)
^
;
il
ci
:
quatre mille
marchcuid
votre
eut ordre de former une assemblée vénérable de
septante Conseillers (boss., Hist. univ., 2° p., eh. m). 2° D'autre part, nous employons encore quatre-vingts. C'étuiX un système celtique de iiuniératloîLJ22r 20, autrefois d'un emploi étendu ^-^ix^Ingts, sept-vingts,
onze-vingts, quatorze-vingts,
on
;
disait
Cette numération
etc.
par vingt n'a subsisté que dans quelques rares expressions, telles que
r Hôpital des Quinze-Vingts. Six-vingts, encore usuel au XYIII^
et
s.,
:
que
l'Académie approuvait en 1762, a disparu ainsi que sept-vingts et huitvingts
:
Remarquez que dans
reprendre, s.
Cin.,
3°
que la pièce
et
Xle
A
des deux systèmes préPendant longtemps on a dit deux vingt et
vingt on ajoutait dix.
Dans
soixante-dix,
et
dix. etc., d'où quatre-vingt-dix.
on conserve
m ais_à_uiie_ dizaine
même
le
mais avec cette bizarrerie qu'on ajoute
Il
n'y a presque que deux mots à
rem.). Reste quatre-vingts.
dix (pour 50), trois vingt
lête,
il
depuis six-vingtS ans (volt.. Comment.
Qua tre-vinQt-dhLX£^U]:J^s,e^^-nne cornhmaison
cédents.
40
scène
cette
est faite
rf/.r
procédé d'addition de dix.
non pas à un nombre de
faut noter que dans beaucoup de provincesJej2fuplc a résisté,
malgré
les élégants, à dire septante
mai^ Mitante (octante)
Orthographe de
vingt,
soixante.
:
est
quarante; de
même
et s'en-
nouante;
mort.
vingt et cent.
graphe de vingt et de
comme
cent, étaient
— Les règles actuelles, relatives à l'orthoinconnues au
XVP et au XYIP
s.,
:
Pals-
grave déclarait seulement que vingt et cent restent invariables, quand ne sont pas multipliés, que sinon, ne se souciait alors de savoir vait quatre^ Vingts inodei-ne^ est
et
si
ils
prennent
De même
la fin
du
comme
XVIP
deux s.,
ils
Meigret. Personne
un autre nom de nombre
un. deux cents nulle
une inyeution de
s.
suivait
cents, etc.
;
on
La
écri-
règle
dont l'auteur n'a pas
encore été retrouvé. Elle fut acceptée par les grammairiens de la fin du siècle,
les
bien que l'Académie en 1762 l'ignorât encore. Elle a passé de là dans
manuels. Que perdrait-on à l'abandonner
Mille avait plusieurs formes
:
?
mil. qui représentait la
forme singulière.
j(>nction devient ]ilu^ rnr^, 1" Académie l'abandonne. Notre langue actuelle conserve encore t'inçit et un, Irrnlc et un, quarante cl un, cinquante et un. Elle a cessé de dire cent et un (Le livre des Cent et un). La conjonction est certainement appelée à disparaître dans ce cas-là, comme elle a fini de disparaître de cent et un. Il est vrai qu'on entend dans vingt-deux un / ; on s'est demandé s'il n'y avait pas là un reste de vingt et deux. d'une analogie de trente deux, quarante trois.
11
est plus
probable que nous sommes en présence
LES NOMBRES
122
forme
nulle, qui coiTespoiulait à la
plurielle. C'est celte
trouve aujourd'hui écrite mille (pron.
se
:
mil).
La langue
seconde forme qui a tout à faitperdu
sentiment qu'il y avait là un pluriel. i\/iZ et mille coexistaient en a. f., employés à peu près indilîéremment c'est ainsi que l'on trouve souvent mil Cel jorn i oui cent mil lairmes ploredes {AL, cxix, 5). jiour le pluriel On commença à légiférer à ce sujet au début du XVIIe s. Oudin et Richelet (1680) n'admettent plus mil qu'en parlant des années; Vaugelas avait
le
;
:
observer que mille
lait
Ménage
(0.,
a^•ec l's
du
La
ii,
n'avoit point de pluriel »; c'est aussi l'avis de
«
pluriel chez certains écrivains.
règle s'est
on trouvait milleLeur exemple n'a pas été suivi.
116). C'est qu'il arrivait que. par analogie,
imposée dès
le
XVIIF
—
Les gros nombres.
s.
Au
tleJà de /;)///(' on comptait autrefois i)ar au delà on ne comptait i)lus (ii. i., ii. 31011 III, 470). A quoi bon de gros nombres précis, alors que rien n'en faisait sentir le besoin? Pour désigner un nombre^énorme, on employait l'-expres-
dizaines et centaines de mille
;
:
Tant de milliasses d'hommes enlerrez avant nous nous encousi bonne compagnie dans Vautre monde S'il fallait préciser, on disait dix fols cent mille : (mont., I, 171. L.). milante mil (g. dk coincv, 187. 32 1). Les premiers exemples dé million vion mllllasse
:
raqent à ne craindre d'aller trouver
—
apparaissent chez
Commynes
xLoule d'origine italienne. million (lem.
dk
bp:i,c..,
(Euvr.,
on
f>eult
Mans
m,
l^rsins.
XVL'
s.
:
Le mot (de)
est
sans
Nfimphes un
106).
la
cent mille millions de fois (lah., lùifiii
dans .hivénal des
numération demeura ]onglem|« incertaine bien conter millions p/».s de mille (i.km. dk iîklc, Œuv., m, 130)
Au-dessus d'un million, (Idiil
et
devint courant au
Il
les i:sc.,
i,
3).
milliard apparut, mais avec une valeur variable.
Dans
{Arilh., 1554, 2 r») iUsignifie million de millions, c'est en
n^imbre vague,
comme
Peletier du
somme un
mllliasse^Cc n'est que de nos jours, que par la faute
des budgets croissants,
le
mot
est
devenu courant.
JCrilllon,
^mUfillion
restent de pures expressions arithmélicpies. /O" k>nd à remplacer les bres démesurés.
:
;
nom-
CHAPITRE IX
LES MESURES
—
Tradition et système métrique. Le français noms de mesure qui re;nontenl au gaulois, comjae avait pris en outre
comme
actuel a encore des limite
^~sppcaL On
types touTe~ê^spece d'objets de diverses dimen-
Tantôt on tirait, comme nous l'avons vu, un dérivé du nom d'un vase, ou d'un contenant quelconque une cuillerée, une uerrée, une cluirrelée. tantôt on se servait du nom même de ce contenant un sac, un pcuiier de poires, un lonneau de vin, une cuiller de sirop. 11 est impossible d'entrer ici dans le détail de ces mesures, qui sont en nombre énorme paire, couple, douzaine, grosse, main, rame : pour les lonpour les surfaces, hommée. ânée, journée, i^ueurs, nœud, brasse, mille perche: pour les volumes et les capacités, queue, barrique, boisseau, corde, sions, pied, pouce, boisseau, etc.
:
:
:
:
moule.
Le système métrique
a introduit une
nomenclature
ont été pris au_grecjçru au pseudo-grec,
et ils
officielle.
Les noms
ne sont pas des trouvailles
linguistiques, tant s'en fauL
Ces
noms ont eu beaucoup de mal à
s'introduire en France
;
ils
ont ren-
contré uûe\-ive résistance. Les habitudes des diverses professions ont
même
contrecarré la diffusion de certaines de ces mesures, de telle sorte que l'État a
dû
tolérer des
noms
anciens, mais en général l'Administration les a
rapportés aux mesures nouvelles
riablement 500
;
c'est ainsi
que
la livre a
représenté inva-
gr.
Les moeurs ont contribué du reste à répandre certains noms de mesure. les hommes de lettres n'entrevoyaient qu'avec horreur l'idée de
Vers 1840,
remplacer lieue par kilomètre. Alphonse Karr lançait ses Guêpes à l'attaque (les
compte par kilomètres, la officiels, si bien que l'eximmédiatement comprise par tout le
décimalistes. Aujourd'hui les étapes où on
bicylette. l'automobile ont vulgarisé les
pression /aire du trente à l'heure est
monde
sans
même
cpie kilomètre soit
noms
exprimé
!
—
Nouvelles linités légales de mesure. La loi du 2 avril 1919, du décret du 26 juillet, -a institué de nouvelles unités démesure, dont la réunion forme le système M. T. S. {mètre, tonne, seconde). L'enseignement eiv^est^bligatoire en France depuis le 26 juillet 1920. Il complète le système suivie
C. G. S. (centimètre,
Aux
préfixes et
gramme,, seconde).
aux symboles qui servaient
à désigner les multiples et les
LES NOMBRES
124
sous-multiples du système ancien des Poids et Mesures, ont été ajoutés les
suivants
:
100 000, hectokilo
1000
000,
méga
lik
0,0001,
décimilli
dm
M
0,00001,
cenlimilli
cm
0,000001,
micro
(x
—
Parmi les mesures Mesures de longueur, de surface, de volume. de longueur, de surface, de volume, il convient d'ajouter ces nouveaux noms de multiples et de sous-multiples à ceux qui étaient déjà en usage. On a ainsi
:
Longueur
:
mégamètre (Mm.
— millimicron = Autres mesures. — y a des
1 /l. 000.000)
(|ji(x
de puissance, de pression,
lumière. Demain, Vhectowait.
11
est
1.000.000 m.)
-
micron (u
=
mesures d'angles, de masse, de force, de température, d'électricité, de à prévoir que le centisthène sera aussi commun que Il
d'énergie,
—
1.1 /OOO.OOO.OOO).
CHAPITRE X LES CALCULS ET LE LANGAGE
Exclusions
— On
et additions.
ne saurait examiner
linguistiques employés en mathématiques. C'est là
Je renvoie aussi au chapitre des Rapports concernant les propositions^
procédés
ici les
une technique
spéciale.
retranchements,
les additions,
etc.,
Pour «^exclui-^to^ute addition » la langue se sert du moi seul, seulement. Une dame seule signifie une dame non accompagnée dames seules veut dire aussi dames seulement ; la chasse seule, à elle seule, peut remplir une vie : ,
;
:
j'en ai
son
En seul)
a. ;
On
seulement deux de rechange.
fils
f.
on
usait,
comme
— Cil sunt par
els
en latin, de
lui,
table.
se sert aussi
a vu que du feu p.,
il
:
a perdu
1,
58)
;
^
restrictifs
:
ne que
— ne sont que — rien que potasses ce
:
tertre (Roi.,
par
par
:
3065)
:
lui
(=
lui
— La dame...
(XV Joyes, i). Cette façon de parler dont l'orthographe cache le sens véri-
draps
nous est restée dans à part
A.
de unique
la préposition
en un val suz un
s'en rit tout par elle soubz tes
On
se sert aussi
unique.
;
ne rien que; rien que
/estons, ce
les
d'
:
il
n'//
ne sont qu'astragales (boil..
Alsace constituent une richesse
énorme. Il
arrive aussi qu'après avoir exprimé l'être, la chose,. Qja_aiQilte des néga-
_Jiy£s7^e le recevrai lui, mais pas d'autre. de plus ; ni pjus ni moins.
Le mot sans
sert
sans ses enfants
;
On
ajoute aussi
également à ces exclusions
—
:
lui,
les
sans
locutions
elle
;
—
:
rien
la mère.
deux, sans trois. D'où l'expression sans plus.
Quand on veut annoncer qu'il y a-quelq^oe-xhose à ajputeiv on se sert couramment ^j&-mr/jas... yurr-C'est une expression toute ninrlpmp Elle a été combattue avec acharnement par E. Deschanel et par Jittré néanmoins les exemples en sont extrêmement nombreux, aussi bien chez les auteurs que dans les journaux et dans la langue courante. D'une promotion de jeunes ;
filles
très cultivées,
aucune ne s'imaginait que ce fût une faute
pas que moi de bel honmie dans
le
monde (scribe. L'ours
et le
ne m.e donnes pas que du courage pour supporter les (balz., Let. 1er déc. 1833, dans Lebreton, Balz., 186); tu
n'a pas que
le
souhait de clarté (zola.
demoiselles Loiselier au
monde
(m.
Romane,
136);
tinayre, Mais.
d.
—
pacha,
:
il
n'y a
se. 5)
;
—
difficultés de la vie
—
Gustave Flaubert
n'y a pas que des P., vu, 75). il
LES NOMBRES
126
En
Et. Plus. plus
(
+
outre.
forme mathématique de l'addition, c'est 20 francs par jour, plus les pourvieille forme de la langue, c'est la conjonction
I-a
Elle se répand dans le langage
).
boires, c'est beaucoup. et
—
Mais
la
:
deux et deux font quatre ; — toi et moi. redouble souvent et, moins souvent toutefois qu'à l'époque classique. A et on adjoint souvent aussi, en outre, par surcroit, encore, en sus, par:
On
dessus pierre
marché
le :
-
On y
:
de l'audac,
-
a retrouvé des poteries,
ri
encore de l'audace
une dot par dessus
le
d'autre façon. D'abord au
moyen de
:
trand âvec Raton, l'un singe
et
une
jeune
jolie
fille,
de l'argent à la foire
A l'aide
et
(i.a
avec
F autre chat :
On additionne avec cela. Madame ?
;
-
aussi
!
— Ber-
singe avec/r léopard Gagnaient
le ;
en outre des sépulcres de
a reçu dix livres en SUS
marché et
—
font., Fab., ix. 16
et
--- il
:
ix, 3).
on forme des compléments, où on met ridée A Strasbourg, outre la cathéà laquelle on veut ajouter quelque chose en plus des frais ordinaires, drale, le Temple 5' Thomas mérite une visite ; de outre, en plus
de,
:
—
il
faut compter les gratifications de fin d'année.
Pour ajouter un nom à un nominal, à côté de la forme ordinaire ton et moi. on se sert d'un ])luriel qui englobe les diverses personnes nous deux ton père. On dit aussi nous te disions souvent avec ton père. :
père
:
:
On
souligne l'addition.
(luit l'incise
qui plus
nKUHHiise.
est
et.
est
:
— Quand on veul souligner l'addition, on intro
Toute doctrine sociale qui cherche à détruire la familli
qui plus est, inapplicable (v.
ii..
Philos'.,
199).
i.
—
Quand deu.\ ou plusieurs idées dépendenl dune négation coin Ni, mune, exprimée ou implicite, on les joint-|iar_/îi au lieu de et. Ainsi à la for mule une foi et un roi. on peut comparer la formule négative ni foi ni loi il
n'ij
aura
ni riches ni
pauvres au roijaume des
deux
:
—
:
je n'écouterai ni
ses suggestions ni ses ordres.
A/
un mot héréditaire. Au couis de moins employé. En moyen français
(aucicuiu'inetil ne) est
langue,
a été plus ou
il
l'histoire il
de
la
apparaissait
e/ sitôt qu'il y avait négation. Ainsi dans les comparatives ny que mon cœur ny que moij. On le rencontre jusque chez les classiques même dans des phrases sans ne : les choses qui servent plus aux délices qu'à la nécessité ni cm profit {s\.mai., n, 19: ii. i... m. ()53). 5qns_iiii sans vivres ni une négiation snfTisaaLe pour entraîner l'emploi de /)/
.à
la place de
après ne
:
lumière
— sans feu ni
.•
;
Quand
il
lieu
;
— sans paix
ni trêve.
y a interrogation, on voit aussi apparaître
/)/'
.•
Ai-je jamais
reçu de vous ni caresses ni amitié ? (a. karr, Tilleuls, 35).
Dans
certains cas, il n'y a point de règle formelle qui impose
Mais des les
finesses de sens se
marquent dans
ou bien
ni.
on dira qu'on ne s'avise pas de toucher aux aux lois entrées dans l'usage. L'idée est qu'on porterait aux lois et aux libertés. Ce serait un doidile attentat. Avec
termes, disjoint les idées
libertés acquises et
atteinte à la fois
et
ce choix. Ni, tout en joignant
:
LES CALCULS HT LE 7j/,
sans boire et manger à
NON
de ces attentats.
l'auti-e
(Cf.
n vécu huit jours
il
sans boire ni manger).
:
..
.
AUSSI
127
ne faut louclier à aucune de ces deux choses, que l'on doit
l'idée csL qu'il
garder ou de l'un ou de
se
LANGAGE
-- ;^/ -.'?>-
_
—
PLUS.
La langue moderne, pour marquer
qu'il y une, idée négative/ em])loie non plus ma femme n'y a rien compris, ni moi non plus. L'ancieiinc langue, elle, em-pteyatt-rnrssrrdans une phrase négative comme dans une phrase posisachez que leur objet n'est pas de corrompre les mœurs : ce n'est pas leur tive dessein, mais ils n'ont jyas aussi pour unique but celiuj de les réformer (pasc, et
quel([ue
a
chose
ajouter
à
à
:
:
Pmv.. v). L'usage aujourd'hui ne reste
comme
pourrait écrire
litire
XVIL'
au
s.
:
qu'avec ne que. la Tradition
peuple chrétien ne font ensemble qu'unt-
même
Vn
écrivain
du peuple
moderne
Juif, et celle
suite de religion
:
du
et tes écri-
deux Testaments ne font aussi qu'an même corps et un même lirre ,s/ ce n'est pas un ii. ch. 13). Mais on dirait difficilement goût déréglé qui doit décider du choix d'un état, ce n'est pas aussi un respect hunmin (mass.. C(u\, L. Nomhreux exemples dans Littré, Rem.). tures des
(boss., Ilist. uniiK,
La somme.
:
Totalité.
mots de
tiques par les
— tout
—
L'idée de totalité est
tolql et
ûa
somme
en.
_;
marquée en mathémo-
langage courant^.jpar tout
:
—
nous restons à Decmville ; tous les hommes. D'après ce que nous avons dit des choses partageahles et des choses
toute la
France
:
l'été
nombrables. on différenciera facilement tout premier tout
signifie le
le
gâtecm et tous
gâteau entier, tous signifie la
les
totalité
gâteaux. Le des gâteaux
existants. les choses exprimés par des nominaux peuvent également vous tOUS, soyez témoins ! -- la scène nous a émus tous deux Nous avons trouvé ici un honvne comme il nous le faut à tous deux (moi... B. G., i, 1). On ajoute souvent, pour indiquer qu'il n'en manque point
Les êtres ou
êir£ totalisés
;
:
~
:
depuis... jusqu'à
monde...
le
En
(a.
:
Depuis
madame
daudet, Jack,
Rivais...
jusqu'à
la vieille servante... tout
215').
ce qui concerne l'accord, tout adjectif ne présente
particularité
:
toute la ville
:
aucune espèce de
toutes les concessions possibles.
.Autrefois tout se construisait régulièrement sans_article resté de
nombreuses expressions
:
de toute(s) façon(s), de toute manière. Depuis le toire
:
non,
elle est
il
;
nous en
en tous cas, à tous égards, de toute
XVII^
s.,
est
sorte,
l'article est obliga-
générale, et je hais tous les homm.es (mol.. Mis., 118).
Dans le premier sens, on use aussi des mots entier, tout entier (cf. intégrcd). Dans le second, on peut dire en totalité (cf. les mots unanime, unanimité). Il y a une autre façon d'exprimer la totalité, c'est d'employer le distribu:
tif
chacun. Si on pose
cela revient à dire
tous les ans à
le
principe
que tous
le
:
chacun doit
Chamonix depuis 1910, peut
militaire personnel,
le service
doivent. Inversement se traduire
:
nous somm.es par
:
allés
chaque année.
LES NOMBRES
128
La
on pûxteja^ peniâc-^iar les on distribue au lieu de grouper. n'y a^uère de différence entre r£peindre
seule dilîérence est que, diins le second cas,
somme
idées isolées, au lieu d'en faire la
Mais
il
faut bien reconnaître
q,u'il
maison chaque dix ans ou
la façade de sa
La presque
totalité.
—
;
la repeindre tous les dix ans.
La presque
totalité s'indique
comme
tous les
nombres approximatifs par à peu près, presque : à peu près tous; presque tous. Dans d'autres cas, on marque qu'il s'agit seulement du plus grand nombre, on dit alors, en général, généralement, en grande partie, pour le plus grand nombre, pour
Retranchements. moins (—) A-— B 5 :
On
la plupart.
;
passe de là à l'idée de majorité
— En —3=
(1).
mathématiques, ils s'expriment par le mot 2. En langue vulgaire, on dit qui de 5 retranche, :
q^.<Ç^'-
ôte 3, reste 2.
Le retranchement
se faisait
perdu, fors l'honneur
en
a.
f.
à l'aide de la préposition fors
qui est sauve
et la vie,
:
—
il le
;
tout est
faut avouer avecque
il me passait en tout, fors en fidélité (racan, Berg., i. 138). Une variante phonétique de fors, à savoiç/jors (v^nu do cfe/(ors),aj:£jm placé \q. vieux mot le tyran avait toute la tête, hors le visage enveloppée {Journal de Perlet, 12 thermidor an II) hors la loi même du mouvement, tout est
vérité,
:
;
mobile dans la nature
—
dans l'humanité (puoud., Rév. soc, 98). Mais on dit aujourd'hui de préférence hors mis. (Pour la manière dont ces mots de retranchement sont devenus prépositions, voir aux Compléet
ments). Sauf est toujours invariable, ainsi adjectif après le
nom
:
les fêtes
a tous écartés, sauf deux. Ces tion
:
vu
j'ai
Ruy Blas
de Noël
et
que hormis. Excepté- i&deVicnl de Pâques exceptées
;
— on
les
mots s'emploient devant une autre préposi-
pitoyablement joué, sauf par Sarah (flaub.,
Lett. à
G. Sjmdj^ 305).
{Sans. On retranche aussi quand, au moyen de sans, on indique quliui_ ou plusieurs êtres ou objets, u'cnti'cut pas dans le compte sans je beaupère, ils étaient sept tous les fours à table. (Pour saufque, sauf si, et les propositions d'exception., etc., voir aux Rapports non logiques). Sixeji'est est un vrai mot composé qui donc a droit d'espérer, si ce n'est celui qui porte en lui l'affranchissement du monde ? (mich., Rév., i, 309). Sinon ne faisait pas xlans la vieille latii-gue un mot composé, c'était le .se (si) accompagné de la négation pleine non, dont plusieurs mots pouvaient le séparer se par un pont non. Depuis le XVP^ s., les deux éléments se sont soudés, et après un tem]js de défaveur, sinon est devenu un synonyme courant de excepté : personne de ses amis n'est entré, sinon vous (2). :
:
:
(1) Ajoutons que souvenl ù l'idée que tous les rires, toutes les choses ont pris pari à une action, se sont Irouvés dans un état donné, s'ajoute l'idée accessoire d'un empressement, d'une sorte de concurrence entre eux c'était à qui apporterait des fleurs ; ce fut à qui parlerait, à qui gémirait, à qui lèoerail les mains au ciel (v h., Dern. /., l^réf.). On comprend d'où est venue cette façon de parler on. joue à qui perd gagne ; on court à qui mieux ; d'où à qui mieux mieux c'était à qui réussirait le mieux. (2) Voir aux Hi/j ollièses (V part.).
—
:
:
—
:
;
<
LES CALCULS ET LE LANGAGE
129
Quelquefois, pour retrancher, on fait des phrases. sp4ciale-S->—contenant les réserves
compte
je
:
ne parle pas de, en mettant à part,
en ne tenant
si l'on excepte,
i>as
de.
Multiplication. Multiplicatifs et Multiplicandes,
—
Des multipli-
en Jatin. Ils n'ont pas subsisté en f. m., sauf double. Quant une forme savante. Elle a remplacé ircble. Quadruple a remplacé
catifs existaient
à triple, c'est
(juadruble.
Nous avons en uple
:
aussi, depuis le
XVJe
réemprunté une
s.,
Encore ne faudrait-il pas
croire
que
la
forme double de
l'a.
f.
nette qu'elle a aujourd'hui. Double était souvent uii simple fo is
cent doubles signifiait cent fois
;
^ERTE,
car sa foie
:
li iert
eût la valeur
synonyme de
a cent doubles doublée
1986, G.).
manière française de multiplier. On se servait de noms^. multiplier et on faisait précéder le tout du mulnous faisons encore aujourd'hui quand nous disons
C'était là la vraie ^^plaeés
de multiples
série
sextuple, décuple, centuple, etc.
devant
le
nombr£ à
comme
tiplicateur,
quatre fois huit.
Un
des principaux multiplicandes étaient
l'autre gros (chrest., Percev., G.).
(une autre
fois),
qui existe encore.
onde, et en particulier de coup (1). tions de la langue tout
moderne,
d'un coup, à tous méd.,
i,
6).
—
De
là
On
;
:
—
bien
.ïfm(.;
on avait
tant
Coup
telles
coups
les
flammes (rac, Andr.. 1158)
Am.
De
II.
tans plus que
tiré autretant, et cuitant
se servait aussi
de
voie,
empaintes,
a encore ce sens dans diverses locu-
que encore un coup, du premier coup,
niettons^noOTe un coup toute la Grèce en tOUt d'un coup son insage a pâli (moi...
l'adverbe becnu-oup.
cpii
a fini
par remplacer
moût.
Le mot plican de .
En
:
fois est
aujourd'hui seul en possession de jouer
na'Z/e fois,
deux cent
une
millionnaire
Partage
(cf.
:
'bicyclette,
le rôle
de nuilli-
fois.
langue moderne, on use de préfixes multiplicatifs
nous avons déjà parlé
__en
trente et
:
bi, tri, poly,
unicolore, bicolore, tricolore).
— Les choses nombrables partageables — de toutes misères parisiennes,
et division.
se divisent
parties égales ou inégales. Le total à partager se construit avec de
tous, j'en ai élevé ciles
dont
phosphate tTiealcique, polysyllabe, multi-
deux
;
les
les
plus
:
de
diffi-
à découvrir... sont celles des gens honnêtes (balz., Env. h. cont., 135);
de tout ce qu'il m'a fallu sacrifier, de tant d'ambitions foudroyées, ce que
— je
daud.. Pet. par., 23). Le développement de ce complément est très grand. On dit par analogie de lui ou de sa femme, on ne sait qui mourra le premier. On trouve aussi entre, parmi, sur le grand mouve-
pleure, c'est vous(a.
:
'û
:
:
n (1) Au début, ce mot signifie proprement unr oi'/îc». .^près axoir passé par produit par un objet quelconqiie, il en arrive à être le synon\niie de fois.
le
sens de choc
LES NOMBRES
130
ment ombrien du
XI 11'^
s.,
qui
entre tous les essais de fondation religieuse,
est,
au mouvement galiléen (ren.,
celui qui ressemble le plus
Jés., ch. xi) (1).
Nous disons aujourd'hui Vun des trois, l'une des dix. Autrefois ce n'était pas seulement le nombre un qui prenait l'article comme aujourd'hui, mais les autres nombres, pour marquer une partie plus ou moins considérable (l'un nombre exprimé ou sous entendu E Bramimunde les tursli ad rendues. les trois batailles Les dis sunt granz, les cinquantes menues (RoL, 3655) Encore au XYII^ s., (les sept garderaient l'ost par defors (villeh., 170 d). :
;
—
—
—
deux sont morts, son époux seul vous reste (corn., Hor., 995) bateaux pour mieux tout ajuster ; les quatre contenoient quatre chœurs^d& jjnusique {là.. Ment., 264). Le sens est deux sur trois sont
Des
trois, les
;
j'avois pris cinq
:
morts, quatre sur cinq des bateaux.
Le complément du
partitif est
souvent dans
le
représentant en
:
ces
poires sont belles, j'en veux une douzaine.
—
1^ Pour répartir, distribuer en portions, on indique Les distributifs. un noml)re rclïectif de chaque porLiqn, et on fait précéder ce nombre
])ar (le
par
la préposition
allaient par deux, par
défiler
:
par quatre (quatre de front)
;
—
les invités s'en
Ou bien on exprime deux fois soit le au moyen de à, par les enfants s'avan-
groupes de deux.
nombre, soit le nom, en reliant deux à deux, trois par trois, enfant par enfant.
çaient
:
—
Tous
les
fantômes
vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenue
et
rap-
rayon à rayon, soupir à soupir (v. u., Cont., Préf.). 20 On se sert du nominal qui..., qui. Cette expression était suspecte à Vaugelas (i, 121 h. l., m, 298); mais, soutenue par l'Académie, elle finit par demeurer (ils n'ont pas manqué de dire que cela procédait qui du cerveau, qui des entrailles, qui de la rate, qui du foie (moi.., Méd. m. L, ii, 5); -
pelée
;
qui sortant des maisons, qui des petites rues adjacentes, qui des soupiraux (les
caves (v. h..
Chacun
et
A'.
D.,
i,
101).
CHAQUE. -- Ce
Serments de Strasbourg Latins avaient adopté
le
est
généralement sujet
(2).
une histoire. Il figure dans les caduna (chadune) cosa (en chaque chose). Les
distributif a toute
in
:
— Ce qui
gieccala, en l'unissant au latin unu, d'où
:
chadun.
deux mots se sont mélangés pour aboutir à un mot bâtard chesqun, cliascun, où on retrouve le eha de cliadun et le sq de cesque. Cette forme fut longtemps unique, et servait à la fois d'adjectif et de nominal. La situation dura ainsi jusqu'au XVI<^ s. avec que(l)qu'un on avoil l'n phénomène analogique se produisit alors D'autre part
employaient^Çjuis5i7<', d'où cesque. Ces
ils
:
(1) On dit fort bien Parmi tous ces élèves /> n'en trouverai donc pas un qui sache cela. Le nombre Parmi mes trois élèves, ie n'en ai aucun (/ui ail réussi A est indéterminé. Mais on ne dit pas l'examen. Il faut pour que parmi soit possible, qu'il s'agisse d'une masse, d'un groupe consi:
:
dérable
:
parmi mes
trente élèves.
Autrefois 711e bien, que mal, voulait dire tant bien que mal : un coquin approuvé Ici, s'en fiant de vent, veut se dire grand seigneur, sous Vombrc de quelques douiains qu'il a que bien 11. i.., ni, 2'.)8). Que bien que mal, elle arriva, sans d'.Alf., 11, ."ÎIJ nuire aventure fâcheuse (la font., Fab., ix, 2). (2)
(/"orf/iiciZ al
que mal aequis (chap., G.
;
LES CALCULS ET LE LAXGAGE un adjectif que(l)(jue.
Kekun
^_ch(j£im.
chacun
:
a\ec une rapidité VAUG.,
(cf.
telle
;
gue Malherbe a proscrit ^Juicuji^ljeçiil^i.chacun jour
39^).\àiLXYII'^
Ti.
131
un moment où un adjectif chaque-hil tiré de keke : chaque. Cette forme chaque se répandit
11 iu-riv;)
et c/iacuiLOftt^pri^xles
la situation
s.,
moderne
est établie
chaque
:
fonctions distinctes, l'un étant nominal, l'autre adjec-
Mais ils ne devaient pas en rester là chaque tend atout envahir. Le peuple souvent je les ai achetésdeiix francs chaque, au lieu de dire deux francs
tif.
:
dit
:
:
chacun. Considérez aussi chaque deux jours. Chaque une fois né, on vit se développer un chacun, nominal encore usuel au commencement du XYIIt^ s. ^NL^.is il parut trop familier à l'époque classique. Corneille a corrigé
chacun en son blâment la
On
dit.
Un chacun
:
Un
vie (mol.. Tari., 137).
dit
à soi-même est son meilleur ami, en
aujourd'hui
:
tout
chacun
—
:
hautement d'un chacun elles chacun ne s'est pas reievé de ce discré-
affaire {Mal.. 537, var.).
Cf.
:
un chacun).
(et cjqf. tout
Chacun et les possessifs. — CJtacun a le sens de tous : elle étourdit chacun de son caquet (montfl.. Dupe, i. 2), tout en ayant en même temps -
le
sens dislributif
Chacun en a sa part
:
sant par le distributif chaque une
et
4
même
divi-
produit, en réalité on envi-
sage les unités de cette somnie ou de ce produit une à une considère toutes, on considère tout de
En
tous l'ont tout entier.
somme ou un
nombre
le
conséquences syntaxiques curieuses, qui expliquent
;
mais
si
on
les
total. Ceci a des
polémiques sans
les
fin
entre les grammairiens à ce sujet.
Je suppose c[ue je
fai donné
discx:
à ces douze enfants une
pomme,
la
pensée
ne serait pas suffisamment claire; j'ajoute à c/iacun, et cela veut dire que
donné douze pommes enfant a eu sa
y
Il
a,
est
un
que
pomme. Avec
ont eu ctiacun sa
le
pomme
leur pomnic
mon
le pluriel
:
ils
? :
des
mon, dans mon chapeau
:
ne se rapportant qu'à un seul possesseur de
est le possessif
Avec chacun,
j'ai
chaque
mon
chapecai
(le pluriel
de
mon
c'est
mes
;
:
delà pluralité, c'est un possessif à plusieurs
qu'est-ce qui convient, le possessif de l'unité ou
de la pluralité ?^aut-il considérer les douze enfants en prenant chaque
celui
enfant individuellement,^ ou faut-il considérer la dire
:
verrons, deux séries de possessifs en français
possessif de l'unité,
mes chapeau.v) ; nos
par enfant
ce tour pas de difficulté. Mais doit-on dire
Lunité et des possessifs de la pluralité
nos chapeaux n'est pas
possesseurs.
donné une
j'ai
pomme ou chacun
comme nous
4lossessiJs de
et
:
les
hommes
somme
ont mis chacun son chapeau, ou
:
ils
?
De même
ont mis
doit-on
chacun leur
? Les uns ont tenu pour son chapeau, les autres pour leur chapeau : on invoquait de prétendus principes logiques. En réalité il n'y a pas de logique là-dedans, il y a deux façons de considérer une même action accom-
chapeau
pfie
par une collectivité. Voilà des gens à table,
sa bouteille, ou
ils
ont bu chacun leur
ils
bouteille.
sont six ils ont bu chacun Les deux façons de parler ;
Du moment que Les théoriciens qui le nient disent vous divisez l'action d'ensemble (puisque vous faites intervenir le distrisont acceptables.
:
LES N OMBRES
132
comme formant autant d'actions de détail, donc vous devez pour chacune employer le terme qui convient à une action et non à plusieurs. La vérité est que l'ancien usage était de dire son. sa ; c'est l'usage latin et traditionnel en a. f. L'usage moderne tend au contraire à introduire le possessif de la pluralité avec chaque, mais non avec chacun. C'est que pour un Français qui n'a pas fait d'études spéciales, cette il dit expression de chaque se présente comme une expression invariable ils ont hu Leur bouchaque homme, chaque femme ; dés lors, il tend à dire butif c/jacu/j), vousla considérez
;
:
teille chaque (et non chacun) c'est-à-dire à prendre l'ensemble et à le diviser par cette espèce de distributeur invariable. Le sujet est pluriel, il met le possessif iiluriel, ils ont bu leur bouteille chaque. Au contraire, s'il se sert de chacun, chacune, élément variable, il considère l'idée en division, et d'instinct il indique que c'est chacun qui en avait une, en mettant le
possessif de l'unité
pour bien marquer
Faisons une phrase où
exemple
le
mot
cheval
:
ils
Treize cavaliers attendent,
qu'il divise.
le singulier est sensible
à l'oreille
;
prenons par
soignent chacun son cheval, ou chacun leur cheval? et
il
n'y a que douze chevcuix.
ils
n'ont pas chacun
son cheval. Chacun leur cheval signifierait plutôt qu'ils n'ont pas diaeun cheval qu'ils ont l'habitude. de monter.
le
—
Les plus anciennes expiessions sont lormées avec les Les fractions. un tiers, un quart. vieux adjectifs ordinaux dont il sera parlé en leur lieu {Moitié est aussi un^vicux nom). Au delà de un quart, les fractions ordinaires se forment a\ec les nou:
le cinquième, le quinzième, le centième. Les décijnales veaux ordinaux deviennent du reste de plus en ])his usuelles un dixième, un vingtième. :
:
Les sous-multiples.
—
Le système métrique
et
les
auljcs nomencla-
déci (mètre) centi tures de mesures ont vulgariisé les préfixes diviseurs (mètre) dé.ciseconde, centiseconde qui, sous l'influence des sciences, tendeiît :
:
,
langue courante. Elle a incorporé une abréviation de cette baguette a un milli(mètre) sous la forme de mille. Les ouvriers disent à entrer
dans
la
:
mille de trop.
On compose nxQC.demi Conclusion.
— Ce
:
demi-mesure, demi-brigade.
bref exposé suflit à mojitrcr
1
(Cf. nxi, semi);
Opposition profon de
entre les ijrocédés employés par la vieille langue pour parler des nialièieji de mathématiques, et les procédés qui tendent à se vulgariser aujourd'hui.
Tant court
qu'il a suffi ;
comme
les
d'une arithmétique élémentaire, la numération s'arrêtait les calculs étaient simples et concrets. On partait
procédés pour
ailleurs d'objets réels
Les fractions,
les
pour
signifier des unités
proportions, tout s'exprimait par les
:
trois tanz, trois fois.
moyens généraux du
langage.
Tout
cela a
changé ou tend à changer, au fur
et à
mesure que
les
maliié-
LES CALCULS ET LE -jiiaticiiLes-pérrètrent de plus en plus
LANGAGE
dans l'éducation,
133 le
commerce,
la vie
politique et sociale ou la vie privée. Les opérations de crédit, les calculs en \
ue d'assurance et de retraites, la
capitaliser à 5
^ -.
Tous
les
formules
:
jours on
Chine
/(/
infinitésimale
;
etc.,
langue usuelle
métique dans
—
il
-j-
B
le
ont énormément accru 3 i;^.
du
trois net; la
le rôle
de
l'arith-
valeur nominale,
emprunte à la science des expressions, des signes, des j'en prends à dose est une quantité négligeable ;
le lai
—
a dit n fois, toujours sans sueeès
assurance compte beaucoup dans
A
:
les
qu'il m'est impossible de faire ce
— l'erreur
;
—
le
coefficient
Je vous démontrerai par que vous exigez: -- Donne m'en s:
concours
:
-
-
—
est de l'ordre du millionième ; Escompter ^e dit non plus seuon escompte sa vie. Le quotient, lement d'une valeur, mais d'un succès par la politique, est entré dans la langue courante, etc. Ci). :
(l) Qu'on examine seulement les deux mois richp et capitalislc. « La richesse dit encore Littré, c'est l'ensemble des choses qui servent à la satisfaction de nos besoins. Le capital, c'est l'ensemble des moyens de satisfaction qui résultent d'un travail antérieur. I^e capital est un des trois éléments de la production agenls naturels, Irauail, capital. » Nous sommes loin de ci s (lénnitions, quand on parle de Vémirjralion des capitaux, du capital travail, etc. :
:
LIVRE IV
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION (HA PI TRE PREMIER LA NOTION DE DÉTERMINATION
Il
sans parle
y
a indétermination
indiquer :
un soldai
quels ;
quand on parle
sont les êtres ou
des fleurs.
en faction à ia porte
Il
y
d'êtres ou d'objels quelconques, les
du Ministère des finances
;
les fleurs
que
j'ai
ou
dont
objets particuliers
a détermination en cas contraire
:
le
soldat
rapportées
hier. Il
peut y avoir détermination d'individu, ou détermination d'espèce Paris à Anfibes, c'est une route déterminée les routes nationales, :
la route de
c'est
;
une espèce de routes déterminées
(1
).
— On parle
Qu'est-ce qui est déterminatif ?
en acheter une. Si on se présente chez un
d'
«
une
marchand avec
taille!
.
On
veut
cette idée, avant de
montrer toutes sortes de tables, différentes de forme, de matière, etc., il demandera des précisions une table destinée à quel usage ? de quel prix environ ? Ce sera, je suppose, une table à thé, à double plateau, marquetée, etc. Avec tout cela, il n'y a pas détermination, jusqu'à ce que l'acheteur ait choisi la table qu'il préfère. C'est seulement quand, entre les diverses tables analogues, la préférence aura été donnée à l'une d'elles, qu'on sera je le client peut alors la montrer passé de l'indéterminé au déterminé :
:
:
(1) La compréhension d'une idée consiste dans le nombre des éléments qui la composent dans celui des idées dont elle est formée ou extraite. Son extension consiste dnns le nombre des objets auxquels elle est appliquée actuellement, parmi lous ceux auxquels elle convient, et dans la manière dont ils sont considérés. Ainsi les adjectifs pauvre, faible, maigre modifient une idée dans sa compréhension, car, si je les joins à l'idée homme, j'ajoute à toutes les idées qui composent cette idée homme, les idées de pauvreté, de faiblesse, de maigreur, qui n'entrent pas nécessairement dans sa formation. Au contraire, les adjectifs 7c, ce, tout, un, plusieurs, chaque, quelque, certain et autres semblables, modifient une idée dans son extension, car, si je les joms à cotte même idée fmmme, ils la déterminent à être appliquée aux individus à qui elle peut convenir, ou d'une manière indéfi ie, ou avec précision, ou collectivement ou distributivement, ou en totalité, ou partiellement (dest. de tracy. Idéal., 180.3, 101-10.5). :
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION
136
prends cette table-ci. Il demande qu'on lui envoie sa table le plus tôt posil réclame la table qu'il a achetée. Point de réponse sible. Il ne la reçoit pas :
il
:
vient voir pour la table, etc.
a détermination sitôt qu'il
y
Il
(1).
y
accord entre celui qui parle
a
et celui
qui écoute ou qui lit,surl'individualité des êtres, des objets, des actions, des espèces dont
Tout
est
il
au propos.
est question
déterminatif et rien ne
les précisions
l'est.
Ainsi on présente deux pianos,
série.
Impossible d'indiquer
La détermination est faite.
un Érard, un
Y en
à priori
Pleyel.
Il
faut recourir au prix, ou à une autre caractéristique.
tabac à priser est déterminé,
s'il
a-t-il
»
n'y en
vous achetez
Pleyel,
marque ?
plusieurs de chaque
le
Du
«
qui suffisent, une seule parfois, dans d'autres cas, toute une
De même pour
que d'une sorte; sinon
a
il
tout.
faudra
indiquer la qualité.
Dès
lors,
pour certaines désignalions,
unes derrière
les
autres
les
plus frappe au Louvre,
:
c'est le
Bourgogne
avons rencontrée à
la
qui représente des pleureuses ;
— la dame que nous
dans l'avant scène de
était
droite, ;7 qui applaudis-
temps.
Gomment
on demande
détermination. -- Pour demander une
vine
détermination, on peut i)oser des questions très générales: on
demander. Qui ?
—
//
me
reste
beaucoup à
Ton cousin
sin
;
lequel ?
-
-
Celui de Niantes
—
est
venu vous
Quoi ? Mais l'intcrrogatif venu te demander. Mon cou-
faire.
essentiel c'est lequel, laquelle, etc. ?
m'a le du
salle
Comédie-Française, qui portait une petite toque avec
une plume blanche, qui sait tout le
et
de Philippe Pot)
(le loiiibeau
s'enfiler
qi'.i
groupe qui se trouve dans une petite
rez-de chaussée, qui vient de
portant une dalle funéraire
vont
les caractéristiques
groupe de la statuaire du Moyen Age
le
est
fc viens
vous demander une faveur
:
laquelle ?
Jusqu'au XYIII^ s., on pouvait employer quel sans article Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons faite Et quelle ? (mol.. Imp., 4) — je viens vous annoncer la meilleure nouvelle du monde quelle ? (mol., B. G., :
—
IV, 5)
;
;
—
— quelle des ou mort ou Cassandre (rotrou, Ven— quels de vos diamants me porter (corn., Suite du
eeslas, ii, 2)
deu.v aurai-je,
la
?
faut-il lui
;
?
M., II, 3). « Il n'y a qu'une sorte de phrase où quel sans article puisse être employé sans l'accompagnement d'un substantif c'est, par exemple, lorsque quelqu'un ayant dit j'ai une grâce à vous demander, on lui répond quelle ? au lieu de dire quelle grâce ? (régnier desmarais, Gram., 1706. ;
:
:
:
>
in-120, 281).
Lorsqu'il s'agit de faire un choix entre des personnes parmi lesquelles doit se
trouver celle dont on parle, on emploie qui ou lequel suivi du complc-
(1) Sur les mots nièmos défini, indcfini, déterminé, indéterminé, on trouvera des réflexions très intéressantes dans un article de M. Vvon (Revue de philologie, tome XVI). L'auteur critique avec raison ces expressions, dont il a été fait du reste un emploi si incohérent, quil est très (iitricile actu(llcni
LA XOTIOX DE DETERMIX ATIOS ment
partitif
:
137
qui de vous deux ou lequel de vous deux ira
le
trouver ? Cepen-
dant qui est en décadence, tandis qu'en langue classique il était encore fréquent qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi ? (moi.., Sgan., 7). Quand il s'agit de clioses, lequel est maintenant de règle absolue. Il était :
volontiers nominal en langue classique
Lequel vaut mieux
?
(la font., Cont.,
:
maintenant.
je fransissois, je brûle
276). Cet emploi est aujourd'hui
ii, 5,
fort rare.
Quel est complètement sorti de l'usage.
La Fontaine l'emporte
:
font., Cent.,
(i.a
doctrines suspects d'un
Ou
i,
63)
mesme
(pASC, Pens., éd. Molin., sassiner.
11
était déjà
la question ne fut que de savoir quelle des
de ia retenir,
;
—
Mais quand on
cf.
costé, alors
il
chez
arcliaïque
deux dessus l'autre voit les miracles et
faut voir quel est
— Je doute quel des deux
le
plus clair
moins m'asou de m'abandonner (rotroi% La Sœur, iv, 4).
ii,
77)
;
est
comme ailleurs les périphrases interrogatives jouent un rôle important. Dans les exemples de lequel qui sont donnés par Oudin en 1645, on note déjà l'introduction de est-ce : lequel est-ce qui a fait cela de vous autres ? lequel est-ce de vos frères qui est venu chez vous ? (Gr., 130). De même au lieu de qui est venu ? on dira qui est-ce qui est venu ? Dans la Il
faut ajouter qu'ici
:
langue populaire, ces périphrases sont quasi, de règle lequel c'est qui ira ?
On entend
tion sans verbe de ce tour
:
:
qui
c'est
qui vient
lequel qui ira ?
A
•
lequel est-ce ou
? et aussi
même
avec une réduc-
éviter.
que que les-interrogatifs généraux. Puisqu'on peut répondre par toutes sortes de spécificatifs, on peut aussi questionner en posant des questions de toutes sortes on cherche à retrouver un roman publié par la « Revue Il
est bien entendu, d'après ce- qui a été dit de la déterminatioi»,
ce ne sort là
:
de Paris
Quand sujet ?
»
.
La première question
a-t-il
été
publié ?
—
Il
sera
:
de quel auteur
?
—
y a une dizaine d'années.
-
.Te
l'ignore.
—
était
le
— Quel
— Un Français, déguisé en femme turque, assassinait,
etc.
CHAPITRE
II
LES INDÉTERMINÉS
Indéterminés par nature. dont on parle sont nombreux, pas les déterminer une jeune :
— Les cas où on ne détermine pas
soit
qu'on ne puisse pas,
soit
fille
attend un mari,
ne
elle
les
choses
qu'on ne veuille
sait ni les préten-
dants qui se présenteront, ni celui qu'elle agréera. La prendère phrase venue olîre des
exemples
:
C'était,
il
m'en souvient, pav une nuit d'automne (muss..
La Nuit d'oci.) -- Un homme, était- il grec, Juif, cliinuis, Un membre du parti de l'ordre, véridique Et grave, me disait :
Par. d'un conserv.) (Id.,
—
;
Dans une
un
fête,
ne
jour, je
persan
turc, (v.
ii.,
!
Châi..
sais plus laquelle
Ib.).
lun deulre eux est on, Il y a des nominaux indéterminés par nature dont nous reparlerons au Sujet du verbe, liv. vu. ch. xv. Rappelons aussi Quelqu'un, prononcé anciennement quequ'un (tiiurot. ii. 263) quelqu'un ;
:
:
est
Vous demandez quelqu'un ? ("es mots peuvent être accomquelqu'un de ces prêtres... achètera... cette royide
venu. Il est venu quelqu'un
;
Quelque chose, dont nous avons déjà parlé,
pagnés d'un déterminant
:
maison (i.a br.. Car., Biens de Fort.). Qui que ce soit, quoi que ce soit, qui sonl dexciuis sés
:
je
n'en parlerai à qui que ce soit
je suis aveugle à tout,
(
=
je
sourd à quoi que ce soit
mots compo-
vrais
di-
n'en parlerai à personne)
—
;
(moi... Et., \0A\).
Un tel On sait à point nonuuc un tel a composé la plus jolie pièce du monde sur un tel sujet - une telle a fait des paroles sur un tel air... Monsieur un tel ccririt hier un sixain à Mademoiselle une telle... un tel auteur a fait un tel dessein (moi... Préc, [)). Si)u< ne remployons jamais plus adjectivement. Il était encore dans La Bruyère // // a un tel livre qui court, et qui est imprimé chez Cramoisij en tel caractère (la biuv.. Car., Ouvr. :
:
;
:
de l'Espr.). Tel
:
tel partit tout
Quiconque, qui à
devenir un simple
quiconque;
—
//
baigné des pleurs de sa Lucrèce (non...
est à
synonyme de qui que
a à cela autant
pourtant que quiconque se font
une
loi
proprement parler un conjonctif cl'
ce soit
Il
mai^Jiuid
ne faut pas en parler À
— aussi bon enfant
quiconque; Champdeb., 230*; —
intérêt tjuc
(a. assoi,.,
d'honneur de chercher à arracher
un ami, qui par hasard
:
Sfd., x).
indéfini,
la vie
rcs me.<;sieurs qi'i
à quiconque,
même
à
Qui est à rapprocher de quiconque : Il est assez ordinaire de mépriser qui nous méprise (l\ br., Car., De l'hom.) :— // disait : Qui me suit, aux ange'i est pareil {\. v.. les froisserait (p.
borel, Put.,
i,
131).
LES INDÉTERMINÉS
— Jésus, qui voit ton
139
du four (v. n., Lég., Chat., A un martyr). (1). A dire vrai, le tour n'est pas populaire, mais il Qui vivra verra. Sous est très répandu, à cause des formules proverbiales l'influence de l'analogie générale, celui a tendu à devenir usuel devant ce I.e
Christ)
;
front, croit voir le front
:
qui indéterminé
Le
Heureux
:
celui qui iwil sa trace et l'a suivie
(v. h., Lég.,
!
Chrisl).
—
Ils ne sont pas très nombreux. Moyens d'indéterininer les noms. ^^_0n emploie des adjectifs devant ou après le nom commun ou propre: Certain renard gascon, d'autres disent normand (i.a font., Fabl., m, 11); un certain Bertrand. Au pluriel, certains signifie quelques, nous l'avons vu mais en outre, précédé ou non de l'article de, il implique qu'on pourrait désigner plus expressément les personnes, les choses: A de certains maris
—
:
de certain modèle...
faits
;
(2).
Un à lui seul sufRt à indétcrnùner les noms propres un M. Myrtil. On emploie aussi et surtout quelconque, qui suit toujours le nom. C'est :
le
mot indéterminant par excellence Je veux parler l' Inspecteur. Lequel ? Quel chapeau voulez-vous ? Un canotier Un Inspecteur quelconque à.
:
;
—
quelconque, pour m'en aller à la campagne. Cet adjectif est devenu maintenant un véritable adjectif qualificatil. quelconque. Comprenez il n'avait aucune espèce de caractère qui le
7/ était
:
distinguât d'aucune espèce de personnes rité
banale.
Comment
est-il,
son tableau
?
;
c'est le
—
Oh
!
type
même
quelconque
!
de la vulga-
(3).
—
Tout se prend avec le sens de n'importe lequel : ouvert à tOUS venants ; Toute saison, tout ciel, sont bons quand on est deux (lam., Joc, 20 sept. 1793). Tel, que nous avons vu employé comme nominal, se joint au nom en quaNous disons à celui qui n'est pas encor né Quel four au point lité d'adjectif :
du 8
ramené Viendra de sa lueur
astre
ciel tel
éclairer l'étendue (lam., Joc.,
août 1801) (Cf. en tel ou tel cas). 20 L'indétermination peut être marquée par des propositions spéciales
indéterminatives
On
:
a dit jusqu'au
riens, tel qu'il soit
c'est
Une autorité, quelle qu'elle soit, quelle qu'elle puisse être. XYII^ s. un homme, qui qu'il soit. Malgré les grammnise dit toujours (Voir liv. xxiv, ch. viii). Dans ces phrases, :
au subjonctif du verbe qu'échoit
en réalité puisse
nom
Quel 4-
XVIle
s..
En
(1) Pour le ch. VIII.
le rôle
d'indéterminant. Soit signifie
être.
+
que est une ancienne forme, qui se trouve jusqu'au soit, je veux suivre tes pas (mol., Fâch., 1762).
quel lieu que ce
tour
:
So/t;je chasse, dil-il, qui
Taurait à son croc, voir à l'Hypothèse,
liv.
XXIT,
souvent arcolé ainsi : certaine (2) Certain a fiai par faire corps avec des noms auxquels il est raideur britannique, d'où la locution certaine raideur, à laquelle va se joindre l'article défini Ses manières ont une grande aisance, on y voit tout de suite F homme du monde ; la certaine raideur britannique qui les accompagne doit être, aux yeux de bien des gens, une qualité de plus (d'h m TERivE, Ouvrier, lCOJ-1901, 706). Quelconque de mes frères. (3) Il ne s'emploie jamais plus avec la valeur d'un norrunal ;
:
:
:
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION
140
Vaugelas lui-même écrit encore ainsi. La règle moderne est dans Richelet Quelque mérite qu'on ait. (1680) On a été longtemps indécis sur le choix entre qui et qu'il, qu'elle, derrière quelque : Quelque disgrâce qui lui arrive ou qu'il lui arrive. Quelque... qui est classique, et il reste nécessaire dans d'autres phrases, où le verbe n'est pas :
impersonnel
Ah
:
!
pour
front a rougi
sache, quelque ardeur qui la dernière fois (mol.,
T).
m'impose des
Que mon
lois,
Gare, 782). (Voir
liv.
xxiv,
ch. viii).
ancien verbe, est devenu une formule qui s'ajoute^_jfi7e/
lil'importe,
-bien k-quiy quoi, noiîiinauxj pour les indétt^rmifter. On fameuse formule donnée à une certaine politique française Mettre n'importe qui n'importe où, pour n'importe quoi. Là pas Le premier venu fera l'affaire ; Ajoutez d'autres fornuiles d'astre, et pourtant on ne sait quel regard Tombe de ce chaos (v. h., JJg., Ce je ne sais quel Dieu qui veut qu'on soit vainqueur (Id., Ib.. Le Parric.)
suivi d'un
nom, ou
se rappelle la
:
—
:
—
;
Mar. de Roi.). Enfin on peut dire que l'absence d'article indéfini achève d'indéterminer. Ainsi dans les proverI)es ou formes de langage proverbiales A bon chat bon rat ; Belle hôtesse et qui rie vaut autant que bon vin en une hôtellerie (rotrou. :
Deux Pue,
II,
])
— Petite pluie abat grand vent
;
n'a vu monter empire,
Où
le siècle
;
-
présent verra monter
Jamais
siècle passé
le tien (ivrALii..
Poés.,
I.XXXVIl).
Comparez d'autres plu-ases. très courantes, où une idée est prise dans toute Je ne Pour qu'il y ait escroquerie, au sens propre du mot ;
sa généralité vois
—
:
dans tout cela ^^'enfantillages
verts,
Et n'aura sur
De même dans plaisir qui n'ait
les
.ses
;
—
flcmcs que fleurs et
phrases négatives
une
fin.
Le volcan fermera
:
gazons verts
// n'ij u
homme
ses gouffres entr' ou(v.
qui
.•
ii..
//
Hem.,
n'y a
si
v, 3).
grand
CHAPITRE
III
LES NOMS DE PERSONNES, DE PAYS, DE VILLES ET LA DÉTERMINATION Théoriquement les noms propres n'ont pas besoin de détermination. Mais nous avons vu avec quelle prudence il faut considérer ce terme de noms propres. Dieu peut n'avoir besoin d'aucune détermination mais on peut aussi déterminer ce mot le Dieu des Chrétiens, le Dieu des Juifs : le Dieu ;
:
des Bouddhistes.
Les notions qui semblent conditions sont réalisées.
A
les
plus déterminées ne le sont que
si
certaines
plus forte raison une détermination intervient-
auprès des noms qui appartiennent à plusieurs montagnes, cours d'eau,
elle
cXc.-U^grand Donon (il y en-a un petit) la petite Loire. St Martin Martin cl' Uriagt, Audun-le- Roman, Plessis-les-Tours, Condésur-Sarthe. Villon disait par dérision Paris, emprès Pontoise. Quoique la France soit une, et qu'on puisse., de certains points de vue, la considérer comme telle, le langage admet qu'on parle de deux Frances
localités,
aux
;
bois, St
:
:
d'avant
celle
et
celle
d'après la Révolution
de la France d'outre-mer.
Il
y a un
;
de la France continentale
livre intitulé
:
et
Les Deux Altemagnes.
noms de personnes, nous avons indiqué
plus haut comment ces du besoin de déterminer. Notons seidementici, sans répéter ce qui a été dit des noms et des sobriquets, que l'ancien rapport entre noms et noms de baptême a été renversé. C'est le nom qui est
Pour
les
noms provenaient pour
Xessentiel aujourd'hui
d'une Il
même
;
la plupart
le
prénom
est l'accessoire
qui distingue les
membres
famille.
faut dire en outre qu'aux noms, et aux prénoms s'ajoutent diverses
déterminations: dans
les familles royales, princières,
aux prénoms s'ajoutaient des numéros
:
ou simplement nobles,
Thierry III de Lorraine, Henri II
même honneur Henri Estienne II. (Cf. Scaliger le Grand). Ailleurs on donne la filiation Madame Bernard mère, ou plus simplement, la mère Bernard, le fils Séverin. Ces déterminations sont très fréquentes dans les noms des firmes Poirot père et fils ; Les fils de Cartier- Bresson. de France. Les Estienne, simples imprimeurs, ont eu le
:
:
Dans
les actes administratifs et judiciaires, d'autres détcrminatifs
nécessaires
:
le lieii et la
date de naissance, la filiation, la profession
soussigné, Gabriel Huguenin, né à Nancy,
le
de mathématiques au Collège de Charleville, etc. lités
»
sont :
Je
3 novembre 1870, Professeur Il
arrive que toutes ces
«
qua-
sont données pour justifier l'acte fait par la personne en question.
Nous, Pierre Labry, huissier audiencier près
le
Tribunal de l^e
instance
de Chartres. Mais souvent aussi, l'énumération n'a lieu que pour identifier
sans doute possible la personne.
CHAPITRE IV ÊTRES ET CHOSES IMPLICITEMENT DÉTERMINÉS
Une elle
petite
fille
est allée porter
y retourne une heure après
:
une ordonnance chez un pharmacien
Monsieur,
je viens chercher la
potion
;
i
;
le
Il n'y a aucune détermination y a un rapport entre sa première démarche et la seconde. Si elle était venue demander une potion, on lui aurait dit quelle potion ? mais elle a apporté auparavant une ordonnance quand elle revient, c'est évidemment la potion conforme à l'ordonnance qu'elle vient chercher. De même, au moment du baccalauréat, on commande à l'appariteur Faites entrer les candidats. Nui besoin de dire les candidats au
l)harmacien n'hésite pas, ne questionne pas.
dans la phrase de l'enfant, mais
il
:
;
:
:
cela résulte du lieu, de la date,
baccalauréat,
des personnes présentes,
élèves et examinateurs.
Ces déterminations implicites sont extrêmement nombreuses. Les constances,
le
milieu sufTisent pour qu'un
catégorie particulière.
mot
général collection
que l'on
ait
niinistration
;
Pour un conservateur ou un visiteur de musée, le aussi aux magasins du Louvre, sans
De même
le
le
premier cas, de tableaux, dans le second,
Conseil, pour
pour un soldat,
ie
une Société,
conseil de guerre;
duquel
il
corps,
s'agit.
c'est le conseil d' Ad-
loour
réunion des professeurs et ainsi de suite. Combien y
Dans chaque
cir-
général soit appliqué à une
suffît. Il suffît
besoin d'ajouter, dans
d'échantillons.
nom
une Faculté,
a-L-il
la
de présidents
chaque Société, on s'adresse au président,
et
on
I
sait
i
CHAPITRE V
DÉTERMINATIONS EXPLICITES.
A.
—
LA DÉMONSTRATION
—
Les démonstratifs. Pour déterminer, il ntsl lel quiiii geste qui montre la personne ou l'objet (1) Regardez cette figure. Les démonstratifs montrent l'être ou l'objet, c'est là leur sens essentiel Cette maison me plaît; j'aime ce ciel un peu gris;arrêtons-nous, asseyons-nous sur ces roches. :
:
—
Il
y avait eu
a.
f.
quelques restes des-dérax)nstratifs latins
de Strasb.).
(tuant {Serm,.
dra-t-il? O-l'
(il
Lss formes
fera cela;
11
n'en reste que
cf.
Irai-fr ? 0-je).
et leur évolution.
—
o
le
de
o-il
D'où notre
:
r/'ist
(cela lui).
di en
Vicn-
oui.
Nos démonstratifs usuels ont
été
originairement, avec le renforcement qu'ils avaient subi, l'équivalent de cejiii
Que vo ici
;
celui- ffue-rrailà.
:
Plus de distinction de personnes, mais des
distinctions de distancé, la chose prochaine, la chose lointaine.
Ils
appar-
tenaient à trois séries. cist
Masc.
Singulier
i
ir
Pluriel
(
f
En moyen
f.,
la
Fem
cest
cel
cesluy
celui
cestc
celé
cesti
celi
cisl
cil
cestes, ces
amena
extraordinaire de formes
celés cil
:
dont le sens ne on eut donc une richesse
et de la série cist,
à ajouter ci et là
:
:
X Singulier
ço,
ccz
confusion de la série
s'opposait plus assez,
Neutre
iUTRE
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION 1
ceste
DÉTERMINATIONS EXPLICITES-
LA DÉMONSTRATION
A.)
145
Souvent la dénionstratioii est une réiércnce à ce qui a été dit antérieureineiit: A c&^4x^\h, je vous prends votre récolte. (On vienHie dire le prix) à cette époque-\SL, la vie humaine comptait pour peu de chose. (On fait allusion L'audace d'une femme, à une époque qui a été désignée auparavant) arrêtant ce concours, En des jours ténébreux a changé ces beaux jours (rac. Ath., 13; le poète vient de décrire l'empressement du peuple) (1). Il ne faudrait pas croire que la personne à laquelle renvoient les démons;
;
tratifs soit toujovirs-ronnue
:
Un homme
après nous avoir demandé où vous
qui
il
s'agit.
Cet individu renvoie à
de l'homme dont
s'agit
est
—
venu vers 3 heures; cet individu, ici. On ne sait pas de
prétendait entrer
un inconnu
on
;
sait
seulement qu'il
a été question.
il
Articles et démonstratifs.
—
L'article était uu démonstratif, qui a peu diminué^e valeur. Les démonstratifs nouveaux tendaient à reprendre
à peu le
étiez,
—
cliemin qu'il avâir^suivi.
les textes on relève-,d.es. articles comme démonstratifs et, inversement, des-déiiiOQiiiratiisJ-eiiant à peaprès.le rôle d'articles. Voici des vers d'Orson de Beauvais Ce fu ou mois de mai, Que li tens renouvalle, Que
Dans
:
florisscnt cil bois et verdissent ces
rôle d'articles
le
:
herbes (1741). Cil, ces tiennent exactement
que fleurissent les bois^ que verdissent les herbes.
peut citer une foule d'exemples anciens de ce genre
:
Après
la
plus demorer Li rois, ainz
On
messe ne vost
fct tout son oirre aprcster, Lors veisiez ces chevax Metrc ces frains et ces bernois trouser (Aymeri, 1243). 11 y en a aussi en moyen fr. Commines écrit par exemple Au meillieu de ce pont fut faict un fort treillis de boys, comme on faict aux cages de ces lyons
—
enseler,
:
313, M.). Quels lions ? Les célèbres lions peut-être. Peut-être aussi simplement des lions. Le sens vraiment démonstratif une fois sauvé, il sembla que la détermination marquée par là fût suflisante et n'en comportât pas d'autre. Allaiton continuer à dire >Prrt^jie.de Dieu je reçois cette grâce De voir encore de mon seigneur la face? Les grammairiens du XYII^ s., se sont.l'u.n après l'autre, prononces contre cette façon de parler. Quand ils rencontraient une phrase telle que celle-ci ^^^ cetéjai-ûù /> suis, ils y trouvaient (cde la super(i,
—
.-
fl«ité»
suis
me
;
Il
.
—
dire.
leur semblait qu'il fallait dire ou
:
en cet
état,
ou
:
en
l'état
où
je
m'a fait V honneur de me dire, et non il m'a fait cet honneur de Au XVIIJe s., on admettait difficilement des vers comme ceux-ci il
:
:
Ce chrétien si vanté, qui remimposant de sa vertu sublime! (volt., Zaïre, iv, 5).
C'est là ce Néresian, ce héros plein d'honneur. plissait
Solyme De ce
faste
L'usage n'a pas cédé tion publique,
A
on
lit
dans
des démonstratifs de rappel vraiment du langage des hommes de
(1) II exii-k-
sortis
;
Hugo
:
Quand même
grandirait l'abjec-
ce point d'adorer l'exécrable trompeur (Chat., Ult. verb.) (2). :
ledit, le siisdil, le
susvisé,
mais
ils
ne sont jamais
loi.
de Vaultl. voilà quels sont vos rôles, Et quand un galant homme à de tels compagnons Fait cet immense honneur de leur dire : Mes drôles. Je suis votre homme, dégainons. (Ib., des journ. de rob. c). Le démonstratif n'est là que pour marquer l'importance de rhonr.eur fait. Il souligne, c'est la suite qui détermine. (2) Cf. Bateleurs
A
INDÉTEEMINATION ET DÉTEIUI INATIOX
146
On
euiploic aussi très bien l'article en guise de dcmonslralif, d'où les
exclamations
bonne blague 0/2
/
Oh
:
!
Il
le délicieux
!
bonne blague
la
est
même
pays
!
à peu près équivalent à
:
Oh
!
cette
parfois impossible d'employer le démonstratif
:
!
Ce 18 février se met encore dans
les lettres. C'est
du style de Palais qui
s'est géî-iéralisé. (Cf. eejoura'hui).
Les nominaux démonstratifs. criptions phonétiques existait déjà alors
du
dans
XVIP
— Ça n'est pas ancien. Dans
s.,
le parler populaire.
populaire.
mai 1680).
En
Il
est
réalité: Écoutez ça
ment employés.
Il
est écrit
les trans-
Cependant ça dans une lettre de
sla.
; on le trouve chez M™e de pourtant taxé quelquefois encore de forme
La Fontaine du 10 septembre 1661 Sévigi.é (13
on trouve encore
;
:
si
ça est
donnez-moi
ça,
etc.
sont universelle-
CHAPITRE VI
—
B.
L'APPARTENANCE. LES POSSESSIFS
La détermination peut d'appartenance. Ex. est
mort, sa vie aura
se faire au
moyen
des mots qui marquent
J'ai rencontré Pierre avec sa
:
sœur
;
—
le
le
rapport
jeune Dupiiij
bien courte.
été
Moyens d'exprimer
—
rapport
d'appartenance. Adjectifs série de ces mots rapportent ce sont les possessifs de l'unité. Il y en a un pour à un seul possesseur chiuiue personne. Ils varient de forme d'après le genre et le nombre de la chose possédée. Une deuxième série comprend les possessifs de la pluralité, il y en a aussi un pour chaque personne. Ils sont variables en nombre, mais non en genre. En a. f. les possessifs avaient deux cas. comme les noms. Il en sera parlé pli s loin. Depuis que les cas ont disparu, les formes se résument dans le
possessifs
;
le
leurs formes.
—
Une première
:
tableau suivant
:
Une chose
Un
\
i^P"-^-^
possesseur
i
~
Plusieurs possesseurs
\ i
J^
P"^"
=
^^
Les formes des possessifs de Autrefois, se,
on
la pluralité
Quand
disait nostre, vostre.
produisit vraisemblablement, mais
il
appellent quelques observations.
un allongement mots XVI^ s., les gram-
le s s'est éteint,
n'a pas subsisté, parce que ces
nom perdaient leur accent propre. Dès le mairiens constatent une différence de timbre et de longueur entre notre jardin et le nostre. Aussi, quand l'orthographe se fixa, songea-t-on à marquer placés devant le
cette différence: notre, votre, adjectifs, n'eurent point d's,et plus tard point
de circonflexe.
La même
action phonétique tend, dans la prononciation cou-
rante, à réduire notre, votre à not', vol'
: vct' pèr(e), not' maison. vraisemblable que c'est une raison du même genre qui explique les formes réduites nos, vos. Elles sont fort anciennes /(/ n'ies mie des lîoz, dit un personnage du Roland (2286). Sires, même quand
Au
pluriel,
il
est
:
—
:
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION
148 le
mot
était,
rale: osts
>
tonique, s'abrégeait en
d'où z
sts,
=
(
suivant la
ts),
certains dialectes, ces formes abrégées ont
Dans
oz.
loi
géné-
donné tout
un développement en français, non. Elles sont spéciales aux adjectifs. Quant à leur, c'est xm génitif latin (illorum) qui signifie rf'é-nx (1). Il était originairement invariable, puis il a été compris comme un adjectif de la série nostre, vosire. Ainsi que ses congénères, il a alors pris s au pluriel (XlIIe s.). Au XVI« s., il a failli, avec les autres mots en eur, perdre r, qui a été ensuite rétabli leu est une forme du bas peuple et des dialectes. A l'époque grammaticale, on a distingué leur pronom, en décrétant qu'il ne prendrait ;
;
pas d's
(2).
Emploi des possessifs de mentale entre possessifs de naturellement
les prem.iers,
vous au singulier
tu.
pluralité.
—
Malgré
la pluralité et possessifs
la difïérence fonda-
de l'unité, on emploie
quand, par politesse, on substitue le pluriel Vous avez laissé
en parlant à une seule personne
:
tomber votre mouchoir.
A
la
1'"'^
personne, la substitution est moins fréquente
moins communérpent nous au lieu de
mon quartier ; delà
les
bourgeoises
:
je.
Au XVII"
s.,
les
on dit en effet éléganUs disaient ;
:
notre quartier. Les religieuses aussi parlaient
sorte, disant notre habit; cet usage, qui rappelait la
complètement disparu du langage des ordres
comnmnauté,
Mais peu à peu cet emploi de l'adjectif de la pluralité fut considéré comme propre au ]K'upIe, et bon pour les domestiques, qui disent not' maître. n'a pas
religieux.
:
Substitution de mon à ma, etc., devant voyelle. — Les possessifs consavec des noms précèdent toujours le nom, et s'accordent avec lui: nos chevaux, ma jument. Au cours du Moyen Age, le rapport de genre entre le possessif et le nom qu'il précède a été profondément troublé par la substitution des formes masculines mon, ton, son, aux formes régulières ma, ta, sa. devant un nom féminin commençant par une voyelle. truits
comme avec l'article la : nous est resté deux expressions m'amie (qu'on a incorrectement coupé en ma mie) et itC amour, qu'on traite comme un nom dans l'expression familière des mamours. La substitution de mon à m' (ma) apparaît pour la première fois dans les Dans
ce cas,
l'a.
f.
ni'espée, l'espérance, et
faisait l'élision
avec ma,
de cet ancien usage,
il
:
Sermons de S* Bernard. On
la
trouve ensuite chez des écrivains champenois
Rutebeuf, Chrestien de Troyes
ment une
particularité
;
:
cette bizarrerie semble avoir été originaire-
du français de
l'Est,
mais on ne peut
la localiser
avec
précision à ses débuts. Elle passa ensuite dans le français de Paris, et dès le
XIV^ s., fut admise partout. Les explications qu'on a données jusqu'ici de ce phénomène, d'abord purement dialectal, ne sont pas complètement satisfaisantes.
(1) et. (2) I>e
Chandeleur (fesla vandelnnim, fête des chandelles) peuple dit lu leurs i] diras. :
LAPPARTEXAXCE. LES POSSESSIFS
A
la
personne,
3*^
rapport entre
le
149
nombre du possesseur
le
et le possessif
profondément troublé. On trouve quelquefois le possessif noms de possesseurs Li soleil e la lune perdirent Es vanifez dou siècle ses clartés (Alex., Grand, B. B, 23, éd. P. Meyer) Mais les exemples sont rares, el mettent s'entente toute (G. Muis., ii, 160). n'a jamais été aussi
de l'unité après plusieurs
:
—
;
—
depuis
le
XVI^
dire,
s.,
comme
certains écrivains l'ont fait
:
avoir les vices
en son extrémité est un pur gasconisme.
— A. Le rapport de possession
Autres expressions de l'appartenance. pouvait s'exprimer en
sans préposition
f.
mon seignor mon père On pouvait en outre se
l'ostel
B.
disons avec (Cf.
a.
un verbe
sans verbe
A
:
ci
maintenu jusqu'au XVI^
:
Ronsard parle encore de
s.,
— Desportes B. de — Mais Meigret trouvait déjà à redire à cette façon de ch., éd.
Jesus-Christ (Po. fron.
mis au cas régime
F., 367).
écrit
herbe et Oudin l'ont condamnée. Aujourd'hui à Colas, la
fille
au garde-barrière
Maintien de
ce tour.
:
—
commun
f.
était
;
s'est
a.
nom
servir de à comme nous le faisons quand nous maison est à lui ce champ est resté à ma sœur. jouer !). Ce tour, qui paraît être d'origine celtique, Tcmt vus avrai en curt a rei portée {Roi., 446). Il
était
en
le
main Dieu.
la
Cette
:
toi
—
;
;
—
11
(h. l.,
m,
elle est
à Gala-
la fille
parler. Mal-
populaire
la vache
:
489, 644).
un cas où, dans
reste
:
l'Eglise à
:
la
meilleure langue,
le
rapport de possession est traduit sinon par à et un nom, du moins par un
nominal ou un représentant équivalent la tête me fait mal. Me ne joue pas même rôle exactement que dans tu me fais mal. Ce n'est pas un objet. Il y a simplement expression du rapport personnel. Cf. la tête lui bourdonnait (uoNC, G. Lac, 79) la main lui tremble rarement (zol.\, Coni. -- i)oiu- retarder ie moment où sa femme de chambre voudrait... Nin., 16) :
le
:
-
;
-
;
lui lacer le corset
C.
(herv.. Flirt,
On employait
devint plus rare à partir du
pourtant encore au Regrets, lvii).
Il
Aujourd'hui,
1).
la préposition de
XYI"
s.
:
XV^
s.
le
(h.
cors de i,., i.
mi (Auc, 24,
229
;
ii,
XVIL
54).
— Ce tour ^
On le rencontre de moy (du bei.t
418).
tout le plaisir de ton Gorde, et
a persisté jusqu'au il
:
..
s.
quand on ne peut guère s'exprimer autrement,
reparaît
par exemple, après un premier terme où déjà la possession est marquée le
s'agit
ma
Jbiens possédés
par diverses personnes
:
La
fortune de ton frère
indique qu'il s'agit de deux fortunes difïérentcs.
de
toi signifie qu'il s'agit
Au si
reste, si on ne se on n'emploie plus de
de Pierre. Ce tour a à reparler
En.
:
sœur et de moi. A l'aide de ce tour, on peut distinguer s'il d'un bien unique possédé par plusieurs, par opposition à plusieurs
jardin de
—
:
La
et
la tienne
fortune de ton frère
et
d'un seul bien indivis.
sert plus guère de de suivi toi,
même
d'un nominal personnel,
noms Le livre immense développement, dont nous aurons
de vous, on dit fort bien avec les
eu un
Les liés du fermier,
Au complément par
les colonies
de,
:
de l'Angleterre.
se substitue
souvent
en.
On
rencontre
INDÉTERMINATIOX ET DÉTERMINATION
150
Li cors en gist en Rome ca citei (Al.. Jusqu'au XVII^ s., on usa librement de en, Colas est mort de maladie : tu veux que j'en plaigne le
cel en dès les origines de la langue
=
cix, 543,
son corps
quel que fût
le
nom
:
(gombauld, Épigr..
sort
:
glt).
lvi).
—
Concurrence de en et des possessifs. Vers 1660. les distinctions commencèrent. Port-Royal posa une règle « Le pronom son, sa, ses, ne se doit dire ordinairement que des personnes. On ne peut pas dire en parlant d'une chose (une maison de campagne par exemple) Sa situation me plaist; la situation m'en plaist. Exceptez il faut dire :
:
:
10 les
20 les
30
les
:
noms collectifs de personnes (une assemblée) noms de choses animées par prosopopée {la nature) noms des choses spirituelles (l'Église) ;
40 les cas où
En
est question
de qualités propres et essentielles au sujet de son lit. Dans un triangle, le plus grand celuy qui soustient son plus grand angle » ( Gr., 63-5).
possesseur costé est
;
;
il
une rivière
:
est
.
fût devenu ainsi le possessif appliqué
(Rem., 157),
exemples conformes à
et les
aux choses. Bouhours approuva extrêmement nom-
la règle sont
breux Je talc votre habit^Vétoffe en est moelleuse (moi.., Tari., 917). Mais les exemples des possessifs abondent aussi, d'abord dans des phrases où en est impossible Tous ceux qui étaient là doivent venir à sa première représen:
:
tation (Id.,
Éc. des F., 6)
Crit.
—
;
Et qu'il ne s'échauffât
sang à sa
le
lecture (rac. Plaid., 479).
On «
en trouve ailleurs aussi
quoi qu'on die
794-795)
—
;
-
Qui
est irréparable ville...
que
je
»,
Mais quand vous
:
avez fait ce charmant
Avez-vous compris, vous, toute son énergie? (Mol., F. Sav., considéreroit bien le prix
du temps,
De
—
(lv bh., Car..
20);
la Ville,
combien sa perte
et
J'approche d'une petite
une rivière baigne ses murs... Je la vois dans un jour compte ses tours
C'est au
XVI 11"
s.
et ses
clochers.
que
la
(
Id., Ib.,
doctrine acheva de se préciser.
s'agit des choses qui ne sont pas personnifiées, dit Condillac,
vir la
du pronom en toutes phrase
employer
;
les fois qu'il
peut entrer dans
lorsqu'il est impossible do faire
employer pour marquer
moyen
;
ce-
même
est
il
Quand
il
se ser-
construction de
l'adjectif possessit son, sa, ses, leur, leurs. F.n effet,
rapport de propriété aux personnes,
d'autre
la
«
on doit
usage de ce pronom, on doit
adjectifs possessifs paraissent plus particulièrement le
si favorable,
Soc. et Conv., 49).
quoique ces
destinés à
marquer
cependant naturel de
les
rapport aux choses, lorscfu'on n'a pas.
en conséquence, on doit dire
:
l'Église a ses privilèges,
le
parlement a ses droits ; si la ville a S8S agréments, la campagne a les siens ; par la raison qu'il n'est pas possible de substituer ici le pronom en. Mais on dira de la ville les agréments en sont préférables à ceux de la :
campagne les
;
d'une république
:
magistrats en sont intègres
par cela seul que
le
les ;
pronom en
citoyens en sont vertueux
de l'Église
:
;
les privilèges
d'un parlement en sont grands
:
:
entre très bien dans la construction de la
L'APPARTENANCE. LES POSSESSIFS phrase. Par la nif^mc raison, on dira
a ses commodités, ou les beautés en sont supérieures
grandes
(Gr.
)>
—
Quand
possesseur,
même règle
les
commodités en sont
sa.
ses.
est
sous la forme suivante
dans
est
rab.j-et_..pi)ssédc
son.
:
maison
cette
;
ch. xviij.
/r..
Aujourd'hui, on donne la A.
VA
ce tableau a ses beautés
:
obligatoire
:
la
même
Le^__BlÙn
:
que
proposition
a sa source
dans
le les
Alpes.
— Quand le possesseur figure dans une proposition précédente
B.
a) 1°
i"objet possédé est sujet d'un autre verbe
si
son, sa, ses
20 sessif
être
30
de l'objet est précédé d'une préposition,
me
il
faut encore
le
pos-
pas de ses paysages. contraire, en est nécessaire 1° lorsque le nom de ciiose est sujet la Suisse, je ne
lasse
Cette affaire est délicate, le SUCCès
:
nom
si le
dans
.
on emploie
être,
Ces arbres sont bien exposés, mais leurs fruits ne nmrissent pas.
Je connais bien
:
Au
b)
de
:
nom
le
si
que
en
est
douteux.
à déterminer est objet direct d'un verbe transitif
I\'onrri
:
j'en connais les détours.
le sérajl,
Cette règle est très incomplète. En outre elle n'a jamais été imposée avec la rigueur de certaines autres. Littré (Dict., 1863) n'est pas afTirmatif :
«
La
règle générale, dit-il, est d'employer l'adjectif son, sa, ses, lorsqu'on
parle des personnes ou des choses personnifiées, c'est-à-dire auxquelles on
attribue des vues et une volonté. Hors ce cas,
Au
de dire
lieu
dites
qui
y
le
il
vaut mieux employer
en.
soin qu'on apporte au travail empêche de sentir sa fatigue,
rf'en sentir la fatigue.
:
Cependant ce
n'est point
une
loi
grammaticale
oblige, c'est la clarté et l'élégance, et plus d'une fois les écrivains s'en
sont départis
En
:
^
.
comme Lamartine, ne sachant pas où mettre mettent partout: Elle avait suspendu une petite lampe à bec de cuivre contre le mur, la lueur en tombait sur le drap et sur le visage endormi (Raph., certains auteurs,
efYet,
en. le
xi).
Au
des
«
ils ne l'emploient pas là où il le faudrait (1). On a cité dans Chateaubriand, Lamennais, G. Sand, etc. Il y en a partout. Une analogie invincible et heureuse ramène les possessifs Elle faisait
contraire,
fautes
»
:
nommer G.
les outils, les accessoires,
Lac, 52)
:
—
indiquer leurs prix, leurs débitants (i;onc.,
ce sujet si vaste...
il
types individuels (lam.. .Joe, Avert.)
PÉRIPHRASES.
—
fallait trouver sa
forme, son drame, ses
(2).
pour exprimer la possesJe trouve un peu bien prompt le dessin OÙ vous êtes (moi.., Mis., 1525) à l'âge que vous avez (Id.. B. -- jr ne veux point d'obstacle aux désirs que je montre (Id.. E. G., III, 3) sav., 440) Jxuis le siècle où nous sommes dd.. Mis.. 117). sion.
On
il
existe diverses périphrases
emploie des propositions possessives ;
;
;
(1) Cf.
Au
:
—
—
Gram. des
g. d.
monde, 71.
contraire certains écrivains font sans scrupule le plus large usage de en en préférerais pour l'héroïne (de régniiïi;, La Flambée, 81 1. (2)
:
je
vous
INDÉTERiMINATION ET DÉTERMIXATIOX
152
Les possessifs comme signes. Adjectifs possessifs ou adjectifs personnels? Le rapport marqué parles diverses expressions possessives, en particulier par les adjectifs possessifs, n'est pas toujours un rapport
—
d'appartenance, tant s'en faut.
Quand un enfant
dit
ma mère me
:
possession véritable qu'exprime
ma;
l'a
ce
commande, ce
mot donne
n'est déjà plus la
du rapport
jjjntôt l'idée
deux personnes. mon pays, ce n'est pas le pays que
de filiation qui existe entre
les
Quand je dis je possède, mais le pays que j'habite, auquel je suis attaché, dont je suis citoyen, où je suis né, etc. Autrefois, on usait très librement des possessifs Vous et moi pour nos maux damnez aux plus bas lieux (c'est à-dire pour les maux que nous avons Encore eut-il pitié de ma fatalité (de la fatalité qui pèse sur moi). faits) Malherbe fit semblant de ne pas comprendre. On emploj^ait aussi le possessif devant un nom sui\ ii'un participe passé L'horreur de mon crime commis (mayn.\rd. ii, 12(S. Nous dirions aujourd'hui l'horreur du crime conmiis par moi). De même pour mes maux soufferts (pour les maux que j'ai soufferts). Déjà rare au XV 1^' s., ce tour disparut avec la langue classique. Pour comprendre les divers sens qui sont ainsi développés et que marquent les possessifs, qu'on pourrait nommer bien mieux des adjectifs personnels, il faut d'abord remarquer que la ])ersonne à laquelle se rattache l'adjectif possessif peut être sujet mon travail, c'est le travail que je fais ou au contraire objet à ma vue, le voleur s'enfuit, c'est le voleur qui m'a vu :
:
—
;
i
:
—
:
:
:
;
:
à
ma
lif.
;
vue veut dire
:
éi
la
vue de moi. L'adjectif a ainsi tantôt
tantôt un sens objectif.
On
trouve
])arfois les
phrase: sa justification se trouve dans son péril
un
sens subjec-
deux dans une
(bai.z..
Pays., 301
même ;
=
le
péril qu'il court est la justification de lui. le justifie).
Nous ne
traiterons
ici
que du sens subjectif
(1
).
Extension du sens des possessifs. -- 1<^ On se accompagner le nom d'un être, d'une chose dont laquelle porte le récit, la conversation attrapée {coRi
chat de crier
(ï..\
1 18,'})
;
—
//
-
:
Voilti
sert
dn
i!
été cjuestion, sur
;i
mon homme
possessif- j)nuv
pris, ri
ma vieille
y tond)e, en danqer de mourir, Et
mon
i-oxt.. FuIk. viii, 22>.
2° Le_.possessif peut s'appliquer à un objet que l'on s'est i)our ainsi dire
approprié par son travail, son étude, il
possède bien son arithmétique.
les
verbes connaître, savoir, posséder
chemin
:
posséder son affaire.
savoir son
monde
:
qui
fille
etc.
On forme :
:
Cet élève n bien
ainsi
.sw/
-sa fabic^
beaucoup de locutions avec
Connaître son histoire
:
savoir son
Une mention si)éciale est due à la locution sçait Son monde a saison oportune (régniri!,
Macette, 93). Elle était très classique, pour des raisons c[ue l'état de société du
XVIF
s.
explicpie facilement.
(1^ l'oiir le sens ohjccii', v.
;'i
V Objet,
\i\
.
IX, secl.
Il, cli.
IF.
la
L'APPARTENANCE. LES POSSESSIFS 30 Très souvent, le possessif
évoque
devenu habituel, qui appartient par là expressions telles que elle s'en allait de son pas lent de son air doux. L'idée d'habitude est très nette dans je prends mon café, attendez-moi. promenade ; 40 On passe de là à l'idée de ce qui est du devoir, de
les
:
messe ;
etc.
suffit,
— faire ses Pâques —
la
dire son bréviaire
:
il
me
répondit
faisait sa petite
il
—
ce qui lui
—
;
:
quelqu'un, de
153
d'un acte qu'on répète, qui est en quelque sorte à la personne, d'où
l'idée
convenance de
;
—
célébrer
sa
—
elle a son affaire. son compte ; 50 Le possessif en arrive à ne plus exprimer que des rapports fort subtils et à peu près rebelles à l'analyse Cette femme gagne ses trois francs par ;
/e vais lui régler
:
jour
—
;
cette
auto fait ses soixante à l'heure
peinture ne fait guère vivre son
—
j'ai tout
mon temps
homme
—
;
—
;
elle
Valeur déterrainative des possessifs. cejçj^ui
détermine
idée de possession,
le
trompe son monde
;
—
la ;
(1).
—
iîuariablement déterminatifs. Dans une phrase c'est
il
dispose de tous ses dimanches
canif dont
comme
il
comme A moi
ce canif est à moi,
:
est question.
cassé servirait à
Ce qui prouve surabondamment que
marquer un
marquer une
sert à état.
pas toujours déter-
le possessif n'est
comme
minatif, c'est l'existence de formes
Les possessifs ne sont pas
.tm mien ami, aujourd'hui un
ami à moi, où l'indétermination reste entière. Jusqu'à la fin du XVII'' s.. disait de même un vostre ami, quelque vostre ami, tout aussi bien que ce vostre ami (h. l., ii. 418 m, 490). Dans tous ces exemples, ami n'est pas déterminé du tout. Dans le même ordre d'idées, il faut observer que si une expression telle que ta mère renferme un nom parfaitement déterminé, puisqu'on n'a qu'une mère, en revanche, ton frère, ta tante, ne seront déterminés qu'au cas où celui auquel ou parle n'a cju'un frère et qu'une tante. S'il en a plusieurs, il est nécessaire d'ajouter quelque chose cadet; aine... ton frère Charles : ta tante maternelle ; sa tante Anna. on
;
:
De même, quand un suffisante
que
Les possessifs et
une personne
quer
i)ropriétaire dit
:
ma
maison,
la
détermination n'est
une seule maison.
a
s'il
et l'article.
—
Comme
le
est parfois inhérent à la chose
rapport
une chose de mar-
entre
même, on
se passe
rapport, et au possessif se substitue alors l'article (démonstratif
le
dégénéré).
En
a.
f.
on trouve
le
plus souvent
le
possessif à sa place
blanche cumencet à détruire {Roi., 2930) 435b).
— Le -
possessif s'emploie
même
;
si
—
//
:
(1)
Pour
l'^'-
cas
oi'i
los possessifs
sation, liv. XIII, ch. IV.
marquenl
:
Sa barbe
un personnel indique déjà à qui
chose en question Puis, si li tolent sun sceptre vent son sceptre et sa couronne (Roi., 2585).
la
normale
roys seigna sa bouche (joinv.,
e
sa curune
soit le i"specl, soit le
dédain,
(ils
est
lui enlè-
v. à la Caraclérl-
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION
151
Toutefois l'article était déjà
Tant ad
seiniet,
oil a'
li
La
blés, Roi., 1991). les voit alterner
commun
sunt trublet
les
noms des
parties
différence entre article et possessif est
Li quens Rollanz
;
avec
du corps
:
a tant saigné que/es yeux/tn" sont trou-
(il
veit
l'
Arcevesqiie à
tere,
si
faible
qu'on
Dejors SUn COrs
Desvr sun piz, entre ; Dcsuz le frunt // baillit la cervele Le Comte dous furcheles, Cruisiées ad ses blanches mains, les bclcs. Roland voit l'Archevêque à terre hors de son corps il voit gésir les boyaux. Dessus le front lui bouillit la cervelle. Sur sa poitrine, entre les veit gésir la buclc
;
=
les
;
deux
clavicules,
il
a croisé ses belles
mains blanches (RoL, 2246).
Au XVI^ s. l'article est commun, même s'il n'y a point de nojuinal personLes Amours qui evcntoient La sommeillante poinel. On lit dans Ronsard trine, De plus en plus augmentoieni Les grâces de Catherine (Odes, m, 3) (1). :
Autour de 1600, l'usage normal était déjà de considérer l'article connue quand il s'agissait des diverses parties du corps (maup., 60). Vaugelas en avait fait une règle, mais il ne la publia pas (ii, 456), de sorte que chez les classiques, une foule d'exemples montrent qu'on ignorait les rigides après avoir lavé ses mains (la br.. prescriptions qui ont prévalu depuis Car. Théoph., Superst. ;) // aétc à deux doigts de sa mort (la roch., iii, 273). La règle moderne se trouve chez Andry de Bois-Regard (Refl., 631) se laver les mains et non laver ses mains. Désormais elle fut reproduite partout. F'n étudiant la question de plus près, on fui cependant amené à distinguer. La règle de la Grammaire des Grammaires, résumant les théories du XVI II*' s., acceptait des réserves. « On met l'article, et non pas l'adjectif ])ronominal possessif avec un nom en régime, quand un dof; pronoms persufîîsant
:
:
sonnels, sujet ou régime,
suffisamment, ou que lieu
de dire
j'ai
mal à
:
noms personnels alors «
il
Mais si
il
je, tu,
me,
te, se,
nous, vous y supplée
ma
tête
; //
a reçu un coup de feu à son bras
a reçu un coup de feu
je, il,
il,
circonstances ôtent toute équivoque. Ainsi, au
au
bras.
Dans
;
on
dit
:
ces phrases, les pro-
indiquent d'une manière clairelc sens qu'on
a
en vue;
n'y a pas d'équivoque à craindre.
l'adjectif
Et
mal à
j'ai
la tête,
comme,
les
l'on
pronom personnel n'ôtcpas l'équivoque, on doit joindre alors ])ossessif au nom comme je vois que ma jambe s'enfle. s'exprime ainsi, c'est parce qu'on peut voir s'enfler la jambe d'un
si le
pronominal
:
bien cj[ue la sienne. C'est encore pour cette raison que l'on dit donna sa main à baiser ; il a donné hardiment son bras au chimrgien ; il perd (oui son sang ; car dans ces phrases il n'y a que les adject fs possessifs qui indiquent d'une manière positive qu'on parle de sa main, de son bras, de son sang, cl non de la main, du bras, du sang d'un autre.
autre
au;,si
:
hlle lui
(1) Les auteurs gascons substituent très facilement l'arliclc dans toute espèce de cas jetlent au pied les armes (du b art., II' Sem., 1^' jour) quelque femme éplorée à qui la morl inique iiDoil rain l'époux (Id., Judith, iv). On s'en moquait :\ la Cour Chul, chut, leur dit-il (la Cal;
—
—
:
:
I>rcnède) ne me nommez point, car si le père le scavoit... Une fois que le père qui ne voulait pas (TALL., Hislor., VI, .381). Au contraire, on trouve chez les mêmes son, sa. ses, là où on attendrait l'article adressant ses paroles audit seijncur (Monll., Exr.); il esrarbouille sa teste (Du Bail., 2" sem., 1 " j. Voir Lanusse, Infl. du dial. (jasc, 387 et s.).
—
:
L'APPARTENANCE. LES POSSESSIFS «
Les verbes qui
ôtent
la main,
même
personne
quand je dis je me suis blessé à de ma main alors dans ce cas l'emploi de
toute équivoque
est évident
il
conjuguent avec deux pronoms delà
se
communément
155
;
et
:
que je parle une faute.
;
l'adjectif possessif seroit « Cependant l'usage mes jambes ; je l'ai vu
o'-cilles » Il
autorise à dire: Je
mes propres
de
me
ijeux
remarque
faut ajouter, et cette
En mal
du tombeau
outre il
entendu
est fort
mes propres
de.
;
-
le possessif
-
la
-
-
:
elle
si le
nom
est
leva les bras,
—
Rouvre tes yeux qu'emplit : machine souleva encore son genou de géante.
reparaît
a été question plus haut
d'ordinaire).
importante, que
qualification, le possessif reparaît
inâîs": elle leva ses bras chargés de bracelets
dont
suis tenu toute la journée sur je l'ai
(343).
accompagné d'une la lueur
;
quand il s'agit d'indiquer un des rapports J'ai mal à mon bras (au bras qui me fait
:
Elle a toutes ses dents (les dents qu'elle doit avoir, les
dents normales). Enfin,
il
y a des
ca])rices de
langue
:
j'ij
perdrai la vie, la raison
;
j'y
perdrai
mes cheveux.
On peut conclure que le possessif est la forme normale ])our l'expression du rapport aux personnes mais l'article se substitue à lui, comme un substitut suffisant, quand le rapport n'a pas besoin d'être fortement marqué. Encore faut il ajouter que beaucoup d'écrivains en usent très librement. Ainsi Lamartine a écrit La biche impatiente au vent tendait sa tête (Joe, 7 déc. 1794). ;
:
CHAPITRE
—
C.
L'ORDRE ET LE RANG. LES ORDINAUX
La détermination d'un occupe dans une
qu'il
les épaules, le
VII
numéro
être,
série.
d'un objet peut se
Les soldats s'alignent
par l'ordre,
faire ;
le
sergent crie
le
rang
Rentre:
:
3.
—
le rang, l'ordre. Pour demander l'ordre, le rang, couramment de (juantième. La quantième est-ce des phi s"a«il d'inlerrog''i nètes y (.m()Xi:t. Dicl.). Le mot s'est conservé quand sur le jour du mois Le quantième sommes-nous? Quel quantième avons nous? (À'tlc dernière l'orme, si l)aroc[ue, recomnuuidée deiniis la fin du XVI s. (A. D. n.. liefl., j2L). indique cond^ien le mot a \ieilli. Nous sommes obligés de prendre, pour le remplacer, des tours éloignés ('/est ce mot italien numéro Quel est son rang ? Quel numéro avez-vous ? (du XV Je s.) qui joue aujourd'hui le grand rôle. Le zuimmi_uii-j-emplace on dit donc le numéro combien ? D'où les numéroteurs, instrule premier ments qui sont des compteurs-classeurs. D'où aussi lexpression figurée (U'iui-là. je sais son numéro (sa valeur).
Questions sur
on
iisiiil
aulrelois
il
:
1*=
:
—
—
:
:
:
:
Les ordinaux, leurs formes. — Les formes des ordinaux onl changé complètemenl au cours de la langue. On disait autrefois :
1» prim, prime, auj. prrmier
(preu est
un mot
:
segon)
a dit aussi altre pour second (le
parer prime, printemps, jirimesautier).
d'écolier.)
2° second ([)rononce/,
30 fiers
(cf.
tiers,
ic
(cf.
;
il
a été en concurrence a\ ec deuxième.
On
Vautre main).
Tiers- F.t
le
tiers-ordre)
a
il
;
cédé à
troisième. 1° quart, quarte,
est
(un quart de beurre, parer quarte
la lièvre
.
quarte)
;
il
aujourd'hui remplacé par quatrième.
50 quint, quinte (Clic(rles-Quin!. une quinte à
einijuième.
trèfle), auj.
6° siste, auj. sixième. 7" sedmes (siedme, setisme), auj. septième.
80 uidmcs (huitain, uitime), auj. huitième. 90 niefmes (novain, novime, noveme), auj. neuvième.
100 disme
(la
dîme, dizain, dizime), auj. dixième (n.
j...
i.
187
;
11,
311,
411).
C'est au X1V«^
s.
(jue la
forme en ième a sui)planté
la
forme en isme,
et
L'ORDRE ET LE RANG. LES ORDINAUX Dans
(•(inmencé à éliminer les formes concurrentes.
XVP
157
première moitié du
la
on hésitait encore entre les anciens ordinaux et les nouveaux. A vieux ordinaux sont définitivement battus et destinés à ne plus survivre que dans des coins du lexiciue. s.,
du
la fin
siècle, les
Ordinaux
et
cardinaux.
—
même temps,
I^^n
on peut noter une tendance
nombre cardinal au nombre ordinal. On dit toujours Charles second, Henri troisième mais on commence à dire les quatre à
substituer
le
:
;
:
sixième livres de Virgile (pasquier, Rech., \ii,
—
le Caduc 6, 1. 1, 708 B.) Aages le dernier (rons., vi, 406, M.-L.). Il est intéressant (le voir Montaigne, au cours de ses éditions successives, se corriger et remplacer l'ordinal par le cardinal. Le même flottement se constate chez (i
:
—
rstïe Sept des
TEstoilc.
Au XVII
Vaugelas eût voulu que la langue résistât à la tendance noucitejonjixre ou un chapitre, écrit-il, ou que l'on nomme im^Pa_pfi_au-««-Roy;-oxr quelque autre chose semblable, il faut se servir du nombre adjectif ou ordinand, et non pas du substantif ou primitif, qu'ils velle
s.,
*^
Quand on
«
:
appellent
On
215).
(i,
»
rencontre d'ailleurs l'ordinal très fréquemment
du vingt septième du mois passé (balz., i, Henri quatrième (sgarr., Rom. Com., i, 176); Philippe second ftt mourir son fils (la rochef., i, 280). Les successeurs de Vaugelas étaient indécis. Patru admet chapitre quatre dans un discours il tolère qu'on emploie le chiffre cardinal au lieu de l'ordinal pour désigner encore
200);
J'ai rcceii vostre
:
— dès
le
règne
lettre
—
rf'
;
Bouhours il
Thomas
de France (mais ceux de France seulement).
les rois
Ménage font des concessions analogues. A toutes
et
que l'usage
était visible
allait
dans
changer:
la
Corneille,
ces discussions,
langue courante, on
cinployait plutôt les adjectifs cardinaux que les adjectifs ordinaux. M^^^ de
Sévigné
écrit
:
y a vingt
//
quatorze, je suis scms fièvre
neuf
(Lett.,
ccccxli
La Fontaine
=
doux Jésus, en tons cinq
un
I^a
et
trois
jours que j'en suis malade
sans douleur
d)
;
—
;
elle est
depuis
le
dans son
son neuvième mois de grossesse).
;
Au
ces accidens
saute de sa place.
;
deux,
Le
Au
//
dit
tiers est
quart,
il
:
Puis souffre un Donnez-moi patience. Mon
rude fait
;
//
:
en grince
les dents,
une horrible grimace
;
Se
Au
cri (Cont., xi).
substitution des adjectifs cardinaux aux ordinaux s'explique.
que l'usage suivi dans un cas particulier. posés
(Lett.,
brouille anciennes et nouvelles formes
covp^vec grande'constance courbe tout,
et
—
•
s'est jietit à petit généralisé.
—
celui de
On
dit
deux nombres juxta-
Parce qu'on disait
:
// est
—
dans sa
unième année, on était amené à dire le 21 août. Quoi que vaille cette raison, il paraît y en avoir une autre. C'est au moment où l'imprimerie a commencé à répandre les textes français que l'adjectif cardinal a
vingt ou vingt et
commencé
à
prendre la place exclusivement occupée jusqu'alors par l'aden chiffres II, IV. Le chifîre est un
jectif ordinaî, OTT^h'Ofdrhâr était écrit
idéogramme, où chacun a l'habitude de
:
lire
un groupe de sons qui forme
IXDÉTERMIXATION ET DÉTERMINATION
158 le
nombre
cardinal.
Il
après
quand
III,
II,
nombre
lien
s^i
constant que
Un
est tout à fait secondaire.
peu de chose. On
existe, est
il
un
la figure et la chose
y a entre
ce qu'on peut écrire près du
fait
comme
point
n'était
s'il
pas.
Peut-être le changement eût-il été moins rapide, si dès lors la série des ordinaux eût été comme aujourd'hui très proche de forme de la série des cardinaux. Mais II. devait se lire second, III. tiers. Il dut se passer ce qui se passe quand nous lisons des chiffres dans un texte étranger. Nous les lisons dans notre langue, sous la forme par lacjuelle ils traduisent d'ordinaire l'idée.
Dans Im lahre 1520, nous sommes
même
tentés de lire
pas chercher second et
n'tdlait
De
quinze cent vingt.
:
mots deux,
à II, III, étaient attachés essentiellement les
on
trois,
tiers.
maximum
Cette tendance est aujourd'hui arrivée à son
nous disons,
:
Boniface VIII, Henri II, Henri III, Alphonse XIII, Pie IX. Nous datons toujours avec l'adjectif cardinal
le
:
28
février.
Les numéros des rues sont
indiqués en chiffres cardinaux. Les receveuses des tram^Yays appellent, non le
second... le troisième...,
mais:
contraire, le coiflour appelle
Syntaxe des ordinaux. cardinaux dynastie
se placent
— le
deux,
le trois.
On entend même
te
un.
(Au
premier de ces messieurs). Invariablement. doi)uis l'âge moderne,
nom
:
le
les
deuxiriin' rang, la vingt-huitième
(1).
L'accord est normal
le
avant
le
le
:
:
Le premier consul,
la trente-deuxième demi-brigade.
Les cardinaux qui tiennent lieu des ordinaux viennent derrière bâtiment 3, l'ordre n^ 22. Ils ne varient naliircllcnient pas.
Valeur déterminative des ordinaux. servent à classer un objet dans une série
le
nom
— Les ordinaux, nous l'avons
:
dit,
mettent à son ordre, soit dans l'espace, soit dans le temp«. Et par là ils le distinguent souventAlcs ,iref le Maire du autres/objets C'est la trente-septième maison après le pont ;
ils le
:
:
quatorzième arrondissement
:
—
—
Après un deuxième mensonge,
je la ren-
verrai.
De De
là leurs sens d'appréciatifs
la viande
dit
le
peuple.
dernières.
(1)
11
Il
premier signifie sui)érieur, excellent
:
première (qualité); --
On
lui
(cf.
seconde)
il
oppose dernier. Le peuple dit là que de qualification.
:
c'est la
dernière des
ne s'agit plus
reste des traces de l'ancienne libellé
:
«
lu
pifiiiinc
liciiir,
:
a fait cela en première,
it
-on hriirc ilnnièrr.
CHAPITRE A UT RE S
VIII
DÉTERMINA TIONS
Les compléments
les plus divers, soit seuls, soit en groupe, servent à peuvent apporter des notions de toutes sortes. Ils peuvent consister en adjectifs, participes, compléments, relatives l'ancien régime, le brevet supérieur, le budget de demain, les matières premières que nous tirons
l'individuation.
Ils
:
de nos colonies, etc.
Nous parlerons plus d'originerde
|>rix,^
loin des caractéristiques spéciales de lieu, de Lemps,
de manière
;
à un endroit,
or, caractéristiques
sont
elles
déterminations dans un autre.
Ce qu'il importe de remarquer, c'esl^qu'il existe des compléments de détermination qui ne se rapportent véritablement à aucune de ces caractéristiques.
^_IJne détermination parfaite est celle qu'on obtient par le rapport \4^entil,é si je dis vous ai'çzJamême robe que vous aviez dimanche, cette :
:
robe est strictement déterminée
;
—
-
même
j'ai déjà trouvé la
opinion chez
Rousseau.
Compléments
—
1» Pendant toute propositions de détermination. complément déterminatifse construisait, en certains c a^ sans _La:&p ociitioiT. -fce nom se mettait alors au cas objet (héritier des fonétions du jénitif latin) le rei gunfcmuniers (le gonfanonier au roi, Roi., 106) (1) -^ l'enseigne Carie n'i devum ublier (Ib., 1179) a feste Seint la
période de
et
L, le
l'a.
:
;
—
Michiel (Ib., 37).
nom déterminant grand
feste Seint
;
On
le
A
la
après l'autre
:
Mère Dieu
;
Michiel de TPeril (Roi., 152).
Il
le pluriel
nous en
On
:
les
est resté des
meson son père
la
;
—
— Elle s'étendait même aux
féminins, qui navaicnt ])oint de cas distincts
trouve aussi
—
trouve généralement, dans cette construction,
:
//
filz
Sainte Marie.
On
demoiselles les reines.
noms
tels
que
l'Hôtel- Dieu,
L'
Église Notre-Dame.
d'un comjjl éme nt construit avec la préposition de. Au latin Urbs Romae succéda à la décadence Villa de Roma (en f. la ville de Rome). Ici nous avons affaire-à-un^-appasitian^f/c-est simple copule. Ailleurs, il y a 20
se servait
dépendance
:
le
chemin de Rome ; mais
sens plus particulier: si recevrez la d'olive en voz
En
f.
mains porterez
lei
la
préposition n'a pas pour cela
de chrestîens (Roi., 38)
(Ib., 72).
m., de a continué à être d'usage constant,
(1) V. J-oulet, o.
c, 15 e
s.
le
fond de
;
un
— branches rivière; —
la
INDETERMINATION ET DETERMINATION
IGO
arbres de la forêt
les
traindre
;
la Foire
;
— —
;
—
de Racine
les tragédies
—
les rôles
d'ingénue
les rêves
de la jeunesse
;
—
le ;
;
— rhabitude de —
nmitre d'écriture
—
l'instinct
se con-
le théâtre
;
de la conservation
;
de
—
Eh bien, oui, fai retrouvé F ami de ma jeunesse (DUMAS, L'Étr., X, 112). 30 En f. m., un adjectif tient très souvent la place du nom en dépendance critique musical, morceaux historiques, convention postale. Cet emploi a été souvent critiqué, sans que le développement en pût être arrêté. Il est devenu la question j'erriigineuse, le réseau jerrotrès important. On entend dire
r instrument du crime.
:
:
z'za/re.
Si l'adjectif n'existe pas, onl'invente;-
On
'x'-^i^^uer
-
souvent de propositions conjonctives le livre que vous réclamez vous a été rendu en juillet dernier ; la situation à laquelle VOUS prétendez n'est pas digne de vous ; le chemin par lequel il faut passer prend à côté de l'Église ; l'honneur qui VOUS échoit est bien mérité. 40
se sert
:
—
—
Rapports entre déterminatifs
et
—
déterminés.
—
Ces rapports ont
longtemps assez mal réglés, et il arrivait qu'ils fussent peu clairs. Malherbe exigeait que l§.-posî>cssif- -eût un antécédent bien -déterminé^ auquel on pût le rapporter grammaticalement et avec lequel on le fît accorder. Kn examinant ces vers Mais quel caitre nuage, en si grande jeunesse, Peut troubler votre esprit, sinon quelque maîtresse ?... Leur_eûiu/;^ est variable, il feint de ne pas comprendre. Le cœur de qui ? demandc-t-il. Le poète devait dire:-XQ cœUr dés femmes es/ variable {Conim. s. Desp., iv, 101). L'accord par syllepse se trouverait ainsi condamné. A dire vrai, on en trouverait des exemples jusque chez Malherbe lui-même C'est mal vivre que de commencer toujours ci vivre, pour ce que leur vie est toujours imparfaite (Épître xxiii. Leur vie est mis pour la vie de ceux qui commencent) ces salles à festin étaient alors inconnues... Deux pieux fourchus soutenoient les deux côtés de leurs loges (Épître Sénéq., xc, Leurs loges désignent les loges des hommes du I^'^ siècle). Néanmoins, dès ce moment, la lutte contre les équivoques commença. Vaugelas poursuivit le travail (II, 3G8) il était fort nécessaire. Depuis le XVIIIe s., on en use fort étroitement (h. l., m, 692). Seul un Lamartine, avec sa négligence ordinaire, brouille les son et les sa : Un réseau noir serrait ses cheveux dans ité
:
:
:
—
;
;
sa maille
des lion,
;
Deux
tresses
seulement descendant sur sa
taille.
fleurs des prés s'entremêlaient. {Joe, 6 juil. 1793)
contemplant sa statue,
/'/
(Réc. poét., A. M. Fél. Guillcm.)
;
-
Où
quelques blon-
Comme
Pijgma-
promenant sa main sous sa mamelle nue
|
.
CHAPITRE IX LE SIGNE DE LA DÉTERMINATION. L'ARTICLE
DES DÉTERMINÉS
—
Quand un nom d'individu est déterminé, il esL diisage m. de le prctienler comme déterminé, au moj'en de l'article le, la, les, assez mal appelé « article défini ». Ex. le portique de la Madeleine, la fin du XV 11^ s., l'orgue du Trocadcro. Ixs noms qui expriment une espèce sont aussi présentés comme déterminés par l'article défini les })oissons ; les sapins. Peu importe du reste la compréhension de la catégorie, qu'il s'agisse d'un embranchement, d'un genre ou d'une simple variété les arbres fruitiers ; les statues grecques ; tes Le, la, les.
en
f.
:
:
:
figurines de Tanagra.
une
table. Sitôt
accompagne. Soit
que, pour une cause quelconque, on sait de quelle table
s'agit, l'article intervient
C'est
même
quelconque
l'article
:
maman met la table (il
r artjcle.
ont pris leur
»
dé«iott5trattve-(»v-t.^
que
1.,
L, IX, 506),
novice (dont
le
de
la
il
table à manger).
qui seul sert à empêcher qu'on ne pense à une table
— Ce n'est que-iml_lÊiLtÊmen.t que
rôlf.Lj-.e-4atitt4es -ignorai
derla^période latine, ou plutôt
A.
s'agit
(1).
Les for mes de cles définis
cf.
noms
faut observer tout d'abord que lej;ôle_dfij.laït,i^le s'étend aux
Il
-qjLxi-softt-détewïiLaÉs ^safts-q+t^ueimir dcterminiiti^n -les
il
I,-
se_^s.ont^-alors^-
97V; iU&^novicius
dans un texte de
signum
la
a été parlé) fasse
le
t.
Ils
les
'<
arti-
sont nés à^la
fin
jiégagés de leur fonction faciat
(benoist de nursia
décadence, veut dire à peu près signe
(2).
En
a.
f.,
:
avait
l'article
comme le nom il en sera parlé plus loin. Avec les prépositions, combiné en des formes contractes, semblables à celles dont nous avons parlé de le > del > deu, du ;<^aIe_>aL> au ; en le > enl > et > eu, ou ; su(r) le > sul ; de les > des ; a les > als, aus, aux en les > es. C'est une raison de phonétique syntaxique qui explique ces formes dans à le mur, les syllabes ne forment qu 'un mot phonétique, e disparaît par
deux il
cas,
;
s'est
:
:
;
(.1) Cf. pcisscz-moi le plat (celui qui est sur la table Jour (du jour où nous sommes).
ou dans
le
voisinage)
;
—
c'est
un œuf du
(2) Ce qui importe ét\-mologiquement, c'est comment ille a pu donner H en même temps que il. Tantôt ille était accentué, tantôt non. Soit ille videl, d'une part ille murus, de l'auirp; Dans le premier exemple, ille (sujet) se trouve ordinairement séparé de videt il conserve l'accentuation qui lui est propre, sur il. Dans le 2» exemple, ille (ou illi) accompagne toujours son nom murus, de telle sorte qu'ils forment ensemble un véritable mot phonétique unique. H est naturel
;
;
;
,
INDÉTERMINATION ET DETERMINATION
162
al mur; toutes les formes contractes en / normalement, al devient ensuite au; cf. del, deu ; de deu, on passe à du, comme dans senr, sûr ; meur, mûr. Enl, el, devient de même eu, qui par un changement dont on retrouve ailleurs l'analogue, se transforme en ou. Des, es sont des formes analogiques.
conséquent, on passe à la forme s'étant Yocalisées
Ces formes constituent en réalité une-ii^ilUblh? déclinai§ûii,-H+te des^seules
que nous ayons en français, car lorsque vous les mettez à la ri\çj_JCjjiu^aj.i es, oUj elles représentent vaguement un sujet, un génitif, un datif, un c'est ce qui explique l'opinion des grammairiens Ifccusatif et un locatif ;
du XVP s., qui s'entêtaient à trouver des cas en français et à décliner nom. Ex. le mur ; génitif du mur etc. A dire vrai, le nom français :
:
le
se
décline par son article.
—
La disparition de ou est antérieure Disparition de es et de OU celle de es, qui n'était pas complète encore au commencement du XVIIc s. on connaît les expressions qui ont survécu bachelier es lettres, etc.
à
:
;
Développement de
l'article.
— I>'évolution du sens
a été assez lente.
le, ia, les Ço à celui de Jésus et au mien). mien (RoL, 33C A proprement parler, à la Saint Jean signifie ù celle de St-Jean (à la fête do St-Jean). Mais tel n'est plus le sentiment moderne. On ne sent en aucune façon que la représente le mot fête. La est article dans la St-Jean, comme
Longtemps
dist
reis
li
dans
al
Jesu
quelque chose de
valeur primitive dans
:
—
=
14
; le
juillet.
ancienne langue,
la plus
la
e al
jour de l'an
ic
:
Dès
:
resta
il
l'article défini
apparaît pour marquer que
l'extension du substantif est limitée à certains objets ou à certains être q\ù sont connus ou déterminés d'une manière quelconque
drins
Au
:
.
Dist Blancai,-
apelez le Franceis {Roi., 506).
contraire,
quand
le
plus souvent l'article défini
957
:
= pour sa
beauté
(les)
substantif est pris dans toute son extension,
manque pur :
dames
lui
sa beltct
dames
sont amies). Mais
à une extension rationnelle fondée sur des besoins.
A
//
il
le
sunt amies (Ro'.,
ne faut pas croire
chaque instant
l'cir-
où on eût pu l'attendre. Depiis le début du XIII^ s., jusqu'au XVie s., les progrès de l'article furent constants. Comme il avait perdu son caractère démonstratif, il s'éteiticlc
manque
là
dit
par analogie
les
noms
(h. l.,
abstraits
— puis paix
:
i,
342, 162-4), tout en restant relativement rare avec
jusques mort
se faict (Id., Bail,
ne puisse être question de
Ronsard
est
«
me consume
(vilt.on, Bail, à
de la grosse Margot).
règle
»
,
à
là-dessus d'accord avec
un
— Au XVI^
gentilh.)
;
quoiqu'il
s.,
proprement parler, un poète comme un grammairien comme Meigret :
omis défigurent l'oraison (h. l., ii, 386-399). L'article se généralise désormais même devant les noms abstraits. Le progrès sur ce point se marque nettement du début à la fin du XYI^ s. ... toutes
les articles
:
les choses,
parties
que la Nature a crues, tous
du monde (du
les ars et sciences,
bei.l., Déf., 48-49).
—
On
le
en toutes les quatre
trouve aussi après une
LE SIGNE DE LA DÉTERMINATION. L'ARTICLE DES DÉTERMINÉS préposition
:
en
(bouchet,
l'esté
SOUS les prétextes de religion
et
Serées,
(39)
i,
;
—
163
troublé de guerres civiles,
bien public (l'est., Journ. de H. III, 35).
L'AGE CLASSIQUE. -- Au XYII^ S., le dernier pas fut franchi. On dit àjous^égards mais c'est une locution, comme enjous cas. Fût-ce
encore
avec
,
:
tout, l'article est d'usage.
femmes. De mêine avec
les
Il
faut dire
:
tous les
l'analogie l'a
abstraits,
la piété, l'avarice.
L'article et les locutions verbales ou nominales.
—
hommes imposé
toutes les
;
l'honneur,
:
Jusqu'alors, le verbe
pouvait être considéré comme une locution verbale composée véritable, puisqu'il était à peu près facult atif de sui vi, du
^Trjettre
nom
sans article ne
ou non
l'article.
Désormaisla différence entre une expression juxta-
posée et une phrase ordinaire fut souvent marquée par l'absence de ticle.
Ainsi
:
promettre mariage, avoir envie, entendre raison
(1).
l'ar-
Oudin
marqua.it déjà la ditïérencc entre prendre médecine et prendre la médecine.
^"^l'on
viëîrTa'speclfi^iSoa y peut adjonter l'article » (G/-.. 63 h. l., in, 422 et s.). Les grammairiens ne discutent plus que sur des cas particuliers. Vaugelas s'interroge sur vent du midi et vent de midij ; l'Anonyme de 1657 Autour de La Bruyère, on polésur fruict d'esté ou fruict de l'esté (21). ;
—
mique sur ouvrages d'esprit ou ouvrages de l'esprit. Ainsi, de plus en plus, tout nom, L'article et la grammaire logique. pour tenir dans la phrase un rôle syntaxique, doit être accompagné d'un article ou d'un mot jouant un rôle analogue. Vaugelas pose en principe que le nom, pour qu'on puisse lui rapporter un relatif, doit être accompagné de l'article ou d'un de ses équivalents (Rem., ii, 104). La théorie générale est donnée par Port-Royal, qui en a fait un exposé d'une netteté puissante
—
:
Le nom commun, comme Roy. ou n'a qu'une signification
£7
fort confuse
ils
a
f(.il
un
festin de
Roy,
ont fait des festins de
Roys. sans article
ou en a une déterminée par
avec l'article le signifie
ou
sujet
le
sition
de
la
propo-
,
Louis XIV Louis XIV sont Roys.
l'espèce dans toute
le
son étendue
SCS
est et
Roy,
Phdippe IV
Roy ne dépend SI
point de
jef.
singuliers
Les Roys ne dépendent point de leurs sujets. Le Roy o fait ta paix, c'eut
déterminés par les circonstances de celui qui parle, ou
à dire le Roy Louis XIV, à cause des circonstances
du
du temps Les Roys ont fondé la principale abbaye de France, càd. les Roys de F rince.
un ou
plusieurs
discours.
:
prendre le change, la fuite. Certaines qui (1) Il y a naturellement des locutions a\ec article le reprendre en f. m. : la ferme que le garçon d'ailleurs n'avait n'avaient pas l'article terdent pas l'envie de quitter (zola, Déb., 565). :
î^i
64
LE SIGNE DE LA DÉTERMINA TION. L'ARTICLE DES DÉTERMINÉS dans
joLianl
la
phrase un rôle syntaxique,
l'ancienne liberté a survécu
I,à
cendu
FONT., Fut.
(i.A
VII. 8)
;
femmes, moine, vieillards, lout manteaux, fusils,
:
165
c'est le cas d'in^^i_4kittméTTrtton. était des-
— jet<mt shakos,
fêtant les
aigles (v. h.. Chat., Exp.). Il
ne faudrait pas croire du reste
l'article suit obligatoire
(le
:
fronts tremblent (v. n., Lég.,
dans rémunération niénie^ l'omission
cjue,
sous sun Pet.
ér/a;/-.
lësTras, les cœurs, les yeux, les
de Gai.)
P..
(1).
donne une
Elle
alhr.e
don.ne quelque chose de ])lus pesant ou
plus rapide, tandisjjue l'article
de plus comiDassé. Elle donne aussi une généralité plus grande.
En
fait, l'article e.st
près des
et
fer
;
noms
partout où son rôle l'appelle, près des
d'individus
l'hiunanité
:
;
l'homme primitif
noms ;
d'espèce
Alasque de
le
la seienee la victoire de la Marne ; noms implicitement déternnnés, comme de ceux
près des abstraits et des concrets
la (jarc de l'Est; près des
:
:
qu'une détermination accom])agne pendant la guerre ; par ordre de la Faculté Faculté de Médecine) entends-tu la cloche, nous cdlons être en retard :
(la (la
;
cloche peut être celle du collège, celle de l'égiisc celle de l'hôtel,
Répétition des articles. de consulter
Chaque
-
Quand
il
de déterminations,
s'agit
etc.).
il
y a
lieu
le sens.
fois
qu'on vise
présenter
à
comme
déterminés des espèces ou des
individus, sauf dans des expressions toutes faites, l'article s'impose, disent les
grammairiens. C'est trop généraliser. T/usage n'en
est
pas
là
;
sans doute
grand et le petit commerce ; la viande fraîche et la viande de conserve. Mais une expression telle que les lois divines et humaines n'est nullement une exception. On dit les bois de pins et de hêtres font la richesse les sous-marins ont menacé les côtes italiennes et françaises du pays ; les gares d'Auscet homme a montré toutes les vertus publiques et privées ;
il
faut dire
:
le
:
:
—
terlitz et
—
d'Orsay étaient menacées par
:
l'eau.
y a plusieurs caraclérisations. il n'y a pas lieu non plus de répéter l'article la vieille et bonne eau-de-vie est un poison tout comme Je viens selon raiitre // sapait le culte antique et vénéré des dieux
Quand
il
:
:
—
—
:
l'usage antique et solennel (uac. Ath., 2)
(2).
Ce n'est que devant des caraclérisations non reliées entre elles qu'on comme si chaque fois il s'agissait d'une qualification dis-
répète l'article,
Oh ! la bonne, la charmante femme ! y a des groupements, des ensembles de non.s auxc[uels un seul article suffit conwmnirjuer aux officiers, sous-officiers et soldats seuls, les parents
tincte
:
11
;
:
et
amis sont
invités
naturel ont été délerininés.
(1) L'article est etc.,
(2i
(.3).
ici.
iiaice <[uc les ixrsoiiiiages
Les classiques ne praUquaient pas loujoius ainsi
Fab., VII,
auxquels apparlieunent bras, cœurs,
la
:
douce
et l'innocente proie
(la font.,
1).
(3) Prendre garde aux c.ns uû service des Poudres et Salpêtres
il ;
s'aïit d'iiii
obsemcr
juxtaposé h: Cnnsenxiloirc des Arts-et-Métiers; venues des promeneurs.
les allées et
:
le
I^WÉTERMINATION ET DÉTERMIXATIOX
166 S'il
un
y a substitution d'un mot à un autre pour explication, correction,
seul article suffit aussi
:
— la
fièvre
etc.,
aphteuse ou cocotte.
A remarquer, parmi ces noms conjugués, ceux qui, tout en restant chacun tes père et mère. Ces formes au singulier, forment un ensemble pluriel déplaisaient à Vaugelas qui les avait condamnées (h. l., m, 706). Elles ont :
néanmoins survécu, mais en petit nombre tes frère et sœur ; le massacre ; les mardi et vendredirfr chaque semaine. On pourrait :
des 2 et 3 septembre écrire
peau
;
:
les acides chlorliydrique et sulfurique sont les
codes
civil et
également corrosifs de la
pénal ont besoin de retouches. Ce n'est pas usuel.
i
CHAPITRE X LA
VALEUR DE L'ARTICLE
—
Ses rôles essentiels. l'article.
nombre
II
contribue avec
et le genre des
les
Nous avons dit le r&l^-JiiQrp.hplogique de autres mots de même ordre à marquer le
imms. Ce n'est pas cependant son seul
rôle.
IJans l'état actuel de la langue, sitôt qu'il
apparaît
Rapt
;
fai vu une maison forestière
:
— j'aime à
y a détermination, l'article c'est la maison forestière du Blancj'aime à voyager dans une automo-
;
en automobile ; j'aime à voyager dans l'automobile de aller
bile Peugeot : domce (1). Comparez
mon
oncle, elle est très
un programme de restauration économique; le programme d'une restauration économique ; le programme de la restauration économique. On peut, à l'aide de l'article, marquer une foule de semblables différences. Ex. c'est l'œuvre du fou c'est l'œuvre d'un fou c'est une œuvre d'un fou c'est une œuvre du fou qui s'appelait Michel ; une qui s'appelait Michel :
:
;
;
:
œuvre de fou (2). Dit-on il a la plaisanterie :
féroce,
on implique que toutes
ses plaisanteries
ont ce caractère. Des plaisanteries... voudrait dire qu'il n'emporte
le
mor-
ceau que de temps en temps.
— Ce qui caractérise
Extension de l'article hors de son rôle propre. f. m., c'est que l'article, loindc manquer là où le nom
le
de proche en proche étendu à des
noms
est
déterminé, s'est
qui ne le sont pas
joint à dFrTîÔmTprTs^daûii toute leur généralité
:
:
un ouvrier
D'abord
il
se
travaille le bois,
métaux ; un homme aime le vin le lait est la nourriture des enfants du premier âge : cette étoffe tache à l'eau un poète écoute le bruit des vagues une compagnie s'est montrée héroïque SOUS le feu. Nous avons parlé des cas où l'article était en concurrence ave* le 4iosses§if-^-ei^err~mtr^-à^la^4êle. Là il marque un rapport, mais comme il le fer, les
;
;
a gagné de
proche en proche,
Durand peut à
le
;
sens s'est effacé
la rigueur s'expliquer
par
le
café
:
il
prenait
le
café chez
qu'on prend d'hbitude,
(comme son café); mais à quelqu'un qui ne prend jamais on dira tout aussi bien venez-vous prendre l'apéritif? que venez
après le déjeuner d'apéritif
ii) ter
à
Quelquefois bicyclette.
la bicyclette it (2) Cf.
:
rayons de
il
:
:
les
types sans articles sont seuls usités: aller à âne. Cf.: monter à cheval; monHenri exl venu sur articles, il faut changer de préposition
Pour introduire des
un rayon de du bonheur.
lui faudrait
solei]
:
Jeanne. soleil, les
rayons du
soleil, les
rayons du
s«!e!l d'Algérie, les
•
INDÉTERMINATION ET DÉTERMINATION
IGS
vous prendre un apéritif ? Est-ce p?rce que ce poison est clans générales Il
les
habitudes
? (1)
ne faudrait pas croire que ces laçons d'cmprô^-Tï-aiui^wrmrTrH^^rti^le^^ soient récentes. En voici des exemples du XYII^ s. (ju'il soit le premier
(lêfini
:
de sa raee
Mais
et
n'ait
pas
en sa bourse
le liard
(:\rAi,H.,
Épit. Sénéq., i,xxvi)
;
—
d'en faire Jes couronnes X'cst pas su de toutes personnes (Id.,
l'art
Poés., Mil, V. 145
;
en 1611, des)
;
—
il
me
serait
du
tout impossible d'oublier
jamais la personne de votre sorte (Le Secret, de la Cour,
7).
employé comme il l'était en lancue moderne, dans les affiches où les cheminots grévistes d'avant-guerre réclamaient la pièce de cent sous : Après toutes ces couleurs imaginaires Cju'ils fctlenf, comme de la poudre aux yeux de leurs spectateurs, ils fixent pourtant
On
trouve alors déjà
l'article défini,
à la pièce de quinze, ou à la pièce de trente
leurs boëtes d'oruiètan ou
Ensuite d'une
dorure,
telle
sols...
vient à estimer son livre tâchant secrètemeiii
il
De bonne foy il me du discours aprèsque
d'inspirer l'envie de l'avoir pour la pièce de trente sols.
semble entendre ces Gilles de théâtre, qui reprennent
Ce
leur maître est les de parler sur ses remèdes.
le fil
n'est
que
la pièce de quinze
de trente sols, Messieurs, disent ces badins (Le Merc. répr., 27). Parloiil
et
précède le mot pièce. Des phrases analogues abondent au XVIIF s., mais beaucoup plus variées. Comparez en langue moderne avoir le sourire, une ancienne aérant" de familu-hôl-K.. qui avait la fcrte faire la tête:
l'article
:
—
somme
(.i.
Rois.
i,i-3r..
Confusions entre
\:^).
—
du XN'U^ s. ne pouune oreille ou l'oreille, car oreille es' ici indéterminé (2). Et la Bruyère écrivî'it dans une mémo phrase rostennii'on... est dans l'homme une passion de faire montre d'un bien mi des avantages qu'il n'a pas (Car. Théoph., de l'Ost.). II y a en elîet des cas où les nuances sont à peine perceptibles la solution du problème exige la et un.
le
vaient déjà se mettre d'accord sur
1
:
es liiéoriciens
//
lui coupe
;
:
(ou une) connaissance approfondie de toutes les propositions faites antérieii renient. i/'arlicle, (huis ai!
fur
liciie
cl
de
à
le justifier
s'amuse à
//
noce
tirer
/('
sont dans le
emplois s'accentuaient,
à la carabine
venir à la rescousse ils
ses
cp'.e
;
;
;
faire le pied de
passer la licence
déclarer la guerre
commerce
;
c(t
;
;
:
grue
;
il
il
serait :
;
ils
//
])ien
a pris le
dif lit
;
faire l'exercice, la
perdre l'espoir
avoir la foi
;
faire la cuisine
;
tiennent la chaussure
;
passer le temps
sent la friture ici
vu la nuit rôder (uitour d'ici
l'ai
et
iogi(|nement dans les jihrases suivantes
mèche
vendre la
;
son extension continue, a peu à ]K'u ]Hrdu de son sous
mesure
;
;
y a de p(un>res ouvriers qui après
avoir limé le fer ou raboté le bois tout le jour, s'enferment la nuit dans leur
(1) ('.<' lour <'sl croiiRino i)opuliiiri> liontnies on fcmiiirs, lotit le iDonde y Jiiinail en dansanl.,. < nlanleiie que ron })ùl faire aux nymphes qui venaient à ce rendez-vous élail de leur nfirir le pruneau, c'est-à-dire l'j). :
cl la pitis aiiiuiblc
.
(2,1
O
1
dit ciicoro
:
le
minislcre lui a fendu l'oreille.
.
LA VALEUR DE L'ARTICLE
1(39
.lue. Nom-. Préf., 22). — La neige
est tombée sur le Puii-dctombé àe la, neige); — c'est le vent q:ii a déraciné cet arbr, Cominenl expliquer Texprcssion aroir le dos au feU et le ventre à table ?
niaiisardi' (i.A^r.,
Dômc
(c!'.
il
:
est
:
Comme l'article
peu do valeur, il arrive s'aioulc. Depuis plus de ceni ans on dit Rcw.. I. 220). a
noms propres. eux-mêmes. Point
L'article et les
déterminés
- -
qu'il se retraiulie tuissi bien qu'ii
pour au revoir (wf.v.
à revoir
:
noms
Tliéoriquemen.l les
))ro])rcs
sont
donc besoin de les présenter comme déleruiinés. En a. f. ils sont sans article, non seulement les noms de personnes, mais les noms de i^euples Franc c paien / puèrent des espces de même les noms de pays (Roi.. 3.Î61) Jo l'en cnnquis e Anjou e Bretagne (//>., 2322). ])ar
n'était
:
—
;
De
:
nu'nne encore les
la faire diaule servir
noms d'objets
(EuL,
4)
;
—
iaii(ji!es
:
par analogie diable:
ciel, /t'/rc.
-
(jiiand solelz esclarcist (Pel., 443).
Du XIII^ au
XV*^ s., l'article commença à s'étendre aux noms de j)eui)l(s (Evang. Nieodcme, 850, cf. 861, 877). On le rencontre désormais assez souvent devant les noms géographiques, surtout devant les noms de :
les Jiideiis
neuves 1321
V;
:
tagnes
le Nil
L.. I.
II.
;
prox inces
el (!e
^Au XVi'-
qui croisl
s..
Chemin de l'es!.. noms de mon-
pis.,
les
Allemagne. Gascogne.
noiive;uix i)rogrés (H.
noms j)rup*-e-,vd<*-Tiviéres
les
de
ne s'employait guère avec
il
1-ltna.
:
descroist (christ,
et
402). Toutefois
et
i...
ii, 38(-i).
de montagnes
:
devienl commiin dcMint
Il
le
long de la Gironde, de la
Garonne, du Lot; les Alpes. Les poètes cependant l'omet leni encore souSeine embrasse (rons., Franc, m, 167, BL). Au contraire^ devanj lesjiiîms de provinces, il est assez rare au dé!)ui du
vent
r/.'/(>
:
siècle
Entre Dauphiné
:
et
à la Grèce
et
Provence
et
noms de
tation continue pour les
de
(.m\ii(;.
on
pay.->;
le
nav.. Heplam., 73). L'hési-
trouve
:
elle
peult faire guerre
à l'Italie (doi.et, Gestes de Fr. de Y., 18).
A partir de l'âge chtssicpu'. l'usage s'est nettement divisé. LÊfLnoms ])ropres topographiques oui
pris
les Alpes, le Puij-de-
Dôme,
Les non;s de j^ays sont
On
I..,
'article le
125).
des règles contradictoires
XVIL'
q'u'il s'agit
règle
a été
qu'elle le
l'ûl
s.
généralisée
jiartout, la
:
;
de
«
en
v.
1.
k»
régissent.
en Chine, au Portugal'? Les grands lieux » ou de «petitslieux» aller
:
Mais alors jjourquoi de Errance
de bois de la Chine (soitEi., Berg. Extr.. la
Tibre, la 1 '(^z j7/"s c_(r i\"i è ] e s )
la Seine, le
i)arl;igés.
ont varié. sui\ ant
III.
:
Vignemale (montagnes).
discutées une à une au
les a
décisioits (ri.
l
i,
et de la
348).
Chine
Dans
le
'?
cas
un gobelet ]>ai licuîier.
France, en Chine. Malheureusement loin
langue n'a jamais
i)lus
échappé anx contradictions
:
alleren Meurthe-el-Moselh. dans le Doubr,: habiter dans la Meuse, en Corrézc.
Toutetois la contagion n'atteint pas
Tous ceux qui ne dérivent pas
les
noms
de
\isibl(mien[ d'un
\ illes
:
Paris, Toulouse.
nom comnum, comme
la
Rochelle, la Ferlé sont sans ai'ticle.
Pour
les
noms d'homme,
les solutions
ont été meilleures.
On
a arrêté
INDÉTERMINATION ET DETERMINATION
170
l'envahissement
:
V Arioste (vaug.,
Le Pétrarque 397).
i,
En
fut
condamné; on
outre
Marie
était vulgaire (h. l., iv, 368).
plus
la Bartet,
:
comme
se régla sur l'usage italien
fut établi que dire
il
La
règle est restée.
En
Œnv.
On il
aussi
vient
noms
ir,
italiens :
:
la
Zam-
la Loie Fullcr.
qui complètent un nom propre ont Jean l'Évangéliste, Thcon le grammairien (amyot.
noms communs
les
l'article
mor., est
:
Joséphine, lu
Nous ne disons même
tous cas, l'analogie l'étend à toutes ou presque
Bien entendu, pris
la
autrefois la Champmeslé, la Malibran, sauf pour les
danseuses. Flst-ce parce que la plupart portent des belli ?
:
:
373, v». G).
souvent embarrassé avec
du Havre,
il
eut
au Havre
les
noms propres
qui renferment l'article Mais avec les noms de per-
est courant.
sonnes, les déformations sont impossibles. Alors
?
:
Faut-il écrire:
le
succès de
Le gendre de M. Poirier ou du gendre ? On s'en tire par des détours de la comédie Le gendre... Les abstractions personnifiées devaient tendre à une assimilation avec les noms de personnes il n'en fut rien. Ils gardèrent leur article a Paix, la :
:
Discorde
:
la
Déroute, géante à la face effarée
vrai qu'il n'y avait là qu'une fiction d'art.
:
(v. h., Chat.,
Kxp.); tant
il
est
LIVRE
VI
LA REPRESENTATION CHAPITRE PREMIER
NOMS ET DES ^'OMINAUX
LA REPRÉSEXTATIOX DES
—
An Mfp A(. r^^p^tp^- |oc^ et conjonctifs. on les repfé*re»te-:_Ex. Christ sourit à qui e mort pour nous, je veux mourir pour lui (v. h..
A) Représentants simples
-
._Siiins-d«s-éh-r?-Tt des objets,
repousse
:
Puisqu'il est
A un mart>T):
:
lai représentent Christ. Cette représentation est
une au moN'en de représentants qu'on appelle ordinairement pronoms personnels, qu'on pourrait appelec-ce/a^i/s ««jp/^s. Si au lieu de dire j'ai un ami à Lyon, il arrive aujourd'hui, je dis j'ai à Lyon un ami qui arrive aujourd'hui, outre que qui v eDrésoni^ im ami, il fait Chat.,
//,
représentation simple;
elle se fait
:
:
ligature entre la seconde proposition et la première, clÊiL-un, re/o/// conjonctij-
—
En même temps qu'on reprénom. on peut se servir de diverses formes qui expriment du même coup une détermination. Par exemple une dame a perdu son porte-monnaie. eUevi^uU^-réclamer an iniredîi des O^jetspefdus. C'estla représentation simple. Si au contraire on dit une dame vient acheter un porte-monnaie : elle a perdu le sien la veiUer4ê-s4en représente bien l'idée du porte-monnaie perdu .mais ejT_^ Rajoutant q »e-crf-ebj«t-4ttJ-f>ppftït£Bmt II est déterminé par ce rapport de possession. L'employé lui en présente plusieurs eelui-ci vous plairait-il. eu bien eelui-là ? La dame les considère chacun a ses avantages. Le mot *«^«t£i_^ep^é^ente encore l'idée de pcrfe-monnaie, mais ce mot ajoute une ce porte-monnaie que voici. Chacun 4É-^^'^-i^^^'^^^ P^r démonstration représente aussi porte-monnaie. lams-ajarite nne idée distributive, comme îeTaitXuD-sUlautre : c'est un représentant numéral, etc. D'après ce qui vient d'être dit, on peut classer les divers modes de repréB) Représentation avec détermination..
sente
le
:
:
.
:
:
\
,
:
sentation de la façon suivante
-A-) T.
franc.
—
:
Repré.skxtation simple
•
faime mieux ton
frère, lui
au moins
est
1
LA REPRÉSEN TA TION
72
—
II.
Rkpkésextation coNjoxt:TiVE
:
moins est franc. B) III. -- Représentation possessive sien. I^'.
frères,
jeune.
Al. l'un
:
ini(
ii.v
Ion frère, qui au
j'aime mieux ion frère que
— Représentation démonstrative des deux mieux — Représentation déter:mïnative ou qiaeificaiive
(/
frères que iu
:
présentés, j'aime \'.
j'aime
;
à la guerre, les ;
de tes deux
:
j'ai
eu irais
le
plus
frèr: s,
deux autres ont échappé, tous sont passés par
mais chacun cumit son
guère l'un l'autre.
:
j'aime mieux
— Ri:frésentation numék.\le et distrif.utive
l'École Centrale
m'as
celui-ci.
j'aime mieux celui qui a été blessé à Verdun
été tué
le
idée d'avenir,
ils
ne se ressemblaient
CHAPITRE
II
ÉLÉMENTS DE LANGAGE QUI PEUVENT ÊTRE REPRÉSENTÉS Représentation du nom. Considérations générales.- Pour désigner mots qui représentent, on se sert du terme de pronom, et les grammaires un mot qui tient la place du nom. On (iélinissent ordinairement_lejH-ononi voit déjà d'après ce qui précède ce que cette définition de faux. D'abord on ne peut pas dire que le pronom remplace le nom, M-leviJfej]»res£ïite. Ainsi -
ics
:
i)
souvent est
le
comme
représentant ne peut pas être qualifié,
du petit nègre. D'autre
({u'éveille le
nom
:
il
part,-l^
nom
le
:
lui vieux
pr^ftom n'éveille aucune des idées'
est-v44e-d.UiTipre*sions,
il
est abstrait.
Le mot pronom, comme il a été employé, donne des idées fausses. On appliqué à des mots qulJiaBipIaceaitaoat, autre. chose que des noms. représentent (illcz-y.
il
le
cles.,adjjaciiXii
b^lle, elle l'est
/a»/; dcsjd^cs .entières
simplicité d'une enfant
donc
;
;
je bois
:
:
le
savant que vous
elle, défit
de l'eau, ce qui
me
et
Ils
des verbes
êtes;
sa chevelure,
l'a
:
cela avec lu
réussit très bien.
Il
faudrait
pronoms, des proadjectifs, des proverbes, des prophrases. mots équivoques ou barbares, nous dirons représentants, et
distin.gaer des
^our-é-vit-^-r
nous traiterons à part de la représentation des noms, des caractérisalions, elc. dans chacun des chai^itres qui se rapportent à ces matières. Il faut ajouter que fort souvent, dans le cas même où le « pronom » représente un noiu. ce n'est pas toujours
le
bien l'idée d'ensemble que renferme
mine,
pas jeur
le
caractérise, elc. Ex.
:
être rcnKu-qu-Je. elle se (jarde :
les belles
individu
s'habille de façon à ne
à la fois de la négligence
et
d'un luxe tapa-
classe sont-elles réellement
?
nommé
llgurémont par son caractère sera représenté directe-
ment
:
l'idée
de qourmand exprimée par
//
une femme honnête
œuvres classiques que Ton étudie en
a la portée des en/ nuls
Un
nom seul qui est son antécédent, mais nom accompagné de ce qui le déter-
le
n'y a pas de plus fine bouche que p.ne
lui, et
non
:
que la sienne. C'est
bouche qui est représentée par
/«;.
—
Condition nécessaire pour qu'un nom puisse être représenté. un nom, pour être représenté, a besoin d'être accompagné de rarticle. ou d'un de ses équivalents. Cela veut dire qu'une expression verbale ou nominale une fois composée, on ne peut en détacher un élément, pour porter sur lui la pensée. Soit un nom composé comme pomme de terre ; un qui mis à la suite représentera nécessairement l'ensemble et non terre. De même dans prendre place, place ne peut plus être isolé. Si En_f. m.
.
LA REPRÉSENTATION
174
place doit devenir im objet de verbe, et être suivi d'un oui, ou d'un que,
il
par téléphone Semblable obligation ne pouvait naître qu'au moment où les locutions verbales devenaient vraiment des composés, distincts d'un groupe ordinaire de mots. Malherbe n'y fait encore aucune allusion. Vaugelas pose la règle faut rétablir l'article
pour qui
les
était
dit-il
conjonctifs
:
:
empoisonnée
je
veux prendre la place que
il
déclare impossible
;
il
:
j'ai louée
être blessée
par avarice, qui
a fait cela
d'un coup de flèche est
capable de
tout.
encore, est mal pailer (Rem., u, 103). Port-Royal a repris la doctrine
un beau spécimen de gram.maire logique
et en a fait
Vaugelas acceptait
:
//
(1).
avec affection. Celle que vous m'cwc:
s'y portera
Bouhours ne trouvait rien à redire à s/ vous ne me faites jusmoy-mesme. Il tolérait il a tort et je ne Vai pas {Rcn}.. 128-130). Et en effet Racine écrit encore quand je me fais justice, il faut
témoignée... tice, je
me
:
la feray
:
:
qu'on
Mais peu à peu tous
se la fasse.
ces
«
rapports vicieux
»
furent con-
damnés, et même plus avides de gloire que dignes de la posséder. Le XVIlIe s. acquiesça lentement (2). Ni qui, ni le, ni même en ne repré:
sentèrent plus des
noms sans
article
j'ai raison de
:
me
plaindre
et
vous ne
pas de m'accuser cessa d'être français. Malgré le parti pris de certains écrivains contemporains, il est impossible d'aller contre cette règle, qui représente le résultat d'un long développement naturel (3). Les_ rLomiHaitx personnels peuvent être représentés. O4oi, (^ui-^w/s la honv où je suis descendue (rac, Phèd., v. 813). D'autres nominaux peuvent aussi l'avez
être représentés cela
ne
me
:
quelque chose, quelqu'un
dit rien
—
qui vaille
;
—
il
:
quelqu'un que
j'ai rencontré
si j'ai frappé quelqu'un, que celui-là me frappe ; L'an neuf). D'autres n? le sont jamais on qui n'a pas de sens.
trouvé déjà
;
—
a découvert quelque chose qu'on avait (v. h., Lég..
:
(1)
Furetiére seul la contestait et citait c'est un paquet de lettres qui me sont adressées. Ou Avance, çui cause /anMc ma/. Dans le deuxième exemple, il y a personnifie;' :
peut dire aussi
:
tien. (2) (3)
aussi (p.
V. Féraud, Dicl., au mot le. On tend de nos jours à représenter l'idée contenue dans un me souhailer bonne chance ! je le la souhaile, Adolphe I
GAVAULT,
—
Ma
tante d'IIonfleur,
i,
11).
nom
lu pourrais souhaite cordialcmatt
sans article
je te la
:
CHAPITRE
IIÎ
REPRÉSENTATION SIMPLE
personnes.
I^^ et 11^
— Au
[l]
sujet, je, (u, sujets inséparables
vraies formes de conjugaison, .ne jifiu_veut être considérés
non
du verbe,
comme
reprt-
Ce sont des nominaux. Au pluriel, nous, vous rei)résentent quelquefois réellement j'ai vu Jeanne et Georges ; nous mettrons la table dans le jardin. Nous représente Jeanne, Georges et moi, dont il fait en quelque sorte la somme. Cf. Le roi, l'âne un moi, nous mourrons (la font., Fabl., vi, 19).
que ce
^SÊûtaftt quoi
soit
;
me,
te,
moi,
loi
plus.
:
:
Ille «
personne.
personnels
•)
— A la
il, elle, le,
TtHverbiaux en et y est
ses
un pays de c'est un ;
—
Le, la ET
vous qui pleurez, venez à
:
simple est fournie par
111^, la-représentation
la, lui, eux, elles, leur,
auxquels car
lui,
ressources. Je ne saurais vous en
'jrand devoir, j'y consacrerai tout
elle.
—
Jusciu'au
XIX^
s.,
avec
la
il
il
pleure
—
;
énumérer toutes
mon
les
faut ajouter les l'
Alsace
les riches-
temps.
locution
c'est, ce sont,
on a
employé la forme légère des pronoms attributs ce l'est, ou je consens à passer pour un fou. -- Si c'est elle, je veu.v qu'on me coupe le cou. Si ce Moi, si ce l'est, je veux que le ne l'est, je veux que, devant que je sorte... diable m'emporte (montfl., Éc. des Filles, iv, 7). L.e 2*^ vers montre qu'on employait aussi c'est elle. Aujourd'hui, on ne trouve plus ni le, ni la, ni les, :
—
—
dans cet emploi.
En ET en
ist
y.
—
en.—
Origine de
li sancs C'est un adverbe de lieu sang en sort. Aujourd'hui encore j'en arrive Comme le montrent les deux exemples, en peut être :
(Roi., 3165) signifie -Me
signifie j'arrive de là.
:
traduit par de ce lieu.
De
on passa h l'idée d'un lieu figuré, d'une date, et de finit par remplacer un nom quelconque précédé cle.jie7-quel que fût le sens de ce de. Ce développement est très ancien :l'un d'eux eslit furent li message : si en fu li uns Mahius (villeh., 184, 1 l'idée
de
lieu,
proche en proche, en
=
fut
Mahieus).
En, par
ses origines, représentait essentiellement la
IIP personne
;
aussi
l'emploi de en a-t-il toujours été plus libre avec cette personne qu'avec les
(1)
Les réfléchis seront étudiés à
l'Objet, liv.
IX, ch. X.
LA RE PRÉSENT ATIOX
17(i
autres
je vais
:
pour
c(
Néanmoins 2'^
mctire en vos
mains Pt)mpée Pomp., 759).
Conuiie
et
:
En
voiei déjà l'un,
l'autre file fuit (corn.,
personne:
en a tendu à s'emplo^TrconimeTë^TfesTnra'ïtt de-la
l-i^*-f4-de_La
En public, en secret, contre vous déclarée, J'ai voulu par des mers en
séparée (rac, Phéd., 601). Les exemples sont particulièrement fréquents avec le \erhe parler. Mais là on peut considérer en comme signifiant de ce sujet. En est complément partitif il n'en prit que dix ; il est complément pos-
être
:
sessif Il
/'en vois les inconvénients.
:
représente dos compléments de
Nous l'avons déjà vu dans ces fonctions. lieu., d'instrument, de moyen, de cause,
qu'on trouvera chacun à leur place dans la suite de ce cours. Le sens de en s'est extrêmement affaibli au fur et à mesure que ce mot gagnait en extension. Il en résulte que bientôt on l'ajouta oit qu'on le j-eirancha à peu près,ifl4ifféreinment, et sans que le sens lût changé. Voici des exemples où en
manque
amour comme un habile homme, tu
encore dans la langue classique (1)
véritable
de l'apparition des esprits (la roch.,
es
as tort de ne pas parler
:
mais
s'il
i,
il
;
63)
est
—
;
du
si ta
n'est pas ainsi, tu
en sais becuicoup (la br., Disc. Théoph.).
Nous avons pas mal d'expressions où en s'est introduit, et 4^>ù il ne-reprédu tout; .s'en a/Zer est un exemple frappant s'en oZ/crdePari?. On peut comparer c'en est fait, au lieu de c'est fait. On serait bien empêché
se nie plus rien
:
de traduire exactement en dans l'expression des Poilus: en mettre Il
arrive par suite que, dans la langue populaire,
nicnt à certains verbes
iuus(juemcnt en allé
!
on dit ensauné, en
:
fv. h.,
Roi s'am.,
allé
:
(2).
s'ajccolcinf^épaTalUç-
il
Dieu
!
comme
il
se sera
v, 3).
Sens primitif de y. - Dans ij, comme dans en< orig.inaircment, le sens dominé pluie ni chiet (Roi., 981) puis |^ lievi a pu être un liiiJH^ en cette occurrence). il nus i cuvient tjuarde {Roi., 192, entendez ligure le sens s'est ensuite elïacé, et z/ a signifié à cela^ pour, cela : j'y fais tout mon jamais philosophie n'a effort (mol., Amph., 1400). Puis on a été plus loin esté plus à la mode qu'y fut celle de Platon (fonten., Hisf. des or., eh. m) local a
:
;
:
:
:
:
//
représente à la mode.
Longtemps
le
féminin
li
(du personnel /uj) survécut oi)scurément. Est-n.-
pronom y certaines usurpations ? En tous dans la langue populaire, il se dit couramment offrez-y donc un gloria (v. POULOT, Sublime, 19) ?/ joue le rôle de lui. // faut y Très souvent y, comme en, finit par ne plus rien représenter // y a là beaucoup de monde. l>asser cette survivance qui facilite au
cas,
:
;
:
;
—
Genres, nombres
—
Certains cas dans les représentants simples. cas,^suj£.t^ // ; un cas objet ,-/e ; un cas obi£.t second,/»/; nous montrerons comment le cas est choisi suivant le rapport
représentants
siini)les
et
ont un
:
il) Cl.
\AHi.,
1, .'UiC
;
BOUH., Suit., 587.
i7 en a dévidé (2) Dans ne pas s'en faire, on sent encore vaguement ne pas se faire de bile. Cf. au bout l'une de l'autre ! La langue classique avait ses locutions analogues en donner à garder. :
:
REPRÉSENTATION SIMPLE DES NOMS ET DES NOMINAUX il
faut le resliliicr
il
:
faut le lui restituer
drait mieux.
Le genre, suivant
sis
^dent.
•
nombre,
le
le
'
^:.
personne
-v-
iy,f
sont au contraire choidu représenté, nommé antécé-
du.xc.préseiî.taJ3-t
genre, le nombre, la personne
y a accord. Je
Il
la
ma
suis obligée de faire teindre
robe. Elle est usée.
Les naniinsins. €€ci et cela pouvaient être représentés en
comme
neutre
eux, et qui avait
177
une restitution à lui-même vau-
;^
le
même
sens
:
c'est
a.
f.
par une forme
qui n'est pas du
il,
un neutre originel, mais le /7 du masculin. // se trouve encore très fréquemment an XVP s. il ne faut point plorer de tout cecy que je vous
reste
:
compte, car peult estre qu'il n'est pas vraij (des pér., Nouv. Rccr.,
La Bruyère Cf.
Tout
:
écrit
est
goûtez bien cela,
:
à S^- Germain,
resté dans l'expression
comme
est
il
il
moderne, toute
de Lécmdre (Car.,
dxcviii). Cet
étoit (sÉv., Leit.
faite,
il
est vrai
Je suis jeune,
:
10).
ii,
Des femmes). il
est
il
est
vrai (corn., Cid, 405).
même
qui sert dans les propositions impersonnelles il est ocirum {Roi., 884) ? C'est plus que douteux. En tous cas, de très bonne heure, ce ne fut plus là qu'une formule de langage, où il n'avait pas de sens propre, mais servait exclusivement de sujet analogique Est-ce
jjjgiel
le
que nus
au verbe
:
//
:
les
quant
for: passet et
li
il
(AL, 51) (V.
fut anoitict
liv. viii, sect. ii,
ch. 2).
Par analogie, on a quelquefois employé fois
plus de peine à prendre qu'à donner
Ex.
le pluriel /7s.
:
//
y a quelque-
car pour ne rien donner à l'un au
;
préfudice de l'autre, puisqu'ils sont pareils, étant faits avec la vertu (malh.. Bienf. Sénèq.,
1.
vi, ch. xliii.
ii,
Mais des exemples analogues sont
212).
extrêmement rares. Le représente également un neutre, à l'objet tout cela, fe le reconnais ; mon cœur me Vavait dit : toute âme est sœur d'une âme (lam., Joc, 16 sept. 1793). Tci le annonce ce qui suit. Le a un concurrent populaire dans le pro-
—
:
nom
y,
malgré
A
surtout dans certaines provinces.
démêler, dans diverses phrases, la
s'il
y a
vrai dire,
Le neutre a été aussi en concurrence avec lui,
=
n'est pas facile de
ou bien de
le,
distance apparente. D'où les confusions.
cliez les classiques (
il
lieu de se servir de y
ce n'était
pas
pour un pronom de
elle).
(Refl., 285). L'est-ce
ne
La
règle
se dit
la 3^
moderne
est
que des choses,
elle.
On
personne
le
trouve encore
pas dans Andry de Bois-Regard
s'il
:
ce ne Vétoit
se dit.
Emploi irrévérencieux des représentants de la Ille personne. Au XVII'^ s. déjà, on considère comme une incivilité de désigner par
— il
une personne présente (h. l., iv, 379). Aujourd'hui l'emploi de.,^de vient __courant. Trop souvent un enfant mal élevé dira en parlant de sa mère c'est elle qui ne veut pas ! (Pour la Représentation réfléchie, voir à VObfet). :
CHAPITRE IV
REPRÉSENTATION CONJONCTIVE
Elle se fait de telle façon, nous l'avons dit, que le représentant-employé
représente le nom, et en
dont
il
fait partie et
elle revenait
de
même temps
celle
établit
de l'antécédent.
Strasbourg,
et
:
j'ai
un
Cf.
rencontré
lien entre la proposition :
J'ai rencontré M^"*^ X., M^^*^
X
qui revenait
de
Strasbourg.
Formes des 11
suffira ici
conjonctifs.
— Nous parlerons plus loin de
qu'on aperçoive combien
ils
sont divers
Forme SANS CAS Sans genre ni nombre
que
la déclinaison.
de présenter un tableau général des formes des conjonctifs, pour
Formes avec cas
:
REPRÉSENTATION CONJONCTIVE C'est là qu'aujourd'hui encore
pre-à
-la
poésie,
il
il
est
d'emploi courant. Peu littéraire, impro-
s'emploie pour marc|uer plus fortement
qui précède ou pour éviter toute ambiguïté est
179
:
le
cousin de
le lien
ma
en danger de mort.
Relatifs et conjonctifs se correspondent
Singulier
:
avec ce
mère, lequel
LA REPRÉSENT ATIOX
180
Les classiques négligeaient encore nos distinctions Vous avez la plus fertile imaginalion qui soit possible de concevoir (la br., ii, n. 2 Let., xxi). En langue moderne, quand // appartient à un impersonnel, il arrive souvent qu'on confonde encore. On trouve des qui pour des qu'il et inversement. Léonard Astier... émietta... ce qu'il restait du fromage d'Auvergne je ne sais pas, ni vous non plus, dans son assiette (a. daud., Imm., 15); je n'écris ce qu'il va sortir de tout ça (laved., Nouv. Jeu, l^e p., ch. m) :
;
—
;
—
pas la lettre que je peux... Qu'est-ce qui m'appartient, à moi, de faire pour mon mari ? (herv.. Cours, fl., u, 7).
—
Dont est resté longtemps confondu Confusion de dont et de d'oÙ. avec d'où. L'identité phonétique entre eux était complète (1). Au commencement du XVIP s., certains grammairiens ne les reconnaissaient pas encore l'un de l'autre (duval, Esc. /r.^ 2^^)^ Vaugelas (Rem., n, on ne dit jamais le lieu dont je viens, quoique ce 31), a posé la règle :
:
fût sa première et vraie signification,
j>honétique aida à
la
mais
:
maison dont
la
il
est sorti.
La
syntaxe. Dans on, o devint plus ouvert__et la réso-
nance nasale fut plus sensible. Dès comme nous le faisons, dont et d'où.
lors
on
jout
facilement
distinguer,
—
Les formes de représentaLes disparates du matériel conjonctif. conjonctive que nous venons de voir sont tout à fait disparates. Les unes sont diverses, suivant le cas qui au sujet, gi/e à l'objet. Nous en reparlerons- Elles ne marquent ni genre, ni nombî"e. Les autres, invaelles n'ont ni genre ni riables, où, dont, expriment un rapport casuel tion
:
;
noml)re.
Que n'exprime à peu près nombre, ni cas.
ni
Au
rien
que
la ligature
conjonctive
;
il
n'a ni genre,
contraire, le type lequel, variable en genre et en uoniii££v_et dont les
formes,
comme celles
de
l'article,
marquent une
sorte de déclinaison casuellc,
en contradiction complète avec les autres séries. Les conséquences de ces diversités se sont fait longtemps sentir. Elles
est
s'aperçoivent encore.
Commençons parla
plus importante.
—
Le que invariable formait une ligature extrêmement commode: E s'i vont les bêles dames cortoises, que eles ont deus amis ou trois avec leur barons (Auc, 6, 36 = qui ont) — Quatre celui capitaines que leurs soldats les tuaient par derrière (montluc, 32) un flum... que on n'i puet qu'elle donne a mengier (frois., m, 213, 12) Que.
on
le
trouve très anciennement.
;
;
passer se par un pont de pierres non (villeh., 163 était
XV 11^
=
sur lequel).
—
Ce que
s.
o nasal parait avoir eu en a. f. la valeur d'un o très fermé, avec résonance nasale. D'où confusion mont pour moût, couvent pour couvent, etc.
(1) la
encore souvent employé au
;
—
REPRÉSENTATION CONJONCTIVE A) Dans que
la
:
181
Valenciennes, du côté
la fit attaquer
i)onne construction l'exemple
comme
1iPLi,,jd|jL-tgmp.s^ etc.
(rac, Camp, de Louis XIV). Andry signale comme Quel fut le ]our heureux qu'on la vit sortir A l'heure que je parle, on vous Colombe de V Arche? (Refi., 518);-
Roi
le
circonstances -
les
cherche (mol., Scap.,
m,
2)
:
—
—
;
le
jour que, d'un faux bien sottement amou-
reux... (BOIL., Ép., III, 52).
même _pgurj.es compléments
B) De
(mol.. Mal. im.,
l'amour
la
i,
4);
— de
première blessure
la
de manière
manière enfin que
(Id., Éc. d.
/.,
944).
:
la
de la façon qu'z7 parle pure nature Exprime de
— Vaugelas {Rem.,
estimait que le que ne se mettait pas toujours bien pour avec. Mais
d'observations sur ce point au
dans une foule d'expressions que ; depuis si longtemps que.
:
XVIF
On
s.
467)
ii,
y a peu
il
retrouve çue aujourd'hui encore
du moment que
;
du
côté
que
de ta manière
;
il avait un bâton qu'il le tapait, il a venu par Cependant on écrit fort bien avec Flaubert Les jours qu'il faisait trop chaud (Un cœur simple, ch. 2). Que servait aussi, en langue classique, dans beaucoup d'autres constructions ils parleront de ce_ q u'on parlait quand ils sont entres (pasc, Pens., vi, Vous ave: de quoi rendre de bons offices aux gens qu'/7 vous plaira 15) (mol., Ani. Magn.. i, 3).
est populaire
Il
de dire
:
train qu'il avait parti.
le
:
:
;
—
Recul dans la
langui-: eckitk, développement dans la langue Ce développement de que a continué en langue populaire. d'une sorte de copule derrière laquelle se construit une i)brase ordi-
POPULAIRE. Il
sert
—
avec son sujet, son objet,
naire,
etc. C'est le
type du mot-outil dépouillé
de toute notion accessoire, de cas, de nombre, de genre, connue les
aime.
On
ijcut dire
qi-t'il.
cst^.la
Xéanmoin^l_j^^xjciji_U-'jJ-»^toulc.4l-^^ Ti"
acconnuudé
:
un taudis qu'o/i ça; il y a des gens que le
femme que /'// ai dit femme qu'i a pas moyen les écrivains
la
Klle a entre dans
la
d'iui parler
le
français
particule-<x)«jon€4ive pax_cxi:ÊlLçniLO.
;
sa
qui reproduisent le ])arler
fille
/7'en a
langue populaire
jamais vu un pareil;
travail les effraie: c'estune
qu'elle en était si fière.
commun
Tous
en offreul des exemples:
Car, enfin, à quoi cela sert-il, toutes vos qazettes, qu'on n'y comprend rien ? (murger, V. de Boh.. ch. i) c'est moi que Je suis Théodore (scribe. Le V. garç, 9) Le corps aurait dans ses cadres un sergent qu'// aurait sauvé un général (.i. noriac, Le 101^ rég., 112) c'est moi que je viens vous prendre (a. d.vud., Num. Roum., 252). Que sert aussi de ligature entre des phrases Il y a tout de même lù-dedans ;
—
;
:
— :
des choses que, si on les suivait,
Mém.,
ch. xLv).
Longue (
Là encore, on
hiésitatioii
le
le
monde serait meilleur qu'il est (vidocq. condamne, mais nous le retrouverons.
sur l'emploi des cas.
El uni donné qu'avec
ertains conjonctifs, ji-faHaftr-mîe jjn'^position pouiuaiaxqaei: le c as,
intai
qu'avec d'autres qui l'exprimaieiit porêiix-mêmes, on
le
il
était
marquât une
LA REPRÉSENTATION
182
<~"
pouvait être aussi dans l'antécédent; d'où des syntaxes .-'~-\ diverses c'est à vous que ; c'est vous à qui ; c'est à vous à qui. Le pléonasme était très courant à l'époque classique C'est à VOUS, mon
secûiicUiiois. Or,
ii
:
:
Esprit, à qui /e veux parler (boil., Sat., ix, 1)
qui l'on rend visite (mol., Mis., 626)
;
—
—
;
et
que
c'est
à sa table à
(de ta protection) dont
c'est d'elle
(racan, Psaum. lxx) C'est d'eux d'où le soleil ce fut surtout à Rome OÙ ces emprunte sa splendeur (Id., Berg., m. 1) On hésite aussi sur c'est Pères se signalèrent (rac, P.-R., l^e part.). j'espère avoir la délivrance
;
;
—
—
où
vous attends et c'est là que
je
OÙ
—
et lequel.
mencement de
je
:
vous attends. !
-
Où, qui a une signification locale, s'étendit au com-
moderne, bien en dehors de son emploi propre (1). de lequel. On disait vers où. Chapelain y voyait une élégance, qui fut condamnée par l'Académie // se rendit à un tel lieu, vers où l'armée s' avançait (cf. vaug., Rem., ii, 50) (2). Il
en
l'âge
était arrivé à être l'équivalent
:
Conjonctif adjectif.
—
Il
existait eJi,^^_t^imconjorurUt.a4j««tif.^ était
commun
en a. et moy. f. de la quele mort il desgrandement a son linage (frois., vi, 186, 15) pendant lequel temps sa bonne jemme garda très bien son corps (C. Nouv., xix, i, 101). Il est à remarquer-quÊje^aeZ adjectif équivalait sou\ent-àr-de-qut: li prevos des marchans qui moult l'amoit et par quel pourcas (par l'intervention de
leque-.
Il
quex.
Il
est très
:
plaisoit
;
—
qui) délivrés estoit (frois., v, 97, 22).
Les exemples de lequel adjectif sont extrêmement rares au XVIP s. dans le « beau style » Molière le met dans la bouche de ses médecins, comme un pédantisme. L'expression la plus commune alors, c'est toutes lesquelles .
:
choses. Lequel adjectif a laissé
une dernière
trace, l'expression auquel cas.
Essais de spécialisation des conjonctifs.
— A l'époque
du m.
f.,
la
langue, d'une extrême pauvreté, était arrivée à une assez grande richesse
mais en syntaxe,
comme
quand avoir des synonymes
peut-être aussi
il
s'agit
de vocabulaire,
;
la
moins à parfaits, que des formes ayant chacune leur destination propre et leur utilité spéciale. Or ce n'était pas du tout ici le cas 1° On pouvait concevoir deux systèmes de conjonctifs, un ordinaire, un autre de rechange pour ainsi dire, comme eût été lequel, dont les formes, distinctes de genre et de nombre, permettaient de renvoyer à un mot plus sûrement, quelque éloigné qu'il fût. Il y a bien quelque chose de cela dans notre système actuel, maisl'ensemble est imparfait, /eçueZ ayant été mutilé. 2' On pouvait imaginer une fusion des éléments, totale et complète. Ce qui la rendait dilFicile, c'est que la langue avait deux ordres de conjonctifs, essentiellement distincts les uns à forme variable, suivant le genre et le
richesse consiste
:
:
(1)
Sur où objet secondaire voir à l'Objet secondaire, liv. X, ch. IV. par où : S'il avoit trouvé le secret Par où lu composes les charmes (racan, Odes,
(2) Cf.
i,
217).
.
REPRÉSENTA TION CONJONC TI VE nombre,
les
autres à forme fixe. Aussi cela ne
s'est-il
183
pas produit, et
n'a-t-il
jamais été essayé.
—
Échec du l'^r systèmf.. Lequel mutilé. ofïrir ks formes qui manquaient. Mais il
comme
Certains théoriciens,
où
Patru, ne
n'entre que dans le burlesque
le
Au XVI®
souffrent pas
ainsi
Au
1»
verrai]
GÉNITIF
«
dération de laquelle (et
Au
2°
^(
DATIF
non de non de
masc.
»
».
poésie,
restreignent
le
—
qui)
;
qui)
;
C'est
;
:
— J'ay envoyé un courrier exprés, au retour duquel
».
faut duquel et
(il
eût
lequel
du tout en
Les plus libéraux Vaugelas (approuvé par l'Académie) admet qu'on dise
« il
s.
recula au lieu de progresser.
pu
je
j'honore infiniment sa vertu, en consi-
un heureux
succès,
auquel
je n'aij contri-
bué que de mes vœux (et non à qui, ni à quoi). 3°
Au
CAS PRÉPOSITIONNEL,.
coup de choses (jamais sur qui
bon que sur
A
4°
c'est la
«
C'cst
uu
sujct SUF lequel
De même au féminin
«
».
; il
est
moins
pluriel.
il
:
entretiendrai]
je
cet effet,
conforme à
206-209). Ex.
i,
ce
est
lequel,
Il
».
(VAUG., Rem.,
l'avis
au
et
répéter qui. Quelquefois, on peut admettre
est
on peut dire beau-
quelques-uns disent sur quoy
— Jamais duquel, faut dont, sauf en cas d'équivoque vous dont — faut s'abstcuir de qui rude, sauf à NOMINATIF
l'ablatif
cause de
Au
50
lequel).
—
;
c'est
:
un
un
lequel,
mais pour
qui nous a esté prédit (bouh., D., 189)
d'Andry de Bois-Regard
(Refl., 526).
la clarté,
delà divine Providence, lequel
effet
Il
(1).
Tel est aussi
y eut une décision conforme
de l'Académie. Lequel était désormais incomplet. 6°
Au
CAS-OBJET.
— Au comiilément d'objet,
trouve
même
chez d'Ablancourt, un puriste
lequel fut
également exclu.
fréquemment usage. On
Voiture, Descartes, en avaient pourtant fait :
// vouloit dire
à
mon
le
avis
du bien) à leurs héritiers, lesquels ils enrichissent par ce moyen Mais Vaugelas l'avait considéré comme peu élégant, tout le monde a fait chorus on ne l'accepta plus, comme au sujet, que pour éviter {qu'ils font
(Apopht.,
1).
;
l'équivoque.
La conséquence la fois
pour
les
était
qu'au sujet et à
personnes et
choses
les
l'objet, qui et :
les
que devaient servir à
personnes qui ont survécu
;
les
objets qui sont restés entre ses mains.
Essais de spécialisation des conjonctifs et duquel.
— Vaugelas (Rem.,
i,
à qui en parlant des choses. Ce
personnes ou
Cependant
les
aux cas obliques
— Dont
125-6) était peu favorable à l'emploi de
pronom
était réservé
pour représenter
les
choses personnifiées. L'analogie du sujet s'y opposait.
la règle a fini
par passer
(2).
On
lit
encore dans Corneille
A
:
Je
(1) Lequel était encore très usuel au nominatif au XVI» s. : mon las cueur, lequel s'en va mourir (\iar., ir, 175) ; et au temps de Descartes : le cœur, lequel incontinent après se désenfle (Méth., 5^ p.. Ordre des questions de pliys.). "(2) Les exemples, fort nombreux, de la langue moderne où qui représente des cho-, , ^ont
—
même
des imitations, des archaïsmes.
LA REPRÉSENTATION
184
triomphe aujourd'hui du plus juste covrroux De qui
le
souoenir puisse aller
jusqu'à vous {Cin., 1609).
Par une conséquence naturelle, de qui devait sonnes, à l'exclusion de duquel
:
k
Un homme
soupçon. L'usage préfère dont ou de qui
Au XIXe Dont
hors de
est
Régnier Desmarais
(Gr,. in-
n'a eu
il
suite.
on a du moins essayé d'établir des règles pour l'usage des de personnes (1). duquel ne servent pas indifféremment à la ligature conjonctive (2). s.,
formes de qui
On
dit
pour restreindre l'usage de dont, mais
essai fut tenté aussi
aucune
,
L'usage de duquel a néanmoins persisté.
120, 286).
Un
^^
seul représenter les per-
duquel la vertu
et
et dont, représentants
l'homme dont (ou duquel) nous avons rencontre la fille ; dont... (ou duquel) la fille a épousé un lieutenant du 3e dragons. Mais on ne peut pas dire dit
:
:
l'homme dont vous avez assisté à l'enterrement duquel vous avez assisté.
Autrement
dit
est possible. Il
Ce n'est pas que classique
rapport
quand
les
âmes
faut
à l'enterrement
:
conjonctif dépend du sujet ou de l'objet, dont
dépend d'un autre terme de la phrase. exemples fassent défaut. Il y en a en a. f. et en français
nœuds
// est des
:
les
le
il
l'est plus, sitôt qu'il
secrets,
il
sympathies. Dont par
est des
le
doux Par
assorties S'attachent l'une à l'autre et se laissent piquer
ne sais quoi qu'on ne peut expliquer (con^.,
ce je
la
,
ne
hier,
liod., 359);
—
dont à
lui,
maison Votre imposture enlève un puissant héritage (mol., Dép. am.,
410).
dont
On
retrouve de nos jours de semblables phrases
pas
elle n'est
(GONC./.a Faustin.
même
contre ce William. ?
Mais ces phrases donnent une impression de mala-
03).
dresse et d'obscurité
:
certaine de l'existence, que veux-tu qu'on fasse
(3).
(1) Bonifacc me paraît être celui qui, malgré des erreur'^, esl arri\ é le mieux à préciser les emplois (le chacune des formes doiil, iliiqiiel, de qui (Manuel des nmat. de la 1. fr., .348) 1" Lorsque, dit-il, par un pronom relatit à ime personne ou A une chose, on veut exprime; entre celte personne ou celle chose un rapport de possession, on se sert de dont, si le pronom précède le substantif qui exprime la chose possédée le mensonge est un vice dont on ne sauraii avoir trop d'horreur. Alais on emploie duquel lorsque le nom de la chose possédée est après une préposition on en pi des colonies, par le moyen desquelles on s'assura de la fidélité des provinces. 2" On emploie don/ et non de qui ou duquel pour éviter une équivoque Henri IV, dont tu bonté est as.sez connue. De qui pourrait signifier par qui (a). .3° On emploie dont comme régime d'un verbe j'approuve la manier,^ dont vous distribuez notre temps ; la personne dont i7 .'t'agissail. Il est en général, ou seul possible, ou meilleur que :
:
:
:
:
duquel. Toutefois, on emploie mieiix lequel pour éviter une équivoque I.a honlé deDicu, de laquelle lin ne peut douter, me rassure ; dont serait équivoque. De même cet homme de qui le pays esl asse^ bi?n connu, nous aidera dans nos recherches : dont serait équivoque (?). 4° De qui est absolument nécessaire dans ces phrases on ne peut rien exiger de qui n'a rien. (C'est évident, la ressemblance n'est qu'apparente. Il ne s'agit pas ici du conjonctif ordinaire). .S" !)c qui esl mieux que don/ dans les phrases suivantes L'homme de qui i'ai appris cette nouvelle est véridiquc. Celui de qui je tiens mon bonheur est celui que je croyais le moins mon ami. Bonifacc hasarde l'opinion que de qui exprime mieux l'origine précise, que dont exprime pins :
:
:
:
^aguement
le
point de départ
(2) Cf. TOBi.ER, (.3)
Cf.
:
;
Verm. B., ni,
fin cercle
dont
j'ose
il
n'a pas tort.
12.
vous prnmeiire qu'il vous sera agréable de faire partie
(n.
Ad., IX, 80). (a
)
Vt\ Téalité dont a
eu aussi ce sens, et la règle n'a rn naître nu'à une époque où
il
l'avait perdu.
coNsr.
REPRÉSENTATION CONJONCTIVE Qui, quoi,
condamné
à
185
—
représentant des choses. Vaugelas (Rem., qui rapporté aux choses objets à qui notre esprit
i,
se colle et
:
s'attache avec passion (malh., Bienf.
Sénèq.,
1.
i,
ch. xi).
125) a
Après maintes
contestations, l'Académie finit par admettre la règle, sauf qu'elle réservait
animaux domestiques
les
une vertu sincère à
et les choses morales,
On recommandait
qui...
faut prendre garde (a. d. b., Refl., 522 et Suit.,
Au
un
changea, en
—
faix sous
:
des artifices à quoi
:
//
3).
mêmes distinctions on ne qui Rome succombe ? (corn..
cas prépositionnel,
drez-vous
acceptant qu'on pût dire
à quoi
:
disait plus
Soutien-
:
Ponip., 170). L'usage
effet.
a\ait longtemps représenté des personnes c'est un homme OÙ j'ai remarqué beaucoup de vertu. Ce tour fut blâmé dans [Malherbe par Chevreau (i, 274). C'était rompre avec l'usage de tout le XYII^ siècle. Cf. Mon âme ... ne voit que Mascarille OÙ /e/er sa pensée (mol., Dép. A/n,,930).
OÙ.
11
En somme,
:
à la fin du
XVH'^
s..
lafTectation de qui
aux personnes avait
à peu près réussi. Mais les représentants de choses restaient multiples, et
même
duquel, auquel continuaient à garder leur emploi général.
—
NorvEi.LE spécialisai ION. Quoi coN.joNCTiF Di: l'indéterminé. Anciennement (ruoi a représenté des personnes li Sarrazins... de quoy il avoient fait lour chievetain (.toinv.. 176) (1). Puis il a re])résenté longtemps des choses nommées tous les biens de quoy l'on pourroit jamais loer honwie (C. Nouv., xlvii, I. 287). L'époque classique ^oulul même faire de quoi le représentant particulier des noms de choses aux cas obliques Ce blasphème. Seigneur, de quol vous m'accusez (corn., Androm.. 266); d'un peu :
:
:
de vos faveurs, après quoi je soupire (mol.. Tart., 1419)
âme
sur quoi s'uunre nwn.
{Id.. D.
ceptait encore dans ce rôle
Gare, 441).
l'unique objet
:
à,
.\
la fin
;
—
du
—
ces libres vérités
XVIL
s.,
on
l'ac-
quoi nous devons nous appliquer.
Mais dès ce moment, quoi tendait à devenir ce qu'il est aujourd'hui. Quand la remarque de Vaugelas (Rem., i, 124), quelques-uns le principal emploi du pronom quojf devait être iiour prétendirent que
l'Académie discuta
<
quelque chose d'indéterminé, sans rapport
comme à quoi
en ces exemples il
:
s'applique tous
c'est
de quoy
jours
les
»
.
il
est
à
un substantif qui précède,
coupable plus qu'un autre
C'était l'âge
;
c'est
moderne qui s'annonçait.
Marmontel désapprouvait formellement quoi, lorsqu'il s'agissait de représenter un nom variable » Il représente aujourd'hui ce, rien, etc., c'està-dire des nominaux neutres ou des indéterminés, ou bien se met derrière .
«
voilà
:
ce
à quoi j'aspire,
:
c'est...
voik) à quoi vous m'avez sacrifié
!
mots chose, point, raison, qui ont quelque chose d'indéterminé, ou bien quand on peut assimiler l'antécédent à quelque Quoi
est possible aussi
chose d'indéterminé
:
avec
ce sont
les
choses à quoi vous ne prenez pas garde
(2).
ne faut pas tenir compte des exemples où le verbe est iniilcr : ccde bonie femme de quoy parliez (N. de Tr., 2.36). Quoi peut encore ;i la rigueur représenter neutralement l'idée qui précède i>in(/l-cinq mille mauoni.s soldats, en quoi consistait alors la ijarde du pai/s. (1)
vous
(2)
]l
me
:
LA REPRÉSENTATION
186
Coup d'œil général sur n'a pas abouti.
La cause de
les résultats.
— En somme
cet échec, qui contraste
si
la classification
fort avec la réduction
harmonieuse et l'adaptation parfaite des démonstratifs, c'est d'abord sans doute l'hétérogénéité des conjonctifs à fondre: mais il faut l'attribuer aussi à l'époque tardive où elle fut tentée, où le pur instinct populaire ne, pouvait plus agir librement, contrarié qu'il était par l'action des théoriciens. Au fond, une raison plus profonde encore, c'est que le développement complet des formes conjonctives n'apparaît pas aux langues populaires comme une nécessité. Quand le peuple use de conjonctifs, il s'y embrouille, les mulil ne parle pas par périodes et préfère par conséquent tiplie, les confond ;
les
relatifs
saire,
conjonctifs.
Pour
faire la ligature,
quand
elle
est.
néces-
a son que, qui lui permet de ne rien déranger à la construction des
il
phrases
aux
:
représente
Une femme qu'on le
donné le Bon Dieu sans confession syntaxe populaire. (Cf. p. 702.)
lui aurait
type véritable de
la
CHAPITRE
V
REPRÉSENTATION AVEC RAPPORT D'APPARTENANCE
Formes
possessives.
— La représentation possessive se fait au moyen
de représentants possessifs. se divisent
Comme les
adjectifs analogues, les représentants
en deux catégories, suivant qu'il y a un ou plusieurs possesseurs.
LA REPRÉSENTATION
188
Par analogie, celles
de la l^e
formes de la 2^ deviennent
et celles
les
^t
de la 3^ personne se modèlent sur
:
tien,
tienne,
tiens,
tiennes,
sien,
sienne,
siens,
siennes.
que toutes les formes modernes, unifiées, proviennent du seul type mien. C'est un remarquable cas d'analogie morphologique, qui montre comment l'instinct unifie des séries de formes correspondantes (n. l., i, 423). des autres Au possessif de la pluralité, leur, devenu adjectif, a rcçi! adjectifs, et l'a gardé. Les grammairiens en ont fait le signe du possessif opposé au personnel il a gardé son manteau : il leur a oté les leurs.
De
sorte
.s
:
Représentants
—
Les fondions des représentants poslentement de celles des adjectifs correspondants. En a. f., elles se confondaient, et il resta longtemps des traces de cet état de choses. C'était l'article qui caractérisait les représentants, car on pouvait fort bien dire jusque dans la langue classique cet habit est m'en (= à moi), à côté de cet habit est le mien il est vôtre ci non mien. Le et adjectifs.
sessifs se sont différenciées très
:
:
tour est
vieilli.
Hors de celles des ce
mien
;
ces constructions attributives, les formes qui sont aujourd'hui
représentants se rencontraient aussi dans
père, quelque vostre
ami
;
—
cist
meon
les adjectifs épithètes
:
fradre Karlo est dans les
Serments. Les possessifs de la pluralité cessèrent les premiers de s'emle tour de mien, tien, sien. Il n'en reste que quelques façons de parler, qui sentent le style niaroliquc, et où i! y r indéter
ployer ainsi. Puis ce fut minatioii
;
'\in
sien cousin.
CHAPITRE
VI
REPRÉSENTATION AVEC DÉMONSTRATION Formes des démonstratifs.
— La représentation démonstrative
l'aide des représentants démonstratifs
:
se fait
LA REPRÉSENTATION
190
renvoie aux noms antérieurement prononcés, en se servant de celui-là pour Vivotent le Cygne et l'Oison ; Celuî-là destiné le nom prononcé le premier pour les regards du maître ; Celui-ci, pour son goût (la font., Fab., m, :
12)
;
— Deux
sortes de
gens fleurissent dans
divers temps, les libertins et les hypocrites
:
les
cours, et y
dominent dans
ceux-là gaiement, ouvertement...
ceux-ci finement, par des artifices (la bb., Car, Espr. forts. 26).
Concurrence des personnels sont d'anciens démonstratifs.
propres que
En
a. f.,
il
et
Ils
le français s'était créées
n'est pas rare qu'un
—
des démonstratifs.
•
//, la, elle, etc.
ont été en concurrence avec :
formes
les
cil, cet, icil.
pronom d'une
série
remplace un pronom
El cel munta par devant ceus (chrest., Ev. Nie, 1059). Longde l'autre temps, dans le complément des partitifs, il fut d'usage de se servir d'un démonstratif Et H puisné qui sont de grant borné Chascuns de ceux porte un :
:
—
Le démonstratif le plus usuel en pareil faucon ramé (Aymeri, 1596-7). cas était icelui, employé après toutes les prépositions. En style administraet judiciaire,
tif
il
vécut longtemps. Mais
les
XYII^
Salons du
s. le
considé-
comme un mot de praticien. Vaugelas déclara que c'était le plus mauvais mot de la langue. Ce fut son arrêt de mort. On n'en trouve
raient
quelques rares traces que dans
le
langage judiciaire
:
Distraction d'objets
détournement d'iceux.
saisis et
Usage de
ceci, cela.
— Ces neutres ne peuvent théoriquement représenter
des êtres ou des objets, puisqu'il n'y a point de
noms neutres en
français. Ces
représentants renvoient à une idée contenue dans un groupe de mots. Nous les
retrouverons employés en cette qualité Rem,eitez-vous-en à votre médecin, cela :
— Nous allons y mettre un entredeux, ce sera — Mais en outre ces démonstratifs peuvent remplacer des nominaux neutres mettez du bien — quelque chose qui arrive quelque chose de chaud, cela vous — prenez pour bon. encore une du pays, vaudra mieux
très bien.
;
:
fera
c'est
En
foie
;
;
cela, c'es/
votre bien, c'est
non seulement un mot, mais un mot avec ce qui l'accompagne. Inversement, quand ils représentent un groupe de mots, par une extension facile à comprendre, ils en arrivent à représenter seulement l'un d'entre eux. Évidemment, à la buvez cette tisane, elle vous réchauffera, si on veut rigueur, il faudrait dire que le représentant renvoie à tisane ; mais quand on dit buvez cette tisane, ça vous réchauffera, il serait téméraire de soutenir que ça représente tout le outre, les représentants, nous l'avons dit, représentent
:
:
groupe
:
buvez
cette tisane
.
C'est sur la valeur de la tisane qu'on insiste, c'est
qu'on recommande. Pour bien dire, c'est surtout l'idée de tisane que ça représente dans la phrase ça vous réchauffera, non point avec la précision
elle
:
de
elle,
mais tout de même.
Ça représente quelquefois des personnes, avec une nuance péjorative Ces sales ouvriers ont encore choisi un jour où
du bien à ça (zola, Germ., v, ch. 5). Ça peut être aussi un terme de tendresse
j'ai
du monde. Allez donc
:
faire
!
:
Les grand-mères, ça ne
fouette
REPRÉSENTANTS PAR DÉMONSTRATIFS jamais.
Une mère
dira, en
montrant son enfant
:
191
Vous voyez comme on
est
attaché à ça.
Usage de
—
Pour ne pas compliquer outre mesure, nous cond'ensemble ce qui s'applique à ce représentant d'êtres, de choses, et à ce représentant d'idées. Ça, ce étaient très usités en a. t. Ço peiset els, mais altre ne puef estre
sidérerons
ce, ça.
ici
:
(Alex., cxvi, 5) il
;
— Ne placet Deu, çoii respunt Eollanz (RoL, 1073). Tantôt
renvoyait à ce qui venait d'être
ço peiset mei que
ma
ma
fin tant
dit,
tantôt
il
annonçait ce qui suivait
demoret (Alex., xcii, 5)
;
— Ço
:
disl Chernubles,
bone espee ai ceinte (Roi., 984).
Le développement des formes avec addition d'enclitiques changé
le rôle
comme
objet
être
:
de :
pour ce
ce,
mais ne
l'a
pas
fait disparaître.
La
dites ce, J'ai ce fait.
faire
;
On
ne
l'a
:
ceci, cela,
a
plus employé
seule locution survivante est peut-
encore a-t-elle été réprouvée par Vaugelas
devenues
(i,
420).
Ce ne sert plus non plus de complément à des prépositions, comme autrefois Pur ço le fist (Roi., 1779). Au commencement du XYIP s. on trouvait encore pour ce, à cause de ce. Mais Oudin les déclarait « un peu antiques » (Gr., 113), et Vaugelas condamnait outre ce (i, 418 cf. h. l., m, 496). D'autres ont blâmé à cause de ce, non content de ce. Seul, sur ce nous est resté. Comme sujet, ce a également disparu, sauf devant le verbe être et devant devoir être c'est ma mère ; ce doit être mon frère qui a sonné. (De l'ancien usage, il n'est resté que la locution ce me semble). Néanmoins, par c'est, ce joue un rôle immense, ainsi que nous l'avons vu. Les incises
ce dit-on, ce dis-je, sont
:
dit-on, dis-je.
:
;
—
:
Le partage d'attributions entre ce et cela a été très délicat. Visiblement, quand il s'agit de représenter expressément une chose dont on a parlé, cela est nécessaire Nous avons revendiqué l'Alsace-Lorraine, cela n'était en aucune façon demander une conquête. On peut dire assurément ce n'était :
:
pas revendiquer une conquête, mais de ce qui précède
;
c'est
ce n'est
pas là
le
représentant véritable
une simple formule.
Toutefois, aucune des règles générales qu'on a posées n'est assurée d'être vraie dans tous les cas. cela est
bon
Quand
;
c'est
l'attribut est
vérité reconnue
Molière
:
;
On
dit
avec un adjectif aussi bien
:
c'est
bon, que
faux, que cela est faux.
—
un nom,
G*est
cela est étrange,
c'est
au contraire
ce qui
s'impose
:
c'est
une
Nous n'écririons plus avec que mes propres enfants me trahissent (Av.,i, 4). ha
une erreur de
croire...
raison en est encore que ce est là dans son rôle général de formule introductive.
On comprend les hésitations delalangue verbes, ce a pourlui une des formules les Il
est à
(1)
cela a pourlui l'analogie
detous :
les
c'est (1).
remarquer que l'abréviation populaire de cela : ça, n'entre pas en ce : on ne dit pas ça est faux ; c'est un belgisme.
concurrence avec
est en
:
pluscommunes de la langue
:
Nous retrouverons ce^avec un sens concurrence avec
i7.
affaibli
quand nous parlerons des impersonnels, où il
CHAPITRE
VII
REPRÉSENTATION PAR REPRÉSENTANTS SUIVIS DE DÉTERMINATIONS
Démonstratif usé. Celui, celle. - - La représentation peut se faire par un ancien représentant démonstratif diminué de valeur, le simple celui, suivi d'une détermination. Cette détermination est aussi variée que possible
Connaissez-vous des
:
gothiques
cathédrales
?
Oui.
J'ai vu
celles
de Paris, de Reims, de Rouen. Celle de Reims m'a toujours paru d'une les halles d' Ypres étaient les plus belles de toutes richesse incomparable :
que j'aie jamais
celles
La
visitées.
répartition de fonctions entre les démonstratifs et celui ne put natu-
rellement
commencer qu'à
XVP
dès le
s.,
la fin
du Moyen- Age. Elle fut
divers observateurs constataient
le
lente.
Cependant,
nouvel usage
:
«
Celui
—
(h. estienne, Hupom., 183). beaucoup mieux que celui là qui Nous abusons de sesi et spla por.r se ; comme lou sesi ou tou sela ce vous
qui est «
dites
->
ne ser de rien
,
>>
dit de
même Ramus
{Gr., 15G2, 86).
Les observations
des grammairiens ont été des règles à partir de Malherbe (iv, 399), Oudin (Gr., lll)et Vaugelas(i, 44G). il
Une
foisle
simpleen possession de son emploi,
tendit à se rapprocher de la détermination qui suivait. C'est par archaïsme
poétique que Rotrou écrit se
:
Et ceux posséderont des mérites étranges, Qui
pourront vanter d'avoir de mes louanges (Heur. Constance, n,
2).
Ce n'est pas à dire que celui-ci, celui-là soient totalement impossibles quand il y a euiphase, opposition, etc., ils reparaisdevant conjonctifs Puisque ceux-là Sont morts qui brisaient les bastilles (v. h., Chat.. sent Obéiss. passive. Ici Hugo se conforme du reste à la règle de Vaugelas ;
:
:
ceux-là est séparé de qui par un
profond somme occupait tous
deux
Font.,
{Lt\
Usage de ployer
Pur
—
-
le
En
le
les
verbe). Toutefois on ne dit plus
yeux
même
celui.
-
Il
dans
les
arrivait souvent autrefois qu'on se passait d'emle
sanc... l'yaue devenait... aussi froide
d'Espaigne
brillent
Un
iv. 37).
représentant celui là où nous
icelle
ceux-là qui
:
ville
considérons
comme
— On voit l'équivoque,
nécessaire
il
:
;
Roy de France et semblerait que le roi de
de Bourges séjournèrent huit jours
(J. de Par.).
comme
de fonteinne (joinv., 1266; le
France fût en même temps celui d'Espagne. Des exemples analogues sont encore communs au commencement du XVII^ s. C'est mon quartier et de M^^ la Comtesse : L'imitation des biens :
—
REPIIÉSEXTATIOX PAR REPRESEXTAXrS ET DÉTERMIXATJOX.
I.
193
maux, de l'excès de la malignité naturelle (la roch., 122, Var. 3). Yaugelas a discuté longuement la phrase En vostre absence, Vous, la place d' Héde Madame vostre mère (i, 341). Racine écrit encore
vient de l'émulation
; et
des
:
et
:
moi,
lène, et
d'
Agamemnon
{Andr., 1160). Puis l'usage,
comme
prévoyait
le
XVIIIe
Furetièrc, a fini par imposer le démonstratif, mais seulement au
s.
Cependant on retrouverait, en prêtant bien attention, beaucoup de phrases où Ton a fait l'économie d'un celui : La porte de l'église s'est ouverte toute grande. Le son saccadé de la petite cloche s'est mêlé à une autre (= à celui d'une qui lui répondait,
autre)
(flaub.,
Par
toutes
et
Champs, 87)
les
Nous reparlerons, dans communes au XVIP
fort
sitions (enter.dez
que
:
celle
deux,
s'approchant en
grandissant...
(1).
les
comparaisons, des phrases
s.
La
:
doctrine est la
même
comme
celle-ci,
que ces cinq propo-
de ces cinq propositions).
—
—
1° Devant cgnjoxctif. On trouvait parfois cf neutre Ce neutre. devant un conjonctif dans l'a. f., mais il était très fréquent de l'omettre, suivant la tradition latine Li reis Marsilies i fist mult que traître (Roi., 201). :
XV
Encore au
I*^
que suffisait
s.
nous semble, que nous devons
Voilci, ce
:
respondre à ces gens (langue, 84). Ce était aussi fréquemment omis devant
un interrogatif on ne seul qu'//5 devindrent (amyot, i, 107). Le ce s'introDieu lor otroit ce qu'// porchacent (rut., lentement dès le Xllfe s. :
duisit I,
:
241). Puis
il
question n'avait pas préoccupé Malherbe vation une phrase sans ce
Oudin, la nécessité de
Vous saurez assez que
«
cherche ;
On
dit
«
:
Dites
la règle
moderne
que
c'est.
voulez (1607, p. 161). Mais pour
se faisait sentir très
défectueux,
je cherche seroit
(Gr., 1645, p. 128).
;
moy que vous
Vaugelas enregistra
ne dit plus guère maintenant que ce
:
le XYII^ s., obligatoire. La Maupas avait cité sans obser-
devint ordinaire, et enfin, depuis
Par exemple, M. de Malherbe
nous apprenne que
dit
Il
nettement
faut
:
:
l'on disoit autrefois. //
:
ce que je
changement de l'usage
le
comme
c'est,
dit-il.
:
On
n'y a point de loy qui
que l'ingratitude. Aujourd'hui l'on dit
qui nous apprenne ce que c'est que « (i, 287 cf. n. l., m, 499). Les écrivains se conformèrent d'une façon générale à cette règle (2). Ce a fini par former avec que une locution ce que, dont la destinée a été c'est
:
;
:
grande dans la langue moderne. Non seulement nominales Faites ce que vous voudrez. Mais :
tion d'une foule de locutions invariables
Ce que, de
nous
ce
à la langue écrite Pens.,
(1
)
Mais
I,
4)
;
à faire des locutions
entre dans la composi-
parce que, jusqu'à ce que, etc.
:
que constituent une formule qui, dans certains cas,
verrons, rend grand service,
le
elle sert elle
:
non seulement à
on trouvait étrcmge de ce
— J'aime mieux encore que
tu
qu'z'Z
la
comme
langue parlée, mais
supportait la vie (pasc,
me menaces, que
ce que tu
d'un honnête homme celle modéralion n'est que des grands hommes. n'est pas du tout certain qu'on ait ici affaire au mémo tour. Il est vraisemblable qu'il d'un complément d'appartenance.
Cf. T'o/re conduite est
;
il
s'agit (2)
me
De
l'ancien usage
BRUXOT
il
nous reste quelques loculions
:
qui plus
est.
13
LA REPRÉSENTATION
194 traites (d'abl.,
combien
il
n'est là ni
dans
serait
Refl., 107).
vain de chercher à
nominal
les
n'est pas besoin de
Il
marquer
anah'ser dans leur état actuel
,
Ce
ni représentant.
Ce NEUTRE POUR détermination,
a. d. b.
le ce
celui,
celle.
—
On
trouve, par une espèce d'in-
nom d'homme
neutre là où on attendrait un
ou de
femme. Les grammairiens du XVIP s. trouvaient cette façon de parler, C'est peu de voir un ancienne du reste, assez élégante (bouh., Rem., 32) Vous me défendez d'être père épouser ce que j'aime (rac, Mithr., 660) :
;
à ce que j'ose aimer (mol., Tart., 1288). à
un euphémisme, à un
tical
:
maux
ce
fait
de politesse
apparaît pour désigner des
ne faudrait pas croire seulement
Il ;
—
il
y
a là
collectivités
un phénomène gramma-
d'hommes
et
même
d'ani-
embrasse dans leur généralité Tout ce qui est au-dessous... ne peuvent espérer que de voir... Leur plus bel âge (racan, Letf., i, 322). Cf. 1..
qu'il
:
91.
J
CHAPITRE
VIII
REPRÉSENTATION PAR DISTRIBUTIFS
Peuvent être considérés comme représentants distributifs divers éléments de langage, d'abord 10 Les distributifs spéciaux Les enfants chacun, l'un, l'autre, etc. se rangèrent le long du mur ; Chacun avait à la main un petit bouquet de violettes ; Les uns au tronc de l'arbre adossés deux OU trois ; Les autres garnissant les marches de la croix ; Ceux-là sur les rameaux, ceux-ci sur les racines Du noyer... Quelques-uns sur la tombe (lam., Joc, 8 août 1801). :
:
:
—
20 3°
40
Les numéraux dix, vingt-cinq, la plupart, etc. Les ordinaux le premier, le dixième. Tous LES ÉLÉMENTS DE LANGAGE QUI FONT PARTITION, :
:
c'est-à-dire
dans une masse, distinguent des unités ou des groupes quelconques de tous les Parmi les cygnes, les noirs passent pour les plus méchants ; qui,
ouvriers, les
On
:
—
mineurs sont peut-être ceux qui mènent
la vie la
plus pénible.
voit ce qui résulte de cette observation, c'est qu'il faut considérer
comme
complément de caractérisation quelconque qui, ajouté à un article, forme comme une sorte de groupe elliptique, où le nom manquerait On m'a présenté deux corsages. Je préfère décidément
représentant l'adjectif,
:
le
rose.
le
CHAPITRE IX
RAPPORTS ENTRE REPRÉSENTANTS ET REPRÉSENTÉS
—
Les rapports entre représentants et Rapports avec les antécédents. noms sont marqués par l'accord, quand il est possible on a appelé les jeunes :
Quoique
filles, elles
arrivent.
temps
rapports ont
les
cet usage soit ancien
manqué de
comme
la langue, long-
clarté et de régularité. Aujourd'hui
des règles strLctes prescrivent d'éviter soigneusement toute phrase où n'apparaissent pas clairs.
L'accord se
du peuple, nication
et
enii-e
pour cela Ce qui
fait quelquefois
avec
la
pensée
que ce public qui l'entourait
eux
et lui avait été
prompte
le
Mais le (le
il
Ajoutons que Coppenole
était
du peuple ; aussi la commuIl faut h., N. D., u, ch. i\).
était (v.
—
n'y ait aucun doute.
qu'il
est nécessaire, c'est
qu'on aperçoive du premier coup ce qui
Les classiques manquaient encore à cette spectacle se passe sans qu'il (le berger) // donne
représerrté.
Tout
:
ils
est
règle. Molière écrit la
moindre
se plaint qu'il (le spectacle) est trop court, parce qu'en finissant
berger) sépare de son adorable bergère (Mal. Im.,
De
5).
ii,
:
attention. il
l'Estang,
dans son traité de Za Traduction (p. 75), enseignait comment il fallait éviter « Peu à peu ie ce vice de ils se rapportant à divers antécédents. Dire m' aecoiisiumay à remarquer le lien où j'estois. et à vouloir faire connoistre mes désirs à ceux qui pouvoient les exécuter ; mais ic me trouvais le plus sou:
vent dans l'impuissance de
le faire,
par
ce
que mes désirs
(et
non pas
ils)
:
ils) estaient au dedans de moi], au lieu que ces personnes (et non au dehors et ne pouvoient par aucun de leurs sens, pénétrer jus';ue dans mon ame » Le moyen indiqué, c'est donc de répéter mes désirs, et de remplacer
estoient
:
.
le
second
Mais
ils
par
les
c'est là afïaire
personnes.
Nous avons des moyens moins
Rapprochement du représentant meilleurs
grossiers.
de style.
moyens pour parvenir
et
du représenté.
—
à la clarté, est le rai^prochement
Un
des
du repré-
sentant et du représenté. ]\Ialgré la confusion qui devait résulter de la En l'a. f. était très hardi dans les séparations
similitude des formes,
:
paradis avras ton herberjaqe. Que nostre Sire à ses buens amis guard (cor. Sy gecta la mer grant plenlé des nogez devers les Hébrieux, LOGIS, 395-396);
—
—
qui armes avaient, dont Hz les despoullèrent (d'angi... S' Voyage, 55, 225) ; Priant ledict Robertet d'enscavoir le plus tost qu'il pourrait la volonté du Roy,
qui Iny dist qu'il ne scauroit plus s'advcmcer que d'y edler incontinant sur l'heure
(ai.
de
nav., Hept., u, 98).
RAPPORTS EXTRE REPRÉSEXTAXTS ET REPRÉSEXTÉS Malherbe
a
blâmé
ces séparations,
dangereuses pour
si
— Et Vaugelas,
regarde tout, qui a l'âme saisie (iv, 285).
même, acceptait seulement qu'un un verbe
(ii.
tinit
lui,
donc disparaître
vit
M^^-^ qui
debout devant
On ne
On
440).
une chose chez
me
les
se coi-rigeant lui-
phrases
comme ;
—
OÙ
je
Je me trouvai hier devant
:
m'informai de toute
m.
vis...
Fortune
cette affaire,
qui
me
nombre de
la Reine, auprès
la conta
comme M^
le
440).
Représentation superflue. —
Au temps où
Je
:
la
qui lui déliait la langue (la fomt., Vie d'Ésope).
saurait regretter une aussi funeste liberté qui gâte
Prince la conte (malh..
197
Roland
:
deux termes, mais non
plaisir (sév., LeU. cxliv)
fit
passages des meilleurs écrivains de lui,
génitif séparât les
le style
Il
faut éviter ime représentation superflue.
phrase française était peu organisée, on y trouvait des représentants plus ou moins inutiles De cette prison de cent chaînes fermée. la
:
Vous n'en
sortirez point
que par l'huis du tombeau (malh.,
1. 2)
;
— Quand
m'y suis mis qwdquefois, à considérer les diverse^s agitations des hommes (PASC, Pens., IV, 2). Longtemps on trouva même à ces tours une certaine grâce, puis on les jugea négligés il est prescrit aujourd'hui de les éviter. Il reparaît sitôt qu'il peut renforcer l'idée, marquer une opposition, etc Mon âme est à mon Dieu, mon sang est à ma foi ; Mais mes jours profanés, ils ne sont plus à moi (la.m., Joc, 6 août 1795, soir). Même quand le nominal était l'indéterminé quiconque, la tendance de la
je
;
:
langue était de garder la construction ordinaire, et de représenter (/u/conçue par il : quiconque le veut, il l'a. De même avec qui : bel esprit, il ne l'est pas qui veut (mol.. F. sav., 822). Puis lorsque la i)hrasc s'est unifiée, le
même
conque a frappé par
l'épée,
aux deux verbes qui voudra,
On
moi je
:
—
l'aime, ce prêtre (déroul., Ch.
—
du
a ;
le
voit bien ce que la langue a gagné en brièveté et en fermeté.
passe pour tyran quiconque .ry fait maître,
donné
— quiblâme
Sold.).
voir aussi ce qu'elle a perdu. Voltaire (Com. sur Cinna, /7
on
quiconque s'y applique y réussira périra par l'épée ; qui vivra, verra : sujet
ii.
Il
faut
2) regrettait déjà
où l'on avait
la liberté
:
de
suivre l'ordre de la pensée.
—
Double représentation. Si un conjonctif est employé, il ne faut pas adjoindre un autre représentant. La représentation simple ne peut pas
lui
cumuler avec la conjonctive. Dont et en ne vont pas ensemble. Cet abus trouve souvent encore au XYIP s. on lui a donné vingt mille hommes. dont il en a détaché quatre mille : Elle demandait cinq villes, dont Metz se
se
en
:
étoit
l'une (malh.,
fait mille
am..
I,
m.
582)
;
— —
reproches de sa timidité,
28)
il
Il
alla
lui
fit
trouver
Samilcar. à qui ayant
promettre...
(bus.
rab., Hist.
(1).
(1) On comparera certaines phrases négligées d'aujourd'hui Tous les jours on envoyait à la mari dis hommes qui ne conna'ssaient pas plus que moi le motii de leur arrestation, et dont la fortune ou la position sociale ne les dt\'oCQ,Mém., 1, 33). :
LA REPRÉSENTATION
198
Représentation défectueuse.
—
Il
faut l'éviter encore plus que la
représentation superflue. 1°
On
miroir 20
:
En
a. f.,
comme dans
qu'on n'exprimait pas
Ne
seit ocis
le
:
;
me croit aussi, nous 7). Nous mettrions
et
Let. IX,
d'un représentant personnel devant un qui noms ou des nominaux on disait Elle croit son qui sommes beaucoup plus fidèles que vous (balz.,
se passait autrefois
destiné à reprendre des
qui
sommes
(1).
certaines autres langues,
pronom conjonctif
o devient chrestïens (Roi., 191).
En
:
Il
il
arrivait souvent
la citet n'en
ad reines païen,
ne peut pas être omis.
30 Si un système de représentation a été adopté, il n'est pas loisible d'en changer plus loin. En a. f. une phrase était conjonctive, on lui rattachait une autre phrase qui ne l'était pas Ce que je vueil et il me plaisl. On trouve des phrases ainsi interrompues jusque chez les classiques Des périls glorieux ; Dont je puis faire hommage à l'éclat de vos yeux, Et :
:
par eux m'acquérir, D. Gare, 206 (1) (v.
Il
si le ciel
et 207). Elles
m'est propice,
sont exclues de
\v,
La
gloire d'un revers (moi..,
langue moderne.
peut n'y avoir pas d'antécédent exprimé .4/i/ insensé qui crois que je ne suis pas toi! L'antécédent, c'est l'interpellé, insensé. Le nominal loi n'est nullement :
H., Cont., Préf.).
nécessaire
ici.
CHAPITRE X
REPRÉSENTANTS SUBSTITUÉS A DES NOMS Souvent
représentants représentent une personne, une chose qu'il
les
n'est pas besoin de désigner
autrement
Toujours
:
lui, lui partout.
C'était
alors Napoléon. xA.illeurs Elle, ce sera la bien aimée, ainsi de suite.
Un
nombre de représentants,
certain
êtres et les
noms de
mêmes
à force de représenter les
mêmes
choses, finissent par prendre à peu prés la valeur des
ces êtres et de ces choses.
—
Ce représentant se rencontre depuis le Moyen-Age avec un sens vague de la chose, l'affaire : Mult le fist bien Tycrris de Los (villeh., 483 a). Le sens est ce qu'il avait à faire, puis la chose, en somme il se conduisit bien. D'où une foule d'expressions le donner, le disputer ; vous Ventendez mal ; vous le prenez d'un peu haut. Le, la.
très
:
:
:
:
Au
féminin, la donner
trouve mauvaise, amère
Elle.
Ah
!
— Elle a
non,
:
l'échapper belle
belle,
il
ne faut pas
par vouloir dire
fini
elle est trop drôle
;
en langue populaire
:
je la
me la faire. la chose
Non,
:
elle est
bien bonne.
—
bégayait Loubet, la bouche pleine, en agitant
!
sa cuiller, (zola, Déb., 43).
En. Pour Pathelin,
Ah
du drap, pour
c'était
plupart, c'est de l'argent
la
:
en faut aujourd'hui. Quelques possessifs remplacent aussi des noms qu'ils ont sou\ent repré! il
sentés
:
les siens, les tiens (ses
parents, tes parents)
—
:
Chacun
les siens.
— Ne
donc pas de protéger les tiens ; Bonjour à tous les vôtres. Le siex ^'eut dire son bien y cire du sien, chacun le sien, sans y mettre du sien ; Cf. depuis que le tien et le mien ont fait le partage du monde te
lasse
:
—
(gomb.. Ép.. 178)
Celle-ci
condamné
a
:
sans y mettre beaucoup du vôtre
longtemps
l'expression
repos, (la rogh.,
m,
;
je
:
;
:
226)
cf.
:
;
cette lettre,
je
me
dérobe
aujourd'hui histoire,
cette
:
est à
(1).
jusqu'à ce que Vaugelas eût le
temps de
celle-ci sur
mon
la présente).
cette
affaire-là
ne m'attendais pas à celle-là
Ce développement raux, tels que
(ii,
52
Celle-là veut dire celle-là est verte
signifié
:
celle-là est forte
;
(2).
rapprocher du développement des noms génémachin, chose, qui tiennent lieu des noms
affaire, coup,
exacts.
(1)
On
disait autrefois
:
rnutnii,
le
bien cTautrui. Cette expr-^ssion a été
Oudin (6r., 122). (2) Jusqu'au début du XIX*" s., on avait dit aussi dais pas à celui-là (regnard, La Sérén., 7).
:
celni-là.
Je vais me
condamnée par
marier...
Je ne m'atten-
^-^^
PARTIE I.
ES EA
II I
ES
LIVRE
]'JI
LES FAITS CHAPITRE PREMIER L'ACTION
Actions et états. et les états.
Il
NOMMÉE
— Un des objets du langage
ne faut pas oublier que ces mots
«
est
d'exprimer
action» et
«
les
état«
.
actions
comme
tous ceux qu'on peut employer à cette occasion, doivent s'entendre dans sens large et conventionnel. Si on considère en effet la phrase
un
Ce meuble
:
a reçu un fameux coup, on ne peut pas dire qu'il y ait action du meuble, ou du moins action faite par le meuble. En réalité, l'action a été subie par lui. et
cependant on emploie
la
même
action véritable, savoir un verbe à
forme grammaticale que
s'il
y avait
l'actif.
Dans d'autres phrases Ce pantin vaut treize sous cette question concerne ; cela ne compte pas ; j'ai encore ma mère ; il n'y a en réalité ;
:
l'administration
aucune espèce d'action, ni faite, ni reçue (1). On a longtemps prétendu diviser les verbes en deux grandes catégories, ceux qui marcjuent l'état et ceux qui marquent l'action ce qui précède ;
suffit
déjà à ruiner la classification.
plus haut ou des suivantes consiste en
charbon
un tube
la
:
placer les verbes des phrases citées
l'appartement comprend quatre pièces
poudre noire
se
compose
;
l'appareil
de soufre, de salpêtre
et
de
?
Ajoutez qu'un la
;
Où
même
verbe
signifie tantôt l'état, tantôt l'action,
forme où on l'emploie. Comparez
:
//
suivant
fortifie sa position et sa position est
11 arrive même que la forme ne change pas. et que dans un cas d'actions, dans l'autre d'états. Comparez sont distribuées à 8 heures du matin (action) il est 8 heures et demie,
singulièrement fortifiée.
cependant les lettres les lettres
Les
il
s'agit
sont distribuées (état).
noms
(1) 11 cil est
d'action.
— I/action
et l'état
peuvent être exprimés par un
à plus forte raison de même partout on Ton a affa're à de véritables auxiliaires : Il vient de sorUr ; j'ai fini pur y entrer ; il faut accepter son offre ;
ou à des demi-auxi!ia=res peux le voir demain.
je
:
;
LES FA II S
201
nom
:
départ du courrier
le
important. Le
contenir
complément qui
sujet
le
/'exécution des travaux
:
nom
recul de l'ennemi.
le
:
suit ce
Il
/"existence d'un stock
:
peut, ainsi que nous le verrons,
peut aussi contenir l'objet
les
:
transports de charbon sont difficiles (1). Malgré l'identité de construction, l'esprit n'hésite point sur le rapport.
Les noms d'action sont, 2° des mots empruntés
Noms
10
;
comme
les
autres noms, 1°
3° des mots adaptés
—
héréditaires.
Le
jeu,
ou
cies
mots héréditaires
;
créés.
l'écriture,
le
saut,
haine de
la
l'étranger.
Noms
20
empruntés.
mêmes
d'autres, sous les
—
Des noms d'action ont
été
mêmes
influences et dans les
empruntés comme
conditions. Mais ceux
qui sont venus des langues modernes sont infiniment moins
noms
les
d'objets.
On
n'importe pas
les
manières d'agir
des ustensiles ou des étoffes. Citons: intrigue, volte
Le
(allem.).
beaucoup fourni
latin et le grec ont
:
nombreux que
comme
des produits,
(ital.), flirt (angl.),
krach
convulsion, inflammation,
métamorphose, etc..
—
Adaptation de vocables servant à d'autres usages. L ParCertains noms venus des participes passés sont très
30
—
ticipes PASSÉS.
anciens et conservent des formes de participes disparues. Ainsi
ponte (la ponte des œufs), vente (la vente aux enchères), chute (une chute de neige (2). D'autres rappellent les participes encore en usage la criée du poisson, le :
:
défilé des troupes
du jour
:
;
/'entrée à Paris
;
la sortie des
marchandises
;
la
tombée
/"amenée des eaux.
— A dire
forme verbale qui, tout naturellement, Par lui-même et sans être substantivé, l'infinitif est la forme substantive du verbe le désir de vaincre. (C;. notre désir de victoire) la joie de pardonner (Cf. la ioie du pardon) Mourir pour la patrie, c'est le sort le plus beau. Infinitifs.
II.
passe à
vrai, la
fonction de nom, c'est
la
l'infinitif.
:
que nous verrons
(y est en cette qualité
l'infinitif
remplir
les différentes
fonctions syntaxiques du nom. être sujet, objet, complément, etc. Ex.
mon fl..
point de vue, recevoir la vie engage autant que la donner
I.
11)
;
— chanter n'est pas vivre,
propre voix (i.am., Méd.. c'cit faire
fc
L'infinitif substantive.
(1,1
c'est se
Préf., éd. Lans..
(iikp.v..
nom
Les cxcmijles cités dans
sujet, tantôt
—
\érital)le
368);
outre
la suili- cloniicronl les
i.'ssiir,
pciic.
l'infinitif
par l'adjonction d'un
de leur objet. L'esprit ne
reconnaître. (2i Cf. /iiite. siiilc, /ontc,
En
les
:
— donner
l't
noms
A
Cours,
délasser ou se consoler par 11,
vivre l'âme... être Iwn, c'est bien vivre (v. n., Coid.. Aur..
caractère d'un
—
;
;
.s(/
recevoir, i,
vi).
achève de prendre article. Cet usage
le
se
(faclion arcompagnés lanlùl de leur il esl bon de s'habituer à les
confond point, mais
L'ACTION rencontre dès
la
NOMMEE
205
plus vieille langue. Dreit à Lalice revint
errer revint droit à Lalice (Alex., 380)
—
;
li
sons edrers (Son
J'ois al corner que gueres ne
au corner qiiil ne vivra guère; Roi., 2108). x\u XYI^ s., les infinitifs ainsi employés sont encore tout à fait communs le longtemps vivre cl le peu de temps vivre (mont., i, 19) le renaistre d'Homère (du BELL., De/.. II, 5). L'imitation du grec achevait de les rendre fréquents. 11 en est résulté de vrais noms, qui passent au pluriel et sont assez nombreux des vivres, un bon diner, le lever du roi, le coucher des internes, le parler d'une région, elc. (n. l., ii. 189). Le développement du sens ne s'arrête point là. Un dîner, c'c^i non seulement l'acle de diner, mais les mets qui y sont vivrai (J'entends
:
;
—
:
servis.
Causes de la décadence du procédé. dans
finale qui se trouvait
entendre
c'est à
;
peu prés aussi
le
façon courante des substantifs avec des paraissent bien être dans
jour où sible
\'r
de
le
— Vers
du
la fin
comme parler, moment où l'on
verbes
les
XV P
s
.,
\'r
avait cessé de se faire cesse de former d'une
Ces deux phénomènes
inîinitifs.
rapport de cause à conséquence. En effet, du plus perçue par l'oreille, il devenait impos-
l'infinitif n'était
de distinguer entre
participe passé
l'infinitif et le
Soit le verbe de formation toute récente téléphoner
former un substantif avec cet
infinitif, la
comprendraient
le plus
la
;
:
chasser, chassé (l).
langue voudrait-elle
confusion serait certaine. Les uns grand nombre penseraient, non plus à l'action par laquelle on téléphone, mais à la personne à qui l'on s'adresse par ce moyen le téléphoné. Cf. pour mandater, gazer, etc. 11 faut, pour un usage commode de l'infinilif substantivé, des verbes dont le participe et rêtre, l'avoir, le devenir. Les verbes de la 1''^^ conl'infinitif soient distincts jugaison sont par suite exclus. le
téléphoner
;
:
:
La disparition de l'infinitif substantivé en er donne aux autres infinitifs qu'on substantifie désormais un air savant:/" non-être, l'agir. Dans l'usage ordinaire, on a recours à des noms à suffixe, dont le développement a certainement 4°
bal.
]->roiité
de
la rareté des infinitifs
Formation des noms d'action.
—
Il
existe
avec des verbes, c'est celui
vieux que
In
noms en
langue.
um:
A
:
hmgue moderne.
—
Noms formés du thème verpour former des noms d'action qui a donné des noms tels que: la pousse, la pousser, relever, arrêter). Ce procédé est aussi
un procédé
relève, l'arrêt (des verl)es
substantivcs en
1res spécial
l'époque de la décadence,
le latin
avait multiplié
am, formés sur radical verbal. Ce suffixe étant atone, la voyelle u disparut la voyelle a se conserva assourdie en e sourd. De dolus,
les
us,
a, ;
un nom duel ; de volus, volum, un nom meon vol. De proha, on eut un sul)stantif
dolu(m), on eut donc au cas régime, vael qui est dans les Serments
(1) ni
:
cist
L'orthographe de certains mots a hésité le lever du soleil, le levé de plans.
finée)
;
:
souper, sonpé
;
aprcs-diner, apivs-dinée (Cf.
LES FAITS
206
noms
pnieue. Ces
se trouvaient identiques au radical verbal de
il viiel{t), il
:
pnieve.
Dès les origines, les noms ainsi formés apparurent comme directement du radical du présent de l'indicatif des verbes. Ils varient, suivant la forme dont ils ont été tirés, l^e ou 3^ personne. Ils sont masculins (A), à l'exception de ceux qui se terminent en voyelle e (œ). qui sont ordinairetirés
ment féminins A)
cri (de
(B).
je cri),
:
protêt, jet. bris
tir,
jet de pierres
;
^
pardon (de
—
;
le
:
je pardon), relief (de
départ du courrier ;
je relief).
Ci'.
:
accueil, le
;
cOÛt de l'opération sera élevé
le
:
— demander un report — — transports par eau les
;
sont économiques.
B) avance (de: j'avance), cesse (de: je cesse), presse (de: je presse).
—
quête, frappe ; formation continue Cf.
:
tout ferait une
;
/'élève {du bétail)
;
—
la
—
pose d'un tapis.
La
vieille
tape, relève, casse, épate, déport, revient, sont d'hier.
liste
d'environ cinq cents mots
Le
accord, affront, charge,
:
chasse, conte, couche, décor, dégoût, dépouille, détour, dispute, élan, espoir,
pêche, pli, pose, prêt, relais, séjour, souci, soutien. Ce sont les plus
offre,
beaux noms de
Leur avantage principal
est
de suffixe, de sorte qu'ils sont légers et courts.
En
la langue.
de ne pas employer outre
ne riment
ils
pas entre eux, mais présentent Jes formes infiniment variables des divers
radicaux des verbes.
Il
extrêmement regrettable que conserve cède
est
à
Loin de déprécier les « post-verbaux » ou de laisser croire qu'ils ont quelque chose de vulgaire, il y a lieu de les accueillir et de les recommander.
conservation, loue à location, ou consulte à consultation.
II.
Formation
ade
:
p.vr .vddition
de Carrier
— Les principaux — des galopades —
de suffixes.
bousculade, bravade, promenade
;
suffixes sont: les
;
noyades
;
— — /'arrachage des pommes de aison ison comparaison, livraison, guérison — trahison de Morcau — combinaison du chlore de donne un chlorure d'or — une compaâge
chauffage, cuivrage, lotissage, marchandage, sauvetage
:
quage
rf^'.s
terre
cuivres
;
—
le
vernissage des tableaux
/'asti-
;
;
:
la
;
:
;
l'or
et
/(/
;
raison des deux textes serait instructive (1) tion, sion, ition, ation (c'est ce dernier surtout qui est d'un usage ;
tidien)
:
comparution, association, démoralisation, mobilisation:
ration du capital
et
du
travail
;
—
la
majoration des prix
;
— la
—
la
<
uo-
coopé-
stabilisation
des changes. faction, ification sont
duits
(1) (2)
:
—
devenus de vrais
la vérification des écritures
sulïixes
—
;
:
la raréfaction des pro-
la vitrification
du
silicate (2).
Ces
siilfixes sont A peu près abandonnés, ils ont été remplacés par les suivants. La plupart des mois en ificalion sont cspendant tirés d'un verbe, ainsi éleclrificalUm de :
(Ivcivifier.
Les mois en isalion proviennent do cimlisrr.
même
pour
1;»
plupart des verbes en iscr
:
rii'ilisation
de
NOMMEE
L'ACTION ance je
(cf.
:
ence)
:
veux échapper à toute dépendance
tance aux malheureux
ment, ement
:
;
—
;
:
—
l'alcool travaille à
;
erie
:
flatterie,
singerie, pruderie
mauvaise influence sur un lire,
ature, eture
ture du
marché;
s'impose
(1).
vengeance d'un crime
la
braiment, abaissement, perfectionnement
de la rivière est une nécessité
race
207
/'abondance du poisson a amené une baisse de prix
:
—
artiste
—
:
la
:
;
—
paix:
une semaine la
—
— /'endiguement
flatterie des journcdistes a
la peinture de la porte a exigé
:
/'assis-
/'abrutissement de la
;
la signature de la
—
;
—
une
la clô-
fermeture des débits
—
Noms qui renferment des idées particulières. Outre les noms généraux d'action, la langue forme des noms qui renferment des indications particulières.
A) Entrée dans l'action
:
dérivés en escence
:
turgescence, efflorescence,
intumescence.
B) Cessation
Non
C)
:
Composés de de, des décompression, détaxe. Composés de non, in non-paiement, non-renvoi :
réalisation
:
:
;
imprévoycmce, inconsistance.
D) Recommencement: Composés de
re
E) Lieu, temps, mesure, opposition, sous-évaluation
Nous aurons Il
;
:
réouverture, réemprisonnement (2).
etc.
:
encellulemcnt, surproduction,
contre-mine.
à reparler de ces
noms dans
divers chapitres.
ne faut pas oublier non plus que la langue savante possède un certain
nombre d'éléments passés plus ou moins complètement à l'état de qui donnent aux mots où ils entrent le sens d'actes spéciaux Mariolâtrie. Hugolâtrie ; latrie (acte de rendre un culte)
suffixes,
:
:
phagie (acte de manger) scopie (acte de regarder)
:
:
antfiropopfiagie, hippophagie
endoscopie
(cf.
;
introspection), radioscopie
;
tomie (acte de couper) gastrotomie (opération où l'on ouvre l'estomac) suicide, fratricide. cide (acte de tuer) :
;
:
Remplacement des noms d'action. — A) La périphrase nomile fait de. Là où le nom manque, une périphrase très usuelle le
—
nale
remplace, c'est
le fait
de
:
le fait Û.'être bouffi, d'être dévot. C'est
passe-partout qu'on substitue aux
noms
une sorte de
d'action ou d'état absents, ou qu
entre en concurrence avec ceux qui existent, pour exprimer les nuances
de
la
pensée. Le fait d'être ivre une fois ne constitue pas l'ivrognerie.
Noms
nous avons signalé les « noms de manière d'être ». Jl ne laut pas oublier (1) Dans les qu'ils signifient aussi « le passage » à cette manière d'être ; pourrilure marque l'état de ce qui est pourr', mais aussi la marche vers cette corruption : VhtiniidiM fcworise la pouiriture des fruits.
(2>
Celle formation est 1res répandue dans la langue populaire
:
une recassure.
LES FAITS
208
—
Les classiques ont souvent, à Timiparticipe joint a un nom. tation du latin, remplacé le nom abstrait suivi de son complément, par un la destruction de participe rapporté à ce complément. Au lieu de dire l'impie Achab, Joad parle de l'impie Achab détruit (rac, Ath., 114). Il y a
B)
Un
:
de nombreux exemples analogues Mais tu récitais des faits moins glorieux ; Sa foi partout offerte et reçue en cent lieux ; Hélène à ses parents dans Sparte dérobée, Salaminc témoin des pleurs de Péribée. Ariane aux rochers contant :
Phèdre enfin enlevée sous de meilleurs auspices (rac, Phèd., célébra Rocroi délivré, les menaces d'un redoutable ennemi tournées à sa honte, la régence affermie, la France en repos, et un règne qui devait être si beau, commencé par un si heureux présage (boss.. Condé) L'échafaud relevé fut une violence faite au roi (\. h.. Mis., iv«^, part. 3. En me fermant l'Éden. tu m'as ouvert l'espace. Et tes L'idylle) L'Ombre de l'h.. bienfaits repris me délivrent du frein (dornier. ses injustices.
83)
;
—
Là on
;
—
—
;
L'Ombre). Cette syntaxe peut avoir, dans plusieurs des exejnples post bellum
Punicum
l'imitation.
On
en
français
plus vulgaire l'emploie
latin (Cf.
:
le
dit déjà
une
porte pour
perfectum).
Néanmoins
ainz soleil /eue (avant
a. f.,
:
On
assiette cassée.
Tu ne
le
cités,
un caractère
elle n'est
pas née de
lever du soleil). Et
le
vas pas mettre cette bonne à la
a affiché dans Paris
couverts lavés à la saponite évitent la contagion.
— —
Cf.
:
récemment
Ils la btdtaient
:
Les pour
ils disaient la profanation une goutte d'eau versée (zola, Cont. Nin.. 37) suprême de 1709. les bâtiments rasés, les tombeaux violés, les morts dévorés par les chiens (m. tin.. Mai. Péch., 111). ;
Rôle des
noms
d'action.
usage des noms d'action. Ces réservée en latin à
un verbe
:
—
Le français a toujours
noms
souvent
tiennent
j'attends le départ
fait
un fréquent
place qu'on eùl
la
du courrier;
il
faudra
vérifier
l'exécution des travaux. C'est là une caraclérisli{[ue du génie de notre langue, sur laquelle on ne saurait trop insister. Elle explique la création en très considérable des
noms
d'action et
nombre
développement des moyens pour
le
en créer.
De nos
jours, ces substantifs sont plus
employés
cfuc
jnmais
:
Quelques
semaines furent consacrées à /'installation du jeune ménage dans un hôtel ; 'Vous croyez possible l'aménagement d'un port sur celte mer.
—
La langue
littéraire
en
fait
Dans
les hêtres, les érables.
de fouies parts avec rigidité
DE
LISLE, Pc.
tr.,
145)
;
dames
perron
(p.
Ce n'est les
noms
et
Les cèdres
et les
—
pins,
IJ.
se dressait
Pasc, 21)
;
de leurs troncs vénérables (lec.
dans un allongement passionné
— Après l'ajustement du chapeau
l'enfilement des pardessus des messieurs, on descendit au
marc. Sur là
:
leur antique orgueil des siècles respecté. Haussent
La noble ascension
— Elle
de ses courtes jambes (zola. de ces
un usage bien plus hardi
joli
le
Ret., 80).
que l'extension d'un tour
abstraits
:
le
classicpie.
Bossuet multipliait déjà
dépérissement de son cœur, ses immolations pré-
(
t
SOMMÉE
L'ACTIOX COCes. flf. (1). Toutefois
faut noter à j^art
il
le
209
tour formé par
le
verbe avoir
Elle eut un rêve, un mouvement, un soubresaut, pour un nom Elle remua, sursauta. Les écrivains de la deuxième moitié du XIX*^ s.. Maubert. Les Concourt, Zola, ont afïectionné cette façon d'écrire Droite
et
:
:
rèoa,
:
au milieu de
Ce
un étirement
eut
elle
de tout son corps (zola,
Um' p
explique la faveur spéciale dont jouissent de nos jours d'action, c'est le besoin qu'éprouvent les écrivains de marquer
d'ani.. 341).
ces
la pièce,
noms
dans leur style
cjui
mouvements,
les
choses. Soit la phrase
:
dans
miroitements de
dères, des
le
les attitudes, les
aspects des êtres et des
parc, des hérissements de kiosques, de belvé-
serres,
bassins
de
(a.
recherchée que puisse paraître une expression
daud., Rois, 163). Si que des hérissements
telle
nin l'existence de kiosques, chose indifférente, mais avant tout la forme ou la couleur que ces édifices, en se dressant, donnent au paysage. On «-omijrend dès lors pourcpioi le tour devait se développer particulièrement au X1X>' s., (hms une litté
de kiosques, elle s'explique par le désir de noter,
rature éprise de pittoresque, et perpétuellement à
la
recherche d'impres-
sions (2).
Les adjectifs d'action,
comme
—
Les adjectifs
(|ui
éveillent une idée d'action
empruntés ou
créés. Ceux qu'on a empruntés n'ont pas toujours donné naissance à des analogues, ainsi moribond, vagabond; mais d'autres ont fourni de \rais suffixes, désormais natu-
sont,
ralisés
iiéréditaires,
:
atoire if
les autres,
une mesure conservatoire
:
curatij
:
Quand
;
—
:
— uiw
—
pouvoir exécutif.
le
y a entrée dans l'état, on se sert
il
loi attentatoire à la liberté
un capital productif île
escent
:
:
d'intérêts (3).
turgescent
:
un peuple
dégénéresceni.
AtmoTs fère
SPÉCIALES.
— Certains adjectifs exf)rimenl des actions spéciales:
somnifère, soporifère
:
fîque
calorifique
:
—
régions viticoles
eole
:
séricicole
cide
:
instincts liberticides
fuge
;
les
:
:
ovipare, vivipare
phile
:
œnophile:
—
colombophiles:
— des opinions francophiles
aux noms
foule d'adjectifs sont identiques :
;
:
;
les sociétés
adjectifs en leur, ateur
:
intentions fratricides
vermifuge, ignifuge, centrifuge
:
pare
Une
:
;
:
voisins, tels la série des
machine motrice, groupe électromoteur,
loi
éman-
cipatrice.
(1) iiise.
AlbaLvT, FoniKilion du sliile, 2itl-2. el Bally, Sliilislique dans le tome xiii des Roman. lahrb. de N'oIimœ.kT. i, 201.
("-f.
|2) Cf.
Ch.
De
la
Caracléiisalion,
liv.
XIII, et
(3) Pour ahie (niloiiuble) et ihlc iinconteviible sect. III, eh. II.
),
Aliss \
rjénéralc et stulisliqiie Iran
Burns, La long, de Daudet, 262.
nir plus
loin chap.
du
Passif, p. .367,
1.
IX,
CHAPITRE
II
L'ACTION PRÉSENTÉE, L'ACTION ÉNONCÉE ET LE VERBE
—
Action présentée. Au lieu de nommer l'action, on peut avoir à comme on présente un être ou une chose. Les présentatifs sont
la présenter, les
mêmes
voici, voilà.
:
L'action peut être 1» clans un infinitif
m'expédies
;
Et voilà couronner
20 dans
un participe
30 dans
une proposition
Te voilà revenue
:
coup
C'est le
:
scélérat
par où
toutes tes perfidies (mol., Tart., 7)
tu
;
!
El voici qu'apparaît, toute blanche d'écume. La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé (hékédia. Troph.. Ravissement d'Andromède).
Au
:
lieu de cette proposition,
voici votre
mère qui
arrive
votre rival (mol., Escarb., ô)
Action énoncée.
on trouve un
— Voilà
!
;
nom
Madame
suivi d'une relative
:
qui parle pour vous contre
(1).
— Malgré
venons de forme par excellence. On l'a remarqué, etcela est véritable, il énonce l'action en temps et en mode. En effet, le temps est marqué en général par le verbe, et aussi le mode L'enfant pleure ; il a pleuré ; il ne pleurerait plus, si on lui laissait prendre l'existence des tours dont nous
parler pour exprimer l'action, le verbe
demeure
la
:
son jouet
prends-le,
;
mon
petit.
Toutefois,
dessus des définitions, et de dire que seul, l'action en 21, à
<S
temps
30
/).
;
et en
faut se garder de fonder
il
le
verbe a
mode. Voici un programme
arrivée à Avallon sur les 2 heures
qu'au lendemain,
visite de la vallée
Pierre qui vire. Si nous
sommes au
;
:
Départ de Paris
séjour dans cette
du Trinquelin
;
là-
privilège d'exprimer
le
le
le
ville jus-
23, excursion à la
15, tout ce qui est dit là est incontesta-
blement annoncé comme futur. Mais rien dans la forme des noms d'action employés ne marque ce futur (2). De même en avant ! commande aussi bien cjue marchons ! Au pas, à genoux, debout, sont aussi des ordres, qui ne sont point dans des verbes. L'expression au lit ! équivaut à allez vous :
:
:
coucher gnée,
;
elle est
impérative sans impératif
:
En
exprime parfaitement une éventualité sans
D'autre part, une phrase aussi simple que
:
cas de danger, tirez la poil'aide
d'un
la terre tourne
mode
éventuel.
autour du
soleil
une action située hors du temps. O.S remarques n'interdisent néanmoins en aucune façon de signaler
l)résentc
le
rôle particulier et les caractères spéciaux des verbes. (1) l'ar suite de la longue confusion de qui et de qu'il, la forme le uoici qui vient a été longlenips eu concurrence avec /eiJoici'gH' (7 uien/. La confusion s'était étendue au féminin: lavoiciqu' elle nient. (2) Cf. // élail ofjïcier de la Légion d'honneur, membre du conseil ijénéral de l'Aude, député, jxiir de Frariee un de ces jours (ii.Ai'ii.. Éduc, L .'M)-
CHAPITRE
III
FORMATION DES VERBES
Les verbes hérités.
—
Un
grand nombre d'actions ou d'états sont le français possède de toute ancien-
énoncés par des verbes héréditaires, que neté
:
boire, vivre, confire, rendre, dormir, vêtir,
manger, aimer, pêcher, étendre,
gagner, guérir, choisir, épargner, etc.
rester,
Les verbes empruntés.
— D'autres ont été
étrangères diverses ou à des dialectes
:
pris depuis à des langues
carguer, chavirer (prov.)
accoster, arborer, briller, escroquer, faciliter (ital.)
gruger (néerl.): blinder, estomper
(esp.)
;
lifier,
puddler, stopper (angl.).
frelater,
Verbes qui meurent
et créés.
—
Aux
;
;
accaparer,
escamoter, habler, toper,
(ail.)
;
blackbouler, disqua-
causes ordinaires qui amènent
des créations de mots, et sur les([uelles nous ne reviendrons pas, s'ajoutent des causes spéciales. Les verbes hérités ont des
«
conjugaisons
»
,
c'est-à-dire
des systèmes de formes variables, souvent difficiles et sans rapports suffisants avec d'autres. L'analogie ne les soutenant plus,
peu à peu à d'autres. Tels résoudre (on férir,
bruire, traire
commence
il
arrive qu'ils cèdent
à dire solutionner)
(abandonné dans beaucoup de pays pour
tirer),
(1),
vêtir
(on dit habiller), clore (on dit clôturer), contondre (on dit contusionner), etc..
—
Voies et moyens de formation, La formation des verbes ne préque nous n'ayons vu en parlant des noms Sur des mots existants on forme des verbes sente rien
:
10 par adjonction d'un suffixe
;
2° par adjonction d'un préfixe
;
employant simultanément les deux procédés ci-dessus. 11 faut seulement remarquer qu'il y a, dans cette façon d'exposer les faits, quelque chose d'un peu sommaire. L'addition d'un suffixe ne donnerait naissance qu'à l'infinitif il faut, pour qu'un verbe existe, qu'il prenne la série des formes temporelles et modales correspondantes à son infinitif, comme ont fait stopper ou chapeauter, autrement dit, qu'il entre dans un 30 en
;
système de conjugaison.
Verbes en
er.
(1) Cciui-ci est loul
—
Dans
le
français actuel, l'addition d'un suffixe tonique
près de solution.
On
réceptionne un avion
;
un boxeur
est
ovationné.
LES^ FAITS
212
n'entraîne plus régulièrement les modifications phonétiques qu'elle entraî-
demeure sous forme d'è ouvert et inême caractère). INiais il voyelles restent telles quelles^ Dans
De frein, on tirc/reiner, où
nait autrefois,
long
ei
refréner qui est ancien, où Vé n'a pas le
(cf.
ne faudrait pas croire pour cela que les on a un e nasal. Dans freiner, toute trace de nasalisation a disparu. Les verbes actuellement formés reçoivent à peu près tous à rinfinilif suffixe er et entrent dans la conjugaison dn chanter (1 ).
frein,
Les
verbes formés sont
i)rimitifs des
noms
a) des
h) des adjectifs
Toutes
:
barrer, bitumer, chambrer, meubler, poudrer
:
;
activer, griser, fausser.
:
observations que nous avons faites sur
les
le
s'appliquent aux suffixes de verbes.
de
Ainsi,
de
les suffixes
même
qu'on
noms
tire bijoutier
de bii'ou, dans les temps modernes, on a souvent intercalé un t entre le nom abriter, agioter, hleuter. caillouter, filouter, en voyelle et le suffixe verbal :
biseauter, tuyauter.
COMPOSÉS.
S'DFFiXF.s
— Lc suffixc
comme
btiiéavec d'autres,
on
er avait été, dès
le voit
dans
les
verbes
ré])oque latine, com:
chevaucher (caballi-
charger (carricare) ou trembler (tremulare). Ce ne sont point là des
care),
suffixes français.
Il
n'y a pas à en parler. Trembler doit être considéré
comme
un verbe héréditaire. Il
n'en est pas de
que
française teler,
même
se sont
des suffixes ouiller.
C'est à l'époque
eler. oijer.
formés chatouiller, gazouiller,
denteler, craqueler, sau-
charroyer, côtoyer, flamboyer.
D'autres suffixes composés sont encore sentis comnu' tels, aux verbes des nuances diverses, que nous verrons jilus loin
et
api)ortcnt
:
eter
b'ecqueter, voleter
:
Oter
tapoter, vivoter
:
onner
:
chantonner, mâchonner écrivasser, rêvasser
atsser
:
aifler
:
iller
:
>' ;
écrivailler. tournailler
:
grappiller, fendiller, mordiller
:
OCher
:
un
grec,
noms ou
;
effilocher.
La langue savante du
:
;
a
en outre emj)runté au latin,
suffixe iser, lequel,
des adjectifs de
nombreux verbes
vnl'garifter. dran\atiser. égaliser,
le
(,-ui
devenu courant aujourd'iuii, :
brutediser.
tenait a
lui-même
formé sur des
idéaliser,
utiliser,
macadamiser, monopoliser, mécaniser,
révol-
vériser. fier fi'^r,
est
devenu
codifier,
Verbes en (1)
Le
sulFixc
lui aussi
un
\érita!)le suffixe
ici-
ir.
{=
— lier)
Pendant !()ngtemi)s élail lomiiiun en a.
f.,
la
huigue
a fait
des verbes
d'après cheichier, chei-alchier. où
duit par le jeu régulier des lois plionétiqiies. .'aijourd'hui irr charrier,, iinnli fier cl aulros, dans des forniiitions nouvelles
de
amplifier, bêtifier, boni-
:
momifier, barbifier.
(= :
ter)
tels
il ^-lait pros'iniroduil par analogie
pjrujicv, ronfârencier.
FORMATIOX DES VERBES que
:
par
térisée
la
présence de
Les verbes
noms
b) sur
adjectifs
de5;
lotir
:
formés
:
verdir, mûrir, grossir.
aujourd'hui
elle
!)resque des
phénomènes.
a })en près cessé
Suffixe composé.
composé
suffixe
—
Dans
:
les
cir.
jjar
durcir, obscurcir.
:
composition. --
ad (par assimilation
graphe)
{t\
y
i)
aj.
iic.
à
;
exceptions.
détachée et a donné une sorte de
s'est
l'n nrélixc se place
verbe déjà foruié. Les principaux préfLves sont arranger, assaillir.
violir sont des
ou
verbes éclaircir. noircir, venus du latin,
qu'on retrouve dans
Verbes formés
devenue de plus en plus rare
ir est
forcir, rosir
étymologique. Elle
la finale cir est
:
:
formation des vérités simples en
I,a
:
sens particulier n'y était attaché.
ainsi faits étaient
a) sur des
dans un grand nombre de formes
la syllaiic is
Aucun
blêmissait, blêmissant.
a,
213
grandir, blêmir, donl les formes appartenaient à une autre série, carac-
ag.
démêler,
ap.
abaisser,
affaiblir,
ailleurs, ce qui n'est
qu'ortho-
ar, as.
et
ici
devant un
:
ni)
:
;
contre
ronlrc-balanrer, contresigner, contrevenir
:
:
con (eom. cor. co) contourner, combattre, correspondre, coexister déchoir, décharger, déloger. dé (correspondant à de ou à des de l'a. f :
:
.
(Cf. dis(iu'.difirr)
éclianger, émouvoir, éprouver,
:
em (préposition en) embarbouiller, em (a. en = de là. comme dans
en,
f.
entre
interjeter
méfaire, mépriser, mésestimer
:
projeter, proposer
:
:
super :
:
:
;
soupeser, soussigner. sous-loiwr
superposer
:
+
-f-
en),
:
transparaître, tressauter.
arrive que. dans un
renforcer (re
:
:
:
surajouter. surel}(uiffer, surpayer
trans, (très, tra)
trer (dé
:
racfieter. recourber, refaire, réunir, rafraicliir
:
SOUS, sou
:
:
postposer, postdater
ra
:
:
prédisposer, préétablir
:
re, ré,
Il
enlever, emporter,
:
;
parachever, parfaire
:
post
sur
m'en vais)
s'entredédiirer. entremêler, entre-bâiller
:
:
mé, mes par pro
je
:
;
:
;
inter
pré
émarger
embrouiller
:
enfuir
:
;
é (autrefois es)
en,
)
même
verbe, on réunisse deux préfixes à la fois
réassortir (ré
+
a),
réappareiller (ré
-!-
a)
;
:
déconcen-
con).
Les verbes composés sont extrêmement nombreux. en a donné parfois toute une
série, et
il
Un même
primitif
peut arriver que ce primitif, qui
LES FAITS
214
commun
constitue l'élément
à toute la famille, disparaisse, tandis que les
composés continuent à pousser chacun dans sa direction plus, mais ses composés n'ont rien perdu de leur vitalité
:
ainsi duire n'existe
conduire, déduire,
:
induire, introduire, produire, réduire, séduire, traduire.
Dérivation et composition simultemées. embarquer, en ajoutant
le
—
De
barque,
on forme
préfixe en et le sufFixe er, sans passer par l'in-
termédiaire d'un verbe barquer.
Ces verbes, qui portent
ou en
le
nom
barbare de parasijnthétiques. sont en
er
ir.
Ceux qui sont en
er sont
généralement
tirés
de
noms
:
aborder, attabler,
débarquer, défroquer, dégainer, écorner, époumonner, ébrancher, écheniller, écrémer, expatrier, s'extravaser, endimancher, teiller, infiltrer,
embaumer, embourber, embou-
transborder.
Les verbes en
er
formés d'adjectifs sont plus rares. Citons
•
affoler, allon-
ger, empirer, enivrer, ensanglanter, échauder, écourter.
Les verbes qui sont en
ir
sont au contraire fréquemment
tirés d'adjectits
adoucir, assourdir, défraîchir, dégourdir, embellir, enrichir, élargir.
formation en
ir est
:
Ici la
toujours vivante.
qu'on en forme avec des noms; cependant citons: aboutir, aguerrir, enorgueillir. La langue moderne n'a guère formé que amerrir, à 11
la
est rare
ressemblance de
atterrir.
CHAPITRE IV LE SENS DES VERBES
Un
seul suffixe pour plusieurs sens.
—
verbes sont beaucoup moins noml^reux que les
nous venons de
le voir.
En
outre
ils
fleurs,
ont
le
ne sont pas très différents
même
autres. Ir et er jouent souvient le
Les moyens de former fies moyens de former des noms, les
uns des
Fleurir, c'est pousser des
rôle.
comme bourgeonner, c'est pousser des bourgeons. Les deux suffixes même rôle. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver dans les verbes qu'on trouve dans les noms. ou d'un même préfixe, les verbes présentent avec leur primitif (1) des rapports très diffé-
créés les séries variées et distinctes
même
Mais, faits à l'aide d'un
d'une
même
série
rents. Enfanter, c'est mettre
enlever la
peler, c'est
pour orchestre parler patois
;
;
peau
suffixe,
au monde un enfant ; singer, c'est faire le singe ; mettre une mise ; orchestrer, transcrire ; miser,
patoiser, mêler de patois, patronner, se faire
boissonner. se livrer à la boisson
buissons; hancher, faire saillir
les
brutaliser, se conduire brutalement
:
patron de
:
hanches; germaniser, rendre germain:
mains de
étatiser, mettre entre les
;
le
buissonner. s'arrêter aux
l'État.
Vingt autres exemples montreraient vingt autres rapports. Malgré tout, l'esprit ne s'embarrasse aucunement de cette di\ersité.
—
il le faut i)our Le sens linguistique y pourvoit. Il aperçoit les analogies comprendre il ne les pousse pas au delà du réel. Ramper n'a rien du sens de rampe ; ni lamper de celui de lampe ; tabler ne se rapporte plus à table. ni gourmander à gourmand ; verbaliser s'est détaché de verbal. On ne les rapproche point hors de propos. Si un verbe est partagé entre deux sens, tel rapporter 1° (faire un rapport sur) rapporter une loi : 2° (abroger)
—
:
:
rapporter un décret, nul ne s'y trompe.
Un nouveau verbe duire
du gaz
:
paraît-il ?
ça gaze, qui
Il
est pris
dans son sens
commence, grâce
;
ainsi gazer, pro-
à l'automobile, à signifier
:
ça marche.
Catégories de verbes.
— Ce n'est pas une raison pour
à cette intuition linguistique. Ici
systématiser
(])
A
et
dire vrai,
le
comme
rendre conscient ce qui n'est qu'instinct.
mol de
primitif
»
:
souffle
de
remblaifer, arrêt et arrêter).
souffler,
ou
totalement
Il
n'y a point de
erreur. Dans une foule du nom, ou au contraire le
lui-même ne doit pas induire en
de cas, l'analyse des philologues seule distingue
nom du verbe
se fier
partout, l'étude du langage peut
souffler
de
si le
verbe est
souffle. (Cf.
:
tiré
attache et
attacher
;
remblai et
LES FAITS
216
raison d'étudier les sens des
noms
et
de négliger
les
sens des verbes, qui pré-
cisément se classent avec d'autant plus de difficulté que leurs formes guistiques sont moins distinctes. Semblable étude apparaît plus nécessaire pour cette raison.
Non
lin-
même comme
seulement, quand
elle est un peu mais elle contribue singulièrement à éclaireir la notion du rapport entre un verbe et son objet, dont nous aurons à parler plus loin. Il y a, malgré Lout, soit dans les verbes composés, soit dans les simples, des séries d'analogues, qu'il esl possible et utile de rapprocher. Seulement il y faut quelque précaulion. Se souvenir d'abord que l'équivalent qu'on donne d'un verbe n'est qu'aj)])roxiniattf. et que rarement il est unique courbaturer, c'est donner uni-courbature, on peut traduire aussi rendre courbatu ; chloroformer, c'est donner le chlcroforme, c'est aussi insensibiliser au moyen du chloroforme.
poussée,
elle
précise la
connaissance du vocabulaire
;
:
:
Se souvenir aussi que des classifications de ce genre ne peuvent prétendre à être rigoureuses
ou immuables. Les verbes y entrent
et
en sortent. Les liens
entre eux et leurs primitifs se relâchent. Tracer ne veut plus guère dire
:
nmrquer une trace ; fermer est bien loiîi (ic ferme, et partir de part, etc.. D'autre part, il se fait des rapprochements inattendus. Habiller, influencé par habit, cesse de se rapporter à habile (Cf. rlmbiller une montre) (1). :
Enfin
ne faudrait pas s'imaginer que les verbes ainsi formés sont la totabté (Us verbes. Il y en a d'autres, fort nombreux, sans a ucun rapport ivec
un
il
primitif, qui vivent ef prospèrent
De même
gner.
:
rouler, noyer, tuer, guérir, épar-
des verbes plus récemment formés ou
empruntés,
tels
qu'onduler, sans rapport réel avec onde. Or,
si
on compare
la série cuire, bouillir, rôtir, frire, à griller, (jui signifie
moyen d'un
:
on serait tenté de croire que ce dernier, api)uyé sur son primitif, présente une supériorité sur les autres (malgré cuisson,
cuire (ui
gril,
bouillie, rôtissoire, friture).
En
réalité
il
n'en est rien. Griller n'a ni
sens ni plus de force de résistance que cuire
jiius
de
(2).
Ces réserves faites, voici quelques catégories principales. 1'^
Verbes de production.
ce qu'indique le radical
:
— Ce sont des vprbes qui signilient produire
choquer (donner un choc,
(exécuter un chant). Comi)arez
:
travailler,
le
produire), chanter
marquer, couper, cuisiner,
intri-
guer, manœuvrer, embarrasser, révolutionner, ascensionner, festonner, impres
sionner, masser, mousser, nocer, posticher, pétitionner, progresser, razzier,
ronronner, concurrencer, réglementer. Tous pourraient se traduire à peu près ])ar faire, suivi
du
nom
coupe, la cuisine, etc.
correspondant
:
un
faire
travail,
une marque, une
(3).
qu'une forme île li- verbe qui altiic le nom: tcf/iicr i\ atliré Icf/s. qiù n'es! aujourd'hui mal orlliographi^e. seule infériorité de \ieux verbes comme boitillir, c'esl la diflieullé (ju'on cprom e à les conju^uei'. La complexité de leurs formes les menace de morl, comme il a été dit plus haut. iS) A ces simples, il faut joindre des composés qui semblent n'avoir pas d'autre valeur que de marquer la production de ce qui est signifié par le primitif (ijoiirer (pratiquer des jours) ufuiirer (produire de la pcurt, nnéanlir (réduire au néan! i. Beaucoup de gens confondent les préfixes e et (i : époinicr et appoinlcr (tailler en pointe, qu'il faudrait écrire upoinlcr). (l) l'arfois c'csl
laisser, lois, {2)
La
:
;
DES VERBES
SJ-XS
On peut en de
217
iapi)i()iluT les verl)es qui signifient donnei
à, munir une base),
fournir
,
alimcnlcr. ju-uplcr. conseiller, corser, crcwater, baser (donner
:
(lucumenter, nuimhtler. médailler, soufjleler, giffler, consigner, contagionner,
tremper, corseter, chapeemter. Les contraires sont en dé,
botter, cf. bctleiner,
des, dis
déboiser, déclunisser, déctteheter. discréditer (cf. accréditer).
:
2^ Vr.RBKS iNSTHiAii-.xrAux. produire D'autres ver])es signifient un résultat à l'aide de Tinstrunient. du nioven dont ie poni entre dans la scier, formation du verbe ainsi raboter, enlever du bois avec un rabot :
;
:
le
couper avec une
scie; ce sont des inslrunientaux.
De même
—
bêcher la terre;
— tourner des — pomper de l'eau — limer du — cravacher — cacheter une — barrer un passage — aiguiller un sa monture — Imrponner une baleine — un air — claironner une noutrain — — tanibouriner — photograjyhier une scène — laminer du — métrer de peinture — camionner des marguillotiner un condamné — pivoter sm- place (tourner au moyen elmndises — véhiculer quelqu'un sur des patins) — pister un glace d'un pivot) — patiner sur — suivre à (brûler au malfaiteur — balayer On
pots.
})arquet
le
:
lettre
:
:
velle
:
:
:
:
:
/(/
:
siffler
:
la
;
:
fer
:
;
:
;
:
(glisser
la
;
la piste)
(le
Dans
fer
:
peut comparer fusiller, mitrailler, canonner l'ennemi
la série
des instrumentaux, l'idée dereffej. du résultat, en est venue
souvent à dominer
celle
du moyen,
voilà
et
meubles n'est plus aujourd'hui mettre de enccmstiquer
;
;
vitriol).
vitrioler
;
le
rendre luisants
les cirer, c'est les
rapport détruit. Cirer des opération s'appelle
la cire, cette ;
on
cire aussi les souliers, et
n'ont point vu la
cire, mais le cirage (1). (proprement faire connaître au moyen d'une affiche) voudra dire simplement montrer, (afficher du désintéressement) embrasser (serrer au moyen des bras) veut dire baiser : /jor/ur (limiter au moyen d'une les souliers
De même
afficher
;
:
borne) veut dire restreindre
:
borner son ambition.
—
Verbes de matièhe.
D'autres verbes indi(iuenl (|u'on introduit une matière, en particulier qu'on en recouvre l'oltjel ce sont des verbes de 3'^
:
matière. Tels sont
fuehsiner, argenter, étiuner. bétonner, bitumer, caout-
:
chouter, macackuniser, ripoliner {pRSSQY au ripolin). (V. à la Ccu-actériscdion.)
40 ^'ERBES
DE MANIÈRE.
—
D'autres marquent une manière
(s'avancer à la manière des serpents)
miroiter (briller à la façon d'un miroir)
cochon) la
;
comme
/ofzmer (fouiller
cour dans
le goiît
:
serpenter
escalader (monter i)ar escalade)
;
;
cochonner
les fouines)
;
(salir à la
;
façon du
marivauder (causer et faire bourdonner (résonner
des personnages de Marivaux)
;
comme un bourdon) prodiguer (dépenser à la façon d'un prodigue). 50 Verbes marquant la mise dans un état, ine jianière d'être. croiser Ils sont formés, soit sur un nom marquant la forme, la couleur, etc.
—
;
:
(poser en l'orme de croix) vallonner
:
soit sur
un
que nous venons de
;
biseauter (tailler en biseau)
adjectif
citer,
:
;
cf.
cmémier, masser,
creuser, décupler. Ils sont en er
ou bien en
ir
:
connue ceux
blanchir, bleuir, aigrir (un carac-
tère). (1)
i
Au
conlraire, le
meuMe
ciré so
distingue du mc.iihle
urriii,
puifc
(ju'il esl
passé à
la cire.
LES FAITS
218
D'autres suffixes sont employés cir
obscurcir
:
iser
:
fier
:
:
;
uniformiser, féminiser, laïciser, vaporiser, éterniser
utiliser,
:
bêtifier, gazéifier, liquéfier, codifier.
Suffixes et préfixes sont ajoutés à la fois (v. p. 21
approprier, assurer, accommoder, affamer, assoiffer
ameublir, affranchir, assourdir, anoblir, attendrir
1)
:
;
;
éclairer, éclair cir.
Verbes marquant l'entrée dans un état.
60
Suffixes er, ir cir
durcir
:
iser
:
oyer
;
recommencer un travail; regagner son
:
rapprendre une leçon.
:
Verbes négatifs ou qui indiquent cessation
80 ser,
ces verbes à la Caractérisaiion, liv. xiii).
Verbes de renotjvelleiment
logis
(1)
rougeoyer, verdoyer.
:
(Nous reviendrons sur /o
—
:
:
cicatriser
:
rouiller, verdir, rancir, épaissir
:
méconnaître, mépri-
déshériter, disqualifier, désaffecter, déshabiller, déclasser,
décommander,
démobiliser.
90
Verbes locatifs.
A)
la
Avec- suffixe er
:
Avec
préfixes
sur
surplomber
:
super sous
:
marquent
:
\\vv
camper, siéger, trôner.
; ;
soutirer.
:
H) des
:
transpercer, transposer, trépasser.
mouvements par rapports
sufïixe er et j)rénxe en
guer, enregistrer :
Ils
:
superposer
trans, très
in
—
situation de la chose, de l'acte, par rapport à un lieu.
à
un
lieu,
lo Entrée.
embarquer, embourber, emmagasiner, endi-
:
;
incorporer, infiltrer.
20 Sorlie.
Avec
préfixe ex,
es.
é
:
expatrier, essouffler, es.soriller. ébarber. égrener,
épiler, épointer.
30 Départ, séparation.
A\ec l()o
préfixe en
Avec pré post
:
emporter, enlever.
Verbes temporels. :
j)réfixe anti
prévenir :
:
—
Ils
antidater
marquent
antériorité. ])ostériorité
:
:
;
postdater.
Os
verbes sont très peu nombreux.
(]) On verra plus loin qu'en de\enant pronominaux, les verbes de la catégorie qui précùde entrent dans celle-ci se putréfier. I.e cliangement se fait aussi sans addition de se vieillir. :
:
SENS DES VERBES Verbes de gauagtérisation.
11°
dépréciatii. Suffîxes OUiller
:
onner
Certains verbes ont un caractère
;
:
asser
:
rêvasser, finasser
ailler
:
rimailler, intriguailler, criailler
ocher
;
;
/lanocher (1).
:
Verbes qui marquent une mesure.
12°
contiennent une idée de petitesse diminuée A.
219
:
bredouiller, bafouiller f/riffonncr
:
—
et
Ils
expriment une action réduite,
:
eter
:
voleter, laclieter
oter
:
vivoter, toussoter
iller
:
:
;
s(nitill€r, quadriller.
expriment une action normale.
B.
Ils
y.)
Cette action est complètement accomplie, poussée jusqu'au ])out
:
parfaire, parachever, pourchasser.
Elle n'est pas exécutée jusqu'au bout.
P)
use de entre
:
entr' ouvrir la fenêtre
les lèvres en/re-cZoses
Dans
;
(flaub., Éduc,
Il
n'y a que demi-exécution.
entre-bâiller la porte i,
;
—
On
elle reposait...
134).
cette catégorie, on peut ranger les verbes qui contiennent l'idée
d'excès: surfaire, surcdimenter. surpeu])!er
;
ou d'insuffisance
:
yous-estimer,
sous-évaluer. 1.30
Verbes qui marquent des rapports entre l'acte
qu'ils
énoncent
et d'autres actes.
—
A) Rapprochement. Préfixes con, co B) Opposition - contre contrevenir.
:
vopartager.
:
C) Réciprocité re,
ra
(1)
:
—
inter
:
interposer
:
for
:
entre
:
s'entretenir, s'enlre-gûler
roffrir.
Autrefois on a usé des préfixe
/><'.s,
iites,
besloiintrr, nicsprcndre, /or/aire.
:
CHAPITRE V LOCUTIONS VERBALES
Leur fi'équence. de
«
— Nous avons signalé, plusieurs
lofutions verbales
verbes.
réun
Elles
.
fois déjà, l'existence
augmentent singulièrement
le
nombre des
une locution verbale dans tout groupe de mots qui équivaut à un verbe simple avoir faim, battre
faut reconnaître
11
par
s
«
le
sens et
:
monnaie, prendre froid, tenir compte, porter plainte, tirer vengeance. Quoique nous en ayons perdu qui étaient encore très courantes en langue classique
commen-
acquérir créance, avoir appui, faire harangue, donner
:
nous en reste beaucaup avoir honte, porter fruit, porter plainte, porter préjudice, payer tribut; avoir congé, avoir chaud; donner cours, passage ; faire diligence, litière, honte; prêter appui: prendre garde, cement, faire voijage,
part, froid Il
;
tenir lieu,
il
:
tête.
est fort dilTicile parfois de savoir
Dans
:
comme
l'ordre
si
on a
affaire à
une locution verbale.
Elle a donné l'ordre de nous suivre au pas, on peut consdérer donner l'équix aient de
commander
;
mais celte analyse ne s'im})ose
pas absolument.
—
Signes auxquels on reconnaît une locution verbale. Aujourd'biii. on reconnaît ordinairement qu'un groupe de mots forme une locution ver•
le nom qui y entre n'est pas précédé de l'article. En effet, à du XVI^ s., où l'article est devenu nécessaire, la locution rendre justice est devenue distincte de l'expression ordinaire rendre la justice. On dit ainsi baisser pavillon devant quelqu'un, demander grâce, ce sont des locutions. Si on a affaire à des expressions ordinaires, l'article ou quelque mot écjuivalent reparaît amener son pavillon denwnder la grâce du eondanmé, ne faire aucun doute. Cependant on ne peut se fier à ce critérium. lo L'article existe en effet dans certaines locutions avoir l'air d'être indifférent prendre le temps de réfléchir ; faire la guerre à l'Allemagne. 20 Même là où l'article n'existe pas normalement, comme dans faire cas, avoir confiance, il réajjparaît souvent, dès que l'idée devient négative ne pas faire de cas d'un cwis. De même dans des exclamations combien
bale
quand
partir
:
:
:
:
:
:
—
—
:
:
:
vous avez de confiance en vous 30 Les locutions, à
reprendre l'article:
quand j'ai
eu
il
!
suit,
tendent
le tort de refuser.
Certains
y a une détermination qui
tort
devient
j'ai
eu
—
LOCUTIOXS VERBALES modernes écrivent constamment (ZOLA. Déb.. 565);
— ayant
ainsi
221
n'avait pas l'envie de quitter
//
:
la hâte de se contenter enfin (Id.,
D^ Pasc.,
195);-
besoin de sortir pour respirer (Id., Une p. d'am., 266). Nous disons demander pardon de ses fautes. II serait possible, mais vraitous les jours
ayant
le
ment
subtil, de distinguer cette expression de
:
fautes. (Cf. porter pavillon
ou
:
demander
pardon de
le
ses
pavillon de l'amiral X.)
le
C'est le caractère interne de la locution qui importe,
non
sa forme.
faut
Il
exprimées par les mots qui la constituent soient devenues inséparables et forment un tout unique, qu'en un mot. il y ait composition Le sang des morts crie vengeance ; j'ai mal à la tête. {|ue les idées
:
—
La locution verbale étant un des compléments,
véritable composé, lorsqu'on lui ajoute
rapportent, non au verbe seul, ni au mot qui l'accompagne, mais à l'ensemble L'artiste a bien tiré parti de son sujet : le mot bien qualifie la locution tirer parti : vous ne vous êtes pas suffisamment se
ils
:
rendu compte de mes intentions. C'est toute la locution qui suffisanmient. C'est pour cela qu'on se sert d'adverbes.
Au
contraire
:
Avoir peur
atroce, faire bruit infernal
XVP
On trouve des analogues au
s.
:
elle t'a fait
auquel n'as û puissance de donner ordre
(l. i.abé,
est qualifiée
ne sont
dommage
]ias
du
par
m.
f.
irréparable,
Déb. de Fol., dise, v)
;
et
—
(ceux qui) font iustice particulière aux dépens de la iustice publique (mont.. I. ch. III. t. I, p. 1(), note 3). Il n'est plus loisible, en général, d'ajouter
1.
nom une caractérisation. Néanmoins, même aujourd'hui, une locution verbale n'est pas à ce point figée que l'on ne puisse modifier en quantité l'un de ses termes l'enfant a très faim ; le voyageur a eu bien froid. Les adverbes très. bien, marquent le degré de la faim, du froid. ainsi au
:
On peut
aussi introduire certains
Avoir grand' on peut dire aujourprendre bonne note. s(nH)ir
adjectifs très
usuels.
peine, faire grand'pe/zr sont des locutions anciennes
bon parti de. (Cf. faire bonne figure, grand bruit). est à remarquer que certaines locutions n'existent que sous une forme
d'hui
bon
il
:
a
tir'''
gré. faire
Il
où
nom
le
est qualifié
sion simple coexiste
Il
où
:
:
tenir table ouverte, faire
nom
n'est pas objet
qu'il
du verbe
y a
et (jui
;
court à la discussion ;
Ou
I)ien l'expres-
sont formées très dixersement ;
—
prendre en
pitié,
—
- venir à résipiscence, à bout en main, en haine ce que je vous ai dit : la vérité se fait jour peu à peu
à l'appui de enfant
basse.
lieaucouj) de locutions verbales,
de connivence, de mèche, d'intelligence
santerie,
main
avoir cours, avoir cours forcé.
pour terminer, ajouter
faut,
le
être
;
—
il
;
— mettre à jour
ses
comptes
avait pour principe qu'un jeune
de faire ce qu'on
nomme une
Les compléments divers, les objets.
;
—
folie (B.
:
les attributs sont entrés
cela vient
— couper
— mettre au jour un
homme
const.. Ad., ch.
:
:
en plai-
doit évit'r arec r.oin
2).
en composition
comme
LES FAITS
222
—
Comme Renouvellement des verbes et des locutions verbales. pour les noms, le renouvellement se fait, même sans qu'il y ait usure des mots existants, pour satisfaire au besoin ou aux fantaisies de l'esprit, qui aperçoit de nouveaux aspects des actions, de nouveaux rapports entre elles, ou qui cesse de comprendre les anciens. Un verbe comme s'enivrer entre en concurrence avec vingt autres verbes ou expressions, exactement comme le nom d'eau-de-vie, dont nous avons parlé. 1,'imagination populaire fournit sans cesse. Se sauver, dormir,
sonl dans Ici
le
comme
même
de l'image est immense, on la rencontre partout (proprement lui marcher sur les talons) liquider une un raisonnement : culotter une pipe : dégommer un préfet ;
là. le rôle
talonner l'ennemi
aventure
:
étoffer
manger
cas.
saboter un travail
:
;
:
gober quelqu'un, etc.
CHAPITRE
VI
MODIFICATIONS A L'EXPRESSION DE L'ACTION A) Approximations.-- Malgré l'abondance des verbes et des locutions une approximation, on se sert de comme.
verbales, on n'arrive parfois qu'à
On
dira avec des
comme
C'était là
dans
sonder
noms
la terre (loti. Pitié, 150) cet
En
;
— J'ai comme une hésitation religieuse
De même avec un verbe
abîme.
étendu le bras. B) Restrictions.
—
La langue
:
il
a
comme
hésité.
;7
à
comme
a
de compléments ou de proposi-
se sert
en général, généralement vous ne vous trompez /' Sénat a voté en première vous avez raison en droit, fias en fait
tions.
pas
:
dix années de notre propre vie. que nous venions d'enfouir
:
principe j'accepte
:
;
lecture.
communs
D'autres sont des adverbes
tels
que
prcdiquement.
:
Ils
en thèse générale, ont eu
du mal
res-
comme
treignent l'extension à donner à l'idée. Certaines de ces locutions, à se faire accepter (1).
Plusieurs de ces restrictifs portent sur la quantité. J'y ai aidé, dans la
mesure du possible, autant que je pouvais, dans la limite de mes moyens. Des précautions étaient prises... autant que la situation le permettait (michel.. Je puis même dire, autant que je suis capable d'un senRév., III. 108) timent de ce genre, que je suis amoureux d' Aliette (feuill., Morte, 55) Si tant est que les onze cultivateurs picards à qui cette succession tomba des ;
—
—
;
nues, se regardèrent
comme
spoliés (balz.. Pays., 301).
D'autres locutions restreignent
le
nombre des
idées auxquelles peut se rapporter renonciation Ex. de
En matière
:
fait
êtres, :
des choses, des
en mcdière de
de beaux-arts, je partage vos opinions, mais pas en politique
qui concerne
La
le portail, l'église
S^-Nizier de
Lyon
est
;
en fait
:
— en — en ce
de finances, on ne prend jamais trop de précautions
;
franchement Renaissance.
une interprétation qui enlève à l'afTirmation Thérèse avait moins d'esprit que lui. en ce quelque chose de sa généralité restriction se fait par
:
sens qu'elle était naturellement rêveuse ch.
et l.,
et
paresseuse
causer (g. sand.. Elle
arrive ainsi et très souvent qu'on restreint l'idée en
Il
quel rapport elle est vraie tution
:
d'un État, des bornes
Hachette,
m,
comme vous
331)
dites,
;
Il ci
Wey
marquant sous
y a de même, eu égard à la meilleure constil'étendue qu'il peut avoir (ruisseau. Extr..
— Ainsi, M. Germain, eu égard à
bon voisin avec Mademoiselle
179). (1»
ci
II).
trouvait encore celle-ci pédante (Rem.,
r,
^28)
la localité, a
Rigolette'.^ (e.
donc
été,
sue, Myst.,
i.
LES FAITS
224
Dans s'est
cette catégorie,
développée au XIX'^
succéda, sous
sous
faut signaler l'expression sous
il
le
s.,
un rapport, â Mirabeau (michel.,
rapport des cluirmes
rapport de. Elle
le
malgré l'opposition des grammairiens (g.
Rév..
de nerv., Voy.
m.
en Or.,
i.
:
Lanu-th
— Je xv) — Les ordres
7)
i>eux dire
;
;
sous beaucoup de rapports, que des sectes jyhilosophiques (chat.. Gin., iv^ p., 1. m, eh. 4). D'où l'expression sous ce rapport. Malgré les oppositions, presque tout le monde dit et écrit aujourd'hui
religieux n'ont
été.
:
Au point de vue de la théorie (la:\iennais. Esq. d'une Sans doute ils cwuient raison, au point de vue de l'autosacerdotale (proudh., Rév. soc, 47).
au point de vue de philos., IV, 31) rité
:
—
;
—
1° Dans une foule de cas, le verbe Mise en relief de l'action. en réalité en tête de la phrase. Il en est ainsi lorsqu'il n'a devant lui que je. tu. nous. il. ([ui. nous des personnels ou impersonnels de conjugaison
C)
est
:
le
verrons, ne sont que des formes de flexions
une pareille
— Je passe et les
—
;
je viens
où
dems son temple
faut du courage pour mener
il
Rayons. Dans
(v. h..
Avec des noms-sujets, des inversions
)
:
redoutable infanterie de l'armée d'Espaqne (boss.,
:
à
Sortez, taise z-;'ou.s.
produisent
se
De même
eim. de D>.
le
verbe n'est précédé d'aucun sujei
le
(rac, Ath., 1 du bruit dans l'herbe
culorer l'Éternel
reviens, je dérange les branches. Je fais
morts sont contents
l'impératif,
20
vie
et je
:
Restait
:
cette
Condé). Elles mettent
l'action en vedette. 3'^
Reprises.
—
de la phrase, en
Pour
parti, votre cousin
de reprise: cela UAL., Frou-Frou,
la
faire ressortir,
on met aussi
le
verbe en tête
faisant précéder d'un personnel, repris ensuite
le
— ça
!
t
'étonne ce que
me remue m, (5).
je te dis là ? Ailleurs,
loucement
si
le
cœur de
te
il
Il
:
est
n'y a pas
voir rire (aieii.u. et
nous le verrons, par un tour tout à fait analogue ([ue l'on donne Il est arrivé un train à 11 /;. au lieu de la forme impersonnelle train est arrivé à 11 heures. L'elîet est visible. I/idée verbale est mise
C'est,
au verbe
Un
:
en tête, (junparez
dans
cette
attaque
:
Il
—
!
:
en reste encore deux il
:
en résultera deux
—
il
en est tombé des honunes.
faits
i)riiuip(Uix.
C'est là uiu"
forme essentielle de notre langage. 40
On
ajoute des compléments, qui isolent
ri, j'ai ri, je
vous pouvez 50
On
l'avoue être
on
-
quant à
sûr qu'elle
souligne
mais c'est que
;
je
le
\erbe
souffrir,
relè\eut
et
pour ce qui
l'itlée
:
Pour avoir
est de souffrir, elle souffre,
.souffre.
|)ar c'est (pie
ne peux pas
:
—
:
On
nu- dit de faire des avances, oui,
C'est que .U. A. n'a pas pris cela
comme
le f)ensait.
D) Répétition du verbe. chaque fois ((ue le sujet change rois avec vivacité
Le verbe //
:
XII.
(voi.t., Charl.
langue moderne surtout, quand, l)roposition à l'autre, la
1.
comme
tendance
n'est pas nécessairement repris,
faisait la çiuerre avec adresse, et les
est
I).
deux
Pourtant, de plus en plus, en
ici, le
nombre du
de répéter
le
verbe.
sujet varie d'une
CHAPITRE
VII
REPRÉSENTATION DE L'ACTION Le verbe substitut
—
faire.
Dès
les origines
de
la
langue, on trouve,
verbe convenable remplacé par un verbe de remplacement à tous usages, tfui est le verbe de sens général faire : Plus Miclz aimet // traïsim... Qu'il ne fesist trestut l'or de Galice (Roi., 1636)
surtout dans des comparaisons,
le
—
;
en valt l'ors que ne funt cinc cenz livres (Ib., 516).
Au XVI^
Tusage de
s..
faire était encore très
craignent gens lant qu'ils font
Au XV Ile s., le verbe faire comme substitut d'un verbe (corn.. Hor., 601)
frère
(Id., Gai.
du Pal., 30)
;
;
les
objectif
:
je te traiterois
On
le
ces reistrcs ne
comme
le
qu'ils ont de vivacité et d'esprit leur nuit i,
de jour (corn.. Ment., 1688, var.)
:
;
// t'en
davcm-
etc.
— Le comte d'Harcourt ne
jouant
construction est parfois extrêmemenl libre le
(MALH.,
II.
sang
;
si
quelques-uns
314, Ép. de Sén.
;
le
:
Ce
n'est point le
le
me
fait
se servit
pas
conte de nuit, comn}i'
il
mieu.x de cet avantage qu'il avoit fait de ceux... (i.a rochef., n. 339).
épandre
mon
226).
trouve aussi avec un personnel, un démonstratif,
d'un complément quelconque
trouve
j'ai fait
autant son esprit que tu fais son visage
iagc que ne fait à quelques autres leur sottise (la br.,
rôle
:
extrêmement fréquent. On
est aussi
— J'aime
— Ce
étendu
Turcz (brantôme, Gr. Cap., v, 120).
sang qui
La fait
font, cela n'arrive pas bien souvent
font représente épandre).
Nos auteurs font souvent suivre faire d'un de .-[Il ia\it]suivre l'exemple nousontdonnéenétuàiantprofondémentnos poètes primitifs, Cette nouvelle comme ils ont fait des leurs (c. de nerv.. Boh. Gai., 18)
qa'ilsles étrangers
;
faveur...
l'
emplit d'une
telle
joie qu'il baisa l'enveloppe
—
comme
il
eût fait
d'amour (maupass., Bel A/îî., 146). en y Faire a conservé son emploi, mais il est d'un usage plus restreint allant tous les jours, comme tu fais. A mesure que Tesprit de précision a façonné la langue, on l'a interdit dans les phrases passives, ainsi que nous le verrons, et, de façon plus générale, on a enseigné à l'éviter. d'une
lettre
:
Les représextaxts verbe
:
Sortez, je le veux
Navarre
me
Blas, X, v)
le, ;
en, y.
—
je
—
Ces neutres servent à représenter un
jugeai par ses corrections qu'il aimait,
l'avait dit, les expressions recherchées ;
—
Il se
corrigera?
En
êtcs-vous sûr
Représentants de toute la proposition le
—
et
l'obscurité
comme
(lesage.
Gil-
'?
Il
y a des cas où représenter quand on dit Elle
verbe, c'est en réalité représenter toute l'idée. Ainsi
:
FAITS
1-Ii^
226
en as entendu parler. Mais il se produit ici ce que nous se meurt, avons constaté avec les représentants de noms. La représentation n'est nullement limitée à un mot. Elle porte à la fois non seulement sur le verbe tu le sais, lu
son sujet, mais sur
et
de
ne faut point juger
Il
verbe
le
— J'en aurai
les
lui dit
;
ch.
:
;
><
ignorant
je suis fort
ils se
pâle
De même avec y
cmra son four
;
Elle tâche à
.•
//
il
est
bon (la font.,
vaincre
se
et agité,
y faut plus de temps
Représkntants conjonctifs
»
mais
(l.\
son cœur y succombe
et
font., Fabl., xi,
—
qui, ce qui.
en
quelle
est
(1).
sous la tombe (cokn., Théod., 303)
fait la jette
moque
m'en trouve bien
et je
xxxviii)
la cause impérissable ? (vign., Stello, ch.
l'effort qu'elle
c, 7) se
tiennent tous la main, en foulant les arts
je le sens, dit Stello,
les
donc
(o.
la force et le courage. C'est usuel.
gens sur l'apparence, Le conseil en
— L'hôte xvii) — (volt., Candide, pieds. — Oui. sous Fabl., XI, 7)
compléments. Stapfer
et ses
Épousez une autre femme.
:
On
:
:
Et
— L'injuste
5).
se
sert
des représentants conjonctifs. Toutefois les classiques disaient
également
couramment
:
quand Henri IV commença à régner, qui fut en 1589, et l'Académie trouvait encore ce tour plus élégant que celui qui consistait à faire précéder qui de Vous êtes sans doute ce ( Décisions 6). Les exemples sont innombrables devenu impali<'nt. qui est une qualité inséparable des poètes (rac, vi, 393, Le duc d' Anjou avait eu le dessein de se faire roi... à quoi les Turcs Lrt.) :
—
;
ne voulurent point entendre (Id., v, 135, Fragm.)
me porte
de boire à longs traits, dont je
Cet usage a disparu peu à peu au ce dont, chose
qui
:
qui a surpris tout
Il
le
XYIII^
I.
On
s.
—
me
suis
contentée
aujourd'hui
dit
ce qui.
les
Cela peut aussi représenter l'idée
// s'agenouilla, et
:
femme
cette
Cela descendit dans
fort.
je
monde.
contenue dans une phrase contemplation de
—
a accepté une réduction de la commande, ce qui, chose
Keprésentants démonstratifs. L(i
;
à merveilles (sÉv., Lett., 658).
cela devant foule l'armée
;
—
parfum trop profondeurs de son tempérament (flaub., Éduc, l'énervait comnie l'usage d'un
119).
Représentants distributifs.^ neutre
:
Promettre
est
un,
accompagné ou non de fait égosiller.
-
Deux (jue le
l'article,
i.
qu'il donnoit l'un à la
et les autres
2)
—
tenir est
Et vous m'avez
l'autre (mol., Mcd. im., et dit
et
;
était
souvent autrefois nominal (Cf. c'est tout un). Cet un,
pouvait représenter une action fait,
—
Nature
vous, casser la
// pleura... et
la
même
qu'il n'en eût pas.
tête
:
(1)
raison
On
:
c'étoit
i')
316).
une nécessité
Lequel des deux qui pût arriver,
l'inlinilif Fiois, qui les exemples où le verbe est D'une muViliide étrangère. Ce n'est jamais par là que. Fon en
peut rapprocher
les esprits
Tu m'as
Loy (d'abl., Apopht., valeur
['astrologie triomphait (fén.. Dial. des Morts, lxxii). Cela est sorti
l-ONT., Filial., X, 11).
:
l'un vaut bien
en condamnant des coupables
l'autre à la
numéraux ont eu
Roi eût des enfans ou
Vu
un autre.
:
de l'usage.
cioi/cz
nient à
gagner par lyoïit !
(la
—
LIVRE
VIII
LE SUJET. LA PERSONNE SECTION
I
:
LA PHRASE PERSONNELLE.
CHAPITRE PREMIER LA NOTION DE SUJET
Les voix.
— L'être,
la chose,
dont ou
dit l'action,
nom
tence, l'état, la manière d'être, porte le
de
dont on expose l'exisMais il faut pour cela on dit, à la voix active.
sujet.
que la proposition, le verbe, soient ac///.ç, ou, comme Par exemple le sucre fond dans Veau chaude ; il est soluble aussi dans l'eau froide. Ce sont des phrases actives, où le sucre et zVsont sujets; au contraire, dans te sucre est dissous par l'eau, nous sommes à la voix passive, le sucre n'est plus l'auteur de l'action, c'est l'eau qui dissout, le sucre demeure pourtant le sujet de la phrase. Sujet est un mot grammatical, qu'on ne peut pas employer d'une façon générale pour auteur de l'action. On s'étonnera peut-être de me voir conserver cette catégorie purement grammaticale. A quoi je répondrai que mon but n'est nullement d'abolir l'ancienne méthode, mais d'en créer une. Pour qu'elle soit exacte, il faut qu'elle se soumette rigoureusement aux faits, aux faits grammaticaux comme aux autres. Or le sujet n'est pas une création de l'analyse, c'est une réalité de la parole, réalité vivante que l'analogie a même étendue de proche en proche à des formes qui n'en avaient pas besoin pour l'expression de l'idée. Essayer de la remplacer ou de la supprimer serait vain et trompeur. Mais on verra combien, tout en conservant la notion de sujet, il 3^ a lieu de :
:
transformer l'exposé qu'il faut en
Nombre et personne dans le lier
ou du nombre pluriel
un régiment a
été
:
faire.
sujet.
l'arripéc
— Les sujets sont du nombre singu-
d'un régiment,
décimé, deux régiments ont
de la 2e ou de la 3^ personne
La notion de personne.
:
Je viens
— C'est
;
été
l'arrivée des régiments;
décimés.
— ton départ —
ici le lieu
:
Ils il
sont de la 1'^
s'en va.
de revenir en y insistant,
sur-
LE SUJET. LA PERSONNE
228 celle
notion
de personne, que nous avons
déjà
rencontrée
dans
les
Généralités.
La langue
française conserve dans certains
les trois
personnes
et aussi
dans
;
cela est très net
les adjectifs et
dans
les
mots la faculté de marquer nominaux dits personnels (1),
représentants possessifs. Toutefois la langue
a perdu ailleurs cette possibilité de
marquer
la
personne, ainsi dans
les
démonstratifs. Cette maison-ci n'exprime nullement que la maison désignée ait, comme en latin, à voir quoi que ce soit avec moi, avec toi, ou avec lui. Le nom a également perdu la possibilité d'indiquer par sa seule forme qu'il est le nom de la personne à qui l'on s'adresse. Le français n'a plus de « as (
vocatif
Dans
>'
(2).
au contraire, la notion de personne est très vivante maintenue intégralement jusqu'à nos jours, comme dans les per-
les verbes,
elle s'est
;
sonnels. (1 ) Voir p. 63, Nominaux. (2) I.es traces laissées par cette forme casuelle sont extrêmement rares. Citons deux puissances auxquelles on adresse des prières Dame (dtmne) et sire (seior :
les
noms des
< senior).
CHAPITRE
II
UN NOM
L'ACTIOX EST DANS
DES NOMS
A. SUJETS
Les
noms
d'action peuvent n'être pas accompagnés d'un terme désignant
fauteur, ou au contraire en avoir un.
Quand on
parle du progrès, l'idée de
ce qui progresse n'est pas spécifiée. Sont-cc les sciences, les arts, l'iunna-
nilé
?
Complément
—
subjectif.
Si
on complète en ajoutant aux mots
le
progrés un complément, par exemple, des sciences, on désigne ce qui pro-
Ce complément pourrait être appelé l'arrivée d'un train; la mort de
gresse.
de Bazaine
;
r Alsace-Lorraine
Cf. la capitulation
subjectif.
mon beau-frère
à la France; l'accession de tous
coup plus imminent,
(Cf. /ecf an f/tTd'ElIénore devint tout à
;
le
retour de
aux fonctions publiques, b.
const.. Ad., X).
—
Le complément un adjectif Le succès ministériel, l'arrivée présidentielle, (=du ministère, du président); cf. la situation budgétaire. Cette substitution d'un adjectif au complément précédé de de a donné lieu a des critiques. Elles paraissent impuissantes à empêcher l'extension
Le complément subjectif est dans un adjectif.
subjectif peut être remplacé par
du tour. Parmi
les adjectifs ainsi
personnes. Le
mot de
«
:
se trouvent les possessifs des diverses ne convient point du reste, il n'y a ici
employés,
possessif
»
aucune idée de possession. Les possessifs sont des adjectifs personnels qui introduisent dans ces compléments l'idée de personne
mon
arrivée
;
B.
Quand
i'actio.i
infinitif et
nom,
nom,
n'est
il
sentent
:
J'ij
penserai dès
j'attends son retour,
est
SUJETS DES INFINITIFS
exprimée dans un
le sujet
infinitif,
malgré l'analogie enire il serait avec un
ne doit pas être recherché là où
pas dans un
nom
en dépendance. Plusieurs cas se pré-
:
—
1° L'infinitif n'a point de sujet propre. Le sujet de l'infinitif est un terme contenu dans la phrase. a) C'est le sujet du verbe principal Je voudrais être mauvais prophète; :
—
LE SUJET. LA PERSOXXE
230
mon
—
—
le témoin a juré de dire la vérité ; à taire peur (1). On nous défend ^) C'est l'objet premier ou secondaire du verbe principal au XVI l*^ s., je lui ai donné deux heures pour me répondre ; de sortir on condamnait une tragédie pour avoir manqué aux règles des trois unités.
Je rentre pour prévenir puisses-tu réussir
—
!
père
:
elle est laide
:
—
;
—
2° L'infinitif alors
un
—
a un sujet propre.
cédé de on
:
a)
Le
même
sujet général, et l'infinitif a le
sujet n'est
pas exprimé. C'est un verbe pré-
sens qu'aurait
faut toujours se méfier des sots équivaut à
il
:
il
faut toujours
qu'on, se méfie des sots.
Ce cas est extrêmement commun, quel que soit le rôle joué par l'infinidans la phrase souffler n'est pas jouer (quand on souffle, ce n'est pas se présenter ne veut pas dire être élu ; comme si on jouait) à dire vrai, voilà un conseil à suivre cette poire est ce tableau ne vaut pas cher ; tif
:
;
—
—
bonne à manger. Nous verrons construits derrière des adjectifs
à
—
;
]^lus c!
loin
des
—
toutes sortes d'infinitifs ainsi
noms
et
dé])ourvus de sujet
triste
:
pleurer, eau à boire.
Quand le verbe
est réfléclii
ou réciproque,
si
l'idée est générale, le
pronom
est le réfléchi de la 3« personne. J'ai été pris d'une tristesse à se faire sauter
(a cervelle.
Un
ment
être
à
un
il arrive -culier. Si,
personnel apparaît quand l'idée :
à
me
est
appliquée particulière-
faire sauter la cervelle.
souvent qu'on rapporte ainsi une idée générale à un cas parti-
par exemple, on s'écrie en apprenant
tant travaillé
en être réduit là
et
d'une idée générale.
Il
! il
est
la
misère d'un ami
:
Avoir
certain qu'on lui fait application
n'y a pas de sujet exprimé, mais
il
y en
a
un par
allu-
sion.
Quand
l'infinitif
peut être général,
Au
précédé de de est complément d'objet d'un nom, ainsi
:
le
sens
désir de paraître pousse à toutes sortes de sottises.
le
une personne en particulier, l'idée à cette personne son désir rfe paraître lui n fait faire des dépenses excessives. De sorte que pour attnl>uer l'action exprimée par l'infinitif à un sujet différent de la personne qui éprouve le désir, on a recours à une périphrase faite avec le verbe voir : contraire,
exprimée par
si le
désir est attribué à
l'infinitif se
désir de voir réussir son
le
rapporte également
fils.
Cf. la crainte de la voir se
:
compromettre. On
arrive ainsi à ré([uivalent de véritables propositions comj)léments d'objet ])eut d'ailleurs employer le désir que son fils réussît, la crainte qu'elle compromît. Des observations analogues trouvent ]Dlacc quand l'infinitif dépend d'un adjectif une femme désireuse de plaire est une femme qui désire plaire en personne. Pour attribuer l'action à un autre sujet on se servira de voir. Cf. une femme désireuse de voir sa fille .se marier. En ce cas il faut considérer si l'infinitif est dépen3) Le sujet est exprimé.
qu'on
:
se
:
—
du
mcme moi
de l'Kst et Xord emploieiil un infinitif avec uii sujet, quand c'est la fait l'action du verbe principal c Icelle de l'infinitif Je n'ai plus rien pour est déjA dans .Toin ville.
S?iils les dialectes
personne qui
vivre.
Le tour
:
rACTIOX EST J)AXS i\ XOM
231
infinilive 'lu dépendant dans la proposition dite Grenouilles regardais aussi la Malibran mourir. Il est indépendant dans aussitôt de sauter dans les ondes. Grenouilles de rentrer dans leurs grottes
dauL ou non.
Il
esl
>
:
-
:
profondes (la font., Fab..
Nous lerons
ii,
14).
verrons, chacun à leur place, ces difïérents tours.
ici
Nous ne
si
-,
a-
particulièrement que ces sortes de propositions qui expriment
un sentiment d'indignation, de surprise, prendre la plaee d'une mère que
telles
que
— — Gaston épouser
Lui. mourir
:
j'ai tant aimée, jcmiais
!
Elle,
!
Fernande ! après tout ce ne serait pas si mal ! Il faut observer que souvent y a une pause entre le sujet de l'infinitif et cet infinitif. Le sujet est comme détaché. Il n'y a pas lieu cependant d'en faire une règle, ainsi que le montre le dernier exemple. On remarquera les phrases telles que la suivante Son mari va me remporter, pour courir tous deux la j'orlune au paijs de Slangij ! (herv.. Cours, il
:
fl..
IV. 8).
L'infinitif est
point de sujet sujet. les
:
—
présenté par un présentatif.
Voilà parler. Mais souvent
Les écrivains du XVI"^
s.
se peut qu'il n'y ait
11
l'infinitif est
et les classiques
accompagné de son
ont employé
et voilcï n'étaient
pas encore devenus tout à
fait
les
noms
et
que voici des mots indécomposables
personnels en pareil cas, ce qui s'explique peut-être par
le fait
—
Dieu venir (du bell., i, .397) Voicij derechef les friandes Harpies Tourner dessus la table (rons., iv, 171). En langue moderne, il s'est formé des locutions où l'infinitif suit imméVoici diatement le présentatif. Le sujet vient derrière, si c'est un nom venir le jour ; Mais les voici venir (mol.. Et., 202;-5). C'est un tour peu et abstraits
:
Voicy
le
;
:
—
développé: Ft Eryn.).
voici resplendir l'aurorr
du retour (lec. te
l..
Po.
Ir..
177.
CHAPITRE L'ACTIOX EST DANS
III
UN ADJECTIF OU UN PARTICIPE
Sujets des adjectifs et des participes
dans nu adjectif, le sujet est dans le nom auquel l'adjecdans une personne désireuse de vous voir.
Si l'iicLion est
se rapporte. Ainsi
tif
:
—
Participes passés. De même pour les participes une nation armée pour sa défense. Le nom ne désigne bien entendu l'auteur de l'action que si l'adjectif ou le participe a le sens actif un forçat échappé, les délais expirés :
:
hier.
Dans un
assez grand nomijre de cas. la forme est la même, que l'action une aclion quia son auteur ou une action qui s'est faite spontanément. Une lampe éteinte signifie aussi bien une lampe qui s'est éteinte qu'une lampe qu'on a éteinte. Les grammairiens logiciens ont, à plusieurs reprises, soit
discute l'expression de Racine d'arrêter le
:
ce héros expiré (Phèd.,
développement de ce
tour.
Il
d'aujourd'hui parlent volontiers d'espérances en participes des intransitifs ne se partis,
eux
sortis,
;
les
poètes
Cependant, tous les construisent pas sur le modèle de eux allées.
:
discussion continua.
l(t
1567), et essayé
s'étend néanmoins
Ceux des verbes conjugués avec
Eux dormi n'a aucun sens. Le participe peut avoir pour sujet un autre terme de la phrase, comnic dans les vers célèbres de La Fontaine: 7^7. pleures du vieillard, il grava sur leur marbre... (Fabl, xi. 8). avoir sont exclus
Il
:
arrive, à la suite de dérivations de sens,
l'auteur de l'action
:
que
le
nom
une place assise (une place où
le
n'est pas celui dv
voyageur peut
et
ri'
assis).
Participes présents.
-
Quand
dans un participe présen!. un nom, auquel est rapporté le suis parti Te voilà encore bayant
l'action est
l'auteur est le plus souvent exprimé dans participe
aux
:
ce spectacle
me
déplaisant, je
—
;
—
—
on L'ennemi, ayant prévu l'attaque, s'était renforcé ; Va rencontré titubant ; - sa femme étant atteinte d'une maladie grave, il corneilles
:
—
pu continuer son commerce ; La Légende la passionnait... prise toute, au point de ne plus vivre de la vie quotidienne, sans conscience du temps, regardant monter, du fond de l'inconnu, le grand épanouissement du rêve
n'a
(zoi.a. Rêve, 30).
L'ACTION EST DANS UN ADJECTIF OU UN_JPA RTTCI P E
^233
que ce nom ne désigne pas l'auteur de l'action iinf rue passante (rue où on passe). Le participe peut avoir pour sujet un terme d'une autre proposition, et arrive cependant
Il
:
être construit très libremant
sons
le
buste
du monarque
:
s'assirent l'un près de l'autre
de
la
// prit trois
et les
tabourets autour de la table ovale.
ayant approchés de l'une des
(flaub.,
syntaxe classique, qu'on avait eu
Bov., le tort
155).
C'est
fenêtres, ils
une
imitation
de vouloir contraindre, sous
pre'cxte de légularité.
GÉROx le
IIS.
— Avec
beaucoup plus
le
gérondif, qui n'est pas
un
adjectif, la construction
qu'avec le participe. D'abord, fort souvent, gérondif n'a pas de sujet déterminé L'appétit vient en mangeant (quand
est
libre encore
:
on mange). Les grammairiens ont bien essayé de pousser ici aussi la rigueur jusqu'au bout. Ils ont condamné divers tours où ce gérondif ne se rapportait pas au sujet de la phrase. Ils n'ont pu faire accepter leur règle: Quand on dit Mon cœur battait en montant l'escalier, le gérondif se rapporte à l'idée de nwi contenue dans le sujet nwn cœur, mais non à ce sujet lui-même, il faudrait au moins dire que le gérondif est correctement rapporté soit au sujet exprimé, soit au sujet implicitement contenu dans un déterminatif (1). Mais on trouve aussi des constructions bien plus hardies. Le gérondif Si son astre, en naissant, ne l'o peut avoir pour sujet l'objet de la phrase formé poète (boil., A. p., i, 4). Il peut aussi avoir un sujet qui suit: Dites:
:
moi, étant jeune
(cAPrs.
Un
fille,
rien ne vous faisait prévoir qu'elle deviendrait joueuse ?
(Uifjc. i. 61.
quf ses lèvres
les
avaient touchés, en disant Si Dieu veiit.jp veux.
les
malades étaient
CHAPITRE IV
UN VERBE
L'ACTION EST DANS
A
UN MODE PERSONNEL
Sujets des verbes a ux mode personnel
Quels peuvent être les sujets ? — Si l'nction est énoncée dans un le sujet est dans un mot ou un groupe de mots qui constitue
verbe conjugué,
le sujet, et cjui est la
base de
la proposition.
Peuvent être sujets d'un verbe à la 3^ personne 10 les noms. Le tambour battit la charge, l'attaque fui l'ouragan... A présent... la surprise était décidément impossible... le canon avait commencé le rugissement, l'aimée se rua sur la barricade (v. h.. Mis.. Jean Yaljean,xxi). y..
:
—
2° les
un
noms
homme
—
complétés.
Un
enfant trouvé lui remplaçait sa famille
de sang-froid n'eût pas fait
30 les éléments quelconques de langage substantifiés
manquait encore 40 les
répond
;
;
—
nominaux
—
lui s'en
le difficile est qu'il
un
:
n'a pas l'âge.
—
comment ça va ? rien n'avance moque, mais elle s'en préoccupe.
:
:
--
cela.
;
je
ne sais quoi
—
personne ne
Parmi les nominaux, il faut faire une place toute particulière à la périphrase dont nous avons parlé dans l'étude des noms celui qui, celle qui, ceux qui, ce que : Ce qui restait de l'armée belge s'était couché le long du talus :
du chemin de 11
faut
vient:
verra
;
—
fer.
aussi
mentionner
indéterminés,
les
quiconque frappe avec
— qui
l'épée
:
—
non
:
on
qui vivra
dort dîne.
50 les infinitifs non substantifiés
(CORN., Cid, 218)
—
;
si
:
en être refusé n'en
e.st
pas un bon signe
et
confesser une foi
reconnaître une erreur passée
un devoir, nier cette erreur ou la dissimuler... sand, Lélia, préf. p. 8) Ne rien posséder
nouvelle est tasie (g.
ou
généralisés
périra par l'épée
;
—
est ////
une
sorte d'apos-
le
véritable état
évangélique (ren., Jés., xi).
Souvent, comme nous l'avons dit déjà, cet infinitif, sui\i ou non de compléments, est rappelé par le mot ce te demander du sang, c^est exposer :
le
tien (corn., Cin., 24)
;
— obéir,
c'était vivre (zola. Rêve, 25).
souvent précédé de la préposition de Mais de faire un courage inflexible ; De porter la douleur dans une âme insensible. D'enchaîner un captif en ses fers étonnés... C'est là ce que je veux, c'est là ce qui m'irrite (r.\c., Phèd., 449) on ne se comprend pas toujours souL'infinitif sujet est
:
fléchir
;
vent l'on se dispute
F. Nouv., 25).
;
d'être
si
—
près empêche de se bien voir
:
(p.
et
v.
marc,
L'ACTION EST DANS UN VERBE A UN MODE PERSONNEL 6« les propositions
comme
qu'on la considère
par
ce, cela
Que
:
que l'on
:
un nom retentissant, (a. daud., Jack, Le retour). Dans une phrase comme sa :
prendre pour
une
qu'il lui reste
grammaticale,
La proposition
justifiée.
On
son père
consolation est qu'il lui reste une
terme
A
:
même
n'est
Il
Jack
fin.
En
un complément
70 les représentants
— Un
A.
relatif
—
Un
:
découvert.
relcdif conjonctif
de nous rejoindre...
raux
et
faisait point de
Il se
:
hommes
qui s'y étaient engagés d'honneur,
— Un représentant démonstratif D. — La périphrase formée de C.
me
mire.U
:
sortait
nommé:
du sommet
Jean Valjean, xxi).
Comprend-on... ces
qui nous abcmdonnent (v. h., Mis.,
et
rem-
(1).
de la redoute plus qu'à mi-corps (v. h., Mis...
B.
:
pas nécessaire d'ap-
personnel rappellent un antécédent précédemment
Marias combattait à
B
réalité
peler attribut ce qui suit le verbe être, qu'on retrouverait ailleurs
placé par
que
fille,
sa consolation ou le terme
pourrait disserter là-dessus sans
sa consolation.
le sujet est
— que
cela ne l'empêchait pas de s'appeler
le sujet ? le
fille ?
235
pas
signifie
souvent reprise
est très
j'aie pensé à ce mariage, c'est la vérité;
eût porté
faut-il
demande ne
sa
ait enregistré
qui avaient promis
et
qui sont nos géné-
Ib.).
examinez
les
deux questions
celle-ci
:
paraît presque insoluble.
celui et
considérez ces deux propositions
—
E.
mienne
—
F.
Un
;
représentant possessif
nos santés n'ont pas
:
:
me plaît pas. été brillantes
:
la
laisse encore à désirer.
Un
Hor., 999)
;
quelconque
distributif
— de tous
les soldcds
eu la fièvre paludéenne
que
—
vieux
;
des trois les deux sont morts (cokn..
:
envoyés en Orient, beaucoup, une moitié,
la plupart ont les
d'un déterminatif cjuclcouque
de votre frère ne
celle
les
:
jeunes n'y ont pas échappé plus
de toutes les langues, la grecque est encore une des plus utiles
à apprendre. p.
que
A la les
première
et à la
seconde personnes
personnels de conjugaison:
puis souffrir
je
meurs
les
enfants
;
ta
il
n'y a point d'autres sujets
—
tu écoutes
:
méthode (mol.. Mis., 41). Cependant
cette lâche
pluriels représentent parfois des sujets
vous,
;
mère
et
—
les
A'
on, je ne
nominaux
antérieurement exprimés
:
sortez,
moi, nous resterons.
même qu'on se servira de nous, de vous pour représenter une une nation, un groupe dont il a été question les Français ont le cœur prompt, et l'oubli facile. Nous ne savons pas haïr, comme F Allemand. II
arrive
famille,
:
Questions sur
du verbe.
—
Pour savoir qui est l'autenr de on questionne à l'aide de nominaux simples ou de nominaux périphrastiques. Ces formes sont tout à fait improprement nommées « pronoms » Elles ne remplacent jamais de noms Qui peut, en
l'action, qui est
le sujet
dans
l'état,
.
{
1
)
dans
:
Elle a la consolation qu'il lui reste les
formes (mol..
Am. Méd.,
11, 5).
une
flUe. Cl.
Vous aurez
la consolation qu'elle Sera
morte
LE SUJET. LA PERSONNE
236
moment où Dieu peut-être échoue, Deviner Si c'est du côté sombre ou joyeux Que la roue va tourner ? Qu'est-ce qui va sortir de ta main qui se voile. O ce
Destin
Au mom.
? (v. h., Chat.,
de
en Fr..
r.
i).
Les périphrases datent déjà de l'a. f. On peut dire qu'elles sont très communes au XV^ s. qui esse qui m'a frappé ? {Myst. du v. Test., 4763) Point de nous declaira Lequel c'est qui premier viendra (Ib.. 5752; h. l., i, :
431,
II,
;
—
319).
Les grammairiens du XYIL' s. jugèrent que est-cr était là superflu, et tous se prononcèrent en faveur des formes simples. On trouve encore des
grammaires attardées où cette doctrine se conserve. En réalité, sont vrailes formes périphrastiques où entre c'est : qui c'est qui vient ? (1) mais la forme qui est-ce qui frappe ? est dans toutes les bouches. On interroge aussi par interrogation dite indirecte : dite.s-moi qui vient; dis-moi... qui peut t'inspirer une peur d'un si mauvais augure (mol.,
ment populaires ;
—
D. Juan,i;
1).
S'il
s'agit de choses,
on se sert de ce qui
Dites-moi ce qui
:
cause ton chagrin.
—
Il serait assez singulier, au moins dans certains cas, que Que ET Qui. nous fussions obligés par avance de choisir la forme de la question, avant de savoir s'il s'agit d'un être ou d'une chose par exemple, au sujet d'un ;
carreau cassé, est-ce
un gamin qui qui a cassé
la fenêtre ? est-ce
une pierre ? On évite cet embarras, en ne disant pas carreau ? mais en prenant un autre tour comment ce carreau a Jeté
:
:
cassé ?
est-il
En
etïet,
roger sur si
le
vent qui a fermé brusquement
le
on
en langue moderne, nous usons de formes différentes pour inter-
les
i)ersonnes et sur les choses
fait passer
un courant
qui vous a dit cela
est-ce
?
:
électrique ?
qui vous a dit cela
De même avec
qu'est-ce qui arrivera
?
les
que
se produit-il.
périphrases
:
qui
?
Cette distinction peu heureuse est récente. Chez les classiques, qui s'employait encore en parlant des choses
1717) 73(»)
fait
;
;
— Mais qui cause.
-- qui vous a
l'oiseau ?
c'est
:
Va
donc, qui
te retient ?
Seigneur, votre inflammation
?
(corn., PoL,
(mol., Dép. am.,
fait aviser de ce tour ? (l.vjont., vi, 37, Cent.) le
plumage
(Id.,
Fab.,
ii,
5)
;
— Si
;
— Qui
ces autres oracles
eussent esté rendus par des prestres imposteurs, qui obligeait ces prêtres à se décréditer
eux-mêmes
I.c i)i-uplc
soiii (le la
?
(fonten., Hist. Or.,
a d'aulrcs formes encore langue la plus basse.
:
(/ui
17).
qui, qui qiir: Qui qui t'a dil cela ? cl qui
qu'en
CHAPITRE V
NOMS EN FONCriON DE SUJETS A Dans
QUOI ON RECONNAISSAIT
nom
l'a. t., le
objet, soit
I.E
NOM SUJET EN
A.
F.
avait des formes spéciales, selon qu'il était sujet ou
au singulier,
au
soit
pluriel. C'étaient là les restes
de l'ancienne
déclinaison latine réduite par l'usure phonétique et l'analogie. Cette décli-
naison présentait deux cas sujet,
un
:
un complément
sujet,
DÉCLINAISON DES NOMS EN
Les féminins. Ils
:
ou
i)ien trois
:
un
deux compléments.
— La plupart
présentaient en effet les
A.
F.
des féminins n'avaient pas de décliiuiisons.
mêmes formes
à l'objet et au sujet.
Féminins indéclinables. Type
file,
maisoji
Pluriel
SiNGUi.TER o
,
^,..-
,
'"
i
/
une
'
fiile
1rs
maison
des
j
)
filles
maiso
:s
Féminins déclinables. A. Sujet Objet
— —
Sujet
— ma granl sner — ma grant
l(t,
la,
—
M.
Obje'.
-
Type nonaln
une sage none une sage nonain
— Type
1rs,
seror
mei yranz
—
Les noms masculins ont une déclinaison caractéri-
sée par la présence de s final, qui s'entend,
A.
au sujet singulier
Pluriel
— —
C'est là le
type essentiel, qui comprend
une influence analogique
ERRATA Page 237.
—
4^^ ligne en bas de page
colonne de droite
au
:
Pluriel
lieu de
:
li,
lii-e
:
li,
:
— Type mur
Singulier Sujet //, uns murs Objet le. un nmr
aussi a-t-il exercé
serors
granz serors
mc-i
s'^ror
Les masculins.
de< sages iionains des sage.i nonains
les,
des murs des mur
II,
les,
le
des mur}^ des
murs
plus grand
très forte.
nombre de noms
;
LE SUJET. LA PERSONNE
238
B.
—
Type
père
Pluriel
Singulier Sujet Objet
— mc^ tendre puis — mon tendre père — Type père,
C.
a
Noms où
pere's (1)
CLiens
l'accent tonique ratait sur la
Singulier
nos tendre père (2) nos tendre < f)eres
même
syllabe.
CHAPITRE
VI
TABLEAU SYNOPTIQUE DE LA DÉCLINAISON DES MOTS QUI ACCOMPAGNENT LE NOM ET s'accordent AVEC LUI SUJET Singulier
Féminin
Pluriel
une
'
,'
'
ma, nostre
\
ta,
<
sa, lor
I
;
vostre
l
ff,rt
)
1
\
ceste
(i)
celc
i (i)
,
none
,
i
nule chasciinc
mes, nostres, noz tes, vostres, voz
_^^
(i) f
serjr
t
I
/
lorz
(
ses, lor
'
(1)
unes, des
cestes (cez) celés
/
miles
3^^-,,^^
iioiiains
/
serors
*
k
treis
\
^des
uns
K,.u
/
)
vostros
tes,
„
]
si,
lor
/
cist
1
^(^"'
"-;;:..
S'^'f (1) cil
sages
nuls
prestro
,
sage
trei
Singulier
Pluriel
des
•'^
'"^
ta sa, lor
''-'^
(i>
ceste celé
nule
'"^^
\
tes
\
/
ses
/
(bêles •
tois saracineis
1
cestes (cez) ce es
i
(^povre nonain l grant seror
,
(
5^
l
povres nonains granz serors
treis
chascune
chascunes
un
I
j
(bêle (tor tor saracinels
Féminin l(i)
(les j
1'''
..^.s
'bels ^^^^
\
les
^
son
I
ses
'
Masculin
^'"'
Uon
'jL'i'
mon
^ (1)
,
cest
chascun
rlv.stel ^li'^^tel
f^^t,
r
,
/
J
)
sage
|
ces
,
.
provau-e
treis sages
chascuns
.
,
1
OBJET une
I
-Sl^rron
nul
I
""""
fort \
I (i)
,
ses. lor
hv
^mi, noslros, noz Iti, vostres, voz
forz»
mes, nostres
I
li
I
,
'""'"' 11
i
)
,
J
félons
Provaires
prestre
CHAPITRE
VII
NOMINAUX ET REPRÉSENTANTS EN PONCTION DE SUJETS DÉCLINAISON A DKUX FORMES
I
lr<=
Le
Personnels des
1>^'
et 2'
personnes
personne
Ionique (1)
atone
la
Sujet jo, je Objet mei, moi
je
lu
pluriel n'a
ligue
jamais connu de lornies dislincles
tonique Plur.-
-
ainnc lu te
:
NOMINAUX ET REPRÉSENTANTS EN FONCTION DE SUJETS
241
Démonstratifs.
Masculin l
Siiig. '
Pur
(i)
Neutre
cele
(i)
celui
celi
(i)
cel
cele
i
[
cel
)
('^'^^^ '
I
l
Sing. '
Plur.
Féminin
(i) cil
ceux
(i)
cels, (i)
(i)
cist
cestc
(i)
cestui cest
ceste
(i)
celés
cesti
îî|^^^*^ \ I
(i)
cez
I I
cestes,'
cez ço,
ce.
Les représentants démonstratifs ont gardé longtemps un certain nombre de formes distinctes, que leur avait données la déclinaison casuelle. Mais représentants et adjectifs se séparèrent trop tard pour que les uns pussent,
pendant que
les adjectifs
auraient nettement suivi l'analogie des noms,
suivre l'analogie des personnels et des conjonctifs.
sont réduits à
celui
un
seul cas.
En
se fondant,
ils
se
CHAPITRE
VIII
RESTES DE LA DÉCLINAISON
Dans
noms.
les
traître, ancêtre.
(celui-ci refait)
;
—
sire,
complément
reste des sujets sans cas
Il
reste des sujets
Il
seigneur
;
des compléments
et
maire, majeur
;
:
fils,
:
prêtre,
pâtre, pasteur
nonne, nonnain. Mais ce
sont désormais des mots distincts, qui ont pris chacun une valeur propre.
De la valeur syntaxique de la flexion casuelle, rien n'a demeuré dans les noms. Le système casuel de l'a. f. est au contraire tout à fait vivant dans des nominaux ou des représentants, que leurs fonctions près du verbe a fixés dans leurs formes casuelles, au point que certains d'entre eux, je et tu, sont passés à un vrai rôle de flexions d'avant.
— Première deuxième — Sujets. — Au singulier sont encore exclusivement sujets
Personnels et représentants personnels. personnes.
Ils se
et
:
l^f
personne
2^
personne
placent devant
viens, tu écoutes
;
:
:
le
je //;.
verbe affirmatif
gagnerai-je
?
et
viendras-tu
après
le
verbe interrogatif
:
je
?
—
Formes élidées du sujet. Je est réduit à /' devant voyelle. Devant consonne, dans la prononciation populaire, il se réduit à /', si la consonne est
une sonore
(je te dis),
:
j'viens
;
j'dors
;
à ch',
si
la
consonne
est
une sourde
:
ch'fe dis,
ch'cou (je couds).
A la seconde personne, on trouvait autrefois assez fréquemment une forme élidée i'. Il est possible qu'on ait ici une élision de tu, car on la trouve très anciennement Se Vies français, t'aras le poing copé (Huon de Bord., 5423). Mais il est vrai que, très anciennement aussi, on rencontre la forme :
analogique
pour tu : Ha ! vielle, aux gr. pies, 2222).
te
tain ? {Berte
dist
li
rois, di.
pourquoi
traisis te
XVP
Ber-
.Jusqu'au s., t' se rencontre même dans la langue littéraire ne combats point, afin que, n'estant le plus fort. T'achètes une honte aux despens de la mort (ronsard, iv, 130, Bl.). Toutefois, dès le commencement de l'âge classique,
comme
/'
:
n'apparaît plus que dans la langue populaire, où
il
est encore,
te.
P^OH.MF.s
CONJOINTES.
— Je
et tu
ne sauraient aujourd'hui être séparés
RESTES DE LA DÉCLIXAISOX
comme
leur verbe,
(le
formule juridique
vieille
l'étaient autrefois (1).
Ils
jamais sujets à eux seuls, dans servir à renforcer le sujet
243
nous reste toutefois
la
Je, soussigné, reconnais...
:
— Première
Formes disjointes.
Il
-
formes personnelles
moi, je ne
:
— Moi,
seconde personnes.
et
les
le crois
pas
;
toi,
;
mais
ne sont
foi ils
peuvent
qui as tant travaillé,
tu échouerais ? Cet usage est ancien.
On
trouve seuls, dans des phrases de commandement.
les
Ils
n'y sont
Et toy di, taille bien ni'espée {Mir. N. D., vi, 24, n» 33, 644). et irons moi et vous ou règne Ils accompagnent parfois un autre sujet mais moy n 'autres ne s'en puet percevoir de Berri {Ors. B., 800) (e. deschamps, V, 61). pas sujets
:
:
—
:
Co;mpléments. ou second
— A) Sont
exclusivement compléments d'objet premier
:
me
l^e
personne
Ils
précèdent immédiatement
même
:
2^ personne
;
te.
:
verbe ou un autre pronom rattaché au
le
verbe, et ne peuvent être déplacés
:
je te crois.
B) Sont compléments d'objet premier ou second, ou compléments prépositionnels
:
fe personne Ils se
:
moi
;
2^ personne
placent toujours après
même verbe Au pluriel,
le
:
c/zs-moi, rends-le-moi
:
nous
et
toi.
verbe ou après un pronom dépendant du ;
viens à moi.
qu'une seule forme, peuvent avoir les d'objet, de complément préposition- el nous
vous, n'ayant
diverses fonctions de sujet,
:
vous regarde ; il part avec vous. peuvent être ajoutés au sujet ou à l'objet pour en renforcer
partons Ils
il
:
OUS, nous partons
on vous a blâmé, VOUS
:
—
Troisième personne.
l'idie
exclusivement sujet au singulier
Est
:
!
et
au
pronom ;7, qui. au pluriel, sous l'influence du nom, est devenu z7s, période moderne de la langue (2). Le féminin eZZe, (lies peut avoir
pluriel le
dans
la
d'autres rôles. il
vient
ils
;
elle
Comme
plaît
;
sujets,
après
le
/7,
elle,
se placent
verbe interrogatif
ne peuvent être éloignés du verbe
ment (1)
:
elle,
Fier de
osèrent (C.
ta lance e jo
n..
i,
72
;
de
Durandal {Roi., 1120) ii, 414). i, 457
h. l.,
avant
;
—
le
verbe affirmatif Mais il, :
vient-il ? plaît-elle ?
tandis que
(3),
à son avis, ne pouvait accepter cette
Xouv.
:
détache libre-
elle se
offre.
le
plus longuement que
il
el
sa
dame
;
(2) La prononciation a longtemps été i; aujourd'hui encore dans la langue familière on entend m'a dit. Au pluriel on a longuement disputé pour savoir si on devait prononcer i\ ils ou' is. Le seul point sur lequel on s'est accordé, c'est que, dans le style soutenu, il faut prononcer il'. Féraud (1783) opinait encore que, dans la conversation, on devait prononcer is ont dit. Aujourd'hui on entend ils et is devant voyelle, il et i devant consonne. :
i
:
(3)
I
Il
n'en était pas de
même en a.
î.
:
ne vus ne
il
iVi porterez les piez (Roi., 260).
LE SUJET. LA PERSONNE
244
Est exclusivement objet le pronom le, la, les. Il se place immédiatement avant ou immédiatement après le verbe et ne peut en être séparé que par un autre personnel chacun le croil ;jou.s les fréquentons chassez-le ; respec:
:
:
tez-\2i.
plurielle leur sert d'objet secondaire. Elle se place immédiaavant ou après le verbe, sans pouvoir en être séparée, sauf par le pronom le après le verbe cette nouvelle leur déplaît ; donnez-leuT ce qu'ils demandent ; donnez-le leur (1). Nous avons noté (p. 148) que leur a été déclaré invariable par les grammairiens, contrairement à leur possessif. La forme correspondante du singulier lui joue le même rôle cela lui déplaît ; parle-lm ; donne-le lui. Mais à la différence de leur, lui peut aussi pensez à lui. Lui peut aussi être servir de complément prépositionnel adjoint au sujet ou à l'objet lui, on le condamnerait ! il succomberait, lui ! Le pluriel masculin eux et le féminin elle, elles, ont les mêmes emplois ccvmme compléments prépositionnels que lui : songez à eux songez à elle
La forme
temeii-t
:
:
:
:
;
défiez-vous d'eux Ils
v&us
;
parlez pour
peuvent aussi renforcer le sujet ou l'objet voire mère dit cela, elle voyez, eux. Lui. eux peuvent être sujets lui parle, eux travaillent. :
les.
;
elle. ;
:
(1) Leur avait élc au XVI<^ s. rMiiil A leii, le us (ci. les noms en eur : chasseu{r)). Leus est resté longtemps vivant dans la lanijuc popnlaire: (7 Iciis tt dit; il leus y n donné. Était-ce l'iu-
lluence de eux
?
(h.
i..,
ii.
'.i^"i).
RESTES DE LA DÉCLINAISON
245
CHAPITRE IX A QUOI ON RECONNAIT LE SUJET EN FRANÇAIS MODERNE. LE SUJET ET L'ORDRE DES MOTS
Au temps où beaucoup de sujets avaient leur forme spéciale, comme nous venons de le voir, il n'y avait pas un besoin absolu de distinguer d'autre façon le sujet du verbe. La place du nom sujet par rapport au verbe restait donc relativement libre. La langue, gardant des traces de la morphologie latine, conservait ainsi
ancienne
:
quelque chose de
Voldrent la veintre
mis de Dieu; S^^ EuL). A vrai précédait déjà le plus souvent
la
souplesse de la construction
Deo inîmi (voulurent
li
dire, le
même
verbe
:
dans
Li
vaincre les enne-
la
la vieille
Emperere
langue, le sujet
par matin levez temps les plus loin-
est
Et cette tendance était si nette que, dès les accompagné bien entendu d'une intonation spéciale, donnait un sens inlerrogatif à la phrase ies tu des noz ? Néanmoins, l'a. f. usait très librement de l'arrière-position du sujet; il ne faut pas considérer comme des inversions des constructions comme celles-ci Et sanz trop longuement pleidier, An prist la foi mes sire Yvains (chrest., Yvain, 3280); (Roi., 669).
tains, l'ordre inverse,
:
:
Coarz
quant
est-W,
il
me
cric {lé., Ib., 1223).
ment
On
—
pratiquait
même
régulière-
l'arrière-position du sujet dans plusieurs cas A) Quand en tête de la phrase se trouvait le complément d "objet du verbe, ou un attribut se rapportant soit au sujet, soit à l'objet Ombre li fct li plus :
:
biaus arbres, Qn'onques poist feire Nature (Id., Ib., 382).
B) Quand
Lorsque
la
la
comme on
phrase commençait par une circonstance
:
Ores
fut-il cois.
déclinaison à deux cas fut disparue, c'est-à-dire au Xl\'^'
ne
pouvait plus distinguer
tendance s'accentua de
lui
le
sujet
d'après
sa forme,
donner une place invariable, qui permît de
s..
la
le
reconnaître.
—
La construction normale. La construction dite « directe » s'établit donc d'une façon de plus en plus fixe; le sujet ouvrait la phrase, le verbe occupait la seconde place, enfin l'attribut du sujet ou le complénicul (hi verbe venait à là troisième. Sans doute, on trouve souvent encore en m. \. le sujet après le verbe. Mais il peut déjà être question d'inversions, c'est-à-dire, somme toute, de Orgueilleusement feirent une saillie ceulx dérogations à l'usage ordinaire :
de dedans (comm.,
i,
100, M.)
:
—
Alors descendit Gymnaste de son cheval
A QUOI ON RECONNAIT LE SUJET EN FRANÇAIS MODERNE (KAB., Garg., ch. 3U
;
h. l.,
ii,
48U).
— Malgré des
milliers d'exemples,
247
que
du latin multipliait, l'ordre moderne s'imposait de plus en plus Et ne faut pas faire comme Aristote cscrit (amyot, Œiw. mor., 60, vo F.) El Voilà comment la ville de Cumes fut délivrée (Id., Ib., 243, yo G.; à la fin, l'héritage dcmoura... à sa fille Rolcmdine (marg. denav.. Heptam., l'imitation
:
;
;
—
—
365).
Au XVIP
s.,
le
dernier pas vers la fixité tut
L'ordre dit
fait.
devint obligatoire. Les grammairiens le préconisent l'ordre
même
de
«
logique
comme répondant
»
à
Bien loin de se plaindre de la rigidité de cette en tirent vanité. Meigret l'avait déjà fait en 1550. Le
la pensée.
forme directe, ils Laboureur, puis tous les logiciens du XVIIP s., reprirent la thèse. On peut donc considérer que, dans le français de l'époque classique, le sujet se présente normalement à la même place que dans la langue moderne le personnel sujet est devenu comme une préflexion de conjugaison, qui ne se met après le verbe que dans des cas déterminés et qui ne s'en éloigne jamais. Le sujet nominal a sa place normale en tête de la phrase. ;
Restes des anciens usages. peu de cas où encore
le
—
Il
:
avec quelques verbes subjectifs,
a)
venir
:
ne reste, en dehors de la poésie, que la proposition. Cela se produit
verbe se présente en tête de
Survint
le
gros hiver de 1879;
comme
rester, suivre, survenir, entrer,
— Puis s'alternaient, séparés par une
rouge, des losanges de velours et de poil de lapin ; venait ensuite une façon de sac d'où pendait... un petit croisillon de fils d'or (flai b., Bov., 2). Cette inversion n'a lieu qu'au cours d'un récit. On place aussi d'ordinaire le sujet après le verbe quand la phrase com-
bande
mence
:
b) par certains attributs
par certains adverbes
c)
dans
le siècle
:
tel était le cas.
Aussi faut-\\ accepter
:
;
Encore en
est-\\
bien
où nous sonmies.
un complément circonstanciel A cette raison s'ajoute le mépris pour les peuples chrétiens (volt., Charl. XII, i). Toutefois, il y a une tendance très marquée à se rapprocher, même dans ces phrases, de l'ordre moderne Aussi, Je lui ai dit de revenir. Racine déjà met toujours le sujet avant le verbe, lorsque la phrase commence par peut-être : Peut-être convaincu de votre aversion, Il va donner un chef à la d) par
:
ridicule qu'ils affectent
:
sédition (Phèd., 355).
Aujourd'hui même, dans
les rares
constructions où l'arrière-position du Certes, il est bon et
sujet peut encore avoir lieu, elle n'est pas obligatoire
pur, monseigneur,
et
peut-être
on
le
:
verra bientôt (v. h., Hern.,
m,
1).
L'inversion du sujet n'est de règle que dans une proposition intercalée dans un texte Je pense, dit le prince, que je voudrais lui ressembler (volt., :
Charl. cet
XII,
usage
;
Encore dans la langue populaire a-t-on peine à se plier à Je pense, que lui dit le on y substitue les formes vulgaires i).
:
LE SUJET. LA PERSOXXE
248
le prince lui dit. Nous verrons que là est une des raisons profondes qui font disparaître peu à peu l'ancienne inversion interrogati^e. et qui font qu'à vient-il ? se substitue Est-ce qu'il vient ?
prince, que
:
Elle
est
fréquente dans
conjonctives
les
:
l'histoire
que raconte votre
frère.
On trouve
ailleurs l'inversion,
par
efïet
d'une ruelle un grand jeune
homme
pelle
SÉPAKATiox DES SUJETS.
— Au
lieu
de style
:
tout à
coup s'élança
(Flaub.. Éduc, u, 76).
d'cxprimcr avant
le
verbe tous ses
on affecte parfois de n'en exx:)rimer qu'un et de reprendre les autres après le verbe son instinct l'en assurait, et le nombre des bêtes furtives qui suivaient la route des aurochs (p.os'sy. G. du feu. IG). Ces! un archaïsme (1
sujets,
:
j.
il
)
M. des Aulnays lâcha de radoucir,
(FiAL-ji.,
Édnc.
I.
:iUO).
le
cousin Joseph,
le
précepteur,
Forchambeaux rai-même
CHAPITRE X
RAPPORTS DU VERBE ET DU SUJET. LES FORMES VERBALES
Les formes numérales
et
— Les
personnelles du verbe.
formes ver-
bales coastitiK'iil des groupes qui varient suivant leur valeur temporelle et
modale. Mais en outre, théoriquement, chacun de ces groupes renferme
deux
unes du singulier,
séries de formes, les
correspondant à
série a trois formes,
sième personne. Ex.
la
les autres
du
Chaque
pluriel.
première, à la seconde, à la troi-
:
Présent de l'indicatif. Je suis
1
Tu
SiNO.
II
f
Phtr.
brave
es est
1
I
\
•
i
Nous sommes braves Vous êtes i
Ils
sont
\
L'enscmljle de ces variations en personnes, en nombre, en mode, en temps,
forme
conjugaison.
la
Les diverses conjugaisons. pas identique i)our tous
avons vu au chapitre de d'hui, la première dont des verbes simples
:
les
— Le système de variation des formes n'est
verbes.
Il
y a plusieurs
«
conjugaisons
»
.
Nous
peu près seule aujouren possession de former
la formcdion des verbes que, à l'infinitif est
en er{é) est
radiographier, phagocyter, cinématographier
Elle est
.
seule vraiment vivante.
La seconde
verbes qui présentent partout, ou à peu près
est celle des
partout, une syllabe caractéristique
is.
On
l'appelle souvent
parce qu'elle provient de verlics où, en latin, cette syllabe
dans l'action: gem-o, gem-
l'entrée
l'étymologie
;
ces
mots n'ont jamais eu en français
\
formé ne
le
C'est
signifiait
un abus de
sens inchoatif.
comprennent fort mais des verbes très usuels. Aucun verbe nouvellement conforme. Elles sont mortes comme types (1).
Les autres conjugaisons peu de
isc- o, fr. gémis.
inchoative,
isc
:
je rends, j'aperçois, je revêts,
erbes, s'y
Changements analogiques.
— Les conjugaisons sont perpétuellement
troublées par l'analogie. D'abord les formes des conjugaisons vivantes ten-
dent à s'appliquer à des verbes de l'autre. C'est ainsi que gaison (obéir)
forme
vêtissait,
au
lieu
de
vêtait.
Il
la
1I<^
conju-
à une y a des verbes arrêtés à mi-chemin
tend à s'appliquer à d'autres verbes.
(1) Pour la série des loniies el riniporlrtiicc faussement attribuée nitif, se reporter à la ^/éllmde de Uinuue /r. Brunot-Bony. .'5^ li\re.
Vêtir tend
aux
disliiictions
par
l'infi-
LE SUJET. LA PERSONNE
250
comme
qui est à la fois de la
cueillir,
I'^
:
je
cueille
(présent)
et
de
Des changements très importants avaient eu lieu, avant la naissance du français des temps et des modes avaient disparu, d'autres étaient nés. Mais en somme les conjugaisons continuaient d'exister. Elles existent encore. Ce qui les conserve, c'est le besoin de distinctions qui n'ont pas disparu et qu'il faut faire toi manger est du petit nègre. Il faut, pour ces distinctions, ou des formes reconnaissables nous mangeons, vous mangez, ou des mots auxiliaires. La force destructrice, c'est en premier lieu l'usure phonétique final venant à disparaître, les flexions en s perdent leur valeur aimes et aime sont semblables, malgré l'apparence orthographique. D'un temps à l'autre, d'un mode à l'autre, l'attraction assimile les formes, nous le verrons en parlant des temps et des modes. Ce qu'il importe de marquer ici, c'est que, dans l'intérieur d'un même temps ou mode, une influence semblable s'exerce. Une voyelle, par exemple, apparaît comme une sorte de caractéristique commune. Les formes qui en présentent une autre s'assimilent. C'est ainsi qu'au XVP s. la
II le
:
je cueillis
(passé).
;
:
:
:
.s
:
aimasse, aimassent, etc. entraînent la disparition d'aimissions, aimissiez.
Les temps ou
les
modes forment des
Les variations de radical.
séries qui
tendent à l'uniformité interne.
— Les alternances de radical
ne sonl ni des
distinctions personnelles ni des distinctions temporelles. Tel temps,
même
l'imparfait, a le
radical à toutes les personnes.
En
comme
outre, certains
verbes n'ont aucune variation de radical. Elles n'en sont pas moins à mentionner
ici,
un grand
car dans beaucoup de verbes, elles jouent
rôle.
Sans
expliquer l'origine lointaine de ces variations, disons seulement qu'à l'époque
de
la
décadence, aux personnes où
radical portait un accent tonique
le
et
où
pas obligée de porter l'articulation de plusieurs consonnes voyelle s'est allongée, puis elle s'est modulée et enfin diphtonguée.
la voyelle n'était
voisines, la
Le changement la voyelle
était
«
ne
était fait à l'époque française.
s'était pas
entravée
n'était pas
»
r), elle
diphtonguée
:
ve-ons.
(c'est-à-dire suivie de
ne se modula pas
;
Quand le radical était atone, Là où la voyelle du radical
deux consonnes dont
dans ce
cas, le radical resta
chant-es, chant-ez.
Voici quelqi'.es types de radicaux ^ariablcs de je
lej.
l'a.
t.
:
la
seconde
immobile
:
RAPPORTS DU VERBE ET DU SUJET. LES FORMES VERBALES comme
réduit à une consonne,
commun que
de
Dés
on
dans
le voit
sai, sache, sus, qiîi
:
Donc prendre garde aux
s initial.
Dont
définitions.
Mais
début, l'analogie tendit à réduire ces différences.
le
251
les alter-
nances de radical n'ont pas disparu, tant s'en faut. Ce sont elles qu'on je lève, nous levons ; je sème, nous semons ; je m'assieds, retrouve dans :
nous nous asseyons ; je meurs, nous mourons, etc. Il importe de ne pas les confondre dans l'enseignement avec les simples variantes orthographiques, jette, complète, et de les enseigner dans leur a érilé. Ce sont elles telles que qui expliquent la formation de certains temps, comme le futur je sèmerai :
:
(je
sème), j'appellerai (j'appelle).
— Les flexions
Décadence des formes personnelles du verbe. nées à marquer la personne dans aussi plus variées en
a. f .
le
que dans
la
langue actuelle.
En même temps que
l'action phonétique, l'action de l'analogie s'est exercée sur elles et les confondre
telle
:
desti-
verbe étaient beaucoup plus nettes et
pour les user
désinence qui n'existait qu'à une personne, s'est
introduite à d'autres personnes, qui ne l'avaient pas. D'autres distinctions nécessaires ont disparu, de sorte que le système est devenu confus et pauvre,
surtout à certains temps.
Restes des flexions. Présent de l'Indicatif. sonne.
— La flexion
de la
Elle est dans l'écriture
du type aimer
:
:
e
1" personne, au
flexion e.
—
L'a.
f.
je lieî, il lieVQ,
selon
:
s
pour
ne connaissait pas
même que
c.
fe personne
verbes où
les
(enlre)
—
cet e s'est
e
les
je subis
:
Il
disait
:
je chant, }'aim,
des suivantes. L'évolution
la
:
sonore devenue finale s'assourdissait,
XIII^
sourd s'ajoutait au radical
étendu à
autres types
parfois des différences plus grandes encore
la labiale
ou. devant voyelle, restait sonore. C'est vers le
avec
Per-
prends.
j,e
ce qui distinguait nettement la
phonétique entraînait
l^^-'
(sourd, quelquefois tout à fait muet) pour ceux
j'aimp (j'èm). Elle est
(je subi), je par.s, je reçois,
La
— Singulier,
singulier, \arie avec les verbes.
s.
— par analogie
que
comme
voyelle d'appui
plupart des autres; l'on a dit j'otroie
Toutefois les formes régulières se trouvent jusqu'au
XYI^
s.
:
;
je liève.
je supply,
ii, 331). L'extension de cet e a été à la fois un avantage et un grave inconvénient pour la langue française. Là où il avait une valeur, même réduite, il a contribué à donner de l'harmonie il a empêché aussi les
je pri (h. l.,
;
sonores de passer aux sourdes,
comme
elles l'auraient fait si elles
avaient
noms et adjectifs féminins. Il a en revanche causé d'extrêmes embarras, un mot comme je prie ne pouvant entrer dans un vers qu'à condition d'élider e sur une voyelle ini-
été finales
;
il
a fourni des rimes verbales aux
:
tiale
La il
:
il
prie avec ferveur.
flexion
s.
— Elle
n'existait pas en a.
voir dans son extension
f.
:
je sui, je voi.
Peut-être faut-
une action analogique des verbes qui a^aient
s
LE SUJET. LA PERSONNE
1>52
Quoi qu'il en soit, s s'introduit dès le XII^ s., devient Les formes^sans s ne sont pas encore complètement disparues au XVie, et, à vrai dire, embarrassent beaucoup les théoriciens de cette époque, qui ne savent trop que prescrire à leur égard (ii. i.., ii, 325), l'amuissement partiel de s permettant de discuter à perte de vue sans heurter l'usage. Au XVIF s., tous les verbes prirent peu à ])eu \'s (écrite) jusqu'à étymologique fréquent au
(je puis).
XIV^
s.
ce que l'Académie l'imposât.
—
La flexion est s. Mais ce s est peu à peu devenu, PERSONNE. une s purement orthographique. Il semble que dès le XVII^ s., il ne s'entendît plus jamais devant une consonne (h. l., m, 318). A la pause, il n'est plus d'usage non plus de le faire sentir. Devant une voyelle, s n'a 2nic-
lui aussi,
plus de valeur phonétique. Mais, en
ment
rétabli le z
:
PERSONNE.
3'"'"
m., l'habitude des liaisons a partielle-
f.
tu viens ici (tu vienz-isi).
—
La
llexion était
primitivement un
aimet
Cliantel,
t.
sont les types primitifs, phonétiquement réguliers. Mais, dans les verbes
comme
aimer,
Age.
n'y eut plus de différence entre la
il
il
le
/
tomba dès
du XJe
la fin
s.
En
sorte qu'à la fin
f^
et la 3^ jîcrsonne
du Moyen :
j'aime,
aime.
PlurieL La
flexion ent.
—
A
personne,
la
3''
Ou
bien
la
fiimle
est
ent.
Elle
que l'accent se déplaçât sur cette syllabe, ou bien ni devait disparaître. Le déplacement de l'accent en Berry. par exemple, les s'est produit dans certains dialectes régionaux paysans prononcent toujours i yen disant (ils leur disent), la prononciation de la finale pouvant être d'ailleurs, selon les villages, on, in, ou an. En (leliors des dialectes. \'n disparut d'abord, et de bonne heure le groupe ent se réduisit à et. Au XVL' s. le /, à son tour, ne s'entendit plus devant une consonne; à |)ortii- du XVIL s., il fut muet tlevant une Aoyelle. De nos jours, on ne fait plus sonner le t que dans le cas de liaison arrive(n)til.s ? .\insi la cinite de n et de t a fait ressembler, quant à la prononciation, la 3'- personne du pluriel aux trois personnes du singulier, dans les verbes en e. A ces quatre personnes, les flexions sont réellement à peu près mortes n'était pas viable sous cette forme.
il
fallait
;
:
:
pour la langue parlée. Au contraire, les flexions de sonnes du pluriel sonl restées vivantes. 1"^'
élail
PERSONNE. à
—
ici
la
désinence est ans. Dés
peu près seule en usage.
Il
la
l'a.
U'
f..
el
de
hi
2^ per-
cette désinence
n'y a d'exception c(ue pour
le
verbe
bonne heure, l'usage a décidé en faveur de ornes, à l'exclusion de ons (nous sommes, au lieu de nous sons). Cette désinence ans ne représente aucune des désinences qu'eût justifiées l'évolution phonétique
être.
où.
d'assez
:
régulière (ains, eins, ins). Elle a fini par remplacer (jui
ne vécut
])as
(faimes. (limes
;
n.
i,., i,
200).
même
la
désinence mes,
RAPPORTS DU VERBE ET DU SUJET. LES FORMES VERBALES
A
côté de ans, se développa la désinence ions dans certains temps,
dépe
de iens
s
sous l'influence de ons.
et
Une confusion failli
et le
253
aux
évitée.
—
En m.
i'.,
une défaillance morphologique a
amener une nouvelle cause de disccrdance entre le nombre du verbe nombre du sujet. A la première personne, pluriel et singulier se confon-
daient
j'avons prenait la place de j'ai. Cette confusion s'explique fort bien
:
qu'à la l""*^ personne du pluriel, la flexion caractéristique était donc la notation par le personnel était superflue et j'avons prenait la place de nous avons. On rencontre des /"az'o/?,s jusque chez les écrivains les plus purs, mais pas au delà du XV P s., en français du moins. Les patois présentent en effet fort souvent cette forme. Molière la mettra dans la bouche de la servante des Femmes savantes (ii, 6). par ce
fait
sensible,
2*^
PERSONNE.
— La
flexion esl
ez.
Dans
l'a.
f.
à côté de
eiz existait
mais, de bonne lieure, eiz a été remplacé, dans tous les verbes, par
Vue d'ensemble sur
le
système de conjugaison.
—
ez,
ez.
D'après cette
élude sommaire des flexions du présent de l'indicatif, on voit qu'en somme, sur les six formes personnelles
du français moderne, quatre n'ont plus de
Restent vivantes seulement
flexion.
les flexions: ons, ez,
qui ont l'accent
tonique.
La décadence des versification.
Il
flexions en
.s
el
en
t
a été
faut bien en tenir compte,
si
quelque peu retardée par
la
on ne veut multiplier hiatus
« Frère il faut aujourd'hui Que Bertrand dit à Raton un coup de maître» (la font.. Fab., ix. 17). De nos jours, l'enseignement orthographique tend à les restaurer. En marquant fortement la liaison de ces Anales avec le mot suivant commençant par une voyelle, les maîtres facilitent à leurs élèves l'écriture de ces formes verbales il leur arrive même de faire sonner des consonnes contrairement au bon usage. Cette double action toutefois ne se produit pas quand le verbe est placé Pense toujours à ce que tu dis ; je crois qu'il repart, à la fin d'un groupe ou bien quand le verbe est suivi d'une consonne Tu parles trop fort ; il court des dcmgers. Enfin, cette renaissance des flexions est un peu entravée par l'usage populaire qui tend à restreindre les liaisons. Il y a d'ailleurs des liaisons que les exigences de l'oreille rendent impossibles (1). En principe, la liaison ne s'impose que si le verbe est inséparablement lié par le sens au mot qui suit. On fera la liaison après voit dans il voit arriver sa mère ; mais elle ne s'impose plus dans il voit à côté de lui sa mère. De même il y aura liaison dans tu rends hommage à mes intentions ; mais elle n'est pas nécessaire dans je rends aujourd'hui mes comptes. Toutefois les liaisons tendent à devenir usuelles, même dans la langue courante. Elles soni répu-
et vers
incomplets
:
:
tu fasses
;
:
:
:
:
:
tées élégantes.
(1
)
\'.
au Pluriel des noms,
p.
103
LE SUJET. LA PERSONNE
254
Avec
les
observée.
verbes en
On ne
lie
la liaison
e,
plus Vs dans
téléphones à ton aisr.
A
la 3^
à la 2« personne {es) est de moins en moins :
tu
aimes à jouer
;
personne du singulier en
tu chantes à ravir /,
;
tu
la liaison s'observe
au contraire le plus souvent // vient à point ; il vit encore. Cependant, on ne rol)serve pas dans il sort à l'instant, il part en voyage : elle se fait là avec r. A la 3^ personne du pluriel, il y a lieu de distinguer. Les finales ent sont complètement mortes. On ne fait plus sans pédantisme la liaison dans ils aiment à tout savoir ; ils écrivent à leurs parents. Mais dans les finales :
:
:
toniques en ont.
un grand
bruit.
le
.'
se lie à la voyelle
suivante
:
ils
vont à la chasse
:
ils
font
CHAPITRE XI
NOMBRE ET DE PERSONNE AUX AUTRES TEMPS ET MODES
LES FLEXIONS DE
—
Présent du subjonctif. A ce temps, les flexions sont les mêmes pour des deux types, qui ont e ou au présent de l'indicatif
les verlies
,s
:
LE SUJET. LA PERSONNE
256
L'origine de ces désinences est assez obscure. Au début, les llexions ne mêmes dans tous les dialectes je chantoe est de l'Ouest, je par-
îont pas les
:
de l'Est. C'est ce dernier qui devait l'emporter. Depuis
teie est
on peut dire
qu'il existe seul je
tu il
partiez
parle ient,
ei étant passée à oi, on eut une nouvelle altération de l'orthographe a fini, au XYIII^
partoicnt. Enfin, après
étant passé à ai
(1),
s'est faite
en
je partoie,
s.,
il
parloit,
prononciation
par
se
:
conformer
oi
à
.s
raisons. Je rendoij était encore plus commun que je forme rendoie allait visiblement à la décadence. Seuls poètes y tenaient pour la commodité du vers.
5 et
pour
rendais au les
:
la
Quant à la généralisation de à la première personne, elle du XVI^ au XVII« s., en même temps qu'au présent des verbes
prononciation.
la
s.,
parlions
Plus tard, la diphtongue ils
XII>^
parleie parteies parteil
nous partiiens, vous parliiez_ ils
le
:
mêmes
les
XYI^
s.; la
Passé simple de avec
les
verbes
:
il
l'indicatif.
y a ai
trois
—
-
Dans
types généraux
ce :
temps,
les
flexions
varient
FLEXIONS DE
X.
ET DE PERS. AUX AUTRES TEMPS ET MODES
Le premier qui disparut
Imparfait du subjonctif.— Les du passé simple de
l'indicatif
lim-assc
257
fut perdi, perdiet.
:
flexions de ce
temps dérivent de
celles
LE SUJET. LA PERSONNE
258
La forme
remplacé une forme héréditaire
a
estoie
:
ière.
ières,
ièret,
qui n'a vécu que très peu de temps.
Passé simple de
l'indicatif. par analogie avec 2™« pers.
jui (assimilé en jus)
oi
eus,
fus
oûs,
eus, eus
fu, fut
ot
oui, eut
fusmes, fûmes
oiXmes, eilsmes, eûmes oûstes, eùstes, eûtes
fustes, fûtes
ourent, orent, eurent
furent
Futur de
l'indicatif
et
conditionnel.
arai, aurai, avrois
serai, serais
aurais...
serais...
Les formes du verbe être à ces temps, formes irrégulières, sont issues d'un radical ser, obscur. Les formes remontant au radical estre (ou ester) e.strai, n'ont pas survécu. :
du subjonctif.
Présent seie,
soie, sois
scies,
.soies,
seiet,
soiel, soit
aie
de-.
sois
.
.
seiens, soiens, soyons
etc
.
.
.
Imparfait du subjonctif. fusse etc.
.
ousse, eusse, etc.
.
Vue d'ensemble sur soit,
montre
le
résultat
les flexions.
du
—
.
.
Cet exposé,
travail d'assimilation.
—
A
si
sommaire
certains temps,
qu'il il
est
—
et elles étaient nombreuses achevé. Toutes les différences primitives qui séparaient les conjugaisons, se sont effacées, l'uniformité est complète.
Ailleurs, elle n'est
que
partielle
d'artificielles distinctions
;
mais
fondées sur
telle qu'elle est. elle suffit
à ruiner
l'infinitif.
Il n'est pas douteux qu'il survit quelque chose des flexions, et que ce peu de chose, que la conjugaison des auxiliaires, si usités dans les temps composés, a, sans doute, contribué à faire durer, doit être enseigné. Ce n'est
pas seulcmenl de l'orthographe
(1).
(1) Mais pourquoi se croil-Oii ol)ligé d't ludier tou'i les temps ù la lois ? Il n'y a aucun avanlage à faUguer rcnfaacc d'une kyrielle de formes dont la suite n'éveille dans les esprits que confu-ion. Ne vaut-il pas mieux étudier chaque lemps et chaque mode en son lieu ? Ce que nous avons voulu ici, c'est seulement rappeler qu'il y a des flexions réelles qui marquent les personnes, et des flexions orthographiqMcs. susceptibles de reparaître, au moins partiellement. I^cs conclusions s'imposent. Il faut com nencer cette élude par les verbes et par les lemps d'où a:;oir (au présent) les autres verbes au celte doub'e démonstration va jaillir; par exemple futur. Aucun ordre n'es! de rigueur. Po irquoi 1.' présent d'abord ? On continuera par (lime, linis, au présent et à l'imparfait (mélange de flexions réelles et de flexions orthographiques). ('.;• qui facilitera l'étude de ces te iips-là, ce sera de prendre des exemples dans les vers, où les flexions compt< nt et jouent un rôle, tels que Ai/ez soin que tous, deux fassent en (jens de cœur Unissez-vous ensemble faites une armce (Id., Ib., 1561) (coKN., Cid, 1455); Tn me Je remis en uos mains lonl le soin de son contois alors rins!oire de mon père (uac, Phèd., 74); son (Id., Alh., 190); D'une tige coupable U craint lai rcjelun (Id., Ib., 107). :
— —
:
—
;
—
CHAPITRE XII LE ROLE DES PERSONNELS DE CONJUGAISON
—
Origines.
En
m.
f.
personnels se sont substitués aux Hexions.
les
ne forment avecle verbe qu'un mot phonétique, qu'on prononce ou bien ch'chante. De même ils ne font avec lui qu'une forme.
:
:
naturellement pas toujours été
ainsi.
Dans
la vieille langue,
Ils
je
chante
Il
n'en a
on omettait
très souvent le pronom sujet, soit clans une proposition isolée, soit dans^ une proposition complétive, voire dans une proposition interrogative :
Oncles, ^ait-il, esteS sains suffisait à
exprimer
la personne,
On employait cependant
A
haiiie: ? {Cor. L.. 1157).
et
comme
le
temps ou
le
lui s^ui, le
verbe
mode.
d'abord lorsqu'on voulait insister ferai par mon fil (Alex., 31, 5)
les personnels,
—
sur l'idée du sujet Tu por ton père, jol Quand tU ies morz, diiliir est que jo vif Roi. ,2030; H. l., i, 226). On le trouvait aussi quand le verbe était avoir, faire, être, et commençait la proposition jo ai païens veiiz {Roi., 1039) ou bien si un complément précédait le verbe :
;
(
:
;
:
Il faut ajouter que, dès cette époque, on rencontre personnel près de verl)es où rien ne semble l'appeler spécialement, et,
jo VOS plevis (Ib., 1058). le
dès le XIII^
s.,
au fur
et à
mesure que
le
sentiment des flexions verbales
pronom sujet devint de plus en plus commune Mes le bon homme ne peut partir ne laisser sa femme, et est Ch. l., I, 455) à l'aventure prins et mené prisonnier villainement, et est batu et paye une s'affaiblit, la
présence du
:
—
grousse ranczon... pour esehiver qu'il ne soit pas prins, chasteau.
Mais
il
va
et
il
parmy
vient de nuiet en sa maison,
se retrait en les bois et
ung
ci
tas-
rompu et depiecê {X Y Joies, 132). Au XVP s., malgré lanécessité de suppléer aux flexions verbales défaillantes, l'usage du pronom sujet devant le verbe fut lent à se régulariser, et le pronom est souvent tons... tant qu'il est tout
absent
:
Si voulez venir avecques moi iusques chez
baillées (lar., Jal.,
bien la terre
jamais
le
me
i,
3)
;
— Que
porter ? (grév.. Les Esb.,
four qui doit finir
ma
le
frippier à qui les
reste plus ? (jod., Eug., v, 2)
peine
ii, 6).
? (h. l., ii,
Et Desportes 412).
11
;
écrit
ay
— Veult
:
Viendra
n'est pas impossible
que ces fréquentes omissions du pronom sujet soient dues à l'influence A partir du XVIP s. la question fut vidée, un pronom dut marquer
latine.
personne on le voit à la rigidité des règles qui exigent un sujet, sitôt que la personne change. Il ne reste comme exception que des formules Non fay, comprends pas As pas peur ! Ce sont des éléments lexicologiques qui ne font pas autorité pour la syntaxe (h. l., m, 478).
la
;
!'
:
LE SUJET. LA PERSONNE
260
—
Quand la Extension des personnels. L'impératif et l'analogie. est un ordre, un souhait, une demande, le nom de celui à qui
chose énoncée
on s'adresse n'est jamais exprimé dans le cas où l'on se sert de l'impératif à seconde personne. On ne dit pas Tu viens, mais viens ; de même venez !
la
:
:
L'analogie générale avait poussé à l'introduction des personnels de conVous soyez les bienvenus s'est dit en a. et jugaison devant les impératifs :
m.
nos
Cf. tu
f.
i
fai venir {Alex., 335).
226
ce tour (h.
l.. i.
soit bénie
et aussi,
un futur
!
de
mais
il
414).
y
Le XVII^
le sujet
de
détaché
a vu la disparition de
le
3*^
personne
commandement
est
:
Qu'elle
exprimé par
premier.
le
la
signifie
nullement que
le
chose ne figure pas dans la phrase impérative.
les désigner, soit
fiu
s.
reparaît à la
— L'observation qui précède ne
ait lieu
est
Mais
naturellement, quand
personne ou de
la
Soit qu'il
ii,
Tu passeras
:
Les vocatifs.
nom
;
verbe
:
Toi,
qu'on veuille y
mon
insister,
on l'exprime, -
écoule-moi un instant
frère,
:
Venez, peuples, venez maintenant, mais venez surtout, princes et seigneurs (Boss., Condé). (1).
Les mots
«<
vocatifs
»
ou interpellatifs sont souvent, par politesse, pré-
cédés de possessifs de respect, dont
:
Madame, Monsieur,
Messire,
Mon-
seigneur ont fourni le type. L'usage militaire (ignoré dans la marine) de faire précéder de
mon
le titre
des officiers,
mon
tend à généraliser ce tour; des prévenus disent
Mon
:
mon
lieutenant,
président.
On entend
général,
Mon
maire.
L'article
le, la, les.
au rebours du possessif, est souvent familier
:
Bonjour
l'ami.
Des expressions de commandement où gnent tout naturellement du les
gars
\)
même
!
Rélléchir sur une phrase coinmo
:
il
n'y a
jîas
de verl)e s'accompa-
vocatif. Debout, les morts
Allons, l'ons.
!
En
avant,
CHAPITRE XIII ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET
—
—
« Le sujet donne la loi Réalité de l'accord. I.'usagf. général. au verbe > disait Vaugelas. La formule est assez heureuse elle correspond bien à la réalité. Le verbe, élément variable, en rapport étroit avec le sujet, se met au même nombre, dans certaines formes où il a un genre, au même genre, et, dans les formes où il a des personnes, à la même personne que son sujet. Il y a accord, et accord écessaire Des chevaux boit ou vous boivent n'est pas du français. D'instinct toute personne qui sait la langue dit boivent, buvez (1). Cependant, si simple que semble pareille règle, elle présente, et en grand nombre, des difTicultés d'application. Il faut distinguer en effet, aux temps composés, entre les verbes construits avec être et les verbes construits avec avoir. Les premiers accordent norma;
,
:
:
:
lement leur participe avec le sujet Elles sont arrivées par la pluie. Les seconds gardent leur participe invariable, s'ils sont subjectifs Elles avaient cependant bien couru pour éviter l'averse. Ils l'accordent ou ne l'accordent pas avec l'objet, suivant des cas que nous :
:
verrons,
s'ils
sonl o!)jeclifs: L'averse qu'elles ont reçue ne les a heureusement
pas transpercées; Il
y
elles
avaient gardé des manteaux.
a plus. Les verbes construits avec être ont été aussi,
alors qu'ils étaient
avec avoir. Quand
pronominaux ou
réfléchis, assimilés
ne sonl pas réfléchis,
ils
Nous redresserons en temps
et
ils
—
—
à tort
aux verbes construits
s'accordent avec leur sujet.
lieu la fausse règle
que
l'on
donne à
ce
propos.
ACCORD AVEC UN SEUL SUJET
A. fo
Accord avec
le
sens.
pas en rapport exact avec riel,
nous l'avons
dit à
qui se rencontrent dès
—
-
Il
le sens.
arrive d'abord que la forme
Un singulier peut
éveiller
propos du singulier d'espèce.
l'a.
f.
Il
du sujet n'est une idée de plu-
y a d'autres
cas,
Ainsi gent entraîne souvent un verbe au pluriel
Rome
:
cm, 1). Cet accord avec le sens, et non avec la forme, se rencontre encore au XYI^ s. et le trèfle y croissoient par les pastis herbeux (am. jam., ii, 213) Ne tay que leur Si s'en
commurent
tote la
gent de
(Alex.,
:
;
—
(1) On ne peut pourtant pas, à proprenaent parler, dire qu'il y a accord en personne entrele verbe et le sujet, puisque les pronoms sujets sont là pour marquer la personne. En tous cas, personne du verbe et personne du sujet vont ensemble, commandées par l'idée. Il y a accord.
,
LE SUJET. LA PERSOXXE
262
bonté royale Ont ouvert
comme
classée
main
la
ligure, et qui est
libérale (baïf,
commune
ii,
459). Cette
syllepse
«
en latin, ne déplaisait pas
ii
«
Vau-
malgré son amour du régulier. En L'époque moderne n'a pas conijîlètement abandonné cet usage vain le four succède au jour. Ils glissent .sons laisser de trace (lam., Médit.. 8). Le mot jour est bien employé au singulier dans la première proposition, mais comme il est répété, il suggère l'idée du pluriel qui apparaît dans la
gelas,
:
2^ proposition.
Inversement un pluriel peut évoquer une idée de singulier Cinquante domestiques est une étrange chose (sÉv.. Lett.. dcccx). Voici une phrase les diverses façons de Sf-Simon tout à fait irrégulière, mais fort juste :
:
qu'on leur donna (aux billets de loterie) fit ramusement du roi (vu, 140). Le sujet peut être un nominal de quantité la plupart, peu. beaucoup ;
met d'ordinaire au
alors le verbe se
pluriel
:
travailler à leur perfectionnement moral, la plupart n'y
beaucoup
jj
échouent, peu se montrent persévérants
se produit des Avec plus d'un, La forme sent le singulier, le sens est
hésitations
il
;
Les hommes devraient tous
même
pensent
pas,
(1).
i)ien
compréliensibics
(2).
inconteslaljlement un pluriel. L'usage
—
Plus Plus d'une Pénélope honora son pai/s (boil.. Sot., x) i^unguéret s'engraissa Du sang de plus d'//nr bande (la font., Fab., iv, (i) Au contraire Plus d'une parmi ell'S sont sorties du monastère comme j'en sors aujourd'hui (muss.. éd. Lem.. ht. 2'.)6\ (3). a hésité
:
;
;
—
:
Le sujet est accompagné d'xin
—
nom
en dépendance. 11 arrive un nom en dépendance du sujet Quand le dos escumeux des ondes empoullées S'enflent (konsabd. iv, L'aspet de Mercure et Saturne Me firent prompt (baïk, ii, 118 et 389) 460 et 470). Cette syntaxe du X\'I'' s. n'est i)as étrangère à la langue contemporaine Aucun des gens t/ui étaient là ce soir nr sont nos amis 2°
fortsou^•enl ((ue l'idée de i)lurnlilé est éveillée par :
;
—
:
(don.,
Le plus
La
Pair.,
sl'jkt
t.
).
ux nom ou in nominal dh qi'antité.
i;st
fré({uenl
1
est
où
celui
le
sujet est
un
nom
—
Le cas
le
ou un nominal collectif
Ainsi Voffuier pow les piices d' honneiiv étail vraiment inulile: beaucoup (1) Au conirare de cierges valait mienr ! (Fiaub., Éduc, II, 245) Sur toutes Ips difTicultés d'accord, voir bastin. Le verbe (ians.Ui I. fr.. SI Pélersb., 1896. :
(2)
Jusqu'au X^"1I«
s.
.on
liésita aussi
cutro
}'intit el
:
un cheval
cl
vingt
et
un chevaux
(n. L.,
m,
473).
Dérogations à l'aecord à cause d'un infinitif qui suit. Apit^ ramuissemenf de e. on disait : enfant, avec un u bref. Vaugelas voulait venvs avec un n long, c/Ze est uen\i cherche- s le parlicipe restât invariable. Mc^Miat? el d'autres jugèrent qu'on compliquait inutile(o., A. de B., Re/Î., ciiose.s voir i, 58 ; cf. Vaug., ii. 281 ment tes en imposant cUp m'est venu 352; Bouh., Suit., 347). Beaucmp d'écrivains classiques laissent le participe invariable, ce qui n'a point ntims illustres la fortune avnns-n >us... de explique l'opinion de \nugelas que Combien mis entre les mains du peuple, mois qu'elle même est allé qucrir sous terre (Malh., Ei>it. de Sén., L.wix, II, 615) Quelques mousches qui e
m
elle est
donc que
•
;
:
:
;
—
—
ACCOJiD
nom
suivi d'un
une partie du pain règle générale
:
DU VERBE AVEC LE SUJET
en dépendance au pluriel était
:
263
une foule de gens étaient partis ;
mangé. Sur ce point Vaugelas avait donné une le nom en dépendance. Le vrai
l'accord devait se faire avec
yeux, n'est pas le collectif, mais l'expression complète, collectif complément. Toutefois, même après Vaugelas, l'usage des auteurs préce peu de chrétiens métis... fut bientôt extersente une grande incertitude J'estime miné ou réduit en servitude (volt.. Ess. s. les Mœurs, lviii) qu'une douzaine d'années suffira pour changer en hommes ces automates cette intime dépendance où l'ensemble vivants (fourier, Œuv., i, 67) sujet, à ses
et
:
;
—
—
;
de nos conditions propres tcmt intérieures qu'extérieures retient inévitable-
ment chacune de nos études positives (comte, Esp. pos., 21) de pensées me roulait dans la tête (lam. ,Jor.. 26 sept. 1800);
;
de verres à moitié pleins couvrait
Les
pluriels, bien
le
plancher (flaub., Éduc,
entendu, abondent dans
les textes
:
— Un torrent — un bataillon i,
de tout grade arrivaient chaque jour en poste (michel., Rév.,
Tout dans
ce
que
je vois de
214).
une foule
personnes de bon sens entrent plus dans
i,
d'officiers
370)
;
—
que
ses raisons
—
(boursault, Let. noiuK. i, 167) Un nombre infini de filles ou séduites font les hommes beaucoup plus mauvais qu'ils ne sont (montesq., Let. Pers., lxxxiv) bien peu d'idées, de façons de sentir leur peu d'amis la regretétaient communes (p. et v. marg., F. nouv., 75) tèrent (flaub.. Un cœur simple, 30). Mais il y a des cas où l'expression de quantité est l'idée importante. Le peu L'accord se fera donc dans ces cas avec l'expression de quantité de connaissances qu'il possédait a déterminé son échec. L'échec est dû non pas les vôtres
;
ravies
;
—
;
—
:
aux connaissances, mais à
leur petite quantité (cf.
:
Le peu de connaissances
Ce sont les connaissances qui ont été utiles, et non pas le petit nombre). D'après cela on comprend qu'on puisse dire un trop grand nombre d'enfants ne se rendent pas compte des sacrifices de leurs parents, et que Pascal ait écrit un trop grand nombre d'enfants peut ruiner
qu' il possède lui ont été très utiles.
:
:
une famille.
Mais ces distinctions, trop rigoureusement logiques, ne sont pas toujours Le peu de meubles qui se là, au XIX<^ s. (1). A côté de trouvent dans hs habitcdions espagnoles sont d'un goût affreu.x. on trouve observées, loin de
:
:
Le peu d'ouvrages dont les
je
me
suis pénétrée, depuis que
j'e.viste,
quelques qualités que Dieu m'a données (g. sand). Cf.
de biens qui lui restait (dumas, Monte-Christo.
L'accord avec un
des.
—
i.
//
a développé
a vendu le peu
254, dans bastin,
o.
c. 8).
une des misères plu-ase comme aucune contestation, il faut le singusuivi d'un relatif, le verbe doit-il être au
Dans une
:
des gens riches est d'être trompés en tout, lier.
Mais quand
singulier
le déterminant est ou au pluriel ? Dans l'ancienne langue, l'accord
était libre.
Au
i//i peu de connaisstinces sujJH ou (1) L'arrêté du 26 Février 1901 autorise indifféremment exemples réunis par les grammairiens hétérodoxes, tels qu'AUBERTix, d'à. mod. des écrivains français, 4^ éd., 1861, 427 et suiv. :
suffisent. Cf. les
LE SUJET. LA PERSOXXE
2C4
XVIP
s.,
on ne parvint pas à établir une règle générale, et les grammairiens faïj-e une distinction, suivant que le relatif se rap-
ont par la suite essayé de
porte à un ou au déterminant. La distinction n'est pas toujours facile, et L'astronomie est une des sciences qui a fait ou qui l'Académie accepte font le plus d'honneur à l'esprit humain Cf. Une des femmes d' Angleterre :
qui a
le
plus d'esprit (volt.. Let. Phil.. xr)
femmes 103)
— C'est une de mes poésies qui a
:
;
— C'est une des plus charmantes
qui se puissent trouver à votre cour (sardou, le
de mes lecteurs (lam.. Conunent. de la 14^ Méd.)
auteurs qui a eu
du XVIII^
le
plus d'esprit (duch.
400)
s.,
La règle générale. ciens
du
et, si le
était
Lettres
noms
sujets, et que,
quand
second ne faisait que doubler en quelque sorte
synonyme ou approchant
«
un des
Rousseau
le plus rapproché (ii. l.. i, 222). Les théorimontraient encore hésitants. Vaugelas avait l'instinct
qu'il fallait considérer le sens des
par
est
;
— Le verbe peut avoir plusieurs sujets. La tradition
de ne faire laccord qu'avec se
—
de choiseul. dans lanson.
ACCORD AVEC PLUSIEURS SIJETS
élail
s.
m.
(1).
B.
XVI le
Sans Gène.
.U'"*"
plus de retentissement, dans l'àmc
«
,
l'idée était une.
Il
le
étaient unis
ils
premier, dont
fallait
il
donc garder
singulier Sa clémence et sa douceur était incomparable (h. l., m, 527). L'Académie ne partagea pas l'avis du maître. Elle formula ainsi son opinion On a jugé non seulement que deux synonimes les plus parfaits qu'on pourroit trouver régissent le verlie au pluriel, mais que ce seroit pécher contre le génie de nostre langue que de leur faire gouverner un singulier. » (vaug.. i. le
:
:
<
351).
La question
resta en suspens, et l'on continua à discuter
d'additionner ou non
les sujets
singuliers.
s'il
convenait
Le sens des conjonctions
ser-
vant à l'union des sujets importait avant tout. Ou, par exemple, ne mar([uait
pas une réunion aussi forte que
sur
signification à
la
se poursuivit tatit
et.
Particularités dans l'accord en et. le
—
-
Dans
Les controverses portèrent donc
donner aux conjonctions de coordination, que dura l'école des logiciens.
frère aîné et la
sœur sont
là.
On
a
—
nombre.
cas ordinaires, point de doute
les
même
;
et le
débat
A. Sujets unis par
les sujets
s'additionnent
:
professé c[ue cette règle ne com-
porte pas d'exception, c'est une erreur.
La
théorie la
mieux fondée en raison paraît
être celle de
Domergue,
très
judicieuse et très tolérante, d'après laquelle, lorsque, dans plusieurs noms, l'esprit
ne considère que
le dernier, soit
parce que
le
dernier explique ceux
qui précèdent, soit parce qu'il est plus énergique, soit parce qu'il est d'un (1) I/aiTct6 do 1901 considère que la question d'accord dans ce cas est une délicatesse de langage qu'on n'essaiera pas d'introduire dans les examens. (Voir des exemples et une discus-
sion serrée
dnns tobi.eb, Mal.,
30.)).
ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET
265
mots correspondants (verbe* attribut, adjectif, pronom) s'accordent avec le dernier nom. Dans cette transgression de la règle des grammairiens, je vois, dit-il, un véritable respect pour les principes de la grammaire (Gram., 128). Domergue n'admet du reste guère que Ton puisse employer et. lorsqu'il n'y a pas addition des intérêt qu'il fait oublier les autres, les
tel
sujets.
Malbeureusement pourraient faire
ne renseignent pas toujours sûrement;
les textes
que
foi
s'ils
ils
ne
n'avaient pas été corrigés par les protes. Voici
des exemples qui ont précédé l'établissement de la règle et qui sont très caractéristiques
Bérénice et son
:
(pAsc.\L, Pens., éd. Molin.,
i,
l'accord a lieu avec ce seul sujet. ture et les prières de l'Église des
le
rouge
rend affreuses (la
les
On
globale, le tard (1).
mots
Des
italiens (volt..
triste sévérité de
bp...
et
des sentences contraires (Id., Ib.,
celle
de ses serviteurs
—
;
du XVIIle
goûts des peuples)
;
—
-
s.
:
i,
blanc et
une idée
La douceur
et
génie des auteurs
le
Souvent la véhémence
son discours protégera la vertu opprimée
et
triomphant (d'aguesseau, Disc, sur l'union de la philos,
—
le
Car., des Fem., 6). L'idée est
cite d'autres phrases,
diff.
est Bérénice,
a mis dans l'Écri-
et les apôtres...
langue ilalimnc s'est insinuée dans
la mollesse de la
vice
— Dieu
Dieu l'emporte sur
196). I/idée de
tuée par Séleucus Callinicus
fut
fils
Le personnage important
220).
et la
fera trembler U et
de l'éloq.).
et Vauque par conséquent le verbe doive se mettre au pluriel. Sous l'influence de la syntaxe mais la plupart latine, quelques grammairiens admettaient le singulier exigent que le verbe soit au pluriel. Quant aux écrivains, leur doctrine n'est pas fixe les classiques hésitent entre les deux usages, et l'on en trouve qui les suivent tour à tour L'un et l'autre rival, s' arrêtant au passage. Se mesure L'un et l'autre, des yeux, s'observe, s'envisage (Boil., Lutrin, v, 113) à mon sens, ont le cerveau brûlé (Id.. Sat., iv, 72). Même au XI^X*? s., on trouve encore des verbes au singulier. Aubertin (o. c. 246) cite leurs yeux
L'un
tre,
et l'autre.
semble que
il
Quand deux
sujets sont représentés par l'un
de pluralité s'impose dans
l'idée
le sujet et
;
:
:
—
;
:
se rencontrèrent
Mais
dans
la glace
;
l'un et l'autre fut embarrassé (mériiMée).
la règle actuelle exige le pluriel
par nos
lois
(dufaure. Pour
B. Sujets unis par avec.
l'év.
—
:
l'un et l'autre sont également protégés
d'Orléans. 18(50,
ib.).
Avec peut joindre au sujet un autre sujet
peut introduire un accessoire du sujet. verbe se met au pluriel Le singe avec le léopard Le Comte Piper, Gagnaient de l'argent à la foire (la font., Fab., ix, 3)
de
même
Dans
le
importance, ou bien
premier
il
cas, le
:
:
avec quelques
Dans
le
officiers... étaient sortis
second
cas,
il
de ce
s'accorde avec
le
camp
—
(volt., Charl. XII.
premier mot qui seul
1.
iv).
est sujet
:
(1) Dans les vers, on laissait souvent le verbe au singulier : On dit que ton front iamie el ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur (boil.. Lutrin, i, 2.S1).
LE SUJET. LA l'ERSOXXE
26G
mon
père, avec ses deux domestiques est arrivé ce matin
avec
ses
Lacédémoniens, qui
Tél.,
IX,
fin).
même quand
en est de
Il
Y
a jomlé
— c'est Phalante,
;
nouveau roijaumc
ce
(fénelon,
sonL réunis par comme, ainsi que.
les sujets
verbe se met au pluriel. Les tlicoriciens donnent des
a-t-il liaison, le
exemples Votre père en mourant, ainsi que votre mère, Vous laissèrent de dans la Grèce. Bacchus ainsi qu'Hercule étaient bien une somme légère ; :
Mais cite
:
—
comme
adorés
y
s'il
le
des demi-dieux.
une idée de conipar:uson.
a
nourrisson du Pinde, ainsi que
préfère un beau laurier
;
ses semblables. L'arrêté
— l'éléphant, comme
— mais
pas /'Église
ce n'est
vitraux, ses lueurs, ses abîmes,
Omb..
(V. H.. R(uj. et
iv.
A
on pourrait
tout l'or
le castor,
aime
faire les
mêmes (p.
On
du Pérou
la société de
verbe au pluriel,
le
va descendre en notre âme
la nuit et toutes ses horreurs ;
verbe se met au singulier.
de 19U1 tolère toujours
raison, car sur des sujets unis par et
37)
le
le guerrier,
et
a
il
distinctions
borel. Put.,
,
i.
voûtes sublimes, Ses porches, ses
et ses
Sa façade
et ses tours,
qui fascine mes
ijeu.z
Reg. jeté dans une nians.).
g
—
L'accord n'a généralement lieu Sujets unis par mais encore. le dernier sujet. Donc, s'il est singulier, le \erbe reste au singulier. Vaugelas du moins avait donné cette règle non seulement toutes ses richesses et tous ses honneurs, mais encore toute sa vertu s'évanouit (n, 88). Cependant on trouve souvent le {)luriel. Bastin cite non seulement sa chambre ou sa cellule, mais sa table même étaient toujours bien rangées (c^c n'iiAuss.. Lacord., 175, R. i\I., l'''' mai 1890). C.
qu'avec
:
:
D. Sujets
distinctes,
on met naturellement
s'accoutumer à l'espèce humaine, la peur,
—
non unis pah une conjonction.
sujels au singulier, qui ne sont pas
nous l'ont
le
Quand il y a plusieurs synonymes, mais expriment des idées verbe au pluriel // faut du temps pour :
que l'intérêt, l'affection, la vanité,
telle
faite (b. const.,
.\(l..
eh.
d
le ton, l'attitude, tra-
;
hissaient la grande familiarité dans la maison de la bonne a tout faire
mal
rétribuée (\. daud.. In}m.. 7).
Cependant
il
y a
lieu
de considérer
si
le
dernier sujet n'attire pas parti-
culièrement l'attention, soit parce qu'il exprime une. idée nouvelle, parce qu'il renchérit sur
on le
le
les autres, soit j)our
met en lumière en ne
père
et le
(volt..
faisant l'accord qu'avec lui seul: J'ai pour aïeul
maître des Dieux
Poème
de
:
Le
tout l'univers est plein de mes aïeux
ciel,
— Louis, son — une Fontenoij)
(rac. Phèd., 1275)
soit
toute autre raison, auquel cas,
fils,
;
;
l'État, l'Europe csi dans vos
mains
étendue, une ampleur, une rotondité
(s^c beuve, P.-Ii.. u. 5 IN) sa longue redingote costume sentait /' pédagogue (fuaub.. Éduc, i, 89). Il est ])ien entendu ([ue le singulier s'imiiose. si de\anl le verbe se trouve un mot tel c[ue tout. rien, personw. (pii résume en (lueUpie sorte les divers
qui sentait
le
barreau
noire, tout son
;
ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET sujets
:
Renwrds. crainte,
Femmes, moine,
périls, rien ne. m'a. retenue
vieillards, tout étoit
E. Sujets conjoints
(rac,
267 Brit.,
1279)
descendu (la font., Fab., vu, 9)
ou disjoints par
ni.
—
Ici
il
y
a hésitation.
le singulier,
ne peut y avoir qu'un des sujets qui fasse l'action ni M"" le Comte qui sera nommé ambassadeur ;
ne sera ni M'^
—
mon
père, parce qu'il n'y a
père.
Mais
si
les
deux
ce
—
il
On disle
il
Duc,
ni l'un ni l'autre n'est
qu'un ambassadeur à nommer,
sujets font l'action,
—
(1).
quand
tingue une tendance chez les grammairiens à imposer :
;
faut
qu'il
le pluriel
n'y
a
qu'un
Ni la douceur
:
: Ni le Juif ni le musulman n'ont compris d'amour (ren., Jés., cli. v). L'usage des auteurs ne s'accorde pas toujours avec ces théories, et on rencontre fort souvent le singulier là où la règle réclame le pluriel Ni mon grenier ni mon armoire Ne se remplit à babiller (la font., Fab., iv, 3) L'un ni l'autre jamais n'ose lever les yeux (rac, Phèd., 868) Ni l'une ni l'autre manière n'est élégante (volt., Comment, s. Hor., ii. v. 5) (2). En langue moderne, le pluriel est extrêmement fréquent Ni le mari ni Mais ni la Reine la femme ne regardaient ci l'argent (balz., Birott., i, 87); ni l'évêque ne crurent prudent de parler au roi (iviichel., Rév., m. 28). L'arrêté de 1901 tolère les deux syntaxes.
ni la force
n'y peuvent rien
cette délicieuse théologie
:
;
—
;
—
:
—
F.
—
Sujets conjoints ou disjoints par ou. Il est peu de points sur il y ait moins d'accord entre les grammairiens. La théorie qui se
lesquels
dégage de leurs discussions est que,
s'il
y
a véritablement exclusion de l'un
Quel charme OU quel poison en a tari la source ? fRAC, Phèd., 190). Mais si les deux sujets ont pu contribuer à l'action, ou supporte le pluriel Bailliage, lieu dans lequel le Bailly OU son Lieutenant rendent la justice (académie, Dicl., I(i91) une suffisante unité philosophique, équivalente à celle que constituèrent passagèrement la théologie OU la métaphysique (comte, Esp. pos., 37) l'exil. OU la prison, ou le couteau mortel, N'épargnent nul de ceux qui montaient à l'cuitrl (lam., .Joc, 6 août 1795, des sujets. Taccord doit se faire avec le dernier seulement
:
:
—
:
;
—
soir).
L'arrêté de 1901 est
muet
sur ce point.
Accord non grammatical. sl
maticalement question de deux
M
l'action.
11
— Dans certains sujets.
en résulte des pluriels
:
la
cas, il ne peut être gramy a pourtant plusieurs auteurs de noblesse de Rennes et de Vitré l'ont Il
U) Il peut se laiio qm- lo mot loul placé en tête domine toute la suite di-b suiet> et n:ir conséquent entrauie le singulier Tout ce que j'ai souffert, mes craintes, mes transports, La fureur de mes feux, l'horreur de mes remords. Et d'un refus cruel l'insupportable injure N'étoit qu'un foible essai du tourment que j'endure (rac. Phèd.. 1221)). :
(2) Cf. ûa/i.f ce cœur rnalheureu.v son imafje. est tracée effacée (voi.t., Œdipe, m, 1).
;
La vertu
ni le
temps
n*-
l'ont point
LE SUJET. LA PERSOXXE
268
élu malgré lui (Sév.. l'ont
premièrement
LdL, mcli)
(1)
;
—
M.
Petit,
saigner quatre fois
fait
en
soutenu de M. Belay,
trois jours
(Ead.,
//).,
DCCXXVIj.
va très loin en ce sens Un jeune montagnard, Sur la même racine étaient assis tous deux (lam.,
L'inslincl de la langue
près d'une jeune
fille,
Joe., 6 juil. 1793)
;
:
— heureux
d'être,
joyeux d'ain^er. ivres de voir. Dans
l'ombre, au bord d'un lac. vertigineux miroir. Étaient assis, les pieds effleurés
Le premier homme auprès de la première femme (v. h.. Lég.. nous allions nous mettre à table devant le grand feu de la haute cheminée, où rôtissaient un rable de lièvre flanqué de deux perdrix qui sentaient bon (maupas., Le Vagabond, 103, Vn réveillon). Inversement il y a deux sujets, en ce sens que !e sujet est lormé de deux ternies, mais l'idée est unique, le singulier prévaut le naistre et le mourir est presque un mesme poincl (montch., Trag., 87, Escoss.) Cliion n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le .soir (ï^.\ bu.. Car.. De l'homme. 122). par
la lame,
Sacre de la
f.)
;
—
:
;
—
—
Dérogations à l'accord sous l'influence de l'inversion. En a. quand k- sujet ou les sujets suivaient le verbe, il arrivait souvent que l'accord ne se faisait point le genre, le nombre du sujet étant inconnus au f.,
;
moment où
prononce le verbe, rien n'impose encore une variation de forme destinée à le mettre en accord avec le sujet kar des dames est avenu L'aventure dont H lais fu (mar. de frange, EL. 25). Au XV I"^ s. semblable chose que moi] a faict Léonard Aretin, Sannasare, Petrarcque, Bembe (dolf.t. l'on
:
:
— connue
Man.
de trad.. 4)
410).
Comparez au
;
XV IF
fait le
vin et l'amOur (mont.,
appartient la gloire, la majesté et l'indépendance (boss.. la provid(nc(
rOdyss.)
i
II.
;
h. l., ci
mes
excite en
esprits
ii.
qui seul
de Fr.)
des Dieux, de qui dépend toutes choses (rac, vi, 63,
— quel nouveau trouble
:
m,
Celui qui règne dans les deux...
s.:
;
Rem.
— s.
Le sang dU père, û
larmes du fils (Id.. Mithr., 16 15 n. l., m, 535). Des exemples analogues se rencontrent jusqu'au XIX^ s., mais seulement quand le verbe a plusieurs sujets non lies par conjonction une grande chose commençait ; quel en serait le progrès, l'issue, les résultats, qui pouvait ciel, et les
;
:
le
dire? (michki.., Rêv.,
bores, des belladones,
qui
les faisait
i,
147);
—
Des mandragores, des ciguës, des
ellé-
montait un vertige à leurs tempes, un assoupissement
chanceler (zola, Ab. Mourel, 257).
La différence dans l'usage général tient certainement à ce qu'en langue moderne nous usons d'un tour impersonnel, dont il a été parlé plus haut. Soient
phrases: Alors n'estoit nulles nouvelles de guerre en France
les
Paris. 3)
;
—
Dy moy comme
sa race autres fois
ancienne Dedans
(.7.
de
Rome
accoucha d'une Patricienne, D'où nasquit dix Catons et quatre vingt prêteurs (regn., Sat., x). Partout, en langue moderne. nous emploierons // : tl)
Nous avons
{\. p. 192-193
1.
dil qu'en pareil cas
il
n'clait pas encore d'usage de dire:
cl celle
de Vitré.
ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET il
n'était pas question de guerre,
cents,
il
en est mort vingt,
il
naquit dix Calons
en
cf. il
;
269 est parii trois
etc.
Accord en personne,
—
Une première quesLion se présente, eelle de le verbe, quand il y a des sujets de per-
savoir à quelle personne mettre
sonnes différentes. ire; à la 2^,
met
se
Il
à la
personne,
l'"'^
n'v a que des sujets de la 2^
s'il
tous les cas, le verbe se met au pluriel fier
moi //
à ses promesses
— Vous
;
et lui
:
Vous
si
fiin des sujets est de la la 3^
el
de
et
moi avons eu
vous en repentirez
personnes.
—
;
Dans
de nous
tort
a eu la basse cruauté de
karr.
me
dire...
que
Elle ainsi
évitions autant que possible ces rencontres (e. sue, Mijst., u, 02)
—
;
que moi et mes dépenses exagérées
Au
de nous sortions tous les nous sortions tous les jours nous nous sommes rencontrés encore une fois avec le président avec lui de la commission (1). Cf. ce que nous disions. nouS deux ton frère. L'esprit se porte sur le groupe, d'où le pluriel du verbe. Quant à la personne, elle
l'avons ruiné
(a.
jours, lui et moi. ;
—
on
est choisie suivant les
La personne dans tions conjonctives,
personne que
le
Tilleuls, 1 12).
dit très
souvent en
mêmes
f.
lieu
m.
:
:
usages qu'ailleurs.
— Dans
les propositions conjonctives.
deux
possibilités se présentent
:
mettre
le
les
proposi-
verbe à la
même
représentant sujet, qui est toujours de la IIP, ou, par dessus
le représenté, cjui peut être de la P ou de la IP. y a, dans les plus anciens textes, des exemples de cette dernière syntaxe, là où le sens l'imposait Bels reis qui lot governes (Alex., xli, 201). Meigret Loger la recommande au XVI'' s. Cependant l'autre était fort commune chez moy, qui le tiendra comme un hoste estranger (rons.. ÉL. iv). Depuis l'âge moderne, il est d'usage de faire l'accord Vous qui pleurez, venez à lui. Restaient des cas particuliers. D'abord celui où le i^ersonnel est précédé de c'est. Un seul exemple montrera combien à l'époque classique on hésitait encore: Monsieur, n'est-ce pas vous qui vous appelez Sganarelle? Eh quoi ? Je vous demande si ce n'est pas VOUS qui se nomme Sganarelle (mol.. Méd. m. /., i, 5). ]Mais Yaugelas posa en règle qu'il fallait s'en rapporter à l'antécédent Si c'estoit moi qui eusse jait cela. Peu à peu la langue littéraire se conforma à cette règle, qui avait les apparences de la logique. si Toutefois Vaugelas lui-même notait que le grand usage était pour
le
représentant, considérer
Il
:
:
:
—
—
:
:
c'estoy
moy
qui eust fait cela
Le peuple ne l'usage ancien
:
s'est
(i,
168).
pas rangé à ces théories
de la maréchale Lefebvre, qui s'écriait
(1) Tobler, V. B., (2)
m.
:
moi qui l'a fait (2). y avait hésitation aussi quand l'idée était générale
continue à dire Il
in. l.,
.535-536).
Il
suit
Le Magnif.. 162). A l'exemple c'est nous qui sont les princesses, il
C'est vous qui parle (la font..
:
c'est
3*-
sér., 14
:
je
ne vjis que vous
.
Tobler a cité des exemples modernes, sans bien
les
comprendre {Mél.,
I,
243).
LE SUJET. LA PERSONNE
270
Et ceci est fort naturel, l'idée est en ne vois personne qui le puisse arrêter, sauf vous. A l'époque classique, on trouve parfois la 3^ personne 7/ n'y avait que moi qui la pût inforBritannicus est seul. mer de tout ce qui s'étoît passé (la rochef., ii, 29) qui le puisse arrêter (corn., Nie, 37). effet
:
je
:
;
Quelque ennui qui
le
dans son
presse, Il ne voit
(rac, Brit., 655). Aujourd'hui encore, que vous qui puisse le tirer d'affaire.
il
sort
—
que moi qui s'intéresse
paraît logique de dire
:
Je ne vois
La question devient très délicate, quand il y a entre le verl)c et le conjoncun attribut qui pourrait être l'antécédent du conjonctif. Doit-on dire Nous sommes de pauvres voyageurs qui sommes ou qui sont égarés. Nous sommes les voyageurs qui avons... ou qui ont été envoyés dans une fausse direction ? Dans le l'"'' cas, il y a tendance à faire l'accord avec le pers(înnel, quoiqu'on trouve la IIP pers. dans le second, au contraire, c'est l'attribut tif
:
:
;
qui détermine la personne du relatif.
avec l'antécédent, ce qui légitime la III^
personne.
Cf.
la
En
effet, la
conjonctive fait corps
présence de l'article défini
Nous sommes
;
on emploie
ainsi quelques fossiles qui subsistent
un monde nouveau (flaub., Lcf. à G. Sand, éd. Charp., 187). conjonctif avait pour antécédent celui, autrefois on faisait fréquemment l'accord avec l'antécédent de celui Je suis celui qui suis ; Je suis celuy qui ay porté ces nouvelles à la Royne (duval, Esch. franc., 186) Êtes-vous celui qui devez venir? (boss., Cœci vident, 1665, l'^rpx.). Malgré la préférence que certains théoriciens du XV IP lui accordaient, ce tour a égarés dans
Quand
le
:
;
—
disparu dès
—
le
XV 111°.
CHAPITRE XIV
TROUBLES DANS L'EMPLOI DES NOMBRES ET DES PERSONNES INFLUENCE DE l'eSPRIT DE POLITESSE
—
Emploi de la 2*- personne du pluriel. Vous, Tu. Pour témoigner""/ du respect, on fait la substitution du pronom pluriel au pronom singulier de la même personne. A un vieillard, à un inconnu, on dit Vous permettez 7-^ |
:
au lieu de le français.
Ta permets
:
Au V^
marque de respect. aux empereurs qui pape (V*' s.). Dans (h. l., le
23G)
I,
tuen cors
—
;
?
Cette 2« personne plurielle est plus ancienne que
de notre ère, les auteurs latins la considèrent
s.
comme une
Elle est venue probablement de l'usage de s'adresser étaient les
deux
;
on
l'a
anciennement employée chez
Sire Alexis, toux jorz t'ai desidret
ploret,
E
toutes feiz
por
tei
Com
mudede vostre
vei
E
toutes lairmes
por
en loinz guardet. Se revenisses ta
spose conforter, Por félonie nient ne por lasser bels vis, bêle faiture.
le
plus anciens textes français, vous et tu alternent
!
(Alex., 95)
bêle figure
nule créature. Si grant dolor ai m'est apareudc
!
!
;
—G
bêle boche,
Plus VOS amai que
Mielz me
venist, amis,
que
morte fusse (Ib., 97).
Au XVJe
s.,
Pasquier a
d'une de ses Recherches
:
fait «
de l'usage du pluriel pour
le singulier l'objet
encore tutoyons-nous ceux-là... avec lesquels
nous exerçons une bien grande privante, et encore nous dispensons-nous quelques-fois dans nos œuvres Poétiques » (Liv. viii, ch. iv). Au XYII^ s., dans la langue de cour, on n'emploie le tu que pour les gens de basse condition (h.
l., IV,
375-378).
Même
en famille, on se dit vous,
comme
en Angle-
jamais tu ny toy en François, dit un manuel du temps il n'y a qu'un maistre qui puisse dire tu ou toy à son valet, qu'il doit même traiter de vous en luy écriuant. La ciuilité dont toute nôtre langue est rem-
terre
plie,
:
'(
me
On ne
dit
:
dispense d'en apporter des exemples, parce que ce seroit vne chose
superflue.
.le
diray
seulement icy en quelles rencontres on peut dire On peut dire toy lorsqu'on
en parlant, ou en faisant parler quelqu'vn.
toy,
fait
deux égaux, pour marquer, ou leur grande familiarité, ou leur grande ou avec grande indignation ou avec grande haine lors qu'vn homme est fort en colère, ou qu'il parle auec mépris contre quelqu'vn; lors que Dieu, vn Ange, ou vn Prophète parle aux hommes lors qu'on fait parler vn barbare, ou vn homme fort inciuil.
parler
affection, lorsqu'on fait parler quelqu'vn, :
;
LE SUJET. LA PERSOXXE
272
qu'on parle à vn homme mort, ou qu'on le qu'on se parle à soy-méme, à son ame ou à son corps, ou à vne partie de soj'-méme » (de i/estang, De la traduction, 57),v^
pour marquer son
fait parler
Au
inciuilité; lors
luy-méme
et lors
;
théâtre, tu el vous alternaient souvent, appliqués à la
même
personne,
parce que ces mots correspondaient à deux états d'âme qui se succèdent chez celui qui les emploie Néron, parlant à l'affranchi Narcisse devant Burrhus, :
Brit., 372). Et lorsqu'ils sont seuls, questionne ainsi Narcisse, qu'en dis-tU ? (Id., Ib., 409). ]\Iais, lorsque Néron a promis de se réconcilier avec Britannicus, l'arrivée de Narcisse
lui dit
Vous, Narcisse, approchez (rac,
:
le
il
:
redevient importune
Narcisse, c'est assez, je reconnois ce soin Et ne souVOUS alliez plus loin (Jd.. Jb.. 1397). Ce dernier ressaisit son influence sur l'âme de Néron, qui entraîne ce détestable conseiller, en lui disant Viens, Narcisse, allons voir ce que nous devons faire (Id., Ib., 1480). :
haite pas que
:
Dans Androniaque. Hermione accueille Oreste, qui soupire après sa main, en lui disant Le croirai-je. Seigneur, qu'un reste de tendresse Vous fasse ici :
chercher une triste princesse
'/
(477).
Mais lorsque pour
lui plaire,
Oreste
Pyrrhus, Hernuone, qui aimait ce dernier, éclate en reproches Tais-toi, perfide, Et n'impute qu'ct toi ton lâche parricide (1533). La même Non. non la perfidie a de quoi Hermione, qui dit d'abord à Pyrrhus
a assassiné
:
:
VOUS
tenter
:
Et VOUS ne
éclate tout à coup,
quand
ne t'ai point aimé, cruel de tous nos j)rinces
;
?
mr cherchiez que pour VOUS
en vanter (1315),
ce prince prétend qu'elle ne l'a jamais
Qu'ai- je donc fait
?
aimé Je les vœux :
J'ai dédaigne pour toi
Je Vai cherché moi-même
fond de
ini
tes
provinces
(1356).
La haute poésie conservaiL
privilège de dire loi à Dieu et au roi par
le
respect.
Rien d'essentiel ne lut changé tant que dura l'ancien régime. .Mais sous Révolution, le tutoiement devint le symbole de l'égalité ce lut une marque de civisme, el, comme tel, il devint théoriquement obligatoire. Le Mercure national l'avait proposé dés décembre 1790. En 1792, les sociétés populaires s'appliquèrent à le propager: il fut adopté par le Comité de Salut Public (brumaire an II). Cependant le tutoiement fut supprimé dès messidor an m. Dans l'armée, il l'avait été dès frimaire an III. L"em])loi de vous au lieu de tu, est, à vrai dire, plutôt une question d'histoire sociale que de langue. Le tutoiement populaire est mal jiorlé dans certains milieux. Les enfants y doivent dire vous aux parents, le mari à sa la
;
lenune, au moins en pul>lic encore toi parce que nous
:
observe-tOi, je t'en prie, observe-toi. Je te dis
somnws
seuls,
mais
tout à l'heure, devant le
monde,
ce
VOUS (paili.ergn, Le Monde où l'on s'ennuie, i, 2). Même constatation peut être faite dans ce passage des Effrontés d'Emile Augier, où les personnages expliquent eux-mêmes pourquoi ils em])loient tu
sera
:
VOUS, tout
ou vous le
:
le
temps
:
Savez-VOVLS ce qu'il
répètes chaque fois que tU...
tutoie pas.
— Parbleu
!
me
—
dii en
me
quittant?
-
— Parfaitement, tu me
Je VOUS prie de remarquer que
tu es fâché contre
moi qui
je
ne VOUS
ai fait des lettres de clumqe;
.
TROUBLES DANS L'EMPLOI DES NOMBRES ET DES PERSONNES mais moi
ne
273
suis pas contre toi qui les as payées. Je n'ai
aucun motif de te parler sévèrement. 11 est assez curieux de constater à ce propos que le tu. régulièrement employé en s'adressant à des personnes que l'on aime, et par conséquent que l'on respecte, avec lesquelles on est en intimité, fera place au vous, sitôt qu'on voudra exprimer à quelqu'un son indignation Monsieur, VOUS êtes un goujat ! à un homme qu'on ou son mépris. Dire tutoyait autrefois, et qui a abusé de votre confiance, est sans doute la dernière forme du mépris. Et cependant l'on emploie, pour le lui signifier la forme vous, réputée la forme de politesse. De même des parents, en je
le
:
les tutoyer, voulant marquer seulement apparente, qu'ils les jugent coupables d'une conduite fâcheuse ou d'une vilenie, que, par conséquent il y a amoindrissement de leur considération à leur égard. L'emploi du pluriel
contre leurs enfants, cesseront de
colère
par une dignité exagérée
ainsi,
pour
le singulier,
donner
désir de
et
bien loin de marquer alors la politesse, est dicté par
à son attitude la raideur et l'indifférence
des étrangers, c'est-à-dire à ceux pour qui, d'ordinaire,
Au
appellation indiquée.
le
qu'on témoigne à le
vous est une
régiment, lorsqu'un soldat dit vous à un camarade
de chambrée, cela indique nettement qu'il n'a plus pour lui aucujie espèce d'estime.
Pronom de la 1^ personne. même fortune que vous.
Nous, Je.
—
Nous, substitué à je, n'a semploie cependant dans quelques cas. Dans le style administratif: tioilS, Jean Polijdore, évêque de... ; Par-devant nous, Fernand Lechat, maire de la con^mune de... a comparu. Le pluriel est ici une marque de considération. En revanche, un auteur emploie nous pour je dansla préface d'un livre, par modestie: Nous avons cru devoir aborder ce sujet. En littérature, l'emploi de nous pour un singulier tient peu de place. On le trouve chez les classiques Eh lien, que nous veut-on ? (montfl.. pas eu la
11
— —
:
Femme
juge
et partie,
m,
8)
;
—
Ils s'aiment, c'est ainsi
qu'on
se jouoit de
O
pronom nous alterne parfois avec le singulier nous (rac, Mithr., 1117). Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux. Qu'il périsse ! aussi bien il ne vit plus pour nous. Le perfide triomphe, et se rit de ma rage (Id.. Andr., :
1407).
La
3*^'
personne.
— La politesse
a
amené un changement
assez singu-
dans l'emploi des personnes. Depuis le XVIL' s., s'est répandu l'usage que les serviteurs parlassent à leurs maîtres à la troisième personne, au lieu d'employer la deuxième. Sur le modèle des formes Sa Majesté lier
:
veut-elle ?
on a
dit
:
]\I.
Jourdain
veut-il ?
Monsieur
désire-t-il
'?
Aujour-
d'hui la bourgeoisie a fait de cette troisième personne une règle obliga-
pour les domestiques. Dans la langue populaire, l'emploi de cette forme de politesse est une moquerie. On entend constamment, dans la rue, en toutes circonstances, des gavroches, des cochers, apostropher ainsi ceux qui font les dédaigneux. Un caporal dira cà l'homme à qui semble toire
LE SUJirr LA PLRSOXXE
271
répugner
telle
ou
telle
corvée
alors le ton de la voix qui
:
Monsieur voudrait peut-être des gants le sentiment ainsi traduit
— Par
Changement de personne par ménagement. parlant se met à la place de la personne à qui à la
IF
]:)arle
:
Eh
bien
!
nous avons donc il
parle, et la
il
grondée?
été
ne veut pas faire à son interlocuteur
seul la réprimande,
? C'est
marque
le
(j.
figure, le sujet
pe
se substitue
lem., Rois, 24). Celui qui
chagrin de lui attribuer à lui
en prend sa part, s'y associe. Cf.
Eh
bien, sœurette,
fit
Nous sommes donc aussi coquette que les autres ? (!'. e[ V. MAiiG., F. nouv.. cli. vi) Nous sommes embellie, /it-il avec un Bonjour. Madcane. Cristi. comme nous bon rire (îd., Ib., ch. ii) sommes élégante Tu as là une robe de trois mille francs (becq.. Polich., i, 9). André, on ne
se décide
pas
?
;
—
;
—
—
!
La hiérarchie et l'ordre des personnes. — Qu'on se dise vous ou la politesse demande que la personne qui parle se nomme la dernière
///,
:
lui et moi, vous et nous.
Il
a
même
été
aussi éviter en faisant une histoire...
d'un grand Seigneur, de parler en fîmes cela, etc..
même
et dire:
Il
si
})oli
la
de ne pas se nommer.
chose
{iluricl
faut
Il
passée en la compagnie
s'est
comme
«
:
nous allâmes
là,
nous
ne faut parler que du grand Seigneur, sans parler de
Monsieur
sont bieiî oubliées.
A'....
il
alla,
il fit
cela
^'
{(]iv.. 27).
soi-
Ces délicatesses
CHAPITRE XV SUJETS INCONNUS, SUJETS INDÉTERMINÉS
Quand le sujet d'un verbe est une personne inconnue ou dont on veut, pour une raison quelconque, taire le nom exact, on peut se servir de divers moyens que nous avons vus en parlant des noms indéterminés et des nominaux.
—
Pour exprimer un sujet indéterminé, il existe un mot tout à fait employé comme sujet, c'est on (ancien cas-sujet de homme, dont il paraît, à cause de l'orthographe pédantesque de celui-ci, On.
spécial, et toujours
bien éloigné il
deit
hum
h. l.,
;
m,
suffrir destreit {Roi.,
passé au sens indéfini
A
Einz que
:
on joint parfois
on,
On
297).
On voit comment Pur sun seignur même texte, on trouve om
est très ancien en ce sens.
en considérant des phrases
l'a pris,
1010).
om
l'article le
comme Dès ce
celle-ci
:
alast (2230) (1). :
l'on.
que devant Mais depuis
Cette forme l'on se rencontrait
autrefois derrière aussi bien
le
verbe, lorsque celui-ci se terminait
par une voyelle
le
XV 11^
un
ce cas
t
ira-Von ?
:
analogique de
:
s.,
on voit apparaître dans
est-on ? voit-on ? vient-on ? c'est-à-dire des ver])es
peu nombreux, mais très employés. De là /, prononcé depuis le XVI^ s., on le voit par les vers, mais on ne l'imprimait pas. A aime-on a ainsi succédé aime-t-on, qui ne s'écrivit qu'au XVIP s. On se sert aussi de tous les indéterminés dont nous avons parlé au chapitre de V Indétermination : quelqu'un, quiconque, etc.
qui ont la
personne en
3<^
va-t-on jouer. Ce
t
:
était
—
Le pronom ils a été aussi très anciennement pris Ils indéterminé. BJnsi... ala devant l'autel... et il // cousirent dans un sens indéterminé la croix (vii>leh., 68) Ils ont laissé par escrit de l'orateur Curio que... :
— — Madame,
;
(mont., 11
note 4)
III, 9,
;
ils
ne vous croiront pas (uac, Brit., 854 ).
faut remarquer toutefois que souvent l'idée des personnes représentées
par le pronom
complètement indéterminée Mais Pied d' Alouette m'ont pris mon couteau. Qui cela ? Le chemin-eau^ levant le bras, tourna la main du côté de la ville et ne fit point d'autre réponse. Cependant il suivait le cours de sa lente pensée, car un peu de temps après « il dit Ils ne me l'ont pas rendu C\. frange. Mannequin, 65) Alphonse parla
et dit
:
(1)
Il
:
«
ils
n'est pas
—
Ils
:
—
>'
—
est
;
remarquable que ce développement, étranger à
coïncide avec celui de l'allemand nmn.
la
—
plupart des parlers romans,
LE SUJET. LA PERSONNE
276
Daudet, dans Tartarin de Tarascon, voulant désigner les êtres mystérieux qui poussent Tartarin à entreprendre son expédition, intitule un chapitre Cf. Ah ouil ! loué .'... pas un chat ! les écriteaux, les Ils ; de son livre
—
:
annonces, rien n'y u
Je ne sais pas
fait...
Comme
ce qu'ils ont, ils
disait Védrine à son exposition particulière
ne viennent pas
un journal ayant souvent répété
la guerre,
(a.
la
daud., 1mm.,
même
sont encore à Noyon, on a dit ensuite pour désigner le Ils
8).
:
Pendant
idée Les Allemands changement survenu :
:
ne sont plus à Noyon.
Par ce mot vague ils, le peuple désigne souvent l'autorité, gouvernent Ils ont encore augmenté le tabac !
les
gens qui
:
Nous indéterminé.
— Nous subit
une généralisation analogue
Quand
:
nous nous trompons, nous acceptons rarement qu'on nous le prouve. Il s'agit d'une maxime qui s'applique à l'humanité, à une race, etc. D'où la correspondance fréquente entre ce nous et on : Quand on est au tombeau, tous nos On peut par politique tourments s'apaisent (rac, Thèb., 1260, var. 1) ;
en prendre
le
parti,
—
bien,
troupe
il
de
se
(mol., Mis., 979).
Vous est fréquemment employé aussi dans un VOUS croiriez le toucher. VOUS diriez un prince ; rencontre dans le milieu d'acteurs qui composent la grande
Vous indéterminé. sens indéterminé
Eh
—
Quand de nos jeunes ans l'éclat est amorti
Paris,
—
—
:
des Hyacintfies
sans
le
qui VOUS apparaissent
savoir...
une époque, pour VOUS arracher une bouffée de gaieté quand VOUS VOUS promenez en dévorant quelque chagrin amer causé par la trahison d'un ex-ami (balz., Cousin Pons, 5). Il faut dire pourtant qu'on trouve surtout ce vous à l'objet, où il est tout
comme
la personnification de tonte
naturel, puisque on ne peut pas avoir cet emploi syntaxique. De sorte que on et vous se correspondent souvent Peut-on faire bonne mine à ces gens C'est qu'elle a des yeux qui VOUS entrent au cœur comme qui VOUS insultent ? :
—
des vrilles (flaub.. Bov.,
heures passent. et
On
se
1M)
;
—
On ne songe
promène immobile dans
à rien, continuait-il, les
des pays que l'on croit voir,
votre pensée, s'enlaçant à la fiction, se joue dans les détails... Elle se mêle il semble que c'est VOUS qui palpitez sous leurs costumes ;
aux personnages (Id. Ib., 90). Soi. qui soi,
de sa nature n'est jamais sujet,
l'on vient du froid (htcrv.. Cours,
Indéterminés pour déterminés.
fl..
le i.
devient
et
renforce l'on
:
quand
1).
— On de modestie. — Le moi
est haïs-
mettre en avant, an nominal personnel les raflinés substituaient fort souvent l'indéterminé on, qui, étant plus vague, ne choque pas. C'est ainsi que Bélise minaude, faisant de la prétention dans sa modestie sable.
Pour éviter de
se
// suffit que l'on est contente du détour Dont s'est adroitement avisé amour. Et que, sous la figure où le respect l'engage. On veut bien se résoudre à souffrir son hommage. Pourvu que ses transports, par l'honneur éclairés,
afïectée votre
:
SUJETS IXCOXXUS, SUJETS INDÉTERMINÉS mes
A'offrenl à
d'un
faite
autels que des
air, je pense, à
son empire
vœux épurés (mol., F.
— On
est
pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à
Et Dorante, Damis, Cléonte
;
277
sav., 313);
et
Lycidas, Peuvent bien faire voir
qu'on a quelques appas (Id., Ib., 375). Rien n'est plus commun chez les Pré« On s'emploie à cieuses, et les grammairiens du temps l'ont remarqué :
un sens nouveau. Au
touie heure dans
nous disons
on vous en sera obligé
:
»
lieu
de dire
je vous en seray obligé
:
(bouh., Enlret., 84). Richelet donne
On
sens de on et confirme ainsi l'opinion de Bouhours.
Lexique de Molière par Livet de nombreux exemples
une preuve le
1129).
De
fidèle
l'infidélité
du cœur de
votre belle,
Et
trouvera dans
Là si
pour d'autres yeux
On pourra
Il
:
trouble qu'elle s'y décida, et qu'elle en vint à tout expliquer.
La fierté féminine...
avait une rude atteinte à subir. Il fallait avouer qu'on était sensible,
dant ne pas
laisser voir
le
il
:
Les deux Maîtresses, ch.
et
cepen-
qu'on avait tout compris et cependant dire enfin qu'on avait peur (musset,
fallait dire
paraître ne rien comprendre. Il fallait
La
le
vous ferai voir
je
vous offrir de quoi vous consoler (mol., Mis.. ne faudrait pas croire à une mode passagère Ce ne fut pas sans
peut brûler,
vôtre
:
;
le
iv).
substitution de on à je dans les préfaces s'explique par les
mêmes
rai-
y a des occasions où il est plus poli et plus modeste de se servir de on, en parlant de soi-même, que de se servir de je (a. d. b., Suite, 212) (1). sons
:
«
Il
On de vanité. vanité
:
—
li
faut dire qu'en
même
temps, on peul marquer
Jehan... dit. en fermant a demi les yeux, dédaigneux
archidiacre
imbécile (v. h..
et
A'.
D.. liv.
vu, ch. vi)
;
:
On
la
a un frère
— Et puis, on
est
bour-
Gand (Id., Hem., i, 3). On pour je, nous. Ce qui précède explique que parfois on n'exprime pas très nettement ces nuances, et soit purement et simplement l'équivalent des geois de
personnels
qu'on
:
Monpère...
ait vieilli
mort sur l'échafaud, condamné par
est
depuis ce fait ancien, Pour l'ombre du feu
Or quoipour son fils,
le sien.
roi,
pour sa veuve, Pour tous les siens, ma haine est encor toute neuve ! (v. h., Hem.. I, 2). Rien n'est plus fréquent que cette substitution dans la langue sans populaire On y va j'y vais. Cf. On a été du côté des fortifications
=
:
Mademoiselle,
On
:
y a longtemps qu'on aurait quitté. entend même à Paris des phrases comme
—
il
celles-ci Nous, on est là on a du pain pour nos vieux fours. Une fois cet on devenu personnel, on lui adjoint des personnels, afin de le détailler en le précisant on y a été nous deux on est parti nous deux Emile (= Emile et moi).
qu'on mange
:
:
On
;
=
:
—
vous.
—
—
Le pronom on s'emploie aussi pour désigner la perCe Monsieur Trissotin dont on nous fait un crime
sonne à qui l'on s'adresse
:
« L'ouvrage qu'on donne au public. Cela est mieux que (1) Le P. Bouhours dit de même L'ouvrage que je donne. » A ce propos, une dispute s'éleva même avec les jansénistes. S' Real, dans La Critique (224) répondit à Bouhours que on des jansénistes se justifiait parce qu'ils étaient plusieurs à faire leurs ouvrages, mais que lui, parlant de lui-même en on, était insupportable, que cela était une espèce de pluriel équivalant au nous dont se servent les rois et lesautres :
puissances.
:
SVJET. LA PERSOSXE
Lt-:
1,7.S
par ce mol méf;risaiit, relève les que son mari, Chrysale, vient de formuler. Dans Le Malade imaginaire, Toinette devenue médecin, gourmande le pouls de son maître Allons donc, que l'on batte comme il faut (m, 10). Parfois on, ainsi employé, Vous, Narcisse, approchez, Et VOUS, qu'on se retire : implique supériorité Gardes, Qu'on obéisse aux ordres de ma mère (rac, Brit., 372 et 1304). Ailleurs on est aflectueux Eh, Eh ! Il me semble qu'on a bien grandi depuis deux ans. G"est ainsi sans doute qu'il faut interpréter le on du vieillard dans Hernani : Enfin ! C'est aujourd'hui ! Dans une heure on sera Ma Duchesse ! Plus d'oncle ! et l'on m'embrassera ! (m. 1). Mais là aussi les nuances s'effacent on prend la place de tu ou de vous : Eh bien ! c'est ainsi qu'on fait attendre un vieux camarade ? De tels exemples cependant ne sont guère probants, ces sortes de phrases pouvant toujours être considérées comme des remarques d'ordre général, des aphorismes qui s'appliquent accidentelle(iiOL.,
]''.
sav.. 631). C'est Philaniintc qui,
critiques
:
:
:
;
ment
On
à la personne qu'on interpelle.
=
II,
elle.
—
On remplace
;».ussi
sonne, soil au masculin, soit au féminin si je
:
[uonom El
cette
sujet
Doua
de Sol
suis fait empereur, par hasard. Cours la chercher. Peut-être
d'un César joie
le
que de
(v. h., llern., iv. 1)
;
—
-
la !...
3"^^
per-
Comte,
on voudra
L'audace de Sténio excita donc plus de
colère, et l'on refusa le rendez-vous, certaine
que Sténio ne s'y ren-
pas moins... et quand l'heure fut venue, on résolut d'y aller pour l'accabler de mépris (g. sand, Lélia, lu). On parlera ainsi chaque fois qu'il s'agira de personnes auxquelles tout le monde pense, mais qu'on ne veut ])as nommer, drait
ou lorsqu'on désire donner à
la
conversation un Ion confidentiel, faire des
allusions, etc. Les parents n'étaient Idil
:
on
au courant de
rien,
s'éerivait en cachette, et l'on parlait d'avenir.
personne ne se dou-
CHAPITRE XVI RÉPÉTITION, REPRISE, MISE EN RELIEF
DU SUJET
Un verbe, un sujet.-- Par tradition, on lâcha longtemps des phrases où des subordonnées présentaient un verlje sans sujet J'aij reçu les lettres :
que m'avez envoyées.
quand la période un sujet dans chacune des propositions, alors qu'elles étaient coordonnées et intimement unies par et. On vit bien, malgré tout, que ce qui importait, c'était moins le caractère de la ligature que l'unité interne, et. après Vaugelas, la règle s'établit cjuc le seul cas où l'on puisse tolérer l'absence d'un sujet propre, c'est celui ou plasieurs verbes ont un sujet commun et sont au même temps, au même mode, au même nombre, à la même personne. Comme toujours, il se trouva des ÎNTais,
à vrai dire, la seule question qui restât ouverte,
classique
commença,
pour
rigoristes
avec Joad
était de savoir
fallait
s'il
D'après eux,
aller plus loin.
Je crains Dieu, cher Abner,
:
La
eût été incorrect de dire
il
et n'ai
point d'autre crainte (hac,
mais on vit disparaître des jjhrases Le dont les spécimens ne sont pas rares au XVIP s. bras toujours vainqueur du grand Dieu des armées Fera mordre la poudre à ces audacieux : Et verront à leur honte... Qu'en vain ils opposoient 1rs foudres de la terre A la foudre des deux (racan. Pseaum., xix) nous avons passé les rivières les plus rapides,... et n'aurions pas fait tant de belles actions, si nous estions demeurez oisifs (vaug., ii, 143). Ath., 64).
telles
que
règle n'alla pas jusque-là
:
celles-ci,
:
—
;
Quand lit
un représentant,
le sujet était
encore dans Nicot
:
houx
est
un
de picquons tout autour, et garde (340, col. 2).
même temps mêmes
Il
en fut
que
conditions
ici
comme
les autres
mêmes
règles s'imposèrent.
.sa
verdeur
mesme au plus
On
armées
fort de l'hyver
partout. Le conjonctif devint nécessaire en
pronoms.
On
s'abstint de le reprendre
dans
les
.
Dans notre langue
actuelle,
pour ne point donner de sujet à un que les diverses portions, les phases d'une action d'ensemble
il
faut,
verbe, qu'il soit intimement uni à actions soient pour ainsi dire les il
les
petit arbrissecm dont les feuilles sont
jure, renie, proleste
;
ils
un
autre, de telle façon
:
ne sacrifient pas leurs rcmcunes,
—
et
comptent bien
un four ou l'cnitre tirer vengeance de leur écliec; il leur déroba des marches, occupa des passages cumntageux, sacrifia quelque cavalerie pour donner le temps à son infanterie de se retirer en sûreté. II sauva ses troupes (volt., Charles XII, 1. iv) Alors, elle fixa .sur lui ses grands yeux bleus, pour ;
—
une dernière prière sans doute
:
puis croisa
les
deux bouts de son tartan,
LE SUJET. LA PERSONNE
28U
attendit une minute encore,
ples
où
pronom
ie
s'en alla (flaub., Édiic,
et
n'est pas exprimé,
il
les
explications
badinerie ilb.,
archaïsmes ou des fantaisies D'ordinaire,
rapports
; il
et
assez rares
Son
:
père...
terminait sa
I,
ne sont que des
d'ailleurs,
chaque verbe a son sujet
sujet.
Au
;
— Dans
XVP
s.,
cf.
HUG..
la
réduire
fit
l'ancienne langue, le sujet se trouvait
li
lesquclz régna
les
se plaignait
il
par souci de clarté, soit par gaucherie
soit
quens Rollanz, il est mult irascuz (Roi., 776) de Troies, quant il Dirent que... il mandèrent (joinv., 58 A).
entenduf
que soienl
Arnaud
:
11).
La reprise du souvent répété,
en
par une
(1).
se récria considérablement devant l'addition, et
Éduc,
écrivit,
lettre
tes actions soient distinctes, quels
el les ligatures,
de la cuisine (fi.aub.,
peu que
si
écrire
plus précises,
les
42). Ces cas,
ii,
dehors de
n'y a pas lieu d'y attacher d'im-
portance, riaubert s'est enhardi jusqu'à fournissant
En
315).
i,
un écrivain comme Michelet on rencontre des exem-
ce cas. lorsque chez
le sujet se répétait
Janus,
ils
encore souvent sans
voulurent estre
;
:
—
utilité
Bien li
:
nommes Janigenes (lem. de
l'avez
bourgois
ceux sur bel., 14
;
Rab., 349).
Sijnt. de
Les exemples sont encore noml)reux au
XVIFs.
:
M. de Turenne, ayant il fit marcher ses
avis que Mademoiselle avoit voulu voir l'armée en bataille,
troupes (la rochef.,
393)
ii,
l'hérésie des cinq Propositions,
—
;
il
Dieu voyant
les
Religieuses infectées de
avait opéré ce miracle (rac, iv, 472, P.-R.).
Cependant, en langue classique, les cas où le sujet se trouve répété sont ceux où la clarlé l'exige, le sujet étant un i)eu éloigné de son verbe. 11 peut en être séi)aré.
PAR UN DÉTicRMiNATiF QUELCONQUE, particulièrement par un partiL'ame la plus robuste et la mieux préparée Aux accidens du sort. Voyant auprès de soy sa fin toute asseurée. Elle s'estonne a)
cipe et ses dépendances
fort
b)
;
PAR UN CONJONCTIF
honte (theoph., c)
ii,
:
L'Aurorc
Voit.... Elle
qui...
pleure
et
rougit de
62).
PAR UNE PROPOSITION coNJONCTioNNELLic
exactement appris...
La
—
I, 211) Du siècle les mignons, fils de la poule blanche, à leur gré la fortune en leur manche (hégn., Sat., m).
(theoph.,
Ils tiennent
:
il
voir (malh.,
fit
i,
:
Annibal, après qu'il rut
456).
répétition avait lieu particulièrement lorsque la phrase délnitait
un conjonctif généralisé (regn., Sat., XV)
;
:
Qui
— Qui me
délasse hors de propos,
il
se contraint
au monde,
croit absent,
il
il
ne
a tort (malh.,
lasse, et qui lasse hors de
propos
vit i,
déla.
Qu'en
i)ar
torture
—
Qui 293) (pasc. Pens., ;
art. VII. 30). Cf. p. 197.
(1) Dans la langue familiale, il arrive qu'on omette le pronom sujet, lorsqu'on s'adresse ^ petit enfant n'a pas embrassa sa mamnn ce matin, a /ail le uilain hier ! C'est qu'alors on se rabaisse au niveau des enfants à qui l'on parle, en adoptant leur propre langage. L'enfant en effet (comme le primitif) parle ains' non / veux pas I
un
:
:
RÉPÉTITION, REPRISE, MISE EN RELIEF Vaugelas condamna ce pléonasme
DU SUJET
281
La
répétition du sujet a dis]iaru que la phrase française a été mieux constituée. On y voit un sujet dominer toute une période, sans quon ail ])csoin de le répéter vous-même, inquiet, étonné. Plus que Britannicus paraissez consterné (rac, Brit., 311). La reprise du sujet est aujourd'hui tout à fait nécessaire quand un complément est joint au sujet de là I^ ou de la 11^ personne tu parles ainsi. toi que j'estimais tant. Jusqu'à l'époque moderne, on se dispensait de reprendre ainsi le sujet exprimé par je. tu. il. même si une proposition con-
au lur et à mesure que
(ii. 4).
l'art s'est assuré, et
:
:
jonctive dépendait de ces
pronoms
:
Comme
avez si peu de patience à rendre? (malh.,
d'un homme, qui ne puis pas supporter
un
un peu
le
vin
seriez-vous âpre à exiger, qui
— comme supporterois-ie
210);
ii.
(M., n. 645).
?
où un personnel, un démonsOn se dispensait souvent de celte sorte de reprises, jusque chez les classiques le duc de Luynes, Noirmoustier et moi. fûmes lieutenants généraux (la roch., ii. 121). Elle se fait d'ordinaire aujourd'hui. Nous groupons les sujets à l"aide d'un nous (Voir C'était
cas
particulier
que
celui
reprenaient des sujets antérieurs.
tratif, etc.,
:
p. 270).
—
Mise en lumière des
1° Lorsqu'on veut insister sur l'idée du sujets. un nom, on le détache en tête de la phrase, puis on le répète par un pronom Cette femme, elle est déjà venue hier. Ou bien on sujet,
si
ce sujet est
:
l'annonce
ignorant dans
ira, cet
Il
:
l'art de
rude, avec cette phrase qui sent l'étranger;
Panég. S' Paul, l^r point) la
dame 20
;
—
du
2^ personne
d'un nominal, on use des pluriel,
comme
il
compter sur ses charmes,
elle devait bien
qui se servait d'une pareille Dariolette
S'il s'agit
bien dire, avec cette locution
ira en cette Grèce polie (boss..
il
!
(gax;t.,
mêmes
Frac.
procédés.
A
i.
40).
la l^e et
n'existe qu'une seule forme de
à la
pronoms
:
nous, vous, cette forme sert aussi à répéter le sujet.
A mes
la 3^
du
aux
pluriel et
personnes du donné p. 246). Moi, pour vouloir
trois
lie pers. (v. H.,
—
Hcrn.,
2e pers. 3e pers.
Moi,
i,
on
se sert des for-
Tu
j'irai
:
il
si
peu, je ne suis pas
si
fou
4).
t'abaisserais ainsi, toi ?
S'il
venait,
lui,
pensez-vous qu'on
Angélique aime réellement Vcdèrc. lui,
singulier,
lourdes. (Voir le tableau
elle doit
le
prendrait
?
—
Puisque
l'épouser malgré son défaut,
continuera de jouer, sauf à la rendre malheureuse
(s'e
et
beuve, Lundis,
VII, 11).
Remarque.
—
La
du pronom
sert souvent à marquer l'oppoMontaigne, comme Madame de Sévigné, et mieux encore, La Fontaine a l'invention du détail. Eux, ils ne l'ont que dans le style, et lui, il l'a dans le style à la fois et dans le jeu des petites scènes (s'® beuve, Lundis, vu, 525) Il n'était pas de ceux que la critique sition entre
deux
reprise
sujets
:
Comme
;
—
282
SUJET. LA P.iRSOXXE
L'-:
console de
n'a SU que haïr
l'art... lui, il
du moment, pour parler son lan-
la vie
gage, qu'elle n'était plus la jeunesse sacrée (Id.. Ib.. viii, 373).
Personnel accompa&né de même. même fait
—
sonnel tonique accompagné de gaison
D'un
:
perfide
ennemi
j'ai
purgé
la
arrive souvent
Il
disparaître
nature
le
A
;
passé (Id.,
même non
sujet,
ton esprit rappelle
Mais
moyen
le
essentiel qu'emploie la langue
pour mettre en
lumière tout élément qui doit ressortir, c'est l'emploi de la formule
devant
le
le
Ib., 683).
—
C'est.
le
Toi-même en
:
lui-même
ses monstres
a servi de pâture (rac, Phèd., 969). Le pronom accompagné de même peut renforcer exprimé, par exemple à l'impératif
qu'un per-
personnel de conju-
mot
à souligner. (Cf. p. 30)
—
:
C'est
moi qui
ai fait cela
;
—
c'est
IJip-
—
Grands Dieux ! C'est toi qui l'as nommé! (rac, Phèd., 261) du corps était le fruit terrible de la victoire, le ciel agissait ainsi par pitié pour le vaincu : mais quand c'est l'âme qui subit l'étreinte funeste de la débauche, le châtiment est là tout entier (g. sand. Elle etl., xiii,
polyte ?
Quand
;
l'esclcwage
123).
On augmente
que prend
aussi le relief
ma
c'est l'avenir de
fille
qui
préoccupe, c'est l'avenir de
me
le
sujet
quand, au
ma fille,
c'est-à-dire en
mettant
le
qu'un enfant a au-dessus de sa
Isolement du sujet. (malh..
I, 3(1)
;
De moi, que
:
— De moy,
ne puis que
je
7)
—
;
:
me
plafond ou
le
Comparez
:
ijeu.v,
une chose
comment rembourser Jérôme.
— L'expression
juscju'à l'époque classique
ce qui
ce qui se reflète dans ses
m, m,
c'est le ciel (v. h.. Quatre-vingt-treize,
qui l'ennuyait, c'est qu'il ne savait
tête,
:
sujet derrière,
après l'avoir fait attendre, et l'avoir annoncé. Quelque soit la voûte
de dire
lieu
préoccupe, on renforce en disant
de moi s'est employée à cet effet
monde à me nuire
tout le le loiier
(balz., 1665,
i,
s'apprête
234
;
H.
i..,
MaisVaugelas conseillait de garder i)ourla poésie cette expression: de moy. Il déclarait pour moy plus usuel en prose, et cette dernière formule je ne vois pas. pour moi, que le cas soit pendable (mot... a éliminé l'autre
III,
646).
:
Mis., 29).
On
dit aussi
écrivait encore
pour ma,
:
sens primitif est
On 52).
pour
:
ta,
sa part
scuuai de
de
mon
ma
:
pour
ma
part, /e n'y crois
})(ts.
Molière
part expliquer ce silence (Mis.. 16
15.
Le
côté).
Je joue les Bradamante et ne suis pas quant à notre duègne, elle est un peu sorcière (gauï.. Frac, La langue possède encore d'autres locutions en ce qui le concerne,
se
poltronne I,
je
:
sert enfin de quant à
:
;...
ce qui est de, etc.
:
:
En
ce qui le concerne,
//
<".s7
prêt.
SFXTION
II
:
LA PHRASE IMPERSONNELLE
CHAPITRE PREMIER LES FORMES IMPERSONNELLES DE L'ACTION
La forme impersonnelle. là
—
existe,
Il
nous l'avons
chose très importante pour celui qui veut étudier
les
dit (1). et c'est
rapports de
la
pen-
du langage, une façon spéciale de concevoir l'action ou l'étal, où la pensée part de l'idée de l'acte, non du si.jet qui le fait. On a plusieurs fois sée et
parlé de verbes dire.
«
unipersonnels^^
:
neige, c'est
il
même
n'ont point de personnes, pas
Ils
«
impersonnels
^>
qu'il faut
une. Ces verbes étaient très
nombreux en a. f. Quekiues-uns ont disparu tout à fait il esloet (est l)csoin) il chaut, il me vient, il gricve. il poise, il deust, il pert. D'au très sont archaïques il appert (il apparaît), il consle. (il est certain), il sourd, il me souvient, il me :
;
:
il m'ennuie. Mais il en reste qui sont en pleine vie il faut, il advient. Les phénomènes de la nature sont exprimés pour la plupart sous cette forme // pleut, il neige, il vente, il tonne. Elle sert aussi à l'expression de
fâche,
:
:
toutes sortes d'idées abstraites
:
il
convient,
il est, il
ij
a,
dont nous reparle-
rons plus loin.
—
"Verbes personnels construits impersonnellement. Il importe de remarquer qu'en dehors des verbes peu nombreux qui ne sont qu'impersonnels, comme fcdloir, il y a une foule de verbes ordinaires qui s'emploient impersonnellement. Pour mieux dire, il y a, à côté de la construction personnelle ordinaire un wagon arrive aujourd'hui, une construction impersonnelle Il arrive aujourd'hui un wagon. Pour mesurer l'extension de cette forme impersonnelle, instrument essentiel de langage, il faut considérer qu'elle s'applique à des verbes actifs, ou simples ou pronominaux Il arrive. il se peut, et aussi à des verbes à forme passive. Si on ne dit plus U fut :
:
:
:
oublié d'y employer (malii., iv, 128) Cont.,
I,
518),
on
(rac,
V, 253).
se fait des souliers à
en France une
(1)
Voir p. 13,
tête
—
dit encore fort bien
prouvé qu'ils étaient complices ratifs...
;
Ou
;
—
il
Il
:
Il
fut dansé, sauté, balle (la font.. fut arrêté qu'on irait
;
—
il
bien, en substituant au passif le pronominal
deux cents francs:
est
n'étoit parlé que des grands prépa-
—
Jl
se coupait bien de
par-ci, par-Ici (v. h., Dern.
j. ).
Aux
verbes,
:
Il
temps en temps il
faut ajouter
LE SUJHT. LA PERSONNE
284 les
expressions verbales où entrent
—
noms
et
adjectifs
:
Il
est
temps d'y
bon (Vy penser. De sorte qu'en f. m. les phrases de cette sorte pullulent Il est arrivé il s'y mêle autant il s'est produit une fissure : une auto pleine de monde Il n'en manque il en vient des touristes ici I de vanité que de dévouement ; pas des fabriques autour de chez nous (a. daud.. Cont., Monol. à bord). Comme nous allons le voir, elles n'ont pas peu contriluié à varier la syn-
penser
:
Il
serait
:
:
taxe
ci
— —
à embrouiller l'analyse.
— —
CHAPITRE
II
EXTENSION DU SUJET AUX VERBES IMPERSONNELS
Dans l'ancienne langue. en général pas de snjet.
La langue
Ils
— En
a. f., les
en ont pris un
verbes impersonnels n'avaient
comme les
autres
:
//
pleut,
il
tonne.
n'a pas suivi sur ce point la logique, car logiquement une action
un auteur qui la fait. Quand on s'écrie Tiens ! on ne suppose pas que quelqu'un précipite de la neige sur le sol on exprimerait exactement la même pensée par les mots Tiens ! la n'a pas nécessairement il
:
neige,
;
:
neige.
Dans V Alexis, (ou bien
de
//
il
sur 41 verbes impersonnels, 40 ne sont pas précédés de
n'y a aucun pronom, ou l'on trouve
apparaissent dans Roland
voit par là
que
//,
:
Il
n'en
i
ço).
il
Toutefois des exemples
ad chevalier ne bariin (2418).
On
sujet de l'impersonnel, n'est pas le résultat de la survi-
vance du pronom neutre latin c'est l'extension au verbe imi^ersonnel du il masculin, employé devant les verbes ordinaires. ;
Extension de de
il
s'étendit.
Il
il.
est
— A partir du XII*^ XVP
déjà général au
s.,
mais surtout en m.
s., si
f.,
l'usage
bien que. tout en employant
lui-même des verbes impersonnels non précédés de //, ^Malherbe critiquait vivement certains passages de Desportes où manque le pronom. Dans les exemples que donnent les grammaires du temps, il se rencontre partout. Cela explique que Vaugelas et ses successeurs n'en aient point parlé l'usage du pronom il leur paraissait établi (h. l.. i, 226 ii, 412 m, 480). On peut considérer que. dès cette époque, on dit il pleut, il convient, etc.. ;
;
;
:
Survivances.
—
Toutefois beaucoup de verbes impersonnels se sont
longtemps employés sans
me
semble,
le
mot
il :
arrive, convient, si besoin est.
bon
fait,
souvient que.
Aujourd'hui encore
il
reste des traces de l'ancien usage dans des locutions
toutes faites, moins fréquentes de nos jours qu'au
XVII^
s.,
moins
fré-
quentes dans la langue littéraire que dans la langue populaire, qui pourtant ne sont pas négligeables. Il y a est aujourd'hui la seule forme correcte, et pourtant on peut dire encore tant y a que : puisque Madame y a. On dit encore quelquefois comment vous va? S'entend est admis, comme au XYII^ s. Je veux que :
—
—
l'hymen vous unisse... Pourvu qu'il IV,
3)
;
si
:
:
te
plaise, s^entend (montfl.,
Trigaud.,
besoin est est devenu, en changeant l'ordre des mots,
s'il
est
LE SUJET. LA PERSONNE
2Sfi
— m'esl
besoin (l);
un peu
avis est
familier
m'est avis que vous mérite:
:
ce
qui vous arrive.
L'absence de sujet
constate encore avec rester dans les exjDressions
se
En
reste à dire, reste à faire.
arithmétique, on dit presque toujours
:
de
:
Avec sembler, dans que vous semble de ? si bon me semble, Avec servir que sert de se plaindre? Rien ne sert de courir (l.v mieux vaudrait une FONT.. Fab., VI, 10). Avec vcdoir, dans mieux vaut 5 ôté 3, reste 2.
point de
//.
:
:
louve affamée en quelque âpre foret (musset, D. Paez.
mots, vaille
tant employer le sujet
il
—
;
Enfin, vaille que vaille, J'aurois sur
paille (R.vc, Plaid., 19)
;
— autant vaut
i)
marché
le
si
:
on déplace
Comparez
vaudrait mieux.
il
:
:
vaille
fort bien
partir tout de suite.
les
que
fourni la
Avec
venir
nous avons gardé d'où vient : d'où vient que vous rentre: si tard ? tant s'en faut ; peu s'en Il faut encore rapprocher diverses expressions qu'importe ? n'importe ; plaise à Dieu ; à Dieu ne plaise : faut :
:
—
—
— — n'empêche
226 ii, 412). Toutefois plusieurs d'entre elles ne sont que des formules qui appartiennent au lexique. Le même mathépour que deux triannles soient égaux, il faut maticien qui (Ht suffit, dira
suffit
;
(h.
i-., i,
;
:
et
jamais
suffit,
il
:
:
/.'//;/
et suffit.
pronom
Mais, en langue populaire, l'omission du
mune avec
différents verbes
auteurs qui
:
Faut pas y
reproduisent n'ont pas
la
cûler
—
;
manqué
est
encore vraiment com-
suffit
que
je lui ai dit.
de s'en souvenir
:
Les
Paraît
que nous sommes de V arrière-garde, dit la voix blagueuse de Loiibet (zoi.a. Déb.. 28)
;
—
Rien à
-
(Id., Ib., 159)
faire, ça tournait
— Venez
;
Pour rimi)ersonncl
le
donc...
plus
y
a,
mal, valait mieux chercher plus loin
commun
il
i]
a,
langue soignée, on dit toujours il y a (2) a. f. on ne trouve presque jamais que / :
;
il
et
a,
c'est là
n'est pas facile de savoir
il
que représente cet i, car dans la prononciation absolument, ainsi que nous l'avons vu.
/(/)
Autres sujets des verbes impersonnels. Ce longtemps en concurrence devant
on peut dire {[uand
y
il
a
:
ce
me semble
et
:
me
il
les
que dans la un usage récent; en
est incontestable
mais
ce
été
!
des chevaux qui claquent (Id., Ib., 447).
et
et
//
II.
se confondaient
—
Ce
et
//
ont
impersonnels. Aujourd'hui encore
semble. Mais jamais
un objet qui vient après sembler
:
il
me
on n'emploie
ce,
semble que vous vous
trompez.
Quand
il
s'agit
non de verbes, mais de locutions impersonnelles, ce et il La langue a introduit très subtilement une différence
s'emploient tous deux.
à laquelle elle est en général restée fidèle.
Quand
l'expression est faite d'un
quand en somme elle présente une idée proiM-e, c'est ce qui s'emploie c'est une œuvre pie que de le tirer de cette c'est mal fait de le raconter c'est trop de deux stylographes affaire ;
nom, d'un adverbe, d'un attribut
qualifié, :
—
(1) Cf. (21
:
—
Pas n'est^besoin de dogmes pour faire balaijcr les rites (flmh., Êduc, i, 312). refait des formes nouvelles nya, ni/ena : nyen a beaucoup. La forme corresest nia pas : nia pas d'ectii, nia pas lonibé de i>liiie.
Le peuple a
pondnnle négalive
i
!-:XTE\SI().\
—
monde ; en nombre assez à
ioiil le
Au
contraire,
d'être, rôle
quand
noms
limité il
AUX VERBES IMPERSOXXELS
sr.lET
l)i-
les
c'est folie, raison,
:
quand
suffit
2^7
qui se prêtent à cette construction sont du reste
il
dommage,
etc.
ne s'agit que d'une qualité, d'une manière
phrase forme un tout où l'expression impersonnelle joue il m'est agréable de vous le dire ;
la
d'une sorte de caractérisation
—
—
:
le il
temps de partir ; il est impossible de rien y changer (1). Naturellement les applications sont délicates. On dit Il n'est pas en mon pouvoir de le faire, mais ce n'est pas dans mes attributions de le faire. En
est
:
:
outre,
faut se garder d'appliquer l'observation
il
sonnelles qui ne sont pas suivies de compléments.
non
en soit et
six heures,
il
quoi que
:
était
c'e/i soit,
Kn
temps.
comme
revanche, on
aux expressions imper-
On
dit
on disait jadis dit
en ;
effet
de
cV.s/ bien fait, et
:
:
quoi qu'il
même,
il
non
était il
:
est
bien fait.
C'est.
—
(2) C'est là
sans doute la raison profonde d'analogie qui explique
l'évolution par laquelle
on a abouti à
testablement l'attribut c'est
moi. Ce
:
changement
où
construction s'est obscurci, considéré c'est
comme
encore courante
:
XVI If
s.,
:
C'est
il
et
la règle n'était
deux formes
ce.
toi.
f.
On
f.
avait
je. tu.
ce était
Au
le verl)e.
XVI''
s.
le
inconsujet
commencé par
vous étaient sujets. Puis
pJacé devar^t
à
a.
le
le
dire
:
:
sens de cette
a été peu à peu
verbe avec
lui
:
l'ancienne forme est
de gollekye, 115). Mais déjà l'usage était quand on interrogeait. Au début pas encore définitivement fixée. Maupas donne
(kog.
moi
est-ce
je, tu,
m.
En
c'est.
devenu aujourd'hui
est
d'où une tendance à accorder
vous, et à substituer moi,
répandu de dire du
le sujet,
Il
a eu lieu en
ce sui je, c'es tu, c'estes vous,
formule
la
ce suis-fe.
? est-ce toi ?
c'est moi, ce suis-je {Gram.. 147). Dès le premier forme moderne Ta emporté. Toutefois l'évolution, en raison même de l'époque où elle devait se terminer, n'est pas allée jusqu'au bout. Tandis que toutes les autres personnes se construisaient avec c'est invariable: c'est moi, toi, etc., la 3^ personne du pluriel continuait, au XVI^s., à \'arier assez régulièrement; on disait devant un nom pluriel ce ne sont pas les gens de pied... il faut que ce soient les gens de cheval (brantôme, G. Cap., v, 125) de même devant le pronom eux: c'est eux ou ce SOnt eux. Sans aucun doute, si la langue avait été laissée à elle-même, elle aurait fini par ne plus connaître, au bout d'un temps plus ou moins long, que le seul c'est. On eût dit C'est les gens de pied, c'est eux, comme on disait c'est nous, c'est vous. Mais les grammairiens sont intervenus et ont fixé la règle avant que l'invariabilité totale fût acquise. Par exception, si le verbe être tombe sur un substantif ou sur un pronom de la troisième personne du pluriel, il peut en recevoir l'accord ce sont lesennemis;
encore les tiers
du
XV 11^
s.,
:
la
:
;
:
:
:
—
(1) « Le substantif, par sa nature, empêche dans la forme du jugemenl une impersonnilîcation de l'express'on et exi^e un ce ; l'adjectif n'a pas ce caractère indépendant ; il ne dit pas ce que quelque chose est, mais ajoute seulement à ce quelque chose une certaine qualité » (kjellmax, La construction de Vinf. dép. d'une locution impers., Upsal, 1913, 4). m, 531. (2) V. p. 14 et suiv., et h. l., n, 411 ;
LE
288
c'étaient d'excellents fruits
Le pronom
ce
SU.IKT. ;
LA PERSONNE
— ce sont eux — ce furent ;
devient alors un attribut
:
elles
qui l'aidèrent.
Les ennemis sont ce (dont
Elles qui l'aidèrent furent, d'après l'analyse offlcielle, ce (dont
je parle);
s'agit)
il
!
Malgré tout, les grammairiens acceptent que parfois le verbe, même suivi d'un pluriel, garde souvent le démonstratif pour sujet Ce n'est plus ces promptes saillies qu'il savait si vite et si agréablement réparer (bgss.V L'Académie constate qu'on peut écrire également Quand ce serait ou quand ce seraient les Romains ; Ce n'était ou ce n'étaient que festins. Il y a, dit-on, une nuance de sens entre les deux expressions. 10 « Avec le verbe au pluriel, on porte l'attention sur le mot qui commande :
:
—
l'accord
;
le sujet alors
crédit à l'impie
domine
(massillon)
l'action
— ç'ont
;
:
Ce sont
les
grands qui ont donné du
été VOS premiers plaisirs et connue les
feux de votre enfance (fléchi er). 2°
'(
Avec
on
le singulier,
sur l'idée, sur l'action
récompenser (Acad.)
;
laisse
même
au démonstratif toute sa portée,
qu'il attire la réflexion
les
et c'est
C'est eux qu'il
— Ce n'est pas seulement des hommes à combattre,
des montagnes inaccessibles, c'est des ravins
Ce n'est pas
:
Troyens,
c'est
et
des précipices
fiujt
c'est
(boss.)
:
—
Hector qu'on poursuit (rac, Andr., 228). Le
aux verbes récompenser, comdeux tournures est donc réelle, quoique
singulier insiste sur l'idée principale attachée battre, poursuivre.
délicate
:
c'est
La
différence des
une richesse de stjie à conserver.
»
(lemaire, Gr.
fr.,
153).
Un respect superstitieux entoure cette règle. C'e.tt eux est considéré comme populaire, on l'évite. En jfait, les curieux ont recueilli chez les meilleurs auteurs d'innombrables exemples du singulier la règle
—
les théoriciens
forme interrogative
la
;
l'admettent eux-mêmes
sont-ce n'est guère
—
(1).
D'autre part,
convient fort mal
moins barbare que
à
seront-ce ou
furent-ce.
La courte
histoire qui précède suflit à
fondée sur une ignorance totale de
la
l'aire
juger
la
valeur d'une doctrine
marche du langage. Nous avons
là le
même de la distinction imaginaire, intervenue au moment où de soimême tout se clarifiait et s'unillait.c'r,s7 devenant une l'ornuile invariable (2). type
Cela, Ça.
— Les impersonnels
Dans beaucoup de
tendent à prendre un autre sujet que
il.
une idée exprimée antérieurement, il joue le rôle de représentant Ne vous fourrez pas dans cette affaire, ça sent la faillite ; ça renvoie à cette affaire (3). Mais en outre, surtout dans le langage familier, on emploie souvent de nos jours le mot ça, sans qu'il représente un autre sujet Ça me fâche de penser que vous êtes parti sans m' avertir ; Ça vous fatigue peut-être de marcher. On entend même dire ça chauffe, cas, ça représente :
:
—
:
ça pleut, ça fume, ça sent (1)
Voir B.\STIN, Glan., 23-25.
(2)
VoirFOULET, Comment on
le brillé.
rsl
nasse de ce suis- je à c'est mo: (Hnnuiuia. .laiiv.
Hll'il).
I
Ce que, si cher à Vaugelas. sivanl été remplacé par de ce que. on en arrive à dire De 06 que ces jeunes gens chantent l'Internationale, ça ne signifte pas qu'en cas de guerre ils tireraiinl sur leurs généraux (don., La Pair., i, 1). (3)
:
I
CHAPITRE
III
LE PRÉTENDU SUJET LOGIQUE DES IMPERSONNELS
On peut un sujet apparaît
les
accepter que, dans certaines phrases, l'esprit considère comme mots placés après le verbe impersonnel. // est arrivé un malheur
comme
l'équivalent de: un malheur est arrivé, avec cette difTérencc
premier tour met l'action en
relief. La phrase part de là. en est ainsi dans une foule de cas où l'on construit impersonnellement un verbe quelconque. Mais il s'en faut bien que cette notion de sujet logique
que
le
Il
puisse s'appliquer partout, et convenir à l'analyse des i)hrases impersonnelles en général.
Nous avons
dit qu'il fallait considérer
d'objet les séquences des impersonnels de vous décider le
plus
tôt
;
—
//
comme un //
faut que vous choisissiez
;
—
il
complément
véritable
faut du pain est utile
:
—
//
conviendra
que vous
le
fassiez
possible.
C'est sous l'influence de la
de la vertu,
:
il
faut faire cela,
grammatical, de
il
Grammaire logique qu'on analyse
serait
la vertu, faire cela
bon d'y ou d'y
aller,
en disant que
il
:
//
faut
est le sujet
aller le sujet logique.
Tout en affirmant que de mentir était logiquement le sujet, les grammairiens ne savaient en vérité ce que faisait là le de. Ils ont analysé d'abord de mentir comme un complément en dépendance, puis conune une sorte d'apposition
On est
sait
(1).
aujourd'hui
honteux de mentir
puis
:
de mentir vient
comment se sont formées les phrases telles que il On est parti du type de mensonge vient honte, honte. De là on est passé à de mentir est honteux ; :
(2).
:
:
d'où, par le renversement des termes
:
{il) est
extension purement analogique; essayer de
honteux de mentir. C'est une
lui
appliquer l'analyse directe
chercher un sujet ou un complément dans de mentir, c'est aller de parti pris à l'arbitraire et à l'erreur. Même observation sur z7 suffit de le savoir, et
:
il
suffit
d'un accident pour mourir
(3).
Après les formes impersonnelles, les infinitifs et les propositions précédées de la conjoncne sont pas un complément du verbe, mais servent à déterminer le sujet. Ainsi « il le monde pour se former » s'explique par ;7 (ceci) voir le monde faut, est nécessaire. « Il importe que vous partiez ». // (à savoir) que vous parliez, importe, est important. Dans le même cas, après un adjectif mis en attribut, l'inTmitif avec la préposition de se rattaciie encore au sujet il, qui signifie vaguement la chose, Tacte, le fait : « Il est important de se hâter ». Il (le fait) de se hâter est important. « Il est bon de savoir à quoi s'en tenir ». Il (l'acte) de savoir est bon » (lemaire, Gr. fr., 255). (2) TOBLER, Mélanges, 269 et suiv. (1)
«
tion que faut voir
:
:
—
(3)
Voir Kjeli.man,
o. c.,
p. ?,7 et suiv.
—
LE SUJET. LA PERSONNE
290
Dès l'époque
(aline, cciail laccusatii' ou TablaLir qu'on trouvait derrière sanguinem, auquel correspond le français z7 pleut du sang. Et beaucoup d'autres locutions se sont formées sur ce type il grêle des balles, il tombe des hallebardes, il en pleuvait du fer sur ce talus !
pluit
pliiit
:
:
:
Avec des verbes comme
falloir,
qui n'étaient pas héréditairement imper-
sonnels, on peut admettre
que ce qui suivait le verbe, l'infinitif ou le nom, a été sujet, tant que le verbe employé personnellement a eu un sens identique // faut un à celui qu'il avait dans la locution impersonnelle. Ainsi dans bras d'honune pour soulever ce poids, un bras a pu être sujet aussi longtemps que l'on a pu entendre il faut un bras dans le sens de un bras manque. Mais nous sommes loin de cela et depuis longtemps faillir et falloir font deux verbes, si bien qu'on en arrive à dire vous avez tout ce qu'il vous vous avez tout ce qui vous manque. faut, et assurément cela ne signifie pas pure absurdité. :
:
:
:
:
:
Dans
l'expression actuelle
—
non point un
et
sujet.
Dans
ancienne
fort
impossil^le de considérer de la vertu
—
la phrase
:
il
me
faut
complément, tout comme dans:
L'infinitif est le
//
faut de la
vertu.,
il
est
comme un complément le faire, même explication.
autrement que
je dois le faire
;
le
sens est
du reste à peu près équivalent. La désignation de l'être qui a l'obligation est ajoutée dans l'objet secondaire me, au lieu que la phrase parte de l'idée de cette personne, voilà toute la différence;
En
dans
un objet
est le
même
deux phrases.
les
Quant est
d'ordre sémantique.
elle est
tous cas le lien qui attache l'obligation exprimée à
à
il,
analogique
il
et
ne désigne point assurément un sujet auteur d'action. 11 ne représente rien; il n'en est pas moins le sujet, et ne joue
en aucune façon
le rôle
qu'on
lui a
attribué d'annoncer
un
vrai sujet qui
viendrait derrière. Ce sujet qui suit est un objet.
besoin d'insister sur la démonstration
était
S'il
d'un
on pourrait considérer
établi par l'histoire de la langue,
fait
les
aujourd'liui
phrases où
les
impersonnels peuvent être suivis d'une proposition commençant par que. Ainsi
il
:
faut,
il
convient que vous lui fassiez une
qu'il fasse bon accueil à nos propositions
:
—
;7
visite. (Cf. // est
possible
est certain qu'elles
sont accep-
Comment
qu'on
tables).
bon de
sera
il
rencontré à
nmis
il
danses
—
;
ij
—
// est
cette
citer
a peu de chances
;
—
;
—
?
—
// était
:
// se
se fait-il
l'ait
peut que l'entreprise réussisse,
d'usage qu'on baisât la main aux
me tarde... que je n'aie des habits raisonnables (mol., Mar. /., 2) il était mieux que je n'aie pu te parler (a. karr, Tilleuls, 32) //
;
forl A craindre... qu'il
97j
quelques exemples
heure là dans la rue
—
;
ne partît au hasard des coups de fusil (michel., Rév., m, à ^[. de Bouille que l' Autrichien fît une démons-
Il suffisait cdors
tration e.vtérieure (Id., Ib..
m,
.'^0).
Assurément rien n'empêche qu'une proposition nominale soit sujet d'un verbe, mais il importe d'observer que, dans les exemples, le mode varie suivant le sens du verbe impersonnel. Où prcnd-nn qu'un mode dans une
LE PRETENDU SUJET LOGIQUE DES IMPERSONNELS proposition qui serait sujet puisse se régler d'après tielleineiit
objet
A
dans
C'est
:
même
jamais assez
ajouter d'autres telles que
fort...
pour oser en
pas en efîet sous l'influence du
mot
existerait tout aussi bien
ici. Il
puisse rendre des services,
à douteuse on substituait certaine
En
sition qui entraîne le subjonctif.
—
:
c'est
:
transpo-
réalité, c'est la
Quand on détache
phrase une idée, on la présente au subjonctif
qu'il
:
chose certaine, et cependant on dirait
c'est
qu'il
:
chose douteuse. Ce n"est
douteuse que le subjonctif puzsse appa-
si
chose certaine qu'il pourra rendre des services.
;
m'étonne,
comme
vain ferait-on un rapprochement avec des phrases cette situation, c'est
firme
ce qui
:
rejeter
puisse rendre des services dcms
raît
291
Cela est essen-
une (religion) (benj. amené par étonne, ainsi que dans je
coNST.j Ad., x). Le subjonctif y est m'étonne que.
En
?
qu'il ait encore reçu la dépêche.
en faut
il
c'est qu'il se croie
verbe
caractère de la proposition attribut ou de la proposition
le
un bonheur
ces phrases
le
au début de
ainsi
la
qu'il soit travailleur, je l'af-
qu'il veuille bien faire, je le reconnais hautement. C'est là
un
fait
de mécanisme grammatical qui n'a rien à voir avec l'enchaînement logique des idées, et qui n'est pas très ancien dans la langue.
Comme, malgré pédagogic^ues
—
tout,
il
y aurait peut-être des inconvénients
à considérer
comme
résolument
éléments de phrase qu'on doit reconnaître
— surtout
des objets ou des attri-
comme
on pourrait, pour ne point choquer de front les habitudes, appeler en attendant les termes en question dépendances des verbes impersonnels subjectifs ou séquences. Ces mots ont un très grand avantage: ils ne signifient rien.
buts
les
tout en renonçant à la vieille analyse,
ménager
tels,
les transitions, et,
:
Verbes impersonnels devenant personnels.
— De même que
impersonnels s'emploient personnellement. La Fontaine a passé, notre
Bossuet
:
homme
Tranche du roi des
lui qui fait luire
son
soleil
airs. Pleut,
sur
les
bons
et
dit
:
les
rencontrer des impersonnels à d'autres personnes
:
vous en conjure. Et pleuvez à bonne mesure (Scarr., Virg., ple est burlesque.
Misères
et deuils,
peu nombreuses.
verbes Contrat
vente (Fab., vi,
sur
mauvais,
pleut sur les justes et sur les injustes (Serm., Née. de la vie, i^r p.).
même
les ver-
même les
bes personnels passent à la construction impersonnelle, de
4).
Et
et
qui
On
peut
Pleuvez donc, ii,
73).
je
L'exem-
—
Il pourrait être sérieux Forces du ciel, 'pleuvez sur lui! vous pleuvez sur moi. Ces formes de langage sont du reste :
LIVRE IX
PORTEE DE L'ACTION SKCTIOX
I
L
:
ACnOX
SUB JLCTIX'E
CHAPITRE PREMIER LES PHRASES SUBJECTIVES
Considérées dans la portée qu'elles peuvent avoir, les actions se divisent en deux grandes catégories, suivant qu'elles portent ou ne portent pas sur
un objet. Dans dans le second,
le
premier cas,
elles
— La
L'existence.
10
sont objectives
vous voyez
le
résultat;
première des actions subjectives, c'est
d'exister.
elles
sont subjectives
:
:
la foudre est tombée.
ne faudrait pas, en raison du rôle énorme du verbe
Il
être
dans
le
langage,
s'imaginer que les phrases d'existence où entre ce verbe aient une importance ])articulière. ni
même
soient les plus
traduit quelquefois par le verbe être
lumière fut
la
Le
;
—
roi n'est plus.
Toujours Jack
je
:
communes. A dire vrai, l'existence Au commencement était le Verbe ;
pense, donc je suis
Madame
:
se trompait.
il
—
est temps, c'est l'heure
;
faut prendre sa place (rac. Phèd., 342)
;
;
il
se
— — —
Aussitôt c'était des joies, des rires (a. daud.,
Mais le verlie exister est au moins aussi usuel dans les phrases Quant aux impersonnelles, qui sont d'un emploi constant, il beaucoup moins employé que // y a.
Jack, 251)
(1).
personnelles. est
y
11
est
y a apparaît très anciennement sous la forme
mull merveillus turment. Orez
i
ad de tuneire
e
i
a ou a
.•
En
France en ad
de vent (Roi., 1423). Les
deux
ont été longtemps usités assez indifféremment. Cependant, dès commencement du XYIP s., les observateurs ont remarqué qu'on ne
verbes le
pouvait se servir de il
est
un grand
//
profit,
est il
en parlant de choses matérielles, de distances, est dix lieues (h. l.,
m.
526).
etc.
:
Vaugelas a en outre
(Il Cf. Quel objet se priscnle à mes i)eii.v Ce n'est pas seulemenl des hommes à cuntballie. c'est des montaçines inaccessibles ; c'est des rui'ines el des précipices d'un côté. ; c'est de Vautre un bois impénétrable, dont le fond est un marais... C'est partout des forts élevés et des forêts abattues qui traversent des chemins affreux ; et au-dediuis. c'est Merci avec ses braves Bcwarois, enflés de tant de succès (Boss.. Condé). .'
PORTÉE DE L'ACTION
294
observé qu (il,
19).
En
il
se rencontrait plus
est
effet
Boileau a dit
:
Il
communément en
phrases négatives
n'est point de serpent ni de monstre odieux
(A. p., III, 1). Mais il ne faudrait pas croire pour cela que toutes les phrases négatives prennent il n'est. Il y a des phrases très usuelles où peut seul entrer
il
n'y a
il
:
n'y a qu'une expression qui
soit la
bonne
—
;
il
n'y a
qu'un an.
A la
vérité,
sont des formes littéraires.
n'est,
il est, il
Une
sous la haie odorante,
près du sentier,
Il est
Au
pierre petite, étroite, indifférente
pas
distrait
y a dans un vers, en raison du prétendu hiatus (Comp. Iliade) a probablement contribué à mainde l'étranger (lam.). L'impossibilité de faire entrer
tenir
que
il est,
de temps
Il
:
la
il
langue vulgaire ne connaît plus, sauf dans
est dix heures
; il
les indications
temps de partir. Malgré ces survivances,
est
on ne voit pas comment // est pourrait remplacer il y a, soit en vers, soit Il y eut en prose, dans la plupart des cas Il y a des poires cette année ; une exclamation d'étonnement, puis un silence (flaub., Éduc, i, 220). On use en outre d'autres impersonnels, tels qwii il se rencontre, il se trouve : II s'en trouvait parmi les mélèzes, il s'en rencontre fort peu de fourchus ; (des natures) de plus fines, de plus aristocratiques (a. daud., Jack, 262).
—
:
—
—
Toute proche de l'idée d'existence se trouve l'idée d'un Remarque. un changeun fait nouveau s'est produit événement qui se produit il arrive des surprises. ment considérable a lieu ; ;
:
—
2° Identités.
—
Sont aussi des phrases subjectives
pourrait appeler d'identité, sans prendre bien entendu ce étroit
:
12
est le
produit de 4 par 3
La même construction de mystère est
:
— mon
sujet
Son plan
:
(}u'il
était d
désir est de le rencontrer seul
de bien écrire ses chiffres
le ciel
,•
mot dans un
je suis le propriétaire de la
intervient chaque fois (hi
phrases qu'on
les
ferme
sens ;
—
Aur., ix).
Il est elle, elle est lui (v. h., Cont.,
exposé, d'une exiilication
—
;
—
est
question d'un
'entourer ;
la
entreprise
.son
première règle
Les seuls événements de notre solitude Sont
plus clément ou la saison plus rude,
des rochers (lam., Joc., 15 oct. 1794)
;
La
fleur tardive éclose
aux
— Mon mouvement naturel
est
fentes
de la
—
humaine) pour délibérer en paix (b. coxst.. Ad., ch. i, 3) Le travail devrait être une fonction et une joie il n'e.^t bien souvent qu'une servitude et une souffrance (jauk., Act. Soc, i, 107). ses apôtres. La formule c'est joue là un rôle très grand vivre c'est agir ; L'homme de l'avenir, c'est l'ouvrier c'était lui-même (ren., Jés., xviii) fuir (la figure
:
:
:
;
(a.
—
—
daud., Jack, 259).
—
30 Etats et manière d'être. Il faut ajouter les phrases d'état, dont nous aurons à parler à la Caractérisation, et qui ont pour but de marquer qu'un sujet se trouve, entre, reste, paraît être dans un état, une situation, une manière d'être quelconque, soit qu'il y ait été mis, ou bien qu'il 5'
LES PHRASES SUBJECTIVES soit
295
pour une cause qu'on donne ou qu'on ne donne pas
Une
:
ouverte, elle a été ouverte, elle reste ouverte, elle paraît ouverte, etc.
40
Actions subjectives,
—
P:nfin
il
y
a des actions
proprement
sont subjectives en ce sens que l'action ne sort pas du sujet la rivière coule Il
;
— l'opération a
(1
:
grille est ).
dites qui
je tousse
;
—
réussi.
faut bien prendre garde, lorsqu'il s'agit de distinguer une de ces actions
dont le complément n'est pas exprime. exemple Elle n'avait jamais mangé que dans ma main, Répondu qu'à ma voix, couru que sur ma trace, Dormi que siw mes pieds, ni flairé que ma place (lam.. Joc, 6 janv. 1794). Seules, deux actions sont subjectives couru, dormi ; les autres sont des objectives dont l'oltjet n'est pas indiqué. Cf. Les siècles ont tâtonné pour que je sache. Ih ont joui et souffert pour que je sente (ab. herm.. Conf. en/., lel. i). sul^jectives d'une action objective
Ainsi, dans cet
:
:
Df même que les verbes objectifs peuvent s'employer sans objet, il y a des verbes subjecil uoidail paraître, c'rsl ce qui attributifs sans attribut c'est ainsi qu'on dit couramment perdu. Il n'y a pas d'attribut sous-entendu, et d'autre part, paraître n'est pas dans son sens subjectif ordinaire de apparaître. (1)
tifs l'a
;
:
CHAPITRE
II
MOYENS D'EXPRESSIOX DE L'ACTION SUBJECTIVE
Les noms.
l'J
—
L'action subjective peut être clans des
noms
le
:
som-
meil, la veille, une insurrection,
un roulement de tambour, l'inflanmiation de la plèvre. Le sujet du verbe subjectif est alors, comme nous Lavons vu. dans le complément c'est le tambour qui roule, la plèvre qui s'enflamme (L). :
—
Les adjectifs.
2°
L'action est dans des adjectifs un produit dans des participes. De tout temps, le participe passé d'un verl)e subjectif a été employé seul comme dans les expressions modernes un enfant réfléchi, un préjugé tombé, un soldat disparu. Les formes pronominales elles-mêmes donnent des participes passés employés de la sorte un caractère obstiné, une fille repentie, un mur écroulé. :
explosif. Elle est aussi
:
:
Cependant
Dans ce vers de Racine dans mes bras qu'un corps défiguré (Phèd., 15G7), l'emploi de expiré paraissait hardi aux puristes du XVIIIf s., qui eussent vouhi ce héros ayant expiré. On ne peut pas dire du reste que n'importe ces participes ont été très discutés.
:
ce héros expiré A' 'a laissé
:
admet beaucoup, en vers du
Cependant
participe puisse être ainsi employé.
(jucl
et
de
en prose
Oh!
:
le
français
moderne en par millions
ces spectres surgis
—
des hommes passaient Le Talion) partis par Vautre, (iviint qu'il eût le temps de les regarder (mai:pass., Bel Am., ch. i) L'esprit... résulté du développement... de cet état primordial (a. comte, Lsf)r. pos.. ch. i. 'Ai.
ensanglanté (lec.
sol
devant lui
;
P.
l.,
tr.,
entrés par une porte
;
et
;
.'^o
—
— Courir, venir, tomber, sont des verbes sub— canon tonne — un train — des — une corde déborde
Les verbes subjectifs.
jectifs.
11
—
y en a mille autres
le soleil luit
:
:
le
:
un ruisseau vibre. étoiles brillent ; Kn outre une foule de verbes objectifs peuvent s'employer aussi subjectivenunt la moisson commence la persienne le bout de l'oreille passait
part
;
— — — ion grand-père a bien changé — leur opinion ne compte pas. :
:
pendait
:
;
Formes du verbe 1*^
LTn
verbe
In
:
--
PKONOMixAi, dans
phie... se pâlissait
(Il \()ir liv. vri. ch. i«f.
le :
la
:
—
Le verbe subjectif peut être bombe éclata: ma maison prospère
subjectif.
simpi.i;
affaires ont doublé
2"
:
;
—
travail consiste tu te
les
trompes
combles
(a.
:
ci
rattacher les
—
fils
elle se re.pent
daud.. Sapho.
:
:
—
ses
qui cassent.
;
1<S.S).
—
la photogra-
M(>yi:\S
Pronominaux les
[)
et
EX PRESS lOX DE LACTKjX subjective
mêmes formes que
les
297
—
Les verbes pronominaux ont exactement réfléchis dont il sera question plus loin. (Voir
réfléchis.
en sont bien distincts par le sens. Dans un réfléchi, y a une action objective. Elle porte sur le sujet, comme elle peut porter sur un objet quelconque. Soit le verbe voir : Un enfant se voit dans Veau. Sect.
II.
ch. X).
Mais
ils
il
Dans se voit, l'action est réfléchie. Dans un pronominal, ou bien a) le verbe par exemple
:
se repentir.
n'existe pas sous forme ordinaire,
n'y a pas de verbe repentir. Cf. s'abstenir)
(Il
;
ou bien P) le verbe existe à l'état simple. En ce cas il peut être subjectif, par exemple aller (d'où le pronominal s'en aller; Cf. se mourir). Il peut être aussi objectif; seulement, quand on y ajoute le se, ce mot se n'est pas l'objet :
du verbe, l'action ue
se réfléchissant
bien taire un secret, mais
taire
.se
ne
Par exemple, on
pas sur
le sujet.
signifie
pas cacher sa personne par
dit le
(Comparez s'étonner). Il est parfois aisé de distinguer un subjectif pronominal d'un réfléchi. Dans la phrase La fillette se regarda dans la glace et se trouva changée, on reconnaît aisément le sens réfléchi. D'autre part dans après cet événement, sa fortune se trouva changée, on aperçoit tout de suite cjue se trouva n'est plus un objectif réfléchi, mais bien un sub-
silence.
:
:
jectif.
cet homme s'est élevé par son propre mérite, le verbe peut être comme réfléchi. L'aclivité du sujet a produit un certain effet
Dans
considéré
:
Mais dans
la température s'est beaucoup élevée hier, Le verbe équi\aut à un intransitif a monté. Comparez Cet homme s'est mal conduit avec moi (pron.) et cet aveugle ne peut pas se conduire (réfl.) Jr me présente à vous et une occasion se présente. Seulement la diflérence est souvent moins marquée (1). Dés l'épocpie la plus ancienne, le réfléchi se (ou soi) accompagnait le verbe sans re.])résenter toujours un objet. Le verbe avec se, soi, signifiait une activité interne, qui se produisait dans le sujet il marquait un intérêt particulier du sujet dans l'action. Dans l'a. f., des verbes subjectifs se présentent déjà sous forme pronominale Caries se dort, // emperere riches (Roi., 718) Ensi s'en rentra l'empeEnsi se remest celé bataille (villeh.. 181)
sur
le
sujet lui-même.
on n'a plus un sens
:
réfléclii.
:
:
;
;
:
—
;
—
;
reres en Constcmtinoble (Id., 2079). (Cf. s'apartenir, se combatre.
H. L..
j,
En m. f., l'analogie accrut un moment que tout verbe
237).
put croire
On trouve
alors
:
.se
si
fort le
nombre de
.se
targier
;
ces verbes ciu'on
subjectif allait devenir pronominal.
disner, se soupçonner, se desdaigner, se feindre, se sou-
mouvement s'arrêta au début de l'époque classique il grand nombre de retours en arriére. L'ne foule de verbes qui se rencontrent à l'état de pronominaux jusque dans les textes du XVJe et du XVI I*' s., sont aujourd'hui revenus à la forme simple (2). Ainsi se disparaître : Il ij en a (des bienfaits) qui peu et peu se sont disparus de
rire, etc..
y eut
Mais
le
;
même un
devant nous (malh..
ii,
246)
;
(1) Co men! considérer (7 se tenail se lenail laciliirne (Édiic, I, 302)
—
se délibérer
Il se
délibéra d'accomplir ce
dans celle phrase de Fliuhert: En dehors de
.''
(2)
:
V. GODEi-ROY, Lexique de CorneiUs,
i.
44.
ces crises,
il
PORTÉE DE rACTION
298 qu'il avait
promis (sorel. Franc, iv (la font.. Fab..
rire s'éelata
m,
1).
—
:
»
s'éclater
premier qui
le
:
les rit dt
nombre des verbes de
Aujoxird'hui le
sens subjectif qui ont gardé la forme pronominale est assez considérable «H.
I...
u. 135
teté se
promenait
— 5a nature
me
in. 301). Je
:
de ne pas sapûir se taire
;
porte bien
ce
--p.
moment
toute seule
—
:
le
facteur se dépêelie
de poète se révèle tous les fours.
:
Tenisset {Roi.. 3674)
évanouir, iaire^ en aller.
cf. écrier,
convertir
(
:
pronominaux
subjectifs
sujet se tarissant (FLArs.. Bov.. 106)
rant se chavirer
un défaut
:
:
le
;
forme pronominale de nombreux verbes subjectifs que
La formation de
c'est
feu s'éteint
Nous employons même sou?
employait sous la forme simple :
— — :
— 5a fortimt s'évaporait en fadaises — sa Sain-
ço vuelt
langue ancienne
la
reis
Par amur cun-
aucunement arrêtée /t yeux du petit-fils mou-
n"est
— On
li
:
la
:
vit les
loti. Péch.. 155).
Inversement des pronominaux sont devenus simples
:
bouger, poser
(1).
Ces échanges pennett en déjà dede\iner que, malgré les différences réelles î;
qui existent entre simples et pronominaux (mourir et se mourir),
vent entre eux identité de sens
—
il
y
a sou-
Lt bois fend ou se fend ; le fil casse
—
:
:
XII.
Charl.
—
;
—
liv. 4).
LocmoNS
3°
VERBALES.
nombreuses
très
:
—
:
— Les locutions verbales de sens subjectif sont
faire feu. lâcher pied, prendre fin. perdre courage, rendr-
comme
l'âme. Certains verbes surtout,
de locutions
avoir, faire, entrent
mal : avoir lieu Le verbe y est un objectif qui
aroir chaud, froid,
:
banqueroute, figure.
avec son objet (Voir
p.
202
:
dans beaucou]i
faire naufrage, fortune,
est entré
en composition
(2'.
>
Exnploi des auxiliaires dans les verbes
s'objectiis.
—
La plupart
des verbes subjectifs conjuguent leurs formes composées avec l'auxiliaire avoir
:
courir, paraître, fuir.
Cependant certains verbes subjectifs
se con-
juguent exclusivement avec être : aller, arriver, décéder, mourir, naître. Naturellement un verbe qui est employé tantôt objectivement, tantôt subjectivement, peut prendre dans un cas l'auxiliaire avoir, dans Tautre lauxiliaire être Il
:
a monté la
Jai momé
malU
II est
l'issoUir
As-li: rentré :z ':::ydette ?
C'est ainsi frère
1
:
-^i
i
monté à Fouriiéres
II était monté o ctieval à midi Je sois rentré a neuf heures du
soir.
que certains composés de venir ont avoir: on a circonvenu mon
— une marchande des quatre saisons a contrevenu à un règlement de i
-:
-r.-:
-
d_--
riil/^:
:
î^.
.:.5o';
martfuise se tourna vers les témoins de cette
-
- verbales, certaines expressions qui reiupiaoïr N:-u- r.arirr-.n> plus loin de? compiéments gui i^D^n: :-:pé„ „ Pc.. v..w-titi c<:,Œp<»iiii**Qavev: ie •— fait l'objet. -
MOYEXS D'EXPRESSIOS DE L'ACTIOX SUBJECTIVE police
—
;
c'est lui
299
qui a subvenu a l'entretien de sa nièce. D'autres prennent
—
—
on en est bien revenu ; : Depuis la guerre il est devenu fabricant : un député est intervenu dans l'affaire. Un certain nombre de verbes expriment des nuances différentes de sens en changeant d'auxiliaire (1). On cite être
:
Ma surprise est
La
pluie a cessé ; ont paru et dispara pour toujours (Mass.; Madame a passé du matin au soir commue l'herbe des champs
quon
Certaines distinctions sensibles.
D
fait
bieniài eessée (Boss.
».
A
Ils
^
mes yeux élonnés leur troupe est disparue (Rac). Depuis longtemps sa douleur esi passée. Je suis ite aeeoora. Les délais sont expirés. ;
traditionnellement sont du reste fort peu
en est au contraire qui ne laissent point de doute. Les unes sont
ils ont 7/5 ont demeuré 23, rue Lafayette signifie demeurés inébranlables signifie ils sont restés.. 11 faut en outre signaler, et cette observation a une portée générale, que dans les verbes qui marquent l'entrée et la progression dans un état, l'auxiliaire change suivant qu'il s'agit de l'action elle-même ou de l'état qui en résulte // a vieilli marque qu'il y a eu passage d'un état à un autre, plus avancé dans la vieillesse. Il est vieilli signifie qu'il est arrivé à un certain état de ^-ieillesse. On constaterait une semblable nuance entre il a grandi
de nature sémantique
:
:
habité. Ils sont
:
:
et
:
il est
grandi
;
—
:
elle
a embelli
et elle est embellie.
Nous y reviendrons
en étudiant les notions de temps.
—
Auxiliaires dans les pronominaixx. Les pronominaux, comme les ont. aux temps composés, l'auxiliaire être. Je m'ai tu est une forme dialectale, comme ie m'ai coupé. Le français dit Je me suis, u- n7étais, réfléchis,
:
vaut mieux S'être tU.
iZ
Objectifs employés subjectivement. la
valeur subjective. Toutefois
le
— L"n verbe objectif peut prendre
passage à la subjectivité est beaucoup
changement inverse. Un rayon, dardant entre deux nuages. Une page d'am.. 144). Quelquefois le passage s'est fait par l'intermédiaire de la forme pronominale. Crouler a voulu dire renverser (crouler ses fondements), d'où est venu se crouler : Les choses... tantôt elles
plus rare que le les dorait
(zola.
:
si'enlr' ouvrent,
tantôt elles penchent, tantôt elles se eroulent (malh.. n.
Enfin crouler a signifié «1>
n y a eu
:
se démolir
:
natoreilemenî bien des variations. J.-J. Rousseau écrivait encoie
até avec lui (^Confessions.
1.
1\
i.
5^7
la muraille eroule.
:
5f T
>.
SECTION
II
L'ACTION OBJECTIVE
:
CHAPITRE PREMIER LES OBJECTIFS ET L'OBJET
L'action peut sortir du sujet, et porter sur une chose, un être, une idée. Elle
«
passe
considérés
comme on
alors sur eux.
»
comme
un médecin sauve un malade malade, la théorie sont dits malade, une théorie
dit, et ces êtres, ces
de l'action. Ainsi
les objets
choses sont
bûcheron abat un arbre;
un savant expose une théorie ; l'arbre, le » de l'action. Les noms un arbre, un compléments d'objet « du verbe correspondant. ;
objets
«
soi\l dits
Un
:
:
Une question de nomenclature. voir qu'on appelle aujourd'hui
«
— Nous avons
complément
déjà eu l'occasion de
direct
»
,
tout
complément
mot complété, c'est-à-dire sans mot-outil. (7est à une construction que se rapporte désormais cette appellation. De sorte qu'un complément direct peut être un complément d'objet une mère gronde son rattaché directement au
:
fait
mais un complément direct peut être aussi tout à autre chose ([u'un objet. Ainsi // empoisonne l'ail, // a couru vingt pas,
elle
va le matin à la clinique.
enfant,
ne
elle
le bat
pas
:
:
D'autre part, un complément dobjet peut être
mousse nuit aux arbres
la
l'attaque
;
l'arrivée de cette
obéisse:
16).
Nous verrons plus
loin
:
:
—
elle
s'attaquer à une tâche
:
objectives Il
:
n'avait (ait que changer de
que cette construction indirecte du complément
d'objet se rencontre toujours avec des verbes tif
prendre soin de
pronominaux de sens objec-
De. même avec des locutions verbales vieux père: ajouter foi à des mensonges.
difficile.
.son
résulte de ce qui précède que toutes les distinctions relatives à l'objet
reposent sur l'étude de la fonction. L'avantage
matière à de fécondes observations. Néanmoins,
que toutes
ment
les règles
direct.
classification directs et
(1)
:
;
ration w- rêvait que de gloire militaire
beauté (lam., Raph.,
construction iiulirecle
i\y}
r artillerie préludait à à mes ordres division décida du sort de la bcUaille cette géné-
;
Avec
Il
est il
grand, car
importe de
se
il
y a
là
souvenir
d'accord sont fondées sur l'ancienne notion de complé-
faut donc,
formelle
si
des
on veut les expliquer, mainteiur fermement la compléments d'objet en compléments d'objet
compléments d'objet indirects
(1).
celle iiiécaulion, cerlaines siiblilités s'éclaireiil, ainsi la lèsle des pailieipes de
vidnir cl rouler.
LES OBJECTIFS ET L'OBJET
301
—
La notion d'objet est, dans une toule de cas, extrêLa notion d'objet. mement claire. L'objet est facile à distinguer. Soit un livre, il peut être l'objet d'une foule d'actions. On le compose, on le publie, on le vend, on on
l'achète,
le
broche, on
le relie,
on
le lit,
on
on l'ouvre, on
l'étudié,
le
ferme, on l'aime, on le délaisse, on le reprend, ainsi de suite. Soit un acte,
par exemple celui de vendre.
Il
peut s'appliquer à
la
multitude des objets
commerce. On vend du charbon, de l'épicerie, des étoffes, des rubans, etc., à l'infini. Dans les deux séries, rien n'est plus clair que le rapport qui chaque fois unit l'action à son objet. dont on
fait
Rôles de l'objet.
—
générale du verbe. Par d'êtres elle
Essentiellement, l'objet restreint la signification
lui, l'action se spécialise
ou de choses, parmi il
Dans
choses auxquels
sait la langue qu'un homme peut savoir, l'objet limite en quelque sujet, si étendu que soit cet objet. Comparez pêcher
pourrait s'appliquer. Savoir est sans limites.
allemande,
un nombre quelconque
à
la série indéfinie des êtres et des :
;7
sait tout ce
façon ce que sait
le
et pêcher la crevette
:
;
—
étudier et étudier les mathématiques
;
—
tailler
et
tailler des arbres.
C'est là, en réalité, une valeur déterminative, de sorte
un nom au verbe, de ce
nom
Mais
si
:
les
livre,
va
se trouver
chasser la bécasse
.•
la chasse
dans
comme
le
que
on substitue
si
complément déterminatif
de la bécasse.
rapports de verbe à objet sont
tiques et simples,
un
l'objet
clairs, ils
l'observation précédente
sont loin d'être iden-
le ferait
croire. Écrire
l'imprimer, c'est faire un travail de production dont résulte
même. Le
c'est déjà
lire,
une tout autre chose,
le livre
et le cataloguer, c'est
en
mention dans un catalogue. Nous voilà loin du rapport de production qui, dans le premier exemple, unit le verbe et son objet. C'est ici qu'il faut se rappeler les classifications dont nous avons donné un aperçu, en parlant de la formation des verbes nouveaux (liv. vu, ch. iv). Il y a des verbes instrumentaux, des verbes de matière, de manière des verbes locaux, des verbes temporels, etc. Prenons l'exemple des verbes
faire
;
locaux
comme
:
traverser Paris (passer à travers la ville)
qu'un (venir près de
lui),
;
approcher quel-
longer la Seine (marcher le long de la Seine)
;
survoler une ville (voler au-dessus d'elle), entourer son père (se ranger autour
de
lui); abaisser le pavillon (le
tun (le renvoyer loin de soi)
descendre au bas du mât); éloigner un impor-
suivre ses chefs (aller derrière eux) dépasser un groupe (passer en avant de ce groupe) affronter un danger (tourner la face vers lui), etc. L'objet est ici la personne ou la chose par rapport à laquelle on exprime une situation ou un mouvement. ;
;
;
Supposons d'autre part un ouvrier hésitant devant une planche s'agit
de
tirer
de largeur. Doit-il
la raboter ?
La
sciera-t-il ?
pas en question, ce n'est pas non plus sur l'objet que porte
qu'il
L'action n'est le
doute
;
c'est
va servir à l'exécution du travail. Pour exprimer ce doute, l'ouvrier pourrait employer l'une ou l'autre de ces propositions sur l'instrument qui
:
PORTÉE DE L'ACTIOX
302 Est-ce
(jiie
j'emploierai la scie ou
le
le rabot ? ou Est-ce que renferme cependant toutes ces idées dans
largeur avec la scie ou avec
je la tirerai de
rabot
?
Il
verbes avec complément d'objet
:
la scier ou la raboter? change de catégorie de verbes, le rapport entre lacté et son objet se présente autrement. Qu'on compare seulement épouser une jeune ftlle et la marier. Dans le premier cas. on la prend pour femme, dans le second, on lui donne un mari. On change aussi le sens en variant l'objet s'assurer d'une chose,ccst la vérifier; s'«s5?zrp7-d'unepersonne,c'estrarrêter.
les seuls
Chaque
:
fois cju'on
:
:
Limites de la notion d'objet.
—-Où s'arrête dans ces conditions la notion
où cesse-t-on d'être en présence d'un objet ? C'est là chose fort difficile à marquer. D'abord, de même qu'on entend le mot « action » au sens large, il faut entendre aussi au sens large le mot objet Il faut donc considérer qu'on se trouve en présence d'un objet dans une phrase telle d'objet
?
><
que que
l'enfant a cinq ans;
:
soit la catégorie
//
>'
.
ressemble à son frère aîné. Mais en outre, quelle
des compléments que l'on considère, compléments de
cause, de but. de propos, etc.. on ne tarde pas à rencontrer des exemples où
qu'on ne se trouve pas en présence de vériPrenons « le but pour exemple. Avec partir pour Paris point de difficulté, pour Paris est un complément de but; mais si viser Paris, il est incontestable que Paris reste le but, et cependant je dis on est bien en présence d'un complément d'objet. Voici une phrase d'un autre ordre Le Ministre est très inquiet au sujet de la situation financière, le ministre s'inquiète, se préoccupe vivement de la je change l'expression situation financière ; il semble bien que le complément marque encore nettement à propos de quoi le ministre éprouve des préoccupations. L'interprétation serait-elle aussi sûre avec la phrase la Chambre s'occupe du budget? Or des embarras analogues vont se présenter à chaque pas. Il est bien évident que dans je suis désolé que ta femme ne soit pas là. que ta femme ne soit pas là est ce qui cause ma désolation. Si je change le verbe et que je dise je regrette vivement qu'elle ne soit pas là, l'absence de la personne dont on parle reste la cause de mon regret, mais en même temps mon regret porte là-dessus. Cette absence en est l'objet (1). Suivons la marche inverse. Mordre le doigt ne prête à aucun doute. Mais mordre à l'hameçon, mordre au gâteau et les expressions figurées telles que' mordre au latin présentent-elles aussi un vrai complément d'objet ? Par des transitions de toutes sortes, on verrait les divers compléments s'acheminer au rôle de compléments d'objet (2). Mais dans bien des cas,
il
serait impossible d'afïîrmer
compléments
tables
d'objet.
>'
:
:
:
:
:
:
—
Avant V incident qui fll découvrir la supercherie, les lions se plaignaient de l'homme; (1) Cf. bien des savants doutaient de l'authenticité de la tiare du Louvre. Que sont les compléments de se plaignaient, de doutaient ? Sonl-cc des objets ? Être afTirniatif dans l'analyse de phrases de ce st^nre serait sinfîulièrement téméraire. (2) Sur la phrase : Mon cousin n'habite pas Paris, il semble qu'il n'y ait aucune hésitation : l'aris est l'objet. De même pour sa maison, si je dis : !/ n'habite pas sa maison de la rue Mironwsuil. Mais ailleurs, les constructions sonl moins reconnaissablcs et l'analyse moins facile. Il habite l'avenue de V Opéra présente un complément d'objet. Dans: i7 habile avenue de l'Opéra, on a affaire à un complément de lieu. :
LES OBJECTIFS ET LOBJET on ne saurait discussion.
Il
comme
303
sans que la classification prête à y aura toujours là quelque chose de délicat et même de conles rcconnaîtrt'
tels,
comme dans toute distinction d'ordre psychologique. Mais quel besoin est-il de classer les compléments, puisqu'aucune règle de syntaxe ne s'appuie ni ne peut s'appuyer sur semblable classification ? ventionnel,
Ce qui importe pour l'étude de lier,
de bien distinguer
le sens.
la langue, c'est, Il
coup servi et je
:
difficile,
mais
il
Comparez sa vigueur physique lui a beauson habitude du monde Va bien servi ; cette œuvre me satis-
n'y en a pas de plus fructueuse.
fait
dans chaque cas particu-
n'y a pas d'étude plus
pleinement et
:
et
—
pleinement
elle satisfait
consens encore ce sacrifice
:
:
je
à,
toutes les conditions exigées:
consens à son mariage, etc.
—
CHAPITRE
II
NOMS
L'OBJET DES
—
Les noms d'action peuvenL élre objccLifs, cl L'objet est un nom. par conséquent suivis d'un complément qui exprime l'objet de l'action. Quand on dit, par exemple ta destruction de la cathédrale de Reims sera :
une honte éternelle, le complément de la cathédrale, appelé souvent « complément déterminatif » n'est pas autre chose que le complément d'objet le dédain des subtilités; du nom destruction. Cf. l'examen des candidats ; la tenue des livres
prise de la Bastille
ments de
—
:
mon
la
père
;
— —
— —
domaine ; fabrication du papier
l'achat d'un
; ;
la
comparaison des écritures le désaveu d'un enfant
—
:
Tous
ces
noms sont
des
;
-
—
la
— l'observation des — — souvenir de — chauffage de — règle-
;
l'essai
l'or
noms
le
;
ta
le
;
visite de l'hôpital.
—
la relève des unités
salle
la
;
d'action suivis de leur objet.
Les noms qui indiquent l'auteur de l'action se prêtent à la même consEux aussi peuvent être suivis d'un complément exprimant
truction. l'objet
:
Un
buveur d 'alcool
;
—
les
défenseurs de Bitche
;
—
le
—
vainqueur
Le Téméraire, insatiable mangeur de domaines nassier d'hommes (La Liberté. 18 nov., 1918).
de l'Allemagne
;
Construction de l'objet du nom.
— En
a. f., le
car-
et
régime sans préposition
la ne pouvait pas suffire pour exprimer l'objet du nom. On n'eût pas dit la trahison qui livrait Roland. En f. m., on construit traïson Rollant pour :
:
complément objectif du nom avec de, comme on l'a vu exemples ci-dessus. Mais il arrive aussi qu'il est introduit par d'autres prépositions la chasse au renard; des retouches à la Constitution. Les noms sont construits connue les veri)es ou les adjectifs correspon- // fallait leur donner le dants le remède au phylloxéra (cf. remédier à) courage, la résignation, la résistance à la douleur (uosxv, G. du Feu, ii,15 cf. résister à) l'inattention au mal dont souffrait cette victime (voc,
le
plus souvent ce
dans
les
:
:
:
;
3/(7/7.
;
—
de la Mer. 120
Objet du
nom
;
cf. attentif à. faites
dans
tin adjectif.
peut être dans un adjectif culture betteravière
(=
de
:
attention à).
— Le complément
l'élection
présidentielle
(
=
(rul)jet
nom ;
la
la betterave).
—
le
d'un
du président)
L'adjectif qui renferme Objet du nom dems un adjectf possessif. complément peut être un possessif (ou j^our mieux dire un personnel). La langue a été autrefois fort loin dans ce sens. On disait, ses obedienz :
jj
NOMS
L-QBJEr DES Thom.. 5200).
(.S'
cela voulait dire
et
lans (Chron. Mousket, 27122)
— Je me
;
lor bicnveil-
ceux qui
me
connaissent, les
;
trouve avec des noms
la
:
fais apeler Oiseuse, dist ele. à tous
(me.s connaissants, ce sont
connaissants de moi)
Mais on
construction
I>a
avec des participes devenus substantifs
était surtout usuelle
mes congnoissans
305
obéissant à lui.
:
Ço
:
dist
li
reis
:
Vus
estes
mi felun
{Roi.. 3814).
Le nom abstrait,
nécessairement un nom d'homme. Ce peut être un nom amour, crainte, etc. Pur sue amur altretcl funt li altre Por le douceur de li et par s'amor me descenderai je ore ci
n'est pas cfue
tel
{Rot.. 3123)
;
—
:
XVP
(Auc., 284). Les exemples analogues ne manquent ni au ni au XYIF s. Je n'ai pas entrepris, Injurieux ami. De soulager ta peine avecque son mépris
(malh., Ode à
Ce que votre
Du
Perler)
— Et vous ne deviez pas envelopper d'un crime estime (corn.. Xic, 475) — De
;
victoire ajoute à votre
faire voir
;
aux gens que leur perte nous blesse (mol.. Dép. Am., 1398). Il nous reste des locutions très nombreuses ainsi formées
— viens à sa vue —
seur, ton héritier, leur assassin, scuif votre respect: je vole
à ton secours
en son honneur
En
;
—
—
:
la
je
me
messe
sentis faiblir
est dite
le
;
mon succesmon aide :
ci
:
dîner
est
—
donné
à son intention.
du possessif reste permis ailleurs son élection date du 15 sept. 1905 sa condamnation serait un scandale. Quelque étrange que cela puisse paraître, on ne sait sou\ent si le sens est ojjjectif ou non. Par exemple dans travailler pour son salut. C'est bien travailler pour le salut de soi, mais étant donné que le salut est un iiien. une récompense, et cjue salut peut être pris dans un sens concret, on ])eut interpréter l'expression comme on interpréterait verser pour sa retraite (1 ). L'emploi du possessif avec un sens objectif donnait lieu sou\cnt à des équivoques. Les expressions ma cruelle, ma rebelle, fréquentes dans la poésie galante d'autrefois, signifient-elles une cruelle que j'aime (sens subjectif) ou une personne cruelle envers moi (sens objectif) ? Cela est souvent difTicile à décider à distance. Il semble que ces expressions doivent être considérées comme de vrais possessifs, car on disait bien aussi ma brave, ma parfaite, ma divine. Mais le doute reste permis dans beaucoup de cas (2). Aussi, au fur et à mesure que le français s'éprit de clarté et de précision, les formules précédentes furent-elles critiquées, et de grandes restrictions ont été apportées à la liberté d'autrefois. Bouhours écrivait « On dit. en parlant d'un Prince comme le nostre, la terreur de son nom, la terreur de ses armes : mais je ne sçache pas qu'on dise sa terreur, pour marquer l'épououtre l'emploi
objectif ;
:
—
:
:
:
:
:
:
(1) II faut lappiocluT de ce cas celui où le possessif ne joue pas à proprement parler le rôle d'un objectif. Les exemples sont très nombreux: Je me tiendrai toujours de ton intelligence. (Corn., viii, 300; Itn.\. Cf. en Ir. mod. mon égal. Ion aine, son supérieur, votre obligé; à mon endroit, à son su/et, à leur propos La haine que pour vous elle a si naturelle A mon occasion encor se renouvelle (corn., \ic., 15). ;
(2)
Mon
ludneu.v est tout à fait
187). Sont-ce les
BRUXOT
gens qui
—
:
commun
le iiaïssaient
// fait de ses haineux une ou qu'il haïssait ? :
belle
vengeance (vv bel., 20
ii,
PORTÉE DE L'ACTIOX
;;i!(;
vante
répand partout
qu'il
La phrase suivante
{Dont., 88).
>>
Elle ne veut
:
point recevoir de consolation de leur perte, qui s'applique à une mère ayant ses enfants, contient
perdu
voir consolation de
une double faute, selon
ensuite
;
faut dire
il
le
même, d'abord
rece-
de la perte qu'elle a faite d'eux
:
(Id., Suit., 52).
En
au
a naturellement été substitué
on
perte,
dit
:
A
j'en déplore la perte.
:
Au
possessif.
lieu de
évitons sa rencontre,
tons-en la rencontre... Lamartine a encore
employé
;
je déplore
on préfère
le possessif
:
:
sa
évi-
L' Assyrien
frappe tombait sans voir ta main, D'un souffle de ta peur tu balayais ses
(Harm.,
tentes
iv, 2
Gr. des g.
cf.
du M.,
79).
—
nom
Le complément objectif est une proposition. une proposition, surtout ((uand les noms signifient Ma conviction que les questions économiques pensée, croyance,
L'objet
du
noms peut
des
;
idée,
être
:
:
—
s'y veut
contenter de la fausse pensée Qu'ont tous les autres gens que nous
sommes
vont bientôt l'emporter sur
heureux (mol., Amph.. 180)
Que
je
j)uis...
(b.
questions politiques est ancienne
les
;
—
Et vous
rendre
const.. Ad.,
ici ce
cun.,
1333)
—
je
VIII, 78)
—
;
Les autres s'attablèrent, rassurés par
—
la cer-
Son spiritualisme... dame n'était pas morte (lam., Raph., 5G) opinion arrêtée que la figure du vieux monde allait passer ne lui lais-
son
;
saient de goût que
pour
les
persuasion que Dieu est en de s'imi)0ser I>es
aux autres
noms qui
choses du
cœur (rkn..
Jés., ch. xiii)
elles... est si forte qu'elles
:
bruit, nouvelle, dire,
comportent
la
garantie, convention
:
pacte tacite qu'on nous fera du bien (didku., Xev. Ram., 98); bientôt
;
-— Leur
ne craignent nullement
(Id., Ib.. ch. v) (1).
signifient
truction, et aussi d'autres qui signilient
s'est
;
solennel témoignage que je n'ai jamais agi par calcul
titude que la et
une preuve certaine
donner...,
veux, sans retour, sortir de votre chaîne (Id., Dép.
me
;
répandu que l'auteur avait
nombre de personnalités parisiennes
peint,
(zoi.a.
dans
Romane.
ce
même :
Il
cons-
y a un
— Le bruit
roman.
;//j
grand
310).
I.d foule étail dans une lenihie inquiétude que Foulon (1) Ce loin se développe de plus en plus .\e.. i, 2'Mi\ qu'un peuple, inrap^ihlc de p'uifr moins, allait pouvoir payer plus (Id., Ib., i, 373) ; /.(( conviction indumplultle que son Institut était appelé à rendre des scnùces éclatants ; la certitude que le Jugement-Dernier... pouvait être sauvé... tout cela... émut, boulenersa, vainquit (fab., C'est l'opinion de papa que les jeunes filles doivent être instruites d'une foule de Fiisl., 1()2> Car. dans le désespoir que choses qu'on s'applique d'ordinaire d leur cacher (dlh., l'niss., 71); Marie-Jeanne se consumât sous l'advcrsitr subie par son uiénaçir. je n'avais pas craint ifassurer, à elle et à son mari, que nous m'aviez déjà favorabirnicnl repondu (iikhv., Cours fl., iv, ii) Et toujours ce long rêve en «ion ca?ur indompté. Que je sortais d'un sanq fait pour la liberté (i.ec. DE i^isLK, Po. Irag., 211) - la pensée qu'il faudrait faire encore quatre ou cinq heures de voiComment lui infliger l'évidence que mon cœur lure... l'uuail inquiétée (loti, l'éch. 36) Mais avec l'impression qu'il faut vivre, serait dorénavant partagé? (iihrv., Cour.f. fl., i, xv); se débrouiller, lutter, et. si l'on peut, arriver (nox., La Pair., i, 1 1. :
—
:
—
espoir
;
;
:
;
—
—
—
CHAPITRE
III
L'OBJET DES ADJECTIFS
Xi'objet est l)eLivcnt a\ oir
tueux de la
loi
un nom.
— Les adjectifs
un complément objectif ;
—
sainte Agnès, dont
:
conscient de sa destinée ils
comme
et les participes,
soucieux de sa réputation ;
—
;
les
noms.
— respec-
désireux de bien faire
étaient fort dévots (zola. Rêve, loi)
;
— ignorante
;
—
des
Mer, 109). moderne, on rencontre des constructions semblables tn ec un infinitii' celte demi-hcdlucination du vertige qui la rendait si peureuse de J'étais depuis longtemps indécis passer la Seine (gonc, G. Lac, 98) de publier mes souvenirs (champfi.., Cont.. 303).
mauvais
bruits (vog., Mait. de la
E]n huigiie :
;
—
—
Le compléinent d'objet de les
adjectifs ou participes qui
sûr, certain, conviaincu
.
etc., le
l'adjectif est une proposition. Avec marquent un état de la pensée, tels que complément d'objet peut être une proposi:
Je laissais passer les heures scms les compter, certain que j'avais devant heures sans fin (lam., Raph., 72) C'était aussi le sentiment de M. Mauvaï qui se déclarait partisan qu'une certaine liberté fût laissée aux
tion
:
moi
les
jeunes gens (de kégît., Flamb., 29).
;
—
CHAPITRE IV L'OBJET DES VERBES
Quelques mots sur une question de nomenclature. Objectifs ou Les verbes qui ont un complément d'oJijet ouvrir une
—
transitifs?
:
un
fenêtre, casser
verre,
sont des
«
objectifs
»
.
11
vaudrait peut-être mieux,
en considération de ce qui va suivre, dire verbes employés objectivement. 10 Parmi les verbes objectifs, il y a d'abord ceux que la nomenclature olTi:
cielle
appelle transitifs directs et que, par respect de la tradition et du
il serait préférable d' appeler simplement transitifs. nomenclature grammaticale « prescrite par l'arrêté du 25 juillet 1910 ne s'applique qu'à la forme des verbes, rangés en actifs, passifs et pronominaux. Elle ne s'occupe pas du sens. A la vérité, dans la circulaire interprétative du 28 septembre 1910, il est dit que le maître pourra parler du complément d'objet ; et dans celle du 21 mars 1911, on lit « Il s'ensuit que pour désigner le sens des verbes... il y a lieu de recourir aux termes transitif et intransitif, qui sont d'un usage courant dans les livres de grammaire, et qu'exige l'adoption du terme complément d'objet. nuMitionné dans la cir-
sens des mots,
La
«
:
culaire.
»
Que vaut
celte
appellation de verbe transitif ai)pli((uéc à tout verbe
nomenclature grammaticale? Peu le sens nouveau de qui a un complément d'objet. 11 en résulte que, quelle que soit la construction de ce complément, qu'elle soit directe ou qu'elle soit indirecte, le verbe sera toujours transitif. On a été forcément amené à distinguer le transitif direct je veux un jouet, et le transitif indirect : je songe à vous.
une addition indirecte à
objectif, par
de chose.
En
efîet,
la
transitif est pris là
dans
:
:
Mais, dans les dictionnaires, ces derniers verbes
sont considérés
comme
intransitifs,
(les transitifs indirects)
parce que leur complément n'est pas
Le nom de transitif y est réservé aux verbes de forme active qui prennent un objet direct. C'est là le sens étymologique et traditionnel des deux appellations. Il est à craindre qu'en prétendant les changer arbi-
direct.
trairement, sions.
En
comme
le fait la
outre, on perd le
nouvelle nomenclature, on
moyen
namène
des confu-
pratique que l'on conseillait aux élèves
pour reconnaître si un verbe est transitif, moyen qui consistait à essayer de le transformer en verbe passif, en faisant de l'objet le sujet. Ce n'est pas que nous nous fassions illusion sur la valeur du mot transitif. Conmie la plupart des autres, il ne vaut rien. Tous les transitifs ne se prêtent pas à l'expérience, tant s'en faut. Qu'on essaie de mettre au passif :
L'OBJET DES VERBES une pipe en
soldat avait
J,:
Mais ce sera encore
point).
terre, et
la fumait.
il
309
(Nous reviendrons sur ce en général
pis, si transitif doit signifier
:
qui passe
sur un objet directement ou indirectement.
Moyens d'exprimer
—
SIMPLES.
un
écrire
dans un verbe.
l'action objective
— 1° Verbes
L'action objective peut être exprimée dans un verbe simple
article
:
—
faire su déclaration
;
— acheter une
;
terre.
—
2° Verbes pronominaux. Laction objective peut être exprimée dans se souvenir un verbe de forme pronominale s'apercevoir d'une erreur ;
— — s'attaquer à une position imprenable — reprendre à — douter rien changé: — convaincre que l'heure — rappeler temps de venue de mettre :
de cette journée la vie est
se
30
(ui
travail
se
—
:
tation {cf. lui nuire); faire droit à
Une foule
dans une locu-
(cf.
la secourir)
—
;
(cf. l'accueillir).
faites
avec
les
verbes de sens général
porter, rendre.
a fait appel à ses amis
Faire
:
il
Avoir
:
Cette lettre
nité
;
Si,
—
trait elle
votre silence
;
—
il
fait
à votre demande
:
— Je
:
faire, avoir, prendre,
envie à tout
—
le village.
mère a droit à une indem-- Mon zèle n'a besoin que de
:
a peur de vous : (rac, Phèd.. 894).
prendre part à t'attaque
:
Belgique
la
être
faire tort à sa répu-
de locutions verbales sont ainsi susceptibles de recevoir un objeL
Beaucoup sont
Prendre
—
— porter secours à
une réclamation
partir.
qu'il est
se
;
L'action objective peut Locutions verbales. faire peur à un enjant (cf. l'etYrayer);
tion verbale
se
;
n'est
(jue
se
(1)
;
;
la
lui bâtis
un temple,
et
pris soin
de l'orner (rac. Phèd., 280).
Porter
porter préjudice à autrui
Jésus put tielles
Chercher
:
:
querelle à
hommage
Don Diègue
—
:
il
;
— un taquin
cher-
nïa rendu service
;
—
à son suzerain.
foule d'autres verbes sont ainsi entrés en composition et forment
à tous cancans — donner prise à ajouter — demander pardon à sa mère: — tenir à l'invasion; — garder faudra lieu de père à un enfant; — parti de :
foi
les
;
médisance;
tenir
aux conditions essen-
Jés., ch. x).
ses canutrades.
vassal rendait
des locutions objectives la
;
;
rends justice à sa bonne volonté le
Une
;
humaine (ren.,
Don Gormas cherche je
;
aller à l'excès et porter atteinte
de la société
che noise à
Rendre
— porter remède aux abus — — porter ombrage à son voisin —
porter secours à un malheureux
:
tête
tirer
tout.
Il
se
soi-
gneusement des procédés rigides de l'ancienne analyse, et se souvenir de ce qui a été dit au sujet de la Composition. Achevée dans certains cas (porter (1) On trouve aussi reprendre : Ellénore semblait reprendre à un helvétisme, qui est également chez Madame de Staël).
la vie (b.
const.. Ad., 91. C'est
PORTÉE DE L'ACTION
310
préjudice, faire cas. tenir lieu), elle est en t'ormalion dans d'autres (rendre les honneurs). Telle association de mots, usuelle dans un groupe social, y
forme une locution, étrangers à
la loi et
ainsi faire appel chez les gens de loi.
aux procès,
les
mots retrouvent
Pour des gens
leur individualité, et
il
n'y a pas locution. Dans ces conditions, les locutions verbales objectives peuvent donner lieu à des interprétations différentes et
ment faire
il
également acceptables.
faut s'y résigner, mais les retenir,
comprendre
et suivre le
comme un
excellent
mouvement de formation du
Non seulemoyeu de
langage.
-
CHAPITRE V
PASSAGE DU SUBJECTIF A L'OBJECTIF.
Facilité des échanges. les
— Une erreur
très
répandue consiste à considérer
verbes objectiis comnie une classe fermée. La difïérence entre les verbes
objectifs et les autres n'est pas une différence de nature,
mais d'emploi. deux emplois Ex. Veau monte dans le tube, la mer monte, la voix monte. Dans ces cas, monte n'est pas objectif. Mais il l'est dans une foule d'autres phrases monter un cheval rétif, monter un magasin, un rayon., monter une horloge, monter un moteur, monter une pièce, monter les prix. Historiquement, l'erreur est aussi grave, car, loin que les verl)es restent parqués dans l'une oii l'autre des deux catégories, on en voit constamment et à toutes les époques qui deviennent objectifs ou qui cessent de l'être. La volonté de les enfermer dans des classes bien distinctes remonte à Vaugelas, qui condamnait: croître des malheurs, (i, 436); tomber quelqu'un
Un même
verbe a sou\ent
les
:
:
(II,
397); sortez
gens de bien
mon
chenal,
bouger quelque chose
(ii, M.S] ); ];ieTiCher
Façons de passer
d'tui
quelqu'un
444
(ii,
);
emploi à l'autre.
37) (1)
(ii,
;
prospérer
dériver un mot
—
-
(il,
385)
les (2).
Le passage d'un emploi
à l'autre se fait de inen des façons. ]o
Le verbe devient objectif en prenant la valeur factitive, ce qui signifie une action qui a lieu, il signifie faire qu'une action ait lieu. Je sonne une cloche signifie Je la fais sonner, je fais qu'elle sonne. De même pour une foule d'autres verbes
cju'au lieu d'exprimer
:
:
:
rends objectif en disant
cesser, je le
—
mûrir,
cesser le travail
:
— —
rentrer,
échouer,
— —
désespérer,
tomber,
l'affront
soutenant
le
l'a entré
dans
Cl) (2)
front
l'église
;
tomber un adversaire.
de la
que
;
désespérer quelqu'un
Voici des exeni])les pris aux textes
mon sang
;
mûrir un projet ; rentrer du foin ; échouer un bateau
la
:
deux eunuques... prêts à expier
regarder (montesq., Ars.
mort pâme
(flaub..
Par
et
Joc, 7 déc. 1794, uiin.^ champs, 87) Ue grcmd
(i.am., les
Ismén., 367)
;
—
;
(/(//?.s
;
—
—
On
air qui
Vingt-deux chariots A quatre roues ne l auraient jamais pu bouger de là f rac. Rem. s. Odijs.} Presque toutes ces remarrpies n'ont pas été publiées de son vivant. Malherbe avait di de maintenir le caractère « neutre » à courroucer (iv, 4(17) et à crouler (iv, 39 i;
reste déjà essayé
PORTEE DE L'ACTION
312
dcrangeail ch. VI. 1 17)
2^
Un
cheveux, les envolait au-dessus du front (a. daud..
les
— A peine
:
certain
s'il
nombre de
Saphu.
(gonc, G. Lac., 14)
la sortait de loin en loin
(1).
verbes, dont nous aurons à reparler plus loin,
prennent ia valeur objective pour signifier qu'on donne à l'objet la qualité exprimée par le radical, ainsi vieillir une dame, c'est lui attribuer, lui :
faire avoir
un âge
son beau front
qu'elle n'a pas réellement
(v. h., Alis.,
1.
v, ch. vi)
;
—
— Le crépuscule blêmissait
;
d'humanité souffrante
ce coin
dont la faim enrageait les appétits (zola, Déb., 445). 3^
Ou donne
son radical
:
à
un verbe un objet exprimant l'idée nominale contenue dans
pleurer des larmes de sang. Les types de cette expression, sont
:
dormir son sommeil, qui est classique, ou vivre sa vie, qui est moderne. L'idée de l'objet est déjà incluse dans les verbes dormir et vivre, mais de façon générale
l'objet précise en restreignant on dort son sommeil, on ou une vie quelconque, qui est indiquée vivre une vie de galérien ; Vous avez pleuré des larmes de ]oieet des larmes de désespoir (jiuss.. On ne bad. pas avec l'am.. ii. 5) —qu'ils boivent dans cette goutte L'oubli des :
;
vit sa vie
:
—
:
pas qu';7 fcmt marcher (lam., Joc, 16 mai 1801)
gambade
(v. h..
A
.
n..
vu, ch.
l.
;
— Scms vous domp— pirouetta une laisser
beuve, Po., 2G
souffrez votre souffrance (s*®
ter,
vi,
ii,
1)
(7/)
;
53).
Par une extension très compréhensible du tour précédent, l'objet, au lieu d'être l'objet contenu dans le radical du verbe, est autre. Au lieu qu'on sue de la sueur, ou suera du sang : Je suais sang et eau. Par une nowvelle extension, on prendra un autre objet dans un autre ordre d'idées. Comme des condamnés suaient leurs agonies (lasm., Joc, 6 août 1795, soir). De même, au lieu de dire pleurer des larmes, on finira par pleurer son cœur. On commence par: courir une course... un steeple, puis on en vient à courir 40
:
:
sa chance.
Vivre ofïrc un dévelop])ement très intéressant en ce sens
son œuvre, des heures
difficiles
;
— Les
:
vivre ses vers,
chefs mâles ne vivaient plus que la
guerre (rosny, G. du feu, 19). Voici d'autres exemples Georgette jasait. Ce qu'un oiseau chante, un :
enfcmt le jase (v. H., Quatre-vingt-treize,
liv.
m.
ch.
i)
;
—
Où
le
Jacque en
haillons, plus vil que l'animal. Geint lamentablement sa pitoyable vie (ij-c.
de
maud.) -- un orgue poitrinaire qui toussait les débris d'une polka démodée (coppée, Coup., 21) Leurs poitrines qui hurlèrent l'agonie (rosny, G. du feu, 7) Goûn parla sa pensée et celle des autres (Id.. Ib., 124) un petit monde de souffrants qui hurlaient leur douleur (zola, /)'• Pasc, 123). ô"" Au lieu de se servir d'un complément exprimant le temps, la manière, hi cause, etc., on fait de ce complément l'objet même du verbe. Tj^pe: jouir sa douleur. Supposons quelqu'un qui dort à un cours, si on dit il a dormi i.isle,
p.
Les
tr..
siècles
;
—
;
;
—
;
—
:
(1
1
La
tlonnable.
pour
faute
•
observer à quelqu'un pour lui faire observer n'est donc peut-être pas iniparJoin que la langue use aussi du verbe faire suivi de l'infinitif faire venir son beurre de Bretagne.
Nous verrons plus
Ne loniposer des factitifs
:
PASSAGE DU SUBJECTIF A L'OBJECTIF on indique
ce cours,
qu'il l'a passé tout entier
embrassé. L'efîet de style est visible
ainsi dire
313
dans un sommeil qui Ta pour Madame de Pocancy chaque :
matin, en peignant ses cheveux au miroir, baillait d'avance sa journée...
—
Puis, ils causaient (DE RÉGNIER, Le bon plaisir, éd. Mod. Bibl., 15) JMais plan, arrêtaient ensemble les grcmdes scènes (zola, Romane, 239) ;
le
—
;
non, qu'on patine tout simplement potiner quelqu'un. S'il y a un Pair..
:
on devrait pouvoir dire
vrai,
c'est
1).
I.
Un bon nombre
d'expressions de ce genre sont maintenant reçues
côté de
lotter la fièvre (à
bramer
grelotter de fièvre),
:
la faim, causer
(pendant une valse) au lieu de la danser. Le peuple va tout aussi loin que les stylistes dans cette voie. dire
:
dîner de lentilles,
compose tout son
dira
dîner des
:
lentilles, ce
passage se
(Pens., éd. Molin.,
Cf.
ii, 8).
Au
lieu
de
Voici quelques exemples tous ces affcmiés émiette la
son regret désespéré de la (zola,
Basse-cour où
:
grandeur
dans
vie,
le roi
intercale craché
lettres
de ce genre,
143).
mendié sans pudeur,
iv, 1)
:
;
—
-
c'était
A
— Comme on sen-
mots tremblés annonçant
les
Pascal, 385)
Z)""
i,
Hem.,
(v. h..
Il
Sur cent
:
participe passif.
le
souffieté.
Mém.,
vingt étaient toujours répondues (vidocq,
!
gre-
qui signifie qu'on en
souvent par
fait fort
méconnu, trahi, une lettre répondue
rejeté,
sance de l'enfant
:
une valse
dîner.
— Le
Remarque.
il
Pascal parle de Jésus...
tait
:
La
verbe actif, c'est bien celui-là (donx.,
la nais-
un bruit piétiné, chu-
choté (A. DAUD.. Sapho, ch. ix. 233).
Rareté des verbes qui répugnent à devenir objectifs. différentes routes, presque
—
Par ces
tous les verbes arrivent à prendre quelque
emploi objectif. Les exemples que fournit l'histoire de la langue sont
innombrables.
mun
Mourir
:
Mort as
Arriver
:
Cil qui nous conduisoient en la galée,
par
filz
le
mien
herberge (joinv.. 228 B)
Démordre
La
:
constance... jamais ne
escienire (Roi., 3591;
;
démord
(malh.. Épit. Sén.. lxvii;
Fermenter
:
Il inventa... le levain 1.
IV. ch. Lxi)
;
nous ariverent devant une
ce quhine fois
elle
pour fermenter
la paste (rab.. Pantagruel,
;
Tarder
:
A
Croître
:
C'est infailliblement leur croître le désir (malh., Poés.,
Ecouler
des cœurs bien touchés tarder la jouissance
Et surtout de voir
:
vous (sév.,
Déborder
:
les
Lett.,
jours écouler
DXLViii)
ma
;
:
Mais pourquoi consulter des choses ii.
5)
;
:
;
C'est la Seine en fureur, qui déborde son
saire,
lxxiv)
vie sans vous et loin de
onde Sur
de Paris (malh.. Poés.. lu. Mort de Henri TV) Consulter
a résolu
:
résolues
?
les
quais
:
(rotrou. Beli-
PORTÉE DE L'ACriOX
314
Pencher
Rôder
:
Xon qu'une
Germer
folle
:
C'est
me penche
ardeur de son côté
Depuis plus de vingt ans,
:
une sentence
je
tel
verbe qui n'est plus
dans un autre, on ne
dit i)his
liai. 10)
)
;
;
Qui de nouveaux martyrs
illustre, vive et forte.
germe une ample moisson (corx.. D"autre part,
(corn.. Cid, 1701
rôde l'univers (regn.,
Hymnes.
ix. 609.
11>.
dans un sens, l'est resté un fleuve déborde son eau. mais une troupe
:
o])jectif
:
déborde l'eniunii.
Subjectifs irréductibles. faut que l'idée exprimée soit
— Pour que
cliangemenl
le
immuablement
subjective.
impossible,
soit
Or
est
il
il
réellement
peu d'idées dans ce cas. Prenons l'idée de mourir. î/a. f. a mourir comme verbe objectif, au moins aux temps composés, nous venons de le voir. Et de nos jours les Goncoiirt ont écrit Les heures de la vie q\x\dle vivait :
de scmg-froid. en se voyant elle-même, en regardant en sa conscience, en assistant à ses hontes, lui semblait si
(G.
Lac, XXXIII.
abominables
!
Elle aimait
mieux
par
la
pas à
il
de naître
les enfants,
mort, naii une deuxième dire...
que la nature ne
vie.
soit
ou un poète parlant
Malherbe capable
a dit
de
f/'éclcre...
y a des
/k/js-
mot accoude l'homme qui,
on imagine facilement une Précieuse voulant éviter
cher, et parlant
mourir
71).
Je n'ai pas rencontré naître. Mais, dans certains élevages, seurs. et
les
même
le
éelore
:
ce n'est
quelque accident
(jui
n'ait encore jeûnais été vu (u. 83).
Les verbes vraiment rebelles à l'objeclivilé semblent être ceux qui
n'expriment pas d'action proprement
dite,
mais
([ui
entre un être, une chose et une qualité; tels sont paraître, rester, sembler, qui sont
:
marquent un rapport
demeurer, devenir,
proprement des copules.
être,
'
CHAPITRE
VI
VERBES OBJECTIFS SANS COMPLÉMENT
Dans un grand nombre de
pln-ases,
ne serait pas possible de s'arrêter
il
complément d'objet nécessaire Cet inciHier à r Académie de Médecine, M. X. a commudent me rappelle... Le Pasteur a découvert... niqué... On poudrait connaître... après
verbe, sans lui donner
le
—
;
— Les
;
:
—
;
poète a mis...
le
;
—
événements actuels ont détourné...
;
;
—
—
En me
pro-
menant, j'ai rencontré... Tous ces verbes ont besoin d'un objet précis.
Mais très souvent
le
sens de la phrase
sans complément. Ex. abrutit
—
;
f:
:
s'accommode d'un verbe
homme propose
et
Dieu dispose
;
—
objectif L'alcool
Des actions qui rapportent.
Cette absence de complément s'explique et se justifie de plusieurs manières. 1» Le verbe peut a\oir un sens général J'attends, je regarde, elle :
— un ouvrier — une gremd'mère de nous dangereux, mord; — Naoh
coud, nous lisons
:
tricote,
:
guettait,
il
les griffes
tourne, rabote, lime, peint, forge aujjrès
ravaude, repasse, lave
dans
:
—
les ténèbres, les crocs
le
chien est
qui coupent,
qui déchirent (rosny,. G. du Feu, 12).
Un homme
consacre sa vie aux lettres,
dire ce qu'il écrit,
si
ce sont des
il
écrit. Il n'est
pas obligatoire de
romans ou des pièces de théâtre. Si on exprime
exactement sur quoi porte son travail, quel est le genre de ses productions, le verbe écrire d'envelopper toute la vie de cet homme, parce qu'on a l'air de limiter à des productions qui ont un terme, qui n'occupent qu'un certain temps, un verbe qui doit embrasser sa vie tout entière. on arrive à empêcher
De même, dans ni
langue religieuse,
la
ma sœur
le
mot
prier.
A
quoi occupez-vous vos
pas demander ni qui la religieuse prie, ce qu'elle demande dans ses prières, si elle prie Dieu, les Saints ou les
journées,
?
Je
bons Anges du Paradis
mais comment
prie. N'allez
;
l'important n'est pas de savoir à qui
elle sanctifie sa vie.
Un homme Que
est retiré
elle s'adresse,
des afïaires.
Il
est
pêche à la ligne; // pêche du poisson signifierait qu'il en prend, taudis que pour le moment il trempe du fil dans l'eau, avec un espoir vague. Quand la Pxcine dit à Ruyinstallé sur
une berge de
la :Marne.
fait-il
là?
11
Je soulevais le coin de la tapisserie, elle ajoute Contemplant ton esprit qui veut, juge et résout. Qui résout quoi ? aurait dit Malherbe qui résout tout : qui juge quoi ? qui juge tout. 2» L'objet reste parfaitement déterminé, mais il n'est pas exprimé, parce
Blas dans la fameuse scène
:
:
:
qu'il est lieu
suffisamment indiqué par le contexte, par les circonstances, le se trouve, le personnage à qui l'on parle, de qui l'on parle. Ex.
où l'on
:
L'infanterie tirait
mande
me
L'ACTIOX
PORTÉ'-: Di:
31(i
(il
naturellement
s'agit
de coups
de
Je com-
fusil).
Ouvrez. Ce qu'il s'agit d'ouvrir est déterminé par l'endroit où je
:
trou^
e.
Un
candidat se rend à la Sorbonne.
Il
passe à 2 heures.
Il
passe
évidemment un examen et la personne à qui on parle sait lequel. ^Madame dit à la bonne Servez. L'heure indique de quel repas il s'agit (1). Il faut bien prendre garde que l'on ne peut pas toujours dire Voilà un verbe qui se passe de complément. Il s'en passe dans un milieu où l'on sait de quoi il est question, non ailleurs. Une lille aspire. Au couvent, la phrase a un sens précis hors du couvent, non. :
:
;
Par
suite,
il
se
trouve que certains verbes changent de sens, suivant
milieu où on les emploie. Charger pour
un
cuirassier, c'est
le
mettre son cheval
au galop et sabrer l'ennemi pour un fantassin ou un artilleur, c'est mettre une cartouche ou une gargousse pour un cocher, c'est prendre un client ])our un conteur, ou un dessinateur, c'est exagérer pour un employé des ;
;
;
;
postes, c'est mettre le pli dans les
valeurs déclarées
»
>
.
L'emploi des verbes objectifs sans complément déplaisait à Malherbe. Trouvant dans Desportes Père de toutes choses..., qui conduis, 9;?; disposes; :
Qui conduis quoi ? qui disposes quoi » dit-il. (Comrn. s. Desp.. iv, 420). Il ne se rend pas compte qu'il y a précisément beaucoup plus de force dans l'idée exprimée avec sa généralité Desportes aurait eu beau dire « qui conduis le monde, qui dispose l'univers » rien ne rendrait la toute-puissance universelle de Dieu aussi sensible que ces verbes sans complément. L'Académie, à son tour, condamne dans Le Cid : Je le remets au tien pour venger et punir (272 cf. h. l.. m, 542). C'était méconnaître un des droits de «
;
,
;
la
pensée.
D'abord celte faculté de fait.
On
se
taire l'objet favorise certaines décences
d'abord à Hippolyte sans préciser ajoute je
Ne
:
:
Bébé
souvient des vers de Racine. si pleins de délicatesse. Phèdre avoue :
J'aime. Ce n'est qu'ensuite qu'elle
pense pas qu'au moment que je t'aime, Innocente à mes yeux,
m'approuve moi-même (Phèd., 673). Pouvait-elle, toute décidée qu'elle
fût à se déclarer, débuter par là ? Ailleurs
il
semble qu'en ajoutant un objet, on alourdirait bien inutileLe devoir aujourd'hui est de affaiblirait l'expression
ment ou même on vaincre Quand ;
frottait,
—
:
elle était assise, ses
pieds dansaient sur
parquet. Elle
le
nettoyait, rangeait, battait, secouait, lavait sans repos ni trêve,
toujours à l'ouvrage (gong., G.
Lac, 38) du feu, ;
des criques roussâtres (rosny, G.
—
Des
7)
;
lierons guettaient,
—
La
au bord
cavalerie prussienne,
fraîche venue, s'élance, vole, sabre, taille, hache, tue cl extermine (v. h.,
Mis.. Cosette.
i,
ch. xiii)
:
—
La
fenmie s'occupe
alors...
convoque
préside les notaires... vend, achète, règle, j'ordonne, promet lie et résilie,
digue (Il
(V.
(.f.
ir..
cède, concède
Mis.. Marius.
cl
;
les
avoués,
compromet,
rétrocède, arrange, dérange, thésaurise, pro-
11, cii.
et
—
if
v). ne
ci-ois
pins
(:[
la religion),-
—
il
mène
bien (ses che-
VERBES OBJECTIFS SAXS COMPLEMENT Dans
certains cas on fausserait la pensée.
Qu'on considère cette
Ml plirase
:
Le sénat s'assembla, chercha, parla, avisa, consulta. L'absence d'objet marque que tous ces actes tombèrent dans le vide, portèrent à faux. Il arrive
même que boit
//
général n'est pas du tout
le sens
du vin ne
pas ce que
signifie
le
même que
signifie
il
le sens particulier.
boit, c'est-à-dire
:
il
est
ivrogne (1). Il
faut accorder aux passionnés de classification (^ue
le
verbe ainsi employé
Comment
n'est pas toujours facile à distinguer d'un verbe subjectif.
entendre
:
la fanfare jouait ?
Assurément
elle
faut-il
jouait des airs. Mais l'idée de
complément ne s'impose nullement. On peut considérer jouait comme complément ou comme subjectif. Affaire de convention. Il en les assistants cf. un gamin sifflait et le train sifflait est ainsi souvent criaient, et l'essieu criait. Si les nuances infinies du langage ne s'accommodent ce
objectif sans
:
;
—
point des classifications rigides qu'on veut faire, tant pis pour ces classifications.
La
science doit
s'accommoder (1) Cf. p. 295.
s'accommoder à
à la science.
la
nature.
La nature ne peut
CHAPITRE
VII
L'OBJET EST UN ÊTRE, UNE CHOSE, UNE IDÉE L'OBJET EST DANS UN NOM
—
Aujourd'hui, quand une question porte sur du verbe, l'interrogatif varie, suivant qu'il s'agit d'une personne ou dune chose, de même qu'au sujet. Pour une c(uestion relative à une personne, ou emploie riiii : qui demandez-vous ? Pour une chose, que que
Questions sur l'objet.
l'objet
:
voulez-vous
?
Autrefois, on eni|)loyait que (ou qu'est-ce que) dans tous les cas, pour
demander siques
:
l'objel
du verbe. Cet emploi
retrouve jusque chez les clas-
se
Qu'est-ce que vous aviez en vosire compagnie? (racan,
Berg., iv.
5).
100,
i,
Lorsqu'il s'agissait de choses, pendant longtemps, quoi a été
^MOi ferez? quoi dirai-je? On l'emploie d'ailQuoi faire? Quoi tenter ? (1). A l'objet, comme au sujet, et pour les mêmes raisons, les périphrases interrogatives tendent à remplacer les iuterrogatifs simples qui est-ce
employé tout comme que
:
leurs encore assez volontiers avec l'infinitif
:
:
que vous demandez? qu'est-ce que vous voulez? Cette substitution est fort Je ne rare, lorsque la question forme l'objet d'un verbe principal. On dit :
sais
que
croire,
Bien entendu, est précédé de à quelqu'un
:
A
que vous si
la
dire
:
l'objet doit
même
—
je
vous demande qui vous avez rencontré
êlre construit
préposition que
qui faites-vous du tort
le
complémcnl. Ainsi
?
— De quoi avez-vous
faire
du
tort
?
Derrière une préposition, que est toujours remplacé
pensez-vous
(2).
indireclemcnt, l'interrogatif
i)ar
quoi
:
A
quoi
hérité ?
—
On a Signes auxquels on reconnaît le nom en fonction d'objet. vu plus haut, à propos du sujet, que la. f. distinguait le cas-sujet et le cas-objet dans les noms. C'était une assez pauvre distinction, puisque la plupart des féminins ne l'avaient pas, et que, d'autre part, la forme de l'objet n'était pas propre au nom employé en cette qualité. Il l'avait aussi •
comme complément Quoi
prépositionnel quelconque.
qu'il en soit, c'est le cas-objet qui a
(1) Lorsqu'il s'agit de choisir entre plusieurs objels, lequel (Voir à la Détermination, p. 136-137).
de
prévalu f;iire
et
qui est resté seul
une détermination, on emploie
(2) Dans la langue populaire, l'inlerrogalion relali\ e aux elioses se fait aussi à l'aide de formules snrpériphrasliques Qu'est-ce que c'est que lu dis ? On dit aussi: Quoi c'est que tu demandes ? Aucune de ees formules ne peut pour le moment être acceptée. :
L'OBJET EST US ETRE, UXE CHOSE, USE IDEE
319
langue moderne. Par cela même, aucun signe extérieur ne distingue plus l'objet. C'est la place du mot qui marque son rôle.
dans
la
—
Place de l'objet. En a. t.. grâce au reste de déclinaison qui survidu nom-objel était relativement libre. On disait aussi bien sonez l'olifant. Dans un certain nombre d'expressions, l'olifant snne- que chemin faisant, sans coup il nous est resté des vestiges de l'ancien usage férir, geler à pierre fendre. Mais, en règle générale, le complément d'objet vait, la place
:
:
:
suit
aujourd'hui
le
\crbe
la
:
pas ta rive douce
et triste.
homme
mort surprit cet
Les collines aijcmt des lys sur leur sommet
Tombeau
de
(v. h.. Lég..
mes aïeux
et
— — Je ne reverrai
en pleine force
Booz)
;
nid de mes amours
;
(x. h..
Chat., Ult. Verba).
C'est au
ci-dessus et
commencement du XVIT' siècle que Malherbe condamné la \ieille construction l'espoir ne
a posé la règle sert à rien
:
qu'à
mes maux empirer (iv, .35G h. l.. ni, 671). Il ne faisait que constater un usage général et l'imposer. Le nom-objet est en règle générale placé plus près du verbe que les autres La loi sur les accidents assure une indemnité à la victime. compléments Mais cette règle n'a rien d'absolu. Que le complément d'ol)jet soit un peu La loi assure en long, il passe derrière d'autres compléments plus brefs tous cas Cl la victime une indemnité proportionnelle à l'incapacité de travail ;
:
:
qui résulte de l'accident.
Construction du nom-objet. Objets directs et indirects. truction du nom-ol)jet est tantôt directe, tantôt indirecte est
de construction directe
Dans sition à je
un dcmger
échapper à un danger de construction indirecte.
renoncer à la vie, applaudir à
pense toujours au disparu
;
—
//
votre austère honneur, ;
—
Une
// est
un
la
prépo-
— — mon
succès, aider à la moisson
s'attarde à des regrets inutiles
femme
grand-père a survécu dix cms à sa
Mis.. 75)
— La cons-
éviter
construction indirecte, la préposition la plus usitée est
la :
;
:
;
bon de cacher
— Et parfois, ce
;
n'en déplaise à
qu'on a dans
fraîcheur répandue, la légèreté de
;
l'air,
le
cœur (mol.,
aidaient à la
bonne humeur des voijageurs (a. daud., Jack, 524). Quelques verbes cependant construisent leur complément d'objet avec de
:
Témoigner de son innocence,
hériter de ses qualités,
d'une
profiter
occasion, (l).
—
Variations historiques. Il ne faudrait pas croire c{ue la construcdu complément d'objet d'un verbe soit fixée d'une façon invariable pour chaque verbe. Tout au contraire, tel verbe, qui est suivi d'un complément direct, avait autrefois un complément indirect nous disons insulter quelqu'un ; on disait autrefois Moi qui contre insulter à quelqu'un ;
tion
:
(1)
Peut-on ajouter conuenir d'une mesure
:
—
:
?
PORTEE DE L'ACTIOX
320
l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté (rac, Phèd., 531). Inversement un complément indirect n pu se sulistituer au complément direct. Corneille disait Je n'ai point prétendu la main d'un empe:
reur (Pulch., 296).
faudrait aujourd'hui
Il
renoncer à quelqu'un. Molière disait:
à la main.
:
On
dit actiiellenient
:
vous dites vrai, nousla. renoncerons
si
pour notre sang (G. Dand., ii, 7). Les changements de construction ont commencé de très bonne heure, ils n'ont jamais cessé. Voici des exemples de verbes qui ont eu jadis une concombattre à : struction indirecte, et qui en ont une directe aujourd'hui. :
ne cumbat à
S'il
nemi) Élcv.
—
:
fe
p.)
servir à
My.st., ix^
.s.
dominer à
genf hardie (Roi., 2603) (nous disons
celé
pour
:
nous servions au Dieu vivcml (Boss.. nous disons servir Dieu). r3c même
faire que
Sem.,9^ élév.
;
—
:
qui domine à la puissance de la mer (boss.. Dcv. des
:
— contrarier
;
combattre l'en-
:
Astrée, 1615.
i,
199
à
./ornais la raison ne contrarie
:
b).
Voici au contraire, des verbes dont
complénienl
le
précédcmmenl avaient un complément
rect, el (jui
1662,
r..
au devoir (d'urfé.
est
aujourd'hui indi-
direct
:
survivre
Par
:
quel sort pourrons-nous survivre ton trépas ? (rotrou, S^ Genest. v. 2) croire
Moïse
miracles de
Ils croient les
:
(p.\sc..
Pens.. xxiv. 90)
— un
;
Turc, un hérétique, qui ne croit ni i.
l
)
— échapper
:
point qu'ils se flattent d'avoir échappé l'anathème qu'ont mérité sous prétexte qu'ils ne H.
137;
II.
i...
m.
543)
DK sKXs.
Xu.-VNCEs
sont qu'à demi (ross..
le
—
Vespasian. pour ne pas croire ceux de
Enfer, ni loup-garou (.mol.. D. Juan.
Ciel, ni
;
Ilist.
Var.,
Il
:
ne faut
Pélagiens.
les
ii.
(i6
}
;
et.
(1).
—
ne faut pas se
Il
tier
aux distinclions rigoureuses
qu'on a faites dans des livres de théorie, et qui ne correspondent à l'usage d'aucun temps (2). D'autre part, nous avons abandonné certaines de celles qu'on faisait encore au commencement du XIX*^ siècle, ainsi entre aider et aider à quelqu'un, éclairer et éclairer à quelqu'un.
mariage
rêver mariage et rêver de
;
— on
dirait
corail (3). Toutefois des différences d'emploi
un
corail et
On
peut dire
on dirait d'un
ou de sens séparent souvent
deux constructions. A) Il arrive qu'on use de constructions dix erses, suivant (|uc iObjet est une chose ou une personne on supplée un professeur, on supplée à l'insuffi-
les
:
sance d'une organisation
— on
;
— on
croit
quelqu'un ou en quelqu'un
un vêtement ; on B) Tenir quelqu'un, c'est l'avoir en main
une doctrine attaché
;
;
essaie
(1)
Il
;
lesle
Nomenl, dans
eonstruclion, ainsi réchapper
la
—
;
—
viser le but se dit
langue actuelle, des expressions
Noir surlout L.\FAyE, Dicl. des
(.3»
Ou
au sens
User une chose, c'est l'amener à
belle.
(2)
iliraii
;
on croit à
tenir à quelqu'un, c'est lui être
tenir de quelqu'un, c'est lui ressembler
matériel, viser au but, au sens figuré
:
essaie d'un tailleur.
ia|ipcllenl uni- :incienne •
.Sijn.,
'A.
de quelque océan pétrifié (rL.vtn.,
Par
tes
Ciinmps,
s,Si.
LOBJET EST UX ÊTRE. UXE CHOSE, UXE IDÉE rélat d'usure
;
321
user d'une chose, c'est simplement s'en servir
—
;
Dans
(dteindre l'âge de 20 ans, l'idée est celle de parvenir, sans plus; atteindre à la perfection
à des
implique un effort
hommes sont
les diriger
;
— Commander
ses
hommes
aussi séparés par une fine nuance.
vraiment
et commander Le premier signifie
(1).
G) Enfin certains verbes changent de construction, suivant (jue le
complément d'objet s'accompagne ou non d'un autre complément il a Jurité // a hérité cette maison de son père (2): d'une grosse fortune, et consentir Jean le Bon avait à quelque chose, consentir une avance à quelqu'un ; consenti l'abandon à Edouard III de toutes les possessions des Plantagenets ;
—
:
—
(legouis. Chaucer.
5).
—
On
espère en quelqu'un, on espère quelque chose
de lui.
Construction de l'objet des pronominaux et des locutions verbales.
— Les pronominaux objectifs comme
s'attribuer
(qu'il
une part) sont
s'attaquer aux puissances d'argent sa méprise
;
ne laul pas confondre avec toujours
;
—
//
— on s'avisa de ma présence.
de
se prit
construclion
à moi
;
—
il
les réiléchis
indirecte
Les locutions verbales ont aussi un complément d'objel indirect mière note a trait aux origines de
Rome
;
— sa conduite a donné
:
la pre-
lieu à des
plaintes.
(1
)
Cf. satisfaire ses passions el snlis/aire à son devoir
travaux de l'assemblée
;
grimper à un arbre et grimper
;
—
prt^sider
Vassembh'f
la côte.
(2) Celui dont i'iwais hérité Vntne ombrageuse (noL rg.,
.1.
Corn., 163).
:
s'aperçut de
cl prisidvr
CHAPITRE L'OBJET EST DANS
VIII
UN NOMINAL OU UN REPRÉSENTANT
L'objet peut être un nominal ou un représentant, aussi bien qu'un
Je ne sais rien
— Je vous voyais;
;
m,
Ruy-Blas,
d'éclairs (v. h.,
votre œil, irrité sans furie.
nom
:
Les foudroyait
3).
Le représentant peut être un relatif, un conjonctif, un démonstratif, un possessif, un distrlbutif quelconque vous m'aviez suggéré deux idées, j'ai :
pris malheureusement la mauvaise.
Les compléments d'objet nominaux ou représentants peuvent être compléments directs ou compléments indirects. Directs ton voisin te regarde donne-moi le livre que tu as acheté. Indirects tu penses donc à moi ? :
—
l'homme à qui
je songe.
Remarques sur
formes.
les
— Nous avons vu
-
que certains nominaux que d'autres en avaient que d'autres en avaient une à trois for-
ou représentants n'avaient point de déclinaison
une
à trois
mes bien
formes indistinctes
distinctes
I)).
a),
c).
il vous a répondu. m'a répondu, c^ il le connaît, il lui a répondu. Au cas où le verbe a une construction indirecte,
a)
il
b)
il
:
—
:
vous connaît,
me
connaît,
il
forme du pronom à
la
valeur flobjet indirect est naturellement celle qui doit être emploj'ée. Lui, leur sont les é([uivalents de à lui. à eu.v. à elles
\leur
:
bagout intarissable
leur nuit heaucouj).
Crases. réunir les crases
:
— En
a.
f.,
dès que
mots en groupes,
je le vei
>
jel vei
—
phonétique syntaxique eut commencé à e sourd, furent réduites par des
formes en
ne
le veit
>
nel
veit.
crases ont toujours lieu
Certaines de ces
r sais bien, ou
:
la
les
plus rarement
--
j'ie
versification contribuent à faire considérer
produits
normaux des
Formes lourdes
lois
et
j)honétiques
aujourd'hui
sais
bien.
comme
:
vous l'voyez.
L'orthographe
négligées
ces
je
et la
formes,
(1).
formes légères.
— Ce qui
a
achevé de compliquer
l'usage des objets, cesl quil existe des formes légères et des formes lourdes, poui-
un
même
cas
;
par exemple, 'dans
les
personnels
:
me, moi
(2).
En
(1) Un défaut assez marqua, à l*aris notamment, consiste a prononcer longue ou double la consonne du pronom le. la, les je ri'achèle, je ITemporle. Il date de plusieurs si«>cles. mais jamais la forme tonique n'a (2) Aie provenait d'une (orme atone, ntei, d'une tonique été exclue d'emplois où on eût attendu l'atone: est ki mei en creit (Roi., n76); Vaslet corurenl phis de vint Por lui (les(u-mcr a esploil (chestii:n, Er.. 1298-99) Et els avait asis n Andrenople (Villeh., 282). Aussi vaut-il mieux se ser\ ir du terme « forme légère » pour me, te, et forme lourde pour moi. loi. :
;
.<:e
;
>-
>
,
—
—
L'OBJET EST DANS UN NOMINAL OU UN REPRÉSENTANT
comme forme
une forme de cas-objet indirect s'emploie
outre,
cas direct
Tu
:
l'attaques, lui
ne connais que
je
!
323
lourde du
lui.
La répartition des emplois entre les diverses formes a été très lente. Quand la forme du verbe dont dépendait l'objet était un infinitif, un gérondif, un participe, il resta d'usage, jusqu'en m. f., d'employer la forme lourde pour moi vengicr. Chez Commynes, on sent déjà un changement. Néanmoins ce n'est qu'au XYI^ siècle que la syntaxe moderne se précise et s'affirme définitivement. Désormais les formes atones du pronom tendent à s'employer exclusivement devant le verbe, quand le pronom est immédia:
tement
joint.
Les formes lourdes sont réservées pour
autres emplois.
les
Cette évolution eut lieu avec tous les verbes objectifs, qu'ils fussent
même
ou
transitifs, réfléchis
simplement pronominaux
Il sera
:
me
marier quand j'auray attaint l'aage de discrétion (tourn.. Cont..
Je
me
haste de
contraint...
me
me produire
me présenter (mont., journellement battre, me desrober
faisant
de
et
1.
ch. 8)
ii.
de luy
temps de
— — Je fus
ii. ;
1)
;
fuyr
et ra'tvi
(Id., Ib.. ch. 12).
En
français moderne,
ny
il
a plus d'exception.
Quand
personnel est
le
préposé au verbe, c'est toujours la forme légère qui entre en usage; derrière le verbe, c'est
Pour
la
Pour
la
toujours
fe personne
f
moi. obscrve-moi.
A
la
l'objet
Pour
A
3*^
la
il
toi.
retire-toi.
De
je la vois. elle.
les
-
eu.v
:
je les vois,
te,
mais aussi
:
:
-
elle
le.
la.
eux, elles.
à
à
il
lui obéit,
il
leur obéit, à eux, à elles.
:
sont nécessairement
viens m'aider. aide-le aussi.
lui,
elle.
conjoints au
Au
contraire
:
tu ne vois que nous.
un certain embarras syntaxique.
Il
faut dire
l'abri de ta générosité (a. k.\rr, Tilleuls. 67),
Je veux
En
je le vois, lui.
:
la répartition des fonctions entre personnels lourds et légers résulte
parfois
moi à
aides,
:
elle
leur. eux. elles
>
:
Les personnels objets me.
nous
lui
-
lui
\
verbe, soit avant, soit après tu
-
la I
:
l'objet secondaire
le \
personne.
3^
te voit.
te. *
personne.
premier
vois.
^
.
)
Pour
me
me. tu
:
personne:
2^'
forme lourde.
la
i
me
mettre
et te
mettre à
:
Je veux mettre
ou bien répéter
le
toi et
verbe
:
l'abri.
a, nous l'avons vu, le sens du partitif En Non, merci, je n'en veux plus. Mais il remplace J'adaussi le nom-objet Vous avez demandé des renforts, j'en amène ; mire vos choux, nous n'en avons pas de pareils. (Cf. les expressions très nombreuses où entre cet en : en vouloir, s'en croire, s'en faire).
joue des rôles variés.
prendrez-vous encore un peu
Il
:
?
—
:
Ailleurs, en est représentant
d'un objet indirect
grande force de caractère, j'espère en avoir
hérité.
.
Mon
père avait une
CHAPITRE IX
UNE SURVIVANCE L'ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ DU VERBE AVEC LE NOM, LE NOMINAL ET LE REPRÉSENTANT OBJET :
—
L'histoire, si complexe, de l'accord Histoire sommaire de l'accord. du participe passé employé avec avoir peut se résumer en trois parties. 10 Pendant une première phase, comme on le verra à la formation des temps composés, il n'y a pas eu en réalité de forme verbale composée, l'unité de sujet n'étani pas définitivement réalisée.
Dans
:
(/')«/ leires escrites.
personne qui a écrit n'est pas nécessairement la même qiii a les lettres. Escrifcs est une épithète. elle s'accorde avec letres. Néanmoins, même' à cette époque, le participe passé ne s'accorde pas toujours. C'est une question d'ordre des mots. En a. f., quand le déterminé la
précède son déterminant,
il
arrive qu'il reste invariable.
Donc
:
escrit
ay
rencontre.
letres se
2° Ensuite l'unité participe
est faite.
résulte de la composition de l'auxiliaire avec le
cpii
Même
forme qui n'a plus qu'un
séparés, participe et auxiliaire constituent une
sujet, celui
L'accord a lieu encore, suivant pas se multiplient.
On
de l'auxiliaire.
la tradition.
Mais
les cas
où
il
ne se
fait
a là le résultat de l'instinct qui fait accorder une
forme verbale avec son sujet, et, en second lieu, l'eflct de l'ordre des mots dont j'ai parlé plus haut escrit {j')ai leires. Des réactions ont été notées. Au XIIP et au XIVc siècles, il semble que l'habitude de faire l'accord devienne plus constante (ii. l., i, 477). Puis les choses reprennent leur cours, et au XV° siècle, le participe reste j'ai escrit lettres et presque invariablement au masculin singulier dans :
:
cscril j'ai
:
lettres.
moderne. -~ .\u XV L siècle, un incident se unv portée immense, étant donné qu'on commençait à imprimer du français, et que la langue allait devenir une langue lue en même temps cpic parlée. Le roi François If"", ayant eu la fantaisie d'être informé sur la variation du participe, s'adressa à Marot. Celui-ci, s'appuyant de façon naturelle, mais malencontreuse, sur l'italien, donna la ;{"
Naissance de
la règle
j)roduisit, qui devait avoir
formule
:
M'amoiir vous ay donnée. Voilà la force que possède
Le féminin quand ...
il
précède.
tous pluriers n'en font pas moins
:
—
UNE SURVIVANCE L'ACCORD DU PARTICIPE PASSE DU VERBE :
325
li fault dire en termes parfaictz Dieu en ce monde nous a faictz, Fault dire en parolles parfaictes Dieu en ce monde les a f aides (h. l.. ii, 468-470). Le meilleur des grammairiens du temps, Meigret, eut beau protester la commodité d'avoir une contre ces « lourdes incongruités » (66 ro) (1) règle l'emporta. On apprit par cœur ces vers dans les ateliers d'imprime:
:
;
rie,
et le
mal fut
Le développement normal de
fait.
la
langue était arrêté.
-Malherbe d'abord. Vaugelas ensuite complétèrent l'œuvre. Le dernier, en
proclamant
temps
qu'il
lettres
que
grammaire française de plus
qu'il n'y avait rien en toute la
important, a établi
le
préjugé moderne. Et cependant, en avouant en
même
déplus ignoré » il reconnaissait qu'il n'existait pas d'usage établi qui s'imposât (h. l., m, 601). IL Les 1. J'ai reçu les lettres; Il posa deux règles fondamentales n'y avait
«
rien
,
—
:
mots
j'ai reçues. C'était la
doctrine de Marot, fondée sur l"ordre des
(2).
Réserves.
—
Il
ne faut pas oublier toutefois que
Vaugelas ne poussait
A cette
époque, non seulement un féminin tel que prise était distinct de pris, mais le féminin rendue, avec son u long, ne se confondait point avec rendu. Même observation pour sentis, qui, tout aussi point jusqu'au bout.
bien que sentie, avait la voyelle longue, tandis que senti l'avait brève. Or est
il
probable que cet allongement n'était perceptible que devant une
pause.
Quand au
contraire le participe était suivi
immédiatement d'autres
mots, l'allongement ne se taisait pas.
Vaugelas ne s'en est expressément expliqué que pour un cas I.e commerce rendu puissante ; mais d'après les réserves de certains de ses successeurs, on aperçoit fort nettement que le sentiment de cette différence phonétique a :
l'a
empêché temporairement, autant qu'on allègue,
Quoi souvent 10
La
qu'il le
la généralisation
en
soit,
que
auteurs et théoriciens du
participe invariable
peine que m'a donné
20 première partie,
et plus
Jesus-Christ (gar.. Rab.
quand
il
réf.,
considérations logiques
les
XVIP
laissaient le plus
;
Pères avoient exposé en
82) (3)
l'honneur de
;
30 C'est une fortification que /'ay appris à faire
;
40 Les habitants nous ont rendu maîtres de la ville
rendu puissante
s.
ne terminait pas la proposition.
cette affaire
que tous
les
de la règle.
;
— Le commerce
l'a.
:
50 Je les ai fait peindre (n. l., ni, 603).
Mignonne Les auteurs du XVI» s., après comme a\ ant Marot, en usent à leur gré Qui ce matin avoit desclose Su robe de pourpre au soleil... (rons., Od., 1,17). s'applique aussi au cas désormais exceptionnel J'ai les lettres reçues. (3) Los autographes de nos classiques ont en général le participe invariable Je vous envoie à toutes fins, copie des attestations que Mud. Gwjon a eu de moi (boss., Let. au<.,14 Juil. 1698) Mandez-moi bien quelle réception vous aura fait celle belle reine (sÉv.. I.ett.. xli). (1)
:
allons noir si la rose (2) Elle
:
:
;
PORTEE DE L'ACTION
326
Extension de Taccord des trois derniers cas. Dans .
— Nous verrons plus loin ce les
deux premiers,
la
«
advenu
qu'il est
logique
»
a triomphé
la phonétique et, depuis le XYIIP s., l'accord se fait. Mais il ne manque pas de cas alambiqués. On se demande, par exemple, si le pronom complément que représente un nom collectif ou le complément de ce collectif Cette foule d'hommes que j'ai VUS ou que j'ai vue. Le peu de peine que j'ai eue ou que j'ai eu. Des discussions sans fin n'ont pas abouti à une règle étroite. L'accord se fait ou non. On consulte le sens. Il est remarquable que, tandis que le conjonctif que était considéré comme objet direct, le relatif partitif en était considéré autrement, et qu'il ne faisait pas varier le participe J'ay plus perdu de pistoles en un jour que vous n'en
de
:
:
avez gaigné en toute vostre vie (vaug.,
ii,
100)
(1).
Après bien des discussions, cette règle s'est maintenue J'ai laissé plus d'objets que je n'en ai rapporté. Plus il a demandé de soumission, moins il en a obtenu. Sauf après combien : Des larmes ! Ah ! combien // en a versées :
!
Les participes de
peser, valoir, coûter.
—
Dans un temps où Ion ne
reconnaissait pas volontiers la facilité avec laquelle les verbes deviennent objectifs, on a établi avec une grande rigueur les règles de l'accord concernant les participes de ceux qui ont un double sens peser, valoir, coûter : Les cent kilogrammes que cet homme a longtemps pesé l'ont empêché d'aller :
à la guerre
lourds qu'il a pesés lui ont causé une hernie.
les ballots trop
;
Coûté est
le seul
de la série auquel on n'a pas pu se résoudre à donner une
—
double syntaxe. Il est toujours invariable théoriquement. Inutile de dire que nos grands écrivains classiques n'ont rien su de ces ergoteries modernes. Les verbes impersonnels ont été aussi soustraits à la règle
a fait, les grandes pluies vu, à une analyse exacte. qu'il
Observation générale marquer combien la règle fond qui il
fait
accorder
le
.
qu'il
—
•
A\ ant de
artificielle
est contraire,
clore ce chapitre,
:
les
chaleurs
nous l'avons
il
importe de
qui dure encore violait l'instinct pro-
verbe avec son sujet, et combien, pour cette raison,
a été difficile de la faire accepter.
comme
y a eu. Ceci
Un homme scrupuleux sur l'orthographe,
constamment, revenant, sans s'en douter, à la vraie règle, savoir de laisser le participe invariable, ou de l'accorder avec le sujet du verl)e dans l'espérance qu'ils auraient conçus d'être présents à un jour si beau {Nativ. de Marie, 1652, éd. Leb., i, 164) un serment inviolable que nous avons prêtés au baptême (Circoncision, 1653, Bossuet,
la
négligeait
:
;
Ib.,
I,
277)
ses cmcêtres
;
!
lorsqu'ils ont
—
—
quelle famille s'est contentée des titres qu'elle avait reçue de
(Nécessités de la vie, 1660, Ib.,
commencés rfe
(1) C'était méconnaître J'en mangerais volontiers.
le
.se
m,
304). Cf. plus éveillés que
mettre à table (rac. v. 553, éd. Hach.
sens de en dont nous avons parlé plus haut représente des poires. C'est un objet.
En
:
Trad.).
Avez-vous des poires
?
CHAPITRE X L'ACTION
Si,
au
lieu
de porter sur un être, une
tion faite par
un sujet
quand
verlie
:
madame
s'habille...
habillée est elle-même.
Théoriquement tous devenir réfléchis
:
jours penser à soi.
je il
Il
me
sûr de
à lui. l'ac-
se réfléchit.
un nom l'amour quand elle est dans un fait par elle. La personne
l'action est dans :
:
soi,
L'acte d'habiller est
y a identité entre
les
une idée extérieure
lui-même, on dit qu'elle
quand
dans un adjectif
elle est
cliose,
se retourne sur
Cette réflexion peut se produire de soi,
RÉFLÉCHIT
SE
le sujet et l'objet.
verbes qui exprinîent une action peu\ent ainsi
lave
;
y a dans
tu te nuis Icnis ces
par
ta paresse
;
il
ne faut pas tou-
cas identité entre l'objet direct ou
indirect et le sujet (1).
—
la I'"e et à la II*^ pei'sonnes. A la première et à deuxième personnes, soit du singulier, soit du pluriel, rien de particulier dans les formes. Le verbe a pour objet la forme objet du personnel je me baigne dans la rivière. L'identité des personnels suffit à marquer la réflexion,
La réflexion à
la
:
sans erreur possible.
Suivant
les règles
générales qui s'appliquent aux phrases ordinaires, c'est
tantôt la forme légère, tantôt la forme lourde qui entre en jeu.
finyidier
:
PORTÉE DE L'ACTION
328
Dv
formes.
la
forme tonk[uc venait
Aujourd'liui
!e
sei
(depuis
:
soi);
de
la
forme atone,
se.
personnel rétlécfii employé devant le \erbe est exclusivement
(on frère se conipromet. d'un complément d'objet direct ou d'un com])lcment d'objet indirect il se nuii, elle se nuit, les menteurs se
se, qu'il s'agisse
:
:
nuisent.
La concurrence de
le
—
Coup d'œii historique.
se et soi.
ne s'emploie plus qu'après
verbe
Chacun pense h
:
une longue évolution que les emplois moderne, il y a eu concurrence entre part, de l'autre entre les réfléchis
La forme
soi
Ce n'est qu'après
SOI.
se sont ainsi réj^artis. .Jusqu'à l'âge les réfléchis et les
personnels d'une
et soi.
.se
Dés les origines du français, on trouve le pronom .se devant les verbes pronominaux. La Chanson de Roland en ofîre de nombreux exemples se :
—
drecei (218);
devant
aussi
m. ou
le
le veri)e
c'était l'usage
f..
Ki
:
hume,
traist,
f.
soi se
soi étail
jaiel rien
encore général
à ce que... (iîab..
Puis
que mignoter
moi,
toi,
i.
le réfléc-hi
les
:
En
eux) devant l'inlinitif
non personnelles
magislres feirent
ve.u
XV
Au
I'^
s.
:
l'emploi de
de ne SOy descroter /n.sfynes
75. INI.-L.).
léger
place jiartout devant
le
tendit
.se
verbe
:
1res
nettement à ijrendrc uniformément
premier refuge
le
humilier denant lug (comm.,
se OSter de péril
SOy plaindre.
et
mettait fort bien
sei ocit e altrui {Roi., 3959).
(comme
de mettre soi
a.
participe, c'est-à-dire devant les formes verbales
La dame ne
et se
Mais, en
s^est jorjaiz (608) etc.
t,
;>70.
M.)
;
est
SOy retourner à Dieu...
...executeroit ses
promesses pour
(i. 2:3(i).
du XVP s., la forme atone avait visil)lement prescpie chassé Montaigne lemjjloie constamment. Au XYIlp s., c'est chose définitivement acquise. .Se. placé devant le verbe, a éliminé soi à l'objet. Il s'est formé une sorte de conjugaison prono-
A
fin
la
l'autre.
minale a\ec .se. c[ui s'est étendu à tous les modes et à tous un témoin de l'imcien usage, l'archa'isme soi-discmt. Se fait
corps avec
conjoint à son verbe
composés,
et
le
et à
l'auxiliaire,
comme
repairier ne s'en poet {Roi., 293) l'onde
(tiieoph.,
ii.
:
e//e
va se baigner.
te,
nous, nous,
il
lors,
le réfléchi
.se
tend à rester
Dans
lui.
les tem])S
;
—
en ancien français le soleil...
Hum
:
le
ki là vaii
lousfours se va cracher sous
Mais déjà Patru était d'un avis opposé. El si encore, l'usage courant était bien décidé en faveur
/:7/e
se
va baigner
Concurrence des réfléchis réiléclii utilise les
Dés
77).
l'usage littéraire hésitait
de
—
temps. Reste
un demi-auxiliaire. Vaugelas préférait encore
aussi avec
mettre devant
verbe.
ne plus bouger d'auprès de
les
et
a
pourtant survécu.
des personnels.
personnels ordinaires à
la f'- et
—
à la
.'î''
personne.
Comme
2''
devait se ])roduire de bonne lieurc une
l)loycr aussi les personnels à la
On
l'écrit.
verbe
le
personnes
tendance
à
:
me,
em-
'^y
L'ACTIOX SE RÉFLÉCHIT
Au
lieu
du
—
les
infinitif {
Roi., 111)
En m.
;
f..
réfléchi, se. soi,
formes
— De le
on rencontre en
lui. le. elle, elles,
:
lui vengier
eux
jamais ne
li iert
;
sez (Ib., 1966).
Comme
:
Sans eulx mesler d'un rf'eulx venger
— Et délibèrent
d'Uammon (lem. de belg., m, 18). Au seuil de la période classique, l'hésitation point.
surtout devant un juent pur els eshancier
tables
personnel se répand de plus en plus
ne d'autre (seyssei., Suc. AL, 15, v»)
costé
effet
As
:
32y
—
est cessée,
au moins sur un
objet préposé au verbe, se est désormais seul en usage.
Ailleurs la concurrence continue. Les personnels éliminent peu à peu le ri'lléchi.
Au Au
singulier,
minée, la pense à
Ce
commencement du XYIl^ s., soi est hors d"usage. avec un nom de personne, quand cette personne est déterlangue classique penche peu à peu vers le personnel cet homme
pluriel d'abord, des le
:
lui,
plu lot que
qu'avec
n'est
:
pense à
soi.
noms de choses que
les
soi
demeure d'un usage fréquent.
Les grammairiens classiques préconisaient encore en ce cas l'emploi de soi (BOUH., Rem.. 287). Mais là aussi, lui s'employait de plus en plus
(1).
—
Soi réfléchi de l'indéterminé. A la fin de la période classique, quelqu'un prononce déjà que le réfléchi s'emploie quand on parle d'une façon générale, autrement dit quand le sujet est indéterminé (bouh., Rem., 287). Cet observateur avait vu juste. D'Olivet a posé le principe que soi
ne convient qu'avec des termes collectifs
comme
et indéfinis,
on, quiconque,
cliacun.
En
effet, soi
a)
On
l'emploie
Avec des noms qui marquent une action
l'amour excessif de b)
Avec un
c)
Même
terminé
:
employé pour marquer
aujourd'luii exclusivement
est
réffexion là où le sujet est indéterminé.
la
:
réfléchie
:
le
respect de soi
;
soi.
infinitif s'aimer soi-même; ne penser qu'à, soi. avec une forme verbale jjersonnelle, dont le sujet est un indéchacun On ne voit que soi, au lieu de songer au péril commun ; :
—
—
comme on dit.qmmd
l'individu
n'a d'autre fin que soi (ab. herm., Conf. Enf., let. 1). 1° que lui est possible, si le sujet est chacun, Il faut remarquer
un homme
n'obéit qu'ci soi,
y a plus d'individualités,
Il
:
qui.
un nom accompagné d'un indéterminant
:
tout
homme
qui prétendra
n'obéir qu'à lui sera en réalité son [>ropre esclave (2).
(1)
Ajoutons que, mêmi' hors de quelques exemples de
aussi. Voici
l'objet, la sai :
décadence, sans être aussi prompte, s'accusait
I. Au pluriel Ce fut alois aii.v Insiibiiens à... .^'enfuir sans regarder denicre soi (malh., i, 444). Vaugelas, dans ce cas, exclut le pronom soi (sauf dans la location de soi ((ii, 269). II. Au singulier. /) En parlant de personnes : Je vous dis que mon fils n'a rien fail de plus sage. Qu'en receuillint chez soi ce dévot persmnage (mol.. Tari., 145) ; Chtu-niait, jeune, liainçml tous les cœurs avrès soi (rac. Plud., 461). En parlant de choses : Le savoir garde en soi son mérit? éminenl (mol., Fem. sa»., 1903). |j) :
—
hors de l'objet Tout aulfiir qui voudra vivre encore après A FONT., Fab.. vir, A ÎMme do Montesp.).
(2) Ci.
frage
(t.
:
lui.
Doit s'acquérir votre suf-
PORTEE DE L'ACTION
330
Cependant, à la rigueur, si le sujet du verbe employer soi, même si ce sujet est déterminé
Mais
c'est
un nom de chose, on peut L'aimant attire le fer à soi.
est :
un archaïsme.
—
Conclusion. A considérer cette histoire dans son ensemble, elle est comprendre. Si l'analogie n'a pas été jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la suppression totale du réfléchi, c'est qu'à la 3^ personne, l'emploi du personnel pour le réfléchi eût créé des incertitudes dans le langage, parfois de vraies équivoques. Comment aurait-on distingué le cas où le pronom personnel désigne un être qui est le sujet de l'action, de celui où il désigne un être autre que le sujet ? Cet homme énergique a lutté jusqu'au dernier jour pour le sauver de la misère, aurait dû convenir à la fois au cas où cet homme travaillait pour lui-même, et au cas où il se dépensait pour un autre. Le pronom se pour se sauver, en ne s'appliquant qu'au sujet même de l'action cet homme, permet de réserver le pour le deuxième cas. L'instinct a fait garder se, et l'a même généralisé. Il a très heureusement aussi gardé soi. Mais il faut convenir qu'en restreignant ainsi le rôle de soi, la langue moderne a quelquefois perdu la possibilité de traduire certaines nuances de la pensée, n y a plus. Les exemples ne manquent pas, où il serait impossible, sans se reporter au contexte, de savoir la valeur exacte de lui et de elle Félicité, un quart d'heure après, était installée chez elle (flaub., L"/i cœur simp., 8) (1). Il ne faut pas manquer d'observer du reste que si les personnels ont pi*is le rôle du réfléchi, d'autre part les réfléchis ont pénétré dans des phrases où il n'y a pas à proprement réflexion, mais simplement renvoi à un per-
facile à
:
:
:
sonnel.
On
a souvent besoin d'un plus petit que soi
(2).
—
Substituts des réfléclais. Les personnels renforcés. Aux permême: toi-mrnw. li:i-iiicnu', eux-mêmes. Les mois ainsi constitués servent dans une certaine mesure de réfléchis Tu ne me trompais pas, tu te trompais toi-même ; Ne pense pas qu'au moment que je t'aime. Innocente ù mes yeux, je m'(ip})rouve moi-même (rac, sonnels ordinaires on ajoute
:
—
Phèd., 673). Il
est
évident que c'est
aucune valeur
même
;
—
Soi-même. s'est
un
pis-aller,
puisque ces formes peuvent n'avoir
ne faut pas voir son cmploijé. il faut le voir luila nature, d'elle-même... se tire doucement du désordre (mol.,
Mal. Im., TU.
il
là
réfléchie. //
3).
—
Soi-même a suivi à peu près maintenu un peu plus longtemps cpie
la
destinée de
soi
soi.
pour ren\oyer
(k'pendant à
un nom
1 ) La perte est surtout sensible hors de l'objet. On ne peut plus marquer, par exemple, l' oppodans les phrases suivantes Qu'il fasse aiilani pour soi comme je fais pour lui (corn., PoL, 912). Cf. Ou mon amour me trompe, oîi Zaïre aujourd'hui. Pour Vélcrer à soi descendrait jusqu'à lui (volt., Zaïre, i, 1). (
sition qui est
(2)
Un
écrivain a
:
pu
dire
:
C'est teUemrnl soi qui souffre.
L'ACTION SE RÉFLÉCHIT de personne
:
L'homme
seul.
.
Met un
;i31
soi-même de cliose Tu
brutal Iwnneur à s'égorger
De même pour renvoyer à un nom soi-même dans son cours (rac, Brit.. 1685). Mais soi-même a aussi un sens non réfléclii // faut faire ses
(BOiL.. Sat., VIII. 153).
:
fureur, n'irritant
:
affaires soi-
même. Les auxiliaires des vertes réfléchis.
—
Contrairement aux verbes forment toujours leurs temps composés avec avoir, les verbes réfléchis ou réciproques comme tous les verbes pronominaux forment leurs temps composés avec être : elle s'est présentée chez moi hier ; ces dames se sont bien fait du tort par leur imprudence.
objectifs ordinaires, qui
—
-
Il
—
—
n'est pas rare d'entendre dire
C'est ce que je
m'ai tué à
lui
:
je
m'ai trompé,
demander (sorv..
vincialisme, qui s'explique par l'analogie éviter.
des
je
Clair..
m'ai coupé 97).
objectifs,
C'est
mais
le
doigt:
un pro-
qu'il
faul
CHAPITRE XI L'IDÉE DE RÉCIPROCITÉ.
Il
—
LES VERBES RÉCIPROQUES
arrive que laclion attribuée à plusieurs êtres va d'un des auteurs
On
de cette action à l'autre, et aussi, de celui-ci, retourne au premier.
y
qu'il
dit
a réciprocité.
L'idée de réciprocité s'attache à des noms, à des adjectifs, à des verbes
nos devoirs les uns envers les autres
Deux 1(1
;
—
indulgent l'un pour l'autre
—
frères doivent s'entr'aider l'un l'autre.
nuitualilé est dû
(m senlinient de
Tout
la solidarité des
le
;
:
-
développement de
hommes
uns envers
les
les autres.
Moyens d'expression. mêmes
— Certains noms ou verbes renferment en eux-
ridée de réciprocité. Ce sont ceux qui sont composés avec entre.
Les écrivains du
XVjc
s' entière pondre,
s'entrenuire.
(CF. entreparleurs)
De[)uis
mais
(ii.
XVII''
le
s.
i...
s.,
qu'on
lui
'inteTministérielles.
en avaient accru
et
s'entrepoasser,
le
nombre:
s'enUeeroiser.
s'enivepiller.
lUi).
composés ont beaucoup diminué de nombre il
substitue inter, pris tout cru à des composés latins:
aussi eontre
y
ii.
ces
ont fort aimés
particule entre est toujours vivante et féconde, et
la
sions
Il
les
les
fâcheux
les
eomjnis-
On
entrevues inieTpci.rlementaires.
;
est
em])loyait
contverespondre. COniT'aborder. contv'
:
de tenir compte également du préfixe
a lieu
à i/uelqu'un l'équivalent de ce
([ui
vous vient de
en ai roffert une. dit -on dans le peuple. La forme ordinaire des verbes réciproques
lui
:
//
re. (pii signifie
m'a
offert
rendre
une tournée,
je lui
lélléciiis
:
,s/
mordent et se déchirent, vous dites : « Voilà de Des jug.. 119). Cf. leurs regards se croisèrent respondent
esl
vous voyez deu.v chiens qui s'aboient, sots ;
—
la
même
<jui
animaux les
qur
celle
des
s'aSrontent, qui se >>
(la br.. Car.,
deux façades
se cor-
(1).
Mais on remarquera qu'une phrase comme ces deux /jo/nmes s'observent signifier que chacun d'eux s'observe lui-même dans son attitude, et aussi que l'un observe l'autre et réciproquement. Ceci ne va pas sans inconN énient. Ex. Les deux jeunes gens se sont mariés le 12 juillet. Pour faire cesser l'équivoque, s'il s'agit d'un même mariage, il faut ajouter l'adverbe :
peut
:
(1) Cf. Toiil _ qtif la haine la plus implacable at>uil inuenlé cnnire iiutis, nuits nous l'appliquions naturellement, et ces dini.v êtres malhenreu.r, qui seuls se connaissaient sur la terre, qui seuls pouvaient se rendre justice, se comprendre et se consoler, semblaient deux ennemis irréconciliables, acharnes à se déchirer (n. const.. .4d., ch. V).
L'IDÉE
DE RÉCIPROCITÉ. LES VERBES RÉCIPROQUES
333
Dans le cas contraire.il convient d'ajouter aussi un complément, par exemple chacun de son côté. Le verbe réciproque ayant pris la forme clu réfléchi, en a aussi l'auxiliaire
ensemble.
:
être
Les enfants s'étaient
:
du verbe réciproque avec
Le pronom
bout.
soi n'a point
dans la locution entre soi
En
a. f.,
on marquait
l'un l'autre, sans se
(joiNv., 102,
De
D)
jeté des boules de neige.
le réfléchi
:
:
—
:
En
d'emploi dans la réciprocité, sauf peut-être
ne faut pas s'attaquer ainsi entre
Il
soi.
dans le verbe, en le construisant avec pardonner lour maltalent et besier l'un l'autre
la réciprocité
lour
fîz
(1).
moderne où Vun
là est venu, notre tour
réciprocité
Toutefois l'assimilation
cjuant à la forme n'est pas allée jusqu'au
ce
monde,
l'autre renforce la notion de
se faut l'un l'autre secourir (la font.. Fab.. vi.
il
on ne se doit point marier pour se faire enrager l'unjrautre (:mol., Mar. fore, 2). Entre ces mots l'un, l'autre, l'usage moderne introduit les prépositions qui sont demandées par le verbe. L'expression est analysée mon sort et 16)
;
:
le
aôtre
1917).
N'ont rien à
— Grâce
se
pouvoir reprocher l'un à l'autre (mol.. Dép. am.,
à mes bons
offices,
ils
ont fini peu- se rapprocher l'un de
l'autre.
La même expression
l'un l'autre, avec une préposition, sert lorsque l'idée
de réciprocité est contenue dans un adjectif ou un dévoués l'un à l'autre;
—
Ils étaient
nom
:
Ces frères étaient
aimables l'un pour l'autre
;
—
cette
habitude charmcmte où l'on avait hâte de déférer à chaque prière l'un l'autre (herv., Peints p.
e.
Les compléments réciproques d'adjectifs s'étendent à des verbes gers l'un à l'autre fait dire
vaient de
(1)
Voir
:
s'aliéner l'un à l'autre
nous aliéner l'un à l'autre (bourg.. Corn.. TOB!.i-,it,
Venu.
(le
m., dans rob., Idiom., 122).
Heilr., i\.
>St',.
:
:
étran-
ces épreuves qui ache-
73).
CHAPITRE XII ACCORD DU PARTICIPE DANS LES FORMES PRONOMINALES
Nous avons
remarquer que le verbe réiléchi et le verbe réciproque être dans leurs formes composées ils ressemblent en cela à tous les verbes de forme pronominale. Nous traiterons donc de l'accord du participe passé dans tous les verbes de forme pronominale. fait
emploient l'auxiliaire
:
pronominaux était considéré du sujet on faisait en général l'accord dans tons les cas avec le sujet, et Montaigne pouvait écrire, selon l'usage Jiisques aux enfants qui se sont donnés la mort. Vau gelas ne considérait i)as encore les verbes pronominaux autrement que les passifs aussi ne donnait-il point de règle particulière qui s'appliquât à leur paiticipe passé. Dans un très grand nombre de textes classiques, l'accord du participe passé se fait avec le sujet du verbe pronominal Nous nous sommes rendus tant de preuves d'amour (corn., Mélite. 1738, t. i, 24;"). Autrefois, le participe passé des verbes
comme
1
al tribut
;
:
:
:
noie
3).
Bouhours lui-même accepte cette syntaxe. Mais à la fin du XVIP s., les grammairiens de l'Académie ont changé de point de vue. Ils ont con-
comme s'ils étaient conjugués avec avoir, puisqu'ils ont que seuls, paraît-il. les verbes avec avoir ont le droit d'avoir un ont donc étendu au particii)e du réfléchi se donner la règle concer-
sidéré ces verbes
un objet objet.
nant
Ils
le
et
simple donner.
On
dit
:
les plaisirs
quV//p
s'est
donnés,
comme
:
les
plaisirs qu'elle a donnés.
Cette règle paraît logique. Cependant, outre les embarras que cause son application, et sans considérer qu'elle est contraire à la tradition de
langue,
elle a le
la
défaut d'être une pure création arbitraire, qui substitue
une forme à une autre. On repousse avec horreur l'analogie qui dans beaucoup de pays fait dire l'épaule que je m'ai blessé. Et on prescrit l'accord comme si cette forme était la vraie. :
Il
n'est pas nécessaire de rappeler
ici la
distinction qu'on fait entre les
non essentiellement pronominaux. Dans ces derniers, le pronom complément est réputé « complément direct ». et par conséquent l'accord du particiiie a toujours lieu avec ce pronom, sauf verbes, suivant qu'ils sont ou
pour s'arroger.
U de
est
l'aire
de constater qu'avec la règle ordinaire, on est obligé une exception du seul verbe pronominal essentiel qui exprime
|)i(juanl
ACCORD DU PARTICIPE DANS LES FORMES PRONOMINALES
335
une réflexion indirecte. Comme il est « pronominal essentiel » il devrait s'accorder avec le réfléchi. Mais l'analyse ne le permet pas. Il est acquis
que
elle s'est
arroge des droits,
comme
senté
équivalent à
Donc point d'accord L'accord dans
donne
les
a
arrogés à
qu'elle
elle,
a arrogés à
elle
I
possible avec se (1).
verbes réciproques est soumis aux
aux mêmes observations. Les
lieu
doit être pré-
s'est arrogés,
les droits qu'elle
elle
mêmes
boules de neige que les
règles et
gamins
se
sont jetées, les concessions que les deux pays se sont faites.
La
règle à enseigner est la suivante
que ce verbe soit
actif,
comme
construit avec être, accorde,
son participe avec son sujet Elles
s
Elles
Elles Elles
V
Tout verbe de forme pronominale, réciproque, du moment qu'il est verbes simples conjugués avec être,
les
:
— —
(pronominaux
actifs).
vendues, tachées,
(I)ronominaux
passifs).
lavées, habillées,
(rénéchis).
—
taquinées, averties
son/ tues, repenties, écroulées,
Z'^/nt-
n'y a qu'une exception. Si
Il
:
passif, réfléchi,
avec avoir, et que le
pronom
.se
le
l'autre (réciproques).
verbe peut être tourné par
soit,
ment indirect » c.-à.-d. suivant la complément d'olijet direct, on applique .
avoir
que
les facilités
s'étaient
donnée deux jjeuples
s'étaient accordées
—
;
révolutionnaire,
paraît
en partie
—
celle
de
la
(2).
on voudra bien considérer
Grammaire
Cette règle (celle des participes construits avec
aux participes des verbes réfléchis met pas de remplacer l'auxiliaire aperçues de leur erreur (1812,
(1)
I.
(2)
:
la
et réciproques... être
Grammaires est
:
cette terre
;
:
applicable
quand l'analyse ne Ces dames se
par avoir. Ex.
vigne s'est plue dans
des
être)...
elle s'est
per-
sont tue
»
.543-4).
Les gens du peuple igiiorciil bien enlentlu ces règles et accordent avec le sujet les midile chapeau que je me suis faite. Instinct forl juste. Flaubert, un jour d'oubli, l'a toutes les injures que l'on s'est dit pour défendre le pur langage (Ed. Sent., 281). ;
nettes disent suivi
conjugués avec
;
donné mutuellement tous leurs biens doctrine
cette
qu'elle était déjà «
la règle des verbes
;
les
croisé les bras
elle s'était
Si
participe
:
la tâche qu'il s'est
ils
le
dans l'ancien sens du mot « complénouvelle nomenclature, ne soit pa.s
:
:
Cette régie ne s'applique pas à
s'applitjnait
pas non plus.
elle-i
se sont ri de lui.
Avec
ce verbe, l'ancienne règle ne
CHAPITRE XIII L'OBJET EST UNE ACTION
Moyens d'expression de
l'action-objet.
— Lohjet peut être l'accom-
plissement d'une action. Tout naturellement l'idée de l'action peut se
trouver dans
les
mots où
ou dans un verbe
:
elle se
J'aime
le
trouve d'habitude, c'est-à-dire dans un
nom
patinage, j'aime patiner, j'aime qu'on s'amuse.
constructions est déterminé par
le sens lui-même. 11 dont il est question est prise en général, si elle est faite par un sujet, déterminé ou non. J'aime le jeu et j'aime jouer peuvent paraître synonymes, mais j'aime déclamer et j'aime la déclamation sont fort dilîérents. Le premier indique que l'on aime faire l'action, qui est ici de réciter des vers ou de la prose l'autre signifie qu'on aime de façon générale qu'elle soit faite ou par soi-
Le choix entre
les
faut en effet considérer
si
l'action
;
même
ou par autrui.
se prête mieux que l'objet nominal à exprimer une action à sujet déterminé. Toutefois, après ce que nous avons dit de la possibilité de donner un sujet au nom d'action, on se rend compte que les noms peuvent, eux aussi, exprimer une action à sujet déterminé Je je désire le succès de ton fils, je désire son succès se dit aussi bien que
La construction avec verbe
:
:
désire qu'il réussisse.
CHAPITRE XIV L'AUTEUR DE L'ACTION-OBJET EST LE MÊME QUE .CELUI DE L'ACTION PRINCIPALE
En
ce cas. on peut se ser\ir n l'oltjel
nom
A) d'un
hension plus vaste,
B) d'un
infinitif
demandé
a
il
:
en est
il
vie.
:
Le nom
est général,
une compré-
a
il
une application parlirulière au sujet. il demande à vivre, je désire le convaincre,
fait
sans sujet
:
rendre service.
lui
Tous
verbes ne peuvent se faire suivre d'un infinitif ainsi
les
principal.
me tromper
:
—
déclare
/('
au sujet
lié
faut ciue le verbe principal signifie pouvoir, savoir, penser, vou-
Il
aimer, désirer, devoir
loir, eroire. dire. nier,
—
la,
//
je sais
agir
renoncer
:
--
—
:
je désire
Ils
:
Je crois
y assister
:
—
être juste
/'ai
:
—
je
peux
oublié de lui éerire:
doivent pratiquer la pauvreté absolue (rex.,
Jés., xix>.
Par analogie, certains verbes prennent parfois cette construction Enfin, n'admets pas te tromper... avoir remis toi-même cette maudite feuille à sa place (DON., La Pair., iv, 1). Il y a là parfois imitation du grec (non du :
tu
latin).
On emploie cas,
naturellement rinfinilif composé,
on accorde,
s'il
a lieu, le participe: tu
y
comme
me surprends
sini])le
le
en ce
;
en parlant de ces
formalités, je croyais les avoir faites.
Construction des
infinitifs.
directe, tantôt indirecte.
— La construction des
Au cours
cies siècles,
infinitifs est
tantôt
cette construction a souvent
changé. Tel verbe cjui. en a. f.. était sui\i immédiatement d'un infinitif, prend aujourd'hui une préposition, ou inversement. Un verbe comme aimer offre un exemple frappant de la facilité avec laquelle s'échangent les constructions. J'aime faire du jardinage est abso-
lument l'équivalent de // aime de parler. Il
arrive aussi que
:
Le!
J'aime à faire du jardinage. verbe
était suivi
de
à,
On entend même
dire:
qui aujourd'hui prend de. ou
bien c'est le contraire. Voici quelques exemples historiques, qui sufliront à le prouver
:
n'y a
//
(m.\lh., Let.. IV.
]
13)
;
ici
—
personne qui veuille avouer d'y avoir de l'intérêt Je consens d'être allégé (Id.. i. 11
// cherclxe
imvNOT
manquer,
se sont
Ou qu'on
;
—
semer de
longtemps construits avec à devant
l'infinitif
méchants bruits de vous (mol.. Faillir,
)
—
tâche à
de périr à force de t'aimer (corn.,
ii,
,1//.s..
526)
;
171).
22
PORTÉE DE EACTlOX
338
comnie
ailleurs
dont
ne
je
(pRÉv..
me Man.
:
faillir
faire,
comme
faillir
à ses engagements
:
un obstacle
à rompre entièrement mon dessein construction directe a prévalu d'après
défiais point, et qui faillit
Lèse., 31). Puis la
les autres auxiliaires,
une
h
vitre (h. l.,
m,
quand
le
;
verbe
est auxiliaire,
on
dit
:
il
a
failli casser
550).
Aujourd'hui encore, un verbe
comme
conunencer hésite entre à
et
de
:
Je commence à avoir envie d'écrire (flaub., Lct. à G. Sand. cxvi). On ne peut cependant pas dire que le choix entre les différentes constructions soit toujours indifférent. D'une façon générale, il semble que la préposition à accompagne les verbes qui expriment une tendance de l'activité, soit
physique, soit mentale, vers un objet
:
consentir à parler, cher-
Le XYII^ s. paraît avoir eu un vague mais à un moindre degré cependant qu'à
cher à plaire, contribuer à vaincre.
sentiment de cette valeur de réjîoque actuelle, où
Substitution à tains verbes
les
l'infinitif
comme
à,
théoriciens se sont efforcés de l'établir.
d'une proposition-objet.
prétendre, etc., on peut remplacer l'infinitif par l'avoir vu //
>
j'affirmerai que je l'ai vu
pensait qu'il
me
~
A})rés cer-
affirmer, avouer, croire, espérer, s'imaginer, nier, penser,
;
—
//
rencontrerait vendredi.
une complétive
pensait
me
:
j'affirmerai
rencontrer vendredi
>
—
rHÀPlTlŒ XV L'AUTEUR DE L'ACTION-OBJET
XEST PAS LE MÊME QUE CELUI DE L'ACTION PRINCIPALE. LA PROPOSITLON CONJONCTIONNELLE
— r>eux
Les constructions. être délermÏTié
:
je vois
La construction
une voiture venir,
je vois
:
venir.
B. L'auteur peut
qu'une voilure
je vois
fondamentale
essentielle et
Louleur de
cas peuvent se présenter. A.
raction-ohjeî peut n'être pns détcnniné
vient.
est la dernière, la construc-
tion par proposition conjonctionuelle. Elle est une des caractéristiques des
langues romanes,
particulièrement du français, par rapport au latin
et
—
Je sais qu'il chante bien; çoit
—
il trompé que tu maigris.
se soit
;
;
—
remarquer que
est à
la
:
j'admets qu'il
à regretter quevotre yoyar/e'soit annoncé;
est Il
veux que vous veniez
je
— on
.s'aper-
proposition conjonctionnelle
se rencontre aussi bien après des verbes qui construisent indirectement le
complément
nom ou pronom,
d'otj.jet.
tion est directe.
On
n'en dit pas moins
:
dit je
:
me
me
je
qu'après des verbes où
la
construc-
souviens de lui (construction indirecte)
souviens que je l'ai VU ehe:
Le sens du complément d'objet introduit par que dé|)end du verbe cipal, qui a)
peut être
on
;
M. X. prin-
:
un verbe servant simplement à eonstater un
fait
:
.le
vois qu'il vient,
je sais que vous êtes bon.
un verbe de sentiment .Je regrette que vous soyez venu par ee froid. un verbe de volonté J'ordonne qu'il vienne, je veu.v que vous réfléchissiez. Nous aurons à en reparler à propos des Modalités.
b)
:
c)
:
Objet des locutions verbales.
—
Après
les
locutions
peut être ajouté aussi une proposition complément d'objet
et
tort (ïd.,
il
signe
—
Dép. am.. 1667);
vient à toute âme... qui .
verbales,
faites-/i/z
ayez l'œil que personne n'en sorte (mol.. Éc.d. M., 932); moi sommes tombés d'accord Que tu satisferois Ascagne sur
qu'il vienne;
Albert
:
—
l'idée de prier...
me
vint
au cœur comme
a besoin qu'une force mystérieuse
et
ce
elle
surhumaine
se
surajoute à l'impuissante tension de ses désirs (lam.. Raph., 59). Il
se
donné que les noms ont aussi des comdépend du nom seul ou de la reportera aux observations faites à propos
//
eut une vague conscience que des maisons,
est assez difficile parfois, étant
pléments d'objet, de
sfïvoir si la proposition
locution formée avec
lui.
On
des Locations (p. 220). Ex.
:
des murs... passaient indéfiniment à ses côtés (a. frange. Hist. com.. 89)
;
—
PORTEE DE LACTIOX
340
Rendez-moi
cette justice.
que /e vous adresse
que, depuis trois mois,... c'est la première {question)
sand, Elle
(g.
et
/.,
ch.
22)
ii,
;
—
//
est d'avis
que
l'aventure arrivée est toujours plus puissante que l'aventure inventée (zo[ a. Romane.., 312).
—
Les ligatures. juret
H
Que.
Sarrazins Espans
sei (Roi., 612). Il est
Quand
les objets
:
—
En
que manquait souvent
a. f., le
S'en rere-guardctroevet
devenu d'obligation
le
Ço ad Cumbatrat
cors Rollant.
:
stricte.
multiples sont des propositions conjonclionnelles. dès
lanciennelangue,la conjonclionçué' est répétée devant chaque subordonnée, toutes les fois que le sens de ces propositions exige qu'on insiste sur leur rapport à la principale Si li pria por deu le grant Qu'e/i son osicl le herber:
—
Quant nos bien savum Et que fors nel laissast (s. grég., B, 83, 19) que la mort vendrai e que fuit morrunt (Reimp.. 83 J) Ritchie, o. c.. 159 et s.). En langue moderne, cette répétition est nécessaire. D'où une lourlast
;
;
deur inévitable.
Nous avons déjà
eu l'occasion de dire dans les Généralités que cette lour-
deur, due à l'abondance des qui et des que n'a pas
empêché
écrivains français d'en faire un usage qui va jusqu'à l'ainis
les :
meilleurs
Que ne me
dites-vous que des affaires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir
sans m'en donner que temps,
que
et
qu'il faut que, malgré vous, vous demeuriez
(UJis, /('
quel-
ici
n'ai qu'ù m'en retourner d'où je viens... qu'il est certain
que vous brûlez de me rejoindre, et qu'éloigné de moi, vous souffrez ce que // souffre un corps qui est séparé de son âme? (moi... J). Juan, i, '^) (Perrault) commence la censure qu'il fait d'Homère par la chose du monde la plus fausse, qui est que beaucoup d'excellens critiques soutiennent qu'il n'y a jamais eu (ui monde un homme nommé Homère, qui (^7 composé i Hiade et et que ces deux poèmes ne sont qu'une collection de plusieurs l'Odyssée petits poèmes de différens auteurs qu'on a joints ensemble (boil.. Rép., m). Cependant Bouhoiirs critiquait ces périodes trop chargées de complétives, et, à partir de ce grammairien, on commença à les éviter, sans pour .s/y/e cela renoncer à la phrase périodique. Le XVIle s. n'a pas connu le ;
—
:
<
coupéi^
A rect.
,
c'est
dit
au lieu de a dit
—
CE QUE.
On
je
:
.ïe
:
{Fem.
mune, d'à
au
.i
cpi'il
fut surtout cultivé.
est la préposition la i)lus
consens à son mariage, d'où
:
commune devant
l'oltjet indi-
Je consensàce qu'une femme...
femme ait des clartés de tout, comme .Molière Parla s'explique la substilution. aujourd'hui com-
consens qu'une
.sa/'.,
218).
que au simple que. Je m'attendais
ce
dans Musset
suivant
siècle
(pic.
(ju'on
trouve encore
Je m'attendais qu'il allait m'évifcr {Confess.. [^' partie, ch. i), je m'attendais à ce que. est souvent remplacé par A ce que s'étend de jour en jour par analogie. Aujourd'hui, je demande :
:
à ce que, est courant
:
Cette femme... aurait volontiers
demandé à ce que
yiUc Avril ne fût pas si assidue dans ses visites journalières (R. M., 15 oct.
i
r ACTEUR DE 1884, 7M1)
sur
;
le collier
—
L'
ACTION-OBJET
la féroce convoitise avec laquelle ses
de perles d' Isabelle
Frac.,
((-.Air..
-
i,
denumde à
341
yeux sauvages
se fixaient
ce qu'o/i surveille ses démarches
104).
Aktkes locutions conjonctives.
—
Comme
le
complément
d'objel.
que nous l'avons vu, a été souvent d'abord un complément de cause, de hul. etc.. il arrive aussi que la proposition-objet vienne d'une autre proposition modifiée, et par conséquent soit introduite ]:)ar toutes sortes de ainsi
locutions conjonctives.
Ainsi
la
conjonction
est
souvent de
ce que.
fâché que vous ne rn'aije: pas prévenu. Mais chose, la construction s'étend
Il
est correct d'écrire
comme on
dit
:
être
:
Je suis
fâché d'une
au verbe, d'où: Je suis fâché de ce que vous // Il se plaint qu'on l'a ccdomnié : et
ne m'ayez (ou avez) pas prévenu. (Cf. se plaint
de ce qu'on
l'a
:
calomnié).
— Cette conjonction, avec certains objets que nous verrons, aussi dans leur ferai voir pour donner — ne faut pas maison maître que moi F. 1443) est
Si.
régulière qu'ailleurs r/ac la
d'cuitre
.•
je
la loi, Il est
si,
(moi..,
scw.,
s'étonner s'/7 frappa sur ces obstacles (michel., Rév..
;
iil,
Il
1(')-17).
CHAPITRE XVI DÉCOMPOSITION DE LA PHRASE CONJONCTIONNELLE
Les incises.
—
est très
Il
prévoir plus haut,
fait
les
important de noter que,
comme nous
l'avons
phrases que nous venons d'étudier se décomposent
fréquemment pour les besoins de la pensée ou du style. A vous ils reviendront, dites-vous. De même qu'ils reviendront, on substitue :
dites
:
reviendront, je pense
On remarquera
;7.s
:
—
ils accepteront, j'espère. —j'irais hien, pensais-je lorsqu'il n'est pas fait usage de formules faites, un
;
;
([ue.
le rappelle l'idée. Ce sont en somme de ces phrases à dont nous avons parlé aux Généralités : Ils reviendront, je le sais. dit-on, Les verl)es dont on use ainsi sont ceux que commande le sens
représentant neutre Feprises.
:
repartit-il.
reprit-il.
objecta-t-il.
grommela-t-il
eu
dit-elle, et j'ai
questionna-t-il,
ajoiita-t-il,
tort
Vous
:
La langue populaire,
Je n'ai pas le temps, qu'elle
mots
se disait
ses propres paroles et pensées,
On
les
exprime
bouche de
la
njomeni
XV)
;
-
-
«
,
me
dit
Elle répondit
;
est
—
//
gardé
:
ou
mort ce matin,
est
les paroles et les
pense ou qui parle :
:
>
i
Quelque chose
Madame
:
«
Je
:
nie
s'Jiabille
l'enfant qui sort sa huigiir. puis jeta
Oh
». !
—
Marc
(dors
blaiu-.
2"
L'aïeule regarde déshatyiller l'enfant
approchez donc
On
se sert
verbe ou nom, rapportées
!
>>
pour longtemps (p. ^\ guillemets indiquent qu'on
Diins l'écriture, les :
une pro-
—
m'a fait. qu'on m'a dit(l).
pensées d'autrui
lui disais
tourmente
leur indiquant qu'il g en aurait
[)aroles (2)
— Oui,
Bien sûr. qu'il
personne convenable du \erbe, en
à la
celui qui
^7/^-
rester ? ajoute-t-il.
257).
- La langue possède divers moyens de ra])porler,
Le style indirect. 1°
m,
rebelle à l'inversion, remi)lacc ce tour, par
position où l'ordre ordinaire des
ou
donc décidée à
êtes
(flaub., Hov..
remarqua-t-il,
concéda-t-il.
la Icunpe
(v. h.. Chût..
!
»
:
:
mettant dans Reste encore un
les «
(v. n.. Cont., Aur.,
moue
la
fit
attrapée de
\iu;..
un .sourire gouailSur le Ret., 29).
cite
textuellement des
avec
Disant
Nuit du
:
«
Comme
il
est
4).
du style indirect. A) l'n mol, ayant le sens de dire, penser, de phrases non rattachées par conjonction, où sont
est suivi
les ])aroles
La fable de La
ou
les pensées.
l*'ontaine
Le Coche
et la
Mouche montre un
cxemi^le, où
1 ) Vous dis-je insiste sur r;i(liiinalion (i'autros propositions de ce fîenre exprimenl tiairo des resserves il csl reiif. à ce que je crois. Nous en parlerons donc aux ModaHlâs. ;
(
au con-
:
(2) Les guillemets fourniront au professeur l'occasion de donner aux élèves une leçon de probité intellectuelle et une leçon de prudence : le respect de la parole d'autrui doit être absolu. On ne doit mettre entre guillemets cpie des paroles text\ielles.
'
DÊCOMPOSITIOX DE LA PHRASE COXJoXCTlOX XELLE Ton n'en vient
commun
second
qu\-ii
lieu à cette
besoin. Se plaint qu'elle agit seule
n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire
prenoit birn son ienips qu'alors
de
la
s'agissoit
il
mouche
.'
A
.'
construction et
:
343
La Mouche, en ce Qu'aucun
qu'elle a tout le soin.
Le moine disoit son bréviaire : Il Une jemme chantoit C'étoit bien de chansons :
:
])artir
de
le
:
moine
disoit son bréviaire, les paroles
cessenl d'être des subordonnées.
B) Ailleurs, poinl de subordonnées préparatoires d"abord tout de suite par une indéiiendante
:
;
on commence
bien qu'elle exécrât Tellier,
blâmait
elle
—
Lheureux. C'était un enjôleur, un rampant (flaub.. Bov.. 118); Maurice ne disait rien : mais il était de l'inns de Choutecai et de Loubet. qui blaguaient, débordants de mépris. A hue. à dia
!
conmie
va.
pousse
je te
!...
Est-ce que
mieux n'était pas d'aller se coucher, quand on avait des chefs pareils.... Non, vrai, c'était à ficher en colère (zoi.a. Déb.. 2 17). Ce tour servant au style indirect est déjà usuel en a. f. D'une raisun Ja ne murreit en estr(mge regnet (Roi., 2803); oï Rolant parler Deus chastiaus lor (nu)it promis. Les mellors et les miauz assis... Qiuint an son reaume vcmdroienf. Cez deus chastiaus lor liverroienf. Et les ranies et la /i/s/Zcc (chrest., le
:
-
:
Er., 1877
;
h.
i.
i...
-
251).
importe de faire ici deux remarques. 10 Le mot qui renferme l'idée de dire, et que Il
nom
peut être un
les
phrases rapportées déve-
Le Département... rendit un règlement fort sage pour assurer la police des sections. On devait // entrer s(nis armes ni bâtons, et donner... (mîchel.. Rév.. vu. 122). 2° Ces constructions ne sont pas bornées au cas où il s'agit de paroles. Il s'étend aux phrases où il s'agit de pensées, de volontés // prit avec moi les mêmes engagements que Montigmj. J'étais reçu d'avance: je ne passerais pas (ui coniité on me donnerait des primes équivalentes (a. dtmas, Demimond.. Av. pr.). Par une analogie naturelle, cette construction s'est étendue à des phrases où aucun mot n'annonce que des paroles vont suivre Le domestique revint : .Madame allait recevoir monsieur (flaub., Édnc, u, 24). L'imparfait est le temps employé le plus ordinairement dans cette forme du style indirect f '/? jour, au dévot personnage Des députés du peuple rat S'en vinrent demander quelque aumône légère : Ils alloient en terre étrangère Cherlojipent,
:
:
:
:
'>
(
:
cher quelque secours contre
le
peuple chat
avoil contraints de partir sans argent.
attaquée. Ils
demandoient
quatre ou cinq jours
fort
Ratopolis était bloquée l'état
peu. certains que
font., Eabl.. vu.
(i.a
;
Attendu
le
indigent
De
:
On
les
république
la
secours Seroit
])rét
dans
.3).
Mais l'imparfait n'est, bien entendu, ])oint seul en ce rôle. Si la cliose énoncée est antérieui-e. on trouve le plus-c[ue-parfait si elle est postérieure, ,
;
le
futur dans
le
passé
:
// était d'ailleurs
que jamais. Dans un cm, l'
si la
plus sombre, malveillant
fortune ne changeait pas.
il s
et irascible
'embarquerait ponr
Amérique (flaub., Éduc, ii, 31). Nous en reparlerons à propos des Temps. La syntaxe ici repose en somme sur le transfert dans des temps relalils
PORTÉE DE L'ACTION
344
jjropos qu'on rai^porle. On les rattache ainsi au récit et on les en fait dépendre, ce qui n"empêchc pas du reste les temps aljsolus de reparaître Frédéric... se lança dans une longue période sur l'affinité des âmes. Une (les
:
force existait qui peut
(flaub.. Édiic,
I,
deux personnes.
travers les espaces, mettre en rapport
ci
341). Cette force agit de tout temps, d'où le présent.
Il ne faut pas s'étonner si parfois on ne sait plus au juste qui parle, le personnage ou l'auteur Tout à coup, ils virent entrer, par la barrière M. Lheu:
marchand
reu.r. le
d'étoffes. Il
venait offrir ses services, eu égard à la fatalr
mots « fatale circonstance » qui un propos de M. Lheureux. Prenons un autre exemple Le lendemain.
circonstcmce (flaub., Bov.. 280). Ce sont les
en font
:
3/me Moreau... énuméra
Lu M. Roque était considérable. Il l'avait acquise en faisant des placements pour M. Dambreuse. Cette dernière phrase pourrait être la suite du discours de M^^e Morcau. Kn fait, c'est l'auteur qui parle. On le voit grâce les bois, les
fermes qu'elle (Louise) posséderait.
fortune de
à
un
arlifice d'écrilure. L'alinéa se
termine après considérable.
Passage du style direct à l'indirect sait
avec une extrême
facililé
et
—
inversement.
du style direct au
L'a.
f.
pas-
style indirecl. et inverse-
La Fontaine Un octogénaire mais planter à cet âge ! Disoient trois fouvenceaux, enfants du voisinage. Assurément il radotoit. Car, au nom des Dieux, je vous prie, Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir ? Quelques auteurs modernes ont imité cette liberté // feulait une sainte ligue, que tous les honnêtes gens se serrassent autour de la Reine. Le Roi sera emporté dans l'élan de leur amour... Le parti révolutionnaire ne peut faire qu'une camment.
II
[)lanloit.
reste des traces de cette liberté chez «
Passe encore de bâtir
:
:
:
pagne (.AircHEL.. Rév.. i. .381). Sans forcer en aucune façon la syntaxe, on passe encore aisément du style indirect au direct Un employé... répondit que Monsieur ne ^serait pas au magasin » avant cinq heures. Mais si la commission pouvait .se « A'o/j répliqua doucement Frédéric (flaib.. Irtmsmelln ,.. je reviendrai» :
'.'
—
Èduc.
I.
37),
.'
.
CHAPITRE XVII LA PROPOSiriON INFINITIVE.
CONCURRENCE AVEC LA PROPOSITION CON JONCTIONNELLE
—
Origines. La construction conjonctionnelle de l'objel est temps en concurrence avec la construction latine, où l'objet par
l'infinitil
de])uis longest
exprimé
je le vois venir, je l'entends courir.
:
Très étendue en latin, cette construction infinitive n'est pas une construction
commune en tout ancien français, sauf avec des En Sarraguce fait suner se.s taburs (Roi.. 852)
faire, voir
:
;
verbes
comme
— Caries verrat
sun grant orgoill cadeir (Ib.. 578). Elle ne se développa qu'ensuite, avec un certain nombre de verbes, tels que laissier. esteveir. deveir. saveir, etc. (H. L., I. 249 et II. 453). En m. f.. l'influence du latin contribua singulièrement à l'étendre. Quand les Anglois apperceurent les Françoijs estre desia entrez dedans icelle
ville...
(j.
chartier, Chron.,
beaucoup de choses
Au
XVI^'
s.,
on
ii.
la
—
:
;
—
il
entendoit i.
On
tantôt un personnel
:
et
nom
dict traiter quelque
Monseigneur,
connoissoit
14).
trouve partout. Le sujet est tantôt un
tant plus que Mars, belliqueux dieu, lieu
132)
chastel., Chron.,
aller contre poil (g.
:
Et d'au-
amour en
VOUS monstre avoir quelque compassion de moij (s^ gel., m. 179). Le sujet est. soit un démonstratif J'estime celuy dire le mieux qui :
loue
le
plus (reine marg.. Mém..
qu'on disait avoir quitté H. III, 36, 2).
le
parti
i)
et
;
—
soit
ce
vostre gracieux langage, qui
un
conjonctif
:
M.
de la
me
Noue
religion des huguenots (lest., Journ. de
En langue moderne, l'emploi de l'infinitif avec un sujet nominal s'est beaucoup réduit. Il reste fréquent avec les verbes tels que faire, laisser, voir, regarder, sentir : je ne puis voir deux amants soupirer l'un pour l'autre, qu'il ne me prenne une tendresse charitable (mol., Am. méd., m, 3). On est un peu surpris quand on trouve cet infinitif en dépendance avec des quand elles apercevaient verbes synonymes ou approchants de ceux-là :
venir de loin
les (lequéreurs
Progrès de tions suivi
(ren.. Souv. Enf.. 36
l'infinitive.
).
— Déjà Oudin trouvait lourdes des construc-
comme celle-ci Pleust à Dieu qu'on m'eust conseillé que j'eusse pourmon affaire; pleust à Dieu qu'on m'eust deffendu que j'eusse pris cette
resolution.
:
Il
vaudroit mieux dire, remarque-t-il
:
qu'on m'eust conseillé de
poursuivre... qu'on m'eu.
Des expressions
PORTEE DE LACTIOX
346
que commander de faire, prier de nenir, charger d'écrire, éliiieiil tiéjà d'usage. Dire de lut longtemps rejeté par les grammairiens. Il a été employé par jNIolière Vous m'avez dit d'aller là dehors (Escarb.. 6). et il est devenu
telles
:
usuel.
Choix entre
—
jonctif.
l'infinitif et
une proposition introduite par un con-
arrive très souvent que
Il
le
verbe dont dépend l'objet est inclus
dans une proposition conjonctive Cet enfant scms parents. qu'eUe dit qu'elle a vu (rac, Ath., 978). C'est là un tour très usuel dès le Moyen-Age. A la fin du XVI F s., les grammairiens l'ont attaqué, et depuis il est peu :
en faveur
du
est
il
;
reste lourd. Toutefois
encore en langue moderne
:
il
se
rencontre fréquemment
l'amour que vous voulez que
tout
je sacrifie
aux devoirs que vous nr imposez (a. karr. Tilleuls. 122). Il est particulièrement répandu dans la langue vulgaire mes effets, qu'on savait que j'avais transportés d'un endroit dans un autre (vidocq. Mém.. i, 91). L'accord se fait normalement dans la phrase dépendante. Pour éviter cette accumulation de que, on est obligé de se servir de péri:
phrases tout aussi lourdes
et
peu heureuses
ces effets
qu'on
dit
un contresens. On qu'il a
champ
sous
qu'on dit m'avoir vu
jieut
ici
avoir vu
le transfert,
mais on peut aussi savoir
eu lieu, sans l'avoir vu.
D'autre part, le
les h(dyits
:
quelque chose de son sens propre, mais m'avoir vu transporter d'un endroit à un autre ferait presque
porter peut passer, j)uisque voir a
cet
les tours
pommes
de
(heuv..
aspect
par
l'infinitif sont
|)arfois vrainu-nt
i)arl)ares
:
de terre, qu'elle répéta ne s'être jamais représentées Flirt,
7A))
;
—
chez eux qu'il avait crus
le
com-
prendre (flaxtb.. Ed. Sent.. 301). Parfois,
dont
me
:
pour garder
la conjonctionnelle,
on remplace
le relatif
vous ne voudrez pas m'avoir infligé deces émotions dont
tuent
(bourgkt
et
basset,
Un
cas de conscience,
i.
que par
je sens qu'elles
On comprend
4).
le
au sujet duquel, et ne jieut dès lors convenir que dans certains cas (V. au Complément de propos, p. 103). 11 se présente encore une difficulté j)articulière de construction, lorsque l'objet représenté par un conjonctif est l'objet d'un infinitif construit avec préposition. On trouve des phrases comme les suivantes Je ne savais que répondre à mes connaissances, lorsqu'on me proposait quelque partie, que, dans une situation naturelle, je n'aurais point eu de motif pour refuser (n. const.,
rôle de ce dont.
Il
signifie
:
Ad., IV. 32) //;..
;
—
//
//
a des choses qu'on
est
long-temps sans se dire
(Id.,
37).
Ces constructions ont (iuel(iue chose de forcé.
\a\
langue populaire
ferait
du que une ligature, et mettrait un pronom complément // // a des choses qu'on est longtemps sans se les dire. Pour vulgaire (pie ce tour puisse paraître, :
il
est bien sujiérieur à l'autre.
CHAPITRE XVIII
SYNTAXE DE LA PROPOSITION INFINITIVE
—
Constructions directe et indirecte de la phrase infinitive. Il employé en constriiclion indirecte. Cf. // le somwn
arrive que riiifinilif est
—
a empêché ses enfants de devenir jamais ce qu'ils pouvaient
de partir
;
être
plusieurs portaient au bas de leur vêtement une déchirure arrêtée par
—
;
il
un galon de pourpre...
et ce
téw.oicjnage
s'agrandir (flavb.. P. Chois., 185.
soment
C'est très
faut
le recevoir,
comme
//
:
suffit
On
f(nit
il
:
du courage, on
d'un coup de chance
Imm..
—
:
dit
Il restait
:
il
suffit
de
:
il
fait
bon de
:
il
le recevoir,
Paul Astier de rejoindre
ci
72).
hésite souvent entre la construction directe et l'indirecte
vivre et
de
la fente
cas derrière les verlu-s impersonnels. Si on dil
le
comme
sa mère (a. uaud..
empêchait
d'affliction
Sal.).
vivre.
en dépit qu'elle en ait (moi...
/'
— .
//
ne fait pas bien
sav..
.sûr,...
// /(///
bon
D'épouser une
fille
:
I.ô.''i9).
Cette tournure par de n'est pas connue du très vieux français, où Ton construit avec à
:
Tei convient a porter
développée depuis
s'est
le
XH'*'
s.,
—
:
et elle est
// lui plaisi a veoir. ^Nlais elle courante depuis le XVI'" s.
—
Place de l'infinitif et de son sujet. Quand l'infinitif appartient un verbe suljjectif. il est souvent placé avant son sujet Écoute: parler le juste et le saint. J'ai vu tomber ton temple et périr ta mémoire (volt.. Zaïre). La construction ne prêle à aucune équivoque, l'infinitif étant ici un veri)e toujours construit sans complément. à
:
Mais quand
erhe est objectif, cette transposition du sujet n'a pas lieu.
le \
car sujet et objet i)ourraient être confondus. J'ai vu saigner
pourrait signifier saignait.
Le
:
J'ai vu qu'on saignait
sujet reprend
langue moderne.
Cf. J'ai
donc
la
le
malade
et
:
j'ai
le
vu que
le
malade nmlade
place ordinaire qui lui est assignée par la
vu avec étonnement votre ami donner de l'argent
à ce misérable.
Derrière le verbe
faire.
tion avec le verbe faire. allée
que de
jusqu'au point que
l'objet soit l'objet
l'infinitif
:
// fait
—
Il
y
a lieu
de considérer à part
Dans son développement,
l'infinitif fait
corps avec
commun aux deux
le
gronder le mérite
et
construc-
verbe principal.
Il
verbes réunis, plutôt que
venir sa volaille de sa ferme;
de splendeur revêtu Fait
la
cette construction est
semble le sujet
— Et que par eux son
sort
rougir la vertu (mol.. Mis.. l'M).
PORTÉE DE L'ACTIOX
348
En
rénlité. le français s'esl
factitive périphrastique
mûrir mûrir: de
fait
les
On
moissons.
même
espérances, mais
le
:
non
fait là,
une
terre
ne peut plus dire
retour de :
à l'aide d'un auxiliaire, une forme
// faisait valoir
:
l'
:
en Poitou
:
— Le
le soleil fetit les
Alsace à la France fait naître
les
soleil
moissons
plus belles
plus belles espérances naître.
jait les
A\ ec le \'erl)e laisser, la fusion du verbe principal et de l'infinitif est beaucoup moins complète. Les deux constructions coexistent a) Laissez venir à moi les petits enfants h) Laissez les petits enfants venir à moi. Jusqu'au XVIJI'' s., lorsque deux impératifs se suivaient, le complément d'objet du deuxième se jjlaçait avant lui Faites-le asseoir et le laissez :
:
:
parler
(1
).
—
Réflexion dans le verbe à l'infinitif. Quand le verbe principal est un verbe comme faire, laisser, voir. etc.. qui forme avec un infinitif une sorte de \ erbe composé, la réflexion se fait naturellement sur le sujet de :
faire, laisser.
Que
Soit la phrase
s'est laissé accuser
lintinitif se
nitil
La
//
:
(/
a laissé accuser son frère sans protester.
un
frère, se
retourne sur
!e
sujet,
ces
phrases de
celles
où
l'action
retourne sur son auteur, c'est-à-dire sur
le
i Pour l'objcl secondaire flans la secniiddire. liv. X. cli. V. )
il
l'infi-
malheureux inconscient saccuser lui-même. fait de grands progrès dans ces distinctions depuis deux
siècles.
(
:
exprimée
sujet de
laissé ce
lan
on a
sans protester.
bien distinguer
laiil
Il
[)ai'
//
:
l'action, au iieu de j)orter sur
phrase infinitivo.
.Je Ini
ai conseillé de futrli
CHAPITRE XIX SUFPRESSIOX DU SE DES IXFINITIFS PRONr)MIXAUX
Dans
verbes pronominaux, de quelque nature qu'ils fussent, un ancien
les
usage, qui subsistait encore à l'époque classique, faisait que l'infinitif-
objet perdait son se caractéristique, laisser,
Doir,
faire,
que
qu'il s'arrêtât (l.A
FONT., Fat).,
:
1.
1693)
—
;
Chine,
Mais
:
i,
2).
:
Un
Voir
Contr. soc,
Laisser !'>V)0)
—
:
je
sens
:
ma
affaiblir
ranimer
ccu-actère d'équité
ma
qu'on voit évanouir dans la discussion (noiss.,
ii. 4).
Pour moi,
:
fe suis d'avis ([ue
vous
les laissiez
battre (cor.x..
'arrêter (zola, Cont. Xin.. 3S)
238)
Raph., 162)
;
—
ic l'ai
senti s'éteindre
le seul
(d'urfé, Astr., fait plaire
aveugles...
verbe avec lequel l'usage ancien
ils
I.
12).
On
peu à peu (loti,
perdent,
se
et
cviii. 37);
font perdre
aussi
XI f.
/('
monde
(î
août 1795.
tout le long
du
—
asseoir (2)
cela ferait
évanouir
le
soir)
(piai (a.
faire a.sseoir.
plus hrcwe
ils
sont
les officiers
;
:
—
Ce raijon
Sa
:
(jui
nous
daud., Inun..
40).
\eri:)es
Vous auriez bien pu
—
vous
fit
forte voix sonnait.
me
pronole
faire
feriez repentir
Le Malheur, ri> vieillard à lu main (Icsséchér, Voil s'incliner leur Icic uvanl i touchée Le .Saule, VII> .1/. de Varandfuil ne la laissaii se \w.Taoec personne (dOM .. G. Lac, 14). Il y a lieu (i.^ rapprocher des verbes subjectifs tels que aller. D'où aller proniencr, aller
Cmuss., (2)
;
:
l'ojyi-
quelques auJres. dont
Faire forme une sorte de composé factitif avec certains très usuels, par exem2)le
(/uc
(jucuul ils sont
4).
i,
Voici des phrases modernes toutes semblables
retourner
Ceux
troupeau dont
le ;
:
— car
vu la bataille de Xarva, faisaient tous souvenir
subalternes de cette journée (voli., Ch.
ensemble épanouir (lam.. Joc.
donné
ait persisté, .l'ai
pourrait en ajouter en foule
aux vanités (malh.. Poés.,
la plupcu-t avaient
minaux
elle l'avait
Voyez a quoi/ l'amour la faisoit abaisser
:
conducteurs (furet., Parab. de l'Évcmg., 96)
faisait
—
;
(1).
Faire est
(1)
///.
n'est
il
plus haut des exemples classiques
les
Orph. de la
:
Pitié,
nion
(uac. Milhr.,
esprits
languissante (voi/r..
pas honnête de me laisser morfondre (volt., L'Ing., cli. iv). langue moderne, cette |)articulai'ité a cessé. Le se demeure Son mari
;
En S
mes
force et
force
lui écrivait... qu'il se sentait s'affaiblir (i.am., r;u''
était sentir,
X. 1).
senti
./'ai
verbe principal
le
—
Voici quelques exemples
Sentir
quand
Faire arrêter pouvait signifier aussi bien faire faire qu'on l'arrêtât: Ces paroles Firent arrêter l'autre etc.
coucher.
;
—
PORTEE DE L'ACTIOX
350
(flaub.. Édnc.
ii.
57).
on voit
3ilais
se reparaître
Celle-ci l'injaut fait
:
s'engager « n'en parler jamais (s^'^'-beuve, Poés.. 316)
(1).
Accord du participe passé d'un verbe suivi d'un le
X^'II^
s.,
s'accordait
:
en règle générale,
Va
//
le
— Dès
infinitif.
participe des verbes avec auxiliaire avoir
laissée trop vivre (corn., v, 149). Mais, depuis
une tendance se manifestait de joindre intimement verbe l'accord, pour des raisons de phonétique syntaxique, ne
et
longtemps, infinitif,
se faisait
et
pas
Je les ay veu tenir trois conseils (co;\im.. i. 82, NI.). Malherbe, puis Vaugclas, se prononcèrent pour Je Yai fait venir el non faite. Les classiques laissaient ainsi invariables, non seulement fait, mais régulièrement
:
:
divers autres participes: Les a-t-on
Fhèd., 1235, éd. orig.) (Id.. Brit.,
Au
598)
XVIII*^
;
— Je
vu souvent
l'ai laissé
se parler, se
chercher? (rac.
(Junie) passer dans son appartement
(2).
on a distingué
s.,
les cas.
La
règle a été définitivement étal^lie,
que le participe devait rester invariable, quand le complément d'objet, placé devant le participe passé, est celui de l'infinitif La sévérité qu'elle a cru Les ennemis que la France les maisons que j'ai vu bâtir montrer ; :
—
;
a eu à combattre (h.
i..,
Aujourd'hui encore,
m,
le
—
605).
verbe principal employé aux formes composées
y a lieu, son participe, que si le complément d'objet est le que j'ai entendue chanter hier à l'Opéra est peu connue ; loulcs les ri /ormes qu'/7 avait vueS échouer. Mais on écrit la cantate que j'ai entendu chanter, les sottises que j'ai laissé dire en mon nom. Vno difficulté a cependant troublé les législateurs. Puisqu'on dit On l'a n'accorde,
sien
s'il
—
L'actrice
:
:
:
crue morte, ne faut-il pas dire aussi cette
On y
femme qu'on
inclinerait volontiers. Plusieurs accepteraient
:
avait crue être morte ? la solution
assurée être la meilleure. La règle n'a pourtant pas passé, les
«
qu'on m'a
maîtres de la
langue» ayant eu plus ou moins vaguement conscience que le complément la maison que j'avais assurée a n'est pas seulement que comme dans :
brûlé.
Hn
outre, on n'a pas pu méconnaître que faire suivi de son infinitif est
—
lui qui n'était rien près (1) Cf. Qu'il a fait se retirer à la campagne (zoi. \, Romane, 20.3) ; qui ne faisait pas se tourner les têies el se fixer tes i/eux quand son nom passait dans une cœur, r>H). foule ou dans un salon (maupass., .\olre
d'eu.v,
(2)
Citons d'abord des exemples où
le
complémont
esl aussi le coiiipiénu'iit di' l'infinitif
:
...cependant on doit avertir le lecteur, que ceux qui ne l'ont joniaif: vue représenter ne doivent pas ils connuissenl.. s'attendre d'être autant divertis en la lisant (pai.aprat. Grondeur, Prcfnce.8) ; ces défauts, sans les avoir jamais ouis nommer (Sentiments rrilinues s. les caract., p. 373) ; ...des plantes rares et de belles fleurs qu'il auroit envoyées rechercher dans des lieux fort éloignés.
—
(i-UHET., Facliuns,
En
—
213).
I,
...(les) autres Poètes Italiens et Espagnols, qui se sont laissez gâter l'esprit On ne les a famais vus assis... qui même les la poél. d'Arts!. 55-56) a VUS brlyèrfî, I, 304 et note 1). Dans ce dernier exemple, le participe VU est au singulier dans toutes les éditions (à la ligne précédente devant assis, les éditions 5 et 6 sont les seules qui le fassent accorder).
voici d'aulres
aux Fiumains
Uiéfl. 7narcher ? (la
:
s.
,
:
—
SUPPRESSIOX DU SE DES IXFIXiriFS PliOXOMIXACX un cas particulier. Donc point d'accord On femme passait, une peau d'orange Va fait tomber. clans
:
les a fait
mourir;
351
—
cette
d'iin verbe pronominal suivi de l'inLorsque rinlinilif suit un verbe pronominal, la règle est que le participe passé de ce dernier fasse l'accord comme dans le cas des verbes
Accord du participe passé
fmitif.
—
objectifs
:
Cette
personne
s'est laissée aller à des expressions déplacées.
on lui en a fait l'observcdion,
un moment où (g. sand, Elle
elle s'était et /..
et elle S'est laissé
méprisée de
ch. viin.
convaincre.
S'être laissé si
—
// était
Mais venu
grossièrement tromper
CHAPITRE XX
AUTRES EXPRESSIOXS DE L'OBJET-ACTIOX
Action-objet dans participe rapporté au
négociant
voyons....
un
accords
les
Saint Siège (voo.. Hist.
dans
la
participe.
— Laction-objet
peut èlie dans un
nom. au nominal, au représentant objet et po..
entre l'empereur
12)
:
— Elle
.
Xoiis le
Constantinoplc
de
se rappela... ses
et
le
rêves tombant
boue (Fi.ArB.. Bov.. 204).
—
Il arrive communément que Action-objet dems une conjonctive. j)ar un nom ou par un rej)résentant suivi d'une proposition conjoncti\e Je vois votre mère qui arrive ;7 le voit déjà .Je les entends ce suir qui tombent de la grande qui préside le tribmud
raction-objet soit exprimée
;
:
—
:
horloge (voc;..
ffist. et po..
hérisse, dit .inastasie ses
mains
(i:.
21);
—
C'est-à-dire que j'en ai le dos qui
sri.. Mijst.. u,
(zoi.a. Cont. à \in.. 17)
son propre salon {liovwv,..
.\
.
—
;
—
191);
Mon
(jjrn.. \'M).
— Elle
père la
le sentait
vit
m'en
qui brûlait
qui s'ennuyait dans
Cette construcl.ion n'est aucune-
ment vulgaire. On remarquera que toutes les formes atones peu\ eut être antécédents du je vois les qui viennent. Mais il est parfaiconjonctif. On ne peut pas dire tement correct d'écrire je les vois qui viennent. Le verbe principal peut être lui-même enclos dans une phrase conjonc:
:
tive
:
Elle regrette la montre qviV'lle dit qui est perdue
question qu'o/7 sentait qui lui brûlait les lèvres. sion entre cette construction et
celle
qui a
;
—
il
ne posa point la
y a eu une longue confuété mentionnée ]ilus haut Il
:
l'enfant qu'elle dit qu'elle a vu. Cette confusion élait d'autant
que qui
et qu'ils
avaient, on s'en souvient,
même
prononciation
plus facile (/>•/).
CHAPITRE XXI LE TOUR DIT
IXTERROGATION INDIRECTE
a
»
—
Sur l'existence de ce tour. On peul se demander sil existe vraiment en français une interrogation indirecte, ou du moins un lour ])articulier auquel on puisse donner ce nom. Il est incontestable que, dans certaines phrases, au lieu d'être une affirmation ou une négation, l'objet du verbe peut être une question Je demande si vous viendrez ; j'examine si, en augmentant le salaire, on n'augmenterait pas la production; regarde s'il ne manque rien dans le paquet voyez-moi ça, si c'est beau ; Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-là... et si tout cela s'est bâti de lui-même (mol., D. Juan, m, l) Nous verrons si c'est moi tjuc vous voudrez qui sorte Id.. Mis., 742) Godefroid s'enquit si la maison était
—
:
;
—
—
—
•
— —
:
(
;
habitée par des gens tranquilles (balz., Env. de
Mais,
même
dans ce
l'h. cont.,
qui figure dans des jjln-ases affirmatives et négatives iras est construit coiniuc
/;/
:
ne
me
dis jjas si tu iras,
140).
même
cas, le si qui introduit l'objet est la
conjonction
demande si tu que nous avons men:
Je
te
tionné plus haut. 11
en est de
même
lorsqu'on questionne sur
je pleure,
à qui je
haut bord (flaub..
temps,
la
manière
:
;
petits,
Un cœur
;
cherchait éperdue
simp., 10).
comment
La construction
franchir
serait
le
même
la
xerhe j'apprends.
le
Tous
cet objet
oct.
deux
de l'herbage, cwec ses
après
le lieu, le
— Laurence... Me demande pourquoi pense (lam.. Joe., 28 1703) — A/me Aubain, au bout
Je demande où tu as trouvé
les interrogatil's
que, quoi, où, comment, à quel
:
qui, etc., pourraient figurer venait... et
elle
dans des jjhrases positives
:
litre,
pourquoi, à
Elle allait
et elle
ne savait qu'imaginer, quoi faire, quoi dire, pour se donner
(muss., Con/., IV,
pourrait se changer en une phrase positive
1),
:
tu sais
bien quoi faire, quoi dire en pareil cas. Il
y a pourtant quelques
textes des phrases
comme
:
différences. 1" je
On entend
me demande comment
là; je cherche où est-ce qu'/Z a pris cela;
elle lui
et
on trouve dans
les
est-ce qu'zZ en est arrivé
demanda qu'est-ce qui
rendu malade. Or jamais, sauf en langue populaire, ces périphrases ne se rencontrent dans des phrases positives je sais qu'est-ce qui t'a rendu malade. Ces formules, créées pour suppléer à des interrogations l'avait
:
affaiblies, les
gardent leur caractère. D'autre part,
phrases positives
titue quoi. BRUÎÎOT
Il
:
elle
le
simple que est rare dans
savait désormais que penser de lui.
On
lui
subs-
n'en reste pas moins vrai qu'une poussée irrésistible entraîne 23
PORTÉE DE L'ACTION
354 à refïacement
de personnes,
s'agit
dans
et
Depuis dit
que
c'est et
:
:
Cette jeune
— Rassurez-vous
XYI^
le
On
s.,
qui subsiste, c'est-à-dire lorsqu'il
s'emploie indifféremment dans les phrases positives
il
questions
les
épousera;
elle
Là où
des différences.
ce que, ce
!
fille est
bien
:
que
c'est.
:
qu'i/s ont
Cette substitution a été générale,
aux phrases positives comme aux
dispute
comme
fut...
aujourd'hui
:
«
je
cherche ce
étendue
— En langue
interrogations indirectes" après des
les biens
;
et s'est
autres...
Construction de ces objets derrière des noms. sique, on trouvait des
qui
qui elle épousera.
qui se sont substitués au qui interrogatif.
demandez-leur ce qu'zZs ont, et non plus
non
me demande
difficile, je
elle sait fort bien
peuvent être égaux (malh.,
ii,
noms
511)
;
:
on
clas-
Notre dirait
fut de savoir...
Quelquefois la question dépend d'une locution verbale
:
aussi ne faut-il
pas avoir moins d'égard qui sont C('u.v à qui nous donnons (malh., ii, 28). Le Mon fils, gardez-vous bien Père Bouhours blâmait déjà ces constructions :
de vous embarrasser dans des disputes sur les secrets jugements de Dieu,
pourquoi
il
abandonne
l'un...
Mal construit,
dit le
grammairien, qui vou-
(1). Si nous avons moins de liberté, il nous est resté du passé une expression générale à qui Deux Taureaux combattaient à qui posscderoit Une génisse avec l'empire
drait
:
recherchant pourquoi {Imit., 45; rosset,
o.
c, 153)
:
(la font., Fabl.,
ii.
1).
\'oici une |)lirase hardie encore, mais où la question est rallachéc à nn verbe de quelle personne avail sonné (RÉoxinn, Flamb., 51). (
1
I
:
i7
.•i'cnquârait
CHAPITRE XXII
AUTRES OBJETS
—
Leur diversité.
11
resterait à parler de diverses catégories d'objets
un
:
une chose, à un objet, d'une manière d'être, d'une caractérisation quelconque, que cette attribution Je le savais malade; je le croyais à soit ou non le résultat de l'action 1° L'objet peut être l'attribution à
Chaville
Caractérisation
—
:
— une
:
être, à
balle l'a
rendu aveugle. Nous en traiterons en détail à
(liv. xiii, sect. ii. ch.
i
et
2° L'objet peiitêtreune action subie par
que des fruits avaient
tata
Le m.
été
rongés par
;
—
ne souffre point sa
eusse pensé estre récompensé
m.''
On
prisée.
tive
un
:
On
un
être,
une chose,
estre flaitrie
loij
— laquelle
;
avoir été tué sur
;
:
Disons
le
— jamais
tout
ne
je
estimoyent avoir esté mes-
ils
rencontre encore ce tour, quand
frère, qu'il dit
etc.: Il cons-
les loirs.
usait tréqueniment en ce cas de l'infinitif passif
f.
avoir esté faict
la
ii).
la
proposition est conjonc-
le front.
use également du i)articipe passif: Je vois avec douleur ces routes
méprisées (la font., Passif
(liv. IX, sect.
£"/>.
m,
ch.
Nous en reparlerons
à Huet, 33).
du
à propos
ii).
3° Certains verbes qui signifient savoir, reconnaître, trouver, apprendre,
comportent de but
c),
quantité
les objets les
de cause
h),
de prix
plus variés. Qu'il s'agisse de lieu
de résultat
d),
l'idée qui
i),
a),
de temps
de manière d'agir
b),
de renferme ces notions peut devenir l'objet e),
d'origine
f),
g),
du verbe. a)
Parbleu,
je
ne vois pas. lorsque
je
d'avoir l'âme chagrine (mol., Mis., 781)
de quels prodiges b) C'est dcms est
il
le
vivait
(barrés.
m'examine. OÙ prendre aucun sujet Léopold leur racontait au milieu
;
—
Coll. insp., v).
registre des Insinuations que j'ai trouvé
quand Bugnyon
mort.
c)
On
s'est
expliqué dans quelle intention
guerre, acheté des propriétés sur les bords de d)
La
la
Aisne.
l'
découverte de l'argon montre pourquoi en ajoutant l'oxygène à l'azote
on ne retrouvait pas exactement
pourquoi
je le
ménage
quoi la morale e)
Allemands avaient, cwant
les
?
le
poids de
(mol.. Mis., 490)
est le trésor le
;
— Ne savez-vous pas bien — Mon oncle m'expliqua comme l'air
plus précieux
(a.
La Synagogue ne comprit que beaucoup
en appliquant des lois
d'
;
karr,
Tilleuls, 44).
plus tard à quoi on s'expose
intolérance (ren., Jés.. xxvii).
PORTÉE DE L'ACTION
356 f)
Je me suis
étonné...
d'où
me
venait alors tant de hardiesse (prév.,
Lesc., 28).
On
g)
sait
comment
les
boxeurs arrivent à s'entraîner
;
Man.
— vous pouvez à
présent concevoir quel rôle bienfaisant, quel personnage inespéré vous jouez
ma
dans
vie (hhp.v..
Cours
/?.. i,
Roguin (bai-z.. Birott., i. h) Je lui ai avoué combien
avec
savent ce qu'est qu'il lui
Jack, i)
de
;
—
//
étudia dans quels termes elle était
je l'enviais (dur..
habitude de la sieste après
courage
et
Uniss., 13)
les
de dévouement pour
;
— Ceu.v
qui,
repas, comprendront ce ij
renoncer (a. daud.,
2.51).
//
On
fallut
cette
xv)
130).
m'a
écrit
à combien
il
pourrait
me
pourrait citer bien d'autres types
à réfléchir, elc.
:
livrer les //
pommes
de lerre.
trouvera à qui parler, je
demande
CHAPITRE XXIII OBSERVATIONS DIVERSES SUR L'OBJET Double
—
objet.
objets multiples
je
:
Une
bienfaisance, l'austérité, objets,
action peut, nous l'avons dit, porter sur des
connais mes droits le
différents qu'ils puissent être,
si
et
—
mes devoirs ;
Mais
renoncement.
même s'ils
elle
pratique la
pour cela que
faut
il
s'excluent
comme
les
dans:
prcdiquer sinon la bienfaisance, du moins la justice, apparaissent liés au
verbe de
Sinon
la
mariages Il
même
façon, par le
même rapport,
se produit des sortes
il
cet
:
de
même nature.
escroc faisait des
des dupes (1).
et
tout à
est
qu'ils soient
de mots
de jeux
fait inij^ossiljle
de donner à la fois à un
même
verbe deux
objets de construction directe dont l'un désigne une personne, l'autre une
chose
enseigner la langue
:
jamais été admis,
même
L'un des deux objets recte
tantôt
premier
la
malgré
enfants,
exemples
latins, n'a
est
toujours dans un complément de forme indià,
pédants.
quelqu'un, informer quelqu'un d'nn malheur.
personne, tantôt la chose
qui
escroquer quelque chose h quelqu'un, et
:
les
les pires
enseigner quelque chose
:
C'est
les
par
:
reste
l'état d'objet
à
escroquer quelqu'un de sa
fortune.
Mais
arrive souvent que la pensée porte à la fois successivement sur
un une chose) d'une part, sur une action de l'autre, par conséquent sur un objet-nom ou représentant d'une part, sur un verbe de l'autre. Ainsi Avertissez cet élève que le proviseur le demande. L'avertissement doit toucher un élève, il doit lui faire connaître une action du proviseur. Cf. On m^avertit qu'il fait tous ses efforts pour lui parler (:\ioi... Méd. m. lui, ni, 7). De même avec un infinitif Arcrlissc:-le de prendre garde ; suppliezle de remonter // accusait les incrédules de se refuser à l'évidence (ren.. Jés.. XX) -- a\ec une proposition Je puis l'instruire au moins combien sa confidence Entre un sujet et lui doit laisser de distance (rac, Brit., 167), Là aussi il y a eu des cliangements de construction. LTn objectif de il
être (ou bien
:
—
:
;
—
:
;
construcliou directe n'a
])as
toujours eu jcette construction.
encore, empêcher se construisait avec à ses
la jeunesse...
:
à qui
Au XVIIe
s.
la violence de
passions empêche de connaître ce qu'elle fait (ross.. Loi de Dieu, 1653,
On dirait aujourd'hui que la violence. On trouve ce flouble ()I)jel avec des verbes qui
f*" p.).
(1)
:
Les calembours naissent souvent de ce que
différent clientèle.
:
il
savait
Varl de loucher
les
cceiirs et
le
des
signifient
:
verbe prend avec chaque objet un sens bénéfices
;
il
refaisait
des vêtements et sa
PORTÉE DE L'ACTION
358
A) informer, avertir : informez-le que sa demande est re jetée. B) prier, implorer, supplier : Et je prierai les dieux que, dans cet entretien, Vous ayez assez d'heur pour n'en obtenir rien (corn., Sertor.. 119.). Cf. Je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde. C) reprendre, blâmer, empêcher : La sécheresse empêche l'eau de remonter ; Si quelqu'un me reprend que mes vers eschauffez Ne sont rien que de meurtre et de sang estoffez (d'aub.. Trag.. Princes) Tout ce qu'on le blâmoit (mais c'étoient tours d'école). C'est qu'il faisait mal sûr de croire à sa
—
:
—
parole (corn., Ment., 1468, var.). C'est l'être, la chose qui est l'objet direct, dont on fera
n
a été averti que
proviseur
le
le
le
sujet au passil
:
demande.
Objets de diverses formes réunis.
—
Autrefois, on pouvait joindre
sans difTiculté deux compléments d'objet dénature grammaticale ditïérente.
L'époque classique fournit des milliers d'exemples hymen, et d'être à l'un des deux (corn., Rodog.. 353) la continuation de vos bonnes grâces, et
Oui,
:
;
—
je
crains leur
je
vous demande
me
croyiez (La Rochef., ou que ceux qui les avoient conservés, les reportassent aux autres (boss., H. Un.. 13); Je prie Notre- Seigneur de vous changer et que je vous retrouve, à ujon retour, modeste, humble, timide (maintexon, Corresp.. i. 23(5). Ces conslruclions avaient été vivement attaquées par des grammairiens de second ordre. On blâmait je voy vôtre dessin, et que vous êtes prest de l'exécuter (chevreau, Ms. Niort, 15). Mais Bouhours, dans un long cha41)
III,
—
;
//
fcdlut.
ou
les
que vous
rapprendre avec
le temj>s.
—
:
Andry de Boisregard (Suit., 171 et suiv.). semble que, malgré l'étroitesse de certaines règles inspirées d'une pas-
pitre, a justifié l'usage contre II
sion excessive pour la symétrie, jamais les écrivains ne se privèrent de cette liberté (b. elle
:
Elle avait vu ses espérances trompées, sa jeunesse passer sans plaisir
— Elle me raconta ce qu'elle avait
souffert...
avait espéré que je la^découvrirais malgré ses efforts,
comment
const.. Ad.,
1)
;
bruit qui frappait ses oreilles lui paraissait annoncer
quelle joie, quelle crainte, elle avait ressentis en
défiance d'elle-même...
En
elle s'était livrée
aux
mon me
distractions
que de le
arrivée, quel trouble,
revoyant, par quelle
du monde
(Id.. Ib., 25).
tous cas, les romantiques ont remis cette diversité en honneur
ne voudrais-tu pas voir une
étoile
au fond
'.'
Ou qu'une
fois
moindre
:
Dis,
voix des nuits, tendre
—
fJcrn., v. 3) Je leur ci coup, chantât (v. ii.. que dans nos douleurs. Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs Et que... (Id.. Cont., Aur., vi) je vous ai conseillé une longue patience, Béatrice, et de tout espérer du temps (c. i,i:roix. Maison des et
délicieuse. S'élevant tout
conte la vie,
;
et
;
Juges,
II,
—
3) (1).
jamais Chailes le lui paiaissait aussi (1) Même renaissance delà liberté avec les altrihuts uvcc Rodolphe ses icndez-vaus désagréable, avoir les doigts aissi carrés... <,u après (.Fi AUi;., Bov., 207). :
CHAPITRE XXIV
EX RELIEE DE L'OBJET
REPRISE, RÉPÉTITION ET MISE
Jusqu'au XYII^ cfuand
s.,
s'agissait de
il
son miroir
me
et
il
n'était pas nécessaire de reprendre l'objet,
résumer en un
croit aussi, qui
sommes beaucoup pins
Aujourd'hui on dirait
Lelt..ix. 7).
de l'objet.
Répétition
pluriel des objets différents
—
:
nous qui sommes.
Quand
il
fidèles
:
que vous (balz.,
au Sujet,
(Cf.
même
elle croit
p. 281).
y a plusieurs verbes, on exige,
du pronom, si les verbes ne se comijinent pas en un sens unique. Corneille a été blâmé pour avoir écrit dans Le Cid : Cet hymen m'est fatal, je le crains et souhaite (121). Vaugelas exigea la répécnvoyez-moy ce tition, quand les idées étaient différentes ou contraires livre pour le revoir et l'augmenter (n, 232). Les exemples où cette règle est violée deviennent très rares en langue classique; il y en a un dans Bajazef : Songez-vous que je tiens les portes du palais. Que je puis vous l'oudepuis
XY1I«'
le
siècle, la répétition
:
vrir ou fermer
Mise en
pour jamais
relief.
?
(507)
(1).
— Pour mettre en
relief l'objet,
on emploie des moyens
analogues à ceux dont nous avons parlé à propos du sujet.
Au
10
de
la
perai
de construire l'objet à
lieu
la suite
du verbe, on
proposition, sauf à le répéter par un
pronom
bien, nous le faisons
c'est la
— Le
;
VII. 14)
—
;
Mais
cette rectitude
mal,
le
:
Que vous
Cette pleine droiture où vous vous renfermez,
vous aimez
?
On peut
:
le
place en avant
Toi, tu sais, je te rattra-
Fortune (la font.. Fab.,
voulez en tout avec exactitude.
La
trouvez-vous
ici
dans
que
ce
(mol.. Mis., 205).
considérer
Un
comme
des variantes de ce type des phrases
comme
les
de s'instruire, un goût décidé pour les problèmes géographiques, sa conversation ne trahissait pas autre chose (vog.. Mail, suivantes
:
vif désir
de la Mer. 59). 11
faut noter que l'objet ainsi mis en tête de la phrase peut être une pros'il l'a dit, oui Qu'il ait provoqué ce scandale, je le reconnais ;
position
:
ou non,
je
savoir
;
V ignore
;
— comment
— Que nous soyons dcms
personnes ont douté (chat., Gén.,
On
20
Pour
V.
un i,
s'y est pris, je ne serais pas fâché de le siècle de lumière, c'est ce
la
je
V attendrai
dont quelques
25).
se sert des isolants ordinaires
Quant à ton père, 1)
—
il
devant
:
qucmt
ci.
pour, pour ce qui
est
de
:
l'église.
suppression de l'objet eu présence de l'objet secondaire, v. à l'Objet secandiiire,
rORTf^E DE L'ACriOS
^g^ ,
.
.
MU très cas
où
il
faut
mettre en
relief
un élément
=*;:sr" s r:r;vr:rzi ^*''*^-
,„.ssi
éclore.
des objets on- un représentant
qu'on exprime
SECTION
TU
:
LACTION
SUBIE. LA VOIX PASSIVE.
CHAPITRE PREMIER CONSIDÉRA TIONS GÉNÉRALES
La voix passive.
—
On
peut souvent exprimer l'action objective en
l'objet devienne le sujet ; l'auteur de complément d'agent. C'est la voix passive, comme Suivant disent les grammairiens. Soit la phrase suivante, déforme active la Constitution, les Ministres contresignent les décrets du Président de la
retournant la phrase, de façon que
l'action de\ient alors le
:
République
Suivant la Constiprésente au passif sous la foi-me du Président de la République sont contresignés par les
elle se
:
tution, les décrets
:
Le veibe contresigner a passé de
Minisires.
la
voix active
à la
voix
passive.
Toutefois
il
ne faut pas pousser trop loin cette conception des choses.
et mécanique de chercher partout cette correspondance entre actif et passif. Très souvent l'esprit part de l'idée qu'un fait a lieu, sans que l'auteur de ce fait importe ni à celui qui parle, niàcelui qui écoute. Nous retrouvons là une observation que nous avons faite à propos des verbes actifs sans sujet. La Fremce a fait un emprunt. Il a été souscrit. On ne reclierche pas pour le moment par qui. Et c'est ce qui explique les rapports étroits qui existent dans une foule de cas entre une phrase subjective active et une phrase subjective passive. Le rapport est non seulement dans la forme, mais dans la pensée Rien n'est assuré, rien n'est acquis, même
\raimenl trop scolaire
Il
est
la
ruine (ab. hf.rim.. Conf. enf..
:
Ce n'est pas à dire que l'être.
la
let. 1).
notion de
«
voix»
soit abolie. Elle
ne peut pas
L'idée de l'action qu'on subit se distingue en effet essentiellement
de l'idée de l'action qu'on
fait.
Aimer
et être aimé, vaincre et être vaincu,
examiner et être examiné sont à l'opposite. Ce n'est pas à dire non plus que la phrase avec verbe passif soit rare. Elle est au contraire assez commune. Ouvrons un numéro de journal Pour:
suivi en correctionnelle et d'assises, ce
pas tenu;
condamné
qui lui fut accordé...
—
le
demcmda
à être renvoyé en cour
fut alors acquitté;
—
la
deux complices...
—
par M. Eugène Etienne
:
le
—
directeur les
— l'engagement ne fut par un incendie
:
—
Liberté sera donnée de s'élan-
fameuse séance où fut discuté
délégation sera reçue ce matin par sidée
/'/
château... a été complètement détruit
lorsque tout fut Signé, les cer sur la glace:
//
à...
;
—
le
principe...
La cérémonie
—
Une
sera pré-
neuf centimètres réglementaires ne
PORTÉE DE EACTIOX
362
— un nommé
seront peut-être pas atteints tout à fait; résistance,
fut conduit à
et
Passage de
l'actif
au
Questure (Excelsior.
/(/
passif.
—
3
s'en faut de
Il
des raisons, que tous les verbes susceptibles d'avoir
le
;
qui se livra sans
beaucoup, pour bien
un complément
Le verbe avoir par exemple ne
direct puissent passer au passif.
du tout
G....
8 janv. 1911).
verbe pouvoir non plus. Soit
les
propositions
//
:
le
d'objet
peut pas
a de l'argent,
peuvent être mises au passif (1). D'autre part, même des verbes qui, théoriquement, seraient capables de l'emploi passif, ne le prennent pas dans l'usage. On ne retourne pas à volonté toutes les phrases. En voici des exemples fort simples Les nègres portent peut tout
il
;
ces propositions ne
volontiers des habits de couleur voyante
:
—
:
j'ai déjà
—
vu
cet
homme
:
—
la
yeux sans répondre ; vous y avez mis beaucoup de bon vouloir ; j'ai perdu ma femme, il y a un cm je veux voire bonheur. On pourrait apporter mille exemples semblables. La transivité des verbes
jeune
fille
baissait les
—
:
—
objectifs directs est toute théorique.
Ils devraient peut-être passer au passif pour s'accommoder aux caractères qu'on leur donne dans les grammaires, mais ils n'y passent pas. Il faut remarquer aussi que les divers objets que nous avons successivement examinés ne se prêtent pas également à la construction passive. A) Le complément d'objet direct est un nom ou un représentant. C'est le cas le plus simple On m'a donné une mission, une mission m'a été donnée. :
La phrase passe au passif. B) Le complément d'objet
direct est une action.
1° L'infinitif est sans sujet.
mourir
:
La phrase ne
— vous tâchez de comprendre.
passe pas au passif
2° L'infinitif objet du verbe actif a un sujet
La phrase ne passe pas au
passer.
:
./V/z
Tu
//
désirait
regardé la procession
passif.
30 L'objet-action est dans une phrase conjonctionnelle. parfois au passif, parfois non:
:
dis que tu
te
La phrase passe
maries, ne peut pas être mis
cet appartement est trop cher, non plus. un double objet, la phrase peut passer au passit. rol)jetnom devient le sujet du passif Mon frère m'avait informé qu'il venait > j'avais été informé par mon frère qu'il venait. On peut mettre en particulier au passif des phrases de ce genre dont le
au passif;
//
juge que
Mais quand
il
y
a
:
sujet est indéterminé
:
On
m'avait dit que vous alliez construire
;
il
m'avait
Le sujet de l'actif étant indéfini, au passif, le verbe se présente sous la forme impersonnelle. Il serait possible du reste d'ajouter au verbe passif un conii)lément d'agent désignant l'auteur de l'action // m'a été dit par diverses personnes, par une personne qui l'approclie, que... Cette forme impersonnelle est une de celles été dit
que vous vous
cdliez construire.
:
(
1
>
Le verbe auoir ne passe au passil que clans la langue des philosophes ou dans celle des écricherchent un effet de style Aulrefois ils avaient dea danseuses, auiourd'hni ... ils elles (a. karr, Guêpes, f* série, 34).
VHÎiis qui
sont eus par
:
COXSIDÉRATIOXS (iÉXÉRALES qui se prêtent
on
mieux
le
jusqu'à dire
ira
//
:
oG3
construction passive. Dans
n la
demandé à
a été
langage parlé,
le
remplaeer, quand
ce qu'il se fasse
il
ne peut pas venir. 40 L'action porte sur
un objet
suivi d'une relative
quai de l'Horloge. La phrase passe au passif:
le
On
:
vu qui longeait
l'a
a été vu qui longeait
Il
quai
le
de l'Horloge.
un
50 L'objet est l'attribution à
La phrase passe au avait été rendu
nommé
méchant par
avait rendu ce chien
—
faim;
la
une chose d'une manière d"être. méchant > ce chien on a nommé M. X. député > il a été
être, à
La faim
passif:
député.
pas attribuée par
Si la qualité n'est
au passif
:
Mon
domestique
vu ivre
l'a
l'efTet
du verbe,
>
été
a
il
la
phrase passe aussi
vu ivre par
mon
domestique.
60 L'objet exprime la cause, la manière dont une action a litu.clr. avez su pourquoi
phrase ne passe pas au passif. politique
vouliez vous retirer.
En somme,
;
l'être
;
On m'a
:
vous avez
vous avez
ou
m'a raconté comment
Si le sujet est
passer au passif impersonnel retirer de la vie
U
avait échoué.
il
indéterminé, alors
>
//
la chose objet
(
factitifs.
au passif
m'a
été
1
).
—
Les verbes composés ;!vec XV IP s., on disait //
Au
?
:
Vaugelas condamna cet usage. Il considérait mourir comme «barbare et très vicieuse» (2).
//
fut fait
Passage des verbes marquant l'achèvement. l'achèvement
raconté pourquoi vous
fut fait moi/r;>.
construction:
avons gardé
la :
j^ossibilité elle est
—
En
revanche, nous
de mettre au passif des locutions marquant
achevé d'abîmer par
bonnes grâces
la perte de vos
(sÉv., Lett., CLix). Aujourd'hui, ce tour devient de plus en plus usuel
commencée de
robe est
garnir
;
achevé de laver; nus copies ynnt le;
—
finies
il
de
La
phrase peut
exprimés dans un complément direct
Passage au passif des verbes
la
la
C'est peu usuel.
tort.
faire sont-ils susceptibles de passer il
Vous
raconté pourquoi vous vouliez vous
tort
peuvent seuls devenir sujets du verbe passif
fut fait venir,
:
a échoué.
il
n'était
ma
jupe
est finie
de coudre
de corriger;
finies
;
— Achevé
pas achevé d'être bâti (flaib.. Bov., 110);
lire (loti.
:
ma
son linge est
d'imprimer
—
les lettres
Péch.. 71) (3).
(1) C'est encore une pitiive de rintéict qu'il y a à distinguer le complément a' objet direct, nom, nominal ou représentant (V. p. 300). (2) THOM. CORN, estime que la construction au passif de faire mourir quelqu'un est mauvaise, car en réalité « quelqu'un n'est pas gouverné par faire, comme le substantif le serait dans il fut fait religieux ». La construction passive ne convient donc pas. il faut dire à l'actif on le fit mourir e\ au passif: il fut exécuté à mort, ou tout simplement il fut exécuté (1.395) :
:
:
:
portes, Madrid, 1920, 81. L'auteur cite d'autres remarques qui précédent étonneront moins, si on songe qu'en anglais par exemple, la phrase the boy showed the gentleman Ihe wag peut passer au passif, non seulement sous la forme The wag was shown bg the boy. mais aussi The gentleman was shown the wag. (3) Cf.
RODOLFO LENZ, la Oracion y sus
langues. Les :
:
:
CHAPITRE
II
FORMES DU PASSIF Le passif dans les
les
noms
formes ne sont pas nettes.
la démolition 'du
château par
apparaît surtout
comme
Il
— Dans
les noms d'action, noms à sens passif: Allemands. Mais ce mot de démolition
et les adjectifs.
existe assurément des
les
preneur de démolitions est un
homme
Sans doute, dans
attend son élection à
phrase
la
:
//
son élection est très visiblement elle
peut aussi se traduire par
Le sens passif action
les
:
(il
attend) qu'on
dans les
noms sont
les
entre-
travail consiste à démolir.
le
noms
l'
Académie, l'expression
attend) d'être
l'élise
élu...
Mais
à l'Académie.
des êtres qui ont subi une
dédaignés,
les élus,
damnés,
les
d'anciens participes. Or
le
les
participe
um^ valeur passive.
seul a. en français,
Pour
(il
méconnus,
réprouvés, parce que ces
dont
synonyme de
est plus sensible
les oubliés,
:
Un
l'expression d'une action qu'on fait.
les adjectifs, le sens passif se
l'aide de able. ible et uble
rencoulre dans ceux
une proposition acceptable, une
:
un enfant insupportable, une
thèse indéfendable,
un
cfjcl
C[u'«)n loi
forme à
inapplicable»
payable à 30 jours,
une propriétc vendable.
Un emprunt
inconvertible, une contribution exigible, des exigences irré
ductibles, une
armée invincible, une étoile à peine visible. Un corps soluble, un problème insoluble. Mais on remarquera que 1» Beaucoup des adjectifs ainsi formés ont perdu
le
sens passif à proprement parler, ainsi 2° Plusieurs ont
:
agréable, nuisible, aimable.
une misère pitoyable, une misère qui mérite d'être prise en pi lié, mais un homme pitoyable. c'est celui qui la prend en pitié. o» Le sens de ces adjectifs est le plus souvcnl potenliei Une maison vendable ne signifie pas qui est vendue, mais qui peut lêlre. D'autre part. payable signifie qui doit être payé, et non qui est payé. la fois le sens actif et le sens passif:
i^i
c'est
:
:
:
40
Un
passifs;
certain ils
nombre de
ces adjectifs ne
peuvent pas être traduits par des une route carrossable, On entend dire Ceci n'est pas
ne proviennent pas de verbes transitifs
une piste cyclable, l'enfant
était
né viable.
:
:
entra b le.
Le passif dans reste
(1) '
une forme de Dans
l'a. f.,
il
les verbes. la
Le participe passé.
conjugaison passive
:
le
—
Dans
participe passé
(
le verl)e,
il
1).
oxistail un autre parUcipe passif : Au for du Iremblant juiTunent (tnniblanl trcnibicr). Cis formes ont disparu.
devant lequel on doit
FORMES DU PASSIF est
Il
iiicontcslablc que le participe j^assé
la
on passa à récriture
nuit revint
(i.oti.
aiijourd'lnil encore
—
un homme tué, une bataille perdue ; La leçon dald., Cont., Dern. classe); Le trou refermé, Péch., 7). C'est la seule forme verbale Cfui ail cotte
par lui-même l'idée passive finie,
3G5
exprime
:
—
(a.
valeur.
Le participe passé lui-même n'a pas toujours le sens passif, tant s'en faut. il entre dans les formes composées des verbes actifs, il a l^eaucoup perdu de sa valeur propre. C'est ainsi c[u'issu de verbes subjectifs, simples ou pronominaux, il n'a plus la valeur passive (1) restés à la maison, ils L'Empire écroulé, l'auteur d' Obermann ne fit rien pour se s'ennuyaient remettre en évidence (s'^ beuve, Port, cont., i, 148) Cf. un homme arrivé; un obus éclaté; une femme tombée, repentie. Même avec des verbes
Comme
:
:
—
;
—
:
peut ne pas avoir de valeur vraiment passive un homme osé; un commerçant failli (2). Les verbes rélléchis et pronominaux fournissent des participes passés à double sens. Voué ci Dieu peut signifier: qui s'est voué (il vient en ce cas de se vouer), mais aussi qu'on a voué (il vient alors de vouer). Cf. mêlé : Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre. Elle à demi vivcmie et moi mort à demi (v. H., Lég., Booz) (3). objectifs, le participe passé
:
:
Conjugaison passive.
— Elle n'existe pas en français, ou du moins
elle
n'a pas de formes propres. (1) Il arrive que, par une recherche de style, sérieuse ou plaisante, certains verbes subjectifs semblent se présenter au passif être démissionné. C'est que par plaisanterie on dit démission;
:
ner quelqu'un. (2) (3)
TOBLEB, Mél.,
Un homme
I,
180.
bien mis. est-ce un
s'hubille bien (sens actif) ?
donné l'habitude du tra\
Une femme ail
ou de
liomme
i/u'iin nêtement habille bien {sens passif), ou qui habituée au travail se dit également de celle à qui l'on a
celle qui se l'est
donnée.
CHAPITRE
III
MOYENS D'EXPRESSION DU PASSIF La proposition avec absente, on emploie être
le
—
être.
Pour suppléer à
participe passé
(ici passif),
Ce malheureux a été écrasé place de
:
la
la
conjugaison passive
joint
aux formes du verbe
Concorde
;
— Elle sera reçue
à son bacccdauréai.
Cette construction où entre
le j)articipe
passé conjugué avec
pas essentiellement d'une proposition attributive, où
le
être
ne diffère
participe serait
remplacé par un adjectif qualificatif Cet enfant est bien élevé, ressemble à V avenue est plantée d'arbres à l'avenue est enfant est travailleur ; :
-
cet
ombreuse. Qu'on compare
:
—
:
deux propositions
les
:
l'une des vitres est entière,
Les deux propositions s'équivalent. Dans la deuxième, on pourrait remplacer brisée par en morceaux. Il est donc souvent difficile à l'analyse la plus pénétrante de distinguer
l'autre est brisée.
:
si la forme verbale composée a ou non le sens passif. Qu'on considère L'abonnement au journal et l'entrer (uix conférences sont compris dans cette les comces personnes sont abonnées depuis Mars dernier : somme : nos villes du Nord sont munications avec Marseille sont interrompues; :
—
dévastées;
—
—
—
Musée
le
est
ouvert;
/« loi est
abrogée.
Comment
faut-il
interpréter: la source des longs entretiens était tarie? Si quelque chose l'avait tarie,
nous avons
affaire à
un
passif;
si
elle s'est larie
d'elle-même,
à
un
actif.
Pour COMMEXl ON FAIT RÉAPPARAÎTRE l'iDÉK D'UNH ACTION SUBIE. la valeur passive, la langue ù recours à divers moyens 1" On ajoute un complément d'agent Des rideaux en gros de Tours ronge,
marquer
:
:
relevés par des cordons de soie (bm.z.. (inmdet. 25).
20
On
ajoute un complément indiquant
moyen, l'instrument de
le
l'action:
Les matériaux sont montés au moyen d'un treuil. .3^ On ajoute un com[)lément de temps Les biens séquestrés sont vendus :
simplement sont vendus, on marquerait un au four le four indique que l'action est elal. L'addition du complément de solides volets, ôtés le matin, remis et mainen tiain de s'accomplir) tenus le soir (temps) avec des bandes de fer boulonnées (moyen) (b\x.z., au jour
le
jour
(si
l'on disait
:
:
;
Grandet. 4°
On
—
.">).
ajoute un complément (pielconque. de manière, de but, etc.
plupart des crimes sont
avec impatience
;
-
commis en
soa.s
état d'ivresse
;
:
La
— vos amis sont attendus
un ministère de répression, sous un président du
|
MOYENS D'EXPRESSION DU PASSIE conseil à poigne, la guerre est déclarée
ments
(lu
Progrès,
aux
socialistes,
367
aux syndicats (Docu-
1910. 14).
i.
—
—
1° L'actif pour le passif. Substituts du passif. Au lieu la forme passive une action sulne. on tourne par l'actif. cette étoffe est beaucoup portée en ce moment, on dit Ainsi, au lieu de dire On porte beaucoup cette étoffe. Ici rien d'illogique. Il ne s'agit que d'une pré-
d'exprimer sous
:
férence.
toile
quand un infinitif actif a l'air de tenir Maison à vendre ceci n'est pas à faire.
n'en est pas ainsi
Il
comme dans
passif
:
:
;
—
lieu
—
dun De
la
à laver, c'est de la toile qui sert à laver, mais c'est aussi de la toile
qui doit être lavée.
On explique la comme passives
plupart du temps ces expressions en
C'est là ni parlé
Les
équivaudrait à
agréable à porter
:
une fausse analyse. Sauf par imitation du
:
les
considérant
agréable à être porté.
lalin.
on n'a jamais
écrit
de la sorte.
infinitifs actifs ainsi construits sont
en particulier tout à
fait
communs
avantageux à acheter, bon à manger, bon à tirer, commode à résoudre, curieux à voir, dur à apprendre, facile à admettre, long à repro-
avec
les adjectifs
:
duire, raide à monter, superbe à voir
;
— Ma main
est
jeune, frère,
rude à
et
sentir (muss., D. Paez, ii) (1). Si
on a besoin de preuves qu'on
considère
est bien
ici
en présence d'un
actif,
qu'on
:
1» Les phrases où l'infinitif est accompagné d'un complément d'objet, qu'un passif ne saurait avoir Que de gens à qui il n'en fcuit pas tant pour :
les guérir
!
2° Les phrases où le verbe est subjectif ou intransitif Béte à pleurer, ennuyeux à périr, triste à mourir. C'est ainsi qu'on affiche des occasions à profiter, du terrain à bâtir. C'est un style do réclame, mais il met en évidence l'interprétation du tour. Il serait en efïet absurde de supposer que l'infinitif actif profiter doit se traduire par être profité, que jamais depuis un siècle bouche française n'a proféré. Enfin il faut ici se souvenir de l'histoire. Or ces façons de parler ne sont pas nouvelles. Dans l'ancienne langue, le rôle du passif est très souvent tenu par l'actif El plait ad Ais en fut jugiez a pendre {Roi., 1409). Au XVP siècle encore, on trouve des sul)stitutions très hardies et très caractéristic^ues Me voyant digne d'estimer (marg. de nav., iv, 134) (2). C'est encore le même sujet indéfini on qu'il faut suppléer dans j'ai vu démolir cette maison. (Les auteurs du travail ne sont pas en cause, c'est l'action seule que l'on veut signaler). De même .J'ai entendu parler de lui :
:
:
:
:
:
i7
;
se sentit frapper.
(1) et.
avec
les
noms
(2) H. L., I, 239 : 1539). Cela signifie (Cf.
:
Un
projet à étudier.
N'en puez partir senz les membres trenchier cor. l.. 433. On dit en a. f. non pas: sans trancher vos membres, mais, sans qu'on vous tranclie les membres
ii,
ToBi.EH, Mél., 116).
:
.
PORTÉE DE
368
ACTION
L
Cependant, sitôt qu'on veut indiquer l"auteur de l'action, on ajoute un complément d'agent. J'ai vu démolir cette maison par des ouvriers de Cette impression si aisée à recevoir par un peuple timide votre chantier ;
—
(la rochef.. avez vu les
four
et le
116)
II.
— Par
;
les traits
de Jéhu,
je vis
massacrés par la mère (rac. Ath., 151)
fils
peuple, irrités
De
s'ouïr par
ma
percer
te
père
;
Vous
— Le sénat chaque
;
voix dicter vos volontés (Id.. Brit.,
1241).
Les fervents de
la
Comment un complément d'agent, Tout simplement parce que le verbe,
logique ne manqueront pas de triompher.
verl)e actif pourrait-il construire
comme un
désignant l'auteur de l'action
?
passif son
forme passive, on emploie la forme nominale, savoir l'infifaçon des autres noms, avec une valeur où la voix n'est pas
n'aj^ant pas de nitif,
à la
On
distincte. actif)
et
;
:
De même
dirait fort bien
:
j'ai
percement de
vu voire percement,
Panama par
j'ai
vu
j'ai
vu percer l'isthme par
:
le
est
il
bien fait (sens
Américains (sens
les
passif).
Américains.
les
Il faut marquer ici, quelque répugnance que la logique puisse inspirer pour cette constatation, que l'esprit s'accommode très bien de la cons-
truction
commune
tantôt par
l'actif,
de ces infinitifs-objets qui s'interprètent tantôt par le
passif.
On
vouloir dire
:
je l'ai laissé
subir une attaque.
appeler
dit
je l'ai laissé se livrer
:
,Je l'ai laissé
à une attaque
He même
je l'ai
:
attaquer, et cela peut
mais cela
vu frapper
;
signifie aussi je l'ai
:
entendu
(1).
Un bon
écrivain évite les équivo([ues.
fait vaincre la
s'abstiendra de dire
Il
France, mais dans une foule de cas,
:
ce
l'inlinilif actif sufiit
qui
au
sujet ])arlant (2).
Le pronominal pour
2'^
du
passif, la
le passif.
—On
forme pronominale: Cela
emploie très souvent, au lieu
se porte
beaucoup;
il
faut que la
récolte de l'année dernière puisse se vendre.
L'emploi du pronominal à sens passif était inconnu au tout ancien fran// n'est dueil que Il apparut au XIV" s., et devint commun au XV^
çais.
:
au bout de quelque temps ne s'appaise (J de Par.. .
COngnoistre H.
I..,
I,
le
bon vouloir
.'ÎS)
qu'il avoit... envers son maistre
;
—
et se
(comm.,
peut lors i,
210, m.;
46-1).
Au XVPs.,
sous l'influence de l'italien, de l'espagnol et des dialectes du
Midi, ce tour devient très fréquent.
On
le
considère
comme une mode
:
soupe se mange, c'esip'mdarher, (Vit Béroaldc de Verville; je cuidoisdire: On mange la soupe (Moij. de parv., ch. ii). En réalité, ce pronominal est il est dès lors entré dans la chez tous les écrivains, italianisants ou non t(
la
^^
;
langue (1
)
(h.
i..,
ii,
4.34
;
m,
383).
A noter les réfléchis se faire craindre, se faire estimer, etc. n ne sert de rien de dire que l'accord du participe, suivant :
qu'il est fait ou non. différencie deux tours. D'abord il n'y a point de variation an masculin singulier. Et ensuite la vérité est qu'il faut se livrer d'abord à l'interprétation pour appliquer la régie d'orthographe. ^2)
les
MOYENS On
D' EXPRESSION
DU PASSIF
3(;9
en relrouve une foule d'exemples en langue classique
en langue
et
—
moderne Ce dessein s'est conduit avec plus de mi/slère (rac. Bril.. 1B19) Vous prêchez des maximes de vivre Qui par d'honnêtes gens ne se doivent :
;
point suivre (mol., Tart., 37). -Mais 3*^
il
faut observer que le pronominal passif ne s'emploie guère qu'à
personne. C'est exceptionnellemenl qu'on dit
t'appelles Bertrand.
Au
contraire à la
3''.
:
Je me
nomme
l'usage est général
:
Ce produit
trouve, se vend, se fabrique, se donne, se conserve, se cuit, se détruit se rencontre
rarement
;
— La question
s'est
jugé dont l'arrêt se prononce (lam., répétait,
et
Romani..
&)
I.
3)
;
—
au tumulte qui se
—
On était gai. La maison, basse et ;
Il
faisait
Joc.
i,
l'on
:
autour de la
se
;
pièce...
(gait.. Hist. du
se versait des petits verres (flaub..
abritée
se
— Cela
153); déc.
7
:
— Ce que — Comme un homme 1794) — Hernani
posée récemment
conçoit bien s'énonce clairement (boil., A. p..
la
Pierre, tu
Éduc.
par des massifs de verdure, ne s'aper-
cevait pas de l'intérieur (lem., Rois, 83).
Le substitut du l'actif
ime
:
Un
étoffe
passif est
fusil, dit-on,
comme
le passif
de laine se prête, voici
un
:
Cf. /no/7
cela se loue bien,
ne tache pas à ferrae
— — l'eau
pied blesse
pas bien
il
se
confond avec
roue
;
lieu
est usée, elle
du pronominal de sens
l'intransitif
:
ça loue bien.
fatigue becuicoup
—
:
—
ce tissu
la porte ne boutonne par derrière : La forme pronominale coexiste du reste avec l'autre ;
(1).
— Au
on entend dire avec
cette
;
;
intransitif.
Subjectifs avec valeur de passifs. passif
lui-même
ne se prête pas, voilà un pronominal à sens passif
ce corsage
:
ça se loue bien, ce corsage se boutonne. (Il Cf. ToBLER, Mél.,4c~. Oii retioiive ces confusions au participe pr^-sent tins- couleur sif^nitic qui se voit. Dans une nie passante, il n"est plus question d'actif ni de passif, ce n'est ni une rue qui passe, ni une rue qu'on passe, mais une rue où l'on passe. Cf. un endroit commerçant, où il se fait du commerce. Objectifs et subjtctifs ne se distinguent pas aussi nollemcnt qur le voudraient les théoriciens. :
voyante
CHAPITRE IV
SYNTAXE DE LA PHRASE PASSIVE
—
Elle est la même que dans les verbes Le verbe auxiliaire être s'accorde en nombre et en personne avec son sujet. Quant au participe, comme dans tout verbe construit avec Tauxiliaire cire, il s'accorde aussi, en nombre et en genre, avec le sujet du verbe Les fruits ont été récoltés par un beau temps; la vendange a été faite à temps. J/accord se fait toujours, que le sujet soit avant ou après le participe Ne seront considérés comme assujettis à r impôt que les commer-
Règle générale de l'accord.
subjectifs.
—
:
:
çants
qui...
Jadis,
Venu I.
le
;
[)assé restait parfois invariable,
Fut conclud congnoissance du Roy
à la
85 M.
])articipe
du verbe
sujet
le
II.
avons vue
:
L.. I,
Il
:
77).
— De -
la bataille (j. la
là est
cjuand
chart.. Chroii.,
il
précédait
i,
42)
;
—
mutation faictc en Xormandie (com.m
née
la
.
forme impersonnelle, que nous
a été pris une ammlité de luuengs.
ACCOIID DES VERlii:S PRONOMINAUX FAISANT FONCTION DE PASSIFS. règle est encore la même que pour tous les verbes conjugués avec l'au-
La
avec leur sujet
xiliaire être. Ils s'accordent
d'hui douze francs la livre
:
assez facilement. (V. p. 335).
—
:
les positions
La ()
truite s'est la
vendue aujour-
hausse se sont liquidées
CHAPITRE V L'AUTEUR DE L'ACTION. LE COMPLÉMENT D'AGENT
— Dans
Syntaxe de ce complément.
hommes ou
choses
—
a lieu, par un complément d'agent terre
;
—
la
France a
les
phrases passives,
les
auteurs-
de l'action exprimée au passif, sont indiqués, :
renouvelée par la Révolution de 1789
été
approuvé de tous ses amis
;
—
il
s'il
y
l'eau des pluies est absorbée par la
est sorti,
;
—
il
sera
accompagné d'une foule enthou-
siaste.
—
Comme on le voit par ces exemples, Les prépositions de et par. deux prépositions se partagent le rôle d'introduire le complément dagent, savoir de et par (1). Dans l'ancienne langue, de est de beaucoup plus commun Ne placet Deu, ça li respunt Rollanz, Que ço scit dit de nul hume vivant (Roi., 1073). Jusqu'au XVI^ s., de s'employa ainsi avec toutes sortes de verbes se :
:
laisser transporter de la colère (s* gel.,
même,
de était encore très fréquent
gardé (rac, Phèd.,
:
200; h. l., ii, 476). Au XYIP s. J'ai su tromper les yeux de qui j'étois
m,
9(38).
La différence faite généralement aujourd'hui par les grammaires, c'est que de s'emploie quand il s'agit d'actes intérieurs de l'âme par, quand il s'agit d'actes matériels, ou que de figure déjà dans la phrase. Cette question a donné lieu à toutes sortes de subtiles distinctions. Suivant Clédat, on retrouve encore dans les verbes construits avec de l'idée d'origine, de point approuvé de tout le monde de départ effrayé de son acte (cf. par l'auto) (cf. par /e Sénat). La théorie est spécieuse, mais doit n'être acceptée qu'avec beaucoup de réserve. Comment l'appliquer à précédé d'un huissier, accompagné de son flls, mcmgé des vers, entouré d'eau de tous côtés, pris de frayeur? ;
:
;
—
:
—
Les compléments La préposition à. mangé aux vers (2). Nous verrons
avec à
:
s'explique autrement
:
d'agent sont aussi construits plus loin qu'avec
laissez-le entreprendre
l'infinitif,
à
à d'autres.
—
Compléments d'agent des pronominaux. Quand au passif on subspronominal, le complément d'agent en m. f. et en français clas-
tituait le
(1)
V. CLÉDAT, Reu. de phil.
(2) Cf. les
Sapb., 200).
compléments
fr.,
1900, 218.
d'adjectifs
:
inapprivoisable
même aux
galeries tendres (a. dal'd..
PORTÉE DE L'ACTIOX
372
sique s'exprimait
comme
après un passif
:
les choses
que des gentilz courages (des pér., Nouv. Récr., conviés s'est appelé Chapon (boil., Sat., m. 48)
précieuses ne se désirent
ii, ;
—
79)
entre les Indes orientcdes et l'Europe, par les vaisseaux et
—
Par tous les commerce s'établit les armes du Por:
le
s. mœurs, cxviii). que ce complément ne peut plus se construire ainsi en langue contemporaine. Cependant Divers auteurs du XIX^ s. ont imité sur ce point la syntaxe classique
tugal (voi.T., Ess.
On
dit
:
:
Tous RéiK,
CCS sacrifices se faisaient I,
328). C'est ce
par des riches
même complément
et
par des pauvres (michel.,
dans
qu'il faut reconnaître
pierres qui tombent des créneaux (flaub.,
grcmdes choses Toutefois
se font
par
était
(1) Ailleurs,
il
On
pourrait dire
différence est du reste fort difficile à
s'agit
même
:
les
— Toutes
les
:
trois lits
qui ne pouvait s'assouvir que par la mort (fd..
par l'embarras
76)
complément d'agent et le complécouramment avec le pronominal
occupé presque tout entier par
La
Champs,
le
se construit
des portes de bois (lam., Raph., 55). de bois (1).
les
Les
peuple (ren., Jés., xv).
ne faut pas confondre
il
ment d'instrument, qui L'espace
le
Par
:
par
fossés dont la pente s'adoucit par la terre qui s'émiette des bords et
Ib..
qui
se
fermaient par
\x)
:
(2).
d'un complémenl de cause, ainsi QiielQiicf'ns il se faisait nn long silence par l'excès des paroles qui s'
et
:i70).
(2) Ce complément se trouve aussi bien avec des intransitifs qu'avec des pronominaux : tout à coup, par le jeu cruel d'une puissance inconnue, ce mieux mensonger disparaissait (b. const., -4rf.,
X,
92\'
CHAPITRE VI
REPRÉSENTATION D'UNE ACTION PASSIVE
On pas
a beaucoup discuté la question de savoir
comme
le traiter
si
je l'ai été, c'est-à-dire si le
l'idée attributive (traité)
contenue dans
le
Je ne veux peut représenter
l'on peut dire
pronom
le
:
verbe précédent, qui est à
Aujourd'hui, malgré une règle qui date de Bouhours (Dout., 147),
l'actif.
les plus
grands écrivains ne se font pas scrupule d'élargir l'usage de le : s'était-elle jamais consolée, on pouvait-elle l'être un seul instant? (g. sand, Elle etL., m, 36)
;
nous
— Madame de dit qu'il le fut
vous embrassez...
et
Staël...
en
effet
qui était venue là pour voir applaudir son père,
(michel., Rév.,
i,
152);
—
pas moi que pour mon compte
ce n'est
j'avoue que je crois pouvoir l'être
(GAUT.. Jeun. Fr., 111).
Ce n'est pas la confiance,
là
innover. Des classiques ont écrit ainsi
comme
elle l'est
La même question
se
déjà de
mon
:
côté (sÉv., Lett.,
Si nous établissons
mxix).
pose à propos du verbe substitut
faire.
Peut-il
Assurément il semble que le verbe être convienne lîeaucoup mieux. Après avoir été compromis comme il l'a été. Cependant telle est la force de l'analogie qu'on trouve faire dans cet emjîloi une scène d'un drame élevé, très belle, très bien écrite.... mieux dite que ne l'eût pu faire aucune actrice du Théâtre- Français (a. karr. Guêpes,
remplacer l'idée contenue dans un passif
:
V? série. 63).
?
CHAPITRE VU
AUX PASSIFS
CONCLUSION. EXTENSION DE L'OBJET-ACTION
Objet des passifs.
—
Le fait dont nous avons parlé plus haut, que des une proposition-objet comme complément, est important.
adjectifs ont
commun
Adjectif ou participe passé ont en et assuré
:
m'en retourner d'où
je viens,
qu'il vous sera possible (mol.,
Or
cette construction. Ainsi
assurée que vous suivrez mes pas
D. Jucm,
à votre peine
;
—
Jésus était convaincu que
qu'en vue de lui (kkn.. Jés., xvi)
;
—
Ils
les
(b.
accordé qu'il pourrait
un objet
vote,
il
i)ossible.
est
Ad., IX. 82)
coxsT..
m' adresser
Cf. Il
En
et
est
—
une femme (ab.
il
nous tenir sur
n(js
me
hidhjm.,
notre destinée. Cf.
gardes.
venu le
;
—
il
lui
a été
Messie en ferait
])résence d'une i:)hrnse
conmie
:
bureau sera maintenu, il n'y a décidé. é((ui\nk'nl de on décide, a le
que
le
Or
fut
Il
décidé est bien
racontait
révélé que je devais
Conf. d'un enf..
a
est
il
rctrou\e des objets de passifs sous une au lie lorme
donné de prévoir
— J'étais impatienté
reçu que
m 'était démontré quel'onse ;
;
impersonnel, et là des
toui-
objet, savoir la proposition-c!»m})lément.
une phrase passive. (B.
//
le
II était
Jés., xvi).
est décidé jxtr la majorité
point d'hésitation
même
—
prends bien part
const.. Ad., x, 96).
prouvé qu'il
est
la voir jeudi:
beaucoup (de miracles) (rex.. on
il
:
je
sont persuadés qu'un sentiment
Cela est particulièrement fréquent a\ec passifs véritables ont
tôt
prophètes n'avaient écrit
vaut mieux qu'une définition (volt., En/, prod., Prêt.)
qu'un œil ami observât mes démarches
plus
en résulte que des phrases
11
Soyez convaincu que
:
le
3).
i,
participe passé est d'origine passive.
le
d'apparence passive ont un objet
suj-
— je n'ai qu'à
SÛT que VOUS viendrez, assuré que vous viendrez;
été expliqué
Ici :
t.
il
t).
mon histoire comme lui, Au reste on
ne nous est pas
pourquoi nous devons
X
LIVRE
L'OBJET SECONDAIRE. LES AUTRES COMPLEMENTS CHAPITRE PREMIER LA NOTION D'OBJET SECONDAIRE
Le
nom
et la chose.
—
On
peiil ap])eler objet secondaire le lerinc
trouve après robjct dans celle phrase de Paris, mais
il
:
Il
s'en est réservé l'usufruit
qu'on
a légué ses biens à l'Université (1).
Ce complément d'objet secondaire n'est pas indispensable; il n'y a pas de complément qui soit toujours nécessaire, pas plus l'objet qu'un autre.
Mais l'objet secondaire peut être essentiel. D'un propriétaire qui a des hypothèques sur sa maison, qui a des dettes, on dira il doit. Pour achever le sens, on peut ajouter // doit cent mille francs, en ajoutant un objet, mais on peut aussi dire il doit au Crédit Foncier, en ajoutant un objet :
.•
:
secondaire.
Dans un
certain
resterait en l'air,
phrases, faute de ce complément,
nombre de
ou aurait une signification trop générale,
confient l'éducation de leurs enfants....
à
(les
maîtres). Cf.
(il
ex.
:
la
pensée
Les parents
faut bien ajouter à qui, par exemple,
Nous n'avons imprimé
le
cachet de notre temps ni à nos
maisons, ni à nos jardins, ni à quoi que ce soit (muss.. Conf., 1" Part., ch. IV). Supprimez ni à nos maisons, etc., la phrase n'a plus de sens. Il arrive que dans certaines phrases l'objet secondaire seul trouve place
—
:
— Ne me dérangez pas,
ma
mère. En particulier, lorsque l'objet secondaire et l'objet premier sont également des personnels, très souvent, nous l'avons vu, l'objet n'est pas exprimé. Dans d'autres phrases, il y a un oi)jet premier et un objet secondaire. C'est Le Bureau vous a déjà donné
;
j'écris
à
(l) Le nom qu'on employait autrefois, coniplénient indirect, ne peut plus convenir, puisque cette expression est affectée aujourd'hui à toute espèce de complément construit à l'aide d'u'i mot-outil. Celui de complément d'attribniion ferait confusion avec ntlribut et d'autre part n'irait guère avec les verbes comme ôler. Complément ^intérêt est trop étroit ; destination se rapprocherait trop de but. Objet second ou secondaire me paraît mieux convenir. 11 rappelle les rapports étroits dont nous parlerons, qui unissent l'ohjet secondaire à l'objet, et explique les mutations qui se produisent entre eux.
LOBJET SECUMJAJIŒ ET LES AETIŒS COMl'LÉMEXTS
37(3
extrêineinent fréquent,
ils
échangent souvent leur
Un
rôle.
léger déplace-
ment de l'idée fait tout à coup d'un des termes l'objet premier. Et rien ne montre mieux combien les deux compléments sont voisins. Qu'on compare :
Annoncez-lui
la
mort de sa mère à
De même
à L'Objet, p. 357).
une chose à quelqu'un
un commerçant une usine. Il
(1)
;
;
—
:
informez-le de la mort de sa mère. (Voir
obliger quelqu'un à une chose et imposer payer une note à un commerçant et payer
:
:
:
— fournir de
la laine
à une usine
peut y avoir identité entre l'objet secondaire le fondateur s'attribua une grosse part ;
réflexion
et
:
fournir de laine
et le sujet. il
:
Il
y a alors
se prépare des décep-
tions.
On
joint particulièrement
commande de ils
partir. (Cf.
me
/'/
// lui
:
V obligea à s'en aller;
de
des phrases impersonnelles
:
il
lui
convient pas de renouer des relations avec lui
même
quelqu'un.
:
;
a plu de revenir
—
il
me
;
—
—
il
faut partir.
on est d autant plus ciirioux que payer signifie originairement opai.scr donner des apaisements. Cf. pardonner une faute à quelqu'un et pardonner
M) Cet exemple dit
:
se promettent de bien jouir de leurs vacances.
De même dans ne
un objet secondaire à un objet-action
avec un objet premier
;
CHAPITRE
II
RAPPORTS DE L'OBJET SECONDAIRE AVEC L'OBJET ET LES DIVERS COMPLÉMENTS
Objet la ligne
et objet
secondaire.
—
est
Il
exlrêmemenl
difficile
de marquer
de séparation entre objet premier et objet secondaire, quand
a qu'un complément. Des verbes qui, à l'époque latine, prenaient le
sont passés en masse à la construction directe
flatter,
:
«
il
n'>
datit».
consentir, maudire,
menacer. Pour ceux-là, point de difficulté. Personne ne conteste que dans quelqu'un, quelqu'un ne soit l'objet premier.
flatter
La pas
difficulté
fait.
On
commence quand
ce
changement de construction ne
considère, nous l'avons vu.
pléments indirects. Ainsi dans nuire,
comme
s'est
objets premiers des com-
servir, aider, contribuer,
au succès. Où doit-on arrêter cette liste? En particulier, où là où la construction est nécessairement indirecte ?
coopérer...
fixer la limite,
A) Avec les pronominaux a sens réfléchi ou non, tels que se résis'opposer à l'admission de l' Allemagne dans la Société ; s'attendre des Nalions. S' attendre à. qu'une nuance sépare d'attendre dans à un succès et éprouver une déception, peut être considéré comme ayant un objet ])remier. De )nême peut-être se résigrwr. Mais conclurait-on de même pour s'appliquer, et considèrerait-on que le complément a le même rôle dans cette remarque s'applique à la vie morale, et dans // applique son esprit, son travail, bref, il s'applique tout entier au perfectionnement de sa machine ? :
—
gner à la misère
:
:
:
B) Avec les noms. tion.
— L'objet secondaire
Toute distinction
ici
serait vaine.
nécessaire. Osera-t-on trancher, et déclarer
premier C)
et l'objet
Ex.
:
ci
ont
même
construc-
un secours à l'enfant sera iï l'enfant
complément d'objet
(Y. p. 373).
?
Avec les
.\djectii-s.
—
Il
est
également
difficile
d'analyser de façon
mesure nuit à nos intérêts et elle est nuisible à nos intérêts. A nos intérêts est-il donc l'objet premier de nuisible ? Possible. En est-il encore ainsi dans utile, favorable au bien public, au bon ordre ? Et dans différente
nécessaire
:
cette
:
au développement de notre influence
D) Avec les locutions verbales. distinctions sont
ici
—
Il
?
(Voir p. 373).
est facile
de comprendre que
les
plus dangereuses que partout ailleurs. Plus le verbe et
LES AUTRES COMPLÉMENTS
U OBJET SECONDAIRE ET
378
son sujet tendent à constituer une locution composée, plus le rôle de l'objet Vous secondaire s'approche du rôle de l'objet. Prenons pour exemple portez beaucoup d'intérêt à cet enfant, je le sais. A cet enfant est un objet secondaire. :Mais si j'emploie la locution yous portez intérêt à l'enfant, où porter intérêt est une locution verbale, peu susceptible d'être décomposée, à :
:
l'enfant ne devient-il pas
un
point de doute en tous cas, dice, atteinte,
atteinte à
ombrage
mes
Il
:
vrai objet construit indirectement
si
à
m'a
porter intérêt on substitue
:
porté préjudice
;
—
:
?
Il
n'y a
porter préju-
faire cela serait porter
droits (1).
prendre part est une locution, donc dans prendre part à un mots à un banquet forment théoriquement un objet premier de construction indirecte. Faut-il analyser autrement prendre une grande part à votre malheur, et conclure ici que à votre malheur est devenu un objet
y
Il
a plus
:
;
banquet, les
:
secondaire
? (2)
Or, nous l'avons dit en parlant de ces locutions verbales, on est souvent
embarrassé de les reconnaître. Une locution peut être composée pour et ne l'être pas pour un autre. Par exemple, dans le monde du faire bon accueil, appliqué à un eiîet, à une traite, est inconde même pour un peintre ou un critique d'art, tes lablement une locution fort
un groupe commerce,
;
Peut-on affirmer que le commun du public ne décompose plus ces groupes de mots ? Il n'y a pas de critère sûr.
servir de fond.
Conclusion. et
— Ce
n'est
donc pas
En aucun
à catalogues fixes.
cas,
quil peut y avoir matière à règles
là il
ne doit
êlre question d'étiqueter des
suivant les habitudes de l'ancienne analyse. Ce sont des objets, entre lesquels le langage ne dislingue guère (3).
compléments de
cette sorte,
—
Objet secondaire et compléments divers. nombreux, servaient déjà à marquer les rapports prépositions banales qui les remplacèrent,
de précision. Elles ne servirent en
expressément
])lus
la
C'est le cas avec habile. et
:
verbes,
il
peu
par, n'apportèrent pas plus
qu'à
lier les
mots, sans marquer
nature du lien ni son caractère.
une foule d'adjectifs
petite pluie serait bien utile les
si
plus différents. Les
à, de,
:
contraire, apte, propre, semblable,
Comparez: Tous nos sentiments ne nous
une
Pour
somme
Les cas latins,
les
suffira
à la terre
étaient-ils pa^-
communs?]
(4).
de citer: dire, donner,
écrire,
pardonner, consentir,
(1) V. au Complément d'objcl des lociilionx verhtiles, p. 309. (2) Tous ceux qui aoaienl pris la moindre part au sacrifice ctaienl cités, iui/ér. (miciiei,., Bib. de l'Ilum., Grèce, i) cf. mettre fin à et mettre une fin à. clieiclier que(3) Xe pas chercher, par exemple, à délerminer à quel objet on a affaire dans relie à quelqu'un, porter bonheur à un débutant, faire plaisir à des amis, faire honneur à un dîner, tenir compte à quelqu'un de sa bonne volonté, auoir recours à des expédients. J'en dois compte, Peut-être il voudra bien lui tenir lien de père M'idame, à l'empire romain (rac. lirit., 181) (1(1., J^hèd., 805) Et faisons un peu grâce à la nature humaine (mot... Mis., 1 Ui). (Vesl l'exer;
:
;
cice h (4)
;
—
ne pas faire. Cf. avec des adverbes
:
conformément
—
à, contrairement à.
—
RAPPORTS DE U OBJ ET SECONDAIRE A VEC LES COMPLÉM. DIVERS
379
commander, qui ont héréditairement un complément d'objet secondaire, successeur d'un datif latin. D'autre part, dans beaucoup de compléments, le caractère particulier s'est peu à peu effacé, et ils sont venus se fondre, par analogie, dans la masse des compléments d'objet secondaire. Ici encore rien n'induirait plus sûrement en erreur dans l'analyse de la langue contemporaine, que de vouloir la fonder sur l'histoire. L'état présent s'explique par l'état ancien, mais ne se confond nullement avec lui. Ainsi c'est la disparition de es au commencement du XYIP s., qui a amené une foule de compléments de lieu, qui se construisaient avec es (en les) à se construire avec aux. Par là s'expliquent des phrases comme elle a une aversion horrible pour le jeu, ce qui n'est pas commun aux femmes d 'au:
jourd'hui (mol., Av.,
II,
5; h.
l.,
m,
reconnaître là un complément de lieu
631). (1).
Il
absolument abusif de
serait
Considérons quelques exemples,
d'abord des compléments qui ont originairement marqué tion.
En
certains cas, ce sens se retrouve, très net encore
à Marseille, envoyer une plainte au procureur; d'où reur
(2).
Par des transitions insensibles,
aux lieux
:
se
le :
but, la direc-
envoyer un colis
plaindre an prrjcu-
construction s'est étendue des
la
apporter son concours à une œuvre; puis, de gagné par analogie, de telle sorte qu'il serait abusif de retrouver un complément d'adresse dans lire ses vers à des amis ; expliquer, délailUr. résumer une théorie aux assistants; — cette mesure s'étend j'ai abonné mon fils à la « Nature » ; à tout le monde je m'exerce au maniement des armes ; limiter ses relations à un groupe d'amis.
lieux réels
proche en proche,
figurés
:
elle a
—
:
—
;
Autre exemple
:
—
—
Le complément (Varraclier a pu être originairement Il marquait le point de départ, la séparation. (Cf.
construit avec a (ab).
le ab des Serments de Strasbourg Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai (3). Mais aujourd'hui, à. venu de ab, est confondu avec à de direction, et arracher un enfcmt à sa mère est
arracher quelqu'un de ses grifjes). C'est
comme
construit
donner, rendre.
De même
prendre,
Il
lesquels sont
eux-mêmes
construits
comme
ne peut être question de complément de séparation.
enlever une
:
ôter,
:
tumeur à un malade
exactement parallèle à
est
couper un membre à un blessé.
Un exemple encore Un complément a été originairement destiné à marquer la rencontre, la jonction, l'opposition, bref, les relations entre des personnes ou des choses. Le rapport devient ensuite un simple rapport collaborer à d'objet secondaire, par exemple avoir affaire à quelqu'un ; :
—
:
un
travail,
(1) Cf. Il
à une revue
;
—
Elles eurent partout
des
ne voyait de cassui-es au carrelage que quand on quiUuil
les
sanctuaires
dans
lieux (balz., Birotl..
i,
la
ISO).
Le complément n'est pas, malgré l'apparence, un pur complément de lieu. Le propriétaire, quand il louait, ne voulait pas voir de cassures à son carrelage, comme on ne voit pas de défaïUs à sa mère. La finesse est dans voir qui signifie ici reconnaître. à un compromis
(2) Cf. arriver valier. (3>
i
Comparez
:
;
—
compliments à
Madame
exiger des comptes du gouvernement et
:
;
— félicitations au nouveau che-
demander des comptes au gouvernement.
380
UOBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES COMPLÉMENTS
dans la mystérieuse Samothrace, où elles s'adjoignaient du feu (michel.. Bibl. de l'Hum., Grèce, i) Oui, je vois ces défauts dont votre âme murmure. Comme vices unis à l'humaine nature
pelasgiqiie es Dodone. SLUX géni
;
—
(mol., Mis., 173). Il
faut donc,
ici
encore, se résigner.
aux nuances de sens qui séparent structions difîérentes
Mais
(1).
On
ne saurait donner trop d'attention
les constructions,
ailleurs
il
quand
il
y
a des con-
faut considérer l'état réel des
choses, et accepter de confondre ce que l'esprit et le langage confondent. Il
n'y a pas de pire métliode que de substituer des interprétations
arl^i-
traircs à la réalité (2). (Il Ex. Intéresser quelqu'un à une affaire, c'est faire qu'il y prenne de l'intérêt l'intéresser aux bénéfices c'est faire qu'il y touche des intérêts ou des dÎA-idendes on dit alors qu'on l'a intéressé dans l'affaire. (2) Ne pas donner à analyser Je ne conçois rien à votre douleur ; il n'entendait rien aux mathématiques ; j'adhère à la société ; il faut le temps d'adapter son esprit à ces nouvelles recherches ; cela correspond à des préoccupations bien légitimes ; cette note se rapporte au paragraphe précédent ; j'attache beaucoup d'importance à cet incident ; l'infirmière lui a posé des ventouses ; i7 y aura lieu de faira des observât ion'i à votre correspondant. :
;
;
—
—
:
—
—
—
— —
—
CHAPITRE
III
ÉLÉMENTS DE LANGAGE AUXQUELS SE RATTACHE L'OBJET SECONDAIRE
1° Noms. complément
— Avec certains nojns. nul doute
à l'Assistance publique
dévouement à l'enlèvement
n'est possible sur le rôle
—
;
un
legs
la chose publique
;
Hélène à son mari
On
dustrie cotonnière.
;
du
— abandon de biens — non Orphelins de guerre d'une charte à nation —
Défense à Dieu de faire miracle en
:
aux
ce lieu
:
la
;
l'octroi
— l'application de
la
ces
;
méthodes à
trouve des constructions plus hardies
:
l'in-
l'inutilité
des arts à l'état social (vign., Stell., 225).
20 Adjectifs.
dérer
comme
— Et — très
les
— Les adjectifs ont des compléments, qu'on
autres,
pour
être
souple à toutes les
méd.. XXXII)
;
—
30
au bon,
AovERBES.
aux méchants complaisants
—
terrible
Ils
(moi..
Mis.. 120)
ondulations d'une soirée oisive (lam..
bonne à
quelle invention
besoins de la vie a sigmdé faible, loyal
peut consi-
des compléments d'objet secondaire: utile à l'agriculture;
votre
au
nom
la profusion des arts ou
(vign.,
?
Stell..
traître (v. n.. Lég., P.
ont parfois
les
mêmes
R.
Tll)
:
C.al.).
40
(V. p. 377).
objets secondaires que les
:
Verbes objectifs et locutions verbales objectives.
verbes objectifs peuvent avoir, outre l'objet, un objet secondaire lui
a
commandé une
statue
:
—
le
libraire lui a
rendu son mcmuscrit
qui nous ravissent les biens par la violence...
aux
— DoUX aU
Pourquoi V Anglais émigre-t-il si aisément utilement pour l'Angleterre même? (michel, Am., Introd.. l(i).
adjectifs correspondants
;
Xowk
et
:
et si
— Les L'État — Ceux
:
qui nous ôtent l'honneur
par la calomnie, nous marquent assez leur haine pour nous ; mais ils ne nous prouvent pas égcdement qu'ils aient perdu à notre égard toute sorte d'estime (la br.. Car.. De l'homme, 78). Les verbes objectifs peuvent être rélléchis Sa mort vous laisse un fils :
à qui vous vous devez (rac, Phèd., 343) à leurs discours (Id., Brit., 1249).
;
—
Toute autre se seroit rendue
Quand
le verbe objectif a pour objet d'attribuer une manière d'être à un ou à une chose, on peut, à la suite du mot qui exprime cette manière d'être, construire un objet secondaire. Sur le type rendez ceci clair, on dit
être
:
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES COMPLÉMENTS
382
rendez-le clair aux enfants. Cf. rendre la vie
Qui rendez
le
à son entourage
difficile
au coupable (aug.. Av..
retour impossible
;
—
ni. 5).
—
Verbes subjectifs. Les verbes subjectifs peuvent, eux aussi, avoir complément d'objet secondaire. C'est là précisément une des caractéristiques de ce complément, et qui l'oppose à l'objet la barbe lui pousse tu sais la chance qui lui arrive un héritage lui est tombé du ciel ; une dernière consolation restait au malheureux la fortune lui souriait enfin Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent (rac, Phèd., 158) La première pensée qui me vint fut de me demander « Que ferai- fe à pré50
leur
;
:
—
;
;
—
:
—
—
— —
!
;
:
sent
—
(Muss., Conf. d'un enf.. l^e part., ch. 4) ? l'amour à l'un grandit Et par le temps empire, à l'autre refroidit (>iuss., Ed. Lem.. i. 72-73); un cep, depuis cinq ans planté dans un rocher. Tient encore asse: ferme à '
:
qui veut l'arracher (Id.. Ibid.,
i,
—
46).
Ces compléments se retrouvent tout aussi bien quand
forme impersonnelle
—
Il lui
:
Il
a poussé de la
De même avec
les
;
:
vient une idée
bcu-be
:
verbes qui
— rien ne m'est grand secours — fort
me
elle
—
il
;
—
Il lui est
lui coulait
verbe prend la
du front une sueur
siifnifienL être, paraître: cela
plus, plus ne m'est rien
me
le
arrivé des aventures
semble bien fatiguée
;
:
;
froide.
m'est un réconlui été d'un
— sa femme a — m'a paru à il
bout de
forces.
Cela ne \'eut pas dire que tous les verbes subjectifs se ]irêtent à cette construction.
accourut,
On ne peut pas, par exemple, construire comme on dit du .secours lui vint. 11 n'est
:
:
des rougeurs lui persistent,
peau.
connue on
dit
:
l"n jeune
homme
lui
pas dusatie de dire
:
des rougeurs lui restent sur la
CHAPITRE IV
NATURE ET FORMES DE L'OBJET SECONDAIRE
—
On interrog-e sur l'objet secondaire. On se sert généralement de formes précédées de à A qui, auquel de tes frères as-tu cédé ion fonds? A quoi travailles-tu ? Mais on se sert aussi de que. Que sert la colère où manque le pouvoir? (corn.. Sert.. 212). Que sert est devenu une formule. Impossible :
toutefois de dire
Que
:
appareil
sert ret
?
Que peut être l'objet secondaire ? — UN NOM OU UN NOMINAL i'dl écril uiw me répondre prochainement. 10
:
UN REPRÉSENTANT
2° écrite j'ai
s'est
elle
:
ma mère
à
PERSONNtci. OU coNJONCTiF
lire
fait
L'ol^jet secondaire peut être: lettre
celle
lettre
:
—
--
que
lettre
/(/
:
par une voisine
;
ma
elle doit
je lui
ai
mère à qui
écrit.
UN REPRÉSENTANT DÉ:\ioNSTRATiF. POSSESSIF,
3°
elc.
:
j'ai
écrit
à
ma
mère, mais pas à la tienne.
UN INDÉTERMINÉ
40
noms
Les
:
écrire à
quelqu'un;
nominaux sans
et
j'écris à qui
déclinaison.
— En
bon me semble
a. f., le
(1).
cas-objet ser-
vait fort souvent, sans raddition d'aucune préposition, à exprimer l'objet
secondaire
que
En
:
nom
le
f.
si
prêtez
fût
Deu
mercit (Roi..
m., l'objet secondaire
exemples sont anciens
Les nominaux pas eu lieu avec
1132).
les
:
nom
Dist a ses
est
l'es.sai
pour
à.
Les premiers
(Roi.. 79).
—
toi,
ou
même :
lui,
je lui
Spécialisation des représentants a eu lieu
du reste pour cela
toujours précédé de
humes
secondaire, elles en ont la fonction
de
fallait
et représentants déclinés. Ce changement n"a nominaux i)ersonncls, ni avec les représentants. Quoique
des formes telles que me.
(p. 182)
Il
un nom de personne.
ne soient pas spéciales à l'objet envoie
ma
lettre.
—
Nous avons traité y et lui. de spécialisation des conjonctifs. Une tentative analogue
les
:
représentants simples, mais
réduite aux
formes de
l'objet secondaire.
Y
est fort ancien
(1) Cf.
De
Phèd., S79)
;
dans
le
sens de lui
:
Guardet à
tere. veit le
glutun gésir,
son triomphe affreux je le verrai iouir. Et conter votre honle à qui voudra l'ouïr (rac, Dieu, A qui baise la terre obscure. Ouvre un ciel bleu (v. h., Léi/.. l'an 9 de Thég.).
—
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES COMPLÉMEXTS
384
Xe il
laisserai que n'i parolt, ço dil (Roi.. 1251)
—
n'aura plus de crime.
Qu'il
.s'y
— Qu'il
;
se
Madame,
donne.
el
donne à Mandane, ne m'en dise rien
(CORN., Suréna, 1142). Cf. p. 176.
XYIP
Los grammairiens du
en excluant lui quand
lui,
il
s.
ont essayé de faire
s'agissait de choses.
rebours, si j'avois à
me
fieroïs pas, conseille
Th. Corneille (vaug.,
De même pour
sauver, je ne
me
fierois
la
Au lieu pas à
part de y et celle de de ce cheval paroist :
lui. dites
:
je
m'y
ne
177).
i,
homme qui aime la phimais il s'y attache fort (bouh.. Rem.. 886). En langue classique, cette façon de parler était encore commune son chapeau avait pour elle (la perruque) un si gremd respect, qu'il n'osoit presque jamais luy toucher (fur., Rom. bourg., i, 13). Les distinctions proposées n'ont pas été complètement acceptées. Cependant il est certain qu'on ne dit point j'ai une maison à la campagne, je lui consacre beaucoup d'argent, on dirait mieux j'y consacre beaucoup d'argent. Cf. c'est une opinion génércde, je m'y range. Les personnels ne retrouvent place, que quand il y a vraiment une idée nette de personne la Vérité est une reine, on comprend qu'on lui ait élevé des temples. losophie
:
il
elle.
On
ne devait pas dire d'un
à
s'attache fort
elle,
:
:
:
:
Leur langue,
et y. il
—
Le
pluriel leur a aussi son
avait ajouté le sens de à eux, à
lur dirrai (Roi., 2913).
Comme
tendit à la garder partout
il
anui'ie,
on
XVII«
s.,
Dès
le
il
XVI^
au
R une
Vs survécut,
fois rétablie, :
leur
il
z'
a
la
:
jo
devint adjectif et prit Vs,
je leurs dis. Ainsi,
on entendait
de
clélnil
à celui de d'eux, d'elles
au sens de d'eux, :
disait, je leuz ai dit.
à la (>our, au
histoire.
elles,
s.,
même
et.
thxrot.
dit. (Cf.
s'élant
l'r
o. r., ii.
et 170).
.38
Pendant longtemps,
employés concurremment pour les défauts pour des perfections. Et
leur et y se sont
choses et les personnes
comptent
ils
:
savent y donner de favorables
noms
les
(mol.. Mis.. 713). Puis les règles n|)pli-
(|uées à lui l'ont été à leur.
Objet secondaire dans un possessif. dans un
))eut être
dû cf.
:
—
-
mon
meilleur
f)ossessif .sera
:
—
L'ol)jet secondaire
donnez lui son dû équivaut
poinct ne
me marier
(r.\b., Garg..
nom
d'un
à ce qui lui est
1.
m.
ch. xxviii.
ch. IX).
Concurrence des formes légères sonnels.
—
à rin)|)cratif,
1.
.\fkks le VKuui-;.
quand
il
et
— .Me
est élidé sur en
se
des formes lourdes des perrencontre encore ai)rès
ou sur y
:
donnez-m'en,
le
comme
verbe
menez-
m'y. Mais l'analogie tend à introduire là aussi la forme lourde, et, comme menez-nwi-z'y ; menez-moi y est impossible, le peuple fait une liaison :
donnez-moi-z'en. Les grammairiens ont réussi à préserver donnez-m'en de la
désuétude, mais non menez m'y.
r.\.cadèmie reconmiande dès
le
On entend souvent
XVIle
s.
menez-y moi.
(t.vllemant. Décisions.
1 12).
(pie
NATURE ET FORMES DE LOBJET SECONDAIRE Avant le verbe. — L'a.
385
employait à peu près indiffércminenl me devant le verbe (7 moy semble (joinv., 854 g). Sauf à la troisième personne, où lui ayant seul survécu, sert à la fois de forme lourde et de forme légère, c'est la forme légère qui a prévalu. Le changement était fait dès la lin du XV'' s. Mais le triomphe des formes légères n'avait pas résolu toutes les difTicultés, On ne disait plus moi mamler, le choix restait entre me mander et mander à moi. II.
et moi, te et toi
1'.
:
:
Formes légères
:
—
formes prépositionnelles.
et
servé à moi, d'abord dans un
Nous avons con-
certain ii(nnl)re d'expressions faites
moi échue. Quant aux formes personnelles du verbe,
une
:
succession à
il
est d'usage général de les
construire avec les personnels légers. Les grammairiens, dès
le délnit du que vous écrivez à moi ])our vous m'écrivez n'est pas français. Pascal a écrit cependant Qui m'y a mis. par l'ordre et la conduitte de qui ce lieu et ce temps a il été destiné à moy? (Pcns.. éd. ^ïo\.. i. 41) je n'entends pas que vous soumettiez votre créance à moy sans raison
XV Ile s., considèrent
:
:
:
;
(Ib.,
II,
278).
nous évitons des phrases de ce genre, il arrive pourtant les formes prépositionnelles je viens tout en liâte. et
Si
qu'on voie reparaître
moi-même, Dire
:
à
la cltose
toi, féal sujet
cède à moi qui suis juge (lu.. Lég., Welf,
y
Il
a lieu
—
de se souvenir
de
ici
que j'aime
(v. h.,
Hem.,
i,
.3)
;
—
ii).
réduction de divers conqjlémenls
la
spéciaux au rôle d'objets ou d'objets secondaires. Parler à quelqu'un, parlez
ontétélongtemps
à lui
neille écrivait
:
Mais
il
les seules est
formes usuelles (maip..
mon époux
et
tu parles
Gr.. l.'38-9).
El Cor-
à moi (Pol., 788). Puis vint
un temps où on prétendit distinguer des nuances de sens. Et enfin nh\ te, Il y a là matière à réflexions pour ceux qui voient dans causer à quelqu'un, analogi(}ue (hi précédent, um' faute contre la ])ureté de
lui prévalurent.
la
langue.
On prendra garde aux
difficultés qui se ]jrésentent
Penser, songer, courir ne causent point de doute; tion
:
je
songe à
courus à
elle, je
lui.
il
a\ec
certaiiis verijes.
faut partout la préposi-
Mais avec d'autres verbes,
reviens, dit {)ar
un soldat à
mot d'un maître à son tenant m'occuper de
Le verbe est ce
sa
élève
:
femme, n'a pas du tout je reviens
le
même
à VOUS, c'est-à-dire
:
deux
les
constructions sont possibles, elles donnent lieu à de fines nuances
je te
:
sens que
je vais
le
main-
nouveau de vous.
être.
—
—
Le type est Avec un nom comme attribut. me voir assez fortuné (moi... B. G., m. 19). communes en langue classique ce nous est une douce I.
:
m'est une gloire bien grande de
Ces phrases sont très
:
rente
que ce Monsieur Jourdain (Id., Ib.,
(Id.,
Mis., 110)
:
— l'honneur de
le
i,
1);
—
ce
m'est un fort bon signe
louer m'est un trop digne pri.i (boil..
Sut, IX, 314).
Toutefois l'emploi des formes légères a été contesté dès BRCXOT
le
XVIP
s.
25
Il
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES COMPLÉMENTS
386
ce m'est une grande gloire, mais c'est pour moi une grande ou il m'est bien glorieux... de façon à éviter ce m'est (caillières, Bon etmauv. usage, 200). L'usage avait changé depuis Molière, qui écrivait Croyez-vous... que ce nous soit une gloire d'être sorti d'un sang noble lorsque nous vivons en infâmes ? {D. J., iv, 4). En f. m. on dit fort bien elle m'était le poème vivant de la nature et de moi-même (lamart., Raph., ch. xxxii) Oh ! qu'une douce mort te soit ta récompense (Id.. Joe, 21 juil. 1800).
ne faut pas dire
gloire,
:
:
:
:
:
:
2°
—
— Type
Avec rx adjectif comme attribut.
—
//
:
—
lui était secourable
:
vous est bon ; cette opinion lui est personnelle. La forme légère s'emploie ainsi très couramment au XVIle s. Puisque je suis mortel, il ne m'es/ point nouveau (racan. i, 100) comme je viens de vous le dire, cela m'est fort honorable (bussy-rab., Co r.. Lett. cela
:
—
;
MCCLXVIIl).
Ces constructions sont loin d'avoir disparu. Les textes littéraires en présentent en abondance, que la langue parlée n'emploie pas en son universalité étoit belle à
ma
mon cœur! (senanc,
i. s.
si
a
Rêveries,
mélodieux (lam., Joc, 25 été contradictoire
que
le remède soit efficace : eh (FLAUBERT, Lct. à G. Soud. .3
(ste
tout
—
;
—
que
beuve, Port, cas il m'aura
juillet
187^)
qui lui était inné (bourg., A. Corn., 31)
;
;
—
:
que
cette
nature
de l'homme misérable à
et la vie
mod.. 1G);
t.
1794)
juil.
à tous deux
pensée,
le
timbre de sa voix m'est résultat de la vie
le
cont., été
— avec
i,
153)
;
—
mortellement ennuyeux goût délicat
le
et subtil
la vir lui était belle, son
(rosny, G. du feu. 18). verbe être, au lieu d'un adjectif,
vous
je doute
sang
coulait bien rouge
Derrière
le
but ou un complémentquelconque
:
Ce
livre
se lrou\er
iieut
il
m'a
été
L'objet secondaire et les formes des conjonctifs. conjonctif qui avait en
nun
(Roi.. 1279).
Dans
a.
f.
son objet second
la suite, le sens
:
cui
un
attri-
d'un grand secours. Qui.
—
Le
qui qu'en peist (1) o qui
:
de la déclinaison
se troubla, puis fut
que nous l'avons montré mais jamais qui ne retrouva sa valeur de à qui. Il dut se faire accompagner de la préposition. 11 reste dans la langue actuelle sous forme prépositionnelle. On dit à qui... pour qui... La personne à qui j'ai remis le paquet. Nous avons au contraire une forme spéciale d'objet secondaire dans auquel : le résultat auquel il aspire C'est un moyen auquel // est étonnant qu'on n'ait pas songé (2). rétabli par l'analogie de
il.
ainsi
;
:
OÙ
— SA
VOGUE ET
—
SA DÉCADEXCE.
— OÙ
a très souveut servi d'objet
secondaire. Le développement de ce conjonctif depuis extraordinaire.
On
le
le
XV L'
s.
avait été
trouvait non seulement avec son sens propre (dan
1 ) CI. Il rue Qiiincampoix (qui qu'en poisl. à qui qu'il en pèse). (2) N'ous avons vu, en parlant des conjonctifs. que souvent le peuple sul)stiUic au conjonctif l'objel secondaire personnel : la femme qu'on lui n dil cela, pour In femme à qui o/i o dil cela. <
:
NATURE ET FORMES DE L'OBJET SECONDAIRE lequel),
mais avec
les
emplois
les
plus variés
jectz (He.pt.. Ht, 92, éd. Ler. de Lincy)
XVIIle nice
:
s., il
il
eût
y eut une
Un bonheur OÙ
;
—
El
les
ils
voilà le seul point
387
sont sub-
;
il
où
Rome
tansa sa
réaction. D'Olivet n'acceptait plus le vers de Béré-
peut-être
L'objet secondaire ment de peu d'usage.
et Il
il
n'ose plus penser
fait difficilement
!
l'indéterminé autrui. signifie proprement à
autrefois ce qui appartenait à autrui, son bien.
dont on
misères où
femme de ne l'avoir pas averti pu trouver quelque remède (d'abl., Apopht., 17). Au
s'intéresse (corn., Nicom., 323)
d'un défaut où
—
:
un
précéder de la préposition à
sujet, mais, :
comme
—
Le mot est relative-
autrui.
L' autrui c'était
Autrui est resté un mot objet secondaire,
livrer ses secrets à autrui.
il
se fait
CHAPITRE V L'OBJET ET L'OBJET SECONDAIRE EN PRÉSENCE
—
Leur place respective. précède
se jo
:
en
lobjet
premier
en a été ainsi jusqu'au
XVIle s..
général, Il
de trouver réunis devant
est toutefois rare
Il
En
ne l'vus cumant (Roi., 273).
a.
f..
verbe deux représentants
le
de forme légère, l'un en qualité d'objet premier, l'autre d'objet secondaire qu'il me te daigne est exceptionnel.
En sonne il
m., cette réunion ne se produit plus jamais qu'à la troisième per-
f.
:
:
;7
le lui
me te donne
est
impossible
(cf.
on
se l'arrache !)
On
ne dit plus que
:
donne.
Lorsqu'un verbe
d'un objet-action à
est suivi
rencontres qui embarrassent
la
l'infinitif,
langue, et produisent
il
même
se produit des
des étrangetés
:
ne vous lui vois faire fort bon visage (mot,., Sgan.. fil) est une phrase si je ne vous vois lui faire aujourd'hui impossible. Nous disons en f. m. Si
je
:
même
bon visage. De t'a fait
me
pour
:
me
.s'/7
te
fil
parler.
Nous disons
:
c'est ce
qni
parler.
Objet non exprimé devant l'objet secondaire.
— Quand
il
dc\rail y
le. lui, en a. f. le est sacrifié à lui avoir deux personnels compléments Armes demande Guillelmcs Fierebrace. L'en li aparté (Cor. Lo., 405). En :
:
m.
f.
de
même
respondirent... que si doulcement ne leur bailloit, Hz luy
:
tolliroient (C. Nouv.,
ii,
215).
Oudin considère
une phrase» presque vicieuse» la règle
moderne
:
Il
:
je les lui
donnerai
(1645, 107). C'est Vaugelas
(i,
comme
95) qui i)osa
faut que je la luy face voir.
L'ellipse, favorisée
en certains cas par
la
phonétique, se rencontre soit
devant des temps personnels, soit de\anl des infinitifs prépositionnels le pape envoya le formulaire tel qu'on luy demandoit (hac. P.-/?.. iv, 567) Prenez une page sur moi pour lui donner (sév., Let.. dcccxl). Malgré Vie des Saints, on lui a donnée il a demandé la l'ellipse, l'accord se fait :
;
—
:
(Ead., Ib., DCCLXxvii).
Remarques non publiées, Vaugelas hésitait à denuuider le neutre Ce le pouvait encore être omis en plein XYIII^ s. Je ne suis point ingrate, et je lui rendrai bien (gresskt. Le Mcch., i. 2).
Dans
le
:
ses
je le lui ai dit (ii, 425).
Choix entre objet action. laisser,
—
secondaire devant un infinitif d 'objetenvoijer, voir, entendre, faire, tels que une action exprimée par un infinitif, la concur-
et objet
Derrière des
quand
:
l'objet est
verbes
:
rence entre objet premier et objet secondaire a été grande et dure encore.
EX PRESENCE
L'OBJET ET L'OBJET SECONDAIEE
On
également
dit
entendu chanter ça plusieurs
je l'ai
:
entendu chanter ça plusieurs
fuis. Cf.
il
fois,
et
38ît
lui ai
je
:
lui laisse faire ses fantaisies, et
//
:
la
laisse faire ses fantaisies.
commune
voit un passif dans certains infinitifs et un compléterme construit avec à. Cela a une apparence logique, mais n'en est pas moins faux. Faire endosser une traite à quelqu'un, ne signifie pas proprement faire qu'une traite soit endossée par quelqu'un. 11 semble qu'on ait construit originairement a mil en veïssiez plorer {Troie,
L'analyse
ment d'agent dans
le
:
:
comme comme je
26344), dre)
un verbe
titué
ferai paor.
que
objectif tel
et
Quand au verbe je
:
li
:
je
li
ferai criembre (crain-
subjectif pleurer s'est subs-
ferai criembre chastoiement, le tour était
(1). l'a.
cet usage de l'objet secondaire se répandit et devint tout à
f.,
Au XVIP s.. Oudin discuta la phrase: je vous feraij tancera l., m, 642). Cette façon d'écrire s'est restreinte en elïct depuis
courant.
Madame lors,
li
:
formé Dès fait
a mil en veissiez des pleurs,
:
(h.
malgré
De
nelle
exemples classiques
les
l'cwoir fait
Laissez-lui croire ce
Ne me préparez
:
point la douleur
éter-
—
répandre à la main paternelle (rac, Phèd., 1173) qu'elle voudra (moi.., D. Juan, ii, 4) un domestique ;
;
—
qui vole l'argent que sou maître lui envoie porter (la br.. Car..
De quelques
us.. 60).
Ce n'est guère qu'a\'ec faire faire
501)
aux dieux ;
A
~-
;
-
me
je
—
Ça
:
—
la cluuison
ma femme
voir ce portrait à !
:
quel affreux dessein vous laissez-vous tenter? (Id., Phèd.. 195).
Nous disons de même d'idées
qu'on continue à en user Laissez conduire à cet aimable guide (rac. Iphiy.,
cl laisser
laissai
;
—
lui fait toujours
si
que
je
lui ai fait
passer quelques moments
difficiles.
rencontre parfois celte construction avec d'autres verbes, entendre
:
Un homme
verrai pas fouler
Avec
les
à qui
j
'ai
aux pieds tous
personnels me,
te,
—
chanter;
je ferai
vous pouviez seulement lui faire changer
parfois entendu parler de vous les droits
tels ;
—
—
On
que voir, Je ne lui
sans protester.
nous, vous, qui ont des formes semblables à
premier et à l'objet secondaire, c'est une différence dans l'ordre des mots qui signale la construction choisie. Comparez: jevousVai laissé ctccuser (objet secondaire) à je vous ai laissé l'accuser (objet premier). Seulement
l'objet
:
deux pronoms devant l'auxiseconde personnes ne s'accommodent pas de cette place, et qu'on ne peut pas dire le hasard qui me VOUS a fait rencontrer ou qui VOUS m'a fait rencontrer. Dès lors on se trouve obligé d'écrire qui
il
n'est pas toujours possible de joindre les
liaire,
puisque
les
première
et
:
:
:
—
VOUS rencontrer ; l'accent de sincérité qui m'a fait VOUS croire. Il y a peu de Français qui sauraient dire quel est là le rôle de 777t'. s'il est objet premier ou second (2).
m'a
fait
(1) V. TOBi F.R, Mél., 254. (2) Des écrivains de l'Académie -- s'y embrouillent, et appliquent à la 3* pers. cette syntaxe que la nécessité impose aux deux premières. Eourget écrira La fièvre des sens le faisait la reprendre pour la quitter ensuite (Crime d'amour, 192). L'auteur n'a pas osé dire la lui faisait reprendre, parce qu'il était embarrassé par la suite pour In quitter ensuite.
—
:
:
:
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES COMPLEMENTS
390
Ce n'est pas laissé faire les
qu'un ce soin
qu'il n'y ait parfois de fines différences de sens Je lui ai démarches se dira pour marquer qu'on a abandonné à quel-
;
:
je
Vai
laissé...
pour marquer qu'on ne
s'est
pas opposé à
son acte. Ici
encore on ne peut qu'admirer l'instinct linguistique qui, malgré une
construction identique, attribue deux sens
profondément différents à un vêtement à mon fils. Dans le premier cas, en effet c'est le tailleur qui fait l'action exprimée par l'infinitif; dans le second l'auteur de l'action est inconnu, les mots
j'ai fait faire
mon
fils
un vêlement à
mon
tailleur, et
:
si
:
j'ai fait faire
désignent celui qui est l'objet de l'action
(1).
1 ) Avec faire savoir la composition est poussée si loin, que la seconde interprétation est seule possible, fairn savoir est un verbe composé factitif qui a le sens d'annoncer : faites lui savoir (
la nouvelle^
—
CHAPITRE
VI
SENS ET VALEUR DE L'OBJET SECONDAIRE
Après ce que nous avons dit de la
difliculté
de distinguer les coraplémenls
d'objet secondaire des antres compléments, on ne s'attend pas à ce que nous
essayions de donner
ici
une
entre l'objet secondaire et le
de l'objet et suivant
le
compléments d'objet pour l'objet, le rapport
classification générale des
secondaire, en nous fondant sur leur sens.
Comme
mot auquel il est rattaché varie suivant le sens mot complété. Les nuances sont infinies.
sens du
Est-il sûr qu'on puisse mettre dans une même catégorie ouvrir la frontière aux importations allemandes et ouvrir à ses auditeurs de. vastes horizons ? L'analogie a fait son œuvre ici comme ailleurs. Elle a étendu de proche en proche une seule et même construction. Après ce développement, elle ne s'emploie plus et ne s'analyse plus de la même manière. Comparez enlever une dent à une dame et lui remettre une dent. Malgré tout, comme pour l'objet, on peut faire des catégories, à condition de ne pas les clore de façon trop rigide. En voici. Prennent un objet :
:
:
:
secondaire
:
Donner et les verbes de signification analogue, qu'on pourrait appeler verbes d'attribution abandonner, attribuer, céder, procurer, remettre, livrer, assurer, affecter, distribuer, ajouter, causer, proposer : On attribue tous ces décès à la grippe le patron abandonne à son personnel 1"
:
une part des bénéfices;
—
;
—
— — —
a laissé beaucoup d'argent à ses héritiers un pense offrir un compromis à ses créanciers ; on me /'a présenté ; cuni m'a proposé une situation ; // faut lui consentir des avantages : - on ne lui prête plus je suis disposé à accorder un congé à cet employé //
—
rien
:
—
On
;
je
ne voudrais pas lui confier mes intérêts
monde
tout le
.'7
;
—
;
— un jugement
lui
peut rapprocher des précédents
ou au contraire reprocher
!
—
//
doit à
a rendu, restitué ses droits les
Dieu
et
à
(1).
verbes qui signifient pardonner
pardonne-nous nos offenses. Voici quelques exemples Et donnez au procès une part de vos soms (mol.. Mis., 184) qu'a-t-il fait. Qui ne promette à Rome un empereur parfait ? (rac.. Brit., 25) Poète, prends ton luth et me donne un baiser (muss.. Nuit de mai) quelques titres nouvecuix que Rome lui défère (kac, Brit., 79) un homme s'est vous m'avez de César confié la jeunesse (M., Ib.. 175); :
:
;
— — — :
;
;
avec
(1) Cf.
Verbales
:
les
noms
:
—
une i-emise aux déUtiltanls
faire remise des fonds
auv
héritiers.
;
un don à V Académie
et
avec
les locutions
COMPLÉMENTS
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES
392
rencontré... qui np laissait rien
—
à la fortune de
quil pouvait
ce
lui ôter (boss.,
quoi ? vous à qui Néron doit le jour qu'il respire (rac, H. de France) El rendra l'espércmeeau fils de l'étrangère (Id., Phèd., 202); Brit., 15): ces le chant a été de tout temps affecté aux bergers (MOI... B. G.. I. 2) ;
—
—
:
—
douces n^èrrs qui. débarrassées de leurs enfants, se livrent gaiement aux amuse-
ments de
cependcmt quel traitement l'en/emt dans son
ta ville, savent-elles
maillot reçoit au village ? (rouss., ce
qu'on bénit
Ém..
i)
(v. h.. Chat.. Ult. verb.)
!
mon
à ce qui m'aime, Sur
—
:
—
;
me trompe moi-même
isolenicnt je
à tout
je jetterai l'opprobre
Et répandant ainsi
mon âme
(i.am.,
Joc,
9 nov. 1800).
A Il
cette catégorie tipparticuiicnl les verbes qui signifient garder, chcmger
faut conserver sa physiononne à
famille votre bienveillance
à l'ancien
;
—
:
~- on a
un monument
été
;
—
:
continuez à cette
obligé de substituer un nouveau projet
chaque instant on change quelque chose aux règlements.
et
Verbes coxrRAinKs
soustraire, retrancher, rinjtrunter. prendre,
retirer,
:
—
ils lui ont enlevé le fruil de sa emporté - les Allemands vicloire la société a emprunté de l'argent à la Banque épargnez-moi vos consolaont arraché des jeunes filles à leur famille tions ; je lui ai évité une démarche pénible ; -- César pour quelque temps pourquoi voulez-vous ôter à s'est soustraite nos yeux (kac, Bril.. 131) ces petits innocents la jouissance d'un temps si court qui leur échappe ? (rous-
ôter
m'ont
ils
:
tout pris, tout
—
:
;
;
—
;
SEAL'. Emile.
II)
— Quelques sapins, que
;
la résine... ((iAii.,
2" Vi:p.bi;s yLi
:
espoir
Que me :
-
\'i;i;i'.:;s
lait
i.
dire,
si(i.Nii--ii;xr
montrer
dis-/i/
léi
?
— on m'a signalé
se produire à des sotsf.Moi...
contraires:
mande un nwuvement éi
Vichy
li.
cette
(uuioncer. révéler, découvrir,
:
ce
danger
(i.. i.
— on
lui a
//
leur criait son
1 ).
déguiser
il
:
recommandé
cette
:
:
je
— ordonner à
maison
:
je
VOUS comun malade
VOUS souhaite
bonjour.
De même
pernjettre, passer, tolérer
médecin m'a permis un œuf à
la
coque
naissante... /î'impose j^lus d'égards ^'I•;p.BES
CONTRAIRES
:
tout espoir d'avancement.
vou-
ordonner, enjoindre, contraindre,
:
recommander, souhaiter
vous en faites un autre
et
enseigner, avouer,
—
:
scène pénible.
sigmeiknt commander
30 Verbi:s qui
une cure
:
taire, cacher, dissinuiler, dérober,
dérober à la vue de la mère
obliger, conseiller, persuader, suggérer,
le
l'entaille destinée à leur SOUtirer
lOô).
indiquer, conter, raconter, exposer, démontrer,
signaler, crier
Erac.
;
— ^
:
:
on
—
lui
passe
le sj)cctacle
.sv-.s-
inc(U-lades
aux étrangers (Hoiss.. Ém.,
défendre, interdire
:
les
:
—
le
touchant d'une famille I).
règlements leur interdisent
SENS ET VALEUR DE L'OBJET SECONDAIRE Objet secondaire
complément d'appartenance.
et
d'objet secondaire désigne sou\ ent
la
personne ou
393
— Le coiiipltinenl
chose à laquelle on
la
reconnaît une possession. Nous a^ons parlé déjà des rapports d'apparte-
nance
un ami à moi,
:
à moi
elle esl
;
(RAC, Phèd.. 182). C'est pour cela
me marque
à
la tête
//
qui est
le
:
la
cjue l'article le
visage dont
au voisin
c'est la fille
rapport tout semblable qu'on retrouve dans
un
C'est
(]).
couvre
accompagne
est question. Cf.
il
me
rougeur
visage
le
nom-objet
le
;
on lui versa l'eau sur
— — nmu cadet porte sur referma talons cassé — qu as-tu à gratter — torturer — jambe me carton main enleva des mains mal — poitrine démange — son mnfle énorme retombait sur :
un bras
la
lui
les
le
l'esprit ?
te
fait
lui
il
la
;
lui
(flai'p..,
la
lui
;
Sal.,
cï
la
:
s'est
:
l'oreille cl
te
:
38).
Par une extension de génie
—
:
D.
où. chez
a
cjui. se
d'autres verljes.
trouve l'objet
on lui voit partout des traces de brûlures
grcuides relations (2) (?.ioL..
construction
la
marque
d'objet secondaire
J.,
I,
3)
—
:
:
complément
le
trouve du
je lui
on lui suppose de
— J'ai de VOUS voir confusion que — mon empressement... soin que j'iwais eu pitié
;
la
cwez
i-'ous
le
:
me
de
défaire de lui en l'éloignant, lui firent naître quelques soupçons (abb. prév.,
Manon
Lesc, 31).
—
Objet secondaire et complément d'intérêt. Le complément d'inexprime la personne, la chose qui recueille un avantage ou éprou\ e
térêt
un dommage, une montre le
préfet
;
physique,
soit
—
m'a obtenu
Comparez
:
soit
moral, de l'action
leurs parents leur ont loué une villa un/' autorisation d'
import (dion.
chercher un appitrtement à un ami
—
;
:
Maman m'a
au bord de
—
aplanir
la
acheté
nur
—
:
les difficultés
—
m'aura un patron dans une maison du bouh'vard Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques. Où vos voi.v si souvent se mêlcmt à njes })leurs De la triste Sion célèbrent les malheurs (rac, Esth., je t'aurais voulu de l'acajou (gonc, Germ. Lac, ch. xviii). 129j Toutes sortes de verbes prennent ce complément d'intérêt: Oh ! réjouissezaux commençants
;
//
:
—
;
vous, les vrais jours vont m'éclore (lam., vait (la cour),
il
lui
Les prépositions, quand
—
A.
d'ici-bcts
1801).
Pour.
A
qui
Joc. 21
juillet
contenait Peu-is (michel.. Rév..
boit
à
n'a qu'cunertume
— Le temps
agit
il
sa
>'
en
soif
Aux
i.
1800)
;
—
il
la ser-
—
L'eau
367).
a.
sont avant tout à et pour.
la
source vaut un fleuve
(3)
;
lèvres qui burent l'amour (lam.. Joc. 16
pour nous
— M"^ X.
;
a plaidé pour l'accusé
mai
;
—
Voir à la Détermination, p. 149. découvre tous Ips jours en lui de nouueaux mérites, et je lui découvre... A mes ijenx, venu du sens de d ma une. sous mes (/e;(.r, finit par aboutir :i n'être presque dans certains cas qu'un complément d'intérêt la dissimulalion jette dans l'amour un élément Cf. Cette prétenétranger qui le dénature et le flétrit à ses propres yeux (b. const., .4(/., ch. v) ; (1)
(2) Cf. /e
:
(3)
—
:
tion...
A
des yeux de seixe ans, pcul embellir un
homme
(ém.
.vvf...
Av..
\\\. :\).
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES
394 c'est
pour votre bien
Rome Il
(1)
;
—
/>
COMPLEMENTS
ne suis point pour Albe,
et
ne suis plus pour
(corn., Hor., 88).
y a eu des caprices de langue
concurrence
— Mon
Afin
:
mon
cœur,
Complément
qu'à,
:
mon amour
Taxile s'intéresse (rac. Alex.. 954)
lâche cœju- s'intéresse
d'intérêt atténué.
pour ont été en
intéressé à et intéressé
—
pour
Il
Andr.. 1404)
lui (Id..
;
(2».
arrive souvent qu'on ajoute
un
objet secondaire sous forme de personnel, non point pour marquer que l'action
va porter vraiment sur
pour
signifier qu'elle ^'j intéresse
la
personne ainsi représentée, mais simplement
en quelque façon, pour appeler son attenmêler plus ou moins vaguement à la chose énoncée Vous allez me prendre ce chien et le mettre dehors. Ce n'est pas à la personne qui parle ainsi qu'on prendra le chien, on indique seulement que sa volonté est qu'on le tion, la
:
prenne. Cf. Rcmge-moi
tes
cahiers immédiatement.
L'emploi de ce tour était très étendu autrefois les
pieds (mol., Av., v,
fréquenmient Caprice,
:
Allez
2). Il s'est restreint
me faire
un tour de
;
:
qu'on
me
néanmoins on
lui fasse griller
le
trouve encore
à onze heures (miss.,
valse, et revenez
3).
Le personnel de la 2® personne pourra, de la même façon, marquer l'intérêt que prend au récit non plus celui qui parle, mais celui qui écoute Ce maudit gamin m'avait fait un pied de nez : je cours après lui. je te l'attrape, :
je te le gifle
Mais sonnels
il :
d'importance.
serait parfois
extrêmement
Humann,
Corbière.
difficile
Casimir
d'analyser
Périer
!
cela
le rôle
VOUS
de ces per-
est
ministre
m). Vous est là pour marquer un sentiment. On entend fréquemment dire dans la langue jjopulaire Noire homme
(V. H.,
Mis., Marins,
ii,
:
saisit la corde qui
céda pas.
Il
pendait hors de la fenêtre,
semble que, dans
le désir
et je te tire
!
mais
narrateur se substitue à l'auteur de l'action, et fasse le geste nous présenter; il ajoute te pour intéresser celui qui l'écoute.
le
On comprend de
la sorte
la corde
ne
de rendre son tableau plus évocateur,
comment on
qu'il voulait
en arrive à trouver vous,
là où. s'il
on attendrait bien plutôt nous: ces pauvres auteurs siffles qui ont toujours un manuscrit dans leur poche... et qui VOUS tirent cela pour VOUS en assommer dès que vous êtes seule un quart d'heure avec eux (muss., // faut qu'une porte...). s'agissait d'un rap])ort précis,
(1> Peuple béni... imus pour qui toiUes les chaires retenlisscnl il'dverlisseincnts salutaires, pour qui coulent toutes les grâces dans les sacrements... pour qui Jàsus-Christ est mort (boss.. Effets de Résur. de J.-C, .3* p.). On rapprochera l'emploi de poi r dans des phrases comme celles-ci Tous les jours se leooient clairs et sereins pour eux (rac, l'hèd., 1240). .Mais le sens de en leur faveur y est beaucoup moins net. la
:
(2) De même ;ivcc convenable : On s'entretenait de quelques réflexions qu'on avait faites d'après de saintes lectures, ou bien d'un sermon du jour ou de la veille, dont elles trouvaient le sujet admirablement convenable pour ynonsirur ou pour madame une telle (maiuvaix. I.e paijsnn parvenu
K*
partie, fin).
SENS ET VALEUR DE L'OBJET SECONDAIRE En langue
classique,
l'un de l'autre entre,
:
Vous me
Dont
on rencontrait fréquemment me
la
aujourd'hui, dans la langue familière, on dit
coupé
XX)
la margouleitc en quatre
:
pour commencer
Moi, (v.
vi,
1.
je te
h..
ii,
ame
là
158).
vous
dedans
Encore
lui aurais
Mis., Marins,
viii,
(1).
(1)
quer
et vous à la suite
méchante, à chaque fois Que quelque
la frotte dos et ventre (se AUFi., Virg.,
395
:
On comparera aux
personnels ainsi employés se dans certains pronomintiux coninic Je m'attaque carrément au prohlimc.
Je vous V attaque carrément et
:
s'
CH APHTE VU OBSERVATIONS DIVERSES SUR L'OBJET SECOND A IRF Reprise de l'objet secondaire. fut accordé
cl
—
Une phrase comme
ce
:
qui leur
à son frère, écrite par Yaugelas, choquait l'Académie, qui pré-
et à son frère (alem., Xouv. Obs.. 300 cf. bouh., D., 133). que nous écrivons toujours. Quand l'objet secondaire est repris, c'est invariablement sous la forme lourde je i'"'U-v te le dire, à toi. Et vous me le traitez, à moi, d' indifférent !
férait
à lui
:
;
C'est ainsi
:
(mol.. Mis., 2 toi
Quand
1).
on confierait
il
esl délaciié
en tête de
la
phrase, de
même
:
Mise en lumière de mis en lumière par
l'objet secondaire.
les jjrocédés
ordinaires
:
— A
I^'objct secondaire peut être
VOUS,
nution, mais moi, j'ai des chances d'en obtenir une
—
;
il
ne fera aucune dimi-
— C'est à
la
République
Si c'eût été à lui que Thérèse que nous devons la liberté d'association ; fût adressée... il aurait fait une réponse quelconque (a. s.vnd, Elle et eh.
pareil cas,
il
arrivait
pas d'exprimer une seule à qui
se /..
23).
II,
En
A
toul.
je
souvent que
fois le
rapport.
veux parler (boil., Sa/., ix, 1)
(\) \. à la Rcpréscntalion, p.
182
la
langue classique ne se conlenlait
On
(1).
disait
:
C'est à vous,
mon
Esprit.
CHAPITRE
VIII
(1)
COMPLÉMENTS DE PROPOS Nature de ces compléments. l'objet, c'est le
— Un des compléments
complément de propos,
quel sujet, à quel propos, sur quoi, de quoi
du
colis
perdu
;
—
a en
7/
même temps
de
les plus \ oisins
répond à la question: Sur a fait une réclamation au sujet
celui qui :
Il
parlé de
à
cette affaire
M.
X..
le
chef
de Service.
Propos et objet. ment est devenu, en n'est
-
—
Si
on veut
rendre compte combien ce complé-
se
un complément
certains cas, semblable à
d'objet,
que de suivre l'évolution du verbe souvenir. Anciennement
il
me
(il)
(1) On chorclicrn peul-élr- ici un taljlcau r.écapituIaUf des princ'paux coinplémeiils. Il serait tout à fait contraire à cette méthode de le dresser, et de réunir les ctmpléments multiples du nom ou du ^erbe, sous prétexte qu'ils ont tous en commun ce même iô!e de compléments. Ce qui nous importe, c'est la peofée, c'est tle dont nous cherchons les expressions. Nous avons donc dispersé dans les chapUrts afférents tous les compléments de ciuse. de ccmparaison, etc., etc.. Nous ne reterons ici que ceux qui > ont leur place marquée par la méthode même, parce qu'ils s( nt des compléments de l'action. Mais pour la commodité vo'c! une table générale :
Voir d'
Compléments
La
déterniir. ition
IV.
(liv.
ch. VI).
appartenance,
—
parîitir.
La
quantité (liv.
et X).
de mesure, d'
origine,
de matièie. d'
La
instiumcnl.
de p ix. de maniéie, foime, aspect, de limitation de l'idée,
L'action, liv. vu, ch. vi).
Le
subjectif.
objectif.
le
[
lieu, et
de mouvement dans le
de temps et
I
i
d'
mouvement dans
de retranchement.
I
j
I
J
de
\
^
f i
ii).
ii,
Les
circonstances
sect. 11, ch. ch. V). Leit
(liv.
xt,
et sect. ui
non logiques
rapports
(liv.
I,
x, ii.
XVIII,
ch.
I.
II,
Les rapports temporels I,
ch.
Il,
IV). (liv.
VI, IX).
I
I
Les comparaisons (liv. xviii, sect.
II,
ch.
i,
iv,v,vi, X).
|
infériorité.
(
;
\
tion.
/
I
opposition.
vin,
ch.
XIX, sect.
de cause, motif. de conséqi pi^ce. de but, progr..mme. d' hypothèse et de cond d'
sufel (liv.
L'objet (liv. ix, sect. ch. II). L'objet secondaire (liv. ch. II). L'objet (liv. IX, sect. ch. V).
f
égalité.
'
,
l
I
antériorité. postériorité.
de ressemblance et de confoimité. de supériorité. d'
temps,
\
de simultanéité. d'
lieu.
le
accempagnement ou do séparation,
(
l
caractérisation (liv. xiir
\
Les Les Les Les Les
causes (1 v. xx). conséquences (]W. xxi). buts (liv. xxii). hypothèses (liv. xxiv). oppositions (li\ xxiii). .
L'OBJET SECONDAIRE ET LES AUTRES
398
soiwienl de
ma
ma jeunesse
D'où on passe à
jeunesse.
nesse apparaît
verbe
le
si
je
:
me
souviens
comme un complément
bien
se rappeler
:
celle
pas
—
;
mon
de
Nouv
de sa jeunesse.
appétit (rouss., Conj.,i, iv)
Lundis,
.
bilité de
v,
quelqu'un
278); (cf.
—
;
— Rire
:
aimer Molière... C'est ne
commune humanité dont on
cette
Douter
:
—
:
—
Il le félicita
est. .sa
par un autre côté,
solitude signifie
en raison de sa solitude. Cf.
:
beuve,
de la culpa-
m'offenserait).
Propos et cause. Le complément de propos du complément de cause elle souffrait de
sujet de sa solitude, mais aussi
rit {s^'^
douter de l'affection,
un doute à ce sujet
voisin
sagesse;
rappeler
se
:
les
mépriser trop, pourtant,
la
direct
tend à prendre un complément
il
compléments des verbes comme juger : Juge: de ma surCe paysan qui m'examinoit jugea de la vérité de mon histoire par
Coniparez prise
d'objet que l'analogie entraîne
un complément d'objet
se rappeler, qui, lui, a
sa jeunesse. Sous l'influence de se souvenir, indirect
COMPLÉMENTS
me vient à l'esprit 3iU sujet de de ma jeunesse. Là de ma jeu-
signifie: quelque chose
—
d'avoir résisté à la tentation.
Les
:
au
loua de sa
il le
Baillard
trois
remercièrent... la Vierge de la profusion des grâces qu' ih avaient trouvées... et
de les avoir choisis pour
les
être...
apôtres du règne de l'Esprit (barrés,
Coll. insp.. v).
—
Structure de ces compléments. Ces compléments sont attachés à un verlK' ixtrler de la France traiter de l'art au temps de la Renaù';sance ou à un nom Traité d'algèbre une ri.vc à propos de polinotre o})inion au sujet de la guerre m'étonne. Souvent le complétique mcul torme à lui seul un titre des pronoms des passions. :
:
;
—
;
— —
:
;
:
Les ligatures. lur remcmbret
botanique de
;
des
e
— décider du succès
En
ce cas,
si
ce
dont
/"(//
nous
— Ce
parler d'autre chose
il
avoit
beaucoup
;
Dune
:
traite
livre
de
— On racontait
d'esprit,
.soit
qu'on dise
de lui (rac, Brit, 2^ préf.).
doit être représenté, on se sert de en et des
Le mariage?
il
en
est
question
:
— une
affaire
— Discours sur — — parler SUF Évansur — La jalousie l'émulation s'cvercent sur même qui bien ou mérite des autres (la br.. Car., De l'homme, 85) — Dieu à chacun de nos pas, Sur que nous sommes sur — Une enquête sang Cont.. Aur.. sur
du jour
est le
;
honte.
Sur. gile
:
820)
—
fait croire cela
complément
conjonctifs dont, duquel, etc.
;
—
:
ou que ses malheurs aient
—
préposition la plus usuelle esl de
des honurs {Rot..
lui des choses merveilleuses
vrai,
;
— De. — La fleus
—
le sti/le
hésiter
:
le choi.r;
et
:
l'
objet,
le
le
;
ce qu'il es/ et
éclaire,
(v. u.,
I,
i)
solennelle était faite
;
(MICHEL., Bibl. de l'hum., Grèce,
On comparera
ce
i,
le
l'emploi de sur et de à dans diverses loculions
une conversation. SUT une
difficulté.
versé
141). :
réfléchir à
COMPLEMENTS DE PROPOS A
—
l'endroit de.
ma
montrée à l'endroit de
un peu démodé
est
Il
399
L'inquiétude qu'elle m'avait...
:
sécurité (bourg.. Corn.. 105). (Cf. à
mon
endroit).
TOUCHANT, CONCERNANT. A PROPOS DE. QUANT A. RELATIVEMENT A Quant à l'heureux Sylla., je n'ai rien à vous dire (corn.. Sert., 809) Cn geste qui peignit bien son insouciance quant à ht nmrt du prévenu (balz., ;
La
Vie paris.. 4)
siècle,
touchant
—
Pour. ce
En
qui
—
;
les
expériences des prétendues découvertes de notre
circulcdion
du sang (mol.. Mal.
Je m'en rapporte à vous pour
la rédaction.
FAIT DE, en MATIÈRE DE. EN s'eniploiénl aussi
—
:
de
se sert aussi
tions militaii-es.
il
est
magicien,
Il est le
(MICHEL., Bib. de l'hum., Grèce,
On
peu informé
;
cf.
Éd.
D'où
la locution
:
:
:
En
ce qui concerne les ques-
en ce qui touche à
la construction,
on
(1).
— Souvent, avec verbes qui parler, On causer plcms, épigraphie. — parler avenir, chiffons — — finances un réunissaient pour fumer où pour causer politique (flaub./ — mirent causer Éduc. échéances
Absence de ligature.
I,
— Les disputes
134).
i.
:
dit
poli-
:
disserter
:
ils
signifient
les
n'y a point de préposition du tout.
café
5)
compétent en matière grcmd maître en métamorphoses
le
en ce qui concerne
:
peut s'en rapporter à lui
tique
ii,
est de.
de machines à vapeur
il
im..
propos d'une foule de pratiques (ren.. Jés.. xx).
éclataienl... à
pour
/fl
:
—
se
//
;
revit
petit
et
sent., ch. ii. 7)
ils
:
se
traites,
et
(Id..
405).
Autres inoyens d'expression. d'un complément pour exprimer de
dans une proposition concerne)
;
—
Il
:
Il
—
cjuoi
Quelcjuelois. au lieu de se servir il
s'agit de votre
est cjuestion. fille
(cf.
ne s'agit que d'aimer son maître
(a.
ch. IV. 43).
(1) C'est
de
là
que sont
sortis les
on
c'est
emplois restrictifs de ces locutions.
fait
passer l'idée
votre fille
que cela
sand. Elle
et t..
CHAPITRE IX
COMPLÉMENTS DE PROGRAMME
—
Dans l'ai une lettre à terminer, on ajoute Nature de ces compléments. un complément qui indique une action à exécuter. On peut exprimer de // me reste quelques même un état à produire // a une maison à vendre :
à faTB
visites c'est
;
—
tout cela est encore à régler
une méthode à essayer
;
—
—
;
;
le
—
travail est à exécuter
Voilà la voie à suivre
—
;
;
—
à prendre
c'est
ou à laisser.
Du complément pation
:
Vous
de ])ro,aramme. on peut rapproclier à bâiller;
êtes là
à boire, à discuter, à fumer
On Une
remarc[uera
—
(a.
les rapjiorts
/7
primitivement
Programme souvent
à
j'ai
:
entre cette idée de
à faire,
et objet.
prendre
le
—
complément d'occuOn s'attardait...
—
daid., Jack. 256).
chose n'est pas faite, mais à faire,
c'est
le
à attendre;
restait là
de
(".'est
là
programme
qu'est né
et
l'avenir.
futur: je ferai;
le
je dois faire.
Le complément
de
en
|)rogranune
caractère d'un complément d'oiijel
:
arrive
On donne une
on lui donne à à manger à un enfant (complém. de programme) manger, de quoi manger; ces mots écpiivalent à de la nourriture; ils sont un \r;ii coiujiiément d'objet.
:artine
;
—
Structure des compléments de programme.
Les conq)lements
de programme peuvent être rapportés à un nom, à un adjectif, à un verbe. Ils entrent dans le sujet, l'objet, dans un terme quelconque de la pbrase :
Les grades à gagner développent l'ambition (bai.z.. Vie paris., fixe du nieurtrier de mon père à découvrir (boukg.. Corn.. 67) sition
Tart. Ils
d'un crime à commettre ne
Al p..
l'eut jjas
1)
—
;
indigné davantage
—
,
la
(a.
l'idée
propodai'd.,
6).
entrent dans de simples indications
:
Mobilier à vendre
;
-- Fonds à
céder.
Le verbe y ou
:
/'(//
est
toujours à la voix active, cpi'on dise
un devoir à
Les verbes subjectifs entrent dans seul endroit à aller
:
j'ai
à faire
un
devoir,
faire.
;
—
cette
la
consiruclion
voiture est la i)remière
cette syntaxe est réputée vulgaire.
:
je n'ai
à partir.
plus qu'un Toutefois
CHAPITRE X
(OMPLÉMEXrS DE RÉSULTAT
—
Nature de ces compléments. d'une action
jder au désespoir
:
entreprise qui tourne à
mon
-
Ils
marquer
servent à
tomber dans
la
résultat
le
mélancolie
;
—
une
avantage.
—
Résultat et manière.
plément d'un complément
;
Il
est
souvent
de manière
difficile
sortes
:
de distinguer ce com-
de colosses
osiriens...
se
—
développant en longues allées (rf.n., Souv. d'en/.. 133) L'aurore... s'élargit, elle déborde en lagunes de soufre, en golfes de béryl, en fleuves de nacre ;
rose
(rosny, G. du
feu. 10).
—
Ligatures. Ce complément est le plus souvent construit a\ec à, en, On remarquera la fréquence de en Les ruissecmx clairs et niurnuirants Ne grossissent point en torrents (rac. Let.. xx, vi, 436) les algues s'enflaient en pustules (rosny. G. du feu. 6). dans.
:
;
Autres hardis.
Ils
expriment que
le
tours.
— Les
écrivains
modernes
ont
d'autres
—
tours
très
teront siavre. par exemple, une proposition de participes qui le
résultat
du verbe principal
:
Une rupture définitive avec Chaîne,
désespoir de ne pas vivre de ses pincecm.v venait de jeter dans une aven-
ture commerciale, faisant les foires de la banlieue de Paris, tenant
un jeu de
compte d'une veuve (zola, Œuv.. 292). Si l'auteur avait coupé sa phrase, ou même employé une proposition conjonctive, l'effet n'eût pas été le même. Ces partici])es faisant, tenant, marquent une consétournevire pour
le
quence. Xous touchons
)
Ue même pour
/oh à
lier,
ici
un
au sujet que nous étudierons au froid à périr, voir
aux Conséquences.
li^•re
XXI
(1).
—
CHAPITRE XI
COMPLÉMENTS D'ÉCHAN GE
—
Nature de ces compléments.
Lf coiiipK'meiii d'échange exprime que faction a fjour ctïeL de substituer à un aulre. Nous relrouverons au chapitre où i! est traité du prix les compléments d'échange, car acheter une livre de hiirieals pour d.T"). c'est l'obtenir en échange de cette somme. Ce complément se lrou\e avec des verbes tels que rendre, restituer, recevoir, donner, envoi/er.elc. Je priais dans mon cœur le dieu de la victoire Qu'il vous donnât mes jours de vie en fours de gloire (v. ii.. Le Roi s'cwi., 1,5):^ rêlrc.
l'ot).jet,
l'idée, l'état
:
Mon
dégoût lui rendait en horreur ses tendresses (la ai., Joe., 22 oct. 1802).
Ligatures. ])Ositions
:
—
à, en,
G. Sand, 305)
;
Le complément d'échange pour, contre
—
désert (ren., Jés., Ix-
la cli.
verbe changer
:
Tout
se construit
se convertit
en
pour prix de sa
Galilée devait,
avec diverses pré-
tristesse (fi.aub., Let. à gloire, se clianger
s'est
longtem])s construit a\ec
à.
Corneille
disait
—
Changea l'ardeur de vaincre à la peur de niuurir (Cid. 1312. var. l) Bérénice Change le nom de reine au nom d' impératrice (r.AC, JUr., 59). ;
Ptnp..
—
échanger sa
Traduire mol pour mot vieille
rendre
;
montre pour une neuve
élrennes d'un juge
ci
celles
;
Coxj
lu:.
—
On
.\/?!..
et
donnerais
:
Cf.
—
mal pour prix Les
bien pour le
d'un nicu-quis (uac. Plaid., 93)
;
—
;
pour un
trois .sculpteurs
lut rot!.).
use aussi de contre
envoyer contre remboursement pescmles de bouc
le
— Compare prix
tailleur cjui sent, modèle et recti/ie la i}(dure, je
classiques (micukl.,
en
viii).
;
—
de pluie contre
Poil de Carotte, Les Poules).
:
//
parier cent francs contre lui
un SOU
;
—
semble qu'il échange des loques
un vêtement neuf
et
léger
(J.
renard,
CHAPITRE XII
COMPLÉMEXTS DE RELATION Nature de ces compléments.
—
Nous avons déjà vu un complément
de cette sorte, c'est celui de réciprocité pas d'action mutuelle,
verbes
et
A à,
—
—
Mettre
{PI.
:
La
traité
Lorsqu'il ne s'agit
par exemple avec
relation,
la guerre
les salaires
ligature ordinaire est
entre la France
avec l'Allemagne en harmonie avec
et avec sont parfois
C[ui
s'entr'aider.
:
y a simplement
les
intervenir, s'entremettre.
:
Ligatures. vous ; Le
de avec
11
est
déjà
Roy. 496)
dont vous
me
duis avec vous
:
le
—
le
entre:
ee
Turcjuie. conflit
désaecorcl entre lui
Mais on
se sert aitssi
avec l'Angleterre;
:
Lysis m'aborde,
cf. .serie:-vous flatté
que votre sœur,
se conduisît avec
(herv.. Flirt, vu).
—
prix de la vie.
en concurrence. Causer avec tend à cédera
dans Corneille
causez souvent, ?
;
et lu
et
tu
celle
me oui
:
causer
veux causer est
quelqu'un conmie
mariée
je
me
et
con-
CHAPITRE XIII
COMPLÉMENTS D'OPPOSITION Nature de ces compléments.
—
Le complément d'opposition
fjirun des comjiiéments de relation dont si
\ rai
(
n'est
vient d'être question. Cela est
il
que l'opposition se marque souvent simplement par à : se heurter semble que à marque ici simplement un rapport Il
à des difficultés. général. Il
n'y a donc pu à s'étonner que ce complément dopposilion prenne
dans certains cas
—
Ligatures.
On
contre.
l'allure
Une
trouvait
d'un complément dol)jet
se
trouvent qu'obstacles à tOUS les Éni..
i)
;
—
//
//
—
en aoail
courroucer à
(n.
mouvements dont
(/ui résistaient
au
résister à
noms ont
foule de verbes ou de
autrefois
:
i...
ils
une attaque.
liésilé
m. ont
entre à
(i.'^T-S);
/7,s
et
ne
(iiouss.,
lu'soin
fer et à la bèche... (a.
daud.,
Ta Inmté redoutable et ta haine sacrée Briseront leur puissance à mon cœur vide et fort (dornikh. L'ombre (te rhommc. 1 1). Néanmoins contre est la préposition spéciale Contre votre partie éclatez
rimm.,
33)
;
:
un peu moins
(moi...
courroux contre
les
Mis., 183)
;
— Je vous dirai
mœurs du temps Vous
des (jens {lu., Ib., 105)
;
dit aussi
et
qu'un
si
grand
— Leur bassesse ajoutait à l'indiquation contre eux
(Journal de Perlct, 12 thermidor, an
On
tout franc...
tourne en ridicule auprès de bien
rencontre
:
II,
dans
\v\... Rév. Iherm..
Comment, à l'encontre du temps,
i.
(h'
1).
ta
mort
envieuse, lutta t'immeiise effort de la création statuaire (Micm;i... Bibl. de
rhum., Oréce, (1)
\'.
iiiix
i).
Hapixrls
loyifiiien
:
Les Opposilions,
liv.
x.mii.
CHAPITRE XIV
COMPLÉMENTS NON SPÉCIFIÉS
L'n
p'jLi
et
comme
de Dieu
plus souvent que
II est
n'est
le
la classification des
de créer d'autres espèces.
quelques phrases «
de pousser
fringéniosilé perinetlrait
plémeiits plus loin
la
suivante le
:
Pour
Il
suffît
la théologie juive, /^
judaïsme lui-même (rex..
com-
considérer
de
';
roijaiime
Jés.. ch. v).
un sens tel que le complément pour remplacé par d'autres, construits avec diver-
certain que cette phrase présente
la théologie juive pourrait être
ou locutions prépositives devant les théologiens juifs, cet argument est de peu de poids : aux yeux des rabbins, il coniptr peu. Avonsnous pour cela atTaire à un groupe ? serait à craindre que la subtilité à laquelle on pourrait recourir Il pour établir des groupes de ce genre ne fût inutilement dépensée. Classer n'est pas l'objet dernier. L'objet est de comprendre, et un émiettement excessif risque de gâter les éclaircissements réels que peuvent donner à ses prépositions
l'esprit des divisions
:
en nombre limité et qui s'imposent.
d'affirmer aujourd'hui
si
dans
:
Il
est
impossil)le
rougir de sa pauvreté, nous avons affaire à
un complément de propos (au sujet de) ou à un complément de cause. De même dans habile en affaires, bien téméraire sera celui qui décidera si on est en présence d'un complément de matière ou d'un complément de :
propos.
La grammaire historique
tendrait
ici
à égarer le pédagogue.
l'avons dit à propos de l'objet secondaire,
il
Gomme
convient de se défier
nous
d'elle.
Ce
de ses enseignements, c'est l'avertissement qu'elle nous donne de ne point élever entre les phénomènes des barrières fixes, avec la prétention de les enfermer chacun à part, sur un domaine mesuré, limité qu'il faut retenir
Mais elle ne permet pas de prononcer sur l'usage présent. Par quelque agrément que les interprétations puissent tenter, il faut les arrêter à leurs limites normales. Les nuances infinies par lesquelles nos langues analytiques sont si supérieures, peuvent et doivent être étudiées, ^lais il faut se garder des excès qui ne pourraient que compromettre une méthode féconde pour l'éducation de l'esprit. C'est une question de prudence
et inextensible.
et
de tact
(1).
Le champ reste large. \'oici une étoffe qui déteint au soleil. Au soleil marque-t-il le lieu ou // m'intécause ? i.a cause sans doute. On peut faire l'analyse, il faut la faire. De même avec son aplomb de gandin roué (a. daud.. Imm., 33). S'agit-il de manière d'être ou encore de cause ? Il y a intérêt à le rechercher. Cf. durcir au feu ; se blaser au contact des (1
)
!a
resse...
réalités.
.'
— ÎOG
L'OBJET SECONDAIRE ET LES ACrJiES
COMPLÉMENTS
En lous cas, il y a un point au delà duquel il serait non seulement abusif, mais très fâcheux de poursuivre. II ne faut pas dans certains cas aller au delà d'une simple constatation, qui est celle-ci. Tel mot reçoit un complé; il se construit de telle manière. Ainsi soupçonner sans plus ment
—
—
— condamner à.]apnson; — — une — disposer de fortune de sa femme — s'occuper de — plaire à conversation d'une personne — mentir — borner son action à une démonstration pacifique — Sa
quelqu'un d'indélicatesse; user de courtoisie
travaux publics
;
à sa réputation
;
assistera,
la
;
se
fête;
;
la
;
;
pas à être relégué hors de l'histoire (ren., Jés., Intr.); faut fléchir au temps sans obstination (mol., Mis., 156). Et il ne faudrait pas croire que ces réserves ne s'étendent qu'à des com-
gloire ne consiste Il
•
.pléments construits avec
mariés de
l'été
lointaine. l'esprit et
pliquer.
Il
ou
de.
témoins
—
;
:
lire
—
je
Kant en allemand
;
—
les
m'épuise depuis un mois
commencer par l'algèbre. un étal de choses qui, dans certains cas. résulte d'une tradition Dans d'autres, il résulte d'un travail plus récent, où la vie de la vie du langage ont contribué. D'autres ont le devoir de l'ex-
en vaines démarches C'est là
à,
dernier plaident en divorce
n'y a
ici
;
qu'à l'enregistrer.
PAR 11 E
lîî
CIRCOXSIAXCES, MODALITÉS
LIVRE XI
CIRCONSTANCES SECTION A
CxENKRALlTES
:
CHAPITRE PREMIER LES PRÉPOSITIONS ET LES RAPPORTS
—
Les besoins en prépositions. Nous avons dil. dans les Générade quelle variélé de moyens use la langue pour rattacher à l'idée •
lités,
d'un être ou d'un acte caractérisent
notions complémentaires qui
les
adjectifs ou
:
situent ou le
le
adverbes, compléments sans préposition ou
prépositionnels, propositions, elc.
Mais, quelle que ]niisse êlre l'importance des autres moyens, on se sert si
souvent de compléments prépositionnels,
Dans
les livres
cju'il
nous a semblé indispen-
un aperçu général du développement des prépositions. qui précèdent, nous n'avions rencontré à peu près que des
sable de donner
ici
pour, en, contre....
prépositions héréditaires
:
période latino-romane.
va en êlre tout autrement.
Sans doute
le
II
ù.
de.
nombre des compléments
que celui des prépositions, mais
même
à la
:
plusieurs sens
achetez-les pour Prenez-moi des oranges signifie achetez-les de nwi. Malgré cette facilité, l'accroissement du
nombre des prépositions la
à la
beaucoup plus considérable
l'esprit attribue fort bien
préposition.
moi. ou bien
Dès
est
qui existaient
:
a été
un des besoins
essentiels
de notre langue.
préhistoire du français, ce besoin s'est fait sentir.
Formation de prépositions.
—
1»
On y
a
pourvu d'abord à
l'aide
de l'agglutination de prépositions, ou bien de prépositions et d'adverbes.
Avant, encontre, envers, devers remontent à des compositions populaires postérieures à l'âge latin, et antérieures à l'âge français. Derrière {de riere), dehors (de fors), remontent aussi haut.
On s'est servi d'autres « parties du discours « adaptées A) Lez (à côté), chez (à la maison), sont d'anciens noms. B) Excepté, hormis, sauf, plein, durcmt. pendant, joignant, sont des adjec2°
tifs
:
ou des participes devenus invariables.
Nous expliquons plus loin comment ces adjectifs. quoic]ue restant invariables, demeuraient néanmoins adjectifs. On disait scmve vostre grâce, ou :
:
CIRCOXSTAXCES
410
sauf vostre grâce. Puis le rapport ])rimitif ayant cessé cVêtrc aperçu, au lieu que sauf fût considéré comme un adjectif lié à grâce, grâce apparut
comme
A
régime, sauf fut donc une préposition.
même
la cruche
est
sem-
blablement devenu à même la cruche. Naturellement ces changements n'ont pas été simultanés dans toutes les expressions de ce genre. Excepté a été reconnu pour préposition au XYII^ s., plein la chcmibre est plus récent, et tout le monde ne fait pas encore la dis:
tinction entre la copie ci-incluse et ci-inclus la copie.
30 On a formé des composés A) de substantif et adjectif malgré. :
:
B) de préposition et adjectif
:
atot (a-tout). en-droit.
ce procédé, le plus important.
A
lof
par-mi.
On comprend
son cwoir veut dire originairement
avec tout son avoir. Tout fait ensuite corps avec
a.
=
D'où atout
avec, lui-
même
formé de façon analogue antérieurement. 40 II s'est produit des décomposés analogicjues
Dans
:
été tiré de
a
pour correspondre à sous de dessous, à hors de dehors (V. p. 424). La formation des prépositions n'a jamais cessé et dure encore.
(Y/ans,
—
Il s'est créé aussi, à côté des prépositions, Locutions prépositives. un grand noml^re de locutions prépositives, c}ui sont ou qui ont été pour la langue une immense ressource. Certaines sont mortes a lei de (à la loi de) pour l'amour de {— en raison de, par). Mais la plupart ont fait fortune à côté de. le long de, en tête de. au.v environs de, à droite de, au sujet de. vis-àvis de. Nous en voyons naître sous nos yeux, telles que rapport à, histoire de. Ortaines de ces locutions ont été en concurrence avec les prépositions, :
:
:
:
n\ec (dentour
ainsi autour
(à l'entour) cl tuix alentours.
Changements de forme. langue. (|ue
dans
la
forme de
l'histoire de avant.
la
—
11
est arrivé,
au cours de l'évolution de
locution prépositive a varié.
Avant partir
s'est
On
transformé en
:
avant que partir,
puis avant que de partir. C'était la forme préférée par Vaugelas.
que le
apprenez à penser (BOih.. A. P..
d'<'r/;/v.
Wllb
s.
(|ue
av(mt de partir a prévalu
Nos ressources.
—
i.
ITiO). C'est
la
en a un exemple
Avant donc
seulement depuis
(1).
nous donner
i'oules ces foiniations ont conlrii)ué à
d'une extrême richesse, dont on ne saurait pousser trop loin l'étude, aujourd'hui complètement négligée. C'est là un des éléments
une
série d'outils
comme la nôtre. Pauvre en formes, elle grande variété qu'elle présente dans les mots rapports, de sorte que linalement, dans l'expres-
essentiels d'une langue analytique se rattrai)e
destinés à
en
elTet
marquer
par les
la
sion des nuances, elle dépasse de
beaucoup en ressources
les
langues à
llexions casuelles.
(1)
11
\'ic(>nilv
ce Monsieur le existe (l'Hutres exemples, où que s'introduit auprès des prépositions (I bien choisi .son monde, que de te prendre pour son amhassudeur (Moi,., G. 1).. ii, 1). :
CHAPITRE
II
ADVERBES ET PRÉPOSITIONS
—
Les Prépositions-adverbes. Le rôle des prépositions, dfins les manuels ordinaires, apparaît comme séparé de façon rigoureuse du rôle des adverbes. Vaugelas tenait à bien les distinguer, et il a en partie réussi. Dedans. Y)av exemple, qui avait si longtemps été préposition, alors que dans
De même auparavant
n'existait pas, a été déclaré adverbe.
Le
P.
Bouhours
rendu célèbre par
s'est
(h.
i...
de autour
sa distinction
et
m.
646).
à l'cntour,
passé en pont-aux-ânes. ^Mais ces classifications, qui
vont au rebours de ce qu'on
aujour-
sait
souvent nées d'adverbes, nont pu empêcher d'agir la force invincible qui tend à rapprocher les deux groupes de mots. D'abord il faut compter a^•ec l'esprit d'abréviation, qui pousse à d'hui de l'origine des prépositions,
si
en outre, il est faux qu'il soit nécessaire de séparer si complètement adverbes et prépositions, ("est là de l'arbitraire logique, que Tusage n'a
l'ellipse
jamais
;
justifié.
Assurément, on ne peut employer indifïéremment toutes les prépositions comme adverbes. A, de, sur. en. ou chez ne se prêtent guère à ce qu'on les place seules derrière un verbe. Je vis à. je viens de. demandent une suite, j'agis en n'a point de sens (1).
générales
:
Les plus
Pourtant
faut se garder de règles trop
il
Les joueurs de billard disent qu'ils sont vieilles et les plus abstraites
entre
avec
—
:
c'est selon
—
;
c'est
suivant
a voté contre, moi j'ai
messe,
On
elle est
:
—
les
exemples de
ne
l'a
est
:
—
tombée entre
sœz/r n'a
:
sortir
— — La majo-
plus revu depuis
pas assisté
ci
:
la
toute la
arrivée pendant.
pourrait citer des textes, en nombre. Viens-tu avec'? est sans nul doute
un germanisme. Mais cet
— on
:
jours
laisser U. porte eontre
du ])l(u\cher. elle Ma volé pour
pièce doit être dans les fentes rité
:
treize à...
prépositions, telles que
De nos
pour, font fonction d'adverbes à l'occasion.
prépositions-adverbes sont très nomlireux
les
argent destiné à
il
mon
n'y a pas trace de germanisme dans ce qui suit père...
:
j'achèterai, avec quelque chose (a. karr.
Tilleuls, 32) (2). Il
n'est
guère possible de marquer
Disons seulement c[ue cwant
('.i).
ici
où commence l'usage légitime,
devant, derrière, outre, et quelques autres
(1) Cf. envers, hors, par, sous. sur. vers, jusque. (2) Cf. la brusque façon dont il s'empara de la bouteille aurait
pu faire croire qu'il allait achever du vieux diplomate (.\. daud., Tart. Alp., 14). en avant, fort avant, trop avant. dans les locutions (.3) Avant ne peut êire adverbe que Sa méchanceté est (uissi grande qu'avant « est mal », disait le Dict. du Long, vie, 55.
de fendre, avec, la
tête fêlée
:
CIRCONSTANCES
412
deux fonctions
rencontrait une force immobile, une force active (michel., Rév., m, 16). prépositives s'emploient aussi très facilement comme
ont. de l'aveu de tous, les
/'/
:
la royauté, et derrière,
Les locutions L'eau a passé au travers elle est laide au prix on est resté on fait généralement de l'escompte en dehors en deçà ; nos parents Bouille lui-même, ne peut venir nu devant (michel.. demeuraient vis-à-vis; adverbes
;
:
—
—
— —
;
;
— — On avait
tiré le lit... hors de Valcôve ; la religieuse était au Éduc. ii, 242). En réalité, ces locutions ne sont réellement prépositives, que quand on y ajoute à ou de. Généralement, on les forme à deux fins 1» en adverbes il est à côté 2^ en prépositions // est à
Rév..
95)
III.
;
pied (fi.aub..
:
:
;
:
côté de moi. Seules, quelques-unes existent à l'état de prépositions, exclu-
sivement
faute de, grâce à, à ccnise de.
:
Décomposition du complément prépositionnel.
—
On
place sou-
vent auprès du verbe, un complément nominal qui renferme l'idée de de l'objet, dont le nom pourrait être construit avec une préposition, on remplace alors la préposition par l'adverbe correspondant // lui a couru après ( // a couru après lui) il est il lui est allé au-devant l'être,
et
:
=
—
:
(
=
au-devant de lui). Il ne faudrait pas croire que ces façons de parler appartiennent exclusivement à la langue vulgaire contem])oraine elles sont cdlé
;
au contraire
MéUmte. Bcrg.
liv.
rxtr..
Ce tour
anciennes
très
81
i. I.
)
v, très
est
;
t.
(1)
:
toute la trouppe leur allant
— Lucide luy venant i.
la
au devant (videl,
première à la rencontre (sorel.
363).
commun
aujourd'bui
:
m' sauté dessus
//
qucmd nous essayons, avec qucdre honvnes
Et alors,
;
un caporal, de désarmer cent cinquante partisans... ceux-ci nous refusent leurs fusils et nous //rc/î/ dessus. On dit à Paris C'est un tramway qui lui est rentré dedans. et
—
:
Les Adverbes-prépositions. à
sCniployer connue prépositions
tirons.
On
:
comme
après
le soleil
couché) et on a construit de
partout Paris.
Aucun Français ne
)
Cf. Vait.., le Dict.
76 el ],")9. du lang. vie. Beilr., u
II,
(2)
(If.
(3)
ToDLER, Verm.
il
il
COUché, nous par-
n'en est rien
(2).
On
est
couché (équivalentes de après que
même
aussitôt (3). Cf.
sent là le par de
Puis, ensuite d'un nouveau silence,
(1
Les atlverbes conliiuienl de leur côté
sitôt, aussitôt le SOleil
bien qu'il faut sous-enlendrc après,
dit
parti de formes soleil sera
—
s'écria (k.
:
Je
par monts
sue. Myst..
ii.
l'ai
et
le
cherché
par vaux.
306).
CHAPITRE
III
SENS ET VALEUR DES PRÉPOSITIONS
Hérédités.
—
11
y a des cas où
ie
français contemporain garde encore
intacte une construction latine traditionnelle, dont la préposition n'a pas
changé. Cicéron jurait per deos immortelles, Henri IV jurait par Dieu ou parbleu
(1).
va sans dire que tout essai d'explication directe des sens que peut avoir une préposition ainsi employée serait vaine ils ne s'expliquent pas par notre langue. II n'y a qu'à les constater les mots ont des constructions héréditaires comme ils ont des sens héréditaires. Nous l'avons (Ut ]}lus haut à propos des compléments. D'autres emplois résistent également à l'analyse directe. Ils ne s'expliquent que par l'elTacement progressif d'un rapport d'abord fortement marqué, lequel, par l'extension analogique de la construction, a fini par devenir tout à fait abstrait et sans caractère propre. C'est à la grammaire historique à en rendre compte. Il
;
;
— Le
Développements de sens. sitionnels, tel
1°
2° 3°
qu'on
Sens local Sens temporel Sens abstrait
développement type des sens prépo-
présente d'habitude, est
le
sur
:
:
:
champ
le
sur
le
sur
celle
soir
le
suivant
:
;
;
observalion.
D'abord diverses prépositions françaises avaienl. dès perdu toute valeur locale. Ainsi pour. D'au Ire part, l'enchaînement des sens n'a pas cette logique rigoureuse, que des classements artificiels prétendent lui donner (2). Selon (primitivement le long) C'est ti'op simple.
l'âge le plus ancien,
ou jouxte (à côté, d'après) n'ont jamais eu de sens temporel. extensions analogiques se sont faites en tous sens, tion toujours la
En
oulre. les
non dans une
—
Il
Nous ne sommes
y a eu des caprices de langue, d'où des conlire sur le journal. Mais
plus autorisés à dire
:
inversement nous disons le trouble se lit sur son visage, alors que employait aussi bien dans (cf. racan, Berg.. ii. 5). :
le
XYII^ s.
(1) Noter toutefois qu'on jure sur l' Évangile. (2) Voir l'article \ dans le Dklionnaire général H. D. T. Darmesteter était très classement, qui est, en effet, une belle construction logique, mais ne représente pas
historique.
direc-
même.
Caprices de langue. tradictions.
et
lier
de ce
la réa'ité
CIRCONSTANCES
414
Ce n'est pas seulement dune époque à l'autre que des différences de ce De nos jours, on écrit donner un coup de poing dans
genre se constatent. le
mais
dos,
une
:
:
gifle
sur la figure.
sur l'avenue, mais non dans
les
On
dit
:
promener dans l'avenue, ou
se
boulevards, ni sur la rue (1).
de ces particularités, il demeure un lait essentiel important de tous, c'est le passage d'un sens matériel quelconque à un sens abstrait. Donnons-en cjuelques exemples. Soit l'idée de charger : on charge un homme d'un fardeau, puis on finit par le charger d'une mission, d'un cours. L'idée de poids a disparu et partant le sens matériel de la préposition de (cf. soulager d'un fardeau). On sort à'une maladie, on en échappe, on en revient, on en est tiré l'idée de sortie esl encore perceplible. elle ne l'est plus dans guérir quelqu'un de Si
on
fait abstraction
et général, le plus
:
:
1(1
typhoïde.
Prenons dans
Dans
:
:
marque bien une
Cette préposition
à.
direction vers
un
lieu,
marcher à l'ennemi, courir à l'école, inviter à dîner, engager à sortir. recourir à des injections de cacodylate, à des moyens désespérés, on peut
encore interpréter
:
Mais dans
:
comme dans
:
se tourner vers.
plus possible de traduire encore
crier
crier
au au
sacrilège,
il
n'est
feu. appeler
armes (dire de venir vers le feu ou les armes) (2). De même pour sur. Influer sur, c'était, du temps où l'on croyait à
aux l'as-
trologie, couler sur, d'où agir sur, puisque ce flux des astres déterminait la
vie et le caractère. influe sur
le
Comment
retrouver
sens de ce sur dans
le
Passons à pour. Dans une phrase
comme
:
on m'a pris
ma
cinquante frcmcs. l'idée d'échange est encore très nette, mais
atténuée dans Alp., 2-3)
rien,
il
;
les
en garçon
la politique
:
//
a pris cela pour de
l'or.
C'est ce sens
montre pour elle est
déjà
que l'on trouve dans
prirent cette apparition pour une vache égarée (a. d.\ud.,
les mi.sses
d'abord
:
cours de la Bourse (3).
—
:
Tart.
une espèce d'enfcmt au teint rose, au.v mains blanches. Que l'estoc bat les hanches Prirent pour une fille habillée ii., Lég.. Aym.). Mais, à la dernière étapi'. pour ne signifie plus
soudards dont
(v.
n'est cju'une copule
prendre pouT femme.
:
Or des analogies de ce genre
se sont dévelopi)ées depuis la préhistoire.
Certaines sont de la période latine ou romane, et ont atteint de vieilles prépositions héréditaires. D'autres,
postérieures,
ont
porté sur des prépo-
(1) Le développement moderne de ai)rcs défie toute logique, l'n cnfanl se pend après vou.t. 11 semble que le mouvement est tel que Tenfant est suspendu à votre corps. Il y pend comme une passementerie après une robe, un volanl après des rideaux. On dira de même se cramponner après la table, se retenir après le (jarde-fou, après une corde. Grimper après un arbre montre une image assez difïérente, mais encore visible. L'enfant y est suspendu; seulement, il avance vers le sommet, au lieu d'en descendre; on dit pourtant:
après.
Or comment rattacher sûrement à l'un ou à l'autre de ces sens des expressions telles que après mon frère, j'attends après lui. si usuelles ? Comment trouver lïi l'explication de on ronchonne partout après l'administration ? elle pleure après son chat ? Elle est après à :
je cherche
s'habiller ? (2) et.
un résultat
(3) Cr. le
tient
à un
effort
développement reposer
:
une domestique
et
sur, appuijer sur,
un maître tiennenl
compter sur.
l'un à Vautre.
.S7-;.V.S'
ET
\
DES PRÉroSITIoXS
AIJ-:Ul{
roman, comme devant
lions de l'âge
On
part de
415
devant l'enIntrépide devant le danger, où devant conserve encore nemi, puis on dit son sens matériel. Il n'en reste plus Tien dans devant les menaces, elle céda (cf. en présence de cette menace). si
:
tenir fernw
:
:
:
Aucune préposition ou locution prépositive ments.
De proche en
valeur matérielle, et
proclie, en
même,
n'est à ral)ri de ces change-
étendant leur sens,
diminuent de
elles
entraînées par l'analogie d'impropriétés en
impropriétés, elles en arrivent à se vider de notions précises, et à n'être plus que des ligatures al)straites. qui servent à des constructions.
Croisements de coxstkucïioxs.
—
11
arrive dès lors que des prépositions
de sens originairement 1res divers se rencontrent dans l'expression d'un
même
On donne une
rapport.
punition à un enfant pour sa mauvaise con-
nettement.
Si on emploie de. la notion est beaucoup moins nette. On le punit de sa paresse : on le récompense de son travail. I! semble que le de ait d'abord marqué la cause. En tout cas les deux cons-
duite. C'est le prix, très
tructions se rejoignent et se croisent
On
s'explique de
la
jusqu'à la fin du XVII'^
même
(1).
façon l'hésitation
entre
surprenante qui a duré
si
sur (su) peine de la vie
et SOUS peine de la ressemblance phonétique y était pour quelque chose mais comment eût-on confondu sur et sous, si le sens avait été perceptible ? Trancher était périlleux pour ceux qui légiféraient, sitôt qu'ils se fondaient vie.
Assurément
s.
:
:
la
;
sur autre chose c}ue sur l'usage. Expliquer le choix qui a eu lieu jadis n'est
pas moins périlleux aujourd'hui,
si
on [)rétend constater autre chose que
le fait.
Extensions analogiques des constructions du verbe au inverseinent.
— Reste à parler d'une
analogie dont
les efïets
nom
et
sont consi-
une construction usitée avec un correspondant ou inversement. Nous avons parlé de marcher l'historien en marche à, marcher sur, on dira par suite la marche à l'étoile sur r Académie (a. daud.. Imm., 11). Nous avons parlé plus haut de influer dérables. C'est celle qui pousse à étendre
verbe au
nom
;
:
sur,
agir sur. D'après agir sur l'opinion, on dira
d'après exécuter une sentence sur un criminel
sm des
criminels (volt., Charl. XII.
Quelquefois
le
nom prend
ou un autre verbe d'état,
si
le
Les 1
I
mon
:
action sur l'opinion
;
exécuteur de ses sentences
liv. i).
même complément
qu'aurait
la phrase.
le
verbe
Dcms
le
être
fatras
inépuisables bajoues, pour la plupart des
ingénuité provinciale
noms ont souvent
—
on l'intercalait dans
d'anecdoctes qu'il tirait de ses
charades à
:
—
(a.
daud., Imm..
27).
mêmes compléments que les adjectifs douceur au mal comme doux au mal la
aussi les
correspondants. Ainsi on dit
:
la
:
:
(1) C'est ainsi que de, qui marque l'origine, et en finissent par se rejoindre dans les compléments de matière une toiture de zinc, une toiture en zinc ; qu'on dit pendre à un gibet et :
dépendre d'une volonté étrangère.
:
O
G
4
XS rA S C E
CIR C
1
S
soumission, l'obéissance aux ordres, conime ses faiblesses
pour
elle,
comme
:
faible
soumis, obéissant aux ordres une honte vis-à-vis de sa
:
:
pour
elle
;
femme comme honteux vis-à-vis d'elle (1). Deux noms qui ne sont pas de même espèce prendront même :
construc-
ramenait à leur conversation de la veille, à sa candidature au premier fauteuil vacant (a. dax d.. Imm.. 39). Une similitude de sens entraîne une similitude de construction. Il suffit tion, tels
:
candidat et candidature
même, pour que
produise, qu'on soit dans le même ordre d'idées suprême remède aux ennuis de la vie vulgaire... une...
le fait se
L'Évangile... a été distraction
il le
:
le
:
aux misérables soins de
(ren., Jés.. x).
la terre
n'en reste pas moins vrai en générai que
11
le
choix des prépositions
dépend et doit dépendre du rapport qu'on veut marquer. Pour se rendre compte du soin avec lequel l'usage a été contrôlé, il suffirait de se reporter aux discussions sans fin, qui, à l'époque classiquc.se sont poursuivies au sujet de
telle
ou
telle
construction. Fallait-il dire
avoir un van en mains, ou
:
mains? On sentait d'inslind l'extrême importance qu'il y avait à marquer les sens précis de chaque construction, et on distingua ces synonymes syntaxiques avec le même soin cjue des synonymes dans
les
mains, ou entre
les
de mots. Si ])aHois il n'y a là n'entre pour rien (2). ailleurs
c[ue des la
observations grammalicnles où
le
sens
précision nécessaire n'a été acr[uise (|u"à ce
prix.
)
Cf.
nonchalance et nonchalanl
(2)
t^f.
son dédain du
1
1
monde
;
incerliliide et incerluin
et son dédain pour
le
monde
:
il
;
rwrlr et
l'u'i:
esl assis
dans
le
jardin v\ au
1
CHAPITRE IV
OBSERVATIONS DIVERSES SUR LA SYNTAXE DES PRÉPOSITIONS
—
Rapprochement de la préposition et du nom. Vaugelas âvait posé en règle que toute préposition devait être suivie inunédiatement deson complément placer
(1).
Il
ne supportait pas
la
phrase
:
l'avis de tous les
Juriscon-
de presque tous les Casuistes, quel que fut l'embarras pour la rem-
sultes et
(II.
L.,
III,
La préposition
663). Cette doctrine a prévalu.
est
en
général inséparable du terme qu'elle sert à construire.
Malgré
même
cela,
en langue usuelle, on
dit fort
de mieux comprendre, etc.
bien
le
:
désir de toujours
On remarquera
cependant que ne saurait donner à un adverbe ou à une locution adveri)iale c[uelconque la place donnée ici à toujours et à niieux : la joie de sans peine com-
réussir
la joie
;
l'on
prendre est du petit nègre. Avec, sans, s'accommodent assez bien
des
intercalations
:
sans,
pour
— avec, sur ses genoux, son éternelle guitare. Les vains tout modernes recherchent constructions de ce genre: avec, pour — rencontres de sa avec parure, splendeur de leurs dix-huit ans — nous nous arrêtons, hélas vie pour, sans rien nous cela,
prétendre que...
écri-
:
les
la
!
;
vie
les
:
la
c'est
si
dire,
serrer jortcment les mains.
—
Répétition des prépositions. Depuis l'époque classique, la répédes prépositions est devenue régulière. Toutes les portions de phrase tendaient à avoir chacune leur forme complète, avec les mots-outils servant à les construire. Les compléments ont naturellement obéi à cette tition
tendance.
Vaugelas a posé en règle que seuls deux noms pollens fices
mis
avec une seule préposition
de nos ennemis; au contraire
(h. l., III, 708).
Il
:
par
semble que ce
les ruses et
soit
les
prépositions qui se répètent facilement,
dans
(2).
Une seule préposition
Comme un
l'usage (2)
suffit,
:
«
synonimes ou équi-
par
par
les ruses et les arti-
les
armes de nos enne-
encore la règle moderne, au moins
avec
(1) r
se suffisaient
»
comme
ci,
en, de, par, sans,
quand les compléments, parleur nature
personnel de conjugaison de son verbe.
que par des idées théoriques fondées sur
Il
était guidé sans
la définition
doute moins par
des prépositions.
les noms groupés forment un tout, nom, titre, etc., il n'y a lieu qu'à une Le Roman de Paul et Virginie; La Fable du Meunier, son fils et l'âne. Au conde dire lu jnble du loup et le chien. Il y a là un caprice de langue.
Naturellement. si
seule préposition traire impossible
Brunot
:
:
27
418 le
OBSERVATIONS DIVERSES SUR LA SYNTAXE DES PRÉPOSITIONS
permettent
restrictions,
On
:
au milieu des confidences
par fausse honte, délicatesse,
répète, sitôt
que
les idées
les
plus intimes,
pitié
il
y a toujours des
Éduc, ii, 156). mots régimes sont oppo-
(flaub.,
contenues dans
les
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille. On répète aussi, et il le faut souvent, pour l'efïet en même temps que Viens, chantons devant Dieu, chantons dans tes pensées Dans pour le sens tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ; Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu... Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie (musset, Et de tant de beauté, de gloire et d'espérance, De tcmt Nuit de mai); d'accords si doux d'un instrument divin, pas un faible soupir, pas un écho sées
ou difïérentes
:
:
:
—
lointain
!
(Id.,
A
la
M(dibran.
vi).
CHAPITRE V COMPOSITION DES COMPLÉMENTS PRÉPOSITIONNELS
—
Infinitifs autrefois, tout
après prépositions. comme un nom d'action,
sitions, ainsi qu'il le fait
aujourd'hui avec après
ques-uns par une intempérance de savoir,
renoncer à aucune sorte de connaissance,
De
Mode,
la
complément pouvait
L'infinitif
se construire avec diverses prépo:
après avoir respiré.
— Quel-
par ne pouvoir se résoudre à
et
embrassent toutes (la br.. Car.,
les
2).
Propositions. -- La langue ne paraît plus avoir
répugnance qu'elle
la
a eue à l'époque classique à faire suivre une préposition d'une proposition
conjonctionnelle. Préparez-le pour quand j'irai, pour
avec quand se rencontre déjà chez
campagne. On
M^^
trouve aussi chez Molière
le
si
Le tour
j'y allais.
pour quand j'irai à la Vous voulez apprendre à danser
de Sévigné :
:
—
qu'un homme pour quand vous n'aurez plus de jambes {B. G., m, 3) qui s'est passe, durant sa vie, d'une assez simple demeure, en veuille avoir ;
une
si
magnifique pour quand
puristes ont cependant Ils
il
condamné
n'en a plus que faire (D. à
n'ont pu l'empêcher de se maintenir
élevés (a.
DUMAS, Les
m,
J.,
Id. de i\/'ne Aubr.,
C'est selon
:
comment
ils
ont été
5).
i,
Compléments formés d'un groupe de mots ou entre déjà PRÉPOSITION. huit jours
a dit
:
:
—
// (le
—
Il
—
;
je viens
d'avec
de
;
—
un
pécule... que
ad., Cont.
l'i.
cr.,
104)
Guilhem ;
—
Si
l^ne
Pour dans
lui.
Flaubert
plaça...
pour jusqu'à son
c'est...
la fortune qui vient
à vous, pour dans un laps de temps assez court (herv.. Cours, il
:
père Rouault) ne retirait pas volontiers ses mains de dedans ses
poches (Bov., 25) retour (vill.
arrive qu'on réunisse plusieurs prépositions
chapeaux de chez Paul
les
Les
5).
diverses reprises cette façon d'écrire (1).
fl.,
iv, 5)
;
—
ne doutait pas qu'il ne fût heureux pour jusqu'à la fin de ses jours (^flaub.,
Éduc.,
II,
150).
Cette réunion avait donné naissance, à l'époque préfrançaise, à une foule
de prépositions
:
avant, etc. Elle continue.
Il
n'y a pas là matière à scandale.
D'après est aujourd'hui une belle et bonne préposition, qui a remplacé après,
dans peindre d'après Raphaël. Quel inconvénient y a-t-il à dire d'avant moi, les souvenirs d'avant mon mariage ?
locataires
(1) Dicl. d.
l.
vie. 323
;
cf.
Tobler, V.
B.,
m,
113.
les
SECTION
B
LES LIEUX ET LES
:
(H APURE
MOL \TMEN FS
I
GÉNÉRALITÉS Lieux réels
et lieux figurés, situations.
—n
n"esf point besoitt d'ex-
pliquer ce que c'est qu'un lieu; oiiservons seulement que
le lieu dont il est compléments de lieu est très souvent^non point um emplacement dans l'espace, mais un endroit figuré, comme un texte, ou même
question clans
les
un auteur. De même qu'on dit: il est chez lui, on d'il: f ai Irouiré cette- d&cirine chez Platon. Ce n'est pas non plus de lieux réels qu'il est question dans vous croyez-irous aa-dessus mirer dans le commerce, sortir de la théorie délibcrvr SOUS la présidence du juge de paix ; mettre sa conde la loi ? ;
—
fiance en
Le ment dans //
Dieu
;
—
être
la loi (1
—
).
eu certains cas plutôt une situation, qui nuirque non seule-
lieu est
l'endroit ou le le
hors
:
—
moment, mais
trouble où fêtais
:
—
il
passe par des circonstances
Les INDICATIONS DE LIEU.
tout
parait dans
un cnsemlile de
un
cirtH>nstances
état de nervosité
extrême
;
:
—
difficiles.
— Les indications de
lieu sont,
comme
la plu-
part des autres, tantôt d'une précision rigoureuse, tantôt au contraire vagues et générales. Les plus rigoureuses sont naturellement celles qui ont
un caractère mathématique. Un navire
fait son point pour savoir où il se saura qu'il est par 3o 10' 3' de latitude Nord et par 24» 11' :)" de longitude Ouest du méridien de Greenwich. De même un point trigonométrique est situé avec une précision absolue. Dans la vie courante
trouve.
Il
on donne souvent des indications d'une exactitude minutieuse. Le faire le trou dont il est chargé à 30 cm. de hauteur au-dessus du seuil, à 25 cm. à droite du chambranle de la porte. Et ainsi de suite, pour toutes les actions et toutes les situations qui comportent des calculs et des mesures. Pour écrire à M. Durand, il me suffit de savoir qu'il habite 23, bd. des Italiens, à Paris mais pour aller le voir, ie serai obligé de savoir que c'est au fond de la cour, escalier B. !•' étage, porte à droite. Cf. Vous le trouverez... chez Bouttevilain, rue Saint Martin, 92. deuxième perron, aussi,
maçon devra
;
la cour, entre-sol,
à gauche, fond de (1) Il
ne
s'agit
pas
là
de nouoeaux rivages...
(LAMART., Le
lac).
porte à droite
!
(flaub., Éduc.
I,
188).
d'images telles que dans la slroplie célèbre Ain.ti toujours poussés vers pourrons-nous jamais sur l'Océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ?
Ne
:
GENERALITES pari
'Oiiire
:
sont vagues
indicalions
Ailleurs, les
et
421
indéterininées
quelque part.
:
a trouvé une situation ailleurs. D'autres ne sont qu'approxi-
il
matives: vers, aux environs de. du côté de Reims, dans
Dans
ce cas-là
que je
là
l'ai
on
introfhiil sou.xenl l'adverlie à
:
perdue.
y a des indications de
Il
les parages de Chcilons. peu près C'est à peu près
endroit de son discours,
lieu qui sont négatives: nulle part
n'a parlé de
il
;
— à aucun
cela.
en deux endroits. Les lieux indic[ués peuvent être ou isolés ou multiples beaucoup d'endroits, en bien des places, par ci par lét. L'idée peul être :
Il
celle
de à tous
les endroits
partout, universellement, de toutes parts.
:
Importance des indications de
lieu.
— Sans
les
compléments de lieu, un sens complètt -
certaines plirases n'auraient point de sens, ou auraient
Monsieur est-il ? ... Il faut de toute nécessité ajouter chez le complément de Jieu peut manquer, comme l'objet, comme l'objet secondaire, comme tout autre complément. Ex. Il est arrivé Un poignard et la main, l'œil fixé sur ta trace. Je suis une force qui va
ment
différent
:
:
lui? Assurément
—
;
;
—
Je vais.
L'indication de lieu change parfois tout
le
sens de la phrase.
vers de Racine. Le fer qui, dans ses mains, aide à
te
Soit ce
condamner (rac,
Phèd., 1084). L'épée d'Hippolyte est entre les mains de Phèdre. C'est parce qu'elle est là
où
elle est qu'elle
exprime comment
A
et
devient accusatrice. Le complément de lieu
pourquoi
la
chose énoncée se produit. Comparez
la guerre, ces défauts-h) deviennent des qucdités de
Moyens d'expression.
:
premier ordre.
—
Quelque importance que puisse avoir la pas comme la circonstance de temps, elle n'entre pas comme attachée inséparablement au verbe ou au nom le temps dans les formes verbales. Il n'y avait plus du locatif, déjà en latin, que des traces insignifiantes. Dans les verbes rien qui marque le lieu aucune conjonction de lieu ce n'est pas une catégorie pour notre langage. notion de lieu en certains cas.
elle n'est
;
;
;
—
I
1
I
Localisations intrinsèques. L'idée locale peut être contenue dans lenom, l'adjectif ou le verbe même. Nous avons déjà parlé de cela àVObjet: embarquer des troupes ou survoler une ville portent en soi l'indication du lieu où se passe l'action. Cf. ensevelir, enfumer, endosser, endormir, ou les verbes savants en in
:
infiltrer, injecter. Cf.
aussi intra veineux, intra utérin.
—
Localisations extrinsèques. La notation du lieu ])eut être I^dans UN adjectif ou un adverbe C'est te roi polonais (la font., ii, 469), On la trouve particulièrement dans un adverbe de lieu Est-il ici ? :
:
ma
situation là-bas est perdue
2°
;
il
souffre intérieurement.
Dans des compléments directs
place des Vosges.
:
// Iiabite
rue Royale
;
— une muL^on
CIRCONSTANCES
422
Dans des compléments indirects // // part pour Paris au Café du Commerce 30
joue au billard tous
:
;
—
— une ouvrière en chambre —
— Pierre
;
n'est
les
jours
pas dans son
—
le travail à domicile. Il y avait ; mur, une jardinière rustique devant les fenêtres, tout le long des marches un tapis de toile (fi.aub., Éduc., 11, 23). 40 Dans des propositions conjonctives ou conjonctionnelles j'irai où VOUS voudrez ; Voilà sept ans que je l'ai conduit où j'irai On scwait où il avait bientôt le rejoindre (duruy, (7niss., 271-272)
atelier
;
à chaque palier une glace contre
le
:
—
;
passé la nuit
e/ la
matinée
attaque, à quelque endroit
d' avant
qu'on
le
—
crime (bourg.,
A. Corn., 27);
—
une
la tente, coûtera cher.
—
Mise en lumière et représentation de l'indication de lieu. Le complément de lieu peut être mis en lumière Voilà mon cœur c'est là que ta main doit frapper (rac, Phèd., 704, cf. 1395) voilà OÙ Von arrive quand on a des intelligences avec les ennemis de monsieur le prince d'Orange :
:
;
—
(dum., TuL, 40).
Les compléments de J'y suis, j'y
reste
Phèd., 1278)
OÙ/e temple
;
rôle.
lieu et
de situation sont souvent des représentants
— Mais que
dis-je ?
Dans l'embarras OÙ
est bâti,
Nous avons dans ce
—
;
il
mon
:
père y tient l'urne fatale (rac,
se trouvait
;
—
déjci le
sacré mont,
D'insolents Tijriens est partout investi (rac, Ath., 1427).
inditjué (p. 181)
que où
et
que
se
trouvent en concurrence
CHAPITRE
II
LES DIVERSES POSiriOXS
—
se
Question concernant la position, trouve un objet, a lieu une action, etc.,
ijîterrogatif fois
I.
:
de dans)
A un
usage
:
à quelle place, dans quel coin
—
endroit.
vous trouvez
—
Pour demander langue se sert
où, soit d'un adjectif interrogatif
ici, là,
:
la
1°
— —
Adverbes.
!
(mol., Mis., 1671)
;
et
quel,
d'un adverbe
précédé de à (ou par-
se trouve la
cabane
Deux adverbes
qui s'opposent l'un à l'autre
ici
:
à quelle place
soit
?
surtout sont en
Fort à propos Messieurs, vous
:
que tout tienne là
(v. h.,
!
Hern..
(rac, Iph., 126). On sait le rôle joué par ces deux mots dans la formation de nos démonstratifs. Ici y a cédé la place à ci : cet homme-ci. En revanche ci a disparu au XVI'-" s. comme adverbe, sauf dans l'expression ci-gît, et dans quelques composés ci-après, ci-contre, ci-joint, par ci par là, de ci de là (1). On ajoute à ici et à là toutes sortes de renforcements ou de précisions ici-bas, ici même, ici où nous sommes ; là-haut, là-bas, là même, là où vous êtes. La forme ilà, correspondante d'ici, était, au XVIfe s. déjà, reléguée dans la langue populaire. Elle a fini par disparaître. L'a. f. disait aussi illec (illeques). Cette forme a vécu jusqu'au XVP s. pour illec faire conIV. 2)
;
Fig.: // faut
montrer
ici
ton zèle et ta prudence
:
:
:
venir
le
peuple (pasq., Rech..
Ici et là
pas là pour 2°
ont
fini
Le sens
est
On
dit
:
Nous ne sommes
ici.
—
Compléments. Les compléments sont construits avec diverses La principale est à La vie au grand air De l'argent placé au Crédit Lyonnais :
—
;
Et bientôt à ses pieds verra lieues autour de catif,
DE.
on dit
— Le
synonyme de IL
vi, ch. 46).
par n'être pas très distincts.
enfiler des perles.
positions. A.
1.
...
..,
II,
Grèce (rac, Phcd.. 374)
mon moulin, quand on (a.
daud.,
Lett.,
parle d'un
La mule du
homme
;
— — A quinze ;
rancunier, vindi-
p.).
sens de de s'est efïacé au point qu'il peut être à peu prés à
:
On
Dans un
pondaient à
—
toute la
pré-
lieu.
ici et
374.
A
entendait des coups de fusil éclater de toutes parts.
—
là. c'était
noter Qu'est-ce
!«
Adverbes.
céans et léans
ci ?
qu'on ne
—
Deux adverbes
(ci enz, là enz).
sait plus
guère écrire.
corres-
Le dernier
est
CIRCOXSTANCES
121
mort à l'époque classique
(h. l..
ii.
Compléments.
2°
—
En. La
Céans traîne un reste de vie
376).
jeunes cavaliers, que faites-vous céans ? vieille
Hern..
(v. h.,
i.
Mes
:
3|.
préposition héréditaire était en. Elle
combinait avec les articles définis en le > eL ou en les > es. Devant /", ou la. comme devant un, en restait intacl en la maison. Ou disparut dans la première moitié du XVI*^ s. (h. l.. ii. 277). Es fut condamné à se
:
:
:
l'époque malherbienne,
après s'être maintenu longtemps,
et.
subsister que dans quelques expressions
En
ne
:
Bachelier ès lettres (h.
Au XYI^
par ne
finit
m,
l..
274).
on trouve au (
la et
l'
se contractaient point.
s.,
+
—
Il
n'est pas besoin de souligner l'inconvénient qui résultait
fusion (1). Mais
un nouvel organe venait de
préposition enz, qui a vécu jusqu'au
(AL,
escrit
4885).
vent
En
74, 369)
outre
à en
enz
:
il
el
:
— ens
existait
celé ccmbre,
se former. L'a.
XYI^
s.
:
f.
de cette con-
avait un adverbe-
ço nos dirai qu'enz troverat
biaus dous nies, enteres (Huon de B..
un composé dedens. Ens se joignait le plus soule feu). Dedens s'employait seul. Or, à côté de
fou (dans
existait des correspondants hors, su(r), .^ous. compléta et dans sortit de dedans (h. l.. ii. 382). Attaclic Il n'est pas encore chez Marot, mais on le trouve chez Ronsard dans /(' ciel (Po. ch.,B. de F.. 67). A partir de 1560. la nouvelle préposition devint tout à fait usuelle. Son succès fut même si prompt cjue Vaugelas ])ut ])()ser en règle que dans, comme sur. sous, était seule préposition, et c[ue dedans ne pouvait plus servir que d'adverbe (h. l.. m. 626). En ne sui)sistait plus que devant la, l' : en l'ostel. en la chambre, ou quand en un tas d'au lies mots que l'article défini accomjiagnaienl le nom Quelques titres honteux qu'en tous lieux on lui donne (mol.. Mis..
dehors, dessus, dessous,
Par analogie,
il
:
la série se
:
:
:
133)
;
En
—
...
fait,
qui se retiraient en des solitudes (ilaub.. Bov.. 238.
:
gent en poche
Au
(2).
;
—
être
en paix, en manteau
L'analogie est
ont soutenu
ligure,
il
— — cwoir de V ar— guerre en
un homme en place, en situation de faire une chose
venir en diemin de fer. aller en bateau, en voiture, en (uito
]>uristes
117)
outre son rôle de préposition abstraite (agir en homme), en est
encore fort utile
dentelles.
cf.
—
si
gris,
en
tutelle
:
:
;
la
forte qu'elle entraînait aller en bicyclette. Les
à.
existe bien des expressions ou
ci
et
en s'échangent
:
.se
fier
à Dieu, mettre sa confiance en Dieu. s'embdira.sser aux détails pratiques de lu rie (I'i.aib.. (1) -Maigre cela « s'emploie encore Bou.. .305). (2) A noter que dans le Discours de la Méthode de Descartes, sur mille mots, on tn.iive encore clix-luiil fois en, pas une fois dans. :
LES DIVERSES POSITIONS Dans
se dit
dans
clairière
depuis
XVII*^
le
425
des lieux réels et des lieux fit«urés
s.
H.. Chat.,
la
;
:
de dans avec
XVII''
noms communs,
les
mortels,
les
aversion
cette
(:\iol..
Mis., 115). Sur l'emploi de en
mille dilficultés se sont élevées dès le
mêler à ou mêler dans? un van en main, dans les
Fallait-il dire
s.
les son-ibres
;
Seront enveloppés d!ins et
une
— un enfant perdu dans rue — Dans ton cirque La pâle mort mêlait bataillons Expiai.) — Tous pauvres sans nulle exception.
la forêt
de bois, de coteaux, de vallons. (v.
:
— Entre bras de Dieu dès ma naissance mains — De ne poser entre nos mains remis 1375). noms propres de lieux désignant En ET LES NO^MS PROPRES. — Devant
mains, entre
(rac, Ath..
?
les
jeté
les
()35);
le
(Id., Ib.,
fer
les
des pays et des provinces, en et dans sont encore en concurrence.
On
dit
en Auvergne, en Lorraine, en Allemagne, mais dans les Vosges, dans le Lyonnais. Les règles capricieuses qu'on donne remontent au XVIP s. Elles ont entretenu un tel désordre que, lors de la création des départements, l'usage s'est partagé.
En
en Seine-et-Oise
se
met avec
dans avec
;
les
noms comi^osés
simples
les
:
Dans
En
:
Meurthe-et-Moselle.
Encore cette règle n'a-t-elle rien d'absolu. On dit fort bien dans le Tarn-et- Garonne ; en Hautes- Alpes serait impossible.
Avec
noms de ville, en a cessé de se dire depuis le En Avignon est un provençalisme don.l s'amuse
les
634).
III.
En ET LES NOMS COMMUNS.
— Avec
Ics
uouis
la
Meuse.
X.
est élu
Doubs. dans
le
communs.
:
XVII*^
s.
(h. l..
A. Daudet. à, en.
dans sont
A demeure
dans un assez grand nombre d'expressions en le diable au corps ; un enfemt au berceau. En est également courant ville, en terre existent à côté de: dans la ville. dans la terre. Dans la langue littéraire contemporaine, en est de mode. On a été jusqu'à remployer avec
•en concurrence.
:
:
le
et les
en
:
Chez.^ parents.
—
Il
On
signifie
a discuté
Aristofe (u. l..
m,
continue à dire
au
siècle
On
:
:
les Grecs, je la
chez
les Stoïciens
voudrois voir partout
se sert aussi d'autres expressions telles de, et aussi
dans
Hors d'un lieu.— Dans forligner
:
la
le
(1)
Dans
se
On
une vertu rare
C'est
comme chez
que à
lui (mol..
cm dedans on a singuliè-
/'/n^ér/cnr de.
formation des mots, la.
f.
se servait
de
du hors-d' œuvre, commission
être hors de la ligne, for bourg {fcmbourg) qui est hors
trouve encore
Éduc.
:
sein de. expression dont
bourg. Aujourd'hui on se sert de hors, extra
sou (Flaub.,
—
;
(1).
dans l'enceinte rement abusé. III.
:
645). Les partisans de la restriction ont été battus.
chez
de,
fors
fréquemment.
proprement: dans la maison de: Il est réfugié chez ses au XVIJe s. pour savoir s'il était permis de dire chez
d'aujourd'hui. Et
Mis., 1167)
fois à l'usage
poèmes. Cet afîreux barbarisme, contraire à la
les
à la tradition, se rencontre
et
II,
40).
:
:
un moiwemenl d'humeur, excusable dans un homme qui n'a pas
h-
CIRCONSTANCES
42(3
extraparlementaire (qui est formée et travaille hors du parlement). Defors et
ont également cédé
fors
comme
prépositions à hors
hors d'une grande
ville,
XVIIe
au
Un
:
fumées
loin des
et
comme
soit
s.,
observatoire,
pour
adverbes,
soit
travailler, doit être placé
De longues
de la trépidation.
discussions ont eu lieu sur la façon de construire hors avec ou sans de
hors la
:
ou hors de la ville? Ce dernier tour a prévalu au sens propre, à
XVI ^'
du
la fin
On
ville
dit aussi
:
s.
au dehors
de, à l'extérieur
de. Cf. le
latinisme
e.rtra
muras
opposé à intra muros.
Autour d'un
IV.
pour
(le
pourtour.
:
lieu.
Le
f.
—
Dans la formation des mots. Ta. f. se servait m. use de circon, circum circumnavigation, cir:
cumpolaire.
La préposition
essentielle
grand siège entor
XVJe
(h. l.,
s.
II,
Mais
375).
entour
était
la cité (Chron. il
S.
Quant
Espagnol
virent
le
Den., G.). Entour n'a pas dépassé
le
:
en est resté
la
li
forme à
l'entour, qui est
entrée en concurrence avec autour. Les discussions de la fin du XVII'' à ce sujet sont passées en proverbe.
La Reine
avait toutes ses
lieu, et toutes ses filles estoient
V.
Dans
le
autour
filles
partir de ce
.V
d'elle,
mais
moment on dut Reine
la
à l'entour (ménage. Obs..
voisinage d'xm
—
lieu. Lez.
L'a.
estait
s.
dire
en un
:
tel
277).
i.
se servait de lez, (à
f.
Lez existe encore (mal orthographié) dans les noms de lieux Plessis-les- Tours : La Queue-\eS-Yvelines. etc. Les prépositions étaient, côté).
outre
:
lez
:
de cosie, jouste, empres.
Jouxte a disparu la dernière. On la trouve encore au XVII^ s. (h. l.. m, 381). Nous nous servons aujourd'hui de près, proche, à côté de, auprès de, touchant, joignant, contre.
Près
donné
a
lieu à toute espèce
de diflicultés. D'abord
a fallu le dis-
il
tinguer de prest, prêt, et la langue n'y est pas arrivée avant
le
XVIII'^s.
dans Dans quel péril encore est-il prêt de rentrer ! (Ath., 186), tout comme dans Je me sens prêt, s'il veut, de lui donner ma vie {Ib., 1274). Aujourd'hui l'adjectif, écrit p^c^ est suivi de à: la préposition, écrite près, de de: prêt à défaillir, près de défaillir: Il est près du sentier, sous la
Racine
écrit prêt
:
:
haie odorante.
Une pierre Harm. p.
l'étranger (lam.,
petite, étroite, et rcl.,
m,
indifférente
xiv)
;
Au.v pas distraits de
— Près de
la
lourde anémone,
de charmantes petites fées, des annélides apparaissent (riichel.,
Mais
que
celle
de l'orthographe. Fallait-il toujours dire près de
qui a triomphé, sauf dans de vieux faites
:
Près
près Lyon et
)
;
si
lui (fé^.. Tél..
Des auteurs du XIX» hésitent Éduc, i, 215).
:
il vil...
près
1.
? C'est cet
usage
lieux et des expressions toutes
xiv).
le jet
387).
même temps
la
Haye
(1).
aussi été en concurrence. Proche de a vieilli
proche de
près de lui (Flair.,
noms de
ambassadeur près la Cour de
proche ont
sippe arriva (1
La Mer,
question de la construction ne s'est pas résolue en
la
Depuis
la fin
:
Hégé-
du XVIL'
s.,
il
d'eau, Deiiiuir couché... RosancUe. assise
LES DIVERSES POSITWXS
427
était indispensable de le faire suivre de la préposition de
La
vieille
proche de sa ruine.
:
forme emprès a disparu, mais auprès de
est resté
auprès de sa mère. Touchant et joignant sont des procédure. On emploie encore contre tout contre
a vécu
//
:
archaïsmes de la porte
;
la
elles (les
;
colonnes) se touchaient à la fin contre la muraille du sanctuaire (flaub., P. choisies, 184, Sal.). Cf. vers Son maître était logé à l'écart, cl appa:
remment vers un
A
grands arbres (la font.,
lieu couvert de
i,
—
11).
distance d'un lieu. La préposition est loin de loin des yeux, Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres... Sont : bien loin de mes yeu.r (v. h., Cont., A Villeq.). On dit aussi à distance. Les expressions figurées au diable au vert (vauvert), au.v 36.000 diables, indiquent un grand éloignement. VI.
près-
—
du cœur
:
:
VIL Au dessus d'un
lieu.
— Dans
la
formation des mots on
entrer
fait
suret sus: smtout, surplis, surnager, surmonter, survoler, susnommé, susépineux. On se sert aus«i de super, supra : superstructure, et de épi : épicycloïde, éi^izootie.
Sur
(a.
f.
soure) a longtemps perdu son r final
ressemblait tout à fait à sa(s) devant consonne.
Je rejoindrai bientôt
les
;
se
il
prononçait
On employait
.sa
et
aussi dessus
Grecs sur cette rive (kac, Jph., 206)
—
;
:
Quelle
importune main, en formant tous ces nœuds. A pris soin sur mon front d'assemmes cheveux? (Id.. Phèd.. 159) La vapeur de leur haleine passait
bler
;
—
sur la lumière des torches (flaub.. P. chois.. 184, Sal.).
On dit gravure sur cuivre, sur bois ; le tourneur est tourneur sur métaux ou en métaux. La matière, l'être apparaît dès lors comme la chose sur laquelle Qu'il on travaille, on essaie On expérimente un remède sur des chiens :
:
:
s'essaîra sur
vous à combattre contre eux (rac, Andr., 172).
venger sur, exercer des sévices, des violences sur persécutent Il
nous
le
O Dieux,
dont
le
pouvoir sur
Oui,
—
D"()ù
se flls
des lieux figurés
grandeurs suprêmes (corn.. Cin.. 986)
les
:
Grecs sur le
les
De même avec
père (rac, Andr.. 225).
(ait souverains sur leurs
:
—
;
:
—
choses préside (mol.. Amph.. 973). Cf.
compter sur, faire fond sur, économiser sur l'éducation. La notion n'est pas tellement claire qu'on ne puisse emploj er en certaine
Nous avons déjà
cas sur ou bien sous.
dit
qu'on a longtemps hésité entre
:
Sur prétexte et sous prétexte ont été aussi en concurrence On ne doit de rimer cwoir aucune envie Qu'on n'y soit condamné, sur peine de la vie (mol.. Mis., 1154 h. l., m, 644). En était très usuel en a. f. dans le sens de sur: sis cumpainz Geriers {siet) en en Passecerf (Roi., 1379) en son dos sa chemise (ruteb.. ii. 136) sur peine de la vie ou SOUS peine de la
vie.
:
;
;
la
—
;
croix (pasc, Pens.. art. xvi, 2. Hav.).
restées avec ce sens
:
le
casque en tête;
— — un
Beaucoup d'expressions sont
— Jésus
est
mort en croix;
portrait en pied.
A
s'employait aussi.
veux cependant
me
On
le
trou\ e encore à l'époque classique
dressent à la tête (boil., Scd..
m,
66)
;
—
:
Les che-
Une impie
CIRCONSTANCES
428
! au trône de tes rois! (rac, Ath., 799). Figurément: aux mêmes principes (boss., Serm., Septuag.). L'idée d'une position dominante, d'un sommet, se traduisait en a. f. par sont, en som. par som: en som cel pin al vent (Peler.. 760). Aujourd'hui le diminutif sommet est seul usilé Un observatoire au sommet du Mont Blanc. On dit en haut de la tour (cf. au haut de) : au faîte d'un mur.
étrangère Assise, hélas
En
insistant toujours
:
Au
YIII. sous
dessous d'un
de sub
et
:
On
SU\>caudal. subordonner.
de hi/po
et
:
— Dans
lieu.
la
formation des mots. on
sous-sol. sous-préfet, souterrain.
se sert
de
SOUSmar in, soulever, soupeser,
se sert aussi de infra
:
infrastructure, inÎTarouge
hypogastre, hypodermique.
— La préposition usuelle sous. Dessous a été déclaré adverbe — écrasé SOUS un bâtiment qui — SOUS canon du Mont- Valéricn — Et mes genoux tremblant dérobent SOUS moi (RAC. Phèd., D'où sens dérivé de tomber SOUS COUps — Sors.
est
sous Etioltes
Soisij
le
Hector tombe SOUS
le
les
Sous le Directoire. Au-dessous est en concurrence avec sous
dix
(rac
Troie expira SOUS VOUS
lui.
être
:
se
:
156).
nu ni
:
s'écroule
être
:
;
Andr.. 148). Figuré-
:
On
ans.
Même au
également
dit
pied des autels qm-
au pied
:
:
enfants
les
au bas
de,
:
au-dessous de
au pied du mur
—
;
—
Plu-, fumer (rac, Phèd.. 2S7) sieurs portaient au bas de leur vêtement une déchirure arrêtée par un galan de pourpre (flai-r., P. chois., 185, Sal.).
Par
terre
je faisais
s'exprimait autrefois par jus, Mettre jus a en^uile été traduit
par mettre bas. mettre à bas (h.
Devant un
IX.
pré et pro
:
:
lieu.
ii,
t...
— Dans
376).
formation des mots, on use de avant,
la
avâUt-bras, a,V3int-garde,
ÇTOéminence,
piomontoire, proposer,
préposer.
Devant. Dedavant
— de
— La
préposition essentielle est devcmt
sei fait porter
son
Dragun
(Roi., 3266)
:
:
l'a.
—V
f.
disait dedevant
:
devant Loupy
;
illotte
combats devant Verdun. Devant signifie aussi en face de, en ])réscncc avoir devant les yeux, comparaître devant le tribunal, il Va répété devant
les :
—
J'ai même défendu, par une expresse loi Qu'on osât prononcer votre nom devant moi (rac, Phèd.. 603). Par devant nous est devenu une expres-
moi
;
sion du formulaire.
Ex TÊTE DE tête
est relativement récent. implique l'idée de commandement
:
X. Derrière
un
lieu.
— Dans
En //
tête
derrière
:
couvai.
:
soi.
On
de la colonne.
dit
en queue de
.de ses
A
la
hommes.
se sert do. arrière,
retropédcdage. rétrograder, reve-
Les prépositions sont derrière,
regarder derrière
bout de. à l'extrémité
livre,
formation des mots on
la
rétro, re.post: 3irrière-bouche, a,rrière-pensée.
nir, re'-uler, post])oser.
du
a chargé à la tête
en
arrière
de,
par
aussi en queue de. à la suite de. au
la troupe
:
—à
l'extrémité, au bout
du
LES DIVERSES POSITIONS
deux
XI. Entre entre, inter
lieux.
—
Dans
429
formation des mots, on
la
de
entre- filet entrevoie, entrelarder, entrecroiser, intersyndical, inter-
:
parlementaire.La préposition essentielle est entre: entre Loire entre ciel
se sert
et terre
:
— entre quatre murs.
On
Seine
et
:
—
auasidans l'intervalle de. Maiii
dit
cette locution s'applique surtout au temps. L'idée précise de oam//z>u s'ex-
primait autrefois par emmi: Li princes fu tousdroisen mi sabaronnie(cuvEL.,
Du Guesc, 13488. G.). Emmi a disparu; parmi est resté, avec un sens vague assez voisin de celui de dans. Il était très classicjue Mais parmi ces périls où je cours pour vous plaire (rac, Andr.. 289) // faut, parmi le monde, une vertu traitable (mol., Mis.. 149). Il ne se dit plus guère quand le nom est abstrait, ni au singulier Parmi ce grand amour que j'avois pour :
—
;
:
Sévère (corn.. PoL.
A
XII.
de contre
Dans
l'opposé d'un :
la
disait
:
Dans
formation des mots, on
la
(1).
Au
aussi
XIII. Le long de
se sert
fil).
à V opposé de. en en face de la mairie: la nuiison figuré, on emploie contre : travailler contre ses inté:
—
la poste est située juste
à
rencontre de
machination à l'encontre de
ta
il
:
redoutait quelque lâche
jeune comédienne (gaut., Frac,
— A côté d'un
lieu.
du lonc
(tout
(rare), selonc (selon), le lonc. s'alés
—
construction des compléments, on dit surtout
en face de vous
On
lieu.
eontrepcnle. contrepointer (piquer à l'opposé avec du
face de, vis-à-vis
rêts.
19.3).
selonc celé forest ebanoiier (Auc.
— En on servait — Montés sor un a.
)
se
f.
et
subtile
63).
ii,
de alonc
ceval. fait
.•
20-22).
Il
XVP
a. Il ij a plusieurs moulins à vent, selon qu'au le rivage dudit (belon, Sing.. i, 69, G.). Nous disons le long de. au long de.
XIV. Jusqu'à un
lieu.
— Pour
la
—
XV. En deçà, au delà d'un on
la
f.
se sert
de
cis.
Irans,
—
lieu.
ultra, outre
:
Dans
la
lac
se servait de très que
mer cunquist
la tere altaigne
Et iusque dans l'Épire il les peut ,ittirer (rac. se sert aussi de dans la limite de, sans dépasser.
{Roi.. 3);
On
limite. l'a.
qu'en
et de jusque, qui seul est resté: Très
il,
n'a disparu en ce sens
Anrfr.. 228).
formation des mots,
eismontain, transcdpin.
ultra,violet,
outrepasser, outre-mer. outrenwnts. Les prépositions sont au deçà, cm delà,
qui ont remplacé deçà, delà et outre, autrefois courants j'aille
outremer (couci,
Plus outre heure
est
se disait
ch. vi, str.
encore au
venue (corx., PoL, 1129
(1) On dit aussi aujourd'hui simple. Cf. vis-à-vis moi.
:
xvii*" ;
:
Ainz (avant) que
i).
h.
s. i..,
:
Encore un peu plus outre
m,
et
ton
365),
en /«celé ministère; en face est devenu une véritable préposition
CHAPITRE
III
LES MOUVEMENTS
Espace
mouvement.
et
grandes catégories 10
2°
—
Les mouvements
en trois
classent
se
:
Le mouvement tend vers un point, Le mouvement ])art dun point,
c'est la direction
:
aller vers Paris.
de départ
c'est le point
:
venir de
Paris. 3°
Le mouvement passe par un point,
c'est le
passage
:
passer par Paris.
Les moyens d'expression peuvent être intrinsèques traverser une atteindre la Marne; ou extrinsèques, on se sert alors de prépositions
ville,
:
mouvement
:
vers
combinent avec les termes qui servent à indiquer les lieux. Ex.: Une infirmière est aupvès du jna/arfp. Pour exprimer qu'elle quitte cette place, on se sert d'une combinaison obtenue en ajoutant à auprès\^^ préposition qui marque le point de départ, Paris, de Paris, etc. Ces prépositions de
la séi^aration
On
dira de
:
ne vous approchez pas
même
—
:
je viens
d'avec lui
d'elle, elle vient :
—
elle
se
d'auprès A^un malade.
arrive de chez sa tante, relever
vous sortez de dessous terre. De même, dans d'autres cas, on de par terre; coml)inera par avec d'autres j)réi)osilions. pour marquer le passage par la position que ces prépositions indiquent
:
sauter par dessus la palissade,
passer par chez moi.
L'idée de sont pas en
mouvement nombre
n'est pas exprimée.
Ces combinaisons ne
-
La langue
considérable. Vaugelas ne les aimait pas.
Souvent l'idée de la position particulière entrez dans l'espace subsiste seule, et on néglige le mouvement. Par ex. prenez du sucre dans le sucrier. dans le salon ; 11 faut observer ici que la direction surtout n'a souvent aucunement besoin d'être marquée. Dans: // vient icitous les jours, ici est le même adverbe C[ue dans: // est ici. On dit: plusieurs chemins y conduisent comme: y existent. On dit (dier en Amérique, rn/r^r dans la tranchée, comme: é/r^ dans la tranune échappée chée. CA. mon âme chez les morts descendra la première ; excusez-moi auprès de lui être précipité sous sur un coin de verdure un joug rigoureux, .\insi l'idée de mouvement, non seulement n'est pas ex])rimée on français par des formes spéciales, mais souvent ne l'est pas du tout. Ce qui achève de donner à ce changement son importance, c'est que, dès les origines, les formes verbales spéciales qui marquaient la direction,
moderne en
fait
peu d'usage.
:
—
:
;
comme
le supin,
—
;
—
—
l'infinitif qui y supplée, tantôt allez-vous à dîner, tantôt sans préposition
avaient aussi disparu. C'est
avec une préposition
:
inviter
:
LES
MOUVEMENTS
—
431
— —
venez goûter, mes enfants ; j'accours vous chercher, toi et ta maisonnée (fabre, M^f' Fuster, 178) Le jeune prince menait gaiement toute l'Europe souper à Paris (michel., Rév., m, 33-34). Les écrivains contemporains développent beaucoup cette construction notre philosophe asseoir
;
;
,
:
dcms un train
bonne nouvelle à Paris (f. fabre. jV/me Fuster, 177). Ce caractère de la langue est d'autant plus remarquable que l'idée de mouvement prend dans la science contemporaine une ampleur extrême. se jetait
I.
de
Le point de départ
sortie,
mêmes. entrent
— Moyens d'expression intrinsèques. — L'idée
de provenance,
est
très
souvent contenue dans
Elle y est introduite par diverses formes
triation, extraire
el
volait apporter la
et
du charbon,
effeuiller des roses.
éléments, qui sont
d'autres
du préfixe
Dans
dis, des. dé
:
:
l'expct-
formation des mots
la
débarquer, déshabiller
:
aussi en, qu'il ne faut pas confondre avec le en de encercler,
Ex.
mots eux-
les
ex, es, e
:
empourprer.
eïan^ener, emporter, s'enfuir, s'en aller, s'en retourner.
Moyens extrinsèques. verbes
:
parler de sa place
;
—
Les compléments
avec des noms
:
se construisent avec des voyage de Paris à Rouen avec :
des adjectifs ou des participes: cousin issu de germain.
De.
— La préposition essentielle est de
:
AL, 38
s'enfuit de la COntrede(
—
b)
;
—
—
né de parents inconnus mon mal vient de plus loin (rac, Phèd.. 269) ce livre est de Victor Hugo un homme de votre pays Malheureuse, quel nom est sorti de ta bouche? (rac, Phèd., 206) on n'apercevait d'en bas que de hautes murailles (flaub., P. chois., 183, Sal.). De l'idée de point de ;
;
—
;
—
;
;
—
déi)art dérive l'idée de séparation, d'éloignement, de privation
:
se séparer
— ôte-moi d'un doute — délivrez-nous du mal — s'abstraire de préjugés; — préserver du froid — exempt d'impôts — veuf de MarieLouise Jacquet — quand nous débarrassera-t-on de sa présence — Ele prent congié a Âucassin (Auc, xvi, — Mon pied A de son mari
;
;
;
ses
;
;
? (1).
;
6)
(2).
fixé
;
au sol où mon cœur reste (i,am., Joc, 2 août 1795). S'informer à quelqu'un était encore classique. On a dit ensuite s'informer auprès de. Pendre ses habits à un clou est en concurrence avec après un clou. J'ai dit // se cramplus haut qu'on a discuté le second, de plus en plus répandu s'arrache
:
ponnait après
Depuis.
A //
même.
elle.
— La France s'étend depuis -
— On
dit
:
le
boire à la cruche
ne quittait sa pipe que pour boire à
placée devant lui (e. sue, Myst.,
i,
Rhin jusqu'à l'Océan.
même, d'où
même
:
à
même
d'une canette
la cruche.
—
d'ecui de vie
8).
(1) De cette même idée du point de départ sont aussi issues toutes sortes d'idées dérivées, dont nous parlerons ou avons parlé en leur lieu. Pour de marquant la provenance, la matière, l'instrument, vin de Saiimiir, table de chêne, frapper d'un bâton, voir à La Caractérisation. battu des flots, voir à liv. XVI, eh. III, IV. Pour de marquant l'origine de l'action passive il est honteux de mentir, voir à L'Impersonnel, p. 289. Pour de L'Objet, p. 371. Pour de dans marquant la cause, voir aux Rapports logiques : Les Causes, liv. xx, ch. iv. (2) \'. au chapitre L'Objet secondaire, pour demander à, arracher à. :
:
CIRCOSSTAXCES
132
—
Pour représenter de et son Le point de départ est représenté. complément, on se sert de en et de dont : j'en arrive ; la maison dont je sors, d'où je sors. Dont et d'où avaient la même prononciation en a. f. Il faut arriver jusqu'à Vaugelas pour qu'on les distingue (h. l.. m, 505). Encore Racine écrit-il toujours Ménélas trouve sa femme en Egypte, dont en se retournant du elle n'était point partie (Andr., 2" préf.). Et Molière :
:
dont
côté
II.
sort (Av., v, 2) (1).
//
Le lieu de passage.
])rimait autrefois
trans
:
par
— Dans
très, tré
— La préposition usuelle — — regarder par fenêtre
Par.
la
les
;
adresses
:
est
elle est sortie
;
hasard, j'ai marché par les rues.
D'où
formation des mots,
le
passage s'ex-
Nous nous servons maintenant de
transsibérien, transborder, transposer.
passe par Châlons jeter
la
trépasser.
:
par
La
:
route de Paris à Strasbourg
par la porte du pare par la lucarne
Connue un fou
;
—
(v. h..
:
— on devrait
les
Jusqu'iui soir, au
Ruy-Blas.
v. 1).
—
Larcouest par Ploubazlanec.
—
à travers, au travers. On regarde Il y a d'autres locutions A TRAVERS. par une fenêtre ouverte, on observe à travers un rideau. L'idée est qu'il y a :
non seulement un point
à passer,
mais un obstacle à franchir. Les gram-
mairiens ont prétendu réserver ce sens à cm trcwers. La vérité esl que l'on ne fait cette distinction que bien rarement Les religieuses cloîtrées vous par:
à travers un ou au travers d'u/? grillage. Llttré reconnaît que l'usage n'a pas acce[)té les règles qu'on a ])réten(lu imposer.
lent
—
Via.
11
nouveau,
est tout
c'est
une expression de messageries
:
via
Petit-Croix.
La
III.
endroit
'.'
—
direction.
Pour
Moyens d'expression sont souvent dans s'attabler, c'est
L'a.
f.
venez ça. sition
On
>iuelle direction
les
interroge par où
—
intrinsèques,
mots eux-mêmes
s'approcher de
OÙ
:
allez-vous'.' vers quel
?
Les indications de direction
arriver, c'est
venir à la rive
Il
avec
indiquait la direction vers ci,
;
la table.
avait un adverbe ça, qui a vécu jusqu'à rèi)oque classique le lieu
où on
se trouvait
:
or ça,
en oppo-
De ça venait ça bas, qui a disparu condamné pour avoir ressemblé à sabbat.
qui marquait la position.
à l'époque malherbienne,
Moyens d'expression extrinsèques. tion se construisent
(1) v.
:
Sur quoi tirez-vous
'?
:
au chapilro La ReprcxcnlaUon,
p. 180.
—
-
Les compléments de direc-
MOUVEMHXrS
LES 1*^
avec des verbes
20 avec des
noms
:
marcher sur Verdun la marche sur Verdun :
30 avec des adjectifs
A.
La préposition
l'échafaud
;
—
aller
:
;
à ses moindres signes,
attentif
essentielle est ù
à la chasse
;
—
—
je vais
:
à son poste
se rendre
— A moi
;
:
patrie (scun., Math.. 81).
Nous
utile
à ses
à mes affaires
envoyer aux provisions nwri au tombeau A a perdu quelques emplois Matliilde. quoij ;
433
;
;
;
—
intérêts.
—
mener à
suture son
au secours
!
!
qu'elle s'en retournast
dirions vers ou dans (h.
l..
m.
635).
à sa
En
revanche à tend à s'étendre ailleurs. Malgré les anathèmes des puristes, on entend sou\ ent partir à Paris au lieu de partir pour Paris. :
Dés
:
de direction s'employait dans une foule de cas où
les origines, le à
mouvement
un déplacement dans l'espace A Deu (// son talent emplois n'ont fait que s'étendre en tous sens. D'où la paresse conduit à tous les vices passer à un autre exercice se remettre à son problème porté à la boisson prêt à toutes les s'habituer à vivre de peu capitulations sourire à un enfant, etc.
le
n'est pas
(Alex., X, 50).
Depuis
:
lors, ces
:
—
;
—
;
;
—
—
;
;
—
;
—
Les exemples seraient superflus.
marquer par à la direction qu'il faut attribuer roman, à est en possession d'exprimer le complément d'attribution donner aux pauvres verser de l'argent au bureau de biendédaigneux au pauvre monde (1). C'est funeste au pays ; faisance par là aussi que s'explique l'introduction de à comme ligature devant les aimer à travailler. infinitifs C'est à cette habitude de
ce fait que, depuis l'âge :
—
;
;
—
—
:
Les autres prépositions de direction sont pour, sur,
Pour.
— Jr pars pour Bruxelles — — Au — pour tout ;
v. p. pour Lyon, bon pour la fièvre
789)
;
voici
;
//
(/
le
— J'ai conçu pour mon crime une
—
une
figuré, les eni])lois
s-,
vers.
lettre pour VOUS; ie train de pour sont très nombreux:
sexe une haine fatale (rac, Plièd., juste tcrrew (Id.. Ib.. 307)
;
—
la
pour toute vie (MiciiEL.,La Mer. 388). La lutte entre à et pour a été souvent très longue et le choix très tardif destiné à, destiné pour se disaient encore également au xvii*" s. De même, au figuyé, s' intéresser à et tendresse
;
s'intéresser pour.
Sur.
—
La
ruée sur Calais
;
—
cette fenêtre
donne sur
la
replia sur Châlons.
Vers, envers.
—
De
là la route se dirige vers
Châlons
;
rue
—
;
—
on se
on a député
versle roi. Envers a été longtemps en concurrence avec vers. Jusqu'à l'époque
banque vers Vaugelas a attril)ué à vers le une maîtresse (corn., Veuv., 370, var. 4). sens maté ie! et à envers le sens de à l'égard : poli envers moi (h. l.. m, classique, on usait très largement de vers: Ce compliment n'est
—
646-7). Soupirer vers a cédé à soupirer après.
(1) V. à
L'Objet secondaire, p. 379.
CIHCOXS TA XCES
434
On trouve que
sorte
que
de
=
vers
:
Route de Paris
(cf.
train d'Italie, c'est aussi bien
celui qui provient
Tl
de,
le
route d'
Amiens à
Paris).
De
train qui se dirige vers l'Italie
de ce pays.
y a enfin des locations prépositives
par abréviation
le
:
dans
la direction de, en direction
direction Paris.
:
Endroit a disparu. Mais on dit encore à l'endroit de. Des auteurs du // n'était point tendre à l'endroit des s. ont essayé de le rajeunir
XIX^'
:
rébellions
et
se
il
(GATT., Frac,
I,
montrait d'une générosité asialiqne en fait d'étrivières
140)
:
— Comme
'e
veillais
à l'endroit de notre jeune amie (Id.. Ib., vis-à-vis
:
une attitude
hostile vis-à-vis
Tl
(.a
faveur est plutôt à
nouveauté.
également de avec : Pourquoi étes-vous si méchcmt avec moi ? n'y a plus là à proprement parler que l'idée d'un rapport général. se sert
Directions pahticulièues. le
65).
de l'Église. Ce sens figuré de vis-à-vis
est récent. Voltaire protestait contre cette
On
avec l'idée de quelque embûche
ii,
bas.
l'a.
f.
r.va.it les
— Pour marquer
expressions amont
et aval,
la
direction vers
haut
le
et
conservées dans en amont,
—
De en aval : guardez amunt par devers les porz d' Aspre (Roi., 1103) sanc vermeil taint Verbe aval la praerie (oaiun. lo ch. xix. G.). Ils ont été courants jusqu'au xvr" s. Aujourd'hui on ne comprend plus guère à vau ;
Veau (aval
l'eau, en
descendant
l'eau).
SECTION
C
:
LES TEMPS
CHAPITRE
I
HORS DU TEMPS L'idée d'une action ou d'un état n'est pas nécessairement liée à une temps quand on parle de la rotation de la lune autour de la terre,
idée de
;
ou qu'on dit que la lune tourne autour de la terre, on ne rapporte pas ces faits à une époque particulière, passée ou présente. Dans ce cas se trouvent non seulement les « vérités éternelles « mais toutes sortes d'énonciations dogmes, articles de lois, croyances, observations de toutes sortes L'ar,
:
:
ticulation est l'ensemble des parties
par
lesquelles les os sont unis entre
eux
;
— L'analyse spectrale a pour but de déterminer nature chimique des corps à l'inspection des spectres des lumières fournies par corps portés à l'incandescence — façade principale du châtecm de Fontainebleau composée de cinq pavillons principaux, à aigus, entre eux par des corps de — topinambours bâtiments formés d'un rez-de-chaussée d'un étage sont d'une culture poussent n'importe où on plante — Tout la
ces
la
;
est
toits
reliés
et
facile. Ils
les
;
les
;
fait
quelconque de l'homme qui porte préjudice à autrui entraîne une réparation égale au p éjudice causé.
Chaque
fois
situer
dans
qu'on veut exprimer une action et qu'on n'a pas besoin de la durée, cette forme réapparaît. Les exemples en sont innombrables dans les textes Dès que nous remontons caix premiers principes, il ne nous reste qu'à avouer notre ignorance (s'e beuve, Lundis, vu,
la
:
463) elle
;
—
elle disait,
en
effet,
qu'on ne jOUe bien qu'en jouant avec son cœur
professait que pour exprimer fortement une passion,
qu'il est nécessaire
Hist. com., 31
de sentir
les
il
faut l'éprouver,
:
et
impressions qu'on doit rendre (a. frange,
).
dans un nom ou un infinitif, rien ne marque ciu'elle est du temps Haïr est un mal. Si elle est dans un verbe conjugué, aucune forme spéciale n'existe non plus pour ces actions hors du temps. La langue se sert du présent, ainsi qu'on l'a vu dans les exemples. Le présent s'oppose, en cette qualité, à des formes marquant des temps particuliers Je finirai par ressembler à Marat ! qui est une belle binette, quoique ce fût un rude imbécile (flaub., Corr., 4^ sér., 2) (1). Si l'action est
située hors
:
:
(1) CL Bien qu'au mois d'Aoûl les travaux de la cultuie retiennent uuv champs les ulllageois, il n'y eut guère de maisons qui ne délérjuât l'un des siens pour aller féliciter de son retour Monsieur le Supérieur (Barrés, Coll. insp-. V). .
CIRCONSTAXCES
436
un passé ou à un futur, sOjjpose assez mal à un présent véritable Les Français sont d'humeur gaie. Mais en ce Le Docteur reçoit de deux à moment ils ont bien des sujets d'inquiétude Mais
si
ce présent s'oppose bien à
il
:
:
—
mais aujourd'hui il est absent. en est de même au subjonctif. Le présent a
quatre, Il
qu'une expérience comme
celle-là soit faite avec soin
ce laboratoire soit actuellement
les ;
deux valeurs
:
//
faut
on ne considère pas que
en mesure de la faire.
Si l'action est éventuelle,c'est le conditionnel
en dehors de toute idée de temps
présent qui sert à l'énoncer,
Le plus odieux de tous les monstres seroit un enfant avare et dur qui sauroît ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse (ROUSSEAU, Emile, éd. Hach., 49). Là encore, la forme est la même que dans Je voudrais bien le voir. le cas d'une action actuelle En principe, on devrait user des temps qui marquent des faits hors du temps, chaque fois que l'idée sort de la « catégorie m du temps. Mais il se produit souvent des dérogations. Les temps s'attirent, et on abandonne 'expression rigoureuse. Dès le xvii^ s., il y eut des contestations entre gram:
:
i
mairiens à ce sujet. Nous en reparlerons au chapitre de des temps.
la
Correspondance
CHAPITRE
II
LES ÊTRES, LES CHOSES ET LES ACTIONS DANS LE TEMPS
A
quoi est attachée l'idée de temps.
—
L'idée temporelle peut être
attachée à un être, à une chose, à une caractérisation, à une action
(1).
— Elle est attachée a un être, a une chose /'homme de demain ~ réformes à venir — combat du 6 octobre — dans ordre qu'on admire, de débris A
:
L'enfant d'aujourd'hui /(
tst
—
-
La
;
ce bel
;
louis-quatorziens (flaib.. Édiic.
B
les
;
Elle est attachée
i,
310).
une caractérisation
a
imprenable il y a deux à une demi-heure de bombardement ; Bastille,
fait
siècles,
:
ne résisterait pas aujourd'hui
— sûre désormais de son pouvoir — — aveugle — impassible jusque-là — debout depuis ;
Puissante alors, faible aujourd'hui, ma/.s toujours belle, Venise...; depuis la bataille de Verdun près d'une heure,
elle
;
;
éprouvait
le
besoin de se reposer.
Les participes, en particulier, reçoivent fréquemment des compléments
temporels suivirent,
C les
La Prusse, vaincue en 1806, humiliée pendant triompha en 181 1. :
— Mais
c'est surtout à l'action
circonstances de temps Il
:
//
énoncée dans
le
les
années qui
verbe que sont attachées
arrive aujourd'hui
;
—
//
est arrivé hier.
n'est pas besoin d'insister sur l'importance de la date. Qu'il s'agisse
d'histoire ou d'affaires, d'une entrevue, d'un rendez-vous, d'une échéance, la
question de temps domine tout. La vie, de la naissance à la mort, se divise
et finalement se résume en quelques dates principales, heureuses ou malheureuses. Un jugement, une pensée, un vœu, changent de caractère, suivant qu'on les situe à un autre endroit de la durée, qu'on y attache ou non une notion temporelle. Comparez ceci est impossible et: actuellement ceci est impossible ; si seulement il était là et: si seulement il avait été là! cet enfantréussiraet: cetenfantaréussi. haquestion de la responsabilité du cataclysme qui vient de désoler le monde ne sera résolue que
en périodes,
:
—
—
quand on
sera définitivement fixé sur l'heure de certains actes.
Les actions considérées par rapport au temps. prendre (1)
comment
Nous dirons pour
les
actions sont présentées dans
plus de brièveté actions.
Il
le
—
Pour comtemps par la langue.
s'agit aussi bien des étals.
CIRCONSTANCES
438 il
faut considérer que. par rapport au temps, les actions peuvent se classer
en diverses catégories
A
— Actions
:
instantanées.
perdrix qui se posent
les
Nous
B
nommerons
les
— Actions
—
;
—
jeune
la
//
meurt
limitées.
— Ce
sont celles dont
abolis dans la nuit
Nous
ligne bornée
G
du 4
:
Nous ligne
D
un
actions-limitées
style 1res agréable
nous
;
les
Elles n'ont ni
cette
représenterons
commencement
personne est
Actions p.\rtikllkmknt limitées.
1° les actions
i)ar
une
ni fin
:
Cet
fort jolie.
et
cjui
•
—
Entre
les
ont un
comnunccnunl
:
La dévolution de 17<S9. midciré cl demi cette année, AppcUevona partiellement limi-
des reculs, continue depuis un siècle
tées:nouH les figurerons 2" des actions
cjui
deux catégories
:
votre enfant est réellement en progrès. ])ar
onl une
Nous
les
;
—
une ligne bornée au point de dépari lin
:
:
1
[/Iiun}(milr a cherché ses principes essen-
jusqu'à la Révolution de 89.
Nous appellerons
aussi ces actions partiellement limitées
rerons par une ligne limitée au point d'arrivée Il
;
féodaux ont été
:
précédentes se placent
tiels
les droits
appellerons actions illimitées, nous les représenterons par une
les
des arrêts
—
:
durée, quelle cjuVlle
1
non l)ornée
—
de terre
la
sa promenade habituelle
// fait
:
un point.
\
— Actions illimitées. —
écrivain a
•
août.
nommerons
les
pommes
épluche ses
la cuisinière
— voilà
étincelle jaillit;
actions -points, nous les figurerons par
puisse être, est comprise entre des limites
—
—V
;
expira.
fille
ne serait pas exact
points
et
de classer
les
en verbes-lignes, ainsi qu'on
verbes
le fait
;
nous
les figu-
:
eux-mêmes en verbes-
quelquefois.
Un même
veri)e
peut signifier tour à tour une action-point ou une action-ligne je tourne la terre tourne. l'ouvrier tourne un pied de table ; la page ; Le contexte modifie à cet égard le caractère d'une action. On le sent tout :
—
—
elle s'est éteinte brusquement iwelle s'est éteinte semble qu'apercevoir signifie une ;K'lion-])oint. On dira cependant for', bien J'aperçus longtemps sa main qui agitait un mouchoir blanc. Ce sont naturellement les expressions de durée qui jouent dans ces modifications le rôle principal, nous y reviendrons. Mais toutes sortes d'autres
de suite en comparant
petit
à
petit.
:
Il
:
compléments ont le même effet. Soit la pbrase Que fais-tu en ce moment ? Je sème mon hlé.U s'agit d'une action limitée. Soit au contraire la phrase Je sème mon blé en mars, il s'agit d'une action qui se répète d'une façon Madinue s'habille, action à durée indéfinie, donc illimitée. Comparons :
:
:
limitée, à
:
.l/adamt' s'habille bien, action à (hirée iMimitéc. C'est l'addition
LES ÊTRES, LES CHOSES ET LES ACTIONS DANS LE TEMPS
439
d'un complément de manière qui a fait le changement. On obtiendrait Madame s'habille le même résultat en ajoutant un complément de lieu :
chez X. Figuration'.
— Afin
de faciliter l'intelligence des observations relatives
au temps, on peut représenter la ligne du temps par une ligne indéfinie X y où le mouvement venant de P (passé) va vers la direction F (futur).
O marcjue
On
le
moment où
l'on parle. P. le ])assé.
arrive ainsi à représenter assez clairement
action ciuelconciue. point ou ligne, dans
suivant
jours, les mois, les années. Su])posons
Le
O
jjoint
le futur.
aux yeux
temps.
On
la
situation d'une
peut diviser, en
effet,
ligne en portions marcjuant les minutes, les heures, les
le cas, la
Pierre est venu
le
F,
me
voir avant-hier,
représentant
le
//
cju'il
n'a pas
moment où
s'agisse de figurer la jibrase
pu
rester,
il
:
est reparti le soir.
l'on parle, je représente sur la
segment OA, la journée segment AB. L'action commence après B en C. et se en D, puisqu'elle a été contenue tout entière dans la
ligne X y, en partant de O, la journée d'hier par le
d'avant-hier par
termine avanl
A
le
journée BA.
Je pourrais, en divisant
AB
en
2-1
segments égaux, représentant chacun et marquer les heures. Ainsi dans
une heure, arriver à plus de précision tous les cas. Voici la figure de la
même
:
Pierre
est arrivé
heure.
Avant-hier
Hie
avant-hier à midi,
il
est reparti hier à
CHAPITRE
III
DATES ET ASPECTS Étant donné ce que nous venons de ment indiqué que si on exprime, d'une tion, d'autre part, à quel point
Voici
un
fait
:
Un
dire, le
moment
de son développement
déjeuner aura lieu en Octobre,
nerai avec lui en Octobre; ou bien, dans
Je déjeunerai avec lui déjeuner par jour. est nécessaire
temps ne peut
part, à quel
:
le
le
il
elle
être complète-
se
rapporte
l'ac-
en est à ce moment.
suffira de dire
:
Je déjeu-
cas où une précision rigoureuse
26 Octobre.
Il
n'y a en
efTet
qu'un
Mais fort souvent, il ne suffît pas d'une date. Supposons qu'on donne rendez-vous à quelqu'un qui vous a présenté un manuscrit Revenez lundi, :
je l'aurai \\x,nous
c'est
en causerons. Ce qu'on veut lui
que ce jour-là
la lecture sera
terminée,
marquer par
le fait
je l'aurai lu,
accompli. L'action se
présentera sous l'aspect d'une action accomplie. Sans avoir l'importance qu'elle a dans d'autres langues, l'indication de Vaspecl contribue en français, avec l'indication de la date, à l'expression
du temps.
Dates absolues. rappori au
Au alors
moment où
Dates relatives.
—
I^a
date peut être donnée par
l'on parle, c'esl la dale absolue.
Il
a compose hier,
Il
composera demiin.
Il
compose
l
hJ
ttiijowd'biii.
contraire la dale peut être donnée par rapport à un autre
une date
relative.
On
raconte une course de bicydistes
Melun une heure après que Jandin
arrivé à
:
fait, c'est
Bernard
est
avait passé.
Course de Jeandin
Course de Beroe^rd
nécessaire. Il est rare que la date donnée complètement avec l'action. Celle-ci se place à un endroit, point ou ligne, du temps indiqué par la date, rien de plus. Je suppose qu'on dise on l'a opéré hier. Le temps de l'opération se place dans la durée de la journée d'hier, à une heure qui n'est pas précisée. La date donnée hier, contient la période de temps où a eu lieu l'opération, elle ne l'ne autre observation est
co'incide
parfaitement
:
:
co'incide pas
avec
elle.
et
CHAPITRE IV
TEMPS
LES LIMITES DE
On le
limite souvent la durée
où
qu'on en marque Je sais cela depuis
se placent les actions, soit
point de départ, soit qu'on en
marque
—
terme
le
final.
deux jours j'y resterai jusqu'à mardi. Les actions encloses dans les durées ainsi limitées peuvent être de toute espèce, ce sont d'abord des points ou des lignes limitées Depuis son retour d'Athènes, je l'ai vu deux fois. ;
:
—
Rencontre A
I?
Retour ^
1
2''
Rencontre B (
1
Autre exemple. Le médecin annonce
:
Il
aura encore quelques poussées
de fièvre jusqu'à sa complète guérison.
2® Poussée
lèr«Poussee
Cl.
A
partir de ce jour-là, (luand
vait dire à coup sûr
:
ayant retrouvée veuve, et ]"ai tout
«
Il est
chez
les
Jack
n'était plus à la maison...
Rivais
>>
(a.
daud., Jack, 244)
libre, pleine de séductions, je
;
on pou-
— Vous
vous ai tout de suite désirée
an que je VOUS Cours ft., i. 15). durées peuvent être des actions-points,
de suite espéré devenir votre mari. Voici près d'un
sollicite, et
que VOUS
me
faites souffrir (herv.,
Les actions situées dans des actions
limilées
ou
ces
des
actions
partiellement limitées
:
Depuis
le
4 Septembre 1870, ht forme du gouvernement en France est la forme républicaine.
—
1» Compléments préMoyens de marquer les limites de début. Les deux prépositions les plus usitées positionnels. Dès ET depuis. j'y suis depuis cinq jours sont dès et depuis : Il trcwaillait dès l'aube ; Lcweuses qui, dès l'heure où l'Orient se dore. Chantez, battant du linge aux fontaines d' Andorre (v. h., Lég.. P. r. de Gai.) Depuis trois ans
—
—
;
;
entiers, qu'u-t-il dit, qu'a-t-il fait
parfait
?
(rac.
Brit., 25).
—
—
Qui ne promette à Rome un
empereur
CIRCOXSTAXCES
442
—
Autrefois dès se trouvait Dès ET depuis dans i/ancienxe langue. souvent employé là où nous employons depuis. On le rencontre assez fréquemment avec jusque marquant le terme final Dès l'enfance jusques :
à l'aage plus avancé (camus, Homel. dom., 64). A l'époque de Malherbe, il cf. h. l.. m, 646). Dès pour depuis est a cédé à depuis (malh., iv, 251 Vous feriez cela dès le impropre, dit Oudin. surtout quand jusque suit ;
:
soir
jusqu'au matin (Gr., 270).
—
Aujourd'hui, il n'est plus d'usage de se servir de dès Emploi .\ctuel. quand le terme final est marqué. Mais ailleurs dès continue à marquer le point de départ dans
futur ou
le
le
passé
dès qu'il a paru, dès qu'il paraîtra, non
De que a
même
plus,
la
dans
portion de
commencé
il
:
la
Si je dis,
il
durée
l'action dont
il
on parle
indiquée dans
cjui est
marque coïncidence
baccalauréat passé,
:
produite sitôt
s'est
complément avec
le
dès l'aurore
s'est levé
//
;
-
dès
dès son
engagé.
s'est
août
a passé son baccalauréat en
depuis lors
:
des choses, je parle d'actions situées sur la ligue
mais ces actions ne
:
passé, on n'emploie pas indifféremment dès et
le
Le premier marque que
depuis.
depuis ne se dit que du passé
;
depuis qu'il paraîtra.
:
se ])lacent pas
néccssairemenl au
//
a fait bien
coniincncc à depuis,
(pii
poiii!
de
(ié])arl.
Engagement
A
Dès: Baccalauréat, I
P
.
Baccalauréat Actions
I
B
Depuis
Les acti(jus situées dans
la
durée passée. limitée par
r/c' .s.
doivent êlre au
passé; celles qui sont situées dans la durée limitée par depuis, peuvent êlre Il
au présent
:
depuis son baccalauréat
en résulte qu'on dira
:
La
course a
il
ne
fait
commencé
que des
le
1 '5.
sottises.
Dès
dix heures,
X était
Depuis le 13 à dix heures, Xest premier, iiou dès le 13. Cf. Depuis cinq ans entiers chaque jour je la vois. Et crois toujours la voir pour la première fois (racine, Bér.. 515). Soit ! X'ij pensons i)lus, Ajoutons que depuis s'emploie adverl)ialeiucul
premier
:
dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours
et
:
:
:
(v. n., Cont..
Expressions tirées de dès et toutes sortes d'expressions
:
—
depuis.
dès auparavant
:
i.
xix)
Dès
(1).
a cojilribué à
quantité de meubles
former
de nippes
et
de conséquence, qu'il lui avoit donnés dès auparavant (lafont., ix,234,Lr/.).
Nous ne
le
dirions plus aujourd'hui. Mais ou trouve encore dès avant
(1) .Iiis(iiic dans Corneirc on trouM" l'cxprcsMon du depuis ailleurs .s'esl engiujve (Ment.. 1701. var., 1
aiijouitl'hui vieillie, ).
du
:
:
^'()lre
La âme
LES LIMITES DE TEMPS
443
double pensée politique de Mirabeau, dès avant l'ouverture des États-Géné-
raux
dans
était tout entière
DÈS
—
DÈS l'heure.
LORS.
deux mots
ees
(s^^
Le second
beuye. Lundis,
iv. 81).
était encore classique
fusse dès l'heure, soulagé Fesprit (la rochef.,
:
Je me
Nous disons plutôt
448).
ir,
dès lors. Désormais a
une origine analogue, que révèle la forme archaïque maintenant plus) Sa vie est des or mes honteuse
dès ores mais (dés
:
(CHREST., Chev. Charr., G.). Les éléments sont soudés depuis longtemps
On
portera
le
joug désormais sans
se plaindre (corn., Cin.,
1758)
:
(1).
Depuis entre aussi dans une foule de locutions depuis peu, depuis touLe XVIJe s. employait depuis naguère, dans le sens de depuis peu : que depuis naguère 2^ous deux s'étoient entre-donné la foi (la font., ii, :
jours. et
p. 308, Cont.).
On
dit
aujourd'hui
:
dei)uis longtemps, depuis
le
temps:
aurait vrai-
Il
ment pu venir depuis le temps. Dès et depuis ont formé également des locutions conjonctives depuis que, dont l'emploi correspond à celui des {prépositions
dès que l'œil
je le
—
;
pourrai
depuis
—
:
dès que,
Je paierai
depuis que j'ai appris ee malheur, je n'ai pas fermé temps que vous me promettez votre intervention ! Les construites ont remplacé le tour encore classique qui per:
le
propositions ainsi
mettait de faire suivre dès
Monsieur
:
et
depuis d'infinitifs
voyagé par tout
votre père, j'ai
le
:
Depuis avoir connu feu
monde (Mol..
B.
(',..
iv, 3).
De. •— Le point de départ est aussi marqué par de De ce jour-là, // ne m'a plus salué : il est aveugle de naissance Du jour où je vous vis, ma :
—
vie encor bien
;
sombre, Se dora
Nous employons
ce de
(v. h., M(u-. de Lorm., dans diverses expressions
longue date. Mais nous ne dirions plus
BŒUF, Luc.
—
trav.,
131)
:
ni
:
:
i, :
2).
de longue main, de
Instruit qu'il est de jeunesse (bré-
Enfant, qui
l'as
connu du ventre maternel
(corn., Cant. de Zach., 34).
De a formé dorénavant
maintenant en avant), qui signifie à peu-tir composants sont restés longtemps distincts D'ore en avant serons-nous compeignon (Ronc, 140, L.). Nostre mescompte ne pourrait d'ores en avant excéder vingt et quatre heures (mont.\igne, iv, 177, L.). Au XVIP s., la forme moderne composée dorénavant est seule en usage Qu'ils soient dorénavant ton unique entretien (corn.. Hor.. 1277) Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte (bossuet. Condé) (2). (de
de maintenant. Les éléments
:
:
:
;
—
(1) Désonnais que s'employait autrefois dans le sens de mainlemtnl que. On le tiome encore dans La Fontaine Désormais que ma Muse, aussi bien que mes jours. Touche de son déclin :
V inévitable cours (Disc, à
M^^
de
la Sablière).
par plaisanterie que Jlolièrc place l'adverbe sous sa forme archaïque dans la bouche de Thomas Diafoirus El comme les naturalistes remarquent que la fleur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet asire du four, aussi mon cœur dores-en-avant tournera-t-il toujours vers les astres resplendissants de vos yeux adorables (Mal. Im., ii, 5). (2) C'est
:
CIRCONSTANCES
444
A PARTIR DE. — A DATER DE. — On
de compléments intro-
sc Sert aussi
—
Les inscriptions auront lien à partir de jeudi : Elle lui rendit son salut de bonne grâce, et, à compter de ce moment, ils prirent l'habitude de se souhaiter ainsi le bonjour (muss., Fréd. et Bern., cliap. i). duits par ces locutions
—
Propositions.
:
On
affirme par une proposition exprès qu'un espace
de temps, déterminé ou non, s'est écoulé depuis
a cinq ans que
cela revient à: je
le début de l'action Il y y a longtemps que j'habite Paris. Et connais depuis cinq ans.
connais
je le le
—
:
:
il
Moyens de marquer le terme final. — On Mon père est absent jusqu'à demain
jusqu'à.
;
se sert surtout
—
je t'ai
de jusque,
attendu dimanche
jusqu'à deux heures.
—
Jusfju'à ce que.
jusqu'à tant que en ayez assez
On
construit les i)ropositions avec: jusqu'à ce que,
Oui. oui. vous accepte:
:
celte
charge jusqu'à ce que nous
!
—
PoxR. On dit aussi pour, (fui marque la durée au bout de laquelle est terme final Mr. de Couaën est sorti pour tout le soir... (s'^' bi:uve. Volup.. Paul... s'endormit pour deux heures (a. daudet, //??//).. 73). 53)
le
:
:
—
En attendant
—
que.
Je
le
soigne, en attendant qu'il
me
soigne à
son tour.
La limite est a l'infini. mot jamais
pour, suivi du
:
—
on se sert de à, de Je n'écoute plus rien;
Si la limite est à rinlini,
à jamais, pour janiais
:
pour jamais, adieu .'{rac. Bérén., 1110);— Vous avez apaisé ma tristesse mon cœur aussi vous clmntez à jamais (lec. di; lisle, Po. Ant., Nox). Il est remarquable qu'on puisse toul aussi bien se servir de toujours : je l'ai quittée pour toujours e.vclu à toujours de toutes les Facultés de lu et
inféconde. Et dans
.'
;
—
République.
— La portion de
Entre, dans l'intervalle. dates données se
à sept
marque de
(Cf. d'ici là, d'ici
diverses manières
durée comprise entre deux :
entre cinq
et sept,
de cinq
demain).
—
La limite
est dépassée. Quand une action-ligne non seulement un point, mais le dépasse, on se sert pour le marquer de encore : A huit heures les pompiers furent maîtres du feu. mais l'incendie dura encore
atteint
toute la nuit.
huit
he.:r-e'o \
1
Quand la révolte
l'action atteint
a le choix entre encore et toujours beau attendre, elle ne vient toujours pas
un point, on
dure encore, toujours
;
—
j'ai
LES LIMITES DE TEMPS S'il s'agit
d'une action dont
on se sert de déjà
:
le
le
début a précédé
445 le
temps dont on
parle,
4 Septembre 1870, avanl qu'elle fut proclamée à l'Hôtel
de Ville, la République existait déjà virtuellement.
tence de
la
Ce n'est pas bien entendu de
République
le
seul sens de ce
mot
déjà,
un des plus
usités
la langue.
Le vieux français usait de fa : Sire cumpainz, ja est morz Engeliers {RoL, mot a vécu jusqu'au commencement du XVII® s., où il fut con-
1503). Ce sidéré
comme paysan
composé (1)
:
//
est
(h. l.,
m,
déjà huit heures
359). ;
Ja déjà n'a pas eu de succès, mais on
—
Depuis
lors,
il
les querelles ont
dit d'ores et déjà.
est
remplacé par son
déjà commence
(l).
CHAPITRE V
MOYEXS D'EXPRESSION DES DATES
Questions concernant les dates de l'action.
moment
— Pour demander à quel
sest passée une action, on se sert de diverses formules
quand est-ce, pour quand, depuis quand, quel année? etc.... suivant le cas. Pour répondre
jour, à quel
:
quand,
moment, en
à ces questions,
quelle
moyens
les
sont très divers, les uns intrinsèques, les autres extrinsèques.
Moyens
—
Formes du
intrinsèques. que le verbe siitlit
—
verbe.
Généralement, on temps grâce aux formes verbales. Cela n'est vrai qu'en gros. Quoiqu'il y ait un « infinitif préet un « participe sent » et un « infinitif passé » un « participe présent passé » le plus souvent ces formes n'ont aucune valeur temporelle, et le temps de la phrase est marcpié ailleurs. considère
à
marquer
le
>>
,
,
Infinitif.
marcjués par il
—
Pour
se
l'infinitif dit
est ap])liqué.
il
suffit
rendre compte de «
de considérer doit
Il
devait devrait
/
avait dû aurait dû
\
Il Il
C'est Ce sera C'était
Une phrase peut
me
venant, je ne croyais pas
dire qu'à
venir
1
V-A7ll.-»^ IV II V V a sa « 0«, coiiscieiiee
Un
on dira: l'enfant regardant
j'ai dit
) , 1
a l'éclairer.
:
Vous voyez
ne puis demeurer plus longtemps
me
ici
trouver en votre présence (fut. dans
j.
de
qu'il faut (fut.)
;
le passé)...
en
Je
fête, se. 3).
P.\UTiciPE PRÉSENT ET GÉRONDIF.
est là,
:
pas dû rester (passé), vous n'auriez pas appris ce que je ne voulais M. de Verneuil (fut. dans le passé). Pardonnez-moi. Laissez-moi
partir (fut.) (faure,
sent,
extrême des temps temps auxquels
tableau ci-dessous.
servir à elle seule d'exemple
retirer (fut.), que je
n'cnirais
le
Il
Il
la variété
présent», ou plusexactement des
le lit
—
De même, avec un
participe pré-
était resté.regSirdSint le lit vide, et c'est le passé.
vide, et c'est le i)résent.
souvent en le lisant, je dis souvent en
L'enfant
Comparez avec un gérondif:
le lisant.
MOYEXS D'EXPRESSION DES DATES Les formes composées
temps
:
447
ayant augmenté, devant augmenter, marquent un
relatif.
—
Participe passé. Le participe dit « passé» a si peu une valeur tempoque l'étiquette qui porte vendu peut avoir deux significations bien distinctes. On la met sur un tableau du Salon. C'est la mention qu'il a été acquis déjà par quelque amateur. La chose a eu lieu. Ailleurs marchandise vendue au prix coûtant, signifie qui se vend, qu'on vendra à ce prix au client,
relle fixe
:
s'il
s'en présente. Assis présente les valeurs temporelles les plus diverses,
suivant qu'on dit
:
Assis dans un fauteuil, je lisais »
«
je lis
»
)'
je lirai
:
:
(1).
faut bien constater aussi qu'on n'éprouve pas toujours
le besoin de date d'une action. L'action se trouve par le contexte placée avec assez de netteté dans le présent, le futur, etc. Et dés Il
expressément
spécifier
oirs
on
se servira
Comment
la
embarrassé
!
la
pour l'exprimer, d'une forme non temporelle: Que faire?
prévenir? sont des futurs,
Mais
il
je viens
si
même. si
n'en est pas de
je
de dire:
je suis
bien
viens de dire: j'étais bien
embarrassé. Les infinitifs se rapportent alors au passé.
Formes temporelles simples formes temporelles elles-mêmes, et les
il
et
—
composées du verbe.
y a
Dans
les
lieu de distinguer entre les simples
composées. Les simples ont en général une valeur temporelle plus D'abord en a. f., pendant que les formes passaient à
fixe et plus nette. l'état
composés,
de
réellement, le sens variait et la
et se constituaient
valeur temporelle était souvent simplement dans l'auxiliaire. Aujourd'hui encore,
vendue.
il
y a incertitude dans bien des
Il
cas. Soit la
ne s'agit pas là d'une action qui se
minée. Le« présent
«
On
fait,
marque qu'au moment où
phrase la maison est mais d'une action ter:
La
l'on parle, elle est finie.
Ce n'est pas du tout le sens de cette maison est habitée peu- des la même forme dans une phrase comme gens tranquilles. Même à l'actif, on retrouve de ces doubles valeurs ils ont il n'est plus véGVL heureux, est un j)assé ordinaire. Si, au contraire, je dis vente a eu
lieu.
en présente
le résultat. :
:
:
question
ment
d'elle, elle
le résultat,
a vécu,
je signifie qu'elle est
morte. Je considère seule-
l'aboutissement.
Ces réserves faites, on peut dire cjue dans une portion du temps, souvent
moment-là son développement,
elles
les
formes verbales placent l'action en indiquant quel est à ce
même
marquent donc date
et aspect.
Et (1) Dans quelques cas. il peut avoir une \-aleur de passé ; on dirait encore très bien monté sur te faite, il aspire à descendre. Il faut toutefois prendre garde que monté peut aussi bien exprimer l'état que l'action il correspond à quand il est monté comme à après qu'il a monté. C'est un parfait aussi bien qu'un passé. C'est de là que viennent les constructions des verbes d'action-point et ligne limitée avec à peine, sitôt: Sitôt BTiivé, il a l'ouln repartir : à peine Sorti, i7 a demandé à rentrer. Mais ces on peut transporter la phrase dans le futur. Ce participes ne marquent pas im passé absolu sont des temps relatifs. :
:
;
—
;
:
CIRCONSTANCES
448
Moyens extrinsèques.
— Toutes
les formes de compléments que nous avons déjà vues employées à d'autres usages servent aux indications de adjectifs, noms, adverbes, compléments, prépositionnels ou non, temps propositions conjonctives, conjonctionnelles. ou de construction directe les querelles d'hier // m'a quitté à L'épuisement actuel du Trésor l'éelipse qui suivit je l'ai revu tous les jours unr huit heures j'y suis allé, il y a trois intervention quand le malade est si faible... :
:
;
—
—
;
;
—
:
—
;
—
;
semaines.
—
Adverbes à valeur générale. De plus en plus, dans le mondimoderne, l'habitude des calculs mathématiques amène des précisions dans le langage. L'usage des montres portatives y a également contribué. Des « aux foins » « au temps des cerises » expressions telles que ont cédé la place aux dates du calendrier. On laïcise aussi au lieu de se reporter aux fêtes des saints, on donne des mois et des jours: le 23 avril et non plus à la S^ Georges ; le 24 juin, et non plus à la S^ Jean. Le soir, le matin, au soleil couchant resteront toujours d'usage, mais en concurrence avec des indications telles que à A h., à \1 h. 25. Nous verrons, à propos des por:
.
.
:
:
:
:
tions de la durée auxquelles
se
ils
rapportent,
les
de
divers adverl)es
temps. Quelques-uns ont une valeur générale.
Alors.
•
— Quand tout
est fini et
que nous ne savons plus que faire de notre
nous consacrons à quelques pratiques languissantes de religion ces moments de rebut (mass., Car., Emploi du temps, L.).
loisir, alors
—
(CA. tôt). Sans moi. vous passeriez bientôt sous d'autres lois. Bientôt. Elle a Et vous auriez bientôt vos ennenïis pour rois (cohn., Cid. 199) feint de passer chez la triste Octavie, Mais bientôt elle a pris des chemins écartés (rac, Brit.. 172-4). ;
TorjofRs.
—
((pii
a remplacé le vieux tousdis)
jours un tourment qu'elle ignore
dévore? (rac, Bérén., 3ô); quelque prix qu'il
.Ia.mais.
—
m
—
:
—
lié tjuoi ? souffrir
tou-
Toujours verser des pleurs qu' il finit que je Je l'ai voulu sans doute. El je le veu.i toujours, '.'
en coûte (Id., Baj.. 833).
hommes (Condé et Turenne) les mêmes pour ne pas dire si contraires ? (boss.. Jamais on ne vaincra l(% Romains que dans Rome (rac. Mithr., Vit-on jamais en deux
vertus avec des caractères si divers,
Condé) 836)
—
;
(1).
Au
W
II' -. jusfiu'iUl Que f. se sci\;iil de onr, onques. qui a m'cu One, // ne fui pûl oncques /aire brèche (M.M.ii.. l'oès.. x ir. 1 77, var. en ce lemps-là. mille une fAus forte dupe Que ce vieillard (la ]"<>nt., m. 89, Conl., note 3). (^f. : // eut, imsxau.v en Irouxse, Serfs et soudards, handits de lu plaine et du lihin, .Son cri de (juerre étant : Sus Oncques ne rebrousse (Lkc. dk I.isi.k, I^o. traq., Lévr. de -Mag., 11. 5). (î)
lieu
de jamais,
nulle sorle de péril
'.
\c
l'a.
lui
)
'.
;
—
:
MOYEXS DEXPRESSIOX DES DATES Compléments.
449
—-lo Compléments
—
sans préposition. Les coniplcmenls sans préposiLion sont 1res communs dans l'expression du temps j'ai mal la nuit j'y étais ailé la ce matin un jour il m'a écrit : veille ; -- j'y serai le lendemain le 8 décembre // y a grande fête à Lyon. 2" Compléments prépositionnels. On construit les complémen'ts de temps avec diverses prépositions.
—
;
;
;
A
:
à dix heures
surrection
et
Lundis,
iv,
Et
peu
croit
:
—
— —
—
— Aux journées — au aux journées beuve, — Naguère, aux jOUrs d'orgie où l'homme joyeux lever
;
:
d'in-
fatales,
•
d'émeute... elle essuie l'outrage avec fierté, avec noblesse (s*"
259)
brille.
;
Au mom.
(v. h.. Chût.,
d. rent.
en France).
— de nos jours — de temps — de bonne — Sur dix heures — vers mi-juin. Dans — Je m'y mettrai dans huit Pau — L'emploi de cette préposition a été général jusqu'au XYII^s. De
tout
;
Sua, vers
les
lieure.
:
la
:
jours.
très
ce fut
par un lundi (Berte, 1266, G.; h.
C'était,
il
l., ii,
477).
On
m'en souvient, par une nuit d'(aitomne (muss.. Nuit
En. durant, pendant.
—
Quand une
On
a
voulu
:
d'Oct.).
été,
en automne. Nous avons Théoriquement durant
les distinguer.
s'emploierait seulement avec une indication précise de la durée trois heures, ils se battirent
:
action se place au cours d'une
période, nous nous servons jjeaucoup de en: en aussi durant et pendant.
encore
s'en sert
connue des lions;
— Qucdre
Durant
:
heures durant... Mais
on dit fort bien: durant (//?r partie de la nuit. Il suffît, pour qu'on [puisse employer diu-ant que les limites de l'action coïncident avec la durée exprimée durant une infinité de siècles, la Terre a existé s(u-is l'iwnune. Les règnes et gouvernemenis constituent des éi)oques Sous. d'où :
—
l'emploi de .sous Il
:
:
SOUS
le
Consulat
faut ajouter diverses locutions
— sous Louis-Philippe.
:
:
cm temps
de,
au monwnt
de,
au cours
de.
La date peut
être indiquée
huit jours, d'ici à peu de temps
comme :
comprise entre deux limites
faudra d'ailleurs, d'ici à peu de temps, que Fréd.
et
:
d'ici à
d'hoi cest jur en un mais {Roi., 2751); je retourne
—
//
à Bescmçon (muss.,
Bern., ch. v). Cf. dans l'intervalle.
L'addition des compléments de temps précise
les
dates marquées par
verbe, dont les formes spéciales vont être étudiées plus loin.
le
CHAPITRE
VI
MOYENS D'EXPRESSION DES ASPECTS
—
Entrée dans l'action. Nous n'avons point de forme spéciale du verbe qui indique que l'action commence, qu'on entre dans l'état (1). Nous nous servons de périphrases disait prendre
menacer de
que
telles
Ses mcdheurs prennent
:
:
le
commencer ci. Le XYIPs. peu près tourner à. se disposer à.
se mettre à,
train de, qui signifiait à
le
train de ne finir jamais (sÉv.. Lett..
DCCCC).
Durée de
—
l'action.
Une observation
préalable
est
nécessaire.
L'action qui se prolonge peut être continue ou discontinue. Autrement dit elle
dure ou
elle se répète.
Moyens intrinsèques de marquer cet introduite
tion est quelquefois
préfixe pour
Mais en général itératif
les
a crié
il
:
le
aspect.
—
L'idée de continua-
verbe lui-même, au
moyen du
poUTsuivre, pouTchasser.
:
aux actions ordinaires ou
dans
verbes
et les
formes verbales servent indifféremment
aux actions qu'on présente sous l'aspect duratif s'emploie pour un seul cri comme pour il a crié deux et
:
heures durant.
De même pour on descend
quand
ploient,
poète a écrit
:
il
On
la répétition.
le cercueil, te
peut dire, en racontant un enterrement
s'agit de ce qui se passe à la
Puis, rien.
La
de
un peu de chair ij tombe ; Et Sur tant de vanité croît éternel-
terre s'ouvre,
l'herbe de l'oubli, cachant bientôt la tombe.
lement (lec.
:
mêmes formes s'emmort de chaque homme. I-c
prêtre dit les prières, etc.. I^es
lisi.e, Po. barb..
Le Vent
fr.).
—
Mais il existe des formes qui ont une valeur Périphrases duratives. En a. f., on se servait de être avec un participe présent. Si l'orrat Caries, ki est as porz passanz (Rot., 1703). Cette forme n'a pas atteint le développement qu'elle a pris en anglais. Elle y a tendu. Perdant son sens
durative.
primitif (2), elle en arrivait à se substituer à de simples présents. Desportes
r Sans qui rien ici-bas ne peut être naissant. Sévèrement blâmée par Malherbe et ensuite par Balzac, elle disparut au seuil de l'âge classique.
écrivait
par abus étymologique qu'on parle dune conjugaison inclioative. Elle l'était en ne l'a jamais été en français pourrir n'est pas plus inchoatif que obéir. Pur Deu vus pri que ne seiez fuyant. (Cf. ii. l., m, 3.36, et brunot, 1 473
(1) C'est
latin, elle
(2) Déjà dans Roi., Docir., 116).
:
:
EXPRESSION DES ASPECTS Nous usons en place de de,
être
après
à,
être
est
à s'habiller
Madame
:
grand nombre d'ignorans et
en train de
3e part., §47)
se grossir
;
être
en train
—
—
multitude
? la
?
beaucoup davantage,? {boss.. Avert. aux Prot.,
—
ce
Qu'ils voyent croistre tous les fours,
— Je suis après à m'équiper (mol.,
;
451
de durée,
Je suis en train de corriger les épreuves ; Que pouvez-vous donc donner pour régie à
Moyens extrinsèques. serl
périphrases
diverses
Fourb.,
ii,
vi»,
5) (1).
Pour marquer longueur ou hrièveté, on
se
:
10
DES ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES: longtemps
qui ont été enfin distingués 2°
DES COMPLÉMENTS
d'œil. en rien de
temps
heure, au grand
chagrins qu'il
me
:
;
brièvement, rapidement
en quelques fours, minutes, mois
:
Damon,
soleil,
(2).
le
longuement,
et
— en
un
clin
raisonneur, qui m'a, ne vous déplaise,
Une
ma
tenu hors de
;
chaise (mol., Mis., 577)
cause M'occuperont assez tout
le
:
—
Les
temps qu'il repose (rac,
Brit.. 7).
—
Aspect de progression. L'action peut être considérée dans sa La langue possède pour l'expression de cet aspect une forme
progression. spéciale
:
elle
emploie
le
verbe
aller
avec
le
participe présent ou le gérondif:
vont augmentant de prix chaque four
les vivres
;
—
/('
mur va
s'écroulant.
Cette forme verbale a failli mourir en même temps que la périphrase faite du verbe être. Elle avait à peu près le même sens en a. f Car prenez famé, n'alez plus atandant (Aymer. de N., 1336; h. l., m, 337). Malgré Vaugelas, elle reprit vie, et fut sauvée dès la deuxième moitié du XVIle s. Elle a joui .
:
// faut convenir que les mœurs vont se dépravant de four en four (v. h., Dern. f. d'un Cond., 310) J'ai depuis hier un rhumatisme qui ne va t/u'en empirant d'heure en heure (flaub., Corr.,
de nos jours d'une véritable faveur.
;
—
2e sér., 88).
On
insiste sur la progression à l'aide de
de plus en plus
Répétition.
:
elle
compléments
:
de four en four,
va s'affaiblisscmt d'iieure en heure.
— Nous n'avons pas
bien des verbes avec re
recharger
:
;
de formes d'itératif. Nous composons
—
il
redîna. Mais nous prenons aussi
constamment des verbes ordinaires pour exprimer des actions qui répètent Emile, 10
I.
En
tousser
(1) être
:
En
sur
le
:
Je
le
crois bien
!
vous
les
1790, p. 15). certains cas, on se sert de la périphrase ne faire que
—
il
ne
fait
:
Il
ne
fait
que
que gémir.
pusse de, avec certains verbes, sigaifle être en train de point de la faire être en passe de devenir académicien.
finir l'action
:
avec d'autres
:
Compendieusement a eu une aventure curieuse. La longueur du mot contre sens. Au lieu de brièvement il a signifié longuement. (2)
se
contrariez dès leur naissance (rousseau,
l'a fait
prendre à
CIRCOXSTAXCES
452
précision ou non,
Ou compte avec
2°
eu lieu
:
Je
l'ai
vu deux
RÉPÉTITION PÉRIODIQUE. Ou chaque
le
nombre de
fois
que l'action
a
fois, dix fois.
des distrilnitifs
sc sert
ans
fois, tous les soirs, tous les
:
J'observe,
comme
:
Chaque matin,
vous, cent choses tOUS
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours (mol., Mis., chaque trois semaines, chaque cinq minutes. La langue courante dit vous n'obtiendrez pas pour f. Le samedi, vers midi, dans la belle saison, un sou de marchandise chez ces braves induslriels (b.kï.z., Grcmdet. 4).
les jours,
159).
:
(
Habitude. munément il
—
On
sort
:
de ordinairement, d'habitude, d'ordinaire, com-
se sert
ordinairement à neuf heures.
Rareté, fréquence. Pour marquer
ou
la rareté
la
fréquence, la langue
possède divers adverbes ou locutions adverbiales, telles que souvent, fréquemment pour l'idée contraire on emploie rarement, de temps c) autre, :
;
de loin en loin, parfois, des fois.
Le nombre des mots servant en
a.
sur
le
fois,
s'est
f.,
si.v
:
On
—
noter les expressions composées
était
je
:
vous
l'ai dit
Ruy
(v. h..
si
grand
de fois: Vingt fois
se sert surtout
mois que ton regard m'évite
maintefois. souventes elle
former des locutions de ce genre,
métier remettez votre ouvrage
depuis
A
à
singulièrement réduit.
cent fois
Blas,
m,
;
—
Cent
3).
parfois, quelquefois, bien des fois,
La dernière est vieillie comme quantes fois : du temps de Malherbe. Le des fois de la langue
fois.
encore usuelle
populaire tend à pénétrer dans la langue écrite
(1).
Cf. à diverses reprises,
à de rares intervalles.
De
plus en plus,
machines amène l'emploi
aussi, la multiplication des
ici
des expressions mathématiques, telles que tourner à 1200 tours, etc.... Elles sont si fréquentes qu'on ne se donne plus la peine d'ajouter en combien
de temps se font ces tours
Accomplissement.
:
heure, minute, etc.
— Pendant
présent ou d'un parlicipe passé,
longtemps,
comme
il
?
r^'/jrfre
suivi d'un participe
est aujourd'hui suivi
mettre dans l'état marqué parle participe
d'un adjec-
Rendre le cuidet o mort recréant {Roi., 2733). Le tour fut blâmé et supprimé au cours du XVI I« s. (H. L., III, 339). Il faisait encore bonne figure dans Malherbe Et rendra les desseins qu'ils feront pour lui nuire Aussitôt confondus comme
tif,
signifiait
:
:
délibérés {Poés., xviii, 53).
Soit à l'actif, soit au passif, on construisait le participe passé avec la
périphrase s'en
accomplie
(1)
Des
:
mes
fois je
aller,
pour exprimer que l'action était sur le point d'être Dont les clartez s'en vont esteintes (racan,
foibles yeux,
m'en vais
le
soir,
des fois je ne rentre pas (v. h., Mi.%.. Marins,
1. 8,
chap. ivf
EXPRESSION DES ASPECTS du XVIIe s. mourir aussi
—
453
Le tour disparut au cours On dil aujourd'hui va. allait être cuit. La même époque vil le tour fait du verbe devenir el du participe passé, qui avait
Pseaiimes, xviii)
;
le
poulet s'en alloit CUit. :
un sens analogue: A quel point ma vertu devient-elle réduite? Il s'agissait proprement d'une progression de l'action allant vers l'alioutissement. Quant aux formes verbales qui marquent l'aspecL accompli, nous en parlerons à propos de chacun des temps.
ici
Mise en ordinaires
relief
—
de la date ou de l'aspect.
On
se sert des
moyens
:
A) On commence
phrase par l'indication du temi^s
la
A
:
deux heures
revue.
B)
On
pris fin
se sert de c'est
— c'est
:
heures que
De
la
Novembre 1918 que
ou dix jours pourtant que saxd. Elle et t.. ch. ii, 26).
voilà: Voilà huit
revient en rêve (g.
G)
C'est le 11
:
y a huit jours qu'il fallait venir nudadie a })ris ce caractère de gravité (1). il
On
fait
de l'indication de temps
cette
—
grande guerre a
la
c'est
en quelques
mauvaise émotion me
phrase principale
la
parti (2).
({u'il est
:
.•
Il
y a dix ans
—
Et cependcmt voilà des siècles Il y a trente ans que j'habite Paris ; innombrables Que vous vous combatte: sans pitié ni remords (baudel.. Fleurs, L'homme et la mer) Voilà i.ix semaines que j'explore cette forêt clans tous les sens (maur. bouchoi!. Th. pour les j. filles, La Belle au ;
Bois Dormant. 155).
Durée
illimitée.
toujours
:
montez
et
mânes
O le
—
\. p. 457).
—
On
se
sert de
:
courcmt
irrités volent
!
sans
fin,
sans cesse, sans trêve,
Qui descendez sans trêve \os (éd. grexier. Prélude de V Elkovan, i, 77)
pâtes elkovcms. troupe agile
et
sonore,
;
—
à Vcwenture Et. sans se consoler, volent, volent sans fin
(Id.. Ib., 78).
La langue populaire
On exprime
dit
:
s(ms
l'idée contraire
fin ni bout,
sans
momentanément, pour un temps, un moment, un (Il et
l..
fin ni cesse.
par divers compléments instant,
:
temporairement,
une minute.
C'était la première fois de sa vie qu'il se faisait le serviteur de quelqu'un (g. ch. IV, 43).
sand. Elle
semaines à me remettre est, à tout prendre, une phra.se du même ordre, où la durée de la convalescence forme la phrase principale. Cf. Stephen fut deux jours sans pouvoir sortir de sa chambre... il se passa quelque temps sans que ni l'un ni Vautre voulût commencer (a. Karr, Tilleuls, 19); Ces arbre.s-là sont très longtemps ananl de jiroduire (DoNN., (2) J'ai
mis
trois
—
—
La
Pair.,
ti, 5).
CIRCONSTANCES
454
U H < CÛ a:
> c
J ë
CD
U ce
o
-P
EXPRESSIOX DES ASPECTS
455
-0)
(2•'
î^
o -
~
-^
i
^
'W
CHAPITRE
Vil
LE PRÉSENT
L'idée d'une action présente est essentiellement exprimée par //
fait
beau
:
— on
entend
le
canon
:
— mon mari
travaille ù la
présent
le
:
Compagnie
du Gaz. Pour parler d"une habitude, d'un usage, on met souvent
le verbe au futur Les Tartares venant en course feront de trente à quarante lieues en une nuit,
mettant un petit sac plein de paille attaché
ci
:
la tête de leurs
chevaux (regx.,
Voyage de Pologne).
Au
subjonctif,
présent s'exprime par
le
temps
le
dit» présent »:y> crains
qu'il ne SOit d(uis l'erreur. Il
n"y a pas de jn'ésent de l'imi)érati!
on
;
commande
toujours i)our
l'avenir.
A pris
l'éventuel, le présent s'exprime par le conditionnel simple le
train de 10 heures,
il
—
serait
maintenant
ci
Paris
;
—
:
S'il avait
je désirerais savoir
ce qw vaut ce chapeau: Loin de blâmer les pleurs que je vous vois répandre. Je crois faire beaucoup de m'en pouvoir défendre. Et eéderois j)eut-être à de si
rudes coups. Si
je
prenois
ici
même
intérêt
que vous (corn.. Hor., 951).
Nous avons vu qu'à l'infinitif ou au participe, c'est le verbe principal qui marque le temps je vous trouve essayant sur elle un rapt infâme je :
:
voudrais bien être à cent lieues d'ici
Cependant, forme simjîle
à l'infinitif, le sens :
du présent
:
est
])arfois sensible
dans
la
être s'o])pose à avoir été.
Les compléments de présent. adverbes
—
!
or, ores,
—
l,a
lan.nue
avail hérité de divers
qui a vécu jusqu'au seuil de l'âge
moderne
(n. l..
m.
Or est li jurz que l's estuvrat mûrir (Roi., 1212. Voici le jour où il leur faudra mourir). Hui a été condamné à la même époque il est remplacé par son composé aujourd'hui, lui-même menace dans le peuple par un surcomposé au jour d'aujourd'hui. Nous usons aussi de maintenant, qui remonte très haut dans le Moyen-Age Supposons avec M. Rousseau, dit Grimm, que l'espèce humaine soit maintenant dans l'âge de vieillesse (s'e BEUVE, Lundis, VII, 321). L'adverbe embrasse ici une grande portion de la durée. Dans l'exemple suivant, cette durée est beaucoup plus limitée Vous chantiez ? J'en suis fort aise : Eh bien ! dansez maintenant (la font., 364)
:
;
:
:
:
Eabl.,
A
I.
1).
présent, en pré.sent. étaient tous les
deux usuels en
a.
f.
A
présent fut
LE PRÈSEXT
Abl
menacé au XYII^ s.. n'étant pas de la Cour » On le trouve naturellement chez La Fontaine Frère, dormez jusqu'à demain Vous devez en avoir
très
.
>
:
:
A
envie Et n'avez à présent besoin que de repos (iv. 56. Cont.).
du XVII''
fin
s.,
a re])ris faveur et s'emploie
il
partir de la
concurremment avec
pré-
sentement.
Nous usons d'une Cl
l'heure présente
:
à
foule d'autres locutions cette
notre temps, de nos jours ce
moment
;
—
A
:
l'heure
:
actuellement
heure (autrefois écrit asture)
par
le
:
à notre époque:
pour
le
moment
:
de
en première dans un grand magasin.
iemps qui court
(/u'il est, elle est
:
:
Votre domestique
attelle
CHAPITRE
VIII
LES DIFFÉREXrS ASPECTS DE L'ACTION PRÉSEXTE
—
Pour d'accomplissement. moyens indiqués plus haut
Aspect de durée, de progression, deux premiers aspects, on
les
— parfait. —
Elle est en train de s'habiller
I.
Le présent
Actif.
sert des
se
:
maison va
la
:
se dégradant.
La forme composée des verbes
a eu
originairement un sens de parfait, c'est-à-dire qu'elle indiquait l'état présent résultant de l'accomplissement d'une action passée. Cette valeur est très réelle encore
d'actions limitées
dans beaucoup de verbes subjectifs d'actions-points ou L'almanach Vermot est paru. Ce que doit indiquer cette :
phrase, ce n'est pas qu'il a été publié, c'est qu'il est à la disposition du public. Cf. les seuls compagnons, hélas perdre, les seuls qui ne mourront point
yeux aimants,
tes
bouche, la
la
que nous sommes sûrs de ne pas
!
comme
voix, sont
un véritable présent accompli. Le parler populaire fait de ce présent un
les autres,
ceux dont
les traits,
disparus à /(unais. La langue
a là
On
au passé.
Comme dîné?
dit
:
je suis tout SUé,
votre enfant est forci
—
// est
bu;
—
elle
!
— comme
—
.sa
grand usage, en l'opposant
il
est pâli,
—
—
// est fini;
i.
— —
13e
même
jamais
([ui
reprodui-
déménagé (mirger.
16).
Mais des formes analogues sont reçues, quelques-unes depuis longtemps
réchappé, décampé, craqué
sonné. Seulement on
les a
:
les
:
même
dans
la
langue
être divorcé, dégénéré,
pommes
littéraire,
changé,
de terre sont germées
;
vieilli,
— midi
est
mal expliquées.
a bâti là-dessus des théories établissant des différences de sens
Échapper dans
le
sens de s'esquiver, passer inaperçu, \irendraii avoir
observation m"avait échappé. Mais,
mégarde.
il
:
Êtes-vous
elle n'a
joue est enflée. Les exemples foisonnenl dans les textes
Vie Boh..
On
:
!
ses dents sont percées;
sent la lan:iue parlée: Monsieur Schaunard n'est pas
et
sué.
/'ai
grandi
n'est jamais couvée (enleiulez
l'incubation, elle ne bouge pas);
fini
très
en opposition avec:
>e
conjuguerait avec
pée (A.. Dict.. 1878).
Au
quand
être
:
A
il
:
votre
s'applique à ce que l'on fait par
peine
^•erbe monter, le
:
cette
même
parole
me
fut-elle
échap-
Dictionnaire de l'Académie
donne deux exemples Il a monté quatre fois dans sa chambre pendant la // est monté dans sa chambre et il ij est resté. Au verbe sortir, on ; :
journée lit
:
—
// est sorti,
/??r//.s il
va rentrer:
il
a
sorti, ma/.s
il
vient de rentrer. I-es rédac-
LES DIFFÉREXTS ASPECTS DE L'ACriOX PEÉSENTE
459
teurs ont visiblement aperçu quelque chose de la diftérence temporelle. Il
ne faut pas
comme on
dire,
Pour
l'action et les autres l'état.
que
l'a dit,
être exact,
les il
formes avec avoir marquent
faut dire que celles avec avoir
marquent une action qui s'est passée à l'époque dont on parle, et celles avec un état présent qui en résulte. C'est là la différence entre // a sorti (il
être
a fait l'acte de sortir) et Il
il
est sorti
pour tomber d'archaïque 33-34);
:
:
elle
C'est en descendant la berge qu'elle
lisations (zOLA, Cont. Xin., 74).
trouveras plus,
il
être
:
De même,
les
deux valeurs
est
mort.
peut avoir
Beaucoup de verbes avec
être
a.
tomhé
sue. Mijst..
(e.
— Quand notre civilisation tombera ainsi çt/'ont tombé toutes
même forme le
n'est pas là) (1).
tend dans divers verbes à sul)sister exprime naturellement les deux temps. Ainsi Elle a tombé a aujourd'hui quelque chose de populaire ou
dans ce cas.
seule, et que,
ne
(il
faut ajouter que la forme avec
//
Cf.
De
a monté (2). Il
est
résistent jusqu'ici, et n'ont
gobelotter. grimacer,
fuir,
:
grouiller,
mort
II,
les civi-
sorte
l'an dernier
que
—
;
la
tu
pas de présent parfait
intriguer, jardiner, jaser,
jeûner, jouir, lambiner, larmoyer, lanterner, lutter, marmotter, nager, mijoter, persister, pirouetter, politiquer. présider, pulluler, ruisseler,
En somme, on
triompher, vivoter, voter, etc..
mouvement
s'étendra. L'analogie des objectifs
tinter, trinquer,
ne peut guère savoir
empêche
si
les subjectifs
le
de
développer leurs formes. Il
faut ajouter que.
sens de parfait:
dans
elle
la scdade. j'ai
même
a vécu.
avec cwoir. ces verbes peuvent présenter
— Je ne suis pas
difficile.
mais quand je
vois
le
un ver
déjeuné.
—
Parfait des pronomixaix. Les verbes pronominaux ont des partique nous l'a\ons vu, s'emploient sans le se une fille repentie. Ces participes, en se joignant au verbe être, donnent des formes où le cipes, qui, ainsi
:
la valeur d'une simple copule, tantôt fait avec le participe une vraie forme verbale de présent accompli les nuirs sont écroulée; les principales provinces sont insurgées ; les oisecaix sont envolés on
verbe tantôt a
:
remporte,
elle est
évanouie
;
—
—
les fleurs
est certain ciu'on se trou\ e en présence
tude avec d'autres que quelque chose
:
//
l'a
est enrichi
;
;
sont fanées.
ces verbes-là,
d'une forme active
la plaie est
envenimée ou
Avec
envenimée.
— —
;
On
il
y a incertipeut entendre ii
qu'elle s'est envenimée.
—
Des verbes oljjectifs d'action limitée, dont Parfait des objectifs. formes composées sont nécessairement formées avec cwoir. présentent parfois, quand l'objet manque, un sens analogue, quoique beaucoup moins
les
(1) Stapfcr ne comprend pas des phrases qu'il troinc dans Flaubert et ailleurs marguerites étaient repoussées, il y voit des passifs, qu'il blâme (Récr.. 52).
:
Quelques
(2) Cf. Recevant de Rodolphe l'avis du danger, Clémence avait précipitamment monté au cin(r. svE, Mi/sl., II, 42) Avez-vous quelquefois, calme et silencieux. Monté sur la montagne (V. H., F. d'Aut., Ce qu'on ent. s. la mont.).
quième
;
—
CIRCONSTANCES
460 net.
La France
comme
vaincu, peut être entendu
a,
équivalent de
:
elle est
victorieuse. Cf. J'ai dit, j'ai trouvé.
II.
—-Au
Passif.
passif,
l'action est limitée, on peut dire
si
comme
de l'indicatif l'expiime
condamnés sont exécutés;
les
ville est
justice
La
— —
délivrée; est faite;
Pair.,
C'est
m.
—
accomplie les
la partie est
que le présent Les dépêches sont expédiées
—
entendue;
—
rebâtis, les toits réparés;
les
—
invitations sont lancées;
l
—
C'est tout réfléchi (donx.,
à).
de se souvenir de ce que nous avons dit au sujet des simi-
ici le lieu
une phrase passive par rapport à une phrase ciuelconque peut avoir les deux sens.
litudes cjue présente
avec attribut. La
vitre est cassée,
Seuls les présents des verbes d'action illimitée signifient cette
—
;
murs sont
perdue;
la cause est
:
—
ré/ormr est réclamée, attendue, désirée.
On
faut remplacer le présent passif.
il
présent
— Dans ces conditions, avec
Substituts du présent passif. d'action limitée,
le
:
-
prisonnier est gardé ù
le
le fait
les
verbes
de diverses
manières, pour signifier que l'action est dans son développement. Ou bien on tourne par l'actif On rebâtit nos villes du Xord, ou l)ien on tourne par le pronominal nos villes du Nord se rebâtissent. Cf. Les blés se sèment en :
:
moment
ce
On aussi
:
—
année
cette
les
robes se portent 1res courtes.
f.\it reparaître l'idée du présent. simplement serait fausse. D'abord, s'il y
y avait durée
:
Si je dis
:
dîner
le
est servi, je
action jiassée unique, mais non un
au contraire
je dis
:
Dans
marque
le résultat
qui a lieu au
fait
me
fils
sont
liés
Toutes sortes d'adcbtions. en faisant re])araître une loi est abrogée, reparaître la \alcur du i^i'ésciil :
voix se prononcent contre
elle
;
— dans
.s;
les conflits entre
s'il
je parle. Si
par des gaiçons habituel, c'est
fait
par une l'idée
présentée
comme
présent d'une
moment où
trouve en présenci' d'un
présent. Cf. mes gerbes sont liées, et nos
les
la théorie
a répétition, c'est
ce cabaret, les dîners sont servis
déguisés en Académiciens, je le
— Mais
vieille amitié.
d'action,
les trois
patrons
font
quarts des et
ouvriers,
solutions sont souvent obtenues par l'intervention gouvernementale.
Cela ne veut pas dire, bien entendu, qu'on n'emploie pas les substituts du passif,
C'est
quand
même
il
là.
s'agit d'actions répétées
il
:
la bécasse
ne se mange pas fraîche.
faut y insister, la forme ordinaire pour l'action habituelle.
P.\ssiF .\ccoMPLi pÉRiPiiR astique.
— Vaugelas
a
condamné une façon
de parler qui est encore en usage, où une périphrase formée des verbes achever signilic l'accomplissement
On
est fini de battre. le sim])le ])assif
:
:
ma
insiste là sur l'idée
mon
blé est battu.
finir,
achevée de laver, mon blé d'accomi)lisscnu'nt (piexprime déjà
lessive est
LES DIFFERFXTS ASPECTS DE L'ACTIOX PRESEXTE
— On trouve,
L'aspect accompli aux autres modes. au subjonctif actif, le temps composé on ne s'entend non plus parler faut attendre, pour faire
le
aboyé (la bruy., Car.. De
Au
sul:>jonctif passif, le
les
uns
même ;
—
L'action
t
je
:
il
aient
aspect est exprimé par
marqué
que
la
le
présent
:
//
s'en
dépêche soit expédiée.
à l'éventuel
:
D'après
ce
qu'on
mort, deux généraux seraient tués.
marquée par un
sous la forme de
d'entrée, que les petits chiens
je suis désolé
L'aspect accompli est également sera
autres que dans ces chambres où
la
faut bien que tout SOit réglé
dit. le roi
à l'indicatif,
employé en qualité d'accompli
les
compliment mode).
comme
461
l'infinitif
présente aussi
infinitif se
composée avec
passé,
être
:
comme
accomplie
Je voudrais être mortel
voudrais être arrivée. L'infinitif
composé avec avoir
était
très fréc]uent à
l'époque classique
Avez-vous jamais vu ces chiens qui, recevant à gueule ouverte jette,
n'ont pas loisir rf'avoir avalé
à recevoir
l'cuitre
'?
(malh..
ii.
le
ce
:
qu'on leur
premier morceau, pour ouvrir la gorge
5G1). Cette
forme s'employait souvent avec
le
sens très net de l'accompli.
On trouve
encore cet
doit avoir déjeuné.
infinitif
On ne
l'action antérieurement,
ou
sait
en français moderne
pourtant pas
qu'il est
deux figurations suivantes (A
et B).
dans
si
:
A
l'heure qu'il est.
il
cela veut dire qu'il a fait
l'état qui suit.
On peut
avoir les
CHAPITRE IX LE FUTUR
Moyens
—
intrinsèques. Les formes temporelles. La forme tempoque prend le verbe pour exprimer l'avenir s'appelle «futur
relle usuelle
>)
:
Ce dernier moment qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre luimême avec tout le reste dans ce grand gouffre du néant. Il n'y aura plus sur la terre le
aucun
nous sommes
vestige de ce que
nom
corps prendra un autre
;
même
:
changera de nature : demeurera pas
la chair
celui de cadavre ne lui
longtemps (boss., Serm. Mort).
Ce n'est pas
ici
d'expliquer
le lieu
comment
s'est
formé ce futur dans
l'époque de transition entre latin et roman. Le groupe de mots qui avait été originairement analogue à notre verbe avoir suivi d'un
programme
:
j'ai à travailler, est, dès les
complément de
premiers textes français, transformé
en une forme verbale unifiée. Salvarai, prindrai. dans les Serments de Stras-
comme
bourg, sont des futurs
en français d'aujourd'hui. Les futurs se pré-
sentent alors sous deux formes 1°
:
Futur a forme contractée je
:
mourrai
je tendrai
(f.
mod. tiendrai)
je recevrai.
20 I^'iTLiî
FORMÉ SUR
I.'lXFIXITIF
:
mod. sauverai) mod. obéirai)
je salverai (fr.
j'obéirai (fr.
Les futurs de
la l''^
catégorie s'expliquent par la composition et l'accen-
luation latine de la décadence. Le français ne pouvait rienformer de la sorte.
La
règle
XV I«
s.
commune, pour
les
qui a été pratiquée pendant tout
verbes qu'on créait, c'était de tirer
le
le
Moyen-Age futur de
et le
l'infinitif
le type 2) en y ajoutant les désinences a, as, a (av)ons, (av)er, empruntées au verbe ayofr,mais devenues de véritables flexions temporelles et personnelles. Par apophonie,la voyelle de l'infinitif était modifiée, eii devenant atone ai. chanter {chcmlér) > chanter (chantcer) Toutefois l'analogie s'exerçait dans les deux sens. Un certain nombre de verbes refirent leur futur sur le type contracté, soit que Ve muet eût peine à se maintenir entre deux consonnes, soit que l'existence des futurs contractés exerçât une action analogique. Douerai > donrai > dorrai. Ces
(suivant ont.
:
—
LE FUTUR
463
formes sont encore toutes communes au XYI*^ (laisserai), merrai (mènerai) (1).
Inversement
On
s.
trouve aussi
type en erai (chanterai) exerça son action sur
le
:
les
lairrai.
futurs
contractés.
Déjà pour certains verbes, au XIV'' et au XV^ s., entre raL ras. et prenderai-je, butteront. Il ne semble pas un e que ce soit là un fait phonétique (dr. tr formant une articulation unique qui ne tend guère à se décomposer), mais un fait d'ordre analogique. Comme on disait garderait, on a dit perdera. A.
le
radical atone s'intercalait
:
:
De même
B.
au
lirai]
:
type en
le
lieu de boudraij
irai agit
Et
:
On
sur les futurs contractés.
gloii-gloii
le
dit bouil-
de nos marmites en botiilliront
plus de mille ans (Espad. Sat., 22) Cf. boiray au lieu de beuraij et buray
Nous boirons
—
Futur formé sur le présent.
3°
Les choses en étaient
survint un événement capital dans l'histoire du futur.
conjugaison, c'est-à-dire dans 990 verbes sur mille,
au présent L'infinitif,
et
non plus à
au
était
devenu
dans
jet{e)rai
Dès
:
pinte (le petit, Chron. Scand., Par. rid., 113).
lieu
jeté
l'infinitif.
d'avoir
un
r
le
là,
la
quand
première
futur fut rapporté
dû à une double cause.
est
prononcé, perdait cette consonne
:
jeter
D'autre part l'assourdissement de e changement du premier e(œ) en é je jét{e)rai.
(toujours écrit
amena
Ce changement
Dans
le
jeter).
.•
lors je jet(e)rai est très
proche de
je jet(e), et très loin
de
jeter (2). L'ins-
Le futur paraît fait du présent, auquel on a ajouté rai. De même dans les verbes en eler (appeler), ever (crever), emer (semer), ener (mener), eser (peser). De même ensuite clans tous les verbes aimerai. Ainsi se constitue la règle moderne, que l'orthographe a en er empêché de voir jusqu'ici. Quelques verbes d'autres conjugaisons faillirent être entraînés. Ouïr qui ouirai. avait déjà un futur contracté cirai et un futur tiré de l'infinitif se rencontre sous la forme d'un futur tiré du présent (j'oy) > j'oiray. Tientinct rapproche alors futur et présent.
:
:
:
donnerai/ et Il semble qu'au XVI's. donrai et lairrai soient surtout employés en poésie, sont plutôt de la prose mon esprit te donra intelligence (marg. de nav., Dern. po.. iv, donray donrois XVII« Oudin déclara que et étaient s., hors d'usage, ainsi que Mais au 347). demourray et demonrrois. Vaugelas condamna aussi ces formes « cette abréviation de lairrois, lairrai... ne vaut rien, quoy qu'une infinité de gens le disent et l'escrivent. Quelques poètes ont creu que les vers leur permettaient d'en user, mais ceux qui aiment la pureté du langage, le souffrent aussi peu dans la poésie que dans la prose. Jlais ils souffrent encore bien moins, vous me pardonrez, donray, ou dorray, qui sont des monstres dans la langue » (H. L., In, 333 cf. THUROT, Pr. fr., 151-2). < En quelques verbes où Ve féminin ;e rencontie, prn(2) Oudin témoigne du changement cipalement en ceux cy crever, lever, mener et leurs composez, il se prononce ouvert aux iro^s personnes du singulier du présent de l'indicatif en la troisiesme du plirier par tout au fuUir en l'impératif au futur de l'optatif, et au présent du subjonctif et au ten\ps qui en sont formez par exemple je levé, tu levés, il qui sont aucunement semblables au dit présent de l'indicatif lave, ils lèvent. Je leveray, tu lèveras, il lèvera.... Quand je leveruy, etc.. qu'il faut fous prononcer laive, laiveray, etc.. le reste des temps et des personnes se prononcent par e bref ou par ai féminin levons, Ivons levois, Ivois ; levé, Ivé, et ainsi des autres « Gr., 5-6j. De même Hindret atteste formellement c[ue les verbes en er qui ont un e féminin sur .'a pénultième syllabe de l'inTmitif changent cet e féminin en e ouvert aux antépénultièmes syllabes des futurs (Thuil se lev(e)ra s'entend encore dans diverses ROT, o. c, I, p. 139-140). La forme ancienne (1)
;
laisseraij
:
:
;
:
:
;
:
:
:
:
:
(
:
:
T>ro\inces.
CIRCONSTAXCES
464
abandonné
forme tendrai, ponr se reformer sur par certains de ses temps, appartient à la l^e conjugaison, hésita longtemps. Cueillerai, tiré du présent, a fini par
cirai,
viendrai ont
la vieille
Cueillir, qui,
l'indicatif tien.
l'emporter sur cueillirai, qui se rencontre encore au XYIII
La règle moderne pour double
formation du futur.
la
s.
(h. l.,
— Cette
m,
333).
règle est
:
A) pour
les verbes
B) pour
en r
formation sur
(ir, re).
l'infinitif
finir
je finirai,
Hre
je
boire
je
boirai.
descendre
je
descendrai.
les verbes en é (er),
lirai,
formation
j'aime je joue
:
.sur le
présent
:
\'aimerai, je j uerai,
je pèle
je pèlerai,
j'attelle
yattellerai.
Conséquences de la nÈoLE moderne
1)
:
d'apophonie amène dans aimerai, ehanterai.
le
Avec aimer et elianter, la loi même changement que dans
berger > bergerie. 2)
Mais pour
verbes
les
tant se produit dans
un
è
comme
semer,
un changement imporun e féminin (œ), devient
atteler, jeter,
le radical rl'r.cpii à linilnitil est
ouvert au présent et au futur.
phonétiques.
È
est plus ouvert
11 y a toutefois de légères différences au présent, où il porte l'accent, plus fermé
au futur. Mais on n'a pas jugé à propos de tenir compte de ces difTérences
dans l'orthographe
:
Dans les verbe? où
je sème, je sèmerai. 1'^
prononcé au futur, bien Certains futurs finilif décolleter.
le
Il
de
l'infinitif suit
qu'il
comme
une voyelle,
continue à s'écrire
décolleterai
n'en est rien.
Il
ont
:
cet e
féminin n"cst])as
Je jouerai, je renuierai (1).
l'air d'être faits
encore sur lin-
faut tenir compte en efïet de ce fait que
présent lui-même est déformé sous l'innucnce des personnes à radical
atone.
On
dit: je
me
décol' te {ci.
acheter hésite au futur
;
on
j'empaqu' t. j'épous't), d'oùlvs futurs. Le verbe
dit achèterons,
ou achtrons
Les futurs périphrastiques en formation. souvent
le
verbe devoir suivi de
(2).
—
La langue
utilise
L'expression a encore un sens
l'infinitif.
modal, mais ce sens modal est de moins en moins senti. La forme s'achemine Elle doit venir ; ça doit réussir. ainsi vers une valeur purement temporelle On sent combien ici la valeur de devoir est différenle de celle que montre :
(1) L'e disparu de la prononciation a été souvent remplacé dans lécrilure par un accent circonflexe Je loûrai. .Jusqu'au X\'III« s., il semble qu'on ait allongé la syllabe plus encore qu'aujourd'hui je /oûrai"(TiiuitoT, o. c, ii, 586). (2) C'est sans doute une raison analogue qui. en dehors de l'instinct général de renforcement, a amené crie. eron. etc., A prendre la place des simples. Dans bergerie, une fois r assourdie, le rapport avec berge(r) n'a plus ppru le même. D'où l'addition de erle dans ma/rerie. Cf.,/orgeron, :
:
/)oé/ereau.
LE FUTTR
465
Puisque Angélique aime réellement Vcilère. elle doit l'épouser malgré son défcml (s^e beuve, Lundis, vu. 11). Ce sens s'affaiblit surtout dans les propositions subordonnées je ne savais pas qu'elle dût venir.
l'exemple suivant
:
:
Le futur
comme
né
cela.
un futur prochain formé avec vouloir une forme usitée seulement dans le Sud
y
Il
est
a
c'est là
il
:
et
mais
veut pleuvoir:
dans l'Est
elle
;
n"est
pas parisienne. (Cf. l'abcès voulait crever). II
si
arrive qu'au lieu du futur on est obligé d'employer
par exemple
homme
Cet
:
tout que la périphrase avec doit entre en jeu
tainement
un
])réscnt, derrière
sera bien accueilli. s'zV se présente. C'est là sursera cer-
s'il doit réussir, ce
;
cette fois-ci.
On emploie même
le présent en place du futur en dehors de ces nécespar figure. Le sujet parlant anticipe sur les réalisations. Despot-tes avait écrit Si je meurs en chemin, je seraij hors de peine. Et par mon haut
sités et
:
désir
j
'honore
mon
trespas
{Am. Hipp..
9).
Malherbe a trouvé le tour mauSupposons un
vais (BKUNOT, Doctr.. 438). Ce tour a subsisté néanmoins.
voyage
récit de
:
Je partirai demain à 9 heures
serai à Strasbourg
lundi
:
je fais
mes
;
après-demain, vers midi,
affaires, et je te reviens
je
mardi.
L'intention. -•- L'intention peut naturellement s'exprimer ])ar le futur. elle s'exprime aussi très fréquemment par le présent je donne à ma fille cent mille francs de dot : je vends cela cent francs ; je vous laisse mon cheval à deux mille francs. Mais
:
—
—
Le futur dans
modes.
les autres
— Impératif. —
dée ou demandée à V impératif est à venir. valeur d'un futur
:
Donc
L'action
comman-
l'impératif a en général la
Venez, peuples, venez maintenant (boss.. Condé).
— L'é\entuel au futur s'exprime par conditionnel présent revoir encore, reconnaîtrais, suis sur (MÉRIMÉE. Colomba. 12) — serait bon de nous mêler à peuple qui Éventuel.
le
j'aurais du plaisir «
;
court les rues
et
i.
2).
jour, vous resterez ici
Mais ne
tout ce
II
d'éteindre quelques lampions sur de bonnes têtes de bourgeois
(Muss.. Fantas..
et je
:
Voici un exemple de futur dans divers la nuit,
(v. h.,
modes
vous pouvez vous promener par toute
sortez de l'église ni jour ni nuit.
mourrais
:
j'en
et je le
le
Vous seriez perdue .On vous
:
le
l'église.
tuerait
N.-D.. u. 152).
Dans certaines subordonnées où
l'éventuel est impossible, on peut
se
servir de la
périphrase avec devoir, qui exprime alors nettement l'idée
d'avenir
ne signerais pas
clause.
:
On
je
sent qu'il n'y a
ici
contrat, s'il
devait contenir une pareille
aucune idée de
devoir, puisqu'au contraire la
le
thèse de l'orateur est que cette clause ne doit pas exister.
Subjonctif. sent
:
// /(/;//
—
Au
subjonctif, le futur s'exprime par le subjonctif pré-
que vous y alliez
;
—
il
est
bon que vous constatiez par vous-
CIRCOXSTAXCES
466
même
son étal de faiblesse
chcz-le jusqu'à ce
que
:
—
relire-loi.
médecin vienne
le
que la voiture puisse passer
—
;
je
:
— eou-
veux que Durandal désormais
/'appartienne (bornier. Fille de Roland, iv, 3). La règle est d'employer l'imparfait du subjonctif avec le sens derrière
un conditionnel
:
je
du futur un jour ou l'autre. Nous dirons, pourquoi cette forme entre en décadence.
voudrais qu'il
le
sût
comment et commun, elle est remplacée par
tn parlant des modes,
Dans
le
l'usage
le
présent
:
voudrais qu'il
je
sache.
Infinitif.
— La valeur temporelle de
du sens du verbe auquel il comme espérer, il prend des là qi.'une
nom
:
apparence,
est joint,
airs
comme
chacun espère une
linfinitil résultant le plus
de futur
on peut
souvent
que derrière certains verbes chacun espère s'en tirer. Ce n'est
arrive
il
le
:
un
voir en substituant à l'infinitif
De même avec
retraite paisible.
souhaiter, attendre,
je vous promets de vous lire avec attention. Il arrive qu'on se sert de l'infinitif qui exprime soit le présent, soit favenir, et qui est directement rattaché à un futur antérieur, équivalant d'un passé composé Dites, vous ne m'aurez pas appelée à la vie, à la joie, à la lumière pour me rejeter dans la solitude et dans la nuit? (m. ti.n.. M. Péch.. xi). Il n'y a
promettre, conseiller
:
:
ici
aucun abandon de chronologie. L'un des deux faits est dans le i)assé (= vous ne m'avez pas appelée), l'autre dans :
vous ne m'aurez pas appelée l'avenir: pour
me
rejeter (^=
Moyens extrinsèques. adverbes
et
jamais, toujours,
tôt
1° des
vous ne
rejetterez pas).
La daledans le futur se marciue au moyen: demain, après-demain, bientôt, un jour,
adverl)iaux
ou tard
me
:
:
2^ des
compléments
:
j'irai le
—
dimanche 30
;
—
" une fois ou l'autre, reconnaîtra y aura une manifestation le 1' mai ; .Soyez là à dix heures ; cela se retrouvera bien quelque jour son erreur :
//
— sur
—
;
les trois heures, vers le soir,
pour deux heures
/'/
;
—
ce sera
on eonimencera à respirer
pour demain
venir seront njieux Id'irnis pour la
vie. ils
;
—
les
hommes
:
—
je serai là
des siècles à
ne seront peut-être pas plus heureux.
CHAPITRE X LES DIFFÉRENTS ASPECTS DE L'ACTION FUTURE
Les aspects sont exprimés par des formes correspondantes à celles que nous avons vues au présent. Par exemple. la progression se marque par le futur de la périphrase faite de aller
:
et les
bois toujours verts S'iront rajeu-
'
nissant (v. h., F. d'Aut.. Sol. couchants).
—
—
Aspect d'accomplissement. Actif. Des périphrases dont nous avons parlé hrièvement servaient au XVIIe s. à exprimer le futur accompli. C'étaient faire, rendre au futur, avec un participe passé sa réponse rendra :
nos débats terminés (corn., Veuve, 1841). L'action qui sera accomplie à un certain
par une forme verbale spéciale, bicyclette, je serai arrivé en
aujourd'hui, mais
je
serai
le
moment
de l'avenir se marque
futur composé avec être
même temps
que lui
revenu de bonne
:
—
je
:
prends
j'ai mille choses
heure....
ma
à faire
pour dîner avec
toi
flament. Le Masque, i). Les formes avec avoir oni parfois le même sens j'aurai toujours fait un beau voyage, j'aurai appris bien des choses: donnemoi cet article, en cinq minutes je l'aurai parcouru Alors, vous me renvoyez de cette maison? Vous l'aurez quittée dans une heure (f. fabre, (a.
;
—
Fuster, 149).
i\/'"e
On peut rieur
La
:
—
:
et
parfois hésiter, et se
comme
puis,
ça, tu
demander
si
on n'a pas
affaire à
un anté-
auras au nioins trouvé quelque chose (don.,
Pair., iv, 1) (1).
existe aujourd'hui un tour spécial
Il
cette
:
le
temps aura
vite fait de déceler
tromperie.
Passif.
—
Au
passif l'expression
manque
plement du futur. Ex. Viens, sonne de sera fait. Ces derniers mots équivalent
de caractère,
ne prends
si
on
se sert sim-
soin ; Tout peu prés à: je ferai tout. C'est presque encore un futur ordinaire. Il n'est pas de même dans cette phrase le moment, l'unique moment favorable approche, on le sent venir ; il y aura ce cor, et
d' autre
à
:
un
instant où
cf. je
il
sera passé, tout sera gagné ou perdu (boyl.. Iles Borr., 10)
;
vous réponds que ce rapport sera rédigé pour lundi. Pour ôter l'amphi-
bologie,
on
se sert
souvent du futur
dit antérieur
:
au moins,
tout le
monde
aura été consulté.
On
(1)
(972
;
cf.
trouve des exemples analogues depuis Roland en f. m. d'ici un an il aura changé d'auis). :
:
jusqu'à un an
avrum France
saisie
4
CIRCOSSTAXCES
68
Dans
modes autres que
les
—
l'indicatif.
—
Impératif.
Lordre
d'avoir fait une chose pour un temps fixé dans l'avenir se rend par l'impératif
composé
:
Sois arrivé à 7 heures.
On peut donc
a quelquefois la valeur d'un futur accompli cette forme peu usitée d'autres tournures 8 heures est plus
ci
—
Subjonctif.
commun L'aspect
soir, le
nouveau
Éventuel.
—
brodé pour
vendu
:
Hn
s'y
si l'on
les
épreuves pour dimanche
Infinitif.
(1)
:
On
point que (2l
je
—
//
se sert alors
à une du passé J'attendrai ait tout vendu demain
faut que l'on
:
De même au
passif
:
il
faut
(1).
dans l'éventuel
prenant maintenant,
—
se
traduit
elle l'aurait
par
le
certainement
s'il s'échappait, je l'aurais bientôt rejoint le jour du mariage; commençait à composer aujourd'hui, j'aurais assurément corrigé
—
posée
;
L'accomplissement
conditionnel composé
mangé
Arrange-toi pour avoir
locataire arrive après-demain. ait été
que l'impératif on substitue à
d'accomplissement s'impose souvent
jusqu'à ce qu'on ait tout liquidé
que demain soir tout
dire fait,
que: aie mangé.
un subjonctif. On
action contenue dans
:
mais, en
;
—
;
(2).
Si l'action est
dans un
infinitif,
on emploie
la
forme com-
voudrais bien être revenu à six heures. La Rot/np ne $c soucyt la forme périphraslique a\ ce .s'en aller catholique s'en aille en tout perdue (montl., éd. «le Kuble, Le/., 158). Concordance des temps (Mw xix,ch. v). pour je voudrais que vous fussiez revenu
employait autrefois la relit/ion
Voira
à huit heures.
la
:
CHAPITRE XI L'AVENIR PROCHAIN
Moyens d'expression
intrinsèques.
— L'avenir prochain
marqué
est
par plusieurs formes du verbe.
—
Le présent. Par figure, on déplace l'action sur la ligne du temps peut-être av ni on l'annonce par un présent attendez-moi. je viens la nuit l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'Impératrice (RAC, Bér.. 59) je veillerai sur tout, et puis, sans vous tracasser, en déjeunant, en dînant, nous parlons de vos affaires, je vous rends les comptes et nous cherchons de nouvelles économies (a. karr, Com. de la Réf., se. ii). 10
et
:
;
—
—
Formes périphr-astiques.
2°
d'un infinitif sures. Je vais m'asseoir parmi Po. b.. Le cœur de Hiaîmar). Aller SUIVI
y.
—
;
:
Jeune, brave, ricmt, libre
les
Dieux, dans
le
soleil
!
et
sans
flétris-
de
lisle,
(lec.
[i S'en aller suivi dun infinitif je m'en vais le dire à votre père. Mais faut remarquer que cette forme estaujourd'hui restreinte à la l^e personne :
il
de l'indicatif présent. Autrefois, on s'en servait à tous les temps et à toutes les
personnes
Et
ce
Avec
:
la liberté.
Rome
s'en va renaître (corn.. Cinn.. 226);
triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des
—
siècles à
venir (bac. Iph., 387).
dun infinitif. Cette forme est surtout usuelle, du passé Elle en a eu des maux pour moi, maman ! Elle avait quarante-deux ans quand elle a été pour m' avoir (gonc, G. Lac, i). Au présent, elle emporte le plus souvent une nuance modale être de nature à, prédisposé à: Vostre beauté n'est point pour estre mesprisée (racan, Œuv., i, 5'A) Ces hommages à nos appas ne sont jamais pour nous déplaire (mol., Y Être pour suivi
quand
il
s'agit
:
:
:
—
Sicil., se. 6).
Cf. Être sur le point de Cl
deux doigts de
nir
:
Il est
:
la
con^binaison est sur le point d'aboutir
à deux doigts de périr.
La
;
—
être
locution, qui paraît conte-
une notion d'espace est, en réalité, ici une locutionde temps; un intertemps très court sépare le moment présent et celui du danger que
valle de
l'on prévoit.
Moyens extrinsèques. qui servent à
—
Parmi les adverbes marquer un futur prochain, citons :
et locutions
bientôt,
adverbiales
immédicdement, à
CIKCOXSTAXCES
470 l'instant, à la nuniitc.
avant peu, sous peu, avant longtemps, prochainement,
tout à l'heure. à se réduire à de suite. C'était un barbarisme insupporaux yeux des contemporains de Nodier. H. Monnier le met dans ses
Tout de suite tend table
Scènes populaires (183). Aujourd'hui
il
est
naguère dans une note accompagnant
dans toutes
les
les
bouches.
Il
figura
invitations au bal de la Prési-
dence.
L'aspect accompli. chain par
les diverses
— L'aspect
accompli
avoir déjeûné. Par figure on dira aussi
(1)
se
marque dans
le
futur pro-
périphrases suivies d'un infinitif composé :
une minute
et j'ai
:
je vais
déjeuné (1).
Les maîtres clcvronl se défier dos exemples fournis par les verbes finir, terminer, où «m ;amais si c'est le sens de la forme ou celui du verbe qu'on observe.
sait
CHAPITRE XII
FORMES DES PASSÉS
— Les passés simples de divisent en deux catégories — Passés à balancement d'accent, avec 3 formes fortes 3 l'a.
I.
A
f.
Ils se
et
/•
,u\s
lu
lusis
il
(usi
faibles.
CIRCONSTANCES
472
Le
'l"^
XIV^
:
/
de la
'.V'
cheït, servit,
demeurent encore
A
personne avait réapparu au
la l'e
Cependant
perdit, sofrit.
les
plus usuelles jusqu'au XV"^
conjugaison, on vit les formes en
XIV^
encore rares au
En même temps,
s.,
à la
peu, et aussi
faire
Iroiivit.
Du
it
s.;
se
il
développa au
anciennes formes
;
chei
s.
s'introduire. Arestit, troiwii.
deviennent communs au XV^ (jj. l., ii, 336). 3^ personne du pluriel, arent restait en concurrence
avecfre/7/(ra devant r était
thématique eût dû
XIIP les
extrêmement ouvert). L'analogie de
maintenir
la voyelle
Malgré cela aimarent disparut peu à temps de Heuri IV, c'était des fautes « gasconnes», a.
On
objet de la moquerie des Parisiens.
disait dès lors
comme
aujourd'hui
aima, aimèrent. II. a.
f.
Un
autre passé simple.
par un temps qui continuait
— le
L'action passée s'exprimait en tout
plus-que-parfait latin avec le sens d'un
=
On le trouve dans Eulalie : Bel avret cors (habuerat) beau corps. Cette forme se rencontre ailleurs encore. Mais bonne heure, et ne laissa aucune trace.
passé.
Formes composées.
III.
—
//
:
est
elle eut
un
disparut de
Les formes du passé composé sont faites
à l'aide des auxiliaires être et avoir au présent,
passé
elle
accompagnés du participe
venuz, j'ai cunquis.
Celte forme composée pas dire qu'elle soit, dès
se rencontre de très les
bonne heure, mais on ne peut
premiers textes, identique à ce qu'elle est deve-
nue depuis. Il arrive encore a) que le sujet qui a fait l'action n'est pas le même que celui de l'auxiliaire. (3) que le temps est dans l'auxiliaire seul (1). Toutefois la fusion se fit de bonne heure, et, à la fin du Moyen-Age, la composition est faite. Elle tend à s'affirmer extérieurement de deux façons 10 les éléments composants se rapprochent l'un de l'autre 2^ le participe, comme partie intégrante d'une forme verbale, s'accorde de moins en moins avec l'objet, de plus en plus nxec le sujet de l'auxiliaire qui fait corjis avec :
;
lui (cf.
]).
324).
Les auxiliaires
—
Une certaine hésitation se manifeste dans la for(2). mation des passés composés de divers subjectifs, tels que tomber, partir. La langue populaire a une tendance à les former à l'aide de l'auxiliaire avoir, en réservant la forme en être pour un présent accompli, nous l'avons vu plus haut la petite dame n'a pas descendu de fiacre (e. sue, Myst., i, 171): j'ai parti de chez elle (j. lévv. Correct., 67) (3). Avec aller, on éprouve de grandes difficultés à maintenir la règle: j'ai été chez lui. je suis :
—
allé le voir.
L'analogie tend à introduire partout
j'ai été
:
J'ai
été voir cette
pièce-là (4). si out li enjes sa tendre charn mudede (AL, 116, l'enfant (1) Au fond, un vers comme celui-ci il avait une jambe coupée, avait sa tendre chair changée) a encore son équivalent en fr. mod il eut sa fortune faite. (2) Cf. p. 458 Le présent parfait. De rage je suis sauté sur mon fusil de citasse (scrib., L'tiéril.. se. 3). (3) Inversement (4) Je suis été est du français de caserne. :
:
:
:
FORMES DES PASSES
473
Les passés des pronominaux, réfléchis ou non, ont tendance à se former
avec avoir dans
langue du peuple
la
fait des castagnettes
tout cela a été brisé, puisque je
:
(scribe, V. garç.,
9): Il
nfen
ai
faut bien, pour appliquer la règle
courante de l'accord que nous avons critiquée plus haut, analyser la jambe que je me suis cassée par: que je m'ai cassée. Mais cette invention, créée pour l'orthograi^he. ne doit pas rejaillir sur la langue (1). :
—
RÉPÉTITION DE l'auxiliaire. Jusqu'au XVI« siècle, on considérait qu'un seul auxiliaire sufTisait pour plusieurs formes composées, même si le second verbe ne se construisait pas avec le même auxiliaire que le premier. La langue est devenue plus exigeante. On peut se contenter d'un seul auxiliaire, mais à condition que les divers verbes forment corps Il a exa:
miné, fouillé, retourné, disséqué
Ne pas
tenir
phrases
des
com]:)te
proposition.
cette
imitées de l'ancienne syntaxe
:
des rrcherclies souvent compliquées qui. suivies en grand, l'auraient tenu /)ors de sa maison, éloigné d'elle
A m..
rompu
et
ce
permanent accord
d'esprit (Michel..
Intr.).
Emploi du temps simple
et
du composé en
question d'examiner en détail l'emploi que la.
f.
a.
f.
—
faisait
ne peut être
11
du temps simple
du temps composé. La distinction ne paraît pas avoir été très rigoureuse, que le prouve le mélange constant des formes Vinc en Jérusalem por Vamistet de Deu. La croix et le sépulcre sui venuz acrer (pel., 154) Blanccmdins ad tut premerains parled E dist al rei : Scdvez seiez de Deu (Roi., 122). Cependant, au fur et à mesure qu'on avançait, l'usage se délimitait un peu mieux, au moins en prose, et les grammairiens du XYI^ s. purent chercher à donner des règles (2). et
ainsi
:
;
—
—
L'âge classique. Après eux. Oudin et ]\Iaupas ont à peu près déterminé l'emploi des deux temps (h. l., m, 582). Leurs successeurs (PortRoyal etChifïlet) ne feront guère qu'ajouter quelques observations de détail à la théorie générale du début du XVII'' s. La doctrine était la suivante: 1°
On emploie
le liasse
simple ou
le
passé accompli, selon que l'action se
place dans un temps du passé plus ou moins éloigné du présent. Le passé
simple exprime un passé lointain
proche du présent 2°
On emploie
dure encore
(1
)
:
cette
:
le
passé composé exprime un passé plus
(3).
passé composé,
le
semaine,
cette
si
l'action se place
année, depuis
dans un temps qui
Au
l'ère chrétienne.
contraire
Cf. p. :}34.
(2) Ils
n'étaient pas bien sûrs de les avoir trouvées. H. Estienne convenait
secret caclié sous cest aoriste, quant à son qu'à présent bien résolu » (Conf., 108).
nayf usage
»,
dont lui-même
«
«
qu'il
y avoit un
n'estoit point jus-
Henri Estienne distinguait déjà fay parlé à liiy et luy ay fait responsede: je parlayàluiet la première forme marquant que l'action a été faite le jour même dont on parle, seconde que l'action a été faite auparavant, sans qu'on puisse juger combien de temps est passé depuis {Conf., 107 Hyp., 190 et suiv.). (3)
luy fei response
:
:
et la
;
CIRCONSTANCES
474 le
passé simple
pli
')
«
infère lousjours
qu'il n'en reste rien à passer.
notation de temps pour que
Roy
un temps piéça passé,
et si bien accomAussi Maupas demande-t-il toujours une
passé simple soit possible
le
:
L'an mil cinq cens
—
Nous partimes du matin. Le passé composé vient en usage, lorsque nous signifions bien une chose passée, mais non si éloignée que nous ne nommons point le temps quand elle est passée, ou bien, si nous le nommons, ce temps reste encore en flux » il en reste cjuelque chose à passer; Ainsi Le Roy a obtenu victoire de ses ennemis, pais leur a pardonné (293 et s.). En résumé, a)ciuand la période où se passe l'action n'est pas écoulée tout-à-fait, on emploie le passé composé. (B) Lorsqu'elle est écoulée, si ele se quatre-vingts et dix
le
obtint victoire de ses ennemis;
hier de Paris à neuf heures
'<
,
:
trouve déterminée, on emploie le passé simple si elle n'est pas déterminée, on peut écrire on peut employer indifféremment l'un ou l'autre passé au commencement que je m'appliquai ou que je me suis appliqué. Ces règles sont à peu près celles des grammairiens classiques. (1). L'usage des écrivains les confirme, au moins sur le point essentiel. Le passé simple s'emploie pour une chose tout à fait passée, sans lien avec le présent et avec indication de tcni])s: Je m'en retourne demain à St-Germain prendre congé, ce queîe ne pus faire dernièrement (M\hyi.,Let.,4 août 1611). On se conforme aussi à la théorie d'après laquelle le passé indéfini s'emploie pour exprimer une action qui n'est pas dans un passé totalement ;
:
écoulé
j'y ai travaillé toute cette
:
:
année.
Sur un autre point, les ilérogations sont très iu)ml)rcuses. Le passé simi)le éiait réputé être le temps du passé lointain. 11 Test en effet dans certains cas N'est-ce pas cette même Agrippine Que mon père épousa jadis pour sa ruine ? :
(RAC, vu
Rrif., .307)
les fils
;
—
Par
massacrés par
foisonnent
:
Comme
il
la
les traits de
mère
sonna
Jéhu
la charge,
il
; Vous avez exemples contraires
je vis percer le père
(Id., Ath., 151).
sonne
Mais
les
la victoire
(la font.. Fab.,
Le flot (rac. Phèd.. 152 I), conmie il y en avait dans le récit de bataille de Rodrigue: Le flux 1rs apporta; le reflux les s"agit là d'è\ èncnients (pii n'ont pas un remporte (corn.. Cid. 131S). ()iII.
ix).
Il
y
qui l'apporta
a
des passés simples dans
le
récit
de Théramène
:
recule épouvanté
il
jour de date.
En somme, même dans
la
visiblement à empiéter sur
langue classique,
le i)assé
simple. Chifflel formule
le
c()mi)osé tend déjà
même
cpi'il
«
se
peut
temps passé» {Gr., p. 101). Au XVlIL's.. le passé composé continua à gagner du terrain, malgré les efforts des théoriciens abus » jusque chez Bossuel. qui n'hésitaient pas à en reprendre 1' dire de toute sorte de
'
begn. desmau., Ci-iini., :!.'>!; grimarest. Disc, sur la /. /., (1) ALC. DE s'maur., Hrni., !).S, 102 255. Il est :\ remarquer que la Icrniinologie des théoriciens au X\"l'' et au X\'ll« s. nCst pas uniforme. Pour certains, le passé indéfini est noire passé simple, pour d'autres, notre passé composé. Pour H. l-:stienne. le passé simple est un passé indéfini et non limité. Do même pour « L'action indelerniinémenl faite, est exprimée par le passé les grammairiens de Port-Royal comme j'écrivis, f allai/, je disnan (Gr. simple, que pour cela on nomme indéfiny ou aoriste geii., p. 103). Quant au prétérit défini, il marque la chose précisément faite comme j'ay escrit, ;
:
:
i'mj dit.
FORMES DES PASSÉS
475
—
EIn langue moderne. En langue moderne, les progrès du passé composé au détriment du passé simple ont été très grands. Le passé composé s"est introduit dans beaucoup des emplois où le passé simple était usité autrefois. Le passé simple est en train de devenir un temps exclusivement on ne l'emploie plus guère dans la conversation, sauf dans le littéraire Midi de la France (1). ;
Il
faut distinguer ce])endant entre l'action isolée et
—
A) Actions isolées.
Pour l'expression d'un
le récit.
isolé, quel que où il se place dans le passé, on emploie exclusivement le passé composé, surtout cjuand on parle. La phrase de Montaigne je vis hier une chose assez singulière se traduit aujourd'hui par j'ai VU hier une chose assez singulière. Cf. le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve (musdimanche soir en me couchant, j'ai eu un frisson de set. Nuit d'Oct.) la commission executive du parti a désigné M. X conww candidat. fièvre ; C'est pour obtenir des effets de cocasserie que les auteurs comiques emploient pour l'expression des faits isolés le passé simple, surtout à la l^e et à la 2e personne du pluriel Pas une fois vous ne franchîtes le seuil de mon
fait
soit le point
:
:
;
—
—
:
modeste logement.
Au
contraire, le passé composé entre dans une phrase isolée. Il exprime: une action -point le trai?i est parti. 2° une action limitée nous /'avons attendu deux ans. 30 une action illimitée Les hommes ont toujours vécu en société. 10
:
:
:
B) Récits suivis. la
— Les
grammaires disent que
là
il
faut considérer
période du temps dont on parle dure encore ou non, et f{ue
n'est possible
que
si
cette période est écoulée
:
le
le
si
passé simple
lundi de la Pentecôte de
compagnon Limouset sortit de chez lui (l. FRAPiÉ, J/arc. Gay. ,Anth. des pros. f. duXIX<^ s., 485) (fig. 1); Quoi qu'il en soit, lecteur, voilà ce qu'il advint à mon ami Mardoche, en l'an l'année 1861, à quatre heures du matin,
mil huit cent vingt (muss.. Mardochc)
sépara pour un temps
les
—
—
l'orateur regrette l'équivoque qui
diplomaties en négociations, jusqa'cm jour
question fut nettement posée sur
1911)
;
le
le
où.
la
terrain des compensations (Action. 12 déc.
(fig. 2).
Sortie de Limous^
(1) La région du passé simple commence dans l'Ailier, la Creuse, la Vienne. Il se retrouve en Normandie. On ne peut pas faire la géographie de cet élément en se fondant sur les patois, car tel individu emploie le passé simple dans son patois, qui ne s'en sert jamais en français.
CIRCONSTANCES
476
En
gros, cette règle est exacte
que pour
passé simple ne peut être employé
le
;
actions-points ou les actions limitées qui se placent dans un
les
passé sans relation avec
présent.
le
Le passé simple est une forme de langue savante. Elle rend la succession d'actions tombées dans le passé, une fois qu'elles sont accomplies La bar' un homme rentra, âgé de quarante ans peut-être, mais rière de bois S 'ouvrit qui semblait vieux de soixante, ridé, tortu. marchant à grcmds pas lents, alour:
;
dis
par
poids de lourds sabots pleins de paille. Ses bras trop longs pendaient
le
des deux côtés
du
corps.
Quand
il
approcha de
la ferme,
un roquet jaune,
atta-
ché au pied d'un énorme poirier, à côté d'un baril qui lui servait de niche,
remua Final
la queue,
osseux, large
Une jupe
joie. L'homme cria A bas ! Une paysanne sortit de la maison. Son corps dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille.
puisse mita japper en signe de
Le chien
!
et plat, se
tombait jusqu'à la moitié des jambes, cachées en
grise, trop courte,
des bas bleus,
et elle
portait aussi des sabots pleins de paille.
devenu jaune, couvrait quelques cheveux maigre, laide, édentée, montrait souvent
femme répondit
M'sieu
:
le
cette
Curé
dit
Un
bonnet blanc,
au crâne, et sa figure brune, physionomie sauvage et brute qu'ont collés
L'homme demanda
de paysans.
les faces
:
se tut.
que
:
Comment
c'est la fin. qu'il
qu'y va
?
La
n'passera pas la
deux d(uis la maison (M.\rp.\ss.. Cont. Chois., 230, dans RiDLER et berthonneau, Lect. et récit., 1 "• an.. 168). D'une façon plus générale, le passé simple Iraduil loule une série d'évé-
nuit. Ils entrèrent tous
nements
passés.
Voilà pourquoi c'est
publiijuc.
femme
Puy Paulin
insensée dans
Mais
il
s'agit
La Révo-
:
La monspar une
jetés...
(michel., Rév.. Introd., p. 112).
Ijrime toujours par le passé simple il
tonneau des Danaïdes.
le
de Fenestrange, ces millions
ne faut pas aller jusqu'à dire
même quand
usité en histoire
gracieux qui couvrait la ruine
giron d'une femme, cela dépassa de beaucoup tout
le
ce qu'avait dit la satire
et
voile
le
Le voile arraché laissa voir
trueuse affaire du
temps
le
lution gâta lout. Elle écarta durement
:
en pareil cas l'action passée s'ex-
cela serait faux.
;
Même
dans un
d'actions passées dans un temps écoulé,
composé tend nettement
le
récit,
passé
du passé simple en langue composés soit substituée à la série des passés simples, pour peu qu'on imite la langue parlée. Voici un récit de paysans Dans le pays des hommes allaient, frappant de porte en portr.'oLes uhlans! les uhlans! sauvez-vous !»'Vite, vite. on s'est levé, on a attelé usuelle, et
il
à prendre la ])lace
arrive fort bien qu'une série de passés
:
la charrette, habillé les enfants à moitié
traverse avec quelques voisins.
Comme
ils
endormis
et
l'on s'est sauvé par la
achevaient de monter la côte,
cher a sonné trois heures. Ils se sont retournés une dernière fois Cont.. Les Il
(.\.
le clo-
daud.,
pays, à Paris.
ne faudrait pas toutefois commetlre l'erreur de croire que seule la
langue littéraire soignée use encore du passé simple. i)anal des
échos ou des faits-divers
massr vint s'abattre sur
le sot
:
:
Une
Il
figure dans le ])lus
pierre de taille tomba. L'énorme
on organisa immédi(denient des secours
;
on
FORMES DES PASSES transporta
les blessés
l'Hôpital Broussais.
477
dans une pharmacie voisine, d'où on
Au
reste le récit peut continuer
r interne de service a donné
les
premiers soins,
il
les
conduisit à
au temps composé
:
a heureusement constaté peu
de blessures graves.
Pourquoi cette décadence ? Laideur phonétique ? nullement. Comparez âmes à lésâmes, prîtes à frites, assîmes à cimes, etc. Le passé fait même joli effet dans certains vers l'église où nous entrâmes. Est-ce qu'on ne sait plus conjuguer ce temps des verbes ? Assurément beaucoup de Français seraient fort embarrassés de mettre au passé simple, luire, coudre ou extraire. Mais les passés de la l^e conjugaison sont bien connus, et ce sont eux qui forment la masse. 11 y a là un fait d'ordre général, qui est commun à plusieurs langues, et qui est dû au développement de l'esprit d'anales
:
lyse (1). (1) Cf. MEri.LET, Sur Monatschr.).
lu (lifipiiridoii
des (ormes simples du préléril (Exlr. de Germ.
Roman,
CHAPITRE XIII L'ACTION PASSÉE EST DANS D'AUTRES FORMES
TEMPORELLES
— Dans un
Imparfait en fonction de passé. en fr. moderne, exprimée par
1»
est souvent,
comme
presque simultanés
et la
La
:
trouvait dans
des deux jeunes gens était interrompue.
François Donadieu,
giens...
de Chrétien,
Coup.,
9).
le
— Brusquement
;
Il
l'amitié
Compromis dans une émeute de
boursier, qui n'était pourtant
du Lycée.
pable, était mis à la porte
médecin revenait un peu plus tard
le
;
(feuil., Morte, 134)
cette crise
passée
présente les faits
Il
poitrine de la jeune fenune parut se déchirer
mit à pleurer convulsivement
et elle se
récit, l'action
l'imparfait.
retournait à Paris
;
pas et.
collé-
plus cou-
le
dans
l'esprit
souvenir s'effacait peu à peu de ce camarade préféré {coppée.
le
Cet emploi de l'imparfait n'est du reste nullement restreint aux
cas où une action est simultanée d'une autre.
avec cette autre // se crut guéri, lait que ce mal ne pardonne pas.
et,
:
suffit qu'elle soit
Il
en rap]U)rt
vingt ans après, une rechute lui rappe-
—
de narration. L'action passée ])eul élre exprimée emprunte sa valeur de passé au contexte: Et les dentelières d'aller demander au curé leur sainte (champfl.. Cont., 191). C'est là l'infinitif dit de narration. Le premier exemple en est signalé dans le Roman 2°
Infinitif
dans un
infinilif,qui
mais
sept Sages,
des
XV^
s.
nouv.,
ne se trouve réellemenl développé qu'au
tour
le
bon
tantost qu'ele just partie, et
:
II.
84
moins rares
h.
;
l.,
i.
476
lors jlaccons
:
et
460).
ii,
de monter à cheval (Cent
mari)
Au XYI^
iambons de
d'aller,
s.
les
exemples en sont
troter, goubeletz de voler,
—
Crurg.. m.-l.. i. 21) Et puis votre Alix de Guillaume de supplier (jod., Eug.. m, 2. A. th. fr., iv, 53). Il faut noter que le tour est encore considéré au XYII»^ s. comme familier. M"^"^ de Sévigné en use comme La Fontaine il la trouva jolie, et ne put même
breusses de tinter (har.,
;
crier et
:
s'empêcher de lui dire, en sorte qu'en de la prendre pour sa belle- fille à Dieu
!
dit
Pecquigny, Let., 1418).
tion
«
dans
M.
unique
la veille
le
Plût à Dieu
de Chaulnes. Mais, hélas
ce fils
A
: «
même temps
?
de
—
la
Non.
—
A'/
!
je
»
!
m'avisai de lui proposer
Voyez-vous
moi non plus
Révolution. Féraud signale
style plaisant
»
.
De nos jours
il
—
dit le Cardinal. ce »
;
«
Plût
mari, ce duc de et
de rire (sÉv.,
l'infinitif
est élégant
:
de narra-
La pauvre
Chante fleurie fut prise de curiosité. Elle voulut savoir... si la jolie petite Agnès ne serait pas un jour impératrice d' Arménie., et les égyptiennes d'admirer l'enfant, de la caresser, de la baiser 30
Le présent historique.
—
(v.
ii.,
A'.
D.,
i,
246).
Pour donner l'impression de
la
réalité,
LACTIOX PASSEE EST DAXS
FORMES TEMPORELLES
I)'AVrRi:S
179
on présente souvent les actions qui ont eu lieu dans le passé, comme si en train de se dérouler dans le présent. C'est un moyen employé
elles étaient
pour mieux retenir l'attention de : Il les ad prises, en sa Caries li Reis. noslre emperere magnes. Sel an: hose les butet (641); liiz pleins ad estet en Espagne : Tresqu'en la mer cnnqnist la 1ère allaigne
constamment dans Tauditeur.
Il
conversation,
la
est ancien
on
;
trouve dans Roland
le
—
:
Murs ne
N'i ad castel ki deranl lui remaignet.
eitel n'i esl renies
à fraindre
(1 et suiv.).
Mallierbe
Oudin
et
gelas, tout en
l)lânu'nt le
défendant
à propos d'un temps à Tau
commencer
font, de
mélange trop brusc|ue des temps. Vau-
présent historique,
le
recommanda
aussi de passer
autrement on ferait une faute, cjue plusieurs un temps et de finir ])ar un autre, qui est un très
]iar
Ire,
grand défaut (1). A la fin du XVII'' s. on ne trouve pins, sauf chez La Fontaine, le présent aussi hardiment mélangé à des passés: Deux siens voisins se laissèrent leurrer... Elle ne manque ineonlinenl de dire A son mari l'amour des deuxbourgeois. Lui raconta moi pour mot leurs fleurettes (67, Cont.. \). De nos jours on l'emploie aussi avec circonspection Un soir, je filais mon rouet. :
ma
on cogne à
Un
entrent.
porte.
.Je
demande
noir anee un bel
braises. ..Voilà qu'ils
me
o/fieier.
disent
:
nent un éeu. Je serre l'éeu dans
qui.
On
On ne
jure. J'oUVre.
Deux hommes
voyait que les yeux du noir, deux
La ehambre
à Sainte-Marthe... Ils
mon
et
tiroir,
je dis
:
me donCe sera pour aeheter
demain des tripes à l'écoreherie de ta Gloriette. Nous montons. Arrivés à la chambre d'en haut, pendant que je tournais le dos. l'homme noir disparaît. Cela m'ébahit un peu. L'ojjieier redescend avec moi. II sort (v. h.. A'. D.. Regnard n'a ipie vingt-six <ms. II part de Paris le 26 avril 1681, II. 8Î) avec deux jeunes amis... Il ne songe d'abord qu'à faire un Voyage de HolIcmde ; mais, après quelques mois passés à Amsterdam... lai et ses compagnons se décident à pousser vers le Nord (s'*^ beuve, Lundis, vu, 5). :
40
—
Futurs dans
le
sens de passés.
cédente, la pensée se transporte dans
— Par une figure analogue à
le
et alors les faits qui suivent ce présent,
où
l'on parle, apparaissent
comme
passé, qui devient ainsi
la pré-
un présent,
quoique réellement passés à l'heure
des futurs, et sont exprimés sous des
Le futur simple n'est guère en pareil cas qu'un Le conteur placé dans le passé semble annoncer les faits qu'il rapporte (2) Hélas ! il faudra plus de dix huit cents cms pour que le sang qu''ûvaverser porte ses jruits. Ensonnoni, durcmt des siècles, on infligera
formes
de
moyen de
futurs.
style.
:
des tortures
et la
mort à des penseurs aussi nobles que lui (ren. ,Jés., ch. xxiv).
(1) Corneille a corrigé dans Rodogiuie des vers qu'il jugeait tachés par ce passage trop fréquent du passé au présent Sachez donc qu'en trois ans gagnant quatre batailles, Tryphon vous réduisit « ces seules murailles. Les assiège, les bat, et pour dernier effroi, Il s'y coule un faux bruit touchant la mort du roi. L? texte devint en 1660 Ayant su nous réduire à ces .seules murailles. En forma tôt le siège, et pour comble d'effroi Un faux bruit s'y coula... etc.. (iv, 4.31). Gualtiers desrenget les destreiz e les tertres. N'en descendrat pur malvaises nuveles (2) En a. f. :
:
:
(Roi., 808).
CIRCONSTANCES
480
Q)uaul au
On
dit fort
l'ului-
bien
d'hui de respect
:
!
antérieur. il est très
commun, même dans la langue ])arlée. gamin me manque aujour-
j'aurai fait tout cela pour qu'un Il
est
bien évident que
sujet parlant fait allusion à sa
le
conduite antérieure au moment où il parle. Il faut sans doute expliquer cet emploi de la façon suivante. On considère un fait ou une série de faits passés dans le rapport qu'ils ont avec un temps à venir. On les récapitule pour ainsi dire tels qu'ils apparaîtront au moment où la série va s'achever, Roland, qui va mourir. eml>rassant d'un coup d'oeil rétrospectif sa vie sur Mult larges teres de vus avrai cunquises le point de finir, dit à son épée Vous partez ! (Roi., 2351). Nous disons tout à fait de même aujourd'hui la Chambre n'aura pas votre séjour parmi nous aura été bien court : manqué d' éclaire issenients à ce sujet. Si on analyse les vers de Boileau J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les cliapitres ; J'aurai fait soutenir un siège aux Augustins ! Et cette église seule, à mes ordres rebelle Nourrira dcms son sein une paix éternelle, l'emploi du futur s'y explique très bien. Le sujet cette église nourrira, situé en F parlant s'indigne contre un fait futur brouille des chapitres, siège (fig. A). Des faits ont eu lieu dans le j)assé ils se placent sur la ligne du temps en AB antérieurs des Augustins à O. Mais pour les opposer au fait F. l'auteur fait abstraction du présent et les indique simplement comme antérieurs à :
:
—
:
:
:
;
l-".
nourrira
Un
autre exemple montrera un autre emploi de ce futur composé
cette date...
A
:
Frédéric avait déjà rebâti 4.500 maisons; deux ans après...
n'en aura pas rebâti moins de 14.500
(s^e
beuve, Lundis, m, 156)
(flg.
il
B)
La première action, la restauration de 4.500 maisons, est située en AB. dans un passé antérieur au point B du passé. Pour opposer à cette action une action accomplie dans un passé subséquent, il ne suffît pas au sujet parlant de présenter la deuxième action dans un autre passé, c'est-à-dire dans un segment antérieur au point O. il se transporte en B, néglige le point O, et exprime la seconde action par rapport à F. LTn futur accompli, exprimant le résultat, se substitue au passé. Peu à peu ces emplois se sont étendus le sujet parlant exprime à ce futur antérieur des faits qui ne sont vraiment en relation avec aucun futur: Ce n'est pas la première fois qu'on aura VU ça Ce n'est pas la première ;
;
L'ACTION PASSÉE EST DANS D'AUTRES FORMES TEMPORELLES
ISl
Tribunal de Commerce aura été appelé à condamner les actes arbitraires du pouvoir (v. h.. Disc, sur Vinterd. de Le Roi s'amuse, 1832).
fois
que
le
Infinitif (le iaits,
de succession.
d'un
infinitif
—
-
précédé de
On
se
/>of/r,
sert
aussi,
qui suit
calma, mais pour reparaître ensuite plus violente
pour
revenir
quelques
instants
pour
G).
(a.
:
pour une suite rapide
passé simple: la fièvre se
—
daud..
M. Moronval Jack,
14)
;
s'éloigna
—
Elle
mais pour les rabaisser avec prestesse sur la fillette Sou\ent on ajoute un adverbe tel que ensuite, après :
leva les yeux, franchement,
(boyl.. Iles Borr.,
après
le
les rabaisser ensuite.
—
—
CHAPITRE XIV L'ACTION PASSÉE EST DANS UN VERBE A D'AUTRES MODES QUE L'INDICATIF
—
Eventuel.
Inaction éventuelle dans
-
passe se traduil par
le
condi-
le
tionnel ou le subjonctif passé: Macbeth, ayanl tué Diincan, dit que l'Océan
ne laverait pas ses mains:
— Qui l'aurait cru, me
n'aurait pas lavé mes cicatrices(Mvss.,Cont.,i,iw):
il
que nous aurions
disent-ils,
le
bonheur de mourir libres?
Tant que j'ai fait du zèle... j'aurais rougi de vivre monde, et j'affectais naïvement des allures de réformateur ("si. tin..
(MICHEL.. Réu.,
I,
comme tout le M. Péché, vu)
—
un
Tel était celui-ci. qu'à sa mine inquiète. On eût pris pour pour un poète (muss.. Mardoche, xli) Nulle sagcH.se polin'eût amené l'événement : il fallait une sottise (michel.. Rév., i. 379). ;
—
passé composé
pour
—
;
Subjonctif.
(s'''
:
fou. sinon
tique
le
347)
:
mode
Si le
est
on regrette en
le
cet
ses autres voyages, qu'il n'ait
Hi;ivi:. Lundis,
vu,
1)
;
—
subjonctif,
le
passé s'exprime: 1" par
Regnard n'ait pas fait comme pas donné un récit... sans ombre d'art
endroit que
'2°
par !"imparfail
//
:
fallait
qu'il eût
dans
l'inlinitif
bien peur pour consentir à ce sacrifice.
—
Infmitif. l'idée
Il
d'usage, autrefois,
était
de transférer
du passé. qu'on cxprimerailaujourd'hui dans
le
conditionnel de la prin-
cipale: Et pour ce pcusl avoir respondu {Chev.de la T. /..,87)
à bonne raison,
comme
fut
;
mocqué
mcd-avisé.car ildevoit avoiT maichSindé premièrement
(wecluiin. estienne, .Apo/.. Hislelb..n, 43). Encore au XYII^s.: La mathé-
matique
est superficielle
cipes qu'elle emprunte, Ceu.v qui croient que
le
:
fonds où
le
elle
elle bâtit n'est
ne saurait avoir
monde
est
fait
pas à
elle
;
sans
un pas (malh..
ii,
les
prin-
694)
bien peu raisonnable de passer tout
le
;
—
jour à
courir après un lièvre qu'ils ne voudraient pas avoir acheté, ne connaissent
guère notre nature (pascal.
royauté Avoir
Le reste,
même
Pensées, iv,
commencé mon ouvrage
fait
se
i)roduil
quelquefois
par une sorte de redondance,
nitif et
dans
le
verbe principal:
premiers un double aigle dans
les
Ils
le
2,
Havet)
-
;
je devais
m, 2). indicatif. On
par
la
(la font., Fab.. après
passé exprimé à
ont ainsi trouvé
temples (iîac.
la fois
l'art
vi. 51.
trouve
dans
d'avoir mis
Rem.
s.
du
l'infi-
Pind.).
les
CHAPITRE XV LES COMPLÉMENTS DE PASSÉ
Les compléments de temps qui localisent l'action dans
— ou locutions adverbiales, — sorte construits sans préposition ou bien avec l'automne dernier — y a deux fours — en des adverbes
il
:
Les uns précisent rigoureusement sur les 3 heures
—
;
je l'ai
il
y a quelque temps,
il
hier
hier à 3 heures exactement
:
:
;
;
—
—
il
vers 3 heures
y ;
rencontré l'an dernier aux environs de
Pâques. Les autres renvoient à des périodes vagues ment,
:
IIL
a juste une heure. Les autres donnent une approximation
—
passé sont, soit eic.
en, de.
à,
l'an
:
le
compléments de toute
soit des
y a belle lurette, dans
le
jadis, naguère, récem-
:
temps, autrefois, ancien-
nement. Pieça. qui signifiait //
metra
toi
pieça (viLLKH., 93) lant,
comme on
;
y a longtemps
il
l'empire de
—
Romanie à si
on ne trouve
comme
Ingrat ne suis (IX.
archaïque. :
y
a
une pièce de temps) a disparu:
le
Ronw
langage de
dont
ele ère
son
nom
On
lecteurs).
ne
le
Au XVII^
serait pieça Delci le ciel,
si
mot
s., ce
trouve guère que
cou-
était déjà con-
La Fontaine m'en voulait croire.
chez
l'on
04).
Naguère a
départie
cete translation si
a fait de quelques autres mienes, qui de pieça sont entre les
mains des /iommes( amyot, Aux sidéré
(il
l'obédience de
failli
avoir
le
même
sort
que pieça.
Il
a repris faveur.
:
CHAPITRE XVI LES DIFFÉREXTS ASPECTS DE L'ACTIOX PASSÉE
Les aspects dans
le
Aspect de développement. qu'aux Harmonies. Lamartine Portr. Cont..
moyens
passé s'expriment par les
—
Depuis
est allé se
ordinaires.
Méditations jus-
premières
les
développant avec progrès
beuve.
(s^e
300).
i,
Aspect d'accomplissement.
—
ï'accomplissemcnl de l'action dans
Le
le
p.\ssé
—
.\ccompi,i.
L'idée de
passé est exprimée en français par
une forme spéciale dite passé antérieur, qui devrait s'appeler en ce cas accompli (1). L'exemple classique de ce sens est La cigogne au :
passé
:
long bec n'en put attraper miette
(la font., Fab.,
On le
:
FA
le
drôle eut lapé
tout en
le
un moment
18).
i,
pourrait en citer sans
d'analogues
fin
Les Saxons n'eurent traversé
:
XI L
bois que cinq heures avant la cavalerie suédoise (voi.r.. Ch.
1.
1)
:
—
7/ était
à peine connu d'elles; «izssj l'eurent-elles bientôt dévisagé des pieds
à la
(muss.,
tête
Mimi
Pinson,
On reniar((ucra que celle forme ne prend accompagnée de compléments. qui indiquent
II).
sa valeur qu'à condition d'être
date où l'aclion fui accomplie,
soit la
soit le lemi)s ([u'elle a duré.
comienl pas le drôle eut été vite mis hors d'état de nuire n'est pas français. Pour les aclions-i)oinls el les actions la nmison fut vendue dès la première limitées, le passé ordinaire suflil
Au
passif, le passé antérieur ne
:
:
enchère
a
—
:
compte fut
.son
vite réglé
;
—
parbleu,
pot cnix roses fut (ou
le
été) vite découvert.
Le
p.vssé .\ccompli
surcomposé.
—
La dispnrilion du
entraîné la création de passés surcomposés.
jouât vis-à-vis du passé composé, devenu
le
tions.
Cette forme est exlrêmemenl usuelle,
eu livré
mon
I,
25):
(I)
Dès
quand
le
d'argent..-,
l'a. r., cl
;
h.
i...
i,
12)
fait,
ma
E
le
passé
deviné ses inten-
qu'astu
:
simple a
temj)s relatif: lorsque
commandant... a eu tout vu
213).
que
rôle
liv..
celte forme existe a\ec sa valeur actuelle .tm., 51
le
vite
'A''
Joé Jackson junior l'a eu découvert.
Lorsque .\L
de .Ami (.\m.
—
te restait
eu
comme
poignet (balz.. Se. vie paris..
tu as eu dépensé ce qui
Myst..
j'ai
:
i)assé
a fallu créer une forme qui
plus usité,
antérieur jouait autrefois en face du simple
j'ai
Il
(
/>
Id..
;
— Et quand sue, 167); —
fille? (e.
//>..
.s///'.s
I,
restée étonnée
rnolt loi ot obllé les
roniandi'numz
DIFFERENTS ASPECTS DE L'ACTION l'ASSEE
J.ES
moi-même
de n'y avoir pas pensé
pas
croire
vous
qu'elle
trompé,
me
{M^^'^ Josette,
élrangère
disant que
à la
vous
i,
8).
Mais
langue écrite
:
vouliez être seule,
il
ne
faudrait
Pourquoi m'avezet
en sortant dès
—
eu quittée ? (a. dumas. L'ami des /.. iv. 8) eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour
que je VOUS j'ai
en
soil
485
ai
;
Quand être tout
seul (FLArB.. Bov.. 21). là une nouveauté. II y a des exemples de ces formes dès le Des grammairiens du XV II'- s. la faisaient déjà entrer dans les paradigmes Auoir. dit Tabbé Tallemant. se met quelquefois deux fois comme auxiliaire pour marquer davantage un temps passé: après que j'ay eu disné, jusqu'à ce que nous eussions eu fait. {Décis. de V Académi\ 148: cf. Dangeau. Opusc. de div. Acad.. 112-3).
Ce n"cst pas
XV<^
s.
:
Hors existent
Sans
de :
cette
Eventuel.
l'indicatif.
je /"aurais
eu bien
vite
—
Les
formes
oubliée (scrib.. Part,
et
surcomposées
revanche,
se. 2)
;
—
disposition de son esprit. Clotilde aurait eu déjà peut-être pris le
voile (herv.. Flirt. D).
Infinitif.
—
A
l'infinitif,
compté son argent depuis
on emploie temps qu'il
la
forme composée
—
:
// doit
avoir
Voyons... l'abbé enfermé: Gevrestin doit avoir terminé son déjeuner (huysm.. Cath., 481). le
est
CHAPITRE XVII LE PASSÉ RÉCENT
Pour l'expression du passé récent, Elle emploie
la
langue dispose de plusieurs moyens.
:
—
LE PRÉSENT J'afrive il me quitte, // y a deux minutes. Ce présent souvent accompagné, comme dans l'exemple, de compléments tels que à l'instanL il n'y a qu'un nwment, etc. a)
:
;
est 1res :
(3)
LE VERBE venir au présent suivi de l'inkimtif
téléphoner
;
—
Parbleu
d'en essuyer un des plus fatigants (mol., Mis., 575) vient d'en faire l'observation (a. cap.. Ange, x, 1).
Y)
d'autres périphrases
river;
—
depuis samedi soir
:
//
:
vient de
me
faut parler de gens exlravagants. Je viens
s'il
!
ne faire que ou que de
je n'ai rien
mange,
et je
;
— je
:
ne
M"^<^ de
ne
fais
Prangis
que d'ar-
que commencer
fais
à pouvoir parler.
L'expression je sors de naire de V Académie sortir de table.
:
<;
le
On
voir a été très disculée. Elle csl
dit
au proj)re
Et figurément:
:
sortir
d'un
dans
le
Diction-
lieu, sortir de la messe,
sortir d'entendre la messe, sortir de dîner.
Malgré cette reconnaissance, l'expression garde un caractère populaire Non, merci, je sors d'avaler /r mien (zola, derm.. 111).
—
^^
:
8) DES adverbes et des compléments. Les compléments qni marquent que l'action vient d'avoir lieu sont très nombreux // nfa quitté tout à l'heure, dernièrement, tout récemment, nouvellement, n'y a qu'un :
i
instant, etc.
LIVRE
XII
RAPPORT
LES FAITS PAR
A NOS JUGEMENTS, A NOS SENTIMENTS, A NOS VOLONTES SECTION
I
QUESTIONS, REPONSES, ENONCIATIONS
:
POSITIVES ET NÉ(;ATI\ ES
CHAPITRE PREMIER EES QUESTIONS
Nous avons déjà vu des questions de toutes sortes portant sur le les compléments. Nous considérerons ici
l'objet, l'objet secondaire,
qui portent sur l'action
même
:
Venez-vous
—
?
Êtes-voiis prêt?
sujet, celles
Mais beau-
coup des observations qui suivent s'appliquent aux questions de toute espèce.
10 le
—
Questions réelles. Les questions sont réelles, cbaque fois que demande vraiment quelque chose Qu'est-ce donc? Qu'avez-
sujet parlant
:
VOUS ? Laissez-moi.
je
vous prie (mol.. Mis..
Demandes d'assentiment.
— Souvent,
1).
la
question a j)Our but de deman-
der l'assentiment à une énonciation quelconque. N'est-ee pas est très employé à cet effet, soit à part, soit en proposition principale souffre horriblement ? (v. h., Hern.. v, 6) le
condamner {là..
vous amollissent dites
:
M
ar. de L..
ii,
où
épouser
qu'on ne peut
—
A'onp. Id..
i.
A).
L'interrogation ])eut n'être qu'une
l'emploie souvent dans des cas où l'on ne
demande vraiment
y a au contraire affirmation Ce vieillard ! il vous aime, il ra vous Quoi donc ! vous prit-il pas l'autre jour un baiser ? X'ij plus penser I
il !
N'est-ce pas qu'on
ces
étonnamment s'arnmgera? (curel,
20 Interrogations apparentes.
On
:
— N'est-ce pas
premières chaleurs, n'est-ce pas? (flaub.. Bov.. 123). On se sert aussi de
5);
Alors, dites, tout
apparence. rien,
—
;
:
IJ:S
ISH (V.
J'MTS
Hcrn..
H.,
i,
I>AJ{
2);
Ji.\
I'VORT
réplique Jacquotte. S'il
Méd. de Camp..
'M))
;
Sureau?
Certaines
comme
[)lirases
nues d'usage
rioxs
l>S
ychologiqvks
ce (juil
les vides, la veste blanche...
lui
(bai./...
Petits Pâtés);
—
cet
du
petit
la
garçon de chez
original d'abbé Papillon
mis en tête de me marier? (dur.. Uniss.,
elle,
3).
renfermaiil des interrogations apparentes, sont deve-
Ce bébé qui
:
Ol'F.K.X
ici. je
daid.. Cent.,
(a.
s'est-il pas,
XOS
là-bcts,
poussière qui remplissait
ne
.\
— N'allez-vous pas vous mêler des draps, à présent? couche sais bien jaudm faire — Est-ce qu'il ne se figurait pas voir dans
sait lire
!
C'est ainsi que l'interrogation est
croiS-tu? Cf. pensez-vous et d'autres. 1
un des procédés du style oratoire.
Les prédicateurs, par exemple. s'en servcnl [)our coninuiniquer avec leur public, l'associer à leurs niouvenients de jx-nsée
mon
frère,
qui
te
eî
de senlinienl
plains sans cesse de la ru.ine de ta fortune
et
:
Toi donc,
de la pauvreté
main sur ta conscience as-tU cherché le royaume de Dieu ? as-tU fait ton affaire principale de sa vérité et de sa justice? N'as-tU pas au contraire employé tes biens ou pour opprimer l'innocent, ou pour contenter les nuuuHiis désirs jxir les voluptés défendues ? (noss.. Car. des Minim.. de ta maison, njcls la
Nécess. de
la
Vie. U"' p.)
:
:
irritée contre notre orgueil, le
C'est ainsi que la puissance divine, justement
pousse jusqu'cni néant... Peut-on bâtir sur ces
Peut-on appuyer quelque grand dessein sur ce débris ? Mais quoi. est-il donc désespéré })our nous ! Dieu.
ruines
?
Messieurs, tout
rance
? Lui... verra-t-il périr s(uis
naître
et
Henr.
d'
ressource ce
(ju'il
a fait capable de
le
con-
de l'aimer? Ici un nouvel ordre de choses se présente à moi (Id., Angl.).
H
CHAPITRE
LES MOYENS DE QUESTIONNER
1°
Le ton.
—
L'interrogation est souvent dans
d'une phrase ordinaire quelconque
La phrase
fait
française d'énonciation ordinaire se
ton. qui, à lui seul,
le
Tu viens avec moi ? compose de deux parties,
une question
:
l'une ascendante. l'autre descendante. L'interrogation, de ce point de vue,
une phrase incomplète la finale de l'interrogation est la syllabe qui dans unç phrase afTirmative serait articulée sur la note la plus haute avant la
est
:
partie descendante.
De quoi
aurait-on /'air?
—
On
gens peu sérieux.
—
La figure ci-dessous montrera la difïéGraphiquf: d'i'nk qiestiox. Dans: Tu ne le savais pas. la voix monte progressivement jusqu'à
rence V((is.
:
puis elle redescend.
Quand
la
même
phrase
est
inlerrogative.
quarte plus haut,
se nuiintient à
dernière syllabe,
fait
quinte
])lus
haut
(
1
elle
peu près sur
une montée
la
commence environ une
même
très rajjide, et la
note,
phrase
i)uis.
finit
sur
sur
la
une
).
INTERROGATIVE
La phrase interrogative peut du reste et de mots dits d'une voix grave
labes
faire suivre la et
note
descendante
:
éle^•ée
Que
de syl-
/aites.-vous
été? Il peut aussi y avoir plusieurs montées Savez-VOUS pourquoi nos amis Brochard nous ont quitte si brusquement ? Et depuis quand est-il ici? Le sens de l'interrogation change suivant que le ton change. Comparez Mais pourquoi a-t-il dit ça? à: Mais pourquoi a-t-il dit ça ? Dans le premier cet
:
—
:
cas, l'interrogation porte sur ça.
Dans
première phrase signifie Pourquoi pour quelle raison a-t-il dit cela ? :
le 2'' cas. elle
porte sur pourquoi. La
a-t-il dit ce qu'il
a dit ?
et
la
seconde
:
le ton est celle que l'on emploie spécialeconfirmer une réponse déjà donnée ou une opinion pré-
Cette forme d'interrogation par
ment pour conçue (1)
:
Voir
se faire
Alors, c'est bien entendu, vous viendrez avec
Grammont.
Tr. prat. de pron., 177
nous?
— Madame,
LES FA 1 TS PA R RA PPOR T A XOS OPÉRA TIONS PS YCHOLO GIQ L'ES
490
Madame
sans doute, n'est pas d'ici?
désire voir les curiosités de l'église ?
(flaub., Bov., 267).
marque
Elle
20
Tétonnement Ta femme, ion beau-père, cou ? (aug., Gcnd. de M. Pair., i, 2).
aussi
ainsi la bride sur le
:
Le procédé par inversion.
— C"cst
procédé
le
plus ancien pour
le
Dès l'ancienne langue. on plaçait le sujet après cumpainz. faites le vus de gret ? (Roi.. 2000). Nous avons conservé ce procédé, mais seulement quand interroger.
personnel de conjugaison, ou bien on
On
dit
Un
Viendra-t-it ?
:
nest pas
très ancien. ^Mais
environ, jusque vers 1650, on
absurde de
qui peu à peu remplaça aime
un
prononçait, quoiqu'on eût considéré
le
Nous avons
l'écrire.
dit
que aime on
est ainsi
Ce
l'on (V. p. 275).
formes verbales terminées normalemenl en
comme
devenu aime-t-on, analogique des
est
/
11
siècle
fut-il ? vient-il ?
.
/
un
et le sujet.
faut prendre garde que. pendant
il
Sire
:
le sujet est
verbe
s'est intercalé entre le
/
verbe
le
Viens-tu ? Le sait-on ?
Irai-]e ?
:
laissent
te
—
A LA me Prrsonnk T-il, li. Quand le sujet n'est pas le nominal de 'A'' personne il ou bien on, généralement on laisse les termes de la phrase dans l'ordre où ils sont dans l'afTirmalion. mais on fait reparaître à la fin de la proposition le sujet delà 3*", sous la forme du représentant personnel: Pierre en
oiendra-t-ïl ? C'est là
précédente
et
somme une combinaison
de l'affirmation.
sous la forme du masculin
Cet interrogalif
peuple
le
:
T'il
/-//
;
c'est-il
ça une destinée :
voila-t-ïl
même, dans la langue On conjugue
:
V Emile cite déjà un enfant qui dit
(le\
est
rigoureusement exclue de
la
!
anl
lui
i,
La
un
r
sourd
veillé-je, et Vé,
dans
cette forme,
est
il
et
mon
100).
i.
{\.
?
Nous avons
p. 8).
pas? Rousseau dans i). Cette forme
Irai-je ty ? (ch.
Tne phrase comme
Dans
la
je
me
L'inversion présentait
pouvait
tu.
/r(/,s-tu.
pas
:
sou liomiue.
—
'in version.
:
veille-}e7
Au XV!"
les siècles suivants,
porter
inêuic tacultc.
parfaitement classique
:
esprit ? (Id..
//)..
]n-eniier
s., le
passa
]5eu à
peu
se délabialisa
c
à /
;
Je crains presque,
songe ne m'abuse. Veillé-je? (rac, Phèd., 510)
vœux
dans
de\enir une particule inlerro-
? classe
irai-je, je, n'avait
dit
bien plus grande encore, lorsfpie ce je sourd venait
difTicuIlé était
derrière
dans
:
On
c'est.
ne l'ont pas moins achevé
Mém..
écrite.
des inconvénients phonétiques sérieux. ;
ils
.l'irai-ti? .J'irai-ti
langue
Inconvénients du procédé dk
vient d'être question.
il
à la formule
(Vid..
dérangé une minute de mon commerce
l'accent de la phrase
forme inlerrogalive
la
pas un malheur
populaire.;')
gative généralisée.
SUiS-ti
dont
/
même
ainsi formé, s'étend
se joint à voilà
tend
précédé du
//,
de
en naît une sorte d'interrogatif. immobilisé
vrai ? au lieu de est-ce vrai ?
c'('.s7-il
à bout portant
vu que
/-//,
11
;
—
Où
vcillè-je ? je
:
Sous
crains qu'un
laissè-je égarer
mes
180).
La langue répugne absnlunu'iit
cl
(]epuislongt('tui)s
—
à
des formes telles
LES MOYENS DE QVESTIOXXER que
491
qui sont de pures boufîonneries.
coiirs-je, dors-je. pends-je,
l.vs
liarha-
que certains grammairiens n'eussent pas pu s'introduire. Mais nous disons Franchement. encore très bien où suis-je? ai-je donc besoin de vous? SUis-je bien coupable d'étudier dans ce pauvre petit corps... le secret qui ini sauver des générations entières (curel, Nouv. Id.. i, 4). D'autre part, aucune difïiculté ne se présente avec les autres personnes Pourdu singulier ou du pluriel: venez-vous? étais-tu là? Se souvient-il? rismes tels que: sen/è-/>,
répugné à substituer à
perrfè-/>,
sens-je, etc., n'ont
—
—
:
—
quoi s'est-elle adressée à elle
vu
dans
le
et
moi?
Savait-elle donc que je l'aimais?... M'avait-
jamais retournée
cette fenêtre ? S'était-elle
jardin
?
(muss., Chcmdel.,
m,
le
soir
quimd
je l'observais
2).
de la première personne du singulier de quelques grand mouvement de transformation de la forme interrogative. La vraie cause probablement, c'est que la langue a tendu instinclivemcnl et à marquer fortement l'interrogation dés le début de la
Ce n'est pas
la difficulté
verbes qui a causé
le
phrase, et à garder l'ordre ordinaire des mots bientôt
Il
.^
y a
Est-ce que .Jean viendra un phénomène analogique de syntaxe, qui tend forme ordinaire de la ])hrase ). cl un phénomène :
là à la fois
à étendre à tous les cas la
(
d'ordre psychologique, qui pousse à insister sur
un de
C'est
ces renforcemcnls d'interrogations, dont
Les interrogatifs périplirastiques. forme
la
—
Quoi
1
c'araclère
ie
interrogatif.
nous jiarlerons bienlôt.
rpi'il
en
soit, le
succès de
introduite aui)rès des mots inlerrogatifs
est-ce a éle tel qu'elle s'est
que ((ui. (juoi. con'iment. où. j)ourquoi. etc. Dès le XIV s., on rencontre la fornude périphrasticiue est-(Ce) que ?: cument est dune que Adonias rcr/nc ? (I V Liv. R.. m, i h. i... i, '2."Ji)). Au XV° s., ces pjirases deviennent très communes dans toutes sortes d'intels
:
:
terrogations
:
qui esse qui
que vous avez ? (Ib.. 4577) sccrctz piteux? (Ib.. 1736).
;
—
Quesse frappé? (Must. V. Test.. 1763) De quoi/ esse que couvriron De nos corps les
//)'(/
:
—
C'est que se rencontre égalenicril
:
pour qui c'est que VOUS me prenez
?
{Pathelin, dans F(u-c.. éd. Jacol), 109). C'est est particulièrement fréquent
dans l'interrogation indirecte
je
:
vous demande Pourquoy c'est que vous
l'avez bastie {Mijst. Y. Test.. 5656).
Au XVJe usuels (H.
151)
A.
;
t.
s.,
L., II,
les interrogatifs périphraslicpu's
319)
— pourquoi
:
est ce
que
/('
me
/r.,vn, 198). C'est est aussi
Qui c'est qui a
Cosl
à la
que
même
le
i
ay
dexiennent de plus en jMus
dit ? (sic.
desconforte ainsi
commun que
ce concile excité (pelet.,
enquis d'où c'estoit que
(1)
Sire, qu'est-ce
Od..
?
de
Tr.oYHs. Par..
(toikx.. Cont..
est-ce (2): diltes. si
Œuv.,22o
v»)
;
—
iv. 5,
vous sauez ie
me
suis
bois réduit en pierre aurait esté apporté (paliss..49).
raison qu'est due rinUoduclion de
—
—
qui permet aux gens du peuple
Où qu' l'as pris ça ? Comment qu' lu dis ? pourquoi qu' Vij mis ? plus ne moins. (2) A noter que c'est se développe aussi dans les phrases non interrogatives Ne que font nos danioiselles, quand c'est qu'elles ont leur « cache-laid » que vous nommez lourd de nez (R.'S.B., v, xxvi). de dire "
:
:
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES
492
Au XVIIe
grammairiens furent en général hostiles aux interrogatifs
les
s.,
Vaugelas, Bouhours leur préféraient l'interrogation simple, Que demandez-vous? et non: qu'est-ce que vous Furetière veut qu'on dise périphrastiques.
:
demandez
Ceux des classiques qui n'ont pas
craint de reproduire la langue courante en présentent souvent Qu'est-ce que c'est que cette logique ? (moi... Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a, mon petit fils ? (Id.. Mcd. B. G.. II. 1) ?
:
—
;
Im.,
I.
6)
;
—
Cf.
Comment
est-ce qu'on
nomme
le
?
(la font., Ragot., 94).
L'opposition tenace faite à ce pléonasme dure encore. Elle n'a pu prévacontre l'usage
loir
:
faudra voir qui est-ce qui sera mangé
qui est-ce qui rira pour
On
finir.
:
—
nous verrons
va jusqu'à dire: Combien est-ce que
c' st?
(h. imonn., Se. pop.. 163).
bon de jeter du
serait peut-être
Il
est-ce et c'est.
Qui est-ce qui frappe
lest, et
? est
de faire une démarcation entre
aujourd'hui accepté de tous
;
qui
c'est qui frappe ? est vulgaire (1).
D'autres démarcations sont possibles. La formule
ment réduite à s dans du peuple: Ous qu'/7 128).
Il
d'ous' que? pourquoi
monstre
est, le
?
s'
est-ce s'est
phonétique-
que? qu'on entend dans
la
bouche
mais. OUS qu'zVes/ .'(vidocq, Mém.. IL
n'y a aucune possibilité d'accueillir ces réductions en langue écrite.
Ilexistedespériphrasesintcrrogalives'.faites avec d'autres verbes que
Nous
les
trouverons ailleurs
passeports
? (h.
moxn.,
Pourquoi donc
:
pop.. 181).
.SY.
Interrogations multiples. gations se j)résentcnl à
la
être.
faire que vous voulez voir ces
—
Il
arrive
souvent que deux interroOn construit alors souvent
suite l'une de l'autre.
seconde en proposition hypothétique, cnsc servant ou non delà périphrase
la
OU
c'est: Vois-je des vérités
dorme
ou
si
me
nier la chose?...
4)
;
que
c'est
je
— Et pourquoi donc
(muss., Chandel.,
du
Ou
Iciche.
OU
si
verrue au bout Cijr.,
I,
4)
;
m,
si
—
Ou
œil s'abuse ?
—
m,
Est-il vrai que je veille, 5)
;
—
Tâcheront-ils de
entreprendront de l'cvcuser ? (moi...
s'ils
Fourb..
i.
Êtes-VOUS souffrant. OU si c'est un méchant caprice ? lequel est écrit dans les i/eur. Du stupide ou 3); ?
•
—
c'est tous les ?...
mon
(bours.. Mort Viv..
?
si
deux? (lu.,
éd.
Lem.,
i.
84;-
distingue-t-on une
quelque mouche, à pas lents, s'y promène ?
Est-ce du sang, corbacque
court dans vos vaisseau.v artériels
!
(Id.,
!
ou
bien
Roman., m.
si
c'est
(host..
du son Qui
2) (2).
—
Oui, monsieur. — .Snis-tti si C'est qu'iV n ncudn son chien (1) C'est donc Fournais, alors ? d'chasse ? Fcnit croire que oui... j'ne le vois plus miec (H. monn., .SV. /jo/)., 1 17). .\ plus forle raison, doit-on laisser au peuple la forme où le que s'est inlroduit de\ant c'est : Ah çd qui que c'est, diable, qui peut bien couper les cheiwnx à monsieur des l'elils-Champs? (hWKn., Leur /'. plu/sique, 7).
—
!
(2)
Voir ToBLEH, Mél.. 32.
CHAPITRE
III
RÉPONSES ET ÉNONCIATIOXS AFFIRMATIVES
Oui
et si.
—
De
toutes les réponses affirmatives, la plus simple est oui.
Ce mot, qui avait donné son nom à notre langue (langue d'oui, par opposition à langue d'oc et à langue de si) est formé de la réunion du vieux démonsà
tratif
il.
—
On
personne
disait suivant la
:
o je... o
il
:
Irez-vous
?
Oje (=
— Avés vos relenqui Mahomet, — L'avoir Carlun la dame. — (Aiol, 9679) appareilliet
erai cela)
cbe dist
Ira-t-il ?
?
il
fille
est
;
bêle?
il
?
je je,
E
cil
respunt: Oïl. Sire, assez bien {Roi., 643). Si est d'usage après une interrogation négative; on ne répond pas alors
par oui, mais par
(MUSSET, 20 Cette
30
//
si
:
Il
n'y a pourtcmt pas de quoi se fâcher.
faut qu'une p.
.soit
On répond également par femme
idéale n'existe
On emploie
Onésime, non
!
En somme, sz
encore
et je
est
pas
si
ouv. ou ferm., s?,
— Ma
foi. si.
1).
quand on conteste une
assertion négative:
? Si, elle existe.
pour marquer des contrastes Moi, si.
n'en ai pas envie.
d'usage quand
il
—
s'agit
:
Non
!
répondit
d'une opposition à l'idée précé-
dente.
—
La proposition affirmative. Toute proposition à laquelle rien ne donne le caractère d'une question, et où il n'y a aucune négation. est affircroyez-moi ! mative // fait beau ; cet homme a cinq enfants
—
:
;
—
—
L'affirmation peut résulter de Affirmation par double négation. présence de deux négations Non que Maupassant, dans sa jeunesse surXaoh n^ écoutout, n'ait connu ce féroce plaisir des mystifications funèbres; la
:
—
tait
pas sans trouble
le
bruit de ces bêtes colossales (rosnv. G. du Feu. 17)
Ce fut dit unanimement, Miarka, 13).
ri
;
—
non sans un dégoût mêlé d'horreur (richep.,
CHAPITRE IV RÉPONSES ET ÉXOXCTATIOyS NÉGATIVES
— Lorsqu'on
Réponses.
veut répondre négativement, c'est non qu'on
ancienne, soit moderne Venez-vous ? Non. simplement la chose énoncée. Cette forme essentielle de la négation se suffît à elle-même (1). Phonétiquement,non latin inaccentué. placé devant d'autres mots, s'était, comme il arrive souvent aux mots proclitiques, conservé en même temps sous sa forme pleine et sous des formes réduites nen et ne.
emploie dans
On
nie
langue
la
purement
soit
:
et
:
le
N'en a vécu jusqu'au XV''
s.;
pronom
(nen-il),
//
une forme nenni
forme existe encore. Mais, dès familière
M'y
voici
Est-ce assez
:
donc
?
dites-moi
Drp. Am.. 277). Aujourd'hui
Xk
c'est
3)
s.,
elle
11
avail
;
donné avec
oïl {h. l.. ii, 379).
était considérée
suis-je point encore ?
n'ij
:
i.
XVK.
pendant de
XYII^
le
(la font.. Fui).,
?
disparut au
il
Cette
comme
— Nenni. —
— Tu penses fuir? — Nenni
(moi...
une fornu' paysanne.
n'a jamais constitué à lui seul une réj)onse négative (2).
—
négations réelles. Comme pour les quand il y a négation vérilai^le ou seulement négation apparente. Inutile de donner des exemples des premières, mais qu'on considère une phrase comme celle-ci Combien de progrès
Négations apparentes
interrogations,
il
et
faut distinguer
:
n\i-l-(>n
pas fait depuis lors! Kile é([uivaut à
Moyens d'expression de tives.
XoN.
présent ou
Saxons
— .Jusffu'au
devant un
(i'.ar..
1.
m.
rh.
la négation
XVI''
infinitif i)
;
déceler a personne (Id., ch.
—
19;
:
//
cf.
s.,
:
Conibien on a fait de progrès!
dans
les énonciations
néga-
on trouve non devant un participe
non pouant en subiection 'contenir les nie bailla en pénitence non le dire ne ir.
ii.
i...
17.3).
(1) Si difTérenls que soient oui et non, il arrive que l'on emploie l'un pour l'autre, suivant le cours de la pensée: Ainsi, qu'on considère ce passage de Corneille Vous n'auez seulement qti'à dire une parole. Qu'une ? Non Celte nuil fni promis de la voir. Sûr que vous obtiendrez mon co7i(/é pour ce soir. Le concierge esl à vous {CM{^., Suit, du .Ment., 1106). Le sens est oui, la forme négative amène non. Cf. \p parlez pas si haut s'il est roi, je suis reine : Et vers moi tout l'effort de son autorité X'agit que par prière et par civilité. Non, mais agir ainsi souvent c'est beaucoup dire Aux reines comme vous qu'on voit dans son empire (corn., .S'icont., 148).
—
—
:
.
:
—
existe d'autres formes de négation: les préfixes i7i, a, les prépositions ou locutions prépositives sans, faute de, etc. Il en sera question plus loin. (2)
11
RÉPONSES ET ÉXOSCIATIOXS NÉGATIVES On non
trouve aussi non avec
est certainement
N'e. le
— Mais à côté de non,
est
la vieille
nen
:
L..
I.
495
ou faire nux formes personnelles
non
;
langue avait
les
plus haut
et ne, citées
—
:
feras certes (Id.. Ib.).
formes afTaiblies par Plus est isnels que :
Or ne vus esmaier (Ib.. 27 = ne vous à donner le sens négatif à la proposition
uns falcun (Roi., 1529)
;
effrayez pas). Elles sufTisaient (H.
être
est.. Apol., II. 95)
(ii.
jeu des lois phonétiques
nen
verhes
Jes
258).
—
Les complétifs de ne. Toutefois à ne, on ajouta de bonne heure. 10 DES ADVERBES COMPLÉTIFS ja, plus. mais (1 ne l'dire ja. 20 DES NOMS EXPRIMANT UNE QUANTITÉ TRÈS PETITE mic, gouttc, grain, :
)
:
:
maill>\
On comprend
le rôle
qu'ont joué ces mots.
était originairement à
Il
près celui que nous donnons à diverses additions
pas un fétu, pas un
Mie
étail
(Roi.. 140).
mienne. Je n'en il
ne se trouve
de r
a
commun en a. duré jusqu'au XVI''
veul.v
f.
s.
De
:
:
le
pas un
peu
zeste,
sa parole ne
dans
le
mie
/(//
hastifs
Cestecy (cognée) n'est mie la
grain (kab., Paniag., X. Prol. du
j)lus (jue
Académie Xe me
cela ne vcnit
C'étaient des renforçateurs de négation.
flferlin.
extrêniemenl
Mie
:
1.
iv).
burlesque, par moquerie
Au
pardonneroient mie (scarr.. Gigant..
XVII''
s..
Et messieurs
:
m,
L.). C'est
aujourd'hui un mol paysan.
Grain, goutte.
—
Ils
étaient l)eaucoup
plaisanterie de H. Estienne
:
Comme
moins répandus. On connaît
celuy qui disait
:
En
la
nostre cave on
n'y voit goutte, en nostre grenier on n'y voit grain (Apol., n, 260). Dès
XVIP s., Pour moi,
goutte n'était })lus je
employé que dans
ne vois goutte en
ce
la
locution
:
le
ne voir goutte
raisonnement (corn.. Nicom., 985)
:
(2).
—
Parmi ces mots complétifs. pas et point prirent peu Pas et point. peu une place prépondérante. De je n'irai pas, qui signifie proprement je ne ferai pas un pas. on arriva de très bonne heure à dire ne t'devez pas à
:
blasmer (Roi., 681), où pas a une valeur tout abstraite, et non plus le sens de un pas. Telle fut la première phase: A> pouvait recevoir des compléments; ils
n'étaient pas indispensables.
En moyen-français.
—
Dans
la
deuxième phase, on peut
dire
que
la
(1) Xe... mais est resté dans n'en pounoir mais. Les Grammairiens du XVII« s. ont discuté à ce sujet. Certains le déclarèrent bon seulement pour les genres les plus bas, « Satyre, Comédie, Épigramme »,et le Burlesque (vaug., i. 240) ; d'autres, tout en observant que l'expression n'appartient pas au beau style, l'acceptaient en prose (Mén., Obs., 1672, 109-110) Battre celuy (saixt-am., Œiw., i, 459) ; qui n'en peut mais Vrayment, c'est une belle affaire Enfin après cent tours, ayant de la manière Sur ce qui n'en peut mais déchargé sa colère (moi.., Éc. des F. ,1164). (2) Les ressorts de notre machine sont des mystères, jusques ici, où les hommes ne voient goutte (MOL., Mal. Im., 3). On a dit aussi n'entendre goutte fe vous dirai, monseigneur, que je n'entends goutte à l'être simple de Wolf (volt., Let. Pr., 29, L.).
— ;
!
m
:
.
LHS FAITS PAR RAPPORr A SOS OPERATIOXS l'SYCHOLUGlQVKS
49G
négation
complète déjà ordinairement par pas
se
i\e
et point.
Tandis que
Quant et
II.
je
me
471).
Mais
il
ne
dors, point ne m'esveille (ch. d'orl.,
5
ii,
;
ne sont toutefois pas encore obligatoires,
Ils
se contenta de leur responce (rab., Garg., liv.
n. l..
cf.
même ii,
les
communs
autres mots complet ifs se font rares, ceux-ci deviennent tout
au
:
478-79
i.
XVI^
s.
:
ch. 5) (1).
—
A mesure que l'on approche exemples de négation composée abondent: mais il n'y prenoit point déplaisir (des per.. Œuik, ii, 51). Fait caractéristique en 1595, le nouveau texte de Montaigne ajoute dos pas là où ils manNe
de
pas, ne point
du XVI^
la fin
en langue moderne.
s.,
les
:
quaient dans l'édition de 1588.
Dès
le
début du XYII^
Maupas
s..
(355-6)
négations.
On
n'emploie plus
Dans
les
propositions conditionnelles
10 je
la
ne vous tenais de mes amis, 20
les
Quand
mots
la
négative suil
latins quin ou qui
Dans
régies
Quand
oudin.
(cf.
»
?
Que
demcmde
>
nisi
»
Si je ne vous aymois,
.•
Gr.. 28(5; h.
i...
m,
ii.
6°
Pal.,
52)
Avec 1.
exprimant il
ne
se
66).
n'estudiez nous
:
Que ne
?
:
je
ne vous
rien.
Quand
:
<
ne se passe presque ((udienee, où
Il
:
si
(i22)
phrase renferme déjà un autre conipléuient. terme de néga-
la
—
phrase exprime un empêchement
la
vous empoigne
veiller
les
négation ne seule qu'exceptionnellement.-
tion (rien, jamais, nul, nullement, guères. aucun, quelconque)
50
fondamen-
phrases interrogatives, au sens de pouniuni ne pas
les
vous vostre devoir
faites
40
les
les relatifs, (/ai. que. lequel, dont,
non
publie quelque divorce (malii.. 30
donne
de la langue moderne. C'est ne pas. ne point, qui sont devenus
tales
certains verbes spéciaux i^/o/,s
var.)
;
Sauvez-vous que l'on ne
:
— Gardez que ne soyez découvert.
;
puisque
— Ne
je
:
savoir, pouvoir, bouger.
ne peux, que veux-tu que
bougez,
s'il
Je ne scaurois
j'y fasse ? (coux., Gai.
vous plaist (souei.. Berg.
extr., liv.
i, t. i.
(2).
La différence de
pas et point
au XVII^
s.
—
Les grammairiens ont
cherché à l'époque classique à établir une distinction entre pas et point. De ii se dégage que point nie plus fortement que pas. En réalité, adverbes de comparaison, devant les noms de nombre marquant une mesure, on emploie d'instinct pas plutôt que point : Pierre n'est pas si grand que Paul ; Je n'en voudrais pas autant que vous m'en proposez :
leurs théories
avec
les
—
—
(1) Dans les propositions dépenclaiites, l'omission de la négation complétive reste fréquente encore : .Je m'a.iseiire que voii.t n'oublierez de represenler le festin superbe (R. marg.. Mém., 9 ;cf. Ead., .3. 12, 15, 24). (2) Oudin ajoute quelques cas à ceux que Alaupas a présentes. Pas et point sont supprimés, qiiand le verbe est suivi d'un que restrictif qui a le sens de sinon Il ne voit que d'un œil. De même devant de introduisant un complément de temps, ne suflîl à indiquer la négation Il ne viendra de trois jours (Gr., 287). Quand la plirase est impérative, l'ellipse de pas est fréquente Ne m'accusez d'ingratitude (RA(.AN. Épigr. el ch., i, 22.3). :
:
:
ET ÈXOXCIATJOXS XÉdATlVES
Rlil'OXSES
—
ne va pas beaucoup mieux
//
// /l'a
pas dix ans. Mais
497
la dislinclion
; de sens que les Ihéoricieus [prétendent aperce\oir est à peu près ima.ainaire.
L'emploi de pas
est
Cette troisième
]>caueoup plus étendu que celui de point.
i)liase,
marquée par un événement rapprochés séparer ne
el
essentiel.
soudés, ^'augelas
et pas. et ])eu à
pas vous déplaire
(1).
sous certains rapj)orts. n'est pas close. Elle a été
(ii.
Devant un
ne
infinitif,
pas
et
128) a posé en règle qu'il ne
peu cette règle
s'est
imposée
se .-ont
fallait
])as
J'aeceple pour ne
:
(2).
Emplois de ne
—
ne manque jîas de cas où ne suffit encore à de point. !« Dans des archaïsmes: A Dieu ne plaise ! Que ne Vas-tii dit ? Wétait que j'ai pris un engagement. 20 Avec certains verbes spéciaux tels que oser, pouvoir, savoir : .le vou-
seul.
nier, sans l'addition de
—
pas
Il
et
—
drais vous dire ee que je pense, mais je n'ose la joie
que
;
—
je
ne puis vous e.vprimer
je ressens.
3" Quand l'idée négative se trouve déjà marquée par ni grandeur ne nous rendent heureu.v (3). fo
Quand
la proposition
renfermed'autresmots négatifs.
:
la récidive
—
—
(4).
puis
De même avec que
il
Dans
n
le
restrictif
groupe phonétique
placé avant
la
point sont
denumde.
faisait
encore
s'est réglé.
Nouveau développement. là.
Ni l'or ni la
p(/.set
Je ne vois rien, personne, nulle, aucune traee de L'usage a hésité la servante de [Molière de pas mis avec rien
inutiles
:
/:'//('
:
ne
/ail
Pas sans Ne. ne sais pas
je
que copier
les
maîtres.
— L'usage ne pouvait en rester (je n'sè
pa). le rôle de ne réduit
peu important. (Demêmedans/'n'(Tot//'pa). Au contraire pas, qui termine le groupe, porte l'accent rythmique il prend le rôle essentiel. C'est la quatrième phase. à
et
sa/.s,
est fort
;
Pour bien comprendre le changement, il faut se souvenir que pas et point comme d'autres mots en contact avec la négation, pris le sens négatif. D'où il résulte qu'ils sont négatifs à eux tout seuls Vous êtes donc facile à contenter ? Pas tant Que vous pourriez penser (mol., Dép. Am.. 21L) Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant ? Moi ? point. Allons, soront,
:
—
;
—
—
tez (Id.. /-V/7?. Sav., 509).
—
Cette locution négative s'emploie quelquefois à tort pour rien moindre. (1) Rien moin.s. Rien moins que sage veut dire: de tout ce qu'il est, ce qu'il est le moins, c'est sage; d'où le sens de i7 n'est pas sage du tout. On évite cette locution, d'un emploi difTicile. elle avait appris par ses (2) En langue classique, les exemples contraires fourmillent encore malheurs à ne changer pas dans un si grand changement de son état (boss., Henr. de Fr.) il on languit, on sèche de est assez naturel de n'aimer pas son maistre (p. d'abl., Apopht., 30) :
:
;
—
;
—
voir danser et de ne danser point (la br. Espr. forts, 26). (3) Sur ce point l'usage du XVII« s. était encore très différent du nôtre ; les grammairiens (VAUGELAs, II, 127) penchaient pour la règle moderne, mais les écrivains mettaient souvent les
Non, non, ni un nouvel pas et point. Bossuet présente les deux tours dans la même phrase homme ne se forme en un instant, ni ces affections vicieuses, si intimement attachées ne s'arrachent pas par un .sewZ effort (Impénit. finale, 1662, 1^'' p.). On ne veut pas rien (4) Cf. je ne me suis point encore produit nulle part (rac, Lett.. xxiii) Il ne daigne pas attendre personne (la br., Théoph.. faire ici qui vous déplaise (Id., Plaid., 472) Brut.) vous ne me jugez pas digne d'aucune réponse (Id., Espr. forts, 22). :
';
;
—
—
;
—
LES FAITS PAR RAl'J'ORT A XOS OPERA TlOXS PS YCHOLOGJQUES
498
Vaugelas acceptait dans l'interrogation ces pas. point négatifs (ii. 293). Dieux ! sentois-je point lors des douleurs sont communs dans les textes
Ils
:
trop légères (corn.. Hor., 1219. var.) (1).
modernes. Hugo en particulier l'a ? (Mar. de L., v. 7) Je Dirait-on pas des yeux jaloux qui nous observent? (Hern.. ii. 1); Demain, venez n'ai rien entendu de toute leur histoire Que ces trois mots : Cet archaïsme est fréquent cliez
affecté
:
Et
les
ta chute d'ailleurs, l'as-tu
à la nuit noire
!
—
Est-ce pas excellent
c'est l'essentiel.
(Ib..
'?
Avec même, pas
m.
/'/
{Ib.. u. 1);
—
sullit
Resteras-tu? Pas
;
:
Rien ne
même ie
peut,
un jour non pas :
force (i>ascal. Pens.. vi. 'M) Cl).
Autres d'exposer
de contagion négative.
faits
les résultats
ne sont nullement
—
Les tails dont nous venons
i)arliculiers à
(uuun. jxrsonne.
rieit. (pii
ici,
tion, jointe à diverses idées ?
Rien
;
et point.
La néga-
plus, jamais,
sont étudiés chacun à leur place dans cet ouvrage.
doivent être rappelés
Qu'obtiendra-t-on
pas
mots comme
tion a exercé sa force contagieuse sur d'autres
Ils
!
—
2).
autrefois on exprimait la négation par non pas
même
;
—
—
— Mais
Viens-ÎU pas demander asile
Pas MÊMF..
pas e.vpiée
:
eux
])uisqu'à
Avec
ce
- Plus d'amour,
Dernière étape. Pas niant ne
—
Il
soûls,
ils
apportent une néga-
prof/ranune qui réussira? Personne.
partant plus de
est jjeu
joie.
surprenant, dans cçs condi-
que la langue populaire soit allée jusqu'au bout, et qu'elle use Fait vraiment un froid d'attaque exclusivement de pas comme négation Quand j'pens' que j'suis pas couvert. Et qu'j'ai pas d' poils comme un braque ! C'est pas rigolo, l'hiver... (hichep.. Ch. des Gueux, 170). Depuis ])lus de cinquante ans, le dernier pas a été fait dans la même ne que dans je n'ai que du pain est nié ])ar pas : Il ne mange pas voie Je ne regarde pas qu'en moi-même (ab. herm., Conf. que du pain tions,
:
:
:
:
Enf..
—
I).
(1) ]'ciix-tii pas ni' introduire
à
litre
de valet
?
(qiin.,
Am.,
\u, 1)
;
Esther, que craignez-vous ?
Suis-je pas votre frère ? (R\(.., Esllt., (i37) ; Bossucl présente les deux tours dans une même Est-il pas juste que le pécheur souffre, et que le crime ne demeure pas impuni ? El la plirase justice, n'est-ce pas un arand bien ? Pas était aussi supprimé dans les propositions commençant par si regardons s'i'/ y aura point plus d'apparence de dire (malu., ii. 80). :
:
de non pas même, on se contentait d'ailleurs de non ou non pas ie ne feraij Januiis tu n'as vu journée De bonne cherc de deux, non rfe quatre iours (R^.u., Panl., m, 25) si douce destinée ; Non celle où lu rencontras (mvi.h., Po., vu, 15). (2)
Au
lieu
;
—
:
CHAPITRE V INTERROGATIONS, AFFIRMATIONS, NÉGATIONS
RENFORCÉES
—
Interrogations renforcées. Pour des raisons logiques, ou des raitelles que l'impatience, l'angoisse, une volonté exaspérée, on insiste sur la question qu'on pose. Divers mots mettent en valeur le caractère interrogatif donc, ça, par
sons sentimentales,
:
hasard vous, 3)
;
:
Est-ce que par hasard vous m'auriez oublié?
comme
—
eût été
Qui donc
Dieu même. Si l'affligeait
?
terrible et si
Était-ce,
— Pourquoi donc
grcmd
(v.
ctiez-
R.-Blas,
h.,
m,
par hasard, qu'on l'aimait pas
?
— Qui ça Antoine — Vous au où ça? question porte sur une chose qu'on a oubliée, on ajoute déjà Comdéjà? — Qu'est-ce que tu me demandes, déjà plus? ment — On Remplacement de l'affirmatif au de
(flaur., Éduc,
II,
28)
?
;
bal.
allez
?
Si la
:
s'appelle-t-il,
oui.
se sert,
lieu
oui,
de toutes sortes d'adverbes ou locutions, pour reconnaître un fait, acquiescer à une proposition, etc. (Citons sans aucun doute, évidemment, certes (qui a :
failli
périr au
XYII^
s.),
certainement, assurément, parfaitement, vraiment,
mot dépend du sens. dépend aussi des habitudes de langage de chacun. Nous avons nos affîrmatifs préférés, dont souvent nous abusons c'est un défaut à surveiller. La langue populaire use d'un grand nombre de formules Un peu, j'te
sans conteste, entendu, convenu, compris... Le choix du Il
;
:
crois, tu parles, etc.
Sans doute a exprimé longtemps l'affirmation Est-ce que vous acceptez? Sans doute. Il possède encore cette valeur affirmative dans certains cas. C'est par le ton qu'elle se trouve alors marquée. Mais le plus souvent, sans doute n'exprime plus que la possibilité, surtout quand il fait partie d'une phrase, au lieu d'être prononcé seul Sans doute // est trop tard pour parler :
:
encore d'elle (muss.,
A
la Malib.).
Bien sûr est en train de subir une transformation analogue il est si bon, ! BiensÛY qu'il appartient à quelqu'un de riche {ckxmpfi.., Cont.,46). 'Voire a disparu depuis l'époque classique. Il était encore dans Régnier. :
mon chien
Réponses affirmatives renforcées. 10
Le ton.
—
—
Pour insister sur le caractère on use de divers moyens. Le Oui des mariées va de l'extrême hésitation, due à l'émo-
afflrmatif d'une réponse,
tion, à l'affirmation la plus décidée.
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPERA TIOXS PS YCHOLOGIQLES
500
—
Formules de renforcement.
20
Au
On
substitue
aux
affîrmatifs ordi-
on emploie si fait. Il n'y a pas longtemps que si fait est une formule cristallisée. On ne peut la considérer comme telle que depuis le XVII^ s. Auparavant le verbe se mettait à la personne requise Et qiioij ! ne paraistray-je pas botté... Si feray dea {Gr. Prop. des Bot., V. H. L., VI. 34 h. l., m, 368). Les grammairiens de l'âge classique naires des formes renforcées.
de
lieu
si
:
;
considéraient
Non
ma
est.
pas
ce n'est
comme
si fait
foij
elle
vulgaire.
était burlesque
Il
(lor.. 15 janv. 1651, 64)
—
Ce Fest en
...
effet
;
— Je ne
la
Si fait,
:
voy pas.
— Ce ne Fest pas —
il
je
Vrstet
—
pense que
— Non fait
Si fait
•
24 juin 1651, 1618). L'expression est un peu vieillotte et familière (1). Autrefois on se servait de dea, resté dans le dà de oui-dà, par lequel on
(Id.,
répond à quelqu'un qui s'étonne. On dit aujourd'hui par exemple Ah voilà du linge qui est blani\ par peut-être, placé après, renforce l'affirmation Je sais bien exemple :
!
mon
—
:
métier peut-être
!
— l»
Énonciations affirmatives renforcées.
— On baisse 246); — Oui, En vérité. — me Oui.
Après
c'est la vie.
.semble,
//
me
je
le
en
vérité, que... si je voyais
CiiRTES (en poésie
Coup
il
est
certe).
-^
// était
bon qu'ainsi soient
ouv. ou ferm..
s.
une
d'Ille,
Fantômes).
jour, la nuit livide (x. h.. Or..
dirais (muss.. // faut qu'une p.
— Certe,
Formules.
yeux, oui, en la regardant (mérimée, Vénus
les
jolie
femme,
1).
certes bien inutile de vous déranger
traités
quelques-uns
(v.
L'année
h..
;
terr..
COUJ)).
s.
20 L.\
RÉPONSE CHANGE DE FORME.
Elle afTecte la forme extérieure d'une hypothétique. Ce sont là des débris
de phrases com|)ièles horade
?
—
(:mérimée. Vénus
M.
vous savez sans doute où demeure Monsieur de Peyre-
:
Si je le sais
s'écria-t-il. je
!
d' !llr. 2 11)
—
;
de Saint-Pol fait la cour à
forme
est très
oarder de
la
courante
:
Si
cette
Si ce n'est
connais sa maison
comme
la
mienne
tu crois que je n'ai pa.s remarqué que
femme
(a.
cap.,
Ange.
pas malheureux de voir ça
i.
Il
!
1).
Cette
faudrait se
rattacher à un système hypothétique. C'est une proposition
objet devenue principale. affirme aussi très fortement avec
On Quand 30
On
que
je te l'avais dit
On
le
un débris de phrase temporelle (v. h.. Mar. de L., v. 7),
:
bourreau viendrait
insiste a l'aide d'une phrase principale. verbes qui insistent sur l'affirmalion
introduit des
:
Je t'assure,
—
C'est nous vous certifions que Tu penses bien que je ne l'ai pas oublié : Je VOUS assure que c'est à mon insu (lab., très malin ce que vous faites là. La langue populaire a fait de je te crois une forPoud. au.v ycu.x, i, 9). mule à cet usage Je te crois qu'il a gagné de l'argent. :
—
—
:
(1» Hsl-ce que
(Ml
ss..
On ne
s.
mon neveu
n'est plus
pens.
1
à.
t..
).
onioureux
d'elle ?
—
Si fait,
monsieur, eonime d'hnbiludc
JXTEIiROGA TIOSS. AFFIRMATIONS, XEGA TIOSS RENFORCEES
De nombreux
adjectifs se construisent. à cet
501
verJje êlre
le
évident, sûr, certain, avéré, manifeste, clair, acquis, établi, reconnu...
Il est
D'où laljrtnialion populaire
qu'elle a toujours fuit son devoir.
A
avec
efî'et,
noter aussi
expressions
les
:
que
c'est
le
:
/ait est
,sâ/-
:
certuin.
et
que (celle-ci a souvent
Ah ! c'est que je vous connais ! (mirb.. Le Foy., Le fait est que, pour les caleçons et les gilets de peau. Honorât est simplement extraordinaire ! (lav.. Leur b. phys., 59). Par la sui)pression du vei-l)e il est. on est arrivé à une construction très originale Bien sûr qu'zV ira. Parla suppression de il n'y a. on aboutit d'autre
le
caractère d'un aveu)
I.
2)
:
:
—
:
part à point de doute que
D'autre part
Point de doute qu'iV ne vienne.
:
adverbes
les
tels cjue
certainement ont donne lieu à des cons-
tructions qui jouent un rôle important
nement
il
:
viendra certainement, certai-
//
il
vient
sûrement que vous le Mais certainement que Muscade viendra dîner sanwdi (.maupass.,
d'être question, à verre:
De
:
viendra, on est passé, par analogie des constructions dont
—
:
Certainement qu'il vous
écrira,
Yvette. 2G).
De sorte que les besoins de l'affirmation renforcée ont eu deux effets, en apparence contradictoires. Des phrases faites ont été déconstruites sûr sûreet des |)ln-ases logiquement imi)ossibles ont été établies qu'il est là :
!
ment
:
qu'elle l'épousera
!
Remplacement des
négatifs.
—
La négation
simple est loin
jjure et
Nous avons vu coml^ien le désir de la renforcer a contribué à la naissance des formes modernes. Pour la même raiscni, on sul)slitue à la négation ordinaire toutes sortes d'expressions Allons donc le vous dis que j'ai de bonnes raisons pour savoir que cela ne se peut pas (Miss.. Lorenz.. iv. 10) il me disait de me rendre. Moi, « li n'y a pas de danger! » (méri:mée.. Les Mécont.. se. xi); je lui dis de
suffire
toujours à nos besoins logiques
et
sentimentaux
(1).
!
:
—
:
Ma
faute, à nioi, par
exemple
Autrefois, on s'écriait
comme une
flûte
(don..
La
sont bossus
Ils
:
Vous me
!
î
Ut baillez bellr
Pair.,
Voire, voire
une amie
!
Justement
!
!
Négations renforcées.
daid., Imm..
(a.
î
!
—
On
peut
:
Juste
!
Vous m'en contez
C'est tout à fait ça
Oui. joliment
!....
3).
Elles sont sonnées
!
brodeur ! Beaucouj) de ces expressions sont ironiques
le
m.
!
et
carré
Autant pour
ce sont des antiphrases
Tu
parles
;
—
La
:
duchesse
9) (2).
aussi
renforcer
les
négations
ordinaires non et non pas.
RÉPÉTITION
1" sca-he
pas
ce
:
Non,
—
non,
et
me
dire
que vous pourriez
non! Mon Dieu ! croyez-vous que je ne (musset. // faut qu'une p. s. ouv. ou '.'
fer m.. 1).
1
1
1
(2i
Nous y reviendrons en parlant du Malgré
les pertes,
trop populaires
:
non
!
refus.
il nous reste assez de formules et d'assez vives pour éviter celles qui sont mais des fois ! El ta sœur ! Va conter çù à Duché !
— LF:S
502
fa 1 rS PA R NA PPOR T
Addition dadvhkbes.
2°
oLii-dà)
Mascarille, est-ce
:
Nous
1227).
disons
:
non
a
XOS opéra TIOXS PS YCHOLOGIQ LES
— On servait — Nenni-da, se
toi ?
certes,
autrefois de dea, du
c'est
(cf.
quelque cadre (mol.. Et.,
non vraiment, certainement, assurément non.
Non pouvait être, au XYIF s., renforcé par jamais Je juge de moi par souvent j'y suis attrapée avec d'autres, mais non vous, mon cher Monsieur :
:
jamais avec vous (sÉv.. Lett., dccccxv) (1). Nous avons vu le rôle primitif de pas et point. Maintenant qu'ils font partie intégrante de la négation,
ils
sont à leur tour renforcés
du monde; sûrement pas; absolument pas. Pas du tout est quelquefois raccourci en du bégaya François Clair., 13)
pourquoi donc que
:
Pas d'argent,
:
n'est-ce
j'y serais allé
pas
tout
Du
:
dans
pas
:
tout,
du
tout,
votre jardin ? (soiv..
t0Ut,du tOUt,du tOUt
.'-'du
moins
le
(a.
daud..
Inun.. 14).
Les autres termes négatifs tels que: personne, jantais... etc.. sont renforcés, eux aussi, de différentes façons personne au monde, rien au monde Rien :
:
au monde ne saurait nfétre plus précieux que Quel mariage ? Le vôtre ! vie ; Moi
—
Éduc,
Avec
:
la vie
!
la
(fi.aub.,
très originale et très vive
de dénégation
imposée récem-
s'est
cela qu'// est facile de travailler en face de quelqu'un qui pleure
tout le temjjs (a.
Avec ça qu'z7
daud.. Jack, 475)
;
toi,
— Pierre ne me l'aurait jamais pardonné qu'un
existe quelque ctwse
pas à une femme comme
M
Jamais de
?
— jamais de
:
43).
Une forme ment
—
—
II,
votre amitié
si
homme comme
lui ne
savait s'y prendre (a.
elle
!
pardonnerait
fiamknt. Le
casque, 2).
Renforcements par serments. afTirmation,
d'une
dénégation,
-
on
Qu'il s'agisse d'une (juestion, d'une
prend
des
on
témoins,
on
atteste,
conjure.
En dis
:
doctrine chrétienne,
Ne
le
serment
jurez point du tout, ni par
est
le ciel,
>i
tabou
car c'est
»
le
:
"
Mais moi.
trône de Dieu
vous
je ;
ni ])ar
car c'est le marchepied de ses pieds ni par .Jérusalem, car c'est du grand Roi. Ne jure pas non plus i)ar ta tête car tu ne peux faire devenir un seul cheveu blanc ou noir. Mais que votre parole soit Oui, oui. Non. nf)n ce ([u'on dit de plus vient du malin. » (Év. S^ Math.,
la terre,
;
la ville
;
:
;
V, 34).
Le seiment n'en
a
[)as
clé
moins
prescrit
jjar les
Autorités. Le premier
texte cjue nous ])ossédons en français est celui d'un Serment. ofTiciellement en l-'rance sur l'Évangile. Mais
Sur
mon honneur
et
ma
conscience ht
formes usuelles du scruu'ut.
(>lles
On
ne jure
i)lus
y a des formules juridiques réponse du jury est : non. Quant aux il
sont multiples
:
:
sur l'honneur, sur la
tête
de ne dans l'aneien-français. est tout à fait sorti d'usage Quand Jà ne les ribaiid seroil pendu, ce ne .seroil jà gritnd dommage (voit., i'oé.s., dans Rich.) ; Jà ne plaise à votre Seigneurie De me faut épluclier trop avant (L\ font., dont., Troq., 51) ; (1) Jù. qui fortifie le sens
Irl
prendre en
—
cet élnt-là
(
Id..
1.
ix. 10).
—
:
FFIHMATIÔXS. XÉGATIOXS nEXFOIlCFl-S
JXTHRROGATIOXS.
A
mes enfanls. sur
eendres de
de
bon Monsieur,
je
Mis., Fantine.
v).
les
VOUS jure
le
ma
mère, foi d'honnéle
bon Dieu
qu'il n'esl entré
commune,
L'Eglise interdisait les serments clans la vie
En
suivait.
XVI^"
plein
homme,
etc.
5():i
Mon
:
personne iei(y.
et
même les
h..
pour-
des condamnations sévères tentèrent de faire
s..
disparaître de vieilles habitudes. Elles ont persisté, et la langue est pleine de formes de jurements ou de jurons, où on prend à témoin d'un fait, d'une
—
l.. iv, 385). On y voue sans trop s'en rendre compte son âme et son corps au malheur pour garantir sa parole Dieu me damne si le diable m'emporte si — sois-je du ciel écrasé si je mens ! aioi... Mis., 271) Que je vous perde si la vérité ne m'est aussi ehère que mon amour ! (muss.. Chand., II, 4) (1 Que le diable m'emporte si je sais au fond ee que je suis (dideh.. Xev. Ram., <S(i) Que je sois pendu si je porte
intention, le ciel et la terre (h.
—
:
:
:
—
;
(
—
).
—
;
jamais un jugement sur qui
Par respect, on leur
et
nom
Homme
à
(flai-b.. Corr.,
!
é\itait dr.ns les Jurons
déformé
élail
mort de Dieu, morbleu,
(DU VERD.,
(/ue ee soil
Fiait..
2)
I.
:
;
— mardi
les plus
On
conduire
(1) Cf.
Où ?
—
est loin
cependant où on
Du
ainsi jarnibleu
i.
5);
—
parla
:
jarnij
:
Tuchou
(Id..
etc..
remplacent
se gênait de
les
types véri-
nommer
le
diable.
mais aussi: OÙ d\a,\)\e voulez-vous nous OÙ diable sommes-nous ? (bai.z.. L. Lambert, 194) (2).
diantre sommes-nous
Monsieur
le
dur, l'en n-fwnds sur
?
ma
tête,
Quille p. la peur, 8). (2)
sér., 25).
personnes divines,
b. fort., ii, 1).
Le temps
dira:
3'^'
les
étranges ont eu cours
(Rr:GN.\RD, Div.,
Aujourd'hui encore nondebleu. sacrebleu. tables.
nommer
Dieu devenait
je renie
Les formes
etc.
de
diable si je bouge
!
(v. h..
Mur. de
1..,
n.
l).
iiiie
je
vous apporle à Versailles
(
\'i
•
(
HAPITRE VI
RÉSERVES ET ATTÉMATIONS
Questioxis et politesse
(1).
—
Dans l'ancienne
étiquette,
un
inférieur
un supérieur, un enfant ne posait pas de questions à ses parents. Aujourd'hui même, quand on interroge, il y a des circonstances où une question trop directe pourrait paraître brutale; aussi n'interrogeait pas
de formes particulières qui atténuent l'interrogation. D'abord quoi n'est pas reçu; on le remplace par: Plait-il ? Vous dïles?
se s^-rt-on
S'il
cous plait
On emploie
? etc.
en outre toutes sortes de formules de précaution
moment
cous demcinder un Serait-il
d'entretien?
—
permis de vous demander où pous en
:
Puis-je
—
demander? Monsieur ? (mir-
Oserai-je cous êtes arec
ce
BEAU. Foger, i. 12). Le futur ou le conditionnel interviennent pour présenter la question de façon encore plus polie: au lieu de: puis-fe pous dire, on se ser\ira de: Pourrai-je vous dire ? poorrais-je vous dire ? Certaines questions continent aux atténuations et en prennent la forme Je suis te Pharisien, et je dis à mon hôte : Si ton démon céleste était un imposteur ? Muss., éd. Lem., i. 234 >.
—
:
(
Repenses.
— L'n simple oui ou un non sont peu
polis.
De
là
robservatîon
aux enfants qui ont tâché un oui tout sec Oui. mon chien. C'était déjà un article de la ci\ilité au XVII* s. ( D seroit inutile de marquer ici ce que l'on dit tous les jours aux enfans. que quand on doit répondre. oui. oif ni!>n.il faut toujours y ajouter. Monsieur. Madame. Monseigneur, etc. [Tr. de la Ciu.. 24 K Toutefois joindre le nom au titre, dire non pas Monsieur, mais M. Bertrand, en s'adressant aux gens, est une familiarité que l'on peut se permettre avec des inférieurs, tout au plus risquer avec des 51
souvent
faite
:
:
>
;
air.
pour
le-i
examiner d'ensemble, sous
le lilre
commun de
Influence
de Tes-
'i- n'.m;;-^:- ;;
:•-
oersonne : voas et la 3* penonue nnes : V<mês et moi : >*rêt : Ek bien, nous arons dixte
Les cttLtauitUoaî al
b) c)
dans l'iaterrogalion, dans raEErmation. dans les ordre» donné-
:
été
gmndèe
?
RÉSERVES ET ATTÉXCATIOXS
Ah
505
monsieur Dimanehe, approche:, dit don Juan à son marcliand. Commeni Monsieur Jourdain, vous poilà le plus propre du monde, dit Dorante au Bourgeois Gentilhomme. C'était se moquer de ces petites gens. Traité de la Civiiîié ne manque pas de réprouver pareil usage C'est .>si une incivilité de joindre après le Monsieur, ou le Madan^e. le surnom la qualité de la personne à qui on parle comme, oui. Monsieur Cicer.'{. en parlant à lui-même; au lieu de dire simplement, oui. Monsieur -,;iux
:
.'
.'
:
.
.
(
;
.
>
Affirmations
et
négations atténuées.
—
11
est
prudent parfois,
est
il
ion loujours d atténuer certaines affirmations positives ou néga-
ii;T.
,
En
certains cas. on ne répond pa-' par un s/, qui risque de choquer que de surprendie. ni par un non <2). On les atténue Vous n'irez s à cetie réunion ? Que si, Mais si ! La politesse française est d'insinuer, de laisser dcviper De là remploi formules Pardon, excusez-moi. etc. Tiens, le voilà dans le jardin Pardon, Madame, ce n'est pas lui (mvss.. Bettine. i. 5). Ou bien on présente des réalités comme des possibilités, à l'aide de condinnels: // serait 5«r le point de céder: C'est cependant une opinion gèné\es.
tant
:
:
:
:
!
—
—
iemenl acceptée que
les
moeurs des
lîres classes sociales... Il
hommes occupés
:s
:tion de ces
semblerait
«îssrr
plus relâchées que
celles
des
vraisemblable. J'en conviens, que
essentiellement des choses de l'imagination se dérobassent
u à peu aux préjugés -
artistes sont
et
même aux
principes communs,
hommes... eût besoin, dans
les intervalles
du
et
que Torgani-
travail, d'excita-
ns siu-naturelles... Ce serait même, suivant quelques-uns. une des condins indispensables du génie.
pourraient vivre que dans .;:>;
le
Véritables salamandres, les grands artistes
feu et mourralept en rentrant dans l'atmos-
commune. Par la nature de leurs travaux, les artistes... subiraient ks autres hommes l'influence de ces travaux excitants
plus facilement que
du:mas. Aff. Clém., xxi. 3t>K
(A.
dune
Cette façon de présenter les faits
façon qui n'est pas tout à
fait
affirmative, s'explique, soit parce qu'on n'est pas assuré de la réalité de la
chose, soit
uniquement par
la réserve et la politesse.
Il
semble qu'on ne
pas imposer son opinion à autrui, mais seulement
veuîîle
la
lui
pro-
poser.
—
Autres moyens. On emploie 1^ l'auxiliaire devoir : Vous Nous en reparlerons aux Probabilités, sect. iii.ch. ivk
erreur,
devez faire
i
Monsieur de Sotenville ne manque pas de reprendre G. Dandin sur ce point Doiicentent. .\ppTvnez qti'il nesi paf respectueux d'appeler les gens par îeiir nom. eî qu'à ceux qui tout court <Mol.. G. Dand.. i. 4\. il faut dire ' Monsieur 2' On sçait aussi que lors que l'on doit répondre non. pour contredire quelque personne de qualité, il ne le faut jamais faire crûment, mais par circonlocution. en disant par exemple: Vi>;;.< me pardonnerez. Monsieur, etc. je t>ous demaiide pardon. Madanw, si fose dire que la coquetrrie e.. <
1
mtm
1
:
gesidre.
smtt mt-dessns de nous, •
'
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPERATIOXS PSYCHOLOGIQUES
506
20 Des
temps
l'imparfait
divers,
Vous
faites fausse route,
rades
et je
Je venais voir Tavernier
est
si
vous
:
Je me permettrai d'abord de
toi, je
le dire...
la cour (dox.,
;
que
i,
si
— vous
ce détour
La
Pair.,
:
;
—
3).
jamais j'avais
n'en douterais plus aujourd'hui (flaub.. Corr..
Des phrases négatives qui sont niées, et senter l'idée sous une forme moins brutale 30
la rencontrer
étiez prête
un de mes bons cama-
venais m'informer de son retour (becq., Polich..
Le futur douté de
:
M. Lombard.
3^'
suffit
sér..
15).
])our pré-
Vous n'avez pas
été sans
n'êtes pas sans vous être aperçue qu'il m'avait fait 11, 1).
SECTION H
LES MODALITES ET LE LANCxAGE
:
CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS
Une
action cnonccc, renl'crmée, soit dans une question, soit dans une
cnonciation positive ou négative, se présente
à
notre jugement, à notre
sentiment, à notre volonté, avec des caractères extrêmement divers. Elle
comme
considérée
est
certaine ou
comme
on
possible,
la désire
ou on
la
redoute, on l'ordonne ou on la déconseille, etc. Ce sont là les modalités de l'idée.
Hors des modalités, objective,
pas
:
Paris
La
il
—
Quand on énonce dans une
proposition prin-
même
dans une subordonnée une idée peut arriver que notre jugement n'intervienne pour ainsi dire
cipale, isolée ou
terre
indépendante, ou
:
— L'eau
par
la Seine.
tourne
est traversé
hors de toute modalité.
du jugement qui y
est
Il
—
un eomposé d'hydrogène et d'oxygène Ce sont des phrases placées, peut-on dire, appartient aux philosophes de discuter le caractère est
;
contenu. Pour
le
langage, elles sont assimilées
comme
aux
par notre jugement. On peut faire entrer dans cette catégorie une foule de phrases où la chose // en résulte que les deux énoncée est dans une subordonnée, telles que
faits certains, positifs
ou négatifs, considérés
tels
:
triangles sont
prouve que
égaux
;
—
Cela signifie qu'on s'est trompé
;
—
Voilà qui
le fait était vrai.
—
Les modalités se marquent avec une Finesse du sens modal. extrême finesse et dans la langue littéraire et dans la langue populaire. Il sufïit de comparer les trois phrases suivantes a) Je cherehe un appartement qui a vue sur un jardin, et qui se trouve dans :
cette rue.
h) le
Je cherche un appartement qui
but qu'on
s
ait
vue sur un jardin
(
le
mode
indique
propose).
c) Je cherche un appartement qui aurait vue sur un jardin (le mode indique qu'on cherche actuellement, sans assurance de trouver, et pour le cas il est tout où cet appartement existerait) (1). Un autre exemple. On dit :
naturel qu'il le chérisse; chérisse est
{\) Cf. je fie oeiix
pas d'un régime qui
fait,
au subjonctif,
comme chaque
qui fasse, qui ferait revivre
le
despotisme.
fois
50S
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATIONS PS YCHOLOGIQUES
qu'on approuve, qu'on a])prccie. qu'on exprime un sentiment sur un iail. L'indieatif apparaît dès que eette nuance s'efïace il est bien exact qu'il :
la chérit.
même
Derrière un
verbe, les nuances modales, qui varient suivant
sens qu'on donne au verbe, s'accusent sans peine
trouviez seuls tous deux en concurrence
(
=
le
Je suppose que vous VOUS je pose l'hypothèse que) :
;
—
=
Je suppose que VOUS l'avez reconnue tout de suite ( je pense bien que, je présume). De même L'essentieL c'est qu'il sache dessiner (on demande :
cette qualité)
:
—
L'essentiel, c'est qu'il sait dessiner (on constate le fait).
Derrière expliquer, on mettra un complément d'action-ol)jet
expliquez-lui
:
comment la chose a pu se faire. Le verbe Au contraire on dira expliquez-moi qu'il
qu'il est ruiné, je lui ai expliqué
de cet
oJjjet est
à l'indicatif.
:
réussisse toujours, je m'explique qu'il ait tous les prix
que ce Cerfolier qui ne (becq., Polich.,
I,
qui ne sait
dit rien,
rien... ait le
;
—
Explique-moi
génie de la spéculation
4).
Le mode peut être entraîné non seulement par le verl)e ])rincipal. mais par une dépendance de ce \erhe // // a une chose qui est fâcheuse dans votre cour, que tout le monde y prenne liberté de parler, d que le i)lus honnête homme ij soit exposé aux railleries du premier méchcuxt plaisant (mol., Am. maqn.. i. 2). Supposons même qu'on remplace que par c'est (pic. le sul)jonctif resie p()ssil)le. tant l'idée modale domine la phrase, comme dans // est :
:
fâcheux qu'il fasse mauvais.
Il
en est tout à
de
fait
même
dans
les
phrases
suivantes: Voilà une Coutume bien impertinente, qu'un mari ne puisse rien
mu' femme dont
laisser à
Voilà qui
il
m 'étonne, qu'e/?
observées (Id.. Pourc.
m.
aimé tendrement (mol.. Mal. imag.,
est
ce pai/s-ci les i).
présentée par voilà: c'est un voilà qu'il pleut. ]Mais ce qui
formes de
la justice
La conjonction que introduit fait
comme
7).
—
pr()|)()sition
la
qui s'exprimerait ailleurs par l'indicatif
accompagne
voilà, c'est-à-dire le
en introduisant une couleur sentimentale, amène
subordonnée, tout
i,
ne soient point
le
:
verbe étonne
sul)jonctif
dans
la
y avait je m'étonne que... Nous verrons plus loin que la conception modale est si essentielle qu'elle
domine mei-
les autres, si
toutes,
s'il
:
bien qu'au cas où la langue ne permet pas de les expri-
c'est elle qui est
exprimée de préférence.
Il
semble qu'avant
marquer comment le fait en question lui apparaît modalement, s'il est une certitude, ou bien une éventualité, ou bien un désir, ainsi de suite. C'est là un caractère primordial qu'on n'abandonne point. tout l'esprit s'attache à
Où
—
observer les modalités ?
d'éléments de plnase. Ce
vieillard,
Il
y a modalité dans toutes sortes Pc méritait (v.
peut-être respectable,
Le liai s'am., i, nous présente une appréciation considérée seulement comme possible. On retrouve aujourd'hui ce peut-être jusciu'entre une préposition ël son complément: avec peut-être des reprises. Considérons une caractérisation telle que ces visites, trop rares à mon gré. La H.,
.")).
:
présence de à
mon
gré introduit là
une modalité sentimentale.
GÉXÉRALITÉS
509
—
Modalités dans les propositions et les phrases, tions isolées ont leur modalité
dans
Sortez est
!
la
Les proposi-
modalité de l'ordre,
prenez patience dans celle du conseil. Les phrases ont les leurs. Nous n'étudierons ici, comme dans les livres précédents, que les propositions simples
phrases composées d'une proposition
et les
simple
d'une proposition-
et
objet.
Quand il y a phrase, tantôt c'est l'ensemble qui est dans une modalité donnée je suis certain que vous prend'-ez les précautions nécessaires. Tout est dans le réel et la certitude. Tantôt un des éléments se trouve dans une modalité, pendant que le reste est dans une modalité différente Je crois qu'il accepterait peut-être une situation comme celle-là. La jirincipale est dans le réel, l'objet dans l'éventuel :
:
possible. Cî. J'admettrais alors qu'il a
eu connaissance de
principale est dans l'éventuel, l'oljjet dans
le réel
lités.
l'ob.jet des adjectifs et des noms. Les proi^osidépendant d'un nom. d'un adjectif, ont, comme les autres, leurs modaDans désireux qu'ilsoitrécompensé, l'objet a la même modalité que dans
je désire qu'il SOit Il
récompensé
(1).
faut prendre garde à ce proposa la syntaxe des propositions où
sujet, suivant son sens, entraîne l'emploi
mon
tion est qu'il réussira,
désir était
de modes difïérents
pas qu'il
(kl., Ibid..
ment Il
besoin d'une religion
ait
père... était 1
parcourusse
je
(b.
const.. Ad.. 94)
:
;
ma
nom-
coniùc-
du sujet
surprise n'est
— l'intention
s'était trouvée
tombée là (feuill., Morte, 61) (2). de ces exemples pour rappeler combien est factice
l'
mal
de
Europe subite-
et qu'elle était
suffit
la distinction
entre une proposition-attribut et une proposition-complément. est
le
ma
plus remarquables de
les pai/s les
— Ma première pensée fut qu'elle
;
)
que
:
qu'il se décidât. L'influence
s'exerce par dessus la copule sur la proposition suivante
mon
La
—
Modalité dans tions
dépêche.
cette
certain.
forme en
réalité
une locution
équivalente à
je
désire
:
Mon mon
désir désir
est qu'il réussisse.
Mod.\lités de l'Objet
(p.
D.4.NS
d'un jugement, dire,
ou bien
—
LES PHRASES DÉCOMPOSÉES. Nous avons dit au chapitre y a plusieurs façons d'exprimer un fait dépendant
342) qu'il
:
comme du
je suis
vous a trompé, je
le
reste d'un sentiment ou d'une volonté.
sûr qu'il
sens,
est là,
ou bien
:
je
ou bien
:
//
est
Ici,
On
j'en suis sûr
sens qu'on vous a trompé.
Quand
:
il
peut
— on n'y a
pas subordination, la modalité s'exprime essentiellement dans la j)roposition Il
devenue principale
:
Seriez-vous fou ? demanda la dame.
faut bien faire attention pourtant cjue l'autre partie n'est pas indif-
(1) El jaloux qu'un Troph.. Épitaphe).
une de
tel
deuil dure élertiellemenl. Il lui
ses opinions (REX., Jés., XVI). (2) Cf.
..
fil
en VéoUse ériger
éluil qu'uvec la foi el la prière
rhomnie a
cet
emblème (héreo..
loul pouvoir sur la nature
51
LES FA I TS PA R RA PPOR T A NOS OPÉRA TIOSS PS YCHOLO GIQ UES
La langue fournit des formules qui indiquent des réserves, qui Si on en croit... si on en croyait, marquent qu'il y a improbabilité, etc. Ces formules expriment diverses nuances. La dernière si on récoutait. férente.
:
implique que l'on ne doit pas l'écouter, elle insinue que le fait est faux. Les compléments par lesquels on remplace ces propositions ont de même leur valeur modale. A l'entendre implique une défiance A l'entendre parler, :
du Cabinet mieux que ceux qui les font {^loi.., Escarb., compte introduisent des 1). Selon vous, suivant vous, à vos yeux, à votre réserves. On ne donne pas, au moins provisoirement, son assentiment Selon vous, docteur, nous sommes tous malades? (donn., La Pair., i. 1); //
sait
les
secrets
:
—
Je suis donc bien coupable, Alceste, à votre compte ? (mol.. Mis., i. 1). Les restrictions peuvent devenir très sensibles! quand on limite la créance à accorder par un autcmt que je sache, dans la limite où on a pu s'en rendre compte. Il y a des rfj7-on. qui. prononcés avec certaines intonations, sont de vraies dénégations.
Il
CHAPITRE
II
LES GRANDES CLASSES DE MODALITÉS LE RÉEL ET L'ÉVENTUEL
On
10
peut classer
les
de
d'expresses
faire
comme
exprimées
idées
opération du jugement, du sentiment réserves
correspondantes à une
Mais
de la volonté.
et
y
il
a lieu
sur ce c[u'une pareille classification a de
rigide et d'artificiel.
Dans
20
les
choses du jugement et du sentiment,
grandes catégories,
du réel que c'est
celle
et celle
il
faut considérer deux
de l'éventuel.
Pour comprendre ce c[ue le réel et V éventuel, il suffit de quelques comparaisons un enfant embrasse sa mère, c'est le réel. Une mère, s'écrie :
Oh
comme
!
:
donnerai
Je
ici
don Garcia
Ames du
:
!
c'est l'éventuel.
Prouver
:
(beaum.. Fig.,
i.
je l'affirmerais devant toutes les cours
Purg.. WSl)
(bourg.. Corn.. 68) se rien
petit
quelques exemples d'éventuel
serait accorder que je puis avoir tort dit
mon
j'embrasserais volontiers
du royaume (Mérimée,
serait
8)
sais
;
tu
passer des mois... mais tu viendrais pour quelques jours seulement tellement seule
:
cela
me donnerait du courage
présence se mêlerait à l'idéal
Où
ma
d'une société serait
(flaub., Corr.. 2^
raison
certainement,
lui faire
Il
;
c/ue j'ai
—
;
— Je mourrais plutôt que de une observation — nminlenant impossible à aucun de nous de — Je bien que ne peux pas y (flai-b.. Bov., :
rappeler de lui
1)
solitude, celle
:
au moins,
le
suis
je
:
souvenir dr ta
pour l'adoucir (don., La Pair.,
m.
1)
;
—
où tout individu fonctionnerait dans sa mesure
sér., 274).
se trouve l'éventuel.
— 1° Dans
la
langue actuelle, une chose énon-
cée (1) éventuelle peut se trouver dans une phrase principale
pour cent raisons. Mais
:
vous
me
don Carlos répugne aux trahisons Pourquoi donc (y. h., Hern.. i, 3). Cette principale peut être une question l'éducation d'un enfant ne commenceroit-eZ/e pas avant qu'il parle? (rouss., Mademoiselle comprendrait-f/Zc. par exe r pie, ces vers d'une ^m//e,!ch. I) seriez suspect
le
roi
:
;
—
de nos chansons corses ? le
soldat,
ne
serait-il
Méd. de camp., 327) (a. DUMAS, TuL, 43)
(mérimée.
Col..
14)
;
—
Mais Monsieur,
pas convenable de nous arrcmger pour :
—
de sorte que vous pourriez
prix
remettre
.statue
(balz.,
le
bras
?
qui descendrai^
ce \ieux terme de grammaire logique pour signifier l'exécution de l'action. Une fois Qui m'aurait aidé à remonter te courant ?... Ma mère ? (bourg.. Corn., 97) dans la voie des réminiscences, pourquoi se serait-elle arrêtée (Id., Ib., 165).
Nous gardons
(2)
lancée
reprit
?
(2).
2° Elle peut se trouver dans une conjonctive: une
(1)
me
le
;
.'
—
512
FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATIONS J>SyCHOLO(,IQlJ-:s
[.ES
de son piédestal pour marcher
parmi
peut-être semblable à ce que j'ai été idée (muss., Lorenz.,
m.
3)
;
le
les
hommes sur
la place
publique serait
jour où j'ai commencé à vivre avec
— son œil ressemblait alors
cette
à une vitre d'où
le
soudain après l'avoir illuminé (balz., L. Lambert, 24) (1). 3° Elle peut être dans une proposition conjonctionnelle d'objet t/cn^ suis je ne vois pas pourquoi vous pas éloigné de croire que VOUS l'adopteriez soleil se serait retiré
;
—
prendriez la fuite comme un coupable (feuill., Morte, 52) (2). 40 Elle peut être dans une ])roposition jouant un autre rôle syntaxique dans la
phrase: aujourd'hui qu'il pourrait vous voir librement,
que vostre Fruict fust trop découvert,
si ce n'est
et qu'il
Fueille pour fcworiser son accroissement (Jard. lonçi
que
je
129)
jr..
il
ne vient pas:
—
eust besoin de quelque ;
-
Ça
moins
a été
n'aurais cru (m.mpass., Bel-Am.. 214).
—
Qu'il s'agisse de réalités Les diverses modalités de chaque classe. ou d'éventualités, des différences importantes séparent les diverses manières de considérer la chose énoncée. Elle apparaît comme vraie, connue
comme
douteuse,
Mais réalités
nous
et
impossible,
comme
irréelle.
éventualités ne se correspondent pas exactement,
l'allons voir, et les
ticjues. (l'une
comme
improbable,
moyens d'expression ne
se
reproduisent
comme
jias.
iden-
catégorie à l'autre.
(1) Comme une en/anl bien née qu'on transporterait sondain ilcuis quelque monde inférieur et J'en conçois pourtant un, moi, un équivoque, elle cul envie de pleurer (Fi;rii.i... Morte, '.)") stulc... qui serait beau... qui nous entrerait dtms Vidée eomme un coup de >/;//('/ (iiaih.. Corr., 2® sér., 95) C'est comme si vous m'(U)iez (ail boire lUJ poison qui me rongerait crt dedans (MAip.vss., Bel-Am., 389) ils résidaient tous dans des nuances dont je n'aurais pas su articuler «y- que je voudrais, ce serait d'é/muser un prince... l'n l'crpression juste (BO\ ne. Corn., 7.3» jamais vu, qui viendrait un soir (zoi,.\, Héve, (i9). lirince que je n'aurais :
;
—
;
—
—
:
(2» Il eut, au premier moment, Vintenlion jormelle de renvoi/er à .MadiUiu' de Marelle 1rs deux quatre-vingts francs qu' il lui devait, nuiis il réfléchit presque aussitôt (/u'il ne lui resterait plus cnire les mains que cent vingt francs (maipass., Bel-Am., 147). cejit
I
CHAPITRE
III
MOYEXS D'EXPRESSION DE LA MODALITÉ
10
Le ton.
—
mépris, suivant
Deux
le
mots,
mon
ami, peuvent exprimer
la prière,
ou
le
Une simple phrase comme
ton sur lequel on les prononce.
vous y allez, peut être une question, ou une affirmation, ou une exclamat'on de surprise, etc. Qu'il entre dit, ou l'impatience joN'euse de revoir quelqu'un
ou au contraire la résignation de ne pouvoir échapper à un importun. D'où ? peut être une question sur le lieu d'où l'on vient, ou Ijien une
sortez-oous
expression d'étonnement, etc.
Qu'on considère quelques phrases, dont
la
rien de particulier. Voici des questions.
changent de caractère, a) la surprise
ruiné.
:
:
Les temps.
3°
à
:
il
—
Nous verrons
aura manqué
G. de yj. Poir..
i.
4). rôle...
le
train
:
la
18) (1).
probabilité exprimée ])ar un futur
— Pardieu
!
c'est l'habit... de
mon grand
l'héodore /'aura trouvé dans quelque coin (a.^ur.. .Jeun. F., 259).
heure-ci
de charmille....
:
—
—
On
dira
la solitude lui pesant, elle
ccu- elle
près de mo/ (michel.. 40
? (Id.. III.,
Les auxiliaires de modes.
cette
:
ton gendre t'aura
frange. Hist. com., 190). Croyez-vous que c'est spirituel de répondre par des
:
composé
quand
? (a.
un léger dédain une question sérieuse
père...
fille,
Pradel. concevez-vous ce garçon qui plante là son
imbécillités à
2°
sortes d'impressions
retournera à ta
comme une gourde
va se suicider c)
marquent toutes
— Quand mon gendre m'aura ruiné ? (auc,
b) l'indignation et
et
cette fortune...
forme ne présente absolument
Dites sur un ton spécial, elles
vint bientôt...
Ma
dut
//
:
doit être bien
m 'observer
me demcmder
la
ennuyé
de son berceau
permission de s'asseoir
Jeun.. 214).
Les compléments modaux.
— Ces compléments
sont des advei'bes,
des locutions adverbiales, des compléments prépositionnels, des propositions coordonnées ou su!)ordonnées
vous pouvez en être sûr; 50
L'ordre des mots.
—
—
:
//
en
//
a vécu
est
il
arrivera peut-être
probablement a heureusement,
;
//
signifie
simplement
(1) Il y aurait à faire une étude scientifique complète des intonations, à l'aide de expérimentale. En attendant, se reporter à gram.md.nt, o. c, 1S4-5.
BRUNOT
acceptera,
tout confondre.
la
phonétique 33
LES FAITS PAR RAPPORT A NOS OPERATIONS PSYCHOLOGIQUES
514
que sa vie s'est passée sans infortune. Heureusement il a vécu ! exprime la joie que cause la prolongation d'une vie pour laquelle on craignait. (1).
Les modes.
60
— On
les
considère généralement
comme
seuls en pos-
montrer qu'il modes n'en jouent pas moins un rôle essen-
session d'exprimer les modalités. Ce qui précède suffît déjà à
une grave erreur. Mais les que nous allons avoir à montrer. Ce rôle est du reste, différent suivant chaque modalité. Ainsi, dans les réalités, il n'y a point de forme modale exprimant l'inexistence de la chose énoncée. Il faut avoir recours à une négation l'offensive ira pas réussi. La même chose se produit bien entendu avec les éventualités la jeune fille ne voudrait pas de lui. Mais à la différence du réel, l'éventuel qui est sorti du système hypothétique a conservé la faculté de distinguer les éventualités en possibles et en irréelles, sans le secours d'aucune expression négative l'accord que j'aurais désiré ci'd été celui-ci... implique que cet accord n'a pas été conclu. Cf. ce //,s\s// conviendrait bienel ce tissu eût bien convenu pour une robe du soir. Voici quelques exemi)les de l'irréel Je voudrais seulement qu'on vous /'eût fait connoître, Et que la renommée eût voulu par pitié, De ses exploits ainsi point de fête, point au moins vous conter la moitié (rac, Alex.. 554) de bal... C'est dommage... vous auriez vu danser nos Catalanes (mérimée, Vénus d'Jlle, 251) j'aurais bien voulu nfen aller (a.daud., Cont., Monol. y a
là
tiel,
:
:
:
:
:
;
à bord)
dans été
—
;
;
Il
—
—
eût voulu que la longue bergère de tapisserie où
pour
la journée eût été faite exprès
comme une mélodie (flaub.. Éd.
elle...
Sent.. 166)
que toute sa ;
— Je vous
vie, le
disais
phrase, par ironie, d'une façon que VOUS eussiez dû comprendre
La Com.
de la
Suzanne sible
— A
réf.,
bas
j'ai le
les
;
—
Si c'était vrai, pourtant, que j'eusse
Bel-Am..
280).
sentiment que je pourrais
a tant souffert,
Masques,
Heureusement que
les tiens
i)
(maupass..
elle dort, elle
(1)
Je
:
!
donc enfin
!
il
par antikarr,
(a.
pu épouser
Voici quelques exemples du pos-
l'être
serait
s'asseyait
elle
en un mo/,eÛt
davantage
inhumain de
(a. cap.,
Ange,
la réveiller (a.
i,
11)
;
karr,
p. 20).
/> fie
m'en soucie guère,
(Bi:.vf.M., Eig., v, 8).
et
que
s(i
Irahison ne tue fuit plus rien du Uml,
CHAPITRE IV LES MODES
—
Les modes à modalités. sont Vindicatif, V impératif
te
,
Les modes qui expriment des modalités le conditionnel, et, dans quelques
subjonctif,
Tous sont héréditaires, sauf mation française.
cas, l'infinitif.
Formation du conditionnel.
— La forme
du conditionnel a été conlangue latine vulgaire est à ce mode et au futur dans le
stituée dans la période de transformation
devenue passé
le français.
commune
Elle est
conditionnel, qui est une for-
le
où
la
(1).
I/avenir,
même
considéré
comme
certain, est dans
un rapport
l'éventuel, puisque la chose n'est pas arrivée, et c'est ainsi
dans les langues anciennes de l'éventuel.
Le futur dans
les
rapports entre
le
futur et
le
étroit avec que s'expliquent
subjonctif,
mode
dès les origines, sitôt qu'on ajoutait l'idée d'une circonstance, qu'on présentait comme
le pa!-sé,créé
accessoire d'une condition,
nécessaire pour l'accomplissement de l'action, devait prendre
un caractère modal bien net. Elle disait qu'elle accepterait l'enfant en pension, où accepterait est un futur, devient modal, sitôt qu'on ajoute une conditionnelle elle disait qu'elle accepterait l'enfant, si on lui payait un franc par jour. Cf. il viendra, et z7 viendra si on lui donne un salaire suffisant. Aujourd'hui encore, il y a des phrases où la forme commune tient à la fois du sens du futur et du sens de l'éventuel: La Lorraine en termes touchants, :
dit qu'elle le
ne regretterait pas
bonheur de
la
domination de
se réunir à ses frères
ses souverains... si elle avait
(michel., Rév.,
i,
331)
;
—
le
président
déploya toute sa majesté maritale... en déclarant à ses gens qu'ils seraient chassés...
si,
désormais, son cousin Pon><
et
tous ceux qui lui faisaient l'hon-
neur de venir chez lui n'étaient pas traités
comme lui-même
(balz., Cous.
Pons, 31). Il importe de remarquer que souvent, sans être exprimée positivement dans une proposition hypothétique ou dans un complément, l'idée de la circonstance où l'éventualité se réaliserait, se trouve dans le contexte :
Ne
bois point
vont
(t)
dans
i:
me
— oh
déchirer
!
tu souffrirais trop
le tapis...
— Le mal ne
!
(v. h.,
Hern., v, 6)
serait pas grand...
;
—
Mais
ils
VOUS en achèteriez
trouvera au liv. xix, ch. v, l'indication des moyens par lesquels on distingue passé de l'éventuel.
On le
:
le
futur
516
LES FAITS PAR RAPPORT A NOS OPERATIONS PSYCHOLOGIQUES
—
nous ne pouvons accepter cet héritage un autre (flaub., Bov., 81) dans ces conditions. Ce serait d'un effet déplorable. Tout le monde croirait la chose, tout le monde en jaserait et rirait de moi (maupass.. Bel-Am., ;
359).
Puis peu à peu on en arrive à des phrases où vraiment aucune condition
n'apparaît plus, devrois /a/rr
ici
l'horreur qu'il a
848)
—
;
'
comme dans
D'un mensonge
:
si
noir justement
parler la vérité (rac. Phèd.. 1087);
pour moi
charmante
(dur,. Uniss., 26).
!
Il
se tairait en vain. Je sais
m'a paru
»
faible
:
«
adorable
Je
irrité.
— Pourra-t-il contenir mes »
perfidies (Id., Ib.,
conviendrait mieu.x.
Évidemment, en
forçant, on peut ajouter si on employait hypothèse n'est nullement présente à l'es-
ce mot. ]Mais en réalité, cette
:
prit (1).
^ Décadence du
— Anciennement l'imparfait
subjonctif.
parfait du subjonctif servaient de
mode
plus-que-
et le
éventuel, et concouraient avec le
conditionnel à exprimer l'éventualité; Je m'en allasse volontiers signifiait
:
je
Le plus-que-parfait du subjonctif joue encore ce rôle Cette femme lui avait paru belle... il n'eût pas fait un pas pour savoir // fallait un homme à la maison, c'était son nom (boysl.. Iles Borr.. 7)
m'en
irais
ou
:
je
m'en serais
allé.
:
;
indiscutable,
—
mais encore eût-elle désiré
C'eût été sa chose (df.scav.. Calv., \j
le
choisir de pâte tendre, malléable...
11).
1)kf.\illance DU suBJONcrn- ÉVEXTUKL. — Nous avons vu plus haut qu'une irrémédiable décadence atteint l'imparfait du subjonctif et aussi le plus-que-parfait. Dès le XVIF s., le subjonctif imparfait cessa peu à peu
de servir de conditionnel à la proposition principale, comme il le encore au XVI" s. Oudin ne veut plus qu'on se serve de phrases celles-ci
:
si j'cu^ois
Une seule excepOn employa longtemps
des enfans, je leur désirasse {Gr., 198).
tion est à signaler, c'est
du
celle
dût au lieu de
il
pales
Ceux qui dussent rougir
//
verbe
devrait dans
encore :
faisait
comme
devoir.
des
conjonctives
Le conditionnel a remplacé le subjonctif en ce forme au lieu de deux, voilà tout.
cas.
(2).
Dansles subordonnées,
le
ou des princi-
d'entrer en triomphe en la ville (malh., 11
ii,
153)
n'y a plus qu'une
subjonctif jouait fort souvent ce rôle d'éventuel,
bien que les théoriciens aient
])arlé
toujours de correspondance temporelle.
Ma
—
foi, je me sustenterais anec plaisir ! (FL.\ru.. liuu., 370) Ordinairement le réfraclaire esl un homme de constriiclion aihlélique, qui broierait il'un coup de Tout le monde s'inclina vers point r Hercule de marbre des Tuileries (g\ut., .Jeun. Fr., .'^15) le Ptiirnn qui souriait ; et Daroij. r/ris de triomphe, bul d'un Irait. Il aurait vidé de même une barvoire soirée rique entière, lui semblail-il, il aurait mangé un bœuf (maupass., Bel-Am., 34) se serait bien passée de cet intermède (don., La Pair., i, 1). .Je ne donne ici que des exemples de f. m. pour qu'on puisse sentir plus facilement le sens du mode employé. Aïais cette transformation n'est nullement luoderne.
Cî(l) Voici d'autres exemples
:
;
;
—
;
—
(2) CL On Ole la vie à ceux pour qui on la dût perdre ( Id., ib.). Ce dût se construit souvent avec infinitif passé et correspond alors à un plus-que-parfait, c'est-à-dire qu'il prend la valeur mol seul, un souhitil dût l'avoîr empord'un irréel Après que nos exploits l'ont si bien méritée.
un
:
—
Un
La chalouppi qui suit à ta poiippe attachée. tée (CORN., La Tois. d'or, 585) ; deust estre despesehée (j. hf. schel., Tur el S., 192).
Dès
le
dol recogneu,
LES MODES
517
en méconnaissant les raisons de la présence de l'imparfait ou du plus-queparfait. Sa fonction est évidente, c|uand le verbe principal est au présent :
M.
crains aussi qu'en considération de
/>
médiocrement chargé de étoit à un autre, (rac.
mânes en rougissent 986)
;
lxxxi)
Qu'il méprisât,
;
—
fermier soit
ferme
si la
Pensez-vous qu'après tout ses
Madame, un
— Penses-tu seulement que parmi
;
le
que cela ne vînt à augmenter,
tailles, et
Lett..
de Noirmousiier
roi victorieux? {M., Andr..
ses malheurs... L'ingrate
me permît
de lui donner des larmes ? (Id., Bér.. 802).
De même dans
:
faudrait qu'il vint
il
on souhaiterait que ces grands
;
apôtres de la morale eussent une autre conduite, c'est C[ir"il
un
s'agit.
Le conditionnel de
comment
futur,
la principale se
un passé dans
entraînerait-il
du futur
et
du présent
rapporte à un présent ou à la
subordonnée? La cor-
respondance est modale et non pas temporelle. Le subjonctif imparfait a dans ces phrases une valeur d'éventuel, c'est le subjonctif du conditionnel. Il
est
de tradition dans
classique
il
j'allasse, en vous retenimt,
Toutefois Oudin. dés les
Champenois
et les
après un conditionnel: garde,
«
langue
la
employé avec
fut
le
et
remonte à
cette valeur
:
ses origines.
Jusqu'à l'âge
Voudriez-vons, Madame... que
me mettre le Ciel sur les bras? (mol.. Z).J., i, 3)(1). commencement du XV 11^ s., note en passant que
Lorrains usent d'ordinaire du présent du subjonctif je
ce qui n'est,
commanderais qu'on
face, je voudrais qu'on
prenne
aucunement bon ». En réalité, il n'y syntaxe au XVII* s., dans les textes (2). Mais
observe-t-il,
a pas d'exemples de cette
le présent, peu à peu. atteidevenu général. Sous l'influence de la tradition et des règles, on écrit toujour-s l'imparfait, mais on s'en sert de moins en moins dans la langue parlée Supposons qu'en restcuirant la Minerve de Phidias selon les textes, on produisît un ensemble sec, heurté, artificiel, que faudrait-il comment supposer que l'homme imparen conclure ? {i{jzyi., J es., Intr.) fait et mortel se pût offrir lui-même pour regagner une fin parfaite et
depuis
répandue. L'usage de mettre
elle s'est
gnit Paris.
est
Il
:
;
immortelle (chat., Gcn., volonté,
il
i.
28)
—
— puisque
;
fcmdrait qu'il composât à
4« sér., 258)
;
—
çon de notre bord
j'aurais voulu que ;
mais puisque
tu
votre ami... est si plein de
bonne
Londres un comité (flaub., Corr.,
ma
chère filleule épousât
un brave
M.
ne m'as pas écouté (aug., G. de
gar-
Poir..
1,4).
Les auteurs ont commencé par ne mettre ce présent que dans des phrases je serais bien aise du peuple. Robert (o. c, 318) cite on ne ici maison (g. sand, Mctre au Diable) pas mauvais que je te fasse danser (Id.. Pet. Fad., eh. xx^^I).
prêtées à des gens
:
que tu entres un peu dcms trouverait
;
—
(1) Je Vétranf/lerois de mes propres mains, s'il fallait qu'elle forllgnâl de l'honnéieté de sa mère Dand., i, 4) vous noudriez que je vous disse que Monsienr le vicomte vient de donner de l'argent à Claudine (Id., Ib., ii, 5) Ces bons philosophes-là le savent combien il seraiï difficile que Mars, qui est si loin du soleil, se passât ri moins de deux lunes (volt., P. chois., 74>.
(Id., G.
;
—
;
—
je serois très-content que vous puissiez m'envoyer voslre colique el qu'elle 5e vint (2) On cite joindre à la fièvre (Balz., i, 7; leest, o. c, 36). Mais ne faut-il pas lire pussiez, puisqu'il y :
a vînt
?
— LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRA TIONS PS YCHOLO GIQ UES
518
—
Cf. si elle
pouvait servir à ravoir la dot de
cette
pauvre enfant,
drais que VOUS vouliez mourir (a. daud., Jack. 434); pleure, parce que....
me
dcms
voilà pris
je
compren-
Voudrais-tu que je
ma maison comme
une souris dans
la souricière ? (fab., Fust., 168).
Puis le présent s'est introduit un peu partout ce pauvre prince ne pouvait pas traîner ce licou toute sa vie, d'autant qu'un jour ou l'autre le vieux duc va mourir, il faudrait qu'il épouse (a. daud., Imm., 9) Il faudrait que ce jeune homme aille passer l'hiver dans le Midi (de Régnier, Flamb., 32) il serait bon que nos décorateurs, réaffisscmt contre le règne de la médiocrité qui :
;
—
;
semble tout envahir... apprennent leur méfier avant que de produire {Art Décoration, déc. 1909, 190) (1).
—
et
une perte incontestable. Il ne faudrait pourtant pas s"cn exagérer on compare: // faudrait çn^ je prenne cette potion à // faudrait prisse cette potion, on s'aperçoit que la modalité n'est plus exprimée
C'est
la gravité. Si
que je
dans
l'objet.
Là où
:
Mais
dans
l'est-elle
:
il
faudrait prendre
la perte est plus sérieuse, c'est
dans
les
cette
potion
?
propositions qui doivent
un subjonctif du conditionnel était nécespour la traduire. Si la syntaxe interdit le conditionnel, que devient la modalité ? Le vers de Racine Abner. quoiqu'on se pût assurer sur sa foi est intraduisil)le en f. m., sauf en langue de Montmartre: Abner, quoiqu'on avoir leur modalité propre, et où
saire
:
se pourrait..
—
V. Si;BSTiruTiON du conditionnel au subjonctif.
est intéressant
Il
de remarquer ce tour. Le peuple, fidèle au sens des modalités, rétablit l'idée modale dans la subordonnée Tiens, tu mériterais que je serais ta mère (e. sue, :
Mijst., ,251) (2).
dans
Dans
On
la meilleure société.
drais que tu les verrais.
dans
certaines provinces, cet usage s'est introduit
les écrits
Il
dit
:
/7
faudrait qu'on leur écrirait
n'est pas rare
—
;
même je
vou-
du tout de trouver des conditionnels
d'hommes instruits Lorsque cette solidarité spontanée de la pu ainsi être convenablement organisée, on ne peut :
science avec l'art aura
douter que, bien loin de tendre aucunement à restreindre tions philosophiques, elle leur assignerait....
leur portée effective, si d'avance (a.
comte. Esp.
que personne dans la famille... ne devrait vous (feuill., Morte. 70)
;
un
— j'aimerais
se
les
office final
pos., 45)
;
saines spécula-
trop supérieur à
—
//
semblerait...
montrer plus impitoyable que
mieux que
tu m'aies
trompée avec
(1) Cî. Vous voudriez que je /<> laisse... se déballre tout seul, que ie m'abstienne prurfenimen/ de Ah ! si. par impossible, m'nssocier aux difTicuIlés de ses débuis (iiniiv.. Cours, fl.. i. 17) qu'W me revoie (Id.. //>.. ii, 7» - Ce sérail il débarquait, pour rien au monde je ne voudrais sage d'attendre qu'il soit entré dans la voie de la i)rospérité Ici., Ib.. i, 17). Flaubert, qui croit avoir affaire à un temps, n'en a pas moins l'instinct qu'on le trompe, que la règle est fausse sous la forme qu'on lui donne. « Oui, vieux pédagogue, dit-il à Maxime du Camp, l'accord du temps est une ineptie, j'ai le droit de dire Je voudrais que la grammaire soil à tous les diables, et non pas fût, entends-tu ? (Max. du Camp, Souv. litt., dans Weil, Rev. Universil., 1902, p. 162. Cf. Corr. do Flaubert, iv. 193). Flaubert se soumet pourtant. Il ne l'avait pas fait toujours. Il y a des présents incorrects dans divers passages de ses premières œuvres, ainsi dans l'Ed. Sent., 313. ;
—
:
(
:
(2j Cf.
Je voudrais que VOUS VOUS verriez dans une ghue
(lavf.ii.,
Souv. Jeu, 205).
LES MODES les
premières venues,..
(i.EMAÎTRE,
La
Tu
massière,
dis ?
ii, fi)
;
519
— Oui, à condition que — A supposer
cjue tu aies
je
ne
le
raison,
saurais pas et
que
je te
reprendrais (laved.. Nouv. Jeu., 73).
—
Persistance du subjonctif plus-que-parfait. Le subjonctif plus-queUne créature si belle que Dieu l'eût préférée à la Vierge et /'eût choisie pour sa mère, et eût VOUlu naître d'elle, si elle eût existé quand il se fit homme (v. h.. iV. D.. ii, 105) // le connaissait, pourtant bien, le vieux Réhu et son égoisme farouche de quasi-centenaire, qui les eût tous regardés mourir plutôt que de se priver d'une prise de tabac (a. daud., Imm., 9) il eût volontiers goûté le monde, les plaisirs de la société, et parfail est encore assez usité
:
;
;
il
vivait
tique, et
à il
—
—
l'écart
(régnier, Flamb., 13)
;
—
C'était son article de foi artis-
se fût cru... déshonoré d'y renoncer (Id., Ib., 26). (Cf. plus haut,
p. 514).
Ces réserves faites,
dans
le
les
formes qui restent au subjonctif sont bien vivantes il n'est pas
français de Paris. L'emploi du subjonctif se restreint,
On voit même des auteurs montrer un peu d'incerau subjonctif, tantôt en l'employant trop (1), tantôt en ne l'employant pas assez. Il y a incontestablement du flottement (2). Mais rien, absolument rien, ne fait prévoir que la forme du subjonctif soit menacée de périr, comme elle a péri dans le N.-E. du domaine, où on
impeccable, sans doute. titude, et faire tort
dit
(1)
écrit
:
il
faut que je viens.
Hervieu était de ceux qui ont visiblement peur de manquer aux droits de ce mode. II dans une seule pièce Cette rencontre n'est-elle pas l'annonce que je puisse encore avoir du :
bonheur ?... et peut-être en donner ? (Cours, que vous eussiez reçu d'Amérique la réponse soyez toujours sur le point de me déclarer (Ib.,
fl.,
( i,
iv, 2)
Ib.,
m,
;
—
5)
;
admis, Vous, il
j'ai
—
comme nos enfants, me semble que vous
5).
(2) J'imagine que M. Alphonse Daudet prenne chaque jour des notes sur ce qu'il a vu dans la journée. Ces notes sont écrites ou non, peu importe. Il sufpt qu'il ait dans sa mémoire ou dans ses tiroirs un magasin complet de documents. Tous les événements qu'il aura traversés, tous les hommes qu'il (uira approchés, lui auront laissé ainsi des impressions très vives, qu' il peut évoquer à sa guise... Maintenant, j'imagine encore que M. Daudet veut écrire un roman, il commencera par être très frappé d'un de ses souvenirs, qui s'éveillera (zola. Romane, 308).
CHAPITRE V
•
DISCORDANCES ENTRE LE LANGAGE ET LA PENSÉE DANS L'EMPLOI DES MODES
s'en faut bien
Il
que
les autres.
que tous
les
modes
aient autant de valeur
Certains d'entre eux.
création française, ont des sens nets, ils
purement formelles
modale
uns
les
conditionnel, qui est de
le
ne paraissent pas partout où ne sont pas amenés par des néces-
et, s'ils
pourraient se rencontrer, du moins,
sités
comme ils
comme
et extérieures à la pensée,
du
c'est le cas
subjonctif, qui bien souvent n'ex[)rlme plus des modalilcs. mais n'est qu'une
forme de subordinalion.
—
1. Attractions. Il arrive souvent que la notion modale, au lieu d'être exprimée seulement dans la principale, se répercute sur des propositions qui en dépendent. Quelquefois le sens l'impose ou tout au moins s'en accommode ,s'// falloil qu'il en vînt quelque chose à ses oreilles, je dirais hautement :
—
je leur disais que, si quelqu'un leur menti (mol.. D. J ., i. 1) du mal de vous, elles se gardassent bien de le croire, et ne manquassent pas de lui dire qu'il en auroit menti Id.. //).. ir. 4). Dans les deux
que
tu aurois
;
venait dire
(
cas auroit menti se justifie parfaitement. INIais
voici des
exemples
fort ditîérents
Si vous aviez
:
celle
impression,
vous ne vous étonneriez pas que la diversité de tant de lieux... ne VOUS auroit de rien servi. Ce n'est pas voyager ce que vous faites
372)
— quand ma pièce ne m'aurait produit que
;
cet
:
c'est
rôder (m.\lii..
ii,
avantage, je pourrais dire
que son succès auroit passé mes espércmces (rac. Théb., Épitre). Le succès est un succès réel, acquis. Le mode conditionnel n'est là que par attraction. (Cf. la célèbre
phrase de Bossuet
:
Si Babylane eût cru qu'elle eût été péris-
sable).
Le subjonctif se trouve souvent, au XVIL' s., dans une conjoncLive dépendant d'une com])létive au subjonctif: soupçonna que ce iust quelqu'un que sa maistressc eust fait venir (videl, Mél.,
Cette attraction, extrêmement
encore de nos jours
:
ii.
183).
commune dans
n'en comprennent pas un mot (flaub., Corr., 3^ tique qui lise
2.
livra dont
il
ait à rendre
Abandon de modes.
lité n'est
10
Ir
compte
langue classique, se
se présente
sér., 8);
? (Id., Ib.,
l'
fait
Anglais,
— Quel
ils
est le cri-
4« sér., 134).
— Dans des phrases un peu complexes,
pas toujours observée jusqu'à la
Le cas
la
quoiqu'il prétende qu'ils sachent un peu
la
moda-
fin.
quand plusieurs propositions
se
succèdent
:
Je
DISCORDANCES ENTRE LE LANGAGE ET LA PENSÉE trouve
le
en
effet,
—
je
de
;
crains que
gncm...
—
521
me venger d'Orante, Quoique son changement me soit rfoî/.r Et que c'est me venger d',un bien qu'elle me fait (rotpx., Diane, u, 6) moyen
et
que.
cette vérité
comme
il
ne SOit pas encore entrée dans l'esprit de
a toujours
toujours (sÉv.. Lett.,
été, il ira
introduire
ui^r
(unant qui ait déjà vu d'autres maîtresses,
d'un
l'cuistérité
homme
de Gri-
mcxxv)
;
un père qui devient jeune amoureuse, dédaigncmi de subjuguer un
Croirait-on qu'on put. entre une reine incestueuse
parricide,
M.
et
et
mettant sa gloire à triompher de
qui n'a jamais rien aimé
(volt.. Dict. phiL. Style,
?
sec t. 1).
Inversement, dans des œuvres non terminées ou des écrits peu soignés,
employé nu mode de non-suborOr Moijse et David Qui dira donc qu'ils n'avoyent pas mesme
on trouve des écrivains qui.
a])rès avoir
dination, appliquent à un second verbe le subjonctif
:
mesmes termes. sens, ri (lue le sens de David (pii est manifestement d'iniquités lorsqu'il pctrloit d'ennemys. ne fust pas le mcsme que eeluy de Moyse en parlant d'ennemy, ? usoijent de
et Isaije
(pascal. Pens., éd. .Mojin..
i.
26."))
—
;
Qu'y a
t
il
de plus absurde que de
dire que des corps aninu's ont des passions, des craintes, des horreurs, que des
corps insensibles, sans vie //).. II.
se
même
\)Qu
et rig.
et
de Dieu.
si
:
que 2*^
déterminés, qu'on eût
qu'ils
dit...
famine et la peste leur donnassent p.). Mais ces incoordinations ont peu la
disparu, lorsque les régies sont devenues strictes. Ce sont là des
imperfections ou des négligences lesquels
—
incapables de vie aient des passions (Id..
même
nourrissaient d'incommodités,
de nouvelles forces (B. à
et
150). Bossuel écrit de
il
Autrement graves sont
(1).
les faits sur
nous reste à appeler l'attention.
—
Influence de t>'ordre des mots. Emplois illogiques des modes. Un déplacement fait ciiangej- le mode. CL Je conviens ijuc cela est vrai
et
Que
:
cela Suit vrai, j'en conviens
m'en étonne
pas...
;
:
mais qu'um père
— Qu'un père vous
si éclairé
fiance jusqu'au dernier soupir,.... c'est
le
plus
ait
aimé,
vous ait témoigné
je
cette
ne
con-
iémoignage que votre
beau
vertu pouvait remporter (boss.. Coudé).
—
Analogies. Comme dans une foule de phrases impersonnelles la subordonnée est au subjonctif, ce mode tend à s'introduire dans des phrases où la pensée ne le justifie pas et où seule l'analogie de la forme l'amène. On entend dire: il est exact qu'il /"ait vu, comme // est juste qu'il ait revendiqué :
ses droits.
Usages
injustifiés
pour exprimer nel lui
lui-même :
ci
est
Comparez
des
modes.
lui seul, avec ses
:
dans ce
cas.
—
A)
Aucun mode
n'est
suffisant
nuances, une modalité donnée. Le condition-
Le subjonctif
N'eût-il que d'un
moment
et l'indicatif
concourent avec
reculé sa défaite.
du moins un peu plus tard sujette (corn.. Hor.. 1023)
et
:
Rome
S'il avait
eût été
d'un moment
retardé sa défaite. (1) Cf. il n'y eut pas qu'ils regardèrent d'un
un rayon de soleil qui les ehauffât de lu rnéiup chaleur, p-s une pierre regard pareil (Flavb., Ed. Sent., ,^24».
522
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRA TIOXS PS YCHOIJJOiQUES
B) Aucun mode
n'est spécialisé.
Où
dans
est l'idée d'éventualité
:
Je vou-
un nwt ? Il s'agit uniquement de l'expression atténuée dune volonté, d'un désir. Comparez tu n'irais pas lui raconter ça ! C) Aucun mode nest d'un usage tel, que son emploi ne soit parfois en désac-
drais lui dire
:
Qu'on compare: J'espèn' qu'il viendra à: le fait dont il s'agit n'est cependant on a l'indicatif. Dans la seconde, le fait peut
cord avec sa valeur essentielle.
Dans
j'attends qu'il vienne.
nullement assuré,
et
la
première phrase,
être tout à fait certain, on le rendra tel en ajoutant
:
car sa venue ne fait
aucun doute. Qu'il vienne reste cependant au subjonctif. -^ Pour que l'emploi des modes fût logique, ou psychologique, il faudrait qu'il fût réglé sur les seuls besoins de la pensée. Or une première observation montre combien la forme linguistique est importante. On dira Il peut se faire que ce soit .son frère, soit est au subjonctif, et cela est ])ien. Mais si l'idée contenue dans il peut se faire est renfermée dans la locution figée (il) peut-être, c'est fini du sui^jonctif. et l'indicatif reparaît: PenZ-é/n- est-ce... Peut-être que c'est son frère. I.c mode a clumgé. quoique la moc'alilé soit :
restée invarial)le.
Même
une modalité d'ordre sentimental: Conii)arcz un grand regret qu'il ne soit pas venu. A vrai dire, cette dernière phrase dissocie renonciation du fait et celle (lu sentiment. L'un reste ce])endant en rapport avec l'autre. Le changement suffit pour entraîner un autre mode. N,' L'usage du subjonctif est devenu si mécanique qu'on le trouve après ne pas nier, et que Vaugelas,qui discute sur l'adjonction de ne au verbe sul)()rdonné. ne conteste pas sur le mode je ne lui nierai pas même que je n'aie bien cru (la rochef., it, 467) Je ne nierai pas cependant qu'il ne fût homme de très grand mérite (boil., Réfl. s. Long., i). ^•vUn seul exemple fera éclater aux yeux les illogismes de l'emploi des modes Je doute que cela soit vrai exprime un doute Je ne doute pas que cela ne soit la vrai n'en exprime pas. Et cependant le subjonctif se conserve dans seconde phrase comme dans la j)remière (1). observation
A mon grand
regret,
])oiir
il
:
n'est pas venu, et :/'az
:
;
—
:
;
—
Influence d'une principale négative. La règle générale des est qu'on met le subjonctif après proposition négative. Type Je ne vois pas pour niai Que le cas soit pendable : c'était déjà la règle de l'a.f. N'i ad castel ki devant lui remaignet (Roi., \) N'i ad celui ki mot sunt ne mot tint (Ib., 411). Maupas donnait à ses élèves une règle très générale En termes négatifs...
langues romanes :
:
;
—
:
l'optatif
y
est plus vif et
de meilleure grâce (315).
ont suivi ont confirmé cette règle
(2), l'usage
Les observateurs
classique également
:
qui //
ne
(1) Voir sur ces coniradictions, Ferd. Brunot, L'cns. de la l. /., 48. Je ne savais pas que ce fiist et non que c'estoit voslre mère : le contraire dans (2) Il faut dire .\> vous d'autres cas est affaire d'usage et d'oreille (mén., Obs., i, 264). Andry est plus brutal imaginez pas que tout va bien, est regardé par lui comme une faute. Il falloit que tout aille bien, parce que la proposition est négative (Suit., .347). Cf. une remarque posthume de Vaugelas :
:
:
(n, 402).
DISCORDANCES ENTRE LE LANGACrE ET LA PENSÉE
523
faut pas dire que VOUS m'ayez
—
vu sortir de là (mol., G. Dand., i. 2) Ce ne sont point... des maximes que j'aie VOUlu écrire (la br.. Car., i. 111). La négation peut être implicite, c'est le cas des phrases principales, telles ignore,
qu'/7
Fig.,
II,
En
évite;
du bal
l'instant
il
;
mcdaisé,
est
impossible, invraisemblable
Jusqu'à.
:
conde ignorera que vous soyez au château
le
(be.\um..
5).
particulier derrière la locution impersonnelle
proposition impersonnelle, tions que
(aug., g.
//
n'ij^a,
ou une autre
n'y a que
trois posi-
mon nom me permette soldat, évêque ou laboureur. de M. Pair., ii, 1) II n'y a guère de romans.... où
Choisissez
subjonctif est d'usage
le
—
;
autant
rencontré
d'épithètcs
:
II
;
au bout de
trois
l'on n'ait
pages (muss.. Dup.
Cot.,
et
l"lett.)(l).
Mais rien n'eut pu être plus destructif du sens syntaxique que l'applicatenu aucun compte du sens. On comprend très bien l'influence d'une négation dans des cas donnés. Soit la phrase La mère ne se souvient pas du mal que ses enfants lui ont fait. Comparez cette phrase de G. Sand Je ne me souviens d'aucun mal que tu m'aies fait (Elle et /.. iv. 76). L'idée cette fois est qu'il n'est nullement sûr qu'il y ait eu du mal fait. Il s'agit de jeter cette incertitude dans la tion, en cette matière, d'une règle brutale, qui n'eût
:
:
!
pensée.
Avec
comme
verbes
certains
considérer,
Ne
considérez point que je suis votre
employé
mode de
le
même
écrivait de
la
réfléchir,
négation n'ôte rien du caractère positif contenu dans
mère (rac,
présence d'une
le fait
subordonné Racine a :
Théb., 1079).
Il il ne pouvait faire autrement. Je ne vous nierai point. Seigneur, que ses soupirs
la réalité positive,
ailleurs:
M'ont daigné quelquefois expliquer ses désirs (Brit.. 55.3). Avec d'autres verbes, il faut laisser la liberté de donner ou d'ôter tère d'un fait à renonciation
Ce pauvre garçon ne peut
:
que sa femme est morte, ou bien que sa femme soit morte.
Cf.
Ce pauvre garçon ne peut
:
Je ne
te
le
carac-
se résigner à l'idée se résigner à croire
raconte pas qu'il prend tout dans ce
magasin
(c'est un fait dont on n'informe pas l'interlocuteur) et r/c/îf dis pas prenne tout dans ce magasin. Le fait n'est nullement affirmé (2). En langue moderne, la pensée tend à se dégager des contraintes, ce qui est une façon de suivre la vraie et bonne tradition. A vrai dire, on rend
qu'il
ainsi
au subjonctif de
momens d'une
liaison
la
valeur
const.. Ad., 29).
éternelle (n.
:
Malheur à l'homme
d'amour, ne croit pas que
qui,
cette
dans
les
liaison
premiers doit
Allusion est faite à une croyance ferme.
être
Un
subjonctif jetterait un doute. Voici au contraire une phrase de Chateau-
briand rQïïeÏÏe (h justice
punis
de
la faute
et quelle
de notre
absurdité de penser que nous soyons tous
premier père
I
(Gén.,
i,
27).
Pourquoi
le
sub-
au fond du calice une goutte de lie qu'il n'ait fallu èpui.'ter (G. Sand, vous pouviez dire tout ce que vous voudriez, ce n'était encore que chez Voisin qu'on pût manger un salmis de bécasse (coppée. Les vr. Biches, 84), (1) II n'est point resté
Lélia,
(2)
I,
Eh
26)
;
bien
—
!
je
ne
di.s
pas que je prenne tout (Balz., Biroll.,
i,
160).
524
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPERA TIOXS PS YCHOLOGIQUES
jonctif soyons ? Parce
que
pensée est absurde l'écarté Peut-être
le
pareille chose ne peut pas être. L'idée
que
la
(1).
subjonctif a-t-il plus pâti que profité des règles rigides qu'on
a prétendu imposer.
En
l'exigeant derrière une principale négative sans
considération du sens, on en réduisait l'emploi à un fait de pure subordination grammaticale, on vidait le
mode
de sa valeur
réelle, et
on en préparait
l'abandon. -Ve crois pas que l'esprit du (1» Il faut reconnaître du reste qu'il y a certaines hésitations poète descend (V. ii., Cont., i, Aur., v). On attendrait descende. Il n'y cwait que les étrangers qui pouvaient eroire que ce vieil hôlel allait s'effondrer (H. m\.lot. Sang bleu; dans Robert, o. c, :
—
Comment se faisait-il que Frédéric ne demandait 309, où on trouvera d'autres exemples) L'indicatif s'explique, il ne s'impas en retour un peu de tendresse ? (flaub., Édac, ii, 27 posait pas. Et ici il ne s'agit pas d'éviter un imparfait comme dans la phrase suivante Il n'y a pas de désert, pas de précipice ni d'océan que je ne traverserais aoec loi (Flalb., Bov., 220). ;
i.
—
•
:
,
CHAPITRE VI LE NE MODAL
Depuis
les origines
(i;
de la langue, ne accompagne
le
verbe dans diverses
propositions, par exemple après le verbe craindre. C'est une syntaxe héré-
On
trouve dés
Roland des exemples où elle est abandonnée Je crains qu'elle ne soit malade. Cf. prenez garde qu'il ne tombe ; évitez qu'on ne le voie : // s'en est fallu de peu qu'il ne vint ; il ne viendra pas à moins qu'on ne l'en ait prié. L'analogie a introduit ce ne dans bon nombre de phrases classiques // me tarde déjà que je n'aie des habits raisonnables (mol., Mar. fore., 2). ditaire.
pourtant
le
;
conservée jusqu'à nos jours
elle s'est
:
—
—
—
:
Valeur de ne. on veut exprimer
— Ce ne
n'a plus de valeur négative.
Quand réellement
une négation, on se sert de ne pas : Je crains qu'il ne réussisse pas. Ne n'est qu'une sorte de particule modale adjointe au verbe, et dont le sens est si vague qu'elle peut manquer sans dommage dans bien des cas. Ce n'est plus qu'un embarras. Elle est souvent inutile et inattendue, ainsi dans la phrase qui suit ne pas douter et qui exprime par conséquent une certitude. Aussi Madame de Sévigné brave-t-elle la règle j'entendis crier... cm feu, et ces cris si près de moi... que je ne doutai point là
:
que ceiût Il
en
cxxxvii).
ici {Lett.,
est ainsi, à vrai dire, depuis des siècles. Vaugelas a
un mauvaisexemple, qui n'a
nantneaprès
je^ne nie pas,
Avec
pas impossible, au XVII'^
il
n'est
toujours
ne modal
le
:
il
n'est
;
un sens pour
(rac, P.-R., 603).
à contraindre l'usage
pas nier
que ne
:
quelle que fût
donné, en mainte-
que trop
qu'il
ne survienne des accidents
impossible que Jansénius
On
suivi (2).
la proposition secondaire prenait
pas impossible
— N'étant pas
(malh., Épit., xiii) l'autre
s.,
été
n'eût pris
a légiféré là-dessus, sans aboutir
mon
opinion sur sa doctrine, je ne pouvais Champdeb., 114). On peut presque dire retrouverons cependant dans divers cha-
qu'elle fût orthodoxe (assol.,
est
un mot gâché. Nous
le
pitres.
TOBLER, Verm.
(1) V.
Beitr., iv, 26.
la négative ne est devant nier, il la faut encore repeter après le mesme verbe par ex. Je ne nie pas que je ne l'aye dit... Sans la négation, c'est françois, mais peu élégant » (i, 104). L'Académie a sanctionné cette opinion. On écrit donc : Je ne doute pas que vous ne le trouviez à votre goût. (2)
"
Quand :
SECTION
III
:
DU JUGEMENT
LES MODALITES
CHAPITRE PREMIER LES CERTITUDES
La
certitude a été étudiée plus haut. Qu'elle se traduise par une énoncia-
tion positive ou négative, elle peut être simplement déclarée, ou bien on
y
insiste fortement, ou enfin
on
présente avec réserve.
la
moyens on
aussi à l'aide de quels
ces
[n-ocède à
Nous avons vu
renforcements ou à ces
atténuations. Il
faut observer
ment sur des Quand y il
ici
réalités.
que celle certitude qu'on déclare ne porte pas seule-
On
peut se déclarer certain aussi d'éventualités.
a certitude d'une réalité, les faits sont exprimés, ou bien dans
une proposition principale accompagnée ou non d'une affirmation de cerexprime la certitude Le train est arrivé, j'en suis sûr; // est certain, assuré, établi,
titude, ou bien dans l'objet d'une phrase dont la principale
—
:
incontestable, hors de cloute, démontré, je suis certain, sûr, j'ai l'assurance,
Le mode est en général l'indicatif. Je n'ai pas douté un instant que ce ne fût bien
la certitude qu'il reviendra.
toujours. Ex.
qui avait
Quand
:
été volé. il
y
//
:
ne
là le
l'est
pas
diamant
(Voir p. 522).
a certitude de faits éventuels, les faits éventuels s'expriment
au conditionnel dans l'objet
Il
la
principale, au suljjonctif et au conditionnel dans
voudrait bien habiter ce château
—
:
//
est certain qu'il
voudrait
bien habiter ce château, mais qu'il en coûterait aujourd'hui cent mille francs
par an
—
:
//
est établi
maintenant
qu'il eût réussi avec
un peu plus de persé-
vérance.
A
marquer qu'un fait n'a pas eu lieu, il y a des formes dont nous avons parlé déjà p. 514 J'aurais pu autrefois acheter ce château pour un morceau de pain. Quand on veut insister sur la certitude de celte éventualité qui n'a pas été réalisée, an se sert de l'imparfait de l'indicatif les classiques employaient l'éventuel, pour
irréelles,
:
;
aussi
le
passé simple
:
Vous dont
honneurs obscurs de quelque légion
j'ai
pu
laisser vieillir l'ambition
Dans
les
(r.\c., Brit., 154).
—
La chose énoncée a failli avoir lieu. La langue moderne exprime cprune chose a été tout près de se réaliser par les verbes faillir ou manquer suivis d'un infinitif Le coup a failli l'atteindre ; nous avons manqué de :
verser.
La langue classique em[)loyail penser
:
l'ambition
et les
jalousies qui
LES CERTITUDES
527
—
se mirent parmi eux (les Juifs) les pensèrent perdre (boss., Hisi. Un., 247) mon tailleur m'a envoyé des bas de soie que j'ai pensé ne mettre jamais (mol., ;
B. G., L'a.
I. f.
que:
A
peu
s'en
de propositions ordinaires précédées de à peu cœur ne me fend (villox. G. Test., xxvi). Aujourd'liui faut que, peu s'en est fallu qu'il ne tombât. Cf. Un peu plus, il
peu que
tombait (ce qui
2) (1). se servait aussi
et se
le
:
cassait la fcunbe.
ne veut pas dire
il
est
On use aussi de presque tombé à moitié, mais il a
:
il
est
failli
presque tombé
tomber)
(2).
toujours craignoil cesie marchandise qui (1) C'était la traduction de l'ancien français ciiider avoit cuydé eslre conclue conire luij à Bouvijnes (Comm., r, 303). On notera que cuider précéMessire Pierre de Broisé, qui estait parti de la bataille d'avecques le dait souvent un infinitif rotj pour euyder rallier les gens de la ditte avant-garde (Chron. du M» S^-Michel, i, 74). Le sens est pour la rallier, mais il ne la rallia pas. :
:
(2)
En
langue populaire
:
fui vu
le
coup qu'il tombait.
—
CHAPITRE
II
LES PENSEES ET LES CROYANCES
On
—
sait.
Toute une
série d'expressions Iratluisent l'idée
de savoir
:
reconnu, découvert, j'ai vu. entendu, senti. Les subor-
je sais, j'ai appris,
données qui suivent contiennent soit une certitude, soit une possiiiilité, une incertitude, un doute, une improbabilité je sais, j'ai appris (/ue la :
maladie était grave, qu'elle serait sans doute devenue mortelle pris que
j
Remarque.
— On a tout à
même
fait la
plétive,au lieu de dépendre d'un verbe,
de
tif
—
;
—
j'ai
com-
'aurais peut-être des chances de succès.
même
signification,
syntaxe
la
si
proposition coni-
dépend d'un substantif ou d'un adjec-
assurance, avis, conviction, persuasion, preuve;
preuve qu'il est complice, c'est que... Bien entendu, aussitôt que de façon quelconque à l'idée de scwoir se joint .J'ai; impatience de l'expression d'un sentiment, la syntaxe peut changer persuadé, sûr
instruit,
:
la
:
sçavoir qu'il soit arrivé
d'impatience domine
On ne
sait_pas.
ci
la
bon port
phrase
—
peut pas sçavoir que sa (i
la m.. 23)
;
—
je
i.
;)(52
;
cf.
ii.
i...
m.
'A)')).
T.
"idée
(1).
Quand
devrait se mettre au subjonctif
(bai.z..
;
l'idée est ([uon ne sait pas. on trouve en efïel ce mode:
Mistresse Soit ailleurs qu'à
le
verbe
Aca.ste
Lyon (d'ouv.,
ne
Coif.
ne puis jamais comprendre conune vous estimant... je ou huit niais sans vous dire un mot (skv.. Lett., mi).
puisse... vous laisser sept Il
d'une négation implicite
suffit
existât encore
:
Bien peu de personnes savaient qu'il Frac. i. 29. I/idée
rejeton de cette race amoindrie (gaut..
un
est qu'il n'y a pas
beaucoup de monde au courant).
Toutefois Malherbe blâme l'emploi du subjonctif dans deux phrases de
Desportes IV,
408)
(Id.,
;
:
Ne
sait qu'il doive faire
Et ne sauroit penser
Comme
(Comm. il
s.
Desp., Imit. de l'Arioste,
puisse des yeux tant de larmes verser
Ibid).
un latinisme que la langue moderne a abandonné (h. l., ii, 445), Aujourd'hui on choisit suivant le sens. Nous distinguons !« j£__ne_^savais pas qu'il m'écoutait (il semble qu'il s'agisse là d'un fait dont on n'avait C'était
:
Gardez-vous de prétendre Que de tant d'ennemis vous (1) De même dans les vers suivants puissiez nous défendre (rac, Mithr., 1679). C'est le commandement contenu dans Gardez-vous qui influe. :
LES PENSEES ET LES CROYANCES pas connaissance
pendance
;
deux parties de
les
2° Je ne savais pas qu'il
;
Après une interrogative. verbe de
rogatif. le
— Quand
le veriîe
de
la principale est inter-
ou à l'indicatif: ou que cela vous fasse maiVous fait maigrir indique un
être au subjonctif
cela vous fait maigrir ?
grir ? Le,jeilS-LcLiuo.a.4ilus n'est pas le
On demande
phrase gardent une certaine indé-
m 'écoutât.
dépendante peut
la
Vous apercevez-vous que fait réel.
la
529
même
:
à la personne interrogée
si
elle s'aperçoit
de ce
fait.
Avec vous fasse maigrir, on ne se prononce point en faveur de l'existence du fait, au contraire on questionne sur la constatation qui a pu être faite de son existence. L'intonation diffère du reste d'une phrase à l'autre.
On dans
—
croit.
L'a.
f.
et le
m.
f.
exprimaient
délicatement une différence
très
La croyance en un fait faux
marquait par le subjoncpasmee (Roi., 3724. L'idée est fausse, la jeune fille était non point évanouie, mais morte) Nos quidcunes que ce fust une vous croirez fee (Auc, 6, 30. Ce n'était pas une fée, mais une dame) que je sois couchée el endormie, et ie serai) a escouter (lar.. Le Fid.. ii. 7, A. tif:
les
croyances.
Quidei
reis qu'ele se seit
li
;
se
—
;
VI,
th. fr.,
354-5
Au XVIIe ser...
etc..
après soy
"
;
h. l.,
i.
temps
les
;
comme
que
règle
les
lorsqu'ils tendent entièrement à la certitude,
douteuse,
1632, 192
445).
ii,
s.,Oudin donne encore indicatifs, par
rance, je suis obligé de dire est
250;
il
:
h. l..
m,
exemple,
je croy
faut que je dise
:
—
que cela
je
si
ils
doivent attirer
croy unechose avec asseu-
je
est
verbes croire, pen-
;
autrement
croy que cela soit
si
ma
(Gr., 195
»
croyance ;
cf.
ib.,
566).
Les exemples se rencontrent
très
communément en langue classique Vous :
croyez qu'un cunant vienne vous insulter? (kac, Andr., 403);
—
Vous
pensez qu'approuvant vos desseins odieux..Je vous laisse immoler votre plie à mes yeux? Que ma foi. nwn (unour. mon honneur y consente ? (Id., Iph., 1343) I>c
(1). f.
m. a perdu cette facilité. Ajjrès croire, l'indicatif est constant, même d'une croyance fausse Je croyais que vous étiez obligé à cela par
s'agit
s'il
:
votre contrat (2). Quoique mon sentiment Il y a des cas où l'application de la règle d'Oudin devient dilTicile (1 doive respect au vôtre, La plus belle des deux, je crois que ce soit l'autre (corn.. Ment.. 205). :
)
(2)
Il
n'est naturellement pas question des phrases négatives là ; Croyez-vous qu'on puisse réussir ?
pas qu'il fût
—
ou interrogatives
:
Je ne croyais
CHAPITRE
m
LES DIRES
Modalité des subordonnées dépendant d'une expression renferQuand la chose énoncée, réelle on éventuelle, l'idée de dire. est rapportée comme l'objet dun dire, soit du sujet parlant, soit d'une
—
mant
personne quelconque, sauf dans les cas de réserve expresse dont il sera la chose énoncée garde sa modalité propre, quelle qu'elle soit Je dis, je prétends, soutiens, jure... on m'a représenté, affirmé... il question plus loin, :
a
avoué,
rapporté,
été
exposé, répété... on
raconté,
convenu, que nos
a
dépenses actuelles sont supérieures à nos ressources, seraient supérieures à
nos ressources, seraient peut-être devenues alors supérieures à nos ressources.
Le
qu'on
fait
est,
qu'il
est
la
ra])]M)rU'.
dit,
peut-être,
accepter cette convenlinn
qu'il
—
:
etc.,
serait
1rs
n'y change rien
On me
:
dit qu'il
aurait été disposé à
qu'il
disposé,
journaux racontent qu'il y a eu, qu'il y On retrouve là les modalités qu'on il y a eu, il y aurait eu une grande bataille
aurait eu une grande bataille au Maroc.
trouverait dans ime i)rinci|)alc
:
au Maroc. Vouloir, dans le sens
trouve suivi de
l'iiidic
qu'hier j'en vins /aire
l'a
m
eu la
en langue classique
:
})ersonne Est ce qui fait
même
Mais
le
mon
ici
On
syntaxe.
le
don qu'on veut cruel embarras
Cependant aujourd'hui nous employons le subl'analogie de la construction ordinaire où ~voïïtUTi^~»-é^mxtrES^ens
Amph., 1468).
(mol., jonctif
sjmtçmr^jyrélemi^
(\v. ;il if.
;
emporté.
On
dirait: que j'en sois venu.
Ce qui est à considérer la véracité
de celui à qui
ici, il
ce sont les modifications qu'apporte
au propos
appartient. Les dires de certains constituent des
certitudes, d'autres ne méritent
aucune créance, provenant de personnes ou
inconsidérées ou peu sincères. Les on dit sont des rumeurs souvent sans consistance.
La syntaxe
ici
laisse tout à faire à l'esprit. L'erreur
ou
le
men-
songe ne se décèlent pas par leur forme grammaticale. Il faut noter pourtant ces sortes d'avertissements qui (h)nnenl aux i)ropos leur caractère, tels cjue je I,
:
sérieusement parlcmt. Mais, sérieusement parlant,
vois que vous écoute: trop votre
369). Cf.
sibles,
Avons
quand
je
premier mouvemwnt
(b.vlz., Let.
y a peu de choses qui veux m'en mêler (mol., Scap., i. 2) dire la vérité,
//
:
nous croyions tout cela un peu sur parole (muss., Dup.
me
—A
à
l'Étr.,
soient impos-
parler franc,
et Col., let
t.
i).
CHAPITRE IV LES PRÉSOMPTIONS. LES POSSIBILITÉS
De
l'afTirmation au doute la pensée passe par divers degrés,
où s'étagent
les probabilités et les vraiseiul)lances.
On
10
possible.
a.
peut
f.: :
tardera possible guère (Fab.,
En
— En
se sert d'adverbes de possibilité.
Ce dernier se rencontre encore chez La Fontaine no^re
m.
f.
m.
6).
peut-être, probablement,
:
cel esire,
mort... ne
sans doute,
etc..
//
peut-être
est
malade. 20
On
—
se sert d'auxiliaires de modes.
soixante ans
;
—
devoir
[3)
:
avant de s'endormir
pouvoir
rx)
elle
—
il
:
peut
avoir
dut rêver longtemps à ce
phénix des cousins (balz., Eug. Grandet, 46-47) je l'ai trouvé lisant « les Rayons et les Ombres » // ne devait pas ij comprendre grcmd'chose (flaub., ;
;
Corr., 3e sér., 22);
—
de petites flaques noires, en de certains endroits, de-
vaient être du sang (flaub.,
que font mes domestiques
:
il
Édnc.
ii,
162);
— y)
'^
/"^^^ 9^-'^
•"
J^ ^c sais
ce
faut qu'ils soient tous sortis, car j'avais défendu
matin qu'on laissât entrer personne (uuss.. Deux Maitr., v). Il faut que exprime un encliaînement logique, une probabilité résultant d'un raisonnement. ce
—
30 On met le verbe au futur de probabilité. C'est une façon de tempérer l'affirmation, de ne point présenter le fait comme une certitude, mais comme une chose possible. Ce futur de probabilité existe déjà dans l'ancienne langue Antoine :
Chrestien disait craindre fort sa conscience,
et
que volontiers
il
luy rendroit
son argent, pour estre vraysemblablement quelque enfant de riche marchand qui aura desrobé son père (s. du fail, Eutr., 11, 80). Il
commun
en langue moderne Ne semble-t-il pas que ce soit la aura peut-être hérité des moines (balz., L. Lambert, se sera mis cï boire par là pendant que vous fumiez, tu aurais dû
est très
maison du diable 202) le
;
—
//
?
surveiller (don.,
Le futur simple
:
il
La est
Pair.,
i,
1).
l)eaucoup plus rare
trouve qu'exceptionnellement. de ce G,
ma heureux
0, 0,
oh
!
A,
a,
a,
:
enfant, qu'il m'avait remis,
étourdi que je suis
!
que
A
ah
fera-t-il
et
l'époque classique, on ne !
povero
!
ce sera
le
le
brevet
que j'ai oublié de lui rendre.
sans son brevet
?
Il
faut courir
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES
532
—
Ce sera sans doute vore père : non. Dieu (BEAUM.. Mar. Fig.. u. 21) Monsieur Arisie (palaprat, Grond., i, 4) (1). De même en f. m. Ce sera le bonhomme de frère pris de somnambulisme ;
merci}, c'est
:
(MUSSET, Lorenz.,
1).
i,
Ox MET LE VERBE A l'éventuel
4°
(2).
—
Semble qu'aloFS
Il
doule
le
soit
plus accentué: sa mère lui aurait laissé cinq millions qui, placés en achat de terrains, à Paris, en représenteraient plus de cinquante maintenant (zola,
—
Je voulus profiter de cette arche gelée Pour descendre en deux Rêve. 6(V) bonds jusque dans la vallée. Et voir si le berger ne serait pas venu (lam., Joc, La police brestoise a demandé télégraphiquement 7 déc. 1794, Minuit); ;
—
Sûreté de Paris des renseignements détaillés sur Raynaud, qui ferait
à la
partie d'une bande et aurait des complices anarchistes.
appartiendrait à une association de malfaiteurs
il
D'après sa maîtresse,
et le
dernier coup qu'il
aurait fait lui aurait rapporté cinq mille francs. Raynaud porte à l'épaule gauche une blessure non encore cicatrisée (Presse, 10 mai 1912).
On
50
vienne
se sert d'une principale exprimant la présomption est possible que, il est probable, il n'est pas in^possible il :
peut que.
ce soir
:
—
est possible
Il
se
//
qu'il
que quelques personnes... aient senti à la
lecture d'ouvrages de ce genre, s'éveiller en elles
qu'alors inconnus (g. saxd, Lélia, préf.
9)';
—
il
une
un
tristesse et
effroi jus-
est impossible qu'il lui échSL^pe
un peu vives (curel, Nouv. Id.. i. 4). Suivant robservation faite ailleurs, on peut rejeter lidée de j)ossibilité ^dans une coordonnée // viendra, c'est bien possible. Comme on le voit par les exemples ])récéd('nts. dans la subordonnée qui trouve // est possible, il n'est pas impossible, il se peut... on dépend de des expressions
:
:
X,
aujourd'hui faire
Il
:
le
subjonctif. L'indicatif était autrefois
se peut faire qu'il est déjà
faire que celui qui
m'a conté
exactement (rac.
Lett. à l'Aut. des
roit fort bien faire
que
On trouve même
je
celle
aventure,
et
commun
I.rtt..
qui y
étoit
xxx)
a\ ec ;
—
se
il
Il
peut
se peut
présent n'a pas retenu
Jmag.). Cf. avec l'éventuel
:
Il
se pour-
vous irois voir mercredi matin (Id., Lett., cl).
avec
l'indicatif
toujours du dessous avec
venu (malh..
elle ?
(mol.,
est-il
possible
G. Dand.,
:
11.
Est-il possible (/uc j'aurai 8)
;
Est-il possible que
vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins, et que vous vouliez être malade en dépit des gens et de la nature (Id., Mal. Imag.,
m,
3) (3).
Je crois qu'elle est entrée dans ce Palais ; mais dans quel appartement sera-ce ? mort si je ne la trouve (palaprat. Muet, ir, 4). L'auteur était de Toulouse, c'est chez gasconisme. (1)
(2) H. L.,
On
le
trouve en
a.
f.
:
Monseigneur, vous poriés bien avoir
tort (Froiss., Cliron..
i\
,
le suis lui
56,
un
L
;
472).
I,
il se peut très bien que nous ayons affaire à une locution (3» L'interprétation iei est douteuse toute faite et que la subordination ne soit qu'apparente. On entend aujourd'hui des phrases Cependant on remarquera le subjonctif de la coninic « Est-il Dieu possible que c'est nous ? seconde proposition dépendante. ;
<-
:
LES PRÉSOMPTIONS. LES POSSIBILITÉS Qui sait
si
suivi d'un verbe nie
marque
aussi
accepter, qu'on ne conteste pas absolument, qui est l'indicatif
:
533
que l'on peut possible. Le mode est
un
fait
Qui sait si tout cela ne l'a pas fait descendre plus le tomhecm ? (mvss., Conf., 4^ part., eh. iv).
vite,
plus cruel-
lement, dans
""^apposer dans vous avez le
verbe
fini vos
se
le
sens de penser est suivi de. l'indicatif
Quand on
préparatifs.
met au subjonctif
:
Je suppose que
Je suppose que ces deux angles soient égaux. éventuelle, le verbe se mettait au sub-
Quand
la
jonctif
du conditionnel en langue
chose énoncée était
:
parle vraiment d'une hypothèse,
classique.
posez vous-même, vous qui vous reprochez
On
a imité cette syntaxe
comme un
autre dix minutes de loisir, vous qui ne vivez que pour elle que vous vissiez rouler au bras de quelque infâme, (aug.. Lion, pauv., Ile
:
Sup-
au bien-être d'une et par elle, supposez
vol fait
ii, 5).
n'est plus d'usage.
Les adverbes de possibilité peuvent être suivis d'une proposition introduite par que peut-être qu'elle n'y pensait pas (flaub., Bov., 218) Que diable avait-il fait ? Peut-être qu'il s'était promené aux environs ! (Id., Un cœur simple. 26j. :
—
;
CHAPITRE V LES APPARENCES
—
La langue a une forme ])our contester un fait et le Les inslructions que Jésus est censé avoir données à ses disciples respirent la même exaltation (ren., Jés., xix) Ça sera censé tes petites économies (a. daud., Jack, 357) (1).
Les l'éputations.
rapporter à
la fois
;
—
;
On comparera
//
:
Les apparences. raître,
a la réputation de.
—
Il
y a
lieu de
mais de
:
là (mol.,
comme
se présenter à l'esprit
Mar.
passe pour.
remarquer d'abord que
na
bien que formé de paraître,
il
pas
vrai
le
—
:
sens de Il
:
le
verbe appa-
avoir l'apparence,
m'apparaît que vous êtes
forcé, 2) (2).
Les nuances peuvent être assez diverses. Ou bien l'apiiarcnce correspond vraiment à une réalité H me semble que votre amie a raison. Ou bien, ce n'est qu'une fausse apparence Je soufjr^ tellement qu'W me semble que j'ai reçu un coup de massue sur la tête. Ces différences ne se traduisent pas toujours dans le choix des modes, comme on le voit par 'exemple. :
:
,
Il
—
semble.
Bouhours a déclaré que
e sul).ionctif (Suit..
413)
;
de
la
même Andry
locution
il
semble gouvernait
de Boisregard veut qu'on dise
:
semble que tout soit fait pour me nuire {Réft., 651). Mais le père Bouliours lui-même n'observe pas strictement celle règle et les écrivains classiques usent tantôt de l'indicatif, tantôt du subjonctif, Il
;
selon que l'idée qu'ils veulent exprimer est plus ou moins douteuse (h. III,
569).
Dans notre langue moderne, on trouve
deux modes, sans
les
l.,
cjue les
nuances de sens semblent toujours correspondre à ces différences Il semble qu'au prix de quelques inconvénients on obtient au moins cet avcmtage (s^^ beuve, Port, cont., i. 143-144) Et. du fond de la chambre, il :
;
semble,
dans
f/i /e.s
entendant, qu'on voit passer
l'air léger (R.
rolland,
—
les belles
ondes sonores qui coulent
J. Christ., l'Aube) (3).
Voici au contraire le subjonctif Il semble qu'il y ait dans le Languedoc une furie infernale amenée autrefois par les inquisiteurs à la suite de Simon :
(1) Cf. à la Caractérisalion
:
son prétendit cousin, un soi-di.tanl professeur.
lui l'indicatif. Il en était dp même autredu verbe apparoir, qui a cessé d'être employé à la fin du XVII" s., et dont le larigag<^ des Iribunaux n'a garde:' que l'infinitif et la forme il apport : De ce qui précMe, Il appert Qxe
Par
suite, le
r accusé a
commis
(2)
verbe appa/rtftre entraîne' apris
fois
le
crime.
Elle (votre pensée) se mêle aux (3) Se défier des cxomples où entre c'est, formule toute faite personnages ; 11 sembl* que c'est vous qui palpitez sous leurs costumes (plaub,, B»v., 91). :
.î
LES APPARENCES de Montfort.
et
que depuis
temps,
ce
mars 1765)
(VOLT.. Let. à Damilaville, l^r
qu'on
ce
de légères épreuves (muss., Conf.,
Ralph
deviné
ait
;
le
iii*^
—
D'abord,
comme
en présence l'un de l'autre SOit
dit
535
secoue quelque/ois son /lambeau
elle
p., ch. vi)
présent qui pouvait nrétre
semble que
il
—
;
Il
semble que
tout
comme
des essais timides,
ce
bon
plus précieux (g. sand.
le
Ind.. 55).
— Avec
semble. beaucoup plus nant à son compte Il aie
été
]
^ \
V
semble, //
il
nous semble, l'indicatif a toujours
semble,
comme
celui qui parle pre-
si
une certitude. Les exemples de l'indicatif sont communs Il me semble que je ne me suis pas lavé depuis dix Mais, Monsieur... il me semble cms (a. daud.. Cent.. Monol. à bord) que ma conduite a toujours été... (lab., P. aux yeux. i. 3). Voici le subjonctif bien qu'il ne se soit pas confessé à nous, il nous semble que nous saisissions le rapport (s'<^ becve. Port. cont.. i, 47) (1). ce qu'il avance, en faisait :
;
I
I
me
il
usité cju'avec
—
:
Il
— On
semblerait.
encore la vraisemblance, en niellant
affaiblit
(7
scmô/e au conditionnel, et cependant l'indicatif se -conserve dans la subor-
donnée
plusieurs mois après son instcdlationau Petit-Bourbon, ilsemhleïoit
:
que bien des gens n'étoient guère plus frappés de son mérite (despoix. Th. s.
Louis XIV.
On
DIRAIT QUE.
on diroit que ces lieux
On
:
— Le
XVII"^
diroit que
s.
le ciel,
employait surtout
d'un déluge nouvecai (boil., Sat.. vi, 73) Que ce démon brouillon dont
braver, et
me
/'aille
le
subjonctif derrière
qui se fond tout en eau. Veuille inonder ;
j'en suis persuadé,
me
fr.
20).
— On
il
est
diroit, et
pour moi
possédé. Se plaise à
conduire Partout où sa présence
est
capable de nuire
(MOL.. Et., 1693).
La langue moderne emploie plutôt vous avez Capr..
fait.
se. 3):
—
On
dirait
^u'il
le
gouvernement est
rien à faire (aug., G. de Cf.
cependant
:
C'est
C'est d'une vérité..., d'une fraîcheur
d'un peintre (lab., P. aux yeux, pays-ci
l'indicatif
:
On
le
M.
un vrai héritage que monde (musset,
n'y a qu'une bourse au
i,
5)
;
—
•
On
dirait,
!...
On
mo
parole, que dans ce
dirait que c'est
passe-temps ncdurel des gens qui n'ont plus
Poir.,
i,
4).
dirait qu'en topographie,
comme en
histoire,
un dessein
du grcmd fondcdeur (rkn., Jés.. ch. viii). AppaIl arrive que sur l'adverbe apparemment on construit une phrase remment qu'il trouve moyen d'être en même temps à Paris et à la cam-
profond
ait
voulu cacher
les traces
:
pagne (muss..
Sec. de Jav.. iv).
(1) Au début du XVII' s., ce subjonctif n'était pas rare inonde que pour vous importuner {.Secr. de lu Cour. 1S).
:
Il
me
semble que
je
ne sois
neij (Ui
CHAPITRE VI LES DOUTES. LES INVRAISEMBLANCES
A
partir
du point où
l'on quitte l'assurance, puis la probabilité, l'on en
vient à douter, à considérer la chose énoncée
semblable.
Une
ce sont d'abord des phrases impersonnelles il
est
comme
improbable ou invrai-
foule d'expressions correspondent à cet état de la pensée
où entrent
douteux, peu probable... qu'il fasse beau
;
:
(1).
Ce sont ensuite des verbes et_des^locutions verbales à
les divers adjectifs
:
do ute,
je
j'jii
peine
croire, je suis en doute. Il
aux précédents
faut assimiler
testable, je conteste que... ces cuirs
Le mode du verbe.
les cas
tannés
où
il
y a contestation:
si vite valent les
// est
con-
anciens.
—
On a dit longtemps que le subjonctif est le mode y a beaucoup à rabattre de cette affirmation, pour les raisons générales que nous avons données. I/adaptation ici non plus n'a pas été parfaite. Mais il est certain qu'un doute planant sur une idée amène jsouvent la substitution du subjonctif à l'indicatif. rtluiP-iLte.
Il
—
Quand le verljc exprimant le doute est employé sous une Le ne mooal. forme affirmative, on ne met plus aujourd'hui la négation ne devant le verbe de la subordonnée Je doute qu'il réussisse jamais à me convaincre ; VOUS doutez qu'il en soit ainsi, et vous avez raison. Mais au contraire, il est encore de règle d'écrire comme les classicjues elle je ne doute point que l'hymen ne vous plaise (mol.. E. des /.. 616)
—
:
:
;
ne doute point que
Nous avons
ici
la
Reine ne
eût donnés (la roghef.,
les lui
un des cas
les
II, 12).
plus remarquables de l'influence méca-
nique d'une négation, car ne pas douter que implique une certitude,
dant
le
subjonctif se conserve et
—
ne est présent
le
et
cepen-
(2).
Le mode que la logique appellerait, savoir l'indicatif sans ne, se rencontre, Vous ne pouvez donc douter que c'est Dieu qui vous ij a mis (maint., Lett. II, 13i. l)e même après // n'est pas douteu.v que. Il n'a i)u s'imposer partout.
Doutes sur les éventualités. tuelle, les classiques
employaient
bien croire que je ne luy rabatis rien fait voir qu'il
(1) Cf. (2)
il
est rare,
On trouve
ne l'aime
?
me
— Quand
le
; et
je
ne doute pas que
connoissoit (bussy-rab..
Mém..
sans exemple... qu'une bêle aussi /ine que
le
aussi ne après une principale interrogative Alex., 82).
(Hac,
chose énoncée était éven-
la
subjonctif du conditionnel
:
i.
250)
le ;
:
On
peut
drosle ne m'eust
—
Je ne doute
renard se soit pris « ce
Doutez-vous, en
effet,
piè<je.
qu' A.riane
LES DOUTES. LES IX VRALSEMBLAXCES pas mému.
si je
me
fusse mis en colère, que je ne lui eusse apprêté à rire à
dépens (lesage, P.
En
conditionnel.
le
Ne
cloutant pas que
servanlt accepterait une proposition qui était pour
(MAUPAss.. Hist. d'une
de ferme,
fille
question sur
—
le doute, Poser une d'une chose énoncée, c'est la placer dans l'in-
la réalisation
Crois-tu que dans son cœur
l'objet des phrases interrogatives.
mort
ait juré sa
il
quun homme
Comprends-tu bien
lendemain, sa
ù fait inespérée
m).
D'où l'usage du subjonctif dans
certain.
te
elle tout
d'une question qui introduit
Influence
mes
chois., 41).
m., on trouve
f.
537
soit
mon
(rac. Andr.. 1040)
?
mari,
et
;
—
ne vienne pas chez moi?
(VIGNY. Quitte p. tapeur, se. i). Il suffit qu'une phrase ail la valeur d'une question, sans en avoir la forme. pour qu'on voie apparaître le subjonctif: Oui. j'ai tort de juger les frères par le mien. Mais vous êtes bien sûr que ce soit l'écriture? (aug.. Av..
Mais
m,
moins impéralive
dire,
(1).
?>)
concerne
la règle qui
phrases interrogatives a toujours été, à vrai
les
et générale
que
celle
des phrases négatives. Les
théoriciens de l'école classique avaient déjà pris la
pensée
Croyez-vous
]
interrogation, lieu, le
«
futur
le
marque qu'on marque
subjonctif au contraire
(and. de
b. rec...
est
compte de Dans une telle
parti de tenir fasse ?
le
persuadé que
la
chose n'aura pas
l'incertitude où l'on est à cet égard»
Racine écrivait
143).
Réfl.,
le
ou qu'il
qu'il le fera...
:
Cro'rai-je qu'un mortel.
avcmt sa dernière heure. Peut pénétrer de smorts la profonde demeure 389)
:
—
et
Boileau
:
?
(Phéd.,
Crois-tU que. toujours ferme au bord du précipice. Elle
pourra marcher sans que Il
est
le pied lui glisse ? (Scd., x, 153) (2). bien visible d'abord qu'il faut écarter les cas où l'interrogation n'est
qu'un tour oratoire qu'on emploie pour affirmer ou nier avec plus d'énergie, ou en tous cas qui laisse subsister entièrement la réalité de la chose énoncée :
Madame, oubîiez-vous Que Et sur quoi jugez-vous que Ensuite,
il
est clair
j'en perds la
On
pourrait dire
père, et qu'il est votre
mémoire
?
époux?
:
si
—
{iwc. Phèd., 463).
que, dans certains cas, l'on doit pouvoir choisir
VOUS bien sûr que deux caractères 23).
mon
Thésée est
:
Êtes-
dissemblables s'accorderont? (dur., Uniss..
soient de nature à s'accorder. D'autre part,
dans ces
D'où vient qu'elle bondisse (ta force) et hurle avec les flots ? (Po. ant.. Vis. de Brahma), on pourrait changer bondisse en bondit. Mais ailleurs le sens impose tantôt un mode, tantôt l'autre. L'indicatif vers de Leconte de Liste
:
ne pourrait pas être remplacé timents je n'ai fait
Ad., 78)
;
si
— Parce que vous
des droits sur
Comment se fait-il qu'avec ces senmon malheur et celui des autres ? (b. gonst.. frère de mon père, est-ce à dire que vous avez dans
:
longtemps que êtes
moi?(\. karr.
reuse de vivre seule en garçon
?
—
Cfoyez-vous que (tinayre, M. Péch.: xviii, 222).
Tilleuls, 35) ;
je suis
(1) Si le fait est éventuel, on a le subjonctif éventuel: Croyez-VOHS que vous fissiez mal vous-même une fois chez lui (rac, L'^tl., ex). n'est-ce point un songe que je vois ? (La font., Fabl., (2) Cf. avec des conjonctives Seigneur, qu'a donc ce bruil qui vous doit étonner (rac, Ipli.. 180, éd. 1676).
—
:
heu-
d'aller
x, 9)
;
538
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATJOXS PSYCHOLOGIQUES
—
Le mode dans l'interrogation indirecte.
Dans rinlerrogation
nous avons parlé au chapitre de L'Objet, il n'y a point de mode généralement obligatoire. L'indicatif était usuel avec si en a. f. Je demande si vous consentez. Est-ce là un fait de forme dû il l'est resté à l'usage de sj ? (cf. Je doute s'il acceptera). Si voeilliés... On trouve avec comme, comment, le subjonctif en a. f. Regarder comment.... Mon très amoureus esperit... Soit aucunement consilliés (froiss., Mêliador, 9, 10). Toutefois l'influence du latin paraît être pour beaucoup dans cette syntaxe. Le f. m. dit avec l'indicatif Voyez ce indirecte, dont
;
:
:
:
—
demandai
veux m'informer comment il s'y prendra. Si la cliose énoncée est problématique, on atténue en remplaçant l'indicatif jjar le conditionnel Informe-toi si Laugier ne serait pas par hasard parent du Laugier médecin (fi.aub.. Corr., que vous voulez faire
:
je
quelles intentions
il
avait, je
:
3e sér., 27).
Quand
la cliose
énoncée
est éventuelle, oji se sert
subjonctif du conditionnel
d'apparence qu'il
ij
:
Pour
du conditionnel, non du combien il ij a plus j'ai recherché si ce Dieu
moi... considcrcmt
a caitre chose que ce que je vois,
n'aurait point laissé quelque marque de soi (pasc, Pens., xi,
f [
8).
y a certains exemples de subjonctif qui ne s'expliquent que ])ar une // n'est ni règle mécanique, qu'on trouve du reste dans divers manuels (a. dumas, l'un, ni l'autre (ni fort, ni faible), mais qu'importe ce qu'il soit TuL. 11) Saviez-vous que Treilhard. mon juge d'instruction, fût devenu II
:
!
;
—
complètement gâteux? (flaub., Corr..
1^"
sér..
260).
Influence d'une principale hypothétique. de ce c|ue
])r()])osilion
la
priiu-ipalc
(U'])end
— ,Un
doute peut naître on a
d'une hypothétique
:
une tendance à mettre le vcrbx au subjonctif. Celte tendance est ancienne Qui creroit, dist-elle. Abraham, se il disoit que Sctrre allaistast ûnénjemi quelle lui auroit enfanté en sa vieillesse (Men. de P.. i, 82). Cependant Malherbe a repris ce vers de Desportes si c'est le ciel qui te fasse avancer {Œuv., iv, 258; il s'agit d'un fait). Les grammairiens classiques n'ont pas imposé le sul)jonclif. et il faut alors
:
:
consulter
le sens.
traire, voici
dans trait
le
doute
doré
Malgré
te
On
dira
deux vers où :
O Nymphe
suivre
et te
Si
:
le !
vous décidez
qu'il faut
//
aller, j'irai.
subjonctif s'impose, puisque s'il est
toucher (lec.
vrai qu'Éros,
de
le
le
Au
con-
personnage est
jeune Archer Ait SU d'un
lisee. Po. ant., Gloaucé. iv).
ne s'expliquent que par une iniluencè dans cette phrase de Chateaubriand S'il est nécessaire aux hommes, comme l'ont cru tous les philo-
cela, certains sul)jonctifs
purement formelle,
ainsi
vrai que la religion soit
:
sophes, par quel culte veut-on remplacer celui de nos pères ? {Génie,
L'auteur est à cent lieues de contester
aucun doute, mais une affirmation. forme .s'/7 est vrai.
la nécessité
Soit a
i.
de la religion.
néanmoins
ch. iv). Il
n'y a
été entraîné ]iar la
SFXTIOX
IV
:
LES SENTIMENTS
CHAPITRE PREMIER LA PART A FAIRE
AU SENTIMENT (\)
une division nécessaire, mais
C'est
sentiments des jugements
et
très artificielle,
que
celle qui
sépare
les
des volontés. Le sentiment entre dans une
foule de jugements, et inversement le sentiment n'exclut nullement le juge-
ment. Ainsi nous trouvons une chose naturelle. Proprement cela signifie que nous la jugeons conforme à la nature. Il peut n'y avoir là qu'un jugement scientifique et objectif, d'où toute passion est absente, par exemple, quand des médecins, après autopsie, concluent à la mort naturelle. Dans d'autres cas, au contraire, l'assentiment intellectuel que nous don-
nons à un acte peut être accompagné d'une sympathie plus ou moins vive pour cet acte. Nous le jugeons encore, mais nous le sentons aussi, témoin cette phrase Il est naturel que nos populations du Nord aient été exaspérées par les dévastations inutiles des Allemands. Quand Chateaubriand dit Il :
:
est naturel que le
{Gén.,
ch.
I.
i),
il
la raison.
D'où
:
toi,
cruauté
Ton triomphe
!
que l'athéisme suive
donné
l'
hérésie
l'auteur, de voir là
même mode
qui vois la honte où
Vénus, suis-je assez confondue
cable
le
et
qu'après
les
une
verbes
(2).
Qu'on écoute Phèdre
elle
à l'incrédulité
n'est guère possible, étant
simple constatation de de sentiment
mène
schisme
rapporte des
faits,
Tu ne
?
est parfait, tous tes traits
mais avec une
La moindre phrase met en
je suis
descendue. Impla-
scnirois plus loin pousser ta
ont porté
Évidemment,
!
tristesse accablée.
jeu notre sensibilité. Questions, réponses,
demandes, énonciations de toutes sortes prennent tout à coup un
ordres,
caractère sentimental, depuis les vers lyriques ou les tirades de tragédie
jusqu'à une modeste réflexion
Or
le
comme
:
c'était
un brave homme
langage reflète cet état de choses. De sorte
!
qu'il faudrait se
garder choses
de croire qu'une démarcation rigoureuse puisse s'établir entre
les
senties et les choses pensées. Les chiffres font réfléchir, dit-on.
font aussi
Ils
battre les cœurs.
Le résultat, comme on peut le penser, ce sont des mélanges et des croisements de syntaxe. Attendre, par exemple, est sur une frontière, l'n adjec(1) V.
(
H.
date de ce c'est
BALLY, Précis de
stylistique, 127.
On peut dire que
l'étude
du style
livre.
C'était si simple qu'elle me parlât de la sorte (bourg.. Corn., 43) que cette erreur n'ait pas duré (a. cap., Ange, i, 6).
(2) Cf.
:
affectif français
—
L'important
540
LES FAITS PAR RAPPORT A NOS OPÉRATIONS PS YCHOLOGIQUES
tif. lin
adverbe, un complément vont donner leur physionomie aux attentes.
Elles deviennent impatientes et anxieuses, ou elles espèrent et désirent
simple
?
Calcul ou souhait
Le langage
bien
On
et
sûres.
pure
l'attente
n'est pas plus le résultat d'analyses psychologiques
parmi
les
et
?
d'analyses logiques. D'où bien des surprises. Ainsi classe pas
tranquilles
ou bien redoutent. Mais où classer
verbes de sentiment, mais parmi
cjue
verbe sentir ne
le
les
se
vexbes de pensée.
ça'il le faut, que cet enfant est T^erdix. Les verbes sont à Comprendre, s'e.vpliquer. au contraire, entraînent le subjonctif des verbes de sentiment Je comprends qu'il tienne à ce souvenir ; je dil
:
Je sens
l'indicalif.
—
:
m'explique qu'il
soit le
premier de sa
classe.
taines matières, se pèse, s'exannne, se juge.
taxe d'un verbe de sentiment
vaut qu'on
s'ij
:
//
Le mérite, au moins en cerOr le verbe mériter a la syn-
mérite qu'on prenne sa défense
—
;
L'analogie a
fait
son œuvre de confusion. Ainsi les expressions imper-
sonnelles ont presque toutes la syntaxe des verbes de sentiment, alors
que
In jK-nsée
n'exprime cju'un jugement, tout déraison;
bon, convenable, difficile
cela
rende.
que des
difficile,
même
avantageux, // est juste, etc.. se font_ suivre du^subjonctif
artistes fassent
il
est
:
une œuvre en
commun
;
—
//
est juste
que h
produit du travail appartienne pour la plus grande partie au travailleur.
CHAPITRE
II
MOYENS D'EXPRESSION DU SENTIMENT Les modalités sentimentales ne s'expriment, à vrai linguistique qui leur soit
propre,
dire,
(1)
moyen
par aucun
j'entends qu'elles n'ont point de formes
mode de l'amour ou de la haine. Il convient qu'on use plus particulièrement, pour les traduire, de procédés qui conviennent peu, et dont quelques-uns ne conviennent pas du tout à l'expression de la pensée objective et impassible. verbales.
Il
n'y a pas de
pourtant d'observer
ici
—
Le ton.
L'émotion transforme l'intonation des moindres énonQu'on songe à ce que, dans certaines circonstances, devient un c'est lui ! c'est un garçon ! Il chante ! Merci peut être un cri de reconnaissance ou un refus dédaigneux. Une impression ressort même d'indications relatives aux circonstances, lorsqu'on y met de son cœur C'était, il m'en souvient, par une nuit d'automne. La nature, humanisée et cela est commun dans noire littérature moderne, devient sensible et s'attendrit. Le ton anime, donne sa valeur à l'expression ou la contrarie, en la rendant ironique. Donner à propos ce ton juste avec ses intensités, ses assourdisse10
ciations.
—
:
—
—
ments, l'allongement, l'élévation des sjdlabes et des mots, mettre ce qu'on appelle l'accent, accent de rhétorique et de déclamation, s'arrêter, ralentir, accélérer, faire ressortir,
au contraire insinuer
ou dissimuler, savoir
ici
trompeter
l'emploi raisonné constitue l'art de la diction expressive, n'est après tout faire de la
20
que d'imiter
la
—
nature en toute sincérité
imposer, ou
et
nombre dont
et insuffler, bref, jouer des moj^ens sans
art
—
dont c'est
l'idéal
encore
syntaxe.
Le choix des mots.
— Le sentiment détermine très souvent
le
choix
des mots, qui, à eux seuls, dégagent une impression d'admiration, ou au contraire de dédain, de désapprobation, etc..
— une observation, un avertissement et de la bibine.
Nous en parlons
et
De
là
un tablecm ou une croûte
une scène, une algarade
:
—
;//î
;
nectar
ailleurs (2).
—
Le sentiment substitue constamment des cris aux phrases. Certains, indifférents comme tiens (3) oh! Diable! allons! Ciel ! Mon Dieu ! sont colorés par le ton. 30
Les exclamations.
:
.'
BALLY, o. c, 159 et s. Voir au 1. xiil, ch. 3. Tenez, regardez-le, son mari (a. c\p., Ange, i, 4), trahit une pitié dédaigneuse. Dans Il a sujet de F être, je t'assure.... Tiens, ne perdons Tu demandais s'il avait Vair préoccupé ?... pas de temps (curel, .Voue. Id., i, 1), tiens marque la résolution. Il y aurait de très curieux enregistrements à prendre de ah ! dit sur divers modes. (1) V. CH.
(2)
(3)
—
:
LES FAITS PAR RAPPORT A NOS OPERATIONS PS YCHOLOGIQUES
542
D'autres sont caractéristiques d'impressions données affront ! horreur ! toutes les bouches Criaient (v. h., Chat., Exp.)- Nous en donnerons des spé:
cimens dans chacun des chapitres qui suivent. Il est à noter que ces cris sont souvent des phrases stéréotypées
:
Voyez-
— Parlez-moi de ça — J'en vu bien d'autres 40 Phrases exclamatives. — Les phrases tout entières deviennent des
vous ça
ai
!
!
!
exclamations, soit sans changer de forme // aimait son fils, soit en prenant les constructions spéciales des exclamatives êtes
chcmgé
—
!
Que
France
ta
Au
belle.
était
(barb.. Icunbcs). Cf. Pauvre Philippe
!
une
fille
grand
:
Comme
soleil de
!
vous
Messidor
!
comme le jour !... Que Ah quelle tranquillité
belle
! de journées j'ai passées, moi, assis sous les arbres quel horizon à Ca/aggiuulo .'... Comme elle chassait !
venaient marcher sur son linge étendu sur le gazon guerres Épopées soldats de l'an deux ! 9).
—
vainqueur
ce
:
î
î
!
!
les
chèvres
qui
(miss.. Lorenz.. ix. (v.
Chat..
11..
A
l'ob.
pass.).
50
Exclamations à forme interrogative. -— Les exclamations peuvent
affecter la t'ornie interrogative: // en a de la chance, ce gars-là
En
a-t-il de la chance, ce gars-là
Est-il
beau mon Jacques
!
— En
son
nom
:
A
devient
:
!
!
sont stéréotypées, elles sont devenues des
l^ariui ces questions, certaines
formules
!
ai- je tué, des lièvres, à cet endroit-là
quoi bon? Que voulez-vous? Est-ce bête gne
je
ne retrouve pas
!
—
i" Modifications à l'ordre des mots. Malheureusement je ne l'ai pas aperçu ! Cf. naturellement il a parlé Ceci est rare du reste.
L'ordre des mots change //
:
a parlé naturellement, et
!
Un
adverbe, ainsi mis en tête, peut devenir
la l)ase île la
—
phrase
:
Heu-
Heureusement que mon salon est reusement qu'// m'e.'f venu en aide ! fait ! (lab., p. aux yeux, i, 4). Nous avons vu au Sujet, à L'Objet, etc., conunent on met en lumière tel ou tel élément de phrase. Or c'est là un besoin du langage affectif plus encore que du langage logique. Dans le vers de la romance: C'est là que je voudrais vivre,\'idée du lieu domine la pensée, parce qu'elle entraîne le désir. voilà trois jours qu'il n'est })as revenu (v. )i.. Ruy-Blas. u. 2). Cf. Mais lui !
70
Changements dans
la structure
des phrases.
—
Le sentiment
détruit l'ordonnance logique et régulière des phrases. Elles s'accourcissent, se tronquent, se réduisent en fragments où ne restent plus queles
—
mots des-
—
Puisque Pas de chcmce ? Encore une revue ! moi, dans un lit d'auberge à mon heure je vous le dis ! Cf. Moi, un banni Quand je pense que j'ai failli parler ! dernière ! (muss., Loren.. m, 3) Une merveille, mon cher (maupass., Si elle a une fille (Id., Ib.. IV. 5) tinés à faire impression
:
!
;
Yvette. 1)
;
—
;
—
Si tu savais
—
î
!
cent fois. Cent fois, depuis six mois que ton
MOYENS D'EXPRESSION DU SENTIMENT regard m'évite...
— Mitis non.
je
ne dois pas dire eela
543
R.-Blas,
si l'ite (v. h.,
III, 3).
On notera en particulier la substitution du nom verbal, l'infinitif, à une Mais doucement détruire forme personnelle Être venu jusque-là et reculer une femme ! et creuser sous ses pieds une trappe ! et contre elle abuser, Qui sait ? de son humeur peut-être hasardeuse Prendre ce pauvre oiseau dans quelque glu hideuse ! (v. h., R.-Blas, i. 2) Assister à la messe encore une !
:
—
.'
;
dernière fois, quoique morte
sauvent
;
être là sous
le
;
—
entendre ces paroles consolantes, ces chants qui
drap mortuaire, au milieu de l'assemblée des
famille qu'elle avait tant aimée, tout entendre sans être vue...
encore une
fois... quelle joie
!
ftdèles,
communier
Elle lui fut accordée {n^y:.,Souv. Enf., 55-56).
semble dans beaucoup de cas qu'on présente l'action sans la rattacher à ridée de quelqu'un qui la fait, et comme pour la considérer en elle-même, sauf à marquer par le ton cl par le contexte les sentiments qu'elle Il
inspire
:
Elle, pleurer
c'est affreux... (a.
!... elle,
dtmas.
Autres moyens.
—
Il
mon Dieu
souffrir,
m.
Antonij,
! ...
elle,
faudrait ajouter plusieurs des
diait autrefois la rhétorique, telle
que
ma
vie.
mon
âme...
3).
la réj^étition
:
«
figures
qu'étu-
»
Le conspirateur, l'agent
de l'étranger, c'est ce bègue éloquent... Le conspirateur, l'agent de l'étranger, c'est
le
père Duchesne... Les conspirateurs, les agents de l'étranger, ce sont
tous ces sans-culottes en bonnet rouge... Le conspirateur, l'agent de l'étranger,
frange. Les Dieux ont soif, 288-289). Le sentiment pousse à chaque instant à prendre la forme ironique. D'où les exclamations, les conseils, etc., en apparence les plus inattendus Moque-toi de Judith, raconte-moi un peu ce qui se passe... dans la lune ! voilà une jolie fête qui se prépare, je moi maintenant (bixq. Corb.. i, 1) c'est Anacharsis Cloots (a.
:
;
—
—
•
VOUS remercie bien de me retenir (Id., Ib.. i, 6). « Ah I Les phrases deviennent entrecoupées, haletantes, désordonnées grand saint Père, ce qu'il y a ! Il y a que votre mule... Mon Dieu ! qu'cdlonsnous devenir ?... Il y a que votre mule est montée dans le clocheton... » (.\. daud.. :
Lett.,
Mule du pape).
Mais tout cela
est affaire
de style plus que de syntaxe.
m
CHAPITRE
L'ATTENTE ET L'ESPOIR
—
L'attente. on
est
on brûle, on il
Les verbes et
en suspens, dans grille,
l'attente,
les locutions
dans
verbales sont
on
l'expectative,
On
:
guette,
s'attend,
on compte que,
on se morfond, on languit, on s'impcdiente. on patiente,
vous tarde que. Il
s'en faut
d'un objet. lui
manda
que tous
En langue
ces verbes puissent entrer
dans une principale suivie
classique, l'action-objet restait à l'indicatif
doit qu'il effectueroit ce qu'il avait
au futur dans le passé). Aujourd'hui le subjonctif
promis (la roch.,
ii,
303
;
:
le duc...
on atten-
que. les conditions qu'il avoit désirées étant accomplies,
cffectueroit
est
on s'attend à
ce qu'il soit élu
esl obligatoire
au premier
tour.
:
J'attends que vous veniez
Même
si
;
—
l'attente a été réalisée,
on garde le subjonctif Elle attendait qu'on eût attelé. D'où la construction d'en o/^enrfan^ le but... et l'utilité de cette méthode... était de tenir les savants des divers pays au courant des écrits nouveaux... en attendant qu'/7i- pussent .se procurer l'ouvrage même (s^^ beuve. Lundis, :
.•
VII, 309).
Avec comp/er. l'indicatif
est
préparer votre appartement, comptant (DU.Ai.,
L'Étr.,
Quand
III,
resté d'usage (/ur
du subjonctif
.Je
vous cwais fait ici
1).
l'attente iniph'quc un seiilinu-nl
langue classique do
:
vous descendriez tout droit
:
nwurs.
yV brûle, je
d'inipalience. on se servait en
me
il
tarde que,
qu on
faisait suivre
J'ai bien de l'impatience d'apprendre que vous fassiez votre
:
voyage heureusement (maint.. partie (rac, Iph.. fi73)
;
—
Lett., Il
me
i,
S7)
;
—
Vous brûlez que
je
ne sois
tarde déjà que vous ne /'occupiez (Id.,
Théh.. 1107). est usuel aujourd'liui
Il
c(i)cii(ianl
d'onijjloyer là i'inliuilif
on trouve encore une conjonclionnclle
:
:
je
Je brûle de
le
meurs d'envie
voir; qu'il
vienne.
On comparera ce
fai accomexprimé à l'indicatif le snng enivre le soldat jusqu'à ce que ce grand prince... calma les courages émus (boss., Condé) Amphitryon m' ayant su disposer. Jusqu'à ce que tu vins j'avois poussé ma veille (mol.. Amphit., 1117). Aujourd'hui encore
pli,
qui se passe avec jusqu'à ce que. S'agit-il d'un
dont on peut constater
;
la réalité,
il
est
l
:
—
:
ils se
Au
sont battus, jusqu'à ce que deux agents les ont séparés. contraire,
quand
•on voit reparaître le
il
s'agit
d'une chose encore à venir, donc incertaine, .Je resterai, jusqu'à ce qu'il revienne ;
subjonctif:
—
L'ATTENTE ET L'ESPOIR
545
Emporte-le, garde-le jusqu'à ce que tu apprennes que je suis mort (lam.,
Raph., 20). Il
faut observer que
logique
:
j'ai attendu
le
subjonctif se généralise de plus en plus, malgré la
jusqu'à ce que
je fusse bien sûr de
mon
expérience.
Quand on tient absolument à marquer la réalité du fait, on' emploie jusqu'au moment où avec l'indicatif jusqu'au moment où j'ai été bien sûr. 1° Il s'exprime par divers ver])es L'espoir. On espère, on compte, on :
—
se flatte,
on
se
:
promet, on rêve, on nourrit l'espoir, on se berce de l'illusion que.
L'indicatif est toujours possible dans la proposition-objet
Le médecin nous comptons bien qu'on en viendra à bout : // vit dans l 'espoir qu'on arrivera à une entente. Cependant on trouve fréquemment le sul)jonctif en langue moderne. C'est d'abord pour une raison logique, quand il y a incertitude Puisqu'on
espère qu'il
le
guérira
;
—
:
—
:
cherche des preuves,
Nouv.
Id..
I.
1).
il
besoin que... Le
un caprice, une marotte, on
mode
Et l'âme de
:
Autour du
l'
une calomnie
D'où
la
On
le désir.
?
(curel,
désire,
est désireux, avide,
à l'objet est le subjonctif affectif
vos projets soient bientôt une réalité (1).
subjonctif
ce soit
D'autre pari, l'espoir voisine avec
envie, on ambitionne, on a soif,
donc un espoir que
reste
:
on
on a
Je désire que
construction à'espérer avec
Amante, Anxieuse, espérant qu'il vienne,
vole encor
sceptre noir (héréd., Troph., Régilla).
2° L'espoir s'exprime aussi dans des phrases décomposées
—
:
Tu ne
te
fatigues
(begque, Corb., i, 1); Au moins joue le même rôle que // ne t'a pas insultée, au moins ! les verbes 30 L'espoir s'exprime fort souvent par un fragment hypothéticjue au l'empire !... Si je l'avais! mode du possible Si cela pouvait arriver
pas
trop, j'espère? :
:
(V. H.,
(1)
Hem.,
IV. 2).
Voir sect. v, ch. vu, Les Souhaits
!
—
CHAPITRE IV L'INQUIÉTUDE, LA CRAINTE
On
i
on appréhende, on redoute, on a peur, on tremble. Derrière ces noms exprimant la peur,le subjonctif s'est aujourd'hui généà craindre, j'ai bien peur qu'il ne soit trop tard: je tremble
craint,
verbes, ou les ralisé
Il
:
est
une rechute ;
qu'elle n'ait
—
—
peur qu'un lui enlevât son enfant l'empêchait
la
de rien dire. est fort ancien, héréditaire
Il
XII. 60) ce
que
je
;
— Grant peor
me doute que
Lctt. à Peirsc..
(kac,
Let. à
lwus
lxxv)
M.
;
même
mal ne
ai
ne
et lui
:
malt criem que ne t'en perde (A/.,
vos facent (chrest., Er., 2848)
me
—
Yitart,
diminuer
veuilliez
j'ai eu peur que xxxvi).
—
;
pour
douleur (malh..
cette
m'en voulussiez mal
vous... ne
Toutefois, après les verbes de crainte, on employait aussi, en
a. f.. à
côté
du subjonctif, l'indicatif. Le souhait qu'une chose ne soit pas disparaissait alors devant la pure idée qu'elle serait ou ne serait pas. Cet indicatif ancien se retrouve encore chez les premiers auteurs du XVII^ s.,MalIierbe, Balzac. ^'oiture, et
même
plus tard chez Fénclon (h.
m.
l..
570)
peur que la bonté du dedans ne respondra pas à la beauté du Vous le traitez fort mal. Lett. à Conrart, 5 août 1652) ;
craintes
m,
8
que
:
Que Lisipe au
—
et j'ai
de justes
Rem.
2).
On
le
retrouve dans
les
constructions telles
Je tremble à l'idée qu'il m'a. entendu.
Ni:.
— En ce qui concerne
grammairiens de l'ont exigé.
On
la fin
du
vous qu'un
la
présence de ne.
X\'I1"î
s.,
Thomas
il
(coi'«n..
Romain vous écoute
Nie
(Id.. Ib.,
187)
:
Andry, l'Académie
manque
156)
— Seigneur,
;
;
—
fût trop foible (sÉv.. Lett.. cmliv). Aujourd'hui,
régulièrement
aj^u du llottement. Les
y
Corneille.
pourrait citer une foule d'exemples où ne
crains qu'elle échappe...
je
dehors (balz.,
retour vous en fera des plaintes (quinaii t. L'am. ind.,
voir L.. Craindre
;
grand
j'ay
:
//
cherche à se venger
ci
je
il
:
Mais
crains pour
craindrais que celui-là se
coups d'épingle,
rencontre et je
ce ne soit vous qui pagiez les frais de la guerre (Arc... C. de
ÎMême syntaxe après de peur que. Corneille
je
presque
crains bien que
.1/.
Pair., ni. 5).
hésitait encore (2).
mais
les
Les exclamations sont très nombreuses. Ce sont des appels: Ciel! Dieu ! ma mère .'des Oh ! Gare ! - Avant 1660, (2) De peur qu'il en reçût quelque impoWiiniVé (corn., Gai. du Pdl., .'?;».">). Corneille avait écrit: De peur qu'il n'en reçût. Cf. Mais on tremble toujours de criinte qu'on les 166;{ Mais Avant on tremble toujours de peur S. du Ment.. 7681. qu'on ne les renii. rende (Id., De peur que vous manquassiez (i le Corneille a donc corrigé son texte ])our y effacer ne. Cf. Thomas Corneille lui-même se dispeiiï-ail encore du suinre (Hoss., l'rof. Epiphanie 1660. 2« p. ne Va fermer après lui de peur qu'on nous écoute (Am. à !i m xle. m. 4i. (1) cris :
:
:
:
».
:
L INQUIÉTUDE, LA CRAIXTE grammairiens ont
fini
par imposer ne
:
La
547
Maheiide... coupa tout droit...
—
de peur que la Levaque ne l'appelât (zola, Germ., 109) les délégués commencèrent à paraître, et il dut le recevoir, car il désirait veiller caix entrées, ;
de peur que la Compagnie n'envoyât ses mouchards habituels (Id.. Ib., 274).
On
que,
sait
supprimé
Quand
:
quand
la proposition principale est négative,
Je ne crains pas
elle est
ne doit être
qu'il pleuve.
interrogative, on peut mettre ne ou s'en
passer:
Crai-
gnez-vous qu'il ne pleuve ? Craignez-vous que je vous abandonne ? Les phrases décomposées ne donnent lieu à aucune remarque particulière Il
en souffrira beaucoup, je
le crains,
j'en ai peur.
:
CHAPITRE V
L'ÉTOXXEMENT Le nombre des expressions
On On On
s'étonne
est
immense
:
;
confondu, ahuri, interloqué, estomaqué, stupéfait.
est saisi, surpris,
déclare qu'il est unique, curieux, inattendu, singulier, extraordinaire,
miraculeux, extravagant, incroyable, trop
La principale qull ne'soit pas
pas prévenu Ois.,
(1)
:
est
—
là
;
fort.
donc personnelle ou impersonnelle
—
il
Je suis surpris
:
est étrange, surprenant, bizarre, qu'il ne
C'est bien drôle, qu'elle ne
me
dise pas
le
tin
XVI
du
I«^
s'étonner, suivi
s.,
de que, et
signification étaient fort bien construits avec
une chose estrange
qu'ïlz ont voulu
un
comprendre
les
étonné que, deux jours après,
(mol., Éc. des
/.,
Préf.)
(sÉv., Lett., CLViii).
un archaïsme
je
:
nullement
;
il
:
C'est
principes des choses
les
(rac,
seroit /or/ surpris... que je ne lui ai parlé de rien
même
verbes de
indicatif à l'objet
de là arriver jusqu'à connoistre tout (pascal, Pens., éd. Molin..
brisa
ait
12).
II,
lojusqu'àla
fus
nous
(lab., Pel.
.'...
me montra
i,
29)
Lett.. cxliii)
toute
:
;
et
— — je il
l'affaire exécutée
— Je fus étonnée que Gourville l'envoya quérir
hii r
Michelet a encore imité cette syntaxe. Mais c'est
là
ne puis m'empêcher d'admirer que l'extrême misère ne
ce
peuple
(Rév..
déjà ses fautes à ce sujet, et admet que Seule, la langue populaire
\,
le
316).
Le
P.
Bouhours
reconnaît
subjonctif est obligatoire (Su/7., 414).
moderne garde avec
A
soin les nuances.
l'aide
Je suis épaté de ce qu'// est encore en vie ; Cf. je suis épaté qu'// se soye tiré d'ià. On rencontre ce de .Je ne m'estonne pas de ce que vos grands ce que dès l'époque classique de son de
ce que, elle i)eut
introduire l'indicatif
:
:
Ouvriers font tomber des Perles liquides de ses doigts (petit, Dial.
Pourquoi ne
[)rofilerait-on pas
de cette ressource précieuse
20 Fort souvent. la phrase est décomposée. Des
verbe de surprise
le
pris la
;
—
main
à
mon
:
Vous avez accepté
grand étonnement, à
ma
sat., 56).
?
compléments remplacent
ces conditions-là. j'en suis sur-
profonde surprise,
il
est
revenu,
tendue.
8° On relate le fait qui surprend, en faisant précéder la phrase d'un Mais c'est très Mais, qui, placé devant renonciation, indique la surprise bien ! Mais // y a de quoi devenir fou (2). Mais // est mort ! :
:
—
—
Oh ! Bah ! Diable ! Peste ! Eh bien ? Eh bien quoi ? Hein ! Ouais ! ComMiracle ! Par exemple ! Est-il Dieu po.^sible ? soudaineté sp traduit par voilà-l-il pus, ne voilà-l-il pas que. Elle implique souvent que cet événement inattendu a surpris. (1)
ment
Exclamations
?
(2) I.a
:
L'ETONNEMENT 40
En
La
voilà
surprise rfes
faire venir Corl^..
50
I.
amène
la
un
forme exclamative
— Si médecin. — Un
préparatifs!
tes
549 :
éioiirdissements
médecin
!
tu
Quelle métamorphose te
reprenaient,
veux donc
it
ma mort?
!
—
faudrait
(becq.,
1).
On prend
A-t-on idée
la
d'çà
forme interrogative. D'où des formules Est-il possible ? Est-il possible que ce soit ou que c'est votre fils, ce :
?
—
grand garçon-là. 60 j'ai
On
réduit l'expression à des fragments de phrase
diné avec lui hier soir
!
— Dire que
—
Et dire que depuis vingt ans qu'il
un
si
honnête honvnc
.'
je lui ai parlé est
ici
le
il
:
Quand
je
pense que
y a un quart d'heure
!
juge de pai.r passait pour
CHAPITRE
VI
L'ACCEPTATION. L'APPROBATION
(1)
L'acceptation peut porter sur des faits à venir, ou sur des faits présents.
On comprend, on
s'explique, on conçoit, on accorde, on consent, on
donne son
assentiment.
l^I^nîode.de_llactjjon;olij( retard
;
—
je
e^i
t
consens qu'une femme
L'acceptation n'est souvent
le
sul.joiictif
:
y ait nn F. Sav., 218).
je conçois... (ynil
ait des clartés de tout (mol.,
que résignée. Cette résignation peut être une appa-
un' sentiment réel, mais elle peut aussi n'être qu'une attitude,
rence, une forme de discussion.
On
accepte, sauf à reprendre. C'est la con-
système^ concessifs. Le verbe J'admets qu'il est de bonne foi, puisque vous en êtes sûr ; j'admets qu'il soit de bonne foi ; et après ? 2» Les phrases impersonnelles sont souvent abrégées. Autant vaut devient:
Nous en reparlerons en étudiant admettre marque bien les deux nuances
les
cession.
Autant que nous nous séparions caire, laissez-moi ! fichtre ! Autant :
(flaib.. Bov.,
—
:
non. htisse:-nwi
s'établir épicier,
On
reprenait l'apothi-
parole d'honneur
!
27-1).
Pour exprimerrap])ro])alion.o/! approuve, on agrément
.'
ma
loue,
on blâme, on donne son
(2).
déclare qu'il
est
bon. juste, convenable, heureux, naturel, qu'il est bien,
que...
Longtemi^s, derrière les verbes de cette signification, on mit l'indicatif. Je loue Dieu Les exemples sont encore nombreux à l'époque classique que votre beau jugement awuclSLiT au travers de ces nuées (malu., Lett., lxvi) Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion N'admirez-vous pas couroient à leur vengeance (corx., HéracL, 18.'Î7); :
;
—
—
que Dieu
m'a
Ôté cet
amusement
?
(sÉv., 41.3, L.).
(n Exclamations Soit ! Eh bien, soil ! Eh bien, lant pis ! Marche!Tope ! Entendu ! Acconie Je veux bien. D'accord Va pour... I 1 Ça va ! Admettons ! Passe Bien / Bon ! A lu bonne heure ! Suffit ! Bravo ! Peste ! Fichtre ! Bigre (2) Exclamations :
Allons
!
:
Mâtin
!
Mazette
!
Mince
est d'origine italienne.
!
C'est çà
— La
!
mode
Les exclamations montent toute Superbe ! Quel talent ! Inouï !
!
!
Continue le faisait
la
gamme
A
!
la bonne heure 1 Touchei-là. Bravo ! Courage brava ! autrefois varier. On criait à imo femme de l'éloge. Elles détachent les mots les plus divers. .'
:
CHAPITRE
VII
LA S ATI SF ACTION
On
on
se réjouit que.
est aise,
A)
joyeux, content, ravi, enchanté que la paix
soit revenue.
Dans
10
mun a
\
XYI^s..
ces phrases, jusqu'au
(h. l.,
II,
446
;
570)
III.
Nouu.,
fait ce plaisir (C.
iii^ n..
i.
—
:
exlrêmement com-
joyeux que
monseiqneur nous
21).
La syntaxe ^tuelle exige toujours
enfant soit rétabli
l'indicatif était
je suis bien
:
le
subjonctif
je'suis ravi, bien aise, c'est
Je
:
me
réjouis qiu' votre
heureux que
cette idée
vous
plaise.
Mais
la
langue courante n'a garde de s'enfermer dans les limites do cette Je me elle use largement de son de ce que
syntaxe. C'est un des cas où
:
va mieux. - Avec j'aime, le subjonctif est également de régie j'aime que les clwses Mais avec j'aime à voir, il semble soient à Imtr p^laefi (zol\, Rêve, 112). que la présence de l'infinitif voir interrompe la construction j'aime à voir réjouis de ce que ce bon petit
:
—
:
que vous allez mieux, que vous êtes plus calme. Les classiques, suivant le J'aime à voir que du nioins vous sens, mettaient volontiers le subjonctif :
nœud
vous rendiez justice. Et que voulant bien ronipre un
Vous
si solennel.
vous abandonniez au crime en criminel (rac, Andr., 1310). 20
On décompose
les
phrases
:
vous
ayons
ce
temps-là
deux bonnes mille (1
)
Exclamations
sont vulgaires.
:
!
—
Heureusement que
livres de rente (lab.,
Ah
!
me
Oh
!
Quelle chance
croyez, j'en suis fort aise.
communes:
30 Les phrases exclamatives sont
!
la
P. aux yeux, Bien
!
Quelle chance que nous
Providence nous a donné vingt-
Ilarvah
1,
2).
!
Tant mieux
!
Veine
!
Chic
!
CHAPITRE
VIII
L'INDIFFÉRENCE, LE DÉDAIN, LE REFUS
On
dédaigne, on méprise, on
moque
se
de.
Il
est rare
qu'on
est
(1)
au-dessus de çà, on ne se soucie pas (2), on
de subordon-
se serve derrière ces expressions
nées introduites par que, on dit dédaigner de faire. Cf. cependant
moque
La langue
avait autrefois des impersonnels
il
:
égal
ici
—
;
m'est
Il
:
m'importe que son opinion
j)eu
me
dirions plus avec Montesquieu
:
chaut pas. Aujour-
dit aussi
ou non.
soit favorable
ne lui importait quelles
//
m'est indif-
il
:
ou ne vienne pas
qu'elle vienne
indifférent
me
ne
On
d'hui, elle use surtout de peu importe, n'importe. férent,
je
:
ou non content.
qu'il soit
INIais
se fixer
nous ne
mœurs eussent
ici un très m'en moque, je n'en ai cure, ou à qu'est-ce que ça me fait ? Le refus plus ou moins indigné (3) se traduit par: je refuse, je me refuse, je ne veux pas, je n'accepte pas, etc. On fait suivre ces verbes du subjonctif Je me refuse à ce qu'on se serve de mon nom pour une telle campagne. L'idée
ces peuples (Espr., x,
grand
rôle,
de
Les phrases (léconijjosées jouent
11. L.).
je
:
:
mode
étant négative, l'emploi de ce
est justifié déjà,
aucun sentiment. L'indignation qui se mêle à un refus a pour
même
d'une
s'agit
s'il
décision où n'entre
de rendre
effet
elliptiques tout particulièrement abondantes. Ce sont
1»
Des
infinitifs
l'avoir vue
!
— Mon
avec noms
nominaux sujets:
ou
augmenter
père...
ses locataires
2° Des conjonctionnelles précédées d'un que
à de pareilles conditions 3°
Des éventuelles
Les formules
Cf.
:
.'
.I/o;'
(laiî..
Moi, que
partir
1\ Ois., je
i,
.s(//î.s
1 ).
me soumette
!
Et je
me
chargerois de
Je voudrais bien voir çà
:
:
!
phrases
les
:
le !
défendre
—
? (r.\c.,
Pbéd., 1213).
Je voudrois bien
le
—
voir
Ah ! vraiment que vous fussiez amoureux de moi (moi.., G. Dand., i. (i) ah ! écouter monsieur ! il ne manquerait plus que cela! (ai(... a. de M. ;
Poir.,
(I
)
I,
A).
l£.\clamations
.Je
:
(2)
On remarquera
courante équivaut à (3) riers
Exclamations
— dont on a
{Cens
mal
! X'imporle ! ça ne fait rien I ça ne vaut pas la peine, le coup I Le peuple m'en fiche Je m'en bats l'œil. Cela m'indiffère e.st un néologisme usuel,
Bon
:
ou pire encore. mais barbare. dit
:
:
;
sens de Je ne me soucie pas de ravoir à je n'ai pus envie. C'est un vrai contresens.
le
.Jamais
:
!
Pliilôl
!
mourir
!
Il
chonje. qui,
—
dans
la
langue
certains sont très orduy a d'autres mois Ils doivent être réservés aux héros ou aux y a seulement trente ans.
un usage épique. paraissait aussi fort libre, il
fait à l'occasion
élevés. Zut
ma
L'INDIFFÉRENCE. LE DÉDAIN, LE REFUS 5«
Des fragments de systèmes hypothétiques
:
Ah
!
ben
553 !
s'il
fallait
embrasser tous ceux qui sont de Rambouillet ! (lab., Chap. de p. d'il. a, 1). Rapprocher le tour avec comme si : Comme si cette promesse pouvait
me
mon devoir ! On donne une acceptation
faire oublier
60
ironique: C'est ça,
pour vous (lab.. Jeun hom. pressé,
I.
1 1.
je vais la faire habiller
CHAPITRE IX LE DÉPIT, L'ENXUI, LE CHAGRIX. LE REGRET
]o
Pour traduire
l
ces sentiments, qui vont de la contrariété au désespoir,
suivant la cause qui les produit et suivant dispose d'un vocabulaire énorme
Je
:
la sensibilité
du
souffre, je m'afflige,
sujet, la
me
langue
désole, je suis
ennuyé, chagriné, navré...
Xous avons perdu quelques impersonnels: pèse.
Mais
ils
//
ne sont morts qu'en apparence.
sujets: Cela m'ennuie
;
m'ennuie,
On
les
il
me
fâche,
il
me
retrouve avec d'autres
me fâche... D'autre part, les constructions impernoms fournissent une extrême variété il m'est
ça
sonnelles d'adjectifs et de
:
un chagrin pour moi, que
dur, douloureux, pénible, c'est
ce projet de
mariage
ait échoué.
Xous avons rapporter
le
dit
comment
sentiment à
la
l'addition d'un objet secondaire permet
personne qui l'éprouve
:
de
Ce mVs/ un chagrin.
Quand
il y a regret, on regrette, on déplore, on pleure, on se mord les doigts on déclare qu'il est dommage, fâcheux. Le mode est le sul)jonctif C'est dommage que son tableau n'ait pas été fini pour le Salon. Jusqu'à l'époque classique, on considérait volontiers l'objet du regret comme un fait, d'où l'indicatif l'ambassadeur d'Espagne... à tout propos regrettoit que tout cela ne se faisoit en la présence du prince d'Espagne (^rALH., Lett., cLxxxi) C'est moi qui suis marri que pour cet hijménée Je ne puis révoquer la parole donnée (corn., Suiv., 1505, var.). Après la première moitié duXVIIl^ s., l'indicatif devijit plus rare La Flamma se plaint au XI V^ s... que la frugale simplicité a fait place au luxe (voTT., Ess. s. mœurs, lxxxi). Mais Le Brun jette les hauts criS que Palissot... ait fait des couplets contre lui (niDKR., Nev. de Ram., 98). La lanaue populaire a ici encore la faculté d'user de son de ce que. Comparez Il sr plaint qu'on l'ait offensé et // sr plaint de ce qu'on l'a offensé
ç/ze;
:
:
;
—
:
—
:
:
:
(2).
On emploie
20 tu
ne
te
sois
des e\claniati\ es
pas trouvé
là
!
(3)
—
Quel dommage, quel malheur, r/c, que Et dire que nciuhmf que nous sommes Ict :
(1 ExclamaUons Dommage ! Allons, l'on ! Quel tonireicmji.s ! J.os a été remplacé par Iwlus depuis l'époque classique. La douleur physique a ses cris Aïe (anc. iinpér. du verbe (lider). Aïe de mon pied (a. Daud., Tari. Alp., .'344), Ouïe ! Oh ! Rrr ! C'est là que les jurons joueni grand rôle .Sapristi, Saperlolle, ele... Les écrivains romantiques ont usé el abusé des grands cris éAocateurs Malheur Enfer et
—
:
)
:
:
:
damnation
.'
!
On
voit quelquefois apparaître un ne analogique: Je... ne me puis imaginer qu'autre chose vous ait empêché de m'écrire que le regret de ne me donner quelque mauiiaise nouvelle (malh., (2)
I-ett., (.3)
ex XV II). V. Tom... Vrrm. Beitr.,
m,
132.
LE DÉPIT,
L-
ENNUI LE CHAGRIN, LE REGRET
parqués comme un bétaiL.. tous ces beaux d'or...
fils
de la
Commune
555
ccharpes
ci
tous ces lâches qui nous poussaient en avant, sont bien tranquilles dans
des cafés, dans des théâtres... tout près de France (a. daud., Cont., Monol. à
Bord). 3°
On emploie
—
des interrogations exclamatives
dommage
quoi ne? Est-ce
Pourquoi n'en
,4/? /
maman
!
a-t-il
:
Est-ce
dommage
?
Pour-
que nous ne nous soyons pas rencontrés plus
pas toujours été
que n'y suis-je venue seule!
ainsi? (dum., l'Étr., (a.
m,
1)
frange, Les Dieux ont
tôt ;
!
—
soif.
256). 10
On emploie
des phrases tronquées qui sont de
même
ordre que celles
qui expriment l'espoir; mais tandis que celles-là sont des fragments d'hypothétiques au possible, celles-ci appartiennent à l'avais su
î
Elles
duit par encore
:
sont extrêmement
Encore
si
j'avais tué
l'irréel
:
Si
seulement je
communes. Souvent, on un
les intro-
lièvre! (balz., L. Lanibert, 196).
CHAPITRE X LA COLÈRE, LE DÉGOÛT, LA HONTE
il]
Les moyens d'expression sont les mêmes que dans le regret. On rage, on on est en colère, en fureur, irrité, révolté ; cela vous indispose, vous exaspère... que. se fait de la bile,
•>
Le mode de l'objet-action
signé sans
me
est le subjonctif
:
Je suis furieux
^a'il ait
consulter.
Pour marquer
le
dégoût, la honte
(2),
on
se sert de
:
J'ai
honte,
il
est
répugnant : C'est dégoûtant qu'une femme dans ces conditions ait une pension de veuve. Nous verrons à la Caractérisation qu'on force souvent l'expi'ession. honi&iix. c'est dégoûtant, ignoble,
-
—
L'aclion-ohjet est au subjonctif on trouvait autrefois l'indicatif ce m'est une honte sensible qu'à mes yeux.... il a recherché une autre que moi :
;
(mol., Princ. d'Él., v,
En somme,
2).
le sul)jonctif s'est imposé au verbe qui exprime l'objet-action après les verbes de sentiment. Et il ne faut pas voir là un fait de l'autorité ou une extension mécanique. Il semble que de plus en plus, par une sorte d'unification, quand la phrase se construit en subordination. l'oi)jet qui exprime en fait la cause et l'origine du senti-
ment
comijie partout,
s'ineori)ore
de façon plus intime à l'ensemble. La construction de-
vient de plus en plus synthétique, pendant que, grâce aux phrases décomposées,
on peut
isoler
d'une pari
le tait,
de l'aulre
le
sentiment
qu'il
produit et qu'on en éprouve. (1) Les exclamations diverses abondenL classiques et modernes: Coquin! Carogne ! Canaille ! Salaud ! Il faut se garder de donner aux mots qui les expriment un sens précis. De même pour les imprécations. Anciennement mar ! à la mulbeure ! lu peste Vélouffe ! mal le puisse advenir ! Le diable SOit de toi de m'uooir éucillé trop tôt ! (Muss., Une nuit, de D. Juan) ; La peste soitrfe rcndnrniie ! (Id.. Cliand., i. 1). Aujourd"luii Le diable t'emporte ! C'est trop fort ! Va te faire fiche ! (2) Exclamations Fi ! pouah ! Oh ! :
—
:
:
—
SEC nON V
LES \'OLONTÉS
:
CHAPITRE PREMIER LA VOLONTÉ. MOYENS D'EXPRESSION DE LA VOLONTÉ
Généralités. clairement
la
—
n'y a peut-être pas de chapitre où apparaisse plus
Jl
disproi^orlion entre les nioj-ens dont dispose la langue et la
variété des actes de l'esprit. Les uns sont des
commandements, les autres des demandes, les antres des souhaits. Et dans chacune de ces catégories extrême. Une revendication est si loin d'une prière Or, verra par la suite, des moyens identiques d'expression linguistique servent dans les cas lesj)lus différents.
la diversité est
comme
or
!
le
donne leur valeur. Un gendarme qui vous invite à le une dame qui vous invite à dîner n'ont pas les mêmes intonations. Nous n'en examinerons pas moins séparément, commandements, propositions, demandes et souhaits. Mais, pour abréger, nous nous l)ornerons à donner un exemple chaque fois que nous rencontrerons avec une valeur nouvelle, une forme déjà étudiée. Des renvois permettront de se reporter au passage où il en a été question. C'est le ton qui leur
suivre, et
Commandements les
jugements,
comme
de style indirect et de style direct. les
sentiments,
les
—
C^omme
volontés se traduisent en phrases,
où la modalité est dans une principale C'est elle qui renferme alors le verbe exprimant l'idée de vouloir. Ainsi j'exige que tu so//.".s j'entends que tu t'observes davantage (becque, Corb., i, 3). INIais. à la différence de ce qui se passe pour le .sentiment. Ja vt)!onté se traduit en ordres par une forme verbale spéciale l'ijupéralif Sors, allez-y. Il y a donc un commandement de style indirect et un commandement de style direct. Il ne faudrait pas croire du reste que ces moyens d'exjiression s'excluent ]"un l'autre. La vieille langue combinait très J)ien le style direct et l'inlirect Por Dieu te pri, qi en la crois fu mis. Que en l'estor hui ;
:
:
—
:
:
seul ne
me
guerpis (r.
n'y avait pas
de camb..
je te prie.
En
2652). Guerpis est un imi:>ératif. comme s'il langue moderne cette combinaison a disparu.
CHAPITRE LES
COMMANDEMENTS DE STYLE INDIRECT
Les verbes dans
commandement
le
dite je veux, on exige, :
urgence, convenance
:
en main.
—
indirect.
A
côté
pro-
('es
verbe exprime une volonté proprement
positions personnelles, dont le
cette affaire
II
faut ranger des impersonnelles exprimant nécessité,
il
est nécessaire, urgent,
Il
En examinant
les
il
temps que
est
prennes
tu
phrases construites avec
faut,
il
on
aperçoit la relation entre les deux catégories.
La série des verbes aux verlies de volonté (hf.hv.. Cours.
//..
La forme de on
milés, soit
un
Autorisez que
je fréquente
—
l'objet.
il
l^errière les verbes de volonté et leurs assiyV'
:
payé.
De même encore c[uand
ment du premier verbe
En
il
même que
l'auteur de l'action-objeL est le :
je
l'action-objet doit être subie par le sujet
être
veux,
faut que tu acceptes,
faut partir (1).
sa volonté, on se sert toujours de l'infinitif si
souvent votre maison
5).
place soit une con.jonctionnelle
infinitif,
Quand
r,
signifiant /^erme//r^. pnîpêc/îéT, est aussi assimilabU:
:
yc
sujet qui exprime
le
veux partir.
Il
en est de
du verbe principal
même
je
:
veux
l'auteur de l'action-objet est complé-
VOUS prie de
sortir, je
VOUS défends d'y
aller.
cas contraire, on se sert de la conjonctionnelle introduite par que
Je veux qu'on
soit sincère, et
qu'en
homme
—
d'honneur.
On ne
:
lâche aucun
.Approchez-vous Néron,et prenez mot qui ne parte du cœur (mol., Mis., '^')) votre place. On veut .sur vos soupçons que je vous satisfasse (rac, ^rt7.,1115). Je lui L'ancienne langue usait plus volontiers de la conjonctionnelle ai dit qu'il y allât ; Je vous dis que vous m'alliez quérir une soucoupe (MOL., Escarb., 2). L'infinitif gagne peu à peu du terrain. Cependant on ;
:
—
emploie encore indifféremment
/(•
Le
mode dans
ne
veux pas
l'objet, qu'elle
des verbes qui ont apparaît,
le
Dites-lui de venir, dites-lui qu'il vienne.
:
— Le mode emplo\''é_^ l'objet
me
ctoié^ scT'dupe
un double
sens,
comme
(m.\ixt.,
est le subjonctif
Lett.,
i,
93).
:
Avec
que la volonté Comparez Je veux
vouloir, sitôt
subjonctif prend la place de l'indicatif.
:
bien qu'il est déjà âgé (où je veux bien signifie: y> reconnais), et je veux bien
que cela
SOit essayé (j'y consens)
Ici
;
—
convient besogne à porter.
le
principal
est qu'il
gardera
le
secret
.
ij-:s
un
(c'est '
C()Mma\i)I':mi:\ts de
on a
fait,
l'iiulicalif)
:
le
stylh ixnnificr
principal
garde
qu'il
esl
559 If
secret (c'est
l'objet de la volonté, on a le subjonctil) (1).
Mais c'est là un état de clioses tout moderne. Les verbes vouloir, exiger, commander, etc., ont longtemps régi l'indicatif dans la subordonnée avec que, ce n'est que depuis le XYT^ s. qu'ils sont régulièrement suivis du subjonctif (h.
l., ii.
446-7).
Au XYII^ s., Maupas et Oudin déclarent mode (Ib., ni. 570-571). Malgré
faut les construire toujours avec ce les
auteurs employaient encore souvent
Vous avez ordonné que
le
futur ou
futur dans
:
Ordonnons
Les verl)es qui expriment une idée contraire disparu. le
:
les actes officiels; c'est
même
siège de
dition... le
:
empêcher, défendre, inter-
longtemps avec l'indicatif cet usage n'avait au XVIF s. (h. l.. ii. 447 et m, 571): Cela a empêché
Meurs ne
s'est
garde que jamais
B. Sénèq.)
un
qu'il sera fait rapport à la Cour.
dire, se sont aussi construits
que
cela,
passé
les
verbes mander, ordonner, siipuler. mais dans
archa'isme administratif
pa
le
Maîtres de vô're École suivroient votre Méthode Gram.. Épitre). L'indicatif se rencontre encore aujourd'hui après
(iRSON. les
le
qu'il
;
pas encore il
fait
(malh..
Lett.. vi)
ne peut choir que sur ses pieds
;
—
cette
(id..
con-
Tr. des
(2).
aux cas de subordination apparente. Le malheur permit sont de vraies formules, après lesquelles la proposition qui vient a le sens d'une phrase indépendante. Aussi trouve-t-on souvent Il
faut prêter attention
veut, le Ciel
l'indicatif après ces locutions
Fabl.,
19)
I,
;
—
:
Le
Ciel
permit qu'un saule
et la fait retarder par sa présence (j. Dieu a permis que Madcune la Dauphine...
colère (sÉv., Lett.,
n'est qu'apparente
s'est
—
transportée d'une
telle
même aujourd'hui: Le malheur veut ça n'empêche pas qu'il y va etc.. La subordination Le malheur veut comme le Ciel permit ne sont plus des
cmlxxxviii). De
qu'il y est tous les fours :
principales véritables
:
(3).
commandements
négatifs.
aujourd'hui suivis d'infinitifs sans ne
—
font..
au point de l'exéde schel.. Tyr et S., Argum.);
cution,
Ne dans les
se trouva (la
la fortune... permit que Belcar... survient
:
—
Défendre, empêcher sont
Défense d'entrer
;
—
je
vous interdis
on pense bien que la négation ne avait une tendance à s'introduire là, puisque l'idée était que la chose défendue ne se produisît pas. Les grammairiens du XVIL- s. ne surent que prescrire, et l'usage resta indécis (h. l.,iii, 624-5): Je ne puis comprendre ce qui empêche que je n'aie des lettres comme j'ai accoutumé (sÉv., Lett., GLXXVi) la pluie presque continuelle empêche qu'on ne se prod'y aller
;
empêche-la de
;
sortir. Toutefois,
—
(1) Cf. Minna au premier mot rm'.iil arrôlée, refusant auec une délicatesse affectueuse... Qu'elle conservât sa dot ! Hélas. elh> en aurait besoin (p. et v. m vas., Feni. nouo., 26). D'abord une volonté, puis une pensée. (2)
Mais
Gepandant, on trouve déjà le subjonctif avec les mêmes verbes dans le même auteur qui /n'empêchera qu'en dépit des fahnur, Avecque le penser mon âme ne la voie (Poés., cxrii,
:
27). (3)
Voir
p. 31
LES FAITS
ôtiO
mène
l'Ali
RAPPORT A NOS OPÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES
(n\c., Ldl., clvi^
avec leurs enfants,
et
— voilà
;
empêcher
l'adresse dont elle se sert
qu'elles s'en
pour unir
mères
les
détachent (boss., Compass., 1658,
l^ep.).
Avecprendre garde, qui
une des locutions
eut
méritent attention. Théoriquement
Avec que
10
les plus usitées, les
et le subjonctif, le verJje signifie avoir soin que telle chose
Prenez garde, mon fils, que vous entendiez tout emploi est aujourd'hui archaïque.
soit
:
ce
2^ Avec que et ne, l'expression signifie avoir soin que On m'a enchargé de prendre garde que personne ne me I,
2)
;
nuances
:
— Prends garde que jamais
l'astre
que vous
faites.
ne
la chose
soit
Cet
pas
:
Dand.,
vît (mol.. G.
qui nous éclaire Ne te voie en ces
un pied téméraire (rac, Phèd., 1061). y>^ Avec un infinitif, sans ne, il signifie s'efforcer de tomber (le iH;u])le dit de ne pas tomber). \*> Avec ne pas, le sens est avoir soin de ne pas
lieux mettre
t'enfler pas (boss.. Ilist.. n,
11
d'évilrr
:
:
Prends garde
Prends garde de ne
1. L.).
y a dans toutes ces règles qui concerneiil ne
Ainsi, alors qu'empêcher est nié, la volonté n'est
lu-aiicou]) d'arbitraire.
i)iiis
négali\e; ne devrait
\ous n'empêcherez pas que ma gloire // offensée N'e/J punisse aussitôt la coupable pensée (rac, Mithr..~:>-'>\ marche, dort, mange et boit tout comme les autres ; mais cela n'empêche pas qu'il ne soit fort malade (mol., Mal. Im., n, 2). Il est visible ([ue là ne n'était jjoint logi([ue, nuiis analogic|ue. On est du
Néanmoins, on
disparaître.
le
trouve
:
:
reste aujourd'hui libre de
reli-ancher.
le
-
Décomposition de ces phrases.
Naturellemenl,
les
phrases de
Nolonté. coinnie loulcs les analogui-s. |)euvent être décomposées feras, je le
qu'il parte
veux :
Je
Fais
;
le
le,
il
le
faut
veux, je l'ordonne
dans Rome ou drms
ma
à l'heure où l'on
traîne
le
cour
de la chaîne... Je le veux
!
—
!
— Pour
;
;
ri
que la
(ww... Prit..
Aux
cheveux,
(v. u., Chût.,
:
Tu
le
la dernière fois, qu'il s'éloigne, fin
.'K)8);
—
du jour Ne l'rcincc
!
le
rdroiwc pas
être sur ta claie
O ma mère ! Ht porter mon anneau Au niom. de renlr. en 1-".).
'îf'
CHAPITRE
COMMANDEMENTS DE STYLE DIRECT
LES
Notre volonlé
se trtKluil
de façons bien diverses.
—
Gris. Interjections. Exclamations.
1°
dans
des cris:
Voyons! holà
III
!
Hop
à faire taire
Parmi
J>es
!
ces cris,
chut! à hâter
:
y
il
:
:
servent à appeler: hé
ils
hop, Iiop
une foule de mots
a
Elle se résume d'abord un sens général Allons !
mis oui
antres un sens spécial. Ainsi
les
Tout beau
Halte
!
:
!
pst
!
Là
!
ainsi de suite.
!
Ferme
!
vite
Paix
!
!
!
Des mots ou des groupes de mots quelconques, jetés en cris, sur le ton du la \aleur d'un ordre. Ils sont sans tiombre
commandement, prennent Silence
!
En
arrière
:
Leste
!
—
!
rendrez poussifs (flaijb., Educ.,
i.
Doucement IG)
;
—
vous mais doucement Hors du trône, tyrans ! à !
!
— Allons — on vous éd. Nels.. 15); —
tombe, vampires ! (v. h., Lég., Evir., xvi) (p. et v. MAHG., Poum, ch. 10) La porte ;
;
AiCARD, Maurin des Maures, bien chaud
Pour
se
(id.,
!
//;..
!
(irisolas
ouste
!
!
dit
!
la
dehors
!
animal
du café
h-s
!
!
!
(.r.
du café
17).
rendre compl:e de leur importance,
il
suHit d'en examiner une
commandements militaires Par file à droite. Arme sur l'épaule. Demi-tour à gauche. A droite alignement. A ta baïonnette. Feu à volonté. En avant! De même à l'école, à l'atelier, au magasin, partout, série,
par exemple
les
:
l'ordre se traduit sous cette
forme brève.
—
Remarque. l'n nominal apparaît souvent auprès de ces mots ou groupes de mots, qui ne sont point des verbes, pour diriger l'ordre sur l'inSilence, VOUS autres! et ainsi on terpellé. Sur rf/,s-rfonc, toi, on construit :
:
personnalise.
20 L'impératif.
— L'a.
f.,
pour exprimer que
la
chose énoncée est l'objet
d'un ordre ou d'une demande, se sert essentiellement de l'impératif, sans
aucune distinction, suivant que
faire
tive
:
Ferez, Franceis
:
la proposition est positive
nuls de vus ne s'ublit
Cet emploi est intégralement conservé (muss.. And. del Sarto,
i,
1)
;
ou néga-
(Roi., 12.58).
Laisse-mo/ passer, ou
n'y pense donc plus
Formes de l'impératif.— On BRLXUT
:
!
je te tue
!
!
peut dire que l'impérat'f ne se distingue 36
LES FA I TS PAR RA PPORT A XOS OPÉRA TIOXS PS YCHOLO GIQ UKS
562
plus de l'indicatif que par l'absence de sujet exprimé
:
Venez! Sors!
(1).
L's,par laquelle on prétend distinguer tu manges de mange.n'a aucune signi-
On prononce
fication.
:
lu
mange{s) avec avidité
Les auxiliaires ont à l'impératif
tion.
les
comme mange :
avec précau-
formes du subjonctif
:
aie, ayez,
soyons, ce qui a son importance pour les impératifs composés
soyez rendus à la caserne pour 8 heures. Cf. sache, veuille. La première personne du singulier manque. Elle manquait en latin (en sois,
:
commandement suppose en effet au moins deux personnes une qui commande, une qui est commandée. Même alors qu'on se dit à soimême Meurs ou tue » on s'adresse pour ainsi dire à autrui, carie moi est dédoublé. On l'interpelle, comme si on avait alîaire à une autre personne. Il importe toutefois de ne pas oublier que l'on commande souvent à un groupe de personnes où on entre soi-même. Alors, en vertu des règles générales, c'est la personne du sujet parlant, la première,'^qui prévaut: iVIarchons î Qu'un sang impur abreuve nos sillons ! Il est à peine besoin d'ajouter que la 3e personne est empruntée au subgrec aussi). Le
'(
:
jonctif
donné
:
,
qu'il aille, qu'elle sorte, qu'elles sachent bien que je leur ai par-
:
(2).
!
Les autres personnes du subjonctif jK'Uvenl aussi constituer des ordres Et toi aussi... je te chasse ! Que je ne te voie plus !... Que je ne te revoie jamais (mirbeai'. Mauv. Berg.. m. 6). :
!
Commandements
30
ironique, on ordomic
vous
M.
fiez
pas)
Pair.,
sues
!
bandages 40
5)
1,
brûle la !
;
ironiques.
— Quelquefois, on
se sert
d'une iorme
de ce (ju'on veut: fiez-VOUS à lui
=
ne ( Prends son parti devant Toi non (aug.. G. de brise! lâche les sangAllons, va ! ne respecte rien ! casse guimauve ! marine des cornichons dans les Iwcau.r ! lacère les
—
;
le c<)ulr:iii-e
C'est cela
!
—
!
(fi.aub., Bov., 271).
Périphrase impérative.
—
On
se sert
pour détourner l'interpellé
d'un acte quelconque, non seulement de l'impératif, mais d'une périphrase formée de l'impératif du verbe cdler : N'allez pas vous imaginer ! Cette périphrase n'a pas du reste perdu toute valeur. Elle implique qu'on s'égarerait en faisant
la
chose
50 L'infinitif.
surtout
Cet
la
(3).
—
L'a.
défense négative
infinitif
m'as. Merci!
:
souxent
exprimait
f.
la
Sire cumpainz, amis, ne
avait quelquefois
un
sujet
Ha
:
Ne m'ocirre tu pas (chrest.,
!
défense par linlinilif, 1'
dire ja (Roi., 1113).
vassaux,
Er., 993).
jet
il,
conquis
Nous employons encore
(1) Cf. p. 260. (2) On connaît les petites chicanes orthographiques : Vs à ajouter à va ou à mange, et qui n'est pas celle de tu vas vas-y, manges-en. En fait, ce n'est pas là qu'est la difliculté ; mais comment remplacer mène moi-z-ij ? Xous en avons parlé p. 381. :
(3) est le
cette périphrase ailleurs Pourquoi aller dire à celle dame que Duprex El tu veux qu'un pareil personnage, (Lvb., P. aux yeux, i, 6) d'un ancien confiseur ? (//>., ii, 1 ).
Comparez l'emploi de professeur de ta
aille s'allier (inec le fils
fille ?
:
;
—
COMMANDEMENTS DE STYLE DIRECT
LES
pour marquer l'ordre
l'infinitif
rales. Elles
par
sont tantôt scolaires
raisonnement la
le
Expliquer
:
cette
formule des intérêts
pensée de Pascal... Établir
simples
tantôt culinaires
;
mettre dans une casserole un peu de beurre, laisser roussir. des prescriptions, des avertissements publics : Ralentir ;
—
cher au dehors.
563
et la défense, mais dans des formules géné-
—
— Ne pas
dans quelques proverbes
Elles entrent
Elles
:
forment se
pen-
Bien faire
et
on trouve aussi, pour exprimer un ordre.
le
:
laisser dire.
6°
Le futur.
—
•
futur de l'indicatif
ma
Dès :
l'a.
En
f..
dulce France, seignurs, vus en irez;
De meie
part
muillier saluez {Roi., 360). Ceci se rencontre surtout au sens prohibitif
avec mar
en ce cas, la formule peut
se traduire par vous auriez tort de : vous auriez tort de croire, n'allez pas croire, (i?o/., 196). Cet emploi est des plus fréquents dans la langue moderne on affirme qu'une action qui doit ou ne doit pas être accomplie par telle personne se réalisera (ou ne se réalisera pas), c'est implicitement dire que l'on veut que cette personne fasse ou ne fasse pas l'action. Le ton marque ici. comme souvent, la part de commandement ou d'attente renfermée dans le verbe. Souvent il serait difficile, sans lui, de distinguer la valeur temporelle et la valeur modale du futur Tes père et mère honoreras Dès que
Ja mar
:
creirez Marsilie
=
:
:
ta maîtresse serti rentrée, tu
rien écouter 1)
;
—
île, et
et
va, je
te
—
sans rien dire. prie, avec
;
monteras dans
deux de
ta
chambre,
et
tu
ij
—
resteras sans
J'obéirai, monseigneur (v. h., Angelo. n. tes
compagnons dans
publie partout. ..Tu. chanteras des cantiques
—
et
tous les villages de cette
des pscmmes.
et
tu
àirsiS,..
FRANCE, Ping., 85) Vous prendrez la voiture et vous porterez ma valise à la gare pour le train de 5 heures (a. cap., Hél. Ard., i, 1). Le futur de commandement est naturellement, dans bien des cas. le futur
(a.
;
prochain, qui renferme l'idée qu'on doit obéir sans retard
:
Tu vas me
faire
— vous courir rue Rambuieau. chez passementier (lab.. Chap. de — Tu vas me donner ma part (zola. Déb., 459) — Vous n'allez pas contrecarrer qui promis? (herv.. Cours 6); — Oh! monsieur. VOUS n'allez pas le
plaisir d'obéir, hein
allez
!
paille d'Ital.,
!
70
!
(p.
marg., Sur
Forme
souvent,
ii.
1)
;
v,
c'est est
le
le Ret.. 19).
interrogative.
comme on
ça,
ce
;
fl.,
battre
le
le
—
Vouloir,
employé interrogativement, est demande mais il
verra plus loin, une formule de
;
exprime fréquemment aussi un ordre catégorique, pressant même; ce n'est que par une sorte d'ironie que l'on sollicite le consentement de la personne à qui on commande, ou pour lui poser un dilemme: Veux-tu te taire, polisson ! (muss., Lorenz.,\, 5). Qu'est-ce que cette coiffure ?Veut-tU aller arranger tes
cheveux
? (a. cap..
Châtelaine,
i,
2).
CHAPITRE IV
REXFORCEMEXTS ET ATTÉNUATIONS
—
Renforcements. au style direct
On
10
répète
le
Pour
insister sur
un ordre, au style indirect ou
:
:
Je veux que vous essayiez, je
le
veux
;
—
Taisez-vous,
encore une fois, taisez- VOUS.
On
20
ajoute des adverbes, ou des mots quelconques, qui quelquefois sont
commandements
des fragments de
à la
donc
!
fin
replacer ça
!
—
:
je
vous dis
!
—
Asseyez-vous
indirects
décomposés
Sortez, n'est-ce pas
donc,
et
trinquez
;
avec
là,
:
—
voyons
!
hein
!
voulez-vous bien
cardinal
le
(muss.,
Lorenz., iv. 10).
Les jurons jouent là un très grand rôle: Laissez-nous donc, nom d'un Appelez-moi Gaston, que diable (.^ug., G. de M. Pair., n, 1); ! Longuemarrc et Boudet ! sac à papier voulez-vous bien finir! (flaub.,
—
chien
—
!
!
Bov., 121).
Atténuations.
—
Par
politesse,
presque toujours adoucir 10
On
le
par
devoir moral aussi, nous devons
commandement. A
ajoute diverses formules, dont la plus
Brossez donc
ma
robe, s'il
vous
cet cfïet
commune
:
est s'il
vous plaît
:
plaît.
comme
pour suborAmis, veilles toy conforter, Ja n'avras mal pour nous, mais veillez nous conter Le nom de ton seigneur, je le te veil rouver (brun de la montag., 180) 20 L'a.
f.
se sert de vouloir,
auxiliaire de Timpératif,
volonté de celui qui parle à celle d'autrui
donner plus poliment
la
veuillez vous retirer
— veuillez m'expédier...
:
;
30
En
outre, on a recours à quantité de formules
geance, l'amabilité assez
;
bon pour
cette salle
.'
de...,
Ayez
prenez la peine
:
faites-moi
de...,
ayez la bonté, l'oblile
plaisir de.... soyez
la bonté, monsieur, de vous asseoir
(makiv., Fauss. con/id.,
i.
—
un moment dans
1).
—
Vous serez bien aimable ; un peu plus bas (a. capus, Ange, i, 1). On donne à l'ordre la forme d'une question Ma petite Marie-Jeanne, veux-tu bien dire qu'on prépare le mcmteau de Béatrice? (herv.. Cours, jo
Vous
On
dit
aussi au futur ou à l'éventuel
:
seriez bien aimable de... parler
.')0
fi.. I,
:
7).
L'éventuel est souvent sous cette forme inlerrogative apporter une chaise
Tous
:
Voudriez-vous
?
ces tours constituent
une forme ancienne
et essentielle
de civilité
:
(
RENFORCEMENTS ET ATT'ÉNU ATIONS «
Il
faut éviter d'user de mots de
commandement, pour
«
dire à cjuelqu'un en s'adressant à lui
«
plirase
«
lieu
"
locution, vous feriez bien d'aller
renir.
;
mais s'accoutumer à tourner
mode
par circonlocution, ou par quelque
de dire
etc.
»
:
(
allez, venez, faites ceci, dites cela, etc..
Tr. de la Civ., 28).
il
indéfini,
—
la
comme au
faut dire par circon-
ne troiiveriez-vous
:
565
tout ce cju'on veut
pas
à propos de
Je ne vous dis pas, observe un personVous pouvez la prendre je vous dis :
nage de Court eline Prenez la porte Ce n'est pas du tout la même chose (Ronds de cuir, iv" tab., 3). Mais ce ne sont pas, à vrai dire, ces formules qui atténuent, c'est le ton. Chrysale '^
,
commande
'<
<>
^^
à sa servante à l'impératif: Va, ne
l'irrite
point
;
retire-toi,
.
Mar-
peu de rudesse dans ses paroles que sa femme proteste Comment ? vous avez peur d'offenser la coquine ? Vous lui parle: d'un ton tout à fait obligecmt ! Alors le bonhomme change de ton Moi ! point. Va-t'en, ma pauvre Allons, sortez. Puis il reprend d'une voix adoucie tine.
El cependant
il
y
a
si
:
:
:
enfant (mol., F. Sav., 507).
Au
contraire,
un faites-moi
le plaisir
rfc
sortir
expliquer peut être tout à fait sec et insolent.
ou ayez l'obligeance de vous n'empêche que l'abondance
Il
de ces tours entre lesquels on choisit est une caractéristique de française.
la politesse
CHAPITRE V LES CONSEILS ET LES PROPOSITIONS
cette catégorie, nous grouperons
Dans
propositions et
1" les conseils,
:
les
avis; 2o
les
suggestions.
les
—
On conseille une chose ; on excite, A. Formes de style indirect. on engage quelqu'un ù une chose, ou au contraire on l'en détourne, on l'en dissuade : Je vous engage à vous méfier de cet honvue-lû. A ces phrases, il faut assimiler des phrases de jugement Mon avis est que vous acceptiez (1). et aussi des phrases où le conseiller montre la nécessité, l'avantage // faut, Le mieux, c'est de devenir tout de il est avantageux ; le mieux, c'est de : suite des amies, n'est-ce pas ?
—
:
:
—
Atténuations. honne sans avoir plus
//
faut,
mieux de
— Souvent on veut présenter l'air
mais
il
faudrait;
le
t'habiller tout de suite
drait peut-être
l'idée
comme On ne dit
qu'on considère
de l'imposer, on recourt à des éventuels.
mieux ne pas
;
mieux
est,
mais
le
mieux
— quant à ceux que
les voir
serait
tu ferais
;
tu fréquentes,
(flaub., Corr., 3^
sér.. 16)
vau-
il
—
;
Vous
feriez bien de partir, monsieur. Voici la retraite (zol.\, Déb., 4).
Pour montrer plus de réserve encore, on ajoute des
peut-être
vaudrait-il mieux, ou l)ien on prend la forme interrogative:
Ne
Peut-être
:
vaudrait-il
pas mieux?
B.
Formes de
chap. III, cris
pour 10
les
Le
(1),
style direct.
— Plusieurs des
formes mentionnées au
impératifs (2), impératifs ironiques
conseils et les
comme pour
propositions,
(3),
sont employées
les ordres.
seul chapitre des cris d'exhortation remplirait des pages.
Il
y a des
de guerre, depuis Montjoie jusqu'à En avant ! des cris de chasse, de Attenmarche, de sport, etc. La conversation la plus banale en fournil
cris
:
tion
!
Prenez garde
!
Un peu
de patience
!
—
Allons, Courage
20 Ne bougez pas, laissez-/e venir : attendez Vous qui pleure:, venez ci ce Dieu, car il pleure (v. Vois-tu, Louise, ne pensons pas à les Rêv., iv) ;
Nouv. (1)
I.
—
:
—
dont.. Les Lutt. et
ces splendeurs
(cirel,
1).
Mon I.e mode varie le nom d'avis, on donne soit une opinion, soil un conseil que l'affaire tournera mal (c'est une opinion) mon avis est que nous preniez garde (c'est
Sous
iiuis est
un
Id.,
propositions
ses ii..
!
conseil). Cf.
:
;
avec prévenir.
:
—
LES COXSEILS ET LES PROPOSITIOXS
567
30 Oui. uni, riez, mes braves gens (a. daud., Cont., Fées de Fr.). On ajoute souvent l'adverbe yozr, yozr un peu: Essayez-voir ; Mais, placez voir un peu un éléphant â cinquante pieds sons terre (toussen.. Esp. d. béies,
—
éd. Hetzel, 250).
Les formes énumérées au chapitre périphrastiques), 5
(infinitifs),
6
sous les numéros 4 (impératifs
III.
de l'indicatif) sont également
(futurs
aptes à introduire des conseils ou des propositions. 40 N'allez pas vous proposer
comme
50 Prendre une cuillerée à jeun
le
ça
!
matin.
60 Vous lui ferez valoir l'avantage qu'il a de toucher dès maintenant son bénéfice.
Mais
y a des formes plus spécialement adaptées aux
il
suggestions
conseils, et
aux
:
A. Parfois, à l'aide d'un présent figuré, on réalise l'acte qu'on propose,
comme
si
l'interpellé l'exécutait déjà:
prétexte quelconque...
exposes B.
Un
ta situation (a. cap.. Piégois.
jour,
I,
Éduc. 2).
Hem.,
I.
—
197);
— On trouve
en conférence. 59)
en
cwoir
Si
le
i.
2);
:
—
—
Si on dînait? //
tu
lui
Si je faisais venir le
Si
je barri-
nous partions? médecin? (lab., P. aux tard,
est
présent dans ces phrases
si
:
M.
le
directeur est
monsieur veut bien s'asseoir //npp»?(MArPAss..
Bel.
A m.,
(1).
C. Celui qui parle se substitue à la
quelle serait sa conduite
gement
;
— Le
Confid.,
II,
12)
:
personne
;
et
A
à qui
il
un
tout de suite, je lui dirais
piège. :
<
— Oui, Madame,
Sortez
ta place... J'irais à Paris (a. cap.,
II. 6).
Le peuple introduit
s'adresse, lui expose
A votre place, je lui ferais des propositions d'arran-
voici, j'ai envie de lui tendre
déclarera peut-être,
(1)
l'air,
des tours les plus usuels consiste à présenter ce conseil dans une
cadais l'entrée? (v. h.,
(flaub..
scms
13).
i,
hypothétique, avec un ton de question
yeux,
sous un
// fcait être adroit, l'attirer
Et puis, un beau
là ses
périphrastiques
:
.Si
(c'es/)
qu'on
iniil.
il
se
(mariv., Fcmss.
»
La
pet.
Fonction.,
CHAPITRE
VI
LES DEMANDES Quand
il s'agit de demandes, l'expression de la volonté varie exlrcmeD'abord suivant le rapport entre les individus. Un supérieur parle généralement, même dans les temps d'égalité, d'un tout autre ton qu'un égal ou un inférieur. En revanche, de nos jours, un inférieur revendic ue ses droits sans tenir compte des politesses conventionnelles. Le milieu social, l'époque, changent le caractère dés demandes. Encore n'y a-t-il là que des causes extérieures en réalité, c'est l'état d'âme de celui qui parle qui détermine sa façon de demander. Sa nature, son éducation, dans une même situation cL pour un même objet, lui font choisir ou les formes qui respectent sa dignité ou celles qui trahissent sa platitude, celles qui montrent son adresse ou celles qui témoignent de sa résolution.
nient.
;
Lk ton. Le
«
Père
— Une
Notre Père '<
partie de ces nuances échappe à l'analyse linguistique.
fervent ou dit du bout des lèvres est toujours le
»
«
Notre
identique de formes. Seul pour celui qui l'écoute, l'accent varie.
.
Jusqu'à ce que des analyses phonétiques aient été faites, on ne peut que signaler l'importance capitale de cet élément. Voici par exemple un cresVous ne cendo Il me faut cette lettre, donnez-la moi, ou je la prends.
—
:
— (Lui serrant sur une femme — Cette l'aurez pas.
(li
(limé
/(uiuiis
Cette lettre
Formes de
.Je
.'...
di^m..
(a.
!
Ils
donnent
grâce,
que
style indirect.
à la phrase son je
(MOL.. Fourb.. leur course
Les objets.
m.
10)
:
— Je ils
De
la
—
Si rol)jel
Cluiire,
tionnelle. soit un infinitif. terrain.
Ils
/-.'/;
/)/(7i,
trompais
;
—
!
je
Vous portez la main ne rous aime pas. je ne
laissez-moi
maintenant.
—
A/., iv, 12).
—
A) Les verbes de deuuuide sont
vont de
je l'cvif/e
caractère particulier
:
à
je
:
vous en supplie...
Je VOUS demande, par vous voyez
leur demanderois volontiers qu'au milieu de
voulussent plusieurs
fois
reprendre haleine
")).
est une action, on emploie, soit une conjoncLa construction avec l'infinitif a gagné ici aussi du
Les c!assi(|ues employaient surtout que avec
qrand chasseur, cwec nous (mol., Fâch..
s'est dit
-
lettre
ne sois point séparée de l'aimable personne que
impétueuse,
(la bh.. Car..
— Cette
î...
vous
Le Dem.
demande, requiers, réclame.
je
bras)
lettre
?
vous
le
le
subjonctif.-
//
nous a priés tous Qu'il put avoir le bien de courir .0(15). On ne saurait ici le remplacer.
et
—
—
LES DEMANDES
— Bien
DÉCOMPOSITION. phrase
Oh
569
peut y avoir décomposition de Instruisez-moi. je VOUS en conjure (mariv.. Jeu de l'Am.. ii. 11)
:
me
ne
!
entendu,
la
il
laisse: pas. emportez-moi à l'ambulance, je
:
VOUS en supplie (zola^
Déb.. 248).
Formes de
— Les formes
style direct.
2 (impératifs), 4 (péri-
(cris),
1
phrases), 6 (lulurs). 7 (interrogations) servent aux demandes.
— Ce soni des
Cris et excla>îatioxs.
1.
Pitié
Pardon
!
Miséricorde
!
des cris d'alarme
:
Au
feu
!
ap])els à !a pitié
des appels au secours
!
A moi
Aux Armes
!
:
Un
!
!
petit sou.
(v. h..
s. v. j>.
Hem., v. Xon!
—
Impératifs.
.'m
:
—
!
A
boire
—
!
—Votre corde,
:
Merci
!
Grâce
!
ci
l'aide
;
Du
pain
!
secours,
!
Les autres sont des exclamalions. variées suivant
De l'air demain
Au
les besoins
Maman
vite (a.
—
:
Oh
par
pitié.
daud.. Tart. Alp..
14.5).
!
!
Mère! {zoï^a. Voyons. Monsieur Henri, dites-nous quelque chose! (j. renard, Déb., 532) L'Ecorni fleur, chap. 7) Soupons enscnble. et ftioquons-nous de cette 2.
non... Reste, petite Mère... ioue, petite
;
:
—
Marianne-lct! (mvss., Capr. de Mar., consens, mais ne soyez pas
qu'un
—
FuTiRs.
6.
(.Muss.. Lorcnz..
Mes
m.
Ah
Tisbe
:
!
!
ne soyez pas à moi. j'y
Que
je
n'apprenne jamais
1).
i.
ma
amis, vous enterrerez
pauvre
fille,
n'est ce
pas?
7).
— Veux-tu
QUESTIONS.
7. 1,
Angelo.
autre... (v. h.,
—
1) ;
ii.
un cwtre
et
donner un louis
nie
? (a.
cap..
Maris de
Léoni..
12).
—
Renforcements et Atténuations. En matière de demandes,
—
mules. ton
peu près tout.
à
fait
Aux
Valeur relative des Forque
plus
partout
ailleurs,
le
difïérencie aussi bien les formules nouvelles
Il
comme aux
donne leur valeur Reste capus, Maris de Léonf., i, 8). Un te dis-je peut-être une exigence ou une supplication Pardonnemoi, te dis-je C'est moi qui fus méchant (v. h., Mar. de L., v. 7). Pour insister présenter une demande pressante, on se sert des divers que
les
anciennes.
unes
donc, je t'en prie.... (insistant)
autres,
je t'en prie
:
!
il
:
(a.
:
:
!
moyens qui ont
été indiqués
(p.
566-7)
:
1» (répétitions),
2^ (additions
de formules, d'invocations, de jurons). 10 Oh, parle, parle
2°
La formule
!
n'est-ce
pas, qui
accompagne
les
demandes, sollicite le Vous consentez.
consentement. Tantôt cette formule reste indépendante n'est-ce pas? bien les
— V est-ce pâS?
moyens de m'échapper
à la phrase
:
N'est-ce pas,
Dans certains
?
mon
docteur,
\em
ou nemie
:
vous
(zola, Déb., 485). Tantôt
me donnerez
elle sert
de base
ami. que vous viendrez ?
cas, elle presse et renforce la
l'atténue (1). (1)
vous m'aiderez,
est patois, llein (^l
peu
poli.
demande, dans d'autres
elle
LES FAITS PAR RAPPORT A XOS OPÉRATIONS PS YCHOLOGIQUES
570
La formule qui accompagne habituellement la demande, comme c'est:
s' il
vous plaît. Elle est exigée par la simple politesse
enfants qu'elle est indispensable, et pour cette raison,
On
—
l'ordre,
on enseigne aux
;
elle se
trouve usée.
je t'en conjure ; Oh ! je t'en supplie remplace donc pas de scènes ! (curel, Nouv. Id., m, 2). A cet effet, on se sert non seulement de verbes, mais aussi de locutions adverbiales de grâce, par pitié : Laissez-moi le temps de souffler, de grâce
la
:
!
:
(court.. Ronds de cuir, vi.
1).
rôle. Ou sujjplie au nom des dieux Au nom pour l'amour de Dieu au nom du Ciel ne dites pas un mot là-dessus (muss.. Chand.. ni. 3) mon père, au nom de tous les saints et de la Vierge, au nom du Christ, gui est mort sur la croix. au nom de votre salut éternel, mon père, au nom de ma vie, ne touchez pas à cela (balz., Grandet. 202).
Les invocations jouent grand
du
ciel,
parte:
—
!
:
Tais-toi
!
—
;
Quand
—
ne s'agit que de demander poliment, on a
il
formes cotées 2 (verbe
vouloir). 3 (périphrases),
20 Veuillez considérer gue j'ai été bien nudheureux la vicomtesse, ce gui
me
vaut l'honneur de
Ping.. 206). 3° Soyez assez
bon pour
lui écrire
;
— Si vous
:
voyez,
40
La
Vous serez ou vous je solliciterais
—
;
Corb.,
I,
c'est l'architecte de
verre d'eau
(i'>
seriez bien gentil de
une
Monsieur gui
demander
?
par hasard, soyez
— Puis-je
Aurais-tu l'obligeance de prendre
est obligé
////
une
petite note
cette affaire (i..\b.,
en main
;
?
—
Dis-donc,
Pet. Ois., u, 2).
On
se sert
—
ces signes de joie (muss., Faut.,
Du
tour supi)ositif que
des suggestions
:
Si
i,
A) du
B) de l'imparfait, qui semble retirer :
;
—
vous prier de me faire donner
demande en même temps qu'on la présente Je venais voir Je voulais demander par là si la princesse est la
en restait
;
monn.. Se. pop., dire un mot (becque, (h.
souvent à plus de ménagements encore.
:
C)
cap.,
(a.
?
futur je vous prierai de n'en rien dire la
faire
désirerait
tu ne te chargerais pas de la communication ?
Mais on
me
pour mes mains
serviette
1).
50 Pourrai-je vous
un
dire,
1).
i,
fille !
161)
les
(ques-
(a. fr.-vnce,
assez aimable pour lui dire gue nous sonunes aux ])etits-chevaux
Ange,
5
— Veuillez me
votre visite
le
entre
choix
le
(éventuels).
4
tions), 6 (éventuels interrogatifs).
madame
!
s'il
vous
cause de
2).
nous avons déjà signalé pour présenter
VOUS vouliez bien prendre connaissance de
cette lettre?
CHAPITRE
VII
LES SOUHAITS
Le souhait,
vœu
le
sont proches du désir, dont nous avons parlé aux Senti-
un acte de
ments. C'est cependant
bonjour
modes
salut
!
aussi
!
changent
Formes de haite, je jais des
volonté.
va du
Il
simple
et
banal
à la malédiction. Les moeurs, les croyances religieuses, les
forme des souhaits cpi'on s'envoie en passant.
la
—
style indirect,
vœux pour que
Les verbes sont peu nombreux
:
je
sou-
;
Derrière ces verbes, on emploieinfinitifset propositionsconjonctionnelles:
Je souhaite
réussir;
On atténue par
Formes de
style
je
souhaite que vous
est le subjonctif.
formes ordinaires
les
—
voudrais bien t'y voir;
je
Le mode
arriviez à vos fins.
—
direct.
:
je souhaiterais.
Les formes
exclamations).
(cris,
1
(impératifs), 5 (infinitifs) sont les plus usuelles.
2
—
10 Adieu ! Bon appétit ! Bon voyage ! Meilleure santé ! Bonne nuit ! etc. Malheur si vous portez Bon appétit, messieurs ! (v. h., R. Blas, m. 2) Gloire à notre France éterla main sur mon époux ! (Id., Hem., v, B) nelle. Gloire à ceux qui sont morts pour elle! (Id.. Ch. du Crép., Hymne).
—
;
20 Impératifs.
— Qui que
—
de prendre du poisson
Oh
!
aneme seit el ciel assolude {AL, lxxxii, 410); langue de vipère. Qui fais risée ainsi de la douleur Amuse z-?'oa.s bien ! tâchez (v. h.. R. s'am.. i. 5)
!
;
tend..
le gifler, celui-là
Au bord
—
!
nuirmura ardemment Maurice,
!
casser les dents d'un revers de
deux au bord d'un
—
Filz, la toe
tu sois, valet à
d'un père. Sois maudit 50
;
flot
main
!
(zola, Déb., 467)
qui passe. Le voir passer
!...
;
gifler,
le
lui
— S'asseoir tous
(svlly prud.. Vain,
de l'eau).
—
Au XVI© s., les grammairiens disFormes spéciales (A) Optatifs. tinguaient un optatif. L'imitation du grec était sans doute pour quelque chose dans cette doctrine. Mais elle renferme une part de vérité, en ce sens que, dans les souhaits,
subordination ont
fini
le
par
subjonctif paraissait sans le
le que.
Les emplois en
rendre presque inséparable de que (h.
i,..
m,
Cependant la langue classique a encore la vieille forme plutôt ma langue demeure « jcmmis immobile, que de prononcer une parole si téméraire ! 332).
(boss., Ros., 1651, exorde). Ces
:
«
optatifs» se rencontrent particulièrement
LES FAITS PAR RAPPORT A NOS OPÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES
572
avec leur sujet derrière eux C/jas/e Époux des vierges sans à jamais les esprits bienheureux (corn., Hym. S'« Thér.. 9) :
;
bientôt cette heureuse journée! (Id., Mél.. 347, var. 1)
Ceux qui
pareils à ces vaines idoles
Dim., 61)
:
— Périsse
— Vous préserve
le ciel
d'une
leur donnent l'être
telle victoire
!
T adorent vienne
A//).s/
— Deviennent tous
;
Troijen auteur de nos alarmes
te
tache,
—
!
(Id.,
Vêpres des
(rac, Iph., 569)
!
(rac. Thèb.,
;
71. var.).
Ou le diable d'enjm- qui On le lrou^e aussi dans des conjonctives vous casse le cou (scarron. Jodelet. 1). Il nous en est resté un grand nombre de formules Vive la France ! La peste nrétoufle Dieu m'en garde ! A Dieu ne plaise que je vous déplaise, monsieur h baron (miss.. On ne bad. pas cwec l'am.. i, ô) Diei me garde :
:
!
;
d'aspirer à la pairie G. de
M.
Poir.,
i.
!
Dieu garde surtout mon pays que
—
j'y arrive
Puisse, aux diverses personnes, auxiliaire de souhait
:
])eul être
Puissé-je vous suivre
!
considéré
comme un
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre
A l'époque
postclassique,
du diable, dont vous
(be.'^xm.. Barb.,
m,
il
!
véritable
Puisses-tu dire vrai! Puissent
tous ses voisins ensemble conjurés Saper ses fondements encor
saires
(aug.,
!
4).
mal assurés
.'...
(corn., Hor., 1305).
entrait encore dans des conjonctives:
faites ici l'office, et qui puisse vous
émis-
emporter tous
14).
Aujourd'liui Puisse ii'appartienl plus guère c[u'à
langue
la
littéraire.
—
Le subjonctif avec que est non moins meure qui voudra ! (malh.. Poés., cv. 46); est Il Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux ! (rac. Esth.. 2). resté dans la langue: Qu'il coule ('/? paix, votre Rhin allemand, Que vos cathédrales gothiques S'y reflètent modestement ! (muss., Po., Le Rh,, ii) Que le sort, quel qu'il soit. VOUS trouve toujours grande ! Que demain soit doux R) StR.ioNCTiFS Di: soiiiAiT.
classique que l'optatif:
—
Que
vive
et
— ;
comme
hier! Qu'(7j vous.
ment amer soit Cl
(v. h.. Cont.
O ma
beauté, jamais né se répande
L'âme en
fleur,
que vous au monde qui louchiez à
l'Étr..
i,
de décourage-
par grâce, que ce ne plaie de mon cœur (balz., Let.
xxiv)
celte
— Oh
—
;
!
367).
I-.'envahissemenl de que avait été
tel
qu'au début
même
ûu
XVIL'
s.
on
le
avec puisses à la 11^ personne Que puisses-tu, grand soleil de nos jours. Faire sans fin le même cours (malh.. Poés.. i.vii, 33) Cf. Que trouvait
:
;
puissiez-vous avoir toutes
C)
clioses
prospères
Propositions hypothétiques.
— On
conditionnels, introduits par pourvu que, fxts
!
(moi...
Dép. am.. 809).
se sert de
si, si
fragments de systèmes
seulement. "Pourvu qu'il n'ait
imaginé (/uelqur cuirasse nouvelle! (muss., Lorenz..
iv. 9)
;
— Mon Dieu
pourvu que Maurice, qui a mauvaise tête, ne se mêle pas à toutes ces histoires (ZOLA, Déb., 508); Pourvu qu'il ne tombe pas malade,//// aussi, mo Dieu ! (o. MIRBEAU. Mcuw. Berg.. i. 2).
!
!
—
Combim
fait-il
de vœux, combien pcrd-il de pas. S'oufrant pour acquérir
LES SOUHAITS des biens ou de la gloire
mes
coffres de ducats
Mais
rien à
!
l'homme ne
Si j'arrondissois
«
j'apprenois l'hébreu,
Si
suffit
pouvait S'intéresser à ça
!
des
vœux non
les
!
Si je
(rostand. Aiglon,
réalisés.
Il
i,
pouvois remplir
sciences,
(la font.. Fabl.. vin, 25)
Modalités des souhaits (Voir Regrets,
mode
573
mes États
—
;
l'histoire...
.A/7 / si le
»
mien
2) (1).
p. 554).
— L'optatif
était encore classique
:
Las
!
irréel est le
que plust-il
aux Dieux que nous tinssions icy Son ostage (j. de schel., Tijr et Sid.. i, 1 V. 13) Plût aux Dieux que ce fût le dernier de ses crimes ! (rac. Brit., ;
—
1768).
Plût à Dieu était souvent suivi d'un infinitif: plût à Dieu y être encore
!
sÉv.. Lett., ccxxxix).
On
trouve d'autres verljes ainsi employés
sonneur, au diable!
En
:
eusses-tu fait une à
La te
pe.str
casser
de ta chute le
Empoi-
!
nez! (mol.. Mis.,
334) (2).
Dans Hélas
(
1
)
!
le
Si
même
sens,
j'avais su
nous disons
Le peuple parisien emploi
qu'il reviendrait
!
A
si
ou bien
si
seulement avec
1
"irréel
:
!
si
que et
le
conditionnel pour exprimer cet optatif
:
si seiilemenl
éviter.
« De l'auxiliaire actif nous n'employons, (que je sçache) que le 1^' Impar(2) Maupas disait fait en tel sens et langage. Qa'eusse-je aussi bien de quoij que vous. Et le premier plus que parfait. Qu'ensse-je eu tel adverlissemeni de bonne heure. « (Gr., 303)). :
PARTI L
IJ'
LA CARA C TÉRISA TION DES ÊTRES ET DES ACTES
LIVRE
XIII
CARACTERISATIONS ET CARACTÉRISTIOUES CHAPITRE PREMIER LA CARACTÉRISATIOX. SON ROLE DANS LE LANGAGE ET DANS LE STYLE
Caractériser, c'est noter les caractères, essentiels ou accessoires, naturels
dun
ou acquis, durables ou éphémères d'une notion quelconque.
A de
être,
d'une chose, d'un acte,
dire vrai, la caractérisation ne peut i)as être isolée d'autres opérations
l'esprit.
10 On caractérise êtres, personnes, actions, pour les nommer, ainsi que nous l'avons vu. La caractérisation, dans certains cas, devient le nom même les fidèles, un parvenu, les bleu-hori:on. Prenons l'exemple de l'eau-de-vie et de ses noms. Le mot rappelle un :
ancien préjugé, l'idée d'un extrait de Jouvence qui entretient la force il a une valeur expressive. Néanmoins, aujourd'hui, pour le rajeunir, on marque ;
la qualité
:
de la fine, la couleur
faite la liqueur
en question
marc: on exprime d'où effets tité
de la blanche, ou bien
:
vient
tord-boyaux, casse-gueule,
:
Froidefontaine,
bonheur,
moyen-âge,
l'adjectif précède
amour-propre, où
;
il
petite
vitriol.
dit de quoi est
On
l'a
même nommée
rond-point,
:
simplement trois-six. ses
:
par
la
quan-
boire la goutte.
nommer, nous l'avons vu également.
à
main,
plein pouvoir, blanc-seing, belle-mère,
vif
argent,
franc-maçon, pur sang, où
Châtecmvieux, garde champêtre, carte blanche, saindoux, suit.
Des noms contribuent à nommer par et jouent en cette qualité
le
même
rôle
chou-fleur. (Cf. chou-rave, café concert, d'instruction).
on
et plus
cognac, calvados, son degré
La caractérisation contribue :
marc
eau-de-vie de grain, de
qu'on en prend ou qu'on devrait en prendre
20
Ex.
:
elle
:
la caractéristique qu'ils
que
les adjectifs.
roman
Ainsi
:
apportent, fleur
dans
feuilleton, oiseau de nuit, juge
CARACrÉRISAriOXS ET CARACTÉRISTIQV ES
578
La caractérisation détermine
30
:
la rive droite de la Seine, la Ville-Haute,
Cour Suprême, la Haute-Cour, les Conseils Municipaux. Son objet propre est de représenter à notre jugement et à notre sensibilité êtres, choses, idées, avec tous les caractères qui marquent leur nature intérieure et extérieure, tels que nous les apercevons, caractères qui nous permettent non seulement de les reconnaître, mais de les juger et de les apprécier, de les goûter ou de les haïr, de les vouloir ou de les rejeter. Dans ces divers rôles, la caractérisation a une importance telle qu'il serait difficile de l'exagérer. Une acheleusc se présente dans un magasin. Elle désire une étoffe. Pour décider son choix, combien de caractéristiques Elle hésite sur la matière (laine ou coton), sur la disposi\ ont intervenir tion du tissu (rayures, carreaux), sur le prix. etc.. On devra lui faire ressortir un à un tous les avantages de larlicle en faveur duquel elle se décidera. la
!
Dans rôle
a
les caractéristiques ne jouent pas un quelques études ou possède quelque délifaut considérer pour apprécier une œuvre,
morale,
la vie intellectuelle el
moindre. Quiconque
fait
catesse naturelle, sait ce qu'il
ou une personne, juger une création de l'esprit. Combien de ressources sont nécessaires au langage afin de traduire tant et de si fines nuances Expressions directes ou figurées, rien n'est déjà de trop pour exprimer des jugements. Or on ne se contente pas de ce premier résultat. Qu'il s'agisse d'un écrivain ou d'un simple causeur, pour arriver à la !
puissance suprême du style,
il
lui faut
trouver
les
expressions qui éveillent
des sentiments analogues à ceux qu'il éprouve lui-même,
il
doit chercher ou
rencontrer les termes qui feront naître ou renaître chez ceux à qui il s'adresse, cela est impossible sinon la même série d'idées et d'images que chez lui sans assimiler l'auditein-
Un exemple considérable.
:
—
—
rlu
moins une
série
Le nom générique de vin
Non seulement
i!
analogue
a déjà en
el
correspondante.
lui-même une valeur
désigne un produit, mais, à lui seul,
éveille la convoitise de certaines gens.
On
se
il
rend compte pourtant de ce
qu'ajoutent à cette dénomination générale des caractéristiques qui se vin bouché, vin de Champagne, Pommard, etc. Chacune, trouvent dans :
suivan
le milieu, éveille
toutes espèce d'idées accessoires, non seulement
de provenance, mais de prix, de goût. En outre, et des images de luxe, de fêtes, el ainsi de suite. L'art de caractériser est
hommes, qui atteignent user des mots qui font
un des éléments
elle
évoque des souvenirs
essentiels
du
styh-.
Quelques
à la perfection, arrivent par l'elïorl ou sans peine à
l'efTet voulu. L'étude de ces trouvailles du talent ne nous appartient pas. Elle fait partie de l'histoire de la littérature. Nous n'avons, nous, qu'à re:cnser les moyens dont l'art tire ses cfTets.
CHAPITRE
II
A QUOI APPLIQUE r-ON DES CARACTÉRISTIQUES
noms
Les
et les verbes.
Ce sont donc
soit les actes.
les
—
On
P
caractérise soit les êtres et les choses,
noms
verbes qui sont
et les
plus souvent
le
caractérisés.
Voici un boxeur. La première condition, pour cju'il soit classé, est de connaître son poids. Est-ii mouche, coq, plume, léger, mi-mojjen. moyen, mi-lourd, lourd? Un acte est répréhensible. Il faut avant tout qu'il soit qualifié
('
»
:
d'après cela
crime, délit ou simple contravention? Le trilninal sera choisi
tribuncd criminel, correctionnel, ou de simple police.
:
Passons aux actes mcdhonnête.
Il
Un homme
:
graduellement,
affaiblies
a
été
vie végétative, qui finira
et
aujourd'hui
fait
:
abandon
ses facultés se sont
le
pays
—
:
comme
les
a complètement
//
de ses prêtent ions.
Autres mots. autres,
Mais
complètement réduit à une
elles aussi, caractérisation.
Elle a pris solidement racine dcms
caractérisation les
est
il
brusquement.
Les locutions ver!)a!es comportent, verbes
ruiné inopinément pcir un banquier
a noblement supporté son malheur.
:
—
Il
y a des espèces de mots qui ne comportent pas de
préposition, articles, en général tous les mots-outils.
on ne peut donner de
cerne la caractérisation des
règle
nominaux
et
générale
Pour
ainsi en ce qui con-
;
des représentants personnels,
il
que on peureuse n'a point de sens mais on peut dire quand on est peureuse. Il serait faux cependant de croire que les nominaux ne peuvent être caractérisés que dans des phrases attributives. Des caractér!sations peuvent être rapportées à la personne, qui est le sujet du verbe
est certain
;
:
:
Tour à tour courtier d'assurances, sténographe, commis voyageur en librairie, secrétaire d'un député du centre, dont je faisais les discours, d'un duc écrivassier, dont je bâclais les ouvrages, préparateur au baccalauréat, rédacteur en chef de la Bamboche, jourmd hebdomadaire, vivant d'expédients, empruntant l'aumône, laissant une illusion et un préjugé à chaque pièce de cent sous, je suis arrivé à l'âge de quarante ans, le
corps usé jusqu'à l'âme (.\ug., Effr., m, 3). On rapporte aussi une caractérisation à un me,
guéri
;
—
il
le
ramena
très triste.
On
le,
derons pas de grandes qualités morales ni intellectuelles
en toutes choses (zola, Cont. à Nin., 58). Mais
Vous m'avez
fait des
manches courtes
objet
ne dit plus guère
et je les
il
:
; il
le
:
gousset vide
et
renvoyez-le nous
Xous ne
leur
les suffira
est très usuel
voulais longues.
deman-
médiocres de dire
:
CARACTÉRISATIONS ET CARACTÉRISTIQUES
580
Parmi
autres nominaux,
il y a des distinctions à faire. Autrui, par exemple, ne comporte pas de caractérisation. Mais rien, quelqu'un, personne, je vous propose quelqu'un de d'autres encore, en prennent très bien une
les
:
très bien
;
— rien de
sûr.
Phrase entière caractérisée.
—
Notre
temps
fait
un usage
très
hardi d'appositions qu'on rapporte à toute une phrase, où l'on reprend l'idée
exprimée dans une sorte de tableau général
:
le soleil
ne quittait pas
une nappe d'or pâle, où des mouches... volaient lentement (zola, £)" Pascal, 154) Sous ces géants, au tronc monstrueux, il faisait à peine clair, un jour verdâtre, d'une fraîcheur exquise (Id., Ib., 33). On rapprochera l'usage qui consiste à rapporter à la phrase une conjonctive de caractérila pièce,
;
sa lion
:
//
—
accepta la rencontre, (ce) qui était fort naturel.
CHAPITRE
III
CA RACTÉRIS TIQ UES INTRINSÈQ UES
10
dans
ton
un
Le caractère d'un objet, d'un
même
être dits sur
font
—
Le ton. le
de la phrase
un ton
parle,
:
mon ami
d'ironie et de dédain,
!
être peut être impliqué
Ces simples mots peuvent
ou de confiance, d'espoir, qui en
qualificatif bien différent, suivant les circonstances.
—
20 Les mots. A) Caractéristiques fournies par les éléments QUI ENTRENT DANS LA FORMATION DES MOTS. La langue pOSSédc, nOUS
aux
l'avons vu. des catégories spéciales de mots qui, grâce
entrent dans leur formation, emportent caractéristique
suffixes qui
diminutifs, aug-
:
mentatifs, péjoratifs. (Voir p. 74 et 219).
R) Caractéristiques fournies par les mots ordinaires.
noms
caractéristique est avant tout dans le choix des
—
Mais
la
et des verbes ordi-
naires par lesquels on désigne les êtres, les choses, les actes dont
on
parle.
une règle de l'art français qu'entre les expressions il n'j^ en a qu'une qui est la bonne, il faut entendre par là qui convienne au sens en se conformant au sujet traité et aux circonstances. Ce choix entre les mots n'est pas une nécessité seulement pour l'écrivain, il s'impose au langage quotidien, si l'on ne veut ni fausser la pensée ni manquer aux convenances. Essayez de confondre un restaurant avec une guinguette, un café avec un C'est
:
caboulot ou un zinc. Ce sont tous des débits, mais qui ne débitent pas exac-
tement
les
dans
le
ni
mêmes
même
choses, ou surtout ne les débitent pas
cadre, ni pour les
un m'as-tu
d'être appelé
vu, ou
mêmes
même un
prix.
Un
cabotin.
aux mêmes
gens,
acteur n'est pas flatté
La maison qui vend
des
vêtements ne se confond pas avec celle qui étale des nippes ou des hardes.
Certains mots, sans que rien dans leur forme rôle, éveillent
même
les
marque pour
ce
des idées de luxe, de beauté, d'élégance, tandis que leurs
« synonymes » expriment la misère et la laideur. Une maison (qui originairement est une demeure) peut être un château, un palais, un hôtel, une villa, un cottage, ou bien une chaumière, une hutte, une baraque, une bicoque, une masure, un taudis (1). Sans compter que le palais lui-même, s'il est riche et laid, au lieu d'être un édifice ou un monument, peut n'apparaître que comme une bâtisse. Se vêtir n'est pas s'habiller. Peu de femmes, disent les
(1)
Manoir
l'autre
!
et
masure ont la
même
étymologie que maison.
A
quelle distance sont-ils l'un
.
CARACrÉRlSATIONS ET CARACTERISTIQUES
582
maîtresses de cet art, savent s'habiller (Cf. s'affubler, s'endimancher. s'aeroiiIrer)
L'exemple par
les
le
noms donnés
plus varié esl peut-être celui des
poètes qui l'ont chantée, d'une part,
se plaindre d'elle d'autre part.
Toutes
et
par
les
les passions,
hommes
à la
femme
qui ont eu à
l'amour, la jalousie,
l'adoration et la haine, l'expérience aussi, avec ses constatations et ses
jugements, s'unissent pour donner au nom officiel d'épouse, d'innombrables variantes, depuis l'ange jusqu'à la misérable. L'art, la mythologie, le ciel des chrétiens, le genre animal, les végétaux du jardin, et les lianes de la libre nature, fournissent à la
pensée abstraite
et
raisonnable, et surtout
au sentiment les moyens de ne pas abuser de trésor ou de monstre, rer ou d'injurier sans danger de se répéter (1).
Usure et renouvellement. dans
— Dans
la littérature, les reliefs des
mots
le
langage
commun,
et
d'admi-
loul
comme On les
s'alïaiblissent à la longue.
renouvelle, et c'est là une des causes principales des variations incessantes
du lexique. Nous avons dit quel rôle joue l'image dans ce rajeunissement. Il faut ajouter que des mots, originairement indifférents, prennent à la longue des caractères marqués, généralement simples. Tel suecès. Bossuet dit encore
:
la
bonne cause d'abord suivie de bons succès (Henr. de Fr.).
Succès tout seul ne disait rien de plus qu'issue. Ce n'est que plus tard qu'il a pris définitivement le sens d'issue favorable. (Cf. aujourd'hui résultai, dit une affaire qui donne des résultats). Errements, par une ressemblance accidentelle, suit une marche analogue. Au lieu de façon de faire, il tend à signifier maintenant erreurs.
quand on
:
Nuances caractéristiques de
cert.\ins nomin.\ux.
—
Il
est à noter
nominaux, mots vides de caractères par nature, emportent cependant quelquefois leur caractéristique spéciale. Ainsi On pour nous est du peuple que
les
:
et familier.
Il
n'est pas respectueux.
On
ne dit pas
elle
en parlant de sa mère.
Celui-là esl omphati(iue ou dédaigneux, etc. (V. p. 177).
(î) tirer,
se ciwaler, se Irotler, L'argot excelle à présenter les objets sous des aspects nouveaux prendre la poudre d'escainpetle, enfiler la venelle, se débiner, etc., veulent dire fuir. :
CHAPITRE IV CARACTÉRISTIQUES EXTRINSÈQUES
Les caractéristiques extrinsèques sont naturellement très nombreuses.
Tout
ce qui
marque une
un individu, une
particularité dans
espèce est employé à des
une
famille,
font reconnaître et apprécier
qui
distinctions
l'immense variété des êtres et des clioses qui constituent le monde réel et le monde des idées. Non seulement la science, mais la plus modeste expé-
y recourt sans
rience individuelle
cesse.
Classement des caractéristiques.
—
On
peut, et nous fessaierons,
réduire à des classes les principales caractérisations. Toutefois
ne faudrait
il
avec une rigueur absolue, car souvent elles se mêlent et se confondent. Ainsi à l'idée de petitesse tinit par s'attacher une idée d'affection. Une marque d'origine devient une marque de qualité et pas se proposer de
ainsi
de suite.
Ici.
les classer
comme
ailleurs, ;es catégories se
pénètrent et se mêlent.
—
GrammaticaleNature grammaticale des caractéristiques. ment, toutes sortes d'éléments de propositions et de phrases peuvent à l'occasion servir à la caractérisation. Ainsi rise,
en certains cas
;
de
tances de lieu, de temps,
même et
le
complément d'objet caracté-
l'objet secondaire,
encore
le
Qu'on considère comment l'idée de un ou verbe, peut être caractérisée
but, la
et
aussi
les
circons-
destination, la cause, etc..
dans un nom.
clutssc. soit
soit
dans
:
Je chasse
•
— — ~ — — —
le lièvre
au bois en
/î/yer
c'est
(objet),
une chasse
— — — — — —
(lieu),
(temps).
au chien courant (moyen), à courre
(id.).
avec passion (manière),
à grands frais (prix),
Nous étudierons quelques-unes de
lièvre
«" bois
;
;
d'hiver;
au chien courant à courre
Nous ne retiendrons
ici
:
;
passionnée
:
coûteuse.
ces caractérisations. Les autres
été vues ou le seront dans des chapitres spéciaux,
but, de cause, etc.
au
quand
il
ont
sera question de
que des éléments dont
le rôle
spécial est d'être des caractéristiques.
Les caractéristiques peuvent être
A) des mots attente,
isolés,
noms,
y attends patiemment.
:
adjectifs, participes,
adverbes
:
une longue
CARACrEBISATIONS ET CARACrKRISTlQUES
5.S4
B) des groupes de mots non rattachés au mot complété par un motoutil
:
j'atlends. les bras ballants.
C) des
sans
compléments
fin, j'attends
indirects, rattachés par
une préposition
:
une attente
avec impatience.
D) des jiroposi lions conjonctives une attente qui dure un peu trop. E) des participes ou des gérondifs j'attends en travaillant. F) des propositions conjonctionnelles j'attends sans qu'on le sache. :
:
:
—
Emploi d'éléments non spécifiquement caractéristiques. Il fauque la caractérisation est parfois contenue dans des éléments linguistiques non spécifiquement qualificatifs. Le possessif et le démonstratif ])euvent marquer le dédain, la désapprobation Son Monsieur Trissotin me chagrine, m'assomme (mol., F. sav., 231) Voici votre Mathan. je vous laisse avec lui (rac, Atli.. 450) Votre Malehranchc. lui drait ajouter
:
:
dit
un jour
et l'autre,
l'
Ingénu,
me
parait avoir écrit la moitié de son livre
cwec son imagination
En revanche, mon
—
;
—
et ses
co/on?/ est respectueux
;
ces
également
:
ménage Lormeau, M^'^ Lechaptois, ces demoiselles présentèrent pour la consoler (flaub.. Un cœur simple, ch.
les cunis. le
se
1/arlicle. prés d"iin
La Thénardie-. à la Margueri; Il
exprime
11 :
la
nom
j)ro])rc.
la
pompe dans
(l»Le
le soir,
pr/.-
tous
Rochefeuille... i.
16).
:
la financière.
jour
et elle se
plaint (1)
sentait des cinq et six jours de suite contient
ci
les
Et
comme
surprise, Tenvie. l'admiration, dans des locutions
Elle gagne des dix francs
La personne en
sa raison,
La Vincent. menus Les soles
peut cire signe de dédain
donne en revanche de
— Les poulets à
inn^c
préjugés (volt., l'Ingénu. 10).
.'
Au
contraire
une désaiiproljation
:
elle
:
s'ab-
très nette.
(jueslion prolongeait trop.
loiuotiiil déjà li\s classUiiie ciwi ans qm- lu on.'c fù! bonne {sh\
:
. .
Comme
ils
vnuloienl
Letl.. 722).
\i
qaqner.
ils
atlendoient Aes qufiire
XW
LIVRE
LES ELEMENTS DE
LANGAGE
OUI SERVENT DE CARACTÉRISTIQUES CHAPITRE PREMIER LES ADJECTIFS. ORIGINE ET FORMATION
Hérédités. Emprunts.
— Les
adjectifs
sont, ou l)ien héréditaires, ou
bien empruntés, ou bien formés.
Parmi
les
premiers, on peut citer
blanc, noir, vert, chaud, froid, grêle.
rond, roide.
Parmi
les
seconds
:
burlesque,
fanfaron, qui sont espagnols
;
leste,
pédantesque. qui sont italiens
;
bizarre,
snwrt, qui est anglais, etc.
D'autres langues ont fourni également. Le latin et
ment au premier rang, comme
le
le grec
prouvent astringent,
diabolique, explicite, funèbre, indélébile, obtus, vertigineux,
sont naturelle-
captif, classique, athée',
hydraulique,
pentagone, une multitude d'autres. L'argot aussi a apporté son contingent
Formation des
adjectifs.
—
:
grivois, matois.
La formation des
adjectifs ne
donne
lieu
à aucune observation spéciale. Les procédés sont les procédés ordinaires
addition d'un suffixe, d'un préfixe, on des deux
composition
:
à la fois
:
(antirhumatismal);
aigre-doux, malhabile.
le nom ou le verbe auquel le suffixe s'ajoute pour former un adjectif qui fournit l'idée essentielle. Le suffixe n'apparaît guère alors que comme l'élément linguistique grâce auquel un adjectif de caractéri-
Souvent, c'est
sation se constitue. Ainsi dans une personne charitable, able exprime le
rapport qui doit unir table signifiera
les
deux
idées de personne et de charité, le
une personne qui
fait la charité, qui la pratique.
additionnel à la Constitution de l'Empire, l'idée exprimée par est celle d'addition
La plupart des la
:
le
chari:
l'acte
radical
l'acte additionnel, c'est Vacte qui s'additionne... etc.
suffixes qui servent
manière d'être ou
mot
Dans
d'agir, ont
une
à
former des
adjectifs
marquant
signification large et variable. Ce qui
LES ÉLÉMENTS DE LANGA GE SERVANT DE CARACTÉRL'iTIQUES
586
montre,
le
c'est qu'ils se
remplaceiU l'un l'autre dans une même un même suffixe automnSil,
l'analogie semblerait devoir imposer
saisonnier
priniamer, socialiste.
¥A
sororal
fraternel,
;
:
la difïérence des primitifs
dances, témoin
Danionisie,
:
.S*
;
républicain,
n'expliqne
])as
série
où
liivernSi],
révoluHonnaiie,
toutes ces discor-
Simonievi.
on considère par exemple la série des adjectifs en eux. on s'aperçoit que certains d'entre eux marquent propension à une humeur, à un sentiSi
ment
:
p^'ureux, /oyeux, dédaigneux.
//(y//7eux,
Mais d'autres signifient qui a
le
caractère de
:
nieroeilleux, miraculeux,
soijeux, injurieux, élogieux, gracieux, séditieux, IwuleUX, pâteux.
de qui présente, possède neigeux (où il y marécageux, nombreux, avantageux, teigneux, pou-
D'autres renferment l'idée de
a
la neige),
eretyeux,
:
dreux, gazeux, vertueux, goutteux, tuberculeux.
Honteux veut
cuise de
dire qui
la
honle.
procède de
et (V77ueux.([ui
la
vertu. arrive du reste qu'un
Il
tiennent /7?f.s//r^
à
la
même
adjectif ail des sens fort différents, qui
\ariété des sens du primitif et du suffixe.
^rac/euse
et
une personne gracieuse, où
condamné, de
grâce c|u'on accorde au
l'autre
se
Comparez une
retrouvent d'une part
l'aménité,
la
la
douceur avec
laquelle on agit.
Ceci dit, voici les principaux suffixes
Suffixes généraux
10 ab!e
:
al
:
aire
:
:
(1
)
:
(qui s'ajoute à des noms ou a des verbes) ('quilaile, con/e/^able (2) fjoiivernemciilal, spcclial ;
aqiic
:
cgalHahe, forfailahe mr/n/aque, rlcgiaque
cl
:
fraternel, Iradilionne], insurrectianne], siijicrficiel;
eux
:
uvantai/eux,
ien
:
faubourien, alynipien
icr
:
//
.•
;
;
;
//eux, (oiniajeux, r/om/neux, peureux, dduloureux, ficiueux, luâneux, lieureux, /"'/eux, mcrvcHleux ; <
;
boulev(trdiex, prinlcuûev, hospilulieT, ratiei, buissonnière, fuçonuièie j)cnsif, fautif, liâliî, suggestif, tardif
;
;
crcpusculin, serpentin, zéphyrin; (in sert aussi à former des adjectifs d'esiièce race borine). ard : reinaxi, (le suffixe a perdu ici la valeur dépréelative qu'il a dans la plupart des cas. Il garde seulement un caractère familier et même vulgaire). iquc (qui si^ïnifie relatif à, qui se rapporte à, de) académique, électrique, (iali>anique, géograpliique (3). ;/?
.
:
:
20 Suffixes pakticui.ikks. D'autres suffixes ou ment employés, indicjuenl un rapport plus précis. A) Ils marquent une manière d'être analogue à
nom
auquel s'ajoute
(1) Cf. à la les noms. (2) (3) logie,
les
précédents, autre-
celle
(pie
j)résente le
le suffixe.
Formation des noms, pour beaucoup d'adjectifs qui ont des formes communes avec
Pour la valeur active et passive de ces adjectifs, voir à V Action, p. 364. Ce suffixe ique permet de créer des adjectifs relatifs à tous les mots savants en crutie, etc. D'où tics adjectifs en er«/ique, flénique, f/r«p/iique, /©(/ique, murphiqne, riomique,
pa//iique, pérfique, phagique, plastique, plégique, porfique, .scopique, /omique, tels cratiqiie, phologéniqne, liéliographiqne, etc.
que: géronlo-
ADJECTIFS. ORIGIXE ET FOH^JATIO^^
J.h\S
marmoréen
een
:
arachnéen
eux
:
Mieux, mielleux
ien
:
in
;
;
lamartinien, rabelaisien ; argentin (qui tient de l'iiigent)
:
esqiie
(emprunté à
àtre
bellâtre.
:
B)
Ils
l'italien
indiquent
Ô87
;
au X\l'
manière
lu
;
siècle)
:
ehâteaubriai^esque, dimiesque
(rotre. ras])e(l. l'idée
;
que présente un êlre
ou un objet. é
capuchonné, cendré, vallonné, accidenté sens que é, mais marque par surplus une prédominance de la qualité moustachu (cjui a une forte moustache), lippu, pansu, feuillu, membru ; caillouteu.x, (qui a beaucoup de cailloux), pierreu.v istc (il signifie qui se rappi-rte,
(euillé,
:
a : (H aie indiquée) eu.v
:
',
même
:
;
ou qui s'attache à une opinion, une secte) éludes robespierristes, la doctrine positiviste, des peintres /(miaisistes, les écrivains impressionnistes ; ien : l'école Saint- Simonienne. :
Avec forme, on
C)
D) Pour ot.
t'ait
cfion {grassouillet,
Formation des nonis.
que piriioime.
tels
préfixes à valeur diminutive ou péjorative
gentillet,
— loLes
composés ne présentent
rien de
changer.
Il
c/.
n'en est cependant pas toujours ainsi, et
Un mot composé
tel
qu'élève caporal
(cf.
aspirant
spécial.
nom comme un
des épis blonds-dorés, l'adjectif double se rapporte au
adjectif simple.
:
maigriot, maigriehOYï), voir à la
vieillot,
p. 73-4.
Adjectifs composés.
Dans
des comjjosés.
les sufïixes et
le
rapport peut
officier)
n'est pas
du tout analogue à sergent infirmier ou à caporal fourrier. Les deux qualités n'appartiennent pas au sujet celle de caporal lui appartiendra quand la première aura cessé de lui appartenir, que son instruction sera ter:
minée.
Adjectifs complétés. n'étaient complétés
:
—
Ortains adjectifs n'auraient aucun
sens,
s'ils
enclin, exempt, dénué....
20 D'autres précisent leur sens par toutes sortes d'additions: prêt à la lutte, sévère
pour
les fautes
heureu.v. nécessaire à la vie
prompte (lam..
trop
Joc
H
morales, prodigue de son bien envers
d'une nation;
Août 1795.
—
soir)
à se mettre en tenue de visite (g. sand. Elle
ce rêve d' une ;
—
et t..
les
nud-
âme h s'enflammer
Thérèse... était paresseuse
ch. iv. 39).
Des adjectifs peuvent avoir un tout autre sens, suivant qu'ils sont ou compléments. Ex. propre, qui, seul, signifie le plus souvent net d'inipuretés, de souillures, à qui un complément donne le sens de apte à. 30
non
suivis de
capable de
:
propre à éveiller l'intérêt (1). Les constructions des compléments d'adjectifs varient :
plaie, contraire à la loi, odieux à tout le
Ci)
monde,
sensible
:
adhérent à la
aux bons
Les adjectifs reçoivent souvent des fonipléments que nous avons \ us à leurs lieu contiennent le sujet, l'objet, etc. respectueux de la loi, inattaquable aux acides.
et qui
traite-
et
place
588
LES ÉLÉMENTS DE LANGAGE SERVANT DE CARACTÉRISTIQUES
ments, sourd aux prières; constance digne d'éloges, complice d'un crime, soigneux de ses vêtements, sûr de soi, plein d'esprit. Il arrive que des adjectifs prennent la construction des noms correspondants.
De
:
liberté d^aller et
de venir, on
tire
:
libre d^cdler et
de venir.
Les adjectifs ont fort souvent un complément très développé, qui forme une vraie phrase Vous êtes libre de recevoir, quand il vous plaira, les personnes que vous voudrez, pourvu que... Il arrive que c'est une proposition qui complète l'adjectif ce pied plat, digne qu'on le confonde (mol., Mis., Dans un danger si faible, combien d'hommes ont trouvé leur idée 129) :
:
;
—
digne qu'ils prissent racine avec elle, et qu'ils partageassent ses chances avec elle (quixet, 1831. dans Gautier. Un prophète, p. 79-80).
I
.
.
(H APURE
II
GENRES ET NOMBRES DE L'ADJECTIF
L'adjectif est
pour marquer
un mot variable il prend en général des formes spéciales féminin ou pour marquer le pluriel (1). ;
le
Formation du féminin.
— Les
grammaires usuelles enseignent qu'on e muet à la forme du masculin. C'est là une règle tout à fait insuffisante elle n'est exacte que si l'on considère seulement l'orthographe de l'adjectif. Mais la forme écrite n'est qu'une apparence ce qui importe dans une forme, c'est sa réalité phoné-
met
l'adjectif
au féminin
,
en ajoutant un ;
;
tique, puisque le rapport
En
a.
f.,
marqué par
Ve qui terminait
la
elle doit être
perceptible à
l'oreille.
plupart des adjectifs au féminin était un
e
sourd (œ), qui, avec le temps, s'est amui. Il est vraisemblable qu'il avait autrefois la valeur qu'il a aujourd'hui dans le Midi, où on l'entend encore :
une
bel{l)e fête.
C'est vers le
Noir
XVI^
prononciation. Le
était alors distinct s.
que cet
phénomène
e final
est
de noire. a cessé d'être ainsi marcjué })ar la
sans doute venu du Xord-Est (Lorraine
Champagne). En etîet. dans ces régions, c a si totalement disparu que consonnes devenues finales n'étant plus soutenues par 1'^' sourd, se sont durcies. Un Vosgien dit. non ]ias les Vosg', mais les Voc/f non: elle est bavard', mais bavarV Dans les autres régions françaises, l'amu'issement n'a pas été aussi complet un reste de voyelle subsiste, que l'on retrouve à l'analyse instrumentale, et que l'oreille perçoit dans certains cas. Ce reste a maintenu la consonne, telle qu'elle existait au XVL' s. il cause (koz'). (/rande (grand'), et non kos', granV Quoi qu'il en soit, aujourd'hui tout adjccti/ au féminin se termine par la et
les
:
;
;
:
lettre e
parlée,
dans l'écriture. Cette règle est absolue et simple. Mais en langue y a toutes sortes de cas particuliers à considérer.
il
o Adjectifs ayant la même forme au masculin et au féminin, DANS LA prononciation ET l'écriture. Un Certain nombre d'a»djectifs ont déjà au mascul n un e muet. Ils ne subissent donc aucun changement, quand on les met au féminin agréable, utile, nuisible. 20 Adjectifs ayant la même prononciation au féminin et au masculin, mais non la même écriture. Dans certains adjectifs, sauf la
—
:
—
(1) Au chapitre du Sujet, nous a\ons traité des cas, et expliqué d'où viennent les variations des formes (voir p. 237 et 239).
— LES ÉLÉMENTS DE
590
LAXGUE SERVANT DE CARACTÉRLSTIQUES
la lettre c dans l'écriture, le féminin est semblable au mascgaL égale ; sûr. sûre amer, amère (1); meilleur, meilleure. Le redoublement de la consonne dans certains adjectifs n'est qu'un abus ortliographique l'on écrivait, dans l'ancienne langue, régulièrement
présence de
culin
;
:
;
nu\e, etc. (2).
Adjectifs terminés par une voyelle.
S*'
—
Lorsque
l'adjectif est
terminé par une voyelle, il se produit souvent au féminin, pour cette voj^elle. ce qu'on pourrait appeler un allongement compensatoire: joli (jolï), /o/z>
prend dans
L'i
(joli).
prononciation une partie de
la
portion de temps
la
qui appartenait kVe. Cette différence était parfaitement sensible à l'époque classique. C'est par elle
que s'expliquent certaines particularités de l'accord, devant une pause tête nû(e), au con-
soit des adjectifs, soit des participes,
traire nû-tcte
:
que
les divinités
:
anciens ont adorë(es), qu'ont adore
les
les
Nous avons déjà eu à parler de cette particularité (3). Adjectifs terminés p.\r une consonne muette au masculin.
anciens.
40
Une
foule d'adjectifs sont, dans l'écriture, terminés par
ne s'entend plus au masculin
:
vert,
bavard, dernier.
Il
d'applic{uer la règle des grammaires, d'après laquelle le
ajoutant et
non
c
muet. La prononciation de gris
une consonne qui donc pas possible féminin se forme en
n'est
est gri. gri
+
<'
donnerait grie
grize.
En gardant le principe traditionnel, on voit surgir une foule d'autres formes inexplicables gros (gro) > gros.'ie. bavard (bavar) > bavarde. La vérité est qu'aujourd'hui la lorme du féminin se termine par une consonne, tandis que cette consonne a disparu du masculin gran{d). grand{e), gro{$), groS{sc). Il ne serait cependant pas exact de dire simplement que la consonne reparaît au féminin, car, au masculin, les consonnes sonores qui n'étaient pas appuyées sur des voyelles, ont, conformément aux lois ])honétiques, passé aux sourdes correspondantes, et souvent ce sont ces sourdes qui figurent dans l'écriture ce n'est qu'exceptionnellement que l'orthographe a remis là une sonore comme dans grcm(d), bavar(d). Mais il suffira de rapprocher le féminin des mots dérivés. Comme les suffixes cur, aille, etc., commencent par voyelles, la consonne sonore est demeurée telle quelle devant la voyelle de ces sufïixes. ainsi que devant la voyelle e du féminin. Donc, pour trouver la consonne du féminin, il n'est Grande, comme que de considérer les dérivés avec suffixe vocalique :
;
:
grandeur bavarde
;
comme
grise
comme
grisonner
grisaille,
bavardage
:
grosse
.
comme
grosseur
;
(1).
(1) Les adjectifs terminés en cr, dans lescjucls la consonne r se fait entendre nu masculin s'écrivent au féminin par un : fier, fière. (imci; amère. (2) Dans d'antres, au contraire, le redoublement de la consonne est utilisé pour marquer le son mouillé, aujourd'hui réduit à Paris à ij gentille, pareille. De même, c'est pour pouvoir figurer la palatale sourde qu'on a dû changer le c en q dans caduque, turque, publique. Avec un e, on aurait lu caduce comme puce. L'adjectif grec conserve ('
:
avec que (3)
le c
Dans
du masculin
la vallée
de
aujourd'hui plus long (4>
Dans
nert,
:
ffrccque. la Loire, vers le
m.
dor^.
f.
Nivernais et
le
Bourbonnais,
l'é
du féminin
est
doré.
l'ancien féminin était verde
(cf.
verdeur)
:
il
a été refait sur le masculin.
encore
GEXRES ET XOMBRES DE L'ADJECTIF
591
—
Adjectifs or la consoxxr sourde devient sonore. Parmi les adjectifs terminés par une sourde, où la consonne sourde, en présence de le final, passe à la sonore, on peut ciier particulièrement les adjectifs en / ; 50
neuf, neuve; passif, passive;
Certains d'entre eux terminait, ont pris
vive (autrefois
vif,
(joli,
:
apprentif, apprentive).
apprenti) ayant perdu la consonne qui
un féminin calqué sur leur nouvelle forme. Au
les
lieu de
apprentive. on dit aujourd'hui apprentie. 60 Adjectifs ov ex même temps le timbre de la voyelle antérieure SE trouve chan(;é. Dans dernier, dernière, é fermé passe à è ouvert. Ce changement est récent. Il s'est terminé depuis le XVIIe s. Tant que ïe du féminin a eu quelque valeur véritable, é est resté fermé
—
:
pé-rœ{ père). C'était la prononciation de Corneille.
Quand
l'e
terminal
s'est
trouvé diminué au point d'être aboli,
r ne s'articulant plus avec cet e, peu à peu cet é s'est ouvert. Il faut noter que le phénomène n'a pas atteint l'Est, où l'on dit encore mon pé{re), ni le Nord où l'on dit Liéch (Liège). Quant à l'accent grave, signe de la prononciation, il n'a pas été employé à cette notation avant le XYIIP s. De la s'est articulé
même
avec Vé précédent,
façon s'explique
changement de prononciation de eu dans mal-
le
heureux et malheureuse.
—
Caprices d'orthographe.
et
Par
là s'explique
aussi,
en dernière analyse,
l'orthographe, en apparence irrégulière, de divers féminins
en
a) Des' adjectifs
devient ouverte
:
et. ol
doublent
la
:
consonne pour noter que
la
voyelle
so-tte, coque-tte.
b) D'autres adjectifs
en
et
notent
la
voyelle ouverte par
un accent grave
:
complète, discrète, concrète, inquiète, secrète, replète. c)
le
Les adjectifs en eux, ou
féminin en euse
:
l'.r
a par erreur remplacé
l'.s
ont naturellement
tunireuse, peureuse, curieuse (1).
—
70 Adjectifs où la voyelle se dénasalise. Dans le masculin bon. on n'entend pas de consonne après o nasal. Au féminin. la consonne se fait entendre, et, dans la langue moderne, la voyelle perd sa nasalisation :
bon bo-nn(e)
(2).
De même an
passe à a-n
:
paysan, paijsa-nne
L'e nasal est écrit de différentes façons
:
; il
un (œn) à u-n
:
brun, bru-ne.
correspond à des féminins
bien diiïérents. in
au féminin
—
en ain
-
i-ne
:
fin,
fi-ne
;
e-ne : ancien, ancie-nne ; ai-ne (ène) : vain, vai-ne (3).
Dans les deux adjectifs malin et bénin, la dénasalisation de la voyelle s'accompagne d'un mouillement de la consonne nasale (écrite gn) : bénin, Pour les adjectifs en eur, voir aux Noms, p. 89. Ce phénomène se remarque au masculin devant voyelle un bon ami (bo-n ami). (3) On écrit la nasale par une lettre double après un e ou un o ; bonne, mitoyenne ; par une lettre simple partout ailleurs anglicane, vaine, sereine, divine, commune. Toutefois, on écrit (1)
(2)
:
:
aussi paysanne, ^yranne.
LES ÉLÉMENTS DE LAXGAGE SERVAXT DE CARACTERLST IQUES
592
bénigne fine
malin, nmligne.
:
(avec
La langue populaire
Exceptions apparentes. ont leur féminin formé sur nouvelle Bel.
fol, folle
:
dit d'ailleurs mali-ne.
comme
sens cV adroite).
le
— !« Beau, nouveau, masculin primitif
le
vieil, vieille
;
;
mol, molle
:
devant consonne, en particulier devant
:
fou. vieux,
beôs, puis
aujourd'hui à
:
nouvel,
jumeau, jumelle. s
du cas sujet singulier ou du
cas régime pluriel devenait beals (d'où, après vocalisation de
vement réduit à beaus,
mou. jumeau
Bel, bêle, belle
6e«u, successi-
/,
Cette forme a prévalu et
bô).
langue n'utilise plus la forme bel que devant voyelle un bel{h)omme. La forme beau se trouve devant consonne un beau geste, ou devant voyelle, quand il y a une pause après l'adjectif': cela était beau à voir. 20 Frais, blanc, franc font fraîche, blanche, franche. Le k. écrit c. devient phonétiquement ch devant Ve final. Or. frais avait autrefois la forme fresc, qui donnait fresche, comme blanc, blanche. Tandis que le masculin passait à frais, le féminin est demeuré. De même grièche, qui n'existe que dans l'expression pie-grièche. est le féminin d'un adjectif disparu au XVI^ s., griec, qui a été remplacé par l'adjectif savant grec. On a formé sur celui-ci le féminin savant grecque,
la
:
:
(|ui a
remplacé grièche.
—
Des féminins j)résentent des particularités Caprices d'orthographe. d'orthographe que l'on ne s'explique guère. Pourquoi faux s'écrit-il fausse javorita et doux, douce 7 Favori fait fiworite. C'esl l'inlluence de l'italien :
(Cf. bénite, à côté
de bénie).
Quelques pauticularités. deux formes
parallèles
:
— Dans divers
adjectifs,
développé
s'est
il
exclue à côté de incluse. Chose plus curieuse, par
analogie, le masculin perclus, sans aller jusqu'à perdu, a pris un féminin
perdue. L'adjectif hébreu a pour féminin hébraïque Itmgue hébraïque ; c'est un autre mot. F*our les autres types de féminin, voir
:
aux Xoms,
les livres
—
Dans Adjectifs sans jfforme féminine en a. f. une forme commune pour le masculin et
tournois
;
>Liis le
en
type
grand,
:
l'a.
fort.
De même
les adjectifs
le
en
certains
f.,
féminin, ainsi ois
une cruel dame, une maison royal. petite devait exercer une action analogique
e/ et al
/(/
p. SS.
adjectifs avaient
que nous l'avons vu
hébreux,
une
:
livre
:
petit,
très forte
sur cette catégorie des adjectifs à forme unique. Les adjectifs en ois ont pris
forme analogue
la
du XIII»^
(1) les
Lu
;
oise à partir
fort fait
viiilU-
forme de
fonts baptismaux (font
du XII^
toujours forte au
:
fort, se
=
s.,
XV^
retrouve dans
les adjectifs s.
lioche/ort.
fontaine, est féminin).
en
et et al
à partir
(1).
On
disait aussi
:
les
leur es royaux
GENRES ET NOMBRES DE L'ADJECTIF (irand n"a suivi que 1res Lard la iendaiict; générale.
on
Il
593 était
au X\'I«'
s.
trouve à cette époque presque toujours avec est ailleurs que devant le nom (h. l.. ir, 2<S3). Mais l'époque
à peu près assimilé
;
le
un c. quand il grammaticale commençait.
On garda
expressions
des
:
grand'roule,
grand' messe, grand' place... qu'on se mit à cataloguer, (^est à tort que
l'or-
thographe a placé une apostrophe après l'adjectif, comme s'il y avait élision de la voyelle du féminin. Cette voyelle n'a jamais existé. Adjectifs sous
que
adjectifs n'ont
toujours avec
forme féminine en langue naoderne. le
masculin
:
même mot masculin
le
motif semblable
:
—
Certains
Aquilin. bot. ros(d. violât, qui s'emploient
fièvre scarlatine,
;
d'autres n'ont que
femme
le
féminin, pour un
enceinte.
la même forme aux deux peu l'inlluence générale, et tendent à former un féminin. On trouve dans Soulary châtaine : on commence à dire groqnonne, etc.. Quelques-unes de ces nouveautés sont recherchées, il est vrai, ])our des efîets burlesques, barbe sanglière (v. h., dans stapfer, o. t-.. 28);
Toutefois beaucoup d'adjectifs, qui avaient
uenres, subissent peu à
:
—
proprarienne, bricabracoise (balz..
rabageoise (scakrox, Yirg.,
Jeun. Fr.. 199) (t
1
Pour
le phiiicl
;
(cf. moi..,
d's
a(lji':-lifs,
i,
25.5);
Escarb..
—
Cous.
se. 2)
\oir;ui cirip.
Pons. éd. Ollend., 61)
;
—
la raison butordv de l'épicier (gaut.. ;
elc. (\).
(li's .Vij;;is-,
p.
100
el
S.
CHAPITRE
III
LES PARTICIPES, LES ADJECTIFS VERBAUX. LES GÉRONDIFS
non
— Tout de côté des du monde éloignée Heureuse passés jamais — Résignée! — Cont., Aur., une
Participes passés.
1»
convient de noter
triomphante
:
foule
suite,
les participes ?
:
adjectifs,
à
vis
(v. h.,
i).
armée, des souliers ferrés, une voix enrouée, un
homme
il
?
;
Cf.
indigné, un
ouvrier syndiqué. Les formes de ces participes sont celles des adjectifs ana-
Leur sens
logues.
est
absolument identique à
celui des adjectifs,
dans une
foule de cas. 2» Adjectifs «
verbaux.
— Cest
qu'on ne déclinerait plus
déclinés les
sance
«
verbaux»
adjectifs
officielle,
le
3 juin 1679
les participes actifs
»
(Regist., iv, 95).
que l'Académie décida et que seuls seraient
,
Avant cette reconnaisPour mieux dire, les
VadjectiJ verbal existait assurément.
ou non de compléments, tendaient à prendre la forme du type des adjectifs tels que grand. Toutefois, rien de régulier n'avait pu s'établir, ils ne formaient pas catégorie, d'où la décision académique. La régie qu'elle posait, facile à appliquer aux participes suivis de compléments d'objet directs, ne laisse pas d'être embarrassante, (|uand le complément est un circonstanciel. On a discuté à perte de vue sur J'ai vu des sauvages errants ou errant dans les bois. S'il y a promenade accidentelle, point d'accord. Si les sauvages errent toujours, c'est une épithète de nature, donc accord, disent les théoriciens. De grands écrivains ne se sont fait aucun scrupule à ce sujet Ni ses bras à mon cou. ni sa tête charmante Sur mes genou.x plies, comme autrefois dorparticipes, suivis
féminin, d'après
le
:
:
mante (lam., Joc, désespoir (flaub.. fièvres,
fév. 179.5)
Par
les
;
—
dans des régions farouches
Beaucoup
d'adjectifs
\
sa bouche idiote
Champs. 87) (Id.,
;
—
Éduc.
et
crispée, grelottante de
voyaient mourants par
Ils se
les
u. L35).
erl)au\ ne se distinguent plus d'adjectifs ordinaires,
on n'a pas présent à l'esprit le rapport qui les unit à leur verbe, témoin: ils soirée charmante, mine souriante, dette flottante, chal-ur étouffante sont moins regardants quelquefois (e. sue, Myst., ii, 108). Plus on Dans d'autres cas, au contraire, l'adjectif verbal surprend si
:
:
s'efforce et
d'enchaîner la raison nationale, plus
déborde (pnorDHOX, Rév. Soc., 30 Participes
bilisé.
présents.
—
cette
raison protestante réagit
6).
Le
i)articipe
présent, une fois invaria-
n'en a pas pour cela perdu son rôle dans la caractérisation
:
Vous
LES PARTICIPES, LES ADJECTIFS VERBAUX, LES GÉROXDIFS
595
suprême Où nous avons pleuré, nous tenant par la main ! Toutes les passions s'éloignent avec l'âge. L'une emportant son masque et l'autre son couteau, Comme un essaim chantant d'histrions en voyage
êtes, ô vallon, la retraite
Ray.
(v. H..
et 0.. Trist.
(lam., Joe, 6
Une dont
d'Ol.)
;
— Je m'éloignai pleurant
verbe n'existe pas. bretonnant
(Cf.
On
être
dit raison raisonnante, et sur ce
abracadabrant)
entendu
il
:
ils...
distinguée de celle du par-
s'est
continue à exprimer non seulement ;
vers les
type on a
(1).
— La forme du gérondif — La Elle répondit en minaudant barrière — venaient Anciens... 4° Gérondifs. ;
sans
place spéciale doit être faite aux participes formés sur des noms, et
le
fait breton
ticipe
et
mai 1786).
Victoire,
le
moyen, mais
la
manière
en chantant, nous ouvre
:
la
se frottaient contre leurs cuisses
—
en bombant le dos avec des bâillements sonores (flaub.. P. eh., 184, Sal.); Et les drapeaux ? demanda Hormis en pâlissant (a. daud., Cont., PorteDrap.).
comme
(1) Adjectif et participe différent parfois d'orthographe, ces bruits différant de tous les Iruils ordinaires (flaub.. Educ,
on
II.
sait
161).
:
le
cœur
se serrait
CHAPITRE IV LES ADVERBES. ORIGINE ET FORMATION
10
—
Adverbes héréditaires.
On
joindre d'anci-ens accusatifs d'adjectifs 20
Formation des adverbes.
certain
nombre d'adverbes
peut citer
:
bien. mal.
avait
Il
Il
faut y
volontiers.
Dès
le
latin
de la décadence, un
formaient par l'adjonction d'un
se
mente, qui signifiait esprit.
—
:
servi
originairement
nom
à former
latin
des
clerement (== avec un adverbes exprimant des façons d'être de l'âme esprit clair). Mais l'analogie avait rapidement étendu ce tyi)e à des adjectifs auxquels le mot esprit ne s'appliquait plus. Ment équivalait là à façon, et il était devenu rapidement une sorte de :
suffixe capable d'enrichir sans cesse la langue de toutes sortes d'adverbes II, 369 et suiv.). Comme ment représentait un féminin, il s'ajoutait à forme féminine de l'adjectif. Donc, dans l'a. f., on avait deux types d'adverbes, comme on avait deux grandes classes d'adjectifs: le [ype bonement, formé sur le féminin de bon. bo-ne; le type fortmenl, construit sur la forme de l'adjectif fort, qui demeurait la même au masculin et au féminin. Mais, de bonne heure, l'action analogic[ue entraîna vers la première catégorie d'adjectifs les adjectifs à forme unique, nous venons de le voir. Logiquement, les adverbes en ment devaient suivre le même mouvement. fortement, grandement. Ils l'ont suivi en efTet pour la plupart
(h. l., la
:
Cependant
:
a) Certains ont
iiésité.
des formes concurrentes ont lutté j)endant
et
On trouve dans
longtemps.
la
])ériode
du moyen-français
:
également
et
égawnent. loyalement et loyaument. b) Jusque dans notre langue contemporaine, à côté d'adverbes comme royalement, qui sont aujourd'hui formés selon la règle générale signalée '
plus haut,
il
en reste d'autres, non rapportés au nouveau féminin,
tels
:
patiemment, prudemment, etc.. C'est que les adjectifs sur lesquels ils sont formés (galon/, palient. prudent...) i)résentent des analogies avec le participe présent. Or, jusqu'au XVII'^ s., celui-ci n'avait qu'une tendance intermittente à prendre la forme du fétninin. Ainsi s'explique que beaucoup d'adverl)es formés sur des primitifs en ani. ent, aient été maingala,m.Taeni,
tenus sous leur ancienne forme (1)
Il
(1).
faut noter que des adverbes ont aujourd'hui une forme plus éloignée qu'autrefois de Dans l'adverbe, la nasalisation de IVj demeurait. On disait pnliàmà, élégàmà qui étaient
l'adjectif.
beaucoup plus prés de
pnlient, élégant.
l:
LES ADVERBES. ORIGINE ET FORMATIOX
Adverbes en
émen^t.
—
qu' aveugle donne aveuglément.
nombre
597
n'y a aucune raison morphologique pour
Il
On
peut admettre que cela vient du grand é, qui auraient exercé
des adverbes en ément, tirés d'adjectifs en
une action analogique dès avant
le
XVI^
rien affirmer. L'accent aigu n'était pas
s.
Il
est bien difficile toutefois
de
encore usité dans l'écriture. Dès
nous ne pouvons pas chercher des témoignages tirés des textes. D'après ceux des théoriciens, c'est au début du XVII« s. que la question s'est
lorï,
définitivement résolue (n.
l..
m.
346).
—
Autres dérogations a la règle générale. Pourquoi hardiment et non hardiement ? Puisque hardi fait hardie, l'adverbe devrait présenter Ye, Il faut voir dans ce fait l'application d'une loi phonétique générale. Quand Va du féminin a cessé d'êti-e entendu, la voyelle s'est allongée, ainsi que nous l'avons explicfué. Donc au lieu de dire hardi(e), on a dit hardi, un homme hardi, une femme hardi. Mais, sitôt qu'on ajoute une syllabe, men^ par exemple, l'accent se déplace, rallongement qui marquait encore le féminin, disparaît d'où hardimenL Dès lors, rien d'étonnant que. dans certains cas, l'orthographe ait s-uivi :
prononciation.
CHAPITRE V LES ADJECTIFS, LES ADVERBES ET LA MODE
—
Les adjectifs au XV!*^
siècle. Les divers siècles ont varié, en ce goût des qualifications. Les siècles descriptifs sont ceux qui en ont naturellement fait le plus grand usage. Le désir d'enrichir la langue, le besoin de rivaliser avec le grec avaient suggéré aux poètes de La Pléiade des recherches de toutes sortes (h. l., ii, 409). Attrayable, géantal,
qui concerne
le
sourdastre, serpentier. goiirmeux, crespelu, humble-doux, large-viste, en sont
des témoins,
parmi
beaucoup.
C'était
le
temps où
les satyres
étaient
front-cornus, les flûtes doux-soufflanles, et les oiseaux nuit-volans. Ces
mots
n'étaient pas viables.
les
La plus malencontreuse des idées de Ronsard et des noms composés, tels que porte-manteau et d'écrire
vents rase-terre,
bœuf tirasse-coutre.
le
Los novateurs n'étaient pas plus français,
de cas. ne marquent
|)as
et
—
les
le
génie du
«
le
rapport de leurs éléments.
de Malherbe, on apprit à se contenter
la suite
à la cultiver.
disparurent, mais on
s.
l'homme
Atlas porte-ciel,
heureux quand, malgré
de façon sensible
A même
L'âge classique. de la pauvreté, et surtout
:
C'était violenter la langue.
essayaient de types tels que cuisse-né (né de la cuisse) qui, faute
ils
du XVIe
siens lut d'adjectiver
Xon seulement
les
«
drôleries
»
donna congé » à de bons et beaux mots, de création. La littérature, tournée vers
on se défia de l'esprit non vers la nature, ne
et
se soucia
guère de l'aspect des choses.
Les adjectifs d'analyse étaient précieux, les adjectifs pittoresques étaient peu appréciés. La langue s'habitua dés lors à des épithètes très ordinaires :
braves troupes, valeureux guerriers, aimable douceur. Tragique avait régné
cinquante ans, fatal qui disaient,
lui
succéda. Pis encore, on se contenta des adjectifs
même vaguement,
l'impression au lieu de peindre l'objet
:
festons magnifiques, beauté à nulle autre seconde, vallées délicieuses.
Tbéophile (laulier, au monuMit des combats romantiques, s'amuser, qu'il faudrait donner «
Hippolyte étendu, sans forme
comme
sujet de prix de
sans couleur
et
>
.
disait,
Honu' aux
Le vers
est
pour
i)eintres
:
authentique,
que Racine a jugé suffisant ])our décrire aux yeux d'une amante. Les visions d'Andro-
c'est le 1579<^ de Phèdre, et voilà ce «
l'objet
»
maque ne «
qui se présentait
sont pas plus concrètes.
Des murs que
la
Il
cendre a couverts
Le romemtisme
et l'âge
y a un moment où ,
dit -elle, et c'est
moderne. -
elle
innie de Troie
:
tout.
Le XVIIIe
s.
continua dans
LES ADJECTIFS, LES ADVEIŒES ET LA MODE
599
malgré certaines protestations, et ce n'est qu'avec Chateaules romantiques que revint l'amour du pittoresque, et que les
cette voie,
briand et
beaux jours de l'adjectif recommencèrent. Les romantiques, qui en avaient fait un des moyens principaux du style, furent vivement attaqués. On se souvient des railleries de Musset. S'il
y a eu abus, en revanche d'innombrables exemples montreraient donnée au style des poètes et
quelle puissance plastique cette réforme a
même
des prosateurs depuis lors.
Même
avec des adjectifs usés, ils ont L'ombre était nuptiale, auguste el solennelle. Ailleurs, c'a été une résurrecl ion d'adjectifs rares, endormis dans l'omljre Les temps antérieurs, l'ère immémoriale (v. ii.. Lég., L'an neuf de l'H.). Tout cela sans aucune des nouveautés qui, au temps de La Pléiade, forçaient la langue. Pour être moins empanachées, les qualifications, chez les réalistes et les naturalistes, ne sont pas moins al)ondantes. Dans les œuvres des Goncourt, elles sont le style même. phrases jusque-là inconnues
fait des
:
:
Certaines catégories d'adjectifs ont eu ainsi de nos jours une faveur Ijarticulière,
ceux en
d'abord. Style imagé a été créé par Mercier, dans sa
é
Néologie, 1801. Cf. bouqueté
Mém..
hêtres (chat.,
Rom. de D. cosmétiquée (a. dwd.,
LisLE. Po. très
tr..
Eux, euse
:
des pentes roses ou bouquetées de cépées de
— banderole Les mâts banderoles (lec. de Fad.) — cosmétique sa moustache blonde,
xi. 217);
:
:
;
Jack, 44)
forte
(1).
répandu genreux, soireux, seizemayeux), est l'un des sufaux impressionnistes qu'aux romantiques. A. Daudet s'en est escrimé la parole d' Argentan non plus terne et geigneuse comme à l'ordinaire (Jack, 232). Des impressionnistes ont prétendu lui faire traduire de subtiles nuances de pensée. C/est ainsi que, à côté de lixes qui
(très
a servi le plus, tant :
insinuant, qui existait déjà, on a créé insinueux Rois,
En
4()).
: la vie insinueuse (id.. une nwquerie sourieuse (gon'court, Journ., 12 mars 1874).
Cf.
réservé surtout aux adjectifs exprimant des qua-
outre, au lieu d'êlre
lités
morales, eux s'est étendu rapidement dans la langue avec
pourini de. composé de
algueux. coquillageux
:
;
—
le
sens de
Elle roulait au
gré de
tous les courants marins, luisante, algueuse, coquillageuse (a.
daud.. Port-
Tarascon, 247-248). Parfois l'adjectif prend de la valeur du fait qu'il est rapporté par image à un mot auquel il ne convient pas directement. A propos d'enfants, on parlera de leur sommeil tiède et rose. Lamartine disait déjà: La tiède attraction des rayons d'un ciel chaud (Joe.. 16 mai 1801). C'est devenu un des procédés du style moderne elle reporta sur lui seul la haine nombreuse qui :
ennuis (flaub., Bov., 119). ne faudrait pas croire que la langue littéraire
résultait de ses Il
les adjectifs. les
La langue
soit seule à
«
politique n'en est pas moins gorgée.
affectionner» Il
y en
a dont
plus hauts personnages de l'État ne nous font pas grâce. iVctuellement
(1) Cf.
ceux en
esqiie, ier,
nesque, troubadouresqiie
;
iti.
éen,
uprilin
;
dont
le
développement avait été assez
céniléen, hyménéen.
lent jusquc-Ui
LES ÉLÉMEXrS DE LANGAGE SERVAXT DE CARACTERISTIQUES
(iUU
la
vogue
vité...
est à inlassdblc (infatigable étant
Quand on
démodé)
:
Votre inlassable acti-
parle de l'alliance ou de ramitic avec les puissances étran-
on ne saurait se passer d'indéfectible. Les épithètcs ne sont pas moins flamboyanles chez les orateurs populaires. C'est un des pires abus du style
gères,
actuel.
— —
Les écrivains du Les adjectifs verbaux en langue moderne. s. ont usé cl abusé des adjectifs verbaux ces narines larges, reniun ruban rose dans flantes, aspirantes (flaxb.. Par les champs. 74) SCS clieueux bouclantS (m.. Éduc. ii. 208) Toute heureuse, toute gaie, toute espérante (coxc. G. Lacert.. 64) es-tu bousculante. Germinie! XIX<^^
:
;
:
(ID..
//)..
38)
;
— dans
la
l.. III. HT*.
On
se
—
pour
/)"
Pasc. 212).
(Chaque éj)oque a eu des adverbes
à la
modo
souvient des échantillons du sonnet de Trissotin
Votre prudence est endormie.
bement Votre plus
;
poussière craquante des routes (zola.
Usage des adverbes. (h.
—
—
cruelle
se récrier là-dessus.
De
:
magnifiquement Ht de loger super-
traiter
ennemie (moi... Fent. Scv.. 7(il). Il faut être Bélise Les ad\erbcs en nient, si lourds, n'ont jamais
passé pour des l)eaulés littéraires.
Quelques grands écrivains du XIX'' s. sont cependant arrivés à en tirer par la place cpi'ils leur ont donnée Et. tnmciuille au milieu de l'épouvantement. Vient, passe, et disparait majestueusement (lec. de l., Po. tr., fiarti,
Albatros),
:
l-'hinljcrl a
souvent,
lui aussi,
de coutil formait un large dais sur sa
de semblables trouvailles: la tente
tête,
et les petits
bordure tremblaient à la brise, perpétuellement (Éduc.
glands rouges de i.
!.")).
la
CHAPITRE
VI
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES ENTRE ADJECTIFS ET ADVERBES
—
Réalité et convention. On traite d'habiLiide à part de la manière le nom et de la manière de qualifier le verlic. A l'un l'adjectif
de qualifier
et ses substituts, à l'autre l'adverbe et ses tenant -lieu. est bien certain qu'il y a dans cette distinction quelque cbose d'exact. on considère d'abord les moyens employés, ils ne conviennent pas tous indifféremment au nom et au verbe, tant s'en faut. La proposition relative, par exemple, d'un si grand usage avec le nom. n'a point de lieu auprès du Il
Si
verbe.
Inversement prenons
le
verbe parler. Toutes sortes d'expressions carac-
térisent l'idée qu'il renferme
:
parler allemand. chrétien: parler à mots couverts,
avec feu, à bâtons rompus, d'abondance, en maître.
Aucun
de ces locutions
ne convient au substantif parole si on considère le rôle j ué par les caractéristiques données un être d'une part, à une action de l'autre, on s'aperçoit qu'il y a parfois une différence qui peut aller jusqu'à la contradiction. Il arrive en effet que l'adjectif accolé ^u ncm représente une manière d'être permanente de l'être ou de l'objet, tandis que l'adverbe accolé au verbe exprime une caractéristique d'une action passagère M. Wilson. homme essentiellement pacifique, est intervenu dans le conflit mondial, militairement — un homme vertueux, d(ms un moment de faiblesse, agi! mal-
D'autre part
à
un
objet, à
:
;
honnêtement
;
—
un ouvrier adroit
fait
une chose maladroitement,
et ainsi
de suite.
Et ce n'est pas seulement un acte des dispositions durables. ils
Comparez
isolé et :
ils
travaillaient seulement à cet ouvrage.
éphémère qui peut s'opposer
à
travaillaient seuls à cet ouvrage, et
Le
rôle de seuls est tout différent
de celui de seulement. Très souvent l'usage a créé des locutions dont le sens varie considérablement, suivant qu'on se sert d'un adjectif ou d'un adverbe auprès du verbe. A parole, expression basse, correspond parler bassement : à voixbasse correspond parler bas. Mais parler hautement, c'est parler en nmître.
avec hauteur, tandis Il
que parler haut,
c'est parler à voix haute.
faut ajouter que le latin faisant usage de qualificatifs pour
manière,
il
français se missent à brouiller adjectifs et adverbes satisfait
A
marquer
la
n'en fallut pas plus pour qu'à certaines époques, les écrivains
ses
honneurs (roxsard. Odes,
i.
1)
;
:
Pour, deuôt n'cwoir
— Las
!
ce
qu'on void de
LES ÉLÉMENTS DE LAXGA GE SERVANT DE CALiACTÉRISTIQUES
Wri
mondain Jamais ferme ne formellement ce procédé
fonde
se
(id.. Ib., x, 3).
Use des noms pour
:
combattent obstinez, pour obstinément, et ///..
1.
il
Du
Bellay recommande
comme
adverbes,
les
:
Hz
vole léger, pour légèrement iDef.
ch. 9).
II.
A lépoque
de Malherbe,
exemples sont encore fréquents reçoy dans brunot, Doclr.. 361). Mais Malherbe fut très sévère pour ce latinisme. Il barra
favorable
De
les
:
ces tristes présens l'offerte pitoyable (bert., 145,
:
même
Si vous voulez immortelle durer, et
Elle flotte incertaine en celte
:
La mode passa avec l'abus. L'usage resta. Les exemples fourmillent dans les textes de toute époque. A certains endroits, on pourrait mettre des adverbes La Reine impatiente attend votre réponse (rac. Atli.. 983). x\illeurs, non La lourde berline allemande extrémité (iv, 299 et 389) (1).
:
:
roulait lente et funèbre (michf.l.. név..
108)
;
— Quelle âme avait clumté
Et brûlé plus limpide en des yeux inspirés ? (lec. de Hypatie) la clarté Brillait sereine cui front du ciel inac-
sur des lèvres plus LisLE, Po. ant.,
m.
belles.
;
—
Le sac. de la F., i). présente une foule d'occasions où
cessible (v. H., Lég., Il
se
de
les
caraclérislifjues de l'action
mêlent ou se confondent. Dans
T/? membre du parti de Et grave, me disait (v. h.. Chat.. Par. d'un cons.). le caractère général du porsonuage est visiblement donné pour que le lecteur retende à la circonstance particulière.
et
l'être se
:
l'ordre, véridique
Si l'être a
des caractéristiques permanentes. Laction i)eut être aussi sans
durée limitée
de
;
même
fleurs, et de lumière, et si les
anges causer sur
l'état. Voici
haute,
une phrase
haute dans
:
la
mansarde
si
pleine de
que parfois on entend
le ciel,
(zola, Cont. à Nin., 30). Supposez qu'on
le toit
s'élève si haut, si haut.
si
Où
serait la difTérence ? (2)
ait dit
Si l'action est
:
d'une
durée limitée, la caractéristique du sujet peut l'être également. Il n'y a aucune difTérence entre Elle se montra généreuse en cette occasion, et elle en usa généreusement en cette occasion. De sorte ([ue théoriquement on arriverait déjà à celte conclusion (pie les caractéristiques du nom cl du xtihc doivent en certains cas coïncider Le malade dort tranquillement ou tranquille — mon idéal serait de vivre paisible ou paisiblement à la campagne. :
:
:
;
Or, en fait,
.
on
il
arrive bien souvent cju'on ne sait ])as dans une phrase
doit ra])porter
une caractéristique à
l'être
dizaine d'années, l'allure pleine de hardiesse
et
ou à l'action de
(loti, Mat., 6). Sans doute l'enfant avait en ce
vie...
:
Un
marchait délibérément allure dans
moment-là cette
sa marche, mais elle lui était peut-être habituelle, cela est
même
Est-ce qu'on va pouvoir distinguer ce qui appartient à l'action
appartient à son auteur, dans
(1) H. L., 11,
409
(2) Elle serait le
;
m,
:
Vis.
si
enfant a'ure
probable. et ce qui
amassant Crime sur crime, en proie
(Uix
460.
complète cnlre
:
/
sens verlieni, et la fenêtre est haut,
fcnèlir est lutute, c'cst-;\-flire c.-;i-ci.
(/
iitic
plaeée à une grande hanlenr.
(jrande dimension ditns
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES ENTRE ADJECTIFS ET ADVERBES soudaines alarmes Des nuits, épouvanté, furieux, impuissant LiSLE, Po. I;
Lév. de Magn.)
tr.,
603
de
(lkc.
!
?
n'est pas plus facile de distinguer ailleurs ce qui appartient à l'action
et ce qui appartient à l'objet
elle
:
Une page d'am..
sa mère (zola.
—
adverbialisés.
Adjectifs
adjectifs au neutre s'emploient
noua
autour du cou de
ses bras convulsifs
190).
Depuis
plus
la
concurremment avec
372). Cet usage est très classique
:
ancienne les
ia'Lue.
adverbes
es
(h. l..
ii,
penser bien creux (hautef... Crisp. Méd..
— marche doux — doux (montfl.. Bourg, de — parler doux (th. corx.. Am. à mode. m. Éc. des Jaloux, bon, Aujourd'hui nous disons tout semblablement jaune — — cher payer, mauvais — vendre, — — chanter faux, haut, bas — voir bon, ferme juste — mener ferme, roide — doux sonner creux, plein — — raisonner faux 7)
III,
quai.,
(id..
:
i.
9)
2)
ii.
la
acheter,
;
juste,
Il
est à
;
tenir
;
nuirclier droit
sentir
;
revenir, vcdoir
coûter, coter,
;
;
1).
rire
:
clair, net,
aller
;
;
;
;
;
///(/•
;
(1).
remarquer que
ce sont
qui se prêtent à cet emploi
:
seulement certains adjectifs, brefs
et
anciens,
juste, bon, ferme, net. dur, raide, creux.
A la
Renaissance on avait formé des composés tels qye doux-fleurant (2). certains adverbialisés ont été en concurrence avec les adverbes correspondants vendre cher ou chèrement sa vie. Le choix ne s'est guère :
Longtemps
:
déterminé que par des caprices de langue. Ce qui est remarquable, c'est que non seulement il existe des expressions faites, mais que le tour avec l'adjectif se
prête à des extensions analogiques
Éduc,
r,
82)
;
— Je
toute sa gentille I,
79). C'est le
dit
un pauvre
suis...
être
la
:
multitude voit bête (flaub.,
qui voit triste (dur., Uniss..
1)
;
—
personne sentait frais comme un bouquet (flaub., Éduc,
verbe parler qui
non seulement parler
se prête le
mieux
à cette construction.
On
ferme, à côté de parler clairement, fermement.
clair,
mais parler allemand, anglais, hébreu, parler chrétien, et même parler il faut aussi mentionner le verbe faire. On dit non seulement
Vaugelas. Mais
cela fait bien, mal, Il
souvent
est
mais
cela fait joli, distingué,
attribut. Point de doute
pour
commun,
etc.
de distinguer cet adjectif de manière
fort difficile :
jeter bas. Mais:
semer
le
grain épais,
dun
moudre
le blé a poussé dru peuvent s'interpréter des deux façons. a\ec des nuances à peine sensibles. Il n'y a guère de différence non plus à dire étends la nappe bien plat ou bien plate.
fin,
habiller deux enfants pareil, vous cousez trop lâche,
prêtent à contestation.
Ils
Adverbes adjectivés. ficatifs
—
De même que
l'adjectif et les autres quali-
même
s'emploient pour caractériser des manières d'agir, de
des
locutions de manière s'emploient pour caractériser des êtres et des choses. (1)
deux ou
(2)
On peut
seul à seul.
daud., Imm., 24) 7a femme... parlait raide (ro., Ib., 76). ajouter que nous avons quelques expressions adjectivés composées petit à petit,
Irois vers cités juste (a.
;
:
(i04
ÊLÉMEXTS DE LANGAGE SERVANT DE CARACTÉRISTIQUES
.LES
un
C'est
(.''Change perj)étiiel
travailler à l'heure,
aux
On
:
dit
du travail à l'heure, aux pièces,
comme
pièces.
Ce sont d'ai^ord es noms d'act on qu"on trouve carac érisés à la manière son arrivée à cheval ; les journaux parlent de /'envoi directement
de verbes
dans
le
:
port du (Aiirassé Patrie.
Ces constructions s'étendent aussi à des substantifs
comme
noms
d'action, au
n'apparaissent
cjui
moins au premier abord
un repas à la Et si on soutient cju'ici repas éveille les mêmes idées cjue le verbe manger, l'explication ne vaut pas pour Une femme bien. Cf. Un Jour je vis. debout cm bord des flots mouvants, Passer. ..Un rapide navire {y. h., Cont., pas
des
:
carte.
:
Prol.
)
;
trouver Si
— Frédéric
r/un.s
se
rappela
les
jours déjà loin où
une de ces voitures (flaub., Éduc,
on a tant tenu à séparer adjectifs
et
i.
il
enviait
le
bonheur de
se
366).
adverbes, c'est certainement à
mots en Mots Mots invariables, en vue des questions d'orthographe c[ui se posaient. Rien n'est plus curieux à cet égard que les efforts de "Vaugelas pour arriver à distinguer même adjectif et même adverbe, qui l'ont entraîné jusqu'à proposer de mettre à même adverbe une s, quand il était joint à un nom au singulier. Celte devait servir à faire reconnaître qu'il n'était cause de l'importance qu'on attribuait à
varialîlcs et
.s
pas adjectif.
la classification des
CHAPITRE
VII
NOM EN FONCTION DE CARACTÉRISTIQUE
LE
De même qu'une l'avons vu
qualification s'individue en
fidèles),
{le
de
même,
et
inversement,
des individus, prend un caraclère général de
comme un
qualification, qui s'applique
nom
d'être, ainsi ([ue
nom, au
le
nous
lieu de design r
nom d'espèce, et devient une En partant de un père, si
adjectif.
on généralise, on arrive à la catégorie des pères, d'où être père. Il faut bien prendre garde que, quel que puisse être le rôle de l'article et de ses équivalents dans la substantiflcation, il ne sufTit pas de les supprimer pour opérer la transformation. Quand La Fontaine dit Sera-t-il Dieu, sera-t-il un Dieu, une table, une table fjii cuvette? le sens est certainement euvette ? Il n'y a pas détermination, ma^s il y a encore individuation. Au contraire, par Elle sera mère d'iei quelijucs jours, on veut dire qu'elle entrera dans la catégorie des mères, qu'elle j)rcndra ce caractère. La langue a employé de tout temps ie nom comme adjectif. Voici des exemples classiques Qu'il a bien déeouvert son cime mercenaire ! Et que peu (mol.. Fem. s(u>.. 1727) philosophe es: ce qu'il vient de /aire Que voilci :
:
:
:
:
.'
— Que
;
— —
Judas (id.. B. G., m. 10) Il est vrai que le mot est bien collet monté (id.. Fem. .sy/p.. '^ôi) — Vous êtes roi, moi père, et l'âge vaut le trône v. ii.. Le roi s'ani., i, 5) Dieu ! que c'est bourConnue c'est fêtede famille !( scribe. Une /aute, i. 3). Comparez dans geois! la langue courante // est commerçant mon frère est peintre pendant qui
est scélérat
!
cria est
!
:
;
(
;
—
:
;
la guerre j'ai été interprète
lilas,
:
;
—
dans
Les uns sont entrés
adjectifs, tels
unique
—
etc.
la désignation des couleurs que les noms sont profondément dans ce rôle cfu'ils sont devenus violet, rose. Les autres restent noms, et gardent leur forme des cheveu.r acajou prune, cerise un teint brique
C'est particulièrement utilisés.
—
si
;
—
;
—
;
—
une robe feu.
Chez
les techniciens,
classées par séries,
comme on dn
«
où
on désigne
elles
les
couleurs
])ar
des numéros, elles sont
ont chacune leur cote. Cq sont
les
»
références»,
en matière de commerce. Mais on n'imagine pas un catalogue Bonheur des dames », lançant une étoffe sous le nom de Z 335. Semdit
La réclame
blable désignation ne dirait rien à l'acheteuse.
s'ingénie
donc
à trouver pour le public des.caractéristiques. Elles sont souvent sans rapport
aucun avec l'année
:
les objets.
En
revanche,
velours Cyrano, tango, etc..
journal indiquait des vêtements
«
elles
rappellent les
Pendant
événements de réclame d'un
la guerre, la
Sirène», pour
les soirs
de gothas. Aussi
60(3
le
LES ÉLÉMENTS DE LANGAGE SERVANT DE CARACTERISTIQUES nombre des noms employés pour
beurre
frais,
couleurs
les
un ruban marron, bouton d'or,
est-il illimité
paille,
:
des gants
maïs, des souliers
Cham-
pagne. Si les couleurs
donnent particulièrement
faudrait pas croire que l'usage se limite
là.
— obtenir
lieu à
Ainsi
:
employer des noms, il ne avoir des airs dandy ;
—
—
un suceès bœuf ; être victime d'une prendre des airs Régence un éléphant nain, pygmée, aventure farce j'ai pourtant l'air un peu paquet avorton (la font.. Fabl., x, 13. v. 26) Januiis il n'y a rien eu de si pur, de si ange; de (miss.. Minii Pinson, vu) ; si agneau et de si colombe que cette chère nonnain (id., éd. Lem., m, 256) Les plus hardis auraient abaissé la paupière Devant cet œil Méduse à vous une femme de chambre, au port changer en pierre (gautier, Alb.. 61) il gardait si princesse... (barbey d'aurév.. Une vieille maîtresse, i. 69) Je lui sais gré de la son mépris fanfaron de l'ennemi (zola. Déb.. 232) façon aisée, discrète, vraiment gentilhomme, dont il mène sa cour près de moi (PRÉVOST, Mar. de Julienne, vi. 30) Elle éclaire... cette lune, autant Une un soleil un peu fantôme (loti, Désert, 150) qu'un cnitre soleil. casserole monstre attirait aussi son attention (p. et v. margueritte. Brav. garder l'allure peuple ;
—
;
;
—
—
;
—
;
;
—
;
;
—
;
—
—
—
—
;
—
gens. 237).
Les noms ainsi employés adjectivement sont souvent des composés pot-au-feu
— Et
:
c'était
Déb.. 55).
fin-de-siècle
:
une allure fin-de-siècle
bon enfant, gai
et joli,
;
— une
étoffe
bon marché
:
;
toute la vieille guinguette française (zola.
CHAPITRE
VIII
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES ENTRE NOM ET ADJECTIF
Il
y a des cas tout à un nom Mon
afïaire à
:
de Chaville.
Dans
le
l'ail
tranchés, où
frère est
premier cas.
si on a médecin
sens indique nellenienl
le
Mon
médecin à Chaville. c'est l'idée
frère est le
cjualité ciui est apjiliquée
d'une
mot évoque les notions générales qui se trouvent attachées au terme de médecin. Dans le deuxième cas, la personne en c^uestion est à la personne
le
;
comme
indiquée
celle
qui exerce cette profession à Chaville, et qui est
seule à remplir ce rôle. et
:
son père
vSi
On
distinguera de
même
:
son père
proviseur
;
on restera encore
à la première phrase on ajoute à Louis-le-Grand,
dans
la qualification,
chef.
De même
tout en indiquant l'étahlissement dont le sujet est le
à la rigueur,
si
de France à Alger, maintenant
Mais qui ne voit
on il
la fragilité
dit est
:
Il
a
été
d'abord directeur de la
Banque
directeur général à Paris.
de ces distinctions purement théoriques, En prenant cette fonc-
qu'un directeur général à Paris ? personnage n'est-il pas individualisé (1) ?
puisqu'il n'y a tion, le
est
proviseur de Louis-le-Grand.
est le
Quand
l'article est l'indéfini, les différences sont
analogues. Comparez
:
—
cet individu est une coquette une franche canaille, et cet individu est franchement canaille. De même vous êtes un théoricien, un savant, un historien, une paysanne, des révolu-
Céliwène
est
coquette, et
:
Célimène
est
;
:
:
tionnaires, des anarchistes.
Toutefois l'article
un
il :
faut ohserver d'ajjord que l'on ne peut pas toujours ajouter
Ce peintre m'ahurit.
Il est
un fou
n'a point de sens.
Il
faut dire:
un fou. En second lieu, le sens change parfois, suivant qu'on ajoute un ou non. Je suis femme veut dire, j'ai le tempérament, l'esprit, le cœur,
c'est
femme; cette phrase s'oppose à: je suis une femme compte dans le sexe féminin). Dès lors on devra dire Quand on est une Quand campagnarde (une femme née à la campagne), on vit à la campagne; on est ca/npag'nardc voudrait dire plutôt quand on a des goûts campagnards. La nuance est faible. Vous êtes un Quand au nom on ajoute un adjectif, l'article reparaît homme éminent, un citoyen utile. Le changement ne se fait pas nécessairement dans les expressions toutes faites et composées. Comparez vous tous les caractères d'une (je
:
—
:
:
:
(1) Les rafTincments peuvent être poussés très loin. Supposez qu'on modifie légèrement la phrase et qu'on dise i7 est devenu directeur général à Paris, le sens reprend de la généralité, parce que les directeurs généraux se succèdent, et que dans la suite des années il y en a plusieurs. :
LES ÉLÉMEXrS DE LANGAGE SERVAXT DE CARACTÉRISTIQUES
608
bon enfant, brave homme, bon garçon, à
êtes
homme. Rôle des articles.
brave
que
— Dans certains
vous
:
cas, la
êtes
un bon
enfant,
présence des articles indique
sujet qu'on qualifie réalise le tj-pe de l'espèce: Celui-là.
le
officier
;
— Pierre
est espiègle,
un grand rôle. Avec d'autres verbes que
cest le
gamin
un
(le
vrai gamin).
c'est
Le ton joue
un ici
observations à faire sont analogues.
être, les
Elle était Cependant, en certains cas. l'addition d'article est impossible une coquette. née coquette, non Les attributs de l'objet donnent lieu à des observations analogues. Cependant toute addition d'articles est impossible dans traiter en reine, nom:
:
:
du reste complètement la possibilité d'individualiser plus ou moins. Ils l'ont élu député a un sens général (On lui a donné une qualité, une fonction). Mais, en changeant le Les électeurs de verbe, ou le sujet, ou les deux, en disant par exemple conseiller, élire député. Cela n'exclut pas
mer
:
est
:
comme député, ou restreint singulièrement (le sens député). De même, nommer président signifie attribuer la
l'ont choisi
Mirecourt
comme
leur
Le ministre de la Justice si on précise président de la 10^ Chambre, cela veut dire qu'il a donné à cet homme un il en a fait le président de la lO'^ Chambre. Lorsposte déterminé, unique La Chambre a nommé M. X. président par 484 yo/.r contre 136. qu'on dit détermination, nommé son président. il faut entendre, malgré l'absence de Plus rien de général. Il s'agit bien d'une fonction qui n'appartient qu'à
qualité générale de président. Ainsi vient de
nommer M.
dans
la
phrase
:
X.. président de Chambre. Mais
:
:
:
un homme. Nous ne sommes pas bien (1) Ilapprochc'z
r&
fait
:
Le cimcliwe
généralissime.
/'a fait
pape
;
—
loin de l'individuation
In
Fmtitlc
l'a.
nommé
doyen
(1
).
CHAPITRE IX LES COMPLÉMENTS NON PRÉPOSITIONNELS
Les compléments au cas objet de l'a. marquer la manière s'en va le pas
suffisait à
donés qui là vient
le trot (Percev.
l.
—
î.
:
;
Gai.. 8344).
p;:n
a.
Il
le
T.,
Le ranci a
cas-objet
Me
cel escuier
en est resté une foule de
locutions et de tours troller l'amble, s'en aller grand train. En outre on construit beaucoup de compléments de cette façon. ]iarticulièrcment ceux qui marcjuent l'attitude // était debout, la tête penchée en avant // parlait le cigare aux lèvres ils marchaient bras dessus, bras dessous un poignard à la main, l'œil fixé sur ta trace, Je vais (v. h.. Hem., i. 4) :
:
;
Joe, 6 mai 178G)
main
(
;
un de
(nij>rès. ;
— J'entrerai
v. n.. Clu'd..
Au
ses bras passé
Seigneur, la
là.
A Tob.
pass.)
;
cou de notre mère (lam.. justice dans l'âme Et le
— Tous s'abordèrent en s'enibras— même vue
s(uU. poitrine contre poitrine (flaub.. p. Chois.. 185, Sal.) ainsi... elle était
la
charmante, la
mise gentille, simple
fait est (jue le
— — ;
— Ma sœur assise fouet à la
;
—
et
taille svelte et
souple, la
;
nuque
presque distinguée (loti. Mat., xxxi.
Tarasconnais
était
très (i.'.)
:
jolie,
— Le
à peindre, trapu, le dos rond, la tête inclinée
passe-montagne en mentonnière de casque et son petit œil flamboyant qui visait le famulus épouvanté (a. daud.. Tari. Alpes. 102): Elle était immobile à côté d'Olivier, sa petite main tremblante placée tout ]>rès de la main du jeune homme et fortement crispée sur la nunpe. la tête penchée dans
le
—
vers la mer, avec les yeu.v demi-fermés, cette expression d'égarement que
donne
le vertige,
et
presque
Dom., XI. 18 4). Les modernes usent
très
l'insolence de son sourire
—
la
pâleur d'un enfant qui va mourir (from.,
hardiment de
ces
compléments
un moment tombée,
la lèvre
:
// était livide,
tremblante un peu
(LEM.. Rois, XV, 62); C'était le gérant qui l'interrogeait du bout des dents, un gérant très chic, jaquette rayée, favoris soyeux, une tête de couturier pour damés (a. daud., Tarf. Alp.. (i). Il faut observer aussi qu'on les applique non seulement aux attitudes de l'homme, mais à l'aspect des choses En face de la chapelle Saint-Sébalt à Nuremberg... s'élève une petite auberge étroite et haute, le pignon dentelé, les vitres poudreuses, le toit surmonté d'une Vierge en plâtre (erck. ch., L'ag. :
Alijstér.,
Gont. tant.)
mauvais temps souple
et
;
légère
;
—
A midi
la
Marie iwait tout à
ses écoutilles fermées
(loti, Pêch., 78).
et
fait pris
ses voiles réduites,
son allure de
elle
bondissait
CHAPITRE X LES COMPLÉMENTS PRÉPOSITIONNELS.
—
Rappoï*ts et différences entre adjectifs et compléments. Il y où on peul indifféremniciit se servir d"un adjectit ou d'un complément travaux des champs travaux champêtres. Cf. Une figure géométrique et une figure de géométrie : le virus pesteux elle virus de la peste. Mais souvent adjectif et complément ont des sens bien divers. Ainsi dans un mot historique et une page d'histoire. Le premier signifie un mot (pii a le caractère de véracité qu'on reconnaît à l'histoire. Une journée historique, c'est une journée qui compte dans l'histoire. Les grammairiens s'efforcent en vain de lutter contre la confusion c^ui tente ici de s'établir. Nous avons vu des compléments subjectifs contenus dans des adjectifs une victoire démocratique, la force ouvrière. Des compléments objectifs aussi ont la même forme élection présidentielle. Toutes ces façons de parler gagnent par analogie. On dit aujourd'hui coua (les cas
=
:
—
:
:
ramment tale, 11
:
un
critique musical,
le
fauteuil présidentiel (1). Convention pos-
l'union monétaire, sont des expressions officielles.
ne serait pas
de citer des textes d'écrivains
difïicile
:
Des groupes de
bourgeois locaux... se désignèrent par leurs chapeaux de paille
Mysl.
d.
II,
/.,
10)
—
;
la
clameur ouvrière enjoignit
le
(p.
adam,
silence (id..
Ib.,
2:^).
II.
La construction consiruction
ment dans
:
Le
de gloire.
roi
passé dans
avait
les
—
textes
De
l'héhrcu
et
du
bibliques latins,
des Pères. Elle apparaît en français dès
les écrits
grec, celle
particulièrele
XII"
s.
:
couronne de gloire, f)ieu de majesté. D'où en a. fr. les analogues veie de felunie, œuvres d'iniquité, esprit de sapience, paradis de délices, parole :
de vie.
Au XVI''
s.,
certains poètes. |)leins de souvenirs bijjliques. en particulier
De ces bouches d'erreur les orgueilleux blasphèmes (Trag., 136) Cf. homme de sang, ministre d'injustice, bouche de louange, yeux de feu, banquet d'horreur, etc.; céleste Beauté. Blanche fille du Ciel, flambeau d'éternité (2|. d'Aubigné, ont aimé ce tour :
:
—
—
Les ciassicpies se bornèrent en général à celles de ces exjjressions qui
(1)
Les Suisses disent
la
question ferrugineuse.
(2) Voir TiŒXKL, L'anc. Tesl. et dans rdùinre poétique ir A (iripft'i
la d'
Il
y a des emploiiés ferroviaires.
l. fr. du M.-.Age. Paris, Cerf, 1902, A ubigné, Ib., 1901.
p. <).5,el L'élément biblique
LES COMPLÉMENTS PRÉPOSITIONNELS étaient usuelles. Cf. cependant
:
Aucun chemin de
611
fleurs ne conduit à la
gloire (la font., Fabl., x, 13).
servis
du
même
vains depuis eux n'ont jamais abandonné.
Ils
disaient: Électeurs de drap
Les romantiques
se sont
d'or, cardinaux d'écarlate
beaucoup
;
procédé, que les écri-
des yeux de caresse. Les prosateurs ont suivi.
Ainsi Renan, tout plein d'hébreu
:
Mes
vieux prêtres...
m' apparaissaient
mages ayant les paroles Ae l'éternité (ren., Souu. d'Enf., m, 133). tous les êtres de naïveté Cf. des mains de travail (gonc, G. Lacert., 115) et de spontanéité (a. daudet, Imm., ii, 18) son regard de prière (loti,
comme
des
;
Pitié, fuS)
;
— sa calme figure de docilité •
on n'apercevait, par intervalles, qu'une ses ailes de silence
(rosny, G. du Feu.
;
et
—
—
de courage (zola, Déb., 169) rampante on quelque hulotte sur ;
bête
m,
—
20).
CHAPITRE XI LES PROPOSITIONS ADJECTIVES
La caractérisation
est
souvenl dans une proposition conjonctive
ineillard, qui atteint quatre-vingts
—
— une photographie qui France nom — on
ans
;
:
un
est passée
;
se trouvait un homme célèbre, dont toute la sait le dans une vaste cour quadrangulaire. que bordaient des arcades (flaub.. '_
;
P. chois., 183, Sal.).
La
» fait un des objets Théoriquement c'est elle qu'il faut signaler chaque fois que l'élément dont elle dépend est déjà déterminé ou ne doit pas l'être, car en d'autres cas, on a affaire à une déterminative. Nous avons assez marqué en quoi consiste la détermination pour ne pas insister ici sur cette différence il suffira de rappeler combien il est hasardeux de poser des formules. Tout dépend du contexte. Qualification ici, déter-
distinction de cette
«
proposilion qualificative
essentiels de l'analyse scolaire.
;
mination
là.
Rapports
différences entre
et
souvent un rôle la
forme
On
réelle
a fait
(Art
grande
et
affaire de
phrase conjonctive jouent scrutant, serrant la forme,
Dec., 1909, 178).
affaire
de
la
question de savoir
tuaient ou non une ])roposition,
Simple
participes et propo-
adjectifs,
—
En f. m.. ])arlicipe et identicjue: On y devinait l'arlistr
sitions conjonctives.
quand
ils
si
ces participes consti-
n'avaient point de sujet propre.
convention. Voici une phrase de G. Sand
:
Les influences
domestiques... chassant par la raillerie les fantômes célestes errant tniiour de
son berceau, lui enseignèrent à chercher satisfcu'tions matérielles
(Lélia.
i.
28).
Il
le
est
sentiment de
t'e.vistence
dans
les
bien clair (fu'on pourrait tra-
par qui chassaient, errant par qui erraient. Qu'on le fasse ou non, cela ne change rien au sens. Non seulement quand le participe a un coniplémcnl d'objet, mais même
iluire chassant
quand
le
verbe est subjectif, on est souvent fort près d'une proposition Novembre, dans la brume errant de roche en roche. Répond au
conjonctive
:
hurlement de janvier qui s'approche
(v. h.. Lég..
Evirad.. m).
—
Souvent, jusqu'au XVIIe s., on ajoutait à Et qui et les adjectifs. une (fualilicalion donnée une caractérisation nouvelle, sous forme d'une fne pièce d'argent n'est pas proposition conjonctive commençant par et :
mauvaise, pource qu'un ctrcmger.
et qui
n'en connoît point
le coin, la refuse
LES PROPOSITIONS ADJECriVES (MALH.. Tr. Sénèque.
— Seuls — Seuls,
—
les
nommant
v. ch. xix)
—
;
De
613
ce palais ils sont sortis
et qui serabloient tout bas se quereller
?
en
1.
ensemble.
(corn., Cid, 502)
;
redoutables, et qui remplissent l'esprit de frayeur (boss.,
Expl. Messe. 167). Cf.
//
poèmes) de Racine, (LA BR.. Car., Ouv. es]j.. entendre ici et qu'ils). (les
semble qu'il y et qui r)4.
On
ait
plus de ressemblance dans ceux
tendent un peu plus à une se
demande,
il
est vrai,
s'il
même
chose
ne faut pas
:
De même pour,
et
dont,
et
où
:
il
a l'humeur noire, chagrine, et dont toute
Mode, 2). Ce tour n'est pas impossible à reprendre. Nous dirions fort bien avec
la famille souffre (la bhuy.. Car., de la
Molière
les
:
habits merveilleux, et qui sont faits exprès (Sic, 19).
Ce qui n'est plus possible, telle
que
:
A
ton peste de
c'est
brcts...
(bours., Ment, qui ne mentent
de se servir de
Je souhaite
j>oint. ii, 9).
e/
qui dans
la gcdle et qui
le
sens d':
et
mine ton corps
CHAPITRE XII LA CARACTÉRISATIOX NÉGATIVE
Il
arrive qu'on caractérise par l'absence ou la privation d'un caractère
A veuve avec enfants s'oppose veuve sans enfants. Cette absence peut s'exprimer, quel que soit l'élément de langage qu'on fait servir à la donné.
caractérisation.
—
Non, pas.
comme
reste en usage
Non et
Le français
L.,
et
On
de sa négation non usitée
On
:
en a référé au père non consentant.
a naturellement cédé en général la place à pas
pas méprisables
Elle
s'est d'a])ord servi
particule de composition, on l'accolait à une caractéristique. Elle
i,
;
des innmtages sérieux
:
— C'est un bon camarade, pas désagréable à voir
(
c
sand,
12).
dit aussi,
malgré
la
résistance des granunairiens.
el
nullement •nvpri-
sables.
Adjectifs et adverbes de caractéristique tive sont
:
—
In.
négative.
—
Les
pré-
aujourd'hui à donner des mots de caractéristique néga-
fixes qui servent
in, des,
a dont nous avons déjà parlé.
La faveur
est à ces
formations savantes à l'aide de
qui se
in.
prononce par ê nasal dans: indolore, incurable ; sous la forme latine /7j dans inodore, inarticulé, el sous les formes phonétiquement assimilées il, im, ir. dans iilisible. illettré, immobile, immatériel, irrésolu. Les adverbes, :
:
:
comme
immatériellemcnt,
A.
— Au
(XV le gues
inlassablement, sont
tantôt
tirés
de l'adjectif
tantôt formés directement.
négatif,
s.).
latin in, le français
D'où
contemporain ajoute
diphone. amorphe, qui sont entrés
techniques,
amoral (qu'on
a, pris
au grec: athée
récemment dans
distingue de immoral), etc.
les lan-
D'où:
(1).
^moralement.
Des
signifie
proprement qui se sépare (Comparez déshonnête :
gréable, iésobligeant.
de, et
qui est
contraire à
malhonnête). D'où
:
:
désa-
désuffréa-
blement.
On
M.\L a longtemps été l'équivalent de la négation.
encore de nombreux exemples au début du XVII''
s.
mots, dont un des plus usuels
est
Cf.
li's
noms comme
apepsie.
est
malappris: on
Il
peut en trouver
nous reste quelques
mal content d'eux
et
LA CARACTÉRISATION NÉGATIVE on
les
loue (la br.. Car..
Des Grands,
37).
D'où
(il5
maladroiteinent. mal/»/-
:
Une nuance légère sépare Ta.d\habile de inhabile. Pour nier qu'une qualité ait jamais appartenu, puisse jamais appartenir un être ou à un ol)jct caractérisé, on se sert de jamais: Elle les gueliail.
bilement.
à
jamais lasse
(l).
Plus signifie que la (pialilé désignée femme sérieuse, el plus toute jeune.
Ex
signifie
:
qui a cessé d"être. Ex.
:
a été
joint
aussi
—
Cl).
—
Sans, comme négatifs. Sans. former des noms un sans-culotte, un s(nis-p(drie. des exi)ressions hàlies de la sorte aux noms /(/ mort sert à
:
:
sans phrase, une figure sans sincérité laisse flotter
faudrail une
// /;//
:
Le prineede Y ied.ex-YOid' Albanie
Compléments prépositionnels nous l'avons vu.
On
perdue
une nuée de
filets
;
— En
voici une. sans ombrelle, qui
La Mer, 388) Cœur simple,
(michel..
couchettes d'enfants, sans matelas (flaub..
;
i.
—
on
5-6)
;
voijait deu.x
— une mère —
.Sans mais déjà sans le long voile (loti. Mat., i. ."^K dans des cas comme ceux que pose la traduction de heimatlos : des gens sans pays, pour lesquels un juriste ])r()posait dernièrement des monstres tels que apatriote, etc. Cf. des gens sans aveu.
veuve, encore en deuil
])Ourrait très utilement servir
Le
même complément
sert près des
verbes
sans circonlocutions, sans s'émouvoir Il
;
—
:
parler sans détour, sans fard,
Je donnai à Léon
ces détails.
m'écouta sans témoigner un grand intérêt, sans provoquer mes confidences
par
—
Elle ira son eliemin, moindre question (zola. Cont. à Xin., 32) sans entendre Ce murmure d'amour élevé sur ses pas (auvehs,
la
:
distraite, et
Heures perdues. Sonn.
ini.
de
l'ilal.).
—
Propositions conjonctionnelles de caractérisation négative. sans que exprime que l'action a lieu sans qu'une autre se produise. La La mort survient sans proj)osition peut donc signifier séparation, a])sence j'y arriverai bien, sans qu'il le remarqu'on y pense (cf. inopinément) Les })uissanees établies par le commerce... s'élèvent peu à peu, et que :
;
;
—
—
—
sans que personne s'en aperçoive (montesq.. Rom..
1.
double perspective qu'on ouvrait à de pauvres gens,
faut avouer que cette
et
il
possibilité des personnes de bas étage d'arriver, grâce
L.);
Voiléi la
au hasard ou à leur
aux plus hautes positions, sans que leur passé, leur éducation ou leur condition première y puissent faire obstacle, réalise assez bien ce principe d'égcdité... (g. de nerv., Voy. en Or., i. 14(i-7). Nous aurons intelligence
naturelle,
à revenir à ce sans que. qui a d'autres valeurs. (1) Cf. (2)
sans jamais de surmenage.
Des sociétés s'appellent
les
Ex. Cf. ancien
préfet.
La Ré\
oliition iivait les ci-devant.
XV
LIVRE
SYNTAXE DES CARACTERISTIQUES SECTION
l
:
ATTRIBUTS DE SUJETS
CHAPITRE PREMIER
LES PHRASES D'ÉTATS
—
Généralités sur les constructions. tique peut être faite j^ar un présentatif
— Et puis. tevoilh donc mon
:
1° L'altribulion
Vous
d'une caractéris-
— me voilà père
voici veuf;
;
rival! (v. h., Hcrn..i. 4).
20 L'attribution de la caractéristique, soit au sujet, soit à l'objet, peut être faite par l'intermédiaire d'un verbe
rendez-la heureuse
;
— quoique
Heur, perd.. Son. imité de
Le verbe
être
Dieu
:
L'air est pur, la route est large
l'ait faite
douce
et
;
—
tendre (arvers.
l'italien).
peut être ellipse
:
Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous (rac. Phèd., 343).
devez. Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez
30 L'attribution d'une qualité peut être'faite par l'adjonction pure et simple
d'une épithète à un terme delà phrase nn riche fermier, des prés verdoyants. :
La proposition
attributive.
—
A.ssurémcnt,
il
faut
achever
de
détruire l'idée, si longtemps ancrée dans les esprits parles théories d'analyse
logique que tout verbe, même subjectif, doit être réduit à ; être suivi d'un attribut. Assurément le cri Mon enfant vit ! peut être transposé sous la forme Mon enfant est vivant. Mais c'est là un cas plutôt rare. Mon enfant est dormant est une invention de théoricien, sans réalité dans notre langage.
«
1
.
:
:
Ces réserves faites, ajoutons tout de suite qu'une foule d'états s'expriment à l'aide d'un terme
Quand
le
marquant
sentiment s'en mêle,
cet état, relié
le verjje être est
au sujet par
la
copule
assez souvent omis
:
être.
Heureux
pauvres en esprit ! L'importance de cette construction attributive est énorme. Dans une foule de cas, comme nous l'avons vu. c'est elle qui est en jeu, au lieu de prétendus passifs Cet homme est fatigué. Se trouver prend, dans beaucoup de cas, un sens proche de être par accident : Elle n'a pu continuer son voyage arrivée à Ncmcy, elle s'est trouvée lasse, on lui a conseillé de s'arrêter.
les
:
:
CHAPITRE
II
LES VERBES COPULES
Le mouvement dans emploie des verbes pâlit (devient pâle) glace a durci
—
;
;
— un
Pour marquer
est
contenue
vieillard maigrit :
-
:
—
un pays
— des chairs
de difïérenls verbes uîonl
sert
se
d'attributs
devient difficile;
vie
/(/
:
devient une flamme ordinaire (rac. Phèd., 350);
son
devenait clair
voile,
On
dans
l'entrée
l'idée de cet état
:
on un enfant
l'état,
s'enrichit
;
—
la
se raffermissent.
fait allusion.
Mais en outre on suivis
—
où
des ferrures se rouillent
Nous y avons déjà devenir)
l'état.
sul)jectifs
—
le
—
i)rincii)al
est
Voire flanune
le ciel,
débarrassé de
(i^oti, Péch.. 67).
—
La région commence à se : Il se fait vieux ; montagneuse ; la terre se fit fraîche et tendre, une odeur d'eau descendit des collines (rosxv. G. du feu. 11). Dans ces j)iuases, il ne reste dans se faire rien de la valeur réfléchie. Sur ce modèle, on a fait de se faire
se sert aussi
—
faire tourmentée, presque
des phrases
])ien
Am-.. VII)
:
Après...
La persistance dans rester,
s'être
l'état.
—
La copule
demeurer; tantôt un ])rononiinal,
petite ville de toile blanche va
Dés..
fait droit, elle se fait idée (v. n.. Cont.,
(1).
7(»)
:
— leur
tijpe
tantôt un verbe sim])k'
est
se conserver, se
maintenir
:
:
notre
demeurer bâtie pour un ou deux fours (i.on,
provençal avait
])u se
maintenir très pur
(i.ori.
Mate-
lot, i. ()).
L'apparence. sembler
ire.
:
— Elle s'exprime: 1^
])ar différents verljes
raisonnement m'a paru juste
ce
semblé équitable
;
;
—
2" par le pronominal se montrer
:
cette
la
simples
:
par(ù-
proposition m'a.
médecine se montra
impuissante.
On
se sert aussi des locutions
porains disent
:
s'avérer)
:
\erbales avoir
l'air.
passer pour (\qs contem-
chez les Juifs, elle (cette profession) passait pour
tout à fait criminelle (hkn.. Jés.. ix).
Autres copules.
—
En dehors
des copules
devenir, la ])ersistance, ra|)parenee
le
{
1
caro
Mais
)
il
:
cpii
être jeune,
signifient l'existence,
.sembler jeune, rester
paraît contcslable que: Jésus s'est fait chair soit strictemen l l'équivalent de Verbiim Le français ne marque-t-il pas une volonté exercée sur soi-même ? Question de .sV.s/ failc servante des pauvres).
facliini est.
théoloKi<'. (Cf. hlle
LES VERBES COPULES jeune,
un
il
(319
faut observer que d'autres verbes sul^jeclifs peuveut servir à lier
attribul au sujet, par
exemple
a)
:
il
mouriii colonel
Ces verbes appartiennent à deux catégories
l)ien
:
b)
il
a vécu vieux.
Oux
distinctes.
du
type a expriment une action qui n'a point pour effet de rendre l'attribut applicable au sujet la qualité lui appartient. Un homme a été gravement il vivra désormais mutilé. Cf. son blessé il a perdu la jambe, il est mutilé ;
:
;
mort jeune (il était jeune, cjuand il est mort) (1). Au contraire ceux du type h expriment une action dont le résultat est que l'attribut appartienne au sujet. C'est le cas dans vivre vieux, qui
fils
aîné
est
prolonger sa
signifie
De même tomber
de façon à parvenir à la vieillesse.
vie.
mort. Cf. cet honime si dur pour les autres, retomba évanoui sur porte (a.
On
DUMAS,
le
seuil de la
Tul., ch. vii, 11).
pourrait appeler ces derniers attril^uts des attributs de résultai.
Ils
marquent en effet un résultat de l'action subjective, qui est de mettre le sujet dans une situation donnée, et cette application trouverait son usage pour des attributs de verbes objectifs. Les verbes, qui servent à construire les attributs de résultat sont tantôt
ailleurs
des simples
il
:
tomhSi évanoui, tantôt des pronominaux
adossés les uns aux autres (v. n.. Mis.. Marins, vin. v)
de phrases,
il
est fort difficile
de résultat ou non, ainsi (rich..
Miarka.
mouvement
cli.
— f-,
si
on
se trouve
la vieille se
Ils
Ijeaucou])
en présence d'attributs
redressa, formidable et superbe
ne vient-il pas. en partie au moins, de sou
?
— Elle
est
fréquente
:
Toujours plus
feuille
abandonnée au
fort, ee
grand :
vent.
me donna le jour vieux, au retour d'un long voyage (rkn., Soun. cnf.. types primitifs... Surgissaient orageux, gigantesques, touffus (v. n.,
(1) Il les
s'accroupissent,
Dans
(2).
qui agitait toute chose (loti. Pêeh.. 11). D'où la locution courante
une
telle
Soudain
iv, ii). L'effet
Absence de verbe. souffle
:
de sa\oir
:
1.
ii,
/.»(/.,
ih.
m,
p. 85)
L' Sac. de
;
la
n). (2»
Bien entendu, ce sont aussi dos passifs
:
il
a été
nommé
chevalier de
lu
J.rnion d'Honneur.
CHAPITRE
III
NATURE DES ATTRIBUTS Une
extrême d'éléments linguistiques peuvent se construire du sujet. Ce sont 10 Des adjectifs, des adverbes les pelouses sont jaunâtres elle variété
derrière les verbes en qualité d'attributs
:
:
;
est fort bien.
—
— —
20 Des noms, des nominaux // est maintenant son mari elle est pour moi une ennemie e'est quelqu'un ee n'est rien, cela passera. malade, il Vest : il est [V Des représentants folle que j'étais ! comment peindre l'homme qu'on est sans y ce qu'/7 a intérêt à paraître : ajouter, mitlqré soi. l'homme qu'on pense être ? l'homme qu'on regrette de n'avoir pas été? l'homme qu'on redoute d'être? (ab. herm., Conf. d'un ;
:
—
;
— —
;
:
•
—
enfant, lett.
i).
Des oRorpEs de mots verbes je suis bien en peine 40
qi'i ;
:
de forces
—
;
elle resta
—
font fonction d'adjectifs ou d'adle rôti est
à point
;
longtemps sans connaissance
aux prises avec des forces supérieures José Maria à deux doigts de sa perte ;
—
la
— ;
malade
est
un tabouret de
l'approcha de la table, s'assit sans façon ù côté de la mariée, entre notaire, qui paraissait à tout 3<'
moment sur
le
à bOUt
la flotte se trouva
France parut tout à coup
prit aussitôt
;
ce
—
liège,
elle et le
point de s'évanouir (mérimée,
Lrt. d'Esp.). 11
pas lacile de dislinguer allril)uls
n'osl
inutile,
du
Quand
et
compléments, chose assez
au sens de rex|)ression qu'il s'en faut rapporter
reste, ("/est
le
y a des chances pour que le sentiment de la valeur originelle soit perdu. Le complément s'est alors transformé en attribut Un co//.s r.s7 en souffrance une âme est à l'épreuve un homme est d'attaque; un lutteur passe pour être de taille à résister; les ses projets sont à l'eau l'enfant est malade, la mère est aux champs plus souvent.
devient figuré,
il
il
:
— —
;
;
—
;
;
— —
—
emploijés sont sur les dents.
Même
sans celte transtornuUiou. les com|)léments a\ec en deviennent
allriliuts sans difficulté
en loques
;
A\('c les
—
:
ce travail est
en préparation;
—
ses habits sont
en construction. autres prépositions, il nest pas facile de iiKuxpier le
bâtiment
comme
est
la
démarca-
dans des milieu.x où une expression est coulante, elle a une valeur d'adjectif qu'on ne lui donne pas ailleurs: une maison est hors d'eau signifie pour un entrepreneur parisien qu'elle est tion.
11
arrive,
couNcrli'. Cr.
ailleurs, cpie
une machine
est
à l'essai.
CHAPITRE IV LES CONSTRUrriONS DE L'ATTRIBUT
Attributs
Attributs
directs.
—
indirects.
La
construction
l'attribut est tantôt directe, tantôt indirecte. Directe belle
riche
Au
malgré son âge ;
—
//
a
;
—
été traité
il
s'est trouvé
de lâche,
malade. Indirecte
m 'apparaît comme
elle
;
il
est
réputé à SOt
cette expression au
commencement du XYII^
offrent d'analogues,
nous
elle
été terrible
;
—
le
L'attribut
temps
reste
passe pour
généreuse.
lieu.
Réputer,
on trouve encore
Les phrases passives en
est encore assez fréquente. Elle est
retrouve dans quelques tours ;
—
:
se
place derrière
douteux. Toutefois
jadis qu'il se mettait en tête de la phrase.
sont ceux qui n'y croient pas
s.
;
et
de
reste
verrons.
le
—
Place de l'attribut. tempête a
la
:
noble
cours de l'histoire de la langue, de fréquents échanges ont eu
par exemple, se construisait avec à
femme
cette
:
Au XVI^
s.,
il
le
verbe
arrivait
:
la
souvent
cette avant-position
devenue rare depuis
l'âge classique.
Telle est la situation exacte
grande fut nui surprise,
;
On
— nombreux
etc. (h. l.,
m.
673).
—
CHAPITRE V L'ACCORD DE L'ATTRIBUT
—
Attribut invariable de nature.
Parmi
attributs,
les
sont invariables de nature-: elle était encore en vie
ressources
;
—
ministère a
le
en minorité
été
—
;
—
;
il
elle reste
en est qui
il
se trouvait
sans
à son travail
—
;
sa fiancée est fort bien, je n'en disconviens pas.
Attribut-nom, invariable par fonction.
—
La pensée impose parfois nombre et
aussi de conserver au nom-attribut, pour variable qu'il soit, son
son genre
exprime
sont légion, (^est en particulier le cas, lorsque l'attribut
Ils
:
nombre
le
Ils étaient à
:
peine une douzaine. Mais l'observation
s'étend bien au-delà. L'attribut-nom, dans toutes sortes de phrases, reste
lui-même,: Laurence ville
;
—
est
une poule mouillée
est
force Il
et
une femme
—
;
toute la région est restée depuis
ma
joie et
ne s'agit
ici
;
mon
— Sombre
pour
fidélité
pilier d'airain (v.
que de nu)ntrer
ce village est
un désert ii.,
;
—
devenu une grande
votre
tranche-montagne
ma
choses tombées. Sois
les
Chat., Ult. verba).
l'identité, l'équivalence, la
correspondance
des deux termes, ('.hacun garde sa forme.
Accord de a des
l
'attribut-nom.
— Quand
sens
le
comnuuidc,
le
formes variables en nombre et en genre, se met au
au mêiue genre que
le
sujet
:
ont été des poétesses de talent
Madame :
—
Tasiu
et
madame
le
nom, qui
même nombre
et
Desbordes- Valmore
3/"^ Rachel /ut une tragédienne incom-
parable.
—
La langue classique Attribut-no.m accordé avkc un coi.i.ECTiF. singulier volontiers un nom-attribut pluriel à un sujet n. l., m, Tout cela sont bienfaits (ii. 103 collectif. Malherbe disait 538). Il semble en effet que tout cela soit une sorte de collectif neutre. De même tout cela sont des biens effectifs, qu'un homme sage doit tOUt ce que VOUS écrivez, Monseiestimer tels (noss.. de l'Honn., 1658) gneur, sont des décisions (haxcé à boss., mars 1(397, Lett., mcdlxxviii) raj)i)orlait
:
;
:
—
;
;
les
coureurs n'ont
pu
discerner
si
ce qu'z7.s ont découvert à la
amis ou ennemis (la br., Car. de Théoph., de langue i)résente bien d'autres cas analogues charpentiers (rab.,
1.
iv. ch.
xxv
;
h. l.,
:
campagne sont
Peur). L'histoire de la
la
tout le peuple de l'isle estoient ii,
439
;
ni, 531)
sont des épisodes d'invention (corn., E.vamen de Rodogune)
;
(1) Dans la phrase : Les Romanesques est une pièce channanle (faguet, Débats, l'accord se fait avec le sens, les lft04), le verbe parait s'accorder avec l'attribut ;
étant
le titre
d'un ouvrage.
—
Le
reste
(1).
18 et 23 mai Romanesques
L'ACCORD DE L'ATTRIBUT
Accord de
—
l'adjectif.
A
la ditïérence
623
du nom,
l'adjectif saccorde,
en principe, toujours.
comme
Cet accord de l'adjectif
forme, soit pour le
l'oreille, soit
rapport entre cet adjectif et
cord de l'adjectif avec
comme
adjectifs
liien distincte
grand,
le
celui
pour
les
le
nom
du verbe consiste à en modifier
mot avec
est
lequel
par
il
est en relation. L'ac-
encore aujourd'hui une réalité.
Des
ont au féminin, nous l'avons vu, une forme
vif, fin,
de celle du masculin
:
grande, vive,
moral, ont une forme plurielle très particulière. est exigé
la
yeux, afin de marquer extérieurement
fine.
D'autres
Dans tous
comme
égal,
ces cas, l'accord
l'oreille.
Sans doute cette variation n'est pas al)solument indisi)ensal3le à la langue, puisque bien des adjectifs n'ont au singulier qu'une forme sage, utile, :
pauvre, que d'autres
:
que soient leur genre
même
Mais, exigé, là
(Ex.
où
et leur
la
même
prononciation, quels
nombre.
sans parler de l'écriture, où l'accord est rigoureusement
l'adjectif présente des
vert, verte),
destinée à
mûr, gardent
noir,
on ne peut
marquer
le
formes différentes dans
se passer
prononciation
la
de cette accommodation extérieure
rapport. C'est un élément linguistique essentiel,
conséquence d'un reste de morphologie.
Principe général.
—
Le principe général
qui,
malgré
les
exceptions
apparentes, reste rigoureusement appliqué, c'est que. l'adjectif épithète étant une caractérisation étroitement associée au nom, ce
nom
il
doit
emprunter à
son genre et son nombre.
Ce principe n'a jamais varié
même
;
avant d'être formulé,
il
a été respecté
de tout temps (au moins en ce qui concerne l'adjectif normalement employé
comme
épithète, et abstraction faite des adjectifs qui perdent leur valeur
d'adjectifs en
devenant adverbes ou
préfixes).
Dès
c^u'il
y
a eu des traités
de langue, la règle a été posée et très nettement.
Les règles d'accord sont
les
mêmes que
ne les reprendrons pas en détail
beaux jours !''>
Il
:
—
•
:
les luttes étaient
n'y a qu'un sujet.
—
L'onde
celles qui régissent le verbe.
était
Nous
transparente ainsi qu'aux plus
ardentes.
Quand
dérogation est à signaler. L'accord se
fait
il
n'y a qu'un sujet, une seule
souvent avec
le sens.
L'exemple le plus remarquable d'accord avec le sens est celui des phrases qui ont pour sujet le nominal on. Avec le sens général qu'il a pris, on s'apquelque spirituelle qu'on pliciue à des êtres féminins, de sorte qu'on dira puisse être (mol., Préc., 9). Les exemples pullulent en langue classique (1) Je croyais qu'on n'était coquette qu'au village (moxtfl.. Crisp. gent.. m. 12) ; :
:
(1) Voir MOL., Le.r., Intr., clxvi. cf. sÉv., Le.v., xxxviii. « Quand le sujet est on, l'adjectif attribut ne prend pas la marque du féminin ou du pluriel, si la proposition est générale et s'entend indifféremment des hommes et des femmes. .Mais quand cette proposition conceûe en termes généraux s'applique au particulier, l'accord se fait nécessairement» {Conv. sur la Ci il. de la Princ. de Clèves, 256).
SYNTAXE DES CARACTÉRISTIQUES
r,24
— car apparemment
on ne
pas porté à un homicide,
se serait
si l'on
eût été
Nous disons
autrefois traitée de la sorte (bayle, Dict., art. Touchet, n. c).
même On
de
:
qu'il soit
on
est
n'est pas méchante comme vous ! Si on remplace nous, il peut, accompagné ou non d"un mot tel que tous, entraîner le pluriel :
tous contents.
y a plusieurs sujets de genres différents.
2° Il
comme
mettre l'attribut,
le
XVII«
chère aux théoriciens du
—
de règle de
est
Il
verbe, au masculin pluriel. C'est la construction s.
(h. l.,
m,
468).
Néanmoins,
n'est pas
il
rare qu'on trouve l'attribut rapporté, ainsi que le verbe lui-même, au dernier sujet seul Iph.. 905)
;
Mais
:
— Quelle
Non accord par
bandeau, la flamme est toute prête (rac,
le fer, le
était
en ce cas
—
positiox.
ma Il
honte
et
mes chagrins
arrivait souvent en a.
encore quelquefois que l'attribut se place avant
pouvait ne pas avoir
deux
lieu.
On
sujets de genre différent
d'aller dire oui
!
:
(id.. Esth.. <S2).
et
f.,
En
le sujet.
il
arrive
ce cas l'accord
trouve ainsi des attributs invariables devant
Que maudit
(mol., Méd. m. lui.
i.
soit l'heure et le
jour où
je
m'avisai
1) (1).
— i-cs règles d'accor de les locutions verbales. donc sonnne toute assez simples, surtout l'approchées de
Accord après l'attribut seraient
du verbe, s'il ne fallait considérer quelques cas particuliers. C'est le cas où la copule est avoir l'air. Cette locution verbale était encore en voie de composition quand l'âge de l'analyse a commencé. D'où deux
celles
d'abord
tendances, l'une toute instinctive, à considérer opozr/'afr des vcri)es sembler, paraître. l'autre où l'on décompose,
accorde avec
Les uns disent
air.
Dans
:
Cette
femme
comme l'équivalent et
où par suite on
a l'air bonne,
les
autres
:
a
exemple rien qui choque. .Mais, ([u'on considère des phrases où il ne peut plus être question d'un air. impossible de conserver celte doctoresse a réellement le masculin. C'est un contre-sens que de dire l'air savant, ou cette poire a l'air bon. De mauvais plaisants l'eussent dit du bon roi Louis-Philippe, on ne i)eut pas le dire d'une « duchesse» ou d'un
l'air bon.
cet
:
:
<
clrrétien
Une
».
difTiculté s'est présentée jadis,
par l'attribut lui-même. Une
ou courte
?
Tous
femme
les théoriciens
causée non
i)lus
devait-elle dire
:
par
la
je suis
copule, mais
demeurée court
du XYII" s. ont disserté là-dessus, pour là une sorte d'adverbe, immuable (2)
conclure finalement que court était Laissez faire, on verra
si
:
nous demeurons court (montfl.. Crisp.
gent..
ii,
1).
Comme
on peiil s'y atU'iidre iés ce que nous a\ons dil du prélendu sujel lo{îi(iue, ce (1) sujet, qui n'en est plus im. n'a aucune influence sur l'accord: // s'csl pruduil une tissure. Il faut signaler pourtant qu'on trouve des exemples nombreux où l'accord était fait.jadis: ils sont // fut chantée et célébrée dedans venues tant de plaintes (Fnoiss., Kerv. de Lett., xiv, 64) ;
—
la dicte église
une grande messe
à l'autre. (2) V. VAtr..,
I,
lit.
(./.
H.
/'..
ir>l.')-15ru;,
11(M.
On
sent
ici la
transition d'un tour
L'ACCORD DE L'ATTRIBUT
Même m'en
décision avec se faire fort de.
Il
faut dire
:
625
J'en suis eertainc
et
je
fais fort.
On n'a pas tranché par ces décisions toutes les difficultés de ce genre. Dumas écrit d'une tulipe Elle fleurira noire (Tul., 51). Il est incontestable que l'usage est plutôt pour: elle fleurira noir. On le sent bien, si à noir
A.
:
on substitue blanc. Cela tient -il à ce que des
noms
invariables
:
Accord, du verbe avec l'attribut. l'attribut n'est pas la sj'ntaxe se règle
si
les
termes de couleur sont souvent
Elles sont plutôt cerise ?
—
La
difîérence entre
nette qu'ils ne soient parfois confondus.
comme
si
l'un était pris
pour
le
l'autre, en ce sens
l'accord se fait avec le terme qui peut être logiquement considéré l'attribut. Cet accident était fréquent autrefois
en
:
sujet et
Ou du moins
L'épisode, selon Aristote.
sont nos trois actes du milieu (corn., Dise, du po. dr.)
cet endroit,
que
comme ;
—
Le partage de l'honvne sont les douleurs et les maux (rac. Liv. ann.. Phil.. VI, 309). Malgré l'opposition des grammairiens, de pareilles phrases sont inévitables. Comment dirait-on ? Aussi en trouve-t-on jusque ciiez les écrivains les plus classiques.
Avec
les
impersonnels, dont
dix heures, encore usuel au
qu'avec sujet, c'est
il
eux
c'est.
s.,
il,
point de difFicullés. Ils sont
a disparu
(1). Il
L'accord en personne ayant cessé,
et
ne reste d'hésitation ce
étant devenu
le
semblait que l'évolution dût aller jusqu'au bout, et qu'on dût dire (h. l.,
vement avait ).
le sujet est
XYIP
H.,
ii,
440
;
été arrêté.
Wfl., t21
m,
533).
Nous avons
exjjlicjué
comment
le
mou-
SECTION H
ATTRIBUTS DOBJETS
:
CHAPITRE PREMIER ATTRIBUTION D'UNE CARACTÉRISTIQUE A L'OBJET DU VERBE
L'objet d'une action est fort souvent de donner à un être, à une chose,
un
rôle,
une situation, une forme, un aspect, une qualité ou manière d'être
quelconque. Blanchir un mur, blanc;
nommer
un
c'est faire
travail après lequel le
mur
sera
quelqu'un facteur, c'est lui confier la fonction de distribuer
les lettres.
Un nom peut avoir un oljjel de ce genre la nomination de Bernardin comme préfet est inuninente. La phrase équivaut à on va incessamment Tous comprirent combien affreuse serait pour nommer Bernardin préfet :
:
;
eux
la
—
première inspection de leur reddition prisonniers de guerre
(s',
sim..
XII. 179).
Mais
le
moyen d'un verbe. comment des verbes de
plus souvent cette attribution est faite au
Nf)us avons vu à la Formation des verbes (p. 217), ])lusieurs types signifient
donner à
leur ])rimitif. Ce sont des simples liser, neutraliser,
l'objet la :
manière d'être exprimée par
grossir, obscurcir, creuser, griser, éga-
germaniser, gazéifier, ou des com])oscs
:
aguerrir, attendrir,
éclaircir, éclairer, enivrer, enrichir (1).
Lorsqu'un verbe ne contient pas en lui-même l'idée allrihutive qui doit son objet, on emploie un mot spécial pour indiquer cet attribut On a élu M. X. député de la Seine. Évidemment M. X. est l'objet du verbe
jxisser sur
:
:
on a élu
buer lui
;
mais ce n'est pas
la ([ualité
de député
(i
là
tout l'objet, qui est essentiellement d'attri-
M. X.
L'action de
appartient après l'élection. L'expression
simple, qui n'a plus exactement ce sens L'attribut
ainsi
appliqué
à
l'objet
:
députer
peut
que cette qualité
l'élire fait
étire
député remplace un verbe (2).
être
:
1"
un
nom
nonvjwr
:
(1) Rappelons que, sous l'influence d'un préfixe, le verbe peut marquer non plus l'acquisition d'une qualité, mais sa perte Défraîchir, enlever la qualité de frais, 61er la fraîcheur ; déniaiser, :
faire cesser d'être niais. (2)
La malice publique
d'Honneur à quelqu'un.
se seit
de
criici/ier
quelqu'un pour dire (tonner
ta croix
de la Légion
ATTRIBUTION D'UNE CARACTÉRISTIQUE A L'OBJET DU VERBE général, faire chevalier de la Légion d'Honneur,
20 30
choisir
un adjectif trouver nul, rendre hargneux un autre mot quelconque servant à la caractérisation :
comme
627
arbitre
;
;
:
remettre debout
un malade, le remettre d'aplomb. Cependant nous n'avons plus la liberté d'autrefois. Jusqu'au X\ I® s., on employait volontiers comme attributs des participes présents ou passés avec le verbe rendre Rendre le cuidet mort recréant {Roi., 2733 h. l., m. 339. V. aux Temps, j). 457). :
;
CHAPITRE
II
LES VERBES COPULES
Les verbes copules sont assez divers. Les deux plus généraux sont faire : rendre sage, furieux ; faire maréchal ; L'excès de mouvement
—
rendre
et et
de bruit les avait rendus ivres (loti, Pêch., 84). 1» ceux qui Parmi les verbes d'un sens plus restreint, on trouve expriment des actes créer, nommer, élire, choisir, couronner, juger ; 2^ ceux dire, proclamer, peindre, nommer, baptiser, qui expriment des paroles :
:
:
appeler, etc.
On
:
couronna
le
trouvé rangé, sérieux (mol.. Mis.. \'A5)
nommai
—
;
— on
;
cent fois perfide
on l'avait peint vicieux,
r/
nous l'avons
fourbe, infâme et scélérat maudit
créa patrice (la font.. Fables, xi. 7);
le
et
roi,
Nommez-le
déloyale (mussht. \uit d'Oct.)
:
—
—
je la
Un marchand
français devait dire sa découverte anglaise, afin dr lui donner de la vogue (balz., Birott.,
90)
i,
—
:
Le
(aug.. Av., IV. 2)
;
—
entrevues avec Moïse
de
Attributs distinguer
Ils
résultat
tour dont
le
quand on
il
m,
le
serment du
31)
;
—
sacre... jugeait
.Jês.. .\vi|.
attributs
et
communs.
—
Il
faut
bien
vient d'être (luestion d'un autre tour xoisin.
On
nul
Tiens prête une voiture
trouvaient tout simple que leur maître eût des
LUie (iîkn..
et
par
roi... lié
tout autre serment (michkl., Rév.,
En
Napoléon Bonaparte Empereur des Français, c'est l'action de couronner qui a conféré à son objet Xapoléon. la qualité d'empereur. L'attribut est un attribut de résultat. (Cf. p. 619). Mais dans On l'a VU arrêté devant la porte hier soir, le fait de voir cette efi'et,
dit
:
a couronné
:
personne n'a nullement inlhié sur son altitude endroit. L'action n'a pas eu i)our l'objet. Cf. //
trouva la porte fermée
Voici un exemple frappant
:
le relève fatigué, le rajeunit
ment 11
le
efl'el
relève:
quand
il
:
sur sa présence à cet
—
le
mécanicien
la femme...
reprend
vit la voie ouverte. le
cœur de l'homme,
(michkl., Am.. Introd.). Le sens est évidem-
est f (digue, el
peut arriver du reste ([u'un
tions. Quand on dit marque quelle était
;
Comment
ni
de faire passer la caractérisât ion ù
j'ai laissé
non
même
le relève
de façon
ci
le
fcdiguer.
verbe prête aux deux interpréta-
mon pays
libre et je le retrouve esclave,
on
du pays quand on l'a quitté, sans qu'on eût contribué à le mettre dans cette situation. Mais si au contraire on dit je vous avais laissé libre de choisir, on signifie qu'on avait donné la liberté. Je l'ai vu ivre peut être une afTirmation d'un fait indiscuté. Je l'ai vu ivre la situation
:
peut être aussi
la
simple indication d'une croyance individuelle, trop
LES VERBES COPULES rapidement formée,
el
qui s'est trouvée fausse.
629
Ici la
nuance
se
marque par
le ton.
Ce dernier tour buts
Je
:
s'accommode de toutes
el
sortes d'attri-
— Son inquiétude trouvai pleinement — const.. Ad., 84)
sans abri
la savais à Paris,
;
de progrès en peu d'heures que je la
tant
avait fait
répandu,
est très
de compléments
et
ix, convaincue de ce qu'elle nommait une perfidie (b. nous le voyons mêlé à toutes les affaires du siècle (vogué, Hist. et poés., Je le craignais Je le devine peuple (v. h., Mar. de Lorm.. ii, 3) 12) Il sentait la bien vieux, bien vieux, mon pauvre père (aug.. Av., i, 5) ;
;
—
;
— — :
Reine en ville
(michel., Rév.,
péril
406)
i,
—
;
pensée de la savoir à Cha-
cette
daudet, Sapho,
devint une oppression... (a.
299).
Souvent, aucune différence de phonétique syntaxique ne distingue les phrases, comme on le voit dans la phrase elle Va reconnu pour son fils, et :
Il
nommé
reconnu pour un
elle l'a
Bergij (1).
y a chez les modernes des attributs de résultat très hardiment consDes quintes de toux l'arrêtaient, plié en deux, à moitié mort lui-
truits
même,
:
maigre,
si
si cliétif, qu'il
ne paraissait pas devoir jouir longtemps de
sa victoire (zola, Bêle hum., 308).
Le verbe est
avoir.
—
Les phrases
les
plus
intéressantes sont celles
où entre le verbe avoir. On dit Elle a des cheveux noirs, comme on dit elle a un bonnet blanc. Rien de particulier. Au contraire, elle a les cheveux noirs est une phrase faite, non pas pour dire ce qu'elle a, ce qu'elle possède, mais comment elle a ce que chacun des cheveux. Comparez possède elle a les yeux bleus, le teint mat, etc. Impossible de dire elle a le manteau flottant, chaque femme n'ayant pas obligatoirement un manteau. :
:
:
:
:
Cette construction est
a
le
verbe haut,
L'article
le réveil
remplace
portions de l'être
commune
désagréable,
:
par analogie, extension de
hommes que
l'on
pâle, des figures
Éduc.
II,
Comme
j'ai la tête lourde, la pitié facile
vin
triste,
comme
là le possessif,
humain
:
le
avoir la
tête
l'article
:
il
k cœur sec,
est naturel
lourde,
comme
:
—
l'esprit lucide.
quand on
il
—
parle de
lever la tête.
avoir la plaisanterie féroce.
De
Cf.
là,
Les
entrevoyait avaient tous les prunelles ardentes, le teint
amaigries par
la
faim, exaltées par l'injustice (flaub.,
135). l'attribut peut être fort bien
un participe passé, on dira
d'autres ont leur vie engagée (v. h., Dern. avoit les coudes
P. de F., i.l);
appuyés sur sa
—
elle
j.
d'un cond., Préf.)
;
:
là
où
— Elle
panchée sur sa main (dider., cou un peu écorché par les soutaches
table, et la tête
eut la joie d'avoir le
de l'uniforme (v. h.. Mis., Marius,
m.
vu).
—
D'où des phrases telles que il eut une jambe cassée emportée par un obus: -cette pauvre femme a un fils tué à ;
:
—
(1) Cf. Deux nigociaiUs lyonnais avaient (a. daud., Jack, 15).
cm
la
il
a eu une jambe Le sens
la guerre.
leconnaîlie pour une certaine Métanie Favrot
S
630
même
YN TA XE DES CA RA C TÉ RI S Tl Q UES
indique qu'avoir perd
ici
son sens de posséder,
avec
et fait
le
participe
une forme particulière, non point composée comme dans elle a cassé, ou elle a tué, mais dont les termes ne gardent pas cependant leur complète indépendance.
La lière
construction dont nous venons de parler. n"est du reste pas particu-
au verlje avoir. Ex.
//
:
porte
Attributs des verbes réflécliis.
—
ordinaires, des attributs
les objectifs
maUre,
cheveux ras
les
se croire
en
(1).
faire juge,
se
:
en
s'ériger
déficit.
Ces attributs peuvent être des deux classes étudiées plus haut
A)
comme
Les verbes réfléchis ont,
d'objet
:
ne faut pas croire que ces prêtres, victimes résignées, patientes, se
//
tinssent heureux d'être ignorés (michel.. Rév.. lu, 15).
B) Je II,
26)
;
me
—
la foule, et se // //
se disait
reconnaît pour son interprète naturel (ren., Jés.. ch. xi)
heureux
échappé aux affaires
d'être
est "cependant,
;
— Alors
suivant
Éduc.
i.
5)
;
;
— —
a affaire à un réfléchi montrée généreuse aussi (loti. Matel.. 15). Le sens
n'est pas toujours facile de distinguer alors
vieux
(fi.ai'B..
;524).
//).,
ou à un pronominal subjectif, ainsi dans Cf. se faire
L.,
et
sentiment du chef démocratique, qui sent vivre en lui l'esprit de
s'estima volé (m., 11
sand, Elle
suis crue à l'abri de l'outrage de vos désirs (g.
le
le
il
se
cas.
fit
I)ieii
dur
:
si
on
Elle s'est
lui
diJférent
:
;
—
Se faire dur, c'est jouer la
dureté, ou bien devenir dur.
On remarquera
ciu'il
n'est
nullemenl nécessaire que
un participe ou un nom. Ainsi (= comme les connaissant, klaib., Éduc.
adjectif,
(1)
D'où i7
jnil
:
//
ii.
se
l'ai tribut
donna pour
les
soit
un
connaître
17.S).
Ilans lu loculiDii il /ait bctm Icnips. bciiu est l'attribut attribué à temps, pur le verbe faire. il fuit l»>ii cttidicr à Paris. Le sens de la syntaxe est perdu au point que dans tour bon de vivre, la plupart des grammairiens consid^renl de vivre comme un sujet.
le
:
:
m
CHAPITRE
LES CONSTRUCTIONS DE L'ATTRIBUT D'OBJET
La construction des attributs d'oijjet est tantôt directe, comme nous venons de la voir, tantôt indirecte. Des vérités qui construisaient directement l'attribut de l'objet prennent aujourd'hui une préposition Au ;
XVIe
s.,
avoir
agréable, ou pour
on
disait
:
tenir hciireulx, avoir agréable (h. l.,
estoient
Bourg., éd.
des
elz.,
sans connaître
le
le petit
De même,
je tiens
tout {p\sc., Pens.,
i,
impossible de connaître Il
y
les
parties
de se sou\enir à ce
a lieu
propos de l'équivalence des constructions directes
les
—
Rom.
avoir favorables (furet..
1).
s.,
J'espère que
:
présent (cosTAR, Lett.. ccxi);
divinitez qu'il jalloit
288).
Au XVII«
476).
étaient également usuels
agréable
vous n'aurez point désagréable
muses
ii,
dans d'au-
et indirectes
tres tours (1).
Les ligatures usuelles.
commune Il
XVP
au
s.
en reste des exemples
—
Pour
comme sonne
:
tenir
une amie
—
:
Phèd.. 477)
:
pour
et
comme
présenter
certain,
qui servent généralement
comme
acceptable, considérer
Qui m'a. sans balancer, reconnu pour son
— Jésus
;
(h. l.,ii, 475).
l'opinion générale la tenait pour une tranquille per-
•
Trezène...
C'est
pour
—
avec à était encore
femme
prendre à partie, à témoin, imputer à vice.
:
—
Comme.
aujourd'hui
— A. — La construction
denuuider à femme, prendre à
:
ne regarda jamais la
terre...
comme
roi
(rac,
vcdant la peine
qu'il s'en occupât (ren., Jés., xvii).
De.
— On
Dans ment
la
quelqu'un de fourbe, d'imposteur
dit aussi traiter
phrase passive.
—
L'attribut de l'objet
(2).
devient naturelle-
attribut de sujet, ([uand la phrase est tournée au passif
r Allemagne hors d'état de nuire devient nuire. Cf. Je l'ai prise alors au cas
à partie. Elle a
:
été
:
On
a mis
Elle a été mise hors d'état de
prise à partie.
Nous revenons
que nous avons étudié dans un chapitre précédent
(p. 618).
(1) Cf. Je vous tiens de ce jour sujet rebelle et traître (V. n.. Hem., ii, '.i). La guerre semble avoir brouillé complètement le sens de certaines constructions. Les joiu'naiix impriment couramment : considérer impossible. (2)
Dans
traiter en frère, recevoir en
à des attributs ou à des
amis, et les semblables, on peut se
compléments de msniére
(Cf. traiter d'(nni).
demander
si
on a
affaire
CHAPITRE IV
ACCORD DES PARTICIPES DES VERBES SUIVIS D'UX ATTRIBUT D'OBJET
Lorsque dans ces constructions,
le
verbe principal est à un tem])s com-
posé, son participe doit-il s'accorder avec le
complément d'objet
suivi d"un
Yaugelas ne l'admettaient. Le commerce l'a rendu puissante était comme il fallait dire. On se rappelle la célèbre phrase de Bossuol Combien de fois a-t-elle remercié Dieu humblement de deux attribut
?
Ni Malherbe,
ni
:
grandes grâces
:
l'une de l'avoir fait chrétienne, l'autre de r(woir fait reine
malheureuse {Henr. d'Anglet.; H. L.. III. G04). A l'Académie, en 1G98. on n'avait pas encore tranché si fait devait s'accorder avec la représentant la Reine. Enfin, au XVIIIe s., on se décida pour l'accord du participe, sauf dans // Fa échappé belle. On n'a cependant pas été juscfu'à imposer l'accord dans elle n'est pas aussi malheureuse que je l'avais cru. On a décidé que le représente ici cela :
:
:
que j'avais cru cela
(?).
—
mots sur l'accord de l'attribut. y a une tendance toute naturelle à rapprocher l'attribut du verbe pour en faire une sorte de locution. Mais cette tendance je n'a prévalu qu'exceptionnellement et l'usage est d'intercaler l'objet Influence de l'ordre
De|)uis l'époque moderne,
des
il
:
trouve ces raisins bons.
En
vertu de
la
tendance signalée ci-dessus, on a accej)té au XVII<^ s., faite trouver mauvais (mén., O., ii, 372,
de considérer
comme une locution
et BouiiouR.s.
Rem., 220). Puis, à cause de
cm
a Il
:
la difficulté
abouti à déconseiller l'expression, qui eût été en effet
Balzac
:
//
difficile,
«
malgré Bouliours, de corriger
ne doit point trouver mauvaise une
que la leur. Quant à l'exemple
des régies de l'accord,
avait quelque chose de dur
:
>
.
phrase de
honneste curiosité
bon la charité que vous avez de me pas été beaucoup imité.
je trouve
reprendre, on s'explique qu'il n'ait
si juste et si
la
SEC
ION
J
II
[
:
KPITHETES
CHAPITRE PREMIER CA RA TÉ RI S A TIONS PA R ÉPI THÈ TES (
:
Les caractérisations sont
foi-t
souvent appliquées à des noms à l'aide
mots ou d'expressions rapportées sans l'intermédiaire d'aucun verlje copule Le cheval traversa le pont de granit brut. Dont saint Jacqiie a posé les premières assises ; Les bons clochers sortaient des brumes indécises El Vorjihelin revit son paradis natal (v. h.. Lég.. d'épilhètes, c'est-à-dire de
:
;
Pet.
de Gai., x).
r.
—
Nominaux que,
Nous avons dit plus haut caractérisés par épithètes. noms et xerhes peuvent être caractérisés, il n'en est pas de des nominaux. tous les
si
même
Nominaux personnels. après une pause fille
:
d'un colonel,
jaire
Les caractérisations sont très
un pareil métier
!
le
chemin de
la
communes
maison
— Osez-vous Parler de
Vous courtisane, vous menteuse,
autrement qu'à genoux. {\VG.. Avenl., iv,
—
Lui, tout penaud, reprit
;
— moi,
cette sainte
vous
infâme ?
5).
—
Repkésentants possessifs. On peut ajouter aux possessifs quelques propre, même le sien propre. Mais l'usage ne s'est pas conservé d'écrire d'une âme semblable à la mienne parjure (malh., Poés.. m, 328). Ces tours étaient encore communs au XYII© s. Aujourd'hui il est populaire
adjectifs
:
:
:
de dire
beaux.
:
Il
Tiens, tu as
tes
reste toutefois
habits de
un tour
Dimanche
!
Je vais mettre les miens Prenez vos har-
très correct, l'apposition
:
nais. Les nôtres, trop anciens, sont usés.
Représentant démonstratif.
Celui.
—
suivis de déterminatifs. personne ne le conteste
Celui, :
celle
peuvent être
ceux de Paris,
celles
qui
meurent jeunes. Mais peuvent-ils être caractérisés ? Dans la langue popuVous mettrez les laire, ce tour s'est développé depuis bien longtemps :
pelez,
ceux sans peler,
Grets {Tard,
fr.,
Néanmoins, tion.
et
les
Cornichons, chacun à part, dans des pots de
266).
les
Au XVIIIe
grammairiens se sont toujours élevés contre cette construcs., Féraud prétendait que celui ne pouvait être modifié
SYNTAXE DES CARACTÉRISTIQUES
634
par des adjectifs
On
«
:
ne peut dire, oijservait-il
gleterre encourageassent la
France
plus considérables qui l'agitaient elle-même...))
quante encore quand on unit les
choses les plus /utiles,
et
:
Quoique
les troubles d'
La chose apparaît
celui à des superlatifs
:
souvent celles les plus ridicules
(1
Les plus
).
médiatement,
Dans
immédiatement d'un
soit
les textes, celui
celle
tolé-
avec
à la main, mais non avec un adjectif. Littré
celles faites
estime encore qu'on ne peut employer celui cjue devant soit
plus cho-
Elle débite à tout venant...
:
rants des grammairiens classiques du dernier siècle admettaient
un participe
An-
entrer dans quelques expéditions... ceux
ci
avec des participes
de,
ou bien suivi
conjonctif. se
faut distinguer dans les êtres dont nous parlons
rencontre constamment ici,
il
:
comme dcms ceux moins
élevés encore dont nous avons parlé plus hcait. deux ordres différents de soli-
—
.Jusqu'à meilleure (LAMENNAIS, EsQ. d'une phil.. IV, 329 n.) je m'en tiendrai à celle donnée par le vieux savcmt (zola, Cent, à Nin., 48). Mais on trouve aussi le démonstratif suivi d'adjectifs 1° Quand cet adjectif est précédé de plus : Depuis le cercle le plus profondément enfoncé dans l'immensité des mondes de douleur jusqu'à celui plus paisible à la surface duquel nous étions (balzac, El. phil.. 1.S6, Proscr.) il m'a présenté les vieux serviteurs de sa mère et ceux plus jeunes qui lui sont ces fleurs embauattachés depuis plusieurs années (c. sand. Jacq.. i. 202); mées, mêlant leur arôme à celui plus fort des ifs (a. daudkt, Imm.. 55) Et comparant l'immense univers catholique, .ses parties claires et celles plus mystérieuses, avec ce monde antique (barrés, La grande pitié des égl. de darité
;
explication...
:
;
—
;
—
—
France, 312). 20
Quand l'adjectif est précédé d'un adverbe Celui, déjà grand, échappé mais ceux vraiment forts se relèvent main (s'e b., Pc, 1890, 385) :
de sa
;
—
après une halte douloureuse (champfl., Cunt., 152). 30
On
le
trouve aussi sans
les nécessités
qu'il
purement mentales
y
Quoique moins énergiques de
ait ni pause, ni nu)t interposé
soient, sans doute, les
:
(comte, Esp. pos., 30). Vous m'offrez deux roses, je prends celle jaune, mais: je prends la jaune, puisque l'article est là pour faire son office, qui est de marquer une détermination ou d'espèce ou d'individu, en sul)slantoutes celles inhérentes à notre nature
Xaturellemenl, on ne
tifiant l'adjectif
comme
les
Cet
:
morales
antiquités du pays
:
;
dit
pas
homme
—
:
possédait toutes les vertus, les intellectuelles
un marchand a
raflé
indistinctement toutes
les
les laides avec les belles.
Mais ailleurs celui supporte
très bien la caractérisation.
Il
ne faut pas
surtout montrer d'étroitesse, quand celui doit être suivi d'un complément prépositionnel. Celui à droite ne peut pas être toujours remplacé par celui
Hugo met
de droite.
Tiens,
dit-elle,
fait, c'est l'heure. (1)
La question a
Manuel, 233
;
des phrases de ce genre dans des bouches populaires
c'est celle (la lettre)
Je vas
pour ce vieux qui va à
lui porter (Mis.. Marins,
1.
viii, iv).
la messe.
On
trouve des
été très discutée depuis lors (Voir domeruii:, Solutions, 296
aubertin, Gram. mod., 238).
:
Au
;
bomface.
CARACTÉRISATIOXS PAR ÉPITHÈTES exemples analogues chez tous ceux qui ont reproduit
comme d'un coup
Il resta étourdi étSLÏ,
sur la
tête,
qu'il mettait tous les Jours, c'était le seul
Tilleuls, 63)
;
—
elle
(535
langue parlée
la
:
mauvais possédât (\. karr.
car avec celui en fort
pantalon qu'il
mêlait des railleries sur son visage à celles sur sa poli-
tique (maupass.. Bel-Am., 261).
nous ne réparons que
—
Les catalogues disent
Pour
:
les
moto-
marque. Comme le voit très bien Stapfer lui-même, ce serait alourdir bien inutilement la phrase que d'exiger qui et un verbe. Ce serait surtout empêcher un développement normal et utile de celui, qui devient une sorte de support cyclettes,
de caractérisation
celles à notre
comme
de détermination.
autre.
—
Épithète avec
Remarquer
le
tour
:
l'autre
bonasse attendait
toujours devant la porte. Cela ne signifie nullement que la première personne
dont on a parlé antérieurement soit aussi considérée comme bonasse. U ne s'agit que de la seconde. On pourrait traduire l'autre, qui était bonasse. Ce tour est particulièrement fréquent dans l'Est. Il n'est pas étranger au parler de Paris.
—
Nom Il
gulier
au pluriel caractérisé par plusieurs adjectifs au singulier.
arrive qu'un ;
caractérisés
au pluriel
:
Les codes
nom
civil et
soit caractérisé
par des adjectifs au sin-
représente plusieurs objets successivement
militaire, les
marines militaire
et
marchande.
230) avait fait une vive opposition à cette façon de parler. condamnait les langues grecque et latine. Après lui, on a continué à cen-
Vaugelas Il
nom
qu'en réalité ce
c'est
(ii,
:
surer les tours de ce genre, mais l'usage a été
le
plus fort
forment entre eux ne vous semble relever que des codes
(PROUD., Rév. soc,
8).
:
le
civil et
contrat qu'ils
de
commerce
CHAPITRE
II
LES CONSTRUCTIONS DE L'ÉPITHÈTE Construction
indirecte.
—
Après
noms de nombre, adjectifs et Oudin remarque le fait il y en
les
pnrticipes se construisent souvent avec de.
a vingt de payés
Tusage, se prononce pour le
:
Vaugelas. après avoir constaté
(G/-., 61).
de
les hésitations
y en eut cent de tués (i, 286). C'était l'emploi plus courant, quand en entrait dans la phrase. Autrement on disait // :
//
:
y eut trente blessés (h.
l..
Quand un adjectif suit moyen d'un de
rien au
:
de était inutile
:
A
m,
rien, il
475) il
(1).
est
également d'usage de
n'y a rien de
qui venge son père
tel
le relier
à ce
mot
que d'aller lentement. Autrefois
n'est rien impossible (corn.. Cid.
il
De est également d'usage avec tout, Xous disons qu'y a-t-il d'étrange dans
417).
:
quelque ehose. tant. cette
de neuf ? quoi de plus facile que de prendre
proposition
?
précaution
cette
Et aussi quoi phrase ? La
analogique de rien
de. a eu beaucoup de mal à être reçue, .luscpi'à la fin du XVII>^ s., elle a été réprouvée par les grammairiens (vavg., i. 12') RKGX. DKSM.. Gr., 278). Cf. dans les négatives il n'y a pas de feu d'allumé che: moi (fi,. vue.. Éd. sent.. 41). ;
:
1,
analogie aujourd'hui est
mar(| liant
de libre.
bon
;
ICI
là
forte que,
on trouve cette construction
non. mais de vrai ?
Ce sont
si
même
en l'absence d'un mot
quantité, de s'introduit devant l'adjectif
la
même
— Cest pour de
des extensions analogiques
:
Le temps
sans verbe
rire
;
— Eh
qu'ils ont
C'est
:
bien
!
pour de
de quoi ?
(2).
Ces remar(|ues faites, ajoutons que la construction de l'épithète est
le
sduxenl directe.
l)liis
—
Composition et apposition des noms. Xous avons vu comment un nom entre en compositittn avec un autre. Ainsi sabre-baïonnette, bateau phare. D'après ce type, une foule de rapprochements plus ou moins étroits ont créé des composés où le nom principal est caractérisé de façons très :
diverses
:
V art-roi. Ce procédé de l'apposition est tout à fait courant chez
V. Hugo, qui, grâce à ciioses
:
lui,
rapproche
Le bâton-paysan hrisimt
rocher-hydre
el
le
te
torrent-reptile
les
aspects parfois antithétiques des
glaive-roi (Lég., Bar. Madr.,
(//'.,
Pet.
puscules ne plaisent qu'aux âmes chauves-souris (Mis..
Dans
ce
sépulcre-enfer que faisaient-ils
n'est autre chose
1) \.
2) Il
en
qu'un vestiaire où
la
? {Ih.. 4'' p.. liv.
ii)
;
—
ces cré-
;
iv, 6)
2)
;
;
langue ayant quelque nnuuHiise action
TOBLER, Verm. Beitr., ni, 20. le 2« exemple, on pourrait croire à une formule raccourcie de quoi s'agit-il dans l'esprit de celui qui parle ainsi, de quoi égale quoi tout simplemenl.
Dans
est rien, et
le
— — Marins, — L'argot vu. m)
R. de Gai.,
:
? Il
LES COSSTRUCTIOXS DE LÉPITHÈTE
637
à faire, se déguise. Elle s'y revêt de mots masques et de métaphores haillons Ils s'aeeroLipissent. adossés les uns aux cadres, dans (Ib., 4e p., 1. VII, 1)
—
;
—
une espèce de destin-taudis (Ib.. Marins, viii, 5); Xos Chambres décrépites procréent à cette heure une infinité de petites lois-culs-de-jatte (Philos., i, 198).
Hugo n'est pas seul à user du procédé. Michelet emploie souvent aussi noms doubles D'abord les hommes-femmes, gracieusement cdtifés,
de ces et
:
traînant mollement des robes de douze cames... Ici. des hommes-bêtes brodés
de toute espèce d'animau.x
:
des
Ici
hommes-musiques, historiés de notes (Ilist. chap i, livre vu). Une foule
de France, Moyen-âge, Jeunesse de Charles VI,
d'autres exemples pourraient être produits.
—
Apposition et caractérisation. C'est ici le lieu d'ajouter quelques mots sur les noms apposés Louis XIV. Roi de France. Cette construction dont nous avons déjà parlé à propos de dénomination, sert constamment Sur ce Gécmt, grandeur jusqu'cdors épargnée, Le mcdheur, à caractériser bûcheron sinistre, était monté (v. h.. Chat., Exp.) Et que la mouche horrible, essaim au vol joyeux, Comme dans une ruche entre en ta bouche noire (id.. Ib.. A un martyr, m) Le XIX^' s., a beaucoup usé de ce tour. Hugo, dès ses premiers écrits, l'a afïectionné.le trouvant visii)lement presque aussi précieux pour le style que la comparaison Tandis qu'on répare à grands frais et qu'on restaure le :
:
—
;
;
:
palais Bourbon, cette masure, on laisse effondrer par
réquinoxe
ajoutée à l'édition définitive)
Noire y
A
résiste
du
la fin
coups de vent de
les
vitraux magnifiques de la Sainte-Chapelle (v.
les
même au siècle,
— Les
:
matin, ce doreur
poètes
(v. h., Lég..
ii..
A'.
lugubre
forêts sont le lieu
m.
:
18. xxii.
/)..
ii.
prosateurs l'ont mis à Tenvi à profit
et
note
la terreur
Hug.). :
// lui
mosaïque volante, tapis émietté dont chaque servante, devant sa maison, va colorier la rue au Cl'. Et sa main plongeait moment du cortège (kodexb.. Bruges. li).5). restait à
remplir
les corbeilles
d'herbes
de fleurs coupées,
et
—
dans
corbeilles...
les
duvets d'ailes mortes
En
:
rafraîchie à ce massacre de corolles, ouates fraîches, (id.. Ib.).
dehors de toute reclierche
(k'
st>le.
il
est
commun La :
jxiix de
Franc-
instrument forgé pour affaiblir la France, n'a pas empêché notre relèvement la Cour de cassation, organe suprême de la justice, a prononcé.
fort,
:
—
—
Articles avec les appositions. dans le cas de l'apposition Son signifie
Si
on
lieu
que
dit
:
l'oncle a
Son
deux qualités
oncle,
de caractériser,
et,
l
:
Le
il
est
rôle de
l'article
avocat réputé,
oncle,
:
honune de
loi,
il
est
était
important intraitable.
a de la réputation.
on cherche à individualiser, au on fait appel aux données que possède
'avocat réputé... à cet eftet.
l'interlocuteur sur la personne dont
il
s'agit.
—
Des adverbes autres caractérisations en épithètes. peuvent être employés comme épithètes longue, mince, encore hien, mcd.sa gré la fatigue des traits (a. daud.. Imm., 6). De même les locutions une bataille en règle s'ensuivit. femme, alors très en beauté
Adverbes
et
:
:
;
—
CHAPITRE
III
LA PLACE DE L'ÉPITHÈTE
—
Archaïsmes.
La langue ancienne
faisait
souvent
très
précéder
de son épithète. C'est ainsi que certains adjectifs ont pu se souder un gentilhomme^ assez intimement au nom pour en devenir inséparables
le
nom
:
un bonhomme.
Même
si
les
deux éléments restent séparés. Tidée ex|)rimée
est
souvent
les francs archers, un gros unique, et l'adjectif perd sa valeur propre bonnet. Ce n'est plus l'idée de franchise, de grosseur, qui est marquée, pas :
plus que celle d'archer ou de bonnet. C'est une idée d'ensemble, résultant
de l'association des deux éléments.
—
il
faisait noire nuit
blanc bec
;
—
;
le
Il y a composition. Cf. en droite ligne ; coller à plats joints un rond point ;
— des rouge-gorge — vendre à
—
;
vil
;
—
prix (1).
Certains adjectifs n'ont à i)eu près pas d'autre place que Tancienne,
dcvaiU
le
nom;
ainsi
grand
:
femme, un grand
à grands pas, une grande
établissement, un grand projet, un grand port.
En dehors de il
y
a.
quant à
ces cas
la place,
fixe. 2" les adjectifs à
où
la tradition
sest conservée, en langue moderne,
deux catégories
d'adjectifs
:
1" les adjectifs à
place
place variable.
—
1» Adjectifs à place fixe (2). A Ce sont dks ad.iectifs désignant LA NATIONALITÉ. LK CULTE, LA POSITIO.N SOCIALE, CI' SEKVANT A ÉTABLIR UNE CLASSIFICATION SOCIALE, ADMINISTRATIVE. TECHNIQUE,
SCIENTIFIQUE, HISTORIQUE, GÉOGRAPHIQUE, ARTISTIQUE. Ils SC mettent Un eitoi/en français, le peuple juif, l'organisation communale, après le nom :
budget départemental, une cession
le
ci
titre
onéreux,
parti réactionnaire, l'alliance anglaise, la librairu taire, le
Code
Civil,
1(1
loi
négatif, l'artillerie lourde, une
un
le
le
génie mili-
pénale, une solution juridique, un texte authentique,
chimie organique, l'acide sulfurique,
la
peuple chrétien,
le
française,
/(/
géométrie descriptive,
gamme chromatique, une
le
pôle
ligne télégraphique,
résultat problématique.
B
— A cette catégorie,
il
faut joindre 1» les
adjectifs de couleur, qui.
(1) Comparez sage-femme (un sage conseil, un conseil sage), petit-fils, jeune fille, jeune homme, grand'mére, beau-frère, grand seigneur, où l'adjectif est devant. Dans femme grosse, poule mouillée il est derrière. deux, (2) Il a été parlé déjà des adjectifs qui déterminent ou indéterminent certains, quelques, ces, mes. On a dit aussi la place des adjectifs qui renferment le sujet ou l'objet arrivée présidentielle, :
:
é leclion présidentielle.
LA PLACE DE L'ÉPITHÈTE malgré
proveiiu'
le
:
039
C'est bonnet l^lanc ou litonc bonnet, se
mcttcnl toujours
moderne les prés verts, une robe mauve, un galon bleu Les adjectifs de forme un clocher pointu, une ligne courbe, un plut ovale, une assiette creuse, un front plat, des joues caves, une tète ronde. Les participes or adjectifs verbaux sont toujours derrière le C nom, à moins qu'ils ne soient tout à fait passés au nombre des adjectifs un jjonl chancelant, une robe montante, ouverte, décolproprement dits letée, un fichu croisé, une heure perdue, un bataillon sacrifié. derrière en français
:
(
2°
1 ).
:
—
:
2" Adjectifs
à place variable.
—
nombreux
Ces adjectifs sont très
et fort usuels.
— Adjectifs
A
dont la place est vraiment indifférente
rf'odieuses gens, ce sont des gens odieux
!
A
Ce sont
:
peine pourrait-on noter
ici
la
difîérence que crée la possibilité de mettre une accentuation spéciale dans
pour vous une profonde affection, ou une affection un vigoureux gaillard, ou un gaillard vigoureux // a épousé une charmante fen-irue, ou une femme charmante vous (uh'z lu ce ou cet article stupide ? j'ai passé une bien agréable stupide article le
second
profonde
cas. Cf. // avait
;
—
c'est
'.>
journée, ou
une journée bien agréable
— — —
il
;
ou des solutions équitables tout éloquentes paroles, ou de .ses paroles éloquentes solutions,
;
;
;
—
;
—
faudra trouver ^'équitables le
—
monde il
dinaire anxiété, ou dans une anxiété extraordinaire
;
l'a félicité
de ses
dans une extraor// a pour ce genre
était
—
d'exercices une déplorable facilité, ou une facilité déplorable
;
—
cet
homme
se
un complet dénuement, ou dcms un dénuement complet. B Adjectifs dont diverses raisons déterminent la positiondevant OL' derrière le nom. Ce deuxième groupe est très important. Les raisons qui font mettre les adjectifs tantôt à une place, tantôt à
trouve dans
—
—
l'autre, sont multiples (2).
Le sens ch.\nge complètement d'après la place.
1.
d'adjectifs sont dans ce cas
:
—
—
Beaucoup un sacré personnage. On. a {josé en règle qu'au sens
an personnage
sacré,
2. Le sens est seulement modifié. physique Fadjectif restait^errière, qu'au figuré il se plaçait devant. En effet on dira une pâle figure, de larges concessions, en face de une figure :
:
une fenêtre large. Mais large peut aussi bien
pâle,
De même
baie.
Le
étroit
:
se
mettre devant, au sens propre
:
une large
une étroite ouverture.
seul principe qui paraisse à
peu près général,
c'est
que
les adjectifs
qui expriment une appréciation, une impression sommaire de l'esprit, qui,
en cette qualité, entrent en union très intime avec
(1)
On
dit,
il
est \Tai. de noirs desseins, une rerte vieillesse,
mais
le
nom,
les épithétes
et font
pour
de couleur n"ont
pas là leur sens ordinaire. (2) Il y a du reste des distinctions à faire. (Certains adjectifs ne sont pas impossibles à une Je tiendrai compte de votre amicale place donné?: ils y paraissant seulement moins naturels :
observation, ou de votre observation amicale.
s Y s TA XE
i)U)
DES CAR A C TE RI S TIQ UES
ainsi dire partie de la dénomination même de Tobjet. se mettent devant le nom. Quand nous disons: une petite maison, l'idée est une; un mot unique
(maisonnette, par exemple) pourrait l'exprimer aussi bien
n'a presque d'autre valeur alors que ratif,
L'adjectif
(1).
d'un suffixe diminutif, péjomême idée que le terme primitif,
celle
augmentatif, etc.. qui exprime la
de gros arbres, un (2). De même dans les expressions long chemin, etc., l'adjectif n'ajoute pas une seconde idée à celle qui est arbre, chemin. Il ne fait que modifier cette idée exprimée par les mots
légèrement modifiée
:
:
dans
le
sens
On
quantitatif.
dira
ainsi
de riches prébendes,
:
de lourds
un fol orgueil. Dans cette catégorie seront donc d'abord les adjectifs simples de petitesse ou de grandeur. Il faut y ajouter les adjectifs marquant ancienneté ou
impôts, une basse vengeance,
nouveauté, les approbatifs qui présentent
comme bon,
autres, c'est-à-dire
grand,
gros,
:
ancien, nouveau, beau,
un rude gaillard
—
!
bon. mcuivais
joli,
il
me
large,
petit,
Oh
:
véritable, et quelques
court, le
!
parait un fier imbécile
!
bref,
vieux, jeune,
cher enfant
—
je
me
—
!
c'était
trouve en par-
faite s(U}té.
C'est en vertu de ce principe, en
nom
le
la
comme une
considéré
adjectif,
même temps
tend à s'agglutiner avec
et
que par tradition, que tout
de nature, précède d'ordinaire
éi)ilhète lui
Saint-Père, la pâle mort,
J.e
:
blanche hermine, un plat valet, une faible femme.
Quand
le
près seul
nom
accom]iagné d'un adjectif possessif, ce tour
est
employé
:
courageusement notre dur métier
abandonné leur douce compagnie dites-lui
ma
aimable amphitryon
saluez votre
—
;
;
—
mon
écris-moi.
je revois
;
—
cher enfant
encore sa délicieuse
à peu
est
continuons ;
—
femme
j'ai
—
;
vive sympathie.
— On
Corollaire.
un un un un .
comprend dès
homme homme
brave
et
f/rund
»
méchant poème
»
gros commcrçiait
»
une triste femme une vraie épopée
» »
lors sans peine la difTérence entre
un un un un
brave
:
homme,
grand homme, poème méchant, commerçant gros,
une femme triste, une épopée vraie.
Celle observation permet même de comprendre la nuance qu'il y a entre une vilaine figure et une figure vilaine. Le second seul peint ou décrit. Le un premier apprécie. De même pour une sotte fille il une fille sotte ;
:
riche mobilier et un mobilier riche
On comprend
aussi pourijuoi
;
— une
on peut dire
bien qu'un sous-préfet parfait. .Mais changez
ou
imi)()ssii)le
(1) Cf.
une
ou
diflicile
un gâteau
le
:
une
—
fille folle.
un parfait sous-préfet aussi le déplacement devient
nom.
parfait,
non un parfait
un petit loup (louveteau), etc. que beaucoup de diminutifs n'aient que
gâteau
;
petite rue (ruelle),
(2) Ainsi s'explique aussi
comme
:
folle fille ei
charrette, pincettes.
la
\aleur de simples,
LA PLACE DE UÉPITHÈTE
ti41
un buste parfait, non un parfait buste. Li-s Sociétés chcrcheal un secrétaire dévoué. Le mot à cette place a une valeur, signifie quelque chose. Le dévoué président n'est qu'une formule, avec une sorte d'épithète de nature. inénie:
(le
—
l^ÉsEHVEs NÉCESSAIRES.
Il faudrait se garder toutefois de pousser la semble expliquer la syntaxe en apparence contradictoire de uieu.v et de neuf. En effet Un neuf manteau est impossible, jîuisque neuf exprime une qualité proprement énoncée. Au contraire il est
théorie jusqu'au
bout.
Elle
:
normal qu'on construise un vieux manteau.. a\ec le sens d'un manteau de peu de prix. Jusque là rien qui contredise la doctrine. Mais alors pourquoi ne peut-on pas dire un manteau vieux ? Pourquoi vieux ne serait-il pas là le correspondant de neuf : Julie, donnez-moi mon manteau vieux serait pourtant logique, comme donnez-moi mon manteau neuf. Aussi certains théoriciens ont-ils dû, pour faire cadrer les faits avec le principe, imaginer parfois des explications déconcertantes Dans la locu:
:
:
tion
:
à haute
Le mot
voi.v, l'adjectif,
dit-on, peut-être con.sidéré
comme
essentiel.
par lui-même, implique une certaine élévation que l'adjectif
voix,
haute ne fait qu'amplifier,
comme
le ferait
un
suffixe augmentatif.
(!
?)
Au
contraire dans la locution à voix basse, la qualité basse n'est qu'acciden-
exceptionnelle D'où l'ordre adopté. Mais ne dit-on pas à voix haute ? Certains exemples semblent plus troublants encore On dit à marée haute, à marée basse, mais par contre, la haute mer, la basse mer. telle,
:
:
:
:
On peut conclure que, si le principe reste vrai en gros, et peut s'adapter commodément à un grand nombre de cas, il serait bien dangereux de
assez
vouloir le prendre au pied de la lettre, et de prétendre
y ramener de
force
tous les adjectifs analogues.
Considérations d 'harmonie et de r3rthme.
—
On a remarqué qu'il est monosyllabique avant le aom, lorsque ce dernier est lui-même un monosyllabe, et que par exemple, il doit porter l'accent. Cela est juste. Un laid homme, un riche homme, ne se disent guère, tandis difficile
de mettre
l'adjectif
un laid visage, un riche propriétaire, un riche mariage. l'adjectif pourra précéder le nom cet adjectif lui-même n'est pas monosyllabique un
qu'on dirait fort bien
Pour
la
même
monosyllabique,
:
raison d'harmonie, si
:
affreux temps, un horrible chat, de nouvelles
lois.
Pour des raisons d'euphonie analogues, on les adjectifs
avant
le
en
nom.
able, ible, al, Il
manquent pas un
peu
qu'on dit
:
sûre, et les
C'est
tardif enthousiasme,
On
il,
ique, :
if,
a
voulu ériger en princii^e que
esque, ne
un homme
animaux domestiques,
considérable, les règle est très
est vrai
el,
le
peuvent être placés
susceptible, une entreprise
genre burlesque.
exemples de
la
En
réalité, cette
construction contraire ne
un grotesque individu, une burlesque composition, une criminelle
tentative.
a observé aussi, et cela est juste encore, qu'on é\ite certains hiatus.
BBCNOT
41
SYNTAXE DES CARACTÉRISTIQUES
(342
langue populaire, ni la langue littéraire ne s"cn font une loi Une maman dit de son enfant C'est un vrai amour, et le puriste le plus rigoureux écrira C'était une jolie idée ou: la vraie immoralité de ce drame est dans son dénouement.
Mais ni
la
:
:
:
;
Autrement importante
est
la
question
de
phrase offre des exemples d'une
humeur
une entreprise
C'est
:
difficile
!
Les inversions
et
les
que. sauf dans certains cas, est
plus
:
—
La moindre Cf.
est
elle
impossible, détestable.
effets
de
—
style.
Il
faut tempérer aussi
La première
tout ce qui est dit ci-dessus par diverses considérations.
il
Ladjectif
l'accentuation.
placé derrière reçoit des intonations qu'il n'a pas devant
impossible de donner
nombreux, où
il
S'il est
est
des cas où
place à l'adjectif, il en est d'autres, beaucoup simplement contraire à l'usage ordinaire. Or
telle
cela est
toutes sortes de raisons
n'y a point de règle rigide.
amènent
prosateurs et aussi les gens
les poètes, les
qui parlent, à se séparer de l'usage ordinaire. D'abord les déplacements ont été
longtemps une commodité de la versification, on disait «un privilège de Les romantiques s'en sont moqués, et l'ont utilisée à l'occasion
la poésie».
:
cachez vos rouges tabliers. Michelet la chérissait.
Il
allait
jusqu'à écrire
:
le
un jeu. Les mots leur apparaissent comme un des moyens essentiels Et en réalité un déplacement fait de l'effet. Il peut donner à
désiré chapeau. Certaines écoles poétiques récentes s'en sont fait
transpositions de
du
style.
l'adjectif de la valeur et
du
relief.
—
Place de l'adjectif suivi de compléments. L'adjectif complété syntaxe moderne, se trouver près de ses compléments, donc il ne
doit, en
peut, en principe, précéder
honneur
;
—
un règlement
le
iu)m
relatif
((u'il ([ualifie
à l'hygiène
;
:
[/n
—
/?o/7J/7?e
il ij
SOUCieux de son
avait sur
le
quai des
barriques pleines de vin. L'usage est parfaitement défini à cet égard. Et les
exemples qui sembleraient le contredire ne sont des exceptions qu'en On dira un conseil bon pour des novices, parce que pour des novices est le complément de l'adjectif bon. Si on trouve un bon conseil apparence
:
:
:
pour des novices, c'est que pour des novices devient conseil, ainsi que nous allons le voir.
là le
complément de
—
substantif suivi de sks compléments. compléments, l'adjectif passe devant // y avait sur le quai de pleines barriques de cidre. Il est normal que l'épithcte précède. Le groupe barrique de cidre forme en effet une locution unique, une sorte de mot composé. L'épithète pleines insiste, non pas sur le fait qu'elles contenaient du cidre, mais sur le fait qu'elles étaient bien garnies. En vertu même de cette règle, lorsque le complément du nom ne fait L'aujectif
piiÉCKDr-:
Quand un nom
lt-:
suivi de
est
:
:
pas corps avec
complément
:
lui,
Un
l'adjectif s'intercalera
nom et son une silhouette pâle de
très bien entre le
pâle profil de mourimt, mais aussi
:
LA PLACE DE L'ÉPITHÈTE
—
643
le sombre livre de £>an/e, mais aussi le livre sombre de Dante ; ; un vague aspect de château, mais un aspect vague de château ; ;/ avait un triste rictus de désabusé, mais il avait un sourire triste de malade. Des écrivains modernes, par recherche d'effet, ont séparé arbitrairement l'adjectif de ses compléments Digne maison d'abriter une telle infortune, digne par sa mélancolie (michel., Rév., m. 105). Cela ne compte pas dans
fantôme
—
:
—
:
:
:
la langue.
Réunions
d'adjectifs.
—
Quand
plusieurs adjectifs sonl réunis,
ils
peuvent parfois se préj^oser au nom: Ce sont alors des adjectifs très usuels et généraux une grande belle femme ; cm bon vieux temps un beau grand garçon. Généralement ils se placent suivant le sens, c'esl-à-dire que. selon qu'ils jouent le rôle d'épithète de nature, ou de préfixe augmentatif, ou bien au
—
:
;
—
contraire d'une simple qualification circonstancielle, les adjectifs se placent
devant ou derrière, sauf à se séparer ce grand jeune honmv froid, spirituel un brave petit homme, studieux et aimant. ennuyé ; Les adjectifs placés devant le nom sont naturellement presque toujours ceux dont nous avons parlé vieux, bon, etc un vieux canapé usé; une :
—
et
:
—
:
—
j'aime le rire. Non le rire ironique, aux sarcasmes bonne soupe chaude moqueurs, Mais le doux rire honnête, ouvrant bouches et cœurs, Qui montre en même temps des âmes et des perles (v. h., Cont.. Aurore, vi). Les adjectifs et qualificatifs de même ordre, eux aussi, se rencontraient dans la vieille langue, sinon épars, du moins séparés j'accepte de bon cœur m, 677). Vaugelas a fait de cette séparation et reconnaissant (h. l., ii, 482 une faute contre la netteté du style. ;
:
;
Une élégance. — Lorsque deux noms consécutifs ont pour épimême adjectif répété, la langue littéraire, et même la langue parlée,
thète un
assignent volontiers à ces adjectifs deux places différentes.
nouvelle nature
et les
mœurs
Type
:
La
nouvelles que j'ai peintes (chateaubriand).
Il
n'y a dans cette habitude qu'un désir de rompre la symétrie de la phrase
pour en
même
un effet stylistique. Le procédé employé au XIX^ s.
tirer
très
est
toujours usité,
il
a été
CHAPITRE IV L'ACCORD DE L'ÉPITHÈTE
L'application de la règle générale est simple reste
dans
les cas ordinaires.
Néanmoins
il
el incoiitesléc,
tant qu'on
en est beaucoup où, pour des
causes diverses, l'accord se trouve troublé.
avec ux seul nom. dérogations
A. l'accord 10
La forme féminine
fait
défaut.
— Grand. Malgré l'entêtement
de
Mademoiselle de Gournay. qui semblait disposée à élargir l'emploi de grand invariable, l'ancien féminin grand ne se maintint que dans un petit nombre de locutions consacrées rue, etc..
Mais
11
:
à giB^A" peine, grand'p^^r. grand 'merci; grand'
y existe encore, nous l'avons
Influence de l'ordre des mots.
20
dit (h. l.. th. 276).
— En
ancien
français
il
était
d'usage assez fréquent de ne pas accorder l'adjectif ou le participe, quand les mots auxquels il se rapportait n'avaient pas été énoncés. Les épithètes alors invariables. D'où les adjectifs les attributs demeuraient devenus prépositions, tels que sauf (Cf. p. 409). supposé deux Mais on ne saurait donner ce caractère de préposition à témoin leurs demandes extravagantes ; passé huit heures ; droites non compris ou y compris les dépenses de camionnage. Il faut donc poser ce i)rincipe que la syntaxe ancienne n'a pas disi)aru (1). Cependant, dès l'ancien français, ces adjectifs ou ces participes i)résents ou passés, ont tendu à être ramenés à la règle commune (2) (h. l.. i. t.'il). veue la On trouve: exceptés les cas de crime (beaum., Coust., 27, 104); déposicion d'aucuns tesmoins {Ord. de 1298. dans est. boil.. Liv. des Mest., 457). Aujourd'hui encore, il y a hésitation pour plusieurs d'entre
comme
:
:
—
—
—
—
eux
:
Étant donnée ou donné son inconstance.
Ci-joint, ci-inclus. les participes passés,
—
Les expressions
s'accordent avec
le
ci-joint et ci-inclus,
comme
tous
nom, quand
suivent
:
elles le
déclaration ci-jointe, ci-incluse, les documents ci-joints.
pas d'accord.
Il
sufTisanles et
ils
(1) (2) Irais
A
n'a pas semblé
aux
logiciens
que
les
En
La
cas contraire,
contradictions fussent
y ont ajouté de nouvelles dinicultés.
quoi bon semble n'être plus qu'une formule invariable
:
A
quoi bon ces démcircbes
?
—
Nalmellement il y a accord, lorsque le nom précède Les dépenses non comprises Veux-iii parier que je résume le tout en vingt mots, signature comprise hommes exceptés ;
—
:
;
î
i:
m5
ACCORD DE L'ÊPITHÈTE
D'après eux. lorsque ci-joint, ci-inclus sont employés dans le corps d'une, phrase, il faut dislinauer le cas ou l'objet qu'ils annoncent e«t déterminé du cas où il ne l'est pas. Ou fait varier ces expressions dans le premier ca's^ on les laisse invariables dans le second :
Vous trouverez ci-incluse la copie du truite
Vous trouverez du
copie
ci-inclus
traité
—
Rôle de l'influence phonétique dans la îornnation de la règle. Au moyen-âge, l'adjeclif nu s'accordait avec le nom, quelle que fût la Nu. place de cet adjectif. Le XVIe s. accordait encore généralement Où le Comte de Scherosberi/. nuë teste, aveeques ses compagnons, lui/ fit récit du commandement exprés qu'ils avoienl reçeu (pasquier. Rech.. vi. 15). Mais lorsque Ve fut devenu sourd, nu ne varia plus devant le nom, quand il ne portait pas l'accent tonique, ainsi que cela a été expliqué plus haut. Desportes les pieds et les bras nus(= nïï) nu(d)-tête (EL. n, La Pyrom.). Son écrit adxcrsaire, Malherbe, recoinmandail d'écrire ainsi nu tête. Il se rendait probablement compte cfu'on ne sentait pas là d'allongement (îi. L., lii, 467). Vaugelas étendil l'obserx ation au pluriel. Il \eut qu'on supprime non
—
:
:
:
seulement
l'(',
mais
Bien que Racine
l'.s-
de Plat., S. l'am., iv, les religieuses (id.,
(r.
écri\('
141). (k>tte opinion fut confirmée par l'Académie. :
ce petit
4.14), et
homme
au contraire
qui va toujours nuS'pieds{Banq.
y cdla
elle
:
comme toutes XYII^ s.
liU-'piéÛS.
P.-R.. iv, 509), on peut considérer que l'usage du
Le sentiment de la fonction adjective semble s'être peu près perdu dans ces locutious. Xu cesse d'y être épithète,' et 'devient un véritable préfixe, mais seulement devant les noms -.tête, pieds, jambes,
est déjà l'usage actuel.
à
bras
(1).
Demi.
—
L'accord de demi a été intluencé
comme
celui de
nu par des
raisons ])honétiques. L'a.
f.
faisait
varier demi
XVIP
approuvé par Th.
(Corneille et
s..
Palsgrave
:
variable. Mais au
le
comme mot
considère encore
\'augelas posa la règle
moderne
(ii,
56);
il
fut
l'Académie.
Quand l'adjectif denu' est placé après le nom, on considère qu'il se rapporte un nom du singulier et du même genre que le nom précédent, il se met donc au singulier et au genre du nom exprimé deu.v heures éfdemîe ;'trois kilogs et demi. Tous les grammairiens de second ordre ont suivi Vaugelas (2). à
:
On tolère dans les examens l'orthographe nue tête, nus pieds (Arrêlé du '26' Février 1901). On remarquera que dans les expressions où on laisse nu invariable, cet adjectif n'est <pas l'article qui devrait accompagner le nom qualifié. Dans les expressions où l'article
(1)
précédé de
reparaît, l'adjectif de ses biens. (2)
On
douzaine
dit {a.
:
nu
varie, bien
que précédant
le
nom
:
le
vieillard
garda la-nue -propriété
une douzaine et demie, une heure et demie, etc. mais: une iemï-heure, Hne*demis' m.\urice. Rem., 38) Demi devant le nom est indéclinable une demi-/i»re Dans les examens, on tolère aujourd'hui un demie heure (Arrêté du
ue
;
(A. niî B., Réfl.. 164).
:
:
26 Février 1901). Cf. mi : Ançois la mie nuit laiens entrèrent (Aiol, 784); la mie partie dou péage de Byanionf. {Ch. de compt de Dole. g.). IMais Mi ooie de Vost le roij vindrenl. Sas un mares setrez se tindrenl :
SYNTAXE DES CARACTERISTIQUES
646
Cependant on trouve encore en langue classique un assez grand nombre d'infractions à la règle. Balzac écrit ûeTtà-douzaine 227), mais demie-heure
(i,
étudiée une bonne grosse
(i,
45.
(i,
118), demi-journée
Molière
55, 73, 296. 341). Cf.
cf.
demie heure (Pourc.,
2)
i,
;
— Racine
:
//
:
je l'ai
n'avoil
plus qu'une demie heure de temps (Let., xxii).
Feu.
— L'adjectif feu signifiant défunt, ne
se place guère que devant le ne s'emploie à peu près jamais au pluriel. Autrefois il s'était toujours accordé avec le nom. Encore au XVIe s. Feue sa femme (pasquier,
nom
et
:
Rech.,\i. 11).
Sur son accord en genre, ni Malherbe, ni Vaugelas ne se sont prononcés. le Père Bouhours entendit que cet adjectif restât invariable {Rem.,
Mais 553)
(1).
varier
:
Ménage, au contraire, Reine Mère.
la feiie
tirait feu
de felicem, et pensait qu'il devait
citait le Cardinal
Il
d'Ossat
Parme, tout en remarquant que Gombaud avait
Madame
feu
d'Orléans (0..
561)
i,
genre ni nombre
On
connaît
(ii,
qui suit
feuë
Madame
de
un mot indéclinable, qui n'a
est
ni
moderne. Si l'adjectif feu est précédé d'un article, il garde sa valeur d'épithète. et s'accorde avec le
la règle
la feue reine,
:
:
Élégie sur la mort de
394).
d'un adjectif possessif,
nom
:
D'après ses Remarques posthumes,
(2).
Vaugelas opinait au contraire que feu
dit
ma
feue tante.
Dans
le
cas contraire,
il
n'est
qu'une sorte de préfixe, et reste invariable feu la reine. On peut juger par l'historique du crédit à accorder à ces inventions. :
Influence de la fonction.
Toi T. exprime
— Tout
est
la totalité,
gagné
—
les
Le
le
et
En
adjectifs.
comme
s'aci-orde
—
;
adverl)cs ne
théorie, les adjectifs
plus loin.
du noml)re de ces il
venus, elles sont toutes venues toutes entières,
—
Xous en parlerons
s'accordent pas.
les
Mais alors que cet adjectif
autres adjectifs
:
Ils sont
tOUS
rien n'a été cassé, les porcelaines sont
cependant la maison
était
toute en feu,
et
l'incendie avait
premier étage. Les personnes qui ont vu cela ont toutes
été
surprises
;
aventures de ce voyageur formeraient toute une histoire.
nom
— fo
en dépendance.
il
dépend d'un nom collectif.
—
L'accord doit se faire logiquement, c'est-à-dire selon que l'épithète est rapportée au collectif ou au complément de collectif de tableaux tout à fait complète
;
—
dans
:
//
y avait là une collection une multitude
ce lieu, croissaient
de plantes aquatiques. G. GUi.\RT, Roy. tigiuige. G.). Il est possible qu'il y ail ou une influence analogique de composés devenus invariables comme emmi, parmi. Semi est un véritable préfixe, qui, comme tel, ne s'emploie que devant quelques noms une semi-consonne, une semi-pieuue. I
:
:
(1) Chapelain et de parler, 563.
Palru tiennent aussi pour
(2) A. d. B. suuLicnl
de
même
(ju'on dit feu
l'invariabilité.
au masculin
De même
et /eiie
P.cniiud
au féminin
(
dans Manière
Héfl., li:i
L'ACCORD DE L'ÉPITHÈTE d'une expression de quantité
2°
:
beaucoup
647
de, la
plupart de, assez de,
peu de, bien des, etc.. L'accord ne peut se faire qu'avec le nom complément, ces locutions n'étant cjue des sortes de numéraux beaucoup d'animaux sauvages ; pas mal de viande fraîche peu de vrai bonheur. :
—
;
—
d'un nom quelconque L'accord se fait d'instinct avec le nom un chapeau de paille fine, ou un chapeau de paille
30
:
qualifie l'adjectif
suivant
ciue fin,
:
le sens.
Il n'y a pas en réalité à faire, à ce propos, une catégorie à part. La présence d'un complément déterminatif n'a rien qui puisse fausser ou modifier la notion de l'accord. On dira donc suivant le sens une pendule d'argent :
massif, et une pendule d'argent massive
fourrure d'ours
Cas
un peu
particuliers.
—
Nous avons
pouvoirs /é^/sZa/z/
les
:
et le
et aristocratique;
et
—
le
féminin ou
nom employé
une
évident que
du
comme
cas
où
lorsqu'on
les adjectifs ainsi
équivaut à
:
le
pouvoir judiciaire. Donc, malgré la forme de l'ex-
temporel
;
—
les histoires
Accord des noms en pour
pluriel,
pluriel, car l'expression
le
chaque adjectif garde l'accord avec
pression,
pouvoirs spirituel
haut
plus
parlé
même nom
e/ yurf/cza/re. Il est
construits ne peuvent prendre
pouvoir législatif
gris,
lourde.
plusieurs adjectifs sont épitliètes d'un dit
— une fourrure d'ours
;
les
ancienne
épithètes. —
le pluriel
le
éléments
nom
moderne
et
au singulier. Cf.
les
théocratique, monarchique (1).
L'existence d'une forme spéciale
n'entraîne pas nécessairement la variation du
On
dit bien des esclaves ou courtiers marrons, marron. Les grammaires justifient cette dérogation aux règles générales en disant que marron conserve ici son caractère de nom. Cf. des manteaux prune, des rubcms fraise. Il semble bien qu'on
mais on
viole
en épithéte.
:
écrit: des paletots
ici le
principe classicjue et général de l'accord suivant la fonction. C'est
encore un des cas où
il
n'y a pas eu
moyen de pousser jusqu'au bout dans
l'arbitraire.
B.
l'accord avec plusieurs noms
Lorsc|u'un adjectif qualifie plusieurs noms, doit-on considérer
comme une
nécessité de l'accorder avec tous, ou peut-il suffire de l'accorder avec seul ?
Et
si
les
noms
l'adjectif ? C'est
qualifiés sont de genres différents, quelle
une des croix de
la
grammaire
Accord avec plusieurs noins de
même
un
forme prendra
française.
—
L'adjectif prend genre. nécessairement le genre des substantifs. Mais quant au nombre, qui devait être le pluriel, il s'en faut que la règle soit constante. Le XVP s. suit encore fréquemment l'usage traditionnel, qui accordait l'adjectif avec un seul des substantifs. Mademoiselle de
visage peinte (Omb., 965 (1)
On
tolère
:
;
Gournay
h. l..
V histoire ancienne et
m,
écrit
:
l'infortune
et
468).
moderne (Arrêté du 26 Février 1901).
l'horreur sur
le
SYNTAXE DES CARACTÉRISTIQUES
648
Ce n'était pas d'ailleurs l'avis des théoriciens, et Malherbe condamne cet accord avec le dernier nom seul. Malgré lui, les exemples abondaient encore en langue classique. contraire
estime
et
On
cite
:
une puissance orgueilleuse qui
C'est
est
souvent
— J'ai une particulière (molière) — Mes actions extraordinaire (bossuet). — Ces
l'humilité et à la simplicité chrétienne (fléchier);
ci
une affection pour vous
toute
;
étaient mêlées d'une joie et d'une activité lettres étaient
mortifumtes pour la vcmité
Aujourd'hui
l'esprit
et la
jalousie persane
logique a triomphé
l'accord en
;
(Montesquieu).
nombre
se fait
d'ordinaire avec tous les noms, c'est-à-dire que l'adjectif s'emploie au pluriel
:
Icmgue
la
françaises
et la littércdure
la vie. de la religion et de la beauté
assiduité félines (Voir
Que
les
noms
robert,
o.
grecques
;
;
— —
cet
amour
enthousiaste de
avec une patience
le
même
:
um
une con-
soient juxtaposés, au lieu d'être coordonnés \n\r
jonction, l'usage reste
et
c, 118). L'artilleur, le fantassin, le soldat, l'officier.
sales et couverts de poussière.
—
Là encore, une Accord avec plusieurs noms de genre différent. grande indécision a régné jusqu'au XV 11^' s. Les grammairiens eux-mêmes semblaient n'avoir que des préférences personnelles, dont
ils
étaient inca-
pables de donner des raisons. Malherbe condamnait l'accord avec nier
nom
seul
:
pour rendre mon désir
BRUNOT, Docf, 305; l'accord avec liaison des
le
noms
ii.
i...
ma
le der-
peine éternelle (iv, 273
Vaugelas, au
16S).
iv,
et
dernier nom. Depuis, on a distingué suivant
;
préférait
contraire,
mode de
le
entre eux.
—
Les noms sont inis par et.^ En principe, ladjectit se mel au masculin Il va, en effet, une véritable addition des idées, la notion de pluriel paraît s'imposer. Quant au choix du genre, c'est une pure convention qui fait préférer le masculin au féminin Avec une délicatesse et un tact parfaits La vous copierez les matières et les sujets inscrits au programme a)
pluriel.
:
—
;
—
;
cœur pleins de dégoût (copp.. Vr. Riches, 91). remarquera cjue. dans ces exemples, le substantif masculin se trouve le dernier. Pourrait-on dire, comme Racine Ces murs, ces voûtes... Avec un prêts (I m'accuser ? .Jamais écrivain véritable ne dira ni n'écrira bouche
et le
'Mais on
:
:
tact et
une délicatesse parfaits.
La })résencc d'un adjectif masculin à côté d'un substantif féminin -a quelque chose de choquant. C'est une question d'oreille, et ([ui peut avoir assez d'imjîortance pour dicter l'accord. Par exemple A) ,S'/ la forme du féminin est identique à celle du masculin, l'adjectif :
jiourra sans difTiculté être au masculin
en
ihle. able, tre,
que, esque, etc..
Un
pluriel.
dédain
et
C'est le cas des adjectifs
une haine invincibles.
On
dans l'impossibilité d'affirmer avec lequel des deux noms l'accord en genre a été fait il n'y a pas même lieu de le rechercher. B) Si la forme du féminin est pour l'oreille identique ci la forme du mascu-
est alors
;
L'ACCORD DE L'ÉPITIIÈTE lin,
bien que dUTércnlc pour
signature examinés par
le
l'œil, le
tribunal
:
649
masculin n'étonne point
— un ehapeau
et
le texte et la
:
une robe noirs.
Les exemples qu'on en pourrait donner sont nombreux
comme
:
je n'ai
un sentiment pareils à ceux des gens qui m'entourent (gautier, Maupin, dans robert. 119) Une voix lui cria qu'elle n'était pas de taille pour cette œuvre de sacrifice et d'abnégation purs (p. et v. marg.. Fem. nouv., pas une idée
et
—
;
55)
;
— Dans
malheurs
(p.
les
soins
et les
borel. Put.,
ii.
sollicitudes maternels, elle trouvait l'oubli de ses 43).
est
nettement différent du masculin, on revient souvent
d'instincl à l'usage
du
XV 11^
animcd. au nuiseau
et
C) Si
timents
le
et
féminin
s., et
on
fait
l'accord avec le dernier
à la queue plus courte;
—
des croijcmces religieuses (guizot. dans rob.,
continua ses travaux cm milieu d'une distraction (MICHEL.. Am.,
Int)'.. III,
De même que
mot
:
cet
C'était l'impulsion des sen-
et
o.
c.,
119)
d'un tiraillemenl
—
;
si
il...
cruel
31).
le dernier nom pour comporte le genre, on agit de même avec d'autres, pour éviter les diûérences de forme que comporte le nombre. Prenons un adjectif comme local, dont le pluriel est locaux. On ne dira guère L'octroi et la douane locaux, ou bien les impôts et les douanes locaux. On dit ou l)ien a) /(/ douane et les impôts locaux ou bien b) l'impôt et la douane locale. Assurément on pourrait produire de très nombreux exemples qui semblent
accorde certains adjectifs avec
l'on
éviter les difîérences de forme que
:
:
:
:
;
en centradiction avec ces remarques, ainsi particuliers en ce pays.
La
:
règle est enseignée
Les arbustes
trouve son compte, puiscjue la caractérisation porte sur il
est naturel qu'elle ait été appliquée.
gner que, sauf
le cas
Il
plantes, très
les
deux termes;
doit être permis pourtant d'ensei-
de nécessité absolue,
l'instinct linguistique, et s'arranger
et les
comme un dogme où la logique
il
vaut mieux ne pas heurter
autant que possible pour satisfaire à
la fois l'esprit et l'oreille.
P)
—
jEn principe, disent les grammairiens, Les noms sont unis par ou. doux noms s'excluent, l'adjectif s'accorde avec le dernier Le dimanche
si
les
il
porte un veston ou une jaquette claire. Si les
je
:
deux noms ne s'excluent pas.
voudrais des abricots ou des
pommes
avec
les
deux
Le principe
ici
encore
l'adjectif s'accorde
bien mûrs.
:
semble bien rigoureux. D'abord il n'est pas toujours facile de préciser bien nettement si les deux termes s'excluent ou ne s'excluent pas. De plus, les raisons d'euphonie que nous avons remarquées plus haut peuvent jouer, dans ce cas aussi, un rôle important, et l'on pourrait répéter à ce propos les remarques déjà faites. On dit il voulait donner à son fils un métier ou une situation :
lucrative. Or,
il
est
Sans doute métier pensée du père,
les
bien
difficile
de soutenir que la règle s'applique ici. dans la pratique. Mais dans la
et situation s'excluent
deux
? Ce qu'il veut, ce dans l'autre.
idées ne se réunissent-elles pas
sont des avantages matériels dans un cas
comme
SYNTAXE DES CARACTEBISTIQUES
650
Les noms sont unis par avec
Y)
La
:\Iothe
On
a discuté après eux.
le
efïet.ce
et ses
tour élégant, quoique peu correct.
Le Vayer approuvait aussi cette construction
En
femme
Laissant sa mère avec sa
:
enfants prisonniers. Vaugelas jugeait
mot
(h.
m.
l..
468).
avec exprime parfois une simple
idée d'addition entre les êtres, et pourrait être remplacé par
et.
Dans
ce
que l'accord de l'adjectif se fasse avec les deux noms ainsi réunis Le pêcheur avec sa femme, attentifs et silencieux, réparaient les filets. Mais souvent avec, tout en marquant que le deuxième être accompagne le premier, le subordonne au premier. C'est à celui-là seulement que cas,
il
est naturel :
se
rapporte alors l'adjectif
Œdipe, avec sa fille Antigone, partout repoussé, Le général, avec ses officiers, immobile et
:
erra longtemps en maints pays:
anxieux, attendait
S)
le
—
passage de l'Empereur.
Les noms sont juxtaposés, sans conjonction.
— L'absence d'une
De sorte qu'on peut accorder l'adjectif avec l'ensemble des noms, (piand l'euphonie n'en souffre pas Les hommes avaient une gaieté, un entrain, une ardeur inconnus jusqu'alors. On met l'adjectif au masculin pluriel, surtout ([uand le dernier nom est un nom masculin c'est une coutume, une tradition, un principe consacrés. Ou bien, on accorde avec le nom le plus rapproclié // a montré un brio, un esprit, une virtuosité extravagante. particule de coordination ne jieut rien changer au rapport.
:
:
:
L'adjectif placé après plusieurs noms, ne se rapporte qu'à un 11 va de soi cpi'un adjectif placé à la suite de ])lusieurs noms, mênie unis par une conjonction, ne se rapporte pas nécessairement à ,
seul.
tous ces noms. Le sens de cet adjectif indique, au contraire, assez souvent qu'il
ne doit s'accorder qu'avec
garçon tout jeune
;
de l'or
et
L'adjectif précède les
noms. Dans je
clis
:
des
le
le derTiier
nom
:
on
rit entrer
un pai/san
et
un
des pierres précieuses.
noms.
L'ri)ilhéle ne suit
pas toujours
cas où elle les précède, une dilluiilté peut se produire.
les
Quand
hommes, des femmes, des enfants épouvantés, je connais d'abord d'individus auxquels on fait allusion, et je sais quela qualifi-
les trois sortes
cation d'époî//7an/t. qui suit, leur est rapportée à tous. Mais je ne puis guère dire: de vieux habits, ferrailles, chiffons, parce qu'il m'est impossible d'expri-
mer une
caractérisation générale avant de connaître tous les individus (ou
choses) auxquels elle s'appliquera. cette difficulté logique s'ajoute
11
une
A
y a donc
ici
difficulté
grammaticale. Après avoir
une
difficulté logique.
dit de vieux habits, je suis obligé de répéter l'article partitif
devant chacun
des autres termes. Je devrai donc répéter également l'adjectif
vieux habits, de vieilles ferrailles, de vieux chiffons.
el
dire
:
de
LIVRE XVI
LES
PRINCIPALES CARACTERLSTIOUES "^
LEUR USAGE CHAPITRE PREMIER LA QUALITÉ ET LA MANIÈRE
Interrogations sur la manière d'être. manière d'être, on se sert de radjeetif quel a-t-il atteint ?
Quel
Quel genre préjérez-voiis
au verbe
sert d'attribut
épithète
:
Quel chapeau voulez-vous
de l'objet avec un verbe autrefois
où tout
:
:
Si Tityre a une
tel si
Pour questionner sur
est-il ?
ou bien
On ne remploie
il
plus
se ccnistruit
comme
en
attribut
qu'avoir, éprouver, etc.. ainsi qu'on faisait
grande obligation à celui qui
l'a
mis en un repos
a de commodité, c'est que ses bœufs ont de l'herbe...
ce qu'il
la
Quel temps fait-il? Quel âge
?
Quel ?
— :
devons-nous avoir à ceux qui nous en donnent un
où... (malii..
Ép.
quelle .Sén.,
LXXIIl).
Qui et quel.
— Aujourd'hui nous distinguons à peu près ces deux mots.
A.
de savoir l'identité d'une personne, on emploie
S'il s'agit
voyageur que vous saluez
?
l'écrivain que vous préférez ?
qui des classiques
B. Mais
s'il
çj/z Qui est ce employer aussi quel : Quel est Nous remplaçons même souvent par quel le
On peut du
:
reste
(1).
s'agit de
demander de
quelle façon se présente
un homme.
ce qu'il est, etc., qui est impossible.
Quel n'est guère plus employé
;
jamais on ne dirait
:
Je voudrais connaître
(1) Quand la question se trouve dans une proposition objet du \ erbe principal, les hésitations ont été les mêmes, qu'il y eût ou non interrogation. Mais là, si nous dirions encore avec Molière Et quand je vous demande après quel est cet homme, A peine pouvez-vous dire comme il se nomme (Mis., 21), ailleurs, nous remplaçons quel par qui : ^lais avez-vous su quel il est ? Non, je ne sais point quel il est mais je sais qu'il est fait d'un air à se faire aimer (.le, m, 4) Il s'insinue dans un cercle de personnes respectables, et qui ne savent quel il est (la bruy.. :
—
Car., Mér. pers., 38).
;
;
Notre usage imposerait partout
qui.
LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES. LEUR USAGE
652
ton fiancé
Quel
:
d'un
et près
Quand
est-il?
nom
ïaut,pour que quel
Il
homme
Quel
:
jusqu'au XVIIe
s'agit de choses,
il
indifïéremment qui
et quel
:
soit possible, qu'il soit adjectif,
est-ce ?
Je suis bien
on employait à peu près
s.,
aise, répliqua quelqu'un, de sçauoir
— Pour juger qui
qui sont les meilleures eaux (bouch., Ser., i, 12) bien d'une chose, // faut regarder à quoi elle est née. ;
cas (iMALH..
587).
II,
où
les cas
encore
il
de dire
Qui
:
fait
— L'excellent grammairien Maupas ne distinguait pas déterminer une personne ou une chose
était question de
d'une interrogation sur elles,
est le
pourquoi on en
et
la qualité.
ou quel
est l'ennui,
Il
est
acceptait l'usage courant qui permettait
l'ennui qui vous tourmente
Qui sont-
Cf.
?
ces trois opérations de l'esprit ? (mol., B. G., n. 4).
Thomas
C'est
(vATci..
209)
I.
Corneille qui. à la fin du
Vous savez quel
:
— Quelle
Quelle étoffe demandez-vous ?
XV 11^
est ce livre ? est la
Il
nation
En
:
a-l-il le
quel ton
morcecnt
En langue contemporaine, on tifs, tels
que de
:
— Comment
Co.MMENT.
:
L'emploi de comment et
:
s'y porte ? (Tari.. 2.30) ?
et s'adaptent en se
le cas.
—
des interroga-
vous voulez un bœuf de
questionner sur
manière
la
:
était-il?
l)eaucoup étendu; on l'accole aujourd'hui à
s'est
c'était
emploient encore couramment
homme
(/net
quelle façon est la jupe ?
un homme sans doute, mais un honunc comment ? convnent ont été longtemps en coucurrence. Corneille et Molière
des substantifs
Conwic
De
?
sert essentiellement à
— Comment
Un homme m'a demandé.
:
—
demander une détermi-
préfère composer avec
quelle façon, de quel genre, etc..
de quelle couleur sont ses cheveux
quel âge ?
?
?
Ces questions varient naturellement suivant précisant
encore d'usage de dire
?
plus souvent pour objet de
est ce
moderne
a posé la règle
garniture que vous préférez
Quelle dentelle pensez-vous mettre au corsage
Encore quel
s.,
est
(Éc.
d.
;
—
400).
/.,
dirpcte, à partir de 1650.
comme
suivi de est-ce
Comme est-ce que Comme seul devient
Vaugelas
lui
:
comme
est-ce qu'on
chez moi s'est introduit cet rare
(Ims l'interrogation
avait préféré comment.
Dans l'interrogation indirocte.il vécut plus longtemps Ht quand je vous demande après quel est cet homme, A peine pouoez-vous dire comme // se nomme (mol.. Mis.. 21). Au XVIII« s., le triomphe de comment s'est achevé. :
Nombi^e immense des manières d'être être ([uestion
main,
et
peuvent
d'énumérer
de classer lui
les
les
et d'agir.
—
Il
manières d'être diverses qu'aperçoit
aspects sous lesquels des êtres, des idées
ne saurait l'esprit el
hu-
des actes
apparaître.
Indiquons seulement
à
titre
de spécimens
montrer comment, dans chacune
d'elles, la
loppent leur richesse
une
infinie. "Voici
fleur.
(pu4(iues
pensée
et
t-atégories.
pour
l'expression déve-
Forme, couleur, odeur donnent
déjà naissance à des caractérisations diversement nuancées. Qu'est-ce à dire,
s'il
s'agit
d'un
homme
ou d'une femme
?
Son portrait physique ou
LA QUALITÉ ET LA MANIÈRE
653
moral exige de pouvoir choisir entre d'innomlDrables caractérisliques. Qu'on pense aux seules attitudes debout, dressé sur la pointe des pieds, :
penché, plié, courbé, à genoux, à croppetons, assis, à cheval, renversé,étendii, etc.
dedans ne sont pas considérées les positions des membres: bras, mains, même pour les mouvements.
et là
jambes, pieds. De
Un
acte peut être conscient ou non
il arrive par aventure, par malheur, ou par calcul (1) il peut être hâtif et rapide, ou au contraire lent et long (2), facile ou pénible (3), il se fait secrètement ou publiquement, passionnément ou froidement, justement ou à :
accidentellement, se produit par hasard
;
etc.. Ses caractères de toute nature varient suivant ce qu'il
y a lieu de langue fournit à l'observation et à l'analyse le moyen d'exprimer tout ce qu'elles peuvent noter de finesses dans !a réalité ou les apparences.
tort,
considérer en
lui,
et
la
— Nous avons vu
Garactérisations intrinsèques.
noms
procédés par lesquels
langue se
à la Formation des
noms
qui impliquent un dirigeable. Sans recours à aucun sufTixe ni préfixe, elle nomme les objets au moyen d'adjectifs la correctionnelle, le métropolitain. Et ce ne sont pas seulement les adjectifs qui deviennent noms, mais les compléments entrer aux Mines préparer les Arts et Métiers porter un huit-reflets monter un pur sang. Nous avons vu aussi comment les noms propres deviennent des types un prudles
une caractéristique
:
la
fait des
des nains, les justes,
:
:
;
—
;
•
;
—
— :
homme.
comme les noms, enferment souvent en eux-mêmes une idée une eau serpente (coule à la façon d'un serpent qui rampe) un curieux fouine. On trouve en particulier des verbes marquant les formes, Les verbes,
de manière
:
;
couleurs
les lignes, les
:
masser (grouper en masse)
;
biseauter (tailler en
biseau), etc.
Quelques-uns des suffixes qui signifient petitesse, donnent par cation dérivée, aux mots où
entrent,
ils
un
caractère
aimable (Tout cela a été étudié plus haut. Voir
—
Garactérisations extrinsèques.
Tous
fâcheux
signifi-
—
les
moyens extrinsèques de
Deux
caractériser entrent en jeu pour noter la manière d'être ou d'agir.
semblent dominer tous les
autres
les
plus employés. Mais d'autres
l'adjectif et l'adverbe.
:
moyens
ou
p. 74 et 219).
Ce sont en
effet
sont aussi d'une extrême impor-
tance.
Ce sont: lo
les
a) des fenêtres
participes
:
présent
a),
jeux distrayants. 2° les nonts
(1) agir à
(2) (3)
bon
et
passé h), et l'adjectif verbal
locutions non^inales
:
c).
— b) un gousset garni — des — une robe feu — parler Balzac
donnant sur un jardin
;
;
;
c)
;
escient, de propos délibéré, exprès, de plein gré, par mégarde, inconsciemment. clin d'oeil, en un tourne main, longuement, diflQcilement, malaisément, à grand'peine, à force. l'aise,
— lestement, vivement, en hâte, en un — aisément, à sans peine,
LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES. LEUR USAGE
651
—
une femme pot-au-feu ; Louis XVI 30 les compléments sans préposition : dormir
le style
;
—
une allure fin-de-siècle.
les
yeux ouverts
;
—
s'en-
fuir l'oreille basse.
— —
40 les compléments prépositionnels : un homme de cœur, de parole ; parler avec hauteur ; du riz à l'espagnole une réponse sans façon ; un lièvre en civet. 50 des propositions pcwticipicdes ou conjonctives : une proposition qui
—
—
;
m'agrée.
Tous verbe,
moyens ne conviennent
ces lis
nom
pas indistinctement au
non plus à toutes
ne conviennent pas
au
et
L'adjectif lui-même
fins.
à caractériser la manière d'être on y supun individu sans gêne, une femme dans le train. Les exemples donnés dans le livre xiv, relatif aux moyens de caraclériser, nous dispensent de reprendre ici cette étude d'ensemble. Nous n'insisterons cjue sur les compléments prépositionnels. Les prépositions les plus usitées sont Cette préposition ne se renconlro plus dans certaines constructions A où elle figurait une table à fer à cheval mais elle demeure extrêmement commune une robe à volants, un lit à colonnes, une poupée à ressort, des un grand garçon charmant, à tournure d'homme souliers à bouts pointus
ne peut servir, en certains cas, plée
;
:
:
—
:
;
:
;
(LOTI. Mat.. 1.
10)
III.
:
—
—
philosophie à tâtons (v. h.. Mis... Cosette,
cette
VII. VI).
— — boire à à bouche que veux-tu — marcher au pas — réussir à grand 'peine — acheter à crédit — courir à bride — doigts à force a ouvert — ccmser à bâtons rompus — sauter à cloche-pied — dormir abattue — paiier à guichet ouvert — rouler à soixante à l'heure à poings fermés — une sauce une expression courante un habit à française A tartare — hussarde — l'anguille à Béchamel — un pantcdon à à Parler à tort et à travers
gogo on
—
;
être
à son aise
lui
rire
;
;
;
;
les
;
;
;
;
(h.
I...
i.A
III.
;
03.')).
es!
la
;
cas, aujourd'hui, en cuisine, en
la est
également ;
commun
— monter à
De
s'asseoir
;
(1) ?
;
Entons sa
forme
à la Chateaubriand. avec des verbes marcher à l'aveuglette :
bifteck
:
la va-vite
— à turque. — Type un homme de cœur, ennuyé. humeur — répondre d'un quatre-deux
la
entendre mode, façon
mode, partout, l'expression, sous
abrégée, est d'un usage journalier
à l'anglaise
;
;
des, stores à l'italienne. Faut-il sous
A
la
:
la
filer
;
;
;
la
;
— préparer un de base —
;
—
travail à la six-
être de mauvaise une construction hérédichevalier de bon aire (Rot. taire. (|ui remonte à l'origine de la langue 2252 cf. Louis le Débonnaire). De n'est pas d'un moins grand usage que à La Ce gouverneur qui étoit un homme du bel air (voi/r.. .feaun. et Colin) garde nationale, émue encore et de très mauvaise humeur (michkl.. Rév., le
:
;
air
salaire
;
C'est :
:
;
;
—
(1) Cf. A la manière de : .l'ai réponclu cela en Irois mots uppris par cœu'. un peu à la manière perroquet, étonné que cela put avoir ui .seis. étonné d'être co-npris (loti. M''' Chrifs.. 19).
LA QUALITÉ ET LA MANIÈRE
—
655
un homme de scrupule et de devoir (v. h.. Mis., Marins, VII) maintenant ce e/u'on me présentait, c'était une religion d'indienne e/ de calicot, iz/îe piété n^usquée. enrubannée, une dévotion de petites bougies et 32)
III.
;
—
:
tu es
de petits pots de fleurs (ren.. Souv. d'enf.. à peu près ce qu'elle est aujourd'hui, une
m.
l'S'.i)
ville
;
— Jérusalem
était alors
de pédantisme, d'acrimonie,
—
de disputes, de haines... de petitesse d'esprit (r ex.. Jés.. ch. xiii) (1) les bateaux restaient invisibles, promenant de la musique, et des gens de fête ;
(A.
DAUD.. Tart. Alp..
Avec œil
;
ll(i).
verbes, de
les
aussi
est
extrêmement courant
.331)
voir
d'un bon
et. si
;
l'accélérer
(i
alors,
ni'
les
;
;
travaillent
rois
:
— s'éloigner d'un pas rapide — répondre d'un ton sec — Tous de l'Europe de concert (rouss.. Hachette, m, — vous aviez tenu langage que de bonne OU non, foi
vous nfave: tenu tout à l'heure (a. dumas, Étr., iv.
le
.3).
De est extrêmenienl à la mode de nos jours une locomotive sifflait. d'une plainte continue (zola. D<^ Pascal, 331, cf. 135) Tout d'un coup, une bcdterie française répondit, si voisine et d'un tel fracas, que les murs de la petite maison tremblèrent (id.. Déb., 205) La batterie voisine tirait sans :
;
;
—
—
d'un grondement continu dont la terre tremblait (m.. Ib., 242). Nous avons noté au livre de La Représentation qu'en langue classic^ue on se servait volontiers de dont pour représenter le nom cjui doit former le complément de manière dans une phrase conjonctive Qucmd j'ai devant les yeux ce zèle inépuisable Dont tant de vrais dévots s'approchent de ta table relâche,
:
(corn., Im., d'accord
1.
Que
—
Et je me vis contrainte à demeurer 1763) dont vous viviez vous faisait un peu tort (mol.. Mis.. 899)
IV. cil. XIV.
l'air
:
:
— Ni l'ardeur dont
tu sais
que
je l'ai
recherchée (rac, Mithr., 975).
—
—
Que servait aussi de la façon qu'/7 parle de l'air qu'il s'y prend De la mcmiére enfin que la pure nature Exprime de l'amour la première blessure (mol.. Éc. d. /.. 944). Nous préférons aujourd'hui les expressions :
:
où entre
Avec
lequel.
— Type
:
—
cœee joie. Et lorsque avec transport je pense nf approcher (rac. Phèd.. 971) toujours de profil, la tiare en tête, étreignant un lion sous leur bras avec autant de facilité qu'un homme d'affaire y tient sa serviette de chagrin noir (coppée. Les vrais riches, 96) Avec des airs empressés et entendus... ils allaient vers une tartane échouée (loti. Mat., ii, 6). Ces compléments ainsi construits sont extrêmement nombreux en langue moderne et s'affaissait avec des frou-frou de jupe tout à fait édifiants (a. daud., Jack. :
;
—
;
—
:
242)
:
—
tout le
enfoui dans
En
le
monde
vivait avec la
même
oppression, le
même
regret
silence (id., Ib.. 245).
— Depuis
la
a fini par devenir
naissance de dans (au
XVIe
s.),
en s'est spécialisé,
et
un précieux instrument pour marquer divers rapports
— un homme en colère — un jardin en terrasse — un enfant en nourrice — présenter en corps — une âme en une jeune
fille
en blanc
;
;
;
(1)
Pour
le
tour
le
se
roi de gloire, voir p. 612.
;
fleurs
:
;
;
LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES. LEUR USAGE
656
—
—
—
an savant en herbe On ne voulait partir une terre en jachère ; qu'en masse, en troupe, en corps d'armée (michel., Rév.. m, 2G) plaide-t-on en latin quand on a un procès ? (volt., Jeann. et Colin). ;
—
;
Au
XVIII^'
dieux,
»
,
voulait
adore en
les
:
souffrent en esclaves
ils
On
on a essayé de résister à ce développement. « On il se rapportait au sujet. Sur ce vers
s.,
quand
bien de en.
on observait que le deuxième hémistiche manière de soufîrir du sujet qui
était bon. parce qu'esclaves se rapporte à la fait
Mais
l'action.
abuser de
le
premier était considéré
comme
incorrect
;
c'était
locution que de l'employer de la sorte. Cette opinion n'a pas
la
été suivie.
Le nombre des expressions où on trouve se
en. est
pour
ainsi dire indéfini
:
— juger en connaisseur — interpréter en critique — chercha devant porte contiguë à comporter en homme mal élevé —
parler en maître
;
;
Jack, 560)
—
homme
la
//
;
en
sienne... ouvrit
;
au courant des habitudes de
la
maison
la
(a.
daud..
(1).
même du développement de en. Le canon ne cessait pas. semblait cwancer de l'ouest à l'est. sans se dans un roulement ininterrompu de foudre (zola, Déb.. 151) meurtrir, elle en touchait le fond horrible, dans un éclaboussement d'eau qui ne la mouillait même pas (loti, Pêch.. 79). une retraite une société par actions L'avance par vagues Far Dans
Cette préposition, en raison
est assez rare
:
;
—
par échelons
montra
;
—
;
—
attaque par surprise
;
—
;
(/(///•
—
par à coups
—
—
;
leur
elle
l'intérieur de la bagnole, sous laquelle Pouggli... geignait par plaintes
sourdes (righep.. Miarka, iv. 111).
—
Autres prépositions.
Il
y
a
une foule d'autres prépositions ou
locutions prépositives, qui servent à construire des compléments de manière: elle allait et venait,
ch. IV. 38)
;
en proie à un malaise douloureu.v
— parler sur un
SOUS l'aspect de fantômes :
-
ton de regret
— un
:
(g.
saxu. Elle
— apparaître SOUS
cheval à bout de souffle
,•
—
-
la
un
et
L..
forme
de,
officier
hors
cadre.
(l) lùn a
un
rôle logércnicnl diflérenl ilaiis porter son sac en bandoulière; ê(re assis en cercle.
,
CHAPITRE
II
LA MESURE
—
Questions sur la mesure. (fiutcrrogatifs précédés d'un de
Pour demander
mesure, ou
la
se sert
de combien, de quelle dimension, de quelle
:
surface, épaisseur, etc.. suivant le cas.
^
Garactérisations intrinsèques. uolion essentielle, intimement raison, entre très facilement
liée
dans
la
formation
Diminutifs et augmentatifs.
l^j
La quantité,
mesure
la
est
une
à nos conceptions, et qui, pour cette
—
même
des mots.
Nous avons vu, en parlant de
la
formation des noms et des verbes, que la langue possède et forme des louvat, garçonnet, fillette, maisonnette, roidiminutifs et des augmentatifs :
telet,
gantelet, ruelle, pétiole, banderole, angelot, louveteau, brindille, négrillon,
ânon, moucheron, poétereau, lionceau, granule, théâtricule, versiculet. caniche, sacoche.
Les verbes ont aussi leurs diminutifs en mordiller,
sautiller,
vivoter, chantonner.
A
becqueter,
On
se sert
tacheter,
eter. oter. Hier,
voleter,
onner
barboter,
en outre du préfixe entre
:
:
grappiller,
clapoter,
tapoter,
entrevoir.
diverses reprises, les diminutifs ont été très en faveur,
comme
on peut
compte par Aucassin et Nicolette. Au XVI^ s., en particulier, ils entrent au nombre des mignardises que chérissent les poètes. Les ours eux-mêmes deviennent des oursets, et on apprend à souspiroter (h. l.. ii, s'en rendre
H. Estienne, dans son désir d'égaler le français à l'italien, énumérait nos suffixes. Mais Malherbe congédia durement ces « drôleries » et, malgré un joli plaidoyer de M^ne deGournay {Omb., 975, h. l.. m, 206), les diminutifs ne se relevèrent que longtemps après de cette condamnation. Il y a lieu d'observer d'abord qu'un certain nombre d'entre eux ne sont nullement une mièvrerie maisonnette, voiturette, sont du langage courant. 193).
et prônait
:
Nous avons employé des camionnettes, qui étaient des outils de guerre. D'autres diminutifs sont devenus des mots ordinaires charrette, targette. :
langage de l'affection chérit des formes qui expriment tendresse. Comme elle dit à son enfant ma petite chérie, la mère dit aussi D'autre part,
la
le
:
menotte, tends-moi ton peton, etc.. Il y a également des suffixes augmentatifs caisson. Ils ne jouent qu'un rôle inférieur.
donne
:
ta
:
ail, as,
on
:
portail, coutelas,
LES PRINCll'ALHS CARACTERISriQUES. LEUR USAGE
658
—
Noms composés exprimant la mesure.
20
même,
sont, par leur formation
mois composés
Un
certain
nombre de
destinés à éveiller des idées
de mesure. Tels: demi-botte, outrecuidance, hyperchlori/drique, semi-consonne, hémiplégie.
Dans les verbes, l'action complète, poussée jusqu'à l'achèvement (1) se marque par le pré'îxe par : 'pa,rachever son œuvre parfaire un travail. Ce ;
malheureusement en décadence. Si l'action dépasse la mesure surajouter, suralimenter, surpeupler, ordinaire, on se sert du préfixe sur préfixe est
surbaisser, surcharger, surfaire.
Quand l'action
Ce préfixe
était
poussée jusqu'à l'excès,
du préfixe outre outrecuider. outrepasser aussi en complète décadence.
l'ancien trançais se servait est
:
la loi.
—
L'idée de grandeur et de petitesse Garactérisations extrinsèques. grand, petit, dans les êtres et les objets est exprimée par des adjectifs immense, gigantesque, colossal, énorme, incommensurable. .le vis dans la :
nuée un clairon monstrueux... On sentait que le râle énorme de ce cuivre... Quand tombera du Ciel l'heure iramense et nocturne (v. h.. Lég.. Tromp. du Jug.); Lutte
—
Autour d'un homme... Que protège
énorme
sombre
!
(m.,
effort (id.,
ib..
Pet. R. de Gai.)
;
cercle
le
—
Un
immense d'une
épée...
vaste cliquetis sort de
ib.).
L'idée de mesure appliquée aux actions s'énonce par des adverbes
Au XVI''
la
s.,
:
pensée italienne a fortement agi sur la pensée française.
Fortement exprime la mesure de cette action. On aurait le même résultat si à fortement on substituait beaucoup ou d'autres expressions de quantité. Se rappeler le jeu de la marguerite elle m'aimr un peu, beaucoup, passion:
nément... {Pour combien ce que. voir
H
p.
1).
—
Il est à Absence d'adjectifs et d'adverbes de mesure précise. manquent à peu près en français. Une distance kilométrique signifie mesurée en kilomètres on ne peut
noter que les adjectifs de mesure précise
;
pas dire mijriamétrique dans le sens de longue de 10 kilomètres. Les compléments de mesure introduits par des prépositions les :
—
rem-
vous me ferez cette boite de 30 cm sur un phare de cent pieds avancez d'un pas descendons d'un degré 70 de longueur Les adverbes de mesure précise manquent comme les adjectifs. placent
;
:
;
—
!
—
!
Les com])lémcnis sont introduits par diverses i)répositions // a été frappe avec une grande violence. L'idée qu'ils expriment se traduit aussi, en langue :
l»()pu]aire, i)ar
un beurre, ça
(1)
Un
Il
seul
des images extrêmement variées
fait
peur, etc.
Il
:
//
dépense, c'est
un
rêve,
en sera question plus loin.
ne faut pas confondre la quanlité d'action a\cc la quantité d'elles qui font l'action. mol peut agir fortement, un grand tnombre faiblement sur l'esprit de quelqu'un. La l'action esl distincte de la quantité des sujets.
mesure de
LA MESURE
659
lÎAPPORTS DE l'idée DE MESURE ET DE L'IDÉE DE DURÉE OU DE RÉPÉTITION. Il importe d'observer qu'à côté de l'idée d'intensité, il faut
—
considérer dans une action l'idée de durée, qui elle-même comporte ou longueur ou fréquence, suivant que cette action est continue ou discontinue.
Un
presse du raisin fortement
; mais il s'agit de savoir en outre si on le presse on le presse à plusieurs reprises, etc. Nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce sujet à propos de V Action dans le Temps, p. 438.
longuement,
De même Il
si
comme complète, piiisqu'achevée. au chapitre des Temps, comment ces caractères se mar-
l'action peut être présentée
a été expliqué,
quent parfois dans
les
formes
même du
verbe.
CHAPITRE
III
L'ORIGINE
Questions.
— On demande
quelle on ajoute où
;
D'où
Garactérisations. un tapis algérien
tits le
:
l'origine à l'aide de la préposition de. à la-
viens-tu ?
— L'origine (Cf. la
(1)
—
Cf.
de quel pays
est quelquefois
langue persane et
les
est-il ?
marquée par des adjecPerses; une persienne et
Golfe Persique).
Les adjectifs indiquant suffixes
la
])rovenance, l'origine, sont torniés à laide des
ain, ais, ois, ien. in. on
ardennais
:
américain, napolitain, lorrain
danois, rémois; autrichien, londonien, norvégien
;
tevin, angevin, périgourdin, florentin
:
tarbais,
messin, poi-
;
beauceron, percheron.
;
Quelques-uns de ces adjectifs sont tout récents. Ainsi Sud- Anicricain. Flaubert semble encore l'ignorer (Éduc, i, 12-1). D'autre part, la difficulté de formation des adjectifs d'origine est souvent grande.
On
formes latines des
à l'aide des
en a fabriqué artificiellement,
Mussipontins (de Pont à Mousson), Déodatiens (de St-Dié), Auscitains (d'Aucli). Bédariciens (de Bédarieux). Les « originaires » sont à peu près seuls à connaître ces adjectifs. Qui à Paris devinerait des voisins
noms de
dans
les
lieux
:
Scéens
? (2)
Les vrais comi)lémenls d'origine sont introduits par de
Ardennes;
—
le
guignolet d'Angers;
est essentiellement déterminatif des
—
noms
i)ropres.
Il
:
un paysan des
Ce complément fournit dans les actes
d'Arcachon
être
administratifs ou judiciaires un des éléments essentiels
(3).
:
né
à...
Longtemps
y eût un état-civil, il était en usage pour compléter les noms. C'est ainsi, nous l'avons \u. que se sont l'onnés les noms à particules, qui Robert de Sorbon ; Pierre d'Ailly ; sont loin d'être tous des noms nobles
avant
(pi'il
:
Monsieur de
l'Isle
Madame Du
;
Pont. C'est toute une histoire sociale qu'il
faudrait faire à ce propos.
Dans
le
commerce, un certain nombre
venance. Cela
est vrai
des soieries de Lyon,
Origine impli(piait qualité
et
valeur
(1).
d'articles valent l'a
Pour
i)ar leur
pro-
été des draps d'Elbeuf, etc.. les
produits "du
sol
particu-
Les Mouvements, p. 431 Le point de départ. (1) Cl. au tliapilrc [2) Voir L. MERLET, Dictionnaire des noms vulgaires des habitants des diverses localilés de la France, (Chartres, 1883, 80). (^3) Cf. u(dif de. originaire de... Le peuple dit né natif. (4) C'est de la sorte que par figure ou par calcul, les noms d'origine deviennent les noms mêmes de ces produits des Canieiiiberis, des Marcnnes, du clos Vougeol, de l' Armagnac, du Calvados. n :
:
:
',
U ORIGINE lièrement.
le
complcnient d'origine
Viroflay, l'asperge d'Argenteuil, la
GGl
extrêmement répandu Vcpinard de pomme de Calville. Pour les eaux-de-vie est
:
et les vins, les crus fournissent l'indication principale, et règlent le prix et la valeur. On a récemment fait des lois pour que les noms de provenance
demcvirent une vérité. Par suite de l^e zone a pris immédiatement le sens de « supérieur , pendant que 2*- znne tournait à la qualification de de 2e qualité. ^^
:
CHAPITRE IV LA MATIÈRE
Questions.
En
quoi
— Ou interroge sur
est-elle, celle
monlre
Garactérisations.
—
la
matière à l'aide de en quoi
Les adjectifs.
—
Les adjectifs
composilion, la malière, se formeut à l'aide des suffixes chocolalé
biscuilé
;
;
de quoi
?
:
?
fuschiné
;
é,
iudi(|uaiit
eux. in
:
lu
vaniUé
:
gazeux: ivoirin, argentin.
Mais, en réalité, les adjectifs ainsi formés n'ont jamais exprimé vrai-
ment: qui est fait avec la niatière.Us signifient où entre cette matière. Personne vanillé veut dire parfumé à la ne mangerait un gâteau fait de vanille vanille ; de même doré veut dire qui a l'aspect de l'or, grâce à une couche gazeuse ne désigne pas de l'eau faite de gaz. mais de l'eau qui superficielle :
;
;
en contient en dissolution. Les adjectifs en in existaient en
Au XVIe sandalm
s.,
(a.
est ancien,
il
on en a
fait
il, 192).
t>..
a.
beaucoup
Au XLX^
t.
:
Hanste fraisnine est dans Roland.
ardoisin, ébénili, lauriérin, marbrin,
s., la
mode
a repris ivoirin. Argentin
n'a pas le sens de fait d'argent, nuiis qui sonne l'argent.
La
non seulement langue éprouve à cet égard une répugnance invincible l'adjectif ne parvient pas à prendre la valeur de qui est composé de (ivoirin mais en outre il est impossignifie seulement qui a des aspects de l'ivoire) ;
:
;
sible
de naturaliser vraiment la plupart des adjectifs tels que marbrin. Les verbes exjjrimant la matière donnent lieu à des
—
Les verbes.
observations analogues
:
sabler,
signilicnl i)as exécuirr en sable
macadamiser, bitumer, caoutchouter, ne
ou en caoutchouc, mais enduire de
(1).
— La matière s'exprime d'ordinaire dans un une armoire de chêne — une maison de de légumes ~ on a rempli briques — du velours de laine — — une cheminée haute dont jambages étaient de bois bateau de pierres
Compléments de matière. complément introduit par de
:
;
elle vivait
;
;
/>
;
les
;
grossièrement cannelé, laissait pendre à une crémaillère, une marmite
pommes de terre (l.\m.. Raph., 14). De est en concurrence avec en une lunuiirc en chêne. Avec On fera le cadre en chêne, et les panneaux en en est courant
pUiw
de
:
:
construire en maçonnerie, en pisé.
devait
(1)
^'.
])as ratlaclicr le com])léuieiil
;i
la
Fonudliim des
nci-hcfi, p.
21'
les
Ncrixs.
sapin
Les puristes ont prétendu que
;
r/î
de matière à un nom. Mais Littré
ne n';i
LA MATIÈRE
663
pas adopté leur avis. Sa connaissance de l'histoire de la langue l'en empê-
Une page d'un auteur moderne
chait.
d'hui sur ce point
bandes d'argent serviette
Monsieur
:
le
son épée de gala
et
en chagrin gaufré... Tout
suffit
ci
poignée en nacre...
ce petit
beau seigneur... en culotte d'argent...
ce
pour montrer l'usage d'aujour-
Sous-Préfet a mis... sa culotte collante à
monde
genoux sa
su.r ses
;
là... se
demande... quel
est
ouvre sur ses genoux sa grande
//
en chagrin gaufré... Ce n'est pus un artiste, puisqu'il a une culotte (a. daud.. Cont.. S.-j^réf. aux ch.). Les exemples de en sont si
serviette
en argent
fréquents que la question ne mérite pas discussion
C'était là que les Anciens déposaient leurs bâtons en corne de narvcd (flaub., P. chois.. 184, les murs en plâtre fendillé (balz., Env. de l'h. cont., 140) Sal.) :
—
;
;
ces lignes ncdurelles. qui étaient pleines
douces
et
comme
celles des
—
statues
en marbre (loti, Pêch.,
v, 58). Il y a cliose jugée. Sans doute on peut noter des caprices d'usage. Il semble que jupon de
soie soit plus assiette
fréquent cjue juponen soie; dans beaucoup de cas on hésite:
en porcelaine,
même
doute, c'est
là
de porcelaine. On dit des chevaux de une expression consacrée. En revanche, je
assiette
un mauvais che\al
bois, sana
dirai très
un chev(d en bois. En résumé, ce qui est hors de doute, c'est que, dans la langue courante, lorsque le complément de matière est attribut et non épithète, on préfère se servir de en : sa montre est en or, son corsage est en soie, plutôt que sa montre est d'or, son corsage est de soie, phrases qui ont un air archaïque. AvKC. composante se renIl arrive souveni que l'idée de matière contre avec celle de moyen el de manière faire du riz au lait. On comprend dès lors qu'avec, (pii introduit les compléments de moyen, finisse })ar introduire aussi en l'crlains cas un complément de matière On ;7 a été interdit pendant la fabrique le papier avec de la pâte de bois bien d'un cavalier qui a
:
a
il
:
—
:
:
;
—
guerre de faire de la pâtisserie avec les farines panifîables.
Le peuple
dit
:
j'ai
déjeuné avec un poulet
harengs (cl. tillier, Benj.. Viv.
Tic,
I.
5).
M™'^'
du vin blanc, montre
on
duit,
i\nt'
|)eut
Il
—
je
;
— on
dînait sept avec trois
déjeune avec une tasse de
Roland
{Lel. à IJosc. 2 Oct. 1785)
même
(
lab.,
La
pas nou\eau (1). simplemenl associée à
on déjeune avec
:
est
se servir ;//7
la
de compléments introduits gâteau de miel)
:
— de
la
composition d'un ])ar à
:
|)ro-
i^n gâtciui
au
pâte aUX amandes. Ci. la
au beurre, à l'huile, des dindons aux truffes. connoter que des compléments sans préposition ont ajiparu pur sucre, drap pure laine, toile coton, flanelle coton. Ils sont communs dans la langue commerciale, d'où ils pénètrent la langue
est à
fitures
lait
qu'il n'est
matière
miel (qui n'est pas cuisine
11);
Cet emploi est du reste i:)lâmé par les grammairiens.
phrase suivante de
Quand
i.
:
générale.
(1) Il faut reconnaître toutefois que l'emploi de avec n'est pas identique à l'emploi incriminé. On peut considérer que le déjeuner est arrosé de, accompagné de vin blanc le vin n'en constitue pas la matière. ;
LES PKIXCIPALES CARACTÉRISriQLES. LEUR USAGE
(U;i
marquer un mélange, on se sert soit du mot mélangé, soit de mots un tissu tramé coton. Cf. du lait coupé d'eau. Ces mots servent à marquer la proportion des éléments. Pi)iir
techniques, tels que tramé
Depuis une
loi
récente,
:
le
mot
fantaisie est obligatoire
l'indication de la matière est factice, et
l'omposé
:
que
le
pour
signifier
que
produit offert n'en est pas
du sirop de grenadine, de framboises fantaisie, de l'huile de noix un nom usurpé, où peut n'entrer
fantaisie, sont des produits qui portent
aucune parcelle de grenade, de framboise ou de noix. Il est bon de faire connaître partout cet euphémisme officiel, imaginé contre les fraudeurs et
falsificateurs,
compris.
et
qui en
réalité
les
couvre,
parce
qu'il
n'est
guèrc
CHAPITRE
V
LE PRIX
Questions. combien,
— On demande
le
prix à l'aide de
:
Combien, à quel prix, pour
etc. ?
—
Garactérisations extrinsèques. Il n'y a pas d'adjectifs de prix Le prix est le plus souvent marqué par un complément introduit je vous le à l'aide des prépositions rfp et à: un canif de treize sous; solderai à cinq francs; je l'ai irouvé à 4 fr. 50 (1). Pour entre aussi en jeu on vend tout pour rien. Cf. à raison de à raison de vingt sous le mètre : moyennant un cadeau, moyennant finance ; au prix de, au poids de l'or, à poids d'or. Après un verjje, on exprime très souvent le prix par un complément sans préposition Cela m'a coûté cent francs ; je le paierais bien un louis ; De même après les noms un complet bon marché. Dans les annonces, précis.
—
—
:
:
—
—
—
:
:
cette construction est courante
:
un franc
la livre les haricots verts. Elle
vient probablement de l'étiquetage.
Coûter figure dans «
toujours neutre
coûté.
»
,
Le participe
le
Dictionnaire de l'Académie en qualité de verbe
même
au figuré
reste invariable.
les efforts, la
:
peine que ce travail
m'a
Cette décision, dit Lemaire, s'appuie
«
sur l'exactitude grammaticale. Mais l'usage s'est établi de lui donner, au figuré, le sens actif de ccmser. occasionner, et l'exemple de nos meilleurs
écrivains semble autoriser cet emploi
Vcdu reste de ne vaut plus
même
Vous n'avez pas oublié
«
:
vous m'avez coûtés depuis votre enfance.
»
les
soins
que
(Gram., 1862, 324).
invariable avec un complément de prix
:
Ce
châtecai
francs qu'il a valu.
les trois cent mille
pour désigner un prix particulier, celui d'un Sous les ieux à crever. Sous ou sur peine de la vie ont été longuement discutés au XVIIe s. Le premier a fini par triompher. Après punir, on se sert de la préposition de, après condamner de à : punir une loi toujours observée punissait de mort de mort, condamner à mort L'a.
délit
f.
usait de sur et de sous
ou d'un crime
:
;
—
celui qui entrait à la séance avec
une arme quelconque (flaub., P.
chois.. 184.
Sal.).
(1)
Dans
vincialisme.
le
peuple, on
commence
à dire de
:
Je vous
le
laisserai de seize sous
:
c'est
un pro-
CHAPITRE
VI
LE MOYEN. L'INSTRUMENT
Questions. Comment, avec cas par
:
—
On
en vertu de. Ex.
quet ? (Cf. à
moyen, linstrunienl. à l'aide de moyen ? dans certains En vertu de quel texte a-t-on pu .saisir le Par-
interroge sur
le
:
quoi, à l'aide de quel oiiliL par quel
La Cause,
:
xx).
liv.
—
Le moyen peut être indi(|ué dans Garactérisations intrinsèques. verbe lui-même. Ainsi, dans un verbe comme balayer, scier, l'action est présentée comme faite àl'aide du balai, de la scie. L'idée est celle de nettoyer, couper à l'aide de ces instruments (1). De même pour les noms. Le le
camionnage,
transport des marchandises, de la gare en
c'est le
par
ville,
camion.
une plaie par arme à feu soit
actifs,
soit
i)assi[s
induite en erreur au
;
:
en avait forme
De
est
:
;
employait
l'a. f.
atoi {a-tout)
:
Od
dans Ronsard
-
-
— s'aider des pieds
//
de com])lémenls de
tenir l'outil de la
noms joueur de :
blâmé pour
el à.
XYI^
main
moyen
droite
;
s.
et
d'instru-
vivre de ses
;
bad. pas av. l'am.,
dans :
elle
flûte,
:
//
i.
1).
a\()ir écrit
:
C'est le
m'honorait de son amitié
;
jouait de son influence, de sa
un morceau de
violon.
pas, tant s'en taul. à tous les verbes actifs ou
Corneille a déjà été
com-
— tandis que de ses mains osseuses
;
On ne
joue de la flûte, et par suite dans
De ne convient
les
déjà archa'ique au
était
qu'il faut reconnaître
maladie. D'où avec des
Pour introduire
302, m.-e.).
des mains
et
—
prépositions héréditaires o
les
ses cadables les tares en abatiet {Roi., 98
(ii,
égratigne son chapelet (muss..
même complément
—
de faux certificats.
cligner des paupières; ;
;
;
sert à construire toutes sortes
rentes elle
il
moyen,
de
ralimentation par sondages ou à des verbes, - la patronne (nuiit été réussir par la violence
avec ses machines de guerre). Ce mot
Cependant
com]ilénients
preuve par témoignage
la
:
Les co.mpléments prépositionnels.
10
nu-iit
Les
noms
-
moyen
pléments d'instrument, Il
—
extrinsèques.
Caractéristiques
d'instrument, se rat lâchent à des
Instruisez-le
i)assirs.
d'exemple (Cid,
183).
A.
Il
(1) V.
s'est
grandement étendu. On
à la Formation des verbes, p. 217.
est
|)arli
d'un type connue: joer
a.S
LE MOYEN. dames, as
où â
tables,
purels csbaneier (Roi., 111
jeux
U INSTRUMENT
667
proprement au moyen de : As tables juent, On est arrivé à employer à pour toutes sortes de
signifie ).
jouer au soldat, au cheval fondu, à chat perché, à qui perd gagne.
:
— — repousser au marteau — — mareher à chauffer un à pleins poumons — piquer à machine. Avec des participes cousu à main — au tour — brodé à machine. — combat à l'arme blanche — attaque Avec des noms au à la grenade — à main, au métier, au fuseau — à — fourneau à essence guille — machine à vapeur — une lampe à pétrole — chauffage à — /ampes à incandescence — reconnurent maison à un vieux noyer qui l'ombrageait (flaub., Boik, 100) — devinait, A
entre dans une foule de locutions
— au feu —
sauter à la dynamite fer
cité
au
friser
;
;
combattre à la baïonnette
:
petit fer
faire
;
;
;
rrier
l'électri-
;
la
;
la
:
pistolet
tir
:
dentetle
;
fait
;
;
;
la
;
travail
;
;
l'électricité
;
;
Ils
;
manières,
traits et des
l'ai-
;
;
à l'inspection des
la
;
et
la
elle
reconstituait des existences d'humble
labeur (lem., Rois, 39).
A
ne pourrait plus cependant entrer dans toutes
XVI^
trouvait au (rab., Pant..
I,
ainsi
s.,
:
ceulx qui'
seruoyent,
le
les
le
phrases où on
le
lièrent à gros cables
iv).
— un congé par ministère — répondre par une bou— Par des vœux assidus crus détourner (rac. Phèd., 270) — tade Par ce rare efforcez-vous de plaire (mol.. Mis., 1026); — Elles étaient Par
commun
est
—
d'huissier;
:
une plaie par arme à feu par la main par la douceur; ;
pr^'nrfr^'
;
je
;
les
:
secret,
disposées les
de
façon
uns dans
les
reproduire
ii
cuitres,
par
la période
leurs
rangs
compris
circulaires,
saturnienne (flaub.. P. chois., 184.
Sal.) (1).
Parmi il
les
prépositions qui servent à construire
faut citer encore
le
complément de moyen,
:
—
Avec C'est avec son couteau qu'il coupait le pain dur... c'est avec son couteau qu'il grattait les fruits pourris... c'est avec son couteau qu'il se taillait des bâtons de voyage... C'est avec son COUteau qu'il exerçait tous les arts de la vie (a.
FRANCE, Mann., 65-66).
Il
avec se rapproche singulièrement
comme
expressions populaires
—
:
est des cas où le complément introduit par du complément de matière, ainsi dans des un panier fait avec du rafia.-
— nous expliquer — en prose — une pièce en vers. Au MOYEN DE — Au moyen moyenncmt sont relativement nouveaux. En
// se
ruine en folles dépenses;
en quelques mots
;
écrire
veuillez
tout cela
;
de,
Ce dernier, repoussé encore par Bouhours, donna son consentement moyennant finances
(1)
Par pourrait
et
de vers latins,
cire sou\'ent consitiérc
comme
—
un peu lourd
:
il
— moyennant une somme
lui
de...
Moyennant je ne sais combien mon ami s'est procuré tcmt le poème
on prépare des jeunes gens au baccalauréat de versions, de thèmes (BOURG.. Corn.. 65).
est resté ;
;
introduisant un corapiémcnl d'agent.
LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES. LEUR USAGE
668
— GRACE A — A
A LAIDE DE
même
passe-partout. Le
obtenu
cette
l'aide de est
courant
:
J'ai
mot
Compléments saxs le
—
Un
force
;
—
:
— en
// fait fleurir tous ces arts
(volt., Jean/?
.
Colin);
et
—
il
Faut-il
le
tour spécial
forgeant on devient forgeron
elle est
bien effacée. (Voir
compter comme frantelles que cousu
commerce a vulgarisées, marqué ostensiblement ?
que
rapport n'est plus
GÉRONDIFS.
30
—
préf^ositioxs.
çaises certaines expressions
main, où
ouvrir à l'aide d'un
place grâce au bon certificat que vous m'aviez donné. Le
marquait originairement une idée de gratitude, au liv. XX, Les Causes). 20
:
ra])port est souvent contenu dans grâce à
s
est celui
que fournit
gérondif
le
:
en
'associant, tes plus petits constituent une
en
encourageant par sa magnificence
les
a eni})êché ses sujets de devenir jamais ce qu'ils
pourraient
être, en leur persuadant qu'ils étaient (ROUSSEAU. Extr., Hachette, m, 33U). On ajoute souvent, pour indiquer que le moyen a qu'en me racontant notre histoire, vous me révéliez la
ce
pas
qu'ils ne sont
sulïi
rien que
:
:
Rien
liumaine (lem..
réalité
Rois. 28).
Ce n'est en.
En
quà
en nombre.
du XVllI'
jjartir
a.f.,il était
s.,
que
le
gérondif a pris régulièrement
arial)le, et se distinguait
iii\
Au XYIL'
quand le participe
s.,
parlàdu
comme
décida pas tout de suite à présenter en
participe, variable
fut déclaré invariable,
on ne
se
nécessaire. Vaugelas le
recommandait seulement.
Du avec
reste le participe présent peut jouer le le
géroiidit
matériaux de grappillant
:
ci et
(///
de là,
château
même
rôle.
On
le
voit alterner
maison lui-même, en prenant les se faisant donner un coup de main par l'un et l'autre,
l'onsard
les
.se
bâtit alors cette
choses de rebut, ou les
demandant
et les
obtenant
toujours (BAL/... Les Pags.. 252).
40
Autres tours.
employé avec
—
Quand
il
s'agit
ténacité, suite, etc.,
Hirsch. à force de remuer la
par donner au poète
on
de marquer que
le
moyen
a été
se sert de la locution à force de
bouche d'après la méthode Decostère, a
la configuration de ces
:
fini
quelques mots (a. d.\ud., Jack,
-177).
L'intermédiaire se
marque au moyen de
di\erses locutions
médiaire, l'entremise, ou simplement à l'aide de par
nos bone aiude
par ministère de
(Ale.v.. cvii, 535). :
On
dit
:
par
l'inter-
Quer par cestui avrons en termes judiciaires: par voie de, :
par voie d 'huissier.
Défaut de moyens. On se sert du nom des moyens, précédé de sans une longue expérience, il est impossible d'être un vrai homme politique sans chemins de fer, sans ports, sans télégraphe, sans télésans
:
:
—
phone, une industrie ne peut tùvre dans
la société
moderne
;
-
-
les
gens de
LE MOYEN. t/iKtlUé...
Ou
rien faire.
sert aussi
st-
de manque
faute de disponibilités (la locution
—
faute
cessa
nXSTRUMEXT
saocnl Imil sans avoir rien appris
de pompes, on
—
;
de, faute de
marque en
réalité
C;rf,
une affaire échoue
:
un rapportée cause)
ne put combattre l'incendie
faute de combattants (corn..
6G9
a gagné une forlunc ssins
//
—
;
Et
;
combcd
le
1328).
—
Le complément instruReprésentation du complément de moyen. mental peut être dans un représentant Bien en purrat luer ses soldeiers Qu'il conserve la couverture, il encouvrira sa fument (Il couvrira (Roi., 34); avec cela). En phrase conjonctive, le complément est dans un conjonctif Qu'il garde une couverture dont il couvrira la fument. :
—
:
On
usait chez les classiques tantôt de dont, tantôt de que
—
A
il
pompait sa nourriture
et
de la rigueur dont on les traitait (d'abl., Apoph., 78).
langue populaire
:
le
:
moyen
qu'il se sert
langue soignée on préfère user de
De
quoi
—
lequel,
Que
pour tromper
:
quoi vivre, de quoi vous contenter filer (boil., Sat.,
i,
32)
;
—
La trompe dont
:
— Et
qu'il reste
Cf. Si vous venez
dequoy troquer (scarr., Virg. Trcw..
n'est resté
le
qu'en
monde. Dans
la
précédé des diverses prépositions
le moyen duquel il se sert De quai forme une locution qui signifie
instrumentales, de. avec, par
:
cause de la mauvaise chère qu'ils faisaient,
pour
288).
ii.
et
la
toujours. le
moyen
de
:
j'di
de
Parque encor de quoi
trafiquer,
J'ay des nippes
L'argent étant considéré
comme le moyen universel de tout faire, avoir de quoi, c'est avoir de l'argent: A ceux qui se mêlent d'écrire. On dit que vous donnez de quoi (poisson. (Euv., Au Roi, 1). On est même allé jusqu'à dire avoir du dequoi. :
CHAPITRE
VII
CARACTÉRISTIQUES COMPLEXES ET DIVERSES
Peintures et descriptions.
Un jour, sur ses
d'un long cou. Ailleurs
homme
—
Un
trait suffît souveiil
pour peindre
:
longs pieds allait je ne sais où. Le héron au long bec. emmanché il
faut des touches nombreuses
et
diverses
:
Un
d'une profondeur d 'esprit //irroya/)/^. hypocrite raffiné autant qu'habile politique... Le portrait continue. On a séparé plus haut, pour les besoins de l'exposé, les divers procédés s'est rencontré,
psychologiques et ils
les divers
moyens linguistiques de caractérisation. Mais constamment // jaut vivre et marcher sans
se réunissent et s'entremêlent
Mort parmi
:
pour linceul (i.am., Sans plainte dans la bouche. Calme, le deuil au cœur, Joc. 2(i mars 1796) dédaignant le troupeau, Je vous embras.^erai dans mon exil farouche. Patrie, ô mon (Uitcl, Liberté, mon drapeau (v. h.. Chût., lit. verb.): — Une fille parut, roussotte, louchon, sans front, et dont la robuste laideur, trempée de jeunesse et de force, reluisait (a. frange, Mann.. 43). Même mélange dans la langue la plus banale. Voici un passage de cataombre, toujours
seul, ;
logue (1920)
:
—
les vivants, cet habit
La mode enfantine suit généralement de très près celle des mamans, La ligne des robes de fillettes est. cette saison, étroite et fine,
des grandes sœurs.
la taille basse, les corsages longs, les jupes très
souvent plissées. Hlles sont
ornées de broderies, de gtdons en opposition avec
exemple
:
la
teinte
du
tissu.
Par
robe de serge marine garnie de galons cirés disposés en grecques
:
outremer ou Véronèse. Ou encore, robe en serge beige à corsage entièrement recouvert d'une broderie genre soutache bleu corbeau, la jupe unie ou toute plissée. Dans le même genre, on voit la robe droite, à manches micourtes, corsage à taille très basse, s'ornant d'un ruban de faille passant en de larges boutonnières se nouant à l'encolure et aux hanches, la jupe courte. Bien entendu le ruban sera d'un ton tranchant. Les teintes favorites pour les cerise,
robes sont
:
gris,
mordoré. Pour
pour
fumée, castor, Gobelins, bordeaux, nègre, corbeau, acajou,
les
nuuiteaux.
les très petits
:
les teintes
sont plus claires ou plus vives, surtout
jade, vieux-rose, bleu roy, turquoise, vert empire, bleu
canard, Champagne, rouille.
En
résumé, dans la mode eu/
les
tons
chauds semblent (uwir la vogue. Les vêtements sont en velours de laine, en bure, mouflonne, en peau de loutre, amples et vagues, les devants plats, à cols montants ou cache-nez. garnis de piqûres, de boutons, de galons cirés, ou de fourrure.
En
draperie anglaise, à rayures écossaises, de ton mode,
ils
font
CARACTEllIST IQV ES COMPLEXES ET DIVERSES manteaux
de pratiques
d'Juper. originalement ornés de plis
C.71
formant cornets
disposés en dehors de ehaque côté des hanches.
A LA mûre à Au
ENSEMBLE expriment
FOIS,
des caractères coexistants
:
âme jeune
et
la fois.
quand on veuL séparer
contraire,
ordinaires
les caractères,
on
moyens
se sert des
d'une part, de l'autre, sous un rapport, sous d'autres rapports, etc.
:
Ici les liirritations
dont nous avons parlé jouent un rôle
naturellement opposer
les caractéristiques.
Nous en
essentiel.
On
peut
reparlerons.
—
Garactérisations approximatives. Malgré l'abondance presque il iirrive que le sujet parlant a des hésitations. Les Garactérisations manquent de rigueur. L'approximation s'exprime alors par des adjectifs formés à laide des suffixes spéciaux dont nous avons parlé ci, elet, et : maigrelet, pâlot, maigrillot (un peu pâle, un peu maigre, etc.). Ces adjectifs expriment en général une nuance d'attendrissement, de pitié. Noter à part âtre noiràÎYe, verdâtYe (qui tire sur le noir, sur le vert), sans limite des moyens,
:
:
violàtre
;
esque
et
Ce suffixe n'est pas
:
loppé vraiment que dans
très ancien.
langue moderne.
la
Il
ne
Il
s'est
guère déve-
signifie à la façon de
des
:
voyages Châteaubrianesques, un style dantesque.
Pour
les verbes,
on a
le suffixe
oyer
:
Quelque chose rougeoyait dans
l'herbe.
même temps
que devenir rose. Outre ces procédés, qui introduisent des réserves dans les mots euxmêmes, on se sert des caractérisations ordinaires, en les faisant précéder de Rosir peut signifier avoir une teinte rose, en
comme
:
il
comme
resta
étourdi
;
—
comme
comme
impatient de
ma
présence
;
—
se parlant à lui-même (dumas,
TuL, 9) Au premier moment, quand on se voit comme enveloppé dans cette monstrueuse caverne de feu... on ne peut se défendre d'un mouvement d'anxiété Feuer !) on la mit comme nue à la porte (michel.. (v. H.. Le Rhin, Feuer C'est cela...
—
prisonnier,
fit le
!
Rév.,
III, 1())
A comme
;
— Elle
;
glissait
ajoutez pour
;
—
comme à
aiiïsi dire,
reculons (loti, Pêch., 79).
autant dire,
comme
qui dirait
:
elle est
pour ainsi dire perdue d). On emploie aussi les locations adverbiales à la façon de. à la manière de, dans le genre de, à la : avec des allures à la d'Artagnan. Il a ])aru des livres sous le titre de A la manière de. Un mot a eu longtemps une faveur énorme, c'est air. Avoir l'air On était du bel air, on avait l'air de la cour. Il en est resté l'expression avoir l'air, dont nous avons parlé à propos des verbes subjectifs. Mais on dit :
:
—
aussi
:
avoir
un
des airs de reine (des façons, des apparences).
air,
—
(Il Une espèce de. A la déiioinination, nous avons parlé d'expressions de dénomination approximative une sorte de nain : l'homme, une espèce de Maure (v. h., L"g., Apr. la bat.) Il faut noter que espèce de n'a plus ce sens, quand il précède une caraclérisation uccompli, fieffé, et fait espèce d'insoleit. Il se rapproche alors beaucoup plus du sens de songer à la valeur de iijpe dans c'étint le Itjpe de l'homme insolent. :
(v. p. 81).
:
:
:
LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES. LEUR USAGE
672
—
L'incertitude entre deux caractérisCaractéristiques indécises. tiques se traduit par les formes ordinaires de l'alternative Où. soit. Sa femme de vingt ans plus jeune pour le moins, ni grande ni petite, ni Cf. :
:
laide ni jolie, portait ses cheveux blonds tirebouchonnés à l'anglaise, une robe
à corsage plat, Si
plus
:
La
chauve-souris
plutôt souris (b.
un large
et
éventail de dentelle noire {fi.\vb.,
on penche vers l'une, on
—
;
coxst.. Ad.,
.sa
est
se sert des
formes de
à la fois souris
et
Éduc.
la préférence
:
La douhnir d'un
(L"honinie a été dépeint);
tendre
(pir
—
On résume
— Tel
tel
homme
est la
tel
L'adverbe essentiel
est
ainsi
qui sert
plus belle oraison funèbre anglais
était l'état déplorable des catholiques
:
Eh
s'embrouille, ainsi on s'entête, ainsi les
oui
!
Les choses sont ainsi
hommes prévenus
—
une aveugle détermination (boss.. Var., 14. L.); les relations
!
— Ainsi on
vont devant eux, avec
Ainsi mourut la
d'Hamilcar. pour avoir touché an manteau dcTanit (flaib..
Je ne conçois pas de la Sorte
on
des caractérisations,
(boss., R. (T Anglet.). L'orateur vient d'exposer cet état.
:
155).
plutôt,
1).
Garactérisations résumées.
la sorte
i.
Elle est cependant
oiseau.
conduite était plutôt noble et généreuse
renvoie à celles qui précèdent, on en annonce qui suivent. C'est alors d'adjectif
:
fille
Sal.. fin). Cf. de
de famille
(iii-.i'.v..
Cours.
fL.i. 11).
CoMMK loppemenl
comme
ÇA. :
— Vous
Cette expression, un peu populaire, est en plein dévcr êtes
prévenue, répéta Prosper en finissant,
ça, ce ipie vous aurez à faire
quand
il
viendra
ici (zot.a.
et
vous saurez^
Déb..
.')]
7) (1
).
(1) Il faut noter que, dans la langue \ulgaire, celle locution a fini par perdre son sens Dis donc, pelile, quand on pense qu'il y a des gen.": qui racontent, comme ça, que je ne suis pas patriote!
.
CHAPITRE
VIII
REPRÉSENTATION DE LA CARACTÉRISATION
—
—
Représentation simple. Le proadjectif le. Pour représenter une caractéristique, on se sert du représentant le, invariable. ISIaupas donnait déjà en exemple Trouvez-vous ceste femme belle ? Si elle ne Vest, :
l'Ile
pense
le
dans
m,
estre (h. l..
Vaugelas en
483).
Êtes-vous malade, je la suis,
une
fit
règle.
Il
quoiqu'il reconnût
condamnait
phrase Sa remarque, d'abord contestée, fut acceptée par l'Académie « suivant le sentiment de presque tous les grammairiens » Chez Corneille, les exemples de l'ancien usage sont encore fréquents Vous êtes satisfaite et je ne la suis pas (Pomp., 1576). Peu à peu on se mit à faire la
:
comme
très
cette
usuelle.
:
cette distinction,
XIX^s.jSOus
et
le
proadjectif
«
»
Les écrivains du conforment de leur mieux à
invariable.
fut
l'influence de l'enseignement, se
Si j'étais vraiment la chrétienne que
la règle
:
mon fils
serait l'époux de cette
je
malheureuse enfant;
croyais je
ne
être,
le suis
ci
cette
pas
(a.
heure,
dumas,
M'"^ Aub., iv, 4). Le est acceptable ici; il ne s'imposait pas. Le manque souvent dans les comparatives Vous n'êtes pas si sage que vous croyez être. Vaugelas y avait déjà trouvé à redire, et on exigea après lui le « pronom ». Mais l'usage n'est jamais devenu ferme sur ce point, au moins dans la langue parlée (h. l., m, 483). Id. de
:
Représentation conjonctive. conjonctive, on se sert de que: qu'elle est se bouche les oreilles
suis;
—
-
je
ne suis plus
le
(a.
était;
—
—
En
])hrase
La
cruelle
misérable que je
i.
236), s'est maintenue: Inibécile que j'étais, je
frange,
Hist. com., 48).
—
—
Reste
l'homme exquis
une forme de parler courante restel'homme exquis qu'on connaît (laved.. Leur beau phys., 60), est à peine français.
que tu te
!
—
le proadjegtif que.
bon Allemand qu'il Et nous laisse crier ;
sceptique que j'étais. Cette construction, discutée à
l'époque classique (vaug., ne pensais pas à cela
—
En
es, est
;
L'adjectif ainsi représenté par que est souvent l'adjectif
tel
Claire...
:
revoyait sans cesse la figure de son mari, telle qu'elle lui était apparue pen-
par une mortelle angoisse (dur., Uniss., ce que je puisse compter sur votre estime, telle que je croyais la posséder (g. sand, Elle et L., ix, 95). Celui que.Nous avons mentionné celui qui en parlant des déterminés en réalité le sens de celui qui, celui que est, dans bien des cas, le même que
dant une seconde, 265);
les traits contractés
— Je reprends provisoirement ma parole jusqu'à •
—
celui
de
tel
Corn., 73).
Ce que.
que
—
;
:
je
me
Le neutre
sentais...
ce
devenir... celui qu'elle croyait
que a un rôle analogue
avec
P aimer
en faisant son portrait.
que tu Laurent s'était
reste ce
;
Voici une phrase où ce que est développé par la suite
(bourg.,
:
Il l'avait trouvé ce qu'il était
juste, généreu.r, intelligent et instruit (g.
sand. Elle
et
L., ch.
ii,
29).
:
es.
lié
droit,
—
—
CHAPITRE IX MISE EN LUMIÈRE DE LA CARACTÉRISATIOX
Ordre des mots.
1°
térisation sont
— Les
moyens de mettre en lumière une
— On dira
La transposition de l'attribut.
A.
ceux qui oublieraient là leurs efîets
(Rév..
plus:
m.
le
passé. Certains écrivains
Seule allait la
:
109).
— mais
On reprend
ensuite,
s'il
!
le
:
temps jeune que
— Chez
le
l'a été,
//
il
ne Vest
c'était
auteurs du
les :
La
XIX^
!
s.,
plein d'une curiosité
Destin mauvais
(id.,7/;.,
352)
destin la partie dernière (id.. Déb., 330)
;
;
(loti, Pitié, 227).
classicjues avaient aussi leurs hardiesses
T-es
Michelet cherchent
Sévère,
efïet littéraire
irrité contre le
;
avait joué et perdu contre
Oh
faut
le
i.'épithètk.
souvent transposé par
vive (zola. Z)r Pascal, 131) //
Bien coupables seraient
cruelle, vous Vêtes, et plus que vous ne le pensez (don.,
La transposition dk
B.
:
comme
sous l'excommunication du silence
triste voiture,
Pair.. IV. 2).
l'adjectif est
carac-
:
:
Captive, toujours triste,
importune à moi-même, Pouvez-vous souhaiter qu Andromaque vous aime? (kac. Andr., 301). Dans les compliments ou les injures, C. Isolement de l'épithète. il y a un détachement du mol, qui lui donne son maximum de valeur, puis-
—
ciu'on le
prononce
seul.
On
le
décoche
Charmante
:
!
Superbe
!
Pitoyable
!
—
Autres procédés. On se sert en outre de tous les isolants ordiQuant à ce... pour ce qui est d'être adroit, // /'^.s7. Comparez La qualité de président des assises finales de l'humanité, tel 2"
naires
:
:
est l'attribut essentiel
30
On
cipale.
de
fait
—
de la caractérisation la matière de la proposition prin-
L'idée de
la placer
que Jésus s'attribue (ki;n.. Jés.. xv).
la
caractérisation est souvent
dans un complément, on en forme
la
si
essentielle
qu'au
lieu
phrase principale. Soit
qu'on ne connaît pas facilement la mentalité d'un peuple. Il y a des La mentalité d'un peuple n'est il faut la donner sous cette forme pas facile à connaître. Ces cas se présentent fort souvent vous êtes sûrs l'idée
cas où
:
:
de réussir (Cf.
Vous
dorer la pilule (L'action où le
—
a été vraiment habile à vous sujet a montré son habileté disparaît presque.
réussirez sûrement)
;
il
C'est l'habileté qui est mise en lumière).
On
se sert
en particulier de
phrases faites avec c'est: C'est drôle
r/f/f?
MISE EN LUMIÈRE DE LA CARACTÉRISATION pas comprendre
tu ne veuilles
(1)
;
—
•
675
c'est avec sincérité que je t'ai entiè-
mon compte
—
(a. karr, Tilleuls, 138) ce n'était pas sans un ennui secret qu'il la voyait se c/oz/rer (feuill., Mor/é-, 93) ce fut
rement rassurée sur
;
•
;
sans en avoir conscience qu'elle s'achemina vers 40
On
passer la caractérisation dans
fait
manière d'être
même
expressions
Un :
Ce fripon d'enfant.
— que
besoin,
térisation.
:
air
le
mot
—
nom
\in
arrive
Il
—
(flaub., Bov.. 121).
l'église
—
exprimant
et c'est
un
effet
du
principal devient celui qui contient la carac-
un drôle d'air. La langue a beaucoup de ces de gamin, un amour de petit sac, quelle peste de
drôle,
un polisson
femme! ce bonhomme de prêtre. Ma Parisienne rfe sœur, mon sybarite de frère, etc. sont un peu recherchés mais il n'y a aucune recherche dans ces gredins de concierges, cet animal de garçon, cette coquine de phrase, de ;
grands bêtes d'yeu.v
:
—
// en sort tous les jours de nouveaux, de ces chiens d'Allemands, de leur damnée forteresse {uussut, Lorenz., i, 2) Hein ! :
;
dis-je à Lapierre. en v'ià
une
fiére
de suée
(vid.,
!
Mém.. n,
—
93)
;
—
ce
lambin d'Hiver qui n'arrive pas ! (flaub., Bov., 81). A remarquer les jurons cette nom d'un chien de machine : cette sapristi de roue. Pareille expression n'a rien de descriptif, mais elle exprime fortement l'impression que cause l'objet. Quelle diable de conversation Qu'on est aisément amadoué par ces diantres est-ce là mol., Pourc, 1.8);
—
:
—
(
d'animaux-là
(id., b. g.,
!
m,
10).
L'école impressionniste a fait du tour étudié la rapidité de ses
cœur simple,
11,
jambes découvrait
10)
;
—
ici
un procédé de peinture:
ses petits pantalons brodés (flaub..
demeura... tâtonnant autour d'elle
elle
n'avait point encore posé la flèvte de ses
Allant à l'extrême, c'est-à-dire à
mains (gonc,
la
les
Un
places où
G. Lacert., xlviii,92).
possibilité de faire de la caractéri-
sation l'essentiel de l'expression, les Concourt la mettent ainsi très sou-
vent dans un
nom
abstrait.
Au
lieu d'apercevoir des
mince
filet
d'eau s'égrenait
:
Déclare
vite
ils
:
— — Ces façons ;
sur la netteté des perrons (Rois, 98) (2). d'hui partout
Arabes immobiles,
De même chez Daudet La fraîcheur d'un La pluie qui bondissait (Cont. luncL, 144)
voient des immobilités d'Arabes.
d'écrire sont aujour-
que tu ne saurais plus l'arracher de mes bras.
ni faire régner entre nous cette immensité
d'absence
!
(herv., Cours,
fl.,
IV. 6). (1) Cf. les phrases de jugement ou de sentiment avons parlé aux Modalités. (2) ^oi^ MISS BLRXs, La langue d'A. Daudet, 263. :
il
est
absurde de prétendre que.
Nous en
.
CHAPITRE X
ON PRÉSENTE UNE
«
QUALITÉ
»
POUR EXPLIQUER
UNE ACTION A
question
la
on répond
ma
Il
:
maison,
il
En
:
a agi
quelle qualité a-t-il
comme
avait droit
demandé
ces
tuteur des enfants. Cf. à plus d'égards:
—
comptes
comme comme
un peu mince (1). comme comparez a titre de à
m'avouerez que
?
A
quel
titre ?
représentant de
chaperon, vous
c'est
—
titre de parrain : en qualité de A en qualité de munitionnaire de la troupe, je tiens toujours en réserve quelque jambon de Baijonne (gautier, Frac., i. 34). Cf. l'expression juridique :
:
:
avoir qualité, être qualifié pour.
—
En se présenter en ami, en homme qui ne clierche que le bien de tous : Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur (mol.. Mis.. 35). En tant que On peut dire que toute idée est distincte en tant que claire :
:
(Log. de P.-R.. L.).
PoxTR
Pour un représentant d'une grcmde maison,
:
il
a bien mauvaise
façon
Souvent on ne fait précéder l'épithèle d'aucun mot Docteur, je bafour gentilhomme, je déchire mon nom (v. ri.. A'. D., 1. xi, eh. i, ii, Empereur, suis-je bien un autre homme ? (id., Hern., iv, 5) 271) :
la s'cience ;
:
—
:
Républicain austère,
Éduc, (1)
I.
//
92) (2).
Comme
a à
peu près
le
même
dnge ? (fi aub.. Éduc. i. lUl). Les classiques aviticnl encore parlé (2)
comme Voir
—
suspectait de corruption toutes les élégances (flaui;..
sens dans
la vieille
eehil qui sait.
liv.
xx, ch.
viii
:
Les Causes.
:
Pourquoi
expression
piinil-ctlc
comme
celui qui
comme
=
en
délit le
homme
vagabon-
qui. Il m'
LIVRE XVII
MODIFICATIONS AUX CARACTERISATIONS A. MODIFICATIONS AU RAPPORT ENTRE LA CARACTÉRI.STIC2UE E r LE CARAC (
lÉRISÉ
HAPITRE UNIQUE
—
Limitations de compréhension.
Nous avons fait remarquer, en le nombre des personnes ou
parlant de la quantité, qu'on limite souvent
des choses auxquelles se rapporte renonciation.
de caractériser, que
s'agit
la
Il
en est ainsi, lorsqu'il
phrase renferme ou non un verbe
:
Ses élèves.
en général issus de familles pauvres, étaient cette année-là particulièrement studieux. On peut restreindre à volonté ce nombre à l'aide des divers restrictifs
pour
:
la plupart, en majorité, etc.
Limitation d'extension appliquée dans
loi! te
— Quand
la
caractérisation ne peut pas être
son extension, qu'elle ne convient pas absolument et
de tous points de \ue. on indique dans quelle mesure, sous quel rapport elle
de lignes, figure est
que
ne harmonieux juste de couleur. Cette construction est fort ancienne. Le de qui y \q de hérédilaire. au sens de quanta: Biax estait... de ganbes et de
convient
Belle est général, belle de taille indique
:
De même
porte que sur une partie de la personne considérée.
piés {Auc., 2, 10).
—
Cf.
:
une tapisserie passée de ton
;
la qualité :
— une aiguière
jolie
de
forme.
On
se sert aussi
de en accompagné ou non de surtout
connaisseur surtout en faïences victoire, artistes
en pillages