NOUVELLE COLLECTION A L'USAGE DES CLASSES L._ χ χ χ ν ί ΐ ί
ALFRED E R N O U T
FRANÇOIS T H O M A S
MEMHRK ISK I.'iNS...
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NOUVELLE COLLECTION A L'USAGE DES CLASSES L._ χ χ χ ν ί ΐ ί
ALFRED E R N O U T
FRANÇOIS T H O M A S
MEMHRK ISK I.'iNSTITUT
PROFESSEUR
PROFESSEUR AU COI-l.Î-:>I 1-: DE FRANCK
A LA FACULTÉ DES LETTRES DE LYON
SYNTAXE LATINE 2 " ÉDITION (TIRAGE CORRIGÉ ET REVU)
PARIS
ÉDITIONS KLINCKSIECK 1964
/ r c édition : \φ\ c •J edit ton : \φ5 (3" tirage 1964)
Tous droits de reproduction, traduction ct adaptation réservés. Copyright hy Librairie C. Klincksieck, 1964.
TABLE DES MATIÈRES Page*
PRéFACE
ix
BinLIOGRAPHIE
XIII
ABRéVIATIONS DES NOMS D'AUTEURS ET DES TEXTES LATINS C I T é S DANS L'OI'VRAf;lî XVII GéNéRALITéS
,
ι
FREMI l> KIC P A R T I E : CAS ET PR I·; POS PHONS T. — Rôle des ras et des prépositions. Nominatif et vocatif
CHAPITRE
CHAPITRE II. — L ' a c c u s a t i f
7 17
CHAPITRE I I I . — Le génitif
39
CHAPITRE IV. — Le datif
62
CHAPITRE V. — L ' a b l a t i f
79
CHAPITRE VI. — Relations spatiales cl temporelles. Sommaire des prépositions . . .
106
DEUXIÈME PARTIE : LA P H R A S E SIMPLE E T SES É L É M E N T S CHAPITRE I. — I , ' a c c o r d
CHAPITRE IL — Sujet. Verbe « ôlrc ». Négation. Interrogation. Ordre des m o t s . . CHAPITRE I I I . — Adjectif substantive ; adjectif « apposé ». Comparaison. Noms de nombre . CHAPITRE IV. — Emploi des formes pronominales CHAPITRE V. — Le verbe : voix et notions annexes "·'. .
125
M3 164 179 201
TABLE DES MATIÈRES
522
CHAPITRE VI. — Le système verbal. Aspect et temps CHAPITRE VIL — Les modes en phrase libre
215 < 23Ό
CHAPITRE V I I I . — Formes nominales du verbe : infinitif, supin,
gérondif CHAPITRE IX. — Participes et adjectifs en -ndus
'-**"
'-255 . . 273
TROISIÈME PARTIE : SUBORDINATION E T COORDINATION REMARQUER PRéLIMINAIRES
291
CHAPITRE I. — Propositions complétives : quoi (quia) « le fait que». VI (ne, ut ni·). Ne. Ne, quin, quominus CHAPITRE I I . — Propositions complétives (suite) : interrogation indirecte. Proposition infinitive CHAPITRE I I I . — La proposition relative CHAPITRE IV. — Propositions circonstancielles : finales, consécutives, causales, concessives, comparatives. CHAPITRE V. — Propositions temporelles CHAPITRE VI. — Propositions conditionnelles.' CHAPITRE VIL — Temps et modes en proposition dépendante. . . CHAPITRE V I I I . — C o n c o r d a n c e des temps CHAPITRE I X . — Le style indirect CHAPITRE X. — La coordination
295 313 332. 342 360 374 393 4°7 421 437
I N D E X DES EXEMPLES
455
I N D E X ANALYTIQUE
47<>
INDEX
D E S MOTS
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TABLE DES MATIèRES . .
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2
521
PRÉFACE En écrivant cette nouvelle Syntaxe latine, nous avons voulu d'abord donner aux étudiants un livre, qui les mît au courant des résultats acquis dans ce domaine par plus d'un demi-siècle de recherches. Sans doute les faits n'ont pas changé, mais le nombrç c» a augmenté,.et I,. 4c'""- r ••'•·' / ' ' ' t 1 interpretation de l'ensemble s'en est trouvée modifiée. Une étude plus approfondie et plus minutieuse des textes a permis, notamment, de restituer à la latinité classique des constructions qu'une conception trop étroite de la collection en avait éliminées; les notions de langue « littéraire », « familière)), « vulgaire » ont été précisées; l'origine, l'évolution et le développement de certains tours syntaxiques, déterminés avec exactitude, laissent suivre sans erreur les progrès de la langue dans des directions définies. Aujourd'hui, il ne suffit plus de dire, par exemple, que le type de phrase dixi quod (ou dixi quia) est incorrect — ce qui n'est vrai, du reste, qu'en partie — mais il faut — et on le peut — montrer sur quels modèles voisins de sens la construction a pu naître, comment et pourquoi elle a gagné peu à peu, éliminant la forme dite « proposition infinitive », dont la lourdeur et la fréquente ambiguïté déconseillaient l'emploi. Cette généralisation de quod ne se constate pas seulement dans l'exemple précédemment cité : on voit cette conjonction se substituer aux autres conjonctions complétives, en particulier à ut, dont il ne reste plus trace dans les langues romanes ; mais, si la chose a pu se faire, c'est qu'il y avait des cas où le latin pouvait indifféremment user de l'une ou de l'autre, et
χ
PRÉFACE
dire aussi bien accidit quod et accidit ut. La disparition du génitif et du datif au profit de constructions avec de et ad, que l'on constate dans les langues romanes, n'est, pas due seulement à l'amuïsscment des syllabes finales qui masquait le rôle des désinences casuclles, mais au fait que souvent le sujet parlant avait le choix, par exemple, entre \inus mullorum et units de multis, dare morli et dare ad mortem. Les phénomènes de génération spontanée sont rares en syntaxe comme ailleurs; et le grammairien ne doit pas se contenter de décrire les faits ; il doit les classer d'abord, pour ensuite en expliquer la naissance et l'évolution, marquer les formes neuves dont l'usage ira se développant, comme les survivances d'un état ancien — tels certains emplois du génitif — qui ne se maintiennent qu'en vertu d'une tradition précaire et destinée a s'oublier. Ces brèves considérations indiquent suffisamment le caractère de ce livre. Ce n'est pas que les auteurs méconnaissent ou diminuent l'importance de l'époque classique dans l'histoire du latin ; et l'abondance des exemples empruntés a César et à Cicéron en fait foi. Nous n'avons pas oublié que nous nous adressons surtout à des jeunes gens qui liront principalement des textes de Vaelas aurea ou argenlea, qui ont besoin de connaître l'usage des bons auteurs, pour leur édification propre et pour celle des élèves qu'ils auront à instruire. Mais l'aspect pris par la langue à l'époque de Cicéron ou d'Auguste est le résultat d'une élaboration que l'on peut suivre à partir de Plaute ; aussi avons-nous puisé dans l'œuvre du comique nombre de phrases, des-" tinées soit à montrer les différences qui la séparent de la langue classique, soit à signaler les amorces d'innovations qui se développeront après lui. De môme, il nous a semblé nécessaire de poursuivre l'exposé assez loin dans la lai inité impériale. On y observe deux tendances : dans la langue littéraire, la multiplication des « tournures poétiques », due à l'influence de Virgile ; dans la langue.« populaire », le développement des constructions qui préparent les langues romanes. Nous
1
PRÉFACE
' XI
avons indiqué, avec discrétion, ces deux sortes d'actions qui s'exercent ".. concurremment. La syntaxe latine apparaîtra donc ici plus complexe qu'on ne l'enseigne dans les classes ou pour lai confection du « thème latin ». Pour faciliter la lecture de ce livre, nous avons appuyé chaque « règle » d'un bon nombre d'exemples que nous avons presque tous traduits, au moins dans leur partie pertinente : nous espérons que ce qu'il peut y avoir d'abstrait dans la rédaction du précepte s'en trouvera éclairé et précisé. Nous avons multiplié les renvois d'un paragraphe à l'autre, chaque fois que la comparaison laissait voir la diversité des constructions possibles. Mais nous n'avons que très rarement fait appel à la comparaison avec les dialectes italiques et avec le grec ; pour cette dernière langue, il nous a paru bon de signaler les héllénismes de syntaxe non douteux qu'on trouve, les uns chez les poètes, et surtout à partir de Lucrèce et de Virgile, les autres, dans la langue technique, et plus encore dans celle de l'Église, sous l'influence des textes sacrés que traduisent ou dont s'inspirent les auteurs chrétiens. Nous n'avons jamais perdu de vue'que la syntaxe latine est une construction originale, résultat d'un développement autonome, qu'elle doit s'exposer et s'expliquer en elle-même et pour elle-même. Nous devons beaucoup aux grammairiens qui nous ont précédés,, et la bibliographie sommaire que nous donnons mentionnera les noms des savants, philologues ou linguistes, envers qui notre dette est la1 plus grande. Mais nous tenons à citer spécialement le nom d'Othon Riemann, dont la Syntaxe latine, parue en première édition en 1886, a fourni aux étudiants un excellent instrument de travail. Qu'elle ait pu se maintenir pendant plus de soixante ans est la meilleure preuve de son mérite. Pourtant, on s'accorde aujourd'hui à dépasser les limites assez étroites que Riemann s'était, tracées ; et les remaniements auxquels, depuis la mort de l'auteur, l'ouvrage a été soumis en ont parfois rompu l'unité et compliqué la lecture, sans remédier,;
XII
PRÉFACE
entièrement Ji son déïaut initial. Nous souhaitons que notre livre rende aux nouvelles générations les mêmes services que le livre de Riemann a rendus dans le passé et qu'il rencontre auprès d'elles un accueil aussi favorable. '- '' Λ. E. et F. T. Janvier 1951.
Sans différer essentiellement de la première, cette seconde édition a été l'objet d'une révision attentive de M. F. Thomas, qui a entraîné de nombreux changements de détail. On s'est efforcé rie rendre l'exposé plus précis et plus clair, on a augmente le nombre des exemples f- '•I't '- •'• U _proban(s et amélioré la traduction. Parfois même l'ordre de présentation des faits a été modifié pour adopter un exposé qui a paru plus logique. Pour répondre à un souhait souvent exprimé, il a été ajoute un « Index îles exemples », comme en avait déjà la Syntaxe de Riemann. Bref, il n'est pour ainsi «lire pas une page qui n'ait été, peu ou prou, modifiée et, nous l'espérons, améliorée. Λ. E. et F. T. Décembre. 1952.
Λ la faveur des deuxième et troisième tirages, quelques modificalions ont été effectuées. On a voulu, dans une mesure même restreinte,' «o pas négliger l'occasion d'améliorer l'exposé en tenant compte des critiques et suggestions qui ont pu être formulées. A. E . et F. T.
AllllftviATloNS : :i.p. - :ipn
BIBLIOGRAPHIE Études Seuls sont m e n t i o n n é s ici des ouvrages g é n é r a u x ou quelques t r a v a u x significatifs. Divers renvois à des études particulières sont faits, en outre, a u cours de l'ouvrage. Maïs, p o u r des indications détaillées, on se reportera, d ' u n e p a r t , a la Lateinische Grammatik d e L e u m a n n H o f m a n n , citée ci-dessous, d ' a u t r e p a r t à l'Année philologique de J . Marouzeau et J . E r n s t et «ι la liihliographie pratique de la langue latine d e J . Cousin, Paris, 195T. K. HRUOMANN and H. OicuiniicK, Grundriss der vergleichenden Gram matik der indogermanischen Sprachen, Strassburg. Les tomes I I I , Γ0 IV et V (1803-1900), consacrés duns la ι édition à la Syntaxe, sont de B. Delbrück .seul ; ils sont en partie remplacés par la 2 e édition du tome I I , due à Brugmann (emploi des formes nominales et verbales, 1906-1916). K. BRUGMANN, Abrégé de grammaire comparée des langues indo-européennes, trad, française, Paris, 1905. A. MEILLET, Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes, 8 e éd., Paris, 1937. W. HAVERS, Handbuch der erklärenden Syntax, Heidelberg, 1931. J. WACKERNAGEI., Vorlesungen über Syntax, mit besonderer Berücksichtigung von Griechisch, Lateinisch und Deutsch, I-II, 2 e éd., Basel, 1926-1928. A. Muii-i.KT et J. VKNIHIYIîS, Traité de grammaire comparée des langues classiques, 2« éd., p a r ' J . VENDRYES, Paris, 1948. A. Miîii.i.KT, lïsqnisse d'une histoire de la langue latine, 3 0 éd., Paris, 1933 (reproduite eu 1948).' G. DEVOTO, Sloria délia, lingua di Roma, Bologne, 1940. A . MEII.LET et A. ERNOUT, Dictionnaire étymologique de la langue latine, 3 e éd., Paris, 1951.
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in die
Grammatik
Geschichte
der lat. Syntax
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Auteurs et textes latine AFRAN. Airanius (Ribb. II) , AMM. Ammien Marcellin I
AMP. Ampclius ANT. PLACENT. Antoninus Placcntinus Hin. Itinerarium (C. S. E. L., 39) APIC. Apicius
App. Pr. Appendix Probt {A. L. L. G. XI, 1900. P· 3 0, -33«) ' APUL. Apulée
Αρ. Apologie Met. Métamorphoses ; etc. ARN. Arnobe A du. Nat. Disputationes aduersus Naiiones (C. S. E. L., 4) AUG. saint Augustin Conf. Confessions Enarr. Ps. Enarrationes in Psalmos Loc. Hept. Locutiones in Heptateuehum ' Ep. Epistulae ; etc. CABL. ANTIP. Caelius Antipater (Peter) CAHL. AUR. Caelius Aurelianus Acut. Acutarum passionum libri ; etc. CASSIOD. Cassiodore
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N A E V . Naevius
PLIN.
N E P . Corn. Népos N O N . Nonius, grammairien Nouel. Iust. Iustiniani Nouellarum uersio Latina O R I B A S E , t r a d . lat. des traités grecs d'Oribase Ov. Ovide Am. Amours A. Am. Art d'aimer F. Fastes Her. llèroïdes M. Métamorphoses l'ont. Pontiqucs Rem. Remèdes à l'amour Tr. Tt isles P A C . Pacuvius (Ribb.) Paneg. Panégyriques latins
1. Plin., Nat. (Histoire Naturelle) — Pline l'Ancien 2. Plin., Ep. (Lettres), Pan. (Panégyrique) = Pline le J e u n e P O M P . B O N . P o m p o n i u s Bononiensis (Ribb. Il) P R I S C . Priscien (grammairien)
J U V E N C . J u v c n c u s (C. S. IS. L., 24) LACT. Lactance
Liv. Tite-Live L u c Lucain L U C I F . CAL. Lucifer de Cagliari Äthan, de saneto Alhanasio (C. S. E. L., 14) Reg. apost. de regibus aposlaticis L U C I L . Lucilius (éd. Marx) L U C R . Lucrèce MACR. Macrobe
M A N . Manilius M A R T . Martial
P E R E G R . A E T H . Percgrinatio P E R S . Perse
Aetheriae
PROP. Properce P R U D . Prudence
Apoth. Apotheosis ; etc. RiiET. H E R . R h é t o r i q u e à H é r c n n i u s SAL. Salliistc C. Catilina H. Histoires, fragments (éd. Maurcnbrcchcr, 1893) /. Jugurtha S. C. Bac. Senatus consultum de Bacchanalibus (C. I. L. I ä , 581) S C R I B . L A R G . Scribonius L a r g u s
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Diu. lui. César Diu. Aug. Auguste Ner. Néron ; etc. XII Tab. Loi des Douze TAC. Tacite Agr. Agrieola A. Annales D. Dialogue G. Germanie H. Histoires T E R . Terence Ad. Adelphoe An. Andria Eu. Eunuchus
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A pol. Apologétique Marc, aduersus Marcionem Prax. aduersus Praxean Sped, de Spectaculis Vx. ad Vxorem ; etc. T H E O D . MOPS. Thcodorus Mopsuestc-
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Vorisc. Vopiscus, écriv. de l'Hist: Auguste V111.G. Vulgate, traduction et édition de la Bible par saint Jérôme
Note. — Dans les références où l'indication du chapitre fait double emploi avec celle du paragraphe, la première a été habituellement supprimée. Un renvoi comme Cic, Cal. 1. 7 se lira donc : Cicéron, Catilinaires, livre I, paragraphe 7. Nous avons utilisé pour nos citations les textes publiés par l'Association G. Budé, et à son défaut par Tcubncr ou la Clarendon Press. Pour les auteurs qui ne figurent pas dans ces collections, il est renvoyé aux éditions spéciales mentionnées dans l'index bibliographique du Thesaurus Linguae Latinae ou parues ultérieurement.
GÉNÉRALITÉS § 1. La syntaxe — du gr. σύνταξις « arrangement, disposition » — a pour objet l'étude de la phrase et l'emploi qui est fait de ses différents éléments (nom, verbe, mots invariables). Le nom doit être entendu au sens large de forme nominale et comprend àjçejitre : le substantif, qui nomme des êtres, des objets, des concepts ; lje_pronom, qui tient la place du substantif ; Fadjectif, qui attribue une qualité au substantif. En latin, d'une manière générale, le nom porte indication du nombre et du cas ; le genre est marqué, mais n'a pas un sens bien défini. Le verbe a pour propre Ld'cnoncer, en situant dans le temps, soit un acte : ferio, édcbal, soit un état : doleo, soit un événement : hosles urbem éuerterunt. Cette triple représentation d'un acte, d'un état, d'un événement est exprimée par le terme général de « procès » (lat. processus « ce qui se passe »j. Le verbe porte indication du nombre, de la personne, du mode, du temps, de la « voix ». Certaines formaΛ tions^ nominales lui ont été rattachées : infinitif, participe, supin, gérondif. i Les mois invariables comprennent plusieurs groupes : interjections : heus, o, pro(h), uae ; prépositions : ab, ante, in, de, per ; conjonctions : et, nec, ut, quod, quom; adverbes : forlilcr, ccrlo, bene. On y reconnaît d'anciennes formes nominales fixées : bene, cerlo, penes, ctrcum, ou verbales : em, uel ; mais co sont souvent aussi des particules irréductibles à toute autre forme : ab, de, ex, uae, etc. Le rôle des mots invariables dans la phrase est allé eii croissant. Les prépositions ont précisé les cas ; et l'adverbe tendit à remplacer un tour ancien avec adjectif : par exemple, hodie ueni s'est substitué à hodiernus ueni.
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GÉNÉRALITÉS
§ 2. Le sujet indique de qui ou de quoi l'énoncé est affirmé. Le mot qui contient l'énoncé est appelé prédicat — du lat. pracdicatiun « ce qui est déclaré ». Une phrase est dite verbale, lorsque le prédicat est un verbe : Caesar <· Gallia redit. Tille est dite nominale, si c'est tin nom : jabulae! « histoires (que tout cela) ! », ou un nom accompagne d'un prédicat, sans copule : res sacra miser « le malheureux (est) chose sacrée » ; cf., plus loin, dans la Phrase simple, § 171. Il existe des types intermédiaires. Un nom servant de prédicat est rapporté au sujet par le verbe « être » : Bclgac G ail or uni sunt forlissimi. Ou bien, il est l'attribut du complément direct d'objet : dans Uahium Maximum .diclatorcm senatus decrcuil, l'accusatif diclatorcm fail partie de l'énoncé ct, par suite, du prédicat au même litre que le verbe. Ce tour se retrouve à l'ablatif absolu : Gallxi hoste deercto « Oalha ayant été déclaré ennemi public ». § .'{. Dans la famille des langues indo-européennes, le latin est directement appareillé aux dia-lectes italiques (osque, ombrien), ct plusieurs traits de ce groupe sont coinnuiiis avec le. celtique. Avec le grec, le latin n'avait pasde ressemblances particulières; même de fortes différences l'en séparaient : article, nombre de cas, structure du verbe, etc. l J ar suite de l'inlluence exercée par le grec comme langue de civilisation, d'assez nombreux héllénismes se sont introduits dans la syntaxe latine. Toutefois, en' dehors des calques ou transpositions propres aux textes de traduction, en dehors aussi de quelques imitations artificielles chez les poètes, beaucoup d'héllénismes ont un point d'appui dans des tournures existant ou ayant existé en latin même et qui les préparaient (Ernout, Rev. Phil. LXXf (1945). p. 112, noie). La syntaxe lalinc offre en tout cas des ressemblances avec celle de l'osque et de l'ombrien, pour autant qu'on peut juger de cette dernière; cf. liuck, Λ Grammar o/ Osant and Umhrian, p. 105 sqq. § Ί. Le latin est connu à une date relativement tardive. L'œuvre de Plante, qui est le premier texte, important qu'on ait conservé, a été écrite à la fin du ni n siècle ct au début du 11e av. J.-C. : à cette époque.
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le grec en était déjà à la »Ιοινή. On ne saurait donc voir dans la langue de Flaute celle d'un autre Homère. Néanmoins, le latin garde certains traits archaïques : il n'a pas d'article, et la construction appositionnelle, qui était une des caractéristiques de la phrase ancienne, y a laissé diverses traces : urbs Roma « la ville de Rome », Jioram amplius « pendant plus d'une heure », plus mille homines « plus de 1,000 hommes », et même aliquid id genus « quelque chose de ce genre » (§ 37), au lieu de aliquid' hnius generis ; de nombreuses « particularités » d'accord subsistent de cet état. La subordination, qui rendait plus précise et plus claire l'expression des rapports entre les différents concepts, est surtout le fait de la langue littéraire. La langue parlée (sermo collidiànus) — cette appellation paraît préférable à celle de langue vulgaire (sermo plebeius) — a gardé, au contraire, une syntaxe plus libre ; et beaucoup de constructions qui s'y rencontrent, souvent dès le v. latin, se sont prolongées dans les langues romanes (italien, français, espagnol, etc.). § 5. La langue, parlée est difficile à saisir ct à suivre dans son ensemble. Au début, il est possible de s'en faire une idée assez précise grâce aux comédies de Flaute ou à un texte plus court comme le de Agricultüra de Caton. Son cheminement est ensuite masqué par les progrès de la langue littéraire qui s'affirment dès Térence. Néanmoins,, quelques indications sont fournies par des œuvres qui admettent une certaine liberté d'expression : Res Rusticae de Varron ; correspondance de Cicéron ; Satires d'Horace ; traités de Vitruve, de Pline l'Ancien ; lettres de saint Jérôme, Vulgate, etc. Une connaissance plus directe du latin parlé peut être, en outre, retirée d'écrits ou documents plus éloignés de la langue littéraire. Tels sont, par exemple, les inscriptions, et, parmi celles-ci, les graffiti de Pompéi, ainsi que les Tablettes d'exécration ou Tahcllîic Dcftxionum ; les propos des affranchis dans la Cena Trimalchionis du Satiricon de Pétrone ; les traductions de la Bible antérieures à la Vulgate, désignées sous le nom à'Itala (uersio) ; plus tard, un récit de pèlerinage comme la Peregrinatio Aetheriae ad loca sancta (iv e /v e s.) ; une liste de formes ou expressions fautives
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GÉNÉRALITÉS
comme Y Appendix Probi ; de nombreux écrits teclmiques comme la Mulomedicina Chironis, les traductions latines d'Oribase et de Dioscoridc, etc., et même des écrivains tardifs, qui ne savent plus que très imparfaitement la langue littéraire, tels les historiens Grégoire de Tours, Frédégaire ou Jordanès. § 6. L'étude de la syntaxe latine aujourd'hui ne consiste plus à ériger en règle l'usage classique : celui-ci n'est qu'un moment dans l'histoire du latin, mais c'est un moment important. Cicéron et César, en effet, joignaient à leurs exigences de puristes un sentiment très sûr de la langue. « Le défaut peut-être le plus grand, disait Cicéron (de Or. i, 12), est de s'éloigner de la manière courante de s'exprimer ct du bon sens » : a uulgari génère orationis atque a consuetudine communis sensus abhorr'ere. Beaucoup plus jirtificiels sont les poètes, et aussi les prosateurs raffinés comme Salluste, Tacite ou Pline le Jeune, fortement préoccupés de style et recourant aux archaïsmes, aux héllénismes, aux constructions rares ou factices. Tite-Live, qui est parfois considéré comme un troisième classique, est en réalité plus près de ces derniers auteurs que de Cicéron. La langue poétique se fixe après Virgile et varie très peu jusqu'à Claudien.
PREMIÈRE PARTIE
CAS ET PRÉPOSITIONS
CHAPITRE
PREMIER
R Ô L E D E S CAS E T D E S P R É P O S I T I O N S NOMINATIF ET VOCATIF
§ 7. L a flexion e t s e s i n s u f f i s a n c e s . — Le latin e x p r i m e la fonction d u n o m d a n s la p h r a s e a u moyen de cas, et c h a c u n d ' e u x représente un ensemble de n o t i o n s ou d e relations s é m a n t i q u e s , associées à des c a r a c t é r i s t i q u e s morphologiques. Celles-ci, se t r o u v a n t en fin de m o t , ont reçu le nom de désinences (lat. desinere « cesser, finir »). Les c h a n g e m e n t s de forme n u e le n o m subit ainsi, c o n s t i t u e n t sa llexion : lat. fleeter e « courber, fléchir, d é t o u r n e r d ' u n e direction >., d ' o ù « changer ». Le mot cas (lat. casus, de cado) —. adaptation du gr. πτώσις, cf. πίπτειν « tomber » — évoque l'idée d'une « chute ». Il semble que, pour les Anciens, il y ait eu comparaison implicite avec un objet, un stylet, par exemple, qui se fixe en t o m b a n t dans le sol. Λ la position verticale correspondait le nominatif : casus rectus, πτωσις ορθή; cf. Priscien, G. L. K. II, 184, 1 sqq. : nominaliuus... siue rectus... casus appellatur, ut stilum quoque , manu cadcntem rectum cecidisse possumus dicere. Les autres cas étaient des positions plus ou moins éloignées de la verticale : casus obliqui, πτώσεις πλάγιαι. Le vocatif — d e n i é m e q u ' u n appel reste en dehors de la phrase — avait été t o u t d'abord laissé hors de la série des cas. Mais il fut rattaché ensuite au nominatif; e t ' t o u s deux formèrent le groupe des casus recti opposé à celui des casus obliqui. Cette distinction peut être maintenue : les casus recti ne font jamais office (le complément, alors que c'est le propre des casus obliqui. Barwick, Gnom. I X (1933), 59° S( M· '• Niedermann, Emer. X I V (1946), 397-398. § 8. L e l a t i n possède u n ensemble de six cas. L'instrumental et
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CAS ET PRÉPOSITIONS
le locatif, qui subsistent en sanscrit, en lituanien et en slave, ont été — sauf pour quelques restes fragmentaires du second (belli, domi, etc.) — fondus avec l'ablatif proprement dit. La fusion (ou syncrétisme) des cas est un trait général des langues i.-e. Le grec a même éliminé tout ablatif. Dans le latin d'époque historique, on peut considérer que le nominatif est le cas du sujet ; le vocatif, celui de l'appel ; l'accusatif, celui du complément direct d'objet ; le génitif, celui du complément déterminatif de nom ; le datif, celui du complément indirect d'objet ; l'ablatif, celui des compléments circonstanciels. Ce classement, quelque peu extérieur, correspond plutôt à une tendance, effective certes, mais récente. Sur plus d'un point, on entrevoit des fonctions casucllcs sensiblement différentes, appartenant à un stade antérieur et qui peuvent encore se traduire par des emplois assez importants. § 9. D'un autre coté, le passage du latin aux langues romanes a été marqué par une forte réduction du nombre des cas. En latin même des empiétements s'observent de l'un sur l'autre. L'ablatif exprimait la distance et la durée concurremment avec l'accusatif. Le génitif dit de qualité (uir magni ingenii) se développait à côté de l'ablatif de même nom. Le datif dans est patri meo domus alternait avec le génitif de possession, dans it clamor caelo avec l'accusatif de mouvement, dans eripere alicui avec l'ablatif de séparation. Même le nominatif ct l'accusatif avaient des points de contact : jabulael et nugasl (§ 30), magnam partem et magna pars (§ 16G). II y avait aussi des confusions de formes : au pluriel, entre, le datif ct l'ablatif à toutes les déclinaisons ; au singulier, entre le génitif et le datif à la i r e (rosac) et à la 5 e (diei), entre le datif et l'ablatif à la 2 e (domino). A la 3 e , l'ablatif sg. des thèmes en -i- n'est distingué que partiellement du datif : aure et auri, mais cubili, forti pour les deux cas ; avec les participes présents le flottement provient de ce que l'ablatif a lui-même les deux désinences -e et -i (ardente et ardenti). Aux thèmes consonantiqucs, la désinence -i- s'étendait à l'ablatif des adjectifs du type inops, parfois aussi chez les poètes à des substantifs : silict, au lieu de silice. Enfin, pour les neutres du type templum
REMARQUES D'ENSEMBLE
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et du type cubilc, la flexion se réduisait pratiquement à trois cas : nom.-acc. ; gén. ; dat.-ablatif. § 10. Dans la langue parlée, ramuïssement de -m final — déjà courant à Pompéi (i e r siècle ap. J.-C.) — rapprochait l'accusatif arbore(m) de l'ablatif arbore. L'accent tonique placé sur la pénultième ou l'antépénultième donnait une débilité particulière à la syllabe finale. A basse époque, les confusions de timbre ne permettaient-plus de distinguer les désinences -ï et -e, -is et -is à la 3 e déclinaison, ni non pïus l'accusatif dominu(m) et le dat.-ablatif domino à la 2 e . Une lente dégradation — jointe à l'usage croissant des prépositions — conduisait la déclinaison latine vers la déclinaison à deux cas (cas sujet et cas régime), qui fut d'abord celle des langues romanes et qu'elles perdirent ensuite. Cet appauvrissement s'est accompagné de la tendance à marquer la fonction syntaxique des noms par leur ordre dans la phrase ; et à la liberté ancienne s'est peu à peu substituée la' construction plus rigide de la phrase dans les langues romanes, où la place du mot joue le rôle que tenait le cas en latin : celui-ci pouvait dire Petrus Paulüm ferit, Paulum Petrus ferit, Paulum ferit Petrus, etc. ; le français moderne, pour exprimer la même idée, n'a plus qu'une seule construction : Pierre (cas sujet) frappe Paul (cas régime). La tendance vers cette fixation s'observe déjà dans les textes de langue vulgaire ou tardive : item ostenderunt locum ubi filii Israhel habuerunt concupiscentiam escarum (Peregr. Aeth. 5, 7). § 11. Prépositions et c a s . — Anciennement, des particules ou jidverbes autonomes précisaient la relation exprimée par la forme casuelle : Horn., //. ι, 439 : έκ U Χρυσές νηί>ς βη « dehors, Chryséis, du navire s'en alla », c'est-à-dire « Chryséis sortit du navire ». Peu à peu, à cause de leur caractère accessoire, ces petits mots se placèrent devant le verbe comme préverbes : ad-fèro, ex-eo, in-pôno, sub-milto, ou devant le nom comme prépositions : ad eum, ex urbe, in urbe et, in urbem, sub montem et sub monte. Étant employées plus spécialement avec tel ou tel cas qui convenait à leur sens, les prépositions parurent le « gou-
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CAS ET PRÉPOSITIONS
vcrncr »; ct, en même temps, la forme casuelle, qu'à l'origine elles accompagnaient, devint un complément « régi » par elles. La plupart des prépositions latines se sont fixées avec un seul cas : l'accusatif ou l'ablatif. Quelques-unes cependant, par un reste de l'autonomie première, se construisent encore suivant le sens avec ces deux cas : in, sub, super, etc. ; en grec, έπί, παρά, περί, πράς, υπό en admettent même trois : l'accusatif, le génitif et le datif. La construction de causa, gratia, etc. avec le génitif a un caractère différent et s'explique par l'origine nominale de ces formes. i\ '·.·-- •·' ••···•·• " ' ' '' : § 12. Les prépositions étaient appelées à recueillir le rôle qui échappait à la flexion,du fait de ses insuffisances. Au terme de l'évolution, elles l'ont même supplantée, en français par exemple, comme en anglais. Le latin est à un stade intermédiaire. Seuls l'accusatif et l'ablatif, c'est-à-dire deux cas exprimant essentiellement des relations concrètes (spatiales ou temporelles), qu'il convenait de préciser, sont accompagnés de prépositions. Au contraire, le génitif ct le datif, cas abstraits — ainsi, du reste, que l'ablatif et l'accusatif dans celles de leurs fonctions qui ont ce caractère —- échappent à l'emploi prépositionnel. On dit avec préposition : eo in urbem « je vais à la ville » ; uenio ex urbe « je viens de la ville » ; per fines contenait « il se dirigea à travers le territoire » ; ambulare cum amico « se promener avec un ami » — mais sans préposition : liber Petri « le livre de Pierre »; do librum amico « je donne un livre à un ami » ; ferire gladio « frapper avec une épée » ; epislulam scribo « j'écris une lettre » ; maerore conficior « je suis accablé de chagrin ». § 13. Néanmoins, l'évolution commencée se poursuivait. Il n'y avait pas toujours de rehil ion sémantique entre le cas et les prépositions utilisées. Beaucoup d'entre elles se construisent avec l'accusatif et n'expriment pas nécessairement une idée de mouvement : esse ad portas, stare ante urbem. Même apud ct penes s'emploient surtout auprès de verbes de repos. Parmi les prépositions signifiant « avant », ante veut l'accusatif, prae et pro appellent l'ablatif, sans que la raison de cette différence soit perceptible à l'époque historique. Celles, d'autre part
LE NOMINATIF
II
qui sont munies du suffixe -ter(o)- (inter, praeter, propter, subter, contra, intra, ultra) « régissent » l'accusatif seul, sans doute parce qu'une liaison tout extérieure s'était établie entre ce cas et le type morphologique en question ; il en résulte que praeter se construit autrement que prae dont il est formé. La préposition finissait,ainsi par marquer plus que le cas lui-même la fonction du nom dans la phrase. L'élément flexionnel subsistait; mais il tendait à devenir un signe superflu, dont il serait facile de se passer, lorsque les désinences, sous l'effet d'actions analogiques et J phonétiques, se seraient Confondues ou effacées. ' ' -''·*" Enfin, la préposition gagnait les cas abstraits eux-mêmes : des tours comme dare ad aliquem « donner à quelqu'un » ou dimidium de praeda « la moitié du butin » — bien qu'évités en général par la langue littéraire — apparaissent cependant de bonne heure.
Le nominatif § 11. Le nominatif ou nominatiuus casus (ή ονομαστική πτώσις), qui n'a une expression morphologique distincte de l'accusatif qu'au ''/" genre animé, fut sans doute d'abord le cas de l'agent ; cf. J. Perret, R. É. L., 35 [1957], p. 152 sq. En latin, il désigne essentiellement le sujet en général. Mais c'est aussi le cas du nom (nomen) considéré en lui-même. Ainsi, dans les titres : le Cato Maior, YOrâtor de Cicéron, YHannibal de Cornélius Népos, en concurrence avec de -f- abl. (de Oratore, de Re publica) ; dans les enumerations : Cic, de Or. 1, 114 : quid de Ulis dicam quae... cum ipso homine nascuntur : linguae solutïo, uoeis sonus, latcra, uircs? ; dans les phrases nominales : Cic, Sest. 74 : clamor soutins, querelae, preecs, soccr ad pedes abieclus (cf. § 171), où il tient lieu d'énoncé; dans les exclamations (nom. exclamatif), où il alterne avec l'accusatif (§ 30) : fabulac! « fables ! », nugaef « plaisanteries ! ». Cette fonction permettait au nominatif de suppléer le vocatif, voire de s'y substituer : 0 festus dies! (Ter., Eu. 560) ; 0 frustra suscepti labores! (Cic, Mi. 94) ; cf. §17. ' ' "'";
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CAS ET PRÉPOSITIONS
Dans les titres,, Je nominatif alterne avec de -f abl. Ce dernier tour parait désigner plutôt le sujet traité : de Legibus, de Natura Rerum, de Re Publica. Le nominatif indique.le protagoniste. de„l'œuvre : Brutus, Calo Maior, ou l'objet décrit, être animé ou chose : Orator', Ibis, Culex, 'Coma Berenicis. Le de Oratore est un traité de discussion, VOralor un exposé, fait par l'auteur lui-même, de l'idée qu'il se fait de l'orateur. Aussi certains titres peuvent-ils réunir les deux tournures : Calo Maior de Seneclute, Laelius de Amicitia. § 16. Le nominatif était ainsi une sorte de cas-zéro, auquel se mettait tout substantif qui se trouvait isolé dans la phrase par rupture de construction. La prose littéraire, soucieuse de régularité grammaticale, offre peu d'exemples de ce genre ; mais ils ne sont pas rares en dehors d'elle. A) Un nominatif se trouve, par anacoluthe, en suspens au début de la phrase (nominaliuus pendens), tout en indiquant, à la manière d'un sujet effectif, de qui ou de quoi il va être question par la suite. Au vieux latin appartiennent des passages comme ; PI., Poe. 659 : tu> si te di amant, agere luam rem occasiost « toi, si les dieux t'aiment, c'est le moment de faire ton affaire » ; Caton, Or. fr. 18 (Jordan, p. 47) : serui, ancillae, si quis eorum sub centône crepuit, quod ego non sensi, nullum mihi uitium facit « esclaves, servantes, si quelqu'un d'eux a pété sous son vêtement sans que je m'en aperçoive, il ne me fait aucun tort » ; cf. Caton, Agr. 34, 2 : ager rubricosus..., ibi lupinum bonum fut. Cet emploi expressif, bien que rare, ne s'est jamais perdu : Lucr. 1, 455 9<19.- : seruitium contra, paupertas diuitiaeque, || liberlas, bellum, concordia... \\ ... || haec soliti sumus... euenta uoeare « la servitude, au contraire, la pauvreté, les richesses, la liberté... nous avons coutume d'appeler cela des accidents »; Pétr. 37, 9 : familia uero — babae babael — non mehercules puto decumam partem esse qua« dominum suum noutrit i « quant à ses gens, — oh là là I — je crois par Hercule qu'il n'y en a pas le dixième qui connaisse son mattrc ». Cf. Christ. Mohrmann, Gl. XXI (1933). 20 nqq. Ces tournures préparaient le nominatif absolu, c'est-à-dire un nominatif employé, comme l'ablatif de même nom, avec la valeur d'une Lprepgjitjcji_autonome. Cet emploi est annoncé en vieux latin : Calp. Pis. 27 (Peter I, p. 132) : A» contemnentes eum, assurgere ei nemo uoluit
LE NOMINATIF I3 •A-.- • •'• ' i, • " ' . ' • ; / • . . . '. « dans leur mépris, aucun d'eux ne voulut se lever au-devant de lui ».. Mais le nominatif absolu ne prend une certaine extension qu'à basse' époque,: Peregr. Aeth. ιυ, 7 : benedicens nos episcopus, profecti sumus 0 révoque nous donnant sa bénédiction, nous partîmes » ; également C. E. 2103, 8 (vi e siècle) ; Grég. T., / / . F. 2, 21 (munilus) ; etc. § 16. B) Nominatif « dénominatif ». Un n o m (généralement n o m propre) s e r v a n t de dénomination et cité p o u r lui-même est parfois laissé au nominatif, alors que la construction g r a m m a t i c a l e stricte exigerait un a u t r e cas : Cl. Q u a d r i g . 12 (Peter I, p . 212) : cognomen habuit Continus « il eut le s u r n o m de Corvinus » ( = Coruinum) ; Prop. 1, 18, 31 : resonent mihi Cynthiä siluae « q u e les forêts résonnent : e s (du n o m de) Cynthie » ; Ον., M. 1, 168-9 ' uia...; || lactea nomen habet « il est une voie, elle a le n o m de lactée » (--Jacleam) ; cf. ibid. 15, 96 ; Vu lg., Marc 3. 16 : imposait Simoni nomen Petrus « à Simon il d o n n a le n o m de Pierre » ( — Petrum). C'est l'extension abusive de cette construction qui explique le nominatif d u qualificatif d a n s Peregr. Aeth. 1, 2 : per ualle(m) illa(m) quam dixi ingens (Löfstedt, Komm., p . 50). Le m o l intéressé est en quelque sorte mis e n t r e « guillemets ». D a n s cet emploi,; le nominatif é t a i t la construction ancienne ; mais il fut habituellement remplacé p a r l'accusatif ou le datif d ' a t traction qui paraissaient plus réguliers (§§ 31 d, 163, 154). C) Apposition restant au nominatif. Dans la langue vulgaire, l'apposition, en raison de son faible lieri de dépendance, restait parfois au nominatif par manquement à l'accord en cas : C. I. L. VI, 10052 : uicit Scorpus equis his : Pegasus, Elates, Andraemo, Cotynus « Scorpus a été vainqueur avec les chevaux suivants : Pégase, Elates, etc. » ; Tab. Defix. 270, 11-12 (Audolleiil) : ... anima cl cor uratur Sextili, Dionysiac filius... 0 que brûlent l'âme et le coeur de Sextilius, fils de Dionysia » (ibid. 20-21). Cf. C. / . L. VI, 32H3 (hères); XII, 2246 (inlerceptus); etc. Rapprocher aussi la remarque de \'Appendix Probi n. 134 : uico capitis Africae, non uico caput Africae « rue de la capitale d'Afrique, et non rue capitale d'Afrique ". Note I. — L'indépendance du nom au nominatif explique que certains adjectifs aient pu se fixer de bonne heure à ce, cas dans l'emploi prépositionnel ou adverbial. Ainsi, aduersus,'prorsus (de *prouorsus), rursus (de *reuorsus), alternant avec aduersum, prorsum, rursum, par exemple
'•I
CAS ET PREPOSITIONS h partir.d'une phrase comme aduersus uenit « il vint tourné vers », d'où «'en'face » ; de même, deinceps ; peut-être Irans et mordicus. légalement, uerum, conjonction adversative (§ 4H0), tout d'abord « (c'est) chose vraie », d'où « en vérité ». Note II. -- Ou ne saurait rattacher a u x laits précédents une construction du type : \,\\i. 33, 35, ι : decern legati... ad liberandas suae quisque regionis ciuitatcs disccsserunl « dix envoyés partirent pour libérer chacun les cités de leur région » ; car le nominatif (quisque), malgré l'enclave, se r a t t a c h e au sujet du verbe (legati), sans qu'il y ait rupture de construction ; cf. Liv. 39, 49, 3 (ipse) ; 41, 10, 13 (adueniens).
Le vocatif § 17. Le vocatif — uocaliuus casus, ή κλητική (προσαγορευτική) πτώσις — est le cas de la personne interpellé«. De m ê m e qu un appel é c h a p p e a u c o n t e x t e de la p h r a s e , de m ê m e le vocatif se t r o u v a i t en dehors de la flexion. Sa forme était celle d u t h è m e r i u (gr. κοϋρε, lat. domine) c o m m e l'impératif, ou de la racine au degré réduit (gr. πάτερ). Isolé d a n s la déclinaison, il devait: dispar a î t r e , remplacé p a r le nominatif. E n l a t i n , seuls les t h è m e s en -o- j-ed c genre a n i m é ont a u singulier un vocatif distinct. E t encore faut-il excepter p a r m i eux les n o m s d u t y p e ager, où, à p a r t quelques exemples de la forme pucre (PI., Lucil.), le vocatif est d e v e n u semblable a u nominatif. De plus, deus et populus n ' a v a i e n t p a s d e vocatif ; celui d e meus é t a i t mi (voir E r n o u t , Morph., § 27, 150)§ 18. Les formes dee et mec étaient phonétiquement impossibles. Dee apparaît dans le latin chrétien d'après le gr. θεέ, qui était lui-même une création tardive faite d'après l'hébreu. A côté de mi, le nominatif meus en fonction de vocatif n'est pas inconnu de la vieille langue, son emploi entraînant, également au nominatif le substantif auquel il se rapportait : PI., As. t>0,j : da, meus ocellus, mea rosa, mi anime... ; de meine : oculus meus (I'I., Aie. 311), meus fmllus passer (PL, Cas. 13H). Comme populus, "λαός en grec n'avait pas de vocatif; l'ancienneté du fait est confirmée par la formule que rapporte Titc-Livc : 1, 24, 7 : audi, inquit, luppiter ; audi, paler pairate papxdi Albani ; audi lu, populus Albanus. Voir I^ifstcdt, Synt. I1, p. 92 sqq. L'emploi abusif du nominatif pour des noms de 2 e déclinaison possé-
LE VOCATIF
15
dant un vocatif n'est pas d'ailleurs sans exemples, notamment en poésie : Vg., En. n , 464-5 : ·.- eqnUem, Mcssapus... \\ et cum fratre Coras,, latis diffundïte campis « Mcssapus et toi, Coras, avec ton frère, déployez la cavalerie » : recherche d'expression, influence du second terme (Coras) "dépourvu de vocatif? : La particule_£, en v. latin et dans la prose classique, donnait, comme encore en grec homérique, 'un caractère affectif ou pathétique à l'expression : Ter., An. 783 : o Chrême, per lempus adiienisl « ô Chrêmes, tu arrives à point ! » ; Cic, Fa. 10, 26, 2 : o mi Furnil « 6 mon cher Furnius ! ». Mais cette particule, en partie sous, l'influence du grec attique, où & était devenu couiant ct banal, fut ensuite souvent employée sans ' nuance spéciale, surtout chez les poètes :r Vg.(. ^ , 2 , 54 : et uos, 0 lauri, carpam et te, proxima myrte! « et je vous cueillerai, lauriers, et toi, myrte voisin ! ». ' § 19. L'adjectif adjoint à un nom au vocatif ne fait pas partie de l'appel. Aussi étnit-il nnciennement laissé au nominatif comme dans Horn., //. 4, 1S9 : φίλο; ώ Μενέλαε « Ménélas, mon a m i ! ». Avec le développement de l'accord!grammatical, cette discordance paraissant choquante, le qualificatif se mit d'ordinaire au vocatif : PI., Poe. 798 : quid nunc, sceleste ïeno? « et maintenant, scélérat: de leno? »; Cic, Arch. 24 : 0 fortunate... adulescens! « ô heureux jeune homme! » ; — même quand le lien était assez lache et qu'il s'agissait d'une véritable apposition : Hör., Od. 2, 7, 5 : Pomp'ci, meorum prime sodalium! « Pompeius, toi le premier de mes compagnons ! » ; Ép. 1 , 1 , 1 sqq. : prima dicte mihi, summa dicende Camena..., Maecenas! « toi que j ' a i nommé avec les premiers accents de ma Muse et que devront nommer les derniers, Mécène ! » ; etc. Dans ce dernier cas, cependant, quelques exemples du nominatif subsistent : Vg., En. 1, 664 : noie, meae uircs, mea magna potentia solus « mon fils, à toi seul ma force et ma toute-puissance »; Plin., Nat. 7, 117 : salue, primus omnium parens patriae appellate « salut, ô toi qui le premier as étç appelé père de la patrie ». Solus et primus étant simplement apposés, le nominatif se. trouvait plus conforme au sens. Cf. Juv. 4, 23-24 : ... tut \\ succinctus pairia quondam, Crispine, papyro « toi, Crispinus, jadis vêtu du papyrus de tes pères », et aussi Accius 240/2 (Ribb.), Aug., Conf. 1, 4, 4, avec alternance du nominatif et du vocatif. Les prosateurs classiques
If)
CAS tCT PRÉPOSITIONS
emploient Ια lus...
])lutôt u n e p r o p o s i t i o n r e l a t i v e : o lit qui primus
es
appel-
!
§ 30. Il a r r i v a i t en grec q u ' u n v o c a t i f fit p a r a t t r a c t i o n p a s s e r à ce c a s un adjectif a t t r i b u t en c o n t a c t avec, lui d a n s la p h r a s e , m a i s q u i en é t a i t g r a m m a t i c a l e m e n t i n d é p e n d a n t : T h é o c r . 17, 66 : δλβιε, κώρε, •févoio'« p u i s s e s - t u , e n f a n t , ê t r e h e u r e u x ! » ( = ίλβιος) ; cf. J . H u m b e r t , Synl. gr., § (K). C e t t e a t t r a c t i o n d e c a r a c t è r e artificiel fut i m i t é e p a r q u e l q u e s p o è t e s l a t i n s : C a t u l . 77, 1 : Rufe, mihi frustra ne nequlquam crédite amirr ! « R u i n s , toi q u e j ' a i v a i n e m e n t et i n u t i l e m e n t ; c r u m o n a m i ! » ; P r o p . 2, 15, 2 : leclule, delictis facte bcnte_mcis ! « p e t i t lit, r e n d u h e u r e u x p a r m e s d é l i r e s ! » ; Vg., 7?«. 2, 282-3 :-qnibus, Hector, ab oris, || exspectatc ueni s? « d e q u e l s r i v a g e s , H e c t o r , v i e n s - t u si a t t e n d u ? »; cf. ibid. 10, 327 ; P e r s e 1, 123 ; Octauia 31 ; e t c . L e n o m a u v o c a l i l n ' é t a i t m ê m e p a s t o u j o u r s e x p r i m é : Vg., En. 10, 811 : quo morilurc ruis? « p o u r q u o i c o u r s - t u ;i la m o r t ? », et m ê m e p a r e x t e n s i o n : T i b . 1, 7, 53 : sic uenias hodierne ! « puisses-tu v e n i r a u j o u r d ' h u i ! ». On a e x p l i q u é p a r u n e a s s i m i l a t i o n <\c ce g e n r e l'emploi d e made d a n s d e s p h r a s e s c o m m e made uirlulc esto ; made noua uirtulc, puer, Vg.. En. q, <5.| 1. Mais l ' é l y m o l o g i c d e marie e s t t r o p o b s c u r e p o u r q u ' o n puisse rien .ΊίΓιπηιτ; voir K r n o u t - M c i l l e t , Diet, étym., s, u.
CHAPITRE
II
L'ACCUSATIF
§ 21. L'accusatif (accnsatiuus casus) est par excellence le cas du complément, direct d'objet : urbem statua, epislulam scribo, et les verbes qui se construisent avec un régime à l'accusatif sont dits transitifs, parce qu'ils font « passer » (Int. Iransire) l'action du sujet sur l'objet. Toutefois, avant celte spécialisation relativement récente, l'accusatif semble avoir eu la fonction plus large de caractériser sous son aspect le plus immédiat l'acl ualisation du procès, s Opposant ainsi aux autres cas obliques, qui désignent des aspects plus éloignés, de cette même actualisation. Il ne s'appliquait pas seulement à l'objet dans lequel le procès se réalise (urbem statua), mais tout aussi bien au terme du mouvement si tel était le sens du verbe (eo Romam), à,une indication d'étendue spatiale ou temporelle (tria mi lia recessit, très annos regnamt), à une qualification (clamare mains, uiuere uilam lutiorem). A ce stade, le complément d'objet se présente plutôt comme une détermination apposée : urbem stalno « j'effectue l'acte de construire quant à une ville » ; de même, auprès d'un verbe intransitif, id gaudco « je me réjouis quant à cela », tour qui subsiste encore à côté de gaudco de rc. Du point de vue morphologique, l'accusatif était la forme la plus indéfinie du nom. Cela explique son aptitude à se confondre et roi lenient avec l'énoncé verbal et à en devenir partie intégrante. Cela peut aussi expliquer que, sur un autre'plan, certains de ses emplois se rapprochent du nominatif entendu comme cas du nom (§§ 14 et 31). Cf. J.; Perret, 7?. É. L., 35 [1957], p . 152 sq. Note.— Le tenue (l'accusatif est impropre. Les grammairiens latins, en ^rendant jinr aecusäliuus casus lc.gr. ή ïit'.arixr, irrwijif, rattachaient
iM
CAS HT PRÉPOSITIONS l'adjectif αίτιατί'/.όζ ;ui verbe αίτιόοΟοκ o accuser », alors qu'il doit l'ôtrc h αιτία « la cause, ». L'accusatif est « le cas de ce qui est causé » ; et la traduction attendue par causatiuus casus, c.-à-d. le causatif, se rencontre, dii reste, quelquefois : cf. l'riscicn, G. L. K. II, 185, 25.
Accusatif complément d'objet direct § 22. L'accusatif comme complément d'objet direct eut une extension croissante, qui contribua pour beaucoup à en faire le cas régime unique des langues romanes. Il serait vain de dresser une liste de tous les verbes transitifs. Du reste, la distinction entre transitifs et intransitifs n'est pas fondamentale : elle dépend souvent de l'emploi qui est fait du verbe et du sens qu'on lui fait exprimer (infra, § 232). On insistera seulement sur quelques points. § 23. Nombre de verbes d'état ou de sentiment et, d'une manière générale, de verbes considérés comme intransitifs reçoivent dès l'époque ancienne ou au cours du latin un accusatif d'objet direct : Spcrare « espérer une chose » (uictoriam, C i c , Ph. 12, 10) et desperare « perdre l'espoir de qqe chose » (honorem, C i c , Mu. 43) ; dolere « déplorer qqc chose » (casum, C i c , Sest. 145) ; flere, lug'ere aliquem « rfteurer qqn » (PI., Cic. ; etc.) ; lamcntari, qtteri rem (Cic, Tu. 5, 112 ; Ces., B. G. 1, 3g, ,/() « se lamenter sur, se plaindre d'une chose » ; horrere « redouter qqe chose » (dolorem, C i c , Tu. 5, 85) ; (ad-)mirari « admirer qqn ou qqe chose » ; ridêrc (deridere, irridere) aliquem « rire d e qqn, le railler » ; manière aliquem « attendre qqn » c.-à-d. « lui être réservé » en parlant d'une chose (PI., Liv., Vg. ; etc.), au lieu du datif § 78. L'accusatif se justifie p a r sa valeur première de détermination apposée au verbe : flere aliquem — « pleurer relativement à qqn ». Plus spécialement, hors de la. prose classique : ardêre aliquem (Vg., llor.) ou calerc (Prud.) ou poire (PI., Poe. 1095), de per ire (PI., Catul.) « a i m e r a r d e m m e n t qqn », d'après amare, deamarc ; sluperc aliquem (Vg., Mart.) « voir avec admiration », d'après mirayi ; latere aliquem (Vg., En. 1, 130; etc.) « échapper à qqn », d'après λανΟάνειν' τινά ; freta nature (Vg.) « traverser les flots à-'la "nage »; cf. Cic, Fi. 2, 112 : maria ambulare, terrant nauigare (passage poétique) ; currerc déquor (Vg.), d'après percurrere, d'où erralas dicere terras (Ον., /·". 4, 573) « dire les terres par courues à l'aventure »; triumphalus (Vg., Ο ν . ) ; triumphari (Tac), puis
ACCUSATIF D ' O I î J K T
ig
triumphare aliquem (bas-latin) « triompher de qqn », d'après superare et uincere. y.1·, < , ,••, Même les inchoatifs étaient^gagnés : perhorresQere rem (Cic, Cat. 4, 16) « 'redouter, unp chose » ; exhorrescere (uultus, Vg., En. 7,· 2 6 5 ; cf. Liv. 8, 35, 11) ; contremisecre (iniurias, Sén., Ep. 65, 24) ; erubescere « respecter » (iura, Vg., En. 2, 541-2) et « rougir de » (euangèUum, Vulg., Rom. 1, 16). Voir D. Norbcrg, Synt. Forsch., p. 132 sqq. j § 24. Des impersonnels a v a i e n t u n accusatif d'objet : me fugit (fallu) « il m ' é c h a p p e » ; me decet, me dedecet « il m e sied, il n e m e sied p a s »j toutefois, mihi decet, p a r analogie avec mihi H bet ou licet, est a t t e s t é hors d e la p r o s e classique (PI., Am. 8 2 0 ; S a l . ; Sén; t r a g . ; F r o n t o n ; etc.). 1 Particulièrement archaïque est la construction transitive des impersonnels de sentiment,: mejniseret « j ' a i pitié » ; me paenitel « je me repehs » ; me pigel « je suis mécontent » ; me pudet « j ' a i honte i*; me taedet « je suis dégoûté ». Avec la valeur première de l'accusatif comme détermination, ces locutions signifiaient : « il y a en ce qui me concerne (me) pitié, repentir, mécontentement, honte, dégoût » ; et la cause du sentiment était j exprimée par un génitif de relation : alicuius rei « relativement à qqe j { chose ». La tournure personnelle s'introduisait du reste (§ 281). s 25. L'accusatif d'objet remplace dans certains cas un complément Indirect au datH. Ainsi, pour curare et uilare, qui o n t encore chez Plaute des restes de construction au datif, cf. Tri. 1057, Cu. 298. A côté de indulgere, mederi et parcere alicui, on voit a p p a r a î t r e indulgere et mederi aliquem ( (Tér., postclass.), parcere aliquem (PL, Lucr., Vg. ; etc.), sans doute d'après la double construction du type ignoscere alicui « pardonner à qqn » et ignoscere peccatum « pardonner une faute ». Seruire aliquem,, au lieu de alicui, se lit chez Turpilius, a u t e u r de mimes (Ribb. I I , 39) ; inseruire aliquem est déjà employé par Plaute. Plus tard : aliquem nocere (Vulg.; noceor, Vitr.), d'après laedere aliquem ct βλάπτειν τινά; malediccre aliquem (Pétr. 58, 13) « insulter qqn », [mis, dans le latin chrétien, « maudire qqn », comme benedicerc aliquem « bénir qqn » (Löfstcdt, Komm., p. 218). § 20. Ailleurs, l'accusatif d'objet se substitue il un complément il l'ublatlf. Carere rem se trouve, par influence du tour contraire habere rem, dès le v. latin (Ter., Eu. 223 ; Turpil. 32), et ensuite à d a t e tardive. L'analogie d e dare rem alicui amène interdicerc rem alicui (Caton, Suét., Fronton,
-
JO
CAS
KT
PROPOSITIONS
etc..) et sacrificarc deo hosliam (PI., Ον., etc.), au lieu de intcrdicere alicui >c (§ 107 a) et de sacrificarc deo hostia ({j. J15)., Auprès (les déponents frui (frunisci) « jouir de » ; /««£2 « s'acquitter de » ; poliri « être (se rendre) maître de » ; uti « user de » ; uesci « se nourrir de », la langue classique a généralisé l'ablatif comme plus conforme à leur sens : ablatif de séparation your fungi (§ 107 a), de moyen pour les autres |§ 115). Néanmoins, l'accusatif d'objet est signalé dès le v. latin : PI., Tri. ι : ut munus fungaris tuuin (prologue ppst-plautinien ?) ; 682 : qui abusus sum tau tarn rem patriam « moi qui ai gaspillé un tel patrimoine » (Lindsay, .S'ywi. of Plaulus, p. 29 ; Heimelt, Synl. of early Latin Π, pp. 211, 216, 217). l i t l'on en suit ultérieurement la tracé : Lucr. 3, 734 : fungi {mala), au sens de pâli; Sal., II. 3. 38 : uesci; Nep. 14, 1 , 2 : fungi; B. Afr. 36, 4 : poliri ; ' l a c , Agr. 28 : uesci, et A. 3, 2 : fungi ; également dicm ou uitam fungi (inscr., etc.) ; uti (Grom. Lai., p. 125, 10; etc.). L'existence d'un adjectif en -ndus pour la plupart de ces verbes facilitait leur emploi comme transitifs : uasa utenda rogarc (PI., Au. 96) ·' demander des ustensiles à emprunter », m. à m. « pour être utilisés »; ager fruendus datus est (C. l. L. I2, 585, 31) « une terre a été (humée en jouissance ». De plus, frui. subissait l'influence de habere et surtout de possiderc, auquel il est souvent uni dans les textes juridiques, uesci celle de edere (esse) « manger », poliri celle de adipisci et de assequi. Mais le détail des faits n'est pas toujours cohérent, lin v. latin, l'accusatif paraît avoir été la seule construction de fungi ; au contraire, pour uti, il ne se trouve clic/ Piaule avec un substantif que dans trois passages : Ep. 263, Poe. 1088, Ru. 124]. partout ailleurs avec un pronom neutre qui peut s'expliquer comme marquant la relation (§ 36). E t cependant le même auteur n'emploie jamais le composé abuti qu'avec l'accusatif (d'après àdhibere, cousuinere?). § 27. Inllucnce de la composition. Des verbes intransitifs ont des composés transitifs : adiré aliquem « aller trouver qqn » en face de ire '< aller ». D'ordinaire, le préverbe dans l'emploi prépositionnel se construit lui-même avec I'accus.ilif : alhx/ui aliquem « aborder qqn » ; c.ircnmire urbem « contourner wnc ville » ; inire itiam, rationem « s'engager dans une voie, une méthode » ; ubirc, occumbere mortem « succomber » ; percurrere itrbcs « parcourir des villes » ; practerire aliquem ou rem « passer à côté de qqn, négliger qqe chose » ; subire montent, iniuriam « gravir une montagne, subir un dommage » ; transcendere Alpes « franchir les Alpes » ; etc. Mais on trouve aussi — quoique plus rarement — des composés dont le préverbe régit comme préposition Tabla-
ACCUSATIF D'OBJET
21
tif : conuenire aliquem « rencontrer qqn », en face de uenire ; de même : egredi muniliones (Ces., B. C. 3, 52, 1) « franchir les retranchements », et exire Urnen (Ter., lie. 378) « franchir le seuil ». Cette influence de la composition a pu s'exercer de deux manières : d'abord directement par le préverbe lorsqu'il est lié à l'accusatif : adiré aliquem = ire ad aliquem ; ensuite d'une manière indirecte : car, en plus de l'idée de mouvement qui souvent subsiste, la notion évoquée par le composé est celle d'un verbe transitif : par exemple, inire uiam ou suscipere negotium impliquaient l'idée d'un verbe « faire » (agere, facere aliquid). Aussi ce passage à la construction transitive a-t-il pu affecter des composés de préverbes appelant l'ablatif : egredi muniliones, exire limen, d'après superare (ripas) ou l'expression contraire intrare locum. § 28. Cet emploi transitif est presque constant pour les composés de circum-, praeter-, trans-. Pour les composés de ab- (rare), ad-, ante-, con-, de-, ex-, in-, inter- (rare), ob-, per-, prac-, sub-, sübter-, etc., il alterne à des degrés divers avcc_lc^ojrmléjment^prépositionnel : adiré cuTTaTiquem, congredi cum aliquo, et aussi avec le datif plus fréquent : instare hosles (Ncp. 15, 9, 1) et instare hosti (Liv. 2, 65, 2). Les poètes et les prosateurs stylistes (Sal., Liv., T a c , etc.) o n t beaucoup accru le nombre des composés ainsi construits : accedere, allabi, aduehi, aduolui, incedere, iricurrere, innare, superemincre, etc. P a r m i ceux d o n t le préverbe gouvernait l'ablatif, on notera : decurrere laborem (Vg., G. 2, 39) « aller jusqu'au bout de son labeur »·; exstare aliquem (Stace, 5 . 1, 2, 116) « surpasse^qqn », d'après superare. P a r contre-coup, l'accusatif était parfois entraîné auprès du verbe simple : currere aequor et perire aliquem (§ 28) ont été influencés par percurrere urbes, dépérir e aliquem ; de même, suadere aliquem (Tert., Apul., Arn.), d'après persuadere aliquem (Pétr. 46, 2 ; etc.). La construction transitive des composés s'est[ étendue même à ceux de ante- et de prae- signifiant «'l'emporter sur » : anlecedere, anlecellere, anteire, praecederc, pracenrrerc, praeslare, etc. Bien que leur sens abstrait appelât le datif (§ 78), l'accusatif, tout en restant plus rare, se rencontre auprès d'eux des la période républicaine : aliquem anteire (PI., Ps. 933 ; Cic, Dr. 229) ; aliquem anlecedere, praecedere, praeslare (Ces., B. G. 3, 8, 1 ; 1, i, 4 ; 8, 6, 2). Il devient fréquent chez Varron, Népos, Tite-Live, Tacite, etc. ; praeesse aliquem apparaît dans les textes tardifs (D. Norberg, Synt. Forsch., p . 137). I
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CAS ET PREPOSITIONS
Emplois particuliers de l'accusatif d'objet § 29. A c c u s a t i f c o m p l é m e n t d e n o m . — Anciennement, le substantif verbal d'un verbe transitif paraît avoir pu assez librement recevoir un accusatif d'objet. Cette construction a subsisté d a n s l'usage courant, sans avoir d'ailleurs u n e g r a n d e extension, p o u r le supin en -tum (§ 276) : Ces., B. G. i , n , 2 :' legatos ad Caesarem mitlunl auxilium rogalum « ils envoient u n e a m b a s s a d e à César p o u r lui dem a n d e r du secours ». La vieille langue présente encore quelques noms d'action en -tio avec un accusatif d'objet pour complément, toujours auprès de est exprimé : PI., Am. 519 : quid tibi hatte curatio est rem? « qu'as-tu à t ' o c c u p e r d e cette affaire? » ; cf. As. 920 ; Tru. 622-3 ; Enn., Se. 242. Les adjectifs en -bundus sont parfois construits transitivement, à l'imitation, scmble-t-il, du participe présent : Liv. 25, 13, 4 : uitabundus castra hostium « voulant éviter le camp des ennemis » (déjà Siscn., frg. 55 Peter) ; mais les prosateurs classiques ignorent ces tournures. Parfois l'accusatif était amené par conslruclio ad sensum, auprès d'une locution comprenant un substantif ou un adjectif verbal et équivalant pour le sens à un verbe transitif : quid mihi auclor es? (PI., Cic, etc.) « que me conseilles-tu? » ( = suades). Ainsi peuvent s'expliquer diverses constructions en v. latin : PI., Mo. 100 : gnarures nos uolo esse hanc rem « je veux que vous soyez au courant de cette affaire » ( = scire hanc rem) ; Mi. 1253 : amorc perdilast te misera « la malheureuse se meurt d'amour pour toi » (=r te dépérit), •— ou à basse époque : Grég. T., Conf. 17 : nomen erant ignari « ils ignoraient le nom » ( = ignorabanf) ; C. I. L. I X , 5167, 5 : cuius pietatem et dulciludinem memores parentes. La locution ancienne infitias ire -+- accus. « nier qqe chose » (PI., Men. 396), où l'on reconnaît la construction du « double accusatif » (§§ 47 sqq.), subissait aussi l'inlluencc de negare. § !10. A c c u s a t i f e x c l a m a t i f . — L'accusatif était c o u r a n t , c o m m e le nominatif, d a n s les exclamations : me miseruml « m a l h e u r e u x q u e je s u i s ! ». Souvent précédé d ' u n e particule : 0 istius nequitiam... sin· gularem! (Cic, Ver. 5, 92), em tibi hominem! (PL, As. 880) « voilà l ' h o m m e ! »; ecce me! (PI., Ci. 283) « m e v o i c i ! »; pro deum fidem! « b o n t é divine ! » ; pro deum atque hominum fidem! « p a r la b o n n e foi
ACCUSATIF EXCLAMATIF
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d e s dieux ct des h o m m e s ! » ; parfois aussi il était a c c o m p a g n é d e -ne interrogatif : Cic... Ver. 5, 62 : huncine hominem! hancine impudentiam, indices, hanc audaciam! Le verbe est à l'infinitif (§ 283). En v. latin, ecce, par coihbinaison avec divers accusatifs pronominaux, donnait les formes eccum, eccam, eccos, eccas, eccillum, eccillam, eccillud : PI., Au. 712 : altat eccum ipsumt « attention, \c voici en p e r s o n n e ! »; Mi. 1310 : eccos exeunt! « les voici, ils sortent ! » ; St. 536 : apud nos eccillam festinat... soror tua. Eccum s'était parfois figé à son t o u r comme adverbe ( = ecce) : PL, Ba. 611 : Mncsilochus eccum maestus progreditur foras; ct l'on connaît aussi une forme eccere (PI., Ter.), au sens de « bon I, voilà ! », peut-être issue de ecce + re(m) : PI., Men. 401-2 : eccere. || Peru misera « çà y est ! Misère de moi, je suis perdue !» ; cf. Am. 554. Également, ellum, ellam (— en ilium, -am) : PI., Ba. 938 ; Ter., Ad. 389. L'accusatif exclamatif sç r a t t a c h e à l'accusatif d'objet. Le fait est clair après cm, qui n'est autre que l'impératif em(é) de emere au sens ancien de « prendre », c.-à-d. « prends, tiens » ; et de cm l'accusatif avait pu s'étendre par analogie après ecce. La locution pro deum atque hominum fidem suppose l'ellipse d'un verbe transitif imploro « j'implore » ou obtestor « je prends à témoin ». En dehors de ces cas particuliers, il pouvait y avoir l'idée latente d'une constatation ou d'un jugement : me miseruml « (que je me trouve) malheureux I »; fortunatum Nicobuluml (PI., Ba. 455) « (voyez) l'heureux Nicobule ! » ; de même : nugast (se. dicis) « (tu dis là) des sornettes » ; le verbe dicendi est même exprimé d a n s PL, Ru. 1322 sqq. Dans l'emploi exclamatif, le nominatif avait concurrencé l'accusatif (cf. ci-dessus, § 14), même après une particule comme em : PL, Tri. 3 : em iliac sunt aedesl, cf. Ep. 488. Cicéron se sert concurremment des deux cas après em, mais toujours du nominatif après ecce et presque toujours aussi après en (sauf Ver. 1, 93 : en memoriam). Pour des puristes, l'accusatif, é t a n t le cas par excellence du régime direct, ne se comprenait plus aussi facilement dans ces tournures autonomes ; et en faveur du nominatif s'exerçait en même temps l'influence de son emploi en fonction de vocatif après la particule o : type 0 frustra suscepli labores! Néanmoins, l'accusatif exclamatif a subsisté t o u t au long du latin. La formule bene nos, bene te (PL, St. 709) «à notre santé, à la tienne », cf. Ον., /·'. 2, 637, implique de môme l'idée d'une forme verbale comme adiuuct. § 31. A c c u s a t i f e n f o n c t i o n d e n o m i n a t i f . — E n p a r t i e p e u t être p a r survivance, l'accusatif a v a i t c e r t a i n s emplois qui le r a p prochaient d u nominatif ou le m e t t a i e n t en r a p p o r t avec lui. L ' é t u d e des e x c l a m a t i o n s fournit déjà à cet égard l'exemple d ' u n e é q u i v a -
CAS KT PKKPOSITIONS
2.| l e n c e : η fnrlitnalos ο fortiimili
itimium...
mercatorcs!
agricolas!
( l l o r . , S.
(Vg., G. 2, 4 5 8 ) , en f a c e d e :
1, 1, 4 ) . L ' a c c u s a t i f se r e n c o n t r a i t
( r a i l l e u r s a v e c le n o m i n a t i f s u r d ' a u t r e s p o i n t s : a) D a n s les l o u i s i n t e r r o g a t i f s , c o m m e H o r . , S. 2, 7, 116 : unde mihi liipidem? « oil ' t r o u v e r ] u n e p i e r r e ? » (2, 5, 1 0 2 ) ; Ep. 1, 5, 12 : quo mihi for/unam. si. non conreditur uti? « q u e m ' i m p o r t e la f o r t u n e , s'il n e m ' e s t p a s p e r m i s d ' e n u s e r ? ». Le s u b s t a n t i f à l ' a c c u s a t i f é t a i t l ' o b j e t d i r e c t d ' u n v e r b e i m p l i c i t e q u i , d u r e s t e , e s t p a r f o i s e x p r i m é : P r o p , ι, 18, 5. b) En a p p o s i t i o n à u n e p h r a s e : C i c , Tu. 1, 102 : hoc diclo admoneor ut illiquid rliam de hnmalione... dicendum exislimem : rem non difficile»!, eu face d e : ibid. 1, 6=j : Ganymrd.cn ab dis raplum ait (Homerus) propter farmam... : non iustu causa cur... A u s s i , à b a s s e é p o q u e , la l o c u t i o n id est (hoc est) « 1·'est-à-dire » e s t - e l l e f r é q u e m m e n t s u i v i e d e l ' a c c u s a t i f : P s . A u g . , Qimrst. test. 10Γ., 3 : his ergo crealis simul substantias, hoc est aquam, Irnebras et terrain .Ί ι-ôté d u n o m i n a t i f : J o r d . , Get. ικ> : tritt nunc nniiiiiui cdideruut, id e.. 117 s q q . ; i t . p l u s b a u t , § 1(». r.) H o r s d e la l a n g u e l i t t é r a i r e , l ' a c c u s a t i f s ' i n t r o d u i t à c ô t é d u n o m i natif d a n s l e , e n u m e r a t i o n s t l ' é l r . î S , 15), d a n s l ' é n o n c é d e r e c e t t e s ( C a l o n , Agr. 1 ..· 1 ; A p i c . 4, -', o). F.t il a r r i v e (pie l ' a c c u s a t i f — comme· le n o m i n a l il (!·, |.">) reste en s u s p e n s : C. 1. !.. I V , 3525 : Puteolos, Anliuin, Ί egeaiw(.s), I'miiprms, hae sunt uerae c.oloniac « P o u / z o l e s , A n l i u m , Tegiam i i u . P o i n p r i . voilà île v r a i e s c o l o n i e s »; àlul. Chir. 526 : lolam curaliouem. Inter est. I). N'orbeig, ibid., p. 9 | s q q . d) R a p p o r t é e p a r un v e r b e dicendi, l ' e x c l a m a t i o n , q u i , eu e l l e - m ê m e , eût é t é a u n o m i n a t i f ou vocatif, e s t é n o n c é e à l'accusatif, q u i é q u i v a u t a l o r s à n o s g u i l l e m e t s : C i c , l'h. 2, 28 : Brutus... 'Ciceronein' noniinatim exclamant! « H r u t i i s . e x p r e s s é m e n t , s'écria ' C i c é r o n '.' ». § ;{"2. Accusatif absolu. — Les t o u r n u r e s p r é c é d e n t e s e x p l i q u e n t q u ' à b a s s e é p o q u e l'accusatif ail pu, c o m m e le n o m i n a t i f , f o u r n i r d e s c o n s t r u c t i o n s a u t o n o m e s , a n a l o g u e s à l'ablatif a b s o l u . D a n s c e t t e f o n c t i o n , l'accusatif, par s u i t e d e ses m u l t i p l e s ((infusions a v e c l'ablatif, est m ê m e plus l é p a u d i i q u e le n o m i n a t i f . I ,es e x e m p l e s d ' a c c u s a t i f a b s o l u s o n t p a r t i culièrement. Ii'équi'iits d i e / ( b é g u i n · île Tours e t J o r d a n è s . Ainsi, J o r d . , Rom. .550 : rrgina... nriniurm scientem subtcrfugil « sans que personne le s û t » ; d ' o ù , en a l t e r n a n c e a v e c l'ablatif : G r é g . T., /•/. F. 5, 43 : accepliim a nobis bimrdictioncm ptirgaloque pectore « a y a n t reçu v o t r e b é n é d i c t i o n . . . ». B o n n e t , p . 558 s q q . ; K r o l l , Gl. X I X (1931), 260 s q q .
ACCUSATIF DE QUALIFICATION
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§ 82 bis. Accusatif proieplique. — Auprès de verbes transitifs pourvus d'une proposition complétive, le sujet de celte dernière se trouve parfois exprimé, comme par anticipation, à l'accusatif, dans la principale, où il sert de complément d'objet au verbe de cette dernière : Ter., Eu. 610-1 : metuo fralrem \\ ne inlus sit; v. 657-8 : illum nescio \\ qui fuerit. Il s'agit, en réalité, d'un reste de construction appositionnclle qui plaçait côte à côte la détermination à l'accusatif et la proposition devenue ultérieurement, complétive : « je crains mon frère, qu'il ne soit dedans ; etc ». Cette tournure, à cause de son manque de rigueur grammaticale, est évitée par la langue littéraire, non exclusivement, toutefois, par ex. Cic. Tu. 1, 5 6 ; Ifor., Od. 1, 17, 24-25; 4, 14, 7-9. Mais elle s'est continuée dans la langue parlée : Bel. Afr. 16, 3 : tant me qui sait intellegcs. Elle n'est pas rare à basse époque, surtout chez les auteurs de langue vulgaire, s'appliquant même, parce qu'elle cessait d'être comprise, il des verbes intransitifs : Vit. pair. 3. 106 : oportet ergo mouachum ut semper lugeat.
Accusatif tic qualification, accusatif de relation, accusatif adverbial § 3 3 . Les constructions de ce groupe ne sont plus rpuc des survivances, souvent appuyées par le grec, où elles s'étaient mieux conservées. A c c u s a t i f d e q u a l i f i c a t i o n . — Sous sa forme la plus c o u r a n t e , l'accusatif de qualification est celui d ' u n substantif d é t e r m i n a n t un verbe intransitif de memo racine et d o n t il développe le contenu (accusatif d e la figure étymologique ou du contenu) : t y p e seruitutem scruirc (formule juridique) « être esclave ». D'ordinaire, un adjectif précise le substantif : PL, Ps. 524 : islam pugnam pugnabo « je livrerai ce c o m b a t » ; C i c , Fa. 5, 2, 7 : imam ucrissimum... iusiurandum « j ' a i juré le plus véridiqne des s e n n e u l s ». Mais il arrivait aussi que Je substantif, s a n s être de m ê m e racine. iûl simplement de m ê m e sens que le verbe;: longam... ire ttiam (Vg., En. 4, 467-8) « faire une longue r o u t e ». Ou bien encore, d é p o u r v u de tout r a p p o r t s é m a n t i d u e avec ce dernier, il constituait à lui seul une qualification : lapides loqui (PL, Au. 152) « dire (des paroles qui sont)
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CAS ET PREPOSITIONS
des pierres »; sangninem sitirc (Cic, Ph. 5, 20) « avoir soif de sang ·•, à côté de l'ablatif inslr. pluere sanguine, cf. plus bas, § 115. Avec les verbes de saveur ou d'odorat : sapil hircuin (PL, Ps. 73/-<S) « il sent le bouc »; oralioucs... redolcntcs... anliquilatcm (Cic, Br. S2) « des discours qui exhalent un parfum d'antiquité »; etc. § il-t. Par analogie avec l'accusatif d'objet, il y avait parfois transposition du tour au passif : PL, Men. 989 : depugnato proelio » le combat ayant été livré » (Catul. 37, 13); Vg., En. 3, 13-14 : terra... regnata l.vcurgo « terre sur laquelle régna Lycurgne », — rarement, dans la prose classique . C i c . Mu. 34 : ill a (pngna) summa conlenlione pugnala. L'accusatif de la ligure étymologique ou du contenu appartient ponr IOrigine au vieux fonds de la langue, ainsi qu'il résulte de sa présence eu diverses formules un vocabulaire juridique, religieux ou technique (/<><sam foderc, indicium iudicare, noxam noccre, preecs precari, sectam sequi, uota uouerr, etc.) ou dans une expression de type courant, telle «pie sapil hircum ; et il n'a jamais disparu entièrement, même à époque tardive. Les prosateurs classiques s'en sont détournés dans une certaine mesure, peut-être parce que l'accusatif dans ce tour paraissait éloigné de sa fonction habituelle. Par imitation du grec, 011 la construction était demeurée plus vivante, ont été créées, surtout en poésie, beaucoup d'expressions, qui sont des héllénismes en tant qu'elles calquent des locutions de l'autre langue ; mais la tendance à laquelle elles se rattachent est ancienne eu latin : Olympia uinrere (K1111., A. 374) « vaincre aux Jeux Olympiques >·. d'après 'Ολύμπια νικαν ; stadium currere (Cic, Of. 3, 42) « faire la course du stade », d'après στάδιον τρέχειν ; coroniiri Olympia (Hor., Ep. 1,1. ίο) « recevoir la couronne des Jeux Olympiques », d'après στεφανώσασθαι ~i 'Ολύμπια ; resonarc... Amaryllida (Vg., B. 1,5)« redire le nom d'Amaryllis », comme Anacréon 1 , 4 : "Ερωτα... ήχεΐ. De même : saltare Cyclopa (Hor., 5 . j , 5, 63) « danser la danse du Cyclope » ; sudare elertra (Vg., B. 8. 51) « exsuder l'ambre », cf. B. 4, 30 ; pedibus plaudere choreas (Vg., En. 6. '»44) n mener des chœurs en frappant du pied, c'est-à-dire en cadence-». § il"). L'accusât il de qualification était parfois un iidjeclif neutre : exclamare mains (Cic, Tu. 1, 56) « crier fort » (comparatif intensif. § IW.'t), ou encore pnclis fiingue i/uiddani sonanlibns atque peregrinum (Cic, Arch. 20) « pour des poètes à l'accent empâté et étranger »; joint à un adverbe : insanum bene (PL, Mi. 24). Les poètes développent ces emplois d'après le type grec όξύ όραν ; cernis acutum (Ilor., S. 1, 3, 26) « lu as la vue perçante » ; aeerba luens (Lucr. 5, 33) « au regard cruel » ; dulce ride κ.
ACCUSATIF DE RELATION
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tem (Hor., Od. 1, 22, 23) « au doux sourire », d'après l'homérique γ*λα(σας Ιμεροι; également, T a c , A. 4, 60 : falsum renidens « avec un sourire hypocrite », etc. Hellénisme aussi, sans doute, l'expression increpui hibernum (PL, Ru. 69, prol.) « j ' a i fait gronder la tempête », qui est sans autre exemple à date ancienne : le texte d'Ennius, ululât acuta (A, 342), est très incertain ; il faut sans doute lire acute. § 3G. A c c u s a t i f d e r e l a t i o n . — P o u r i n d i q u e r la relation, c'est-àdire sous quel rapp'ort v a u t l'affirmation énoncée, l'accusatif a été r e m p l a c é h a b i t u e l l e m e n t en latin p a r d ' a u t r e s t o u r s : puer mitis ingénu ou miti tngenio (— πράος τό ήθος), nationc Syrus ( = "Ελλην το γένος), pes mihi dolet (— άλγεΐν τους πόδας). Aussi n'est-il guère d e m e u r é que d a n s le cas d ' u n p r o n o m neutre ou d e formes assimilées : id, hoc, Mud, istuc, ipsum, idem, aliud, quod, quid, aliquid, quicquam, nihil, unum, utrumque, multa, omnia, pauca, cetera, pleraque, etc., i n d i q u a n t non p a s l'objet, m a i s l ' é t e n d u e de l ' a c t i o n , a u p r è s d e verbes transitifs ou intransitifs, et quelle q u e soit la c o n s t r u c t i o n de ces derniers, lorsqu'ils ont un s u b s t a n t i f p o u r complément'. Ce sont s u r t o u t des verbes de sens abstrait (de sentiment, d'effort, etc.) : Ter., An. 362 : id gqudeo « je m'en réjouis (quant à cela) », en face de gaudere aliqua rc ; C i c , de Or. 1, 35 : cetera assentior Crasso « pour t o u t le reste, je suis de l'avis de Crassus », en face de assentiri alicui de aliqua re ; C i c , Fa. 6, 1, 7 : nihil aliud sluderc en face de studerc alicui rei. E n même temps, il peut y avoir un accusatif d'objet : C i c , At. 13, 22, 4 : illud accusa non te, sed ill am « de cela ce n'est pas toi que j ' a c c u s e . . . », en face de accusare aliquem rei, de re, propter rem ; etc. Cet accusatif neutre de relation subsiste au passif : C i c , Rab. Post. 17 : ego hoc cogor « j ' y suis contraint » ; Fi. 1 , 1 4 : illud quidem adduci uix possum ut... « je ne peux guère être amené à (croire) ceci q u e . . . » ; — et aussi [ à l'impersonnel : C i c , R. Am. 8 : st hoc solum hoc tempore pugnalur ut... « s'il est combattu aujourd'hui pour ceci seulement, à savoir... », c.-à-d. « si le combat livré aujourd'hui n'a d'autre but q u e . . . ». Le v. latin a quelques exemples de ces accusatifs pronominaux employés plus librement. Ainsi, avec millcre, prohibere, uenirc : PL, Mi. 1158 : 'id nos ad te... uenimus « c'est pour cela que nous sommes venus t e trouver » ; Ps. 639 : ut id agam quod missus hue sum « afin de faire ce pour quoi j ' a i é t é envoyé », et 13-14 : id te || Iuppiter prohibessit! « que Jupiter t'en préserve 1 », m. à m. « relativement à cela »; — ou bien avec un adjec-
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CAS ET PROPOSITIONS
tif : PL, Ru. 397 : id... maesla est « c'est pour cela qu'elle est triste ». Ce dernier tour fut repris plus tard hors de la prose classique par imitation du grec : Vg., En. 3, 594 : cetera Grains « pour tout le reste, un ü r c c » ( = τά Αλλ«); Sal., //. ι, 116 : sanctus alia; T a c , A. 12, 3 ; iuuenem et alia clarum « jeune homme illustre à d'autres égards ». § 37. A c c u s a t i f a d v e r b i a l . — Le rôle joué a n c i e n n e m e n t p a r l'accusatif c o m m e d é t e r m i n a t i o n a u t o n o m e persiste t o u t particulièrement d a n s le cas de l'accusatif dit adverbial, qui est s u r t o u t représenté : Par des .adjectifs neutres de quantité ou autres : multum « pour une grande quantité, beaucoup » ; aliquantum « sensiblement » ; nimium, plus, tanlum, celerum « (pour ce qui est) du reste, d'ailleurs » (§ 430) ; quantum, plerumque /négation nihil, issue de *ne hilom « en rien », proprement « pas un hilum », De même : primum « d'abord » ou « pour la première fois » ; postremum et ultimum « pour la dernière fois », par ex. : Liv. 1, 29, 3 : ultimum illud uidere « voir pour la dernière fois », m. à m. « cette fois (illud) comme dernière » ; lertium consul « consul pour la troisième fois »; commodum « justement, à propos » ; facile « facilement » ; summum « au plus »; Herum « pour la seconde fois »; etc. Par imitation : immensum 0 immensément » (Sal., Tac.) ; etc. Par des formes pronominales devenant conjonctions : quid? « pourquoi? » dans quid uenisti? signifiait « relativement à quoi es-tu venu? »; — nihil est quod... et quid est quod...? « il n'y a pas de raison, quelle raison y a-t-il pour (pic...? », où quod équivaut à cur; — quod « parce que » est. issu de tours comme ideo quod « ceci pour la raison que » ou id quod (rare) « pour ceci que » ; cf. Ter., He. 367-8 : Uico omnes simul \\ laetae exclamant 'uenil', id quod me repente aspcxcranl « ... ceci parce qu'elles m'avaient aperçu « ; de même : id (= ideo) ... ut -f- subj. « dans l'intention de » : Liv. 23, 47, 1 : id modo moralus ut consulem percontarclur ; Ter., Eu. 1005 ; etc. Par les locutions id (hoc) aeiatis « de (à) cet âge » ct id temporis « à ce montent », employées comme complément de nom ou complément circonstanciel : cum id actalis filio (Cic, Cl. 141) « avec un lils de cet .âge », c.-à-d. eins aetatis ; quos ego... id temporis uenluros esse praedixeram (Cic, Cal. 1, 10) « dont j'avais dil qu'ils viendraient à ce moment-là », c.-à-d. «1 tempore. Littéralement, id actalis ^ « pour ceci en fait d'âge », avec un génitif partitif du type quid negoti? (§ 0« b). De même : magnam (maiorem, maximum) partem « pour une grande (la plus grande, une très grande) part »; bona m partem (Lucr. 6, 1249) ; meam partem (PL, Mi. 646) « pour ma part » ; partim (§ 1(1(1 n.) ; — uicem
ACCUSATIF ADVERBIAL
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alicuius « pour le compte, à la place, à la manière de qqn » ; uicem meam ou tuant « à ma place, à ta place ». Ouelques expressions analogues avec genus s'étaient conservées dans la langue parlée ct technique : coronamenta omne genus (Caton, Agr. 8, 2) a des feuillages de tout genre »; aliquid id genus (Cic, At. 13, 12, 3) « quelque chose de ce genre » ; Var., R. R. 1, 29, 2 : in id genus praediis ; et avec un relatif de liaison : quodgenus (Cic, Inu. 2, 157 ; souvent,chez Lucrèce, etc.) « ainsi, par exemple », m! à m. « touchant cet ordre de faits, d'idées ». Ces formules cédaient elles-mêmes la place à des tours plus conformes aux habitudes nouvelles de la langue : eius (huius) generis ; ex omni génère; quo de génère; magna ex parte; uice alicuius (postclass.), cf. Liv. 1, 25, 6. § 38. Tours particuliers, a) Les poètes, par une imitation artificielle du grec, employaient à l'accusatif de relation les substantifs désignant la race, la naissance ct les parties du corps (accusatif grec) : Lucr. 3, 489 : tremit arlus « il tremble de ses membres » ; Catul. 64, 122 : deuinclam lumina somno « les yeux fermés par le sommeil » ; Vg., En. 8, 114 : qui genus (cslis)? « qui êtes-vous quant à la race? de quelle race? » ( = τίνες το γένος ;) ; ibid. 12, 64-65 ! lacrimis ... || ... perfusa genas, m. à ni. « inondée de larmes quant à ses joues » ; Ον., M. 9, 307 : flaua comas « blonde quant à ses cheveux », d'après Horn., Od. 15, 133 : χάρη ξανθός. Sur ce modèle, Tacite écrira, A. 6, 9 : clari genus « des personnages illustres par la naissance ». b) Avec indulus (indui) et (ac-)succinclus, l'accusatif de la chose dont on est revêtu était ancien en latin. Il est attesté dès Plaute : Men. 512-3 non ego te iiululum foras \\ exire uidi pallam? « ne t'ai-je pas vu sortir revêtu de la mante? » ; cf. aussi T. Eug. VI b, 49. Ces formes étant des « moyens », l'accusatif se présente comme un accusatif d'objet, complément direct du verbe : indulus pallam = « qui a revêtu sa mante ». Mais le sentiment de cette valeur avait pu s'effacer, et dans Vg., En. 2, 275 : redit exuuias indulus Achilli, on encore ibid. 7, 640 : loricam induitur « il revêt sa cuirasse », l'accusatif se confondait aisément avec l'accusatif de relation du type grec perfusus genas. c) Les écrits techniques d'époque impériale montrent dolere, d'après άλγεϊν τους πόδας, construit avec l'accusatif de la partie du corps où l'on a mal : dolere talus (Scribon. Larg., 170), ocnlos (Pronton, p. 182, 18), ucnlrem ( Λ / μ / . Chir. 205)1« avoir mal au cAlé, aux yeux, au ventre », souvent dans la Vulgate, etc. Priscicn remarque (G. L. K. I l l , 268, 8) : dicimus 'dolco pedem'. Sur certains faits très tardifs, voir 1). Norberg, Beiträge..., p. 1 sqq.
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CAS KT 1'KKrOSlTIONS
Acceptions concrètes de l'accusatif § :jy. A c c u s a t i f d ' é t e n d u e . — L'accusatif m a r q u a n t l'extension d a n s l'espace ne subsiste q u ' a p p l i q u é à des t e r m e s de mesure ou équivalents : digitus, passas, pes, mille (passuum) « un mille », stadium, Her -}- un génitif (bidui), nia, et à quelques formes n e u t r e s : mullum, paulum, plurimum, quicquid, tanium ; etc. Il désignait : a) L'espace parcouru par quelqu'un (auprès d'un verbe de mouvement) : C i c , Quinct. 78 : neminem esse... qui possit... Iriduo septingenta milia passuum ambulare « parcourir à pied 700.000 pas en 3 jours » ; Liv. 21, 54, 8 : quicquid... appropinquabant... «. tout l'espace dont ils approchaient », c.-à-d. « à mesure qu'ils approchaient »; ab aliquo pedem non discedere (PL, Cic, etc.) « ne pas quitter qqn d'une semelle ». b) La distance, soit avec abesse, dislarc : Liv. 30, 29, 2 : Zama quinque dierum iter a Carthagine übest « Zama est à 5 jours de marche de Carthage »; Ces., B. G. 7, 72, 4 : quae (turres) pedes LXXX inter se distarent « tours distantes entre elles de 80 pieds », — soit «avec un verbe quelconque : Ces., B. G. 1, 22, 5 : milia. passuum tria ab eorum caslris castra ponit « il établit son camp à 3 milles du leur ». c) La dimension, auprès des adjectifs alius « haut, profond », crassus « épais » (rare et non class, dans ce tour), latus, longus, etc. : type murus decern pedes alius ; Ces., B. G. 7, 24, ι : aggerem latum pedes Irecentos triginta, allum pedes octoginta exsiruxerunt « une terrasse large de 330 pieds, haute de 80 ». Cet emploi, inconnu du grec, est ancien en latin. H existait d'ailleurs des tournures concurrentes : a) soit avec le subs tantif abstrait correspondant : Ces., B. G. 1, 2, 5 : (Heluetiorum) fines in longitudinem milia passuum CCXL... patebanl ; 1, 8, 1 : murum in altitudinem pedum sedecim fossamque perducit ; pour exprimer une « épaisseur », cette construction remplace même dans la prose classique celle de crassus -|- accus. ; cf. Ces., B. G. 3, 13, 4 : clauis ferreis digiti pollicis crassiludine « avec des clous de fer de l'épaisseur d'un pouce » ; —· b) soit, en dehors de la langue littéraire, avec l'adjectif lui-même pourvu d'un génitif analogique du génitif de qualité : depuis Varron, par ex. R. R. 2, 4, 14 : haram... trium pedum allant « une soue haute de trois pieds », fréquent ensuite (Colum., Vitr., inscr.) ; ct plus tard avec l'ablatif : Ampel. 8, 12 : postes longi... cubitis uiginti, et aussi per -|- accus. : C. I. L. VI, 10412.
ACCUSAT! Ι·" 1)Ί; XTE NSIÜX
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§ KL Accusatif de durée. --· C'est l'accusatif d'extension appliqué au temps. Il désigne : L'espace de temps pendant lequel dure une action ou un état (— question quam diu?) : noctem totam slcrtcrc (PL, As. 872) « ronfler toute la nuit »; bestiolas quae unum diem uiuant (Cic, Tu. 1, 94) « qui ne vivent qu'un jour ». Il a été renforcé par la préposition per : Caton, Agr. 157, 13 : hoc per dies septan dato « pendant sept jours »; C i c , AΛ. _7^„9^_4_χ li nuisit prouinciam per decern annos. Avec alternance : Liv. 29, 38, 8 : htdi Romani biduum instaurait, item per biduuni plcbeii (40, 45, 5-6). Sur la confusion avec l'ablatif, voir § 138. Depuis combien de temps l'action dure (question quam duduin?) avec le verbe au présent : Vg., F.n.i, 47-48 : tot annos |j bclla gero « depuis t a n t d'années je guerroie ». On trouve souvent alors iam et le nom de nombre ordinal : C i c , Pomp. 7 : annum iam tertium et uicesimum régnât « c'est la 2 V année qu'il règne » (r depuis 11 ans), plus rarement· le cardinal : Cic, J-'/ac. 70 : annos iam trigintà in foro uersaris. Combien de temps il y α qu'un événement s'est produit (question ex quo tempore?), avec abhinr et lé verbe au parfait : C i c , Diu. 2, 118 : Demosthenes abliinc annos prope trecentos fuit « Démosthènc vécut il y a près de 300 ans ». Abhinc n'est pas à proprement Parler une préposition, mais un juxtaposé adverbial indiquant le point de départ, la forme casuellc qui l'accompagne marquant, la durée : litt. « à partir de mainten a n t » (ab -|- hinc). L'ablatif s'était, du reste, également employé avec lui (§ 138) dans les mêmes conditions. Comme les adjectifs du type altus, largus, etc., le participe natus s'était accompagné d'un accusatif d'extension au sens de « âgé de » : C i c , Tif. 5, 57 : quinque et uiginti natus annos « âgé de 25 ans », m. à m. « voilà 25 ans qu'il est né ». Sous l'influence du tour puer decent annorum, le génitif s'est ici encore i n t r o d u i t ; signalé depuis Var., Men. 496 : decern annorum natus, il est fréquent sur les inscriptions.
§ 41. Emplois dérivés de l'accusatif d'extension. — A l'idée d'extension se rattachent plusieurs emplois dérivés : Accusatif de de^ré, c.-à-d.' les formes adverbiales neutres mullum, aliquantum, paulum, quantum, luntum, etc., alternant auprès des verbes de supériorité avec l'ablatif de différence : Ter., Ph. 247 ; incredibilest quantum erum ante eo sapientia « c'est incroyable combien je surpasse mon maître en sagesse » : l'ablatif quanto signifierait « de combien (je surpasse) ». Mais l'écart était minime entre les deux t o u r s ; et la prose
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CAS Γ.Τ PRÉPOSITIONS
classique a plusieurs exemples de l'accusatif : multum praeslare (Cic, de Gr. i, 15) et superare (Cic, Ver. 5, 115) ; tantum excellere (Cic, Pomp. 311) ; etc. Cet accusatif se retrouvait — quoique, scmblc-t-il, plus rarement —auprès des comparatifs et formes assimilées : aliquantum... auidior (Ter., Eu. 131); multum... mains (Cic, de Or. 3, 92); permullum ante (Cic, Fa. 3, I T , 1); hand multum infra (Liv. 5, 37, 7 ) ; multum... dulciores (Plin., Nat. 15, 68) ; etc. Cf. § 117. Accusatif do mesure : avec ualerc « valoir (telle somme) » : Var., L. 1-- 5· I 7 3 : denarii, quod denos (se nummos) aeris ualebant « les deniers (ainsi dénommés), parce qu'ils valaient chacun dix as » ; il s'agit alors de mesure, et non de prix, § 116 ; — avec pendere « peser, être de tel poids » : Plin., Nat. '21, 185 : cyathus pendel drachmas decern « un cyathe pèse dix drachmes » ; — et aussi avec la locution esse pondo « être en poids, peser » Colum. 12, 28, ι : irim cribratam quae sit instar pondo quincuncem... perntiscelo « mêlez de l'iris criblée environ (instar) un 5« d'once ». A partir de ce tour, pondo s'était parfois employé seul avec l'accusatif : Liv. 26, •17. 7 ·' paterae aurcac... libras ferme omnes pondo « des patères d'or pesant presque une livre chacune ». Hors de la langue littéraire, l'accusatif se substituait également au génitif d'estimation ct de prix (§ OC) : Pétr. 43, 4 : uendidit enim uinum quantum ipse uoluit « il vendit son vin autant qu'il voulut » (déjà C. I'. L. I*, 593, 48 sq., de 45 av. J.-C.) ; Lucif. Cal., Äthan. 2, 29 : Mos qui plus ( = pluris) mensae tuae copias fecerunt quam... 0 ceux qui ont fait plus de cas des richesses de ta table que... ». Avec alternance : Tert., Test, anim. 6 : quam tanli facis quantum Ma le facit « que tu estimes autant qu'elle t'estime ». § 42. A c c u s a t i f d e m o u v e m e n t . — Cet accusatif — dit d e la question quo -— désignait le terme vers lequel est dirigé le m o u v e m e n t ;et, bien que la préposition soit devenue avec lui usuelle (eo in urbem), il s'est m a i n t e n u seul par survivance : Avec les iioiiiR dn villes et les formes domum, rus (§ 128). Avec un Hiibsliuitit vwbul dans diverses locutions : nuplum dare « donner en mariage » ; uenum dare « mettre en vente » ; uenum ire ou uenire « élrc mis (m. à m. « aller ») eu vente » ; pessum dare « jeter à bas, anéantir », et pessum ire (abirc) « aller à sa ruine » (PL, Ci. 223 ; Truc. 36). A ce type se rattache la construction du supin en -tum avec un verbe de mouvement ; cf. plus loin, § 270. Dans les expressions formulaires ire malam crucem ou matant rem « s'exposer à la croix, à une mauvaise afïaire, s'en aller au diable », souvent chez les comiques (PL, Men. 328; Tru. 937; etc.), mais in s'introduit
ACCUSATIF PRÉPOSITIONNEL
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(PL, Mo. 850) ; exsequias ire 0 aller à un enterrement » (Ter., Ph. 1026) ; alicui suppetias (ad-)uenire, ire, proficisci, occurrere (PL, Men. 1020 ; B. Afr. 5 ; 25 ; 39 ; 66 ; 68 ; etc.) « venir, aller, partir, se porter au secours de qqn » ; infilias ire 1 se porter à l'action de nier, nier » (PL, Ter., Nep., Liv., Quint., etc.). La tendance des verbes composés à se construire transitivement facilitait auprès d'eux l'emploi de l'accusatif sans préposition : C i c , At. 1, 14, 5 : rosira Calo aduolat « Caton vole à la tribune » ; ou encore Curt. 6, 2, 16 : discurrunt... labernacula, d'après percurrere, en face de ibid. 3, 12, 8 : in tabemaculum currunt. L'absence de préposition pouvait être aussi — et en poésie surtout — un archaïsme, ou un hellénisme, car en grec l'accusatif de mouvement est assez souvent employé seul. Ainsi : Lucr. 6, 742 : ea... loca cum uenere notantes; Vg., En. 1, 2 : Italiam... uenit; Lucain 7, 477 : aelhera tendit, d'après l'homérique αιθέρα (ήέρα) txavev ; etc. Cf. J. Humbert, Synl. Gr., § 353 a· § 4 3 . A c c u s a t i f p r é p o s i t i o n n e l . — C'est s u r t o u t avec in et sub que l'emploi de l'accusatif est d e m e u r é lié à la notion d e m o u v e ment p a r c o n t r a s t e avec l'abl.-locatif e x p r i m a n t le repos. Mais, pour super et subter, l'opposition des d e u x cas n ' e x i s t a i t p r a t i q u e m e n t plus. E t les prépositions qui gouvernent l'accusatif seul se rencontrent pour la p l u p a r t avec ou s a n s idée de m o u v e m e n t ; p a r exemple, Ces., B. C. i, 70, 3 : cum... ante se hostem uideret « comme il voyait l'ennemi d e v a n t lui » (repos), en face de Ces., B. G. 1, 21, 3 : eqttitatumque omnem ante se miltit (mouvement) « il envoie t o u t e la cavalerie d e v a n t lui ». § 44. In désigne le mouvement qui aboutit à l'intérieur du lieu ou de l'objet : Nep. 16, 4, 3 : in Persas est profectus « il partit chez les Perses ». Ad, au contraire, implique une idée de proximité, et il marque le mouvement qui aboutit aux abords du lieu \ Ces., B". G. 5, 50, 4 : equitalus ad castra accedil « la cavalerie approche du camp » ; d'où une opposition comme C i c , N. D. 3, 25 : in aram confugilis ad deum « sur les degrés de l'autel, auprès du dieu ». Aussi ad était-il plus indiqué, lorsque le point d'aboutissement était une personne : on dit adiré, mitlere, fiergere ad aliqium, et non in aliquem, à moins qu'il n'y ait lieu d'indiquer l'aboutissement effectif, notamment pour une rencontre hostile, ce qui appelait in ^M&éene de « contre » (pcrgere in hostes). Sub apportait souvent l'idée d'aller au pied de quelque chose : sub montem succedere (Ces., B. C. 1, 45, a)ji,e'avancer au pied de la montagne ».
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CAS KT PRHPOSITIONS
Le terme du mouvement n'était pas toujours considéré, et l'accusatif, surtout avec in, marquait simplement la direction : in altitudinem, in latitudinem, in longitudincm « en hauteur (ou en profondeur), en largeur, en longueur », — ou le trajet accompli : l'étr. 42, 2 : fui enim hodie in funus « j'ai été aujourd'hui à un enterrement ». Au figuré : in amicitiam populi Romani dicionemque esse (Cic, Diu. Caec. 66) « se trouver dans (le sens de) l'amitié et (sous) la domination du peuple romain » ; in potcslatem esse alicuius (Cic, Ver. 2, 67) « être an pouvoir de qqn » (§ 184). § 45. D a n s le t e m p s , la notion de m o u v e m e n t est à l'origine de plusieurs acceptions : Ad « jusqu'à » (souvent avec usque) : ad hanc diem remanere (Cic, Cat. 3, 17) et κ pour » : ad Idus Apriles reuerterentur (Ces., B. G. 1, 7, 6) o ils reviendraient aux Ides d'avril » ; — in « pour une époque donnée » : auctioncm conslitucrc in mensem Ianuarium (Cic, Leg. Agr. 1, 4) « fixer la vente pour le mois de janvier » ; magislratibus in annum creatis « les magistrats ayant été nommés pour l'année ». Avec un sens distribute! : in dicm uiucre « vivre pour un jour », c.-à-d. « au jour le jour », et aussi in dies (singulos) « de jour en jour », par exemple in dies singulos crescerc (Cic, Cal. 1,5); in aestatem « à mesure que l'été avance » (Lucr. 6, 712) ; — sub « à l'approche de » : sub lucent (Ces., B. G. 7, 83, 7) et « immédiatement après » : sub cas litteras (Cic, Fa. 10, 16, 1). L'idée de mouvement conduisait à celle de but. Ce sens final est très fréquent pour ad « en vue de, pour », en particulier avec le gérondif ou l'adjectif en -ndus : ad agendum, ad bellum conficiendum ; pour in, il est attesté dès Plaute (Mo. 122), mais il ne se développe qu'à partir de Tite-Live. In marquait aussi la conformité : « dans le sens de », c.-à-d. « selon, suivant » : iurarc in uerba alicuius « prêter serment à qqn (en suivant sa formule) » ; in rem esse « être conforme à l'intérêt » ; et par suite la manière : seruilem in modum (Ces., B. G: 6, 19, 3) « à la manière d'un esclave » ; in specicin (Cic, Ver. 5, 86) « en apparence », ct à l'époque impériale dans plusieurs expressions neutres : in totum (Colum. 2, 1, 2) .. on totalité » ; in plenum (Plin., Nat. 16, 217) « en général » ; in deterins ( T a c , .-/. 3, 10) « en pis »; etc. Ad également indique la conformité : ad nafuram « conformément à la nature » et par extension l'accompa^ncm-'iii (§ IOÖ). Ob el propter passent au sens causal ; etc. § 40. Bien (pic ad, dans la plupart de ses emplois, implique une idée de mouvement, cette notion ne lui était pas nécessairement attachée, et il lui arrive de marquer la proximité avec repos : stare ad ianuam (Cic. de Or. 2, 353) o être debout à la porte »; pons qui erat ad Gcnuam (Ces., />'.
»ounu·:
ACCUSATIF
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G. i, 7, 2) « le pont qui était près de Genève ». D'autre part, apud s'employait d'ordinaire sans mouvement, ct avec des personnes : apud nos est conuiuium (PL, St. 663) « il y a banquet chez nous » ; apud populum loqui « parler devant le peuple ». Aussi des confusions se produisaient-elles. Ad était substitué à apud ; ad amicam polare (PL, As. 825) « boire chez son amie » ; agere ad populum (Cic, Ph. 12, 17) « parler devant le peuple », et aussi à in 4- abl. : esse ad uillam « être à la maison de campagne » (locution usuelle) ; ad Opis (se templum) manerc (Cic, Ph. 1, 17) « rester au temple d'Ops » ; ad exercilum manere (Ces., B. G. 5, 53, 3) « rester à l'armée ». De son côté, apud s'employait au lieu de ad pour marquer la proximité avec des noms de choses!: PL, Am. 350 : quid apud hasce aedis negoti est tibi? « qu'as-tu à faire près de cette demeure? » ; Ces., B. G. 2, 7, 3 : paulisper apud oppidum morati « étant restés quelque temps devant la Ville », — parfois même avec mouvement (non class.) : Sal., H. 1, 119 : illc Conisturgim apud legiones uenit ; souvent en bas latin : Itala, Gen. 43, 9 (cod. Lugd.) : si non addùxero eum apud te (προς σέ) ; Cassiod., Hist. 5, 16 : ueniret apud cum. Comme ad, enfin, il était substitué à in -j- abl. : apud aedem (S. C. Bac.) « dans le temple » ( = in aede) ; apud emporium atquc in macello (PL, Am. 1012) « à la bourse ct au marché »; apud uillam (PL, Ter. ; C i c , Ver. 4, 48) « à la campagne », à côté, de ad uillam ; même avec des noms de villes (§ 131).
Double accusatif § 47. Parmi les faits qui entrent sous cette rubrique, est à mettre à part le double accusatit « attribut », c'est-à-dire celui d'un accusatif d'objet et de l'attribut qui s'y rapporte, auprès des verbes « faire, appeler, nommer, estimer », etc. : crearc aliquem consulem « nommer qqn consul » ; facerc (redderc) aliquem diuitem « faire (rendre) qqn riche » ; appcllare aliquem regem « saluer qqn (du titre de) roi » ; numerare aliquem oralorcm « compter qqn comme orateur ». Par exemple : Cic, de Or. 3, 122 ; cosque (libellas) rhetoricos inscribunt « ils les intitulent (ces écrits) traités de rhétorique »; Fi. 2, 50 : quid... hoc loco intcllcgit honeslmn? « qu'cntcnd-il là par l'honnête? » ; Of. 2, 10 : maliliam sapientiam indicant. Même avec un verbe comme nolo : le adiutorem nolo. La simple adjonction de esse transformait beaucoup de ces tournures en proposition infinitive. Cf. aussi les expressions : or-
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CAS KT PRÉPOSITIONS
gentum muluom rogare (PI., Ps. 294) « demander de l'argent à emprunter » ct muluas sumere pecunias ab aliquo (Cic, Ph. 10, 26) « emprunter de l'argent », proprement « demander ou prendre de l'argent à titre d'échange ». Ce type est courant : les deux accusatifs concernent la même personne ou le même objet, et ils sont unis l'un à l'autre par l'accord grammatical. § 48. Toutes différentes sont les autres formes de double accusatif : chacun des deux termes y est indépendant de l'autre, par juxtaposition, selon la fonction ancienne du cas (§ 21). En v. latin, un accusatif d'objet et un accusatif du contenu sont ainsi rapprochés dans Caton, A gr. 139 :te... bonas preces precor « je te prie de bonnes prières ». Avec les progrès de l'analyse qui tendaient à donner une forme distincte à des compléments différents, le tour te bonas preces precor fut remplacé par le bonis precibus precor. Aussi, sous cet aspect, le double accusatif n'a-t-il dans la prose classique qu'une place restreinte, alors qu'en dehors d'elle, ct notamment dans la langue parlée, il garde ou prend un certain développement. Les principaux types d'emploi sont les suivants : § 49. A) L'accusatif d'objet est accompagné d'un accusatif de relation, celui-ci élant limité aux formes pronominales neutres ou assimilées, mentionnées ci-dessus (§36) : Cic, At. 5, 17,5: si quicquam me amas « si tu as qqe affection pour moi » ; Rep. 1, 3 : id cogit omnes « il les y contraint tous ». Cf. la formule si quid me uis 0 si tu me veux en qqe chose, si tu as besoin de moi ». B) Auprès d'un verbe composé, l'accusatif d'objet est accompagné d'un accusatif dépendant du préverbe, surtout avec des composés de ctrcum- ct de trans- (le préverbe servant d'appui) : Ces., B. G. η, 11, 9 : exercilum Ligerim traducil « il fait passer la Loire à son armée » ( = trans Ligerim exercilum ducit) ; ct. ibid. 4, 16, 6, avec transportai. D'où, auprès d'un médio-passif : Cic, Diu. 2, 62 : an guis... uectem circumieclus «'un serpent enroulé autour d'une barre ». Avec d'autres préverbes, ce double accusatif ne se rencontre guère qu'en poésie : Vg., En. 3, 688 : praeleruehor... oslia « je dépasse l'embou-
DOUBLE ACCUSATIF
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chure du fleuve » ; Hor., Od. 1,14, 19-20 : interfusa... aequora Cycladas « la mer répandue entre les Cyclades », —-ou dans des locutions toutes faites : aliquem adigere arbitrant « citer qqn devant (ad-) un arbitre » ; aliquem adigere iusiurandum « conduire qqn à (ad-) un serment, lui faire prêter serment » ; mais on voit apparaître l'ablatif adigere iure iurando, sacramento (Liv.) et le tour prépositionnel ad iusiurandum (SaL, Sén.) ; animum aduertere aliquid « tourner son attention vers (ad-) qqe chose » : saiis doute y a-t-il aussi construclio ad sensum, le groupe animum aduertere équivalant à un verbe transitif comme cernere, uidere. On rapprochera : PL, Tru. 762 : te manum iniciam ( = comprehendam). § 50. C) Le même verbe a deux accusatifs d'objet, mais l'un est un accusatif de la personne (doceo pueros) et l'autre un accusatif de la chose (doceo grammaticam) : C i c , de Or. 2, 216 : earn (artem) tu potissimum nos docebis « toi de préférence, t u nous enseigneras cet a r t ». Au passif, l'accusatif de la chose subsiste : Ces., B. C. 1, 87, 3 : PeIreius atque Afranius cum Stipendium a legionibus... flagitarentur... « P . et A. se v o y a n t réclamer la solde p a r les légions... ». Ce double accusatif de la personne et de la chose ne se trouve plus dans la prose classique qu'auprès de quelques verbes : docere (le plus fréquent) ; celare (un seul exemple : Cic, Fa. 2, 16, 3) ; (ex-) poscere ; rogare, presque exclusivement dans les formules magistratum ou senatorem rogare sentenliam « demander son avis à un magistrat ou à un sénateur » et populum rogare magistralus « demander au peuple (d'élire) des magistrats » ; poslulare ; flagitare (seulement Ces., B. G. 1, 16, 1, et Cic, Dom. 14). D'ordinaire, un ablatif prépositionnel était substitué soit à l'accusatif de la personne : flagito, posco, postulo rem aliquant ab aliquo, soit à l'accusatif de la chose : doceo, celo, rogo aliquem de re aliqua. Au passif, l'accusatif de la chose — en dehors de flagitare dans Ces., B.C. 1, 87, 3 — n'est attesté chez les classiques que par la formule rogari (rogalus) sentenliam « être interrogé, (qui est interrogé) sur son avis ». Doceor rem n'apparaît pas avant Hor., Od. 3, 6, 21 ; (e)doctus rem est chez Salluste, Horace, Tacite, etc. On entrevoit, en revanche, dans la vieille langue les restes d'un emploi plus étendu : PL, Cu. 629-630 : anulum fl quem parasitas te elusit « l'anneau que le parasite t'a soutiré »; Afran. 173 (Ribb.) : id aurum me condonat « il me fait don de cet or » ; également avec exigere (Q. Metellus, ap. Gell. 15, 14, 2, au passif) ; consulere (PL, Men. 700) ;:ludificari (PL, Ba. 523) « frustrer qqn de qqe chose » ; aliquem ludos pessimos dimiltere (PL, Ru. 791) « laisser aller qqn (en lui faisant) de mauvais tours », peut-être d'après
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CAS KT P K K I ' O S I T I O N S
ludos faccrc aliquem (PL, Au. 253) « faire un tour à qqn », litt. « en faire un jeu » ; insimulare (PI., /fui. 859) « accuser »; moncre (PI., 57. 58, au passif). Cette construction avait existé dans la langue du droit pour dam•nare et condemnare, comme le montrent diverses formules rapportées par Gains, Inst. IV, 43, 46, 47, 50, 51 : aliquem condemnare (damnare) decern milia scslertium ou tanlam pecuniam « condamner qqn à 10.000 sesterces, à une somme égale ». Cf. aussi Caton, Orig. 5, 5 (Jordan, p. 24) : tantum damnas e.slo « qu'il soit condamné d ' a u t a n t ». D'autre part, les poètes et les écrivains d'époque impériale ont fait au double accusatif de la personne et de la chose une part plus grande que les prosatours classiques. 11 se retrouve avec precari (Stace, cf. déjà l'exemple de Caton, § 48) ; et il gagne percontari (Hor., Curt.), d'après poscere ; erudirc (Val. F l a c , Stace, Vulg.) et instruerc (Tert., Vulg., Jord.), d'après docere. A basse époque le tour s'élargit et l'on voit apparaître des exemples comme C. E. 737, 3 : senilcmquc aelatem ianlos oncrare dolores n charger sa vieillesse de douleurs », d'après oncrare uinum et oncrare uauem ; Mul. Chir. 353 : haecurationes... siiimiumentum adducunt «donnent soif à l'animal » : une action du préverbe à une date aussi tardive est improbable ; souvent induere, exuere, spoliarc aliquem aliquid, construction appuyée par le grec : Itala, Leu. 8, 7 (Rufiu) : uestiuit cum lunicam et praccinxit eum zonam « il le vêtit de, la tunique et le ceignit de la ceinture » ( = ένέδυσεν αυτόν τόν χιτώνα καΐ ίζωσεν αύτί>ν τήν ζώνην) ; /raudare aliquem aliquid, Sil., Ulpien. La langue parlée, moins soucieuse de différenciation syntaxique, s'accommodait facilement de ces constructions plus lâches, à mesure surtout que l'accusatif devenait le cas régime par excellence (D. Norbcrg, Synt. Forsch., p. 108 sqq.). § 6 1 . Voisin du précédent est le double accusntif du tout et de lu partie. Il s'agit de deux accu.satifs, dont le premier est de portée plus v a s t e ; ct le second, de sens plus restreint, s'appose au premier pour le préciser : Caton, Agr. 122 : id mane ieiunus sumito cyathum « prenez-en le matin à jeun un cyathe », prop 1 n prenez-le, le matin, (à dose d') un cyathe »; PI., Men. 858-9 : hune senent \\ ... dedolabo... uiscera « ce vieillard, je vais lui dépecer les entrailles » ; hune sencm, du reste détaché du verbe comme une sorte d ' a c e de relation n q u a n t à ce vieillard » ; cf. aussi Ru. 1345-6. Cette tournure apparaît chez Virgile, En. 10, 698-9 : Latagum... occupai os facir.mque... « q u a n t à Lalagus, il le frappe Λ la tête et nu visage » (ibid. 12, 275-6) — par imitation savante de Homere, H. 11, 240 : τδν δ' Äopi πλ9)ξ' αυχένα. Plus tard : Mul. Chir. 386 : ckfricabis cum manibus, lolum corpus « tu le frotteras des mains (sur) t o u t le corps ». D. Norberg, Beiträge..., p. 6 sqq. Voir J. Humbert, Synt. Gr., §§ 348 sqq.
. C H A P I T R E III
LE
GÉNITIF
§ 52. Le génitif est avant tout devenu le cas du complément déterminalif de nom : liber Petri, comme l'accusatif a été celui du complément direct de verbe : Petrum diliga. Le terme de «génitif » (lat. genctiuus casus) est une adaptation du gr. ή γενική πτώσις, probablement « le cas de la catégorie » ou « de l'espèce ». Il se pourrait, du reste, que la fonction essentielle du génitif ait été précisément de spécifier. L'accusatif apporte à l'énoncé une précision immédiate, qui fait corps avec lui : urbem statuo, clamare maius. Le génitif détermine un être, un objet, un procès par référence à une réalité ou à une notion d'existence distincte, que ce soit un rapport de dépendance ou de possession (liber Petri), le rapport de la partie au tout (implere aquae,'units militum), ou un rapport de toute autre nature. C'est cette fonction qu'il convient d'apercevoir par delà les groupes habituels d'emplois ; génitif d'appartenance, de définition, génitif partitif, génitif de prix, etc., qui ne sont d'ailleurs que des moyens approximalifs de classement. On a réuni, en outre, sous le nom de génitif de la chose concernée diverses tournures où la relation impliquée, quoique effective, est plus imprécise : sanus mentis, peritus rei militaris, accusarc proditianis, etc. Quoique servant le plus souvent de complément de nom (génitif adnominal), le génitif se trouve encore comme complément de verbe (génitif adver bal).
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CAS ET PRÉPOSITIONS
Les origines de ce cas sont obscures. Un rôle important paraît revenir à la f utnation en -l, qui devait avoir des valeurs propres assez éloignées du génitif ultérieur et dont le type lucri facerc, par exemple, serait un reste. Λη cours de l'époque historique, le génitif d'appartenance est particulièrement résistant ; mais d'autres emplois sont à des degrés variables en régression (génitif partitif, type lucri facerc, génitif de la chose concernée, etc.) ; et ils subissent la concurrence de tours prépositionnels, surtout de -(- abl., taudis que, dans la latinité proprement dite, liber Petri n'est jamais remplacé par liber de Pctro.
Génitif de possession, de définition, de qualité § 53. Génitif de possession ou d'appartenance. — Cette forme de génitif, qui est devenue l'emploi typique du cas, exprime l'appartenance au sens le plus large : damns patris, fîelus omnium, difficultates belli (Cic, Leg. Agr. 2, 83), commoda pads (Cic, de Or., 2, 335). Elle se trouve également dans l'emploi attributif : type hacc domus patris mei est, en alternance, du reste, avec le, datif (§ 93), et aussi, au sens figuré de « c'est le propre de » : Cic, Mi. 82 : est... uiri fortis ne suppliais quidem moueri « c'est le fait d'un homme courageux de ne pas se laisser ébranler même par les supplices ». Parfois — mais plus rarement qu'en grec — en dépendance d'un pronom neutre : Cic. Fi. 1, 26 : hacc... Epicuri non probo « ces affirmations d'Épicure, je ne les approuve pas » ; ibid. 27 : (dicere) quid non probes eius a quo dissenlias « (dire) ce qu'on n'approuve pas de ( = chez) celui avec qui l'on est en désaccord » ; cf. Cic, Ver. 2, 63 : omnia... Metelli; Cael. ap. Cic, Fa. 8, 8, q : »7/«... Pompei. § M. Quelques adjectifs exprimant une idée voisine ou dérivée de celle de possession se construisent ainsi avec le génitif : proprius « propre à » (alicuius) ; sacer « consacré à » (dei) ; similis « semblable à » ; par « égal à » ; ainsi que leurs contraires : communis (lequel était également influencé par parliceps, § 61), dissimilis, dispar. Ces adjectifs prennent aussi le datif. Toutefois, celui-ci, pour similis, n'est attesté
GÉNITIF DE POSSESSION
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que par d e u x exemples en v. latin (Enn., Sa. 6 g ; Lucil. 2 9 7 ) ; le génitif, qui devait être la construction ancienne, s'est m a i n t e n u d a n s le j u x t a p o s é uerisimilis « vraisemblable » ; il est aussi de beaucoup le plus fréquent q u a n d le complément est un pronom : similis mei, lui, sui, noslri, etc. Par analogie, le génitif s'étendait auprès de alienus « étranger it » (Lucr., Cic), à côté du datif ct de l'ablatif; et aussi auprès de digitus, indignus « digne, indigne de » : PL, Tri. 1153, cf. Nonius 497, 3 6 ; Balb., ap. Cic, At. 8, 15, 1 ; Vg., En. 12, 649 (mais seul l'ablatif est classique). Certains adjectifs se construisaient avec le génitif possessif quand ils étaient substantives : aequalis, amicus, affinis (alicuius), etc. « le contemporain, le parent (par alliance), l'ami de qqn » ; d'où superstes alicuius « (le) survivant de qqn ». A l'emploi purement adjectif était réservé le datif : alicui aequalis. amicus, etc., — sans que la valeur de cette répartition doive être exagérée. Le génitif se rencontre avec un comparatif dans : Cic, Ph. 5, 44 : ex Antoni amicis, sed amicioribus libertaiis « parmi les amis d'Antoine, mais encore plus amis de la liberté ». E t inversement, la langue parlée donne à un substantif un complément de possession au datif : Philocomasio amator, cuslos « l'amant, le gardien à Philocomasie » (PL, Mi.
2 7 1 , 1431). cf. § « a .
§ 56. Constructions particulières : 1) Le génitif complément d'un substantif verbal ou équivalent est dit génitif du sujet, (gén. subjectif) ou génitif de l'objet (gén. objectif), selon qu'il représente le sujet ou l'objet du verbe correspondant. Dans le premier cas, metus hoslium signifie « la crainte, des ennemis », c.-à-d. « celle qu'ils éprouvent » ( = hostes metuunt) ; dans le second, celle qu'ils inspirent ( = metuuntur hosles). Seul, toutefois, le génitif « subjectif » est un génitif de possession ; le génitif « objectif » n'est autre chose qu'un génitif de relation indiquant la chose concernée : « la crainte relative aux ennemis ». Cf. ci-après, § 70. . 2) Un génitif de nom do personne complément d'un autre nom de personne suffit à exprimer sans autre indication un lien de parenté ou d'appartenance familiale : PL, Cu. 230 : Palinurus Phacdromi « Palinure (esclave) de Phédrome » ; C i c , Ver. 4, 138 : Diodorus Timarchidi « Diodore (fils) de Timarchidcs » ; Vg., En. 3,'319 '. Hccloris Andromache « Andromaque (veuve) d'Hector ». Il n'y a pas là d'ellipse : Palinurus Phaedromi, c'est t le Palinure de Phédrome ». Ces tournures peuvent avoir été, dans
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CAS ET PRÉPOSITIONS
une certaine mesure, influencées par le grec (ό Τιμαρχ!8ου). Sur les ins criptions, filius est toujours exprimé pour marquer la filiation. De même, il arrive qu'un nom de vlllo ou de llou soit déterminé directement par le nom des habitants du pays au génitif : Lutetia Parisiorum (Ces., B. G. 6, 3, 4) « (la) Lutèce des Parish », d'où, à l'époque impériale, le type très répandu : Augusta Taurinorum (— Turin), Augusta Treuerorum (— Treves). On rencontre aussi le génitif du dieu possesseur : Lucil. 126 : Silari ad flumen; Vg., En. 1, 244 : fontem... Timaui ; l'expression flumen Tiberis a dû commencer par signifier : « le fleuve du dieu Tibre » ; ct ces constructions préparaient le tour urbs Romae (§ 56). Quant au génitif du nom de la contrée à laquelle appartient la localité, il ne paraît pas attesté a v a n t Tite-Live, par exemple 28, 7, 3 : Phocidis Elatia « Élatéc de ( = en) Phocide » ; il est plutôt de nature partitive et paraît imité du g r e c 3) Un génitif d'appartenance marquait le point de départ dans les locutions temporelles : postridie eius dici (depuis Caton, Agr. 2, 1) « le lendemain de ce jour-là » ; pridie eius dici (depuis C i c , Fa. 1, 4, 1) « la veille de ce jour-là », et, par extension, dans des emplois comme C i c , At. 3, 7, 1 : post diem terlium eius dici « le 3 0 jour après celui-là » ; T a c , A. 1, 62 : scxlum post cladis annum « la 6° année de la défaite » ; Percgr. Aeth. 5, 9 : compléta anno profectionis filiorum Israhcl de terra Egypti « un an après (pur les fils d'Israël eurent quitté la terre d ' E g y p t e ». En bas latin, par contamination avec la tournure à l'ablatif prépositionnel, le génitif en arrivait ainsi à marquer le point de départ local : Eutr. 1, 15 : usque ad quintum miliarium Vrbis « jusqu'au 5 e milliaire de la Ville » (ab Vrbe, Liv. 2, 39, 5) ; Grég. T., H. F. 7, 47 : extrade baltei gladio « a y a n t tiré l'épée du baudrier », eu face de ibid. 7, 29 : extracto a ballco gladio (1). Norbcrg, Beiträge..., p. 33). Ces faits permettent de comprendre comment le génitif a pu en grec servir de substitut à l'ablatif. § 5<J. G é n i t i f e x p l i c a t i f o u d e d é f i n i t i o n . — C'est le génitif d ' u n substantif d é v e l o p p a n t et précisant le contenu d ' u n substantif de signification plus large, dont, il dépend : frugum alimenta carnisque (Liv. 23, 30, 3) « des aliments consistant en blé et en vinndc » ; aliis... ntrlutibus conlinentiac, granilatis, iustitiae, fulei (Cic, Mu. 23) « p a r d ' a u t r e s v e r t u s , celles du désintéressement, de la p o n d é r a t i o n , de la justice, de la l o y a u t é ». Comme a t t r i b u t : C i c , Fi. 1, 22 : in altera philosophiac parte quae est quaercndi ac disscrendi « d a n s l ' a u t r e p a r t i e de la philosophie, celle qui consiste à chercher et à exposer ». D a n s
GÉNITIF DE QUALITÉ
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quelques emplois, ce génitif indique la matière : sebi ac picis glebas (Ces., B. G. 7, 25, 2) « des boules de suif et de poix » ; mais le sens partitif n'est pas impossible. Un génitif explicatif s'est introduit pour établir un lien de dépendance dans plusieurs constructions appositionnelles. Le tour ancien et classique urbs Roma « la ville de Rome » est ainsi concurrencé par urbs Romae, dès la fin de la période républicaine : B. Afr. 36, 2 : ex oppido Thysdrae (jajmais chez César ni chez Cicéron ;: dans At. 5, 18, 1, il faut lire Anliochia est). Cette construction, que préparait celle des noms de lieux avec, génitif possessif (Lutetia Parisiorum, § öl», 2), devint ensuite courante : Vulg., Marc 1 , 5 : in Iordanis flumine (— bi τφ 'Ιορδάνη ποταμφ). E n même temps, à côté de arbor olca (Var., R. R. 1, 2, 20) « l'olivier », se développait le génitif du tour arbor fici (Colum. 5, 11, 14) « le figuier », arbor sicomori (Peregr. Aeth. 8, 3) « le sycomore ». Le génitif explicatif servait, d'autre part, à citer un terme pour luimême : C i c , Tu. 1, 87 : nomen ipsum carendi « le m o t même de « manquer » ; Fi. 2, 6 : hacc uox uoluptatis « ce m o t de plaisir »; d'où T a c , A. 13, 2 : signum... petenti tribuno dcdil oplimae hnalris « au tribun q u i , le lui demandait il donna pour mot d'ordre : la meilleure des mères ».
I( 57. Génitif de qualité (descriptif). — Le génitif d'appartenance marquait la qualité possédée : Noms désignant la racc? la classe, l'espèce : generis Graeci est (PL, Mer. 525) « il est de race grecque » ; mei loci atque ordinis hominem (Ter., Eu. 234) « un homme de mon rang et de ma condition » ; huius (eiusdem) generis « de cette espèce, de la même espèce ». Peut-être une idée partitive n'est-elle pas exclue : « il fait partie de la race grecque ». L'ablatif apparaît : ex alio génère, ex hoc génère. . Tours impliquant une évaluation : fossa pedum quindecim (Ces., B. G. 5, 42, ι) « un fossé de 15 pieds », comme en grec οκτώ σταδίων... •ηύχο; (Thucyd. 7, 2, 4) ; tridui mora (Ces., B. G. 4, n , 4) « un délai , d e 3 jours ». Locutions : non multi cibi hospitem (Cic, Fa. 9, 26, 4) « un hôte qui n'est pas de beaucoup de nourriture », c'est-à-dire « pas gros mangeur » ; rem... plurimi oti (Cic, AL 4, 16, 2) « une chose qui f éclame beaucoup de loisir » ; aliquid huius modi « quelque chose de cette sorte », proprement « de cette mesure »; eiusdem modi; magni
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CAS ET PRÉPOSITIONS
(parut, minimi, etc.) preli « de beaucoup (de peu, de très peu) de prix » (PL, Ba. 444, Au. 790) ; homo nihili (PL, Tri. 1017) « un homme de rien ». Génitif désignant une particularité distinctive d'un individu (génitif descriptif) : Ces., B. G. 2, 15, 5 : homines... magnae uirlutis « des hommes d'un grand courage » ; Cic, Tu. 5, 2 : nec (uirtus) tantarum uirium est ut... « la vertu n'a pas assez de forces pour... ». Dans cette fonction, le génitif de qualité concurrençait l'ablatif de même nom (§ 112), par exemple dans la même phrase : Cic, Leg. 3, 45 : ttir magni ingenii summaque prudenlia (PL, Vi. 42 ; Nep. 14, 3, 2). Très rare en vieux latin, ce génitif se répand à l'époque classique; plus lard, il l'emporte souvent : Sén., Curt., Peregr. Aeth., inscriptions, etc. Néanmoins, l'ablatif est préféré par Tacite, sans doute par recherche de style ; ct les nombreuses formules fixées de la langue technique contribuaient aussi à lui maintenir dans celle-ci une place importante : Vilr., Mul. Chir., trad. d'Oribase, etc. Notes. -— 1) be substantif au génitif ou à l'ablatif de qualité est toujours accompagné d ' u n adjectif. On dit : uir plurimi ingenii ou plurimo ingénia « un homme de talent », et non uir ingenii ou tngenio. Ce dernier lour, d'origine étrangère (hébraïque), ne s'est répandu que tardivement par la langue de l'itglisc. 2) Dans la prose littéraire, le génitif ct l'ablatif de qualité sont habituellement rattachés à un nom propre par l'intermédiaire d'une apposition («»>, homo, adulescens, etc.) ; ainsi, Liv. 2, 23, ig : Appius, uehementis ingenii uir. Mais cette préoccupation de styJe n'avait rien «le nécessaire : Liv. 22, 60, 5 : T. Slanlius Torquatus, priscae. ac nimis durae... seueritatis ; C i c , Plane. 52 : Philippus, summa nobilitate et cloquent ia.
Rapports du génitif adnominal avec l'adjectif § 58. La relation d'appailcnancc exprimée par un substantif au génitif pouvait l'être aussi par l'adjectif dérivé correspondant : erilis filius « le fils du maître », en face de eri filins ; regia domus « le palais royal », en face de regis domus. Cette fonction de l'adjectif paraît avoir été anciennement très
GÉNITIF ET ADJECTIF
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développée, au point qu'elle a pu être considérée comme antérieure au génitif (J. Wackernagcl, Mélanges de Saussure, p. 137 sqq.). Elle est encore représentée en latin dans plusieurs groupes de formes : a) Dérivés de noms de divinités ou de personnages importants : campus Martins « le champ de Mars » ; (mensis) Martius « (le mois) de mars » ; sacerdos Veneria (PL, Ru. 329) ; uir go Vestalis « une vierge de Vest'a, une Vestale » ; Salurnia porta « la porte de Saturne » ; Saturnia uirgo (Ον., F. 6, 383 ; cf. hom. βίη ΉρακληεΙη). Chez les poètes, c'est moins la conservation d'un état ancien que l'imitation d'un tour grec. — Noutrix Paperia (C. I. L., P , 45) « nourrice de Papirius », cf. Vg., En. 7, 1 : Aeneia nutrix; lerrores... Caesariani (Cic, At. 6, 8, 2) « la terreur inspirée par César » ; uia Appia, uia Flaminia ; colonia Agrippincnsis, colonia Augusta, colonia Iulia, etc. Beaucoup d'adjectifs formés sur des noms propres avec le suffixe possessif -ius étaient devenus eux-mêmes des noms propres : Quintius, Sextius, Tullius, etc., proprement « le (fils) de Quintus, de Sextus, de Tullus ».' b) Dérivés de noms indiquant l'état familial, social, etc. : erilis filins, souvent en vieux latin ; lar familiaris, res familiaris « le patrimoine » ; muliebris ornaitts ; terra hostilis « le territoire de l'ennemi » ; uinum dominicain (Pétr. 31,2, locution proverbiale) « le vin du maître » ; patrio corpore (PL, Mer. 73) et patriae manus (Ον., AI. 8, 2ir) ; erra tum jabrile (Cic, Al. 6, 1, 17) » l'erreur d'un ouvrier ». La valeur était parfois celle d'un génitif objectif : seruilis percontaiio (Cic, de Or. 2. 327) « le fait d'interroger un esclave >·; melus hostilis (Sali., / . 41, 2) « la peur (qu'on a) de l'ennemi ». En bas latin : dies dominica « le jour du Seigneur » (fr. dimanche), déjà dans Peregr. Aeth. 3, 1. L'adjectif ainsi employé mettait en relief la qualité; le génitif s'appliquait plutôt au possesseur lui-même : campus Martius « le champ de Mars » (consacré à des exercices déterminés), par opposition à aedes Mortis « le temple du (dieu) Mais » ; cf. Cic, Mi. 34 : gloria (sc. Milonis) quae cottidie augebatur frangendts furoribus Clodianis, iam Clodii morte cecidit « les fureurs Clodiennes (bien connues par leur violence ct leur répétition)..., la mort de Clodius (lui-même) ». Également : Prop. 4. 4, 21 : (Tarpeia) obstipuil regis facie et rcgalibus armis « (Tarpcia) fut éblouie
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CAS ET PREPOSITIONS
par le visage du roi (l'individu) et par les armes royales (la condition sociale) ». Mais cette répartition n'a rien d'absolu, et notamment chez Piaule la considération de la commodité métrique paraît intervenir. Voir ). Wackernagcl. Varies. II, j>. 7 5 ; K. Liifsledt, Synt. I 2 , p. τ 11 ; Chr. .Mohrmann, Mélanges Marouzeau, p. 437 s q q . ; 1'. IL Harsh, Mneiw>^., '919, p. 333 sqq. § 59. Génitif en fonction d'adjectif. — 11 existait une tendance inverse à utiliser le substantif en fonction d'adjectif. Cette possibilité est déjà sensible dans le génitif de définition : alimenta camis — « des aliments consistant en viande », et par suite « carnés », d'où une équivalence comme PL, Mi. 502 : nisi mihi supplicium uirgarum de le datur, en face de v. 51 1 : nisi mihi supplicium siimuleum de te datur. Ainsi s'expliquent diverses locutions expressives de la langue familière : scelus uiri (PL, Mi. 1434) « un scélérat » ( = uir scelestus) ; flagilium hominis (PL, As. 473) n coquin d'homme »; monstrum mulicris (PL, Poe. 273) « un monstre de femme »; deliciae. pucri (PL. Pc. 204) « un amour d'enfant »; cf. C i c , Fa. 5, 8, ζ : quaedam pestes hominum. La langue littéraire avait quelques exemples analogues : Lucr. 5, 1193 : murmura magna minarum « des grondements de menace » ( = minanlia) ; C i c , Cl. 31 : Mo poculo mortis, en face de Tu. 1 , 7 1 : mortiferum poculum ; Prop. 2, 28 b, 39 : una ralis fati « une seule barque fatale ». Par recherche de. la rareté. Tacite introduisait le Rénitil même dans des formules où l'adjectif était: consacré par l'usage : A. 1, S : uirgines Vestoc (— Vestales); 15, 39 : campus Mortis ( = Martius) ; 15, 44 : Sibyllae libri ( = Sibyllini). Contrairement à ce qui a été observé pour le génitif de qualité, aucune épithète n'accompagne le substantif, puisqu'il en fait lui-même fonction. En bas latin, l'emploi du génitif avec valeur d'adjectif était devenu courant sous l'influence de l'hébreu : type dominus gloriae (Vulg., / Cor. 2, 8) ; de même : Greg. T., H. F. 5, 35 : praeceptum iniquitatis « un ordre inique »; ira furoris (= furiosa), caecitas imperitiae, crudelitas saeuitiae, überlas fecundilalis, etc. Déjà Vitr. 6, pracf. : audacia proteruilatis « une audace effrontée ». EMPLOIS E N RÉGRESSION;
SURVIVANCES
Génitif partitif ? βΟ. Le génitif partitif indique le tout dont on extrait une parti*. Il se rencontrait anciennement à la place de tout autre cas, comme
GENITIF PAKTITIF
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encore en grec : αίματος 7tteïv (Horn., Od. ι ι, 96) < ' boire du sang » ( = ac cus, d'objet), νυκτός « à un moment de la nuit, de nuit » (abl. l o c ) , της Χ€<ραλής κατέαγε (Aristoph., Ach. 1180) « il sc fractura la tête » ( = accus, de la partie) ; etc. Voir J. Humbert. SynI. gr., §§ 366 sqq. En latin, il n'y a que des restes isolés de ces emplois : par ex. la forme adverbiale nox (§ 75) ou les génitifs boni et iiegoti dans PL, Poe. 641 et Mo. 1018-9 (encore s'agit-il de reprises) ; et la notion partitive se dégage souvent du seul contexte : aquam bibo « je bois de l'eau ». En outre, le génitif dans cette fonction était concurrencé par l'ablatif avec e.x„ surtout avec de (cf. le « de » partitif du français), déjà dans la vieille langue : dimidium de pracda (PL, Ps. 1164) « la moitié du butin »; facx de uino (Caton, Agr. 96, 1) « de la lie de vin ». et, dans la prose classique surtout, comme complément de pronom : unus e. (de) multis ; cf. aussi Ον., F. 4, 725. A basse époque, de -\- abl. devint de plus en plus fréquent : Peregr. Aeth. 37, 2 : summilates de ligno sanclo « les extrémités du saint bois ». E t même ce t o u r tendait à reprendre certaines des fonctions que le génitif partitif avait perdues, notamment comme complément d'objet après un verbe transitif : PL, St. 400 : ibo intro ad libros et discam de dictis melioribus « pour apprendre (quelques-unes) des meilleures plaisanteries »; C i c , FL 91 : dot de lucro (§ 232) ; Acla Fratr. Arn. (240 ap. J.-C.) il00, 2, τι : et de porcilias partiti ct cpulati sunt « et ils se sont partagé et o n t mangé des truies pleines » (avec de -|- accus., § 144) ; Peregr. Aeth. 3, 6 : dederunt nobis presbyleri loci ipsius rulogias, id est de pomis « les prêtres du lieu nous firent de petits présents, a savoir des fruits »; Grég. T., Mart. 1, 34 : de sancla cera super arborent posui « je mis de la sainte cire sur l'arbre ». § 61. Génitif p a r t i t i f c o m p l é m e n t d e n o m . — C'est comme complément de nom que le génitif partitif s'est le mieux conservé, en particulier avec des termes impliquant par eux-mêmes une idée de division, de partage ou de mesure : pars (equitum), cadus (uini), tria milia hominum et aussi mille hominum (§ 165) ; avec quelques adjectifs neutres substantives ; dimidium « la moitié » (praedae); extremum « l'extrémité » (proitinciac) ; reliquum « le reste » (uilae) ; summum « le sommet », tour qui remplace la construction appositive du type médius collis « le milieu de la colline » (§ 192) ; .avec les adjectifs particeps et expers « qui a (n'a pas) part à » (ralionis) ; consors « qui possède en commun » (regni) ; exsors (poètes, Liv., etc.), et, par analogie, exsul (patriae, Hor., Od. 2, 16, 19 ; Ον., etc.) ; socius « associé à » ; conscius
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CAS KT PROPOSITIONS
« complice de » (malcficii, C i c , Cl. 59) ; inscius « qui n'est pas au cour a n t de ». § 62. Le génitif partitif, désignant ce qui est tiré d ' u n groupe ou d'une série, sert de complément au superlatif : oplimus ciuium ; au comparatif en fonction de superlatif : maior puerorum « l'aîné de deux enfants » (§ 15)1) ; aux noms de nombre ordinaux : harum trium partium prima (Cic, de Or. 2, 129) « le premier de ces trois points » ; a u x adjectifs médius « qui est a u milieu de » (Galliae), princeps (senatus), cl aussi mulli (ciuium), paucï (militum), plcrique (hominum), en alternance avec la construction appositionnclle : plerique homines, etc. ; aux interrogatifs ou indéfinis : quis, aliquis, quisquam, quisque, aller, nemo, etc. ; quis uestrum? « qui d ' e n t r e vous? » ; nemo uestrum « personne parmi vous » ; etc. Tours prépositionnels concurrents : auprès du superlatif : acerrimus ex omnibus nostris sensibus (Cic, de Or. 2, 357), — ct de divers pronoms : si quis... de nostris hominibus (Cic, Flac. 9), pauci de nostris (Ces., ß . G. 1, 15. 2), en particulier avec quidam : e militibus ou inter milites. Pour unus, on ne trouve plus guère comme génitif partitif complément (pie celui d'une forme pronominale : unus eorum (Cic, N. D. 3, 54), (nubibus) quorum una... (ibid. 3, 51), en face de unus e (de) mullis « un parmi beaucoup, un quelconque », et aussi Minis inter milites. Il en est de même pour uterque : quorum utrique (Cic, Mi. 75) ; mais s'il s'agit d'un substantif, uterque s'accorde le plus souvent avec lui : consul uterque. Enfin, comme complément d'un relatif (masc ou fém.), le génitif partitif est bien inoins fréquent qu'en grec : Liv. 2, 22, 6 : qui captinorum remissi ad suos /itérant « ceux d'entre les prisonniers qui avaient été renvoyés chez eux » : l'expression usuelle serait qui ex capliuis... § 03. Ailleurs, ce sont des tournures neutres et fixées qui ont assuré le maintien du génitif partitif : a) Ciénitif dépendant d'adverbes de q u a n t i t é : multum auri. plus equorum ; de même, avec am/dius, plurimum, paulum, minus, minimum, partim, uimiitnt, tatt/utn, quantum, salis, exigunm ; etc. Noter adJatim « a b o n d a m m e n t de » (diuiliarum), m. à m. « j u s q u ' à éclatement ». A cause de leur caractère formulaire, ces locutions ne se trouvent plus
GÉNITIF PARTITIF
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«pic rarement (et hors de la prose classique) après préposition : Liv. 27, 28, 10 : in tantum allitudinis, — o u à un autre cas que le nom.-accusatif : Plin., Nat, 20, 70 : aluminis paruo admixto « un peu d'alun étant ajouté au mélange ». I
b) Génitif d é p e n d a n t des neutres quid, aliquid, quicquam, nihil, id, hoc, etc. : quid negoti? « quoi d'affaire? », c'est-à-dire « q u ' y a-t-il? » ( = quod negotium?) ; quid rei ou rerum? ; quid causae est cur? « quelle laison y a-t-il pour q u e . . . ? » ; consulere ne quid detrimenti respublica capiat (formule) « veiller à, ce que l ' É t a t ne subisse p a s de préjudice » ; nihil praemii « rien en fait de récompense » ; id muneris « ceci en fait de cadeau » ( = nullum praemium, id munus) ; idem iuris (Cic, Balb. 29) « la m ê m e législation », m. à m. « la m ê m e chose en fait de législation » ; id (hoc) aetatis (§ 37), et m ê m e quid mulicris? (Ter., He. 643) « quelle espèce de femme...? ». Le génitif était parfois un adjectif neutre substantive : quid noui? « quoi de nouveau? » ; nihil noui, certi, reliqui ; etc. Mais ce tour était lié à la forme de génitif en -1 des thèmes en -o- /-c-. Avec des adjectifs appartenant à la 3 e déclinaison, il y avait accord : aliquid miserabile, et non aliquid miserabilis ; également, du reste, si l'adjectif, fût-il du type bonus, -a, -um, était lui-même pourvu d'un complément : Cic, de Or. 1, 137 : nihil exspectalione ueslra dignum, car l'adjectif cesse alors d'être substantive. Cf. Löfstedt, Synt. P , p. 141. Dans Cic, N. D. 1, 75 : nihil solidi, nihil expressi; nihil eminentis, la forme eminentis a été entraînée par les génitifs en -î qui la précèdent. Comme complément d'un relatif neutre indéfini, le génitif partitif était Ö mieuré usuel : C i c , Ver. 2, 135 : accusatorunt... quicquid erat « t c u t ce qu'il y avait d'accusateurs ». Mais avec le relatif ordinaire, il n'en subsiste plus que des traces, surtout en v. latin : C. I. L. I 2 , 584, 13 : agri poplici quod... posident « ce qu'ils possèdent de territoire public ». Parfcis, le génitif était lui-même un pronom neutre : Ter., Hau. 961 : quicquid ego huius feci « tout ce (pic j'ai fait là », m. à m. « de cette affaire » ; cf. la formule quod eius (facerc) poteris « pour ce que tu pourras faire de la chose, dans la mesure du possible » : Caton, Agr. 32, 1, et 33, 1 ; Cic, At. 11, 12, 4 ; Liv. 39, 45, 7. c) Génitif d é p e n d a n t d'adverbes démonstratifs, relatifs ou autres, généralement de sens local : ubi terrarum? « en quel point de la terre? »
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CAS ET PRÉPOSITIONS
(--- ποϋ της γης ;) ; nusquam gentium « nulle p a r t au monde » ; eo loci (Cic, Sest. 68) et quo loci (Cic, Diu. 2, 135), c'est-à-dire eo loco, quo loco. On possède aussi quelques exemples anciens ou archaïsants des formes loci ou locorum avec valeur temporelle : adhuc locorum (PL, Cap. 385) « jusqu'à présent » ; ad id locorum (Sal., / . 63, 6) « jusqu'à ce moment »; interca loci (PL, Ps. 266 ; Ter., Eu. 126) « entre temps » ; poslidea loci (PL, Ci. 784) et poslea loci (SaL, / . 102, 1) « ensuite ». Également, semper annorum (Apul., Flor. 16, 48) « à jamais » ; tum temporis (Justin, Apulée), par reprise artificielle d'anciens tours. § C4. Alors que le génitif partitif était ainsi en recul dans la langue courante, les poètes et les prosateurs qui les imitent étaient portés — par réaction — à le reprendre et à lui donner un emploi plus étendu. Ainsi apparaît-il auprès d'un vocatif dans Vg., En. 4, 576 : sequimur te, sancte deorum « toi qui es sacré parmi les dieux », d'après Enn., A. 64 ct à l'imitation de l'hom. δια Οεάων ; ou encore dans le tour eo uecordiac processit ut... (SaL, J. 5, 2) « en vint à un tel degré de fureur que... » ( T a c , A. 3, 73 ; 6, 24 ; etc.), qui se développe sur le modèle du gr. elç γαρ τοϋτο θράσους άφίκετο (Démos. 21, 194) ; de môme, quo amentiae (Liv. 28, 27, 12). Plus spécialement, le génitif partitif est recherché comme complément d'un ndJceUl neutre substantive : Lucr. 1, 86 : prima uirorum « les premiers d'entre les héros » (hellénisme?) ; Vg., G. 1, 478 : sub obscurum noctis ; Liv. 7, 8, 5 : scrum dici « le tard du jour, le soir » ; T a c , A, 4, 67 : ccleberrimo fori « au moment le plus fréquenté du forum » ; de même, au pluriel : SaL, H. 2, 28 : per caua terrae ; T a c , A. 2, 23 : in aperta Oceani (déjà Ces., B. C. 3, 105, 4). Parfois, ces tournures sont employées en l'absence de toute idée partitive : Lucr. 1, 315 : strata... uiarum « les rues pavées », et non « les parties pavées des rues », repris par Vg., En. 1, 422 ; cf. aussi 2, 332 : angusla uiarum ; cuncta uiai (Lucr. 5, 739) ; cuncta gignenlium (SaL, / . 93, 4) « tous les végétaux » ; hominum cunclos (Ον., M. 4, 631 ; T a c , A. 11, 22), d'après plcrique hominum. Une extension également abusive du partitif — mais propre à la langue courante ·— est le génitif marquant le renchérissement dans les formules rcliquiarum reliquiae (PL, Cu. 388) « la réserve de la réserve » ; nummorum nummi (l'étr. 37, 8) « les écus des écus ». Les tournures bibliques du type caeli cacloruni, saecula sacculorum, uanitas uanitatum, appelées parfois genetiuus inhacrentiae ou identilalis, sont influencées par l'hébreu, mais pouvaient être préparées par des tours comme les précédents.
GENITIF PARTITIF
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§ 65. G é n i t i f p a r t i t i f c o m p l é m e n t d e v e r b e s ( e t a d j e c t i f s c o r r e s p o n d a n t s ) . — Un génitif partitif se laisse reconnaître d a n s le complément de certains verbes, n o t a m m e n t des verbes « emplir », car p o u r emplir on ne prend q u ' u n e p a r t i e du liquide utilisé, ou des verbes « se souvenir », car le souvenir qui é m a n e d ' u n e personne n'en" est q u ' u n e représentation partielle, etc. (V. J . H u m b e r t , Synt. gr., § 374 sqq.). Cet emploi, anciennement très r é p a n d u , n ' a laissé en latin que quelques constructions d o n t la v a l e u r première n ' é t a i t plus perçue et qui, p a r suite, iétaient concurrencées p a r d ' a u t r e s t o u r s . a) Verbes d ' a b o n d a n c e ou de p r i v a t i o n . Le génitif est s u r t o u t représenté avec compter e, implere, replere « emplir » (gr. πλ^ροϋν τί τίνος) et egere, indigc.re « m a n q u e r de » ; Caton, Agr. 88, ι : amphoram... puram inpleto aquae purae « emplissez u n e a m p h o r e p r o p r e d ' e a u p r o p r e »; Ces., B. G. f>, n , 4 : ne quis ex plcbe... auxilii egeret « afin que personne de la plèbe n e m a n q u â t de secours ». L'ablatif, toutefois, l ' e m p o r t e à p a r t i r de l'époque classique, sauf p o u r egere : C i c , Fa. 9, 3, 2 ; At. 7, 22, 2. Pour les autres verbes de celte catégorie, le génitif n'est attesté qu'isolément : (ob-)salurarc (PL, St. 18 ; Ter., Hau. 869) ; abundarc (Lucil. 308 ; Manil. 2, 600) ; carcre (Ter., Hau. 400 ; Laevius, ap. Gell. 19, 7, 7) ; opus est (v. l a t i n ; Prop. 2, 10, 12). Également, pour les verbes de désir (gr. έπιθυμεΐν τίνος) habituellement rattachés à ce groupe : cupere, par ex. PL, Mi. 964 : quae cupiunt lui « (des femmes) qui te désirent » ; cf. Tri. 842 (cod. A) ; sludere (Caecil. 201, Ribb.) et son contraire fastidire (PL, Au. 245) ; etc. ; mais on peut penser à un génitif de relation. Adjectifs : plenus « plein de » (ancien et class. ; Plaute n'a encore qu'un exemple de l'ablatif et dans un passage peu sûr, Mer. 880) ; cumulatus (PL, Au. 825 ; Caecil. 61, Ribb.) ; refertus (depuis Cic.) ; satur (Ter., Hor., Colum.) ; orbus (PL, Ru. 349 ; Lucr., Ον., etc.) ; inops (class.) ; ieiunus (depuis Cic, ct rare), e t c . Pour la plupart de ces adjectifs, le génitif peut aussi être considéré comme marquant la relation (§ 71). b) Verbes « dominer, régner » (gr. άνάσσειν τινός). Des verbes de ce groupe, seul poliri « être (se rendre) m a î t r e de » se construit avec le génitif, p a r exemple totius Galliae (Ces., B. G. 1, 3, 8), s u r t o u t d a n s l a locution potiri rcrum « s ' e m p a r e r d u pouvoir ». L'ablatif est, d u reste,
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CAS ET PRÉPOSITIONS
plus fréquent, et il y a des traces de l'accusatif (§ 26). En tout cas, p o u r les adjectifs compos « m a î t r e de » et impotens « qui n'est pas m a î t r e de », le génitif était usuel. Simples calques du grec sont des emplois récents, comme Hor., Od. 3, 30, 12 : regnauil populorum ou Minucius Felix, Oct. 12, 5 : uestri dominait tur, cf. Tert., A pol. 26, 3. c) Verbes de souvenir ct d'oubli : meminisse, reminisci, oblinisci alicuius ou alicuius rei (gr. μεμνησΟαί τίνος) ; in menlem (mihi) uenit ali cuius « le souvenir (me) vient de q q n » ; adjectifs mentor, immemor (alicuius). Une alternance ancienne existait avec l'accusatif d'objet (gr. μεμνησθαΐ τίνος et pepvjjoOocf τι). Dans les emplois latins — et sans qu'il s'agisse d'une véritable répartition — le génitif paraît impliquer l'idée d'un effort pour se souvenir ou pour ne pas oublier ; l'accusatif indique plutôt ce dont on se souvient pleinement et il est plus fréquent pour les choses : Cic, l:i. 5, 3 : uiuorum memini « je pense aux vivants » (PL, Cap. 800 ; Ces., B. G. 1, 13, 4), en face de PL, Mi. 1378 : officium memini « je sais ce que j'ai à faire » (L'ïfsli'dt, Synt., II, p. 27). Avec un pronom (ou une forme assimilée) neutre, l'accusatif est à peu près constant : type memini aliquid, multa, etc., pour la clarté, car le génitif prêtait à confusion sur le genre ; cl., cependant ; Liv. 28, 29, 7. En outre apparaît memini de aliquo ou de aliqua re, au sens de « penser à « ou « faire mention de » : PL, As. 939 : de palla memento « n'oublie pas la niante » ; Cic, 5M/. 43 : de rei publicae periculo... meminisse « parler du péril de l'État »; Al. 15, 27, 3 : de Herode meminero « je n.'oublierai pas Hérode » ; cf. Leg. Agr. 2, 3 ; Ph. 2, 91. D'autre part, recordari de -f- abl. « se rappeler » est usuel ; le génitif recordari (alicuius, rei) ne se rencontre que tardivement (Plin., Pan. 42, 4).
Génitif d'estimation et ablatif de prix ; type « lucri facere » § 00. Le génitif marquait l'estimation qui est faite d'une chose en diverses expressions ndvorhlnloR de quantité ou de degré. Mais le génitif dans cette fonction se rapprochait de l'ablatif instrumcnlal de
GÉNITIF D'ESTIMATION
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prix (§ 110). Et une répartition s'est établie selon les groupes de verbes entre les deux cas, sans pouvoir être d'ailleurs absolument rigoureuse. Cf. Wölfflin, A. L. L. G. IX (1896), 101 sqq. A) Verbes « estimer, lapprécier, faire c a s de, etc. ». — Les adverbes de degré sont avec ces verbes au génitif (génitif d'estimation) : aeslimare, existimare, pendere, censere « estimer » ; facere « faire cas » ; esse « être (de telle valeur) » ; ducere, putare « considérer comme (étant de telle valeur) » ; etc. ; magni « beaucoup » ; maximi « extrêmement »; minoris « moins »; minimi « le moins, très peu »; nihili « en rien, aucunement » ; parut « peu » ; pluris « plus » ; plurimi « le plus, à un très fort degré » ; lanti... (quanti) « autant... (que) » ; quanti? « combien? » ; etc. Exemples : PL, Ba. 821 : lanti est quanti est fungus putidus « il vaut autant qu'un champignon pourri »; Catul. 23, 24-5 : haec... || noli... putare parui « ne considère pas cela comme de peu d'importance »;. Cic, Fi. 2, 42 : uoluptatem... uirtus minimi facit « la vertu ne fait pas le moindre cas du plaisir », mot à mot « considère comme étant de très peu ». Ce génitif n'est pas à séparer du génitif de qualité adnominal : fossa qttindecim pedum, uir minimi preti (§ 57), et tous deux sont réunis dans une phrase comme : Cic, Q. fr. 1, 2, 14 : noli spectare quanti homo sit; parui enim preti est qui tant nihili sit « ne considère pas ce que vaut cet homme ; car il ne vaut pas cher celui qui ne vaut rien à ce point là ». La langue parlée avait — également au génitif — quelques équivalents expressifs des formes précédentes : assis (gén.),« (la valeur d') un as » ; flocci « un fétu » ; pili « un cheveu » ; nauci « un zeste ». Ainsi : PL, Cu. 713 : non ego te flocci facio « je ne fais pas de toi le cas d'un fétu » ; Cic, Diu. 1, 132 : non habco nauci Marsum augurent « je ne fais pas d'un augure Marse le cas d'un zeste ». C'était parfois un démonstratif neutre : Ter., Ad. 163 : huius non faciam « je n'en ferai pas le cas de ceci », c.-à-d. un claquement de doigts ou un signe analogue. Ce génitif adverbial d'estimation s'était par analogie étendu aux impersonnels refert ct interest « il importe » : magni, parui, pluris, tanli,
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CAS ET PRÉPOSITIONS
quanti, etc. « peu, beaucoup, plus, autant, etc. », à enté de l'accusatif : multum, plurimum, quantum, et aussi d'autres tournures : tantoperc, uc.hementcr, etc. § 07. B) V e r b e s « a c h e t e r , v e n d r e , c o û t e r ». — A cause de l'idée de prix, les adverbes de degré sont avec ces verbes à l'ablatif instrumental, à l'exception, toutefois, de quatre formes pour lesquelles le génitif du groupe précédent a prévalu : à savoir, les comparatifs pluris, minor is e t les corrélatifs tanti, quanti. Ainsi : emere, redimerc « acheter, racheter » ; uenum ire et uenire (§ 227) « être vendu » ; locarc « louer »; conducere « prendre à gages »; const are (stare), esse « coûter », proprement « être là à tel prix » ; etc. ; magno « cher »; maxima (plurimo) « très cher » ; paruo « peu cher » ; minimo « le moins cher, très bon marché » ; nihilo « pour rien » ; etc. Mais : pluris « plus cher » ; miliaris « moins cher »; tanti... (quanti) « si (aussi) cher... (que) »; quanti? « à quel prix?, combien? ». Exemples : PL, Mer. 425 : dum... ne minoris uetidas quam ego emi « à condition de ne pas vendre moins cher que je n'ai acheté » ; C i c , Ver. 3, ηι : magno cmcrat... magno ucndidisli, et avec a l t e r n a n c e : Ilor., S. 2, 3, T55-0 : sinne hoc lisanarittm orizac ||. — quanti cmplae?. — paruo « prends ce peu de tisane de riz. — combien l'as-tu payée?. — pas cher ». Des quatre génitifs qui apparaissent dans cette série, pluris fut sans doute le premier à s'introduire, l'ablatif plure étant à peu près entièrement sorti de l'usage dans l'emploi adverbial. La substitution de pluris à plure entraîna par analogie celle de minoris à minore ; et, du couple pluris j minoris, le génitif s'étendit aux deux autres adverbes qui se trouvaient l'un l'autre en relation : tanti j quanti. Du reste, tout souvenir des formes d'ablalif n'avait pas disparu ; le grammairien Charisius signale (G. !.. K. I, 11«), 10) : 'plure mit minore emptum' antiqui direbant ; et Ovide a encore un exemple de l'ablatif quanta dans /·". 2, 812 : heu! quanta regnis nox stellt unit luis! « combien une seule nuit a-t-elle coûté à ton royaume ! » (-·- quanti). D'autre part, l'ablatif de prix n'était pas rare auprès de aestimare : Cic, Ver. 3, 221 : minimo acslimabit « il estimera à très bas prix »; Tu. 3, 8 : ista gloriosa sapienlia non magno ac.stimanda est « ne doit pas être estimée cher ». Ce verbe semble avoir en fait admis les deux constructions : ma-
TYPE « LVCRI FACERE » gni aestimare n e s t i m e r d e g r a n d e v a l e u r à un g r a n d p r i x » (abl. i n s t r u m e n t a l ) . E n c e n t u e n t ; l ' a b l a t i f a d v e r b i a l se t r o u v e , « e s t i m e r » : T e r t . , Cuil. fem. 1 , 9 : tanto magno fecit quod concupiuil ; e t l ' a c c u s a t i f
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» c t magno aeslimare « e s t i m e r l a t i n tardif, les c o n f u s i o n s s'acp a r e x e m p l e , a u p r è s d e facere maior fit conçupiscenlia quanto d e m e s u r e s ' i n t r o d u i t (§ 41).
Note. — Avec des substantifs (et non plus avec des expressions adverbiales), c'est l'ablatif qui paraît avoir été généralisé, même auprès des verbes « estimer ». Ainsi, avec aestimare : PI., Cap. 364 : aestimatum uiginti minis « estimé à 20 mines » ; C i c , Ver. 3, 220 : ternis denariis aestimare, et aussi avec d'autres verbes : C i c , Ver. .\, 13 : si denariis quadringenlis Cupidinem illum putasset ; ibid. 3, 196 : quanti frumentum sil considéra — Video esse binis sestertiis « je vois qu'il coûte deux sesterces par mesure » (cf. 3, 214): Néanmoins, le génitif dans le cas d'un substantif n'est pas inconnu, en particulier avec esse : C i c , Of. 3, 92 : an einat denario quod sit mille denarium? ; dans c0 passage, il semble que le génitif ait été employé pour désigner la valeur récite de l'objet par opposition à son coût exprimé par l'ablatif : « achèterait-il un denier ce qui en vaut mille? ». légalement : Pétr. 30, 8 : uestimenta quae uix fuissent decern sestertiorum « des vêtements qui valaient à peine 10 sesterces » (génitif d'évaluation comme au § 57). § fi8. T y p e lucri facerc. — Le v e r b e facerc se I n u i ve d a n s q u e l q u e s locut i o n s c o n s t r u i t avec, le génitif d ' u n s u b s t a n t i f i n d i q u a n t l a c a t é g o r i e o ù l'on r a n g e u n e c h o s e : lucri facere « m e t t r e a u c o m p t e d u gain, f a i r e . . . d e bénéfice » : PI., Poe. 771, : me esse hos trecentos Philippos faclurum lucri « (pie je v a i s faire ces 300 p h i l i p p c s d e bénéfice »; cf. C i c , Ver. 3, n i , 116, 1 74 ; N e p . 8, 1 . 3 ; e t c . Le s e n s p r i m i t i f d e la r a c i n e *dhé- « poser, p l a c e r » (gr. τίΟημι) r e s t e e n c o r e s e n s i b l e : lucri facere, c ' e s t p r o p r e m e n t n p l a c e r e n fait d e g a i n ». D e m ê m e : com.pcndi facerc aliquid « é c o n o m i s e r q q e c h o s e » e t sumpti (dispendi) facere aliquid « faire la d é p e n s e d e q q e c h o s e », s u r t o u t en v. l a t i n ; reliqui facere aliquid ( d e p u i s Cic.) « r é s e r v e r q q e c h o s e » o u — p l u s r a r e m e n t — s o u s f o r m e n é g a t i v e : nihil reliqui facere « n e r i e n laisser, n e rien négliger » ; p a r e x t e n s i o n : numerare lucri ( C i c , Ver. 3, 84). Un g r o u p e voisin est celui d e s l o c u t i o n s aequi bonique facere aliquid « t e n i r p o u r j u s t e cl bon, s ' a c c o m m o d e r d ' u n e c h o s e , en p r e n d r e s o n p a r t i » (PL, Mi. 78.1 ; T e r . , Hau. 788 ; C i c , At. 7, 7, 4 ; L i v . 34, 22, 13) ; boni considère aliquid, m ê m e sens (PL, Tru. 421) ; Var., L. L. 7, 4 ; Sén., Ben. 1, 8, 1 ; e t c . ) . Ces l o c u t i o n s d e c a r a c t è r e a r c h a ï q u e o n t t o u t e s la f o r m e -i d e g é n i t i f ; cf. J . W a c k e r n a g c l , Mélanges de Saussure, p . 129 s q q . Il y a là u n t y p e t r è s ancien, a t t e s t é en sanscrit, e t qui, à l'origine, n ' a v a i t sans d o u t e rien d e
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CAS ET PRÉPOSITIONS
commun avec le génitif proprement dit. Peut-être les Latins le rattachaient-ils au partitif, comme paraît l'indiquer la transposition par de -\ablatif dans une expression voisine comme Ter., Ad. 817 : id de lucro pulalo esse omne « considère que c'est tout du gain ».
Génitif de relation § (tî). Ce n'est pas une forme particulière de génitif, mais un groupement de divers emplois isolés, ou apparaît clairement la fonction propre au cas de spéculer par un rapport ct qui sont pour la plupart les restes d'une utilisation libre anciennement développée. Le génitif de relation semble avoir eu une grande extension dont les traces apparaissent encore en v. latin : PL, Poe. 670 : trecentos nummos Philippos portât praesidi(i) « il apporte 300 philippes à titre de secours » ; Ci. 562 : (talenta) det doits « des talents à titre de dot » (Mer. 703) ; Pe. 785 : <7i»rt ci fidem non habui argenti « parce que je n'ai pas eu confiance en lui sous le rapport de l'argent » ; Ep. 239 : nee sermonis fallebar « leur conversation ne m'échappait pas », m. à m. « je n'étais pas trompé quant à leur conversation » ; Cap. 264 : quorum rcrum te /alsiloquom mihi esse nolo « sur ce sujet, je ne veux pas que tu me meutes » (Lindsay, Synt. of Planlos, p. 12 sqq.). Ce génitif se retrouve dans la locution omnium rerum « en tout » (PL, As. 459) ; Cic, Cat. 2, 25 : omnium rerum desperalio « un désespoir total », — et aussi dans la forme aninti = « relativement à son esprit », que l'ablatif animo a supplantée, mais qui est encore employée avec quelques verbes ou adjectifs : animi se excruciarc (PL, Ep. 390) ou angi (Cic. Ver. 2, 84) n se tourmenter, être dans l'angoisse »; animi pendere (PL, Mer. 128; Cic, Tu. 4, 35, etc.) « être dans l'incertitude »; nec me animi fallu (Lucr. 1, 136) « il ne m'échappe pas » ; animi lassus (PL), immodicus (SaL), dubius (Vg.), etc. Ce n'est pas là un locatif; avec des substantifs de la 3» déclinaison, on a, en effet, la forme du génitif, et non do l'ablatif : PL, Ep. 138 : desipiebant mentis « je perdais le sens », m. à m. « je déraisonnais sous le rapport de l'esprit » ; Tri. 454 : salin lu es sanus mentis aut animi? « es-tu sain d'esprit ct de raison? ». Voir A. Ernout, Philologien, p. 217 sqq. S 70. Comme complement île nom. le génitif implique un rapport
GÉNITIF DE RELATION
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à m. « par un désir concernant le pouvoir royal », — ou de tout autre complément : Cic, Arch., 23 : maximum periculorum incitamentum « un très grand encouragement à affronter les périls », m. à m. « en ce qui concerne les périls » ; Cic, Of. 1, 97 : praesfantia animantium reliquarum « supériorité par rapport aux autres êtres animés »; PL, Ep. 282-3 : consultatio nuptiarum « délibération relative au mariage » ; Cic, Tu. 1, 30 : deorum opinio « la croyance (relative) aux dieux » ( = de deis) ; Sest. 72 : rei publicae dissensio « le désaccord concernant les affaires publiques »; cf. Hor., Od. 1, 28, 14^5. Un autre génitif coexiste parfois : Cic, Tu. 3, 38 : forma Epicuri uitae beatae « le tableau de la félicité épicurienne » ; Ces., B. G. 1, 30, 2 : pro ueteribus Heluetiorum iniuriis populi Romani « en compensation des dommages causés par les Helvètes (relativement) au peuple romain » ; ci. ibid. 2,17, 2. § 71. Un génitif marquant la relation est complément d'adjectifs : PL, Ru. 213 : incerta sum, consili « incertaine quant à la décision » ;. Ces., B. G. 7, 30, 4 : homines insucti laboris « inaccoutumés (relativement) aiTtravail », à côté de insuetus alicui rei ou ad rem. Il forme aussi le complément de auidus, cupidus (gloriae), studiosus (uenandi aut pilae, Cic, Lae. 74), à côté de in aliqua re; peritus (antiquitatis, Cic, Br. 205) ; rudis « ignorant dans » (rei militaris, Cic, Ac. 2, 2) ; sagax (rerum, poét.) ; imperitus, gnarus, ignarus, capax, edax, etc. Cf. également le juxtaposé iuris consultus, proprement « qui est consulté (ou « qui a délibéré », sens actif) relativement au droit », lequel se présente aussi sous la forme iure consultus (ablatif ou doublet phonétique de iuris?) ; et aussi beaucoup d'adjectifs mentionnés § 65, par ex. inops amicorum (Cic, Lae. 53) « pauvre (en fait) d'amis »; impotens irae (Liv. 29, 9, 9) « qui n'est pas maître de (relativement à) sa colère ». Avec les participes présents, le génitif de relation exprime la qualité permanente : miles palicns frigoris « un soldat endurant (relativement) au froid », tandis que l'accusatif s'applique à l'action momentanée : miles palicns frigus « un soldat qui endure (actuellement) le froid ». Ainsi : PL, 215^857 : amanlem uxoris maxime « fort amoureux de sa femme » ; C î c , de Or. 2, 135 : alieni appetens « convoi-
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CAS ET PRÉPOSITIONS
t c u x (sous le rapport) du bien d ' a u t r u i » ; Quinct. 62 : sui negotii bene gerens « qui fait une bonne gestion de ses affaires », d'où negotii gereutes (Cic, Sest. 97) « les gens d'affaires ». Le génitif correspond à l'emploi du participe comme adjectif, l'accusatif à l'emploi verbal. § 72. Mais les relations ainsi exprimées étaient trop éloignées de la fonction habituelle du génitif comme complément déterminatif marquant l'appartenance ou la qualité. Aussi des tours prépositionnels plus explicites lui étaient-ils substitués : Cic, N. D. 3, 84 : in homines iniuriam, en face de Ces., B. G. 1, 20, 5 : rei publicae iniuriam; avec alternance : C i c , Of. 1, 99 : adhibenda est... reuerentia quaedam aduersus homines, et optimi cuiusque et reliquorum « il faut avoir du respect pour les hommes, et pour les meilleurs ct pour les autres ». Les poètes, au contraire, et leurs imitateurs usaient systématiquement du génitif de relation : Vg., En. 1, 462 : lacrimae rerum « des larmes pour le malheur » ; 2, 413 : creptac uirginis ira « dans la colère de voir que la jeune fille leur est enlevée » ; en particulier avec les adjectifs : Ilor., 5 . r, 1, 35 : incauta futur i « sans souci (sous le rapport) de l'avenir », d'après ignarus ; Sén., Ben. 4, 32, 4 : gloriae sequentis fugacissimus « obstiné à fuir une gloire qui le suivait »; T a c , A. 16, 32 : amicitiae (gén.) jallaccs n trompeurs en amitié ». De même : Vg., fin. 1, 178 : fessi rerum ; 1 1, 73 : laeta laborum ; Ον., M. 5, 100 : timidusque deorum ; 11, 315 : patriae non de gêner artis. § 73. L'n génitif m a r q u a n t la relation subsiste par survivance — et sans être toujours perr-u comme tel — d a n s le complément : Des verbes admonerc, commonere, commonefacere pour désigner la chose d o n t on avertit, dont on fait souvenir : SaL, C. 21, 4 : admonebat alium egestatis, alium cupidiialis suae « il rappelait à l'un son dénûm e n t , à l'autre sa convoitise », m. à m. « il le faisait souvenir q u a n t à... ». Mais c'est de + abl. qui était devenu la construction habituelle. Des locutions impersonnelles me miserct, me paenitet, me pudel, etc., pour indiquer la cause du sentiment éprouvé, alors que l'accusatif désignait la personne qui l'éprouve : Cic.,. Dom. 29 : ut me... pigeai stulliliac mcae « de sorte que je suis mécontent (sous le r a p port) de m a sottise » (§ 21). Avec pudet, le génitif s'appliquait aussi à la personne devant qui l'on a honte : C i c , Ph. 2, 61 : si te municipiorum non pudebat « si tu ne respectais pas (si tu n'avais pas honte devant) les habitants... » ; d'où, avec
GÉNITIF DE RELATION
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double génitif : Enn., Se. 59 : patris mei meum factum (gén. pi.) pudet « j'ai honte devant mon père de mes actions », construction comparable au double accusatif. — Quand ces impersonnels passèrent à la construction personnelle, le complément au génitif subsista : ainsi, pour misereor (sociorum, Cic, Ver. 1, 72), et aussi — isolément — pour uereor : Cic, At. 8, 4, 1 : ne tut quidem testimonii... ucritus « sans craindre même ton témoignage » (Ter., Ph. 971) ; Atta 7 (Ribb.). En bas latin, misereor de + abl. ou alicui, ci. Itala, Matth. 9, 27 (codd. Verc Brix.) miserere nobis (Vulg. nostri). § 74. Dans la langue du droit, un génitif de'relation désignait à la fois le grief dont on accuse et la peine à laquelle on condamne : a) Génitif du grief ; avec accusare, arguere, insimulare « accuser », condemnare, absoluere, liberare, etc. : C i c , Flac. 83 : eum tu accusas auaritiae? « tu l'accuses de cupidité? » ; 43 : pecuniae publicae est condemnatus « pour d é t o u r n e m e n t de fonds publics », m. à m . « relativement à de l'argent public ». Avec reus : (pecuniarum) repetundarum reus « accusé de concussion », proprement « pour de l'argent à réclamer ». I De même : teuere aliquem mendaci (Pi., Tru.' 132) « prendre qqn en flagrant délit de mensonge »; lencri eiusdem cupiditatis (Cic, Leg. 3, 31) « être convaincu de la même passion » ; manum inicere aliquem quadrupli (PL, Tru. 762) « poursuivre en restitution du quadruple ». Locution : damni infecti promittere ou satis dare « faire une promesse, donner caution pour un dommage non causé, c.-à-d. éventuel ». Ici encore, on observe une extension factice et littéraire du génitif, par ex. aux verbes interro'gare, postulare, urgere « poursuivre pour », souvent chez Tacite (A. 1, 74 ; 13, 14 ; etc.), et, d'après reus, aux adjectifs manifestas « convaincu de » (sceleris, SaL, T. 3s. 8) ; insons « innocent de » (depuis Liv. 22, 49, 7) ; noxius « coupable de » (coniurationis, T a c , A. 5, n ) ; suspectus f soupçonné de » (alicuius rei, Liv., Curt., Tac.) ; etc. Comme dans ces constructions le génitif n'était plus compris, les ablatifs crimine, iudicio, nomine y furent, parfois introduits pour lui servir grammaticalement d'appui : Cic, Cl. 120 : quos censores furli... nomine notarunt « (pie les censeurs ont notés pour vol » en face de Caton, Or. fr. 24, 2 (Jordan, p. 52) : inpoliliae ( = incuriae) notabalur. E t d'autres tours apparaissent : inter sicarios accusare (Cic, Rose. Am. 90) « en rnettant au nombre des assassins » ;· ob (propter) rem aliquam damnatus, scelere damnalus, in re aliqua coarguilur (Cic, Ver. 4, 104) ; surtout de + abl. dès
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CAS ET PRÉPOSITIONS
Plaute (Tru. 486) : de maiestate, de praeuaricatione, repetundis, etc.
de ui, de pecuniis
b) Génitif do In pdnc : il ne s'est conservé (pic dans quelques formules : capitis damnare (Ces., B. C. 3, 83, 3) « condamner à mort », m. à m. « relativement à la tête »; dupli, quadrupli damnari (condemnari) « être condamné au double, au quadruple » (Caton, Agr. praef. 1 ; Cic, Ver. 3, 29) ; minoris sestertium tricies... non posse damnari (Cic, Ver. ad. pr. 38) « ne pas pouvoir être condamné à moins de trois millions de sesterces » ; Liv. 7, 28, 4 ; uoti damnari « être condamné quant à son vœu », c.-à-d. à s'en acquitter, parce qu'il a été exaucé ; 5, 28, 1 : liberari uoti « s'acquitter de (relativement à) un vœu ». C'est d'ordinaire l'ablatif instrumental qui exprime la peine avec multare (plus rare est damnare) : exsilio, morte, pecunià « condamner à l'exil, à la mort, à une amende » (§ 11β). E t il tend à remplacer le génitif même dans les locutions où celui-ci s'était maintenu : damnare aliquem capile. (Cic. Ver. 5, 109) ; damnare uotis (Vg., B. 5, 80). On trouve, en outre, damnare morti (Lucr. 6, 1232), d'après dare morli ; damnare (condemnare) ad mortem ( T a c , A. 16, 21), ad bestias (Suét., Cal. 27), in metallum (Plin., Episl. 2, 11, 8) n aux mines » (souvent dans le Digeste). Note. —- Quelques emplois du génitif à Γι'ροψκ· d'Auguste nvec IMe (le Reparution sont on partie imputables à l'influence grecque : Hor., .S". 2. (i, 83-8.) : ncque... \\ ... eiceris... inuidit « il ne fut pas regardant de ses pois » ; Od. 2, 9, 17-18 : desine mollium J| tandem querellarum « cesse enfin tes plaintes peu viriles » ; A. P. 212 : liber taborum « libre de ses travaux ». Mais ces tournures avaient en latin même des antecedents dont 1 interprétation par le génitif de relation n'est pas douteuse : ΙΊ., Ain. 105 : liber harum rerum multarutn « libre relativement à beaucoup de ces choses »; Ru. 247 : ut me... laborum leuas ! « comme tu me soulages (sous le rapport) de mes peines I ». En revanche, la construction tic mirari avec le génitif est, comme le note Servius, un pur. hellénisme dans Vg., lin. ir, 126 : iuslitiaene prius mirer? « dois-je l'admirer d'abord pour ta justice? », d'après Οβυμάζ-c; τι/ό:. Au gérondif et à l'adjectif en -ndus, v. infra, § 279 d.
Emplois autonomes du génitif § 75. Le génitil était essentiellement le cas de la dépendance nominale, et il n'est que rarement employé d'une manière autonome. On cite à cet égard l'archaïque »10* « de nuit », peut-être ancien génitif issu de *noct(e)s, comparable au gr. νυκτός et qui serait comme lui d'ori gine partitive : Gell. 8, 1 ; XII Tab., ap. Macr., 5a/. 1, 4, 19 ; Enn., A. 431 ;
EMPLOIS AUTONOMES DU GENITIF
6r
Lucil. 127. Également, dius « de jour » (PL, Mer. 862 ; Titin. 13, Ribb.). Mais pour les Latins, ce sont des indéclinables. Certains faits isolés se présentent, en outre, au cours de l'époque historique : a) (îénltll cxclnmiitif, attesté seulement par quelques exemples, peutêtre imités du grec, où cet emploi était courant : Catul. 9, 5 : 0 mihi nantit beati \ « oh l'heureuse nouvelle! »; Prop. 4, 7, 21 : foederis heu! laciti ; Luc. 2, 45 : o miserae sortis! ; Tert., Pacn. 12 : pro malae traclalionisl Deux se trouvent chez Plaute : Mo. 91 2 : di immortales, mercimoni lepidi ! «. le beau m a r c h é ! » ; Tru. 409 : o mercis malae! « la mauvaise affaire » (partitif?). L'exemple de Catulle peut être un nominatif. b) Le génitif de qualité est parfois apposé d'une manière assez lâche : Liv. 30, 37, 9 : nouent... annorum a uobis profeclus « étant parti d'auprès de vous à l'âge de neuf ans » ; cf. 30, 26, 7 ; Nep. 17, 8, 2, etc. ; il s'agit alors d'un véritable complément circonstanciel, à la manière d'un ablatif. Même en fonction de sujet : Liv. 39, 8, 6 : mixli feminis mares, aetalis leiterae maioribus « le mélange des sexes et des âges », litt. « (ceux d') âge jeune mêlés aux adultes ». E n bas latin, la locution sui nominis devient fréquente au sens de « en son nom » : i c r exemple, C. I. L. I I ; 1459 (Vespas.) ; et huiuscemodi se trouve au lieu de /10c modo (D. Norberg, Beiträge, p. 40-41). c) Après ad et, (plus rarement) ab, ante, in, prope, le génitif d'un nom dp divinité est employé seul avec ellipse du nom du temple ou de l'édifice consacré : Ter., Ad. 582 : ubi ad Dianae ueneris « quand tu seras arrivé au (temple, s e fanum) de Diane »; C. L L. X I I I , 1983 : uade in Apolinis lauari « va te baigner aux (bains, s e balneis) d'Apollon » ; cf. Cic, Quincl. 17 ; Q. fr. 2, 3, 3 ; At. 16, 14, 1 ; etc. Ce tour existe en grec, où il était même plus développé : Horn., II. 24, 160 : Ιξεν δ' ές Πριάμοιο (sc. οίκον) ; cf. aussi l'anglais al S' Paul's. E n latin, c'est surtout un raccourci d'expression de la langue courante, mais de caractère ancien. Parfois, le génitif se rencontrait sans le support de la préposition, notamment en fonction de sujet : Liv. 2, 7, 12 : ubi nunc Vicae Potae est « là où se trouve maintenant le (temple, se. fanum) de Vica Pota » ; cf. Vitr. 3, 3, 2 ; etc. d) Les génitifs bidui et tridui sont signalés avec ellipse de iter ou de spatio dans Cic, A t. 5, 16, 4 : castra... quae aberant tridui, et 5, 17, 1 : castra... a quibus aberam bidui « à denx (à trois) jours de marche »; plus tard = « pendant deux ou trois jours », Grég. T., / / . F. 2, 5 : ut bidui triduique sine ullo cibo manerel. Voir Löfstedt, Synt. II, p. 246 sqq.
CHAPITRE
IV
LE DATIF
§ 7(i. Le datif est le cas de la personne (ou chose personnifiée) à qui s'adresse l'énoncé ou qui est intéressée par lui. Il exprime : a) L 1 'attribution, c.-à-d. à qui une chose est donnée, dite, envoyée, apportée ou — aussi bien, au sens contraire — enlevée, ôtée, a r r a chée : do pancm pauperi ; monstrum... eut lumen adcmfilum, Vg., En. 3, C58. C'est à cette fonction que se r a p p o r t e le n o m m ê m e du datif : ή δοτική πτώσις, datiuus casus. b) L a personne d a n s Y intérêt ou au detriment de qui l'action est faite (datiuus commodi ou incommodi) : PL, Mer. 71 : tibi aras..., Ubi scris, tibi... metes « c'est p o u r toi q u e tu laboures, pour toi que tu sèmes, pour toi que tu moissonneras » ; Ter., Ad. 115-6 : si quid peccat (filius), \\ mihi peccat « si mon fils bronche, c'est à m o n d é t r i m e n t qu'il bronche ». D a n s une mesure plus restreinte. In datif désigne la fin en vue de laquelle une chose est faite (datiuus ftttalis) : attxilio mittere « envoyer au SCCOUis ». Celte fonction explique le nom de ή έπισταλτική πτι~>σις donné parfois au cas par les g r a m m a i r i e n s grecs. Le datif de fin constitue une catégorie plus tranchée. Mais le datif d'intérêt n'est qu'une forme élargie du datif d'attribution : entre le datif de panent do pauperi et: celui de tibi aras, il n'y a pas une différence de nature ; la relation avec le verbe est simplement j;lus directe et plus étroite dans le premier tour (pie dans le second.
DATIF COMPLÉMENT INDIRECT
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Datif complément indirect de verbes transitifs § 77. Un datif d ' a t t r i b u t i o n sert de complément indirect d'objet à un verbe transitif, le complément direct é t a n t à l'accusatif : aliquid do alicui. Cette construction est, en particulier, celle des verbes dare, reddere, relinquere, concéder e, praestare « fournir » ; distribuer e, diuidere (praedam miliiibus) ; dicere et ses composés ; narrare, respondere, monstrare, ostendere ; negare « refuser » ; probare « faire approuver », suadere ; polliceri, promittere « p r o m e t t r e » ; committere, mandare et credere « confier, prêter » ; debere « devoir » (qqe chose à qqn) ; imperare, praecipere, praescribere « commander, enjoindre, prescrire à q q n » ; immolare, sacrare « consacrer à » ; uouere « vouer à » ; facere, a u sens d e « procurer, créer » alicui potcstatem (Cic, Ver. 2, 179) ou cognomen (Liv. 1,3, 9) ; adimcre, eripere, auf erre alicui « enlever, ôter à qqn » ; etc. Le type dare aliquid alicui avait par analogie entraîné donare rem alicui (depuis PL, Poe. 469) ct circumdare murum urbi (class. ; cf. Cic, Tu. 5, 59), au lieu de donare aliquem re, circumdare urbem muro (§ 116). De même, d'après imperare alicui, on a dit iubere alicui (non class.), soit avec l'infinitif (peut-être dès Catull. 64, 140, Cic, At. 9, 13, 2), soit avec ut et le subjonctif (§ 308). Le verbe persuadere appelle le datif de la personne que l'on veut persuader ou à qui l'on veut persuader une chose, dans les multiples constructions auxquelles il se prête, par ex. id Ulis persuasi, persuadée alicui ut + subj., mihi persuasum est « on m'a persuadé, ma conviction est faite » (de re) ; mihi persuadée ou persuasi « je me persuade/ma conviction est » , (id, prop, inf.) ; etc. Mais persuadere aliquem est à peine attesté : Enn. d'après Serv. En. 10, 10 ; Pétr. 46, 2 et 62, 1 ; chez ce dernier auteur, il s'agit sans doute d'une extension de l'accusatif d'objet propre à la langue parlée.
Datif complément de verbes intransitifs et d'adjectifs § 78. Un datif soit d ' a t t r i b u t i o n , soit d'intérêt (commodi ou incom-
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CAS ET PREPOSITIONS
modi) forme le complément de nombreux verbes intrnnsitifs expriuiaiil : un sentiment éprouvé, une altitude manifestée (favorable ou non) à l'égard de quelqu'un : alicui noc.crc ( faner e) « nuire (être favorable) à qqn »; obesse, obstare « faire obstacle, porter préjudice à » ; insidiari « tendre un piège à » ; auxiliari, opiltdari, prodesse « aider qqn, lui être utile » ; mederi « soigner qqn » ; oblemperare, parère « obéir à », — audire n'a gardé ce sens et la construction afférente au datif (gr. «xoû-ctv τινί) que dans la locution diclo audiens (PI., Am. 989; Cic, Ver. ι, IT4) cl dans le composé ohoedire ; irasci, sacuirc, suscettserc « s'irriter contre » ; plaudere « applaudir à »; oblrectare « dénigrer »; inuidere « porter envie à » ; assentiri, blandiri ; bene (male) uelle alicui ; cauere, considère (curare arch., § 25) « prendre soin de »; fidere, diffidere; ignoscere, parcere ; moderari, tcmpcrare ; supplicare, proprement « ployer les genoux à l'adresse de » (deo) ; nubere alicui « prendre le voile pour (se marier avec) qqn » (en parlant de la femme) ; un événement qui se produit ou un état qui existe pour quelqu'un : alicui accidit, contingit, cuen.il « il arrive à qqn » ; quid mihi fiel? (PL, Mo. 77b) «que va-t-il m'arriver? », àcôté de l'ablatif instrumental (§ 113) ; — alicui libel, licet, placet, proprement « il y a envie, pouvoir, plaisir pour qqn », et, par analogie, mihi decet (pré- et postclass., § 21) ; res alicui supcrcsl ou suppelit « une chose est en surplus, ou vient en abondance pour qqn » ; —- bene est mihi « je suis heureux, j'ai de la chance » ; —- fatum alicui manet « un destin attend qqn, lui est réservé », cf. § 23 ; la situation où se trouve une personne par rapport à une autre : pracesse « être à la tête de » (equitatui) ; seruire « être esclave de » (domino) ; ccdcrc alicui « céder à qqn » et succedere « lui succéder » ; — alicui antecedere, anteccllcre, anteire, anteucrtere, praecedcre, praeslare « l'emporter sur qqn. le dépasser », l'accusatif s'introduisant du reste (S 2«). § 7ί·. Adjectifs. -- Certains sont de même racine que les verbes précédeiils : adttersaritis, crcdultts (depuis Vg:), fidus (poét.) ; innistis.
DATIF DE RAPPROCHEMENT
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inuidiosus, trains ; sacer (deo, postcl., a u lieu du gén. § 54) ; supplex : Cic, Tu. 3, 77 : cum Alcibiades Socrati supplex esset ut... « Alcibiade suppliant Socrate d e . . . ». Pour b e a u c o u p d ' a u t r e s , il y avait simplement analogie de sens : alicui acquits « favorable à qqn » ; propitius, amicus, hoslis, inimicus, contrarius, implacabilis, in/estus, odiosus, perniciosus, alienus (rare, d'ordinaire ab -f- abl.) ; acceplus « agréable à » ; commodus, grains, suauis ; utilis ; superstes « qui survit à » ; etc. ; ces adjectifs pour la p l u p a r t se construisent aussi avec le génitif (§ 54). § 80. Quelques substantifs verbaux gardaient le datif complément du verbe correspondant : PL, Am. 166 : opulcnto homini seruitus « le fait d'être esclave d'un homme riche » ( = scruirc alicui) ; Cic, Leg. 1, 42 : obtemperalio scriplis legibus « l'obéissance aux lois écrites » ( = oblemperare alicui); Ph. 1, 36 : Pompei slaluae plausus « des applaudissements à l'adresse de la statue de Pompée » ; SaL, C. 32, 1 et 2 : insidiae consult « des embûches à l'adresse du consul » ; cf. Liv. 23, 35, 7 : exprobratio cuiquam ; etc. Mais ces constructions demeurent rares. D'ordinaire, le substantif forme groupe avec un verbe, et le datif dépend de l'ensemble : Ces., B. G: 1, 19, 3 : cui... fidem habebat « en qui il avait confiance »; de même, pour les noms d'agents comme adiutor, comes, tutor, par ex. Cic, N. D. 1, 17 : tibi hic uenit adiutor.
Datif de rapprochement § 8 1 . D u sens général d ' a t t r i b u t i o n , le datif était conduit p a r une application directe à m a r q u e r le rapprochement. Ainsi, au propre : iungere (coniungere) alicui « joindre à qqn » depuis Caton, et class. ; copulare « lier à » (class.), à côté de cum aliqub ; assidere « être assis (placé) auprès de » ; harrere.« être a t t a c h é à » (class.), à côté de ad -faccus. ou (en poésie) de l'ablatif seul ; prapiuquus « proche de » (alicui) depuis P l a u t e , également avec les comparatifs ct superlatifs propior, propius, praxi mus, proxime (alicui, loco) ; /inilimus, uicinus « voisin de ». De profiinquus le datif s'était appliqué au verbe.appropinquare « approcher de » (urbi), ainsi q u ' à propinquare (SaL, Vg., Tac. ; etc.) et à adpropiarc (Itala ; > fr. approcher).
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CAS ET PRÉPOSITIONS
§ 82. Au figuré, la notion de rapprochement se traduisait par celles de ressemblance, d'égalité, de communauté, etc., à l'expression desquelles le génitif (§ 54) concourait en même temps que le datif : adjectifs similis « semblable à » (alicui) ct dissimilis ; par ct dispar ; communis « commun à » depuis Plante, surtout dans l'expression communis alicui cum aliqua ; proprius alicui (Ter., .class.) ; congruens, conueniens « en accord avec », ainsi (pie les adverbes congruenlcr, conucnicntcr (naturae, Cic, Fi. 3, 26), à côté de cum -f abl. Par extension : particeps (postclass.), cf. Sén., lier. Fit. 369 : particeps regno ; discors « en désaccord avec », depuis Ον., Tr. 5, 5, 35 ; absurdus « qui jure avec » (Tac, A. 12, 9). De même, auprès des verbes de comparaison et de préférence : alicui aliquem comparare, conferre « comparer qqn à qqn » (class.), à coté de cum aliquo; alicui aliquem anleferre, anleponcre, praejerre « préférer qqn à qqn ». L'adverbe iuxta a une trace isolée de construction avec le datif : Liv. 24, n», 0 : rem... iuxta magnis (rebus) difficilem « chose difficile à l'égal des plus grandes », sans doute d'après similis. Egalement, par iter : Liv. _i8, 1(1, 11 : (génies) pariter nllimae propinqttis « les peuples les plus éloignés comme les plus proches » —- à moins que ce ne soit un ablatif analogique de la construction du comparatif, comme avec acque (§ 202). § 8!J. En poésie cl à l'époque impériale, le datif de rapprochement gagna plusieurs groupes de verbes : a) « mêler, associer, égaler » miscere, implicarc, acquare, sociarc alicui, au lieu de cum aliquo ; — b) « différer de qqn, être en désaccord avec » differrr, discordare, discrepare, dissentire, dislare alicui, au lieu de ab aliquo, en partie d'après dissimilis, dispar ; — c) loqui alicui, au lieu de cum aliquo, d'après dicere ct διαλέγεσΟαΧ τινι ; — d) n combattre contre qqn » pugnare alicui, au lieu de cum aliquo, d'après abesse (obstare) alicui et μάχεσΟα! τιν. ; de même : alicui allercari, certare, compone.re se, contendere, conscrere (maints), luciari, etc. ; — e) « (s')accoutumer » adsuescere, adsuctus, adsucfaccrc rei (Liv., Vg., etc. ; d o u t e u x dans la prose class.), an lieu de l'ablatif instrumental (§ 115). Exemples : Vg., En. 2, 723-4 : dexlrae se paruus lulus j| implicuit n le petit Iule s'attacha, à ma main »; Ilor., S. 1, 4, 48 ; (comoedia) dif/ert scrmoni « diffère de la conversation » ; Vg., En. 4, 38 : pugnabis amori? « luttcras-lii contre l'amour? » ; T a c , A. 2, 44 : ut suesceret mililiae « pom s'accoutumer au métier militaire ».
DATIF ET ACCUSATIF D'OBJET
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Souvent il s'agit d'une forme mixte de dat.-ablatif : Cic, Plane. 22 : uicinilas... non adsuela mendaciis ; Hor., Êp. 2, i, 194 : (scire) quantum discordet parens auaro « combien l'homme économe diffère de l'avare » ; Vg., En. 1, 440 : (se) miscet uiris, ou encore : implicare bracchia collo alicuius (Ον., M. 1, 762). L'indistinction morphologique facilitait en pareil cas l'extension — essentiellement littéraire — du datif. Pour idem, des traces de construction au datif sont signalées hors de la prose classique : Lucr. 4, 1174 : eadem... omnia turpi (mulieri) « toutes les mêmes choses qu'une femme laide » ; Hor., A. P. 467 : idem facit occidenti « il fait la même chose que celui qui tue »; Macrobe, Sat. 1, n , 6 : quasi (serui) non ex eisdem tibi et constent et alanlur dementis « comme si les esclaves n'étaient pas constitués et ne se sustentaient pas avec les mêmes éléments que toi ». Également : Lucr. 2, 918 : morlalibus... codent ; 3, 1038 : eadem... aliis... quiète; Ov. Am. 1, 4, 1 : epulas nobis aditurus easdem ; etc. L'analogie de similis alicui fournit sans peine une explication. On peut toutefois se demander si la construction du comparatif (doetior Petro) n'aurait pas exercé aussi son influence et si un ablatif ne se dissimulerait pas dans une certaine mesure sous les formes mixtes (morlalibus, nobis) ; même la forme en -i du sg. à la 30 déclinaison n'exclut pas nécessairement cette interprétation (§ 90).
Doubles constructions § 84. Par les notions d'attribution et d'intérêt, le datif convenait plus spécialement aux personnes ou aux relations abstraites. Aussi alterne-t-il assez fréquemment avec d'autres constructions réservées aux choses ou aux relations concrètes : accusatif d'objet ; accusatif prépositionnel avec ad, in ; ablatif de séparation. Parfois, cependant, son caractère plus expressif le faisait préférer à ces dernières, dans la langue littéraire surtout, ce qui ne pouvait se faire qu'au détriment de sa valeur propre. § 85. a) Datif et accusatif d'objet. — L'opposition des deux tournures est encore sensible entre cauere aliquid (canem) « prendre grtrde à qqe chose (au chien) » et alicui « veiller sur qqn » ; imperare rem « ordonner une chose » et alicui « commander à qqn » ; meiuere ou timere aliquem (aliquid) « craindre qqn (qqe chose) » et alicui « craindre
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CAS ET PRÉPOSITIONS
pour qqn » ; prouidcrc ou prospicere fnlura « prévoir l'avenir » ct alicui (saluli alicuius) « pourvoir à qqn (à son salut) » ; moderari equum n conduire un cheval » (Lucr. 5, T2q8) et alicui (orationi alicuius) « refréner qqn (son langage) » (Cic, AL 5, 20, 9 ; Q. jr. ι, ι, 3tS) ; temperare rem publicum, mare « organiser l'État, diriger la mer » (Cic, Diu. 1, 96 ; Hor., Od. 1, 12,16) et lemperare alicui « contenir » (linguae, PL, Rud. 1254 ; irac, Liv. 33, 20, 6) ou « épargner » (cuiquam, Cic, Ver. 2, 17). Également : considère aliquem « consulter qqn » et considère alicui « veiller aux intérêts de qqn » (avec, toutefois, un complément de personne dans les deux cas). A sequi aliquem « suivre qqn » s'opposait le composé obsequi alicui « déférer à qqn », d'après oblemperare alicui. Ces doubles constructions sont signalées par le grammairien Charisius, G. L. K. L, p. 295-296. Auscultare, doublet de audio dans la langue parlée et qui l'a finalement supplanté (cf. le fr. « écouter »), avait aussi une double construction. Avec le datif, au sens de « obéir à, faire confiance à » : PL, Trin. 662, Ter., Ad. 906, notamment dans l'expression ausculta mihi « écoute-moi, crois-moi », PL, Au. 237, reprise par C i c , R. Am. 104 (seul ex. du verbe chez cet auteur) ; dans la littérature de traduction, le datif est appuyé par le gr. άκούειν τινί : Vulg., Act. 8, 10 : oui auscultabanl omnes « à qui tous faisaient confiance ». Avec l'accusatif, il a simplement le sens de « écouter » : PL, Au. 406 (hune), Mer. 477 (omnia islaec), Ps. 427 (crimina) ; Catull. 67, 39 (populum) ; Vulg., Job 34, 2 (me) ; etc. Parfois la construction avec l'accusatif était »sortie de l'usage. En face de inuide.re alicui « porter envie à qqn », on a d i t anciennement inuidere aliquem (aliquid) « regarder vers qqn (qqe chose) », comme adspicere aliquem (aliquid), ainsi que le rappelle C i c , Tu. 3, 20. Ignoscere se trouve encore en v. latin avec l'accusatif de la chose pardonnéc : ignoscere peccalum (PL, Am. 257) ; mais le datif s'est ensuite généralisé : ignoscere alicui et ignoscere rei (class.). Pour curare et uitare, il a an contraire disparu (§ 25). Il s'en faut, enfin, (pie la dualité de construction réponde nécessairement à une dillérciice de sens : à nocere alicui correspond le gr. βλάιττειν τινά. (hi a vu (pie la langui; courante était portée à étendre l'ai cusatif d'objet (55 25 et 28). Inversement, le datif empiétait sur lui par réaction ou sous l'elfct d'analogies particulières : impedire alicui (Var., L. L. 9, 20), d'après obesse, obstare ; dominari alicui (depuis Sén.) ct regnare (lat. ceci.), d'après imperare; spcrare alicui (Sil. l t . 2, 594), d'après fidere; délectai alicui (Anthimus 24), d'après placet alicui ; etc.
DATIF ET ACCUSATIF PRÉPOSITIONNEL
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§ 86. b) Datif et accusatif a v e c « a d » ou « In ». — L'opposition du datif de la personne et de l'accusatif (prépositionnel) de la chose s'observe auprès de verbes de mouvement et de déplacement spatial ; lendere alicui lucem (Cic, de Or. i, 184) « présenter une lumière à qqn », en face de tendere ad castra (Liv. 9, 37, 10) « se diriger vers le camp » ; hominem alicui adducere (PL, Mo. 804) « amener une personne à qqn », en face de adducere exercilum ad urbem (Cic, Ph. 5, 22) ou in fines (Ces,, B. G. 5, 46, 3) « amener une armée aux portes de la ville, dans un territoire ». Avec différence du concret ct de l'abstrait : accidere ad lerram « tomber à terre » et accidit mihi « il m'arrive »; adesse ad portant « être à la porte » et adesse amicis « assister ses amis » ; inicere se in medios hostes « se jeter au milieu des ennemis » et inicere terrorcm exercilui « inspirer de l'épouvante à l'armée ». Beaucoup de ces verbes sont des composés ; le besoin de préciser la relation exprimée appelait, en effet, l'emploi d'un préverbe : afferre, déferre, immitlere, infwidere, adspergere « répandre sur », admouere, ingererc (bellum alicui), subicerc, imponerc, supponere, etc. Mais il ne s'agit nullement d'une catégorie de datif propre aux composés : celui-ci se justifie par sa valeur de destination et d'intérêt. E t des verbes simples — certains très usuels, comme fera ou mitto — l'admettent aussi bien, à côté du complément prépositionnel : ferre ou mittere alicui, ferre ou mittere ad portant. § 87. Ici encore des confusions se produisaient. Dans PL, Ep. 294 : ego Muni conueniam atque adducam hue ad le, on attendait plutôt le datif, puisqu'il s'agit d'une personne. Et, au contraire, celui-ci n'est pas rare pour des choses : se obicere telis hostium (Cic, Tu. 1, 89) « s'exposer a u x traits des ennemis », ou encore aggeri ignem inferre (Ces., B. G. 7, 22, 4) « mettre le feu au retranchement », à côté de in ignem inferre aliquid (ibid. 6, 19, 4). Pour incumbere, ad -f accus, est courant au sens moral de « s'appliquer à » : C i c , Cat. 4 , 4 : incumbile ad rei publicac salutem, alors que le datif apparaît au sens matériel dans Vg., fin. 5, 15 : iubel... incumbere remis « il ordonne d'appuyer sur les rames ». Grâce à ces échanges — et aussi par recherche d'expression — les poètes en arrivèrent à user du datif pour désigner le ferme (lu mouvement, au lieu de l'accusatif de la question, quo : Vg., En. 5, 451 : it clamor caelo « une clameur s'élève vers le ciel » ( = ad caelum) ; de même : B·, 8, 102-3 : feineres) riuo... fluenti... Ij ... iace « jette les cendres dans l'eau courante »
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CAS ET PRÉPOSITIONS
( — in riuum) ; Ον., M. 4, 92 : (lux) praecipitalur aquis (= in aquas). Mais celte extension toute factice avait sa contre-partie : le datif était à son tour concurrencé par le tour prépositionnel dans sa fonction même d'attribution. Cette substitution est annoncée dès la vieille langue auprès de dare à la faveur du sens local de « envoyer » que pouvait prendre ce verbe : PL, Cap. 1019 : hune... ad carnificem dabo «je livrerai cet homme au bourreau », ct aussi Am. 809 : me... ad mortem dédit, en face de me toxico morti dabo, Mer. 472 ; d'où, sans idée de mouvement : Ep. 38 : ad hosles exuui'is dabit « il abandonnera les dépouilles à l'ennemi » (A. Ernout, Rev. Phil., 191.|, p. 185-6). Cet emploi de ad devient fréquent à basse époque, en particulier avec les verbes « dire » : Greg. T., H. F. 2, 3 : ad episcopum ai ébat. § 88. Avec les adjectifs aptus et accommodatus « a d a p t é à », idoneus « propre à », natus « né pour », ulilis « utile à », inutilis « nuisible à », etc., se retrouve la m ê m e répartition entre datif et accusatif avec ad ou in : C i c , Br. 326 : genera dicendi aptiora... adulescentibus « espèces de si yle mieux appropriées a u x jeunes gens », en face de C i c , de Or. 1, 231 : (calcei) apli ad pedem « des chaussures qui vont bien au pied ». De môiiw: : humini (PI., Cap. 325) cl ad cam rem (PL, Ep. M) 1) ulilis. Mais, comme pour les verbes, le complément au datif fut souvent appliqué aux choses : Liv. 27, 26, 7 : tumulum insidiis... aptiorem; Cclse 3, f>, 9 : idoneus... cibo arger ; également, avec bonus « bon pour» (non class.) : Liv. 29, 31, 0 : (nions) pecori bonus alendo ; etc. C'était alors un véritable datif (mal (§ 5)9). § 8!). c) D a t i f e t a b l a t i f . — Le principal cas d'alternance est celui des verbes « ôter, enlever » : (ad-)eximere, auf erre, subducere, (de-) eriperc, (de-)subtrahcre, excuterc, exhaurire, extorquere, etc., construits avec le datif de la personne à qui l'on enlève (eripere alicui) et l'ablatif du lieu d'où l'on enlève (eriperc ex mnnibus) : PL, Au. 635 : nilequidem tibi ahstuli « je ne l'ai rien pris à t u » ; C i c , Of. 1, 43 : cripiunt aliis quod aliis largianttir « ils enlèvent a u x uns de quoi faire des largesses à d ' a u t r e s », en face de C i c , Br. 90 : se... cripuil flammâ « il s'arracha aux llainiiicsnoii Vg., fin. 1,88 t): cripiunt... nnbes caflttmquediemqite || Tfiicrorum ex oculis (cf. Lucr. i , 218) « les n u a g e s dérobent a u x yeux
! DATIF ET ABLATIF
ηΐ
des Troyens et le ciel et le jour ». Dans la même phrase : PL, Mer. 176
tuquidem ex ore orationem mi eripis ; Cic, Ver. 4, 57 : quam mullis istum putatis Iwminibus honestis de digitis anulos abstulisse? Le datif est alors un datiuus incommodi. Tout flottement n'était pas d'ailleurs exclu : par ex. Cic, Ver, 4, 14 : ab /tomine eo... eripuisse atque abstulisse « qu'il avait enlevé et ravi à cet homme». § 1>0. Avec les verbes arcere, defendere, etc., lé datif désignait aussi la personne mi profit do qui'l'on écarte quelque chose : Cic, Red. Sen. 19 : seruitutem depulit ciuitati « il écarta la servitude de la cité » ; le tour depulit ex ciuitale aurait un t o u t autre sens : « il chassa l'esclavage de la cité ». Mais cet emploi du datif fut développé par les poètes : Vg., G. 3, 154-5 : hune... Il arcébis grauido pecori « tu l'écarteras des femelles encore pleines » ; Hor., Od. 1, 1 7 ^ 3 : (Faunus) défendit aestatem capellis « il protège mes chèvres de la chaleur ». Et, d'une manière générale, le datif tendit en poésie à remplacer; l'ablatif de la question unde auprès des verbes do mouvement, comme il le faisait pour l'accusatif de la question quo : Vg., B. 6, 16 : serta... capiti delapsa iacebanl « des guirlandes tombées de sa tête gisaient à terre » (---- de capile) ; fin. 1, 174 : silici scintillam excudit « du silex frappé il lit jaillir l'étincelle » (— c silice) ; 11, 702 : euadere pugnac « échapper au combat » (~ c pugna). Il faut, toutefois, remarquer que l'interprétation par l'ablatif reste morphologiquement possible en ce qui concerne les formes capiti, pecori et silici ; car les désinences -e et -i au datif et à l'ablatif sg. d e l à 3 e déclinaison n'ont jamais été réparties de façon rigoureuse, ct la poésie dactylique évitait ainsi le tribraque (A. Ernout, R. Ph., 1944, p. 19t sqq.). A basse époque, le datif gagna les yerbes «le demande, au lieu de ab, de, ex + abl. : Grég. T.; Pair. 9 : cui cum quacrerel ; Martyr. 79 : peto caritati tuae (Bonnet, p . 544) ; Form. Andecau. 24 : interrogatum fuit ipsi Uli, qui... Mais peto alicui était, de son côté, concurrencé par peto ad aliquem (Vita Amandi 1, 17, cf. Löfstedt, Synt. I 2 , p. 205) ; d'où, le fr. « d e m a n d e r a qqn », qui, du reste, peut également représenter peto ab aliquo, par suite de la confusion phonétique de ab et de ad. Enfin, dignus, condignus, indignus, sous l'influence de aptus, idoneus, etc., s'étaient aussi construits avec le datif : Vulg., II Macc. 6, 24 : non enim aclati nostrae dignum est; Grég. T., H. F. 1, 31 : huic mysterio condignam. Note. — Daim decedere noeti de V«., 11. 8, 89, d. calori G. 4, 23, les formes nocti, calori sont des datifs à valeur normale : « céder le pas à la nuit, à la chaleur », comme cedere alicui (f 78). Pour fido et confido a pu exister une alternance de construction entre
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CAS ET PRÉPOSITIONS le datif « avoir confiance en qqn » (alicui) et l'ablatif instrumental (§ 115), littéralement « éprouver de la confiance grâce à qqe chose » (aliqua re). Le participe eonfisus se construit avec l'ablatif (§ 115).
Constructions dérivées du datif d'intérêt § 9 1 . Le datif d'intérêt ne désignait p a s seulement la personne a v a n tagée ou d é s a v a n t a g é e p a r l'action. P a r affaiblissement ou p a r extension d'emploi, il é t a i t à l'origine de plusieurs constructions. D a t i f d e p o i n t d e v u e (datiuus iudicantis) i n d i q u a n t a u x y e u x d e qujj'affirmât ion énoncée est vraie : Catul. 86, ι : Quintia formosa est mullis « Quinlic est belle a u x y e u x de b e a u c o u p ». Au participe présent, ce datif formait un tour caractéristique avec valeur indéfinie, qui se développe surtout à l'époque impériale : Liv. z6, 26, 2 : sita Anticyra est in Locridc laeua parte sinum Corinlhiacum inIranti « Anticyra est située en Locridc à gauche pour qui entre ( = quand on entre) dans le golfe do Corinthe » ; déjà Var., L. L. 5, 47 ; Ces., B. C. 3, 80. 1.
La locution grecque τοϋτ' Εστίν έμοί βουλομένψ (Thucydide) « cela est à moi le voulant », c.-à-d. « cela me fait plaisir », fut reproduite par Sallusle, ,/. 84, 3 : ncque plebi militia uolcnti pulabalur « la plèbe passait pour être opposée au service militaire »; ensuite, Liv. 21, 50, 10; T a c , Agr. 18 ; etc. § 92. D a t i f é t h i q u e (gr. ηθικός) ou de sentiment, c.-à-d. de pron o m s r a t t a c h é s à la phrase d ' u n e manière très libre, avec simple valeur affective (d'où son nom), comme d a n s le fr. « prends-moi le bon parti » : PI., Mi. 5 : ego hanc machacram mihi consolari uolo « je v e u x me consoler celle chère épéc » ; C i c , Fa. 9, 2, 1 : al tibi repente panels post dirbns... uenit ad me Caninius « voilà que soudain peu de jours après m ' a r r i v e (ton) Caninius... » ; cf. C i c , Cat. 2, 10 : qui mihi accubautes in conuiuiis... éructant... caedem. Avec uelle, re datif forme les expressions quid tibi uis? (Cic, de Or. 2, 269) « qu'entends-tu (faire)? »; quid... sibi uolt? (Ter., An. 375) « (pic veul-11 donc? », et non pas : « que veux-tu pour toi? » ou « que veut-il pour
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lui? ». Également, avec un nom de chose pour sujet : C i c , C. M. 66 : auaritia... senilis quid sibi uelit non inte.llego « je ne comprends pas ce que signifie la cupidité chez un vieillard ». § 93. Datif de p o s s e s s i o n , indiquant qu'une chose existe pour quelqu'un, c.-à-d. qu'elle est à sa disposition et qu'elle lui appartient. Ce datif de possession alterne avec le génitif de même nature (§ 53). Il se rencontre : avec esse : type est patri meo domus, attesté dès Plaute, cf. Au. 187. L'affirmation est énoncée du point de vue du possesseur ; « mon père a une maison », tandis qu'avec le génitif elle l'est du point de vue de l'objet possédé : « la maison est (appartient) à mon père » ; Le type est mihi aliquid est l'ancien tour utilisé pour exprimer la possession dans les langues indo-européennes ; le verbe « avoir » est partout d'acquisition récente. Kn latin, les deux tours est mihi aliquid et habco (possideo) aliquid coexistent ; Cicéron semble avoir une préférence en faveur du second pour les biens matériels. avec un verbe quelconque : Ces., B. G. 1, 3 1 , 2 : sese... Caesari ad pedes proiecerunt « ils se jetèrent a u x pieds de César », en face de C i c , Fa. 4, 4, 3 : cum... se ad Caesaris pedes abiecisset ; cf. aussi PL, Cap. 174 : quia mi est natalis dies (= meus). Le latin a le choix e n t r e mililum animos accenderc et militibus animos accendere. Dans cet emploi, le datif l'emporte sur le génitif chez Plaute et Térence, chez beaucoup d'auteurs de langue familière, et aussi en poésie ; Cicéron tend à l'éviter, sauf pour les formes pronominales ; César en use plus librement. Le génitif établissait une dépendance grammaticale plus étroite ; le datif paraît parfois plus expressif. L'alternance est en tout cas ancienne ; cf. Horn., Od. 12, 47 et 117 (Löfstedt, Synt. I', p. 225). avec un substantif : Philocomasio amalor (PL, Mi. 1431) « l'amant à Philocomasie ». C'était un tour de la langue parlée, comme l'est encore aujourd'hui en français le type « la femme à Paul ». La construction avec ad apparaît, du reste, en bas latin : C. I. L. X I I I , 2483 (vi e s.) : hic requiescunl membra ad dims fratres, Gallo et Fidencio. Utile parfois pour une possession moins directe ou momentanée : T a c ,
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CAS ET PRÉPOSITIONS
in Hispania
cornes « compagnon d'Othon en E s -
§ 94. D a t i f d ' a g e n t (datiuus auctoris). — Ce terme — en g r a n d e p a r t i e impropre — désigne l'emploi du datif comme complément du passif ou de formations r a t t a c h é e s a celui-ci. a) Datif complément de l'adjectif verbal en -ndus : c'est un datif d'intérêt i n d i q u a n t pour qui l'obligation existe : PL, Am. 891 : faciendum est mihi illud... quod illaec postulat « il me faut faire ce qu'elle d e m a n d e »„proprement « c'est p o u r moi u n e chose à faire », comme en grec ταϋτα έμοί πρακτέα εστίν. L'ablatif avec ab était parfois imposé par le sens : C i c , Har. Resp. 5 : eum nunquam a me esse accusandum pulaui « je n'ai jamais pensé que l'accusation dût venir de moi » (idée de provenance), —- ou nécessaire à la clarté : C i c , Pomp. 6 : bona... quibus est a uobis... consulendum « biens sur lesquels il vous faut veiller » : le verbe consulere se construit déjà par lui-même avec le datif (consulere alicui). Dans certains cas, enfin, il y avait simplement extension analogique de ab, d'après les autres formes du passif : Cic, Leg. Agr. 2, 95 ; non cos in deorum immortalium numéro uenerandos a nobis cl colcndos putatis? « ne pensez-vous pas que nous devons les vénérer et les révérer...? » ; peut-être aussi pour souligner, en plus de l'idée d'obligation, celle de l'exécution; cf. Sest. 41. De toute façon, la construction de l'adjectif en -ndus avec ab ne paraît pas attestée avant l'époque classique : dans 1er., An. 156 : ea primum ab Mo animaduertenda injuria est, le. complément ab Mo dépend de iniuria : « c'est là de sa part le premier tort qui mérite réprimande ». b) Datif complément du participe passé passif (adjectif en -to-) : il désignait de même la personne p o u r qui existe un é t a t ou une situation : C i c , Fa. 5, 19, 2 : mihi consilium caplum iamdiu est « c'est pour moi depuis longtemps une résolution prise », d'où « j ' a i pris depuis l o n g t e m p s . . . ». Aussi le datif fut-il t o u t d'abord limité a u perfectum passif, en particulier a u x formes audilus, cognitus, compertus, exploratus, innen tus, canductus, emptus, susceptus ; decretum, deliberalum, inslitutiim, prrspeclum, etc. C'est là un héritage indo-européen. c) Puis, en poésie ct chez les prosateurs d'époque impériale, le d a tif s'étendit h l'infcctum ct p a r u t se comporter comme un complé-
BATIF D'AGENT
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m e n t d'agent : Vg., Éh. i , 440 : neque cernitur ulli « il n'est aperçu de personne » ; T a c , ll\, 2, Ho : militibus... castra in modum penalium diligebantur « les soldats aimaient leur camji à l'égal de leurs foyers » ; etc. Parfois — comme l'ablatif avec ab — il était appliqué à des intransitifs équivalant pour le sens à un passif : Lucain 2, 547 : Calulo iacuit « il t o m b a sous les coups de Calulus ». § 95. Cette extension était: préparée par diverses constructions particulières, où le datif, tout en se justifiant comme!datif d'intérêt, dépendait d'une forme passive ou. médio-passivo : res alicui uidetur « une chose semble à qqn » (l'influence de cette locution sur le cernitur ulli de Virgile est probable) ; res alicui probatur « une chose agrée à qqn » ; ou encore res mihi comparatur, expetilur, quaeritur, par transposition de rem mihi compare, expelo, quacro, etc. : C i c , Ver. 3, 43 : tibi consulatus quaerebatur « tu recherchais le consulat », litt. : 0 il y avait pour toi recherche du consulat ». Le datif est proprement un datif de la personne intéressée. Mais la personne intéressée était; en même temps l'agent. De même : C i c , Tu. 5, 68 : sumatur... nobis quidam praestans uir « prenons un homme supérieur », c.-à-d. sumamus nobis nimm qnemdam praesianlem; ou encore : C i c , C. M. 38 : semper... in his studiis laboribusque uiuenli non intellegitur quando obrepal senedus « pour qui vit sans cesse dans ces études et ces travaux, le sentiment n'existe pas du moment où se glisse la vieillesse » (datif de point de vue, § 91). Néanmoins, il résultait de tout cela un flottement favorable à l'emploi du datif comme complément d'agent, d'autant plus que la construction du passif avec ab ne fut jamais très vivante. Aussi un exemple du datif dans cette fonction peut-il être relevé à Vinfeclum dès C i c , Inu. 1, 86 : Ma nobis alio tempore... explicabunlur « nous exposerons cela une autre fois » ( = a nobis), sans doute par anahjgic avec le tour haec nobis satis dicta sint n en voilà assez ». Note. — Il est en tout cas utile de remonter, quand on le peut, à la valeur première ries tours. Dans un passage comme Cic, Fin. 5, 75 : quamquam ego non quaero quid tibi a me probalum sit, sed huic Ciceroni nostra, le datif est un datif d'intérêt, et le complément à l'ablatif avec ab garde quelque chose de sa valeur première de provenance : « du reste, je m· cherche pas à savoir rc qui venant de moi (== dans mon exposé, a me) le plaît ίι loi (tibi), mais à notre Cicéron (pie voici (Ciceroni) ». § »G. Divers adjectifs en -to-, restés eu dehors de la conjugaison, conservaient la construction au datif : uxori exoplatus (PL, Am. 654) « très désiré de sa femme » (— gratus) ; cerium mihi est + inf. « c'est pour moi une chose
7»
CAS ET
PREPOSITIONS
décidée de » (mais le rapport de certus avec cerno était-il absolument cfïacé?). Des traces de complément au datif existent, en outre, pour les substantifs verbaux en -lio : type quid tibi hanc taclio est? (§ 29). également pour les adjectifs eu -bilis : PL, /'5. 1112 : neque is (dal. pliir.) unquam nobilis fui (— nntus) ; Luril. 508 : amico exoptabilis (— exoptatus). Ce dernier tour fut repris il l'époque impériale : flebilis alicui (Hor., Od. 1, 2.), 0) n pleuré de qqn » ; alicui Inlerabilis (Liv. 34, 3, 2) « supportable pour qqn », et même appliqué à d'autres adjectifs : nulli non saucius hosli (Sil. II. 5, 334), célèbres llomero uiluli (Plin., Nat. 32, 144) « les veaux marins célébrés par Homère » ; etc.
Datif final (« datiuus finalis ») § 97. Dans cette fonction — mieux représentée qu'en grec —• le datif indique on vue de quoi l'action est accomplie, s'appliquant essentiellement à une chose, ct non plus à une personne. : Ces., B. G. 1, 49, 1 : castris idaneum locum dclegit « il choisit un emplacement approprié pour le c a m p » ; de même : canere receptui « sonner pour la retraite », oleas condere estti (Var., R. R. 1, fio) « m e t t r e des olives en conserve », m. à m. « pour manger ». Plante a encore les locutions isti rei... ut (Ru. 717) « eii_vue de », eut rei? (Poe. 479) « à quelle lin? ». Néanmoins, dans l'usage courant, ce datif final a été sup7>Ta7iÎë7par d ' a u t r e s tours, notamment par ad -\- accus. ; cf. déjà PL, Tri. 232 : ad actatem agundam, à coté de actati agundae, v. 229. Ce n'est plus q u ' u n e survivance ; ct les locutions, où il se présente, a p p a r t i e n n e n t en général au vieux fonds de la langue. § 98. Comme roiuplémpnt de verbes, le datif final se rencontre avec darc, dicere ; ducc.rc ct habere « considérer comme » ; esse ; mittere ; c i c , d a n s des expressions dont beaucoup avaient un caractère technique ; et souvent il s'y joint un autre datif désignant la personne intéressée (double datif) : arraboni darc (PL, Ma. 045) « donner en arrhes » ; pec.nniam doli ou fenori darc (alicui) « donner de l'argent (à qqn) en dot, à intérêt »; se (agrum) pignori opponcre « donner sa personne (un champ) en gage » ; muneri miltere (alicui) « envoyer (à qqn) en présent » ; diein
DATIF FINAL
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it tuere, peiere
'. Dans certaines expressions courantes, le datif final est celui :bstantlf verbal (supin, cf. plus bas, § 276) ou tout autre : exiersui (PL, Cit. 578) « serviette à essuyer »; satui semen Ji> 5· 3) " graines pour semer » ; pabulum ouibus (ibid. 5, 8) ' ^>bür brebis » ; receptui signum (Cic, Ph. 13, 15) « le signal 1 la retraite », — construction qui a survécu dans le typeir.
Il-
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CAS ET PRÉPOSITIONS
pot à eau. Au langage administratif appartiennent des locutions anciennes avec le gérondif" ct l'adjectif en -ndus, où le datif indique pour quelle tâche une personne est désignée : decemuiri legibus scribundis « décemvirs pour ( = chargés de) la rédaction des lois » ; tresuiri a gris dandis adsignandis « triumvirs chargés de donner et assigner les terres » ; prae/écli frumenlo dando (S. C. de 743, cf. Frontin, Aqu. 100, 3) ; également, lex parieli faciendo (C. I. L., I 1 698, 5), etc. Le génitif s'introduit du reste : C. I. L. I X , 3306 ( l / n e s. a p . J.-C.) : curatori aedium sacrarum nionumentorumquc publicorum tuendorum. A l'époque impériale, une réaction — purement littéraire, d'ailleurs —se manifeste en faveur du datif final, appliqué à une chose, au lieu du génitif ou d'un tour prépositionnel : Vg., En. 3, 305 : et geminas, causam lacrimis, sacraucral aras » elle avait consacré deux autels, cause de bien des larmes » ( = lacrimarum), repris par Lucain 3, 607; ibid. 2, 798 : collectant exsilio pubem « jeunesse rassemblée pour l'exil » ( = ad exsilium) ; également avec les adjectifs du type aptus, idoneus, etc. (§ 88) : Son., N. Q. 1, 1 , 7 : quaedam concipiendis ignibus idonea « (corpuscules) p r o p i c s à p r e i i d i c feu, in f l a m m a b l e s »; T a c , A. 14, (S : serendis incurinsos « i n s o u c i e u x de faire les semailles ».
frugibus
Note. - - Les emplois du double datif sont à rapprocher (le ceux (lu double accusatif : il n'y a pas de différence entre doeerc aliquem grammatical!!, te bonas preces precor, et hoc ci saluti fuit, bubus glandent prandio depromere. Dans les deux cas, c'est un complément de la personne et un complément de l'objet qui sont envisagés simultanément.
CHAPITRE V
L'ABLATIF
§ 100. Trois cas concrets sont représentés, comme on l'a vu (§ 10), dans l'ablatif latin : l'ablatif proprement dit, l'instrumental et le locatif. Aussi un rôle important a-t-il échu aux prépositions pour préciser les notions qui revenaient à chacun d'eux et que la forme casuelle ne permettait plus de distinguer. Ab, de, ex se lièrent ainsi à l'ablatif proprement dit ; cum à l'ablalif-insti umcnlal marquant l'accompagnement ; in, sub, etc., à l'ablatif-locatif. Mais l'ablatif latin ne cessa jamais de s'employer seul, par ex. (buis la phrase suivante de Cicéron, où il fournit trois compléments de valeur différente : Br. 315 : Mcnippus Stratonicensis, meo iudicio lota Asia Ulis temporibus disertissimus. Note. — Par opposition au grec qui n'avait pas conservé l'ablatif, celui-ci était parfois qualifié chez les grammairiens de casus Latinus. Lorsqu'un mot grec doit être introduit dans une phrase latine en fonction d'ablatif, il l'est d'ordinaire sous la forme du datif : C i c , At. 13, 21, 3 : id. ab ëitoy.yj remotissimum est « cela est très éloigné du grec έκο/ή ».
Ablatif p r o p r e m e n t dit § 101. L'ablatif proprement dit — ou ablaliuus casus du lat. auferre (ablatum) « ôter, enlever » — marque le point de départ, l'éloigncment, la Réparation. Au sens local, comme complément des verbes de mouvement, c'esl l'ablatif de la question unde ; Caesar e Gallia proftetus est. prépositions ah, de, ex qui accompagnent alors l'ablatif, ab
Ho
CAS KT PRKPOSmONS
(gr. %rJ>) « en sY'loignant de » désigne le m o u v e m e n t qui p a r t des a b o r d s du lieu ou de l'objet
: a signa
Vortumni
uenire ( C i c , Ver.
i,
154) « venir (d'auprès) de la s t a t u e de V c r t u m n e »; ex (gr. έξ) « hors de » caractérise le m o u v e m e n t qui p a r t du lieu ou de l'objet lui-même : c castris crumpere
(Ces., B. G. 3, 5, 3) « faire irruption hors du c a m p ».
Ab et ex s'opposent ainsi de la m ê m e m a n i è r e q u e ad ct in (§ 44). La valeur particulière de ab en faisait la préposition habituelle q u a n d le point de d é p a r t était une personne : a Caesare redire (Cic, Q. fr. 2, 4, 6) « revenir- d ' a u p r è s de César ». De « en p a r t a n t de » s ' a p p l i q u e a u m o u v e m e n t dirige de h a u t en b a s : décida de /cela (PL, Cas. 931) « je t o m b e d u lit », c o m m e , d u reste, d a n s despiccrc
« regarder de h a u t , mépriser ». Mais souvent aussi, il
n'a p a s de n u a n c e spéciale ; et, rendu plus r é s i s t a n t p a r son initiale c o n s o n a n t i q u e , il e m p i é t a i t sur ab et sur ex d a n s la langue parlée. S e u l île c e s I r o i s f o r m e s il a s u r v é c u en r o m a n . C e t t e r é p a r t i t i o n n e fut d ' a i l l e u r s j a m a i s c o n s t a n t e . Cicéron dit haurirc a /ontihus (Ac. ι, Ή) ou de /nitro (Diu. 1, ι 12), à c ô t é d e e fontibus (de Or. i, 12). D ' a u l r e p a r i , un v e r b e c o m p o s é , m u n i d e l ' u n e d e ces formes c o m m e p r é v e r b e , a s o u v e n t son c o m p l é m e n t , p r é p o s i t i o n n e l i n t r o d u i t p a r l ' a u t r e : ex en loro abesse (Ces., B. G. 5, 2 1 , 2), de carccrc cmitli ( C i c , Ver. 5, 22), ci r err de naui ( C i c , Of. 3, So) ' . S 102. L ' a b l a t i f s'est m a i n t e n u — ou t e n d a i t à se m a i n t e n i r — seul : a) a v e c les n o m s d e villes e t les formes domo, rurc (§ 129) ; d a n s d e s locut i o n s fixées p a r l'usage : opsonatu, uenalu redire (PI.) « r e v e n i r d u m a r c h é , d e la c h a s s e » ; manu mittere (rmitlere) « affranchir, laisser aller h o r s d e sa t u t e l l e « ; cedrre Inco ((.'es., B. C. 2, 4 1 , 4) « l â c h e r pied », m a i s locum r.\ quo cesseront (Liv. 3. 03, 1) ; e t c . ; — b) q u a n d le v e r b e é t a i t l u i - m ê m e c o m p o s é d e ab, de, ex (sans q u e cela, d u r e s t e , efit rien d e nécessaire), p a r e x . castris rgiessi (Ces., B. G. 2, 11, 1) « é t a n t s o r t i s d u c a m p » e t mura deieeti (ibid. 7, 2K, 1) « délogés d u m u r », à c ô t é d e e. castris egressi (ibid. 1. L'emploi îles doublets a, alis, r était à peu prés le môme qu'en composition. Les formes réduites a et e se trouvent devant consonne, sauf A : a Gallis, e ciuitate ; les formes pleines nl> et ex, devant voyelle ou h : ab Aquitanis, ab homine, ex 1II0, ex homine ; abs, qui est un renforcement de ab comme sus de sub ( sub f s), apparaît, devant c et surtout / : abs te. I'our plus de détails, voir Krunul Meillet, Did. étym., s. u.
ABLATIF PROPREMENT Dit
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i, 27, 4) ou de muro se deiecerunt (Ces., B.C. 1, 18, 3) ; également Vg., En. 1, 145 : delrudunt noues scopulo (— e scopulo) ; — c) en v. latin, par survivance : saxo satire (PL, Tri. 265!)) « sauter d'un rocher », et, plus tard, par recherche de style : Vg., En. 6, 190-1 : columbae || ... caelo uenere uolanles « des colombes vinrent du ciel en volant »; T a c , A. 2, 34 : processif Palatio « il sortit du Pàlatium » ; peut-être même Ces., B. C. 3, 29, 1 : oppido fugil (codd.). La situation est. la même (pie pour l'accusatif. § 103. Appliqué au temps, l'ablatif de point de d é p a r t se présente avec préposition d a n s les deux acceptions suivantes : a) « dès, depuis » : ab initio, a principio « dès le d é b u t », a fiuero (pueris, puerilia) « dès l'enfance » ; ex illo die ou tempore « depuis ce jour-là, depuis ce m o m e n t là » ; — b) « en s'éloignant de tel événement », c.-à-d. « au sortir de, aussitôt après » : ab rc diuina (PI., Poe. 618) « au sortir du sacrifice » ; e consulalu (Cic, Br. 318) « au sortir du consulat » ; non bonust somnus de prandio (PL, Mo. G<)j) « le sommeil au sortir de table » ; diem ex (de) die exspectarc ou difjcrre « a t t e n d r e , différer de jour en jour », m., à m. « un jour après l'autre »; cf., en outre, le t y p e multa de node (§ 108, 5). Sans préposition, un ablatif de point de d é p a r t se laisse reconnaître d a n s des t o u r n u r e s négatives comme C i c , Rose. Am. 74 : Romam multis annis non uenit « il n'est p a s venu à R o m e depuis de nombreuses amiées ». Cet emploi est habituellement interprété p a r le locatif « d a n s l'espace de nombreuses années » ; en fait, les deux cas se rejoignaient. § 104. A l'ablatif de point de d é p a r t se r a t t a c h e n t le complément d u comparatif sans préposition : doctior Peiro (§ 195) \ et le complément d'agent d u passif avec ab (§ 228). Il forme aussi le complément de plusieurs verbes : accipere ab aliquo κ recevoir de q q n » ; audire ab aliquo « e n t e n d r e (apprendre) de q q n », et, p a r suite, bene (male) audire ex (ab) aliquo « avoir b o n n e (mau vaise) r é p u t a t i o n auprès de qqn » ; discere ab aliquo « a p p r e n d r e de qqn » ; meluere (limere) ab aliquo « craindre qqe chose de qqn », en face de meluere (limere) alicui « craindre p o u r qqn » ; pelere ab (par1. Certains grammairiens voient dans Petro un instrumental; mais l'emploi du génitif-ablatif en grec : IMrpou σοφώτίρο«, combat cette interprétation.
82
CAS ET PRÉPOSITIONS
fois ex), paslularc ab, quaerere ab ou de ou ex aliquo (class.), rogare ab aliquo (PL, Kh. lier., SaL) « d e m a n d e r à qqn », construction qui se substitue au double accusatif (§ 50). Cf. aussi un emploi comme dolere ab oculis « souffrir des yeux » (PL, Ci. 60), à côté du tour plus fréquent : pes mihi dole t. § 105. L'ablatif d'origine est l'ablatif de point de d é p a r t employé avec les verbes nasci « naître », parère « enfanter » et les participes natus, orlus, prognatus (en poésie, cretus, edilus, salus) « né de »; oriundus « originaire de » ; etc. La préposition est le plus souvent exprimée : ex p o u r la descendance directe (père, mère) : C i c , Rose. Com. 30 : ex improbo paire nasci; N. D. 3, 57 '• Apollo e. Vulcano nalus; ab pour la descendance éloignée (grands-parents, aïeux), s u r t o u t avec ortus et prognatus : C i c , Tu. 1, 21 : Pherccraten quendam... a Deucalione ortum « qui descend de Deucalion »; Ces., B. G. G, 18, τ : (Gallas) omîtes ab Dite pâtre prognatos « descendants de Dispaler» : d'où, l'expression homo a se ortus « un homme qui descend de lui-même, sans aïeux, un h o m m e nouveau ». Celle répartition esl conforme à la différence signalée au sens propre entre les deux prépositions. Mais elle n'est p a s toujours observée : Ces., B. G. 2, 29, 4 : ex Cimbris Teutonisque pragnali. E n outre, de apparaît, au lieu de ex : Ον., M. 9, (113 : de tigride natus « né d ' u n e tigresse » ; cf. aussi C i c , Rcp. 2, 34 : cum de maire familias Tarquiniensi duo ftlios proercauisset. § KM!. L'ablatif seul, maintenu par le caractère formulaire du tour, apparaît encore assez souvent auprès des participes signifiant « né de » en v. latin et chez les poètes : PL, Am. 365 ; Vg., fin. 9, 642 ; Hor., Od. ι, ι, τ, etc. Cicéron ne le présente guère qu'avec natus : Cl. 27 : Papia nalus, à moins (pie le complément soit un pronom, auquel cas la préposition a été généralisée, à cuise de la forme généralement: faible de celui-ci : ex te, ex Uta nalus. Si c'est une locution indiquant le rang ou la condition, l'ablatif non prépositionnel reste également usuel, mais il peut s'interpréter dans une certaine mesure comme un instrumental ou un locatif : nobili génère, summo loco, eqne.stri loco, amplissima ou anliquissima familia, etc.. ; par ex., Cos., B. G. \, 12, .\ : amplissimo génère natus « de très haute naissance »; également, Vg., fin. 2, 74 : quo sanguine cretus? 0 né de quel
ABLATIF PROPREMENT DIT
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sang? ». De, cependant, s'introduit : quo de génère natus? (PL, Cap. 277), accusator de plèbe (Cic, Br. 131). Pour désigner la patrie, le latin peut employer l'ablatif seul ou prépositionnel, avec ou sans participe indiquant la naissance : N. Magius Cremona (Ces., B. C. 1, 24, 4) « Numerius Magius, de Crémone », et Turnus Herdonius ab Aricia (Liv. 1, 50, 3) « Turnus Herdonius, d'Aricie »; de même Liv. 1, 20, 3 : Alba oriundum, en face de 1, 52, 2 : ab Alba oriundi, ou encore : Q. Iunius ex Hispania quidam (Ces., B. G. 5, 27, 1). Mais l'adjectif dérivé du nom de pays ct en accord est courant : Nep. 1 , 1 , 1 : Miltiades, Cimonis filius, Alhcniensis « d'Athènes ». E t si l'on se sert de natus, c'est l'ablatif avec in ou le locatif qui s'impose : in Hispania nalus, Romae natus ; mais l'ablatif seul s'est parfois également introduit en ce cas hors de la langue littéraire : C. I. L. VI, 3422 d, 13 : nalus Arauà ; 2760, 2 : Victorinus natus Moesià (d'après nobili génère nalus:). La tribu à laquelle appartient le citoyen romain est dans l'énoncé officiel de son nom toujours indiquée à l'ablatif seul : Cic, Ph. 9, 15 : Seru. Sulpicius Q. f. Lern. Rufus « Servius Sulpicius Rufus, fils de Quintus, de la tribu Lemonia » : c'est un ablatif de provenance maintenu par le caractère formulaire du tour. § 107. A b l a t i f d e s é p a r a t i o n . — Ce n'est pas a u t r e chose q u e l'ablatif proprement dit appliqué à des v e r b e s . o u adjectifs variés, mais impliquant à quelque degré une idée c o m m u n e de séparation. E n ce qui concerne l'emploi du cas avec ou s a n s préposition, on ne peut formuler que des observations particulières. a) L'ablatif demeure sans préposition avec les verbes de privation et de disette : priuare (oculis), orbare (filio), exuerc (hoslem arniis), nudare (mur um de fen sort bus), fraudare (debilo) « frustrer de son dû » ; spoliare (argento) ; et, par extension, inuidere alicui aliqua re (postclass.) t priver jalousement qqn de qqe chesc »; carere (pane), egere (amico), indigere (diligentia) : pour ces deux derniers, le génitif était encore assez fréquent (§ 65) ; — avec fungi « s'acquitter de » (munere) ; — dans les locutions abdicarc se magistratu « se démettre d'une charge » ; interdicerc alicui aliqua re « interdire qqe chose à qqn », propr. : « formuler dans un groupe (inter-) à l'égard de qqn (alicui) une décision qui l'écarté de qqe chose (aliqua re) », par ex. igni cl aqua interdicerc alicui « interdire à qqn l'eau et le feu, l'exiler ». b) Au contraire, la préposition (pour les personnes, plus spécialement ab) était habituelle : avec les verbes do sens matériel lort « en-
%'•
ti?
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CAS ET PRÉPOSITIONS
lever, ôter, arracher, emmener, chasser », comme eripere (e ou de manibus, a ou ex morte), abstrahere (a corpore, de manibus), detrahere (ab arts, de digiio) ; abducere, auferre ; montre (ex agro) ; pellere, depellere (a maire, de spe) ; cf., cependant, les locutions mouere loco, sedibus, possessione ; pellere loco, ciuitate ; — avec les composés de dis-, re-, se-, préverbes non employés comme prépositions : discedere (ab officio, ex animo) ; discernere (uerum a /also) ; dissenlire, differre, discrepare ab aliquo « avoir un avis différent de qqn », à côté de cum aliquo (§ 110) ; redimere « racheter » (a praedonibus) ; reduccre (ab exsilio) ; remitiere (aliquid de seucrilate) ; reuoeare ; secernerc (blandum amicum a uero), segregare, seimigere, e t c . ; — avec les verbes cauere « se garder de » (ab aliquo, ab aliqua re), temperare, même sens (ab iniuria) ; abhorrere « avoir de l'éloignement pour » (a dolore). Dans l'expression caue mala ou inforlunio (PL, Ba. 147; Ru. 828 ; etc.), on peut hésiter entre l'ablatif « garde-toi d'un malheur » et le datif « prends garde à un malheur ». c) Avec les verbes « écarter, tenir éloigné de, renoncer » (arcere, prohibere, inlercluderc, abstinerc, desistere), « délivrer de » (liberarc), « être exempt de » (uacare), les adjectifs liber, inops et uacuus, le flottement élnlt plus innnpié : l'ablatif était précédé de ab pour les personnes; pour les choses, la préposition (qui est souvent ab également) ct l'ablatif seul alternaient. Ainsi, abstinerc a mulicribus (Ces., B. G. 7, 47, 5) « épargner les femmes » ct abstinerc /aba (Cic, Diu. 2, 119), abstinerc a uoluptatibus (Cic, Tu. 5, 94) ; inops ab amicis (Cic, Al. 1, 1, 2) ct inops uerbis (Cic, Br. 247). Dans le cas d'un pronom, on trouve encore isolément l'ablatif seul en v. latin : PL, 7?«. 425 : potin ut me abslincas manum? « veux-tu bien éloigner la main de moi? » (— a me). Il y avait, en outre, une part d'arbitraire : dans la prose classique, les verbes nudare et orbare sont courants avec l'ablatif seul, les adjectifs nudus et orbus avec ab ; alienus se présente avec les deux constructions : alienus dignitate (Cic, Leg. Agr. 2, 65) ct a dignitate (Cic, Fa. 4, 7, 1). Le verbe leuare parait avoir l'ablatif seul (oncre). Pour l'adjectif expers, il y a des traces anciennes de construction avec l'ablatif : PL, Am. 713, As. 44, Pc. 509; Turp. 157 (Ribb. 11) ; et encore SaL, C. 33, 1 ; mais le génitif l'a emporté. lin dehors de ces dilféieiils verbes (ou adjectifs), la séparation était exprimée par la préposition sine « sans » | abl. : sine exerritu, sine gladio ; anciennement se, sed : se. jiaiulc (XII lab.) « sans délit »; scdulo. (''était l'opposé de rum avec Labial il instrumental d'accompagnement.
§ 1(18. Emplois dérivés de l'ablatif proprement dit. — Dans
ABLATIF PROPREMENT J)IT
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ses emplois dérivés, d'ordinaire très v i v a n t s et qui se substituent souvent à d ' a u t r e s tournures, l'ablatif proprement dit m a r q u e : 1 ) la direction avec ab, ex : a fronte « de front », a latere « de flanc » ; d'où stare ab aliquo « se tenir du côté de qqn, être de son parti » ; ex (hoc) parte « de ce côté » ; ex ulraque parle « des deux côtés » ; ex aduerso (Liv., etc.) « en face » ; e regioUe (Lucr., Cic, Ces., etc.) « en droite ligne, vis-àvis de » ( •)- génitif ou datif) ; — et, au figuré, le point de vue : PL, Au. 186 : haud perbene (ualeo) a pecunia « je ne vais pas du t o u t bien du côté de l'argent » ; Cic, Rose. Com. 29 : ex ueritale pauca, ex opinione multa aestimal (uulgus) « du point de vue de la vérité..., de celui de l'opinion » ; cf. SaL, C. 10, 5. A l'époque impériale, ab servit ainsi à désigner la fonction à laquelle quelqu'un est préposé : type liberti ab episiulis (Tac, A. 15, 35) « affranchis préposés au secrétariat », m. à m. « sous le rapport de la correspondance ». Ce tour apparaît dès Cicéron dans ses lettres : Al. 8, 5, 1 : Pollicem seruum a pedibus meum Romam mi si « mon esclave préposé aux courses » ; 2) la matière, c.-à-d. ce dont un objet est tiré, avec ex : pocula ex auro (Cic, Ver. 4, 62) a des coupes d'or » ; souvent aussi de en poésie et dans la langue courante : templum de marmore (Vg., G. 3, 13), sucus de quinquefolio (Plin., Nal. 26, 23) ; 3) la cause, c.-à-d. ce dont provient un état, une action, principalement avec ex dans la prose classique : ex uulnere aeger (Cic, Rep. 2, 38) « malade d'une blessure »; cf. aussi ex me doluisli (Cic, Fa. 16, 21, 3). Avec de, surtout dans les locutions qua de causa, ea de causa, mais aussi : PL, Ps. 661 : lassus ueni de uia ; Ον., Tr. 3, 3, 82 : deque luis lacrimis umida séria ; Peregr. Aeth. 36, 2 : fatigati de uigiliis. Avec ab, encore rare à l'époque classique et surtout pour une cause agissante (cf. ab complément du passif) : Cic, N. D. 2, 138 : calescit (anima) primum ab ipso spirilu « l'air s'échauffe du fait même de la respiration », comme ibid. 2, 118 : uaporibus qui a sole ex agris iepefactis... excitantur « par l'action du soleil » ; plus tard, le tour s'élargit : ab ira (Liv-. 24, 30, 1), ab odio (Liv. 3, 15, 7), a duabus causis punire (Sén., Clem. 1, 20, 1) « punir pour deux raisons ». Plus tard intervient la confusion phonétique de ab avec ob. Remarquer : laborarc de aliqua rc « se mettre en peine d'une chose », de aliquo « au sujet de qqn », laborarc a frigore « souffrir du froid », ex renibus « des reins ». 4) la conformité, c.-à-d. ce qui est fait à partir d'une chose prise pour guide, surtout avec ex : ex ediclo « selon l'édit » ; ex senatus senlenlia ; ex composite « d'après le plan prévu » ; ex ré publica facere aliquid « selon
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CAS ET PRÉPOSITIONS
l ' i n t é r ê t p u b l i c » ; ex animo n d e c œ u r , s i n c è r e m e n t » (fréquent) ; ex ordine « d ' a p r è s l ' o r d r e , s u c c e s s i v e m e n t ». Mais de. s ' i n t r o d u i t aussi d a n s c e t t e f o n c t i o n : de eius consilio (Ter., Ph. 4 8 1 ) ; de sententia propinquorum ( C i c , Cad. f>8) ; de mea uolunlale ( C i c , At. 4, 2, 4) ; e t c . 5) le t o u t dont on e x t r a i t u n e partie. Cet ablatif p a r t i t i f a v e c ex e t s u r t o u t de. a é t é e x a m i n é à p r o p o s du génitif q u ' i l t e n d à r e m p l a c e r (§ (50). D ' u n e m a n i è r e g é n é r a l e , de é t a i t lié à l'idée d ' u n r e t r a n c h e m e n t : sumere poena s de. aliquo « t i r e r d e s c o m p e n s a t i o n s d e q q n , le c h â t i e r » ; de mea preunia o u de. meo « à m e s frais », m . à m . n en p r e n a n t s u r m o n a r g e n t , s u r ce q u i est à m o i ». Cela lui c o n f é r a i t d a n s le t e m p s la v a l e u r d e « en p r e n a n t - s u r (fort a v a n t ) , au c o u r s d e » : de node qui abiit piscalum (PL, Ru. 898) « q u i e s t p a r t i p ê c h e r e n p l e i n e n u i t » ; multa de node ( C i c , Scsi. 75) « en p l e i n e n u i t » ; de terlia uigilia (Ces., B. G. t , 12, 2) « a u c o u r s d e la 3° veille ». P a r là é g a l e m e n t s ' e x p l i q u e le s e n s figuré d e « a u s u j e t d e », m . à m . « e n p r e n a n t s u r tel s u j e t » ( C i c , Al. ίο, 11, 3) : de aliqua re. scribere aliquid, —- e m p l o i s u p p l a n t é à l ' é p o q u e i m p é r i a l e p a r circa (-!- accus.), et: s u r t o u t p a r super (4- abl.) ; 6) la m a n i è r e , d a n s d i v e r s e s l o c u t i o n s , a v e c un .adjectif n e u t r e s u b s t a n t i v e : de audi/o (l'L, Mer. 003) « d ' a p r è s u n e c h o s e e n t e n d u e , p a r o u ï - d i r e » ; de intégra « d e n o u v e a u », p r o p r e m e n t « en p a r t a n t d ' u n e b a s e i n t a c t e , s u r n o u v e a u x frais » ; de industriel « d e p r o p o s d é l i b é r é ». Kilos se d é v e l o p p e n t b e a u c o u p d a n s la l a t i n i t é i m p é r i a l e : de nihilo ( l ' r o p . 2, 3, iG) ; de o u e longinquo (Tert., A p u l . ; Sén., P l i n e l'Ane.) ; ex aperto, de ou e ucro, de falso ; ex omni ( P r o p . 3, 2 1 , (ή, e loto « e n t i è r e m e n t » (Ον., Her. 16 (15), 160 ; Sén., Contr. r, 7, 5) ; e facili « facilement », p a r e x . Ον., A. Am. 1, 356 : quod petis, ex facili, si volet Ma, pelés « ce (pie t u d e m a n d e s , tu l ' a u r a s f a c i l e m e n t , si clic v e u t », e t c . D a n s c e r t a i n s d e ces p r o l o n g e m e n t s , e n p a r t i c u l i e r c o m m e e x p r e s s i o n d e la c a u s e e t d e la m a t i è r e , l'ablatif d e p o i n t d e d é p a r t se r e n c o n t r a i t a v e c l ' i n s t r u m e n t a l (§§ I I « , 117, 125).
Ablatif (instrumental) d'accompagnement ξ 101). L ' a n c i e n i n s t r u m e n t a l , en p l u s d u m o y e n cxpiiiuait
l ' a m m i p i i K i i c i i i i ' i i t (casus
sociatitms),
proprement dit,
c o m m e d u reste en
f r a n ç a i s la p r é p o s i t i o n « a v e c » : m a r c h e r avec q q n c t f r a p p e r avec u n e é p é c . M a i s a l o r s q u e le l a t i n e m p l o i e l ' a b l a t i f s e u l d a n s l a f o n c t i o n d ' i n s t r u m e n t , il t e n d à le c a r a c t é r i s e r h a b i t u e l l e m e n t p a r l a p r é p o s i t i o n cum
d a n s celle d ' a c c o m p a g n e m e n t .
ABLATIF D'ACCOMPAGNEMENT
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Au propre, cum est usuel pour désigner la personne avec qui l'on est : Ces., B. G. 4, 27, 2 : cum his legaiis... uenit « il vint avec l'ambassade », — également l'objet qu'on a avec soi : C i c , Cat. 1, 32 : obsidere cum gladiis curiam « assiéger la curie l'épéc à la main » (sans cum, l'ablatif gladiis signifierait « à coups d'épée ») ; de Or. 3, 6 : cum febri domum rcdiil « il revint cher, lui avec la fièvre ». D a n s le temps : PL, Am. 743 : egone. abs te abii... cum diluculo? « ainsi moi, je t ' a i quittée au point du jour? » (— simultanéité). Dans la langue militaire, les substantifs désignant les troupes que le chef emmène avec lui, sont très souvent à l'ablatif seul dans des locutions où ils se présentent avec un déterminant, par ex. omnibus copiis, pedestribus copiis, ingenti exercitu, etc. Ainsi, Ces., B. C. 1, 41, 2 : Caesar omnibus copiis ad Ilerdam proficiscilur ; B. G. 3, 11, 5 : eo pedestribus copiis contenait ; Liv. 1, 23, 3 : Albani ingenii exercitu in agrum Romanum impetum fecere. En revanche, cum est exprimé, lorsque le substantif n'a pas de déterminant : Ces., B. G. 1, 42, 4 : uterque cum cquitatu ueniret, ou bien si une précision, numérique ou autre, fait perdre à la locution son caractère formulaire : Ces., It. C,. i, 10, 3 : cum his quinque legionibus ire ; 3, 17, 1 : cum iis copiis quas a Caesare arceprrat... peruenit; Liv. 21, 51, 7 : cum exercitu suo prof ceins. Il est vraisemblable que les formules précitées à l'ablatif seul maintenaient l'ancien usage où le cas se suffisait à lui-même. Mais une influence concordante était exercée par les tournures à l'ablatif absolu du type : Neruii... duce Boduognato... ad eum locum contenderunt (Ces., B. G. 2, 2 3 . 4)· Noie. — L'accompagnement, à cause de l'idée d'adaptation qui s'y ajoutait, était dans certains cas spéciaux exprimé par ad : ad tibiam canere (Cic, Tu. 4, 3) « chanter avec accompagnement de la flûte »; ad lucernam (Sén., Ir. 3, 18, 4) n à la lueur d'une lampe » ; ad lunam (Vg., En. 4, 513) « à la lueur de la lune ». § 110. L'ablatif avec cum sert de complément a u x verbes « comparer (avec) » aliquem cum aliqua comparare, con ferre ; « unir à » iungerc, coniungere cum aliquo (toutefois, les participes iunctus et coniunclus
sont courants avec l'ablatif seul) ; « parler, avoir affaire avec qqn » ||| loqui, agere, dispularc, res est alicui cum aliquo ; « partager » partiri, communicarc rem cum aliquo, d'où communis alicui cum aliquo « comt mun à une personne et a une autre » ; « échanger une chose avec qqn »
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CAS ET PRÉPOSITIONS
rem cum aliquo (con-)mutare, d'où, par analogie, rem cum re (con-) miliare « échanger une chose contre une autre », au lieu de l'ablatif de moyen, rem re (§ 115) ; « s'accorder avec » cum aliquo congruere, consentire, conuentre, et, par application à l'expression contraire : « être en désaccord avec » cum aliquo dissentire, discrepare, dijjcrre, au lieu de ab aliquo ; « lutter » cum aliquo certare, contendere, luctari, pugnare, matins conserere. Le datif s'est aussi employé avec beaucoup de ces verbes (§ 8.1). § 111. Ablatif de l a c i r c o n s t a n c e concomitante. — C'est une forme dérivée des emplois précédents et indiquant les circonstances qui accompagnent l'action. Le sens matériel étant moins accusé et de nombreuses expressions toutes faites entrant dans cette catégorie, l'ablatif subsiste souvent seul. Il en est ainsi, lorsque le substantif est pourvu d'une détermination, adjectif ou génitif complément : ductu, imperio, auspicio(-iis) alicuius « sous la conduite, le commandement de qqn »; iussu (iniussu) alicuius n sur l'ordre (sans l'ordre) de qqn »; magno comilalu « avec un important cortège » ; frequentissinm senatu « devant une très grande affluence de sénateurs » ; tanto connentu, magno consessn ciuium ; ou encore C i c , Leg. Agr. 2, ιοί : hac contione, hoc populo... non uerercr « avec une assemblée comme celle-ci, un public comme celui-ci, je n'aurais rien à craindre »; également commotio, incommode (mco, alicuius) « à l'avantage, au désavantage de » ; lege, condicione (ut) « à la condition que... » ; etc. Néanmoins, la tendance était à l'emploi de cum. On trouve concurremment : moto (bono) suo ou publico « pour son malheur (son bien) ou celui de l'ittat » ct cunt malo (bono) suo, etc., depuis PL, As. 130 ; mco (huius) periculo et magno cum periculo alicuius ; salute nostra et cum salute nostra (depuis PL, Mer. 811) ; damna « avec une perte de » (duarum cohorlium. Ces., B. G. 6, 44, 1) ct damna cum mco « à mon détriment » (PL, As. 187 ; etc.) ; bona tua uenia, pace alicuius « avec ta permission, avec celle de qqn » et cum bona uenia (Liv. 20, 17, (>), cum bona pace (Liv. 21, 24, 5) ; etc. A plus forte raison, quand l'expression a un caractère moins fixé : C i c , Ph. 1, 9 : uidi quanta mco dolore! et Marc. 16 : quanta cum dolore uitlil ; de Or. 1. <> : spe aggredior maiore cl Rab. Post. 5 : quod cum spe magna sis ingressus, id non exsequi. Lorsque le substantif n'avait pas de déterminant, cum était devenu usuel : C i c , Ph. 2, 85 : lu diadema imponebas cum plangore populi, Me cum plausu reiciebat « au milieu des lamentations..., au milieu des applaudissements ».
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Par réaction contre l'usage d'Ennius, qui multiplie les cum (par ex. A. 381 : Hannibal audaci cum peclorc), les poètes de l'époque impériale et ceux des prosateurs qui les imitent évitaient la préposition : Vg., En. 2, 323 : gemitu... talia reddit « il répond en gémissant » ; 6, 159 : paribus curis uestigia figit « il imprime ses pas dans le sol avec de pareils soucis ». Cet ablatif comilatif en arrivait à marquer la manière : PL, Pe. 198 : face rem hanc cum cura géras (— accurate) ; Cic, Fi. 3, 29 : honeste, id est cum uirtule uiuere ; cf. Cic, Or. 174 : cum seueritale..., cum uoluptate. § 112. A b l a t i f d e q u a l i t é . — C'est l'ablatif d'accompagnement désignant la p a r t i c u l a r i t é passagère ou durable d'un individu ; en général sans cum, parce que la relation est abstraite. Cet ablatif de qualité est un des rares emplois où l'ablatif, presque p a r t o u t ailleurs complément de verbe ou complément circonstanciel, se présente comme complément de nom ou comme a t t r i b u t : Ter., Hau. 1060-1 : illam uirgincm \\ ... adunco naso « cette fille au nez crochu »; Ces., B. G. 1, 47, 4 : C. Valcrium Procillum... summa uirtule et humanitate adulescenlem ; 5, 14, 3 : capillo sunt promisse (Brilanni) atque omni parle corporis rasa... « ils ont les cheveux longs et sont rasés sur tout le corps ». Cum se trouve, toutefois, dans la langue ancienne ou parlée : Enn., A. 35 : cum Iremulis anus... artubus « la vieille aux mains tremblantes »; PL, Au. 553-4 : quingentos coquos || cum senis manibus 11 500 cuisiniers avec leurs six mains chacun » (Bennett II, p. 318). 1 L'ablatif de qualité a été un moyen de remédier à la disparition de I l'accusatif de relation : le tour capillo sunt promisse tient lieu d'un plus ancien *capillos promissi que les poètes ont d'ailleurs retrouvé (type flaua comas) par l'imitation du grec. A son tour, le génitif, cas par excellence du complément déterminatif de nom, a dans cette fonction concurrencé l'ablatif (§ 57). En soi, il se peut que l'ablatif ait été plus apte à désigner la manière d'être au physique ct au moral, le génitif impliquant davantage un jugement de valeur. On dit toujours anima bono es « aie bon courage », animo quicto (trisli) esse « être calme (trisic) », et non pas animi boni ou quieti (trislis) esse. Au contraire, l'expression homo maxinti animi « un homme d'un grand cœur » est constante au génitif, celui-ci gardant quelque chose du sens d'estimation ou d'évaluation (§§ 57, 66). Mais une répartition de ce genre n'a jamais existé qu'à l'état restreint ou virtuel. Même à l'époque impériale où la concurrence des deux cas joue pleinement, des questions
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CAS ET PRÉPOSITIONS
p u r e m e n t formelles p a r a i s s e n t i n t e r v e n i r . O n n e t r o u v e , p a r e x e m p l e , q u e les a b l a t i f s facie e t specie, e t j a m a i s les g é n i t i f s c o r r e s p o n d a n t s ; e t cet (e r e m a r q u e c o n c o r d e a v e c le fait q u e le génitif d e la 5° d é c l i n a i s o n e s t i l ' e x t e n s i o n l i m i t é e ct t a r d i v e . L ' a b l a t i f corpore, en pareil c a s , e s t t o u j o u r s d e m e u r é plus fréquent q u e le génitif corporis, lequel n ' a p p a r a î t p a s a v a n t N e p . 14, 3, 1 ; H o r . , fip. 1, 20, 24. L a p r é s e n c e d ' u n adjectif d e la 3 e déclinaison d a n s p l u s i e u r s e x p r e s s i o n s faisait é v i t e r le génitif, s a n s d o u t e à c a u s e d e l ' a m p h i b o l o g i e d e la f o r m e en -is : o n d i t p r e s q u e t o u j o u r s immani (niagnitudinc), inerrdibili (audacia), insigni (uirtutc), pari (dignitate), simili (statura), singulari (prudentia). Cf. L ö f s t e d t , Synt. I 2 , p . 155 s q q .
Ablatif (instrumental) de moyen § 113. L ' a b l a t i f - i n s t r u m e n t a l ,
m a i n t e n u s a n s la p r é p o s i t i o n
cum,
i n d i q u e le. m o y e n , c . - à - d . a v e c q u o i l ' a c t i o n e s t f a i t e , e t il s ' a p p l i q u e le p l u s s o u v e n t à d e s o b j e t s o u à d e s c h o s e s , q u e le v e r b e s o i t à l ' a c t i f o u a u passif ; Ces., 11. G. t, 5.:, 4 : gladiis a v e c l ' é p é c » ; 5, 4 3 , 3 : scalis
uallttm
pugnatum
asccndcrc
est « o n c o m b a t t i t
cocpermit
« ils se m i r e n t
à e s c a l a d e r le 1 c l raiic.liemenl a v e c îles é c h e l l e s ». Avec dos p e r s o n n e s , c'est prr |- a c c u s , qui d e v i e n t l ' e x p r e s s i o n usuelle : C i c , Rose. Am. 1 12 : recede, de medio; per alium Iransigam « r e t i r e - t o i ; j e ferai l'affaire p a r un au Ire » ; cf. Ces., B. G. 1, 12, 2 : per exploralores certior /actus, en face île 2 , 1 , 1 : lit/cris... certior fiebat. L ' a b l a t i f d e m o y e n n e s u b s i s t e guère q u e : a) p o u r d é s i g n e r d e s i n d i v i d u s s e r v a n t d ' i n s t r u m e n t passif (esclaves, s o l d a i s , c i c ) : Ces., Π. G. t, 8, 1 : legione quam secum habebat militibusque qui ex prouinc.ia ctmuenerant..., murum fossamqnc perdueil « a v e c la légion q u ' i l a v a i t a u p r è s d e lui et les s o l d a t s q u i é t a i e n t v e n u s d e la p r o v i n c e , il é t a b l i t un m u r e t un fossé » ; b) d a n s q u e l q u e s t o u r n u r e s fixées : cauere obsidibus, praedibus « se g a r a n t i r p a r d e s o t a g e s , p a r c a u t i o n »; conuincere aliquem testibus « c o n f o n d r e q q n p a r des t é m o i n s », d ' o ù : C i c , Mi. 47 : iaeent suis testibus « ils sont c o n f o n d u s p a r leurs p r o p r e s t é m o i n s » ; l o c u t i o n s d u t y p e quid eo uis? (PL, Men. 2(>(>) « q u e v e u x - l u en faire? », m . à m . « a v e c cela » ; quid hoc homine facias? ( C i c . Ver. 2, 40) « «pie faire d ' u n tel h o m m e ? »; quid Ma fiet fidicina? (PL, Ep. 151) « q u e si ra-t il fait d e la j o u e u s e d e flûte? » ; si quid eo furrit (PL. Tri. 157) « s'il lui a r r i v e q q e c h o s e ». D a n s ces l o c u t i o n s s ' i n t r o d u i s a i e n t , d ' a i l l e u r s , le d a t i f e t l ' a b l a t i f a v e c de (§§ 78 e t 114).
ABLATIF DE MOYEN
gl
§ 114. Il semble bien qu'avec l'ablatif de moyen le latin familier ait usé de eum, qui est attesté che« Catulle (98, 3) et devient êoerant-.à basse époque : Grég. T., H. F. 8, 15 : confraetum cum malleis « brisé à coups de marteau ». i , Il y avait, du reste, une 'tendance générale à remplacer l'ablatif de moyen par des tours prépositionnels : ' per + accus., dont oh a déjà vu l'emploi pour les personnes, apparut aussi assez vite avec les choses : Cic, Ph. 2, 102 : consuluisti me per lifteras ; Hier., Ep. 58, 3, 5 : ... si loca sancta per idola polluissent. Il en résultait des locutions fréquentes dans la langue parlée ct passées dans la langue littéraire, et qui marquaient la manière : per iocum « par plaisanterie » (PI., Am. 963), per contumeliam (Ces., B. C. 1, 9, 2) « outrageusement », per uirtutem, per scelus, per uim, etc. ; souvent chez SaL, Liv., Tac. ab -f- abl. : par extension abusive et postclass. de son emploi comme complément d'agent : Ον., A. Am. 1, 761 : hic iaculo pisces, illic capiuntur ab hamis « les poissons sont pris ici au filet, ici à l'hameçon » (avec alternance, commodité métrique?) ; Val. FI. 8, 317 : uictus cecidisset ab has ta. ad + accus. : Vég., Mul. 4, 3. 13 : orbiculum perforas ad acum « avec nne aiguille ». A l'origine sont des tours dans lesquels àd garde quelque chose de son sens local : ad igném coquere (Caton, Agr. 81), ad iornum teri (Lucr. 4, 361) « être passé an tour », on bien marqne l'accompagnement : type ad lucemam, ad tibiam cancre (§ 109). in + abl. : Mul. Chir. 480 : in uino ueteri diluito (la nuance locale subsiste) : et, dans les textes traduits du grec, il y avait calque de έν instru mental : Itala, Exod. 17, 5 (Aug;, Loc. Hepl. 1, 91) : uirgam in qua pereussisli flumen « la vergé avçc laquelle tu as frappé le fleuve » ; /" de -f abl., a partir de tours comme duo parietes de eademfideliadealbare (expression proverbiale) « blanchir deux murs avec (en prenant dans) on même pot de chaux », ou encore : Ter., Ad, 996 :. de fratre quid fiet? • que sera-t-il fait de mon frère? »; Cic, Ph. 8, 13 : quid te facturum de Mua putas? « que penses-tu devoif faire avec une;bête sauvage? » (par substitution a quid eo fiet?, voir ci-dessus, § 118). Le premier exemple dégagé de toute idée de provenance paraît fourni par Ovide, M. 6, 80 : percussam... sua... de cuspide terram « la terre frappée de sa lance » ; mais, •Vec ce sens instrumental, de ne devient fréquent que dans la latinité tardive : Peregr. Aeth. 37, 2 : de manibus suis summilates... premet (se. preVMii) t U presse de ses mains les extrémités ». f IIS. Ablatif de moyen complément. — Un ablatif de moyen
le complément de très nombreux verbes (ou adjectifs) : » k » eomplere, implere aliquid aliqua re ; « abonder » abundare,
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CAS ET TRÉrOSITIONS
redundare, affluere, circumfluere (diuitiis, hominibus) ; adjectifs plenus, confertus, differtus, refertus, opimus, ferax, fertilis, replelus (postclass.), inops, inanis, etc. L'ablatif se substitue ici au génitif (§ βΓ>) ; λ mftlcr » miscere, commiscere aquam uino « mêler l'eau de vin, mêler l'eau et le vin » ; parfois aussi cum uino (§ 110) ou le datif (§ 88) ; « pourvoir de » augere aliquem diuitiis, imperio ; « munir, équiper » ornare, instruere (classem omnibus rebus) ; « charger » onerare (umerum pallio) ; « gratifier de » donare aliquem re aliqua (ciuilale) ; « entourer de » circumdare (urbem muro). Participes ou adjectifs correspondants : attdus, ornalus, inslrudus, onuslus (cibo, parfois le génitif), graualus, imbulus, satur (non class. ; également, gén.), etc. Le verbe adficere construit avec un ablatif de moyen avait un emploi très varié : adficere aliquem gaudio n remplir qqn de joie » ; morte. « lui infliger la mort » ; sepullura « lui donner la sépulture » ; praemiis « le récompenser » ; etc. ; « user de » uti (lingua, seueriiaie), et, avec un nom de personne, uti aliquo « être en relations avec qqn » (familiarissime) ; « jouir de » frui (sapientia) ; « se nourrir de » uesci (came) ; « se rendre maître de (puissant par) » potiri (imperio) ; l'accusatif se trouve cependant (§ 20), ainsi que pour />o/m le génitif (§ 05). — Opus est (usus est, surtout en v. latin) mihi aliqua re « j'ai besoin de qqe chose » : l'ablatif n'est pas nécessairement analogique de uti ; le sens premier de ces locutions paraît avoir été : » il y a travail (usage) pour moi avec telle chose », avec, passage de l'idée de travail à celle de besoin, cf. en français la parenté de besogne et de besoin. La faveur de la langue pour la tournure personnelle fit parfois transformer le complément à l'ablatif en un sujet au nominatif : Cic, Fa. 2, 6, .j : dux nobis et auctor opus est « il nous faut un chef et un guide » ; n accompagné, escorté de » comitalus, slipatus (uiris armalis) ; « avoir confiance, qui a confiance en qqe chose » fidere, confidere, fidus, confidens, confisus aliqua re (prudentia, uiribus), proprement « grâce à qqe chose », en alternance avec le datif (alicui) « en qqn » ; « s'appuyer sur » niti (hasta), proprement « avec une lance » ; fretus « qui s'appuie sur, fort de » (conscientia), parfois avec le génitif ; « échanger » miliare rem re « une chose au moyen d'une autre », c.-à-d. « contre une autre » ; on trouve aussi mutarc rem cunt re (§ 110) ; « accoutumer, s'accoutumer » adsuefac.ere, adsuesccre, adsue/aclus aliqua re (labore) « à qqe chose (au travail) », m. à m. « par le travail » ; le datif (labori) est secondaire (§ 8H), l'accusatif avec ad courant et classique. « pleuvoir, neiger, etc » : formule archaïque pluit sanguine (Liv. 24, 10, 7) ou terra (Liv. 37, 3, 3) « il plut avec du sang, de la terre » ; niuit sagittis, plumbo et saxis grandinal (Pacuvius, Ribb. I, p. 325). Également : su-
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dare (sanguine), manure (sudorc, Cic, Diu. ι, 74), slillare (gultis), rorare (sanguine) ; fluere « se fondre » (mollitiâ). De même : immolare, sacrificarc et facere (absol1, sens rituel) « faire un sacrifice », par ex. deo hostia « à un dieu au moyen d'une victime » : Vg., B- 3. 77 : cum faciam uitula pro /rugibus « quand je ferai l'offrande d'une génisse en faveur de ma récolte » ; operari (Prop., Liv., T a c ) , même sens ; mais l'accusatif hosliam apparaît (§ 26) — canere fidibus ou tibiis « jouer (m. à m. « faire un chant au moyen) de la lyre, de la flûte » ; par suite, docere ou scire fidibus « enseigner à jouer, savoir jouer de la lyre » : C i c , Fa. 9, 22, 3 : Socraten fidibus docuit nobilissimus fidicen ; — includere aliquem carcerc « enfermer qqn au moyen de ( = dans) une prison » ; teuere milites castris « tenir les soldats au moyen de ( = dans) le camp »; accipere aliquem tedo « recevoir qqn au moyen de ( = dans) sa demeure » et, par analogie, inuilare aliquem tedo ac domo. L'instrumental se confond ici avec le locatif, et i« tend à s'introduire dans cet: emploi (§ 124). Au figuré : contentus (aliqua rc) « qui sait se contenter de ». Stare a un reste de construction ancienne avec l'abl. instrumental dans Knn., An. 608 : slant puluere cainfti « les plaines ne sont qu'une masse de poussière », litt 1 « sc dressent en poussière » ; tour repris par Vg., En. 12, 407-8 : puluere caelum ]| stare vident; Hor., Od. ι, t), 1-2 : uides ut alla' stet nine candidum || Sorarte (mais ici il y a un adjectif). § 11(5. E m p l o i s d é r i v é s d e l ' a b l a t i f d e m o y e n . — E n raison même de leur n o m b r e et de leur diversité, les emplois dérivés de l'ablatif de moyen ont été souvent concurrencés p a r des tours plus clairs et plus explicites. L'ablatif exprimait ainsi : la roiito par laquelle en se rend dans un lieu (question quj?) : C i c , Cat. 2, 6 : Aurelia uia profeclus est « il partit par là voie Aurelia »; également terra « par terre », mari « par mer » et quelques formes usuelles : colle, flumine, ilinerc, iugo, porta, etc. Hors de là, per + accus, a prévalu : Ces., B. G. 1, 7, 1 : per prouinciam noslram iter facerc ; Liv. 22/15, 3 : Per easdem anguslias quibus intrauerat Falcrnunt agrum... ; 1« temps utilisé pour faire une chose (question quanto tempore?) : Cic, N. D. 2, 52 : Saturai stclla triginla ferc annis cursum suum conficit « l'étoile de Saturne accomplit sa révolution en trente années environ »; le prix, c.-à-d. avec, quoi on solde un achat, auprès des verbes emere, redimere, uendere, uenum ire (uenire) 1 être mis en vente », conducere t prendre à gages », lacarc « louer », esse « être de tel prix », constare (stare) « coûter », ualere « valoir » (en parlant de la valeur marchande d'une chose), etc. : PL, Cu. 343-4 : emi uirgincm \\ Iriginta minis « j ' a i acheté la jeune
CAS KT l'KÉI'OSlTIONS
fille t r e n t e m i n e s »; Ces., B. G. y, 10, 4 : (edoect) quoi uirorum fortium morte, necesse sit constare. ui clor iam « d e la m o r t d e c o m b i e n d e b r a v e s la victoire d e v r a i t c i r e p a y é e » ; Plin., N. H. 33, 47 : ita ut scripulum ualeret se.stcrtiis uicenis « c h a q u e s c r u p u l e (unité d e poids) v a l a n t 20 sesterces » (distinct de l'emploi signalé § 41). Avec les adjectifs uenalis « q u i e s t en v e n t e a u prix d e » ( C i c , Cad. 17 : decern milibus), earns « c h e r », uilis « bon m a r c h é » (PL, Pc. (>o,H, Mo. z7 H ; lu peine dont on c h à l i e q u e l q u ' u n a v e c multarc (exsilio, morte, pecunta, agns) « p u n i r (au m o y e n ) d e l'exil, d e la m o r t , d ' u n e a m e n d e , d e la p o r t e d e s t e r r e s ». Damnare et condemnare o n t pris p a r a n a l o g i e la m ê m e c o n s t r u c t i o n : damnare capitc « c o n d a m n e r à m o r t », en r e m p l a c e m e n t d u génitif (§ 74 b) ; la cause, s u r t o u t d a n s d e s t o u r s fixés p a r l'usage fame interire « m o u rir d e faim » (λιμώ Οχνεΐν), culpa, alicuius « p a r la faute (le q q n », en p a r t i c u lier avec d e s n o m s i n d i q u a n t le s e n t i m e n t q u i fait agir : exsultare gaudio, ira ineilari, uidoria gloriari (Ces., It. (',. 1, 14, 4) ; metu « p a r p e u r », anwre « p a r anioiii », iul.10 « p a r h a i n e «. C e r t a i n s d e ces a b l a t i f s a v a i e n t pris u n e valeur ailvei hialc : ra re, e.o, hor. « p o u r cela », qua re « c'est p o u r q u o i », mi p r é p o s i t i o n n e l l e : causa, gratia |- gén. « en v u e de, p o u r » (§ CIO). D a n s l'ensemble, cet ablatif d e c a u s e était r e m p l a c é p a r per -|- a c c u s . (per iiictuni), p a r l'ablatif d e p o i n t d e d é p a r t a v e c ex ou de (§ 108), cf. gaudco, liietor de aliqua re, p a r ob, propter -f- a c c u s . , in -|- a b l . (lactari in re aliqua); e t c . tin emploi c o m m e Sal., / . 10, (> : roncordia paruae res crest uni « les pel ils K t a l s g i a i i d i s s e n t p a r la c o n c o r d e » p a r a î t ê t r e u n e recherche de s t y l e . Cf. § 114.
§ 117. Par un affaiblissement plus grand du sens instrumental, l'ablatif de moyen indiquait la mesure, le point de vue, la manière : a) Ablatif de m e s u r e . N e p . iH, 1, 1 : magnas homines uirtule metimur, non fortuna « n o u s m e s u r o n s les g r a n d s h o m m e s à leur m é r i t e , n o n à leur f o r t u n e », et alilutif de difference, r e p r é s e n t é s u r t o u t p a r les a d v e r b e s d e q u a n l i l é multo, paulo, minimo, e t c . , a u p i è s d e s v e r b e s d e s u p é l i m i t é ct. a u p i è s d e s c o m p a r â t ils nu formes assimilées c o m m e ante, post, ία/κι, supra, aliter (rare), seats, c i c . : r.iulln praestare ( C i c , Br. 25b) « l ' e m p o r t e r de b e a u c o u p », ante aliquanlo ( C i c , l'a. 10, 3, 2) » sensih l e i n r n l a v a n t », paulo in/ia (Var., h'. R. 1, 4 1 , 3), nec multo scats (Cic,
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w» D, 1, 32) « g u è r e a u t r e m e n t » ; d e m ê m e : dimidio minoris constare ( C i c . At. 13, 29, 2) « c o û t e r m o i t i é m o i n s c h e r », p r o p r e m e n t « d e la m o i t i é ». altera tanto maior « p l u s g r a n d du d o u b l e », l i t t 1 « d ' u n e a u t r e fois a u t a n t » ; ter tanto longior (uia) « (route) t r o i s fois p l u s l o n g u e », l i t t 1 « d e t r o i s fois a u t a n t »; PL, Am. 943 : bis tanto amici sunt « o n s ' a i m e d e u x fois p l u s »; cf. C i c , Or. 188. A cela se r a t t a c h e n t les t o u r s corrélatifs : tanto... quanta , a v e c un c o m p a r a t i f d a n s c h a q u e m e m b r e quo... co » « p l u s . . . p l u s », m . à m . « d ' a u t a n t . . . d ' a u t a n t ». va magis quod \ a v e c un c o m p a r a i if d a n s le p r e m i e r m e m b r e co minus quod j « d ' a u t a n t p l u s , d ' a u t a n t m o i n s (pic » (§ 358). Q u e l q u e s t r a c e s d e l'ablatif de différence s u b s i s t e n t d ' a i l l e u r s e n d e h o r s d e ces formes a d v e r b i a l e s : PL. Tru. 303-4 : maccria... quae in nodes singulos |! latere fit minor « m u r q u i c h a q u e n u i t d i m i n u e d ' u n e b r i q u e »; Liv. 5, 30, 7 : legem unci /dures tribus anliquarunt quam iusserunt « les t r i b u s furent u n e de p l u s (m. à m . « plus n o m b r e u s e s d ' u n e ») à r e p o u s s e r la loi q u ' à la v o t e r ». Cf. aussi, d a n s la l a n g u e m i l i t a i r e , les e x p r e s s i o n s d u t y p e modico inleruallo d.islare (Liv. 37, 40, 14) « ê t r e d i s t a n t d ' u n faible i n t e r v a l l e », bidui spatio abesse « ê t r e à u n e d i s t a n c e de d e u x j o u r s d e mai che ». I>c cet ablatif d e m e s u r e c l d e différence se r a p p r o c h a i t l ' a c c u s a t i f d ' e x t e n s i o n : multum praeslare, aliquanlnm auidior (§ 41). b) Ablatif (le point de vue i n d i q u a n t le r a p p o r t s o u s lequel est é n o n cée u n e a l f i r m a t i o n (ablatiuus respectus ou limitalionis) : P L , Mo. 708-9 : niscio ut moribiis sienl \\ noslrOc « je ne sais c o m m e n t s o n t vos f e m m e s s o u s le r a p p o r t d u c a r a c t è r e » ; e t n o t a m m e n t d a n s les t o u r s s u i v a n t s : « surpasser, l ' e m p o r t e r en q<|e c h o s e » : superare, uincere aliquem gloria, diuitiis ; praeslare ou excelle.rc alicui (inter omîtes) humanitale, doctrina ; di/ferre (natura) « différer (de n a t u r e ) » ; errarc (tota rc) « se t r o m p e r (du t o u t au t o u t ) » ; stare promissis « t e n i r ses e n g a g e m e n t s », m . à m . « ê t r e c o n s t a n t sous ci; r a p p o r t » (ou abl.-locatif?) ; forma similis, pedibus mobilis, mente caplus « p o s s é d é (sous le r a p p o r t d e l'esprit) »; animo deficcre « ê t r e déficient s o u s le r a p p o r t d u c o u r a g e , en manquer » ; nomine«denom »^»r « en fai1uU-i^i'C/£-! ( iIllilPP[ l r c n c c " : C i c , Of. 1, 105 : sunt quidam hommes non re, sed nomine; N e p . 4, 1, 2 : Mardonius,... nationc M edits « M a r d o n i u s , Mèdc d ' o r i g i n e » ; luiiun^Tiiiininius, maior, maximus natu « (le) p l u s j e u n e , (le) p l u s â g é »; Oppida numéro ad duodecim « villes au n o m b r e d ' u n e d o u z a i n e »,' m . à H t « d o u z e e n v i r o n (ad, § 1ÎW) p o u r le n o m b r e » ;
(JO-
GAS KT PKEPOSITIONS
5« quo opera eorum opus esset (Liv. 27, 28, 5) « si à quelque égard (quo) on avait besoin d'eux ». j | Cet ablatif de point do νικ; peut dans plusieurs de ces expressions tenir j I lieu de l'accusatif de relation disparu et dont il était très voisin : en grec classique coexistent les formes πρΛφασιν et προφάσει « en apparence », φύαιν et φύσει « par nature », ίνομα et ονόματι « de nom », cf. J. Humbert, Synt. gr., § 410, rem. Le même ablatif remplace dans une certaine mesure le génitif de relation : ceteris rebus (PL, Ba. 268), au lien de om\\ niitm rerum (PL, As. 459) ; surtout dans le cas très fréquent de la forme j 1 anima substituée à animi (§ (!!!) : anima angi (Cic, Br. 7), au lieu de ! animi angi ; etc. c) Ablutif do manière, représenté le plus souvent par des expressions de caractère fixé (ablatif adverbial) : more (ritu) 11 à la manière de » (alicuius, mco, tua) ; eo modo et: more modoque ; arte « avec art », casu « par hasard », dolo « par ruse », ioco « par plaisanterie » ; iure, merito « à bon droit »; iniuriâ « à tort », uitio « irrégulièrement » (uitio crealus), ordine « avec ordre, selon les règles » ; ralionc (uiâ, arte) « avec méthode », silenlio « en silence », cuisit « en courant », pedibus « à pied », agmine « en colonne », ui n avec violence », gratiis a gracieusement » ct ingraliis « à regret », etc. Les adverbes eu -c (bene, male, certe) sont précisément d'anciens instrumentaux (Λ. l'.rnout, M Orphol., § 31). La manière était, en outre, exprimée par l'ablatif comitalif précédé de cum (§ III, cum cura) ; par l'ablatif avec de ou ex (§ 108), ct: par per -|accus. (tj I II) ; cf. Liv. 39, 8, 8 : multa dolo, plcraque per uim audebantur. Yoii Addenda, page 43 |.
Ablatif-locatif § 118. Λ l'époque historique, le locatif n ' a de forme spéciale q u ' a u singulier des thèmes en -a je- : Tarenti « à T a r e n t e », et des thèmes en -a : Ramac « à Rome », cf. E r n o u t , Morphol., §§ 5, 6. L a désinence -f du type Tarenti se trouvait aussi d a n s quelques noms de la 3 e déclinaison : temper· (v. latin) « à temps »; heri « hier » (d'un ancien n o m . *ghcs, cf. gr. x'i^c) ; Carlhagini « à Carthage » ; Sicyoni « à Sicyone ». Partout ailleurs, au singulier (lilorc) ct au pluriel (Athenis, Puteolis), le locatif a la mêine forme que l'ablatif (question ubi). Les principaux exemples de locatif sont des noms de villes, et aussi de petites îles dont le nom élail souvent celui de la localité qui s'y trouvait : Dell n à Délos », Lemni « à Lcmnos ».
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Ce Sont également des survivances isolées : domi, humi, ruri ; duelli («= belli) « à la guerre », militiae « en campagne », uiciniae (lat. a n c ) « dans le voisinage » ; peut-être terrae « à terre », d'après humi : Ον., M. 5, 122 : procubuit terrae, d'après Vg., En. 5, 481 : procumbil humi (A. Ernout, Rev. Phil., 1944, p. 196) ; pri-die, poslri-die, uesperi, temperi, heri et les expressions archaïques : die craslini (PL, Mo. 881) « le lendemain », die septimi (PL, Men. 1156) « le y" jour ». Quelques-unes de ces formes disparurent vite : uiciniae est très rare ; temperi est remplacé par tempore chez Cicéron, par in tempore chez Titc-Livc ; heri est devenu heri par abrègement ïambique, puis here. En revanche, l'ablatif humo ne paraît pas substitué au locatif humi avant Sidoine et Grégoire de Tours. Pour les noms de villes de 2 e déclinaison, l'emploi de l'ablatif sg. au lieu du locatif commence à se rencontrer chez Vitruve (2, 8, 9, Arretio). Note. — Le locatif uiciniae est très net dans PI., Ba. 205-6 : proxitnae uiciniae Il habitat « il habite tout près ». Ailleurs il apparaît combiné avec le démonstratif adverbial hic : PI., Mi. 273-4 : certo edepol scio me uidisse hic proximar uiciniae \\ Philocomasiitm, Ru. 613; Ter.,. Ph. 95. La construction hic. proximac uiciniae ou hie. mcac uiciniae devait être à l'origine appositionnclle : « ici, dans le voisinage immédiat; ici, dans mon voisinage ». Mais, le locatif n'étant plus nettement perçu, elle subissait aussi l'influence du type quid negoti?. (§ OS) ; ct, dans un emploi à la question quo, comme Ter., An. 70 : ex Anrlro commigrauit hue uiciniae, la forme uiciniae no peut plus être qu'un génitif. § 119. L'ablatif-locatif, au sens propre, a été d a n s l'ensemble précisé par des prépositions, surtout in « d a n s » et « sur », sub « sous » et « a u pied de », sans idée de m o u v e m e n t , par opposition à l'accusatif : in urbe ou in Italia mattere ; esse in uitio « être en faute » ; coronam habere in capite (Cic, Ver. 5, 27) « sur la t ê t e » ; sub terra habitare (Cic, N. D. 2, 95) ; sub monte consedere (Ces., B. G. 1, 21, 1) « s'installer a u pied de la m o n t a g n e » ; sub imperio alicuius esse, ct, à p a r t i r de l'époque d'Auguste, souvent avec un n o m propre : sub C. Flaminio consule merere (Liv. 22, 7, 10), sub Domiliano ( T a c , Agr. 45). Au figuré, in avec l'abl.-locatif désigne ce qui est en question, ce dont il s'agit : Cic, Pomp. 50 : in salute contmuni idem populus Romanus... maluit « quand il s'agissait du salut commun, le même peuple romain aima mieux » ; de Or. 2, 248 : idem in bono seruo dici sold « la môme chose se dit (à propos) d'un bon esclave ». 11 indiquait aussi une situation donnée, avec valeur causale ou adversative : Ces., B. G. 1, 27, 4 : in tanta multiludine dediticiorum suant fugam... occultari... posse exislimarent « étant
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CAS ET PRÉPOSITIONS
donné la foule des hommes qui se rendaient, ils pensaient... » ; Liv. 1,17, 3 : in uariis uolunlatibus regnari tarnen omnes uolebant « au milieu de ( ^ malgré) ces opinions divergentes, tous voulaient cependant un roi ». Plusieurs verbes, d'autre part, avaient un complément introduit par in -\- abl. : in aliqua re adquiesccre « prendre son plaisir dans » (Cic, Lae. TOI) ; constare ct consistere « reposer sur, consister en » (Ces., B. G. (1, 21, 3 ; 7, 84, 4 ; B. C. 3, 89, 4) ; in aliqua re inuidere (alicui) « porter envie en qqe chose » (Cic, de Or. 2, 228) ; in re laelari (Cic, Ph. i l , 9) « se réjouir (à propos) de » ; dclectari (Cic, Fi. 1, 39), gloriari (Cic, Of. 2, 59), à côté de l'ablatif de moyen ou de l'ablatif avec de ; etc. Super « snir, au-dessus de » : au propre, avec Γ abl. -locatif, se trouve surtout en poésie : Ilor., Od. 3, 1, 17 : super ceruice « sur la tête » ; cf. Vg., B. 1, 80 ; l'accusatif était plus fréquent ct class., mais sans différence de sens .avec l'ablatif : super aspidem adsiderc (Cic, Fi. 2, 59) « s'asseoir sur un serpent ». Au figuré, super « au sujet de » (toujours avec l'ablatif) concurrence de dans la langue familière (Cic, At. 16, 6, 1), et il le remplace à l'époque impériale. Subter a pour construction habituelle l'accusatif, comme toutes les prépositions ayant le suffixe -tero- (§ IS), quelquefois l'ablatif d'après super. § 120. Sans préposition, l'ablatif-localif se maintient : a) avec les noms de villes, en l'absence du locatif : Athcnis « à Athènes » ; — b) lorsque le substantif a lui-même un sens local : loco, parte, litore, regione, cornu (dans la langue militaire), etc. : par ex. eo loco (Ces., B. G. 0, 27, 4) ; aperto ac plana litore (ibid. 4, 23, 6), en face de in eo loco (ibid., 5, 7, 3) ; in litore molli atque aperto (ibid. 5, 9, 1) ; a u figuré, loco « en son lieu, à propos » ; — c) parfois, lorsqu'un adjectif comme médius, imus, summits, etc., précise l'emplacement ; Liv. 1, 33, 8 : career... media urbe... aedificalur « a u milieu de la ville »; avec totus également, mais il s'agit plutôt d ' u n i n s t r u m e n t a l (§ 124). Hors de ces cas particuliers, l'abl.-locatif non prépositionnel était conservé parfois, même p a r la prose classique : C i c , Arch. 9 : his igilur tabulis nullam lituram... uidetis « or, sur n o t r e registre, vous ne voyez aucune r a t u r e »; souvent chez les poètes et chez Tite-Live, Tacite, etc. : Vg., fin. 8, 232 : 1er fessus uallc resedit « par trois fois, fatigué, il s'assit d a n s le val » ; Liv. 22, 4, 6 : nebula campo quam montibus densior sedcral « plus dense d a n s la plaine q u e sur les montagnes »; T a c , / / . 2, 16 : balineis intcrficitur « il est tué d a n s son bain »; également
ABLATIF-LOCATIF
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B. Hisp. 25 : planifie iniquiore loco constiterunt « en plaine » (hyperurbanisme, ou concision du langage militaire, influence de iniquiore loco?). Les formules esse alicui parentis loco « être pour qqn en place de père, un vrai père », hostis loco habere aliquem « traiter qqn en ennemi », obsidum numéro mitti (Ces., B. G. 5, 27, 2) « être envoyé en qualité d'etage » peuvent s'expliquer aussi par le datif de fin, surtout la dernière : « être envoyé pour être au nombre des otages ». § 121. Dans le temps, l'àbl.-localif avait deux valeurs essentielles, selon qu'il indiquait : A) Le moment où s'accomplit l'action (question quando) ; et il subsistait en général sans préposition avec les substantifs qui m a r q u e n t une division du t e m p s (jour, heure, année, etc.) : die septimo peruenit (Ces., B. G. r, 10, 5) « il a r r i v a le 7 e jour », hac node (PL, Cas. 671) « cette nuit », hicme « en hiver », acslatc « en été »; ldibus Marliis « aux Ides de Mars » ; - — avec diverses expressions usuelles p e r m e t t a n t de d a l c r : calendis, Quini/uatribus « a u x calendes, a u x Çhiinquafries » (fêle), PL, Mi. 691-2 ; gladialaribus, ludis Apollinaribus « a u x jeux de gladiateurs, a u x jeux Apollinaircs », C i c , At. 2, 19, 3 ; occasu, ortu solis·« au coucher, au lever du soleil » ; aduentu Caesaris in Galliam, Ces., B. G. 5, 54, 2 ; triumfiho C. Flaminii (Liv. 23, r4, 4) κ lors du triomphe de C . F l a m i n i u s » ; quarto consulatu (Cic, C. M. 43) « d u r a n t son 4" consulat » ; prima pueritia, extrema senectute (l'ad jectif employé localise déjà) ; tempore « en t e m p s opportun ». La préposition in apparaît, lorsque l'expression est plus libre : in ciuili bello (Cic, Ph. 2, 47) « dans la guerre civile », en face des locutions pace belloque ou Veienti bello (Cic, Diu. 1, 100) « pendant la guerre de Véies ». De même : in consulatu nostra (Cic, Arch. 28). Mais les formules aussi étaient gagnées : in pueritia, in senectute ; in principle (Cic, de Or. 1, 209), au lieu de principle; in tempore « à temps » (Ter., SaL, Liv., etc.), au lieu de tempore (— l o c temperi) ; in tali tempore « en une telle circonstance ». Ancien ct classique est l'emploi de in dans le tour distribiitif : bis in die « deux fois par jour » (Caton, Agr. 26 ; Cic, Tu. 5, 100). L'ablatif seul est secondaire : triduo bis (Cad. ap. Cic, Fa. 8, 7, 2) « deux fois en trois jours » ;
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CAS FT PREPOSITIONS
mille die (1 lor., .S. 2, 1,4)« mille par jour » ; et il devient fréquenta l'époque impériale. Formes fixées adverbialement : primo n en premier lieu, d'abord r, postremo « en dernier lieu, enfin », qui s'opposent aux accusatifs primum, poslremum (§ S7), — partiellement du reste, car, si ces derniers ont en propre le sens de « pour la première, pour la dernière fois », il leur arrive aussi de prendre celui des ablatifs précédents. § 122. B) Le laps do temps aux limites duquel se place un événement (abl.-localif de limite), souvent (mais non nécessairement) avec le démonstratif hic ou la préposition in. D'ordinaire, c'est le point final du laps de temps qui est envisagé : Ces., B. C. 1, 41, 1 : eo biduo Caesar in castra peruenii « deux jours après, César arriva au c a m p » ( = au terme de cet espace de rlcux jours) ; cf. C i c , Al. 9, 14, 2 : quidquid est, biduo sciemus. Également : PL, Pe. 504 : neque istuc redire his oda possum mensibus « je ne peux pas revenir ici d a n s ces huit mois », c.-à-d. « pas avant huit mois » ; SaL, / . 28, 2 : uti in diebns proximis decent Italia décédèrent « quitter l'Italie d a n s les dix jours » ( = a u terme de dix jours), en face de 38, 9 : uti deeem diebus Numidia décéder et (sans in). Parfois, cependant, c'est le point initial du laps de temps qui est considéré : PL, Men. 205 : quattuor minis ego emi istanc anno itxori tneac « je l'ai achetée (cette servante) voici un an pour ma femme »; C i c , Rep. r, 58 : ergo his annis quadringenlis Romae rex erat? « donc, il y a 400 ans m a i n t e n a n t (his) R o m e avait un roi? ». La considération du point initial et celle du point final sont réunies d a n s une phrase comme : C i c , Rose. Am. 105 : mors Sex. Roscii quadridito quo is occisus est, Chrysogono nuntiatur « la mort de S. Roscius est annoncée à Chrysogonus q u a t r e jours après qu'il eut été tué », c.-à-d. au terme de l'espace de q u a t r e jours au début duquel il avait été tué. Ces survivances anciennes étaient d'ailleurs remplacées par des tours plus explicites : type post 1res dies /
CONFUSIONS D'EMPLOIS
ΙΟΙ
Rapprochements et confusions d'emplois § 123. Les principales fonctions de l'ablatif latin n'étaient pas sans avoir entre elles de nombreux rapports sémantiques. Ceux-ci avaient anciennement facilité le syncrétisme des trois cas dont il est issu ; et, au cours de l'époque historique, ils se manifestent encore par diverses confusions d'emplois. L'ablatif de point de départ avait la valeur d'un abl.-locatif dans des expressions comme ex equo pugnare « combattre de ( = à) cheval » ; pendere ex (ab) umero « être suspendu à l'épaule ». Il alternait avec lui dans les souscriptions de lettres : Cic, Fa. 14, 2, 4 : data a. d. Ill Nonas Octobres Thessalonicâ « de Thessalonique, le 3 e jour avant les nones d'octobre », et ibid. 14, 1, 6 : data a. d. VI Kalendas Décembres Dyrrachi « à Dyrrachium, le 6 e jour avant les calendes de décembre ». Inversement, le locatif de limite indiquant un espace detemps considéré à son début rejoignait l'ablatif de point de départ : Cic, Ver. 4, 39 : illud argenlum se paucis Ulis diebus misisse « (qu')il avait envoyé l'argenterie peu de jours auparavant », c.-à-d. « dans l'espace de ces quelques jours » ou « à partir de ces quelques jours ». § 124. L'instrumental se confondait avec le locatif : superioribus proeliis exercitati (Ces., B. G. 2, 20, 3) « entraînés par (et dans) les combats précédents ». Le latin dit de même : nui haslili « s'appuyer avec ( = sur) une hampe de lance » ; currtt uehi « se transporter avec un char », c.-à-d. « en char » ; continere aliquem castris « retenir qqn avec ( = dans) le camp » ; includere aliquem carcere « enfermer qqn avec ( = dans) une prison » (§ 116). Un complément de moyen apporte ainsi une déterminai ion de lieu, et, du reste, in se présente dans plusieurs de ces locutions : in essedo uehi (Cic, Ph. 2, 58) ; continere in castris (Ces., B. G. 4, 34, 4) ; includere in cella (Cic, Ph. 3, 31), à côté, d'ailleurs, de in cquum Troianum (ibid. 2, 32). Pour désigner — en particulier avec lotus — l'étendue où se situe la notion verbale, le latin disposait de deux tours : ablatif de la question qua avec un verbe désignant le mouvement qui
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CAS ET PREPOSITIONS
se déploie : Ter., An. 342 : toto me oppido exanimatum quaerere t (qu'il) me cherche hors d'haleine par toute la ville » ( = per tolum oppidum) ; de même : Cic, Ph. 11, 6 : tola Asia uagatur (= per totam Asiam) ; ci. Ces., B. G. 7, 38, 10; l'étendue est considérée comme un moyen; ablatif-locatif avec in, si le verbe désigne un état que l'on constate : PL, Poe. 834-5 : *'" '<''*·' aedibus || tenebrae, latebrae « dans toute la maison, ce ne sont (pie ténèbres, cachettes »; Cic, Prou. Cons, y : qui locus... in Graecia tola lain saiidus fuit...? « quel lieu dans la Grèce entière fut si sacré...? ». Le même rapport existait au figuré : Cic, Of. 2, 31 : de amicitia alio libre dictum est « il a été parlé de l'amitié dans un autre livre », c.-à-d. à travers un autre livre qui bliest entièrement consacré ; mais Cic, CM. 59 : agricultura laudalur in co libre qui est de luenda re familiari « l'agriculture est louée dans le livre consacré à l'économie domestique » (allusion à un simple passage du livre). Toutefois, une distinction aussi subtile ne se vérifiait pas toujours. Cicéron emploie l'ablatif seul avec un verbe d'état : Pomp. 31 : quis enim loto mari locus per hos annos... lain firmum habuit praesidium...? « quel lieu sur toute la mer cul une telle défense...? »; il s'agit d'uni; expression toute faite. En outre, les formes adverbiales hoc, qu.i, etc., n'ont pas seulement h; sens de « par ici, par là où », mais aussi celui de « ici, de ce cVUé, du côté où » ( question ubi) ; cf. Ces., /?. G. I, 38, 5 ; Prop. 4, 1,9 et 30 ; e l c § 125. L'ablatif d'origine et l'instrumental exprimaient conjointement la cause : graui de, causa, ex quo fil ut..., fame interire ; le point de Vue : a fronte, senti ab cpistulis, nalionc Mcdus; et aussi la matière : en effet, à côté de la construction pocula ex (de) auro, certains exemples d'ablatif non prépositionnel se r a t t a c h e n t à l'instrumental : Caton, Agr. 21, 5 ; cupam materia ulmca facito « un axe en bois d'orme » ; Plin., Nat. 36, 86 : lapide polilo fornicibtts tecli « (labyrinthes) couverts de voûtes en pierre bien dressée » ; cf. Vg., En. 3, 84. Le complément indiquait alors non p a s d'où l'objet est tiré, mais avec quoi il est fait (avec du bois d'onue, etc.). De même, en face de ex ou de au sens de « selon », il existe un ablatif de concordance sans préposition, qui n'est q u ' u n e forme de l'ablatif d'accoiupagneiiiojil : Ces., B. G. 2, 19, 2 : consuctudine sua Caesar VI Icgianes cxpcditas ducebal « selon son h a b i t u d e , César a v a i t 6 légions
ABLATIF ABSOLU
IO3
prêtes à combattre » ; eodcm (uno) exemplo ; more meo (maiorum) ; mea sententia, etc., proprement « en allant (d'accord) avec l'habitude, l'usage, l'avis de quelqu'un ». Cet ablatif de concordance se retrouve dans la locution refert mea (tua) « il importe », m. à m. « cela se dirige (fert, intrans.) en accord avec mon ou ton intérêt » (mea ou tua re), cf. § 209 n. Il explique aussi le complément de dignus « digne de » (laude, praemia), c.-à-d. « qui est en convenance (sens de la racine *dek- de decet) avec telle chose ».
Ablatif absolu § 126. L'ablatif dit absolu, c.-à-d. employé d'une manière autonome et sans préposition, comme une proposition raccourcie, est à l'origine une construction de valeur mixte :; ablatif d'accompagnement, de manière, de cause, de temps (locatif), etc., et qui se détache du contexte. Un ablatif de la circonstance concomitante comme frequenlissimo senatn est déjà un ablatif absolu. La présence d'un participe n'était pas nécessaire, ct ce type ancien a subsisté dans plusieurs tours fixés par l'usage : avec .des noms de magistrats : M. Messalâ M. Pisone consulibus (Ces., B. G. 1, 2, 1); ' avec des noms d'agent ou assimilés : auclore, adiutricc, deprecatore, leste, etc. : PL, Ma. 916 : me suasore atque impulsore id factum audader dicito « tu peux dire hardiment que cela s'est fait sur mon conseil et sur mon impulsion » ; Cic, Mu. 9 : le aduocato ; Leg. 1, 20 : natura duce errari nullo paclo polest « avec la nature pour guide » ; avec certains noms désignant l'âge : me puero, adulescente Mo ; me sene (Hor., 5. 2, 5, 84) ; avec quelques adjectifs indiquant l'état, la situation : aduerso (fluminc) ; incolumi, salua, superstite, inuilo, nescio, propitio, reliquo, secundo, incerlo, etc. : Cic, Mu. 43 : re intégra « rien n'étant encore décidé » ; Val. 37 : salua lege Aelia « sans enfreindre la loi Aelia » ; cf. aussi l'expression me uiuo « de mon vivant ».
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CAS ET PREPOSITIONS
Λ la place de l'adjectif, im participe — d'ordinaire, passé — s'est souvent introduit d a n s ces tournures en d o n n a n t lieu au participe absolu : Ces., B. G. τ, 6, 4 : omnibus rebus ad ptofeclionem comparalis, diem dicunl « tout a y a n t été réuni pour le d é p a r t , ils fixent le jour » ; avec alternance : PL, Pe. 753 sqq. Cette construction, de développement secondaire, eut un rôle i m p o r t a n t comme substitut des diverses propositions circonstancielles (§ 291). !j 127. a) L'ablatif absolu étant une détermination autonome, les écrivains évitent d'y recourir quand il est possible d'en faire accorder les termes avec un autre mot de la phrase : sujet, accusatif d'objet, régime indirect au datif. Mais cette « règle » n'était pas toujours observée. Les expressions formulaires y échappaient : PL, Si. 132 : uosne ego paliar cum mendias nuptas, me uitio, uiris? « je souffrirai, moi, que, de mon vivant, vous ayez des mendiants pour maris? » ; Cic, At. 10, 4, 6 : me libente eripies mihi hune errorcm ; Ph. 11, zt. : nemo crit... qui credat te inuilo prouinciam Ubi esse décrétant. Parfois ce type « irrégulier » d'abl. abs. s'étend hors des formules : p. ex. Ces., B. G. 3, 14, 4 : lurribus autem excitatis, tarnen has altitudo puppium... superabat « même si des tours étaient élevées, la hauteur des poupes les dépassait; »; ibid. 7, 4, 1 : Vercingetorix..., conuoealis suis clienlibus, facile incendit [ = clientes suos quos conuocaucral, incendit) ; etc. A époque tardive, cette liberté s'accrut : Mul. Chir. 159 ; Grég. T., / / . F. 5, 48 (Bonnet, p. 559 sqq.) ; à côté d'un participe en accord : Itin. Anton. Plac. 31 : reuertenles... descendenlibus nobis... uenimus. On a vu, d'autre part, qu'un nominatif et un accusatif absolus se développent alors à côté de l'ablatif (§ 15 et § 82). b) Par survivance d'un usage ancien, le participe en -to- est employé seul au neutre impersonnel : Cl. Çjuadr., fr. 60 (Peter I, 225, 13-14) : aliquantisper pugnalo, nihil promoucl Poenus « après qu'on eut combattu un certain temps, le Carthaginois ne progresse pas ». Ce type — très archaïque — est suri out représenté par des formules : auspicato (PL, Pc. 607) « les auspices une fois pris », c.-à-d. « sous d'heureux auspices » ; consulte (PL, Poe. 788 ; Cic, Of. 1, 27 ; etc.) « de propos délibéré » ; satis dato « en donnant caul ion », et aussi inteslalo, contestato dans la langue du droit ; cf. Ilor., S. 1, 9, 36-7 : respondere uadato \\ debebat « il devait répondre (à une assignation), caution ayant été donnée (par lui) ». Une proposition complétive dépendait parfois du participe impersonnel : Liv. 33,
ABLATIF ABSOLU
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41, 5 : cognito uiuere Ptolcmaeum, m. à m. « la chose ayant été apprise que Ptoléméc vivait » ; de même : Cic, Inu. 2, 34 : hoc loco praeterilo et, cur praeterealur, demonstralo... « ce point une fois laissé de côté et la raison, pour laquelle il est laissé, une fois donnée... » ; Fi. 2, 85 ; Sal., T a c , Curt., Grég. T., etc. c) L'ellipse proprement dite du « sujet » de l'ablatif absolu, assez rare à l'époque républicaine : Ces., B. C. 1, 30, 3 ; C i c , Fa. 15, 4, 9, devient fréquente ensuite chez Tite-Live et surtout chez Tacite : A. 1, 5 : haec atque talia agitantibus (se hominibus supradidis) grauescerc ualetudo Augusli « tandis qu'ils agitaient ces pensées et d'autres semblables, l'état d'Auguste empirait ».
CHAPITRE
VI
RELATIONS SPATIALES ET TEMPORELLES SOMMAIRE DES PRÉPOSITIONS Questions de lieu et de temps § \2H. Le latin exprime les relations s p a t i a l e s et temporelles avec un i m p o r t a n t
matériel de formes casucllcs employées seules et de
lours prépositionnels, s a n s d'ailleurs éliminer tout flottement : A)
Q u e s t i o n s de lieu. U I I I M II IN S
tonus I:MI*I.OVI:S
ilΛ; « "il ? » sans m o u v e m e n t
l o i a l i f : demi, Romae, Tarenti. abl. Incalif : Athems, p'ormiis, loco aperto ; in urbe. esse, sub colle conscdere. a h l . - i n s t r u m e n t a l : continere aliquem castris. p r é p o s i t i o n s e m p l o y é e s a v e c l'ablatif ou l'accusatif, s a n s c o n s i d é r a t i o n d e la v a leur d e ce d e r n i e r : apud Cacsarem cenare ; ad exercilum mancre ; stare prae (pro) castris ; ante portas ; e t c .
quo κ ι u'i ? i» avec m o u v e m e n t
a c c u s a t i f : Romam, domum ire. ad exercilum, in urbem cisci ; sub nodem. datif : appropinquare urbi. il clamor caelo (poét.).
profi-
un de « d ' n il ? »
ablalif propicnn-iit d i t : Roma, domo, venire; ab urbe discederc, ex urbepro/icisci, de miiro deicere.
qua « p a r où ? »
ahlalif i n s t r u m e n t a l : uia Appia profeclus est. per -|- accusatif : per fines Sequanorum iter facere.
IO7
DOMVM, RVS, E T C .
B) Questions de temps. IJIIKSI I O N S
quando
« quand ? »
roiins
KMI'I.IIVKS
abl.-locatil : aestate, hicme, aduenlu-Caesaris. in principio. hoc triduo sciemus.
quamdiu « c o m b i e n de t e m p s d u r e (a d u r é , du rcra)? »
accusai if : uixit annos Iriginta. per quinde.cim dies. Des c o n f u s i o n s se p r o d u i s e n t a v e c l ' a b l a ui (§ I:î:ï).
quam duduin « depuis c o m b i e n de t e m p s d u r e ? »
accusatif a v e c iam : tertium iam annum regnal. ablatif d e p o i n t de d é p a r t : mttltis annis non uenit ( t o u r s iiégatifs § 138), a /meris.
ex 1/110 tempore « d e p u i s abhinc. | accus, ( r a r e m e n t abl.) : abhinc c o m b i e n de t e m p s a eu Iriennium projedus est. lieu? » abl.-localif : anno ancillam emi (§ 122). quanta tempore « en c o m bien de t e m p s ? »
a b l . i n s t r u m e n t a l : Traiam ceperunt.
decern
annis
Formes du type « domum, rus », etc. § 129. Quelques formes casucllcs.de noms très usités désignant les principaux endroits où s'exerce l'activité de l'individu (noms de la « maison », du « sol », de la « campagne », de la « porte », etc.) s'étaient fixées avec valeur adverbiale ou semi-adverbiale et conservées sans préposition aux différentes questions de lieu : à la question ubi : domi (locatif) « à la maison, chez soi » ; humi (loc.) « à terre » ; rttri cl rare « à la campagne » ; forts (abl.-loc) « dehois ». Cf. aussi les locatifs belli (arch, duclli) et mililiae dans les locutions domi duellique, domi militiaeque « à la paix et à la guerre», où la présence de domi contribuait à les maintenir ;
ιο8
CAS ET PRÉPOSITIONS
à la question qua ; les accusatifs domum; rus; foras « dehors »; j a m a i s humum au sens de χαμαζε ; à la question undc ; les ablatifs domo ; huma ; rttre ; /oris « dehors ». Exemples : Ces., B. G. 4, 1, 5 : domi remanent « ils restent chez eux »; Cic, Rose. Am. 81 : ruri adsiduus... fuit « il fut constamment à la campagne »; Hor., Ép. 1, 14, 10 : rure... uiuentem « celui qui vit à la campagne » ; Cic, de Or. 2, 163 : ea quae sunt foris n les choses extérieures » ; Ter., Eu. 216 : rus ibo « j'irai à la campagne »; Ces., B. G. 1, 29, 3 : domum redierunt « ils revinrent chez eux » ; Cic, Cat. 2, 2 : laetari uidetur... quod tantam pestent... foras... proieceril « d'avoir rejeté dehors » ; Ces., B. G. 1, 53, 4 : domo... duxerat « il avait amené de chez lui » ; Vg., G. 3, 9 : tollere humo « élever de terre »; Ter., He. 190 : rure hue aduenit « il est revenu ici de la campagne »; Cic, Ph. 2, 26 : consilium pelèrent... foris potins quam domo? « ils devraient prendre conseil... du dehors plutôt que de chez eux? », reprise de ab alienis maioribus et de a suis maioribus. Par suite de leur caractère adverbial, humi, ruri, foras ne pouvaient plus recevoir de détermination. Demi et domum admettent seulement un adjectif possessif ou le génitif d'un nom propre : mcac domi (PL, Au. 432) « chez moi » ; domi suae, (Cic, N. I). 3,81)« chez lui » ; domes abcamus nostras (PL, Poe. 814) « entrons chez nous »; rure mco (Hor., fip. 1. 15, 17) « à ma campagne » ; Pomponi domum uenisse dicitur (Cic, Of. 3, 112) « chez Pomponius »; domo palroiti defrromerc (Cic, Ver. 3, 155)« tirer de chez son patron ». La préposition apparaît, au contraire, dans eo in locuplelcm domum, ou encore Ces., B. C. 2, 18, 2 : arma... in domum Galloni conlulit, parce (pie domuin garde sa valeur substantive : « dans une riche maison, dans la demeure de Gallonius ». Mais elle gagnait môme l'emploi adverbial : Liv. 9, 9, 12 : senes ab domo... accersunt ; 25, 31, 3 : per seditiones pulsi ab domo (= « de chez eux »).
Noms de villes, d'îles, de pays § Lit). Avec les noms ne villes — particulièrement usuels d a n s l'expression des relations spatiales — le cas tendait aussi à se maintenir seul. C.'i'lail du moins la « règle » en latin classique : Cicéron explique d a n s une lettre (At. 7, 3, 10) que, s'il a employé la préposition in avec le nom du Pirée, il l'a fait en considérant celui-ci non comme
NOMS DE VILLES, ETC.
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une ville, mais comme un lieu (quelconque) : non cnim hoc (se. in) ut oppido praeposui, sed ut loco. Ainsi : Nep. 23, 7, 4 : ut Romae consules, sic Carthagine quolannis annui bini reges creabantur « à R o m e . . . à Carthage » ; J u v . 3, 80 : natus Athenis « né à Athènes » ; Ces., B. C. I, 24, 1 : Pompeius... Luceria proficiscitur Canusium « P o m p é e p a r t de Lucérie pour Canusium » ; PL, Mi. 23g : Athenis aduenisse « ê t r e v e n u d'Athènes ». Aux n o m s de villes étaient assimilés ceux do petites îles, lesquels étaient souvent aussi ceux de la localité qui s'y trouvait : Itliacae uiuere (Cic, Of. 3, 97) ; ea habitabat Rhodi (Ter., Eu. 107) ; Delum ttenit... Delo proficiscitur (Cic, Ver. 1, 46). Ici encore, la forme casuelle employée seule n'avait plus que des possibilités d'accord très réduites, notamment: avec un possessif : Athenis luis (Cic, At. 16, 6, 2) « dans ton Athènes », mais in ipsa Alexandrea (ibid. 11, 16, ι), ou avec un relatif : C i c , Cl. 27 : Theani Apuli quod abest a Larino decern et ode milia passuum « à Theanum Apiilum qui est éloigné de... ». Parfois elle supporte à elle seule une apposition : C i c , Rep. 1, 1 : Tusculi.... salubri et propinquo loce ; Liv. 3, 1 , 5 : Anlium, propinquam... et maritimant urbem, coloniam deduct. Mais plus souvent une préposition s'intercale : C i c , Ph. 4, 6 : Albae..., in urbe opportuna ; Font. 4t : Tusculo, ex clarissimo municipio ; Rep. 2, 34 : Tarquinios, in urbem Elruriae florcntisstmam. Dans le tour urbs Roma, la préposition est normalement exprimée devant le nom commun : in urbe. Roma, in urbem Romam, ex urbe Roma ; c'est le nom de ville qui est alors apposé. § 181. Extension de la préposition. — Les noms de villes, malgré la tendance précédente à maintenir la forme casuelle seule, s'employaient aussi avec la préposition. Celle-ci pouvait apporter une précision locale. Ainsi, ad et ab indiquaient, conformément à leur sens propre, que le mouvement aboutit aux abords ou part des environs de la ville : C i c , C. M. 10 : adulescenlulus miles ad Capuam profeclus est (= in castra ad Capuam) ; Ph. 12, 11 : a Mutina discederet « qu'il s'éloignât de Modènc (assiégée) «. Ou bien, ils marquaient la direction : ibid. 12, 22 : 1res uiae sunt ad Mutinam « il y a trois routes vers Modènc » ; Ces., B. G. 7, 45, 4 : erat a Gergouia despectus in castra « de Gcrgovie on avait vue sur le camp ». Avec abesse « être à une distance de », le nom de ville prend d'ordinaire ab : Ces., B. G. 7, 38, ι : Lilauiccus... cum milia passuum circiter triginta ab
.1 ΙΟ
CAS KT P R O P O S I T I O N S
Gcrgouia abesset ; au sens de n être absent, s'absenter de », on trouve plutôt l'ablatif seul : Nep. 12, 3, 4 : obérât Athenis libenler. I lors de la prose classique, la préposition était fréquente avec les noms de villes grecques, pour qui l'emploi de έν, εΙς, έκ était courant : in Epheso (PL, Mi. 44 1), à côté de Ephesi (ibid. 64R) ; ex Caryslo (PL, Ps. 737), à côté de Carysto (ibid. 730) ; in l.emnum aufugil (PL, Ci. 161). à côté (le pro/ectus... es Lemnum (Ter.. Ph. 567). Dès le v. latin, du reste, des noms de villes italiques en sent aussi précédés : Cat' n, Agr. 135, I : tegulae (emanlur) ex Venafro ; même dans la prose classique, sous la simple actiim d'un complément prépositionnel voisin : Cic, Ai. 15, i l , 2 : proficisci... in Asiam... ab Antio, en face de 7, 14, 1 : Capuam Calibus proficisccns. D'une manière générale, la préposition s'étendait aux noms de villes comme elle l'avait fait aux noms communs. Le maintien de la forme casuelle seule devenait une élégance littéraire (Suét., Diu. Aug. 86, 2), (pie dans la langue courante on sacrifiait aux exigences de la clarté, particulièrement à la question unde, qu'il était utile de distinguer de l'abl.-locatif : B. llisp. 12, 3 : a. Corduba... missi ; Liv. 1, 27, 4 : exercituque eius ab Alba accilo; etc. Λ la question ubi, apud n'était pas rare devant un nom de ville dans le latin vulgaire : apud Thebas (PL, lip. 53), apud Edessam (Peregr. Aeth. 17. 1) ; chez Tacite aussi : A. 6, 20 : apud Rhodum. Cicéron écrit lui-même : Ver. 4, 72 : ab Aenca /ugienle a Troia (pour la clarté, à cause de l'ablatif antérieur). § i:J2. Les noms de pays, d'emploi moins fréquent que ceux d e villes, pienaient couramment la pi é position : in 1/alia manere, in llispaniam proficisci, e Gulliu redire, ainsi que d'ordinaire ceux de grandes îles qui leur étaienl assimilés : in Sicilia, in Sardiniam, e Corsica. II y avait des restes d'emploi non prépositionnel en v. latin par survivance : Liv. Audi., Od. fr. 14 (Baehr.) : Graeciam redire; PL, Cu. 339 : ueniam Cariant ; plus tard aussi en poésie, par recherche d'expression : Vg., fin. 1, 2-3 : llaliam... Lauiniaque uenit || lilora ; ci. B. I, 64 : ibimus Afros ; fin. 1, 263 : bellum in gens geret Italia 11 en Italie »; T a c , H. 2, 79 : Syria remains « revenant de Syrie ». Le nom de l'kgypte était souvent employé seul : PL, Mo. 4411 : A c g vplo aduenio domum ; Ces., B. C. 3, 106, 1 : Aegyptum iter habere ; cf. Cic, /V. I). 3, 5e, ; Nep. 14, 4, 1 ; Liv. 31, 43, 5 ; T a c , A. 2, 51) ; aussi bien qu'avec une préposition (in, ad, cf. Thés., s. u.). De même : Cic, Mu. 34 : cum Bosphorum confugissel.
A R L A T I F DE D U R É E E T
DISTANCE
III
Confusions entre l'accusatif et l'ablatif § 133. A b l a t i f d e d i s t a n c e e t d e d u r é e . — Bien que l'expression de la distance et de la durée fût le propre de l'accusatif (§§ 39-40), l'ablatif le concurrençait dans cette double fonction. Ablatif de distance. Ces., B. G. i , 48, 1 : milibus passuum sex a Caesaris castris sub mante conscdil « il s'établit à 6000 pas du c a m p de César » (cf. ibid., 1, 43, 2), en face de Ces., B. G. r, 21, 1 : consedisse milia passuum ab ipsius caslris octo. C'est une extension de l'abl.-locatif ; car, dans les passages de ce genre, le terme qui indique la dislance (6.000 pas) désigne en même temps le lieu où se passe l'action (à 6.000 pas). Cette substitution de l'ablatif à l'accusatif ne s'observe pas avant César ; elle paraît étrangère à Cicéron et à Tite-Live, mais elle devient ensuite fréquente : Pline l'Ane, Pallad., Aur. Viet., Sulp.-Sév., MaiI. Cap., Crom. ; etc. Elle était préparée par l'emploi des formes interuallo et spatio ( + gén.) en t a n t qu'ablatifs de mesure ( § 117) auprès des verbes abesse, distare ou d'un verbe quelconque : Ces., B. C. 1, iS, 1 : quod oppidum a Cor finie Vil milium interuallo abesl; B. G. 3, 17, 5 : cum... contra eum duum milium spatio consedisset. Ablatif de durée. Attesté dès l'époque classique au moins par quelques exemples : C i c , de Or. 3, 138 : (Pericles) quadraginta annis praefuit Athenis « dirigea Athènes p e n d a n t q u a r a n t e ans » ; Ces., B. C. 1, 46, 1 : hoc cum esset modo pugnalum conlinenter horis quinque « comme on avait c o m b a t t u de cette manière s a n s arrêt p e n d a n t cinq heures » ; cf. ibid. 1, 47, 3. De m ê m e : SaL, / . 54, 1 : in isdem castris quadriduo moratus ; T a c , A. 1, 53 : quatluordecim annis exilium lolerauit ; Peregr. Aeth. 2 , 2 ; fuit ibi (Moyses) quadraginta diebus et quadraginta noctibus ; etc. Entre l'accusatif de la question quam diu? (1res annos regnauit) ct l'ablatif de la question quanto tempore? (decern annis urbem ceperunt), il n'y avait, en effet, (pi'une faible différence, à savoir la présence d'un verbe d'état (regnauit) dans le premier cas, d'un verbe d'action (ceperunt) dans le second. A cela s'ajoutait l'influence des locutions de valeur instrumentale tola uitä (Catul. 109, 5), tola node (Ces., B. G. 1, 26, 5), où l'adjectif
112
CAS ET PRÉPOSITIONS
lotus soulignait l'idée de durée. La voie était également préparée par les tournures négatives du type Romae mullis annis non uenit « il n'est pas venu à Rome depuis de nombreuses années » : l'ablatif y a toujours été usuel en face de multos annos a Roma afuit ou de per multos annos a Roma afuit. Qu'il fut un ablatif proprement dit (§ 108) ou un abl.-locatif de limite (§ 122), il n'en marquait pas moins une durée, ct le passage était facile à un emploi non négatif comme : Cic, Diu. ι, 38 : negari non polest... mullis saeculis uerax fuisse id oraculum « il ne peut être nié que durant de nombreux siècles cet oracle a été véridique ». Avec abhinc, enfin, l'ablatif de point de départ — quoique plus rare — est attesté à côté de l'accusatif (§ 40) dès Plaute, Mo. 494 : abhinc sexaginla annis occisus ct isolément chez Cicéron, Rose. Com. 37 : quo tempore? — abhinc annis XV « il y a 15 ans » (par attraction?) ; cf. Ver. 2, 130; plus tard : Fronton, Gell., etc. Sur les inscriptions funéraires d'époque impériale, pour indiquer l'âge du défunt, une alternance purement artificielle s'était établie entre l'accusatif et l'ablatif de durée. Dans le type le plus répandu, les années sont à l'ablatif, les mois et les jours à l'accusatif, par ex. itixit annis XXX, menses III. dies XIX (Löfstedt, Synt. II, p. 60). § 131. C o n f u s i o n e n t r e l e s q u e s t i o n s « u b i » e t « q u o ». — Des notions aussi distinctes que celle du lieu où Von est (question ubi) et celle du lieu où l'on va (question quo) prêtaient cependant à confusion dans l'emploi. Certains tours, quoique se justifiant en euxmêmes, contribuaient: à les rapprocher : tel, par exemple, l'ablatif (proprement instrumental) qui désignait l'étendue où se déploie un mouvement : loto oppido aliquem quaerere (§ 121), ou inversem e n t l'accusatif de direction auprès d'un verbe de repos : esse in polestatem (§ 41), esse in mentent (PL, Am. 1 8 0 ; Ter., Hau. 9 8 6 ; Ad. 528). L'hésitation de la langue se m a r q u e s u r t o u t auprès des verbes qui indiquent un état résultant d'un m o u v e m e n t . Avec ceux du groupe « poser, placer » ponere, locare, collocare, figere, statuere, constitucre, etc., cl même « jelcr » abicerc, ciccre, le latin, considérant le t e r m e d u m o u v e m e n t , m e t t a i t d'ordinaire le complément à l'ablatif précédé de in : t y p e ponc hune librum in mensa. Ainsi : Ter., Eu. 593 : earn in leclo illac conlacarunl « elles la placèrent sur son lit » ; C i c , de Or. 1, 28 : ut se abiccret in herba « s'étendre sur l'herbe », cf. Fi. 5, 92 ; Ver. 1,
« VBI » ET « QVO »
US
66 : ut in conuiuio uirorum accumberent midieres ; N. D. 2, 124 : aucs quae sc in mari mer gèrent. Pour d'autres verbes, au contraire, c'est le mouvement lui-même ou le trajet accompli qui était envisagé, ce qui appelait l'accusatif : Cic, Sest. 26 : cum incredibilis in Capitolium multitudo... conuenisset « comme une multitude incroyable s'était rassemblée au Capitole » ; Ces., B. G. 2, 5, 4 : copias in unttm locum coactas « des troupes concentrées en un seul point » ; cf. aduenire ad forum, in prouinciam ; deuerti ad hospitem « descendre chez, un hôte » (PL, Poe. 673 ; Cic, Diu. 1, 57). Il semble que parfois l'accusatif ait été réservé à l'infectum (action), l'ablatif au perfection (état) : C i c , Arch. 6 : adscribi se in earn ciuitatem uoluit, en face de 10 : praesertim cum aliis quoque in ciuilatibus fucril adscriplus. Mais cela n'allait pas sans flottement, et l'on trouve l'accusatif même avec un verbe du groupe « poser, jeter » au pariait : C. I. L. P , 583, 66 : quae pecunia in aerarium posita crû « l'argent qui aura été déposé au trésor »; Ces., B. G. 1, 18, 7 : sororcm... cl propinquas suas nuptum in alias ciuitates collocassc « il avait marié en d'autres cités »; 5, 10, 2 :" noues... in litus cicclas esse, κ les vaisseaux avaient été jetés au rivage » ; cf. Cic, Diu. 1, 104. 11 en résultait pour certains verbes une grande diversité de constructions. Par ex., condere se rencontre avec in -|- accus. : in puteum condite (PL, Au. 347) ; avec in -[• abl., au pariait : in pectore condita sunt (PL, Ps. 941), mais aussi au présent : in faliis allium se initia condunl (Vg., G- 4, 473) ; avec l'ablatif seul, peut-être instrumental : condebal membra sepulcro (Enn., A. 139) ; avec le locatif : condet humi (Vg., En. 10, 558)· ~ ; § 135. La langue parlée était encore plus éloignée d'une répartition stricte. Un locatif est: chez Plaute après un verbe de mouvement : adueniens domi (Ep. 361, Pe. 731) « en arrivant à la maison »; ailleurs, c'est l'adverbe hue que ce même auteur emploie aptes un verbe de repos : Au. 640 : ästende lute matins « montre ici tes mains ». Sans doute y a-t-il un mouvement implicite : k tends ici (-- ad me) »; et, de môme, dans Pétr. îO, ^ : Cains nosier foras renal « notre maître Cains dîne en ville », le verbe cenare a le sens de « aller dîner ». Mais le sentiment de la distinction grammaticale eulie ulli et quo n'en était pas moins troublé. E t il arrive qu'il s'efface entièrement : Pétr. 47, 5 : omnia foras parata sunt; 62, 1 : Capuae exierat « il était allé à Capoue » ; Peregr. Aeth. 8, 3 : uadenl (se -uni) ibi « ils y vont »; Grég. T., H. F. 4, 46 : se in Villauo lerriturio
CAS ET PREPOSITIONS
114 contulil
; y, 39 : ni l'holesane
dire.xit ; Martyr.
50 : demi
rediit
(lionnct,
V- 5 7 1 . 5 7 8 ) ·
Sommaire des prépositions § 130. C'est s u r l o i i t p a r l e u r s r a p p o r t s a v e c les c a s q u e les p r é p o s i t i o n s i n t é r e s s e n t la s y n t a x e U n e é t u d e d é t a i l l é e d e l e u r s d é v e l o p p e m e n t s s é m a n t i q u e s relève p l u t ô t d u v o c a b u l a i r e , cl l'on n e t r o u v e r a ici q u ' u n t a b l e a u d ' e n s e m b l e avec, q u e l q u e s i n d i c a t i o n s . I) P r é p o s i t i o n s se const m i s a n t à la fois a v e c l'ablatif e t a v e c l'accusatif : in (gr. έν). sub (gr. ύπά). super (gr. υπέρ), s a n s g r a n d e d i s t i n c t i o n e n t r e les d e u x cas, sauf q u e le s e n s d e « a u s u j e t d e » est r é s e r v é à l'ablatif. subter, a c c u s . ( a n c et class.), cf. jj lit ; a b l . , a n a l o g i q u e d e super. insu per « a u - d e s s u s d e », a c c u s , d e p u i s C a l o i i , Agr. ι H, 5, a b l . d e p u i s Vitr. 5, 1 , 0 ; « en p l u s d e », abl., Vg., l:n. i>, iy.\ : insit/ur his « en p l u s d e cela ». N o n class, c o m m e p r é p o s i t i o n . - desuper n d u h a u t d e » (bas lat.) a v e c a b l . cl ace. ( d a n s Vg., En. 12, 205, il est a d v e r b e ) . clam « à l'iusu d e », a c c u s , d ' a p r è s ce/are : PL, Ter., Bell, llisp., archaïs a n l s ; a b l . d ' a p r è s coram, d e p u i s Ces., B. C. 2, 32, 8. Clanculum -faccus., v. l a t . (Ter., Ad.. 5.;). II) P r é p o s i t i o n s c o n s t r u i t e s a v e c l'ablatif seul : ab, a, abs (gr. ànli) « en p a r l a n t d e » ; longe ab e t , p a r a n a l o g i e , prope ab. de (ilalo-ccll.) « de, i\u h a u t d e ». ex, e (gr. έξ) « h o r s d e ». abnsque (ab 4- usque) n d e p u i s (sans d i s c o n t i n u e r ) », local e t t e m p o r e l (Vg., T a c , e t c . ) . procul α loin d e » (poètes, L i v . , e t c . ) , à p a r t i r d e procul ab. sine « s a n s » (arch, s u / , se). absque (cf. abs d e ab) fut d é l a i hé à d a l e t a r d i v e d e la l o c u t i o n a r c h a ï q u e absque me (le, etc.) /orct ou esset (§ 'IKÎt c) e t servit d e p r é p o s i t i o n en d e l i o i s d'elle : « s a n s , e x c e p t é , h o n n i s , loin d e » : l ' i o n l i m , Apul., Cell., t e l l . , Vulg., l a n g u e p o p u l a i r e . cum « a v e c » (italo ι cit.). simitl « a v e c » (poètes, é p o q u e i m p é r . ) , à p a r t i r d e sinutl cum.
SOMMAIRE DES PRÉPOSITIONS
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prae « d e v a n t », c.-à-d. « en a v a n t d e soi » (rare) : prae se ferre ; d ' o ù « a u r e g a r d d e , en c o m p a r a i s o n d e » : prae nobis bcatus, e t a u s s i t p a r s u i t e d e », s u r t o u t d a n s les p h r a s e s n é g a t i v e s : nec loqui prae maerore potuit. pro (gr. nç>6) « d e v a n t », p a r r a p p o r t à u n e c h o s e q u ' o n a d e r r i è r e soi : pugnare pro mûris (en p a r l a n t d e s défenseurs) ; « p o u r » ; « à l a p l a c e d e ». L ' a b l a t i f p e u t se c o n c e v o i r c o m m e u n a b l a t i f p r o p r e m e n t d i t : « en a v a n t , à p a r t i r d e s m u r s ». coram « en p r é s e n c e (h; » : L e x R c p c t . , C i c , Ces., e t c . ; palam, m ê m e s e n s d e p u i s I l o r . , Epott. 11, 10 ; s o u v e n t post posés : t o u s les d e u x , a d v e r b e s a y a n t pris c o m m e p r é p o s i t i o n s l'ablatif d ' a p r è s prae e t pro. I l l ) P r é p o s i t i o n s c o n s t r u i t e s a v e c l ' a c c u s a t i f seul : ad « vers », p r o x i m i t é a v e c ou s a n s m o u v e m e n t , b u t , c o n f o r m i t é ; apud « chez », iuxta « à c ô t é d e », penes « chez, a u p o u v o i r d e » (souv e n t p o s t p o s é ) ; prope « p r è s d e » ; propter « p r è s d e », sens l o c a l r a r e a p r è s Cic. ; s u r t o u t « à c a u s e d e » e t p a r e x t e n s i o n « e n v u e d e ». praeter « en a v a n t d e », p a r r a p p o r t à u n objet (-ter) q u ' o n d é p a s s e . D ' o ù , a u figuré, u n e d o u b l e série d ' a c c e p t i o n s : a) « a u d e l à d e » (praeter spent), « p l u s (pie » (praeter ce teres) ; -— b) « e x c e p t é » (nemo praeter me), « en p l u s d e » (praeter pecuniam imperatam), et même « sans » (I'allad., A u g . ) . usque ( s o u v e n t p o s t p o s é ) c t adusque « j u s q u ' à », m . à m . « e n a l l a n t v e r s , s a n s d i s c o n t i n u e r ». C a t u l . , Vg., T a c , e t c . ob « a u - d e v a n t d e », r a r e a u sens p r o p n ; , c t f e n d a n t à s o r t i r d ' u s a g e ; « en v u e d e » ; « à c a u s e d e ». ante (gr. αντί) « d e v a n t », p a r r a p p o r t à u n e c h o s e (pie l'on a en face d e soi : pugnare ante muros (en p a r l a n t d e s a s s a i l l a n t s ) . Post (arch, pone < *pos(t) -ne) « a p r è s »; secundum (seats, a r c h , e t b a s l a t i n ) « s u i v a n t , selon » ; retro « d e r r i è r e » : A p u l . , I t a l a , Vulg., e t c . per (gr. περί) « il t r a v e r s , p a r , p e n d a n t , à c a u s e d e ». inter (parfois p o s t p o s é ) , intra, extra, infra, supra « e n t r e , à l ' i n t é r i e u r de, à l ' e x t é r i e u r d e , a u - d e s s o u s , a u - d e s s u s d e » ; dexlra « à d r o i t e d e » ( S a l . , / . 1 1 , 3 ; Vitr., etc.). eis et. ills (arch.), citra, ultra, Irans « en d e ç à , a u d e l à d e , à t r a v e r s ». circum, circa, e.irriter « a u t o u r d e ». uersus (souvent post posé), aduersus (-um), exaduersum ( C i c ) « en face d e ». contra, erga, « c o n t r e , e n v e r s ». subtus (depuis V i t r u v c 4, 2, 5) « s o u s ».
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CAS ET PRÉPOSITIONS
§ 187. P a r t i c u l a r i t é s d'emploi. i ° Les formes propius ct proxime, propior (non class.) et proximus, sous l'influence de prope, se construisent parfois avec l'accusatif : qui proximi Rhenum incolunl (Ces., B. G. i, 54, 1)l « ceux qui habitent les plus près du Rhin » ; propius te (Cic, At. 11, 13, 2) « plus près de toi » ; proxime Italiam (Cic, Ph. 10, 26) « le plus près de l'Italie ». On trouve aussi — plus rarement, du reste — le datif sous l'action de propinquus, uicinus ; par ex. Ces., B.C. 1, 72, 5 : proxime... hostium castris. Pour iuxta -)- dat., cf. § 82. 2° Dans les formules de datation du type die tertio ante Kalendas (Idus) lanuarias « le 3 0 jour avant les calendes (les ides) de janvier », la préposition ante était couramment reportée en tête, ct tous les termes se mettaient à l'accusatif : ante dient terlium Kalendas (Idus) lanuarias, en abrégé A. D. III Κ. (Ι.) ΙΑΝ. C'était là une anticipation mécanique, facilitée par l'analogie des tournures paucos aille annos, ante biennium, où ante était adverbe : n peu d'années (deux ans) auparavant. » L'ensemble, n'étant plus analysé, pouvait être régi à son tour par une autre préposition, ad, usque ad, in : Cic, Cal. 1 , 7 : in ante diem V Kalendas Nouentbres « pour le 5 0 jour avant les calendes de novembre ». Il arrivait aussi que le groupe ante dient disparflt par abréviation : Cic, Al. i l , 23, 2 : is nuntiabat Quintum filium ad Cacsarem profectum IUI Kai. Inn., c.-à-d. ante diem quartum Kill. lun. ; T a c , An. <>, 25 : dccrelumque ut quintum decimum Kalendas Nouembres... douum Ioui sacrarctur, c.-à-d. ante diem quintum decimum Kal. Nouembres. line attraction analogue à la précédente existe avec post : Cic, Mi. 44 : post diem tertivnt quam... « le 3 e jour après (pic... » ( = die tertio postquam). 1", l'est a en iisro-oiubrien un correspondant, qui gouverne l'ablatif. l'eut-èlre y a-t-il un leste de cette construction dans posthac et posted, lesquels auraient à leur tour entraîné anlehne et anted. Mais ces formes peuvent aussi s'expliquer par l'ablatif de point de départ combiné avec l'adverbe : « en avant » (ante) ou « après » (post) « à partir d'ici » (hoc), « de là » («a). Ante cl post sont respectivement issus de *anli, *posli. A ces formes, renforcées d'une particule -d(c), remontent les adverbes antid et poslid, conservés dans antidea et postidea ; poslid cKt, du reste, attesté : CI., Cas. 130, au sens de « ensuite ». (Vest sans doute d'après poslid (antid), dont l'origine n'était plus perçue, qu'a été construite la locution ad td locorum (§ (13 c), tandis que postid cl postidea étaient eux-mêmes pourvus d'un génitif partitif : postal lotorum, postidea loci (PL, Cas. 120, Ci. 784). La forme *posti était passée à poste, qui est encore attesté : Enn., An. 230 ; PL, As. 915.
PRÉPOSITIONS. PARTICULARITÉS
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§ 188. Quelques prépositions ont gardé des traces de leur emploi ancien comme particule autonome : ad au sens de « environ » avec un nom de nombre : Ces., B. G. 2, 33, 5 : occisis ad hominum milibus qualtuor « 4.000 hommes environ ayant été tués » ; de dans la locution susque deque « de bas en haut comme de h a u t en bas », c.-à-d. « d'une manière indifférente », en particulier avec habere (ferre) « ne pas se soucier d'une chose » (PL, Am. 886 ; Cic, At. 14, 6, 1 ; etc.) ; prae dans i prae (PL, Ps. 241) « marche devant », en face de i tu secundum (PL, Am. 551) « va en suivant », c.-à-d. n suis-moi » ; prae et pro dans prae quam (PL, Ter.) et proquam (Lucr.) 0 en comparaison de ce que » ; prout « selon que » ; praeter dans praeterproplcr (arch.) « tant bien que mal » ; praeter quam « sauf, excepté » ; per comme renforcement d'adjectifs ou d'adverbes, dans le latin familier surtout : perfacilis, perbene ; parfois encore disjoint de la forme sur laquelle il porte : Cic, Fa. 3, 5, 3 : per fore accomntodalum tibi « (qu')il te sera t o u t à fait avantageux » ; de Or. 1, 214 : per mihi mirum uisum est « il m'a paru tout à fait étonnant ». Plus rarement, avec des verbes : perodi « je déteste », en face de odi « je hais ». D'autre part, beaucoup de prépositions étaient des adrerbos qui continuaient à être employés comme tels : ante, post, prope, propter, extra, intra, super, etc., ou (pie l'on voit passer au rang de prépositions durant l'époque historique elle-même : cilra, infra, iuxta, palam, procul, simul, etc. Plusieurs sont d'anciens cas nominaux : penes (loc. sans désinence) ; circum, secundum (accus.) ; uersus, aduersus, Irans (nomin.) ; extra, infra, supra (abl.). Dans Yg., En. 12, 205 : (orantem) desuper alius equo grauiter ferit, on ne peut pas dire (pic desuper soit traité comme une préposition. L'auteur précise la forme casuelle (equo) par l'adverbe en les juxtaposant : « par en dessus, de son cheval il frappe... ». Même remarque pour inlus dans Lucr. 4, 1091 ; Vg., En. 7, 192. Ce sont des restes de la construction homérique ci-dessus mentionnée (§ 11), peut-être avec 'imitation savante. § 180. Préposition« hnpropros. — Certaines formes casuclles en voie de se fixer comme prépositions sont appelées prépositions impropres ; car, du fait de leur appartenance nominale, elles conservent à des degrés divers la possibilité d'avoir un complément déterminatif au génitif, lequel habituellement les précède. Les principales sont les ablatifs causa « en vue de, pour » et gratia « pour l'amour de, en vue de » ( + gén.), qui appartiennent à des substan-
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CAS ET PRÉPOSITIONS
tifs usuels : sororis causa (PL, Tri. 686) « p a r é g a r d p o u r t a soeur » ; honoris causa (formule) « p o u r faire h o n n e u r » ; bestias hominum gratta generaias esse ( C i c , N. D. 2, 158) ; exempli gralia ( C i c , Of. 3, 50) « p o u r p r e n d r e un e x e m p l e ». Au lieu du génitif d u p r o n o m p e r s o n n e l : mei, tut, nostri, urstri causa, c ' e s t l'adjectif possessif en a c c o r d q u i est, c o m m e p o u r t o u t substantif, d ' o r d i n a i r e utilisé : mea, tua, nostra, uestra causa « en v u e d e moi, d e t o i , d e n o u s , e t c . » : C i c , Ver. 5, 173 : uestra reique publicae causa « p o u r v o u s c t p o u r l ' E t a t »; d e m ê m e : T'L, Mi. 754 : nostra gratia « p a r é g a r d p o u r n o u s » (non class., t o u t e f o i s , a v e c gralia). On r a p p r o c h e r a c o m m e t e n d a n t à un e m p l o i a n a l o g u e l'ablatif uitio (alicuius) « p a r la faute d e ( q u e l q u ' u n ) »; cf. C i c , Ph. :'., 44 : forluuac uilio, et aussi, à l ' é p o q u e i m p é r i a l e , bénéficie, mcrilo (alicuius) « grâce à q q n ». D ' a u t r e s p r é p o s i t i o n s i m p r o p r e s s o n t p l u s éloignées d e leur o r i g i n e n o m i n a l e c t n ' o n t p l u s t o u j o u r s le génitif c o m m e c o n s t r u c t i o n exclusive : ergo « en raison d e , à c a u s e d e » 4- g é n . ; s e m b l e ê t r e c o m p o s é d e ex e t de l'ablatif d u s u b s t a n t i f verbal d e rego « je dirige ». A t t e s t é s u r t o u t d a n s des f o r m u l e s : uirtvtis ergo, uidoriae ergo, funeris ergo, m a i s r e p r i s à b a s s e é p o q u e a v e c d e s s e n s différents. Sur ergo a é t é lefait. erga | a c c u s . , d ' a p r è s titra e t ultra en face de cilro, nitro ; fini (avec un d o u b l e t fine a l l e s l é d e p u i s Lucrèce) n j u s q u ' à », ablatif du s u b s t a n t i f finis : Cal o n , Agr. 1 1 i. 2 : ansaium infimarnin fini « j u s q u ' a u bas d e s a n s e s ». L e génitif est c o n c u r r e n c é p a r l'ablatif : P L , Men. 859 : esse fini « j u s q u ' à l'os », p r o p r e m e n t « avec l'os p o u r l i m i t e » ( a p p o s i t i o n ) ; tenus « j u s q u ' à », s u b s t a n t i f n e u t r e p a r e n t d e tenco. a) A v e c le génitif, surtout, en poésie : C i c , Aral. 83 : lumborum tenus « j u s q u ' a u x reins ». b) Avec l'ablatif : C i c , Dei. 36 : l'aura tenus « j u s q u ' a u T a u r u s »; d ' o ù les l o c u t i o n s de s e n s limitatif : liadenus « j u s q u ' i c i s e u l e m e n t , en voilà assez » ; eatenus « j u s q u e - l à », s u r t o u t corrélatif ; quatenus « d a n s la m e s u r e s e u l e m e n t où » et « d a n s q u e l l e m e s u r e » ; nerbo tenus « j u s q u ' a u x p a r o l e s (et p a s p l u s loin) », c.-à-d. « en p a r o l e s s e u l e m e n t ». c) L ' a c c u s a t i f (Val. El. I, 538) — d ' a p r è s usque — est r a r e ; pridie « la veille d e », a v e c le génitif d ' a p p a r t e n a n c e eius dici (§ 65), m a i s aussi a v e c l'accusatif d ' a p r è s ante : pridie eum diem ( C i c , At. i l , 23, 2) « la veille de ce j o u r - l à » ; de m ê m e : pridie Kalendas, Nonas, Compilai in, e t c .
Place des prépositions § 1Ί0. L e s p r é p o s i t i o n s se s o n t en g é n é r a l h x é e s devant comme
l'indique
leur nom m ê m e
: praeposilio,
leur régime,
ou plus
rarement
PLACE DES PRÉPOSITIONS
Hg
praeuerbium. Il arrivait cependant pour des raisons particulières que la préposition fût post posée, c.-à-d. suivît son régime, ou qu'elle fût insérée à l'intérieur de celui-ci, ou enfin qu'elle en fût séparée. Voir J . Marouzeau, L'ordre des mots, I I I , p . 35 sqq. A) Préposition postposéo. Les prépositions impropres causa, gratia, fini, tenus suivent c o u r a m m e n t (ergo toujours) leur complément. Ceci provient de leur origine nominale ; car anciennement le complément déterminatif de nom a u génitif p a r a î t s'être placé le plus souvent, comme l'adjectif, a v a n t le déterminé. Il y a v a i t aussi une t e n d a n c e ancienne à placer la préposition après u n pronom complément, : relatif, p r o n o m personnel, démonstratif. Cet ordre a subsisté pour cum d a n s mecum, tecum, nobiscum, uobiscum, ainsi que d a n s quicum (abl. adverbial ; PL, Ter., Lucih, etc.). Mais cum quo, cum qua, cum quibus se t r o u v e n t dès l'époque classique à côté de quoeum, quacitm, quibuscum ; et ils deviennent c o u r a n t s ensuite. Une préposition monosyllabique autre «pu; cum postposée au relatif R'cst également main lernte dans quelques locutions administratives : illud quo de agilur (formule du préteur) « ce dont il s'agit » ; dies \\ quam ad dares (Ter., Ph. 523-4) « le jour auquel tu devais payer » ; quos ad soléret (se. referri) referendum censuit (Cic, N. D. 2, 10) « ceux à qui on en réfère habituellement » ; cf. aussi quoad. Plus fréquemment postposées en pareil cas étaient les prépositions de deux ou trois syllabes : inter, propter, contra, coram, penes, iter sus ct — à un degré moindre — aduersus, ante, circum, circa, sine, ultra ; car leur forme plus pleine et le fait que beaucoup d'entre elles se rencontraient encore comme adverbes leur conféraient une certaine autonomie ; par ex. quern propter (PL, Au. 786, Ru. 496), quos inter (Ces., B. G. 7, 33, 2 ; C i c , Ver. 3, 50), haec inter (Hor., S. 2, 6, 77), hune propter (Lucr. 1, 90), le aduersus (PL, Am. 750), hos contra (Cic, Fi. 5, 22), te coram (Hor., S. 1,4, 95), etc. Avec un substantif pour complément, ces mêmes formes ne sont guère postposées qu'en poésierchez Tacite, etc. : ancillas inter (Ον., Am. 1, n , 2), portas propter et Cuinas apud (Lucr. 1, 316, ct 6, 747), Italiam contra (Vg., En. 1, 13), Tibrrim iuxta ( T a c , A. 2, 41), palribus coram (ibid. 3, 24), etc. § 141. B) PrépOsltlon hiRéroO. Le plus souvent, la préposition est insérée après un adjectif ou u n complément déterminatif a u génitif,
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CAS ET PRÉPOSITIONS
mais le substantif qu'elle régit la suit normalement : quam ob rem, quem ad modum, cuius de itinere (Cic., At. 15, 23), magna cum cura, paucos post dies, haue aduersus urbem, 'etc. Cette construction, qui m e t t a i t le d é t e r m i n a n t en relief, est très r é p a n d u e . Parfois inter était intercalé entre les deux substantifs qui lui servaient de complément, ce qui établissait une liaison expressive entre le sens de cette préposition et sa place : Hor., fip. 1, 4, 12 : timorés inier et iras; même chez César, B. C. 3, 6, 3 : saxa inter et alia loca. — C'est seulement dans la langue poétique que la préposition est insérée après le substantif complément-et devant le déterminant de celui-ci : tempore in omni (Lucr. 1, 26), ilice sub nigra (Vg., B. 6, 54), ou — en dehors de inter — entre deux compléments coordonnés : ccruices circum collumque (Lucr. 2, 802), Misenum apud cl Rauennam ( T a c , A. 4, 5). § 112. C) Préposition disjointe de son complément. Ce cas est très r a r e ; car un lien étroit unit en latin la préposition à son régime, l i t la liberté qui, d a n s l'usage ancien, lui p e r m e t t a i t d'en être séparée ct qu'illustrent les tmèses encore fréquentes du grec homérique, ne se manifeste plus que d'une manière exceptionnelle : pour per dans les formules d'adjuration : PL, Men. 990 : per ego nobis deas atque homines dico « au n o m des dieux et des hommes (— per dcos...), je vous dis »; d a n s le cas de l'enclitique -que, s u r t o u t après une préposition dissyllabique : circumque ea loca, cOntraque legem, sineque exercitu, etc. P o u r inter et propter, cette disposition est même courante : interque tumultum, propterque inuidiam, sauf, semble-t-il, si le complément est un pronom : inter nasque (plutôt que interque nos). Avec les prépositions monosyllabiques, -que était habituellement rejeté après le complément : »M rebusque, de prouïnciaque, per uimquc, etc. (§ 405). ('(•pendant, la disjonction par -que s'est maintenue dans la locution exquc rc publica, parfois aussi devant une forme du pronom is ou un démonstratif : inqne cam tribum (C. I. L. Is, 583, 77), exquc ea peciinia (Mon. Ancyr. 4, 53), cumque eo (PL, St. 409), proque hac opinione (Cic, Rep. 3, 27), ou encore après une préposition lépétée : PL, Cas. 612 : cum hac, cum istac cumque aniica eliam tua ; Cic, de Or. 1, 26 : de lemporibits deque uniuersa re publica.
HISTOIRE DES PRÉPOSITIONS
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Quelques exemples de disjonction par l'enclitique -we étaient également conservés : C. / . L. I*. 585, η:. inue formas; Cic, Ph. 5, 10 : deue didalura... deue coloniis. On peut signaler aussi un passage comme Cic, Of. 2, 27 : post uero Sullae uictoriam ; mais la disjonction par un autre m o t que les enclitiques -que. et -11e est dans l'ensemble à peu près limitée aux poètes : Hor., S. 1, 3, 69-70 : amicus dulcis... \\ cum mea compenset uitiis bona ; Ον., F. 5, 12, 551 : ultor ad ipse suos caèlo descendit honores, en particulier avec circum (Hor., S. 1, 6, 58-9; Vg., En. 2, 278) et inter (Lucr. 6, 1004 ; Ilor., Od. 3, 3, 37 ; Ον., F. 4, 363).
Reprise de la préposition § 143. Une préposition n ' é t a i t p a s nécessairement reprise d e v a n t un second complément, car la fonction de celui-ci, grâce à la désinence, é t a i t plus explicite que d a n s une langue d é p o u r v u e de flexion c o m m e le français : C i c , Rase. Am. 74 : si per alios fecisse (sc. eum) dicis, quaero quos? seruosne an libéras? « si t u p r é t e n d s q u ' i l l'a fait p a r d ' a u t r e s , je d e m a n d e par qui? par des esclaves ou par des h o m m e s libres? » ; de même : C i c , C. M. 15 : a rebus gerendis seneclus abstrahlt. Quibus? an iis quae iuuenlule geruntur et uiribus? « la vieillesse dét o u r n e de l'activité. De laquelle? de celle de la jeunesse d a n s sa vig u e u r ? ». D a n s le dialogue : Ter., Ad. 961 : quodnam ob factum? — multa, c.-à-d. ob multa. ; Aussi la préposition exprimée d e v a n t l'antécédent n'est-elle p a s répétée d e v a n t le relatif : N e p . 5, 3, 1 : incidit in eandem inuidiam quam (— in quam) pater suus « il t o m b a d a n s la m ê m e i m p o p u l a r i t é q u e son père ».
Histoire ultérieure des prépositions § 144. La construction de certaines prépositions avec deux cas — laquelle n'était plus d'ailleurs qu'une survivance — tendit assez vite à être éliminée par la langue parlée. C'est le plus souvent l'accusatif qui a été généralisé, apparaissant dès les inscriptions de Pompéi pour ab, cum, sine, pro : a puluinar (C. I. L. IV, 2155), cum discenlcs suos (ibid., 698), sine dulcissimam Philotc (ibid., 3710), pro jcrrum (ibid., 4603) ; dès
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CAS ET PRÉPOSITIONS
Pétrone, p o u r prae : 39, 12 : prae. mala, e t 46, 1 : prae lifteras; p l u s t a r d p o u r coram, de, ex, —- t a n d i s qui; ante, apud, propter, ob, per se t r o u v e n t parfois a v e c l'ablatif ( W a c k e r n a g c l , Vorles. I I , p . 2 1 6 ; D i e h l , Vulgärlat. Inschr., p . 166). A c e t t e s i m p l i f i c a t i o n c o n t r i b u a i t l'affaiblissement d e s syllabes finales, c t aussi d e c e r t a i n e s n u a n c e s d e sens, c o m m e la d i s t i n c tion e n t r e ubi e t quo. D'autre part, des prépositions nouvelles s'introduisaient : foris « h o r s d e » : a c c u s . C r o m . L a t . 364, 27 : foris limites ; V u l g . , I t a l a , C r é g . T., e t c . , à c ô t é d e extra ; — g é n . I t a l a , Malth. 23, 26 (cod. δ) ; — a b l . d e p u i s Lucif. Cal., Äthan. 2, 12 : foris ecclesia. foras « h o r s d e » : a c c u s . Percgi. Aeth. 19, 9 : foras ciuitatem; — gén. Apul., Ap. 50, 2 : foras corporis; I t a l a , e t c . ; retro « d e r r i è r e » : A p u l . , M. 6, 8 : retro Dictas ••< d e r r i è r e les b o r n e s », s o u v e n t d a n s l ' i l a l a e t la V u l g a t e ; in giro « a u t o u r d e » ( = circuin), a v e c a c c u s , e t a b l . : in giro parieles ecclcsiac, Peregr. Aeth. 3, 8 ; in giro colliculo isto, ibid. 14, 2 ; per girum, a v e c gén. : per girum ipsius colliculi, ibid. 13, 3 ; de latus « à c ô t é d e », g é n . : de latus riui, G r o i n . L a t . 324, 11 ; a c c u s . : de latus monlem, ibid.. 324, 3 ; a b l . : île latus casa, 319, 12. D e là p r o v i e n t latus seul ( : - v. fr. le .·) : talus se, ibid. 313, 0 cl 19. E g a l e m e n t , aforis, de/oris cl déferas (;•» II. d e h o r s ) , s u r t o u t a v e c le génitif. Beaucoup d'autres juxtaposés, quoique surtout employés comme adverbes, s e r v a i e n t aussi d e p r é p o s i t i o n s : ad prope, in ante, in contra (fr. e n c o n t r e ) , circumcirca, de ex ( > fr. dès), ab ante ( > fr. a v a n t ) , de abante ( > fr. d e v a n t ) , de retro ( > fr. d e r r i è r e ) , de post (it. d o p o ) , de sub, de subtus ( > fr. d e s s o u s ) , e t c . ; p a r ex., I t a l a , Leuit. 10, 4 (cod. L u g d . ) : lollite fralres uestros abante faciem sanduarii « ù l c z d e d e v a n t le s a n c t u a i r e » ; C. I. L. V I I I , 9162, 7 : de post cuius morte « a p r è s (depuis) la m o r t d u quel » ; Mul. Chir. 455 : de subtus pedes « d e s s o u s les p i e d s » (Bourciez, Eléments, § 125). P o u r d é s i g n e r la c a u s e c t le motif, ob e t propter f u r e n t d a n s le l a t i n v u l g a i r e r e m p l a c é s p a r pro ; cf. C. I. L. I I I . 3493 ; d é j à C i c , de Or. 1, 234 : quem omnes amare mcrilissimo pro eius eximia suauitate debemus. L a p r é p o s i t i o n g r e c q u e κατά (avec l ' a c c u s a t i f ) « selon », i n t r o d u i t e p a r le l a t i n d e s t r a d u c t e u r s d e l ' É v a n g i l e : euangelium cala Matthaeum (Cypr., 'l'est. 1, 10), a pris e n s u i t e un rAle i m p o r t a n t c o m m e d i s l r i b u l i f (§ 220).
DEUXIÈME PARTIE
LA PHRASE SIMPLE ET SES ÉLÉMENTS
CHAPITRE PREMIER L'ACCORD
§ 146. On appelle accord — ou plus spécialement accord grammatical — le rapport de dépendance établi dans la phrase entre des mots formant groupe, de telle manière que la forme de l'un commande celle de l'autre. Cet accord peut se faire en cas, en genre, en nombre, en personne. Il se produit généralement entre le sujet et le verbe, entre le sujet et l'attribut, entre le substantif et son épithète, entre le substantif ct son apposition, enirc le relatif ct son antécédent. L'accord est le plus souvent « de règle » en latin. Mais il y a des traces d'une liberté plus grande, qui représente un état ancien où les mots de la phrase étaient dans un rapport moins strict de dépendance. Ainsi, en grec, dans Horn., Od 6, Γ55-7 : μάλα πού σφισι θυμί>ς ||... latvrrat... || λευσσόντων « leur cœur de it être vraiment à la joie quand ils aperçoivent... », le datif σφισι a une apposition (λβυσσόντων) au génitif. En v. latin, on trouve encore des exemples approchants, telles les deux phrases suivantes empruntées à des textes non littéraires : Sénatus-consulte des Bacchanales (186 av.'J.-C.), 1. 19 sqq. : (censuere) homines pious V oinuorsci uirei atque, mu icres sacra ne quisquam || fecise uclct, neue inter ibei uirei plous duobus, l'ulicribus plous tribus || arfuise itelenl, nisei de pr. urbani senatuosque sentei liad... « qu'il n'y eût pas plus de cinq personnes en tout, hommes et femm ;S, à vouloir célébror le culte ct qu'il n'y eut pas parmi eux plus de deux l.ommes, plus do trois femmes, à moins que ce ne fut du consentement du préteur urbain ct du Sénat ». Le premier verbe (uclet) s'accorde avec le pronom singulier quisquam, qui reprend le sujet homines, et cependant la proposition suivante a son verbe
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LA PHRASE SIMPLE
au pluriel (uelent). En outre, l'ablatif mulieribus remplace le nominatif attendu midieres, sans doute par attraction avec duobus... tribus. I'orinule du style curial rapportée par Tite-Live 26, 33, 14 : quod senatus iuratus, maxima pars, censeat, qui adsient, id uolumus iubctnusqu* « ce (pic h; sénat décidera après serment (dans) la majorité (de) ses membres présents, nous le voulons ct ordonnons ». Ix; groupe senatus iuratus est apposé à pars, alms qu'il équivaut à un complément au génitif : maxima pars senatus. El, d'autre part, la relative qui adsienl, elle-même apposée à senatus, prend la forme du pluriel, comme s'il y avait maxima pars senalorum, c.-à-d. quod maxima pars srnatorum qui adsinl, postquam ittrali sint, censeal, id uolumus iubcniusque. Les subjonctifs adsinl (sint) censeal sont, en outre, les équivalents des futurs aderunt (erunt) censebil (§ 267). Tout un travail d'analyse s'est accompli pour substituer à l'indépendance première des éléments de la phrase les relations précises de la construction grammaticale. Néanmoins, celles-ci ne s'établirent jamais pleinement. Une tendance subsista toujours à faire l'accord par al traction ou selon le sens, et cela non seulement d a n s la langue parlée ou vulgaire, moins stricte et moins exigeante, mais d a n s le latin littéraire lui-même, qui présente ainsi de nombreuses n particular il es » d'accord.
Accord du verbe § 11C>. Le verbe s'accorde avec le sujet en nombre, et — si celui-ci est un pronom personnel — également en personne. Si c'est un relatif, le verbe se met à la personne de l'antécédent : PL, Ps. 611 : non uidere digitus qui liber sies « t u ne parais pas digne d'être libre » ; Vg., En. 9, 427 : me, me adsum qui feci « me voici, c'est moi qui ai tout fait ». Comme le verbe latin contenait en lui-même un sujet implicite (feci = « /'ai fait », fecisti --• « lu as fait »), tout sujet exprimé était une apposition explicative au verbe, cl il n'y avail pas loujouis une concordance 1 igiiiiieuse. lui v. latin, un pronom indéfini ou inlerrogatif singulier se rciiionlrc parfois auprès d'un verbe à la >'" ou à la 2" personne du plu riel : l'L, Ep. 30S <> : heus foras || exile hue aliquis « hé là, sortez, quelqu'un » (\m individu sui la pluralité interpellée) ; Am. 1071 : nr.quc nostrum quisquam sensimus « nous ne nous en sommes pas aperçus, personne
ACCORD DU VERBE, DE L'ATTRIBUT
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d'entre nous » ; Men. 1119 : uter eralis, tun an Me, maior? « vous étiez (de vous deux), toi ou lui, lequel le plus âgé »? Celte construction réapparaît en poésie : Vg., fin. 4, 625 : exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor n sors, qui (pie tu sois, dé mes os, mon vengeur »; cf. Hor., Od. 3, 27, 51. On rencontre aussi parfois un substantif ainsi apposé à une i r e personno : Nep. 2, 9, 2 : Themistoclcs ueni ad te « moi, Thémistoclc, je suis venu auprès de toi » (-- Thucyd. 1, 137, 4 : Θεμιστοκλής ήκω παρά σέ) ; Liv..30, 30, 29 : Hannibal peto pacem « moi, Hannibal, je demande la paix » ; cf. Ον., M. 12, 499 : populus superamur ab una ; lier. 17 (16), 102 ; Vg., En. 3, 310, et aussi Hor., A. P. 24-25 (§ 100). — Le grammairien Priscien, qui ne comprenait plus celte construction, y voit un solécisme : G. L. K. II, 448, 20 sqq. : nam si dicam 'lego Cicero', soloecismus est, nisi addidero pronomen, dicens 'lego ego Cicero'.
Accord de l'attribut § 147. L ' a t t r i b u t s'accorde avec le sujet en genre, en n o m b r e et en cas. Toutefois, si l ' a t t r i b u t est un substantif, l'accord en n o m b r e n ' a p a s toujours de raison d'être : t y p e captiui militum praeda fuerunt « les caplifs fiircnl le butin des soldats » ; ct l'accord en genre ne peut se faire que si l ' a i l r i b u t est un substantif a y a n t — ce qui est r a r e —u n e double foi me : dominus / domina, effector f effedrix, etc. : C i c , Fi. 2, 55 : (pecunia) est... effedrix mullarum cl magnarum uoluptatum, Rose. Am. 75 : uita autem haec rustica... iustitiae magistra est; mais, s a n s a d a p t a t i o n jxissible de forme : C i c , Of. 3, 72 : quoniam iuris natura fons sit... « puisque la n a t u r e est la source d u droit » ; N. D. 2, 58 : mitndi natura... artifex ab eodem Zenone dicilur. L ' a t t r i b u t — comme le verbe — n ' a v a i t p a s un lien étroit avec le sujet, et son caractère d'apposition est encore sensible d a n s la phrase nominale : facilis descensus Auerno (Vg., En. 6, 126) « facile (est) la descente vers l'Averne ». Cela permet à l'adjectif a t t r i b u t de se trouver »n tiontr« IIVIT. valeur généralisante en face d'un sujet masculin ou féminin : turpilndo peius est quam dolor (Cic, Tu. 2, 31) « la honte csl chose pire que la douleur »; de même : Vg., H. 3, 80 : triste lupus stabulis « c'est une chose funeste pour les établcs que le loup » ; T a c , H. 5, 5 : parentes, pueros, fratres uilia habere « tenir p a r e n t s , enfants,
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LA PHRASE SIMPLE
frères p o u r objets de vil prix ». Du reste a p p a r a î t la périphrase conc u r r e n t e avec res : C i c , Tu. 3, 3 : est enim gloria solida quaedam res ; Ον., Pont. 2, 7, 37 : res Umida est omnis miser. § 148. Grâce à cette indépendance, le verbe ou l'attribut — dans la langue non littéraire — se fixaient facilement à l'impersonnel en face d'un substantif qui aurait pu en être le sujet grammatical : Caton, Agr. L35. 4 : reliquum crit pedes XLVI « il restera 46 pieds »; ibid. 144, 5 : accedit oleae salsae modii V « on y ajoute 5 mesures d'huile salée » ; à époque tardive : Chron. Alex, chron. I, p. 94, 22 : factum est dispersio. Voir Löfstedt, Synt. Ι*, p. 1 sqq. Dans quelques formules archaïques à l'ablatif absolu, le participe — placé en tète — restait également invariable au singulier : absente nobis (Ter., Eu. 649) « en notre absence »; praesente nobis (PL, Am. 400, d'après Non. 76, 14) ; praesente his (Accius 428 Ribb.) ou amicis (I'omp. Bonon. 47 Ribb.) ou mullis (Rhet. Her. 4, 16; var. praesenlibus) ; astante ciuibus (C. 1. L. V, 895). En bas latin : Grég. T., / L F. 5, 14 : excepta filiabus, et, avec l'accusatif, Jord., Get. 1, 6 : exceplo oppida uel possesstones, comme dans le fr. » excepté, vu, étant donné... ». La place du participe à l'initiale était pour beaucoup dans ce manquement à l'accord.
Accord du verbe ou de l'attribut avec deux ou plusieurs sujets § 149. Lorsque le verbe ou l ' a t t r i b u t avaient deux ou plusieurs sujets, l'accord se faisait soit avec l'ensemble des sujets, soit avec un seul d ' e n t r e eux. A) D a n s l'accord avec l'ensemble — plus conforme à la logique et qui a été généralisé, ou presque, en français — le verbe se m e t a u pluriel, m ê m e si tous les sujets sont au singulier : C i c , Caec. 27 : A. Atilius cl eius filius L. Atilius dixerunt. E n outre, la i r o personne l'emp o r t e sur la 2°, la 2° sur la 3 0 : C i c , Fa. 14, 5, 1 : si tu ct. Tullia... ualetis, ego cl suauissimus Cicero ualcmus « si Tullia ct loi vous allez bien, m o n très aimable Cicéron ct moi-même nous allons bien ». L ' a t t r i b u t est également au pluriel, au cas et au genre des sujets : C i c , Fi. 2, 74 : mené et Triarium dignos existimas... ? « n o u s juges-tu
ACCORD AVEC PLUSIEURS SUJETS
I2Q
Triarius et moi-même dignes...? ». Si les sujets sont des personnes de genre différent, c'est avec le masculin que se fait l'accord : mihi pater et mater mortui sunt, ci. Ter., Eu. 517-8. Si les sujets sont des noms de choses de genre différent, l'attribut se met au pluriel neutre : Liv. 35, 21, 4 : (nuntiatum est) Formiis porlam murumque de caelo tacla esse « (on annonça) qu'à Formies une porte et la muraille avaient été frappées de la foudre ». Certains écrivains (SaL, Liv., T a c , etc.) ont parfois employé abusivement ce neutre avec des sujets de même genre, surtout féminins : SaL, C. 20, 2 : ni uirtus fidesque nostra salis spedata mihi forent « si votre valeur et votre loyauté n'étaient pleinement connues de moi », au lieu de spedatae ; T a c , H. 3, 70 : pacem et concordiam uiclis utilia... esse. B) L'accord avec un seul des sujets implique un souci moindre de la logique et une structure de phrase plus libre. Il a lieu d'ordinaire avec le plus proche : Cic, Flac. n : nisi noslri mores ac disciplina plus ualeret ; Cat. 4, 1 : uideo... in me omnium uestrum ora atque oculos esse conuersos. Mais on le trouve aussi avec le sujet le plus éloigné, surtout si celui-ci est en même temps le plus important ou le plus caractéristique : Cic, N. D. 1, 82 : ne fando quidem auditum est crocodilum (masc.) aut ibim (fém.) aut felem (fém.) esse uiolatum ab Aegyptio « même de tradition orale on n'a jamais entendu dire qu'un crocodile, un ibis ou un chat ait été mis à mal par un Égyptien ». Quand, avec deux sujets au singulier et de même genre, le verbe reste au singulier et que l'attribut, s'il y en a un, prend leur genre comme dans la phrase temeritas ignoratioque uitiosa est (Cic, Fi. 3, 72), on ne peut pas dire qu'il y ait strictement accord avec un seul des sujets ; ce sont plutôt les deux sujets qui sont considérés comme n'en formant qu'un seul. § 160. Répartition. — L'accord avec l'ensemble paratt plus fréquent, lorsque les sujets sont des personnes ; l'accord avec un seul, si co sont des noms de choses ou bien des noms de personnes ct de choses mêlés (J. Lebreton, Études, p. 2 sqq.). Du reste, quelle que soit la nature des sujets, l'accord avec un seul était appelé par des raisons particulières de sens ou de construction : a) Les sujets désignent des personnes agissant séparément : Liv. 25,
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LA PHRASE SIMPLE
19, 6 : coiisulcs... diuersi, Fuluius in agrum Cumanum, Claudius in Lucanes abiit « les c o n s u l s p a r t i r e n t d a n s d e s d i r e c t i o n s o p p o s é e s . . . F u l v i u s p o u r le t e r r i t o i r e d e d i m e s , C l a u d i u s on L u c a n i c ». b) L e s s u j e t s se r a m è n e n t à u n e n o t i o n u n i q u e : Ces., B, G. 2, 19, 1 ; ratio ordoque agminis aliter se habebat « l ' o r d r e e t la d i s p o s i t i o n d e la c o l o n n e é t a i e n t a u t r e s ». c) L e v e r b e p r é c è d e , c t les s u j e t s n e s o n t p a s e n c o r e t o u s p r é s e n t s à l ' e s p r i t d e celui qui p a r l e : C i c , Ver. 4, 92 : dixit hoc apud 110s '/.osippus et Ismcnias, homines nobilissimi « c'est ce q u ' o n t d i t d e v a n t v o u s Z o s i p p u s e t I s m c n i a s , p e r s o n n a g e s t r è s c o n s i d é r a b l e s »; d e m ê m e , à l'ablatif a b solu : auclore Mctcllo et P. Mucio ( C i c , Rep. 1, 31) ; cf. absente nobis (§ 148). É g a l e m e n t s u r les i n s c r i p t i o n s : C. / . L. V I , 25169, 5 s q q . : fecit Publilia... et Publilius ; 28882, 11 s q q . : fccil-M. Varenus... et Vibia. d) L e v e r b e est i n t e r c a l é a p r è s le p r e m i e r s u j e t . : C i c , Tu. 1, 3 : si quidem Homerus fuit et Hcsiodus ante Romani conditam ; de Or. 2, 40 : Catulo andiente et Cacsarc. e) U n m o t r é p é t é p a r a n a p h o r e d é t a c h e c h a c u n d e s s u j e t s : C i c , At. 14, H, ι : quid Ctiilli, quid llispani, quid Sexllts agat uehemenler exsprete n je suis d a n s u n e vive a t t e n t e d e ce (pu; v o n t faire les G a u l o i s , les E s p a g n o l s et S e x l u s ». E g a l e m e n t , avec, d e s s u j e t s s é p a r é s p a r nique... nique, ou p a r u n e p a r l i r u l e d i s j u n c t i v e aut, siue, ml, -ue, cf. ci-dessus C i c . N. I). 1, 82. C e p e n d a n t , m ê m e a v e c aut... aut, et· plus e n c o r e a v e c et... et, l ' a c c o r d avec l'ensemble n'est pas ran;. Enfin, d e n o m b r e u x cas d ' e s p è c e m o n t r e n t c o m b i e n l ' u s a g e d e la l a n g u e é t a i t s o u p l e et quelle v a r i é t é d ' e x p r e s s i o n il offrait à l'écrivain : (Me, L'a. 6, 3, 4 : mihi tu, lui, tua omnia maximae curac sunt : estis eût é t é c h o q u a n t a u p r è s du neuIrcvuiniiVi ; ibid. 13, 8, ι : et tu et omîtes homines sciunl (au lieu d e scitis) ; Hor., N. 2, 6, 65-66 : ο nodes cenacque deum qttibus ipse nieique || <ι«/<· Larcin proprium uescor « r e p a s d i v i n s (pie j e p r e n d s , m e s a m i s c t m o i - m ê m e . . . » : ipse e t mei s o n t p r o p r e m e n t a p p o s é s a u s u j e t i n c l u s d a n s uescor ; e t c .
Cas d'attraction entre verbe, sujet et attribut § 1 5 1 . D a n s le g r o u p e f o r m é p a r le v e r b e , l ' a t t r i b u t c t le s u j e t , le
latin n'élablissail pas toujours des distinctions aussi rigoureuses que celles auxquelles nous a accoutumés le développement de l'analyse grammaticale. Kl l'on observe entre ces termes divers cas d'accord par le voisinage, c.-à-d. par assimilation mécanique ou attraction.
ACCORD PAR ATTRACTION
I3I
A t t r a c t i o n e x e r c é e p a r u n s u b s t a n t i f a t t r i b u t . — Le verbe s'accorde couramment avec un substantif attribut intercalé entre le sujet et lui : Cic, Diu. 2, 90 : nop. omnis error (masc.) stultitia dicenda est « toute erreur ne doit pas être appelée sottise » ; Liv. 1, 1, 3 : gens uniuersa Veneti appellali (sunt) « l'ensemble de la nation a reçu le nom de Vénètes », comme en grec, Hérod. 2, 15 : al Θήβαι Αίγυπτος έκαλέετο. Très rare est l'accord grammatical : Ον., M. 1, 292 : omnia pontus erant « tout n'était (pic mer » (faut-il d'ailleurs lire erat?). D'autre part, le pronom relatif ou démonstratif, en rapport comme sujet avec un substantif attribut qui le définit, prend le genre et le nombre de ce dernier : PL, Ep. 431 : haec est stultitia « c'est de la folie », et non hoc est stultitia. De même : Cic, Fi. 2, 30 : quam (— quod) nemo unquam uoluptatem appellauit, appellat « il appelle plaisir ce que personne n'a jamais ainsi appelé » ; cf. SaL, C. 51, 14 : quae ( = ce qui) apud alios iracundia dicitur, ea (— cela) in imperio superbia atque crudelitas appellatur, c.-à-d. quod... dicitur, id... appellatur. Le grec, employaiI concurremment le pioiioin au iieulre : Plat., Phacdr. 245 c : τοϋτο ττηγή xott αρχή κινήσεως, cf. Cic, Tu. ι, 53 — usage plus conforme à la logique et qui s'est généralisé en français. lui latin, il commence seulement à apparaître, à partir de l'époque impériale et surtout dans les phrases négatives : Vg., En. 3, 173 : nee sopor illud erat « ce n'était pas là un songe »; Liv. 2, 3H, 5 : si hoc profedie et non fttga est « si c'est là un départ, ct non pas une fuite ». en face de Cic, Ph. y, 14 : quanquam Ma (— illud) legatio non est; Sén., Tranq. 2, 4 : id tranquillilas eril; T a c . H. 1, 49 : ut quod segnitia erat, sapientia uoearetur (reprise du passage précédent de Sallusle) ; Grég. T., / / . F. 2, 37 : et hoc herba est. Le français dit : n c'est ma mère », l'italien : « questa è mia madre ». Pour l'interrogatif, les deux tours coexistent : Cic, Par. 27 : quae est enim ciuitas? « qu'est-ce qu'une cité? », et Dom. 72 : quid est enim exsul? « qu'est-ce qu'un exilé? ». Le neutre paraît même plus fréquent.
§ 152. A t t r a c t i o n oxercoe p a r un nom a t t e n a n t a u sujet. — Le verbe et l'attribut s'accordent parfois avec un substantif placé cnlrc eux cl le siijel, tuais ni tenant fi celui-ci. Cello attraction est déterminée par : une apposition au sujet : Cic, Pomp. n : Corinthum (fém.) paires uestri, totius Graeciae lumen, exslinctum esse uoluerunt « Corinthe, la
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LA PHRASE SIMPLE
lumière de toute la Grèce, vos ancêtres ont voulu qu'elle fût éteinte » ; — u n e locution restrictive : C i c , Ph. 4, 9 : quis illum igitur consulem nisi latrones pillant? « qui le considère comme consul sinon les brig a n d s ? » ; — u n e comparaison i n t r o d u i t e p a r une conjonction : C i c , Br. 262 : omni ornatu orationis tamquam ueste detracta « t o u t ornement é t a n t dépouillé comme un v ê t e m e n t » (au lieu de detracto), ou p a r u n t o u r corrélatif : C i c , Fa. 6, 4, 3 : me non tantum litterae... quantum longinquitas temporis mitigauit « c'est moins l'étude des lettres que le t e m p s qui m ' a consolé » (au lieu de miligarunt), ou p a r quam complém e n t d u comparatif : C i c , At. 1, 15, 1 : non dubito quin celerius tibi fwc rumor quam ullius nostrum litterae nunliarint « je ne d o u t e p a s que la renommée ne t'en ait informé plus vite que les lettres d ' a u cun de nous » (au lieu de nuntiant). Aussi quand le sujet est formé des locutions amplius (plus) quant « plus de » ou minus quam « moins de », le verbe s'accorde avec l'indication numérique qui les suit : Liv. 39, 31, 13 : nec plus quam quattuor milia hominum e/fugerunl « il ne s'échappa pas plus de 4.000 hommes ». § 163. A t t r a c t i o n d e l ' a t t r i b u t a u d a t i f . — Cette a t t r a c t i o n est courante a u p r è s de l'impersonnel licet p a r accord avec son datif complément : C i c , Tu. 1, 33 : licuit esse olioso Themistocli « il était loisible à Thémistocle de vivre loin des affaires ». L'accusatif appelé par la tournure infinitive n'est pas inconnu : C i c , Balb. 29 : ciui Romano licet esse Gaditanum « il est permis à un citoyen romain d'être citoyen de Gadès ». Mais l'attraction au datif attestée depuis Piaule (Ep. 338) est bien plus fréquente. Elle s'étendait aussi à des tours voisins : Hor., Ep. 1, 16, 61 : da mihi... iuslo sancloque uideri « accordemoi de paraître juste et probe » ; Ον., M. 8, 554-5 : nec fortibus illic || profuit armrnlis nec equis uelocibus esse. « il ne servit alors ni aux bceufs d'avoir la force ni aux chevaux d'être rapides »; ou encore : Cic, Marc. 33 : quia non est omnibus stantibus necesse dicere a il n'est pas nécessaire que tous parlent en personne »; Liv. 23, 29, 5 : quibus... in recenlem equum ex fesse armalis transultare mos erat « qui avaient coutume de sauter en armes... »; Val. Max. 3, 6, 3 : chlamydato sibi et crcpidalo... ambulare deforme (esse) non duxil « il ne considéra pas comme inconvenant pour lui de sortir en chlamyde ct en sandales ». Cf., au contraire, à l'accusa-
ACCORD DE L'ADJECTIF ÉPITHÈTE
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tif : Ter., Hau. 388 : expedit bonas esse nobis « vous avez avantage à être honnêtes »; Liv. 29, 23, 9 : ne sibi... arma... aut haec aut Ma, abnuentem alteram societatem, sequi necesse sil « afin de ne pas être dans l'obligation de suivre tel ou tel parti, en renonçant à l'autre alliance ». § 154. L'attraction au datif avait également lieu dans les locutions mihi nomen est, alicui nomen dare (indere, facere), etc. Chez Plaute, elle est habituelle : Men. 77 :: iuuentus nomen fecit Peniculo mihi « les jeunes gens m'ont donné pour nom « la Brosse » ( — Peniculus) » ; elle joue même dans le dialogue, lorsque le nom propre est donné en réponse : Men. 1131 : quid erat nomen nostrac malri? — Teuximarchae. Cicéron préfère l'accord grammatical. Mais il y eut toujours flottement entre les deux constructions : C i c , Ver. 5, 16 : cui Gemino cognomen est, en face de 4, 118 : fons... eut nomen Arethusa est (s'il ne faut pas lire Arelhusae'st), ou encore : Vg., En. x, 267-8 : puer Ascanius cui nunc cognomen Itdo || addilur, en face de Liv. 1, 1, 11 : cui Ascanium parentes dixere nomen, cf. Vg., En. 3, 693. Rien ne permet d'affirmer que le datif ait été en pareil cas un vulgarisme. La construction ancienne était celle de l'attribut au nominatif indépendant : Ον., M. 15, 96 : actas cui fecimiis 'aurea' nomen (§ 16). Le datif fut un moyen de le rattacher à la phrase. Le génitif explicatif en fut un autre : T a c , A. 14, 50 : libris quibus nomen codicillorum dederat « livres qu'il avait: intitulés Mon Testament » ; cf. Suét., Dom. 10, 5. § 155. Accord du superlatif relatif en fonction d'attribut. —- Il n'y a pas comme en français attraction au genre du complément ; le superlatif relatif attribut s'accorde grammaticalement avec le sujet : Cic, N. D. 2, 130 : Indus qui est omnium fluminum maximus « l'Indus qui est le plus grand de tous les fleuves ». L'attraction en genre n'apparaît qu'isolément : dans Plin., Nat. 9, 20 : uelecissimum omnium animalium... est delphinus, elle était facilitée par le rejet du sujet en fin de phrase. Pour l'apposition, c'est exceptionnellement que l'on trouve chez Horace : S, 1, 9, 4 : quid agis, dulcissime rerum? « que deviens-tu, ma très douce chose? » ; cf. Ον., A. Ain. 1, 213.
Accord de Padjectif épithète § 156. L'adjectif épithète s'accorde — comme l ' a t t r i b u t — en genre, en cas et en n o m b r e avec le substantif. Mais le groupe ainsi formé a été de t o u t t e m p s plus fortement lié que celui du sujet avec l ' a t t r i b u t .
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Aussi les m a n q u e m e n t s à l'accord grammatical — en dehors de quelques cas de syllepse (§ Ilîl) --- sont-ils très peu nombreux. Si l'adjectif épithète se r a p p o r t e à deux ou plusieurs substantifs, il n ' y a — conliaiieinenl à ce qui a lieu pour l ' a t t r i b u t — q u ' u n e façon de faire l'accord, c.-à-d. avec un seul des deux termes. Comme précédemment (§ 14!) B), c'est d'ordinaire le plus proche : Ces., B. C. i , 36, 3 : reliquas merces commealusque... reseruant ; C i c , de Or. 3, 82 : cum uitam tuam ac sludia considero, — parfois cependant le plus éloigné, q u a n d c'est aussi le plus i m p o r t a n t : Liv. 24, 2, 3 : urbem ac portum moenibus ualidam. S'ils sont tous deux du même genre et au singulier, l'adjectif se met également au singulier : C i c , Ver. 4, 71 : lota Asia Graeciaquc. Hors de la langue littéraire, l'accord avec l'ensemble a cependant laissé quelques traces : PL, Mer. 659 : patron atque inatrem... meos (formule, cf. aussi Naev., Coin. 05 Kibb.) ; l'lin., Nat. 14, 45 : circa captas Carthaginem ac Corinthum; ou encore C. I. L. VIII, 21,196 : sanctorum Petri et Pauli, en face île C. I. !.. XII, 036 : sancti Petri et Pauli. § 157. Dans le cas invcise de deux ou plusieurs adjectifs épithètes se r a p p o r t a n t à un même substantif et désignant chacun un étie ou un objet distinct, il y a hesitation, comme du reste en français, pour le nombre du substantif. On le trouve, en effet, au singulier et au pluriel : C i c , Ph. 3, 7 : Icgionis Martiae quartacque « la légion Martia ct la q u a t r i è m e » (le substantif précède), à coté de Br. ap. C i c , Fa. 11, 19, ι ; quarlam et Martiam legiones « les légions IV et Martia » (les adjectifs précèdent). L a répétition d u substantif est plus r a r e et répond à des raisons d'insistance et de clarté : C i c , Ph. 5, 53 : legioni Martiae et legioni quartac « la légion Martia ct la q u a t r i è m e légion ».
Accord du substantif en apposition § 158. Le substantif en apposition à un a u t r e substantif s'accorde avec lui en cas, puisqu'il a la même fonction dans la phrase. Mais, comme p o u r le substantif a t t r i b u t (§ 147), l'accord en genre ct en
ACCORD DE L'APPOSITION
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nombre n'a rien do nécessaire : Cic, de Or. r, 13 : ut omitlam... illas omnium, doctrinarnm inucnlriccs Athcnas, en face de Cic, Al. 1, 8, 3 : Tulliola, dcliciolae. uoslrae, titum munusculum flagitat. L'apposition n'était rattachée (pic par un lien trôs faiblo, ct l'accord en genre et en nombre n'est pas toujours pratiqué là où il était possible : Liv. 5, 47, 3 : ne canes quidem, sollicitum animal (singulier de l'espèce), spécialement avec un pluriel poétique : Vg., En. 8, 729 : clipeum Volcani, dona parentis, ou encore Lucr. 1, 86 : ductores Danaum delecti, prima uirorum (hellénisme) ; etc. On a vu (§ 16) que, sur les inscriptions en langue vulgaire, l'accord en cas subissait aussi des manquements. Cicéron lui-même n écrit : Ph. 2, 58 : sequebatur raeda cum lenonibus, comités ncquissimi (en rapportant l'apposition à tout le groupe raeda cum lenonibus). Dans la langue littéraire, une apposition, dont le caractère explicatif est souligné par la présence de dire « je. veux dire », garde le cas du substantif qu'elle complete : Cic, Tu. 5, 105 : quid est enim dulcius olio littérale, iis dico lilteris qui bu·; in finit atem rerum atque naturae... cognoscimus? « quoi de plus agréable qu'un loisir consacré aux études, je veux dire à ces éludes qui nous permettent de connaître...? »; cf. Cad. yz. Si, toutefois, le substantif, ampul se rattache l'apposition, est au nominatif, le heurt grammatical p.uaîl trop grand, et l'apposition se met à l'accusatif comme complément île dico : Cic, Tu. 4, 36 : hac tabificae mentis perturbalioncs silnt, aegritudinem dico cl metum.
§ 150. Le substantif auquel se rapportent en apposition doux ou plusieurs substantifs singuliers et désignant chacun un être ou un objet distinct se met au pluriel comme en français : Isara Rhodanusque amnes (Liv. 21, 31, 4) « les fleuves Isère et Rhône ». Au pluriel également est. le genlilice accompagné de prénoms désignant autant de personnes de l:i menu· famille ; Cic, C. M. 2<) ; Cn. et P. Scipiones v Cnaeiis cl l'ublins KHpion »; Br. 13b : C. L. Mcmmii « Caius ct Lucius Memmiiis ». l e singulier est exceptionnel : SaL, / . 42, I : Tib. et C. Gracchus ; cf. Suél.1, Ces. 80, 7, — alors qu'en français il est devenu courant : « Pierre et Louis Dupont. »
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LA PHRASE SIMPLE
Accord du relatif avec l'antécédent § 160. Le relatif se trouve pris entre son antécédent avec lequel il s'accorde en genre et en nombre et la proposition qu'il introduit, laquelle lui impose son cas. S'il a deux ou plusieurs antécédents, il s'accorde — comme l'attribut — soit avec l'ensemble : Ces., B. G. 6, 37, 8 : Cotlae et Tilurii calamitatem, qui in eodem occiderint castello « le malheur de Cotta et de Titurius qui sont tombés dans le même fortin », — soit avec un soul des termes : ibid. 4, 24, 4 : non eadem alacritate ac studio quo... uti... consuerant utebanlur « ils n'avaient pas l'entrain et l'ardeur qu'ils manifestaient habituellement »; cf. aussi Cic, Font. 12 : ex iis gencribtts hominum et ciuitatum qui... bella... gesserunt (accord avec l'antécédent le plus éloigné). § 161. CAS D'ATTRACTION. — Dans le groupe ANTéCéDENT /RELATIF, certaines libertés d'accord subsistaient, facilitées par la double appartenance du relatif ct qui se manifestent par divers cas d'attraction : I) Attraclion du relatif au genre d'un substantif qui est son attribut dans la proposition relative : Ces., B. G. 7, 68, 1 : Alesiam, quod est oppidum Mandubiorum, iter facere coepit « il fit route vers Alésia qui es*t la place forte des Mandubii » ( = quae) ; même si l'antécédent est un nom de personne : Cic, Ph. 5, 39 : Pompeio pâtre, quod imperii populi Romani lumen fuit, exstincto... « Pompée, son père, qui fut la lumière de l'empire romain, étant mort... ». Cette attraction, au fond identique au tour quae apud alios iracundia dicitur (§ 151), s'exerce de préférence, lorsque la proposition relative a la valeur d'une parenthèse explicative, faiblement liée à la principale. Lorsque l'antécédent est du type urhs Roma, flumen Rhodanus, l'attraction signalée n'a d'ordinaire pas lieu, le relatif s'accordant grammaticalement avec le nom commun de la locution : Li*. 21, 61, 6 : Atanagrum urbem, quae caput eius populi erat, circumsedit, en face de 23, n , 11 : Capuam, quod caput... llaliac... sit. Quand le substantif attribut est un
ACCORD
DU
RELATIF
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mot grec, il n'y a pas d'usage fixe : Cic, Fi. 1, 21 : imagines quae *18ωλα nommant, et ibid. 5, 17 : appelilum animi quem όρμήν Graeci uocant.
§ 162. II) Attraction de l'antécédent au cas du relatif. Lorsque cette attraction se produit, l'antécédent est habituellement enclavé dans la proposition relative, et souvent ensuite repris dans la principale par l'anaphorique is ou un démonstratif : Cic, Tu. 1, 41 : quam quisque norit artem, in hac se exerceat « que chacun s'exerce dans l'art qu'il connaît ». Mais, dans la langue parlée, l'antécédent — au lieu d'être ainsi enclavé — était parfois laissé en suspens devant le relatif, le plus souvent au nominatif ou à l'accusatif : PL, As. 621 : patronus qui uobis fuit futurus, perdidislis « le patron que vous deviez avoir, vous l'avez perdu t; Am. 1009 : Naucratem quem conuenire uolui, in naui non erat « Naucratès que je voulais rencontrer n'était pas sur le navire »; également Pétr. 134, 8 : hune adulescentem quem uides, malo astro natus est ; Caton, Or. frgm. 32, 2 (Jordan, p. 54) ; Ter., Eu. 653 ; Var., L. L. 8, 41 ; Peregr. Aeth. 13, 4 ; Grég. T., Martyr. 66 (Bonnet, p. 523 n.) ; etc. ; — très rarement au datif : PL, Tru. 745 : Ulis quibus ittuidelur, i rem habent. Un seul exemple appartient à la langue littéraire : Vg., En. 1, 573 : urbem quam staluo, uestra est (paroles de Didon ; valeur affective : il est qualifié de solécisme par Donat, G. L. K. 4, 394, 3 sqq.). La correspondance de Cicéron en présente une trace dans une lettre de Pompée : At. 8, 12», 4 : arma quae ad me missuri eralis, iis censeo armetis milites. Dans certains cas extrêmes, l'attraction s'exerçait sur un antécédent, non plus détaché, mais faisant partie de la construction grammaticale de la phrase : Caton, Agr. 34, 2 : in crela et uligine et rubrica et ager (= agro) qui aquosus erit, semen... serito « sème de préférence dans l'argile, dans l'humidité, dans la terre rouge et un sol qui soit imprégné d'eau » ; du reste, l'éloignement de ager par rapport à in affaiblissait le sentiment de sa dépendance. Voir Löfstedt, Komm., p. 226 ; D. Norberg, Synt. Forsch., p. 83. § lftfl. I l l ) Attraction du relatif au ens de l'antécédent. Usuelle en grec (ών έχομεν φίλων «... des amis que nous avons »), elle n'a lieu qu'isolément en latin. Uans Hor., S. 1, 6, 14-15 : notante || indice quo (= quem) nosti populo « sur le verdict d'un juge que tu connais bien, le peuple », le relatif était précédé et suivi de formes è l'ablatif. Ailleurs, il s'agit de formules de rappel avec le verbe « dire » ; C i c , Al. 10, 8, 7 : Mo augurio quo f «= quod) diximus ; C. M. 56 : sed cl deleclalione qua (leçon des meilleurs mss.) dixi
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et saturitate ; Plin., Nat. 12, 102 : Petracam (glandetn) ex quo diximus eppido a v e c e n c l a v e ( • ex eo oppide quod diximus) ; cf. Gell. 10, 2 3 , 2 ; etc.. Parfois, un racconici d ' e x p r e s s i o n faisait p e r d r e d e v u e la fonction effective du relatif : Lucccius a p . C i c , Fa. 5, 14, 1 : cum... aliquid agas eorum quorum consuesti n en te l i v r a n t à u n e d e t e s o c c u p a t i o n s f a v o r i t e s » ( — quae consuesti, s e agere) ; d e m ê m e , à l'ablatif a b s o l u , chez T i t e - L i v e : 1, 29, 4 : raptim quibus quisque poterat elatis... « a y a n t e m p o r t é en h â t e c h a c u n ce q u ' i l s p o u v a i e n t », c.-à-d. iis rebus quas quisque poterat efferre elatis, t o u r r e p r é s e n t é p a r d e u x a u t r e s e x e m p l e s d u m ê m e a u t e u r (4, 39, 9 ; 10, 40, 8) c t repris p a r L a c t a n c e : Mort. pers. 4 5 , 7. Ces q u e l q u e s m a n q u e m e n t s à l'accord en c a s d u relatif s ' e x p l i q u e n t p a r les c o n d i t i o n s spéciales où il se t r o u v a i t , s a n s q u ' o n d o i v e y voir u n hellénisme. D ' u n e m a n i è r e générale, le relatif l a t i n , p a r s a forme pleine et bien m a r q u é e , p r é s e r v a i t , b e a u c o u p m i e u x q u e celui d u grec, s o n a u t o n o m i e s y n t a x i q u e vis-à-vis d e l ' a n t é c é d e n t .
Accord selon le sens § 161. Il existe une tendance génci aie connue sous le nom de Nvllepse ou const ι ικ lion ait sensnin à faire l'accunl d'après le SIMIH (lu mol, cl non d ' a p i è s sa forme. Llle est r é p a n d u e s u r t o u t hors de la prose classique, qui c e p e n d a n t ne l'ignore p a s . S y l l e p s e d e g e n r e . — Avec certains n o m s a b s t r a i t s employés métaphoriquement pour désigner une personne : caput, furia, mancipiitm « un esclave », pernicics « une peste », prodigium « un fléau », scelus « un scélérat », etc., l'accord se faisait parfois selon le genre naturel de la personne : Liv. 10, r, 3 : capita coniurationis eius... uirgis caesi ac secitri percussi (sunt) « les têtes, c.-à-d. les chefs de la conjur a t i o n . . . ». Dans la prose classique, cette syllepse ne se constate guère que pour le relatif : C i c , Sest. 38 : duo importuna predigia quos... ; C i c , Fa. t, n. 15 : Ma furia (-' Cludius) qui... feccral, ... impunitalem... est assecutus (avec a c t i o n d u m a s c u l i n qui sur le v e r b e p r i n c i p a l assecutus). Mais e n v. latin d ' a u t r e s loi nies se t r o u v e n t ainsi a u masculin ou a u feminin, q u o i q u e r a p p o r t é e s à des n e u t r e s : P L , Ba. 1095 : is... scelus, c.-à-d. is scelestus homo; T e r . Eu. 302 : Mum... senium... qui... « c e t t e d é c r é p i t u d e », c.-à-d. • ce v i e u x q u i . . . » (•- Mum senem qui...); d e m ê m e : P L , Poe. 17-18
ACCORD SELON LE SENS
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(prol.) : scorlum exolclum ne quis... \\ sedeat, ou encore avec des noms grecs de femme : PI., Mi. 1296 : hanc... Philocomasiunt « Philocomasïe que voici »; Ter., An. 134 : mea Glycerium « ma Glycère ». § 165. S y l l e p s e d e n o m b r e e t é v e n t u e l l e m e n t d e g e n r e . — 1) Deux sujets singuliers unis p a r la préposition cum sont considérés pour l'accord comme s'ils étaient r a t t a c h é s par une particule copulative, et le verbe se met au pluriel : Ter., Hau. 473 : Syrus cum illo uestro consusurranl « Syrus avec v o t r e esclave chuchotent » ( = Syrus et ille uester ) . Cf. La Font., Fabl. 9, 3 : Le singe avec le léopard || gagnaient de l'argent à la foire. Cette construction ne supplante pas d'ailleurs l'accord grammatical. Elle appartient surtout à la langue parlée ; dans Cic, Ph. 12, 27 : Sulla cum Scipione... de iure ciuitalis leges inier se... contulerunt, la locution inter se préparait le pluriel. 2) Le tour mille hominum, où mille était proprement un substantif singulier (— un millier d'hommes), prêtait à syllepse, l'accord en genre cl en nombre se faisant avec le complément déterminatif a u génitif : PI., Tri. 425-b : mille drachumarum... || ... redditae (sunt) « les mille d r a c h m e s oui été payées » ; cf. Liv. 23, 44, 7 ; peut-être aussi C i c , Rep. (1, 2, d'après Nonius 501, 27. L'accord grammatical avait lieu également : Cic, Mi. 53 : hominum mille ucrsabalur ualenlium ; Al. 4, 16, 8 : ut mille passuum conficialur (à moins qu'il ne faille lire urrsabaitlur, conficianlur?) ; cf. aussi C i c , Ph. 6, 15 : qui... mille nttmmum ferret expensum. Avec le pluriel milia hominum, il y avait parfois syllepse de genre : Liv. 10, 46, 12 : (hostium) minus duo milia capti (sunt) « moins de deux mille ennemis furent faits prisonniers », en face de 24, 42, 8 : plus octo milia hominum caesa, et haud multo minus quam mille captum. Du reste, mille hominum a été remplacé de bonne heure par mille homines, d'après centum homines et les multiples de centum. § 166. 3) Les noms ou pronoms sg. de Rons collectif e n t r a î n e n t souvent l'accord au pluriel, el souvent aussi l'accord avec le genre naturel des êtres ou objets désignés. Les exemples a b o n d e n t : PL, Mo. 114-5 : sed magna pars || morem hune induxerunl « la plupart des
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g e n s o n t p o u r h a b i t u d e » ; Sal., / . 14, 15 : capti ab Iugurtha, pars in crucem adi, pars bestiis obiedi sunt « faits p r i s o n n i e r s p a r J . , ils f u r e n t les u n s ( m . à m . « u n e p a r t i e ») m i s en c r o i x , les a u t r e s j e t é s a u x b ê t e s » : pars e s t a l o r s u n e v é r i t a b l e a p p o s i t i o n . A u s s i le t r o u v e - t - o n a u p r è s d ' u n v e r b e à u n e a u t r e p e r s o n n e q u e l a 3° : H o r . , A. P. 24-25 : maxima pars ualum... || decipimur specie recti « l a p l u s g r a n d e p a r t i e d e s p o è t e s , n o u s s o m m e s a b u s é s p a r l ' a p p a r e n c e d u v r a i », c.-à-d. « n o u s , les p o è t e s , n o u s s o m m e s , p o u r l a p l u p a r t . . . ». PL, CM. 187 : uterque insaniunt; Cap. 501 : ubi quisque uident; ici e n c o r e , la c o n s t r u c t i o n a p p o s i t i o n n e l l e r e s t e sensible : « ils s o n t fous, l ' u n e t l ' a u t r e » ; · q u a n d ils v o i e n t c h a c u n ». Vg., G. 4, 460-1 : al chorus aequalis Dryadum clamore... implerunt montes; Liv. 8, n , 13 : Latium Capuaque agio mullati « le L a t i u m e t C a p o u e ( = Latini Campanique) furent c o n d a m n é s à la perte de leur terr i t o i r e » ; cf. Vulgate, Jer. 9, 26 : omnis domus Israel incircumeisi sunt corde. Liv. 9, 21, 6 : Plislicam ipsi, socios Romanorum..., circumsidunl ; T a c , A. 4, 29 : uulgi rumore territus... parricidarum poenas minitantium « effrayé p a r les r u m e u r s d e la foule q u i le m e n a ç a i t ( = minitantis) du c h â t i m e n t d e s p a r r i c i d e s ». Note. — Avec les noms collectifs, les prosateurs classiques évitent en général la syllepse de genre. Celle de nombre — afin d'atténuer le heurt grammatical — ils ne la pratiquent que d'une proposition à l'autre : Ces., H. G. 1, 2, 1 : ciuitali persuasif ut de finibus suis cum omnibus copiis exirent ; Cic, Fi. 2, 1 : cum uterque me intueretur seseque ad audiendum significarent paratos. Ou bien, si elle a lieu à l'intérieur d'une même proposition, un pluriel intercalé facilite le passage : Ces., B. C. 3, 30, 3 : uterque eorum... exercilum educunt ; 2, 6, 3 : magna uis... telorum... uulnera inferebant. De plus, au lieu du nominatif pars apposé comme dans l'exemple de Sallustc (J. 14, 15), Cicéron se sert — pour supprimer le m a n q u e m e n t à l'accord — de l'accusatif adverbial partim (type magnam ou maximum parlent, § B7), qu'il construit avec un génitif partitif ou ex -fabl. : Prou. cons. 24 : cum partim mihi illorum familiäres, partim eliam me defende.ttte... essent libérait « alors que de ces gens les uns étaient mes intimes et que les antres avaient été acquittés grftce à ma défense »; Ph. 8, 32 : cum partim e nobis... timidi sint..., partim a re publica auersi « étant donné que parmi nous les uns sont timorés... ct que les autres sont hostiles à la république ».
§ 167. Accord selon le sens avec un génitif non exprimé. — Dans toute une série d'emplois, l'accord se fait par le sens avec un
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génitif non exprimé, m a i s dont l'idée est impliquée p a r un mot du contexte : a) Par un possessif : C i c , Ph. 2, n i : tuum hominis simplicis pectus « tes sentiments d'homme qui ne se cache pas » ( = fui) ; At. 11, 15, 2 : solius... meum peccatum « ma faute à moi seul »; Liv. 8, 7, 7 : nostro... duorum euentu « par notre sort à nous deux, par l'issue de notre duel » ; SaL, J. 85, 28 : nostra consilia accusanlur qui mihi summum honorem... intposuistis « vos décisions à vous qui... » ; Cic, Cat. 1, 7 : nostra... qui remansissemus caede « mon meurtre à moi qui étais resté ». De même : Ter., Ad. 881 : mea... refert qui... « il m'importe à moi qui... »; Cic, Sut. 79 : uestra... qui cum summa... integritate uixistis, hoc maxime interest « à vous qui avez vécu avec le plus grand désintéressement, il importe par-dessus tout »; Plane, i l : nostrum est... qui... « il nous appartient à nous qui... ». b) Par un adjectif dérivé d'un nom propre : Cic, Al. 10, 8, 7 : exsilio Themistocleo qui... « dans un exil comme celui de Thémistocle qui... »; Liv. 30, 34, 2 : pitgna Romana (— Romanorum) slabilis, et suo et armorum pondère incumbentium in hostem « stable était la ligne romaine, c.-à-d. des Romains qui pressaient l'ennemi de leur poids... ». c) Par un démonstratif ou le pronom « is » dans les locutions ex eo (= eorum) génère et ex co ( = eorum) numéro qui (plur.)... ou quae (plur. neutre)... «de la catégorie ou du nombre de ceux qui..., des choses qui... » : Cic, Fi. 3, 70 : quia (amicilia) sit ex eo génère quae prosunt « l'amitié est au nombre des choses qui servent » ; mais aussi dans l'emploi libre : Cic, Tul. 50 : quid ad hanc (— horum) clemenliam addi potest... qui permiserint...? « qu'ajouter à la clémence de ces législateurs qui...? ». d) Par un adjectif ou un substantif désignant un groupe : PL, Mi. 185b-186 :utne... de tngenio degredialur muliebri ( = mulierum) || earumque arlem... obtineat « de ne pas se départir de son caractère de fenune et d'observer les méthodes de son sexe »; cf. Ru. 598-600 : hirundininum nidum... cas...; Ces., B. G. 1, 40, 5 : seruili (— seruorum) tumultu, quos tarnen aliquid usus ac disciplina... subleuarent « lors d'une révolte servile (c.-à-d. d'esclaves) qui trouvaient cependant une certaine aide dans leur formation militaire »; Cic, Ver. 4, 151 : Syracusanam ciuitatetn... apud quos... ; Ac. 2, 103 : ab Academia (— les philosophes de l'Académie) sensus cripi, a quibus... ; Of. 1, 122 : hacc actas (= iuuenes) a libidinibus arcenda est..., ut eorum... uigeat industria. Toutes ces tournures impliquent à quelque degré un reste do construction appositionnclle, sans quoi elles n'auraient pas été possibles.
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§ 108. Cas p a r t i c u l i e r s . — N o m b r e u x é t a i e n t les c a s p a r t i c u l i e r s d e construdie ad seusum. Au n e u t r e , le latin passe .avec u n e g r a n d e facilité d u pluriel au singulier, ou i n v e r s e m e n t : C a t o n , Agr. 81 : eadem omnia indite quae in placeutain. Id permisceto in alueo « m e t t e / , t o u s les m ê m e s i n g r é d i e n t s q u e d a n s le g â t e a u . Mélangez cela d a n s un r é c i p i e n t »; C i c , Tu. 1, 98 : 51« itéra sunt quae dicuntur (les p r o p o s t e n u s s u r la m i g r a t i o n d e s .âmes)..., id ( c e l t e s i t u a t i o n ) multo tant beatius est. L e pluriel i n d i q u a i t u n e v u e d é t a i l l é e d e s choses, le s i n g u l i e r les r e p r e n a i t d a n s leur e n s e m b l e . Λ . E r n o u t , Rev. Phil. L X X (1944), p . 177. L a l a n g u e p a r l é e passe, en o u t r e , d u n e u t r e à res, ou i n v e r s e m e n t : PL, Mer. 337 : quicquid est, quant rein ( — quod) agere occepi « q u e l q u e chose q u e j ' e n t r e p r e n n e » ; T e r . , Hau. 876-7 : quiduis harum rerum... \\ quae sunt dicta in stulto « t o u t ce qui e s t d i t d ' u n s o t »; cf. V a r . , 7?. R. 1, 5, 4 : de rebus... quae... sint praeparanda (1, 39, 3 ; 2, 1, 3). Ou bien, le singulier e s t r e p r i s p a r u n p l u r i e l , p a r c e q u e la p e n s é e d e l ' a u t e u r s a u t e d e l ' i n d i v i d u à l'espèce : L i v . 22, 57, 3 : L. Cantilius scriba pontifias quos nunc minores pontifices appellant « L . C a n t i l i u s , s c r i b e d ' u n pontife ( a p p a r t e n a n t à la c a t é g o r i e d e c e u x ) q u ' o n a p p e l l e a u j o u r d ' h u i p e l i l s p o n t i l e s »; cl. PI., Cit. 404-5 : ab lenone... qui bus... S a l l u s t c fait m ê m e a c c o r d e r un relatif avec. u\\ s u b s t a n t i f non e x p r i m é e t d o n t l'idée cril c o n l e n u e d a n s un v e r b e : (.'. 1 K, 1 : seil antra item coniurauere ( = coniurationcm freeruni) pauci, tn quibus Catilina ; de. qua (sc. coniuratiene) quam uerissime potent dicam ; e t c . l i n poésie, on relève d e s e x e m p l e s c o m m e : Vg., fin. 6, 660 : manus (—• uiri) ob patriatn pugnando uulnera passi « d e s g u e r r i e r s a y a n t e n d u r é d e s blessures en c o m b a t t a n t p o u r leur p a t r i e » ; 8, 561 : Praenesle sub ipsa t s o u s les m u r s m ê m e s d e P r é n e s t c » : a c c o r d a v e c l'idée i m p l i c i t e d e urbs ; Praencste é t a i t d u n e u t r e . Note. — Le pluriel de majesté est traité comme un vrai pluriel ; Ct le verbe dont il est le sujet se met à ce nombre, ainsi que l'adjectif qui s'y r a p porte : Hor.. Od. 1, 6, 5 sqq. : nos... conamur tenues.
CHAPITRE II
S U J E T . V E R B E « Ê T R E ». NÉGATION INTERROGATION. ORDRE D E S MOTS
Expression du sujet § 169. Toute forme verbale latine contient en elle-même un sujet : lego signifie à lui seul « je lis », legis « tu lis », legit « il lit », etc. Aussi le pronom personnel à la ir
La 3" personne élail dépourvue de pronom spécialisé, et, grâce à l'autonomie dont jouissait la forme verbale, le sujet pouvait changer sans aucune indication : Var., R. R. 1, 1, 6 : neque robigo frumenla atque arbores corrumpit, neque non tempesliue florent « la rouille n'at-
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t a q u c pas le blé et les arbres, ct ils fleurissent en t e m p s n o r m a l ». Ou bien, le sujet était laissé dans le v a g u e comme d a n s les 3 e e personnes « indéfinies » dicunt, jeruni « on dit, on r a p p o r t e » (§ 170 b), etc. Il y eut, du reste, anciennement un usage plus étendu qui consistait à n ' e x primer que le verbe, lo sujet so dégageant d u contexte, ainsi, d a n s les premiers textes juridiques : XII Tab. 8, 12 : st nox (§ 75) furtum faxsit, si im (— eum) occisit, iure caesus eslo « s'il (c.-à-d. si q u e l q u ' u n ) a de nuit commis un vol et s'il (le volé) l'a t u é , qu'il (le voleur) ait été tué légitimement ». Ce dernier emploi est évité par les prosateurs littéraires, soucieux de précision. Mais il persiste dans la langue parlée : Pétr. 29, 8 : ... pyxis aurea non pusilla in qua barbam ipsius conditam esse dicebant « une boite d'or qui n'était pas du tout petite ou 1V5 (se les gens de la maison) disaient que la (première) barbe du maître avait été enfermée... ». De même, dans les écrits techniques, le sujet est souvent omis, lorsqu'il s'agit de la personne concernée par l'ouvrage ou par le développement en cours : Caton, Agr. 10, 4 : dolia quo uinaccos coudai (se agricola ou uilicus) « des jarres pour serrer le marc de raisin » ; Cclse 3, 15, 6 : si imbccillitas occupattit, pro exercitationc. gestatio est; si ne hanc qttidem suslinel (se aeger), adhibenda tauten friclio est «, si la faiblesse prédomine, une promenade en litière tiendra lieu d'exercice; s'il (le malade) ne supporte même pas celle-ci, il faut recourir au massage ». Cf. aussi : Var., R. R. 2, 4, 6, et par imitation de cet usage : Vg.. G. 2, 76-77 : fil nodo sinus : hue aliéna ex arbore germen || includunl (agricolae)...
Sujet indéfini § 170. Le latin n ' a v a i t p a s l'équivalent s y n t a x i q u e direct du pron o m indéfini « on » (homo), tel qu'il s'est développé en français et en provençal. Divers tours de caractère plus ou moins approximatif en tiennent lieu : a) Le ριΐΗΗΪΓ impersonnel qui indiquait l'idée verbale i n d é p e n d a m m e n t de tout sujet et par là se prêtait à rendre l'indéfini : PL, Poe. °34"5 : ··· 7 » ' ° ' * s aedibus || ... bibilur, eslur, quasi in popina « d a n s t o u t e la maison, on boit, on mange, comme d a n s un cabaret ». Toutefois, ce passif impersonnel était en voie de disparition.
SUJET INDÉFINI
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e
b) L a 3 personne du pluriel — selon la tendance signalée (§ 169) — d a n s les formes dicunt, aiuni, ferttnt, tradunt, narrant « on dit, on r a p porte, on r a c o n t e » ; p r o p r e m e n t « ils disent, ils r a p p o r t e n t », c.-à-d. « les gens, les historiens disent, r a c o n t e n t ». La 3 e personne du singulier se trouve de même dans une proposition d'ordinaire au subjonctif et de sens général : C i c , de Or. 1, 30 : neque uero mihi quicquam praestabilius uidelur quant posse dicendo... hominum mentes... impellere quo uelit... κ rien ne me paraît plus grand que de pouvoir par la parole pousser les cœurs où l'on veut »; cf. Cic, Mu. 16, Tu. 4, 17. Également «avec inquil dans les passages de discussion : Cic, Tu. 1, 93 : nondum gustaukrat, inquit, uitae suauitalem 0 il n'avait pas encore goûté, dit-o«, la douceur de vivre... ». c) La 2 e personne d u singulier, s u r t o u t au subjonctif potentiel : uideas « vous pouvez voir, on voit » ; scircs « vous pouviez savoir » ( = on v o y a i t bien) ; memoria minuilur, nisi earn cxcrccAs « la m é m o i r e faiblit, si vous ne l'exercez » (éventualité). La 2 e personne de l'indicatif n'est pas du reste inconnue : PI., Tru. 768 : si stimidos pugnis caedis, manibus plus dolct a si tu frappes du poing l'aiguillon, ce sont tes mains qui souffriront ». d) Le latin dispose encore du participe présent au datif : oppidum Thessaliae primum uenientibus ab Epiro (Ces., B. C. 3, 80, 1) « la première ville de Thessalie p o u r ceux qui viennent d ' É p i r e », c.-à-d. « q u a n d on v i e n t . . . » ; — des p r o n o m s indéfinis, s u r t o u t d a n s les tournures conditionnelles ou éventuelles : si quis hoc fecerit... « si l'on fait cela », ferlasse aliquis dixerit « peut-être dira-t-on » ; — de l a l r e personne du pluriel : Ces., B.C. 2, 27, 2 : quae uolumus, ea credimus libenter « on croit volontiers ce qu'on veut » : toutefois, ce dernier t o u r est plus éloigné de l'indéfini, car ici le sujet s'applique à lui-même l'affirmation. Notes. — 1) Il n'y a pas, dans la Latinité proprement dite, d'exemples sûrs de homo au sens de « on » ; mais cet emploi était annoncé de bonne heure par le tour négatif avec nemo ( < *ne-hemo) souvent renforcé de homo : PI.. Am. 566-7 : tune id dicere audes quod nemo unquam homo antehac || uidit nec potest fieri? * tu oses affirmer ce que l'on n'a jamais vu auparavant et qui est impossible? ». Le tour positif commence à se
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rencontrer à basse époque : Peregr. Aeth. 13, I : ubi homo desiderium suum compleri uidet « quand on voit combler son désir ». 2) No pas confondre « indéfini » et « impersonnel », bien que le second ait pu servir à l'expression du premier. L'impersonnel énonce l'acte ou l'état en dehors de tout sujet : « il pleut, il fait froid ». L'indéfini les rapporte à un sujet indéterminé, mais rpii existe : « on dit », c.-à-d. • les gens (ou des gens) disent... ».
Phrases sans verbe et phrases nominales § 171. Il arrive que le verbe porteur de l'énoncé (ou prédicat) soit omis. Il peut y avoir alors ellipse effective, la notion verbale se dégageant du contexte : Ter., An. 126 : hinc illae lacrimae (excussae sunt) « voilà ce qui provoquait les larmes ! ». Mais un nom peut à lui seul tenir lieu de verbe : ttugae! « plaisanteries (que tout cela) ! »; clamor senatus, querclae, preces (supra, § 14) ; dans cette phrase extérieurement nominale, le substantif a la valeur énonciative qui serait celle d'un verbe (nugaris, clamauit senatus). Avec la phrase à verbe « être » (domus pulchra est), le conlcnu sémantique du prédicat se trouve dans l'adjectif attribut, c.-à-d. dans une forme nominale. lin unissant celui-ci au sujet, le verbe « être » fait fonction de copule (lat. copula « lien »). Mais il garde son caractère verbal du fait qu'il peut conférer à l'énoncé des indications de temps et de mode (domus pulchra fuit, er it, sit) ou encore de personne (stitlti estis). A cause de cette structure mixte, la phrase à verbe « être » est parfois appelée « phrase nominale-verbale ». Le verbe « être » y est surtout omis à la 3 e pers. de l'indicatif présent, et beaucoup plus rarement qu'en grec : l'absence d'article ne permettait pas de distinguer dans un type pulchra domus l'emploi comme attribut (belle est la maison) de l'emploi comme épithète (la belle maison). Il n ' y a p h r a s e n o m i n a l e au sens s t r i c t du t e r m e q u ' a v e c une a s s e r t i o n i n t e m p o r e l l e , i m p e r s o n n e l l e et non m o d a l e , p a r e x . d a n s les p r o v e r b e s ct v é r i t é s générales : omnia prarilara rara ; summum ins summa iniuria ; cf, P L , Mi. 307 : quid peius tituliere? ; C i c , Ν. Ι), ι, 84 : quoi hominum linguae, lot nomina deorum ; Vg., G. 3, 244 : amor omnibus idem « l ' a m o u r est le m ê m e p o u r t o u s ». D a n s ce t y p e très ancien, il n ' y a p a s ellipse de est (sunt) ; l ' a t t r i b u t est a p p o s é au sujet, c t la p h r a s e ni n ' a c t u a l i s e ni ne p a r t i c u l a r i s e ; cf. E . B c n v c n i s t e , B. S. L. 46 [1950], p . 19 sq.
PHRASE NOMINALE
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lin d e h o r s d e ce cas p a r t i c u l i e r , l ' a b s e n c e d u v e r b e « ê t r e » e s t à c o n s i d é r e r d ' o r d i n a i r e c o m m e u n e v é r i t a b l e ellipse q u i s ' e x p l i q u e s o u v e n t p a r h; c a r a c t è r e usuel d ' u n e l o c u t i o n , et (pli p e u t aussi à l'occasion p r e n d r e v a l e u r l i t t é r a i r e p a r la v i v a c i t é c t la r a p i d i t é q u ' e l l e d o n n e a u s t y l e . L o c u t i o n s : /actum optumel (PL, Mo. 449) « t a n t m i e u x ! », quam pole ou quantum pote ( C i c , At. 4, 13, 1) « a u t a n t (pic faire se p e u t » ; mirum ni (PL) « c ' e s t é t o n n a n t si ne p a s » ; mirum ou mire quam (Cic.) « [c'est] é t o n n a n t c o m b i e n », d ' o ù immane quantum (SaL, Tac.) ; immensum quantum (Plin., N. / / . 4 , 1 10) ; incredibile quantum ( J u s t i n 8, 2, 5), a v e c l ' a p p u i d u gr. θαυμαστών όσον. F o r m u l e s d u d i s c o u r s ( t r a n s i t i o n s , c o n c l u s i o n s , j u g e m e n t s , etc.) : quid ergo} ; quid quod...} « ct ce fait q u e . . . ? »; quid dulcius quant...} ( C i c , Lae. 2 2 ) ; praeclarum igitur illud Catonis... ( C i c , Of. 1, 63) ; sed haec uetera, illud uero recens ( C i c , Ph. 2, 25). E x c l a m a t i o n s : Vg., G. 2, 490 : /dix qui potuit rerum cognoscere causas!. Pas sages p a t h é t i q u e s : C a t u l . 64, 186 : nulla fugac ratio, nulla spes « n u l l e p o s s i b i l i t é d e fuir, nul espoir » ; e t c . P a r f o i s , à u n e a u t r e p e r s o n n e q u e l a 3 e : C i c , Ph. 13, 40 : ego lanista} ; Vg., En. 1, 617 : lune Me Aeneas...? ; au s u b j o n c t i f et a u p a s s é , s u r t o u t chez d e s é c r i v a i n s s o u c i e u x d e c o n c i sion (Sal., Tacite), par ex. T a c , An. 1 , 7 : uultu composite, ne laeti excessu priueiftis neu tristioic /'tiiuordie (se. essenl) « de manière à ne pas être j o y e u x . . . ni t r o p t i i s l e s . . . ».
Note. —· Du type mirum [est] quam paraissent distinctes les expressions admodum, nimis (tum), oppido, sane, ualde 4- quam (ou quantum), par ex. IM., Am. 541 : ex amore hic admodum quam saeuus est/ «comme l'amour le rend tout à fait méchant 1 »; Most. 511 : nimis quam formido... « j ' a i bien peur... »; cf. C i c , Q. fr. 2, 4, 5 : sane quam re/rixit. Le sens des adverbes qu'elles présentent ne permet pas, en effet, d'y considérer quam h l'origine comme un interrogatif ( = • combien ») ; il était particule renforçante comme dans perquam. Mais des confusions ont pu se produire avec mirum quam (quantum), expliquant que quantum se soit parfois •substitué à quam d a n s ces formules : C i c , Or. 87 : sales in dicendo nimium quantum ualent « les plaisanteries ont une efficacité étonnante ». § 172. Autres verbe·; attributifs. D ' a u t r e s v e r b e s q u e esse, t o u t en g a r d a n t leur sens p r o p i e , s e r v a i e n t aussi à u n i r un a t t r i b u t a u s u j e t : fieri, euadere « devenir »; nasci « naître »; existimari, haberi, putari « être regardé c o m m e » ; uideri « s e m b l e r , p a r a î t r e » ; creari, eligi « ê t r e n o m m é , choisi » ; e t c . P a r e x . : C i c , Hep. 2, 48 : fit (rex) continue tyrannus « le roi d e v i e n t a u s s i t 6 t tyran »; Br. 131 : T. Albucius... per/ectus Epicureus euaserat « T . A l b u c i u s é t a i t d e v e n u u n p a r i a i t é p i c u r i e n »; SaL, C. 24,
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t : consulcs dcclarantur M. Tullius et C. Antonius « M. Tullius et C. Antonius sont nommés consuls »; d'où, avec un participe passé : Cic, Ph. n , 16 : cum Dolabclla heslerno die hoste décréta bellum gerendum est « avec Dolabella qui a été déclaré hier ennemi public... ». A la différence du grec, les verbes « entendre » n'ont qu'exceptionnellement un attribut : PI., Ru. 285 : ego huius fani sacerdos clueo « c'est moi qui m'entends appeler ( = qui suis) prêtresse de ce temple »; Hor., S. 2, 7, 101 : sublilis uelcrum iudex et callidus audis « tu passes pour être un juge fin et avisé des vieilles choses » ( = άκούεις). Ce dernier passage est un hellénisme ; le premier avec clueo, verbe intransitif d'état et équivalant à un passif, est purement latin ; cf. PL, Ain. 647 ; Tri. 309, et encore Sén., Apocol. y, 2 ; etc.
La négation § 173. Ne, non. — Le latin disjxisc de deux négations principales, «ë et non, dont la répartition rappelle celle de μή ou de ού en grec, d a n s l'essentiel du moins. Ne, qui correspond pour le sens aux emplois f o n d a m e n t a u x d u gr. μή, indique la volonté q u ' u n e chose ne se fasse p a s ; et il est ainsi la négation de l'impéralir : ne tinte (§ 251 II B), celle du subjonctif e x p r i m a n t la défense ne jeeeris, ne facial ; la concession : ne desint uircs « a d m e t t o n s que les forces ne m a n q u e n t p a s » ; le souhait : tttinam ne neniat! Ne est devenu la conjonction négative des complétives de verbes de volonté (hortor, caueo ne...) et des finales (également ut ne...) ; il est la négation des consécutives à s~ens final (§ 313), des propositions restrictives : dum (modo) ne neniat. A u p a r a v a n t , ne n ' é t a i t p a s lié à l'impératif ou au subjonctif; cf. encore ne... quidem. Il existe de né une forme renforcée ni (net), anciennement attestée. c.-à-d. nù 4- i, avec le même i que dans haec < *ha-i-ce) ou le gr. ουχί et réduction de la diphtongue. En v. latin, ni (nei) se rencontre encore, comme doublet de ne, dans les défenses, les complétives, les finales, etc. : Caton, Agr. 143, 1 : rem diuittam ni facial; SC. Ba., 1. 3 : neiquis eorum Bacanal habuise uelet, en face de L 10 : sacerdos ne quis uir eset (la forme renforcée nei est en tête de phrase, la forme réduite ne en position encli-
NÉGATIONS
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tique); l'L, Men. \ζυ-ι : hune meluebam ni mcae || uxori renuntiaret de palla. Mais, sans être lié au subjonctif, ni servait, en outre, avec la valeur de nisi « si ne pas », à introduire les propositions conditionnelles négatives (S 177). On le trouve aussi avec un indicatif implicite dans nimirum « [ce n'est] pas étonnant », dans quidni...} .(§ 181 b). Non ( < ne -\- oinom) est la négation de la réalité (de ce qui est énoncé comme réel), c.-à-d. de l'indicatif, également de l'infinitif et du participe. Mais c'est aussi celle du subjonctif d a n s ceux de ses emplois qui sont une transposition de la réalité : a) subjonctif d u potentiel et de l'irréel : non ueniam, non uenissem « je ne viendrais p a s , je ne serais p a s venu » ; — b) subjonctif subordonné énonçant un fait réel et recouvrant 1111 indicatif, avec cum causal, concessit ou temporel (cum nan uenisset), d a n s les consécutives ordinaires, d a n s les relatives, etc. Note. — La répartition indiquée entre tic et non n'est d'ailleurs pas restée stricte. Il existe une tendance générale au remplacement de ne par non, qui se manifesté occasionnellement, même dans la langue littéraire. Par exemple, dans les tours : non recedamus, non contempseris, non credas (§ 251), non fac (§ 260 n.), dans les souhaits (§ 258), dum non (§ 8811). Λ basse époque, cet effacement de né s'accentue ; ainsi, dans une proposition complétive : Comm., Inslr. 2, 5, 7 : caue ut non delinquas (— ne). § 174. Λ côté de ne il y avait anciennement une forme brève ne, que non a remplacée et dont il est lui-même composé ; cf. Ernout-Meillet, Did. étym., s. u. A l'époque historique, ne ne se rencontre plus isolément, et il ne subsiste que dans nique « et ne pas » et dans un certain nombre de mots composés : tiè-uter (trisyllabe à la bonne époque), ne-fas, ne-queo, ne-scio, nisi (de *ne-si) ; nolo de ne-uolo ; cf. neuis : PL, Tri. 1156 ; neuolt : ibid. 361 et 364 ; et dans des formes telles que nihil (de *në-hilum), numquam (de në-utnquam), nullus (de *nc-ullus), nèmo (de nè-hemo, ancienne forme de homo). Cette négation brève ne avait une forme renforcée nec (ne-c) « ne pas », qu'il ne faut pas confondre avec ne-que devenant nec dans certaines conditions syntactiques, comme atque devient ac. Ce nec est fréquent dans la loi des X I I Tables; il s'est conservé dans plusieurs composés du type necopinans, dans des expressions techniques telles quç res nec mancipi, ou dans des tours formulaires : quod nec uertat malet * puisse cela ne pas mal tourner ! », cf. Vg., B. 9, 6 ; ou en juxtaposition : needum,
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au sens de nondum : peut-être, Vg., B. 9, 26, en tout cas : T a c , II. 1,31 : incipiens adhuc et necdum adulta seditie « une sédition qui ne faisait que commencer et encore à ses débuts ». 11 avait aussi la forme ne-g dans nego, neg-olium, neg-lcgo (neclego). § 175. Une troisième forme hand, d'origine obscure, servait de négation de mot, souvent d a n s des litotes, et s u r t o u t avec des adjectifs ou des adverbes : haud mediocris, liaud facile, hand magna pars, en concurrence d'ailleurs avec non : C i c , Par. 5, 40 : homo non probatissumtts. Avec un verbe, hand ne se rencontre que d a n s quelques locutions : haud dubilo, haud scio. Minus servait également de négation. Cet emploi est surtout connu par quominus (§ 813) et si minus (§ 878, 3). Mais il se retrouve ailleurs avec valeur d'atténuation : Cic, Diu. 1, 24 : nonnumquam ea quae praedida sunt, minus eueniunl « ... n'arrivent guère »; cf. Ter., Eu. 737. En français, l'adverbe « mal » a un rôle analogue : « on voit mal », euphémisme pour « on ne voit pas ». § 17(5. N é g n t l o i i H c o p u l a t l v e n . - Une négation se trouve combinée avec une particule copulative d a n s les deux formes : neque et neue (arch, neiue, nine) qui correspondent respectivement à non et à ne. Neque (nec) « et ne pas », et avec répétition : neque... neque (ticc... nec) « n i . . . ni ». C'est un composé de la négation brève ne (incluse d a n s non) -f- l'enclitique -que. Son emploi est celui de non, avec une t e n d a n c e plus marquée, cependant, à servir de négation du subjonctif en m ê m e t e m p s que de l'indicatif, comme concurrent de nette. Neque (nec) équivaut parfois au fr. « sans » : abiil neque respondit n il partit sarts répondre ». En tête de phrase, il lui arrivait d'être substitué à non comme forme plus pleine et sans valeur copulative, en particulier devant certaines particules : nec ur.ro, neque tarnen, neque enim, au lieu do non itère, etc. Neue (neu), toujours avec le subjonctif, ou l'impératif : « et que ne p a s ». C'est: la négation ne, accompagnée de l'enclitique -uc au sens copula! if (§ Ί2!)). On rencontre «c»« d a n s les propositions prohibitives : Caton, Agr. 83 : midier ad eam rem dittinam ne adsit neue uideat
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(class.) ; également, en phrase d é p e n d a n t e , le plus souvent sous la forme ut... neue... el ne... neue... : Ces., B. G. 4, 17, 10 : ut... earum rerum uis minuerelur neu ponti nocerent « afin que le choc de ces objets fut a t t é n u é ci afin d'éviter qu'ils n ' e n d o m m a g e n t le pont »; B. G. 1, 2(1, G : lilleras nunliosque misil ne eos frumento neue alia re iuuarent. La répétition (neue... neue) est rare : Liv. 25, 38, 5, et se constate s u r t o u t après ut (type ut neue... neue) ; C i c , de Or. 3, 171 ; Al. 5, 2T, 12 (sénatus-consulte). Neque concurrençait neue, même dans la prose classique, notamment : a) après un membre de phrase affirmatif, dont le verbe est à l'impératif ou au subjonctif de volonté : C i c , At. 12, 22, 3 : habe tuum negotium nec... existima; Rep. 1, 3 : teneamus eum cursum... neque... audiamus « tenons cette route et n'écoutons pas » ; Rab. Perd. 34 : faueie neque eripuerilis ; b) après ut subj. (type ut neque... neque) : Cic, Lae. 40 : hacc igitur lex... sanciatur ut neque rogemus res tnrpes nec faciamus rogati « que ce soit une loi de ne pas demander... et de ne pas faire... » ; c) parfois en tête de phrase : C i c , O/. 1, 134 : nec... excludat altos ; et librement dans la langue parlée : PL, Men. 221 : neque défiai neque supersit « qu'il n'y ait ni manque ni superflu ». De son côté, et non remplaçait, neque dans certaines conditions (§ 420) ; et d<; même et ne... se trouve au lion de nèue : C i c , Of. ι, 89 : cauendum est ne... et ne... Les doublets nec et neu, issus phonétiquement de neque et nèue devant consonne (après chute de l'-e final), se rencontrent de préférence en cette position, alors que neque et nèue sont plutôt employés devant voyelle : nec uenit, neu facial ; neque Me, neue unquam. Nine (neiue), avec la forme renforcée nei de ne, est archaïque; cf. C. I. L. I*, 584, 1. 40 : niue pascal niue frualur « qu'il n'ait ni droit de pâture, ni jouissance des fruits ». § 177. L o c u t i o n s n é g a t i v e s : ne... qitidcm, tiedum. — Les deux termes de la locution négative ne... quidem « ne pas même, non plus »
soulignent le mot qu'ils encadrent. Par survivance de l'indistinction première de ne, cette locution n'est pas liée plus spécialement au eubjonctif qu'à l'indicatif : Cic, C. M. 33 : ne uos quidem T. Pontii centurionis uires habetis « vous non plus, vous n'avez pas les forces du
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centurion T. Pontius » ; Quinct. 59 : ne ut par quidem sit postulat « il ne d e m a n d e même p a s à être t r a i t é en égal ». D a n s les défenses : C i c , Tu. 1, 08 : ne nos quidem, indices, quinte absoluistis, mortem limueritis « vous non plus, juges, qui avez été d'avis de m ' a b s o u d r e , ne craignez pas la mort » ; Fam. 7, 25, 2 : secreto hoc audi, tecum habeto, ne Apcllae quidem libcrlo tuo dixeris « ne le dis m ê m e p a s à Apella ton affranchi ». Surtout au sens de « non plus », ne... quidem fut concurrencé par nec, notamment à l'époque impériale : cf. Liv. 23, 18, 4 : nec ipse « lui non plus », gr. où8' αυτός ; déjà Cic, Top. 4, 23. Notez non modo..., sed ne... quidem pour non modo non..., sed ne... quidem. La négation incluse dans ne... quidem se reporte par anticipation au premier membre, comme du reste en français : C i c , Ver. 1, 98 : non modo proditort sed ne perjugae quidem locus in meis castris cuiquam fuit « non seulement pour aucun traître, mais même pour aucun transfuge il n'y eut de place dans mon camp ». Ncdum « à plus forte raison n e . . . p a s » m a r q u e un renchérissement après une proposition négative de forme ou de sens, en latin classique avec le subjonctif, dont le sens propre reste souvent sensible : C i c , Cl. 95 : nec... potuerunl, nedum... possimus « ils n ' o n t p a s pu, à plus forte raison ne pourrions-nous p a s » ; Fa. 16, 8, 2 : uix in ipsis tectis ct oppidis frigus... uitalur, nedum in mari el uia sit facile abesse ab iniuria temporis « à plus forte raison sur mer et en voyage ne serait-il pas facile d'échapper à l ' a t t e i n t e de la saison ». Dum dans ncdum avait sa valeur ancienne de particule renforçante, comme dans agedum « allons ». La nuance de « à plus forte raison » n'était pas liée à cette particule, mais se dégageait du contexte, et elle apparaît parfois avec, tic seul : PL, Ain. 330 : uix incedo inanis, ne ire posse cum encre rxistumes « à peine puis-je marcher sans rien porter ; (à plus forte raison) ne va pas croire que je puisse aller avec ta charge ». Ncdum s'employa comme adverbe, sans v. exprimé : déjà, Cic, Fa. y, 28, 1 ; surtout, à l'époque impériale : Liv. 45, 29, 2 : quae ucl socios, nedum bestes uidos, terrere possent « choses de nature à effrayer même des alliés, à plus forte raison des ennemis vaincus ». Par oubli de sa formation, il fut renforcé de ut : Liv. 3, 1 4 , 6 : ne uoee quidem incommoda, nedum ut alla uis fieret « sans une parole blessante, bien loin qu'il y eût la moindre
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violence ». Il était concurrencé par adeo : T a c , H. 3, 39 : nullius repentini honoris, adeo non principalus appelens « ne recherchant aucun honneur soudain, à plus forte raison l'empire ».
§ 178. N é g a t i o n s composées, n é g a t i o n s fortes. — Les négations composées nemo, nihil, nullus, numquam, nusquam, etc., ne connaissent aucune spécialisation de mode. Dans les défenses, elles tiennent lieu de particule prohibitive : Cic, Mu. 65 : nihil ignoueris « ne pardonne rien » ; de Or. 2, 280 : mihi neminem dederis « ne me donne personne ». Il arrivait à ces formes de perdre leur sens propre pour servir de négations fortes, surtout dans la langue parlée et en poésie : Vg., En. 2, 670 : numquam omîtes hodie moriemur inulti « nous ne mourrons certes pas tous aujourd'hui sans être vengés » (et non pas « jamais »). L'adverbe minime leur était assimilé : Cic, At. 12, 5, 4 : sets me minime esse blandutn « tu sais que je ne suis pas du tout flatteur » ; PL, Mo. 272 : minime feceris « n'en fais rien ». Nullus, en accord avec le sujet ou l'attribut, se trouve dans cette fonction, sans autre valeur que celle d'un non renforcé, commo une sorte de négation déclinée : PL, As. 408 : is nullus uenit « il n'est pas du t o u t venu » ; Tri. 606 : lu nullus creduas « n'en crois rien » ; Ter., Hec. 79 : nullus dixeris « ne dis rien » ; Cic, de Or. 3, 95 : hominibus opus est eruditis, qui adhuc... nostri nulli fuerunt 0 il est besoin d'hommes savants que jusqu'ici nous n'avons pas eus ». C'est sans doute une survivance de l'emploi de l'adjectif avec valeur d'adverbe (§ 192).
§ 179. Double négation. — D'ordinaire, deux négations en présence dans la même phrase se détruisent en latin et équivalent à une affirmation : a) à une affirmation partielle ou restreinte, s'il s'agit de la négation simple (non, et aussi neque) suivie d'une négation composée : Nep. 17, 8, 1 : quae res eliam non nullam afferebat deformilatem « cette chose (lui) apportait même quelque laideur » ; Cic, At. n , 7, 3 : nec tarnen nihil proficis « tu n'es pas sans y réussir, tu y réussis assez bien ». Ainsi : non nemo « quelqu'un, plus d'un » ( = aliqui(s), quidam, cf. Cic, Mu. 84) ; non nullus, non nihil « quelque », non nulli « quelques-uns », non numquam « quelquefois », non nusquam « quelque part », cf. Cic,
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Diu, 2, 55. Souvent les deux éléments sont soudés : nonnullus, nonnumquam. b) à une affirmation totale ou renforcée (litote) dans tous les au 1res cas, c.-à-d. celui de deux négations simples, de neque. -•)- négation simple, d'une négation composée suivie d'une négation simple, de deux négations composées : non nolo « j'ai bonne intention de » ; non possum non dicere « je ne puis m'empêcher de dire » ; nec hoc Me (Zeno) non uidit (Cic, Fi. 4, 60) « ceci, Zenon n'a pas été sans le voir », proprement « il n'est pas possible qu'il ne l'ait pas vu ». De là fut tiré le juxtaposé nec non au sens de « et (aussi) » — souvent renforcé en nec non et (eliam) — qui s'est développé en s'affaiblissant à l'époque impériale : Vg., En. 1, 707-8 : nec non et Tyrii... Il caniienere « les Tyricns arrivèrent également » ; déjà Var., 7?. R. ?.. i , 22 ; 2, 11, 1 1 ; nemo nan uidel ( C i c , Lac. <)()) « il n'est personne qui ne voie », c - à - d . « tout le monde voit ». De même : nullus non « il n'est personne qui m; » ( « Ions ») ; nihil non « absolument tout »; numquam non « toujours » ; nusquam non « p a r t o u t » ; numquam nihil agit « il n'est j a m a i s sans rien faire ». Cas particuliers. — Une négation simple ou composée reprise par ne... quidem ou par neque... neque était par là continuée, ct non détruite : C i c , Ver. j , 155 : non enim praciercundum est ne. id quidem « il ne faut pas non plus passer cela sous silence » (Lac. 103) ; At. 14, 20, 3 : nemo umquam neque pocta neque orator fuit qui... « il n'y eut jamais personne ni poète ni orateur qui... » (Liv. 2, 30, 5). Il en était de même — quoique le cas fût plus rare — pour une négation composée que développait non... non : Liv. 3, 1 1 , 6 : ut nemo non lingua, non manu promplior in ciuilalc haberetur. D'autre part, la langue parlée a des traces de la tendance — bien représentée en grec - - en vertu de laquelle les deux négations en présence s'associent ct se renforcent, au lieu de se déiruire : l'L, Ba. 1037 : neque ego haud commutant ut je ne veux pas m'exposer à... » ; Mi. ι.( ι ι : iura le non nociturum... nrmini « jure que tu ne feras de mal à personne »; Ru. 359 : nec te alealor nullus est sapienlior « il n'y a pas de joueur de dés plus adroit (pie toi » ; Pétr. yi, y : neminem nihil boni (mulieribus) facere oportet « personne ne devrait (leur) faire de bien »; cf. peut-être Catul. 76, 3.
INTERROGATION
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Même, semble-t-il, dans la prose classique : Cic, Ver. 2, 60 ; debebat... nummum nullum nemini « il ne devait pas un sou à personne » (peut-être s'agit-il d'une locution familière). Plus tard, sous l'innuence du grec, dans l'Ilala : Marc. 14, 60 (cod. Cant.) : non respondes nihil («» ούκ άποκρΙνΜ ουδέν), Vulg. quidquam.
L'interrogation § 180. Il y a deux sortes de phrases interrogatives : i° L'une, dite interrogation partielle, qui vise à identifier le sujet, le complément ou une circonstance : « qui est venu? çiCa-t-il fait?, quand est-il venu? ». L'interrogation s'exprime alors par des pronoms, des adjectifs ou des adverbes interrogatifs. 2° L'autre, dite interrogation totale (le terme étant d'ailleurs imparfait), où l'on s'enquiert sur l'énoncé ct qui porte par suite sur le verbe : « est-il venu} n-t-il fait ce dont il était chargé? ». L'interrogation peut être, dans ci; cas, maïquée simplement par le ton ascendant de la voix : Ter., /'/i. 858 : tu quoi/tir minus, l'horntio? « loi aussi, lu élais là, Phorînion? »; C i c , R. Am. 72 : irimen... probare te, Ernti, tenses posse talibus uiris} «In penses, Ktm ins, que t u pourras faire admet I re à de tels hommes ton accusation? ». Cela se produit surtout ·-- mais non nécessairement — dans la langue p a r l é e D'ordinaire, on a recours à des particules, dont certaines impliquent un jugement affirmatif ou dubitatif de la part de celui (pli pose la question, les autres étant neutres à cet égard. Si l'interrogation totale comporte une alternative, elle est dite double. Indépendante, la phrase interrogative est une interrogation directe; rattachée à un verbe, elle devient l'interrogation indirecte qui relève des propositions complétives (infra, §§ 81β sqq.). § 181. Pronoms, adjectifs, a d v e r b e s Interrogatifs. a) quis? « q u i ? », c'est le m ê m e m o t q u e l'indéfini ; m a i s l'interrogatif était accentué, l'indéfini, atone, comme on le voit p a r le gr. τΙς et τις. Au nominatif singulier, le doublet qui (A. Ernout, Morph., § 119) était utilisé comme adjectif ct pour insister sur l'état ou la qualité (=» fr. quel ?), tandis que quis servait surtout de pronom et interrogeait sur i'identité. Ainsi : Ter., Eu. 823-4 : Î M , S fuii igitnrP. — isle Chaerea ||. — qui
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LA PHRASE SIMPLE
Chaerea?. — iste ephebus, frater Phaedriae « qui était-ce donc?. — ce diable de Chéréa. — quel Chéréa?. — tu sais bien, l'éphèbc, frère de Phédria ». Mais cette répartition n'était pas absolue, par ex. C i c , de Or. i, 220 : quis enim unquam orator magnus et grauis... haesitauit? ; Cal. 2, 12 : quis... senator? Par un reste de construction appositionnclle, le latin juxtapose un démonstratif à quis interrogatif, alors que le français ne le pourrait plus : Cic, Ver. 4, 47 : quod hoc monstrum... in prouinciam misimus? « quel [est] ce monstre que...? ». Au t h è m e de quis se r a t t a c h e n t : qualis, qui s'emploie avec des valeurs diverses : comme corrélatif de talis ; comme exclamatif : Vg., En. 2, 274 : hei mihi, qualis erat!, et aussi comme interrogatif : C i c , Fi. 2, 27 : qualis ista philosophia est? ittcr, interrogatif « lequel des d e u x ? » (et relatif indéfini « celui des deux qui »), s ' e m p l o y a n t comme alter, q u a n d il s'agit de deux personnes ou de deux objets : C i c , Rab. Perd, π : uter nostrum... papil laris est? tune... an ego? Mais, le sens du suffixe *tero- s'elïaçant, uter tendit à être remplacé par quis, comme alter par alius, uterque par quisque, le comparatif par le superlatif : pcul-êlre déjà dans Ces., B. G. 5, 44, 2, où les mss. se partagent entre quittant et uter ; en tout cas, dans C i c , Al. 16, 14, 1 : ut quem uelis nescias (il s'agit d'un choix entre Octavicn et Antoine) ; T a c , A. 1, 47, etc. b) cur, quamobrem, quare? « pourquoi? » ; et aussi quid? (« relativement à quoi? », § 37), qui, avec cette valeur, semble, d a n s l'interrogation directe, avoir a p p a r t e n u plutôt à la langue familière : Ter., Eu. 304 : quid tu es Irislis ? Quidni? « pourquoi ne pas? », c.-à-d. quid -\- la négation ni (§ 178), ne s'employait plus qu'absolument (PL, As. 791 ; C i c , Quind. 69) ou avec le subjonctif potentiel : Cic, Of. 2, 76 : quidni landet? n pourquoi ne le louerait-il pas? »; les deux éléments sont encore séparés dans PL, Mi. 1120 : quid, ego ni Un censeant? légalement, quippini? « pourquoi non? », c.-à-d. : quid -| pe. |- ni : l'L, Ba. 839 ; Men. 948. c) ut? « c o m m e n t ? » : v. latin, Hor., Liv., t e n d a i t à sortir d ' u s a g e ; qui? ancien abl., même sens, n o t a m m e n t d a n s la locution qui fit ut?
INTERROGATION
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11 comment se fait-il que? ». Mais c'était quomodo? ( > fr. « comme ») qui était usuel. d) ubi? « où? » sans mouvement ; quo? « où? » avec mouvement ; unde? « d'où? » ; qua? « par où? » ; quando? « quand? » ; quot? « combien? » ; etc. Quotus inlerroge sur la place dans une série : quotus es? n le quantième es-tu ? » : Ilor., S. 2, 6, 44 : hor a quota est? « quelle heure est-il? », m. à m. « la combien est-ce? » ; cf. quotus quisque? (§ 220 c). Nain, ajouté comme enclitique à quelques-uns de ces pronoms ou adverbes, marquait une insistance : quisnam? « qui donc? », ubinam? « où donc? », etc. § 182. P a r t i c u l e s i n t e r r o g a t i v e s . — Les principales sont : -ne, nonne, num, an. La langue littéraire, surtout classique, s'est efforcée de faire prévoir par le choix de la particule si la réponse attendue est affirmative on négative. L'enclitique -ne parait être la négation de forme brève signalée plus haut (§ 174) : uidistine? a d'abord signifié « n'as-tu pas vu? », l'interrogation étant marquée par le ton ct par l'inversion de la particule : Cic, C. M. 31 : uidetisne ut apud H orner um saepe Nestor de uirtitlibus suis praedicet? « ne voyez-vous pas combien chez Homère Nestor vante souvent ses vertus? ». La négation non elle-même n'est pas rare dans des tours interrogatifs : PL, Mer. 732 : non lu scis quae sit ilia? « tu ne sais pas qui elle est? ». Et la particule nonne d'origine plus récente a été créée précisément par adjonction de -ne à non. L'emploi de -ne ne fait pas nécessairement préjuger de la réponse : T a c , An. 14, q : aspexcrilne matrem exanimem Nero... sunt qui tradiderint, sunt qui abîmant « Néron regarda-t-il sa mère morte? il y a des gens qui l'ont affirmé, d'autres qui le nient ». Cependant, la valeur première du tour explique qu'il ait été fréquent dans le cas de réponses affirmatives : Cic, Ver. 3, 64 : iamne iniellegitis...? « comprenez-vous maintenant que...? ». Dans le latin vulgaire, -ne se fit de plus en plus rare, et il disparut en roman. Bien que le mot, auquel s'ajoutait -ne, fût le plus souvent en tête de phrase, cette place n'était pas nécessaire : Cic, Cl. 94 : quid? conferam
LS«
LA P H R A S E S I M P L E
Sultanine cum lunio? « comparerai-je Sulla avec Junius? ». La particule -ne était parfois · - hors de la prose classique — accolée au relatif dans les reprises : Catul. 64, 180 : an patris au χ ilium spercm? quc.mne ipsa reliqui? « puis-jo attendre le secours do mon père? lui (pic j'ai moi-même abandonné? »; cf. l'L, Tri. 360. On la trouve aussi adjointe d'une manière expletive à des interrogatifs : l'L, Tri. 1095 : qualine amico...?; Cic, F*· 5. °3 : ecquandonc...? ; Hor., S. 2, 3, 295 : quone malo...? § 183. D a n s la répartition classique, nonne fait prévoir une réponse affirmative, n u m une réponse négative : C i c , N. D. 1, 97 : quid? canis nonne similis lupo ? « quoi ? le chien ne ressemble-t-il p a s au loup? » ; Rep. 1, 58 : num... barbarorum Romulus rex fuit? « Romulus a-t-il été un roi de b a r b a r e s ? » ; cf. aussi num quid (me) uis?, formule pour prendre congé. Nonne a été principalement utilisé par Cicéron. Très souvent, -ne et non en tiennent lieu dans la vieille langue et plus tard : PL, As. 939 : iuben hanc hinc abscedere? « ne lui dis-tu pas de s'en aller? »; C i c , Tu. 1, 13 : «o»» uides? « ne vois-tu pas? » ; cl. PL, Mer. 732 (cité § 182). De son côté, twin eu latin ancien n'appelait pas toujours une réponse négative : PI., Ain. 620 : num obdormiuisti dudum? « ne t'es-tu pas endormi tautet? ». Num avait diverses foi nies icnfoicées : numnam (arch.); numne, (Me, Lac. 36 : numne, si Coriolanus habuit amicos, ferre contra patriant arma Uli cum Coriolano debuerunt? « devaient-ils avec Coriolan porter leurs armes contre leur pairie? »; numqui (rare), avec 17m, ancien abl. adv. : Hor., S. i, 4, 52 ; numquid : Cic, Leg. 2, 5 : numquid uos duas habelis patrias?, — où quid était à l'origine un accusatif de relation = « en quelque façon ». Dans le latin vulgaire, numquid supplanta num, en même temps que numquid non (ne) remplaçait nonne (Cael. Aur., Acut. 2, 16, 97). Nempe s'était employé dans les interrogations avec la valeur du fr. « n'est-ce pas? » : PL, Ru. 1057 : nempe hic tuos est? — meus est « cet homme n'est-il pas ton esclave? — oui » ; Cic, Part. 42 : nempe igitur ea restant quae...? « n'est-ce donc pas que restent...? ». § 184. Ait m a r q u e un doute, parfois très fort, et d a n s ce cas s'applique comme num à une idée que l'on repousse : 1er., Eu. 382 : flagilium fadmits. — an id flagiliumst, si...? « c'est une infamie que nous faisons. - - est-ce une infamie que d e . . . ? ». Souvent aussi il a p p o r t e une simple n u a n c e d u b i t a t i v e , p a r ex. d a n s les locutions an
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censes...?, an existimas...? « crois-tu par hasard que...? », ou encore : Vg., B. 3, 1 : cuium pecus? an Meliboei? « à qui ce troupeau? ne serait-ce pas celui de Mélibée? ». An servit à introduire le deuxième membre de l'interrogation double (§ 187) ; mais dans les emplois précédents il se justifie par lui-même, et il n'y a pas de membre de phrase antérieur à sous-entendre. Anne — forme renforcée de an, comme nonne de non — apparaît en v. latin devant voyelle (PL, Tru. 666 : anne oportuit?), ensuite sans cette restriction, mais surtout dans l'interrogation indirecte. Parfois, an s'est employé entre deux noms comme conjonction disjonctive au sens de uel (§ 429). § 185. Deux autres particules étaient plus rares : en, de caractère archaïque et presque toujours (sauf Vg., En. 6, 346) en liaison avec umquam : PL, Tri. 589-590 : o pater, || enumquam aspiciam te? « o mon père, te reverrai-je jamais? » ; ex-, uni comme premier terme à des indéfinis : exquis...? « y a-t-il quelqu'un qui...? », ccquid...?, ecquando...?, et qui donnait de l'insistance à l'inlcjrogation : PL, Am. 1020 : requis hic est? « y a-l-il quelqu'un ici? »; cf. ecquisnam? (Cic, Val. 38). § 18(1. « Oui » et « non » dans les réponses. — L'emploi de petits mots équivalant au fr. « oui » et, « non » dans les réponses est une innovation relativement récente. I.c latin conserve en général l'usage ancien qui consistait à reprendre le terme sur lequel portait la question : PL, Cap. 628 : fuistin liber?. — fui « as-tu été libre?. — oui », in. à m. « je l'ai été »; Tri. 133 : non ego Mi argentum redderem?. — non redderes « je n'aurais pas dû lui donner son argent?. — non », m. à m. « tu ne devais pae donner ». Non commence toutefois à se rencontrer au sens de « non » : Ter., Ph. 525 : iam ea (dies) praeteriit?. — non « ce jour est-il passé?. — non » ; cf. Cic, R. Am. 54 ; Cl. 92. En outre, divers adverbes (ita, sic, etiam) sont en voie de s'employer pour« oui » : PL, Am. 362 : haeccine tua domust?. — ita, inquam « est-ce ta maison?. — oui, te dis-je »; Ter., Ph. 813 : Ma mancal?. — sic « et celle-là doit rester?. ·— oui », c.-à-d. ita (est) ou sic (est) « c'est ainsi ». Etiam était conduit à cette valeur à partir de tours où il marquait nu renchérissement : PL, Mo. 999-J000 : numquid Processi! ad forum (An) hodie noui? ||. etiam « n'y n.-1-ll rien eu de nouvoau aujourd'hui au forum?. — si »; ct à l'époque classique il devait commencer à se répandre au sens de « oui » : Cic, Ac, 2, 104 : aut 'eliam' aut
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LA PHRASE SIMPLE
'«on' responderc « répondre oui ou non »; de même : Hor., S. 2, 5, 91. Verum fut également utilisé : Ter., Ad. 543. Pour intmo, § 430. § 187. I n t e r r o g a t i o n d o u b l e o u d i s j o n c t i v e . — Une interrogation est dite double, lorsqu'elle présente une alternative, laquelle s'exprime par la particule an au sens du fr. « ou » d e v a n t le second membre. Le premier est le plus souvent introduit p a r ulrum ; C i c , Ph. 1, 21 : hacc ulrum tandem lex est an legum omnium dissalutio? « est-ce là une loi ou la négation de toute loi? ». Neutre de uter fixé adverbialement, ulrum annonçait en fait l'alternative elle-même : 0 laquelle des deux choses est-ce...? ». Aussi quelques exemples se trouvent-ils encore avec une particule appliquée au premier membre, en l'espèce -ne : PL, Ru. 104 : ulrum tu inasne an femina es? n lequel des deux : es-tu garçon ou fille? ». Vtrum lui-même était parfois remplacé par -ne : PL, Cap. 846 : iuben an non iubes? « veux-tu ou ne veux-tu pas? ». 11 arrivait aussi que seule la particule an fût exprimée dans le second membre : PL, Cit. 589 : quid ego faciam? maneam an abeam? « que dois-je lairc? rester ou m'en aller·" ». Ce type d'interrogation, surtout attesté en v. latin, a cependant laissé des lraces plus tard : SaL, Sén. rhét., Mart., etc., et aussi Cic, Ver. 5, 109 : cum homine... res est an cum fera? (vivacité de la langue, familière). Dans le latin vulgaire, α»ι fut remplacé par aut dans l'interrogation simple ou double, directe ou indirecte. « Ou non » au second m e m b r e se rend p a r an non : Ter., Hau. 405 : iiidcon Cliniam an non? « est-ce Clinia que je vois ou n o n ? », plus r a r e m e n t par neenc (Cic, Tu. 3, 41), qui est réservé de préférence à l'interrogation indirecte. Enfin, l'interrogation dite double peut avoir plus de deux termes, et an est répété a u t a n t de fois qu'il le faut : Liv. 23, 45, 9 : ferritin nunc hebet? an dexlrae tor pent? an quid prodigii est aliud? « votre fer est-il émoiissé ? vos bras sont-ils engourdis ? y a-t-il quelque a u t r e prodige ? ». Remarque. - - D a n s la langue parlée et à basse époque, l'interrogation totale fut de moins on moins exprimée par les particules -ne, num, nonne qui disparurent toutes. Pour l'interrogation partielle, 91(0 fut remplacé par ubi, > fr. où, it. ove, cf. Apul., Met. 9, 39, 4 : ubi ducis asinum istum? — ct même par unde : prov. ont, on ; csp. donde (= de undc). Quis cédait la place .à qui ; de même, cur à quid seul ou en locution : pro
ORDRE DES MOTS
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„ quid, per quid. (fr. pourquoi, it. perché). Enfin, la langue familière a v a i t des formes d'interrogation plus pleines, d o n t le type a survécu : PI., Ep. 20I : quis est qui reuoeat? ; Vulg., Joh. 16, 17 : quid est hoc quod dicil? Bourcicz, Eléments, §§ 129, 249.
L'ordre des mots § 188. Le maintien de la flexion nominale a fait que l'ordre des mots n'a jamais pris en latin de signification syntaxique, cf. supra, § 10. On constate pourtant certaines habitudes ou préférences qui n'ont rien de strict 1 . P l a c e d a n s la phrase. — Le verbe est habituellement en flu do phrase, sans doute par survivance, alors qu'en grec il se situe de préférence au milieu, comme en français. Sur ce dernier point, du reste, l'évolution ultérieure est annoncée dès le latin même : Ces., B. C. 2, 18, 3 : ipse habuit grattes in Caesarcm contioncs. La position initiale pour le verbe est une mise en relief : Ter., Ad. 470 : persuasit nox, amor, uinum « il ? été poussé par la nuit, l'amour, le vin », ou bien elle souligne l'apparition d'un fait nouveau : Pétr. 33, 4 : accessere continua duo serui « on vit aussitôt s'approcher deux esclaves ». La seconde place était primitivement celle des mots accessoires. Bien que cet usage ne soit pas aussi bien conservé qu'en grec, les pronoms se trouvent encore assez souvent en cette position : PL, Tru. 846 : filium istinc tuum te meliust repetere « le mieux est d'aller redemander là-bas ton fils » (trois formes accumulées) ; Au. 658 : Iuppiter te dique perdant! (formule) ; Cic, At. 2, 19, 1 : multa me sollicitant. Et aussi quelques conjonctions (autem, enim, uero, etc.) continuent à se placer après le premier mot, cf. infra, § 435. Le vocatif est d'ordinaire poslposé : PL, Men. 1031 : salue, mi patrone; Vg., fin. (i, 341-2 : quis te, Palinure, dcorum || eripuit...? Mais il n'est pas exclu de l'initinle de phrase : PL, Tri. 245 : ocelle mi, fiat (insistance). 1. Voir les études de J. Marouzeau sur L'ordre des mots dans la phrase Paris : I, 1922 ; I I , 1938 ; I I I , 1949.
latine,
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LA PHRASE SIMPLE
lui tout cas, si la position initiale pont être une mise en relief, il ne s'ensuit pas qu'elle ait nécessairement cette valeur. On y trouve aussi bien une formule banale de transition : Ces., Π. C. 3, 109, 1 : tie his rebus cum ageretur apud Caesarem... § 18Î). P l a c e d e s m o t s les u n s par rapport a u x autres. — En général, le déterminant tend à précéder le déterminé. a) Les adverbes se placent ainsi devant le terme qu'ils caractérisent : Iam improbus, uir eximie dodus, fortiter pugnarunt, sauf fere, ferme, paene, prope, points, polissimum, tantum au sens de « seulement » qui d'ordinaire le suivent : aequo fere spatio (Ces., B. G. 1, 43, 1). Le rejet — assez rare — de l'adverbe en fin de phrase avait pour effet de le mettre en relief (Quint. 9, 4, 29-30) ; cf. PL, Ps. 941. L'attribut précède le verbe « être » : bonus est. L'ordre est bonus était expressif ; mais il est à son tour devenu banal : fr. « est bon ». Les démonstratifs se. placent habituellement devant le substantif : haec ttrbs, Ma actas ; on dit toutefois Sacrales Me, à cause de. la valeur emphatique de Me. Le possessif suit normalement le substanlif : paler meus, tandis (pie c'est l'ordre inverse (meus paler) qui paraît le. mettre en évidence. L'apposition suit le substantif qu'elle complète : philosophia, uilae dux, à inoins qu'on ne veuille la mettre en relief : Cic, N. D. 1, 4 : una txcellentissima uirtus, iustitia. b) L'adjoctif précède le substantif quand il lui est étroitement uni comme épithète : pulchra domus « une belle maison » ; ex magnis rapinis (SaL, C. 28, 4) « de grandes rapines »; saeua Proserpina « la farouche Proserpine » (épithète de nature). Il le suit, s'il a la valeur d'une détermination attributive, affirmée de quelqu'un ; domus sumpiuosa, adulcsccns luxtt perditus (Ter., Ad. 760) « und. maison (qui est) .somptueuse, un jeune homme (qui est) perdu de débauche », — ou servant à classer dans une catégorie : nauis oneraria « un navire (qui est un navire) de transport »; pars dextra « la droite ». Ainsi s'opposent praetor urbanus « le préteur urbain » et urbanus praetor « un préteur spirituel »; de même : rex Antiochus « le roi Antiochus »
ORDRE DES MOTS
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(le t i t r e d e roi e s t assimilé à u n e q u a l i t é i n h é r e n t e ) e t Q. Fabius consul « le c o n s u l Çj. F a b i u s » (le t i t r e d e c o n s u l e s t u n a t t r i b u t conféré). Mais d i v e r s f a c t e u r s c o n t r a r i a i e n t , c e l l e r é p a r t i t i o n : u n adjectif c o m m e uniuersus, m a l g r é sa fonction a t t r i b u t i v e , p r é c è d e le plus s o u v e n t le s u b s t a n t i f , p a r c e q u e sa v a l e u r f o r t e i n c i t e à le m e t t r e e n relief : ad uniuersam rem publicam ( C i c , Dont. 142), uniuersum senatum... mutasse uestem ( C i c , Sest. 27). L e s adjectifs m a r q u a n t u n e classification, s'ils s o n t d a n s le c o n t e x t e m ê m e e n r e l a t i o n a v e c l e u r c o n t r a i r e , se p l a c e n t é g a l e m e n t d e v a n t le s u b s t a n t i f : dexlra parte... sinistra parte. c) L e complément déterminatif au génitif d e v a i t a n c i e n n e m e n t p r é c é d e r le s u b s t a n t i f d o n t il d é p e n d a i t . C'est sa p l a c e h a b i t u e l l e d a n s l a f o r m u l e d e filiation (un t e l fils d ' u n tel) : C. I. L. I«, 614 : L. Aimilius L(uci) f(ilius) inpeiralor decreiuit ; d e m ê m e , en d e s t o u r s fixés : Nicobuli filins (PL, Ba. 842), Vulcani... filius (PL, Ep: 673), fratris filiam (Ter., An. 932), o u e n c o r e : Aesculapi fanum (PL, C « . 14), in Fidei fanum (PL, Au. 583), ainsi q u ' a v e c les p r é p o s i t i o n s i m p r o p r e s causa, gratta (§ 189). Mais, d a n s l ' u s a g e c o u r a n t à l ' é p o q u e h i s t o r i q u e , le génitif c o m p l é m e n t s u i t le n o m qu'il d é t e r m i n e (erbis terrarum), aussi bien q u ' i l le p r é c è d e (terrae moins) ; le génitif explicatif d u t y p e alimenta carnis est m ê m e d ' o r d i n a i r e placé a p r è s le s u b ' d n n l l f d o n t il d é v e l o p p e le c o n t e n u . Note. — Dans quelques cas, l'ordre des mots s'était fixé. Les termes do locutions toutes faites comme res publica, tanto opère, re uera, pro uirili parle, tribunus plebis, plebis scitum, etc., ne peuvent plus être intervertis. Quisque suit toujours les formes de réfléchi, de relatif ou de superlatif avec lesquelles il est habituellement employé : pro se quisque, in suas quisque ciuitates, optimum quid que ; dans les incises du type inquit Me, ait Me, le verbe précède le plus souvent. Ipse suit également le pronom avec lequel il forme groupe : locus Me ipse (Cic, Mi. 53), discrepans sibi ipsa (Tu. 4, 29), se ipsa intuens (Tu. 1, 73), nosmet ipsos (Fi. 4, 25). D'autre part, les indications précédentes, si vagues qu'elles soient, ne s'appliquent q u ' à la prose. Les poètes usent de libertés beaucoup plus grandes : inversions, rejets, disjonctions; etc. — par recherche de style ou simplement par commodité métrique. Ainsi : Vg., En. 1, 393 s 9 9 · '· cycnits, |] aetheria quns lapsa plaga louis aies aperto || turbabai carlo « les cygne'i que l'oiseau île Jupiter fondant (1rs légions éthérées dispersait daim l'étendue libre du ciel » ; lapsa est disjoint de louis aies, aetheria de plaga, aperto do carlo. Dans la prose métrique intervenait la iceliriilin de la clnusule : fisse uidratur ~« « « / - £ , et non uide.atur esse; public(a) armarc - v - / - " ; etc.
CHAPITRE
III
ADJECTIF S U B S T A N T I V E ; A D J E C T I F « A P P O S É » E X P R E S S I O N D E LA COMPARAISON NOMS D E N O M B R E
Adjectif substantive § 190. Entre le substantif ct l'adjectif qui sont tous deux des formes du nom, il n'y avait pas de séparation absolue : des termes comme aequalis, affinis, amicus, familiaris, inimictis, saucius, socius, ui ci-nus, etc., sont couramment employés avec l'une et l'autre valeur. L'adjectif a été parfois substantive à la suite d'une ellipse : fera (se beslia) ; dextra (se matins) ; muslum (se uinum) « le vin doux » ; Ajricanus (se iientus) ; regia « le palais » (se domus) ; etc. Mais d'anciens adjectifs se sont aussi fixés d'eux-mêmes comme substantifs avant l'époque historique : iuuenis « l'homme jeune » ; femina « la femelle » (par opposition à mas) ; luna, proprement « la lumineuse », de *lcuksna, racine de lumen. Dans l'usage courant, l'adjectif substantive n'est pas aussi répandu qu'en grec, par suite de l'absence d'article. On le trouve surtout : a) au pluriel de genre animé : boni « les gens de bien », docli « les savants », Romani « les Romains », maiorcs « les ancêtres ». Au singulier, un substantif est d'ordinaire exprimé : uir dodus « un savant », homo Renianus « un Homain ». L'adjectif n'en tient lieu que dans (piehpies cas : génilif du type démentis est (Cic, Of. ι, 83) « c'est le fait d'un insensé »; nom de peuple désignant un individu important : Pocnus « le Carthaginois », c.-à-d. Hannibal ; nom de peuple à sens col-
ADJECTIF SUBSTANTIVE
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lccliLfrare ; le plus souvent avec valeur affective ou expressive) : Praeneslinus « les gens de Pr.éncste », PL, Tri. 609 ; Paribus « le Parthe », Caelius ap. C i c , Fa. 8, 5, 1 ; Canlaber, Hor., Od. 2, n , 1.
b) au nom.-accusatif neutre (sg. et pi.) : bonum « le bien », uerum « le vrai », bona « les biens », séria « le genre sérieux ». Aux cas autres que le nom.-accusatif, l'adjectif neutre, dans la langue littéraire, n 'est guère substantive — en dehors des formes bona, mala — que si le contexte permet de reconnaître facilement le genre, par ex. C i c , Of. 1, 133 : in omnibus igitur his elaborandum est « il faut faire effort sur tous ces points », en particulier auprès d'une forme claire : C i c , Part. 2, 139 : liera a fdlsis diiudicare « discerner le vrai du faux », ou bien dans des locutions de caractère adverbial : ex aduerso, e contrario, de inlegro, in primis ; de même au participe dans le type archaïque properato opus est (Cic, Mi. 49, § 127 b). En bas latin et à l'époque préromane, le nom.-accusatif pi. neutre se Γβ confondait avec le féminin sg. de la ι déclinaison : gaudia > fr. joie, it. giôia. E t plusieurs formes d'adjectifs substantives aboutirent ainsi à. des substantifs : anxia > v. fr. ainse ; fortia > fr. force, it. forza ; responsa > fr. réponse. Celte évolution est déjà sensible dans les textes : Prud., Apoth. 1061 : ne maiestas sua fortia perdat « afin que la majesté ne perde pas sa force ». § 191. Substanlif en fonction d'adjectif. — L'emploi inverse d'un substantif en fonction d'adjectif est très rare, sans doute à cause du caractère flottant de la construction qui en résultait. Seuls sont signalés quelques exemples : PL, Cu. 647 : uenlus turbo « un vent (qui est un vrai) tourbillon » ; Poe. 290 : lapident silicem « une pierre (qui est un vrai) roc » ; cf. Tri. 835 ; Vg., En. 1, 21 : populum late regem, adaptation maladroite du gr. εύρυκρείων. Parfois, du reste, la forme utilisée peut avoir été effectivement adjective, par ex. tiro dans les ; expressions tirones'milites (Cic, Ph. n , 39) « des recrues », lironc et collcclicio exercitu (Cic, Fa. 7, 3, 2) « une armée de recrues et levée à la hâte », ainsi que les mots en -0 du type naso « au grand nez », etc. Cela vaut également pour les noms d'agent en -tor f-trix : rxercitus uictor, brllalor rquus (Vg., G. 2, 145) « le cheval qui aime le combat », aitimo lorlorc (Juv. 13, 195) « l'âme (qui est leur) bourreau »; de même : uiclrices Athcnas (Cic, Tu. 1,116), uidricia arma (Vg., En. 3, 54), in tain corruptrice prottincia (Cic, Q. fr. 1, 1, 19). 11 y avait aussi des cas particuliers. Le substantif über « mamelle » est
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LA PHRASE SIMPLE
adjectif au sens de. « abondant, fécond » dès le v. latin (PI., Ru. 637), cf. ftubes (puber). Anus « la vieille femme » servait anciennement d'épithètc (·-• « vieux »), même pour des objets matériels ; ct Catulle dit encore : 68, 46 ; haec charla loqualur anus 1 que cette feuille parle, même devenue vieille » (ibid. 78, 10). Scnex est resté adjectif au comparatif : Cic, Lae, 5 : quo erat nemo fere senior, isolément au positif : Ter., Eu. 357 : senem limitèrent.
Adjectif « apposé » § 192. Λ l'époque historique, l'adjectif conservait quelques emplois en liaison sémantique lâche, malgré l'accord : a) Un adjectif « apposé » au sujet équivaut à une détermination circonstancielle de l'énoncé : C i c . Ver. 4, 65 : tum inanes ad regem reuertuntur « reviennent, les mains vides » ; Mi. 3S : cum... (Italia) lubens agnouisset « a v a i t reconnu volontiers »; Hor., S. r, 6, 128 : damesticus olior « je me repose à la maison » (— domi). En particulier, avec des adjectifs a p p o r t a n t une indication temporelle, noduabundits, serus, uesperlinus, etc. ; cf. C i c , Al. 12, 1,2 : naduabundus ad me uenit (--- de nuil). A ces emplois se r a t t a c h e celui de nullus comme négation déclinée (§ 178). b) Un adjectif porte pour le sens sur un autro mot que celui auquel il se r a p p o r t e g r a m m a t i c a l e m e n t : Vg., En. 6, 268 : ibant obscuri sola sub node per umbram « ils allaient solitaires d a n s la nuit obscure » ( = ibant soli sub obscura node) ; cf. G. 3, 249. C'est le procédé poétique connu sous le n o m d'hypallage, mais qui était à l'origine un fait de langue. c) Quelques superlatifs ou formes assimilées ne s'appliquent q u ' à une partie de l'objet désigné par le substantif auquel ils se r a p portent : summits mans (Ces., B. G. 1, 22, 1) « le sommet de la montagne », proprement « la m o n t a g n e en tant que très haute ». De menu; : médius collis « le milieu de la colline » (la colline en son milieu) ; primo impclii (Ces., B. G. 2, 24, 1) « au début de l ' a t t a q u e » ; multa die (ibid. r, 22, 4) « t a r d d a n s le jour »; in ultima plalca (Ter., Ph. 215) ; e.xtrema hieme (Cic, Pomp. 35) ; etc. Ce tour était concurrencé p a r le
DEGRÉS DE COMPARAISON
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type medium noctis ; par ex. Liv. 1, 57, 9 : in medio aedium « au milieu de la maison », plus tard par medium de node (§ ßO).
Degrés de comparaison § 19:1. La formation en -ior (gr. -ίων) du comparatif est propre ment un intensif, en tout cas exprime que la qualité possédée présente une certaine force, d'importance du reste variable et non définie ; cf. E. Benvenistc. Noms d'agent et noms d'action..., p. 121 sq. Cette fonction est encore apparente dans certains emplois sans complément : PL, Mer. 920-921 : ego stultior qui... « je suis bien (trop) sot de... »; Cic, Sest. 59 : suspicio dttrior « un soupçon particulièrement pressant » ; C. M. 55 : senectus est natura loquacior « particulièrement bavarde »; clamare mains (§ 37) « crier fort »; saepiits « à plusieurs reprises » ; »eins « particulièrement vite », d'où « vite » (le comparatif rejoignant le positif). Hors de la langue littéraire, en coordination avec un « |x>si t if » : Cal., . I gr. 3. 4 : oleum uiridius et bon uni ; Sué!.. Ncr. 51, 1 : oculis caesiis et hebetiaribus « aux yeux pers et faibles ». Le superlatif, très proche de l'ordinal, désigne le terme qui porte à son point final une qualité que d'autres termes manifestent (superlatif relatif) ; indication de ces termes est donnée par un génitif partitif (felicissimus omnium imperatorum) ou par un complément prépositionnel (felicissimus ex imperatoribtis. ou inter imperatores, etc.). Sans complément, le superlatif dit absolu a pu marquer le très haut degré (dux felicissimus). § 191. l u e comparaison implicite avec un autre terme entraînait l'emploi du comparnlif inlelisif : priores, seninres ·• les anciens, les hommes âgés ». e-;Vd. ceux qui |>ossèdcnt à quelque degré la qualité d' H ancien », de « vieux », par op|>osition à ceux qui ne l'ont pas. Le superlatif ne servait qu'à partir de trois termes en cause. D'où : prior » le premier (de deux) « cl primus « le premier (de trois OU plus) » ; maior ou minor natu •· l'aîné, le cadet (de deux) » ct maximtts ou mini·
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mus nain « l'ainé, le cadet (de plusieurs) » ; maior pars suppose une division en deux, maxima pars en trois ou plus ; etc. ; cf. C i c , Al. 15, 13, 1 : duas a le accept epistitlas : respaudeba igitur priori prius « je répondrai d'abord à la première ». Même répartition, si la comparaison est rendue explicite par un complément : type ualidior manttnm dexlra est κ des deux m a i n s la plus forte est la droite », ct non ualidissima; cf. Quint. 7, 4, 21. Le superlatif tendait cependant à s'introduire : natu maxumus est, dans Ter., Ad. 88i, appliqué à l'aîné de d e u x ; de même : Hor., A. P. 24 : maxima pars uatum « la majeure partie des poètes », en face de C i c , Of. 1, 147 : maior pars (hominum). Primus apparaît aussi au lieu de prior : Plancus (ap. Cic, Fa. 10, 11, 1) : primae sententiac, par opposition à posteriores ; Var., R. R. 3, 12, 5 : pedibus primis (les pattes de devant, en parlant du lièvre) humilibus, posterioribus altis ; Suét., Tib. y, 2 : munus gladialorium in memoriam patris et altcrum in aui Drusi dédit,... primum in foro, secundum in amphitheatre « le premier au forum, le second à l'amphithéâtre ».
Complément du comparatif § 195. Le comparatif latin a d e u x constructions usuelles : a) l'ablatif, qui est un ablatif de point de d é p a r t r a t t a c h é à l'intensif : doclictr Pclro « particulièrement s a v a n t en p a r l a n t de Pierre » (§ 101) ; •—· b) la particule quam ; dodior quam Petrus, où quam, corrélatif de Iam, provient d'emplois comme PL, Ci. 494 : neque opes nostrae tant sunt ualidae quam tuac (— sunt minores quam tuae). Les deux tours, quoique souvent confondus, n'étaient pas en soi identiques. La construction avec quam impliquait effectivement une différence, un conlraslc cuire deux termes inégaux. Plus rare que quam, l'ablatif inanpiail plutôt une référence à un terme pris pour type de la qualité, connu:· dans les locutions qui lui sont propres : nielle ditlciar « plus doux que miel (à se référer au miel) », luce donor, melius opinione, exspcclationc (exspectata) « mieux qu'on ne pensait, s'y attendait », plus iusto (aequo) « plus (pie de juste (plus, par rapport au juste) » — ou dans des tours négatifs et interrogatifs de caractère fixé : PL, As. 543 : te...
COMPLÉMENT DU COMPARATIF
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nihil est impudentins ; ibid., 557 : quis me uir fortior (est)?; en particulier après un relatif complément, construction équivalant à un superlatif expressif : Cic, Rep. 2, 27 : sequamur... Polybium nostrum, quo nemo fuit in exquirendis lemporibus diligenlior « le plus consciencieux qui ait été », m. à m. « par rapport auquel il n'y eut personne de plus consciencieux » (jamais quant dans ce cas). § 196. Particularités d'emploi. — Les prosateurs classiques n'usent de l'ablatif que si le comparatif est au nominatif (doclior Pelro) ou à l'accusatif (neminem uidi doctiorem Pelro). Si le comparatif est à un autre cas, ils emploient quam pour éviter l'amphibologie qui pourrait résulter de la forme d'ablatif : Cic, Fa. 5, 7, 3 : tibi multo maiori quam Africanus fuit... « à toi qui es beaucoup plus grand que ne fut l'Africain... » : la construction maiori Africano serait ambiguë. Quam est également préféré par les mêmes auteurs après le comparatif d'un adverbe : cum possii... clarius dicere quant ipse (Cic, Diu. Caec. 48), sauf pour une expression temporelle comme longius anno rcmanere (Ces., B. G. 4, 1, 7) « séjourner plus d'une année ». Les autres écrivains ne s'imposaient pas ces limitations, peut-être parce que l'ablatif complément, devenant moins usuel, était par là même plus recherché : Hor., f.p. 1, 10, i t : pane egeo iam mellitis potiore placentis « j'ai envie de pain, le pain qui me paraît maintenant meilleur que les galettes au miel » ( ^ quant mellilae placentae sunt) ; Vg., En. 4, 31 : luce magis dilccla « plus chère que la lumière » ( = quam lux). Inversement, quam s'était étendu à des verbes équivalant à un comparatif : malo « j'aime mieux », praestat « il vaut mieux », etc., par ex. Cic, At. 14, 9, 2 : mori milies praestilit quant haec pâli « il eût mieux valu mourir mille fois que supporter cela » ; — et, hors de la prose classique, à beaucoup d'autres tours, sans comparatif exprimé : PL, Ba. 618 : inimicos quam amicos aequomst mc{d) habere « je mérite d'avoir des ennemis plus que des amis » ( = polius quant amicos) ; Var., R. R. 3, 4, 1 : ab his temporalis quam superioribus « (commencer) par le temps présent plutôt que par le passé » ; T a c , A. 4, 61 : claris maioribus quam uetustis « d'une famille (plus) illustre qu'ancienne ». Pour alius quam, voir § 202. Les deux constructions sont parfois combinées dans le cas d'un pronom neutre à l'ablatif aiiiioncanl quant comme corrélatif : Cic, Al. 4, 8 l \ 2 : quid enim hoc misrrius quam cum... fieri consulem non posse? « quoi de plus lamentable que... ? »; cf. F'i. t, 19 : quo nihil turpius quam... Attraction du 2' membre après « quam ». — Dans un second membre introduit par quam et comprenant un nom qui devrait être au nominatif comme sujet d'une forme verbale exprimée ou non, ce nom prend souvent
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LA PHRASE SIMPLE
p a r u n e a t t r a c t i o n m é c a n i q u e le c a s d u c o m p a r a t i f , s u r t o u t si celui-ci est à l'accusatif : Ter., Ph. 591-2 : kontinent callidiorcm uidi neminem \\ quam Phormionem « je n'ai j a m a i s vu p e r s o n n e d e p l u s h a b i l e q u e P h o r m i o u », c - à - d . quant Phnrmio est. Cf. C i c , Ver. 3, 215 : Antonius aiebat se lautidem frunirnlunt arstimasse. quanti Sacerdotem « a u m ê m e p r i x (pic Sacerdos », c - à - d . quanti Sacerdos acstimassel. § ItIT. Comparaison de deux qualités. — P o u r é t a b l i r u n e c o m p a r a i s o n e n t r e d e u x q u a l i t é s , ce q u i s u p p o s e u n a u t r e adjectif (ou a d v e r b e ) a u secoiid m e m b r e , d e u x t o u r n u r e s e x i s t e n t e n l a t i n : a) C o m p a r a t i f d a n s les d e u x m e m b r e s : L i v . 27, 48, 7 : longior quant latior acies erat « le c o r p s d e b a t a i l l e é t a i t p l u s l o n g q u e l a r g e » ; C i c , Mi. 78 : libentius... quant uerius « a v e c p l u s d e c o m p l a i s a n c e q u e d e v é r i t é » ; cf. d é j à C a t o n , Or. frgm. 10, 2 ( J o r d a n , p . 42). L e s d e u x c o m p a ratifs s o n t en c o r r é l a t i o n e t s ' o p p o s e n t l ' u n à l ' a u t r e , c o m m e d a n s l ' e m ploi libre u n e f o r m e d u t y p e iuniores s ' o p p o s e à seniores. b) Magis quam a v e c c h a c u n d e s d e u x adjectifs au positif : C i c , At. 10, 1 , 4 : disrrtus inagis est quam sapiens « il e s t d i s e r t p l u s (pie s a g e » ; Tu. 1, 41 : quod subtililer inagis quant dilucidc dicitur « ce q u i est d i t d ' u n e m a nière plus s u b t i l e q u e claire ». C e t t e s e c o n d e ( ( i n s t r u c t i o n , qui a n n o n c e celle d u français, n e p a r a î t p a s a v o i r é t é s é p a r é e d e la p r é c é d e n t e p a r u n e d i s t i n c t i o n s t r i c t e A c ô t é d e libentius quant uerius, Cicéron é c r i t s a n s différence : l'cr. 2, 113 : magis inuitlioso crimine quam ucro « p a r u n e a c c u s a t i o n plus h a i n e u s e q u e fondée ». L u e c o n t a m i n a t i o n d e s d e u x t o u r n u r e s , a v e c le p r e m i e r t e r m e a u c o m p a r a t i f ct h; second a u positif, se t r o u v e chez T a c i t e : Agr. 4 : uehementius quam cattle ; 11. 1, 83 : acritts quam considerate. S 11)8. A U T R E S C O N S T R U C T I O N S o u C O M P A R A T I F . — A c ô t é d e quam
ou
d e l'ablatif, le c o m p l é m e n t d u c o m p a r a t i f se p r é s e n t a i t s o u s p l u s i e u r s a u t r e s formes, p a r s u r v i v a n c e o u p a r i n n o v a t i o n : a) C o n s t r u c t i o n nppositlonnelle d e s c o m p a r a t i f s a d v e r b i a u x amplius, • plus, minus, longius, e t c . Ils é t a i e n t s o u v e n t j o i n t s à u n e é v a l u a t i o n n u m é r i q u e , s a n s i u l l u c n c c r le c a s d e c e t t e d e r n i è r e ( t y p e amplius mille homines « plus d e 1.000 h o m i n e s ») : C a t o n , Agr. 45, 3 : (laleae) ne plus Ι Γ digitus Iransurrsos éminçant « q u e les b o u i l l i e s n e d é p a s s e n t p a s d e p l u s d e q u a t r e t r a v e r s de d o i g t » (accus, d ' é t e n d u e ) ; Ces., B. G. I, 38, 5 : reliquum spulium quad est non amplius pedum M sescentorum « l'espace r e s t a n t qui n ' a p a s p l u s d e 1 .<>oo p i e d s » (gén, d ' é v a l u a t i o n ) ; C i c , R. Coin. 8 : am-
COMPLÉMENT DU COMPARATIF
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plius triennium est « il y a plus de trois ans » ; Liv. 21, 51, 2 : Hamilcar... cum paulo minus duobus milibus militum... « Hamilcar avec un peu moins de 2.000 hommes... ». Ces tournures ont leur point de départ dans lo cas où le nombre était accompagné d'une apposition de sens négatif : mille pedes, non amplius « 1.000 pieds, pas plus ». Elles étaient demeurées plus fréquentes que le complément à l'ablatif : PL, Ba. 818-9 · pins annis decern || ... mortuum esse oporluii, ou avec quam : C i c , Ph. 2, 98 : neque enim plus quam 1res aut quatluor reliqui sunt. Maior et minor étaient également apposés à l'accusatif de durée dans le tour maior ou minor annos LX natus « âgé de plus ou de moins de 60 ans » (C. I. L. I s , 583, 13 ; C i c , R. Am. 39). On trouve du reste — ici encore — l'ablatif : C i c , R. Am. 100 : minorem annis LX, ou quam : Liv. 45, 32, 3 : cum liberis maioribus quam quindecim annos natis « avec des enfants âgés de plus de 15 ans ». b) Constructions prépositionnelles. — Ab paraît avoir renforcé assez vite l'ablatif complément du comparatif : Ον., Her. 16 (15), 98 : α te dignior « plus digne que toi » ; en particulier avec des adjectifs de sens local comme cilerior, inferior, superior : Val. Max. 9, 12, 6 : uno gradu a publico supplicio... cilerior. Cet emploi de ab se répand chez les écrivains ecclésiastiques à partir de Tertullien, et aussi chez les profanes : Donat, Ter., Ph. 5 (prol.) : deterior a Menandro « inférieur à Ménandre » ; il est mentionné par Servius, G. L. K. IV, 407, 27 : dodior ab Mo. De apparaît plus tard (iv n /v e s.) par extension du sens partitif : Grom. I.at. (Hyg.), p. 109, 2 : plus de XXX pedibus « plus de 30 pieds ». Autres tours prépositionnels : ante, en poésie : Vg., En. 1, 347 : ante alios immanior omnes, cf. 2, 40 ; 3, 321 ; prae : PI., Ep. 522 : atque me minoris facto prae Mo « j ' a t t a c h e moins d'importance à moi-même-qu'à cet homme » ; praeter : Vg., G. 1, 412 : praeter solitum... laeti ; supra : C i c , Or. 139 : saepe supra ferel quant fieri possil; super, en bas latin (Itala, Vulg., etc.) : Vitae pair. 6, 1, 14 : meliores super nos ( = gr. μείζονες ημών). c) Constructions au génitif et au datif. — La construction grecque au génitif transparaît souvent dans les écrits de traduction : Itala, versions d'Oribase, etc., par ex. Itala, Matth. 11,11 (cod. Veron.) : maior eius est « il est plus grand que lui » [=-= μείζων αύτοϋ έστι]. Mais ce génitif était préparé en latin même par un tour de nature partitive comme PL, Cap. 825 : re.gum rex regalior « des rois le roi le plus royal » ; et il est signalé chez les juristes : Scaev. (Dig.) 12, 6, (>i : amplius sui debiti « plus que leur dû », ce qui semble indiquer que ce n'est pas un simple hellénisme. De plus, les expressions nulla arte cuiquam inferior (SaL, / / , 2, 37) ou haud ulli secundus (Vg., En. 11, 441) conduisaient à un datif complément
LA PHBASE SIMPLE
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du comparatif, nettement attesté en bas latin : Grég. T., Conf. 44 : melier tibi « meilleur (pie loi » ; 86 : lux humanae luci clarior « lumière plus claire que la lumière humaine » (Bonnet, p. 545).
Renforcement du comparatif et du superlatif § 199. En v. latin, multo (abl. de différence, § 117) était usuel pour renforcer non seulement le comparatif, mais aussi le superlatif : multo maxkmus, PL, Am. 782, 994 ; Au. 667 ; etc. Et c'est avec les prosateurs classiques qu'il tendit à être réservé au comparatif : multo doclior « beaucoup plus savant », sans que soit absolument inconnu l'accusatif multum (§ 41) ; l'adverbe etiam se rencontre au sens de « encore » : eliam dignior « encore plus digne ». Le superlatif était souligné par longe « de loin » : longe dodissimus « de loin le plus savant » ; par ucl « même », proprement « si tu veux » : itel summa paupertas (Cic, Tu. 5, 113) « la pauvreté même la plus grande » (§ 429) ; par facile « facilement », c-à-d. « s;.ns conteste » : facile dodissimus (Cic, Rab. Post. 23) ; par unus omni un ou omnium seul : Cic, Br. 25 : rem unam esse omnium difficillimai ι « que c'est la chose la plus difficile entre toutes ».
Le plus haut degré possible s\ marque par quam avec une forme de possum exprimée ou non : Ces., B. G. 3, 9, 9 : nattes... quam plurimas passant, cogunt « ils rassembler t le plus de navires qu'ils peuvent » ; ibid. 1, 9, 3 : quam plurimas exuitates... habere obstridas uolebat « le plus de cités possible ». § 200. COMPARATIF F.T SUPERLATIF ANALYTIQUES. — L'expression
du
degré par la forme même de l'adjectif a disparu avec la llexion, sauf pour quelques traces isolées de comparatif, par ex. fr. meilleur, pire et les .substantifs maire ( < maior), sire, seigneur ( < senior, seniorcin). Les tours analytiques (plus savant, h plus savant), qui ont remplacé le comparatif et le superlatif, sont déjà usiV;ls en lat in pour les adjectifs en -rus, -ius, -nus, cf. A. Ernout, Morph., § l o i . Du reste, magis n'était pas il connu avec des adjectifs ou adverbes pourvus d'un comparatif synthétique : magis lubenter, PL, Mo. 157 ; magis argulum, Tri. 200 ; (quo) inagis mirabilcs, Cic, Or. 39, etc. Le complé-
ÉGALITÉ ET DIFFÉRENCE
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ment était quant, parfois l'ablatif de comparaison : Ον., A. Am. r, 475 : quid inagis est saxo durum, quid mollius unda? « quoi de plus dur que la pierre, de plus tendre que l'eau? » ; et les poètes développaient ces emplois par recherche ou pour la commodité métrique. Plus se rencontre aussi dans ce rêle dès le v. latin : plus lubens, PL, Au. 420 ; cf. Enn. : plus miser. Se. 308 ; toutefois, il ne devient fréquent qu'à l'époque impériale, surtout à partir de Tertullicn : Sped. 17 : plus miser; cf. Sid., Carm. 5, 78 : plus felix. Au superlatif, il y a des tours périphrastiques approchants : cupiens maxume, PL, Am. 132 ; inerilo maxume, Cap. 936 ; cf. C. I. L. 1', 1531, 4 ; maxume (longissime) diuerstts, Cic, Ver. 3, 192 ; Ph. 5, 49. Dans la langue parlée, magis était parfois ajouté par redondance à un comparatif en -ior : magis maiores nugas, PL, Men. 55, prol. ; inagis suspensiore attiino, B. Afr. 48, 3 ; quo magis ex meliore uino, Vitr. 7, 10, 4. Également : plus leuior, Commod., Apol. 5, Voir E. Wölfflin, Lateinische und romanische Komparation (Ausgewählte Schriften, p. 149 sqq.).
Comparaison d'égalité et de différence § 201. Avec beaucoup d'adjectifs ou adverbes m a r q u a n t l'identité, la ressemblance, l'égalité ou la différence : acquits, par, dispar ; similis, dissimilis ; idem, alius ; aeque, parilcr, perindc, prainde ; similiter, contra, iuxta, secus, etc., l'objet de la comparaison est c o u r a m m e n t introduit p a r atque (ac) : PL, Tru. 171 : longe aliter est amicus atque amator « un ami est tout différent d'un a m o u r e u x »; C i c , Leg. 1, 25 : uirtus eadem in homine ac deo est « la v e r t u est la même chez l'homme q u e chez Dieu » ; Ver. 2, 128 : alio mense ac fas erat « à u n a u t r e mois que celui où c'était permis » ; 3, 193 : docere aliquid ab isto simile... atque a ceteris esse factum « m o n t r e r qu'il a fait quelque chose de semblable à t o u s les a u t r e s » ; Cal. 4, 3 : pro eo... ac mereor « selon que je mérite ». Cf. perindc (prainde) ac « de la manière que, comme », iuxta ac si « comme si », simul ac. « dès que » ; etc. Après alius (aliter, etc.), si le tour est négatif ou interrogatif, atque est habituellement remplacé par m si : non alius nisi, nihil aliud nisi, quid aliud nisi...? « (ne) pas d ' a u t r e que, rien d ' a u t r e que, quoi d ' a u t r e q u e . . . ? ». Dans l'emploi précédent, la valeur copulative de atque est encore sou-
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vent perceptible. Idem est atque ego signifie : « il est le même, ct moi aussi », c-à-d. « nous sommes tous deux les mêmes » ; longe aliler est amicus atque amator : « un ami ct un amoureux sont tout différents », le verbe s'accordant avec un seul des sujet s. Du reste, et, quoique rare, se trouve aussi : Cad. ap. C i c , Fa. 8, 1 , 3 : sold enim aliud sentire et loqui « il a l'habitude de parler autrement qu'il ne pense », littéralement « de penser une chose cl d'en dire une autre »; Cic, Fi. 4, 64 : cacci acque ct ii qui... « aussi aveugles (pie ceux qui... » ; cf. 4, 31 : similcm... nullum et si... perdidisset. § 202. Constructions analogiques ou particulières. — Des confusions se produisaient avec la construction du comparatif. Quant s'introduisait après alius (aliter, seats, etc.) dans les tours négatifs ou interrogatifs, au lieu de nisi : PL, As. 236 : nec quemquam... alium... quam ; Nep. 3, 2, 2 : neque aliud... factum quam... ; Liv. 27, 18, n : nihil aliud quam uia impediti, et également, sans qu'il y eût de négation : PL, Ps. 1239 : alio paclo... quam ; Cas. 345 : aliter quant uoles ; Tru. 324 : proinde... quam ; SaL, / . 82, 3 : si... prouincia alii quam Mario Iraderetur « à un autre qu'à Marius »; etc. Cette substitution de quam à «151 on à atque est exceptionnelle chez Cicéron : Inu. 1, 26 : aliud... quam ; Dom. 31 : alio modo quam ; Or. 66 : non multo scats quam. Mais elle se répand à l'époque impériale : Liv., Sén., Plin., T a c , Sué!., etc. Parfois alors, quam devient à lui seul l'équivalent de aliud quam : Teil., I'rax. 29 : quid est compati quam cum alio pati? « compatir, est-ce nuire chose que souffrir avec un autre? ». L'ablatif, complément du comparatif, concurrençait atque après aeque (PL, Plin. Ane), après par (Sal., Ον.), après alius (Var., correspondants de Cic, Ilor., Sén., etc.). Ainsi : PL, Am. 293 : nullust hoc metuculosus acque « il n'y a pas aussi poltron que lui » ; Var., R. R. 3, 16, 23 : quod est aliud melle « substance qui est différente du miel » ; Hor., Ép. 1, 16, 20 : neue pules alium sapiente bonoque beatum « un autre que le sage et l'homme de bien ». Après alius, l'idée d'éloignement appela également ab (postcl.) : Pomp. Mela, Chor, ι, 57 : aliler a ceteris agttnt ; Lucif. CaL, Äthan. 1, 36 : »ion... alius es ab co (souvent chez Tert.) ; etc. ; comme après le comparatif, cf. § 1118 b. Inversement, il y a des exemples de atque pour quam après un comparatif : PL, Mer. 897 : amicior mihi nullus uiuit atque is est « il n'y a personne qui me soit plus attaché que lui »; Hor., S. 1, 2, 22 : peius... atque hic « plus durement (pie lui » ; 1, 5, 5 : allius ac nos « plus haut (pie nous »; Suét., /t
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avec l'ablatif (§ 83). En tout cas, le datif est courant pour similis, par, dispar, etc. (§ 82). D'api es les tours corrélatifs s i c . ut, ita... ul, item... ut, etc., ut comparatif remplaçait aussi atque : Cic, Ac. 2, 89 : perinde... ut ; PL, Am. 63 : prainde ut dixi (Cic, Ph. 14, 19) ; de même, prout (pro eo ul) : Cic, Ver. 2, 83 : prout... fcrebanl f = pro eo ac). Mais on trouve inversement : ita (item)... atque : Enn., Var., Dig., etc.; sic... atque : Ulp. (Dig.) 1, 19, 1, pr. Quant aux formes du type talis, lanlus, tot, etc., elles appelaient d'ordinaire leurs corrélatifs qualis, quantus, quoi, etc. Néanmoins, talis ac existe : Ter., Ph. 1028; lanlus ac, Peregr. Aeth. 19, 6; et aussi totidem... atque, Nep. 1, 7, 4 (unique exemple). Isolé au milieu de constructions toutes différentes, l'emploi de la particule copulative pour marquer la comparaison a disparu en roman.
Noms de nombre § 203. L'ordinal a encore en latin un emploi étendu. Il demeure seul en usage dans l'indication des années : anno uicesimo tertio ; de l'heure : hora nona ; des livres dont se compose un ouvrage : liber Septimus ; dans les noms de roi : Ptolemaeus tertius ; dans les fractions pour désigner le dénominateur : terlia pars — 1 /3, duae septimae = 2 /7, à moins que le dénominateur ne dépasse d'une unité le numérateur : très partes = « les trois quarts ». L'ordinal est, en outre, courant à l'accusatif de durée avec iam : uicesimum annum iam régnât. Néanmoins, le cardinal gagnait sur lui : annos triginla iam régnât (§ 40). § 204. Le distributif n'est plus qu'une survivance. Il conserve sa valeur propre dans deux fonctions : a) Pour indiquer la répartition par personne ou par objet : Cic, Al. 16, 8, 1 : ueteranos... perduxit ad suam sentenliam; nec mirum : quingenos denarios dut « ... pas étonnant ; il leur donne cinq cents deniers à chacun » ; Ilor., .S". 1, 4, 86 : saepe tribus lectis uideas cenare quaternos « souvent on voit, sur trois lits, des convives dîner quatre par quatre » ; — ou une situation qui se répète : Ces., B. G. 1, 15, 5 : ita dies circiter quindecim iter fecerunt uti inter nouissimum hostium agmen et nostrum primum non amplius quinis aut senis milibus passuum
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intcresset « ... sans qu'il y eût chaque fois plus de cinq ou six milles d'intervalle entre l'arrière-garde ennemie et notre avant-garde ». b) Dans les multiplications pour désigner le multiplicande, c.-à-d. le terme répété autant de fois que le comporte le multiplicateur : bis bini, -ac, -a « 2 fois 2 » ; quater septeni, -ac, -a « 4 fois 7 » ; decies centena milia « dix fois cent mille », c.-à-d. un million. § 205. Mais le distributif a été utilisé sans valeur distributive comme substitut du nom de nombre cardinal : auprès de noms d'objets formant paire : Cic, Ver. 4, 32 : binos (scyphos) habebam « j'avais une paire de coupes »; auprès des noms usités seulement au pluriel ou ayant à ce nombre un sens distinct du singulier : bina castra « deux camps »; binac litterae « deux lettres (missives) » en face de duae litterae « deux lettres (de l'alphabet) » ; binac aedes « deux maisons » en face de duae aedes « deux temples ». Et inversement, au lieu du distributif, on rencontre le cardinal après un multiplicatif : Ces., B. G. 5, 13, 7 : insula est in circuitu nicies centum milium passuum « l'île a 2000 milles de tour » ; ou même en tout autre emploi : Nep. 6, 1, 5 : decern dclegerat in unaquaque ciuitale « il en avait choisi dix par cité ». Cf., au contraire : Cic, Leg. Agr. 2, 85 : si iam campus Martius diuidalur et unicuique uestrum... bini pedes assignentur. A basse époque : Grég. T., H. F. 5, 28 : imam anforam uini per aripennem « une amphore de vin par arpent » (Bonnet, p. 450). Les p o è t e s o n t t r o u v é d a n s le d i s t r i b u t i f u n s u b s t i t u t m é t r i q u e c o m m o d e : ainsi, bis seni = duodécim, Vg., B. 1, 4 3 ; fin. 5, 561 ; 11, 133, c o m m e bis septem (En. 1, 71) = quàllîtardecim. O u bien, ils l ' o n t e m p l o y é p a r r e c h e r c h e d e s t y l e : Vg., fin. 1, 266 : tenia... hiberna « trois h i v e r s » (5, 360), n o t a m m e n t au singulier collectif p a r e x t e n s i o n a b u s i v e de celui-ci : ibid. 10, 207-8 : centenaque arbore fluclum \\ uerbcrul « il frappe le flot avec, c e n t r a m e s ». Les p r o s a t e u r s d ' é p o q u e impériale les i m i t e n t p a r fois : J u s t i n 4 1 , 1, 7 ; a Romanis quoque Irinis (•- tribus) brllis... lacrssili. Note. — Pour « un » et pour « trois », il existait deux formes de distributif : d'une part, singuli et terni réservés à l'emploi proprement distributif : Ces., B. G. 3, 15, 1 : singulas binac ac ternae naues circumsteterant « chaque navire avait été entouré de deux ct même de trois autres » ;
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d'autre part, uni et trini, employés pour les substantifs qui n'ont p u de singulier : Ces., B. G. y, 46, 4 : trinis castris poliuntur n ils s'emparent de trois camps », ou avec les pluriels poétiques : Vg., En. 2, 642-3 | salis una superque \\ uidimits excidia n c'est bien assez d'avoir vu un désastre ». Pour indiquer q u ' u n objet est remis à chaque individu d'un groupe, on se sert du distributif de l'unité (singuli) exprimé avec le nom do I* personne, mais non repris avec celui de l'objet ; et celui-ci, à la difference du français, est mis au pluriel. Ainsi, dans la mémo phrase : Liv. 22, 54, 2 : in singulos équités togas et tunicas ei quadrigatos nummos quinos uice.nos... dcderunl « à chaque cavalier ils donnèrent une toge, une tunique et 25 écus », et non singulam togam ou lunicam. Λ côté de singula milia, distributif de mille, la forme milleni, -at, -a est de date tardive (Vulg., Dig., Aug., etc.).
§ 206. Le latin disposait de deux séries d'adverbes numéraux : a) primum « pour la i r e fois » ; Herum, terHum « pour la 2 e , pour la e 3 fois », etc. ; b) scmel « une (seule) fois », bis « deux fois », 1er « trois fois », etc. Bien que cette distinction soit le plus souvent observée, Cicéron a cependant un exemple de scmel pour primum : Sest. 49 : unus bis rem publicum seruaui, scmel gloria, Herum aerumna mea ; de même : Nep. 23, 5, 3 : Gracchum Herum consulem..., Marcellum quinquies consulem, au lieu de quintum consulem (consul pour la 5 e fois). En poésie, les confusions de ce genre s'accentuent ; et, à partir de l'Itala, tertium et tertio sont couramment substitués à ter, etc. Voir Löfstedt, Synt. II, p. 116. Le système latin des noms de nombre était trop riche de formes et trop compliqué pour se maintenir intégralement en roman. Note. — Seslertium (gén. pi.) mille passait par raccourci d'expression à seslertium seul, pris pour un substantif neutre « un millier de sesterces » ; d'où se.stertia qitattuor (H S TV) « 4000 sesterces ». Cardinal cl ordinal. — Pour exprimer une durée, les Latins, comme les Grecs, lorsqu'ils emploient l'ordinal, ont l'habitude d'augmenter le nombre d'une uiiilé, parce qu'ils englobent dans leur calcul ct le début et le terme : qmiilttm iam annum régnât « c'est la quatrième année qu'il règne », c.-à-d. « il règne depuis trois ans » (§ 40). Mais cette différence avec le cardinal n'est pas absolue, e t il arrive q u ' a v e c ce dernier le décompte soit effectué de la même manière que pour l'ordinal. L'empereur Auguste, dans son Testament politique
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(Mon. Ane. I, i ), p a r l a n t de choses accomplies par lui à l'Age de dixh u i t ans, se sert, de l'expression annos undeuiginti nalus, c.-à-d. du cardinal augmenté d'une unité par analogie avec l'ordinal. L'historien Vcllcius Patercnlus, à propos des m î m e s faits, d i t très exactement : i, 6i : C. Caesar undeuicesimum annum ingressus... En revanche, dans Vg., B. 4, 61, matri longa decern tulcrunt faslidia menses « dix mois ont a p p o r t é à ta mère de longs dégoûts », une confusion avec l'ordinal n'est pas s û r e ; l'expression decern menses avec la valeur da mois lunaires parait avoir été courante : par ex. PI., St. 159 : nam Ma med in aluo menses gestauil decern ; cf. Thés. V I I I , p . 749, 1. 52 sqq.
CHAPITRE IV
EMPLOI D E S F O R M E S P R O N O M I N A L E S
Pronoms personnels et possessifs § 207. Il n'existe de pronoms personnels proprement dits qu'à la i r e et à la 2 e personne. A la 3 e , c'est l'anaphorique is ou un démonstratif qui en tient lieu ; toutefois, le latin possède à cette dernière un réfléchi sans nominatif se (sui, sibi, se) et un adjectif possessif réfléchi SUUS.
Ces différentes formes n'étaient pas employées d'une manière aussi constante qu'en français. On l'a vu pour les pronoms personnels de ι Γ β e ct de 2 personne en fonction de sujet (§ 1(59). De même, les possessifs n'apparaissent que pour raison d'insistance et de clarté. Dans l'emploi courant, quand le contexte ne permet pas d'équivoque, ils sont omis : Ter., Ph. 263 : nil fecit, patrue, quod suscenseas « il n'a rien fait, mon oncle, qui mérite ta colère » ; 315 : patris ais aduentum ueritum hinc abiisse? « tu dis que, craignant l'arrivée de son père, il est parti d'ici? »; Cic, Of. 1, 2 : in philosophiae studio aetatem consumpsi « j ' a i passé ma vie dans l'étude de la philosophie ». Cependant, on entrevoit dans la langue parlée une tendance à employer le possessif qui se généralisera dans l'usage ultérieur : Pétr. 38, 7 : modo .solebat collo suo ligna portare « naguère il portait des pièces de bois sur son cou » ; C. I. L. XII, 1127 : Fronto Atcponis f. sibi parenlibus suis ex testamenlo suo ; Peregr. Aeth. 9, 2 : lain emendatus in omni uila sua « si irréprochable dans toute sa vie ». § 208. A la 3 e personne, l'adjectif possessif suus ne se rencontre que
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d a n s l ' e m p l o i réfléchi et les q u e l q u e s c a s s i g n a l é s § 211 ; h o r s d e là, il e s t r e m p l a c é p a r le g é n i t i f d e is o u d ' u n d é m o n s t r a t i f (huius,
e t c . ) . A la i n - c t à la 2 P p e r s o n n e , les a d j e c t i f s meus,
: paler
eius
titus,
etc.,
s o n t a u c o n t r a i r e le l o u r u s u e l ; à la d i f f é r e n c e d u g r e c (ό πατήρ μου, σου, έαυτοϋ), tes g é n i t i f s mei,
lui.
r é f l é c h i e — SKI n ' a p p a r a i s s e n t
nos/ri.
ueslri
c l — à la 3*" p e r s o n n e
que d a n s des conditions
exception-
nelles : a v e c leur v a l e u r p r e m i è r e d e n e u t r e s : Lucr. 4, 43 : neue (reanmr) aliquid nostri post mortem posse, relinqiii n q u e l q u e p a r t i e d e n o t r e ê t r e » ; cf. C i c , Fi. 5, 37 : ronseruntio sui ; en fonction d e génitif d e r e l a t i o n , s o u v e n t à v a l e u r o b j e c t i v e (§ 70) : Ces., B. G. 5, 2(), 2 : tanla contentplinne nostri « a v e c u n pareil m é p r i s d e n o u s (il n o i r e é g a r d ) » ; C i c , At. 1 1, 8, 2 : misil ftlium non solum sui deprecalorcm, sed etiam accusalorem mei « il e n v o y a s o n fils n o n s e u l e m e n t p o u r i n t e r c é d e r en sa f a v e u r , m a i s p o u r m ' a c c u s e r ». D ' o ù , à c ô t é d e l'adjectif possessif : C i c , At. 13, 1 , 3 : tua sui memoria dclcctatur tt il est h e u r e u x d u s o u v e n i r (pie lu g a r d e s d e lui » ; . p o u r m a r q u e r u n e i n s i s t a n c e : P r o p . 4, 3, 56 : lui... partem n la p a r t q u i t e revient », cl. aussi p a r r e c h e r c h e d e s t y l e : T a c , A. 12, $7 : supplicium mei « m o u supplice » ; 15, 3b : sui absentiam « s o n a b s e n c e » ; Val. M a x . g, 12 (cxt. 1) : fuient sui repperit « il t r o u v a sa lin ». M ê m e l'adjectif possessif se r e n c o n t r e (par s u r v i v a n c e ou p a r p u r i s m e ? ) là o ù , d ' a p r è s ce qui v i e n t d ' ê t r e d i t , o n a t t e n d r a i t p l u t ô t le g é n i t i t d u p r o n o m . Ainsi, a v e c v a l e u r d e g é n i t i l d e r e l a t i o n : Ter., Ph. l o t b : neque ttcglcgcntia tua neque odio id fecit tua « il n ' a p a s fait cela p a r indifférence o u p a r a v e r s i o n à t o n é g a r d »; C i c , Of. 1, 139 : habenda ratio non sua solum, sert eliam aliorum « il n e faut p a s s e u l e m e n t t e n i r c o m p t e d e soi, m a i s d e s a u t r e s », m . à m . « a v o i r é g a r d r e l a t i v e m e n t à soi »; Ver. 5, 176 : ea quae faciebat, tua se fiducia facerc dicebat « il d i s a i t le faire à c a u s e d e sa c o n f i a n c e e n toi ». Noir. -•- Les génitifs pronominaux mei, lui, sui, nos/ri, ueslri étaient proprement îles nculi'cs sifmilciut « île mon être, de Ion être, etc. » Kt ils restaient invariables, meine s'ils lepn'sen(.lient un féminin ou un pluriel : Ον., lier. 20 (i<>), 77 : copia placanili sit modo parua lui « qu'il y ait du moins une petite possibilité de t'apaiser « (lui désigne une femme) ; Ces., 11. G. 3, (>, 1 : neque sui relitgendi hostibns facuUatcm relinquunt « ils ne laissent pas aux ennemis la possibilité de se ressaisir ». § 201). L e s génitifs nostri
et ueslri
envisagent
la p l u r a l i t é d a n s s o n
POSSESSIFS
Ιοί
e n s e m b l e : miserere nostri, e t a u s s i conlcmptio nostri (ci-dessus). L e s d o u b l e t s nostrum e t uestrum a t t i r e n t p l u t ô t l ' a t t e n t i o n s u r les i n d i v i d u s q u i l a c o m p o s e n t . A u s s i les t r o u v c - t - o n d e p r é f é r e n c e c o m m e p a r t i t i f s : nemo uestrum « p e r s o n n e d ' e n t r e 1 v o u s », quis nostrum? « q u i d ' e n t r e n o u s ? », ou b i e n u n i s à omnium : Cict, Cal. i , 14 : quae... ad omnium nostrum uitam salutemque pertinent « c h o s e s q u i i n t é r e s s e n t n o t r e v i e c t n o t r e c o n s e r v a t i o n à t o u s » ; s o u v e n t a u s s i , c o m m e c o m p l é m e n t s d e n o m s à s e n s collectif : C i c , Ph. 4, 1 ; frequentia uestrum; Quir. ι y : in contione uestrum, à c ô t é , d u r e s t e , d u possessif : C i c , Plane. 2 : uester... consessus, parfois, a v e c u n s u b s t a n t i f q u e l c o n q u e : C i c , Al. 7, 13, 3 : splendor... uestrum « v o t r e é c l a t à v o u s d e u x ». l u i t o u t cas, maiorcs uestrum, d a n s Sal., C. 3 3 , 2, p o u r maiorcs ueslri « v o s a n c ê t r e s », e s t u n artifice d e s t y l e . L ' a d j e c t i f alienus s u p p l é a i t le génitif à p e u p r è s i n u s i t é d e alius : aliéna mala ( C i c , Part. 57) « les m a u x d ' a u t r u i ». Il e x i s t a i t , e n o u t r e , d e u x a d j e c tifs à v a l e u r possessive, t i r é s d u t h è m e d e l ' i n t e r r o g a t i f : quotas (cuias), -atis « d e q u e l p a y s ? », c t quoius, -a, -uni (cuius, -a, -um) « d e q u i ? ». Ces faits d e s u p p l é t i s m c , c o m m e l ' e m p l o i d e paler mens, a u lieu d e paler mei, se r a t t a c h e n t a u x é c h a n g e s c o n s t a t é s e n g é n é r a l e n t r e l'adjectif e t le génitif (§ 58). Note. — Auprès des verbes interest et refert, le pronom personnel complément est habituellement remplacé par le possessif ίι l'ablatif féminin (bins refert (interest) mea, tua, nostra, etc. « il importe à moi, à toi, à nous, etc. ». Le leur mea refert a (ΙΛ signifier à l'origine : n (cola) se dirige (fert) en accord avec mon intérêt » (rc, abl. de concomitance, § 125). Ernout-Meillet, Dici. étymol., s. u. Interest, proprement « il y a une différence », ne s'est employé que secondairement au sens de « il y a intérêt à, il importe ». Plaute ct Terence ne connaissent que r'efert dans cette dernière acception. En revanche, Cicéron préfère de beaucoup interest, auprès duquel le possessif (mea interest) ne peut être q u ' u n e extension analogique d'après ineâ refert, qui demeura, du reste, plus fréquent. Il y a v a i t une construction concurrente au génitif, non attesté.· chez P l a u t e ct Terence, mais d o n t les prosateurs classiques usent fréquemm e n t pour interest, s u r t o u t quand le complément est un nom de personne ou assimilé (interest regis), tandis que ad + accus, s'emploie pluti">( pour les choses : ad rem nihil interest ulrum... (Cic, U. Am. 47). L a construction mea interest n ' é t a n t pas comprise, le génitif (regis) a du s'introduire par substitiititin mécanique, selon l'équivalence reconnue en d'autres cas cuire l'adjectif ct le génitif du pronom correspondant. E n t o u t cas, refert alicuius n'est pas classique ct demeure rare : Sal., Liv., T a c , etc. Cf. P. Lejay, Rev. Ph. 16 [1892], p. 24-27.
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Le réfléchi § 210. Le réfléchi est représenté par le pronom se ct par l'adjectif suus qui, tous deux, reposent sur un thème *swe- désignant l'individu en soi ou ce qui existe en propre pour quelqu'un. Anciennement, les formes qui s'y rattachaient avaient un emploi très large, s'appliquant à la ι Γ β et à la 2 e personne, aussi bien qu'à la 3 e , comme encore en grec homérique et dans les langues slaves. D'autre part, elles renvoyaient au mot important de la phrase, sans que ce fût nécessairement le sujet. Le latin a réservé le réfléchi à la. 3° personne, et il en a fait un mot qui renvoie essentiellement au sujet. On distingue pour l'emploi le réfléchi direct et le réfléchi indirect. A) Le réfléchi est direct q u a n d le p r o n o m se et l'adjectif suus renvoient au sujet de la proposition où ils so trouvent : C i c , Tu. 4, 79 : Alexander, cum intercmissel Clitum, familiärem suttm, uix a se manus abslinuit « Alexandre, après avoir t u é son ami Clitus, eut peine à n e pas a t t e n t e r à sa vie ». Le réfléchi étant avant tout une forme de renvoi, c'est le non-réfléchi qui était employé, lorsque le pronom faisait partie de l'énoncé même du sujet : Ne]>. 5, 4, 4 : ct uita eius fuit secuta « sa vie fut paisible ». Suus ne serait possible qu'au sens de « son propre » (§ 211), ou bien -—· ce qui est rare — à la faveur d'un raccourci d'expression comme Liv. 21, 50, 4 : Romanis multitudo sua auxil animum « le sentiment de leur nombre accrut la confiance des Romains », c.-à-d. cum mulliludinem suam respicerent... Le réfléchi, d'autre part, pouvait renvoyer à un sujet indéfini non exprimé : Cic, Of. 1, 137 : deforme etiam est de se ipso praedicare · il est laid de se vanter », cf. Lac. 82 (sut). Dans une construction participiale, il renvoie également au sujet du verbe personnel représenté par le participe : Liv. 32, 13, 6 : rerum suarum... ferettdarum secum ius « le droit d'emporter leurs affaires avec eux », c.-à-d. ut res suas secum ferrent. B) Le réfléchi est dit indirect, lorsque, d a n s une proposition subordonnée r e p r é s e n t a n t la pensée ou l'intention du sujet du vorbo principal, il renvoie à ce dernier. Ainsi, d a n s les complétives du t y p e Cassius consliluit ul ludi absente se fièrent suo nomine (Cic, At. 15, 11, 2), mais aussi ailleurs : Ces., B. G. 1, 34, 2 : Ariouistus respondit, si quid Me se uclit, Mum ad se uenire oportere « Arioviste répondit que, s'il
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(César) voulait quelque chose de lui (Arioviste), il devait venir le trouver ». Le réfléchi indirect était lié au style indirect, et son emploi allait de pair avec celui du subjonctif : Cic, At. 2, 1, 12 : Paetus... omnes libros quos frater suus reliquissel, mihi donauil « Paetus m'a fait don de tous les livres que, disait-il, son frère lui avait laissés ». L'indicatif et le nonréfléchi énonceraient la chose objectivement : « tous les livres que son frère lui avait laissés » (fait rapporté en lui-même), omnes libros quos frater eius reliquerat. Il arrivait que la même proposition eût à la fois un réfléchi direct renvoyant au sujet de son verbe et un réfléchi indirect renvoyant au sujet du verbe principal : Nep. 23, 12, 2 : (patres conscripti) legates... miserunt... qui a rege peterent ne inimicissimum suum secum haberet sibique dederet « les sénateurs dépêchèrent des envoyés pour demander au roi de ne pas garder auprès de lui leur plus grand ennemi et de le leur livrer » : suum et sibi reprennent le sujet de miserunt, à savoir patres, se dans secum le sujet de haberet, à savoir rex. Pour diminuer l'équivoque et souligner l'opposition, ipse fut parfois. substitué au réfléchi indirect : Ces., B. G. 1, 40, 4 : (Caesar milites incusauit) ... cur de sua uirlute aut de ipsius diligentia desperarent « . . . pourquoi désespéraient-ils de leur courage et de sa diligence? » : sua, c.-à-d. militum ; ipsius, c.-à-d. Caesaris. Renvoi au sujet réel. — Au lieu du sujet grammatical, le réfléchi renvoie au sujet réel, même si celui-ci est à un autre cas que le nominatif : Liv. 1, 5, 5 : iam inde ab initio Faustulo spss fuerat regiam stirpem apud se educari « dès le début, Faustulus avait eu le sentiment que les enfants élevés chez lui étaient de souche royale » ( = Faustulus sperauerat) ; en particulier, si c'est le complément d'agent du passif avec ab : Cic, At. 2, 18, 3 : a Caesare ualde liberaliter inuitor... sibi ut sim legatus « je suis invité par César à être son légat » ( = Caesar me inuitat). Un impersonnel comme (me) paenitet est assimilé pour l'emploi du réfléchi à un verbe personnel (paeniteo) : Cic, C. M. 19 : num... seneciulis suae cum pacnileret? « serait-il mécontent de sa vicillesso? » ; Sest. 95 : ut cum se... fuisse paenilcat « (qu')il regrette d'avoir été... ». Un datif d'intérêt avec sum est traité de même : type nihil est hominibus liberis suis dulcius, c.-à-d. nihil habent dulcius quam liberos suos. Inversement, la même considération du sujet réel peut entraîner le non-réfléchi, là où la construction grammaticale appellerait le réfléchi : Cic, Quir. 2 : (liberi) mihi uero et propter indulgentiam meam et propter
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excellais eorum ingenium uila sunt mea cariorcs, c.-à-d. librros existimo cariores. A c e t é g a r d , c o m m e à d ' a u t r e s , le réfléchi p a r a î t a v o i r m ê m e d a n s la prose classique un e m p l o i t r è s s o u p l e . § 2 1 1 . i b e n (pic le l a t i n a i t t e n d u à faire d u réfléchi u n u s a g e b e a u c o u p p l u s s y s t é m a t i q u e q u e le g r e c , oil le réfléchi i n d i r e c t e s t t o u j o u r s resté facultatif, on o b s e r v e d'assez n o m b r e u x e m p l o i s qui
n'entrent
p a s d a n s les r è g l e s p r é c é d e n t e s : i) L e réfléchi é t a i t e m p l o y é s a n s r e n v o y e r a u s u j e t , p a r c e q u ' i l g a r d a i t le sens originel d e « soi(-mêmc) » p o u r se, d e « s o n p r o p r e » p o u r suus. C'est le cas d e s f o r m u l e s per se, profiler se « en soi, p o u r soi » : uirlutem per se. ou propter se colère « p r a t i q u e r la v e r t u p o u r e l l e - m ê m e » ; d e m ê m e : C i c , Fa. 10, 3, ι : ipsum Furniuni per se uidi libenlissime. Ci. a u s s i suus sibi « son p r o p r e » , l a n g u e p a r l é e , poésie : 1er., Ad. 9 5 8 ; Vg., lin. 9. 273. Mais les e x e m p l e s les p l u s n o m b r e u x à c e t é g a r d s o n t c e u x d e suits : — eu c o n t a c t i m m é d i a t a v e c le m o t sur lequel il p o r t e , p o u r s o u l i g n e r u n e o p p o s i t i o n : C i c , Sest. i,\2 : hune, sui dues c ciuitate eiecerunl « c e t h o m m e , ses p r o p r e s c.oiicilovens l ' o n t c h a s s é d e la c i t é ». D e m ê m e : C i c , I1111. 2, 52 : hune paler suns... de te.mpla dednxtt « son p r o p r e père » ; L i v . 25, 0 , 1 1 : sepilos uigilrs in cubilibus suis obtruncal « d a n s l e u r s p r o p r e s l i t s » ; ou s i m p l e m e n t p o u r m a r q u e r u n e i n s i s t a n c e : Vg., G. ,\, i q o : fes.sosqitc sopor suus occupai alius « un s o m m e i l qui leur a p p a r t i e n t », c.-à-d. bien m é r i t é , d ' a p r è s acs suum; T a c , D. 21 : Brutum philosbphiae suae relinquamus n à la p h i l o s o p h i e qui lui est c h è r e ». .SHM.S p e u t r e n v o y e r ainsi à u n m o t d ' u n e a u t r e p r o p o s i t i o n : C i c , Al. G, 2, 5 : mira erant in ciuilatibiis ipeorunt furia Graecerum quae magistratus sui feccrant n les vols q u ' a v a i e n t c o m m i s leurs p r o p r e s m a g i s t r a t s ». Cf. les e x p r e s s i o n s sui 0 les siens »; sua uerba « les m o t s p r o p r e s », p a r o p p o s i t i o n à uerba translata n les m é t a p h o r e s » ; sui dei « d e s d i v i n i t é s à soi » ( C i c , Leg. 2, 25) ; aes suum « le b i e n p r o p r e , le crédit », p a r o p p o s i t i o n à aes alienum « les d e t t e s » ; e t c . ; — en liaison é l r o i l e a v e c quisque : C i c , Quir. 3 : res familiaris sua quemque dcledat « c h a c u n a i m e son p a t r i m o i n e »; L i v . 2 1 , 48, 2 : in ciuitales quemque suas... dimisit n il les r e n v o y a c h a c u n d a n s l e u r p a y s »; -— a p r è s la p r é p o s i t i o n r « w p o u r r a t t a c h e r a u possesseur l ' o b j e t p o s sédé : Liv. 23, 32, i i : Magonem cum classe sua... in llispauiam mi Hunt « ils e n v o i e n t Magoii en Kspagne a v e c sa Motte ». 2) P o u r r e n v o y e r d ' u n e proposition pnrllclpliile a u s u j e t d u v e r b e p r i n c i p a l , o n v o i t a l t e r n e r le réfléchi (plus f r é q u e n t c e p e n d a n t , semble-t il) et le non-réfléchi : L i v . 5, 4 1 , 9 : M. Papirius... dicitur Galle, barbant suant... pcrmulcctiti, scipione eburneo in caput incusso, iram mollisse « o n
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(lit q u e M. P a p i r i u s p r o v o q u a la colère d ' u n G a u l o i s , q u i c a r e s s a i t sa b a r b e , en lui a s s é n a n t sur la t ê t e u n c o u p d e s o n b â t o n d ' i v o i r e », en face d e Cic'., Mi. 39 : C'u. Pompcius... cunclae llaliae cttpienli et eius fidem imploranti signum dédit ul... « à t o u t e l ' I t a l i e d o n t c ' é t a i t le désir e t q u i i m p l o r a i t s o n a s s i s t a n c e , P o m p é e d o n n a le signal d e . . . ». U n e j u s t i f i c a t i o n p e u t ê t r e a p p o r t é e : d a n s le p a s s a g e d e T i t e - L i v e , le p a r t i c i p e permulcenti é q u i v a u t à u n e p r o p o s i t i o n rjelative q u ' i l e s t p e r m i s de considérer c o m m e énonçant l'action du point de vue de Papirius, d i r e c t e m e n t i n t é r e s s é , d e s o r t e q u ' o n y t r o u v e r a i t le s u b j o n c t i f d u d i s c o u r s i n d i r e c t a u s e n s l a r g e : qui barbant suant permulcercl. Au c o n t r a i r e , la r e l a t i v e , q u i , d a n s le p a s s a g e d u Pro Mitotic, t r a n s p o s e r a i t imploranti, s e r a i t é n o n c é e du p o i n t d e v u e d e l ' a u t e u r , c.-à-d. d e C i c é r o n , e t d e v r a i t ê t r e à l ' i n d i c a t i f : qui fidem eius implorabat. U n e différence d e ce g e n r e r e s s o r t é g a l e m e n t d e s d e u x e x e m p l e s s u i v a n t s : L i v . 22, 26, 6 : ipse (Q. Fabius), qua grauitate animi criminalités se ad mulliludincm inimicos Iulerat, eadem et populi in se sacuientis iniuriam l'ilil, c.-à-d. inimicos qui se criminarentur, populi qui in se sacuirel ( p o i n t d e v u e d u p e r s o n n a g e , F a b i u s ) , à c ô t é d e C i c , Pis. 76 : me Cn. Pon peius, mullis obsistentibus eius erga me studio atque amori. semper dilexil, - cum mulli obsisterent eius studio ( p o i n t d e v u e d e l ' a u t e u r ) . Mais ces d i s t i n c t i o n s , m ê m e f o n d é e s , d e m e u r e n t subtiles cl n ' ô t e n t pas l'impression ι 'un flottement. 3) D a n s u n e p r o p o s i t i o n s u b o r d o n n é e r e p r é s e n t a n t la pensée d u s u j e t d u v e r b e p r i n c i p a l , il a r r i v e q u e le réfléchi i n d i r e c t o i t e m p l o y é , m a i s q u e le v e r b e r e s t e à l ' i n d i c a t i f : l'L, Mer. 238-9 : dii't caprain quam dederam seruandam sibi, || suae uxoris dotem ambedisse « il d i t q u e l a c h è v r e d o n t j e lui a v a i s confié la g a r d e a d é v o r é la d o t d e s i f e m m e » (on a t t e n d r a i t dédissent) ; é g a l e m e n t d a n s la p r o s e c l a s s i q u e : C i c , R. Am. 6 : hune sibi ex animo scrupulum qui se dies noctesque stimu'al ac pungit, ut euellatis postulat « ce souci q u i j o u r e t n u i t le blesse e t 1; p o i n t , il v o u s d e m a n d e d e le lui ô t e r ». U n é c r i v a i n aussi s o i g n é q u e Cicéron a d e s e x e m p l e s d u non-réfléchi (is), a u lieu d u réfléchi i n d i r e c t , d a n s d e s p r o p o s i t i o n s d e sens final a u s u b j o n c t i f : Diu. Caec. 65 : delectus sum ab tiniuena prouincia, qui eius iura /ortunasque defenderem ; Vcr. 1, 8b : Milcsios nauem poposcit quae cum praesidii causa M yndum prosequeretur « a u x g e n s d e Milet il d e m a n d a un n a v i r e p o u r l ' e s c o r t e r à M y n d o s » (— se) ; Of. 1, 108 : qui (Solo), quo et tulior eius uita essd et plus rei publirac prodesset, furcre se simulauit ; de Or. 1, 232 : respondit (Socrates) sesc meruisse ul amplissimis honoribus et praemiis decorarctur cl ut ci uiclus... publice pracbcrclur. De même : Ces., B. C. 3, 30, 5 : ignesque fieri prohibitif quo occultior esset aduentus eius « il d é f e n d i t d e faire d u feu, afin q u e s o n a r r i v é e fût p l u s c a c h é e »
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(— suus). Est-ce à dire (pie l'auteur, par oubli ou par intention, se substitue au personnage qu'il dépeint et s'exprime pour son propre compte? Il reste de toute façon que l'usage du réfléchi indirect, tout en étant beaucoup mieux établi qu'en grec, n'a pas la rigueur qui lui est souvent attribuée. Cf. aussi, avec des phrases de structure plus complexe ; Ces., B. G. i, 5, 4, ct i, 6, 3. 4) A l'époque impériale, ipse se trouve au lieu du réfléchi sans être appelé par une raison spéciale de clarté ou d'opposition : Curt. 7, 6, 18 : Uli nec de fide nec de potentia regis ipsos (— se) dubitare respondent « ils répondent qu'ils ne doutent ni de la bonne foi ni de la puissance du roi ». E t les confusions entre réfléchi et. non-réfléchi devaient être fréquentes dans la langue vulgaire : Pétr. 43, 1 : Me habet quod sibi debebatur « il a ce qui lui était dû » ( = ei), en face de 38, 4 : scripsit ut Uli ex India semen boletorum mitterctur n il a écrit pour que de l'Inde on lui envoyât de la semence de bolet » ( = sibi). L'emploi du réfléchi était trop subtil ct trop compliqué pour se maintenir. Aussi, en roman, le système du réfléchi lut-il disloqué. Le pronom (se) ne s'emploie plus guère que comme réfléchi direct. L'adjectif (suus) s'est spécialisé comme possessif du singulier (son, sa, ses), ce qui amena par contre-coup la création d'un possessif du pluriel : leur, issu de illorum.
Réciprocité § 212. L a voix moyenne semble avoir pu exprimer anciennement la réciprocité : PL, Au. 116 : copulanttir dexteras « ils me serrent la main ». Mais cette notion a été rendue p a r des tours plus explicites : réfléchi accompagné de ipse : Ces., B. G. 6, 37, 10 : se ipsi adhortantur « ils s'exhortent entre eux » ; alter, uterque ou alius répétés : C i c , Br. 3 : semper alter ab altero adiutus « (nous nous sommes) toujours aidés l'un l'autre »; Ter., Ph. 800 : uter utrique est cardi « ils tiennent l'un à l'autre »; Ces., B. G. 5, 16, 4 : accedebat... ut alios alii deinceps exciperent « à cela s'ajoutait qu'ils se relevaient les uns les autres à tour de rôle ». L'expression usuelle de la réciprocité est, d u reste, la locution inter nos, inter nos, inter se : C i c , de Or. 1, 32 : colloquimur inter nos « nous conversons entre nous »; N. D. 1, 71 : hoc mirabilius quod uos inter
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itos risum teuere possilis ; elle est attestée dès les premiers textes : SC. Ba., 1. 15. Avec les verbes transitifs, le pronom réfléchi de la 3 e personne servant de complément d'objet et renvoyant au sujet, n'est pas exprimé : Cic, Q. fr. 3, 3, 1 : ualent pueri... et nos et inter se amant, et non pas se amant inter se. En pareil cas, la locution devenait à elle seule un véritable complément d'objet. N'étant plus analysée, elle put se trouver en fonction de complément au datif : Sén., Ep. 109, 13 : prodesse inter se (i. e. άλλήλοις) sapientes possunt. A l'époque impériale, la locution inter se fut concurrencée par inuicem, qui signifiait proprement « tour à tour » : Phèdre 3, 7, 3 : dein salutati inuicem (autre texte salulanles) « s'étant salués (se saluant) entre eux ». On voit également apparaître unus alterum, par ex. Grég. T., H. F. 6, 10, d'où proviennent le fr. l'un l'autre, l'it. l'un l'allro. En outre, l'accusatif alterutrum et — plus rarement — l'ablatif alterulro tendaient à se fixer comme adverbes au sens de « réciproquement » : Tert., Itala, Vulg., inscriptions, etc. ; cf. Itala, Ioh. 13, 14 (Rufin) : MOS alterutrum pedes lauate = αλλήλων... τους πόδας, Vulg. alter alterius; Tert., Vx. 2, 8 : alterulro docentes, alterulro exhortantes. Voir Thcs. I, p. 1760, 18 sqq., et p. 1761, 12 sqq. Du fait de ces emplois, alteruler prit lui-même comme adjectif le sens de « réciproque » : Aug., Ep. 211, 10 : allerutro delectantur ardore.
Démonstratifs (et article) § 213. Ce groupe comprend les démonstratifs proprement dits hic, iste, Me, auxquels il est d'usage d'adjoindre le pronom de renvoi (ou anaphorique) is, ainsi que idem et ipse. Cf. Ernout, Morphol., § 103 sqq. Hic est le démonstratif de l'objet lo plus rapproché du sujet parlant, que ce soit dans l'espace, dans le temps ou dans la pensée ; c'est, du même coup, celui de la i r e personne : « celui-ci près de moi » : hic liber « le livre qui est ici » ou « que je tiens », hic dies « le jour présent (aujourd'hui) », his paucis annis « au cours de ces dernières années ». Dans la langue parlée, hic homo est souvent un équivalent expressif de ego. Cf. PI., Cu. 248 ; Hor., S. 1, 9, 47, etc. Iste désigne l'Interlocuteur et, d'une manière plus large, tout ce qui en émane ou le concerne ; c'est, par Suite, le démonstratif de la 2 e per-
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sonne : isle, liber « le livre que lu tiens »; souvent uni à tuus ; PL, St. i n : ex istac tua sorore ; C i c , Al. 2, 5, 2 : de islis rebus exspecla tuas litleras « sur ce qui se passe (là oil tu es) ». Isle prenait facilement une valeur péjorative qui s'explique par le fait (pie, d a n s la langue du barreau, il s'appliquait à la jmitie adverse, ct aussi parce que, d'une façon générale, on est plus porté à voir les défauts de la pei sonne à qui l'on a affaire (pie les siens. Un passage comme C i c , Ph. 2, 63 : ista gladiatoria... firmitalc tantum uini in flippiae nupfiis exhauscras montre comment le passage de la 2" personne au sens péjoratif pouvait s'effectuer. Mais le sens « laudatif » n'était pas nécessairement exclu : C i c , Rose. Am. 154 : homines sapienles ct ista auctoritate... praeditos qua nos (se indices) cslis. Ille (ancien ollc) est le démonstratif de l'objet éloigné : Me liber « le livre qui est là-bas », Ma tcmpora « ces temps lointains » ; d'où hic ille est n c'est lui », m. à m. « celui dont je parlais ou auquel je pensais (ille) est celui-ci (hic) », cf. Ter., An. 126. Ille servit à désigner comme pronom « e m p h a t i q u e » la personne ou la chose connue et célèbre (pie celte notoriété même « éloigne » en quelque sorte : C i c , Pomp. 22 : Mcdca Ma « (la célèbre) Médée » ; de Or. 2, 58 : Xenophon, Socraticus ille « Xenophon, le disciple (connu) de Socrate ». Hic rappelle ce qui précède, et ille s'oppose à lui pour annoncer ce qui suit : Cic, Fi. 1,18: sed hoc commune uitiuni ; Mac Epicuri propriae ruinae « cette erreur (que je viens de signaler) leur est commune, mais voici les parties croulantes propres à Epicure ». De deux personnes ou de deux choses déjà nommées, hic reprend celle qui a été énoncée en dernier lieu, ille s'applique à la plus éloignée : Cic, Mi. 35 : hacc non dico maiora fuerunt in Clodio quant in Milone, sed in Mo maxima, nulla in hoc n (ces sentiments) étaient, je ne dis pas pilus grands chez Clodius que chez Milon, mais extrêmes chez le premier, inexistants chez le second ». Toutefois, cet ordre n'est pas toujours observé, hic désignant l'objet dont l'écrivain se préoccupe le plus, ille celui dont il se préoccupe le moins : Liv. 30, 30, 19 : mclior... est certa pax quam sperata uicloria ; haec (se. pa\) in tua, illa (se. uidoria) in deorum manu est. Hic... Me en corrélation avaient parfois une valeur indéfinie « l'un... l'autre » : 1er., Ad. 821 : hoc lied intpunc facere httic, Mi non lied « l'un peut faire impunément cette chose, l'autre ne le peut pas » ; Cic, N. D. 1,
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47 : modo hoc, mode Mud « tantôt une chose, tantêt une autre »; cf. Vg., En. 4/157. Hic ct ille « tel ct tel », Cic, Ver. 1, 53 ; Me aut Me « un tel ou un tel », Cic, R. Ain. 59. La langue parlée remplace souvent l'alternance hic... ille par hic... hic ou Me... ille (PL, Mo. 778 ; Ter., Ph. 332) ; cf. modo sic, modo sic, Pétr., 45· '· § 214. A la différence des formes précédentes, is n'est pas un véritable démonstratif, car il ne situe pas dans l'espace ct dans le temps. C'est un anaphorique (du gr. άναφίρειν « rapporter à »), c.-à-d. un pronom qui renvoie simplement à un terme du contexte : Cic, Ver. 1, 64 : erat comes eius Rubrius quidam... is ad eum rem islam defert « il avait pour compagnon un certain Rubrius... ; il (Rubrius) lui rapporte la chose suivante ». Cette valeur permet à is de suppléer le pronom personnel de la 3° personne, comme le fait αυτός en grec, et, d'autre part, de s'employer en con elation avec le relatif ou une conjonction : qui... is « celui qui... il » ; is... qui « l'homme qui » ou « un homme tel que », par opposition à hic ou Me... qui « cet homme-ci ou cet homme-là qui... »; également, is uir est ut (-)- subj.) « il est homme à... ». Locution : el is (quidem), isque « et qui plus est... » : Cic, Ph. 3, 31 : cum una legione eaque naciliante, § 215. Idem, c.-à-d. is -b -dem ( — « précisément »), marque l'identité : idem uullus « le même visage », et diverses notions dérivées : simultanéité, opposition, etc. Par ex. : Cic, Fa. 9, 17, 2 : ego uir fortis idemque philosophas « moi, homme énergique ct en même temps philosophe » ; Tu. 2, 65 : multi qui... uolnera exceperunt fortiter et tulerunt, iidem omissa contentianc dolorem morbi ferre non possunt « ne peuvent pourtant pas supporter la douleur de la maladie ». Ipse « même, lui-même » (forme vulgaire ipsus) est proprement un intensif, qui s'emploie avec une idée d'opposition lai onto : lui, par opposition à un autre envisagé explicitement ou non : Cic, Fa. 6, 10, 2 : ipse Caesar « César lui-même » (distingué de /amiliarissimi eins) ; Diu. ι, 74 : italttac... sc ipsae aperncrunt « la porte s'ouvrit d'ellemême ». D'où « justement, exactement » : Cic, At. 3, 21 : triginta dies
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erant ipsi « il y a exactement trente jours ». Et ipse = « lui aussi » ; tum ipsum « alors même ». Pour les constructions de idem, cf. § 355 n. Chez les Comiques, dans le langage des esclaves, ipse désigne couramment le maître, c.-à-d. celui qui s'oppose essentiellement à eux : PL, Au. 356. Par une adaptation de cet usage, Cicéron a pu utiliser ipse pour rendre le gr. aùrèç ϊφα appliqué à Pythagore dans la formule ipse dixit (N. D. 1, ίο) « le maître l'a dit ». § 21(1. Aperçu historique. — La répartition précédente ne dura qu'un temps, et, au cours du latin, ces différents termes se sont de plus en plus employés les uns pour les autres. T-a confusion commence à être particulièrement sensible chez Sénèquc. Au point de départ est le fait (pic is tendait à sortir d'usage ; il est de moins en moins employé en poésie (pour des raisons métriques, à l'exception des formules idque, atque ea, etc.), et dans la langue parlée, qui est portée à éliminer les mots trop courts ou dépourvus de valeur : en roman, il ne subsiste que dans id ipsum (it. desso). Hic s'affaiblissait et contribuait à remplacer is : déjà hoc (abl.) « pour cela » (— eo) dans PL, Ps. 807 ; hoc est « c'est-à-dire », au lieu de id est, même chez Cicéron, Mi. 24, etc. ; ou encore, en corrélation avec un relatif : C. I. L. IV, 529b (Pompéi) : multos Fortuna quos supstulit alte, hos... premit n beaucoup de gens que la Fortune a élevés, elle les accable » ; Sén., Prou. 4, 7 : hos... dais quos probat... exercet « Dieu éprouve ceux qu'il estime », c.-à-d. eos. Hic n'a, du reste, guère survécu que combiné avec d'autres formes : ecce hic > fr. ci, ecce hoc > fr. ce, per hoc > it. perd. Ille, encore plus que hic, tendait à se substituer à is comme anaphorique : PL, Tri. 328 : bene nolo ego Mi (se adulescenti) facere « je désire lui venir en aide » ; Cic, Quir. 3 : posteaquam uos me Uli et mihi eum reddidislis « depuis que vous m'eûtes rendu, moi à lui et lui à moi · ; Prop. 4, 4, 15-16 : al Mi II urgebal medium fidilis lima caput « à elle (Tarpeia) une urne d'argile pressait la tête ». Avec cette valeur, il se répand beaucoup à partir du 1 er siècle ap. J.-C. : par ex. Pétr. 43, 6 : habuit... oracularios serties qui Muni pessum dederunt « il écoutait, comme des oracles, certainsesclaves qui f o n t mené à sa perte » (— eum) ; Sén., H élu. 19, 6 : quod Uli dißicillimiim est cui... placent « chose très difficile pour un homme à qui plaisent... » ( — ci). Iste cessait d'être lié à la 2" personne, cf. Catul. 17, 21. Il était maintenu par sa forme plus pleine, empiétant parfois sur is : Sén., Ep. 87, 4 : isla quae probo (-•- ea), et surtout sur hic : C. I. L. I* 1012, 1 (Tab. Def.) : morluos qui islic (— hic) sepultus est « le mort qui est enterré ici »;
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J u v . 4, 67 : iste. dies -- « aujourd'hui » ; Peregr. Aeth. 46, 6 : per istas septem scpliinanas « pendant ces sept dernières semaines ». Ecce isle aboutit au fr. cet. Ipse, d'autre part, servit de démonstratif, principalement au sens de hic : Peregr. Aeth. 15, 1 : requisiui de eo quam longe esset ipse locus « je lui demandai à quelle distance se trouvait cet endroit » ; CE. 555, 2 : quem lapis ipse tegit « que couvre cette pierre », en face de 556, 2 : quem lapis iste tegit; cf. it. issa « maintenant », de ipsa (hora). E n outre, ipse, à partir des tours hic ipse, ille ipse, iste ipse, se rapprochait de idem : C i c , R. Am. 125 : ista ipsa lege quae ; Veil. Pat. 2, 125, 4 : his ipsis gladiis quibus, et il finit par s'y substituer : Peregr. Aeth. 4, 5 : non ipsa parte exire habebainus qua intraucramus « nous ne devions pas sortir du même côté que celui par où nous étions entrés » ; Grég. T., lui. 2 : aliam basilicam in ipsa menstira conslruxit « une basilique de mêmes dimensions ». Cf. aussi idipsum rendant le gr. το αυτό dans les textes de traduction : Vulg., Rom. 12, 16 : id ipsum inuicem scntienles. *Metipse (-ipsimus) remplaça idem. § 217. A b s e n c e d ' a r t i c l e . — L'emploi d e l'article, c.-à-d. d ' u n élément démonstratif affaibli, étroitement uni a u substantif p o u r indiquer son degré de d é t e r m i n a t i o n , est, d a n s les langues i.-e., une innovation de d a t e v a r i a b l e . L'article existe en grec ; il se développe, après le latin, d a n s les langues r o m a n e s ; le l a t i n lui-même n'en a pas, cf. Quint. 1, 4, 19. Grâce à l'article, le grec avait plus de facilité pour rattacher à un substantif un complément circonstanciel ou un adverbe (ή έν Σαλαμΐνι ναυμαχία, ό τότε πόλεμος). Néanmoins, le latin n'était pas entièrement privé de ces constructions. Avec un complément prépositionnel — la préposition servant alors de lien — il dit couramment : uas ex auro, homo de plèbe, otium cum dignitate, exercitus sine duce, aditus ad porlam. Parfois même, le substantif est déterminé par un ablatif seul ou un adverbe : homines maritumi Syracusis (Cic, Ver. 5, 65) « les gens de mer à ( = de) Syracuse »; ante oculos trucidatio ciuium (Cic,, Ph. 4, 11) « le massacre de ses concitoyens devant ses yeux » ; surtout avec enclave : reliquis deinceps diebus (Ces., B. G. 3, 29, 1) « les jours suivants », discessu tum meo (Cic, Pis. 21) « quand alors je partais » (— cum tum discederem). Ces tournures peuvent être des raccourcis d'expression de la langue parlée. L'influence du grec est cependant probable dans Ter., An. 175 : eri semper lenitas « la bienveillance constante du maître » ( = ή άεΐ εύνοια) ou — à l'époque impériale — dans des emplois comme : Vg., En. 1, 198 : neque ignari sumus
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ante maloruni (—• τών πρόσΟεν κακών) ; Liv. 22, 42, 9 primo bello Puiiico... eludes (— ή έν τ ω πρώτω πολέμω ήττα) ; etc. lui revanche, les (ours grecs ol τότε, ot έκ των γειτόνων, oil l'adverbe et le complément prépositionnel étaient eux-mêmes « substantives » par l'article, n'ont que des correspondants très rares : Cic, At. 11, 15, 1 : Achaici, item ex Asia « ceux d'Achaïc, et de même ceux d'Asie » ( = ol έκ της Άσ(ας) ; Or. 4 : in poetis non Homcro soli locus est ... aut Sophocli... sed herum uel secundis uel etiam infra sccundos «... non seulement pour Homère ou Sophocle, mais pour ceux du second rang ct même pour ceux qui viennent après les seconds ». C'est par une imitation tout artificielle du grec qu'Ovide a pu (lire : M. 1, 19-20 : frigida pugnabant calidis, umentia siccis, || molli a cum duris, sine pondère habentia pondus « le froid luttait avec le chaud..., ce qui avait de la pesanteur avec ce qui en était dépourvu » (— τοις άνευ βάρους), légalement : T a c , / / . 1, 10 : palam laudares, sécréta maie audiebanl « on pouvait louer ses dehors, ce qu'il cachait avait mauvais renom » ( = τα palam). Tour fr. n celui de ». — Le latin n'avait pas l'équivalent direct du fr. « celui (le » ui de l'article grec (f> τοϋ...) pour reprendre un substantif devant un complément détciininatif au génitif. D'ordinaire, le génitif est seul exprimé : Cic, Ph. 11,9 : quis est qui possit... con/erre uitam Treboni cum Ilolabcllac? a tpiel est celui qui pourrait comparer la vie de Trcbonius avec celle de Dolabella? ». Parfois, l'ellipse est évitée par une transposition : Cic, de Or. 1, 107 : si cum... Lycurgo et Dracone et Solotte nostras leges con/erre uolueritis « si vous voulez comparer nos lois avec (celles de) Lycurgue, Dracon el Solon ». Cependant, le démonstratif apparaît : Cic, Arch. 28 : null a m enim uirtus allant mercedem... desidcral praeter, hanc lundis ct gloriae ; il garde encore ici sa valeur propre — n ... d'autre récompense (pu; celle (dont je parle actuellement) de la louange ct de la gloire ». Mais il arrive aussi que la nuance démonstrative soit très faible ou inexistante : Cic, Al. 13, 15, 1 : quae (epislula), quamquam ante data erat quam Mae (litterae) Diocharinae « . . . avant celle de Diocharès » (adjectif à valeur possessive, § 58), § 218. Débuts do l'article. — Divers emplois affaiblis des démonstratifs, de ille surtout, font prévoir en latin l'apparition ultérieure de l'article. Le neutre illud élait ancien cl usuel, à la manière du gr. τό, pour détacher du contexte un mol considéré en lui-même : PL, Mi. 810 : illud 'slerlit' uolui dicere « c'est: il ronfle (pic j'ai voulu dire », proprement n le mot stertit » ; Quint. 1, 6, 26 : quod eliam uerbis accidit ut Uli 'fere' « ce qui arrive aussi aux verbes, ainsi à fero ». Hors de ce cas particulier, ille, d'où
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provient essentiellement l'article en roman, joue presque déjà ce rôle dans (livers passages proches de la langue parlée : l'L, Mi. 168 : nihili facio quad Mis facial ceteris « peu m'importe ce qu'il fait aux autres »; Tri. 493-4 : aequo mendiais atque Me optilentissimus \\ censetur censu « le mendiant et le richard sont classés dans la même classe » (avec réminiscence de Me « emphatique ») ; SaL, J. 16, 5 : Mam alteram (partem) 0 l'autre partie » ; Peregr. Aeth. 15, ι : tunc ail ille. sanctus presbyter « alors le saint prêtre dit ». Dans les textes de l'Itala, il calque souvent l'article grec : Joh. 6, 67 (codd. Corb. Fossal.) : dixit... Mis duodecint discipulis, = τοις, Vulg. ad duodecint. Des exemples analogues existent pour hic : Itala, Mich. 7, 20 (cod. Weiiig.) : /Iain's ucritatem liuie larob (— τω Ιακώβ), plus nombreux pour ipse : Itala, Joli. 20, 4 (codd. Verc Veron.) : currebant... ipsi duo simul, — ol Suo ; de même : Grom. Lat. 312, 20 : descendit ipsa uia et uenit ad ipsam casant « le chemin descend ct vient à la maison », et, du reste, quelques formes de l'article (en Sardaignc, en Sicile, en Espagne) remontent à ipse. Voir I·'. H\1uller, /. /·'. 42, 1-50. Parallèlement, unus s'acheminait: vers l'article indéfini : PL, Tru. 250 : est huic unus seruos iiiolenlissintus ; Mi. 140-1 : uituni conclaue concubinae quod dédit \\ miles... ; Ps. 948 : ibidem una aderit millier le.pida; Ter., An. 118 : itnam adspicia adulesccntulam « j'aperçois une toute jeune fille ». Peut être unus dans ces passages se justifie t-il à quelque degré soit par la présence d'un superlatif, soit par le sens de « un certain ». De môme, on peut encore lui reconnaître la valeur du fr. « un quelconque » en quelques exemples de Cicéron : de Or. 1, 132 : sicut unus patrr familias, his de rebus loquor ; Al. 9, 10, 2 : tamquam unus manipularis ; cf. Catul. 22, 10. Néanmoins, son emploi comme article était par là nettement annoncé. Plus tard : Vulg., Matth. 2C1, 69 : accessit ad eum una ancilla.
Indéfinis 1 § 219. Formes signifiant « certain, quelque, aucun, personne, etc. ». a) <jnln represenla.nl direct de l'indéfini i.-e, identique au gr. τις, enclitique comme lui, a une valeur très indéterminée : « quelqu'un (éventuellement), on ». Son emploi est limité. 11 se rencontre surtout — placé de suite après le terme introducteur — dans des propositions suliordonnées de sens hyixjlhéliquc ou éventuel : après si, nisi, cum = « quand on » (répétition) : s» quis fecerit, nisi quis ueniat... ; dans les défenses : ne quis 1. Sur la forme de ces indéfinis, voir Krnout, Morphol., §§ 117, 146.
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dicat ; après né final ou complet! f : uereor ne quid desit ; dans les interrogations avec an, num, ubi, uter, quando, etc. : num quis pulauit...? « a-t-on jamais pensé...? »; dans des propositions suppositives comme Ter., Eu. 511 : roget quis... « peut-être demandera-t-on... »; C i c , Par. 6, 44 : filiam quis habet, pecunia opus est « quelqu'un a-t-il une fille, il lui faut de l'argent » ( = si quis filiam habet) ; dans un tour à l'infinitif, de signification équivalente : C i c , Fi. 3, 70 : falcnlur alicnum esse a iuslilia... detraherc quid de aliquo ( — si quid detrahas). b) Quidam ( < *quis -\- particule -dam) est le moins indéfini des indéfinis : « (un) certain ». Il s'applique à une personne ou à une chose que l'on ne veut pas préciser, mais que l'on connaît ; quidam uenit « une certaine personne est venue » (je sais qui, mais je ne le dirai pas) ; cf. Cic, Cat. 1, 8 : ttideo esse hic in senalu quosdam qui tecum una fuerunt. Parfois, joint à un adjectif, il servait à atténuer l'expression : C i c , de Or. 1, 14 : incredibili quod am studio « avec un zèle presque (pour ainsi dire) incroyable ». Dans le latin tardif, quidam fut concurrencé par cerlus : déjà Cic. écrit, Marc. 16 : insolcntia certorum hominum « l'intransigeance de certains ». c) AlIqulN « quelqu'un, quelque » — littéralement 0 quelque autre », de ali- (cf. alius) -f- quis — est plus imprécis rpic quidam, mais moins indéfini (pie quis. Il désigne un être ou un objet que l'on ne connaît pas, mais d'existence effective : aliquis uenit « quelqu'un est venu » (je ne sais qui, mais c'est un fait). Il est courant dans les propositions affirmatives. Notez : C i c , At. 10, 15, 3 : quitus..., dum modo aliquis « n'importe qui, pourvu qu'il y ait quelqu'un » ; Diu. Caec. 47 : est tarnen hoc aliquid, tametsi non est salis « c'est cependant quelque chose, bien que ce ne soit pas assez »; Fa. 6, 18, 4 : ego quoqitc aliquid sum « moi aussi, je suis quelque chose » ; Sén., Ir. 3, 37, 3 : iste se aliquem putat « il pense être quelqu'un »; cf. C i c , At. 3, 15, 8. Cependant, aliquis s'introduisait dans des propositions subordonnées de caractère hypothétique. C'était parfois pour marquer une opposition avec un mot comme omni s, nihil, nullus, mutins : Cic, Fa. 4, 8, 2 : si sit aliqua res publica..., sin autan nulla sit... « si c'est à quelque degré la république..., si au contraire elle n'existe plus... » ; Liv. 24, 8, 15 : non dico, si omnia harr, sed si illiquid eorum... pracslitit «je ne dis pas, s'il a réalisé tous ses projets, niais quelqu'un d'cnlre eux ». Ailleurs, il apporte une insistance à lui seul : C i c , Tu. 1 . (> : si illiquid oniloriar lundis nostra attulimus induslria ; en allci iianec avec quis : Cic., Aieh. 1 : si quid est in me ingenii... ont si qua c.xcrcitatio dicendi... aut si liuiuscc rri ratio aliqua... De toute façon, aliquis enquêta sur quis (Thés. 1, 1Ο13, (> sqq.). Avec unus fut créé le composé unus aliquis « un quel qu'il soit (mais d'existence cllcctive) » : C i c , de Or. 3, 130 : si untim aliquid offert « s'il apporte un
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talent quoi qu'il soit (mais réel) »; cf. Diu. Caec. 27, puis aliquis unus : Var., L. L. y, 31 : in aliqua una rc, d'où provient le fr. aucun ( < *alicu1111s) et qui, en roman, s'est'substitué à peu près entièrement à aliquis. L'adverbe aliquot signifie « un certain nombre de ». d) Quispiam (rare), c-à-d. quis + pe -f- iam, cf. quippe de *quidpe, équivaut à quis dans l'expression dixerit quispiam « quelqu'un pourrait dire » et à quisquam : Cic, Lae. 39 : quidpiam contendisse quod... t avoir demandé quoi que ce soit qui... » ; Mur. 62 : dixisti quidpiam « tu as dit quoi que ce soit ». Mais parfois aussi il alterne avec aliquis par simple souci de variété : Cic, de Or. 2, 38 : si... agricola quispiam... aut si pictor aliquis... Quispiam semble avoir disparu très tôt de la langue courante. e) Quisquam, c.-à-d. quis + la particule indéterminée quam, et ullus ( < *oinolos), diminutif de unus ( < *oinos) = « quelqu'un, quelque (en général) » dans un énoncé négatif ou dubitatif. Quisquam est surtout pronom, ullus comme adjectif 1 , ct ils ont un emploi très libre et étendu dans les phrases négatives, dubitatives ou interrogatives : Cic, Arch. 20 : neque enim quisquam est tant aucrsus a Musis qui... « il n'est personne (au monde) si éloigné des Muscs qu'il... »; Ver. 2, 17 ; si cuiquam in re umquam ulla tcmpcraril... « s'il a jamais eu quelque égard envers qui que ce soit en quoi que ce soit » ; Ph. 2, 97 : nemo ullius rei fuit emptor cui... n il n'y eut jamais acheteur de quoi (pie ce soit... » ; Of. 3, 82 : est ergo ulla res tanti ut...? « y a-t-il une chose (au monde) de telle valeur que...? ». En particulier, au second membre d'une comparaison : Cic, Ver. 4, 123 : ac uidete quanto tadrior hic tyranttus Svracusanis fuerit quam quisquam superiorum « et voyez à quel point ce tyran fut plus odieux pour les Syracusains qu'aucun de ses prédécesseurs ». Après la préposition sine, l'idée négative appelle ullus : sine ullo dolore « sans la moindre douleur ». Mais on dira avec aliquis : haud sine aliquo dolore « non sans quelque douleur », la litote équivalant à une affirmation. Nemo (ne -|- hemo) « personne... ne », surtout p r o n o m ; cf., cependant, Cic, Leg. 2, 41 : uir nemo bonus « aucun homme honnête ». Nullus (ne + ullus) n aucun... ne ». surtout adjectif; nihil (ne + hilum) « rien... ne », pronom neutre. Avec valeur d'affirmation partielle : nnnnillblg «quelque » et iionnulll n quelques-uns », cf. § 171) ; le neutre nonnlhll sert le plus sou1. On trouve cependant quisquam comme adjectif, surtout au nominatif et à l'accusatif singuliers : cittis quisquam, ciuem quemquam, cf. Cic, Ver. 2, 17 ; N. D. 3, 26, rarement avec des noms de choses. Vllus s'emploie quelquefois comme pronom au génitif, au datif ct à l'ablatif, cf. PI., Ru. 1335 : numquam ulli supplicabo « jamais je ne supplierai personne ».
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v e u t c o m m e a d v e r b e : « en q u e l q u e c h o s e , q u e l q u e l'eu » : nonnihil deside.ro ( C i c , Li g. 10) « je r e g r e t t e q u e l q u e p e u ». P a r f o i s , n o n n e m o , q u i é q u i v a u t à u n pluriel n q u e l q u e s , p l u s i e u r s » : C i c , Cal. 4, 10 : uideo de istis... abesse non neminem... Is... « je c o n s t a t e p a r m i ceux-ci l ' a b s e n c e d e p l u s i e u r s . . . I l s . . . » (repris p a r is a u sg.). A la différence d e nullus, nihil n ' a p r e s q u e p a s s u r v é c u , r e m p l a c é d i v e r s e m e n t , p a r e x . fr. rien (de rem). A d v e r b e s : iimipiiim « j a m a i s (allirnialif). q u o i q u e j o u r », n u m q u a m « j a m a i s . . . ne », lisquiuil « q u e l q u e p a r t », iliiMipium « n u l l e p a r t ». N. II. ---'- I .'usage classique est de dire nec quisquam, nec quidquam (quic,qiuini), neque nilus, arque umquam, neque usquam, an lien de et nemo, et nihil, cl nullus, ct numquam, cl nusquam. Cf. toutefois 5 427. f) QUIIIIH et qiillibel, « celui q u e v o u s v o u d r e z , n ' i m p o r t e q u i » m a r q u e n t um; idée d ' i u d i l l é r e n c e e t ( l ' i n d i s t i n c t i o n : C i c , At. 10, 6, 1 : fiai... ouidlibct « a r r i v e q u e p o u r r a »; P u b l . S y r u s a p . S é n . , Tranq. 1 1 , 8 : cuiitis potest accidere quoi! cui quam polest « à n ' i m p o r t e q u i d ' e n t r e n o u s p e u t a r r i v e r ce qui p e u t a r r i v e r à t o u t h o m m e » ; m a i s la différence q u i sép a r e ainsi quiuis d e quisquam t o n d à s'effacer à l ' é p o q u e i m p é r i a l e Les relatifs i n d é t i • r m i n é s q u i s q u l s e t q u i o u n i q u o = « q u i q u e ce s o i t qui q u i c o n q u e » ont é t é aussi utilisés c o m m e adjectifs indéfinis a u sens d e « n ' i m p o r t e q u e l , q u e l c o n q u e ». A v e c c e l l e v a l e u r , quicumque n'est p a s aiilériour à ( " i c é m n ; m a i s quisquis la p r é s e n t e d è s le v. l a t i n , s a n s d o u t e à c a u s e do ses c o n f u s i o n s avec, quisque, s o u v e n t au n e u t r e quid.quid (p. ion). Le p a s s a g e é t a i t facilité p a r l'ellipse d a n s les formules quoquo modo, quacumque ralione « d e t o u t e façon, p a r n ' i m p o r t e q u e l m o y e n » : C i c , Cat. 2 , 1 1 : quae sanari poterunt, quacumque ralione sanabo « ce q u i p o u r r a ê t r e soigné, je le s o i g n e r a i d e q u e l q u e m a n i è r e q u e ce s o i t » : s e quacumque ralione sanari poterit. T o u t e f o i s , c e t e m p l o i n e d e v i e n t v é r i t a b l e m e n t fréquent q u ' à l ' é p o q u e i m p é r i a l e : L i v . 35, 13, 9 : qttameumque forlunam subirc « s u b i r n ' i m p o r t e quel s o r t »; 4 1 , 8, 10 : liber os suos quibusquibus Romanis... dahant « à n ' i m p o r t e q u e l s c i t o y e n s r o m a i n s ». L a m ê m e é v o l u t i o n se c o n s t a t e p o u r qualiscumque, quantuscumque ( C u r t , s,, 8, b ; Sén., Ep. 80, ,|), p o u r utcumque « d e t o u t e façon » (Liv. 29, 15, 1), qu/iudoi unique « un j o u r ou l ' a u t r e » (Ilor., .S'. 1, o, 33), ubi cumque « en t o u t lieu, p a r t o u t » (Hor., .S". 1, 2, 02). Cf. aussi quoquoucrsus « e n t o u t sons » ( C i c , l'h. o, 17) ; e t c .
§ 220. Formes tic sens dintrlbutif. Le p r o n o m / a d j e c t i f qulHque « c h a c u n (en p a r t i c u l i e r ) , c h a q u e ' » (c.-à-d. quis |- la p a r t i c u l e g é n é r a l i s a n t e -que m a r q u a n t l ' a p p l i c a t i o n r é p é t é e
PRONOMS DE SENS DISTRIBUTIF
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d ' u n e „affirmation à d i v e r s s u j e t s o u o b j e t s ) se t r o u v e le p l u s s o u v e n t c o m m e ; e n c l i t i q u e , é t r o i t e m e n t u n i à c e r t a i n s m o t s q u e le s e n s a p p e l l e a v e c lui : a) a p r è s u n réfléchi : C i c , Of. 3, 58 : pro se quisque « c h a c u n d e s o n c ô t é » ; N. D. 3, 1 : suo cui que. iudicio ulendum est « c h a c u n d o i t s u i v r e s o n p r o p r e j u g e m e n t ». P a r f o i s , c e p e n d a n t , quisque p r é c è d e : L i v ; 2 1 , 4 8 , 2 : quos... in ciuilates quemque suas... dimisil (mise e n relief?) ; Dans quelques exemples — rares, du reste — quisque prenait par a t t r a c tion le cas de suus : C i c , Tu. 4, 28 : hacc... procliuitas ad suum quodque genus (sc. pertttrbationis)... ι ce penchant de chacun vers son espèce p a r ticulière de passion... », c.-à-d. haec procliuitas cuiusque ad suum genus (perlurbationis), cf. C i c , de Or. 3, 2 1 6 ; Ces., B. C. l, 83, 2 ; PL, Mo. 254. E n bas latin, le groupe sibi quisque t e n d a i t à se fixer et à s'employer adverbialement : Mul. Chir. 333 haec omnia sibi quisque bene Irita conmisces « tons ces ingrédients une fois bien broyés séparément, tu les mêleras ». b) a p r è s un relatif, u n i n t e r r o g a t i f , ut « à m e s u r e q u e » : quam quisque nor il arlem « l ' a r t q u o c h a c u n c o n n a î t . . . » ; Ces., H. G. 5, 3 3 , 3 : quid quoque lore faciendum esset proniderc « p o u r v o i r à ce q u i d e v a i t ê t r e fait e n c h a q u e e n d r o i t » ; C i c , R. Coin. 31 : que quisque est sollertior et ingeniosior, hoc docet iracundius cl laboriasius « plus un m a î t r e a d'habileté et de t a l e n t , p l u s il s ' i r r i t e et se d o n n e d e la p e i n e » ; Ver. a. pr. 19 : ut quisque me uideral, narrabal « d è s (pic q u e l q u ' u n m ' a v a i t a p e r ç u , il m e r a c o n t a i t » ; c) a v e c les formes i n d i q u a n t la p l a c e d a n s u n e série ( s u p e r l a t i f s , o r d i n a u x , etc.) : C i c , Arch. 2 G : optimus quisque « (Ions) les m e i l l e u r s » ; Fi. 2, 81 : optimum quid que rarissimum est « l ' e x c e l l e n t e s t a u s s i ( c h a q u e fois) le p l u s r a r e » ; Q. fr. 1. 1, 12 ; ut quisque est uir optimus, ita difficillime esse alios improbos suspit.alitr « d a n s la, m e s u r e où c h a c u n e s t t o u t à fait h o n n ê t e », c.-à-d. « p l u s u n h o m m e e s t h o n n ê t e , p l u s il lui e s t difficile d e s o u p ç o n n e r . . . » (on liaison a v e c ut). L o c u t i o n s : quinte quoque anno ( C i c , Ver. 2, 139) « c h a q u e c i n q u i è m e a n n é e », c.-à-d. « t o u s les c i n q a n s »; decimus quisque (PL, Ps. 973) « u n s u r d i x », m . à m . « - c h a q u e d i x i è m e »; d ' o ù quotus quisque? « un s u r c o m b i e n ? », m. à 111. « c h a c u n ( é t a n t ) le q u a n t i è m e ? », c - à - d . « c o m b i e n p o u ? » : C i c , N. II. 1, 70 : quotus quisque forntosus est? La l o c u t i o n primus quisque avait: d e u x s e n s : i ° C i c , N. D. 3, 7 : primum quidque uideamus « v o y o n s c h a q u e p o i n t l'un a p r è s l ' a u t r e » (succession). — 2" C i c , l'a. 13, 57, 1 : primo quoque tempore « à la p r e m i è r e o c c a s i o n »; Ph. 8, 33 : primo quoque die « a u p r e m i e r j o u r (qui se p r é s e n t e r a ) , le p l u s t ô t possible ».
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Quisque se r e n c o n t r a i t , d u r e s t e , l i b r e m e n t , s a n s ê t r e lié à l ' u n d e ces t e r m e s : P L , Am. 558 : proinde ut commodumsl et lubet, quidque facias « fais c h a q u e c h o s e à t o n gré, à t a guise ». Cicéron eu use a i n s i , s u r t o u t a u génitif, d o n t la f o r m e é t a i t p l u s p l e i n e : Or. 16 : speciem cuiusque rei cernere ; parfois, d u r e s t e , a u x a u t r e s cas : de Or. 1, 252 : ad quamque causam, Rep. 1, 47 : talis est quaeque res publica qualis... Mais il é t a i t a l o r s c o n c u r r e n c é p a r le j u x t a p o s é unus quisque, p r o p r e m e n t « un c h a c u n » ; celui-ci, e n c o r e r a r e en v. l a t i n (PL, Cit. 295), se d é v e l o p p e e n s u i t e , e n p a r t i c u l i e r d a n s la l a n g u e c o u r a n t e . D e t o u t e façon, c ' e s t lui q u i e s t e m p l o y é à l'init i a l e d e p h r a s e , quisque é t a n t exclu d e c e t t e p o s i t i o n p a r s o n c a r a c t è r e d ' e n c l i t i q u e . L e l a t i n v u l g a i r e utilise la f o r m e cata, q u i e s t le gr. κατά l a t i n i s é (§ 144), a u s e n s d i s t r i b u t i f : Peregr. Aeth. y, 2 : sic... ut cata mansiones monasteria sint cum militibus « à c h a q u e é t a p e ( p r o p r e m e n t « suiv a n t , d ' a p r è s les é t a p e s ») s o n t d e s p o s t e s a v e c d e s s o l d a t s » ; Vulg., Ezech. 46, 14 : faciei sacrificium cata mane mane ( n o t e r le r e d o u b l e m e n t c o m m e d a n s unus et unus « u n à u n ») « c h a q u e m a t i n ». C o m b i n é e a v e c unus, elle a b o u t i t — s u r le m o d è l e d e καθ' Ινα — à cala unum, d ' o ù p r o v i e n n e n t it. caduno, e s p . cada uno, c t q u i a i n f l u e n c é le fr. « c h a c u n »; v. O. B l o c h - v o n W a r t b u r g , Diet, élym., s. u. Vterque signifie « c h a c u n » en p a r l a n t d e d e u x , « l'un e t l ' a u t r e » : Ces., B. G. 1, 42, 4 : uterque. cum equitalu ueniret « c h a c u n d ' e u x (César e t Arioviste) d e v a i t v e n i r a v e c d e s c a v a l i e r s » ; p a r f o i s avec, idée d e r é c i p r o c i t é (§ 212). Neuter « ni l ' u n ni l ' a u t r e (des d e u x ) » d i s p a r a î t assez v i t e d e la l a n g u e p a r l é e , o ù il e s t r e m p l a c é p a r nullus, e t aussi p a r necuter : M a r t . 5, 20, 11. Vbique « p a r t o u t » e s t c o m m e quisque e m p l o y é s o u v e n t a p r è s u n i n t e r r o g a t i f ou u n relatif. P l u r i e l d e quisque, uterque. — M a r q u a n t p a r e u x - m ê m e s la p l u r a l i t é , quisque e t uterque n ' a v a i e n t lieu g r a m m a t i c a l e m e n t d ' ê t r e a u p l u r i e l q u ' a v e c les subsl.antifs d é p o u r v u s d e s i n g u l i e r ou a y a n t u n pluriel d e s e n s différent d u s i n g u l i e r : quaeque castra « c h a q u e c a m p », utraque castra « l ' u n c t l ' a u t r e c a m p », litterae. quaeque « c h a q u e l e t t r e (missive) ». N é a n m o i n s , m ê m e h o r s d e 15, ils t e n d a i e n t à p r e n d r e d ' e u x - m ê m e s , d a n s la l a n g u e p a r l é e s u r t o u t , la f o r m e d u pluriel : P L . Mo. 155 : optumi quique « les m e i l l e u r s » ; T e r . , An. 287-8 : utracque ( s e forma atque aetas) inutiles... stent. Ces e m p l o i s a p p a r a i s s e n t , d ' a i l l e u r s , d a n s la p r o s e c l a s s i q u e : ainsi, a u n e u t r e : excellentissima quaeque ( C i c , Inu. 2, 4), e t m é m o a u m a s c u l i n : in optimis quibusque ( C i c , Lue. 34) « chez les meilleurs », utrisqur his ( C i c , Lig. 36) « à l ' u n e t à l ' a u t r e ». i l s s o n t p l u s f r é q u e n t s chez les c o r r e s p o n d a n t s d e C i c é r o n : C a e l i u s a p . Fa. 8, 11, 1 : utrisque consulibus, chez Var., N e p . , SaL, 13. I l i s p . , I l o r . , Liv., e t à l ' é p o q u e i m p é r i a l e D a n s cert a i n s c a s , le pluriel utrique p e u t s ' a p p l i q u e r à d e u x g r o u p e s d ' i n d i v i -
« TEL, AUTRE, TOUT, ETC. »
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dus : Ces., B. G. 4, 2f>, 1 : pugnatum est ab utrisque acriter ; Liv. 30, 8, 7 : utraqtte cornua « les d o u x ailes (de l ' a r m é e ) » : m a i s c e t t e i n t e r p r é t a t i o n n e saurait être généralisée. Confusions d'emploi. •- - Souvent quisquis était substitué à quisque, en p a r t i culier au neutre quidquid : l'L, Au. 198 : ubi quidquid tetigerunt, tenent « une fois qu'ils ont touché une chose, ils la tiennent », cf. Mo. 831 : ut quidquid; Tri. 881 : si unum quidquid; Caton, Agr. 7, 1 : suum quidquid; Cic, Cl. 52 : ut quidquid ego appréhender am, statim... extorquebat « à mesure que je m'étais saisi... »; Quint. 10, 1, 3 : ut quidquid praecipue ttecessarium est... Mais quisque se trouvait également, d'après quisquis et quicumque, comme relatif : PL, Mi. 460-1 : quemque (= quemcumque) hic intus uide.ro || ..., eum ego obtruncabo « quiconque j'aurai aperçu là-dedans..., je l'égorgé », cf. As. 404. De même : Liv. 1, 24, 3 (formule) ; à Pompéi, C. I. L. IV, 1937 : quisque me ad cenam uoearit, ualeat ; souvent, en bas latin. Du reste, à époque tardive, une distinction rigoureuse de ces indéfinis, dont beaucoup étaient composés du même pronom quis, devenait de plus en plus difficile à maintenir : quisquam se rencontre p o u r quis ou aliquis, quidam pour quisquam, quisque pour quisquam ou quisquis, aliquis pour quisquam ou ullus (Honnef, p. 303-304) ; également, quilibet comme relatif pour quicumque.
§ 221. Formes signifiant « tel, autre, tout, etc. ». Talis « tel, d e telle n a t u r e »; le c o r r é l a t i f e s t qualis, qui, ul + s u b j . ; parfois talis ac, § 202. S u r la m ê m e r a c i n e : tant « si, a u t a n t » d e v a n t u n adjectif ou u n a d v e r b e a u positif : tam egregius, tant egregie ; r a r e e t a r c h a ï q u e d e v a n t un c o m p a r a t i f ou u n s u p e r l a t i f (Iam magis o u maxime) ; corrélatif : quant. T n n t n s (*tam-to-s) « a u s s i g r a n d », a v e c quantus pour corrélatif. Toi « a u s s i n o m b r e u x » (quot). Alius « a u t r e », l o r s q u ' i l s ' a g i t d e p l u s i e u r s · ; alter « a u t r e », l o r s q u ' i l s ' a g i t d e d e u x : altera manus, d ' o ù « s e c o n d ». L e suffixe -lero- a y a n t cessé d ' ê t r e clair, aller t e n d a i t à p e r d r e sa v a l e u r p r o p r e . A l ' é p o q u e i m p é r i a l e , il s ' e m p l o i e s o u v e n t c o m m e alius : C. E. 52, 5-6 : horum (gnatorum duorum) allerum || in terra linquit, alium sub terra local ; il le remplace presque p a r t o u t on r o m a n . Alius, e x p r i m é à d o u x r e p r i s e s c t s ' o p p o s a n t à luim ê m e , p r e n a i t le s e n s d e « différent » : Ces., B. G. 2, 24, 3 : alii aliam in partem... /erebantur « ils se p o r t a i e n t d a n s d e s d i r e c t i o n s différentes ». C e t t e v a l e u r é t a i t é t r a n g è r e à aller, ce qui e x p l i q u e u n e m p l o i c o m m e : Liv. 1 , 2 1 , 6 : ita duo deinceps reges, alius alia uia, Me bello, hic pace ciuitatem auxerunt « ainsi d e u x rois c o n s é c u t i f s p a r d e s m o y e n s d i f f é r e n t s . . . ». Vier (indéfini) « l ' u n d e s d e u x » : C i c , Ver. 3, 35 : si uter uelit « si l ' u n d e s
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d e u x le v e u t », cf. Sest. 9 2 . A l l e r u t e r « l'un d e s d e u x , l ' u n ou l ' a u t r e », j u x t a p o s é q u i est d e v e n u u n c o m p o s é (alleruter), d o n t le s e c o n d é l é m e n t seul s ' e s t d é c l i n é . Coterl « t o u s les a u t r e s ». Oinnls « t o u t » a u s e n s indéfini d e « t o u t e espèce d e , c h a q u e » (gr. πας) : omnis homo « t o u t h o m m e , l ' h o m m e e n g é n é r a l », p a r o p p o s i t i o n à quisque, q u i d é s i g n e c h a q u e i n d i v i d u en p a r t i c u l i e r . Tottis e n v i s a g e l ' e n s e m b l e : « t o u t e n t i e r , t o t a l » : Iota ciuitas « la c i t é t o u t e n t i è r e ». M a i s omnis p a s sait p a r f o i s a u s e n s d e « s o u s ses d i v e r s e s f o r m e s », d ' o ù « d a n s s o n e n s e m b l e » : Ces., B. G. 1, 1,1 : Gallia est omnis dittisa in partes très. Aussi, a u singulier, lotus c t omnis se t r o u v e n t - i l s s o u v e n t l ' u n p o u r l ' a u t r e , m ê m e chez Cicéron c t c h e z César, p a r e x . B. G. 3, 8, 1 : omnis orae maritimae, e t 3, 16, 1 : tetius orae maritimae. Mais c ' e s t lotus q u i l ' e m p o r t a i t : P L , Mi. 212 : totis horis occubant « ils m o n t e n t la g a r d e à t o u t e h e u r e » ; C i c , N. D. 2, 105 : totis nedibus cernimus « n o u s a p e r c e v o n s c h a q u e n u i t »; A p u l . , Met. 7, 12 : tolas islos hosles tues (-— omnes) ; c t omnis n ' a s u b s i s t é (pic p a r t i e l l e m e n t (il. ogni). lotus, t o u t e f o i s , fut l u i - m ê m e c o n c u r r e n c é p a r integer ( > i l . intern, Ir. entier) : Peregr. Aeth. 28, 3 : facerc intégras septimanas ieiuniorum « (aire d e s s m i a i n c s e n t i è r e s d e j e û n e s ». Voir J . H. l l o l t u a n n , Mélanges Marouzeau 1948, p . 283 s q q . Noie. •— Le remplaeemei t de omnis par /0/1«ï fait partie d'une tendance générale à substituer aux quantitatifs de. nombre (toi, quoi, etc.) les qunlincntlts de d i m e n i o n (lanlus, quantus, etc.) : déjà Trop. 1. 5. 10 • at tibi cur arum milia quanta dabil I « que de milliers de soucis elle te donnera I », c.-à-d. qui '• milia. Λ basse époque, aliquot est remplacé par aliquanti, pauii par /ami, pauciorcs par minores : Tert., Marc. 1 , 8 : tanlis relui sarculis ('.·•- lat) ; Kutr. 4, 27 : aliquanta oppida cepil (—• aliquot) ; saint Jérôme, ·*/>. 53, 5 : quanti hodie putantes se nossc litteras tenent... I « combien Aujourd'hui croyant connaître... ! » ( = quot ou quant multi) ; Peregr. Aeth. 49, 2 : episcopi aulem quando parut fuerint... « les évéques, quand i s sont peu n o m b r e u x . . . » (-·= pauci). De même, le substantif magnitudo se trouve au lieu de multitudo : Frontin, Strat. 2, 5, 4 : partim magnituii'ne tclariim confecti « les uns accablés par le grand nombre des traits ». Cf. Löfstedt, Komm., p. 147 sqq.
CHAPITRE V L E V E R B E : VOLX E T NOTIONS A N N E X E S
§ 222. La « voix » situe le sujet par rapport au procès ; cf. E. Benveniste, Journ. de Psychol. 43 [1950], p. 119 sqq. L'opposition ancienne était celle de l'actif (procès se réalisant à partir du sujet) ct du moyen (procès réalisé par le sujet, mais rapporté à son activité interne). En latin, le passif a été constitué avec le moyen et un impersonnel en -r. Du moyen il subsiste dos restes dans le déponent (sequor) et dans les verbes dits médio-passifs (uertor) ; et certains emplois du passif gardent le souvenir de l'impersonnel en -r : uenitur « on vient ». La représentation impersonnelle était auparavant très développée, même à la 3* pers. de l'actif (dolel mihi, me pudet) ; elle s'elfacc au profit de la représentation personnelle avec sujet actif (dolco, pudeo). Le moyen est en partie remplacé par une nouvelle voix, celle du « pronominal » (me uerto = uertor). Le lat. uox désignait chez les grammairiens anciens « la forme d'un mot » en général ; mais ils ne l'appliquaient pas spécialement au verbe. Dans ce cas, ils se servaient plutôt des expressions species uerbi (en gr. δια θέσεις) et genera uerbi, cette dernière supposant une assimilation tout extérieure aux « genres » du nom. Le moyen (lat. medium), traduction du gr. μίΐότη;, doit son nom à la situation intermédiaire qu'il parait occuper'entre le passif dont il a les formes ct l'actif dont il se rapproche pour le sens. Les verbes déponents sont ainsi appelés parce qu'ils paraissent « déposer » (lat. deponeré) le sen? passif de leurs désinences. Par une autre assimilation au nom, certains verbes sont dits · neutres », c.-à-d. ni actifs ni passifs, qui expriment le procès en lui-même, sans complément direct ou indirect : doleo, sitio, ualeo. Sont employés de manière absolue des verbes utilisés sans complément d'objet, alors qu'ils en admellent un : ainsi uoluere « tourner » (en parlant d'une roue). Cette terminologie est dans l'ensemble très artificielle. Sur la distinction entre impersonnel et indéfini, cf. § 170, n. 2.
§ 223. Médio-passifs.— Ce sont des verbes ayant un actif et dont
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le passif peut prendre une valeur moyenne, le plus souvent un sens réfléchi. Ils indiquent d'ordinaire : des soins corjxircls : lauari « se laver », ornari « se parer », lergeri « s'essuyer », ungui « se parfumer », à quoi se r a t t a c h e le groupe « se vêtir » accingi, amici, cingi, indui, insterni avec le nom de la chose revêtue à l'ablatif : cingar ferro, parfois aussi à l'accusatif : indulus pallam (§ 38) ; un déplacement d a n s l'espace : colligi « se rassembler », jerri « se porter (se diriger) vers », moueri « se mouvoir », uehi « se t r a n s p o r t e r », ucrli « se tourner », ttolui « se rouler » ; des actions diverses : dedi « se rendre », excruciari « se t o u r m e n t e r », exerceri « s'exercer », purgari « se justifier », uix teneri quin... « se retenir à peine d e . . . », (ad-)simulari « se rendre semblable à, simuler » ; etc. Ainsi : Ces., B. G. 2, 24, 3 : alii aliam in partem ferebantur « ils se portaient de différents côtés » ; C i c , Tn. 1, 53 : quae moucnlur « les choses qui se meuvent » ; Nep. r.5, 2, 5 : (Epaminandas) exercebatur plurimum currendo cl luclando « s'exerçail b e a u c o u p à la course et à la lulle ». Quelques médio-passifs él aient simplement des verbes n e u t r e s ou intransilifs : gigni « provenir de » (— γίγνεσθαι) ; uideri « sembler, paraître » ( = εΙδεσΟαι). Également : effundi « se r é p a n d r e », jrangi « se briser », minui « diminuer », mu tari « changer », uerti « tourner », et, au figuré, « dépendre de » ; etc. P a r ex. : C i c , C. M. 21 : memoria miniiitur « la mémoire d i m i n u e » ; Ver. act. pr. 20 : omnia in unius polestatc uertentur « tout reposera sur le pouvoir d ' u n seul ». 11 est rare qu'un médio-passif — en dehor· du type pallam induitur (§ 38) — ait un complément direct d'objet à l'accusatif : dans Hor., A. P. 302 : purgor bilan « je. purge ma bile », ct S. 2, 7, 38 : nasum nidore su pi nor « je lève le nez devant cotte odeur (de cuisine) », on peut reconnaître aussi un accusatif grec de relation : « je me purge quant à ma bile, je me lève quant au nez ». § 224. Les formes nominales du verbe étaient à l'origine indépendantes dos distinctions de « voix ». Aussi, pour plusieurs médio-passifs, le participe présent actif s'emploie-t-il de manière absolue avec un sens moyen : Nep. 1 4 , 4 , 5 : conspiciens (eum) ad se ferentem « l'apercevant qui se dirigeait vers lui »; Vg., fin. 1, 234 : uoltientibus annis « à mesure que les
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années se déroulent » (— περιπλομένοιν ένιαυτων, Horn., Od. I, 16), en face de uoluitur annus (Vg., G. 2, 402) ; Vg., G. 1, 163 : uoluentia plaustra « les chariots qui roulent » ; SaL, J. 79, 6, ct 93, 4 : gignentia « ce qui pousse, les végétaux » ( = τά φυόμενα) ; Suét., Aug. 98, 5 : speclauit assidue exercenles ephebos « qui s'exerçaient »;, peut-être : Cic, de Or. 2, 287. Il en est de même pour le gérondif : C i c , C. M. 36 : animi autem exercendo leuanlur 11 l'âme s'allège en s'excrçant » ; Liv. 25, 17, 1 : lauandi causa « pour se baigner ». Du reste, même aux formes personnelles, l'actif apparaît parfois à côté du médio-passif avec une valeur analogue. Anciennement, lauo, -as « je me lave » s'opposait à lauo, -is « je lave » ; il a été remplacé dans cette fonction par le médio-passif lauor ; mais le parfait laui s'emploie encore avec le sens moyen comme reuerti, en face de reuertor. D'autres exemples sont fournis par mouere, uertere : PL, Pe. 453 : male res uorlunt « les choses tournent mal » ; Liv. 5, 49, 5 : iam uerterat Fortuna ; Vg., En. 1, 104 : tum prora auertit « la proue vire »; Ter., Eu. 912 : moue uero ocius t avance donc ». Mais la langue tendait à substituer le pronominal au médio-passif : se dedere, se cxercere, se tegcre sont plus courants que dedi, exerceri, legi au sens réfléchi. On trouve de même se ferre (Cic, Plane. 96) à côté de ferri ; sesc excrttciarc (PL, Ru. 388) à côté de excruciari ; uix me contineo quin... (Ter., Eu. 851)) en face de contincri non queo. Cf. aussi C i c , Ph. 2, 74 : quo se ucrleret non habebat « il ne savait où se tourner ». Voir Ernout, M. S. L. XV (1908), p. 322 sqq. § 225. L e d é p o n e n t . — Les verbes « d é p o n e n t s » (cf. E r n o u t , Morph., § 169) forment un groupe p l u s i m p o r t a n t que les médiopassifs. Ce sont e u x aussi d'anciens moyens. Mais ils n ' o n t plus en général d'actif correspondant et a u q u e l ils s'opposent : isolés sont des exemples c o m m e liceri « m e t t r e en v e n t e » en face d e licere « être mis en v e n t e » ; pignerari « se faire donner (prendre) en gage », en face d e pignerare « donner en gage ». L a p l u p a r t des d é p o n e n t s , transitifs ou intransitifs, n ' o n t q u ' u n e valeur moyenne très affaiblie ; ils indiquent, en général, que le procès est « intérieur » au sujet, ou r a m e n é à lui : irasci, laclari, reminisci, obliuisci, loqiti, fori, mari, nasci, philosophari, populari, etc. La raison qui, à l'origine, les avait fait ranger dans cette catégorie s'était pour beaucoup d'entre eux à peu près effacée. Quelques-uns présentaient une alternance ancienne de formes actives et de formes médiopassives entre l'infeclum et le perfeclum : assentior f assensi ; reuertor f
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rcuerti ; audco j ausus sunt ; confide f confisus sum ; gaudco / gauistts sunt ; soleo I solitus sum ; e t c . L e p a r t i c i p e p a s s é d e p l u s i e u r s d é p o n e n t s a v a i t aussi u n s e n s passif : adeptus « a y a n t a c q u i s » e t « q u i est a c q u i s », cf. SaL, C. y, 3 : adepta libcrtatr ; cenjessus « q u i a a v o u é » e t « qui est a v o u é », cf. aes confessum ( X I I T a b . ) « d e t t e r e c o n n u e », res confessa ( C i c , Ver. 3, 130) « c h o s e é v i d e n t e »; imitatus « q u i a i m i t é » c t « q u i e s t i m i t é 1, cf. affeclus ficli et imitati ( Q u i n t . 11, 3, 61) « d e s s e n t i m e n t s feints e t i m i t é s ». D e m ê m e p o u r auspicalus « c o n s a c r é p a r les a u s p i c e s , f a v o r a b l e » ; commentus « i m a g i n é » e t commentatus « p r é p a r é , m é d i t é » (oratio commentata) ; ementitus « i m a g i n é f a u s s e m e n t » ; tneditatus « é t u d i é » ( C i c , de Or. 2, 246) ; populntus « r a v a g é » ; e t c . C e t t e v a l e u r p a s s i v e s ' é t e n d a i t p a r f o i s a u x f o r m a t i o n s p é r i p h r a s t i q u e s d u per/edum : C i c , R. Ain. 37 : quo uno maleficia seelera omnia complexa esse uideantur « t o u s les c r i m e s p a r a i s s e n t c o n t e n u s d a n s ce seul forfait »; SaL, / . 17, 7 : ex libris Punicis... inlerpretatum nobis est « o n n o u s a t r a d u i t d e l i v r e s p u n i q u e s » ; — m ê m e à Vinfcctum : C i c , Mur. 34 : ul, morte eius nuntiata, denique bellum confectum arbitrarctur « au p o i n t (pic s e u l e m e n t à la n o u v e l l e d e sa m o r t la g u e r r e t u t c o n s i d é r é e c o m m e a c h e v é e » (lire : -rcntttr}) ; S.d., / . 3 1 , 8 : quicquid sine sanguine ciuium ulcisci nequitur « t o u t ce q u i n e p e u t ê t r e v e n g é (pie d a n s le s a n g d e s c i t o y e n s ». U n e f o r m a t i o n aussi peu n e t t e (pie le d é p o n e n t é t a i t a p p e l é e à d i s p a r a î t r e . Do b o n n e h e u r e , la l a n g u e p a r l é e e u t d e s d o u b l e t s d e f o r m e a c t i v e : ampleclo, arbitre, contemple, irasco, populo, e t c . L e s l e t t r é s se m o n t r a i e n t p l u s s t r i c t s à m a i n t e n i r le d é p o n e n t . N é a n m o i n s , m ê m e d a n s la p r o s e c l a s s i q u e , essentia se t r o u v e à c ô t é d e assentior, ludifico à c ô t é d e ludificor ; fninio a l t e r n e a v e c punier; comperior, r a r e c t a r c h a ï q u e , e s t r e m p l a c é p a r comperio. Saluerai e s t a t t e s t é a u lieu d e solitus erat d a n s SaL, II. 2, 102, c o m m e reuersus est d a n s N o p . 2, 5, 2, a u lieu d e reucrlil. L ' é l i m i n a t i o n d u d é p o n e n t se p o u r s u i t à m e s u r e q u ' o n d e s c e n d v e r s le b a s l a t i n : P é t r . 4b, 1 : /t< qui poles loquerc, non loquis ; Peregr. Aeth. 12, 3 : et sic cor pi mus egredere de ecclesia; G r é g . T., / L F. 5, 14 : adipiscis ; y, 1 : contemplabamus (Monnet, p . 407 sqq.) ; cf. A u g . , Enarr. Ps. 36, 26 (Serin. 3, G) : fornerat (~ foencratur). Inversement, par un faux purisme, la v o i x d é p o n e n t e était a t t r i b u é e à dos v e r b e s q u i n e l ' a v a i e n t j a m a i s oui; a u p a i a v a n t : P é t r . 57, 3 : qui rideatur alios « q u i se m o q u e d o s a u t r e s » (-= rident) ; uelor p o u r uelo, C. I. !.. V, 3 0 0 b ; dul/ilor p o u r dubilo, C. E. 613, 1 0 ; paeniteor, I t a l a , Luc 17, 4 (cod. Cant.), d ' a p r è s μετανοοΰμαι ; c i c
§ 22(5. Passif Impersonnel. — Le sens impersonnel, propre à la désinence -r de l'italo-celtiquc, subsistait à la 3 e personne sg. du passif pour exprimer la notion verbale pure ct simple sans considération du
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sujet agissant. Cet emploi, qui était procbe de l'indéfini (§ 170), existe pour les verbes intransitifs comme p o u r les transitifs, à l'infecium et a u perfectum : eras petilo, dabitur « d e m a n d e d e m a i n , il t e sera d o n n é (on ne précise p a s p a r qui) » ; ilur «. on v a » ; uentum est « on vint » ; pugnatum est acriter « on c o m b a t t i t vigoureusement » ; de m ê m e , PL, Pe. 309 : ut ualetur? « c o m m e n t cela va-t-il? ». L'infinitif passif a p p a raît de m ê m e avec c e t t e v a l e u r impersonnelle : ad arma concurri oportet, et aussi l'adjectif en -ndus a u n e u t r e sg., soit c o m m e passif : audiendum est (Ter., Hau. 321) « il faut écouter », soit c o m m e d é p o n e n t : proficiscendum est (Cic, Fi. 3, 73) « il faut p a r t i r ». Le passif impersonnel n'est plus qu'une survivance. En osco-ombrien et dans les langues celtiques, il admet encore un complément direct d'objet à l'accusatif. Le latin n'a pas d'exemple sûr d'une construction de type *hanc rem paratur, cf. A. Ernout, M. S. L. XV (1908), p. 290. Aussi, pour les verbes transitifs, le passif impersonnel n'apparaît-il que dans quelques tournures absolues : Ter., An. 403 : curabitur « on y veillera » ; Vg., B. 1, 12 : turbatur agris « il y a du trouble dans les campagnes », souvent avec un qualificatif : Ter., Ad. 951 : rede datur « le don est bien placé », ibid. 955 : et didumst uere « la sentence est juste », ou avec une complétive : dicitur « on dit » -f prop. inf. ; curabitur ut (PL, Cas. 131) « on aura soin que ». Pour les verbes intransitifs, surtout avec un complément au datif, il est mieux représenté : C i c , de Or. 2, 210 : inuidetur praestanti florentique fortunae « il est porté, c.-à-d. on porte envie à une situation élevée et prospère », alors qu'en grec la construction personnelle (φθονούμαι) est courante. Celle-ci, néanmoins, s'introduit dans la langue familière : Hor., A. P. 55-56 : ... adquirere pauca \\ si possum, inuideor... « si je puis faire quelque petit gain, on me jalouse » ; également, Caecina ap. C i c , Fa. 6, 7, 2 : si seit et persuasus est, au lieu de ei persuasum est ; C. I. L. P , 593, 159 : quei lege pl(ebei)ue sc(ito) permissus est « qui a été autorisé par... » ( = cui permissum est). Parfois même, le verbe reçoit un complément à l'ablatif avec ab : Vitr. 2, 9, 14 : larix... ab carie aut a tinea non necclur « le mélèze n'est attaqué ni par la moisissure ni par les vers ». En plus de l'influence du grec, ce passage à la tournure personnelle était facilité par le fait (pic certains verbes, quoique intransitifs, possédaient un cidjectif en -IIIîKS : C i c , Cad. 51 : in legatis insidiandis « dans le fait d'attenter à des envoyés » (malgré insidiari alicui) ; Liv. 8, 36, 7 : medendis corporibus « en soignant les corps » (malgré mederi alicui). Un accusatif complément de l'impersonnel apparaît — du reste, rarement — avec le neutre de l'adjectif en -ndus (§ 296). Hors de là, il n ' y a que
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des traces isolées et presque toutes tardives ct douteuses : Per. Aeth. 25, 3 : et sic fit orationcm (sic A ; oratio edd.), où derrière fil se profilerait le fr. « on fait (une prière) »; peut-être déjà Pétr. 71, 10 : faciatur. si tibi uidetur, triclinia (ou bien, féminin sing.?) ; sûrement avec un participe à l'ablatif : Jord., Get. 25, 132, el 53, 273 : quod comperto « après qu'on eut appris cela ». § 227. P a s s i f p e r s o n n e l . — Seuls les verbes transitifs ont en général un passif personnel. Mais l'équivalence établie habituellement entre la t o u r n u r e active (me diligit paler) et la t o u r n u r e passive (a paire diligor) est imparfaite et secondaire. Le passif personnel, en effet, n'implique p a s nécessairement que le sujet subit l'action. Souvent il garde la valeur de l'impersonnel, d é s i g n a n t un é t a t ou une action i n d é p e n d a m m e n t de t o u t sujet déterminé, ce qui en fait aussi une expression de l'indéfini : PI., Cas. 121 : dabitur tibi amphora. « on te donnera une a m p h o r e » (la question de savoir qui la donnera n ' i n t é resse pas) ; PL, Mi. 674 : quod sumilur « ce qu'on dépense », en face de v. 673 ; si quid sumas (2° pers. indéf.). Cette valeur peut être sensible même à une i r c personne : Ter., Ad. 911 : iam lepidus uocor « voici qu'on m'appelle c h a r m a n t ». 'fous les verbes transitifs, du reste, n'ont pas de passif. Alors, c'est un autre verbe qui en tient lieu : fia, par ex., pour facio, sauf faciendus et f/idus ; disco « je suis instruit » pour doceo « j'instruis » (doccor est postclass.) ; inlerco « je péris » pour interficio « je tue » ; pcre.o « je suis perdu » et uctico « je suis mis en vente » pour perdo et pour uendo : proprement « je vais (eo) à ma perte (perce), en vente (uenum eo) », — sauf, toutefois, perdiius, perdendus, uenditus, ucndendtts ; etc. Des périphrases servaient de passif au déponent : usiti esse « être utile, utilisé », en face de uti ; admirationem habere (mauere) « être admiré », en face de admirari. § 22H. C o m p l é m e n t du p a s s i f . - Le passif a son complément à l'ablatif seul pour les noms de choses, à l'ablatif précédé de ab pour les n o m s de personnes on assimilés. Cette répartition reste toutefois extérieure Le complément à l'ablatif seul est un i n s t r u m e n t a l m a r q u a n t la cause : macrore canficior « je suis accablé de chagrin » ; cf. Ces., B. G. 2,
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17, 5 : his rebus cum iter... impediretur ; — ou le moyen : PI., Tri. 39 : larem corona nostrum decorari nolo « je veux que notre dieu Lare soit honoré d'une couronne » ; et une personne peut servir de moyen : Cic, Sest. 95 : qui slipatus semper sicariis, saeplus armalis... fuit « qui a toujours été protégé par dès assassins, entouré d'hommes en armes », sauf que dans ce cas l'ablatif est concurrencé par per -f accus. : Ter., Ph. 28, et supra, § 113. L'ablatif avec a ou a b des noms de personnes désigne l'agent ; mais c'est, à l'origine, un ablatif proprement dit, indiquant de qui provient l'action : Ces., B. G. 5, 30, 1 : cum a Cotta... resisterelur « comme il y avait de la résistance de la part de Cotta » ; ibid. 2, 1, 3 : quod ab nonnullis Gallis sollicitarenlur « parce qu'ils étaient l'objet de sollicitations de la part de nombreux Gaulois ». D'où, en opposition avec per marquant l'instrument : Cic, R. Am. 80 : quid ais? uulgo occidebantur? per quos ct a quibus? « (les gens) étaient massacrés en masse? par (la main de) qui? ct sur l'initiative de qui? ». La nuance apportée par ab est parfois celle de la séparation : deseri-a re, a mente, et aussi a uiribus defici (Ces., B. C. 3, 64, 3) « être abandonné de ses forces », ou encore le point de vue : Cic.,'Br. 233 : mediocriter a doctrina instructus « moyennement, pourvu sous le rapport de l'éducation », comme ualeo a pecunia (§ 108). L'ablatif précédé de a ou ab est encore rare en v. latin. Il ne devient plus fréquent qu'à la fin de la période républicaine : le sens de la préposition est alors affaibli, et l'indication de l'origine ou de notions voisines tend à s'effacer. Cependant même ainsi ce tour n'est pas toujours l'équivalent exact de l'actif avec sujet au nominatif. On y retrouve souvent la fonction propre au passif de mettre en relief la notion verbale plutôt que l'agent : Ter., Ph. 854 : sine controuersia ab dis solus diligere « tu es sans conteste le seul chéri des dieux » ; Ces., B. G. 2, 26, 3 : cursu incitato in sumnto colle ab hostibus cotispiciebantur « ayant pris le pas de course, ils étaient aperçus de l'ennemi au sommet de la colline »; dans le premier passage, c'est l'idée d'une affection unique, dans le second, celle d'une apparition soudaine qui sont ainsi soulignées. Voir A. Ernout, op. cit., p. 329 sqq. La construction du passif avec ab convient d'une façon générale aux êtres animés : ainsi, pour les animaux : Cic, Ft. 2, m : superamur a bes-
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tiis ; Leg. i, 4 : ab aquila... imposilum, et, également pour les choses ou notions impliquant l'idée d'une activité (luna, sol, natura, uirtus, etc.) : C i c , Cat. 2, 25 : ab his uirtutibus tot uitia superari ; d'où, par extension : C i c , N. D. 2, 139 : adde ncruos a quibus arltts conlinentur ; etc. Elle s'est également appliquée à des verbes intransitifs de sens passif : C i c , Ac. 1, 29 : nihil enim ualentius esse a quo (mundus) inlercat « qu'il n'existe pas de cause plus forte qui puisse le détruire » ; Sén., Contr. 9, 4, 2 : a lyranno... uapidaui « j ' a i été frappé par le tyran », emplois repris et développés par les poètes : Ον., M. 5, 192 : a tanto cecidisse uiro « être tombé sous les coups d'un tel homme » ; cf. aussi § 78. § 220. Cas d'attraction. — Il arrive qu'en v. latin les auxiliaires possum, queo, ncqiteo, debeo, lorsqu'ils ont un infinitif passif pour complément, prennent eux-mêmes la forme passive par assimilation : PL, Pe. 194 : (ul) nec subigi queantur « sans pouvoir être contraints » ; Caton, Agr. 154 : uti (labrum) trans/erri possitur « de manière à pouvoir être porté » ; Cael. Antip. 7, p. 148 Peler : sine periculo bellum geri poleralur « pouvait être menée »; cf. Lucr. 1, 1045 : quealur ; SaL, J. 31, 8 : nequilur. Au perfectum : Ter., Her,. 572 : forma in tenebris nosci non.quita est « ses traits ne purent pas être distingués ». De même, coepi et desii (4- inf. passif) tendaient à être remplacés par cecpltts, desitus sum : PL, Men. 718 : iure (Hecuba) coepta appellari est Canes « Héc.ube a reçu à bon droit le surnom de Chienne », et ces formes — à la différence des précédentes — sont admises dans la prose classique : C i c , Br. 26 : qua in urbe primum... litteris oratio est coepta mandari « ville où pour la première fois un discours commença à être confié ( = fut confié) à l'écriture »; 123 : ueteres orationes... a plerisque legi sunt desitae « les discours des anciens orateurs ont cessé d'être lus par le plus grand nombre ». Cf., au contraire, Cic, Ver. 4, 133 : indicia seuera Romae fieri desierunl « il cessa d'y avoir des jugements rigoureux » ; Br. 106 : plura fieri indicia coeperunl « les débats judiciaires commencèrent à devenir plus nombreux » (peut-être parce que fieri était perçu comme un moyen = γίγνεσθαι?). Ces formes passives coeptus sum et desitus sum étaient des accommodations
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§ 230. V e r b e s I m p e r s o n n e l s . — Indépendamment du passif impersonnel, le latin possède des verbes impersonnels de forme active : a) Impersonnels désignant des phénomènes atmosphériques : pluit « il pleut », niuit, ninguit « il neige », lucescil « le jour vient », uesperascil « le soir tombe », tonat « il tonne », proprement « il y a pluie, neige, tonnerre, etc. ». La construction personnelle se présente aussi : luppiter tonat, fulgurat, loue fulgente, luppiter tonans, ou encore is dies illuxisset (Cic, Diu. ι, go) ; mais rien ne prouve qu'elle soit primitive : l'introduction des grands dieux étant relativement récente, le nom de la divinité a dû ne s'adjoindre que secondairement pour présider à l'activité désignée d'abord d'une manière impersonnelle. Dans PL, Cit. 182 : hoc... lucebit, un pronom neutre joue comme en français le rôle de sujet : « il va faire jour », cf. Mi. 218. Ces verbes ont quelques traces d'impersonnel en -r : caletur « il fait chaud » (PL, Cap. 80), et aussi nubilabilur (Caton, Agr. 88, 2) « le temps sera couvert », à côté de nubilarc coepit (Var., R. R. 1, 13, 5). b) Impersonnels de Konfinien! : type encore usuel, mais de caractère archaïque : (me) miserct, (me) pacnilct, (me) pi get, (me) pudet, (me) taedet (cf. supra, § 24) ; cf. en allemand « (es) mich friert, hungert, dürstet », en fr. « il me souvient ». Trois de ces verbes ont, en outre, conservé un perfectum impersonnel : (me) misertum est pour miseret ; (me) puditum est pour pudet ; (me) pertaesum est pour taedet ; à côté de (me) puditum est apparaît d'ailleurs (me) puduit (Ter., Tib., Ον., Sén.). Les sentiments désignés par les verbes de ce groupe semblent s'imposer à l'individu comme des forces étrangères et inconnues ; et ce fait peut expliquer l'emploi et le maintien de l'impersonnel. Au parfait impersonnel (me) misertum est correspondait également un présent passif (me) miscrelur : Cic, Ver. 1, 77 ; Lig. 14, d'après Priscien. De même, uercor « je crains » avait un ancien parfait impersonnel : (me) ueritum est (Cic, Fi. 2, 39), et aussi un présent de même nature, celui-ci non classique : Atta, Com. y (Ribb.) : nihilne te populi uerctur? « n'as-tu aucune crainte des gens? ». Dans Pétr. 47, 4 : non est quod Mum pudeatur « il n'a pas de honte à avoir » = pudeal, il s'agit d'une fausse élégance. Un reste d'emploi impersonnel est également attesté pour doleo, sur-
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lotit accompagné d'un datif d'intérêt : PL, Ep. 147 : mihi dolel, cum ego uapulo « c'est moi qui ai mal, quand c'est moi qu'on bat »; Tru. 768 : manibu's plus dolel « il vous en cuit davantage aux mains » ; C i c , Mu. 42 : cui dolel, memini t « qui pâtit, se souvient » ; Plin., Ep. 3, 16, 6 : non dolet, l'acte « cela ne fait pas mal, Peius ». Peut-être l'usage était-il anciennement plus large et s'étendait-il aux verbes de sensation en général. c) Impersonnels indiquant la possibilité, la convenance, la nécessité, l'événement, etc. : libet « il plaît » ; licet « il est loisible » ; decet (dedecet) « il sied (il ne sied pas) » ; necesse est, oportet « il faut » ; liquet « il est clair » ; accidit, contingit, citenit « il arrive », expedit « il est expédient », praestat « il vaut mieux », ces derniers verbes, comme du reste decet, n'étant que partiellement impersonnels. L'infinitif, la proposition infinitive ou la complétive avec ut, qui dépendent de ces différents verbes, étaient plutôt leur complément d'objet que leur sujet (§ 272 a). 11 y avait en potest un ancien impersonnel (pote est) « il est possible », qui subsiste dans les formules non potest (Ter., Ph. 303) « cela ne se peut pas », ul potest (Cic, Fa. 1, 2, 4) « autant qu'il se peut », polest ut... (PL, Ps. 6.33) « d se peut que... »; cf. la phrase nominale : potin ut...? (l'L, Ter.) « est-il possible (pie...? », c.-à-d. polisne ut...? Par souci de netteté, la langue littéraire préfère une tournure plus explicite : fieri potest (ut) « il peut se faire ((pic) ». Mais, en dehors d'elle, potest a continué de s'employer seul comme impersonnel : Peregr. Aeth. 2, y : quod, antequam (montent) subcas, facere non polest « et cela, avant de gravir (la montagne), il n'est pas possible de le faire » ; Mul. Chir. 737 : haec omnia conlemnere potest, si... « il est possible de mépriser tout cela, si... ». Dès le début de l'époque impériale se rencontre uacat mihi « il y a loisir do », Ον., Pline, Quint., etc. Et, en bas latin, sont parfois traitées comme impersonnelles les formes debet = δει, d'après oportet (Mul. Chir. 452) ; ualet « il est possible », d'après polest ; horret « il répugne de », d'après pi get. Habet apparaît aussi au sens de « il y a », avec un accusatif d'objet : par ex., Vopisc, Tac. 8, 1 (Script. H. Aug.) : habet in bibliolheca Vlpia librum elephantinum « il y a dans la bibliothèque Ulpia un livre d'ivoire »; Peregr. Aeth. 1, 2 ; cf. Locfstcdl, Komm., p. 43 sqq. Également, facil frigtis « il fait froid » (Aug., Serin. 25, 3, 3) et, dans les gloses, sera facit (C. G. L. V, 335, 25) « il se fait tard ». § 281. Développement de la tournure personnelle. — Bien que l'emploi
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impersonnel se soit sur certains points maintenu, ou même développé, il y avait une forte tendance contraire vers la tournure personnelle. En particulier, les impersonnels de sentiment paraissaient isolés au milieu de verbes de sens voisin, mais tous personnels : audio, esurio, sentio, uideo, etc. Dès a v a n t l'époque historique, uereor s'est substitué à me ueretur, comme dolco à mihi dolet. De même, plus tard, au lieu de (me) miseret, (me) pudet, etc., on a été porté à dire : soit res me pudet avec le ;nom de chose pour sujet : Ter., Ad. 754 : non te haec pudent? « tu n'en as pas honte? »; Lucain 8, 495 : quem saeua pudebunl « qui aura honte de la cruauté », construction à laquelle contribuait l'existence des participes ou adjectifs verbaux paenitens, pudens, paenitendi, pudendi, paenilendus, pigendus, etc. ; soit misereo, pudeo avec le nom de la personne pour sujet : P L , Cas. 877 : ita nunc pudeo « j ' e n rougis de honte » ; Enn., Se. 197 : miserete « ayez pitié »; Pacuv. 31 (Ribb.) : proloqui paenilcbunl ; cf. Liv. 36, 22, 3 ;Apul., M. 4, 33, 3 : pigens ; Itala, Jcr. 15, 9 (Irért. 4, 33, 12) : taeduit anima eius ; cf. aussi Luc 17, 4 (cod. Cant.) : paeniteor, avec extension au déponent d'après misereor (§ 225). Licet se trouve assez souvent avec un pronom neutre pour sujet : Cic.·, Ver. 3, 222 : si id licebit ; 225 : /10c mihi licuit, parfois au pluriel : Sén., Clem. 1, 18, 2 : cum in seruum omnia liceant « bien que t o u t soit permis à l'égard d'un esclave ». Oportet apparaît de même avec un sujet chez l'annaliste Caelius Antipater, frg. 36 Peter : ul ea quae oportuerint, fada non sint ; à basse époque également : Theod. Mops., in Ep. ad Timoth. 1, 5, 17 : illa facere quae fieri oportent ; cf. Grég. T., Mart. 1, 32 (Loefstedt, Komm., p. 46). La même tendance à réduire la part de l'impersonnel explique la construction de opus est avec un nominatif sujet ( § 116) et la substitution de dicuntur Galli uenisse à dicitur Gallos uenisse (§ 827), et aussi — avec l'adjectif en -ndus — des tournures du type : C i c , Of. 3, 104 : non fuit luppiter metuendus, ne iratus noceret ; Vitr., 1,6, 12 : (umbra) exspectanda est, dum decrescat, au lieu de non fuit metuendum ne luppiter noceret ou de exspedandum est dum umbra decrescat.
Verbes transitifs, intransitifs et pronominaux § 232. Il n'y a pas entre verbes transitifs et verbes intraneitifs une distinction absolue. Et le passage d'une catégorie à l'autre était fréquent. Au cours du latin, l'extension de l'accusatif d'objet amène de
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nombreux intransitifs à s'employer transitivement. On a vu aussi (§ 27) que des simples intransitifs avaient des composés transitifs : ire I adiré aliquem. Inversement, des verbes transitifs devenaient intransitifs en composition : differre « différer », en face de ferre « porter » ; deficere « manquer de », proficere « progresser », proficisci « partir », sufßcere « suffire », en face de facere « faire », etc. Beaucoup de transitifs employés absolument, c.-à-d. sans complément d'objet exprimé, ne se distinguaient pratiquement plus des intransitifs. Ainsi, imponere alicui (Cic, Q. fr. 2, 4, 5 ; Nep. 18, 5, 7) « en imposer, donner le change à qqn » ; amare « avoir une maîtresse » (Ter., An. 185) ; accipere « toucher », s e de l'argent (Cic, Cl. 75) ; Ienere, au double sens (non class.) de « être dans un lieu », d'après tenere locum, et de « durer », d'après pugna tentât diem ; Vg., En. 2, 505 : tenait Danai qua deficit ignis « les Grecs sont partout où la flamme n'est pas » ; Liv. 23, 44, 5 : imber conlinens per nodem totam... tenuit « une pluie ininterrompue dura toute la nuit ». Ces emplois absolus apparaissent dans plusieurs expressions techniques : ducere (se exercilum) « marcher, passer » ; mouere « partir » (se castra ou signa) ; mercri « servir » (se stipendia) ; conscendere « s'embarquer » et appcllcre « aborder » (se nauem) ', soluere « appareiller » (se ancoram) ; tenere « se diriger » (se cur sum nauis). De même : obire, occumbere « mourir » (se mortem), ou encore agere « passer sa vie, vivre » (SaL, Liv., T a c , poètes), c.-à-d. uitam. Le complément d'objet est rétabli d'une manière toute théorique, et le verbe se suffit à lui seul. Même dans la prose classique, des verbes transitifs sont employés absolument avec un complément de valeur partitive introduit par de ou ex : Cic, FI. gr : dat de Utero « il paye sur ses bénéfices » ; Ver. 3, 120 : recitarc ex litteris publias « donner lecture d'après les registres officiels » ; ce complément est, du reste, très près de devenir l'équivalent d'un régime direct : — « donner lecture des registres officiels ». § 233. Il n'est pas rare qu'un même verbe soit à la fois transitif et intransitif : concede « le céder à » ou « se retirer » et « concéder qqe ebose » ; siipcro « surabonder » ct « surpasser qqn » ; uindico « sévir » et
TRANSITIFS, INTRANSITIFS, PRONOMINAUX
213
« revendiquer ». Verlere a la double valeur du fr. « tourner » dans « tourner lé dos » et « la terre tourne », inclinare celle de « pencher » dans « je penche la tête » et « là tour penche ». Mutare signifie « changer (déplacer) une chose », et aussi « être l'objet d'un changement », surtout à l'époque impériale : mores mutauerunt « les mœurs ont changé », cf. Liv. 39, 51, 10 ; de même : insinuare « faire pénétrer » (aeslum, Lucr. 6, 860) et « pénétrer » (in causam, Cic, de Or. 2, 149) ; mouere « mouvoir » et « trembler », cf. Liv. 35, 40, 7 : terra mouit. Habere, enfin, quoique essentiellement transitif, a cependant un reste d'emploi intransitif dans la locution bene habet « cela va bien, c'est bien », et, en v. latin, au sens de « habiter » : PL, Men. 69 : qui Syracusis habet « qui habite à Syracuse » : cette dernière acception a ensuite passé au fréquentatif habitare. La langue parlée témoigne parfois d'une certaine tendance à user de la construction intransitive : PL, Mi. 583 : irae leniunt « les colères s'apaisent »; Tab. Def. (Jeanneret, p. 144) : maie perdat pour se perdat; Commod., Inslr. 1, 30, 9 : uixit et exlinxit pauper « il vécut et mourut pauvre ». Les intransitifs sont considérés en général comme n ' a y a n t pas de passif. Mais cela provient de l'idée que passif et actif sont exactement réversibles : amor a paire = pater me amat, ce qui n'est vrai qu'en partie. E n fait, il y a les passifs du type inuideor ( § 226) et ceux de la figure étymologique : terra regnata Lycurgo (§ 84). D'autre part, les intransitifs s'employaient au passif impersonnel : ilur « o i \ v a » ; et le glissement était parfois facile à la tournure personnelle : dans Liv. 10, 5, 14 : id unum non ambigitur consulatum cum Apuleio Pansa gessisse, on peut entendre « en ceci seulement il n'y a pas contestation... » (accus, de relation), mais aussi bien : « cela seul n'est pas contesté... » (nominatif sujet), comme du reste : C i c , de Or. 2, 110 : (causae) quae propter scriptum ambigunlur. Enfin, à basse époque, des intransitifs recevaient — par confusion — la forme passive : Grég. T., Mari. 1, 35 : cum colidie agerelur deterius « comme il allait plus mal chaque jour » ( = ageret) ; cf. Bonnet, p. 6 3 3 ; Mulom. Chir. 929 : coeunlur, pour cacunt. Au pariait, C. I. L. VI, 17633 : sorores una die obitae sunt ( = obierunt). Dans une lettre à Pline (10, 46), Trajan écrit déjà : praeteritus est dies ( = praeteriil), d'après l'emploi du participe praeteritus au sens de « passé, écoulé ». C'est l'annonce de la construction française : « il est venu ».
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LA PHRASE SIMPLE
§ 234. Le pronominal avait le plus souvent nn sens réfléchi avec lequel il suppléait le médio-passif : me excrucio — excrucior (cf. § 223). Mais par affaiblissement il prenait aussi nne simple valeur intransitive, surtout .avec des verbes de mouvement : PL, Tri. 1078 : quo tu te agis? « où t'en vas-tu? », à côté de Pe. 216 : quo agis? « où vas-tu? » ; Cic, Al. 4, 15, 2 : recipe le ad nos « reviens auprès de nous », à côté de PL, Ba. 294 : in portum recipimus « nous rentrons au port » ; Ces., B. C. 2, 7, 3 : omnis sese multitudo ad cognoscendum effudit, et Liv. 39, 49, 8 : ad spedaculum omnes... effunduntur. Cf. aussi l'expression sic profedo se res habet « la chose en est assurément ainsi », à côté de bene habet. A époque tardive, l'emploi pronominal s'est même étendu à des verbes exclusivement intransitifs : Peregr. Aeth. 25, 7 : recipil se episcopus et uadenl (c.-à-d. uadunl) se unusquisque « l'évêque se retire ct chacun s'en va » ; Mul. Chir. 220 : humor sudoris... se desidet « se dépose » ; 565 : quod extra digilum se eminebit « ce qui dépassera » ; d'où, par contamination avec le type me miscret, un tour comme paenitebis te (Sort. Sang. 2, io), cf. D. Norberg, SynI. Forsch., p . 173. Rapprochez les expressions françaises « se mourir, se taire, se rire, s'en aller » (souvent avec valeur « ingressive »). Parfois, le pronom réfléchi était au datif; la valeur d'intérêt se laisse encore percevoir dans Peregr. Aeth. 4, 8 : et sic, quia sera erat, gustatiimus nobis « nous prîmes notre collation ». Mais il arrive aussi qu'elle soit complètement eflacée : Ant. Placent., Hin. 36 : ambulauimus nobis per heremum « nous nous en allâmes par le désert » ; Mul. Chir. 681 : slalim fugiel sibi, cf. fr. « il s'enfuira » ; Peregr. Aeth. 36, 5 : sedete uobis « reposez-vous ». Voir E. Locfstedt, Komm., p. 141 et 312 sqq. En même temps, le pronominal se rapprochait du passif, au point de lui être substitué : Pline, Nat. 5, 121 : Myrina quae Sebaslopolim se uoeat, c.-à-d. uocatitr ; Pallad. 3, 25, 18 : mala rotunda... tolo anno seruare se possunt « les pommes rondes peuvent se conserver toute l'année » ; se sanare est courant pour sanari dans la Mulomcdicina Chironis. Cette fonction du passif survit en français : « cela se dit » (— dicitur, ou dici sold).
CHAPITRE
VI
LE SYSTÈME VERBAL. ASPECT ET TEMPS § 28«. Le s y s t è m e v e r b a l . —· Alors que les « voix » précisent la situation du sujet par rapport au procès, les variations temporelles et modales du thème concernent la représentation du procès lui-même. Le latin a trois modes, c.-à-d. trois manières (modus) de présenter l'énoncé du p:>int de vue de son affirmation : l'indicatif, le subjonctif, l'impératif. Ils constituent pour les grammairiens anciens le uerbum finilum, c-à-d. « défini », parce que portant indication de la personne L'infinitif et les différents participes sont des formes nominales rattachées au verbe qui ne font qu'accessoirement fonction d'énoncer ; ils étaient appelés uerbum infinitum (« non défini »), parce qu'ils n'indiquent pas la personne. Le système verbal du latin se réduit à deux modes essentiels : l'indicatif et le subjonctif. Ceux-ci sont conçus comme s'opposant. L'Indicatif énonce un bait comme actualisé dans le présent (uenio, ueni), dans le passé (uenitbam, ueni, ueneram), ou comme devant l'être dans l'avenir (ueniam, uencro). La négation est non. Le subjonctif se définit comme mode du non-actualisé. Il comprend évidemment à ce titre le non-réel, c'est-à-dire la volonté, le souhait, le possible, l'éventuel, l'irréel, e t c . ; mais cela lui vaut, en certains emplois subordonnés (infra, p. 202), de s'appliquer également au réel, lorsque celui-ci, n'étant pas envisagé pour lui-même, n'est plus de ce fait énoncé comme actualisé. Négation ne pour la volonté ; ailleurs, non. § 280. Les formations temporelles de l'indicatif ct du subjonctif sont disposées symétriquement ct se correspondent à l'intérieur de deux séries : celle de l'Infectum propre à l'action en cours, celle du perfectum propre à l'action achevée 1 . 1. C'est, du reste, le sens mfime des deux termes latins : injectum « qui n'est pas accompli » (avec in- privatif), perfectum t qui est accompli ». Ils sont déjà employés par Varron.
2I()
LA PHRASE SIMPLE
L'indicatif a trois temps d'infedum (présent, imparfait, futur) et trois temps de perfectum (parfait, plus-que-parfait, futur II ou futurum exaction) . Le subjonctif n'a (pie deux temps à Vinfedum (présent, imparfait) et deux temps au perfectum (parfait, plus-que-parfait). Il ne possède pas de futur, car la plupart des notions exprimées par lui concernent l'avenir, ct il a fourni lui-même le futur à la 3 0 ct à la 4" conjugaison (legain, captant, audiam), celui des deux autres (amabo, delebo) étant une innovation secondaire. Infedum
Indicatif
Subjonctif
: présent imparfait futur
présent imparfait
Perfectum : parfait plus-que-parfait futur II
parfait plus-que-parfait
A cet ensemble, il manque la série de l'aoriste grec, qui indique l'action verbale en elle-même, sans considération de durée ou d'achèvement : ίποίησα n je fis », avec notion de passé exprimée par l'augment ; ποιήσω « que je fasse », ποιήσαιμι « puissé-jc faire ! » (sans valeur passée). L'absence d'aoriste eut pour effet de charger le parfait latin de la double valeur de parfait proprement dit ct de passé historique : feci équivaut à πεποίηκα et à έποίησα ; même, dans certains cas, feccris est « atemporel » comme ποίη σης / ποιήσειας. Morphologiquement, du reste, on reconnaît dans le perfect tum latin d'anciens thèmes d'aoriste : dixi = ϊ-δειξ-α, feci = ϊ-Οη-κα, à côté d'anciens parfaits : dcdi, cf. δέδοται, memini, cf. μέμονα. Les grammairiens latins avaient conscience de cette double valeur de leur parfait : Diomède, G. L. K. I, p. 336, 10 : lempus perfectum apud nos pro άορίστω καΐ παρακειμένφ iiald; cf. Priscicn, ibid. I I , p . 445, 20 sqq. § 237. L'aspect. — En plus du temps et du mode, le verbe exprime l'aspect, c.-à-d. qu'il indique où en sont l'action et l'état du point de vue de leur développement, par exemple s'ils sont en cours, ou bien à leur début, ou bien réalisés, etc. L'expression de l'aspect est beaucoup moins poussée en latin que dans certaines langues (grec, slave, etc.). Néanmoins, la distinction de Y infedum et du perfectum en est une forme. D'autre part, il existe, hors de la conjugaison, une opposition (rappelant celle du présent et de l'aoriste) entre l'aspect indé-
L'ASPECT
217
terminé : action se poursuivant sans limitation, et l'aspect déterminé : action ou état pris en un point de leur développement (commencement, arrivée au terme) ; action considérée dans le temps comme un événement ou un point ; notion verbale considérée en elle-même. Cette opposition du déterminé et de l'indéterminé n'avait pas une expression morphologique spéciale, le latin n'ayant pas d'aoriste. Aussi n'a-t-elle pu se traduire qu'en dehors du système verbal par des moyens disparates et d'importance restreinte. Un procédé ancien consistait à utiliser des racines différentes pour un même verbe. Fero était d'aspect indéterminé : = « je suis en train de porter » ; mais, à cause de cette valeur durative, le perfectum (tuli) est emprunté à un verbe de caractère déterminé : tollo « je soulève ». Ou bien, c'étaient des formes alternantes d'une même racine : sisto « je m'arrête » (action aboutissant à son terme), en face de s/o « je me tiens debout » (état qui dure) ; sido (de *sisdo) « je m'assieds » (déterminé), en face de sedeo « je suis assis » (indéterminé). Le suffixe -sco indique que l'action ou l'état commence à prendre une certaine intensité, ct il désigne ainsi le début de l'action : senesco « je deviens vieux » ; nosco (cognosco) « je commence à connaître » ; scisco « je cherche à savoir » ; cresco, suesco, calcsco ; etc. Les présents à nasale infixée sont d'aspect déterminé : frango « je brise » (acte momentané) ; de même, iungo « j'unis » ; linquo « j ' a b a n d o n n e »; pango « je fiche, j'établis solidement, je conclus (un traité) »; etc. Aussi, en face de cubo et de ses composés (accubo, excubo, occubo, procubo, etc.), qui désignent l'état d'être couché, le type -cumbo (accumbo, decumbo, discumbo, occumbo, etc.) marque l'acte de se coucher (aspect déterminé) pour se mettre au lit, à table, pour mourir, etc. L'opposition était, en outre, soulignée par la différence de conjugaison : accubare, excubare, occubare f accumberc, decumbere, occumbcrc. Do « je donne » est déterminé ; dono, déncuiiinatif de donum, est indéterminé : « j'accorde en don ». Mais ce ne sont là que des faits anciens ou isolés. Plus important paraît avoir été l'emploi des préverbes. Beaucoup d'entre eux apportaient, en effet, une détermination qui limitait la notion exprimée par le verbe simple : Lucr. 3, 1068-9 · h°c * e quisque modo fugil, al... |! effugere haut polis est... « c'est ainsi que chacun cherche à se fuir » (indéterminé), mais est incapable d'échapper à lui-même (déterminé)... ». Certains préverbes, surtout con- et ob-, en arrivent à perdre toute valeur sémantique pour ne plus marquer que l'aspect déterminé.
2l8
LA PHRASE SIMPLE
Le composé indique ainsi : l'action à son début ou l'entrée dans l'état : uigilare « veiller » (durée, aspect indéterminé), mais aduigila (PL, Pe. 615) · ouvre l'œil » ; placere t plaire » (état qui dure), mais quod complacitumst semel (PL, Am. 106) t l'objet dont il s'est épris » (entrée dans l'état) ; eo t je vais » (durée), mais abeo « je m'en vais » ; — l'action qui arrive à son terme ou à un résultat : scquor t je suis » (indéterminé) et consequor t j'atteins » (déterminé) ; oro « je demande » et exoro « j'obtiens par demande » ; caedo « je frappe » et occido « je frappe à mort, je tue » ; bello « je fais la guerre » ct debello « je termine la guerre » ; — l'acte ou le fait en lui-même : aspicio, conspicio « j'aperçois » (acte instantané) et uideo « je vois » -(sensation durable) ; le simple specio était à peine attesté ; de même : cottclamo « je pousse un cri, je m'écrie », en face de clamo « je crie » (répétition et durée) ; collabor « je m'écroule », en face de labor « je glisse ». Les verbes d'événement ( = « il arrive »), type essentiel d'aspect déterminé, sont tous des composés : accidit, conttngit, obtingit, euenit. Cf. aussi une opposition comme : C i c , Diu. 2, 59 : quasi uero quicquam intersit, mures diem noclem aliquid rodenles, scuta an cribra corroserintt « comme s'il y avait vraiment de l'importance à ce que des souris, qui, jour et nuit, rongent (sans cesse) qqe chose, aient rongé (fait accidentel) des boucliers ou des cribles I » Le participe passé de plusieurs verbes composés indique l'action arrivée à son terme ct, du même coup, l'état qui en résulte : complexus, conserualus, conslilulus, effedus, effitsus, perfeclus, etc. ; par ex. C i c , Fa. 1, 9, 13 : meos dues et a me conseruatos et me seruare cupientes « mes concitoyens que j'avais sauvés (résultat acquis) et qui voulaient me sauver (résultat non encore acquis) ». § 288. L'expression de l'aspect n'était pas sans action sur le chobe du temps. Ainsi, au passé, soleo, le verbe de l'habitude et comme tel indéterminé, se rencontre presque toujours à l'imparfait (solebam). Cupio est fréquent à l'imparfait (cupiebam), parce que le désir implique la d u r é e ; uolo est surtout usité au parfait (uolui), parce que la volonté suppose une décision (aspect déterminé) : le français, moins strict sur ce dernier point, use de l'imparfait : « je voulais ». Des relations existent également avec les infixes et suffixes. Les formations de fréquentatifs en -tare, -itare s'accommodaient mal d'un préverbe donnant l'aspect déterminé : des composés comme condamitarc et crogitarc sont très rares en face de clamitare, rogitare. La nasale qui caractérisait les présents accumbo, decumbo, etc. pour indiquer l'action aboutissant à son terme, n'a plus de raison d'être au parfait (accubui, decubui, etc.), celui-ci spécifiant que l'action est achevée. De même pour les inchoatifs en -sco (calesco), le suffixe -sco ne convenait plus au perfectum,
L'ASPECT
219
celui-ci impliquant l'idée de l'état atteint, tandis qu'un préverbe apparaissait pour souligner cette valeur : d'où l'alternance calesco f concalui ou incalui ; nosco f cognoui ; notesco f innotui ; senesco f corisenui : le préverbe s'étendit, du reste, par analogie à Vinfeclum, bien que ce fût illogique. En outre, ad- et ob-, qui prenaient facilement une valeur ingressive, renforçaient le sens inchoatif du suffixe : adamasco «je m'éprends de »; obdormisco « je m'endors ». Il ne faudrait pas cependant conclure qu'il y eût incompatibilité nécessaire entre un temps d'aspect indéterminé et un préverbe d'aspect déterminé. Sénèque écrit : Ep. 99, 17 : uidet (populus) aliquem conlabenlem « la foule voit-elle qqn qui s'effondre »; la formation durative du participe présent (-labentan) s'allie sans peine avec l'aspect déterminé marqué par le préverbe (COM-). Et peut-être faut-il interpréter de même : Ter., An. 109 : nonnumquam'conlacrumabat « parfois il fondait en larmes, il avait parfois des accès (con-) de larmes (-lacrumabat) ». Enfin, certains préverbes ne donnaient pas nécessairement l'aspect déterminé : tels sont per- dans persequor « je poursuis », in- dans incubo « je couve », con- dans conqueror cum aliquo (Cic, Fa. 5, 2, 6) « je fais part à qqn de mes plaintes » ; etc. § 239. Il y a donc en latin des marques indubitables d'aspect, comme du reste dans la plupart des langues. Mais, en dehors de la distinction fondamentale entre infedum et perfectum, du reste troublée par les diverses valeurs du parfait latin, il ne s'agit pas là d'une catégorie grammaticale nettement déterminée, dont l'expression soit constante et précise : sans doute l'opposition cado f concido ; fugio f effugio ; facio j (con-) efficio a-t-elle une valeur d'aspect nette et certaine ; mais, à côté de ces cas typiques, il en existe quantité d'autres dont l'interprétation est contestable et incertaine. On ne peut considérer la notion d'aspect comme constituant une catégorie grammaticale en latin, et, dans ce domaine, l'examen des faits relève moins de la syntaxe que du vocabulaire et de la stylistique. Beaucoup plus que de l'aspect, le latin s'est soucié de l'expression du temps ct des rapports des temps entre eux. L'antériorité est notée, surtout en proposition dépendante, avec une précision inconnue du
grec (§ 385). Et la distinction entre temps absolus ct temps relatifs a plus d'importance en syntaxe latine que les oppositions d'aspect.
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LA P H ' F A S E SIMPLE
Les temps de l'indicatif § 210. C'est à l'indicatif qu'apparaît le mieux la signification propre des temps. Ils sont absolus ou relatifs. Dans le premier cas, ils situent eux-mêmes dans le temps l'action envisagée de manière indépendante. Dans le second, ils la rapportent à un autre fait qui lui est simultané, antérieur, ou postérieur. Ainsi le présent (facio), le futur (fac.iam), le parfait (feci) sont avant tout des temps absolus : « je fais, je ferai, j'ai fini de faire ou je fis telle chose » (actuellement, ou à tel moment de l'avenir et du passé) ; l'imparfait (faciebam), le plus-quc-parfait (fecerant) sont essentiellement des temps relatifs : « je faisais, j'avais fait une chose » (quand telle autre se produisait ou s'est produite ou avant qu'elle se fût produite). Pour le futur II, la distinction est moins marquée. § 211. Le p r é s e n t . — Le présent, temps d'infedum, indique l'action qui est en coins ou l'état qui existe au moment où l'on parle : domum aedifica « je construis (je suis en train de construire) une maison », csurio « j'ai faim ». Mais son emploi effectif déborde beaucoup ce domaine. Généralement précisé par une particule ou un adverbe, il s'applique à une chose qui a son origine dans le passé : Cic, At. 2, 5, ι : iam pridem cupio «'depuis longtemps je désire ». Ou bien — surtout dans la langue parlée — il désigne l'avenir immédiat : PL, Mer. 963 : iam redeo « je suis de retour dans un instant » ; Ces., B. C. 3, 94, 5 : tuemini castra... ; ego reliquas parlas circumeo « défendez le camp... ; moi je fais (c.-à-d. je vais faire) le tour des autres portes » (paroles rapportées) ; également dans des tours interrogatifs : PL, Men. 176 : iam fores ferio? « alors, je frappe? » ; cf. aussi quid ago? (§ 259). Le présent a, d'autre pari, une valeur « atemporel le » dans les proverbes, maximes, vérités d'expérience : audentes Fortuna iuuat ; cf. Ces., B. G. Λ, io, (1 : libenter homines id quod itolunt credunt « les hommes croient volontiers ce qu'ils désirent ». Dans ce cas, le latin emploie volontiers salco ct l'infinitif : ainsi PL, Poe. 136 : quod dici
LES TEMPS
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sold «„comme on dit », tandis' que coepi et rinfinitif marque la nuance ingressive. Dans les récits, le présent est souvent substitué au passé pour « actualiser » la narration dont il met en relief les faits essentiels. C'est le présent historique, d'ordinaire employé avec une forme passée dans le contexte : Ter., Ph. 862 sqq. : puer ad me adcurrit... ; respicio, rogo... ; hoc ubi ego audita, ad fores... ire perrexi « l'esclave me court après... ; je me retourne, je demande... Lorsque j'eus appris cela, je m'approchai de la porte ». Le présent historique paraît se rattacher à une tradition très ancienne du style annalistique et généalogique : C. I. L. I2, 6, 7 : Taurasia<.m>... cepit, Il sttbigit om«e<»i> Loucanam opsidesque abdouc.it; Liv. 1, 3, 6 : Siluitts deinde regnal; ... is Aencani Siluium creat « ... il a pour fils Énée Silvius ». Cet usage était devenu une élégance du style élevé : Prop. 4, 1, 77 : me créât Archylae subolcs Babylonius Orops « j'ai pour père le descendant d'Archytas, le Babylonien Orops ». De même : Vg., En. 2, 274-5 : hei mihi! qualis erat, quantum mulatus ab Mo \\ Itedore qui redit exuuias indulus Achillil « malheur de moi, ... combien différent était-il de cet Hector qui revient (et (pic je vois encore revenir) revêtu des dépouilles d'Achille »; 9, 266 : cratera... quem dal Sidonia Dido « un cratère... que donne ( = qu'a donné) Didon la Sidonienne ». En pareil cas, le présent fixe une scène ou rappelle un détail caractéristique qui subsiste dans la mémoire. § 242. L'imparfait. — Comme temps d'infedum, l'imparfait indique le déroulement dans le passé d'une action ou d'un état : domum aedificabat « il construisait (était en train de construire) une maison », esuriebat « il avait faim ». Cet emploi est d'ailleurs conforme à ce qu'on entrevoit de l'origine de la formation : ferebam semble bien, en effet, devoir s'analyser en « j'étais (-bam) à porter, j'étais en train de porter ». L'imparfait est ainsi un temps relatif qui se trouve d'ordinaire en liaison avec une formation passée ou de sens passé, par rapport à laquelle il se situe : Ter., An. 69 sqq. : millier quaedam abhinc triennium \\ ex Andro commigranit... (74) Primum haec pudice uitdm parce ac duriter || agebat « une femme voici trois ans émigra d'Andros...
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LA PHRASE SIMPLE
P o u r commencer, elle menait une vie économe et d u r e » ; p a r r a p p o r t à commigranit (fait achevé), uitam agebat désigne une situation qui d u r a i t à p a r t i r de re m o m e n t - l à ; Liv. 21, 46, 4 : consistit utrumque agmen ct ad proelium sese expediebant « l'une et l ' a u t r e a r m é e s'arrête, ct ils se préparaient au c o m b a t » : consistit désigne le fait, expediebant la circonstance qui se développe à p a r t i r de lui. Ou encore : Phèdre, 2, 7, 1 sqq. : midi grauali sarcinis ibant duo; || unus ferebat fiscos cum pcciinia, || aller tum entes multo saccos hordèo...; || subito lalrones ex insidiis aduolanl « deux mulets allaient chargés de bagages (action qui dure) ; l'un portait des paniers avec de l'argent, l ' a u t r e des sacs bourrés d'orge (circonstance concomitante) ; t o u t à coup des voleurs se précipitent (fait i n s t a n t a n é m a r q u é p a r le présent historique) ». Le passé exprimé p a r l'imparfait peut être t o u t récent et se prolonger d a n s le présent : PL, Tri. 400 : sed aperiuntur aedes quo ibam « mais voici que s'ouvre la maison où j'allais » ; As. 392 : Demacnctum ualcbam « je voulais voir D é m é n è t e ». Souvent aussi il s'agit d ' u n e action répétée : Nep. 23, 7, 4 ; Carthaginc quolannis annui bini reges creabantur •< à Cari liage deux rois étaient n o m m é s c h a q u e année pour un an ». Mais l'idée de répétition, quoique fréquente, n ' é t a i t p a s inhérente à l'imparfait, et c'est le contexte seul qui suggère si le fait est répété ou u n i q u e En français, l'imparfait est devenu le temps par excellence de la narration, au lieu du passé défini. Le latin ne va pas aussi loin. Néanmoins, imparfait ct parfait voisinent parfois, sans distinction de sens, par ex. Lucr. 5, 1112 : nain faciès multum ualuit uiresque uigebant · car la beauté était (fut) en grand honneur, et la force était en grande estime » ; Catul. 63, 64 : ego gymnasi fui flos, ego cram decus olei « j ' a i été ( = j'étais) la fleur du gymnase, j'étais la gloire de la palestre ». § 243. L e p a r f a i t . — C'est, comme on l'a vu, à la fois un parfait p r o p r e m e n t dit cl un passé simple (aoriste) : a) Comme parfait proprement dit, il désigne l'action achevée, q u e celle-ci soit le résultat présent d'un passé immédiat : C i c , de Or. 2, 365 : quid mihi tandem /iodic... quod dici possit reliquisti? « que m ' a s - t u
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aujourd'hui laissé à dire? » — ou bien le résultat durable d ' u n acte ancien : C i c , Fi. 1, 23 : ad maiora quaedam nos natura genuit et conformauit « la n a t u r e n o u s a engendrés et formés pour de plus g r a n d s objets ». Le parfait de plusieurs verbes a pu prendre ainsi le sens d'un présent : noui « j'ai fini d'apprendre, je sais » ; consueui « j'ai fini de m'accoutumer, j'ai coutume » ; perii « je suis allé à ma perte, je suis perdu » ; uici « je suis vainqueur » ; constiti « je me tiens arrêté » ; etc. Memini « je me souviens » et edi « je hais » n'avaient ni présent correspondant, ni valeur passée. Coepi, en revanche, a le sens passé de « j'ai commencé », le présent 8'exprimant par occipio, incipio et, dans la langue familière, par coepio, par ex. PL, Men. 960. Ailleurs, le parfait apportait l'idée qu'une personne ou une chose ont cessé d'exister et ne sont plus : type uixerunt « ils ont vécu », c-à-d. « ils sont morts ». Ainsi : Cic, Tu. 1, 87 : triste est nomen ipsum carendi, quia subicitur haec uis : habuit, non habet « le mot « manquer » est affligeant par lui-même, car U implique, l'idée de : on a eu, on n'a plus » ; Vg., En. 2, 325 : fuimus Trocs, fuit Ilium n c'en est fait de nous, Troyens ; c'en est fait de Troie ». Pour souligner la notion d'état acquis, le latin disposait d'une périphrase formée de habeo |- un participe passé passif à l'accusatif ; cf. Ernout, Morphol., § 305, note. Cette périphrase a d'abord été représentée surtout par les locutions cognitum, compertum, exploratum, perspectum, persuasum (habeo), etc. : C i c , Diu. Caec. 11 : quam (fidem) habent spectatam iam et cognitam, ou par des tournures de la langue militaire comme : Ces., B. G. 1, 15, 1 : quem (equitatum) ex omni prouincia coactum habebat ; cf. Liv. 22, 4, 5 ; 31, 21, 7. Mais elle s'étendit ensuite et finit en bas latin par remplacer le parfait lui-même : Grég. T., Pair. 3, 1 : episcopum inuitatum habes « tu as invité l'évêque », et c'est de là que provient le passé composé français : habeo scriptum = « j ' a i écrit ». Teneo jouait parfois un rôle analogue, et il a donné en espagnol l'auxiliaire lener. § 244. b) Comme passé effectif, le parfait latin s'applique à u n événement ou à un fait qui se situe p a r lui-même d a n s le t e m p s et q u e l'on constate sans a u t r e considération, alors q u e l'imparfait en est la description : Ces., B. G. r, 25, 1 sqq. : Caesar... cohortatus suos protlium commisil; milites... hostium phafangem perfregerunt; ea disiecta, gladiis destridis in eos impetum fecerunt « César engagea le c o m b a t ;
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s c s s o l d a t s e n f o n c è r e n t la p h a l a n g e d e s e n n e m i s ; celle-ci u n e fois d i s l o q u é e , ils se p r é c i p i t è r e n t s u r e u x , é p é e s d é g a i n é e s ». D a n s l'utilisation du parfait, c o m m e liasse, le l a t i n é t a i t p l u s s t r i c t q u e le français m o d e r n e , qui préfère d e p l u s e n p l u s l ' i m p a r f a i t a u p a s s é défini ou au passé c o m p o s é . Le p a r f a i t d e v e r b e s c o m m e esse ou habere se t r o u v e ainsi a p p l i q u é à u n é t a t ou à u n e s i t u a t i o n q u e l ' o n e n v i s a g e en soi, c o m m e d e s faits d ' e x i s t e n c e i n d é p e n d a n t e e t s a n s t e n i r c o m p t e d e l e u r d u r é e : N e p . 15, 5, 1 : fuit eliam disertus... « il é t a i t , en o u t r e , d i s e r t . . . »; C i c , Of. 2, 76 : omni Macedonum gaza, quae fuit maxima, potitus est Paulus « I ' a u l - K m i l c s ' e m p a r a d e t o u t le t r é s o r d e M a c é d o i n e , q u i é t a i t i m m e n s e »; P é t r . 3 1 , 11 : fuerunt et lontacula « il y a v a i t a u s s i d e s c e r v e las ». Cet e m p l o i du p a r f a i t est e n c o r e f r é q u e n t en v . français : Bêle fu et cortoise ; vairs ol les ttelz « elle a v a i t les y e u x b r i l l a n t s » (Bourciez, Éléments, § 318 b), a l o r s q u e la l a n g u e m o d e r n e p l u s sensible à la n o t i o n d e d u r é e préfère l ' i m p a r f a i t . D e m ê m e : C i c , Al. 9, 6, 3 : Pompeius mare transiil cum omnibus mililibus quos secum habuit « q u ' i l a v a i t a v e c lui »; ou e n c o r e : C i c , Scsi. 61 : quae sensit, prae se tulit « ce q u ' i l p e n s a i t » ; d ' o ù les a l t e r n a n c e s s i g n a l é e s § 242, n o t e . P a r u n s o u c i du m ô m e o r d r e , ce s o n t les p a r f a i t s dc.bui, poltti, uolui q u i s o n t c o u r a m m e n t utilisés (§ 288), l à où n o u s a t t e n d r i o n s les i m p a r f a i t s c o r r e s p o n d a n t s : l'L, Ain. 383-4 : Amphitruonis te. esse, aiebas Sosiam. — precaucram; || 11am Amphilruonis soc.ium me esse uolui dicere. « ... j e m ' é t a i s t r o m p é ; c'est allié d ' A m p h i t r v o u q u e je v o u l a i s dire », l i l t 1 « q u e j ' a i eu l ' i n t e n t i o n d e d i r e (du r e s t e , je ne l'ai plus) ». Le p a r f a i t l a t i n a été parfois utilisé à la m a n i è r e d e l'aoriste g n o m i q u e grec, p o u r constater u n e v é r i t é d ' e x p é r i e n c e , en d e h o r s d e t o u t e c o n s i d é r a t i o n t e m p o r e l l e . Ce t o u r est a t t e s t é d è s P l a u t e (Cap. 255-6) ; m a i s c ' e s t a v a n t tout un hellénisme q u i ne se d é v e l o p p e q u ' à la fin d e la p é r i o d e r é p u b l i c a i n e et en poésie : C a t u l . 62, 42 : mulli Munt (florein) pueri, mul tac oplauerc pttcllac « c e t t e fleur, b e a u c o u p d e j e u n e s h o m m e s , b e a u c o u p d e j e u n e s filles la s o u h a i t e n t » ; I l o r . , Ép. 1, 19, 48 : ludus... genuil... iram « le jeu (de paroles) e n g e n d r e la colère » ; cf. Vg., G. 1, 49, 161 ; e t c . T o u t e f o i s , u n e n u a n c e passée s u b s i s t e , s u r t o u t d a n s les e m p l o i s e u p r o s e : C i c , / · ' / . 1, 49 : ob cam débilitaient animi mulli parentes, mulli amicos... prrdidrrunt « p a r l'effet de c e t t e faiblesse d ' â m e , b e a u c o u p o n t c a u s é l a p e r t e d e l e u r s p a r e n t s , de leurs a m i s » ; SaL, C. 11, 3 ; 5 1 , 11.
§ 215. Plus-quc-parfalt. -— Il désigne, comme passé du perfectum, l'action qui était accomplie dans le passé et qui, du même coup, se trouve antérieure à une autre également passée : PL, Tri. 160-1 : iter-
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bis paucis... || alium fecisli me : alius ad te ueneram « en peu de mots, tu as fait de moi un autre homme; j'étais tout autre en venant ici » ; Ces., B. C. 3, 2, 1 : ab Vrbe proficiscitur Brundisiumque peruenit; eo legioncs XII, equitatum omnem uenire iusserat « il part de Rome et gagne Brindes. Il avait fait venir là 12 légions et toute sa cavalerie ». La distinction entre le parfait et le plus-que-parfait n'est pas toujours observée ; on trouve, même chez les auteurs classiques, le parfait là où le plus-que-parfait conviendrait mieux : Ces., B. C. 3, 18, 5 : ab iis Caesar haec fada cognouit, qui sermoni interfuerunt « César apprit ces faits de personnes qui avaient assisté à l'entretien » ; Cic, Ph. 4, 15 : exercitum, quem accepit, amisit « il a perdu l'armée qu'il avait reçue »; même dans des propositions principales : Ces., B. C. 3, 66, 2 : castrorum hic situs erat; superioribus diebtts nona Caesaris Icgio... castra eo loco posuit « telle était la disposition du camp; les jours précédents, la IX e légion de César... avait établi son camp à cet endroit ». L'antériorité, qui se dégage du contexte, n'est pas exprimée par un temps spécial. Inversement, on constate que l'emploi du plus-quc-parfait a tendu à s'élargir aux dépens des autres temps passés. 11 s'introduit en particulier dans les propositions incidentes, au milieu d'un contexte au parfait ou à l'imparfait : ut dixeram (PL, Cap. 17), au lieu.de ut dixi ; Ces., B. G. 2, 6, 4 : qui tum oppido praefuerat « qui commandait alors la place » ( = praeerat) ; ibid. 4, 27, 2 : cum his legalis Commius Alrebas uenit quern supra demonstraueram a Caesare in Britanniam praemissum « . . . dont j'ai dit plus haut qu'il avait été dépêché par César en (Grande-) Bretagne » (= demonstratii). Imitant, d'autre part, l'indistinction des temps qui devait être celle de la langue vulgaire, Pétrone écrit, 76, 11 : mi omnia exposuit ; inleslinas tneas nouerai ; tantum quod titilti non dixerat quid pridie cenaueram « il m'exposa tout ; il connaissait l'intérieur de mon ventre ; c'est tout juste s'il ne me dit pas ce que j'avais mangé la veille » : l'assonance nouerai... cenaueram suffit pour substituer le plus-quc-parfait dixerat au parfait (dixit) attendu en face de exposait. § 246. Les deux futurs; — Le futur I ou futur simple indique ce qui aura lieu ou existera à un moment déterminé de l'avenir : PL, Mo. 559 : facile uinces « tu vaincras sans peine ». Bien que ce soit un
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temps d'infedum, l'idée de l'action en cours ( = « tu seras en train de vaincre ») s'efface le plus souvent devant la notion d'avenir qui subsiste seule ( = « tu vaincras »). Le futur I a parfois une valeur « atemporelle » pour l'expression d'une vérité générale : PL, Ep. 291-2 : hic crit optimus, || ... iura qui et leges tend « celui-là sera le meilleur qui possède le droit et la loi »; Hor., 5. 2, 4, 22. Ce temps partage, en outre, avec le subjonctif présent divers emplois de caractère modal (§ 2G7). Le futur II ou futurum exaclttm signifie qu'une action sera achevée à un moment déterminé de l'avenir : PL, Ba. 1066 : iam ego hue reuenero « je serai de retour dans un instant ». Souvent, comme temps relatif, il indique une antériorité par rapport à un fait qui se produira : Cic, Al. 9, 15, 3 : cum tu haec leges, ego Mum fortasse conttencro « lorsque tu liras ces lignes, je l'aurai peut-être rencontré » ; d'où le nom, en français, de futur antérieur. Cette dernière fonction est surtout fréquente en proposition subordonnée, notamment dans les conditionnelles : si hune librum legeris, laelabor (§ 370). D a u s p l u s i e u r s e m p l o i s q u i , du r e s t e , s e m b l e n t r e p r é s e n t e r u n e fonction a n c i e n n e , le futur II m a r q u e l ' a c t i o n n o n p a s a c h e v é e , m a i s a b o u t i s sant à son t e r m e (aspect d é t e r m i n é ) : T e r . , Ph. 882 : rape me; quid cessas?. ----- h'rrrro « e n l è v e - m o i . Çjuc t a r d e s - t u ? — Cela v a y ê t r e » ; C i c , .-If. 3, ni, 1 : et, si ea ( s e saltts) praccisa ait, nusquam factlius hanc nuscrrimain uitam uel siistentabo (aspect « d u r a t i f ») uel quod multo est melius, abieccro (aspect d é t e r m i n é ) « . . . n u l l e p a r t je ne p o u r r a i p l u s f a c i l e m e n t s u p p irler c e t t e m i s é r a b l e va· o u . . . en finir a v e c elle ». E g a l e m e n t d a n s la l a n g u e familière : C a d . a p . C i c , Fa. 8, 17, 2 : r cliqua exspectate ; uos innilos uinccre coegero « a t t e n d e z le r e s t e ; je v o u s c o n t r a i n d r a i bien à v a i n c r e ( v o u s le verrez) »; l ' a s p e c t se t r a d u i t p a r u n e n u a n c e affective. Chez les C o m i q u e s , l ' a b s e n c e de v a l e u r de perfectum proprement dite pci m e t t a i t d ' u t i l i s e r à I m i a s i n n ce futur II en a l t e r n a n c e a v e c le futur 1 p o u r la c o m m o d i t é m é t r i q u e : l'L, Mo. (187 : .S'i';;i« progrrditur iulits ; hue 1 oncesscro « je vais nie r e t i r e r de côlé », c o m m e Ep. m ; : hue concédant ; m a i s eont rssrro (oui nissail la lin d ' u n s é n a i r e i a i n b i q u e ( « - ) . De t o u t e façon, la n o t i o n d ' a s p e c t a j o u é un rôle au d é b u t d a n s l ' e m p l o i d e ce futur. On peut y r a t t a c h e r p a r t i e l l e m e n t au m o i n s le t y p é uidero, -is, e t c . , S îi<W.
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Observations particulières § 247. P r é s e n t et I m p a r f a i t d'effort. — Au présent et à l'imparfait, l'idée de l'action en cours propre à Y infedum servait parfois à marquer l'effort ou la tentative (praesens ou imperfedum de conatu) : PL, Cap. 233-4 : quod sibi'uolunt, \\ dum id impétrant, boni sunt « tant qu'ils cherchent à obtenir ce qu'ils désirent, ce sont d'honnêtes gens » : impetrare n'a par lui-même que le sens de « obtenir » ; Vg., En. 6, 467-8 : talibus Aeneas ardentem... || lenibat didis animum « cherchait à apaiser » ; T a c , H. 3, 54 : sermones quibus Vitellium ad uirtutem frustra accendebat (« tentait d'enflammer »). Cette valeur se retrouve au participe présent : Cic, C. M. 11 : C. Fiaminio restitit agrutn Gallicum diuidenti « il s'opposa à C. Flaminius qui voulait partager l'ager («alliens ». § 248. P a s s é é p l s t o l a l r e . — Une tendance existe dans la correspondance à se placer du point de vue du destinataire lisant la lettre et, par suite, à exprimer au passé ce qui est présent pour l'expéditeur. Pareille transposition existe en hittite Le présent passe ainsi à l'imparfait, le parfait au plus-que-parfait : Cic, Al. 9, 10, 1 : nihil habebam quad scriberem; neque enim noui quicquam audieram « je n'ai rien à t'écrire ; je n'ai rien, en effet, appris de nouveau ». Dans la correspondance de Cicéron, cette transposition a lieu surtout avec les verbes désignant le fait d'écrire ou d'envoyer la lettre (scribere, mittere) ou ceux qui indiquent le sentiment qui animait l'expéditeur : Cic, Fa. 16, 7 : solliciti eramus de tua ualctudine « je suis inquiet de ta sanlé ». Elle n'a en tout cas rien d'absolu : dans la même lettre, Cicéron écrit : At. 4, 3, 1 : ancre te certo scio... scire « je sais que tu brûles de savoir », el ibid. 5 : haec ego scribebam hora noctis nona « j'écris ces lignes à la ψ l>curc de la nuit » ; cf. aussi Caelius ap. Cic, Fa. 8, 2, 2 : de republica quod tibi scribam, nihil habeo « sur la situation, je n'ai rien à t'apprendre ». Après Cicéron, il n'y a plus que quelques
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exemples de cet imparfait : Ilor., Ep. i, 10, 49 : haec tibi dictabam ; Plin. 5, 6, 41 : neque enim uerebar ne laboriosum esset « je ne crains pas q u e ce soit fatigant ». Il disparaît, scmble-t-il, après Pline. § 249. P a r i a i t p a s s i f . — La périphrase du parfait passif comprend le participe passé en -lus avec le verbe esse, d'ordinaire a u x formes d'infectum : sum, sim, eram, essem, etc. Elle a v a i t , comme le parfait actif, la double valeur de parfait proprement dit et de passé simple. P a r suite, la phrase domus clausa est signifie : 1) « la maison est actuellement fermée » (résultat acquis), p a r opposition à domus clauditur « la maison se ferme actuellement, on est en train de la fermer » ; — 2) « la maison a été ou fut fermée à tel m o m e n t » (fait passé). L'emploi du perfectum de esse (domus clausa fuit, fuerat, etc.) faisait proprement de la périphrase un parfait dans le passé, indiquant un résult a t qui s'est trouvé acquis et a duré un certain temps : Liv. 1, 19, 3 : bis deinde post Numae regnum (Ianus) clausus fuit « deux fois après le règne de Numa, le temple de Janus a été, c.-à-d. s'est trouvé fermé ». Plus spécialement, le type clausus fuit marque l'antériorité par rapport à une forme de perfectum située dans le contexte : Cic, de Or. 1, 187 : omnia fere quae sunt conclusa nunc artibus, dispersa el dissipaia quondam fuerunt « tout ce qui est aujourd'hui enfermé (parfait proprement dit) dans les arts, a été (s'est trouvé) auparavant dispersé et éparpillé » (parfait dans le passé) ; PL, Cit. 566 : quod fui iuratus, feci «j'ai fait ce que j'avais promis (antérieurement) », en face de PL, Ru. 1397-8 : ... et de talento nulla causa est quin feras, \\ quod isli iuratus sum « quant au talent que je lui ai promis, il n'y a aucune raison pour que tu ne l'emportes pas ». Ou encore, au futur : C i c , Tu. 4, 35 : si quando (uirtus) adepla erit id quod ei fuerit concitpitum... « si une fois elle a atteint ce dont elle aura (précédemment) conçu le désir... » ; au plus-que-parfait : Cic, Diu. 1, 74 : arma quae fixa in pariclibus /itérant, ea sunt humi inuenla ; avec fixa erant, on aurait pu entendre qu'elles étaient encore fixées aux murs. Toutefois, dès le v. latin, et par un affaiblissement de la valeur de perfectum analogue à celui qui s'observe pour le futur II (§ 240), le type clausus fuit se rencontre simplement pour souligner l'action qui atteint son terme : PL, Ps. 689 : ... mendacium hic modo quod subito comntcnlus fui « le mensonge que tout à l'heure j'ai soudain imaginé ». 11 se rapprochait ainsi de clausus est comme passé historique, au point d'alterner parfois avec lui : Vitr. 2, 8, 9 : Lacedaemone... pidurae... indusae sunt in ligneis
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formis et in comitium ad ornatum aedilitatis Varronis et Murenae fuerunt adlatae « des peintures ont été enchâssées dans du bois et elles furent apportées... ». Aussi à la longue clausus fuit tendit à remplacer clausus est dans sa fonction de passé, par ex. Justin 13, 7, 1 : Cyrcne autem condita fuit ab Aristaeo « Cyrène fut fondée par Aristée », — préparant le parfait passif fr. « fut fermé ». Du même coup, clausus est tendit à être réservé à la fonction de parfait proprement dit ; ct, marquant à ce titre l'état actuellement acquis, il en vint à remplacer le présent passif lui-même (fr. « est fermé) » : Peregr. Aeth. 36, 3 : ut forsitan porro ad ciuitatem gemitus populi omnis audittts sit « (de sorte) que les gémissements de t o u t le peuple sont entendus presque jusqu'à la ville » ( = audiatur). Cette évolution était favorisée par le fait qu'avec nombre de verbes, et notamment avec les verbes d'état en -eo, le présent avait une valeur de parfait : Ces., B. G. 3, 1, 5 : uicus... allissimis montibus undique conlinetur « le bourg est enfermé dans de très hautes montagnes », ce qui contribuait à accroître la confusion entre présent et parfait au passif. De même, à hostis nos circumdat « l'ennemi nous entoure » correspond au passif circumdamur ab hoste « nous sommes entourés par l'ennemi », aussi bien que circutndati sumus (de sens ambigu).
CHAPITRE
VII
LES MODES EN P H R A S E LIBRE
Le subjonctif $ 25(1. Le subjonctif latin s'est surtout développé en proposition dépendante, ce qui lui a valu de paraître essentiellement le mode de la subordination (subiundiuus ou plutôt coniuncliuus modus). En phrase libre, le subjonctif est moins répandu ; mais ses emplois sont en général mieux caractérisés ct ils permettent de dégager quelques valeurs essentielles. Ce mode — quelle (pic soit l'origine particulière des diverses formations qui le composent — réunit les valeurs du subjonctif proprement dit et de l'optatif que le grec distingue encore. Au subjonctif proprement dit appartenait l'expression de la volonté, et aussi de l'éventualité ct de l'attente, comme dans le gr. τΐ πάθω ; « que va-t-il m'arriver? ». A l'optatif reve naient la possibilité et le souhait. Ces différentes valeurs se retrouvent dans les principaux emplois du subjonctif latin : i. subjonctif de volition. Négation ne ; 2. subjonctif de possibilité (ct potentiel), auquel le latin a ajouté l'irréel. Négation non ; 3. subjonctif de souhait. Négation ne (parfois non) ; 4. subjonctif dit délibératif ; subjonctif de protestation. Négation non. Note. — Les négations composées ou fortes nemo, nihil, nullus, numquam, etc., ainsi que neque ct né... quidem, échappaient à la distinction établie entre ni et non : §§ 170, 177, 178.
Subjonctif de volition § 251. Hérité du subjonctif proprement dit le subjonctif de volition marque une cxliorlation, un ordre, une défense, souvent d'ailleurs conjointement avec d'autres tours. I) A la l r c personne du pluriel, le subjonctif présent indique une
SUBJONCTIF DE VOLITION
23I
exhortation adressée à soi-même : èamus « allons », ne cunctemur « n'hésitons p a s » (gr. Ιωμεν καΐ μή μέλλωμεν) ; C i c , Ver. 4, 15 : sed ne difjtcilia optemus. r
A la i ° personne du singulier, il n'y a que peu d'exemples (PL, Ba. 1049 ; Vg., En. g, 216), et l'on trouve le futur Γ à la place du subjonctif : ainsi dans la formule 160 intro « entrons », fréquente chez les Comiques. Par confusion avec le subjonctif potentiel, non apparaît parfois : C i c , Clu. 155 : a legibus non recedamus « ne nous écartons pas des lois ». II) A la 2" personne, l'impératif est utilisé concurcmmcnt avec le subjonctif :
Λ ) ORDRE
facito,
POSITIF
: I M P é R A T I F P R é S E N T : fac, facile, ou F U T U R :
facitole.
Toutefois, le subjonctif présent facias, proprement « veuille faire », avec nuance d'admonition ou de conseil, était également usité en dehors de la prose strictement classique. lin v. latin, il n'est pas rare : PL, Mo. 388 : taceas « tais-toi, je te prie »; Cap. 551 : proin tu ab istoc procul recédas « aussi devrais-tu te tenir à bonne distance de lui » (paroles d'un esclave à son maître) ; cf. Am. 928. Parfois, ut (uti) le renforce avec sa valeur première de particule indéfinie (§ 258) : PL, Ba. 739 : nunc, pater mi, proin lu ab eo ut caueas tibi « aussi, mon cher père, désormais garde-toi bien de lui » (cf. Ter., Ph. 212) ; Caton, Agr. 1, 2 : et uti eo intro eas et circumspicias « va visiter (le domaine) et observe à l'entour... ». Les prosateurs classiques semblent avoir estimé que, l'impératif é t a n t l'expression courante de l'ordre à la 2 e pers., le subjonctif dans cette fonction était à éviter. Cependant, Cicéron en a des traces à la 2 · pers. indéfinie : C. M. 33 : ista bono ulare, dum adsit « usez de ce bien (la jeunesse), tant (pic vous l'avez » (proverbe) ; Tu. 5, 118 : sic iniurias forlunae, quas ferre nequeas, defugiendo rclinquas « des injustices de la fortune que vous ne pouvez pas supporter, dégagez-vous par la fuite », — et, parfois aussi, plus librement dans sa correspondance : A t. 1, 17, 11 : te (si) exspectari ttelis, cures ut sciant « si tu veux qu'on t'attende, tâche de me le faire savoir » ; Fa. 14, 4, 3 : si est spes noslri redilus, cam confirmes et rem adiuues « s'il est qqe espoir..., tâche de lui donner corps et d'aider à la chose ». Plus tard : Hor., Od. 1, 11, 6-7 : sapias, uina liques et spatio breui || spem
232
LA PHRASE SIMPLE
lottgam rescccs « sois sage, filtre le vin ct réduis les longs espoirs à la mesure d'une courlc durée » ; Liv. 3, 48, 4 : primum ignosce palrio dolori..., deinde sinas « pardonne d'abord à la douleur d'un père, ensuite permets... ».
B) DÉFENSE classique ;
(ORDRE
NÉGATIF).
T o u r s a d o p t é s p a r la prose
1) Ne + SUBJONCTIF PARFAIT : ne feceris. D a n s cette fonction, le parfait d u subjonctif exprime la seule idée verbale, s a n s notion de t e m p s ou d ' a c h è v e m e n t : « ne fais p a s ». C'est mie a d a p t a t i o n d u t o u r a r c h a ï q u e : ne (caue) faxis, ne isluc dixis, où l'optatif en -s- é c h a p pait à la distinction infedum j perfectum (§ 261). Ce parfait prohibitif était, en outre, appuyé par le tour grec à l'aoriste μή ποίησης : par ex. Ilor., Od. 1, 18, 1 : nulluni... scueris arborem, en face du μή φύτευσης d'Alcée, sans (pie, du reste, il y ait assimilation constante ; à basse époque, cet emploi du parfait tend à disparaître, par ex. : Vulg., Marc 10, 19 : praecepta nosli : ne adultères, ne eccidas, ne fttreris, le texte grec a μή φονεύσης, μή μοιχεύσης, μή κλέψης. Neque, nihil, etc., servent, comme tic, de particule prohibitive au par fait (§ 178). En v. latin, caue n'était pas rare avec lui : type caue feceris ; mais Cicéron n'en a plus qu'un exemple (Q. fr. 3, 9, 4), sans doute parce que c'était le subjonctif présent qui paraissait de règle dans les tournures paralacliques de ce g e n r e Non, comme ailleurs, tend à s'introduire, tout en restant rare : Cic, Al. 14, 13 A, 3 (lettre d'Antoine) : non contempseris hanc familiam. 2) Caue + SUBJONCTIF P R é S E N T : caue facias, p r o p r e m e n t « prends g a r d e d e faire », d'où « ne v a p a s faire, ne fais p a s ». P a r ex. : PL, Mo. 1025 : caue... neges « ne v a p a s nier »; C i c , Lig. 14 : C. Caesar, caue ignoscas ; Leg. 2, 7 : caue putes (avec n u a n c e de mise en garde). L'impératif caue, d a n s cette tournure, joue le rôle d ' u n e particule de défense : il est m ê m e suivi d'une 2 e pers. pi. d a n s PL, Poe. 117 : caue dirumpatis « ne rompez pas (le fil du récit) ». 3) Noli facere, p r o p r e m e n t « ne veuille p a s faire », la forme noli é t a n t un impératif fait secondairement sur nolim, -is, etc. C'est à l'origine une expression polie de la défense, bien q u ' à l'usage ce c a r a c -
SUBJONCTIF DE
VOLITION
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tère ait pu s'effacer. Déjà utilisé par Plaute, noli facere est chez Cicéron'le tour prohibitif le plus fréquent : Lig. 33 : noli putare « ne va pas penser » ; de même : SaL, C. 52, 19 : nolite existumare « n'allez pas croire ». Il n'est pas rare sur les inscriptions : C. I. L. I8, 501 : Sotae sum, noli me tätiger (c), sur une lampe. Sur le même modèle s'est développé, surtout en poésie, l'impératif parce (facere) : Vg., En. 3, 42 : parce... scelerare; Ον., Tr. 5, 9, 34 : parce limere. Comme souvent, l'usage classique représente une simplification et laisse de côté d'autres tournures : ne -f- SUBI, PRéSF.NT : ne facias. Ce type de défense où, comme au positif facias ( = fac), le subjonctif présent apporte une nuance de conseil, est attesté depuis Plaute : Au. 173 : uerba ne facias, soror « point de discours, ma sœur » ; Ter., An. 205 : ne temere facias « n'agis pas à la légère », ct il se retrouve plus lard, sans être très fréquent, notamment en poésie : Vg., fin. 8, 613-4 : ne... dubites ; Hor., Od. 1, 33, 1 : Albi, ne doleas ; cf. aussi Liv. 22, 39, 21. Mais il dut se maintenir longtemps, puisqu'il est encore signalé comme usuel par Servius, à propos de En. 6, 544. Cicéron ne paraît avoir que deux exemples surs de ne facias, à la 2 e pers. indéfinie ct dans des expressions proverbiales, l'un dans un passage déjà cité pour l'ordre positif : C. M. 33 : islo bono ularc, dum adsit; cum absit, ne requiras « ne le regrettez pas », l'autre : At. 9, 18, 3 : actum ne agas « ne fais pas une chose faite, n ' a t t e n d s pas qu'il soit trop tard ». Les autres exemples que l'on pourrait invoquer sont discutables : J. Lebreton, Études..., p . 301 sqq. Il est probable que Cicéron évitait le type ne facias, parce qu'il prêtait à confusion avec la proposition finale ; au contraire, il use de caue facias, parce que cette équivoque n'existait pas. De bonne heure, non tendit à s'introduire à cause de l'idée latente de potentiel : Ter., An. 787 : non le credas Dauom ludere « ne vas pas croire que c'est Dave que tu joues ( = tu ne saurais croire) » ; Catul. 66, 91 : non siris « ne permets pas »; Sén., Ben. 7, 16, 4 : non rapias hoc nec testeris « ne va pas t'en saisir ou t'en prévaloir » ; Vel. Pat. 1, 13, 5 : non tarnen, puto, dubites. Dans le latin vulgaire, non facias remplaça ne facias, ct il se retrouve sur toute une partie du domaine roman : prov. esp. port. ne -\- IMPARATII·- : ne fac. Ce tour, étranger à la prose classique, est courant en v. latin ; il s'applique de préférence à une action déjà commencée, à un sentiment que l'on éprouve dé/ά, lorsque la défense est formulée : PL, Cap. 139 : ne fie « ne pleure pas » ; Ep. 601 ; Am. 674 : ne time a n'aie pas peur ». Il est assez fréquent en poésie : Vg., En. 2 , 4 8 : equo ne crédite « ne
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LA PHRASE SIMPLE
vous fiez pas à ce cheval » (25 ex. chez Virgile). Pour non -\- impér., § 200 11. III) Λ la 3" personne, c'est au subjonctif présent q u ' a échu l'expression de l'ordre cl. de la défense : facial « qu'il fasse », faciant « qu'ils fassent », ne facial « qu'il ne fasse pas », ne faciant « qu'ils ne fassent pas ». Dans la langue parlée, surtout en v. latin, le subjonctif exprimant l'ordre est parfois, comme à la 2 e personne, précédé de ut à titre de particule renforçante : PL, Cap. 115 : sed uti adseruenlur magna diligentia « qu'ils soient surveillés avec un grand soin ». L'analogie de ne feceris étendit le subjonctif parfait prohibitif à la 3° personne dans quelques passages : PL, Men. 994 : caue quisquam... uestrum flocci fcceril « que personne d'entre vous ne fasse aucun cas » ; Hor., 5 . 1, 2, 57 : nil fuerit mi, inquit, cum uxoribus unujuant alienis « que je n'aie jamais affaire... » ; cf. SaL, J. 85, 47 ; Liv. 9, 9, 9. Ici encore, La négation non n'est pas inconnue : Ον., Am. 3, 133 : non sint sine lege capilli ; Çjuint. 10, 2, 27 : imitatio... non sit. A côté du subjonctif, l'impératif futur s'employait, dans une mesure du reste restreinte, textes de lois, préceptes, etc. : sunto « qu'ils soient: »; ne facilo « (pi'il ne fasse pas ». Ταιη.κλιι
κ κ γ λ ρ ι ru LA π γ
Subjonctif Exhortation ι r c pers.
ennuis
Ordre 2 0 pers.
facias
Défense 2" pers.
ne (caue) feeeris ne (cane) faxis ne facias (•une inclus
Ordre \" pcis. Défense 3" pers.
luibit ne inclut (fcceril)
Impératif
Autres tours ibo
fac (faclto)
ne fac
noll faeerc
faci to ne facilo
Les tournures imprimées en caractères gras sont celles de l'usage classique. Voir F. Thomas, Recherches sur le subjonctif latin, p. 113 sqq.
SUBJONCTIF DE VOLITION
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§ 252. J u s s i f du p a s s é . -—Grace à l'imparfait ct au plus-que-parfait du subjonctif, le latin peut transposer au passé l'idée de volition et indiquer par ces deux temps ce qu'on aurait voulu que quelqu'un fît ou ne fît pas à un moment donné : PL, Ru. 841-2 : gladius non erat ||. — caperes aut fuslem aut lapidem « je n'avais pas d'épee. — tu devais ( = tu aurais dû) prendre une pierre ou un bâton » ; Cic, Rab. Post. 29 : moreretur, inquies... « il aurait dû mourir, diras-tu »; At. 2, 1, 3 : aut ne poposcisses « ou bien alors il ne te fallait pas demander ». Ces tours avaient peu d'occasions d'emploi ; mais ils étaient tout à fait dans le sens des tendances de la langue.
§ 253. E m p l o i s d é r i v é s . — Par un développement de sens qui se constate aussi pour l'impératif, le subjonctif de volition exprimait : la permission (subj. présent) : PL, Ma. 772 : inspiciat, si lubet « qu'il regarde (c.-à-d. il peut regarder), si cela lui plaît ». Avec un subjonctif |i.iifait sans valeur de perfectum : PI., Ep. 595 : ubi ucles paler esse, Un esta ; ubi noies, ne fueris paler t· quand tu voudras être mon père, sois-li- ; quand tu ne voudras plus, ne le sois pas ».
et aussi la concession, au cours d'un développement : Caton, Orig. frgm. 5, 7 (Jordan, p. 25, 4) : sint sane superbi : quid id ad uos attinet? χ qu'ils soient insolents, je le veux bien : mais en quoi cela vous touchet-il? ». Cette construction toutefois ne se développe pas avant la prose classique : Cic, Ver. 5 , 4 : sit fur, sit sacrilegus... ; at est bonus imperator ac felix. Elle se retrouve au parfait : Cic, Lig. 18 : fuerint cupidi, fuerint irati « admettons qu'ils aient été cupides... »; cf. Liv. 28, 28, 8. Négation ne : Cic, Tu. 2, 14 : ne sit sane summum malum dolor, malum, certe est « admettons (pie in douleur ne soit pas le souverain mal, c'est en tout cas un mal »; Or. 101 : nemo is, inquies, umquam fuit. — ne fuerit « pareil homme, diras-tu, n'a jamais existé. — admettons qu'il n'ait pas existé ». L'emploi de la négation ne indique (pie ces concessions de caractère dialectique étaient rattachées par les écrivains au subjonctif de volonté. L'impératif y est représenté, s u r t o u t par esto : C i c , Fi. 2, 61 : esto.
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LA PHRASE SIMPLE /terril, si ita uis, Torquatus propter suas ulilitates « soit, admettons, puisque tu le veux, que Torquatus ait agi pour son intérêt ».
Subjonctif de possibilité (et d'irréalité) § 254. Dans cette catégorie entrent l'expression de la possibilité proprement dite, celle du potentiel ct de l'éventuel, celle aussi — sans doute, par un développement secondaire — de l'irréel. Le potentiel est la possibilité liée à une condition, au présent et au parfait : « c'est ce que l'on pourrait faire ou ferait, si... » Il se confond pour l'expression avec l'éventuel : « ce que l'on vient à faire... », alors que le grec dispose de l'optatif pour le premier, du subjonctif pour le second : si amicum habeam, gaudeam « si je pouvais » ou « si je venais à avoir un ami... ». Le subjonctif de simple possibilité, c.-à-d. non lié à une condition, était concurrencé par l'auxiliaire posse ; ainsi, quis dubitel? par quis dubitare polest?, nemo miscriar uideatur esse par nemo miscrior uideri potest, etc. Néanmoins, il a laissé dans l'emploi libre des traces variées : P L , Am. l o b o : nec me miscrior femina est neque. ulla uideatur magis « il n ' e s t p a s , il ne s a u r a i t se voir d e f e m m e p l u s m i s é r a b l e (pic m o i ». P L , Am. 576 : quid hoe sit hominis? « q u e l l e espèce d ' h o m m e cela p e u t - i l bien ê t r e ? », en face de Ter., Eu. 833 : quid Mue hominis est? « q u e l l e espèce d ' h o m m e est-ce l à ? » ; Ter., An. 915 : bonus est hic uir. — hic uir sit bonus? « c ' e s t tin h o n n ê t e h o m m e . — c e t h o m m e p o u r r a i t ê t r e h o n n ê t e ? ». P L , Cas. 617 : aut quod ego umquam erga Vénèrent inique fecerim? « q u e l t o r t puis-jc bien a v o i r fait à V é n u s ? ». C i c , Lae. 11 : cum Mo quis lieget actum esse praeclare? « q u i p e u t n i e r q u ' i l ail é l é bien t r a i t é ? » ; Par. 48 : quis /lubilet quin...? « qui peut d o u t e r q u e . . . ? ». D a n s l ' e m p l o i s u b o r d o n n é , il é t a i t à l ' o r i g i n e de n o m b r e u s e s t o u r n u r e s i m pi ii I liai il u n e 11 tinner d ' é v e n t u a l i t é ou d ' i n d é t e r m i n a t i o n : p a r ex., decsl quod scribam ( C i c , Al. 5, 5, 1) « je n ' a i p a s d e q u o i ('écrire », ni. à ni. « q u e j e p u i s s e l ' é c r i r e », sunt qui tlicant, sunt qui /nileiil. t^c. Cf., p l u s b a s , s y n t a x e d e s p r o p o s i t i o n s r e l a t i v e s , § ftilH. Sous f o r m e n é g a t i v e , il se c o n f o n d a i t p a r f o i s a v e c le s u b j o n c t i f d e v o l o n t é : a i n s i , d a n s le p a s s a g e d e
SUBJONCTIF DE POSSIP.II.ITE.
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Ter., Av. 787 (ci-dessus, p. 233) : non credas « ne va pas croire » ou « tu ne saurais croire » ; cf. (hiiut. 10, 3, 16 : non... putemus.
§ 255. Tours particuliers. a) supposition : Cic, Of. 3, 54 : uendat aedes uir bonus propter aliqua ititia quae ipse norit... « qu'un honnête homme vienne à mettre en vente une maison pour certaines défectuosités qu'il connaît luimême... » ; la nuance est plutôt celle d'une éventualité. De même : Cic, N. D. 1, 57 : rages me... « que tu viennes à me demander... » ; locution ttclim nolim « que je le veuille ou (pie je ne le veuille pas » : Cie, N. D. τ, ly ; Sén., Breu. 8, 5 ; etc. ; b) indéfini h, la 2fl personne : Cic, Lae. 64 : ubi istum inuenias qui... ? « où f rouvcr cet homme qui... ? » ; uideas, cernas, scias, dicas « on voit, on sait », m. à m. « vous pouvez voir, savoir » ; cf. Vg., G. 1, 387. Également, au parfait : Cic, C. M. 69 : illud quod practeriit, effluxit; tantum rcmanel quod uirtule et rede jadis consecttlus sis = « ce que vous avez acquis par votre mérite » ; Cet emploi indéfini de la 2 0 personne existe aussi à l'indicatif (§ 170 c) ; mais il s'accordait mieux avec la valeur d'indétermination apportée par le subjonctif lui-même. Il y a mélange des deux modes dans Pétr. 77, 6 : assent habeas, ossein ualeas ; habes, habeberis « un sou vous avez, un sou vous valez ; vous avez quelque chose, vous serez quelque chose ».
c) affirmation atténuée, comme l'optatif grec : aliquis dicat « quelqu'un peut dire », roget quis « peut-être demandera-t-on », cf. Ter., Eu. 5TT. Très souvent avec uelim ; PL, Au. 120 : uelim le arbitrari « je voudrais que tu penses » ; Cic, Fa. 13, 75, 1 : quare uelim mihi ignoscas « je voudrais que tu me pardonnes », — ce qui a pu contribuer anciennement à maintenir pour ce verbe la forme d'optatif comme subjonctif présent. Mais dans l'ensemble le parfait est plus fréquent, lequel perd du reste toule valeur de perfectum : dixerit quis ou quispiam « on pourrait dire n (---.• dicat), cf. Cic, Of. 3, 76; nemo suaserit (de Or. r, 251) « personne ne saurait conseiller » ; hoc sine ulla dubitatione coït fitmauerim (Br. 25) « je puis l'affirmer sans la moindre hésitation ».
238
LA PHRASE SIMPLE
C e t e m p l o i d u p a r f a i t e x i s t e d é j à en v. l a t i n : PL, As. 491 : praefiscini hoc nunc dixcrini « s o i t d i t (je p e u x le dire) s a n s m e v a n t e r » ; Ba. 334 : »»Vil dederit uelim « je v o u d r a i s q u ' i l m e le d o n n e ». Il s ' e s t d é v e l o p p é d a n s la langui· l i t t é r a i r e à p a r t i r d e C i c é r o n , en g r a n d i ; p a r t i e s u r h; m o d è l e d e l ' o p t a t i f a o r i s t e grec : είποι τις Äv — dixeril quis. D ' a b o r d r e p r é s e n t é s u r t o u t p a r d e s v e r b e s n d i r e » ou « p e n s e r », il s ' é t e n d i t h o r s d e ce. g r o u p e p o u r m a r q u e r la s i m p l e p o s s i b i l i t é : C i e , 7'j/. 5, 10 : ruins de disciplina aliud teinpus fuerit fartasse dicendi « p e u t - ê t r e a u r o n s - n o u s u n e a u t r e o c c a s i o n d e r e v e n i r s u r sa d o c t r i n e », eu p a r t i c u l i e r à l ' é p o q u e i m p é r i a l e : L i v . 4, 6, 12 : haut... altitudinem animi ubi nunc... inueneris...? « où t r o u v e r a i t - o n (2e· p r i s , indéf.) a u j o u r d ' h u i c e t t e é l é v a t i o n ? » ; Q u i n t . 10, 1, 101 : at non hislaria cessait Graccis, nec. oppanerc Thucydidi Sallustium uerear « l ' h i s t o i r e n e s a u r a i t le c é d e r a u x C r é e s e t j e n e c r a i n d r a i s p a s . . . »; T a c , / / . 1, 79 : uix ulla acics obslitcril « il n ' e s t g u è r e d e l i g n e d e b a t a i l l e q u i p u i s s e l e u r r é s i s t e r ». M ê m e , p a r e x t e n s i o n , en p r o p o s i t i o n s u b o r d o n n é e : T a c , A. 6, 28 (22) : ne nunc incepto longius abierim « p o u r n e p a s m ' é c a r t e r d a v a n t a g e d e m o n s u j e t » (•-•·. abeam). § 251». P a r u n e i n n o v a t i o n p a r a l l è l e à c e l l e q u i e x i s t e p o u r le s u b j o n c t i f d e v o l o n t é , le l a t i n t r a i i s p o s i i i t n u p a s s é le s u b j o n c t i f rie p o s sibilité s o u s ses d i v e r s e s formes : p o t e n t i c i / é v e n t u e l d u passé. D a n s c e l l e f o n c t i o n , le t e m p s le p l u s a n c i e n e t d e b e a u c o u p le p l u s f r é q u e n t est l'imparfait : entières « mi p o u v a i t e m i r e », Liv. 2, 43, 9 ; /Heeres « v o u s eussiez d i t », A f r a n . 9 R i b b . ; C i c , Ver. \, 31 ; sein s n o n p o u v a i t s a v o i r », PL, Cu. 331 : Ο ν . , M. 1, 162 ; uide.res « o n p o u v a i t v o i r », Vg., B. 6, 27, p a r t r a n s p o s i t i o n d e s p r é s e n t s credas, dicas, scias, uide.as (§ 255 /)). T e r . , Eu. 604-6 : an ego accasionan || . . . |l amitlerem? « p o u v a i s - j e laisser é c h a p p e r l ' o c c a s i o n ? » ; An. 138-9 : diccret : || quid feci? « il p o u v a i t d i r e : q u ' a i - j e fait? »; C i c , Ver. 1, 106 : quis umquam crcdcrcl? « q u i e û t j a m a i s cru ( = p o u v a i t c r o i r e ) ? »; 3, 30 : quod esset indicium...? « quel procès p o u v a i t ce é l r e . . . ? ». A v e c n u a n c e d ' é v c n l u c l : Cic., O/. 3, 75 : at dures hanc uim M. Crasse ul... « ιρκ; l'on vînt à d o n n e r à M. Crassui\ le p o u v o i r d e . . . ». Le p l u s q u e - p a r l a i l a p p a r a î t 1 c p c n d a i i l : C i c , Quinrt. 38 : quis trim dissolutus in rc /amiliari fuisse!...? « q u i a j a m a i s pu ê t r e si p r o d i g u e à l'end r o i t d e s o n p a t r i m o i n e ? »; Liv. 30, 10, \ : qui (adv.) enim restitissent...? « c o m m e n t a u r a i e n t pu r é s i s t e r . . . ? ». § 2 5 7 . E x p r e s s i o n d e l ' i r r é e l . -— A n c i e n n e m e n t , l ' i r r é e l , c . - à - d .
EXPRESSION DE L'IRRÉEL
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la supposition contraire à la réalité présente ou passée, n'avait pas d'expression spéciale Le grec a utilisé à cet effet l'imparfait et l'aoriste de l'indicatif accompagnés de fiv.'En latin, c'est l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif qui ont au contraire joué ce rôle : dicerem ( = Ιλεγον <ïv), dixissem (— είπον äV) ; et l'imparfait dans cette fonction perdit sa valeur passée : dicerem « je dirais (actuellement), mais je ne le fais pas ». Ce changement était déterminé par l'action de la série parallèle du réel : aux trois termes, futur (dicam), présent (dico), passé (dixi), correspondaient ainsi dans l'hypothétique un potentiel concernant l'avenir (dicam), un irréel du présent (dicerem), un irréel du j^assé (dixissem). Mais cette répartition ne s'est pas établie d'emblée, comme il sera indique à propos de la phrase conditionnelle qu'elle intéresse spécialement (§ 373). L'utilisation du subjonctif imparfait pour l'irréel du présent est un développement secondaire de sa fonction de potentiel du passé. La phrase de Plaute : Ps. 640 : si (crus) intus esset, euoearem « si mon maître était dedans, je rappellerais » signifiait en soi : « (pic mon maître vint à se trouver dedans, j'allais l'appeler ». La condition est supposée possible par un report dans le passé ; ct c'est le contexte qui apporte l'idée que la réalité présente est contraire. Nous usons de même en français d'un imparfait de l'indicatif dans la proposition introduite par si, sans avoir au moment de son emploi le sentiment de recourir à un passé : « si j'avais actuellement un ami... ». Cet effacement du sens passé n'est pas moins complet, lorsque Cicéron s'écrie : Plane. 92 : etiam si ruere uellem, boni uiri ut id ne facerem, rogare.nl « même si je consentais à ma perte, les bons citoyens me demanderaient de n'en rien faire ».
Subjonctif de souhait § 258. Comme représentant de l'optatif (en grec, sans <Sv, dans cette fonction), le subjonctif latin exprime le souhail. II se trouve encore seul, surtout dans des formules : ita di faciant!, di le amentl, saluos sis!, ualcasI; cf. Cic, Mi. 93 : ualcanl dues mei; sint tncolumes, sint florentes, sint beali; stel hacc urbs praeclaral Toutefois, il est habituellement accompagné d'une particule, la plus fréquente étant utinam,
24<)
LA PHRASE SIMPLE
c.-à-d. uti, forme renforcée de ul, -|- nam avec valeur asscvérative : C i c , Al. 3, 3 : utinam Mum diem uidcam! « puissé-jc voir ce jour I ». La négation usuelle est ne, seul : C i e , Fa. 7, 23, 4 : ne uiuam..., si...! « que je meure, si... ! », cf. PL, Mo. 307 — o u précédé de utinam, s u r t o u t avec un passé : Ter., Ph. 157 : quod utinam ne Phormioni id suadere in mentent incidisscl ! Mais non n'est pas inconnu : PL, Ci. 5 5 5 ; Quint. 9, 3, 1. Avec a l t e r n a n c e : C i c , Al. n , 9, 3 : haec ad le die natali mco scripsi, quo utinam susccplus non csscm aut ne quid ex eadem maire postca natum esset! Comme particule de souhait, ul conserve un emploi assez étendu en v. latin : PL, Poe. 912 : ualcas beneque ul tibi sitI « porte-toi bien et sois heureux » ; Ter., Eu. 302 : ut Muni di deacque... perdant! n que les dieux et les déesses l'anéantissent ! », et il réapparaît parfois plus tard : Hor., .S. 2, 1, 43 : ul perçai... tclum! ; Vg., fin. 10, 631 ; Ον., Prop., Apul. 11 y a aussi des traces de qui, ancien ablatif-instrumental de l'indéfini : PL, Cas. 279 : ijffit Muni di omîtes deacque perdant! « (pic tous les dieux et les déesses le perdent ! » ; bois de l'ancienne langue, il ne semble subsister que dans Cic, At. ,\, 7, 1 : qui Uli (dal.) di irali (sint)! n (pic les dieux soient irrités contre lui I » (emploi formulaire). Ces tournures avec ut ct qui au sens de « en quelque manière » sont à rapprocher du gr. ώς... άπόλοιτο (Horn., II. 18, 107).
Si (o si) se rencontre quelquefois ( = gr. ε(0ε, et γάρ), surtout en poésie : Vg., fin. <>, 187-8 : si nunc se nobis ille... ramus || ostendat! n ô si ce rameau pouvait se montrer à mes yeux ! » ; ibid. 8, 560 (o si) ; Hor., S. 2, 6, 8 sqq. (o si). Négation : non. A ce si, on peut comparer l'emploi de sic au début d'un souhait, par ex. Hor., Od. 1, 3, 1 sqq. : sic le diua potens Cypri || ... || uentoruniquc regal pater. Le présent est le temps le plus fréquent. Le parfait se rencontre peu ; car on n'a pas souvent l'occasion de faire des souhaits impliquant l'idée d'une chose ai ι oinplie. Cf. cependant : PL, Poe. 700 : utinam hinc abierit malam r.tucrm! n pnisse-t-il s'en être allé se taire pendre I »; Cic, Rep. 4, 8 : utinam rede ituguraueriml « puissc-je avoir prophétisé j u s t e ! »; Vg., fin. 6, (M, cl aussi l'exemple proposé par le graminaiiieii Macrobc, G. !.. Λ". V, p. 620, 22 : utinam filius meus uicerit! « puisse mon fils avoir vaincu I », en parlant d'un père qui souhaite la victoire de son fils aux jeux olympiques et qui est encore dans l'ignorance du résultat. Dans quelques'cas isolés, il s'agit d'un parfait n aoristique » ou atem-
SUBJONCTIF DE SOUHAIT
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porcl : Cic, Ph. 12, 14 : quod di omen auerterintl « puissent les dieux détourner ce présage I », en face de ibid. 3, 35 : quod di omen auertanll ; Catul. 66, 18 : ita me di iutterinll « que les dieux m'assistent I ( = iuuenl) », cf. 61, 203 ; Stace, Ach. 1, 738-9 : adnuerit Fortuna, precor, dextrique secundent y istadeil (— adnuat). C'est là une adaptation de l'optatif sigmatique (ita di faxint I) exprimant la seule idée verbale, comme ne feceris en est une de ne faxis (§§ 261, 200). Là formule rapportée par Festus 351 (p. 476 L) : bene sponsis beneque uolueris, juxtapose précisément les deux formations. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif expriment le regret de ce qu'une chose n'a pas lieu ou n'a pas eu lieu. L'imparfait s'applique au regret portant sur le présent : PL, Ru. 533 : utinam forluna nunc anitina utererl « que n'ai-je actuellement le bonheur d'être un canard I »; C i c , Pomp. 27 : utinam, Quirites, uirorum forlium atque innocentium copiant tantam haberelis ut...t « que n'avez-vous des hommes énergiques et désintéressés en nombre si grand que... I ». Le plus-quc-parfait s'applique au regret portant sur le passé : Cic, N . D. 3, 75 : utinam... islam calliditatem hominibus di ne dédissentI « il serait souhaitable que les dieux n'eussent pas donné aux hommes cette habileté », cf. Of. 2, 3. Cette répartition correspond à celle qui s'est établie entre l'imparfait, irréel du présent, et le plus-que-parfait, irréel du passé. Il est très rare que l'imparfait de regret garde trace de la valeur passée qu'il a dû avoir tout d'abord : PL, Cap. 537 : utinam te. di prius perderent quant periisti e patria tuai « les dieux ne pouvaient-ils l'enlever de ce monde avant (pie lu ne fusses enlevé à ta patrie I », — ou qu'un regret soit au présent, As. 418. Vtinatn paraît presque toujours exprimé dans les regrets. On trouve quelquefois si (0 si) : Cic, FI. 1 5 : 0 morem praeclarum disciplinamque quam a maioribus accepimus, si quidem teneremus! Sed... iam de manibus elabilur « ô si nous observions... I ». L'ancien optatif uelim (nolim, malim) était un véritable auxiliaire du subjonctif de souhait : PL, Ci. 497 : quodeumque optes, tibi uelim contingere « je voudrais que t'échoie ( = puisse t'échoir) t o u t ce que tu souhaites » c.-à-d. tibi contingal ! ; cf. Cic, At. 11, 12, 4 : uelim ne inlermillas. Par opposition à uelim, cl, comme irréel, l'imparfait uellan (nollem, mallem) caractérisait de son côté le regret : PL, As. 589 : nimis uellan habere perticaml « (pie je regret le de n'avoir pas de gaule! »; Cie, At. 2, 22, 1 : quam itellcm Romae mausisscsl « combien je voudrais que lu fusses reste à Rome I »; de même : Ter., Ad. 165 : nollem factum « je n'aurais pas voulu le faire, je le regrette ». Le plus-que-parfait n'apparaît que secondairement : maluisscm (§ 200).
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LA PHRASE SIMPLE
Subjonctif délibératif; subjonctif exclamatif ou de protestation § 259. Ce sont des emplois particuliers, sans doute d'origine mixte. Le subjonctif délibératif indique une question que l'on pose sur un parti à prendre (négation non) : Ter., Eu. 46 : quid igilur faciam? non cam...? « que faire, donc? ne pas y aller? » ; Cie, Ver. 1, 122 : ulrum superbiam prius commémorent an crudelitalem? « dois-je rappeler d'abord son insolence ou sa cruauté? » ; cf. Vg., En. 3, 39 : eloquar an sileam? Le subjonctif exclamatif ou de protestation caractérise une éventualité qu'on repousse (négation : non) : PL, Au. 45 : tibi ego rationem reddam? « moi, te rendre des comptes? »; Cie, Arch. 19 : nos... non poelarum uoec moucamur ? « nous resterions, nous, insensibles à la voix des poètes? ». Parfois, ici encore avec ut comme particule indéfinie ( = « en quelque manière ») : PL, Ba. 375-6 : ul celcm palrcm || ... tua flagilia? « moi, etiler à ton père tes scandales? » ; Cie, Tu. 2, 42 : egone ul te intcrpcllem? « moi, t'interrompre? ». Au passé, il y avait transposition à l'imparfait ct au plus-que-parfait : Ter., Eu. 831 : quid faccrem? « que pouvais-je faire? » ; An. 584 : cgoti isluc faccran? « moi, je pouvais faire cela? » ; C i c , Ver. 2, 57 : non... in eum qui acccpissct (pecuniam), animaducrtissel? « pouvait-il ne pas sévir contre celui qui avait reçu l'argent? ». Le parfait se rencontre parfois : Cic, Q. fr. 1, 3, 1 : ego le uidere noluerim? « j'aurais pu ne pas vouloir te voir? »; cf. PL, Men. 683 ; Mo. 1017 ; Ter., Hau. 955. Le grec se sert du subjonctif (nég. μή) : Kur., Ion 758 : εϊπωμεν ή σιγωμεν ; « devons-nous parler ou nous taire? » ; Xén., Ment. 1, 2, 36 : μηδ'... ερωμαι ; n et je ne devrais pas demander? ». Il ne s'ensuit pas, cependant, (pie ces emplois se rattachent au seul subjonctif de volonté. Cette notion s'y confond avec celle de possibilité; et, selon le contexte, quid faciam? signifie « ipie puis je faire? » ou n (pie dois-je faire? »; egone tibi irascar? « moi, je pourrais »ou « je devrais me fâcher? ». Aussi, en face du grec qui utilise μή: comme négation, le latin a-t-il pu généraliser non. Le futur, qui était souvent très proche du subjonctif, se rencontre aussi dans ces tours : PL, Cap. 535 : quid loquar? quid fabulabor? (infra, § 207).
TEMPS DU SUBJONCTIF
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On y rencontre môme le présent de l'indicatif pour une action imminente : PL, Ep. 693 : quid ago? « que dois-je faire? » ; Men. 176 : iam fores ferio? « alors, je frappe? » ; Vg., En. 4, 534 : quid ago? ; T a c , A, 2, 77 : an festinamus...? « allons-nous nous hâter...? ». Avec alternance : C i c , Quinct. 54 : postulone... an... polius denunliem?; Al. 16, 8, 2 : Romamne ucnio an hic maneo an Arpinum... fugiam? Très voisin aussi est l'infinitif du type : mené inccpto desislcre uiclam? (ci. § 288).
Remarques sur les temps du subjonctif à valeur modale § 200. Les temps du subjonctif — dans les emplois où celui-ci garde sa valeur propre et n'est pas le simple substitut de l'indicatif — avaient des significations qui ne concordaient pas toujours avec leur place dans le système de la conjugaison. Le présent du subjonctif (iteniat) comme expression de l'ordre (qu'il vienne) ou du souhait (puissc-t-il venir !) n'est un présent que de nom ; car il regarde bien plus vers l'avenir. E t , d'autre part, l'idée de durée ou d'action en cours propre à Vinfeclum y est souvent très eflacéc. La phrase ita di faciantI (ou encore faxint, § 202) signifie : « puissent les dieux le faire ! », ct non pas « être en train de le faire » : seul l'acte auquel s'attache le souhait intéresse le sujet, sans autre considération. Le parfait du subjonctif -^— comme temps du perfectum — joignait à la notion modale : a) celle de l'action achevée (ou antérieure) : fuerint cupidi, fucrint irait (§ 258) ; utinam liinc abierit malam crucemt (PL, Poe. 799) « puisse-t-il s'en être allé se faire pendre ! », également si fecerim « si je venais à avoir fait » ; — b) celle du passé : C i c , Fi. 2 , 4 1 : hoc dixeril potius Ennius « il se peut qu'Ennius ait préféré dire » ; Pétr. 52, 10 : credo, dixerit non decere « j'imagine, elle dut lui dire... » ; C i c , Mu. 21 : apud exercilum mihi fueris, inquit, toi annos? « ainsi tu as pu rester à l'armée si longtemps? ». Mais, eu plus de cette double valeur, le subjonctif parfait avait des emplois n non temporels « ou « atemporels » qui le rapprochaient de certaines valeurs du subjonctif aoriste ou de l'optatif aoriste en grec : subjonctif parfait prohibitif : ne feceris « ne fais pas », et non « ne veuille pas avoir fait »; cf. plus haut (§ 251 II B) ; subjonctif parfait (h; l'expression atténuée : dixeril quis = εϊποι τις It* (§ 255 c), et parfois de souhait (§ 258). Ces emplois peuvent avoir élé hérités des formations archaïques du type
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LA PHRASE SIMPLE
faxim (ci-après, § 201). Mais les écrivains classiques ct ceux de l'époque impériale les rapprochaient des tours correspondants du grec. L'imparfait ct le pliiH-que-pnrfiiil du subjonctif répondent aux deux temps symétriques de l'indicatif. L'imparfait est le plus ancien. Il a commencé par transposer le subjonctif présent dans ses différentes fonctions modales : reddercs (jussif), scires (potentiel), quid facer an? (délibératif), etc. Mais, lorsqu'il servit à exprimer l'irréel, il reçut lui-même un sens présent : amictim si nunc habcrem, gauderem — qui, d'ailleurs, ne lui fit pas perdre ses valeurs passées : at dares hatte uim (§ 250) ; cf. la locution archaïque absque foret te (PL, Tri. 832) « à supposer que la chose se fût passée sans toi », en face de Ter., He. 601 : absque una hoc (re) ford « sans cette seule chose (actuelle) ». A cause de ces disparates, le plus-quc-parfail du subjonctif, apparu en dernier lieu et encore relativement rare en v. latin, gagne de plus en plus du terrain ; et à l'époque impériale il se substitue peu à peu à l'imparfait comme temps passé : Pétr. 76, 11 : putasses Mum semper incciim habitasse « vous auriez cru qu'il ne m'avait jamais quit lé » (-- putarcs) ; Suét., Vcs/>. 8, ,\ : maluissem alium oboluisses « j'aimerais mieux que tu sentes l'ail » ( = mallem) ; et également en proposition subordonnée (§ !J7fi). Seuls le présent et le plus-quc-parfail ont survécu en roman : fr. « que je fasse » (faciam), « que je lisse » (fe.cissem) ; les deux temps les plus chargés de valeurs (impartait ct parfait) ont disparu.
Formes archaïques du subjonctif latin § 2G1. En marge de la conjugaison subsistent quelques formations archaïques, qui, pour la plupart, reposent sur un thème distinct de l'indicatif (Ernout, Morphol., §§ 243-244) : type /nam / forent en face de sum, cram, etc., ct de sim, essem : PL, Mi. 200 : quid fual me tiesrio « que va-l-il advenir de moi? je ne sais ». Ces deux formes sont liiécs île la meine qui a fourni fui, vi aussi /to ; type duos j duim en (ace de do, avec un élément -m- : l'L, Mer. 401 : ne duos n ne donne pas » ; Ep. 66 : luppiter te perdait! « que Jupiter (c confonde ! » ; type atligas en face de tango, sans la nasale infixée; (unserve dans la formule ne me atligas « ne me touche pas » (PL, inscr.) ; de même, lulam, en face de tollo (*tol-no) ; (e)ueuat, en face de (c)uenio, sans le suffixe -i- ;
FORMES ARCHAÏQUES DU SUBJONCTIF
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taxât, autre subjonctif de tango, conservé dans la locution dum taxât (§ U$\; type en -s- (-ss-) : faxo f faxim, en face de facio et de feci ; ausim, en face de audeo ; adaxint (PL, Au. 50), en face de adigo ; amas so f amassim, en face de amo ; prohibesso f prohibcssim, en face de prohibeo ; etc. L'élément -s- n'est pas spécialement une caractéristique d'aoriste ou de désidératif ; sa fonction est de servir à constituer un thème autonome, comme le -w- de duas. Cette autonomie morphologique du subjonctif et de l'optatif soulignait leur indépendance sémantique à l'égard du temps et de l'aspect, ce qui est le cas en grec pour le subjonctif et l'optatif de l'aoriste. Les formes en -so, ainsi (pie cela se produit pour cro (de sum), ne sont plus usitées que comme futurs. Plus spécialement, faxo en phrase libre équivalait à un faciam énergique avec la nuance de « je t'assure, j ' e n réponds » : PL, Tru. 643 : ego faxo dicat « je le forcerai d'avouer, je t ' a s s u r e » ; parfois, eu incise : l'L, As. 749 : horresect, faxo « elle eu aura le frisson, je t ' a s sure ». La géminée -ss- de amasse jainassini csl une accommodation secondaire de l'élément -s- aux verbes à thème vocalique, surtout en -â-. Dans les vieux textes, y compris Plante, les formes en -asso j-assim paraissent même plus Iréquenles que telles du parfait en -ni. (amaucro, amaucrim ; cl il se pourrait qu'elles leur soient antérieures. § 2C2. De ces divers archaïsmes seules les formes sigmatiques faxo, faxim, etc., ont gardé quelque importance. Elles ont été d'ordinaire rattachées à celles du perfectum : faxo à fecero, faxim à fecerim ; par assimilation aux formes contractes de parfait, leuasso (Enn., A. 335) se ran geait naturellement à côté de leuassem ( = leuauissein) ou de leuasse ( = leuauisse) ; negassim (PL, As. 503), à côté de negassem ou de negasse. Cette valeur de perfectum est surtout sensible en proposition subordonnée : Enn., S e 308 : plus miser sim, si... faxim « je serais plus malheureux, si je venais à avoir fait » ( = si fecerim). Parfois, cependant, ces formations gardaient '— presque toujours dans l'emploi indépendant la valeur « atemporelle » qui avait été primitivement la leur : PL, Pc. 73 : si id fiat, ne isti faxim nusquam appareanl 0 si cela se faisait, je ferais· (— je vous garantis) qu'on ne verrait plus nulle pari ces gens », en particulier dans les souhaits : PL, Am. 461 : quod Me /axil luppiter! « puisse Jupiter le faire I »; Au. 149 : ita di faxintl « puissent les dieux le faire I », ct dans les tournures prohibitives : PL, As. 839 : ne dixis istuc « ne dis pas cela » ; Ter., Ph. 742 : ne me istoc posthac
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LA PHRASE SIMPLE
nomine appellassis « ne m'appelle plus désormais de ce nom ». A cet égard, la formation sigmatique avant de disparaître n'a pas été sans action sur le subjonctif parfait de type normal : elle se prolonge dans la défense de type ne feceris ct dans quelques formules do souhait (§ 268). l.-es formations sigmatiques faxo / faxim, amasso / amassim n'ont guère dépassé dans l'ensemble la période du v. latin. Néanmoins, elles se maintiennent dans quelques cas particuliers : la formule (ita) di faxint! est encore employée par Cicéron ; attsim, ausis subsistent chez les poètes et les prosateurs d'époque impériale. Cf. F . Thomas, Recherches..., p . 27 sqq. Note. — Forem, doublet de esscm, peut être considéré comme un archaïsme. Il se rencontre plutôt dans les propositions orientées vers l'avenir, dans les conditionnelles, les finales, ou encore au style indirect comme futur du passé : la relation qui s'établissait avec l'infinitif futur fore explique en majeure partie cette tendance. Cicéron use rarement de forem; César encore moins. Le tour tii... foret, relativement fréquent en v. latin pour exprimer l'irréel, devient après Salbistc un cliché, des historiens : Landgraf. Λ. L. L. G. XIII [1904], p. 281-283.
Indicatif « modal » § 203. Bien que mode du réel, l'indicatif, dans certaines tournures, en arrivait à être très voisin de l'irréel ou du potentiel ct à se rapprocher ainsi du subjonctif. a) Tournures elliptiques. — Un parfait de l'indicatif avec paene (prope postclass.) désigne l'action qui a failli se produire, c.-à-d. qui se serait produite, si elle n'avait été arrêtée : PI., Pe. 594-5 : paene in foiteam decidi, || m hic adesses « si tu n'avais été là, j ' a i bien failli tomber ( = je serais tombé) dans le piège » ; Cic, At. 5, 20, 6 : paene dixi; Liv. 21, 34, 1 : est prope circumuentus. Le plus-que-parfait apparaît dans Ον., M. 14, 85 : paene cremarat; il est au subjonctif ebez Caelius, ap. Cie, Fa. 8, 4, 1 : pacnc... supcrasset (ensuite, à époque tardive). Ailleurs, il s'agit d'un imparfait indiquant l'action en cours, ct la notion d'Inachèvement implique celle d'irréalité : T a c , A. 1, 63 : trudebanturque in paludem..., ni Caesar... legiones inslruxisset « ils étaient
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(en train d'être) poussés sur un marais (et cela serait arrivé), si César n'avait rangé ses légions en bataille » ; cf. Vg., En. 6, 358. Ou bien, c'est un plus-que-pariait donnant par anticipation un résultat comme déjà acquis : Sén., Ir. 1, n , 5 : perierat imperium..., si Fabius tantum ausus esset quantum ira suadebat « c'en était fait de l'empire, si Fabius avait osé tout ce que son ressentiment lui conseillait ». La substitution de l'indicatif au subjonctif rendait l'expression plus vive et plus forte Ce tour est fréquent dans la langue de la rhétorique ; mais il ne lui est pas spécial, cf. PL, Mi. 53. § 264. b) Verbes de caractère modal. — L'indicatif des verbes de pouvoir, de convenance et d'obligation (possum, debeo, oportet, decet, necesse est, etc.) désigne couramment une action qu'il serait possible, nécessaire ou convenable de faire, mais que l'on ne fait pas : Cie, C. M- 55 : possum per sequi permulta oblcctamenta rerum rusticarum; sed ea ipsa quae dixi sentio fuisse longiora « je pourrais énumérer les très nombreux attraits des choses de la campagne... (mais je ne le ferai pas) » ; cf. PL, Tri. 380. Le latin considère alors l'existence effective du pouvoir, de l'obligation, de la convenance, etc., ce qui entraîne l'indicatif. Au contraire, le français ct d'autres langues modernes, plus sensibles au fait que l'action n'a pas lieu, usent du conditionnel ou d'une formation modale similaire. L'indicatif est employé de même avec l'adjectif verbal en -ndus indiquant l'obligation, et dans diverses expressions analogues : aequum ou par est « il serait juste » ; difficile est « il serait difficile » ; longum est « il serait trop long » ; magnum est « il serait important » ou « il serait difficile »; melius est, satins est « il vaudrait mieux »; conuenit, decet, utile est ; meum est, etc. Par ex. : Cie, Mi. 40 : cum se ille fugiens in scalarum tencbras abdidissct, magnum Miloni fuit conficere illam pestent! « c'eût élé pour Milon une grosse affaire de... I ». Au pusse, le parfait, qui est le temps de beaucoup le plus fréquent, indique ce qui aurait pu ou dû être fait, mais ne l'a pas été : Cic, Or. 32 : mutila quaedam el hiantia... quae uel sine magistro facere poluerunt... « des phrases fragmentaires et coupées de hiatus qu'ils auraient pu faire
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même sans mattrc » ; Liv. 5, 4, 9 : aut non suscipi bellum eporluil, am geri pro dignitate populi Romani... oportet « ou bien il aurait fallu ne pas entreprendre la guerre, ou bien il faul... »; Cic, Lae. 60 : illud potius praccipiendum fuit « il eût mieux valu recommander ». L'Impnrfiill désigne ce qu'on pouvait ou devait faire, avec, la nuance qu'on ne le fait pas, mais qu'on peut encore le faire : Cic, Cat. 1,2 : ad mortem te, Catilina, duci inssu consults iam pridem oporlcbat « il y a longtemps, Catilina, (pie tu aurais dû (cela n'a pas été fait, mais reste possible) être conduit à la mort sur l'ordre du consul » ; Vg., B. 1, 79 : hic tarnen hatte mccuni péteras requicsccrc nodem « tu pouvais (tu aurais pu) cependant te reposer ici cette nuit (et ce serait encore possible) ». Néanmoins, cette distinction s'estompe parfois : en face du passage précédent des Calilinaires (également : 2, 3), Cicéron exprime la même idée au parfait, sans différence appréciable, scmblc-t-il, dans : ibid. 1 , 5 : hoc quod iampridem factum esse oporluil (avec deux parfaits). De plus, par analogie avec l'imparfait du subjonctif marquant l'irréel du présent, il arrive à l'imparfait de l'indicatif dans ces tournures de perdre toute valeur passée : Lucr. 2, 1035 : quid, magis his rebus polerat mirabile dici? « que pourrait-on citer de plus merveilleux (pie ces choses? » ( = potest) ; Cic, Ph. 2, 9 : tuas lilteras, elsi iure poteram..., tarnen non projeram « bien que je sois fondé à le taire... » ; cf. Of. 1, 28 : acquius erat pour acquius est. Le plus-quc-pnrinil. paraît d'emploi plus récent. Plaute use de aequius (itérai (Tri. ι m et 1040), satins fuerat « il aurait mieux valu » (Ci. 42) ; mais il n'a aucun exemple de debueram, aportuerat, polueram. Chez Cicéron, ces formes sont encore rares : Mu. 51 : crupil c senatit triumphans gaudio, quem omnino uiuuni Mine exire non oportucrat « il bondit hors du Sénat, exultant de joie, lui qui n'aurait pas dû sortir vivant de là » ; cf., par extension, maluerain « j'aurais mieux aimé » (Cic, At. 2, 19, 3). § 20Γ>. Κ n rapport avec une proposition conditionnelle à l'irréel, l'indicatif subsiste, si le pouvoir ou l'obligation sont indépendants de la condition exprimée : Cic, Ph. 2, 99 : omnibus cum conlumeliis onerasli quem patris loco, si ulla in te pictas esset, colère de.bèbas « tu as accablé de tous les outrages un homme que, si tu avais eu en toi le moindre respect, tu aurais dû (littéralement, tu devais) révérer à l'égal d'un père » ; ce devoir existe sans être lié à la condition. D'où, une opposition comme : Cic, At. 10, 16, 3 : Cata qui Sicilian! tenere... potuil et, si tenuisset, omîtes boni ad cum se coittulisscnt... « Caton, qui aurait pu tenir la Sicile et qui, s'il l'avait tenue, aurait vu accourir à lui tous les honnêtes gens ». Les verbes possum, debee, oportet, etc., sont, au contraire, au subjonctif présent ou
INDICATIF EXPRIMANT L'IRRÉEL
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passé* selon la syntaxe des propositions condilionnellcs, si le pouvoir ou l'obligation dépendent de la condition : Cic, R. Ain. 55 : tarnen ei qui hune accusel, possim aliquo modo ignoscere « je pourrais cependant (si cette éventualité se produisait) pardonner jusqu'à un certain point à qui l'accuserait » ; Diu. 2, 20 : qui nisi reuertisset, in eo conclaui ei cubandum fuisset quod proxtima node corru.it « s'il n'était pas revenu, il lui aurait fallu coucher dans une pièce qui s'écroula la nuit suivante ». Il était, du reste, difficile d'éliminer tout flottement. Les indicatifs debebat, aequom erat, etc., tiennent lieu parfois de véritables irréels : Cic, Tu. 3, 2 : quodsi taies nos natura genuisset ul eam ipsam inlueri... possemtts, haud erat sane quod quisquam rationem ac dodrinam requirerel « si la nature nous avait faits tels que nous puissions la percevoir d'elle-même, il n'y aurait pas de raison (dans cette hypothèse) pour que l'on cherchât à s'instruire ». Par extension, eram est mis pour essem dans Ον., Am. ι, 6, 34 : solus cram, si non saeuus adessel Amor « jc serais seul, si le cruel Amour n'était pas là ». Dans la proposition conditionnelle, les verbes « devoir, pouvoir, falloir, etc. », se m e t t e n t au subjonctif après si, nisi, etc., si le sens l'exige, comme tout autre verbe : Cic, Rose. Am. 83 : st mihi liberet accusare, accusarem alios potius « si j'accusais par plaisir, j'accuserais plutôt d'autres personnes » (irréel). VERBES « PENSER, CROIRE ». — L'indicatif passé des verbes « penser, croire » prenait facilement une valeur modale dans diverses tournures négatives : non putaui, et surtout non pularam « je n'aurais pas cru », C i c , Of. 1, 81 ; non sperabam « je n'aurais pas pensé », C i c , Fa. 5, 1 , 2 ; également, C i c , Mu. 36 :,quis L. Philippum... a M. Hcrennio superari posse arbitratus est? « qui eût pensé que L. Philippus pouvait être b a t t u par M. Herennius? ». Dans ces locutions, l'indicatif est amené par le fait qu'on ne pouvait pas avoir effectivement l'idée ou la pensée rapportée.
Subjonctif et futur § 2(50. L'indicatif et le subjonctif étaient en rapport p a r l'intermédiaire du futur. Les l u t i n s du latin sont, en effet, d'anciens subjonctifs. Λ Yinfcclnm de la 3"; el de la 4'' conjugaison, la i r p personne en -am (Icgam, capiam. andiam) est même coininiine au futur I et au subjonctif présent. Dans toutes les conjugaisons, futur II ct subjonctif parfait Unissent p a r ne plus être distincts q u ' à la i r 0 j>ers. sg. : -crof-erim ; a u x a u t r e s personnes, les différences de q u a n t i t é qui sépa-
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raient les deux format ions s'elfacenl par l'effet d'actions phonétiques ou analogiques. Aussi des confusions existent-elles d a n s l'emploi. § 207. F u t u r I e t s u b j o n c t i f p r é s e n t . — Pour une exhortation, on a vu que le singulier ibo alterne avec le pluriel camus « allons » (§ 251). De plus, la 2 e personne du futur I exprime un ordre adouci, une invitation : PL, Ba. 1001-2 : «0» dabis, si sapics; tier um si das maxume, || ne ille alium gentium quacrat, si sapiet, sibi « tu feras bien de ne rien lui donner. E n tout cas, même si tu lui donnes, il fera bien, lui, de chercher un a u t r e commissionnaire »; C i c , Fa. 5, 12, 10 : lu inter ea non cessabis « p e n d a n t ce temps, t u ne resteras p a s inactif ». Le futur I remplace aussi le subjonctif délibératif : PL, Cap. 535 : quid loquar? quid fabulabor? quid negabo aut quid /alebor? « que dire? que r a c o n t e r ? que faut-il nier ou bien a v o u e r ? », reprise du v. 531 : quid machiner? quid camminiscar? « que machiner? q u ' i n v e n t e r ? »; Liv. 21, 10, n : dedemus ergo Hannibalcm? — ct, de même, le subjonctif de protestation : PI., Men. iq7-8 : salla sic cum palla poslea \\. — ego saltabo? « danse donc comme cela avec cette m a n t e . — moi, danser? ». Avec une v a l e u r concessive : Ilor., Od. 1,7, 1 : laudabunt alii claram Rhodon « d ' a u t r e s loueront... »; Vg., En. 6, 847. D a n s la langue familière surtout, le futur I est parfois un véritable potentiel de probabilité : PL, Tri. 923 : cm, islic erit « ce doit être lui » ( = OîJTO; αν ε(η) ; Pc. 645 : hacc erit bono generc nata; nihil seit nisi ucrum loqui « elle doit être bien née ; car elle ne sait p a s mentir ». La langue littéraire a les locutions at dices..., died aliquis « mais diras-tu, dira quelqu'un », où, du reste, le subjonctif parfait « atemporel » (dixeril quis) tend à concurrencer le futur. Toutefois, avec quacro, Cicéron dil toujours quacret quis (quisquam), et non quacrat ou quaesiucrit. Kn v. lat in, le lui m simple équivaul mêmi· à un subjonctif de souhait : PL, Pc. 16 : dabunt di quae, exoptrs ! « que les dieux comblent tous tes vieux I », ainsi que dans la formule d'assurance ita me di amabunt ut...l f puissent les dieux m'aimer ( = anient) aussi vrai que... I », PL, Au. 496. Les inscriptions d'époque républicaine présentent des alternances comme
SUBJONCTIF ET FUTUR
25I
C. I. L. 1*, 583, 2 (Lex Acilia) : queiue, filius eorum qiioius erit, < queiue ipse uel > quoins paler senator sid... κ qui sera le fils de l'un d'eux ou qui lui-même ou son père sera sénateur » : erit et siet sont sur le même plan. Des confusions se produisent aussi dans le latin vulgaire : Pétr, 37, 3 : ignosect mihi Genius tuus... « me pardonne ton Génie... I n ( = ignoscat) ; 37, 8 : quemuis ex islis... in rutae folium coniciet « il ferait rentrer n'importe lequel sous une feuille de chou » ( = coniciat). § 268. F u t u r I I e t s u b j o n c t i f p a r f a i t . — D a n s beaucoup d'emplois où le futur Π n'a pas valeur de perfect um (§ 21<>), il rejoint le subjonctif parfait « atemporel « à valeur de potentiel : l'L, Cit. 665 : me lubenle feceris « tu le feras (ferais) avec, mon agrément, je ne d e m a n d e p a s mieux « ; C i c , Fa. 13, Oi : pcrgratttm igitur mihi feceris « tu me feras (ferais) g r a n d plaisir » ; Fi. 3, 14 : minime id quidem, inqitam, alienum, multumque ad ea, quae quaerimus, explicatio tua isla pro/ccerit « ce n'est pas du tout étranger à n o t r e sujet, et m ê m e l'exposé que t u veux faire pourra êlre d ' u n e g r a n d e u t i l i t é . . . ». Les Latins, en pareil cas, devaient avoir l'impression d'employer u n e for-' m a t ion « mixte » qu'ils n ' a n a l y s a i e n t pas. Même à la i r 0 personne en -ra, In seule qui fût restée n e t t e m e n t dist i n c t e les deux « t e m p s » sont parfois très proches : PL, Ps. 514 : quid si abslulero? « et si je parviens à t'escroquer? », en face de Cap. 599 : quid si hune comprehendi iusserim? « si je le faisais a r r ê t e r ? », CM. 145 : quid si adeam ad fores...? « si j ' a l l a i s à la p o r t e ? ». Ou encore, C i c , Rep. 1, 20 : nihil est adhuc disputatum et... libenter tibi, Ladt, ut de eo disseras, equidem concessero « ... et pour m a p a r t , c'est volontiers q u e je te céderais la parole... », en face de Ph. 2, 118 : corpus libenter obtulerim; cf. Macr., G. L. K. V, p . 620, g et p . 644, 11. D e m ê m e , Hor., Épod. 1, 32 : haud parattero » je n ' a i p a s lieu d'amasser », cf. haud ausim; Pétr. 58, 5 ; nec tibi parsero, licet... lottern Olympium clames « et je ne t'épargncrai(s) pas, q u a n d même p a r tes cris tu invoquerais J u p i t e r Olympien ». A ces faits se rattache sans doute le tour uidero, -is-, -il par lequel on remet à un autre moment ou à quelqu'un d'autre le soin d'une affaire : C i c , de Or. 2, 33 : sed de me uidero ; nunc hoc propono « pour ce qui me con-
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LA PHRASE SIMPLE
c e r n e , je v e r r a i u n e a u t r e f o i s ; m a i n t e n a n t » ; Pli. 2, 118 : sed de le lu uideris ; ego de me ipse prefitchor « p o u r ce q u i t e c o n c e r n e , à loi d ' a v i s e r . . . » ( l i t t é r a l e m e n t , « tu p o u r r a s bien a v i s e r ») ; de Or. 2, 235 : quid, sit ipse risiis... u tiler it Dcmocritits « ce (pi'est le rire en l u i - m ê m e , à D é m o c r i t c d e le v o i r ». P e u t - ê t r e s'agit-il en soi d ' u n f u t u r II m a r q u a n t l ' a c t i o n q u i a b o u t i t à son t e r m e (§ 246). D a n s c e r t a i n s c a s , le f u t u r 1 (uidebo, -is, etc.) lui est s u b s t i t u é : C i c , At. 10, 6, 3 : ego nunc qua cl quo uidebo ; 2, 16, 4 : sed tu id uidebis ; 10, 7, 1 : sed de hoc uidebinius. Mais il a r r i v e a u s s i (pic le t o u r uidero (ou uiderim?), -is, e t c . , s o i t e m p l o y é en a l t e r n a n c e a v e c un s u b j o n c t i f p r é s e n t jussif : C i c , Quinrt, 55 : uiderinl, inquit, ista officia uiri boni ; de me autan ita considèrent... quaeranl... « a u x gens de bien de voir à o b s e r v e r ces d e v o i r s ; en ce q u i m e c o n c e r n e , q u ' i l s p r e n n e n t en c o n s i d é r a t i o n . . . , q u ' i l s r e c h e r c h e n t . . . »; Sén., Prou. 3, 7 : uiderinl, inquit, isti... uidcanl... « à e u x d e voir (c.-à-d. t a n t p i s p o u r e u x ) . . . , q u ' i l s v o i e n t . . . ».
Note. — lîn bas latin, le futur I I , confondu avec le subjonctif parfait, reste assez fréquent ; il survit d a n s une partie (lu domaine roman, notamment en lîspagne. Le futur 1 — du type amabo comme du type le.gam —- a disparu entièrement ; et, en latin même, il était concurrencé par diverses tournures : les unes, participiales : facturus sum (§ 200), faciendus est au passif (§ 207 d) ; les autres, plus nombreuses, avec des auxiliaires : lacère incipio, s u r t o u t d a n s les textes de traduction, d'après μέ>)ι.ι -|- inf. : Itala, Art. 23, 3 (cod. c) : pereulere le incipiet, τύπτειν iE |i!>.).<(, Vulg. perculiet. — facerc nolo : Corippus, Ioh. 6, 252 : iam properere uolent (— properabunl). — facere habeo ( > fr. « je ferai ») : Aug., Trad, in loh. /\, 1, 2 : tempestas Ma tollere habet totam paleam de area « cette tempête emportera toute la paille » ; cf., en outre, § 272 c. — facere debeo : Mulom. Chir. 250 : dare debebis fur/urem et paleam ; le texte correspondant de Végècc (A. Mul. 2, 6, 3) porte : dabis paleas et furfures. — facere possum : Passio Petri et Pauli 23 : non timeo angelos tuos ; Mi autan me potcrunl limere (gr. φιβτ,Οήτονται). Boiirciez, Eléments, § 246.
L'impératif § 2
IMPLRATII·'
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(earn) acccrsc. « tu peux l'envoyer chercher quand lu voudras » ; prière, PL, Cap. 976 : serua, luppiter supreme, et me et meum gnalum mihi « Jupiter souverain, sauve-moi, sauve mon enfant! » ; souhait, ibid. 900 : bene ambula ct rcdambula « bon voyage et bon retour ! » ; supposition, Cic, Tu. 4, 54 : iracundus non semper trains est; lacesse, iam uidebis furentem « un homme colérique n'est pas toujours en colère ; mais excite-le, et tu le verras furieux aussitôt ». L'impératif futur : facito (2e et 3 e pers.), facilatc, faciunto, indique un ordre d'exécution non immédiate : PL, Mer. 770 : eras petita, dabitur ; nunc abi « viens réclamer (tes gages) demain : on te (les) donnera ; pour le moment, va-t'en ». Aussi convient·il pour les prescriptions générales, proverbes, traités techniques, textes de lois, etc. La prose classique en use encore assez souvent —· (mais peu à la 3 e personne sg., saul esto « soit ») — par ex. Cic, Sest. 31 : si... de me ipso plura dicere uidebar, ignoscitatc « si je vous parais trop parler de moi-même, vois me pardonnerez » ; Tu. 1, 104 ; bacillum propter me... ponitole « vous mettrez un bâton près de moi (quand je serai mort) ». N é a n m o i n s , l ' i m p é r a t i f f u t u r e s t s u r t o u t un a r c h a ï s m e . S o u v e n t le p r é s e n t a l t e r n e a v e c lui : l'L, Mer. 115-6 : aspellito, || detrude, delurba in niant « r e p o u s s e , b o u s c u l e , j e t t e s u r la c h a u s s é e »; C a t o n , Agr. 162, 2 : obruilo... obrue ; o u b i e n , il le r e m p l a c e , p a r e x . C i c , Ver. 4, 105 : de quo si paulo altius... repelcrc memoriam religionis uidebor, ignoscite, en face d e ignoscitole (Sest. 3 1 , ci-dessus). D a n s c e r t a i n s cas, l ' i m p é r a t i f p r é s e n t n ' é t a i t p a s — ou p r e s q u e — u s i t é , e t la f o r m e e u -to q u i en t e n a i t lieu n ' a v a i t p a s d e v a l e u r spéciale d e f u t u r : scito, scitete (et n o n 5 « , seile) ; memento « s o u v i e n s - t o i » ; este ( 3 e pers.) κ s o i t » ; sic habeto « s a c h e q u e » ; pittalo. D e m ê m e , la l a n g u e familière s u b s t i t u a i t facito ut à fac ul c o m m e f o r m e p l u s pleine, et aussi saluelo à salue (PL, Ru. 416). Notes. — 1) Les formes médio-passives en -lor, -ntor sont des réfections secondaires par adjonction de V-r du passif. Elles apparaissent chez Piaule : As. 375 : patitor « laisse-toi faire », se trouvent en poésie, not a m m e n t chez Lucrèce, II, 114: contemplalor (repris par Vg., G. I, 187), mais sont évitées pat Cicéron. 2) La défense s'exprime parfois par l'impératif précédé (le lie (§ 251 B) : ne /le, ne. lime. Avec non, un tour comme non prius... || ... tradite (Catul. 66, 80-81) est exceptionnel ct doit s'expliquer par
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LA PHRASE SIMPLE l'éloignemcnt du verbe. La même raison v a u t pour Ον., Her. 17 (16), 166 : non... puta. Néanmoins, on reconnaît dans ces emplois isolés la tendance générale à l'effacement de ne. Le fr. « ne fais pas » parait avoir été recréé, secondairement. 3) L'impératif présent tendait à se confondre avec l'indicatif d a n s le l l t i n populaire à la 2" pers. du pluriel : ainsi, à Pompéi, C. / . L. IV, 3494 : itis, foras rixsalis, c.-à-d. ite, foras rixsale ; le fr. chantez remonte à cantatis. Cette confusion existe de t o u t temps au médio-passif : sequimini « vous suivez » et « suivez ». Elle s'est poursuivie en français, sauf pour quelques formes : « ayez, sachez, soyez, veuillez », qui proviennent du subjonctif.
CHAPITRE
VIII
FORMES NOMINALES DU VERBE : INFINITIF, SUPIN, GÉRONDIF
§ 270. L'infinitif présent, actif et passif, est un ancien substantif; et, à ce titre, il exprime la notion verbale pure et simple sans autre considération : längere, tangi « le (fait de) toucher, (d')être touché ». Le latin, comme le grec, tendit à faire entrer l'infinitif dans la conjugaison. 11 lui a donné des temps et des voix : ledurum esse, legisse, ledurum fuisse (irréel) ; ledum fore, ledum esse, legendum esse, formes qui, du reste, se sont essentiellement employées dans la proposition infinitive. Cependant, la fonction nominale de l'infinitif ne disparut p a s ; et une flexion rappelant celle de l'infinitif grec avec l'article lui fut constituée, de caractère tout à fait hétéroclite d'ailleurs, puisqu'elle fait appel à deux formations fléchies, le supin et le gérondif : Nom. : infinitif prés, legere. Accus. : infinitif prés, legere ; supin en -tum (uenio lusum) ; gérondif dans l'emploi prépositionnel (ad legendum). Gén. : gérondif legendi. Dat. : supin leclu ; gérondif legendo. Abl. : supin ledu; gérondif legendo.
Emploi nominal de l'infinitif § 271. L'infinitif proprement dit, ou infinitif présent, fait fonction, comme on vient de le voir, de nominatif sujet et d'accusatif complém e n t d'objet. La fonction d'infinitif décliné ressort tout particulièrement d'un passage comme : C i c , Leg. r, 6o : quae uirtus ex prouidendo est appellala pru-
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LA PIIKASE SIMPLE
dentin « cette vertu a été dénommée prudence à partir du verbe prévoir ». Dans certains cas, l'assimilation à un substantif allait très loin : c'est l'inllnlllf HiiliNtiintlvé. Mais cet emploi — en partie influencé par le grec où il était très répandu grâce à l'article — n'est représenté que par un nombre d'exemples restreint, d'ailleurs diversement répartis. Ils se rencontrent dans la langue parlée : PL, Ba. 158 : hic uereri perdidit « il a perdu t o u t sens du respect » ( = ucrecundiam, cf. Mo. 139) ; Pétr. 52, 3 : meum inle.llegcre... nulla pecunia uendo « je ne vends pas mon savoir » ; — chez un styliste comme Salluste, J. 31, 14 : quos omnes eadem eu père, eadem odissc, eadem meluere in ununi coegit « tous hommes (pi'a rassemblés la communauté des convoitises, des haines, des craintes », m. à m. « le fait de convoiter les mêmes choses », etc. ; — dans la langue savante qui trouvait là un procédé commode pour l'expression d'idées abstraites : Lucr. 3, 354 : quid sit corpus senlire... « ce qu'est la sensibilité du corps » ( = sensus corporis) ; 4, 765 : praclcrca meminisse iacet « la mémoire est inerte », pour éviter les quatre brèves du substantif memoria ; chez Cicéron, hors des discours et d'ordinaire avec un pronom qui rappelle l'article grec : Br. 140 : ipsum Latine loqui « le fait même de parler correctement latin, la correction même du langage »; Fi. 2, 86 : béate uiuere uestrum « votre conception du bonheur »; de Or. 2, 24 : meque... hoc ipsum nihil agere... détectai « ce farniente menu; me charme ». Cf., en outre, Ces., B. C. 1, 11,3. Les écrivains d'époque impériale élargirent quelque peu l'usage de l'infinitif substantive. Ils lui rattachaient parfois un adjectif épithète : Pline, Ep. 8, o, 1 : illud... lucundum nihil agere « cet agréable farniente »; ou bien ils en faisaient dépendre un génitif pronominal : Sén., Ep. 101, 13 : quid autan huius uiuere est? diu mori « qu'est-ce que la vie de cet homme? une longue mort »; Val, Max. 7, 3, 7 : cuius (— Fabii Cundatoris) non dimicare uincere fuit « lui dont le (principe de) ne pas combattre fut (synor-vmc de) vaincre ». Après préposition, le premier exemple d'infinitif substantive est fourni par Cicéron avec inter dans un passage technique : Fi. 2, 43 : inter.optime ualerc ct grauissime aegrotarc nihil (interest) « entre bien se porter et être très gravement malade (il n'y a pas de différence) » ; ensuite, avec praeter, Ilor., .S". .;, >;, (>o : praeter plerare ; Ον., Her. 19 (18), 16; seulement à époque tardive avec d'autres formes : contra, de, iuxta, et aussi ad (§ 280). Dans la langue de la grammaire, l'infinitif substantive se trouve assez vileapiès piéposilion, mêine gouvernant l'ablatif : Var., L. L. 5, 83 : ponti/ex a 'posse' « le mot ponli/ex provient de posse »; Suét., Diu. Aug. 87 : potiit assidue... 'betizarc' pro 'tanguere' « il (Auguste) emploie constamment belizarc, au lieu de lait guère » ; niais ce cas est différent, ear il suppose l'ellipse du mot uerbum : par ex. a (uerbo) posse, pro (uerbo) belizare.
INFINITIF SUJET ET COMPLÉMENT
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L'jnfinitïf est très rarement substantive à un autre temps que le présent ; cf. toutefois, au parfait : Ον., Her. y, 164 : praeter amasse meum ; Sén., Ep. 98, 11 : habere eripitur, habuisse numquam. § 272. Le cas de l'infinitif substantive mis à part, l'infinitif, dans sa fonction nominale, est limité à quelques tours peu nombreux, mais usuels : a) comme sujet ou attribut de esse : Caton, Agr. 61, ι : quid est agrum bene colère?. — bene arare « qu'est-ce que bien cultiver une terre?. — la bien labourer » ; surtout dans le type lurpe est mentiri « il est laid de mentir » ; acquutn est, facile est, fas (nefas) est ; mos (consuetudo) est ; est operac pretium « il vaut la peine de » ; est sapientis (§ 53) ; fatum est mihi ; cerium est ; tus est ; meum (tuum) est « c'est à moi (à toi) de » ; oplumum est ; etc. C'est d'un point de vue purement grammatical ct extérieur que l'infinitif est alors considéré comme sujet : « mentir est laid ». En réalité, il sert de complément d'objet à la locution formée avec esse, comme, du reste, en français dans le tour « il est honteux de mentir ». b) comme complément d'impersonnels : type uenire licet « il est permis de venir ». De même, avec decet, necesse est, oportet ; libet, placet; iuuat ; prodest, expedit, conducit « il est avantageux de » ; praestat « il vaut mieux » ; refert, interest ; (me) paenitet, piget, pudet, taedet facere ; opus est ; satis est ; etc. ; c) comme complément des verbes de volonté, de pouvoir, d^eflort, etc. : nolo facere « je veux faire », l'infinitif ayant le même rôle d'objet direct que dans amicum uolo. Se construisent ainsi : nolo, nolo, malo, cupio ; oplo (rare) ; possum; nequeo ; scio « je sais (faire) » ; nescio ; paratus sum; prohibée « j'empêche de », impedio également (class, avec un nom de chose pour sujet, Cie, de Or. i, 163 : pttdor) ; euro « je me donne la peine de » ; disco, doceo, adsucsco ; debeo, solco, consueui ; ingredior, suscipio « j'entreprends »; incipio, institua, coepi, occipio « je commence » ; feslino, maturo, propero « je me hâte de » ; cunctor, moror « j'hésite à »; obliuiscor « j'oublie de » ; omitto, neglego « je néglige de » ; cesso « je tarde à » ; occupo ; desino, desisto, intermitto « je cesse
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de » ; grauor « je me refuse à » ; pcrmitto, concedo (mais souvent ul) ; stttdco, contendo (aussi ut) « je m'applique à, je m'efforce de » (mais experior si, operant do ut) ; in anima habeo ou est mihi, animum induco, cogita.« je projette de » ; hortor ; statua, constituo, décerna « je décide de » (à côté de ul) ; expelo (uincere) « je désire (vaincre) », mais rogo ut ; postula « je prétends faire » (anc. ct class.) ; cogo, sino, tteto, surtout au passif ; etc. Plusieurs de ces verbes se construisent également avec un sujet à l'accusatif : nolo me darum fieri, § 329. Expressions particulières : a) uercor et limeo + inf. (loqui) « je n'ose pas (parler) »; dtibito (loqui) « j'hésite à (parler) », d'après audeo (non audeo) loqui. — b) habeo -\- inf. au sens de n être capable de », attesté dès Cicéron avec les verbes « dire » : At. 2, 22, 6 : de re publica nihil habeo ad te scribere « sur la situation, je ne puis rien t'écrire » ; Fa. 1, 5 a, 3 : de Alexandrina re... habeo polliceri « je puis promettre ». Il se glissait aussi une idée de devoir : Sén., Contr. 1, 1, 10 : quid habiti facere? « que faire? ». Puis, sous l'inlluence du gr. ϊχω λέγειν, ce tour se répandit chez les traducteurs de l'Itala et les écrivains chrétiens à partir de Tertullicn, et il devint par affaiblissement un simple substitut du futur : supra, § 208 n., et Thés. VI, 2455, 65 sqq. — c) restât -f- inf. « il reste à » (Lucr., Hor.), au lieu de ut -fsubj. (§ Î108) ; est | inf. « il est possible de » (non class. ; PL, Ter., Vg., Hor., etc.), d'après meum est (inf.) ; cf. Vg., fin. 6, 596 : (Tityon) erat cernerr « il était possible de voir l'ityos ». Pour est ul 4- subj., § 310. La construction de l'infinitif complément (uolo facerc) s'était étendue •aux verbes de sentiment, au lieu de la proposition infinitive ou de quod complélif : Ter., Ad. 254 : ab quiuis homine... beneficium accipere gaudeas « on se réjouit de recevoir un bienfait de qui que ce soit ». En poésie surtout, elle était appliquée à des verbes variés : perrumpere amal (Hor., Od. 3, 16, 10) n (l'or) aime à pénétrer », d'après solco et le gr. φιλώ ; ardeo (SaL, Vg., Ον.), d'après cttpio; peto (Lucr., Vg., Hor.) et quaero (Hor., Cohiin., Sén., Tac.) « je cherche à », d'après sludeo ; refugio « j'évite, je refuse de » (Ilor., Oïl. ι, 1, 3] ; Ον.) cl uito n j'évite de » (Lucr., Hor., S é n ) , d'après omitto ; ualeo n j'ai la force de » (Lucr., Ilor., Ον., Suét.), d'après possum ; sustinee n j'ai le front de » (Liv., 23, o, 7), d'après audeo. Meine des verbes pour qui la construct ion avec ut était usuelle reçoivent rinfinitif : cauea, SaL, / . 64, 2 ; Catul. 50, 21 ; Vg., B. <), 2 5 ; aro, Vg., fin. 6, 313 ; T a c , A. 6, 2 ; etc. § 2711. A t t r i b u t de l'Infinitif. — Dans les constructions précédentes.
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l'attribut qui se rattache à l'infinitif est soit à l'accusatif, soit au nominatif : a) Il est Λ l'accusatif, si l'infinitif dépend d'une locution avec lev. «être» de sens impersonnel : non facile est (decet) esse temperawtem « il est difficile, il convient d'être tempérant », par ex. C i c , Par. 51 : non esse cupidum pecunia est « ne pas avoir de désirs, c'est de l'argent ». L'attribut s'accorde alors avec un sujet indéfini implicite : « qu'on soit tempérant, cupide... », *c-à-d. (aliquem) esse tempcrantem, cupidum... L'apposition est également à l'accusatif : Cic, Of. 1, 80 : fortis animi est non... tumultuantem de gradu deici « c'est le propre d'une âme courageuse de ne pas se laisser abattre (quand on est) dans le désarroi ». Auprès de licet, à côté de l'assimilation au datif (mihi non licet esse olioso), l'accusatif n'était pas exclu (§ 158), et même il s'imposait, si le sujet était indéterminé : C i c , Of. 1, 92 : haec praescripta seruantem licet... grauiter animoseque uiuere « quand on observe ces prescriptions, il est possible de vivre avec dignité ct fierté ». b) L'attribut est, au contraire, nu nominatif, lorsque l'infinitif dépend des verbes « pouvoir, vouloir, s'efforcer, etc. » (uolo, cttpio, possum, sludeo, etc.), parce qu'il s'accorde avec leur sujet : type cupiebal Caesar démens uideri « César désirait paraître clément », par ex. C i c , Fi. 2, 72 : uolo et esse et haberi grains n je veux à la fois être reconnaissant et être tenu pour tel ». Cette construction s'explique par l'étroite relation qui unit l'infinitif au verbe. § 274. T e m p s do l'infinitif.— Dans les emplois précédents, la forme habituelle de l'infinitif est celle du présent, qui exprime la notion verbale en elle-même. Le parfait se rencontre parfois pour indiquer l'action achevée : PL, Ba. 759 : iam bis bibisse oporluil = « tu aurais dû déjà avoir vidé deux coupes »; Hor., A. P. 328 : paieras dixisse « tu pourrais avoir déjà répondu ». Dans les cas de ce genre, c'est le participe passé passif qui est souvent utilisé après uolo, oportet, etc. : PL, Mi. 1336 : aurem admolam oportuit « il fallait approcher l'oreille », cf. Ter., Ad. 214 (§ 208). Kn outre, il existe une tendance à user de l'infinitif parfait actif sans valeur «le « periecluni ». Kilo esl ancienne dans la formule prohibitive ne quis fee.isse. uelit de caractère juridique « que personne ne veuille faire, ne fasse », attestée en v. latin : NC Ha. 2 : nciquis eorum Bacanal habuise uclct n que personne n'organise un llacchanal »; Caton, Agr. 5, 4 : nequid émisse uelit insciente domino HI qu'il n'achète rien à l'insu de son maître » ; par imitation : Ter., Ile. 563 : interdica ne extulisse extra aedes'puerum usquam uelis « je t'interdis d'emporter l'enfant... ». Cette formule transposait à rinfinitif le subjonctif parfait « atemporel » de la défense ne
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feceris (faxis) ; d'où l'L, Au. 828 : non potes probasse nugas « tu ne pourras pas me faire approuver des sornettes ». E t le souvenir en persistait à l'âge d'Auguste : Hor., S. 1, 2, 28 : sunt qui nolinl letigisse « il est des gens qui ne veulent pas toucher » 1 2 , 3 , 187 : ne quis humasse uelil Aiaccm, Alrida, uetas n lu interdis qu'on ensevelisse Ajax »; cf. Ον., Am. ι, 4, 38 : oscilla praccipuc nulla dédisse uclis. Pour ces écrivains pénétrés d'hellénisme, une assimilation s'établissait avec la construction de βούλομοκ -f- infinitif ao riste : βούλομαι είπεϊν, de même qu'ils rapprochaient du subjonctif/optatif aoriste grec le parfait « atemporel » de la défense (ne feceris / μή ποίησης) ou de l'expression atténuée (dixeril quis f etreoi τις Äv). Les exemples sont assez fréquents chez les poètes, avec possum, uolo et les verbes d'effort : Vg., fin. 6, 78-79 : bacchalur ualcs magnum si peelore possit \\ excussisse deum n la prêtresse s'agite, cherchant à rejeter le grand dieu » ; même en alternance avec un infinitif présent : Hor., fip. 1, 1, 41-42 : uirtus est uilium fugere et sapienlia prima || stultitia caruisse « le commencement de la vertu est de fuir le vice, celui de la sagesse d'être exempt de sottise » ; cf. Vg., fin. 10, 14 : tum ccrlare odiis, tum res rapuisse licebit ; Perse 1, 132 : seil risisse, et: souvent le parfait n'est qu'un expédient métrique : exalter?, rapire étaient exclus de l'hexamètre. Néanmoins, il se trouve en prose : Liv. 30, 14, 6 : hanc te quoque ad cèleras tuas... uirlutes... adiccisse uelim « je voudrais (pie tu ajoutes celle vertu... » ; Quint. 8, 6, 30 : postasse haud d ubi tent ; Tert., 5c. 5. A l'influence du grec s'ajoutait l'attraction du type factum oportuit (§ 208 B), par ex. (bans Liv. 30, 44, 7 : lune flcsse dcctiil ; et il serait aussi vain de retrouver systématiquement la valeur de perfectum (pic de la nier lorsqu'elle est manifeste : Cic, Ver. 3, 180 : qui te nolit périsse « qui ne veuille te voir mort » ; Prop. 4, 3, 70 : te redisse uelim « je voudrais te voir de retour » . § 275. Infinitif de b u t . — L'infinitif marque le but dans l'expression darc (minislrare) bibere « donner à boire », usitée à toutes les époques ; peut-être y conscrvc-t-il la fonction de datif qui paraît avoir été primitivement la sienne. Les Latins, en tout cas, n'en avaient plus conscience lin outre, dans la langue parlée et en poésie, l'infinitif et.ait substitué au supin en -tum auprès des verbes de mouvement. Il est constant en v. latin avec le désidératif uiso : PL, Cas. 855-6 : cxinius... \\ ludos uiscre » nous .notions pour voir les jeux »; Tél., Ph. 102 : uollisne camus (cam) uiscre? « voulez-vous «pie nous allions la voir? ». De même : PL, Ba. 631 : uencrat aurum pderc « il était venu réclamer son or ». Et, quoique évitée par Cicéron, cette construction se maintenait : Var., R. R. 2, 1, 1 : cum uiscre. uenissemus (en face de 2, 2, 10 : exeunt pastum) ; Vg., É11. 1, 527-8 :non
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«os... Libycos populäre Penates || uenimus « nous ne sommes pas venus ravager les foyers libyens » ; Hirtius, B. G. 8, 19, 8 : situas petere... adduci t être amené à gagner les forêts »;Hor., Od. 1, 2, 7-8 : Proteus pecus egit altos II uisere montes « mena son troupeau visiter les montagnes élevées ». Au figuré : Tac, A. 2, 37 : illectus a diuo Auguste... ducere uxorem «« engagé par le divin Auguste à prendre femme ». Elle se répandit en bas latin et subsiste dans le fr. « je vais chercher ». Cf. aussi § 297 b.
Supin § 276. Le supin — nom d'action en -tus intégré au système verbal 1 — formait ou contribuait à former trois cas dans la déclinaison de l'infinitif : accusatif (supin en -tum), dat.-ablatif (supin en -tu). Le supin en -tum s'est surtout conservé auprès des verbes de mouvement : ire dormitum « aller dormir », ire accubitum « se mettre à table », ou encore Liv. 3, 25, 6 : legati ab Roma uenerunl questum iniurias « des envoyés vinrent au nom de Rome se plaindre du dommage » (avec un accusatif d'objet complément du supin, § 29). Il marquait aussi la destination dans des formules comme dare nuptum « donner en mariage » (cf. uenum dare « mettre en vente »), parfois même, dans l'emploi libre, une intention : Cie, C. M. 63 : dicunlur... senem sessum récépissé « ils firent asseoir, dit-on, le vieillard », m. à m. « l'accueillirent pour qu'il s'assît » ( = ut sederet) ; Sal., Or. Macr. 17 (H. 3, 48) : neque uos ultum iniurias Iwrlor « je ne vous exhorte pas à venger vos injures » ( = ut ulciscamini) ; cf. Vg., En. 9, 241. Le supin en -tu n'est plus guère employé qu'avec des adjectifs signifiant « beau, bon, digne, facile, utile, etc. » : res facilis diclu « chose facile à dire », optimum ou turpe faclu « chose excellente ou honteuse à faire », dignum memaratu « fait digne d'être rapporté », iucundum audi tu « ebose agréable à entendre », ainsi que dans les locutions fas 1. Voir E. Uenvenislr, Noms d'agent et noms d'action en i.-e., Paris, 19^8, p. 100 sqq. — Le tenue de supin (supinum uerbum) vise l'indifférence à la voix, au temps ct au mode, par analogie avec l'attitude d'un homme nonchalamment couché ; d'abord de portée générale, il s'était ensuite appliqué spécialement aux formes nominales en -tum, -tu, qu'il désigne aujourd'hui.
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(ncfas) diclu « il est permis (sacrilège) de dire », diclu ou scitu opus est « il est besoin de dire ou de savoir », Ter., Hau. ty^T, C i c , Tu. 5, 38 ; cf. aussi Tib. 3, 10, 21 : nil opus est flclu (par recherche, avec pudet, chez 'facile : Agr. 32 : pudet diclu, au lieu de dicere). Du supin en -lu, comme de rinfinitif, pouvait dépendre une proposition complétive : C i c , Of. 2, 48 : difficile dicht est quanlopere conciliet animos hominum comilas « il est difficile de dire combien... » ; C. M. 13 : uidetis nef as esse diclu miser am fuisse talem seneclutem « il serait impie de dire que... ». Le supin en -lu garde encore la valeur d'un ablatif de provenance au sens local (quest, linde) dans des emplois isolés : PL, Men. 288 : nunc obsonalu redeo « je reviens du marché »; Caton, Agr. 5, 5 : primus cubitu sitrgat, postremus cubitum eat « qu'il se lève le premier... ». Le type usuel res facilis didu ou fadu se ramène facilement à l'ablatif de point de vue : n une chose facile sous le rapport de dire ou de faire », cf. Liv. 31, 38, 3 : id diclu quam rc... facilius erat « c'était plus facile en parole qu'en fait ». Mais on peut y voir en même temps un datif de destination : « facile pour l'action de dire ». VA il est probable «pie dans le supin en -tit se confondaient ces deux emplois. Au datif sg. de la ,\° déclinaison, il y avait d'ailleurs une forme en -11 (pic César, d'après Aulu-Gelle (4, 16, 8-9), préférait à -Hi. D'autre part, on voit un datif en -ui employé de la même manière que le supin en -1/ dans PL, Ba. 62 : istaec lepida sunt memoratui « ces choses-là sont jolies à énoncer ». Le supin n'avait qu'une faible extension. Beaucoup de verbes — certains très usuels comme sum, uolo, etc. — en étaient dépourvus. Divers (durs le concurrençaient ou le remplaçaient : noms abstraits, dignus admirâtione ; ad \- accus. : ire ad uenandum, ad aspeclum iucundits, res ad credendum facilis ; ut final : ueni ut rogarem ; infinitif : scire opus est, et aussi camus uiscre (§ 271»). Le supin n'a survécu qu'isolément en roman.
Gérondif (et adjectif en « -ndus ») § 277. Le gérondif ct l'adjectif en -ndus ont eu d a n s la déclinaison de l'infinitif une p a r t beaucoup plus importante que le supin. Ils n e sont tous deux q u ' u n même adjectif verbal, caractérisé p a r un suffixe
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-end-, parallèle au suffixe -ent- du participe présent : uoluendus (< *uolu-end-os) en face de uoluens ( < *uolu-ent-s)1. Dans le cas du gérondif, cet adjectif est substantive ; il reste adjectif dans la forme en -ndus, de sorte qu'il n'y a pas lieu de rechercher lequel des deux emplois est le plus ancien. Du fait de son caractère substantive, le gérondif était réservé aux constructions absolues : res facilis ad intcllegendum « chose facile à comprendre » ( = facilis inlelleclu) ; ars nattigandi « l'art de naviguer » ; sum defessus quaeritando (PL, Am. 1014) « je suis fourbu à force de chercher » ; etc. Son rattachement au verbe lui permettait de recevoir un complément direct d'objet à l'accusatif : cupidus iiidendi urbem. Mais à cette construction l'usage était souvent de préférer l'adjectif verbal en -ndus en accord avec le nom qui aurait été le complément, l'ensemble étant au cas où aurait été le gérondif : cupidus uidendae urbis. Le gérondif cl l'adjectif en -ndus dans cette fonction exprimaient la notion verbale comme éventuelle et non comme réalisée, par opposition au part icipo en -tus : /le. interficiende Cicerone « sur le meurtre (envisagé) de Cicéron », mais de inlcrfecto Cicerone » sur le meurtre (effectué) de Cicéron » ; ars amandi « l'art d'aimer (en général) », mais uir amalus « un homme (effectivement) aimé ». L'idée d'obligation, qui se constate pour l'adjectif en -ndus dans d'autres catégories d'emplois (§ 296), est un développement secondaire. Les formations étudiées, par suite de leur nature nominale, échappaient en partie aux distinctions de voix. Ainsi, le gérondif, bien que rattaché à l'actif, se trouve assez souvent avec un sens passif ou réfléchi : Ces., B. G. y, 52, 1 : signe recipiendi dato « le signal de la retraite ayant été donné » ( = se recipere, réfléchi) ; Nep. 25, 9, 2 : spes restituendi nulla erat « il n'y avait (pour Antoine) aucun espoir de rétablissement » ( = ut restiluerctur, médio-passif) : SaL, / . 62, 8 : cum ipse ad imperandum Tisidium uocardur « comme il se voyait appelé lui-même à Tisidium pour y recevoir dos ordres » ; Var., /?. /?. 1, 20, 2 : ad domandum proni « prêts à se laisser dompter (au dmiiptage) »; peut-être Lucr. ί, 312 : anultts... 1. Lat. gerundium — ainsi dénommé parce qu'il indique ce qu'on est susceptible de faire ; le terme a élé créé sur gerere, par analogie avec parlicipium. Pour l'origine de la formation, voir Ernout, Morphol., §§ 252, 253, ct E. Bcnvcniste, Origines de la formation des noms en i.-e., Paris, 1935, p. 135 sqq.
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Unnatur habende » l'anneau s'use par le fait d'être porté » (ou «à le porter, en le portant »). D'autre part, l'adjectif en -ndus, quoique de valeur essentiellement passive, existe pour des verbes habituellement ou exclusivement intransilifs : fruendus, utendus, insidiandus, pigendus, paenitendus, pudendus, etc. (§§ 26, 226, 281). § 278. La substitution de l'adjectif en -ndus a u gérondif p o u r v u d'un complément d'objet, quoique plus fréquente, n ' é t a i t ni c o n s t a n t e ni uniforme. Il en résulte une assez g r a n d e complexité, s u r t o u t en ce qui concerne l'usage de la langue littéraire. D a n s l'ensemble, l'adjectif en -ndus est s u b s t i t u é a u gérondif (toujours ou presque toujours) : a l'accusatif : ad rem gerendam (au lieu de ad gerendum rem) ; au datif : impar ferendo oncri (au lieu de ferendo onus). E n revanche, le gérondif avec complément subsiste, d a n s une cert a i n e mesure, au génitif ct à l'ablatif instrumental : cupidus uidendi urbem ct historiam scribendo tc.mpus consttmit, à côté de cupidus itidcndae urbis ct de historia scribenda tempus consumit. Même, dans ce dernier cas, le souci de la clarté imposait le gérondif, quand celui-ci avait pour complément une forme neutre, pronominale ou adjective : arlem itéra ac falsa diiudicandi (Cic, de Or. 2, 157) « l'art de discerner le vrai et le faux »; in narrando aliquid (Or. 87), de nihil sentiendo (Tu. 1, 102) κ sur le fait de ne rien sentir, l'absence de tout senti ment » ; faciles... in suum cui que tribuendo (Br. 85) « disposés à rendre à chacun son de ». L'emploi de l'adjectif en -ndus eût créé une équivoque sur le genre : artem falsorum iudicandorum, in narrando aliquo, etc. On rapprochera : Liv. 24, 31, 15 : audorem se exhibendo « en se portant garant » ; une construction comme auclorc se exhibendo eût été impossible. De plus, dans la langue parlée ou courante, le recours à l'adjectif en -ndus paraît avoir été beaucoup moins strict. Le gérondif avec complément d'objet se trouve ainsi à l'accusatif après préposition, surtout ad : Var., L. L. o, |2 : ad disceruendum uoeis uerbi figuras; A'. If. 1, 25, 6 : quaedam loca eadem alia ad serend.um id.onca « certains terrains propres à recevoir diverses plantes »; Sén., N. Q. 2, 21, 4 : ad exercendum uerba « pour faire preuve de virtuosité verbale ». En bas latin, ce tour devient fréquent: par imitation du gr. είς τό -|- inf. : Vulg., Luc. 5, 17 : ad sanandiltn cos (είς τά ΙΐσΟαι αυτούς) ; Grég. T., / / . F. ι, ίο : ad perseqitendum Hcbraeos, même avec un complement au singulier : Grég. T., Pair. 7, 2 : ad dissiniulanduni aquam (Bonnet, p. 655). D'autres exemples sont attes-
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tés au/latif : PL, Ep. 605 : Epidicum operant quaerendo dabo « je vais me mettre à la recherche d'Epidicus », cf. Poe. 223 ; Liv. 21, 54, 1 : (locum) équités quoque legendo salis latebrosum « même pour y cacher des cavaliers », — et aussi à l'ablatif prépositionnel : Bel. Afr. 82, 1 : in circumeundo exercilum « en faisant le tour de l'armée » (un seul ms.) ; Var., R. R. 3, 9, 12 : in supponendo oua « en faisant couver des œufs » ; chez Cicéron, dans un passage technique : Tu. 3, 20 : nomen inuidiae... dudum est a nimis inluendo fortunam alterius « le terme d'inuidia provient du fait de trop regarder la fortune d'un autre » ; cf. Dig. 41, 2, 23, 1 (Javol.) : in retinendo iura. Avec les verbes intransitifs, enfin, le maintien du gérondif était nécessaire, le complément restant au cas habituellement régi par le verbe : C i c , Fa. 10, 18, 1 : homini... cupido salis faciendi rei publicae « pour un homme désireux de faire son devoir envers l'État » (on dit, en effet, salisfacere alicui) — à moins qu'ils ne fussent pourvus d'un adjectif en -ndus : Ces., B. G. 3, 6, 2 : span potiundorum caslrorum, en face de Cic, Fi. 1, 60 : quorum (uoluptalum) potirndi spe infiammati. § 279. P r i n c i p a u x e m p l o i s . — Le gérondif et l'adjectif en -ndus . (celui-ci en t a n t que s u b s t i t u t de celui-là) n ' a v a i e n t p a s toutes les fonctions des différents cas où ils é t a i e n t représentés. Certains t y p e s d'emplois se laissent ainsi dégager : a) A l'accusatif, c'est l'emploi prépositionnel qui revient au gérondif et à l'adjectif en -ndus, et encore se trouvent-ils essentiellement après ad : ad dicendum, ad uerba dicenda. Ils sont beaucoup plus rares après in : C i c , de Or. 2, 199 : in increpandam Caepionis fugam ; après ob : Cic, Ver. 2, 78 : ob rem iudicandam, ob absoluendum accipere pecuniam « recevoir de l'argent pour juger d'une chose, pour absoudre » ; également — hors de la prose classique — après ante : Vg., G. 3, 206 : ante domandum « avant le dressage » ; après inter « pendant » : Caecil. 193 Ribb. : inter luctandum ; PL, Cist. 721 : inter rem agendam islam ; cf; Vg., B. 9, 24 ; Liv. 6, 11, 5 ; Suét., Diu. lui. 45, 2 ; après circa « en ce qui concerne » : T a c , Dial. 28 : circa cducan/los libères ; (juint. 4, 5, 6 : circa mouendum; après propter « en vue de » : Val. Max. 3, 2, 9 : propter auspicia repetenda ; etc. b) Le datif — presque toujours celui de l'adjectif en -ndus — est le datif de destination ou final : dreemuiri sacris /aciundis ou legibus scribundis ; rei gerendae diem dicere (statucre) « fixer une date pour l'exécution de qqe chose » ; esse censui censendo ii se prêter à l'estimation du cens » en parlant de biens qui peuvent être reconnus comme la propriété de qqn ; esse oneri ferendo « être en état de supporter une charge », Liv. 2, 9, 6 ; praeesse agro
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celendo « ê t r e à la t ê t e d ' u n e e x p l o i t a t i o n a g r i c o l e », C i c , R. Ain. 50. D e menu;, a v e c les adjectifs accommodalus, aptus, idoneus, natus, e t c . : C i c , C". M. 70 : tempera fructibus... percipiendis accommodata« s a i s o n s p r o p r e s à recueillir les fruits » ; H o r . , A. P. 377 : anintis nalum inuentumque poema iuuandis « la poésie née e t t r o u v é e p o u r le plaisir d e s c œ u r s ». A l ' é p o q u e i m p é r i a l e , ces t o u r n u r e s a u d a t i f f u r e n t p a r f o i s e m p l o y é e s d ' u n e m a n i è r e autonome a v e c la v a l e u r d e p r o p o s i t i o n s finales : L i v . 27, 15, 5 : nattes quas Liitius tutandis comnicatibus habucrat « les n a v i r e s q u e L i v i u s a v a i t e u s p o u r p r o t é g e r s o n r a v i t a i l l e m e n t »; T a c , A. 3, 31 : Tiberius, quasi firtnandae ualetudini, in Campaniam concessit « s o u s p r é t e x t e d e raffermir sa s a n t é » (--- ul ualctudinem ftrmaret). La t e n d a n c e d e la l a n g u e c o u r a n t e é t a i t v e r s le t o u r p r é p o s i t i o n n e l a v e c ad -f- a c c u s . , e t b e a u c o u p d ' e x e m p l e s d e d a t i f chez T i t e - L i v e , T a c i t e , e t c . , s o n t d u s a u désir d e réagir c o n t r e l ' e x t e n s i o n d e c e l t e d e r n i è r e c o n s t r u c t i o n . Cf. supra, § S(9. L e d a t i f d u gérondif e s t peu f r é q u e n t : l o c u t i o n s adesse scribendo « ê t r e p r é s e n t à la r é d a c t i o n d e l ' a c t e », SC. Ba., C i c , Fa. 15, 6, 2, e t c . , e t esse soluendo « ê t r e p o u r (en é t a t de) p a y e r , ê t r e s o l v a b l e », C i c , Ph. 2, 4. Cf. aussi PL, Ep. 605 (ci-dessus, § 27H) ; Vg., fin. 12, 88-9 : aplat habende || cnsc.rn.quc. dipeumque n il a j u s t e — p o u r les a v o i r bien en m a i n — s o n é p é e et son bouclier »; P l i n e , N. 11. 3 1 , 59 : ulilis bibendo. c) l.'iililnllf e s t r e p r é s e n t é e s s e n t i e l l e m e n t : ι o n i m e ablatif p r é p o s i t i o n n e l a p r è s ab, de « au s u j e t d e », ex, in, pro : a scribendo deterrrre ( C i c , Or. 5 ; d é j à chez C a t o n ) ; de contemnenda morte liber (Diu. i, 2) ; industria in agendo (Pomp. 29) ; pro liberanda aniica (PL, Pc. 426) n p o u r l ' a f f r a n c h i s s e m e n t d e t a m a î t r e s s e », cf. C i c , Of 3, 25. Elargi q u e l q u e peu p a r les é c r i v a i n s p o s t c l a s s i q u e s , c e t e m p l o i se r e n c o n t r e — r a r e m e n t , d u r e s t e — a p r è s cum, Q u i n t . 1, 4, 3 ; pro « a u lieu d e », L i v . 23, 28, 11 : pro ope ferenda sociis pergit ire ipse ; a p r è s super -f a b l . « au sujet d e » : H o r . , C. S. 1 8 - 1 9 ; T a c , A. 15, 5. E x c e p t i o n n e l l e m e n t , a p r è s sine d a n s Var., L. L. 6, 75 : nec sine canendo (tibicines... dicti) n s a n s i m p l i q u e r le m o l cancre1 » ; c o m m e a b l . - i n s t r u m e n t a l m a r q u a n t le m o y e n : C i c , O/. 1, 105 : hominis mens discendo alilur ct cogilando « p a r l ' é t u d e e t p a r la réflexion » ; de Or. 3, 30 : Inqucndi eleganlia... augetur Irgrndis oraleribits el pedis « p a r la lect u r e d e s n i a l i i n s e t d e s p o è t e s ». On r e n c o n t r e aussi l'ablatif d e la c i r c o n s t a n c e a c c o m p a g n a n t e : C i c , 1. L'idée du fr. sans -|- inf. se rend en latin par d'autres tours : participe en accord, Liv. 34, '23, 3 : (Romanos) non rngatos Graccis... ojferre auxilium « sans être priés », ou abl. absolu : C i c , 7 « . 1, 03 : (natura) dédit usttram uitac tamquam pecuniae, nulla praestitula die « sans fixer l'échéance »; ou encore nec (§ 176), quin ou ut non (§ 844) ; nisi (§ 877).
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Of. ι, 5 : quis est qui nullis officii praeceplis tradendis philosophum se audeat dicere? « tout en ne d o n n a n t aucun précepte sur le devoir ». Dans cette fonction, le gérondif — la valeur instrumentale s'effaçant — se confondait avec un participe en accord. Cet emploi est encore rare dans la prose classique : C i c , Part. 50 : mori... falsum fatendo « mourir en faisant un faux aveu ». Mais il est plus développé chez Salluste ct les écrivains d'époque impériale; ainsi, avec alternance : SaL, / . 103, 2 : Bocchus seu repulando (= reputans)... seu admonitus... delegil « soit considérant... soit averti... » ; T a c , A. 15, 38 : in édita (incendium) assurgens et rursus inferiora populando (= populous) anleiit remédia « l'incendie s'élançant vers les hauteurs, puis ravageant de nouveau les parties basses... ». Cette construction se poursuivit en bas latin : Grég. T., lui. y : ad cellulam cum omni populo canendo reuertitur (— caneHs) ; et dans les textes de traduction, elle rend soit un participe grec : Herrn., Vulg. Vis. 3, 3 : non desinis petendo (αιτούμενος), soit un infinitif : Itala, Esdr. 4, 41 : et desiit loquendo (έσι,ώπησε τοϋ λαλεΐν). C'est le seul tour où le gérondif ait survécu en roman, avec généralisation de la forme de la i r e conjugaison : *canando (-- canendo) > fr. « (en) chantant ». La préposition in y est, du reste, annoncée dès le v. latin : PL, Tri. 224 : multum in cogitando dolorem indipiscor ; cf. Suét., Din. Aug. 38, 3. d) Le génitif du gérondif et de l'adjectif en -ndus est courant comme complément de nom ou d'adjectif : Ces., B. G. 1, 41, 1 : cupiditas belli gerendi ; 1, 2, 4 : homines bellandi cupidi ; également, de causa, gralia : liberorum quaerendorum causa (formule), uehendi causa (Cic, ÏV. D. 2, 37). Cf. aussi nomen carendi « le mot carere ». En tout cas, il ne peut pas dépendre d'un verbe, même si celui-ci se construit avec le génitif lorsque le complément est un nom : pudet me dicere « j'ai honte de dire » en face de me pudet uerbi, oblilus sum facere en face de oblilus sum officii. Le génitif de relation est représenté par divers tours : dicendi peritus (Caton, frgm. p. 80, 1 Jordan) « habile à parler », dodus fandi (Vg., En. 10, 225) ; locution rcpelundarum (se pecuniarum) reus (§ 74) ; plus spécialement avec esse au sens de n concerner, avoir pour effet de » : C i c , Leg. 2, 59 : cetera in XII tninue.ndi sumptus sunt « les autres dispositions de la loi des XII Tables ont, pour objet de restreindre les dépenses » ; Ver. 2, 132 : quae res eucrlend/ic rei publicité salèrent esse « choses qui avaient pour résultat habituel de détruire l'État ». Il y a même des traces d'emploi a u t o nome : Ter., Ad. 270 : ne id adsentandi. mage quam quo habcam gratum facere exislumes « afin que tu n'ailles pas croire que j'agis ainsi par flatterie plutôt que par reconnaissance », m. à m. relativement au fait de flatter; de même : C. I. L. P , 632, 5 ; Ces., B. G. 4, 17, 10, ainsi qu'en osque et en ombrien : Tab. Eug. VI-A8 ; Tab. Bant. 24.
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LA P H R A ' S E SIMPLE
P a r s u i t e d e l'idée d ' i n t e n t i o n q u i se d é g a g e a i t d e c e r t a i n s e x e m p l e s (celui, n o t a m m e n t , d e s A d c l p h c s ) , les é c r i v a i n s s t y l i s t e s (SaL, L i v . , T a c , etc.) r a p p r o c h è r e n t c e t t e c o n s t r u c t i o n d u g r . τοϋ -f- inf. m a r q u a n t le b u t e t l ' e m p l o y è r e n t a v e c c e t t e v a l e u r : SaL, Or. Phil., f r g m . 3 (Hisl. 1, 77) : exercilum opprimundae libertatis habet « il e n t r e t i e n t u n e a r m é e p o u r a c c a b l e r la l i b e r t é » ; L i v . 36, 27, 2 : pacts petendae oratores miserunt « ils e n v o y è r e n t d e s d é l é g u é s p o u r d e m a n d e r la p a i x » ; T a c , A. 2, 59 : Aegyplum proficiscitur cognoscendae antiquilatis « il p a r t e n E g y p t e p o u r y é t u d i e r les a n t i q u i t é s ». P a r e x t e n s i o n , ce génitif é t a i t m ê m e s u b s t i t u é à u n e p r o p o s i t i o n c o m p l é t i v e a u p r è s d e v e r b e s c o m m e arguere, tnonere, e t c . , p a r e x . T a c , A. 2, 43 : Plancinam... Augusta monuit... Agrippinam insedandi t A u g u s t a r e c o m m a n d a à P l a n c i n a d e d é n i g r e r A g r i p p i n e » ; 6, 16 (10) : occupandac rei publicae argui non poterant (feminae) « d e s f e m m e s n e p o u v a i e n t p a s ê t r e a c c u s é e s d e v o u l o i r s ' e m p a r e r d u p o u v o i r ». Ces f a i t s n e s o n t , d u r e s t e , q u ' u n a s p e c t d u d é v e l o p p e m e n t artificiel p r i s p a r le génitif d e r e l a t i o n à l ' é p o q u e i m p é r i a l e d a n s la l a n g u e l i t t é r a i r e . Voir A. E r n o u t , Philologica, p . 220. Note. — Λ côté des deux constructions envisagées jusqu'ici, celle du gérondif avec complément (cupidus uidendi urbem) ct celle de l'adjectif en ndus en accord (cupidus uidcndae urbis), une troisième, du reste très rare et d'aspect archaïque, et qui ne se rencontre q u ' a u génitif, présentait à ce cas ct le gérondif ct le nom qui aurait dû être son complément : cupidus urbis uidendi. C'est sans doute la plus ancienne, lillc se trouve n o t a m m e n t avec un génitif pronominal : Ter., Ile. 372 : eius (fém.) uidendi cupidus ; Ph. 176 : ut neque mihi eius (fém.) sil amittendi nec rctinendi copia n de sorte- que je n'ai plus la possibilité ni de la q u i t t e r ni do la garder » ; ct peut-être faut-il interpréter ainsi le passage d'Ovide (lier. 20 (19), 77) cité § 208. H o r s de là, presque exclusivement avec un substantif au pluriel : PL, Cap. 852 : nominandi ist or um tibi erit magis quant edundi copia « il te sera plus facile de nommer toutes ces choses que d'en manger » ( = istorum nominandorum) ; C i c , Inu. 2, 5 : exemplorttm eligendi poteslas n la possibilité de choisir des exemples » ; cf. Ver. 2, 77 ; Ph. 5, 6. On peut l'expliquer soit par deux génitifs de relation juxtaposés i n d é p e n d a m m e n t l'un de l'autre : cupidus urbis ct cupidus uidendi « désireux (pour ce qui est) de la ville et (pour ce qui est) de voir », comme encore d a n s la phrase Heluetiorum in\uriae populi Romani (§ 70), soit par la valeur nominale ancienne du gérondif (cupidus urbis uidendi — c. urbis uisionis). Cf. Λ. Kinniil, ii/>. cit., p. 21(1. Il n'est pas sur que le désir d'éviter les formes lourdes de génitif pluriel soit une raison majeure ," car des accumulations de ce genre se constatent à l'occasion : Cic., Leg. Agr. 2, 37 : corrumpendarum tabularum publicarum fingendorumque senatusconsultorum magna polestas ; cf. C i c , Cal. 1, y; Ph. 13, 42.
INFINITIF AU LIEU DU GÉRONDIF
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Infinitif complément de nom § 280. Des faits précédents il résulte que, si l'infinitif est courant comme complément de verbe (cupio uidere), il est d'ordinaire remplacé par le gérondif ou l'adjectif en -ndus comme complément de nom : cupidus uidendi, cupidilas ucri uidendi. Néanmoins, il a tendu à se développer dans ce dernier cas au détriment du gérondif et de l'adjectif en -ndus. L'infinitif concurrençait le génitif du gérondif dans des locutions composées d'un substanlif -j- le verbe « être », comme consilium est, copia est (SaL, Vg.) ; laus est, negotium est ((Me, At. 5, 12, 1), occasio est, ratio non est « il n'y a pas moyen de » (Cic, Ver. a. pr. 24), tanpus est, etc. : PL, As. 912 : tempus est suh/lucere hitte me « il est temps de me tirer de là », en face de /empus est adeundi. Tri. 432. Avec alternance : Ter., Ph. 885-6 : cludcvdi occasio est mihi... || cl... curant adimerc. Ces locutions évoquaient l'idée d'un verbe habituellement construit avec rinfinitif : cupio, decet, expedit, licet, oportet, etc., ou d'une locution du type bonum, aequum est; et l'infinitif pouvait, en même temps y être considéré comme sujet grammatical. De là, il gageait des tournures voisines : d'après consilium est (— deercui.) exspectare. C i c , At. 5, 5, 1, on a dit consilium capio profugere. Ces., B. G. 7, 26, 1, à côté de belli rcnoiiandi, ibid. 3, 2, 2. En dehors même d'une locution verbale, Virgile en arrive à construire directement le substantif amor avec l'infinitif : fin. 3, 298-9 : miroque incensum pectus amore || compellarc uirum et casus cognoscere lantos « un désir merveilleux d'interroger l'homme... ». La contagion s'étendit aux adjectifs. Alors que Caton écrit correctement stttdiosum rei quacrendae (Agr. praef. 3) et Terence cupida hue redeundi (He. 91), les poètes de l'époque impériale, d'après l'analogie de cupio, cupiens, font suivre cupidus ou auidus de l'infinitif : auidus confundere feedus, \'g., En. 12, 290; auidi commiltere pugnam. Ον., M. 5, 7 5 ; cupidus moriri, ibid. 14, 215. A cela s'ajoutait l'influence du type grec βραδύς λέγειν. E t l'infinitif se répand ainsi comme complément des adjectifs les plus divers : Ilor., S.. 1, 4, 8 : durits componere ttersus, m. à m. « rude pour ce qui est de composer les vers » ( — in componendis uersibus), et v. 12 : piger scribauh ferre laborcm « paresseux pour supporter le travail d'écrire » ( = ad ferendum laborcm) ; Od. 1, 15, 18 : eclerem sequi ( = in sequendo) ; Vg., G. 1, 284 : (dies) felix..., potière uitem « jour favorable pour planter la vigne ». Également : Sén. fip. 18, 15 : arida et corripi
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LA PHRASE SIMPLE
facilia « d e s o b j e t s secs et faciles cognosci ulilia; 6, 8, 5 : arduum Ep. 1, 16, 12), Icntus (incaluisse, G. 4, 470), e t c . M ê m e l ' a b l a t i f d u sum defessus quaerere, à c ô t é d e St. Vg., B. 5, 54 : canlari digitus.
à s'en H a m m e r »; Val. M a x . 4, 6 pr. : dinosci ; e t c . Cf. idoneus (dare, I l o r . , Sil. 5, 19), nescius mansuesecre (Vg., g é r o n d i f é t a i t m e n a c é : PL, Ep. 197 : 313 : dc/essus sum pultando. Cf. aussi :
Kn lias latin, dans l'Itala, la préposition ad commence à être suivie de l'infinitif, au lieu du gérondif : Joh. 6, 53 (cod. Verc.) : dare ad manducare, ίοϋνβι... φαγΕϊν; Sirach 45, 20 (cod. Tolet.) : ipsum elegit... ad o/ferre sacrificium deo, προσαγάγει'·». Outre l'influence du grec, cette construc tion était préparée par la contamination des deux tours : aggredior dicere ct aggredior ad dicendum (Bourcicz, Eléments, § 120). Plus tard, l'action du germanique du (all. zu, angi. to) -\- inf. s'exerça également (Ernout, op. cit., p. 222). Ιΐη roman, ad facere remplace ainsi ad faciendum. D u g é r o n d i f seul le t y p e *canando
« e n c h a n t a n t » a s u r v é c u (§ 279).
Emploi verbal de l'infinitif § 281. Des constructions où l'infinitif est assimilé à une forme personnelle du verbe, la plus importante est celle de la proposition infinitive qui a pris un grand développement et qui sera étudiée parmi les proixisitions complétives dont elle fait partie Mais le latin n'a pas l'équivalent des tournures infinitives du grec après πρίν ou ώστε. En phrase libre, l'emploi verbal est représenté par l'infinitif historique ct par l'infinitif exclamatif, avec quelques traces d'infinitif jussif. § 282. L'inflnitir historique ou ilo narration — il s'agit presque toujours de l'infinitif proprement dit ou présent — se rencontre dans les récits de préférence, avec la valeur d'un temps passé, le sujet qui l'accompagne étant au nominatif. Cet infinitif équivaut d'ordinaire à un imparfait ou à un présent historique; il exprime, en effet, l'action qui durait ou était en train de s'accomplir, qu'elle soil répétée ou non : Ter., An. 14^-7 : ego illud scdulo || negarc factum. Ille inslat factum « moi, de nier éncrgiqttemcnt que cela soit. Il soutient que cela est » ; SaL, C. 31, r : repente omnes tristitia inuasil : festinare, Ircpidarc, neque loca neque hamini cuiquam salis credere « l'inquiétude s'empara soudain de tous : ils se bâtaient, s'agitaient, avaient une défiance
INFINITIF. EMPLOI VERBAL
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générale des lieux et des hommes ». Ce dernier passage établit une opposition n e t t e entre le parfait (inuasit) n o t a n t le fait pur et simple et les infinitifs (feslinarc, trepidare, credere) qui décrivent les actions d a n s leur déroulement. Ailleurs, c'est un imparfait que les infinitifs continuent : C i e , Ver. 4, 30 : a Diodoro crepta sibi uasa optime fada dicebat; minitari absent) Diodoro; nocifcrari palam; lacrimas interdum uix tenere. De t o u t e façon, un verbe à un temps personnel précède souvent, qui éclaire le lecteur sur la forme représentée par l'infinitif. L'infinitif de narration n'a pas lieu d'être expliqué par l'ellipse de coepi, ainsi que le proposaient déjà Quintilien 9, 3, 58, et Priscicn, G. L. K. III, 228, 15. Il se justifie de lui-même : réduisant l'énoncé à la seule notion verbale, à l'exclusion de toute autre indication, il est comparable à l'emploi du nominatif dans la phrase nominale. Il rendait l'expression plus brève et plus rapide, et. il avait un caractère surtout littéraire. Encore rare chez Plaute et attesté surtout dans des passages de ton soutenu ou vif (Am. 230, H 1 2 ; Ba. 289; Mer. 46-48; Tri. 836-7), il devient plus fréquent dans le style raffiné de Terence ; et ce sont des écrivains comme Salluste et Tacite qui en font le plus grand usage. Ceux-ci l'introduisaient dans des propositions temporelles, parfois à faible dépendance ; SaL, / . 98, 2 : iamque dies consumptus erat, cum tarnen barbari nihil remitiere atque... acrius instare « déjà le jour était fini, et pourtant les barbares, loin de se ralentir, (nous) pressaient avec plus de vigueur », et même véritablement subordonnées : T a c , A. 3, 26 : postquam extti aequalitas... ct uis inccdebal... « lorsque l'égalité fut dépouillée ( = exuebalur) et qu'on vit s'avancer la violence... »; cf. Liv. 2, 27, 1. Également, dans une relative : Vg., En. 11, 822 : (ex aequalibus und) quicum partiri curas « une de. ses compagnes avec qui.elle partageait ( = partiebalur) ses peines ». § 283. L'infinitif exclamatif (et interrogatif) se distingue de celui de narration en ce qu'il a son sujet à l'accusatif ; C i e , Fa. 14, 1, 1 : 0 me miserum! te (fém.) ... in lantas aerumnas propter me incidisse! « m a l heureux que je s u i s ! est-il possible que par mon fait tu sois t o m b é e d a n s de pareilles infori unes ! ». Souvent il a p p a r a î t d a n s des tournures exelamatives introduites par l'enclitique -ne ; Ter., An. 245 : adeon hominem esse inuenustum aut infelieem quemquam ut ego sum? « y a-t-il a u monde h o m m e aussi disgracié et peu chanceux que je suis? » ; Vg., En. 1, 37 : mené incepto desistere uidam? « moi, renoncer vaincue
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à mon dessein? » ; ι, 97-8 : mciic lliacis accumbcrc campis || non patuissc...? « ô n'avoir pu tomber d a n s la plaine d'Ilion... ! » ( § 3 0 ) . Parfois, avec nonne : Lucr. 2, ifi : nonne uidere...? « est-il possible de ne pas voir... ? » ; cf. PL, Tri. 1046. Avec non ; C i c , Fi. 4, 76 : hoc non uidere...! « comment ne pas voir...? ». ("'est une tournure affective d a n s laquelle l'infinitif mei l'accent sur l'idée verbale, sans considérai ion de temps ni de mode. Le « sujet » est à l'accusatif comme d a n s les tournures de l'accusatif exclamatif par suite de l'idée latente d'un verbe dicendi, cogitandi : « q u a n d je pense «pic... ». L'équivalent existe en grec, cf. Esch., Eum. 837 (J. H u m b e r t . Synt., § 14g), ct en français. § 284. Infinitif jussif. — Un seul exemple appartient à la langue littéraire : Val. EL 3, 412 : tu socios adhiberc sacris « prépare nos compagnons pour le sacrifice », et sou isolement est même de nature à le rendre suspect, lui tout cas, pour l'énoncé de recettes ou de préceptes, l'infinitif, par son caractère indéfini, était appelé à prendre — comme en français même — une valeur jussive. Dès Caton, il apparaît comme tel, notamment à côté d'un impératif : Agr. 156, 7 : addito oleum..., inferuefacito ptiulisprr, poslea indc iusculum /rigidum sorbere cl ipsam brassicam esse « ajoutez de l'huile..., faites bouillir quelque t e m p s ; puis absorber (-bez) un peu de bouillon froid (pie vous y prenez, et manger (-cz) du chou luimême ». Avec celte fonction, l'infinitif présent se retrouve tout au long du latin dans les textes techniques : Var., R. R. 1, 31, I ; Celse 3, 7, I ; Mul. Chir. 136 : dimitte... deinde abicere... poslea producere... et sinire pascerc. Cf. aussi C. I'. L. X I I I , 10017, 32 : uti felix « (fais-en un) heureux usage! », au lieu de l'expression habituelle utere felix. Comme prohibitif, l'infinitif est attesté après ne sur une inscription d'époque impériale : C. I. L. I 2 , 2174 : ne fore slullu(m), avec a t t r i b u t e l'accusatif. Vers la fin de l'Empire, il devient fréquent après non : Mul. Chir. 138.(1 : ordeum dale, non simpliciter dare n donnez de l'orge ; mais ne pas le donner à l'étal brut » ; ibid. 129 ; cf. v. fr. n ne me celer I », fr. mod. n ne pas se pencher », il. « non far questo ». Ici encore, l'attribut est à l'accusatif : llcrm., l'ai. Vis. 2, 2, y : perseuerate opérantes iustitiam, et non in quibusdam dubios esse « et ne soyez pas hésitants », trad, du gr. καΐ μή διψυχήτητε. Eu plus de la proposition infinitive, le grec, où l'infinitif se rencontre parfois comme expression de l'ordre ct du souhait, a pu exercer une certaine action (Kiihner-Gerth, II, p. 19 sqq.).
CHAPITRE
IX
P A R T I C I P E S E T A D J E C T I F E N « - N D V S >•
§ 285. Le participe —- du lat. participium (Var., L. L. 8, 58), traduction du gr. μετοχή — est ainsi nommé, parce qu'il tient à la fois du nom et du verbe. Il comprend, en cfTet, des formations adjectives, déclinées comme' telles, mais incluses dans le système de la conjugaison et pouvant indiquer un rapport de temps, recevoir un régime direct ou indirect, marquer la voix, etc. Le latin possède : 1) un participe présent actif en -ni- (faciens), qui se retrouve au déponent (imitans) ; c'est la seule formation i.-e. de participe qui ait subsisté en latin ; — 2) un participe passé passif en -lus (factus), de sens actif au déponent, imitatus « ayant imité » ; c'est un adjectif verbal dont l'utilisation comme participe remonte à l'italique ; — 3) un participe futur en -ttirus, de sens actif (facturus, imitaturus), qui est une innovation du latin. A côté de ces formes, l'adjectif en -ndus (faciendus, imitandus) reste en dehors de la conjugaison proprement dite, sauf qu'il s'est employé à basse époque avec valeur de participe futur passif. Ce système est beaucoup moins complet que celui du grec. Le latin n'a pas de participe présent passif (ποιούμενος), ni non plus — sauf dans le déponent (imitatus) — de participe passé actif (ποιήσας) ou parfait (πεποιηκώς). L'absence de participe passé actif était particulièrement sensible. Elle eut pour effet de développer le rôle des propositions temporelles avec cum, ubi, etc. ; souvent aussi le latin recourt au participe passé passif à l'ablatif absolu : par ex. Ces., B. G. y, 45, 1 : hac re cogniia, Caesar miltit complttrcs cquitum turmas n ayant appris cela, César envoie plusieurs escadrons ».
Participe présent § 286. Le participe présent ne marque pas le temps en lui-même ; mais il désigne l'action concomitante, c.-à-d. qui se développe en
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Ι Λ
PHRASE SIMPLE
y même temps que celle du verbe de la proposition où il se trouve : Ces., B. G. 5, 37, 5 : (Colla) pugnans occiditur « Cotta est tué en combattant » ; C i e , Cat. 1 , 3 : Sp. Marlium noui s rebus studcnlcm manu sua occidit « il fit périr de sa propre main Sp. Melius qui travaillait à un soulèvement ». Mais il n ' y avait pas toujours simultanéité absolue entre les deux actions, ct un glissement se produisait vers le passé : Ter., Ph. 615-6 : id quidem agilans mecum sedulo, || inueni, opinor, remedium httic rei « en y réfléchissant avec soin, j ' a i trouvé, je crois, un remède », c.-à-d. « après y avoir réfléchi ». Le participe présent arrivait ainsi très près d'un participe passé actif : Hor., S. 1, 5, 94-5 : inde Rubos fessi peruenimus, ulpolc longum || carpcntcs iter « puis nous arrivons fatigués à Rubi en gens qui effectuent (ont effectué) un long parcours » ; Liv. 27, 43, 3 : eum prima incertis implicantes responsis... edocuerunl « cherchant tout «l'abord », c.-à-d. « après avoir cherché tout d'abord à l'embrouiller par des réponses vagues,... ils révélèrent ». Enfin, comme dans ce dernier passage, le participe présent, en tant que formation d'infedum, m a r q u a i t , le cas échéant, la tentative ct l'effort, cf. § 217. § 287. Le participe présent n'avait pas un caractère verbal très marqué. Chez P l a n t e ct en v. latin, il se trouve rarement avec un régime (J. Marouzeau, M. S. L. 16 (1910-11), p. 145 sqq. ; Rev. Ph. 45 (1921), p. 173). En ce qui concerne la voix, on a vu que des formes comme exerçais, gignens, ucriens, uoluens servaient de participes a u x médio-passifs exerceri, gigtii, uerti, uolui (§224). D'autres avaient une valeur d'état qui les rapprochaient du passif : capitibus quassantibus (PL, Ba. 305) « le chef branlant (s'allongcant) », siliqtta quassante (.Vg., G. 1, 74) « à la cosse tremblante », ncglcgentior amidus (Quint. 1 1 , 3 , 147) « une tenue quelque peu négligée »; plus tard, desiderantissimus au sens de « désiré, regretté » (Fronton, Aug., etc.). Le participe présent n'a qu'un rôle très limit«' dans la conjugaison p é r i p h r a s t i q u e Le tour amans sum st; rencontre d a n s des formules expressives comme PL, Am. 9N9 : ego sum Ioui dicta audiens « moi, c'est à J u p i t e r «pic j'obéis » ; Poe. 103K : ut lu sis sciens « pour que tu
PARTICIPE PRESENT
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sois au courant » ; cf. Ter.. An. 508, et aussi 5>. C. Ba. 1. 23 : senaluosque sentenliam ulci scicnlcs csdis. D a n s C i e , Or. 41 : est enim, ut scis, quasi in exlrema pagina Phacdri his ipsis uerbis loquens Socrates, le verbe sum a sa valeur d'existence, et le participe est « apposé » au sujet : « S. est (représenté) p a r l a n t en ces termes », ce qui permet de mieux fixer la scène. C'est seulement à l'époque impériale que la langue parlée est portée à développer cette construction : Vitr. 3, pr. 2 : ad poslerilatem sunt permanentes ; 7, 4, 4 : non erit displicens ; Peregr. Aeth. 16, 6 : quam (speluncam) sequentes fuerunt... per passus centum ( = seculi sunt) ; cf. Löfstedt, Komm., p. 245 sqq. E n revanche, plusieurs participes (amans, florens, insolens, potens, ualens, etc.) étaient couramment ou exclusivement employés comme adjectifs; ctipiens équivaut parfois à cupidus (PI., Mi. 1165 ; T a c , A. 14, 14) ; prudens a été détaché de prouideo. C'est aussi à titre d ' a d jectif que le participe présent reçoit un complément au génitif de relation : miles patiens jrigoris (§ 71). Certains ont reçu comparatif et superlatif : amantior, amanlissimus. Le participe présent est pris substantivement — encore faut-il que le contexte indique nettement qu'il ne marque pas une circonstance/— surtout au pluriel : Cic, N. D. 2, 127 ~muTtae besliae insedanles odoris inlolerabili foedilate depellunt « écartent ceux qui les poursuivent », et en particulier au génitif : Cic, Ac. 2, 120 : ut omillam leuilalem temere assentientium « la légèreté de ceux qui donnent leur assentiment d'une manière inconsidérée ». Adulescens et sapiens sont courants en fonction de substantifs; de même parentes (sur l'origine, voir Ernout-Meillet sous pariô) et le sg. parens. On trouve aussi dormiens n celui qui dort », legens « le lecteur », audiens « l'auditeur », d'ordinaire à un autre c a s q u e le nominatif : audentes fortuna iuuat, Vg., En. 10, 284. Cet emploi se développe à partir de Sénèque : Ir. 1, 4, 1 : quo (distet) ebrius ab ebrioso ei limens a timido. Souvent, du reste, un participe présent peut paraître substantive d'après l'analogie de la construction grecque avec l'article, alors (pic du point «le vue latin il est apposé à un sujet indéfini non exprimé : Cic, C. M. y\ : mortem... omnibus horis impendenlem timens qui (adv.) poteril animo consislere? « si l'on redoute à toute heure la menace de la mort, comment conserver son calme? ».
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LA PHRASE SIMPLE
Participe passé passif § 2HH. Le participe passé passif est un adjectif verbal en -to- qui subsiste encore en dehors de la conjugaison dans quelques formes : cantus. pcritns. palus, quietus, tacitits, etc. : il m a r q u a i t l'accomplissement «le l'action d a n s l'objet. R a t t a c h é au perfectum, il a pris la double valeur de celui-ci, il désigne non seulement l'état acquis : PL, Ba. 750 : ttindum te adscrttel ; Cap. 330 : filius meus illic apud uos sentit captus, mais encore l'action passée, antérieure à celle du verbe de la proposition : Ces., B. G. 4, 27, 5 : Caesar, queslus quad... bellum sine causa intiilisscnt, ignoscere imprudentiae dixit obsidesque imperauit « après s'être plaint..., il déclara qu'il p a r d o n n a i t à leur ignor a n c e . . . ». l'ai suite de sa valeur p r e m i è r e le participe en -lus n'était pas lié strictement à la voix passive : une même forme palus signifie à la fois « qui a bu » ct « qui a été bu ». Aussi a-t-il pu s'employer au dejxmcnt : imitatus « a y a n t imité » (état de celui qui a imité), ct même il a p p a r a î t aupiès de quelques verbes actifs : adultus (•=• qui adolcuil), nupla (— quae tiupsil), tempus practeritum (— quod praeteriit), pax conuenta « une paix conclue » ( = quae conuenit). De même : cenatus « qui a dîné » ; pransus « qui a déjeuné » ; scitus « qui sait », d'où « habile » ; ausiis « qui a osé » ; gauisus « qui s'est réjoui » ; iuratus « qui a p r î t é serment »; conspiratus « qui s'est mis d'accord avec », Ces., B. C. 3, 46, 5 ! peut-être consultus d a n s iurisconsultus « qui a délibéré; réfléchi » (§ 71), et, par imitation plaisante de cette expression : Hor., Od. 1, 34, 2-3 : insanicnlis... sapientiae \\ consultus « pénétré d ' u n e sagesse folle ». Parfois, il m a r q u e la possibilité : contemptus « méprisable », cf. Sén., N. (J. pr. 5 : ο quam contempla res est homo! ; inn-ictus « invincible » ; e l e § 289. D ' a u l r c p a r t , le participe en -tus se rapprochait du présent : d a n s certains cas, c'est encore le sens d ' é t a t propre à l'adjectif qui r é a p p a r a î t : debihts « qui est dû, qu'on doit » ; speratus « qui est es-
PARTICIPE PASSÉ PASSIF
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pérç » ; nupta « qui est mariée » ; par ex. Cie, Fa. 2, 9, 1 : laetorque cum pracsenti, tum eliam sperala tua dignitate « je me réjouis non seulement de ton honneur présent, mais aussi de celui que tu espères ». Mais avec des verbes —• surtout composés — de sens déterminé et indiquant que l'action aboutit à son terme, il arrive aussi que le participe en -tus désigne l'état présent qui résulte de l'acte antérieur : complexus « qui a pris dans ses bras », ct par suite « qui tient embrassé ». Ainsi : Ces., B. G. 2, 7, 1 : iisdem ducibus usus..., Numidas... subsidio mitlit « ayant usé, c.-à-d. usant des mêmes guides... »; Cic, Cat. 2, 5 : Mum exercilum... conlcmno collcctum ex senibus desperalis « cette armée qui a été recrutée parmi (et qui se trouve composée de) vieillards désespérés » ; Mur. 63 : fatebor... me quoque in adulescenlia diffisum ingenio mco quaesisse adiumenta doclrinac « m'étant défié, c.-à-d. me défiant de mes propres lumières » ; Ces., B. G. 4, 10, 4 : (Rhenus) in plttrcs définit parles, mullis ingentibusque insulis effeclis « après avoir formé, c.-à-d. en formant plusieurs grandes îles », cf. § 237. A partir de ces tours, les écrivains d'époque impériale ont souvent employé le participe en -tus pour marquer la circonstance qui accompagne l'action principale : Vg., fin. 9, 537 : corripuil (flamma) tabulas et poslibus haesil adesis « la flamme se saisit de la charpente et s'attacha aux montants qu'elle dévorait » (ibid. 1, 155) ; Liv. 23, 1 , 6 : prae se octant pracdam oslenlantes « montrant le butin qu'ils poussaient devant eux » ( = άγομένην) ; T a c , Agr. 14 : biennio prospéras res habuit, subadis nalionibus firmatisque praesidiis « il eut deux années de succès, soumettant les populations et établissant des postes fortifiés ».
Le participe en -tus avait une part importante dans la conjugaison périphrastique Avec le verbe sum, il formait le perfectum passif (amatus sum, cram, etc.), qui,'en français, est devenu le présent passif « je suis aimé ». Avec habeo il formait le tour habeo scriptum (§ 243), dont la valeur première, qui était de souligner l'état acquis, reste encore sensible : PL, Cas. 189 : uir me habet... despicatam « mon mari ne fait que m'outrager » ; Ci. 319 : hasce aedes conduclas habet « il a cette maison en location ». Et d'autres locutions, sans avoir eu la fortune
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LA PHRASE SIMPLE
des piéc«'(lentes, étaient faites sur le même modèle, par ex. avec do au sens de « faire, rendre », souvent en v. latin : PL, Ci. 595 : perfectum ego hoc dabo negotium « je mènerai à bien cette affaire » ; cf. Vg., En. 12, 437, — avec reddo ; PL, Ba. 197 : non impetratum id aduenienti ei reddercm? « jc n'aurais pas tout fait pour lui donner satisfaction à son retour? », cf. Ter., An. 703, — avec facio lui-même, surtout dans l'expression missum (aliquem) facio « je laisse qqn aller » : Ter., An. 680 : me missum face « envoie-moi promener »; Cic, Ph. 5, 53 : Icgianes missas fieri « (pic les légions soient licenciées » ; Sest. 138 : missas faciant honores « qu'ils renoncent aux honneurs » ; dans Cie, At. 8, 12 b, 2 (lettre de Pompée) : cohortes ad me... missum facias « envoiemoi les cohortes », la forme missum s'était fixée adverbialement d'après uenum do, factum iri, etc. L'emploi substantive, plus rare que pour le présent, se rencontre surtout avec certaines formes : damnaltts, legatus, morlutts, praefectus, sponS11S, etc., ct aussi an neutre : dictum, factum, responsum, pactum; -male parla, praccepta, peccata, etc.
Participe futur § 290. Le participe futur en -turns (-sums) eut jusqu'à Ja fin de la période républicaine pour fonction à peu près exclusive de former avec le verbe sum une locution périphrastique correspondant au gr. μέλλω γράψειν (γράφειν) et qui se distinguait du futur en indiquant : ij qu'on a l'intention de faire quelque chose : Cic, de Or. 1, 223 : apud quos aliquid aget aut erit aclurus « devant lesquels il plaidera ou aura l'intention de plaider » ; 2) qu'on esl destiné à faire une chose : SaL, / . 14, 3 : quoniam co miseriarum uenlurus cram « puisque je devais en arriver à ce degré d'infoi lune » ; 3) qu'un fail est sur le point de se produire : Var., R. R. 3, 16, 30 :cum (apes) iam cualalurac sunt aut eliam inceperunt... « lorsque les abeilles sont sur le point de s'envoler ou même ont commencé à le faire... ». Par
PARTICIPE FUTUR
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opposition au futur : C i c , Fa. 14, 1, 5 : quid futurum est? et, si nos prcmct eadem forluna, quid pucro miscro fiet? « que va-t-il arriver (maintenant)? E t , si la même fortune continue à nous accabler, qu'advicndra-t-il de notre malheureux enfant? » Cependant, celte périphrase servait de simple substitut au futur : à l'infinitif (scriplurum esse) et au subjonctif (scripturus sim, essem) en proposition dépendante (§ .'18C). Même hors de là, elle s'en distinguait parfois à peine : PL, Am. 88 (prol.) : ipse hanc adurusl luppiter comoediam « va jouer en personne », à cftté de v. 94 : luppiter hodie ipse aget « jouera aujourd'hui » ; cf. aussi (A. 507 : non remissura es?, repris au vers suivant par non ranitles? De même : Liv. 3, 52, 7 : quid, si hosles ad Vrbem ueniant, facturi estis? « si l'ennemi se présente jamais devant Rome, que ferezvous? ». Aussi, en bas latin; ce fut un des moyens utilisés pour remplacer le futur : Itala, / Cor. 14, 21 (Filaslr. 138, 6) : crunt credituri (Vulg., exaudienl, είσακούσονται) ; Grég. T., / / . F. 8, ι : quod numquam ero facturus « ce que je ne ferai jamais ». § 291. E n dehors de la périphrase en -turns sum, le participe futur n'eut longtemps q u ' u n emploi très restreint. D a n s la prose classique, seules les formes futur us ct uenturus se rencontrent comme adjectifs : C i c , Dom. 12 : erat igihir cl praesens Caritas ct fulura faines « il y avait donc cherté pour le présent ct famine pour l'avenir » ; Tu. 4, 14 : opinio itenhiri boni. E n apposition, le participe en -hints n ' a p p a r a î t guère pour le v. latin qu'en un passage de C. Gracchus, cité par Aulu-Gelle : 11, 10, 4 : qui prodcunl dissuasuri (mais PL, As. 634, peut difficilement se maintenir) ; et, d a n s cette fonction, il est encore très rare chez Cicéron : Ver. 1, 56 : adesl de te sentenliam laturus, t o u t en c o m m e n ç a n t , semblc-t-il, à se r é p a n d r e d a n s la langue familière : C i e , At. 8, 9, 2 ; B. Afr. 25, 4 et 65, 3, ainsi que chez Salluste : / . 35, 10 : urbem uenaIcm ct mature perituram. Mais, à partir de Virgile ct Tite-Live, le participe en -ttirus élargit son domaine, ct il devient courant, sans le verbe sum, en accord avec un sujet ou un complément. Cet usage, particulièrement développé citez Sénèque, est une des caractéristiques du style de cet écrivain. Exemples : Vg., fin. 2, 660 : perititrae... Troiae « à Troie vouée à périr » ;
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Liv. 2 1 , 1 , 4 : cum... exercilum (in llispaniam) traiedurtis sacrificaret nalors (pie s u r le p o i n t d e faire passer son a r m é e en E s p a g n e , il offrait u n s a c r i fice » ; Sén., Clan. 1, 19, 3 : ultioncm magno conslaluram pclcrc « c h e r c h e r u n e v e n g e a n c e a p p e l é e à enfiler cher ». Parfois, le p a r t i c i p e futur p r e n a i t la v a l e u r d ' u n c o n d i t i o n n e l : Sén., Ep. 23, 6 : uoluplatcs breui paenitendas ac, nisi magna moderatione lemperrntur, in contrarium abitttras « des plaisirs dont, o n a u r a b i c n l ê l à se r e p e n t i r et q u i , s'ils ne s o n t f o r t e m e n t m o d é r é s , sont a p p e l é s à t o u r n e r ( - tourneraient.) au c o n t r a i r e » ; ibid. 3, 4 : st possent. ne sibi quidem credituri « (des gens) q u i , s'ils le p o u v a i e n t , ne se feraient m ê m e p a s confiance à e u x - m ê m e s »; le s e n s p r o p r e r é a p p a r a î t du r e s t e : « qui 11e sont pas disposés à se faire confiance » ; cf. C u r t . 8, 3, 4 : prreussurus uxorrm, nisi prohibitits esset. 11 a r r i v a i t aussi «pie le p a r t i c i p e f u t u r fût s u b s t a n t i v e : Sén., Prou. 5, 7 : accipimus perilura peritnri « v o u é s à périr, ce s o n t d e s biens p é r i s s a b l e s (pic n o u s r e c e v o n s » ; m e i n e au singulier : Pline, Pan. y, 6 : imperaturus omnibus eligi debet ex omnibus « celui q u i d o i t c o m m a n d e r à t o u s d o i t ê t r e choisi en Ire t o u s ».
Extension des tournures participiales § 2 9 2 . A u c o u r s d u l a t i n , les c o n s t r u c t i o n s p a r t i c i p i a l e s o n t p r i s u n e i m p o r t a n c e c r o i s s n n l e , en p a r t i e s o u s l ' i n f l u e n c e d u g r e c o ù elles a b o n d e n t , mais aussi pour d o n n e r à u n e pensée qui d e v e n a i t plus complexe des moyens d'expression appropriés. A)
Le participe (présent, m a i s s u r t o u t passé) é q u i v a u t à u n subs-
t a n t i f v e r b a l ou a n a l o g u e , d e s e n s a b s t r a i t : t y p e ab Vrbe condita
« à
p a r t i r d e la ville f o n d é e », c . - à - d . « à p a r t i r d e l a f o n d a t i o n d e R o m e ». En v. latin, cette construction n'est encore représentée que par quelques t o u r s p r é p o s i t i o n n e l s : ante solan occasunt (PL, Ep. 144) n a v a n t le c o u c h e r du soleil », ab ineunle aetatc (PL, Tri. 305) « d è s le d é b u t d e la vie », ou a v e c opus (usus) est, au lieu de l'infinitif : P L , Cit. 302 : celeriler mi hoc homine. conuento est opus « il me faut r e n c o n t r e r t o u t d e s u i t e cet h o m m e » ; cf. Ter., Ile. 104. C'est, scmble-t-il, s e u l e m e n t d a n s la prose classique (pie le p a r t i c i p e ainsi e m p l o y é g a g n e le n o m i n a t i f : Ces., B. C. 1, 26, 2 : ea res sacpc tcmptala... lardabat « c e t t e t e n t a t i v e r é p é t é e . . . » ; C i c , At. y, 1 1 , 4 : fugiens dcitique Pom peius mirabililcr homines mottet « la fuite d e P o m p é e . . . »; cf. aussi a u génitif : C i c , Dont. 137 : monumentum• delelae rei
TOURNURES PARTICIPIALES
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publicae « un souvenir de la ruine de l'État » ; etc. A l'époque impériale, ces tournures deviennent fréquentes, ct, par surcroit, le participe futur en -lurus et l'adjectif en -ndus marquant l'obligation s'y introduisent : Liv. 1, 25, 3 : seruitium... ebuersalur animo fuluraque ea deinde patriae fortuna quam ipsi fecisscnl « la servitude se présente à leur esprit et aussi la destinée de leur patrie qui serait ensuite telle qu'ils l'auraient faite »; 2, 13, 2 : adeo mouerat cum... subeunda dimicatio « la nécessité d'encourir ce risque l'avait ému au point de... ». Le grec connaît à peine ces tournures ; il se sert de l'infinitif avec l'article. Au neutre Impersonnel, il y a des traces du participe en -lus employé absolument, en fonction d'infinitif ou de substantif. Ainsi, à l'ablatif comme complément de opus (usus) est, construction surtout représentée en v. latin, par ex. opus est cauto, diclo, facto, parato, properato, scito (PL), etc. « il est besoin de prendre garde, de dire, de faire, de préparer, de se hâter, de savoir, etc. », notamment PL, Ba. 398 : obuigilalosl opus « il est besoin d'ouvrir l'œil ». Cicéron dit encore properato opus est (Mi. 49) et opus est quaesilo (Par. 6, 46) ; cf. aussi SaL, C. 1 , 6 : opus est consitlto et facto ; 20, 10 : opus est incepto, etc. Une forme pronominale neutre est parfois adjointe qui devait être à l'origine un accusatif de relation : Ces., B. G. 1, 42, 5 : si quid opus facto esset « s'il était besoin d'agir en quelque chose, en cas de besoin » ; cf. PL, Am. 628. Par suite du développement de la construction personnelle, ce pronom neutre était parfois donné comme sujet à la locution : Caton, Agr. 2, 6 : quae opus sint locato, locenlur « que ce qui doit être mis en location soit loué ». Hors de là, d'autres exemples d'emploi impersonnel se trouvent surtout au nominatif neutre : Cic, Part. 114 : haec proprie attingunt eos ipsos qui arguuntur, ut lelum, ul uestigium, ut cruor,... ut responsuin inconstanter, ut haesitatum, ut litubatum n ce sont des choses qui atteignent directement l'accusé, par exemple, une arme, une trace de pas, une réponse peu sûre, de l'hésitation, du manque d'assurance ». De même ; Vg., G. 3, 348 : ante exspedatum « avant (le fait) d'être attendu » ; cf. Vel. Pat. 2, 123 : exspedato malurius ; Liv. 1, 53, 1 : ni degencralum in aliis (rebus) huic quoque decori offecisset « si le fait qu'il y eut tare sur les autres points », c-à-d. « si les tares qui existaient ailleurs n'avaient fait oublier jusqu'à cette qualité ». Ces faits, dont on rapprochera les ablatifs absojus du type auspicalo, sortito (§ 127 b), montrent qu'il y avait une tendance ancienne à faire du participe en -lus l'équivalent d'un substantif verbal : le tour ab Vrbc condita n'en a été qu'un élargissement sous forme personnelle.
§ 293. B) Un participe à l'accusatif tient lieu d'un infinitif complé-
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ment ou d'une vantes :
LA PHRASE SIMPLE
proposition complétive dans les conslructions sui-
a) Participe passé d é p e n d a n t de uolo ou d'un verbe analogue : PI., Ci. 2qq : te uolo manilum, proprement « je te veux averti ». c - à - d . « je veux l'avertir, (pie tu sois nverli » ; C i c , Fi. 4. (>(> : is qui patriam exsliucl/im cupil « celui qui veut voir la ruine de" sa pairie ». Avec opartuit. cet emploi du participe en -tus est très courant et peut être d û parfois, mais non toujours, à l'attraction du parfait : Ter., Ad. 214 : adulesccnti marcm gcstum opartuit « il eut fallu se montrer complaisant pour le jeune homme » ; C i c . Cat. 1 , 5 : hoc quod iam pridem factum esse opartuit « ce qu'il eût fallu faire (ou « avoir fait ») depuis longtemps ». légalement, seul au neutre impersonnel. Ainsi : Ter., An. 239 : nonne prius communie alum ο per luit? « n'aurait-il pas fallu «pic la chose me fût communiquée auparavant ? »; Cic, Fi. 3, 57 : liberis uolumus consulhtm... propter ipsos « nous voulons qu'il soit veillé sur nos enfants pour eux-mêmes ». L'introduction de esse transformai! ces tournures en propositions infinitives : l'L, Poe. ι 1 m : est qui Muni cnnuenlam esse itolt « il y a quelqu'un qui désire lui parler » ; mais c'est une adaptation secondaire ct factice. b) Participe présent dépendant d'un verbe de perception, audio, sen/ia, uideo : PL, Cit. 277-K : parasitum tuum || uideo currentem « je vois ton parasite qui accourt » ; le participe passé n'était pas du reste inconnu : Ter., Hun. 42b : sed ipsum foras egrcssum uideo. D a n s la prose classique, cette construction s'était étendue a u x verbes facere, fingere, intimere, au sens de « r e p r é s e n t e r , ' m e t t r e en scène » : C i c , C. M. 54 : Ilomcrus... Laertam... calent cm agrum... facit « Homère icpi('seule Lactic culliv.nil sa leite ». On la retiouve transposée au passif aupiès des verlies « annoncer, inloriner » : Cic, Mi. 07 : omnia /also atque insu/iose fida com perla sunt * lout s'est révélé faux cl pcrfidomciil inventé »; Ces., B. C. 1, 62, 3 : pons in Hibrro prope effectus iiunliabatur « le pont sur l'Ebre était annoncé comme étant presque achevé »; d'où, à l'ablatif absolu : quo mortuo nuit-
TOURNURES PARTICIPIALES
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Halo n à l ' a n n o n c e d e sa m o r t ». A l'actif, le m ê m e t o u r g a g n a i t u n v e r b e c o m m e cognoscerc : N e p . 22, 2, ι : multo aliter ac sperauerat rem publicum se habentem cognouit « il vit q u e l ' É t a t se t r o u v a i t d a n s u n e s i t u a t i o n t o u t e a u t r e qu'il n ' a v a i t pense ». S u r le t y p e : sensit... dclapsus, voir plus bas, § «24 a. A céité du t o u r uidi cum currentan e x i s t a i t d u restie la p r o p o s i t i o n infin i t i v e nidi cunt currerc. T h é o r i q u e m e n t , le p a r t i c i p e c a r a c t é r i s a i t l ' a c t i o n en voie d ' a c c o m p l i s s e m e n t : « je l'ai vu q u i c o u r a i t » ; l'infinitif m a r q u a i t la s i m p l e c o n s t a t a t i o n d u fait : « j ' a i vu qu'il c o u r a i t ». Mais l'infinitif e s t s o u v e n t e m p l o y é là où l'on a t t e n d r a i t le p a r t i c i p e : Ter., Ile. 352 : uideo ipsum egredi, en face d e v. 807 : (Bacchidem) cxcunlcm uideo. D e m ê m e : PL, /<Ίί. 43 : eam uidil ire... domum « il la v i t q u i r e n t r a i t c h e z elle » ; C i c , Cat. 2 , 5 : quos uideo uolitarc in foro n q u e j e vois se d é m e n e r s u r le f o r u m » ; c t c ' e s t d u r e s t e l'infinitif qui, d a n s ce t o u r , a é t é g é n é r a l i s é (ou p r e s q u e ) en français. L a r é p a r t i t i o n n ' é t a i t p a s plus s t r i c t e a v e c les v e r b e s facere, inducer e. Cicéron use d e l'infinitif p o u r d é p e i n d r e un é t a t : Tu. 4', 35 : poetae intpendere... saxiim Tantalo faciunt « les p o è t e s r e p r é s e n t e n t T a n tale a u pied d ' u n r o c h e r s u s p e n d u s u r lui » ; e t il fait s u i v r e les d e u x c o n s t r u c t i o n s s a n s différence a p p r é c i a b l e : Tu. 5, 115 : Polyphemum Homerus... cum aride... colloque.ntcm facit eiusque laudare for tunas « H o m è r e r e p r é s e n t e P o l y p h è m c c a u s a n t a v e c un bélier c t l o u a n t s o n é t a t »; cf. a u s s i Pline, Nal. 34, 59 : fec.il (le p e i n t r e ) Libyit puerum tenentem tabellam..., item Apollinem serpentemque eius sagittis cenfigi. E n r é a l i t é , les é c r i v a i n s l a t i n s se s e r v a i e n t l i b r e m e n t d e s d e u x t o u r n u r e s d o n t ils d i s p o s a i e n t . § 2 9 1 . C) U n p a r t i c i p e s o i t e n a c c o r d , s o i t à l ' a b l a t i f a b s o l u , t i e n t
lieu d'une proposition circonstancielle. Il exprime ainsi un rapport de temps : Cie, R. Am. 97 : occisus est a cena rediens ; Ces., B. G. 5, 23, 1 : obsidibits acce.ptis, exercilum reducit ad mare ; — de cause : Cie, Cal. 2, 5 : illum exercitum... contemno, conledum ex senibus desperalis ; N. D. 2, 8 : C. Flaminium Coelius, religione negleda, cecidisse apud Trasiimcnum scribit « pour avoir négligé les auspices » ; — d'opposition ou de concession : Cie, de Or. 2, 235 : ul risum cupientes teuere ncqucamus « de sorte (pic nous ne pouvons retenir notre rire, même le désirant » ( = clsi cupimus) ; Ces., B. G. 2, 12, 2 : id (oppidum)... paucis dc/endentibus expugnare non potuit « il ne put enlever celte place malgré le petit nombre des défenseurs » ; — de condition : Cie, Diu. 2, 121 : quis est qui, lolum diem
•2r\.\ taculans, lot toute lançait... uoluptatc tombent
1.Λ PHRASE SIMPLE nan aliquando collinicl? « quel est celui qui, lançant le javeune joui née, n'atteindrait pas une fois le b u t ? », c - à - d . « s'il »; Γι. 2, i l / : ma xi mas uirlutes omnes iacere necesse est, dominante « il est inévitable que les "plus grandes vertus dans le mépris, si le plaisir domine ».
A l'ablalit absolu, le partii ipe eu -tus e m p l o y é seul c o m m e impersonnel é q u i v a l a i t , lui aussi, à une proposition circonstancielle d a n s le t y p e auspicate n après q u ' o n eut pris les auspices » (§ 127 b). § 2 % . Pour souligner le r a p p o r t logique exprimé par la tournure participiale, les conjonctions caractéristiques des propositions circonstancielles correspondantes s'}' adjoignirent peu à peu à partir de l'époque c l a s s i q u e Nisi avec les tournures de sens conditionnel, lamqntim, quasi, sient si la nuance est d ' u n e c o m p a r a t i v e conditionnelle, slatint e( nixdiim avec les constructions de sens temporel, clsi et qitamqnam avec celles de sens conccssif furent les premières conjonctions à se rencontrer ainsi chez Cicéron et César : C i c , de Or. 2. i8o ; non hercule mihi (ishtc). nisi admanita, uenisset in mcnlcm « si je n'en avais été averti, je n'y aurais p a s pensé » (— nisi admonitus essem) ; Red. Sen. zz : M. autan Calidius slatint dcsignahts... deelarauit « aussitôt désigné il m u n i r a . . . » ; Ver. 5, 64 : quasi pracda sibi adiiccla,... cas in hostium numéro ducii « comme si c'était du butin qui lui était a m e n é . . . ». Avec valeur causale apparaissent : quippe (Lucr., SaL), til pote (Ilor.. Liv.). VA l'emploi de ces particules se répand beaucoup à l'époque impériale : qucimuis (Val. Max.) ; quamlibct (Vel. Pat.) ; licet (Ον.) ; modo « pourvu que », cxlempla, si mul, non ante quam, uelut, perindc atque, haud scats quam (Liv.) ; etc. Ainsi : Liv. 7, 39, 15 : impcralor cxlempla adueniens appellatus « salué imperator à son arrivée menu· » (--- ubi primum aduenit); 1, 53, 5 : uelut fiosito hello « comme s'il avait renoncé à la guerre » ; T a c , / / . 1, 72 ; quippe. toi inlcrfrclis « puisqu'il en avail fail périr laut d ' a u t r e s »; Suél., Diu. lui. 34, 4 : (Caesar) quamquam absidionc Massiliae... retardante, bretti tarnen omnia subegit « quoique retardé par le siège de Marseille... ». VI en pareil cas avait proprement le sens de « étant donné, vu » : Cic,
ADJECTIF EN « -NDVS »
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Al. 2, i8, 3 : me titrer, ul oppressis omnibus, non démisse « vu la contrainte générale, je me considère comme étant sans bassesse ». Mais, comme le gr. ώς, il servit plus spécialement à indiquer la cause subjective ( = « dans la pensée que ») : Ces., B. C. 2, 13, 2 : ut re confeda, omnes curant et diligentiam rcmittunl « pensant que l'affaire était terminée, ils relâchent tous leur activité ct leur zèle » ; cf. Liv. 1, 54, 7 ; Tac, Agr. 14, 5, etc. Cette valeur passait aussi chez les écrivains d'époque impériale à ulpole : Liv. 2, 33, 8 : clamor... turbauil Volsees ulpole. capta urbe « les cris troublèrent les Volsqucs qui crurent la ville prise ». également à taniquam et à uelut par effacement du sens comparatif : Liv. 36, 41, 1 : Ephesi Antiochus securus... de bello Romano erat, tanquam non transititris in Asiani Romanis « pensant que les Romains ne passeraient pas en Asie » ; 8, 3, 1 : Latinos, uelut nihil iam non concedenlibus Romanis, ferociorcs (hoc responsum) fccil « cette réponse rendit les Latins plus arrogants à la pensée que les Romains leur concédaient tout ».
Adjectif verbal en « -ndus » § 291». De lui-même l'adjectif en -ndus exprimait simplement l'idée, v e r b a l e ; et, i n d é p e n d a m m e n t des emplois où il supplée comme tel le gérondif (§ 278), il garde cette valeur jiremière d a n s quelques formes : oriundus « originaire de » ; sectindus « qui suit, suivant » ; uoluenda dies (Vg., En. 9, 7) « le jour qui tourne, le cours du temps » (-= quae uoluiitir) ; Florae quae rebus flarescendis praeest (Fast. Praen. C. I. L., I 1 , 236, 28) ; etc. Mais l'adjectif en -ndus avait pris à l'usage diverses fonctions p a r t i culières. a) Il m a r q u a i t l'obligation : mihi colenda est uirtus « il y a p r a t i q u e de la v e r t u pour moi », c.-à-d. « il me faut pratiquer la vertu », le datif é t a n t un datif de la personne intéressée (§ 94, a). Cette valeur s'était développée à p a r t i r de tours impliquant l'idée d ' u n e action à accomplir : ulilis ad rem gerendam ; t cm pus ici gerendac ; 1res uiri agris dandis adsignandis ; etc., ou encore : C i e , At. 8, ^,ι, ; quae condicio non accipienda fuit patins quam relinquenda palria? « quelle condition ne devait pas être acceptée plutôt que l'obligation de q u i t t e r la patrie? ». Sur l'emploi de ab, § 9 1 . Pour les verbes intransitifs, un adj. en -ndus ne peut en principe se
28t)
LA PHRASE SIMPLE
présenter ainsi qu'au neutre impersonnel : PL, Cu. 48b : linguae ntoderandtint est mihi « il me faut modérer ma langue ». Mais cette limitation n'était pas absolue ; certains avaient des adjectifs en -ndus avec sens passif d'obligation : gleri/indus (Cic, In. 5, 40) «qu'il faul glorifier »: lactandus (SaL, f. 14, 11) « dont il faut se réjouir »; paenilcu/lus (Cic, At. 7. 3, 6) « qu'on doit regretter » ; pudendus (Vg., En. 11, 55) « dont il faut avoir honte, déshonorant ». Au neutre impersonnel, l'adjectif en -ndus marquant l'obligation se rencontre parfois avec un accusa! if complément, comme en grec l'adjectif en -xiov (τιμητέον τήν άρετήν) : PL, Tri. 86«) : mi aduenicnli hue noclu agilandumst uigilias « à mon arrivée cette nuit, il me faut monter la garde ». Ce tour devait être antérieur à la construction personnelle : mi... agilandac sunt uigiliae. Il se retrouve chez Varron à plusieurs rcjiriscs : R. R. 1, 21 : canes... paucos habendum ; 1, 32, 2 : screndum uiciam, Irntcm ; z, 1, 8 : faciendum quoque saepta; chez Lucrèce (1, 111, etc.) ; il persiste dans la langue juridique (Digeste). H ne paraît pas inconnu à Cicéron : C. AI. 6 : uiam quam nebis quoque ingrrdiendum sit ·< une route qu'il nous faut prendre à nous aussi « (Scaur. 13 est à écarter). §297. b) Auprès des verlies «donner, remettre, prendre, demander », darc, traderc, (pcr-)mittcrc, canccdcrc, sitmerc, susciperc, rogare, etc., l'adjeclif en -ndus employé comme a t t r i b u t de l'accusatif d'objet retirait du tour une valeur d'intention ou de lin : type darc alicui pueras educandos « donner ses enfants à élever à qqn »; Nep. iS, 13, 4 : Anligoiius Fumaient morluum propinquis eius sepeliendum Iradidit « remit le corjis d ' E u m è n c à ses proches pour le faire ensevelir » ; Ces., B. G. 1, 13, 1 : pontem in Arare faciendum curat « il fait établir un pont »; d'où la locution faciendum habeo attestée depuis Ter., Ph. 364-5 : agr um de nostra paire \\ colendum habebat « il tenait de notre père une propriété à cultiver », rare chez Cicéron, mais plus fréquente ensuite : Sén., Conlr. 10, 2, 4 : pugnandum habebam... pairi « j ' a v a i s à c o m b a t t r e pour mon père ». L'idée d'intention qui se dégageait de ces tournures s'allacba du reste à l'adjectif en -ndus lui-même : Liv., pracf. 5 : ante conditam c.ondcndamuc Vrhcm « avant que la Ville fût, fondée ou qu'on eût l'intention de la fonder ». A l'adjectif en -ndus dans celle fonction, les poètes substituaient parfois par recherche l'infinitif : Ilor., Od. 1, 26, 1-3 : tristitiam cl inclus || Ira-
ADJECTIF EN « -NDVS »
287
dam... Il porlare uentis « tristesse et craintes, je les donnerai à emporter aux vents », cl menu; : Vg., fit. 5, 571-2 : (equu.s) quem Candida Dido || esse sut. dederal monumeiilum... amoris « (cheval) que la blanche Didon lui avait donné en souvenir de son amour » (-- ut esset m.) : sans doute est-ce un hellénisme, mais préparé par le type (/«> Inhere (§ 275). c) Par affaiblissement, l'adjectif en -ndus de plusieurs verbes marquait une simple idée de possibilité comme l'adjectif en -bilis : amandus ( = amabilis) « aimable » ; harrendus (— horribilis) « effroyable »; miserandus « pitoyable » ; cantemnendus, spernendus « méprisable » ; plus tard, adorandus, exsecrandus, ucncrandns, etc. Avec cette valeur, il se rencontre surtout comme épithète : C i e , Ph. 2, 15 : 0 impttdentiam... non fer endam! « impudence intolérable! »; At. 1, 3, 3 : mirandum in mod um ; — p.irfois, cependant, en fonction de prédicat : Ces., B. G. 5, 28, 1 : uix erat credendum « il n ' é t a i t guère croyable »; C i e , Fa. 9, 15, 1 : tu ipse tum amandus es ; Al. 3, 23, 4 : ut haec mea diligentia miscrabilis tibi, aliis irridenda uideatur. d) Enfin, l'adjectif en -ndus en était arrivé à ne jilus marquer que l'avenir. Le passage à cet emploi est sensible dans une phrase comme : Liv. 21, 2 1 , 8 : inter labores aut iam exhaustos aut max exhauriendos « au milieu de fatigues déjà supportées ou à supporter bientôt ». Toutefois, c'est seulement à partir du i n M v · ' siècle ap. J.-C. que l'adjectif en -ndus s'établit pleinement dans le rôle de participe futur passif : Eutr. 4, 5 : Hannibal, cum Iradendus Romanis essel, ucnenum bibit « comme Hannibal allait être livré aux Romains... »; Amm. Marc. 20, 8, 20 : praesagiens concitandos motus « prévoyant que du trouble allait être provoqué »; Vulg., Gen. 18, 18 : et benedicendac. sint in Mo omnes nalioncs terrae, en face de 26, 4 : et benedicentur in sanine tue omnes génies terrae (LXX, ένευλογηθήσοντοα, dans les deux passages), légalement : H ist. Aug. ; Grég. T., cf. § 825 b. Souvent alors, il est construit avec ab : Spart., Hadr. 3, 10 : comperit adoptandum se a Traiano esse « qu'il allait être adopté par Trajan ».
TROISIÈME PARTIE
SUBORDINATION ET COORDINATION
R e m a r q u e s préliminaires § 298. L'étude de la phrase complexe comprend celle de la coordination par laquelle des propositions indépendantes sont reliées extérieurement entre elles, tout en restant sur le même plan, et, d'autre part, celle de la subordination qui place des propositions dites subordonnées sous la dépendance d'une principale. La syntaxe de subordination représente un état de la langue relativement récent, instituant, entre des propositions à l'origine autonomes, des rapports comparables à ceux qui se sont établis dans la syntaxe du nom au détriment de la construction appositionnclle Le latin laisse entrevoir encore dans certains tours l'ancienne autonomie des propositions : des constructions comme caue cadas « prends garde de tomber », uolo fatias « je veux que tu fasses » signifiaient proprement « prends garde, tu pourrais tomber », « fais-le, je le veux ». Les subjonctifs cadas, facias se justifiaient par eux-mêmes comme marquant la possibilité ou la volonté, et ils étaient simplement juxtaposés. De cet état, qui est celui de la parataxo (gr. παρατάσσειν « pla cer auprès »), il subsiste des traces dans des formules ; et la langue parlée ne s'en est jamais entièrement départie. § 209. La subordination a été soulignée par des conjonctions appropriées qui sont d'anciennes particules ou adverbes. Dans faciam ne ueni at, c'est la négation ne qui est. devenue conjonction subordonnante. Dans le lour positif correspondant faciam ul neniat, la conjonction ul a commencé par être une particule indéfinie, analogue au gr. ώς ou (δ)πως (§ .101). La conjonction si a une origine semblable (§ 369).
202
SUHOKDINATION ET COORDINATION
Le mode employé après les conjonctions dépendait en grande parlie du sens. L'indicatif exprime le réel actualisé : quia dicit « parce qu'il dit », ubi dixit « lorsqu'il eut dit ». Le subjonctif subordonné est plus complexe. Souvent il se justifie en tant que mode du nonréel. On lui reconnaît ainsi la notion de volonté dans les propositions finales cl les relatives correspondantes (id tibi do ut memor sis, misit qui rem Cacsari nuntiarent), dans les complétives de verbes d'effort ; rogo ut neniat, cffcci ut ueniret. sans doute aussi dans celles des verbes de crainte : timeo ne neniat. On reconnaît les notions de possibilité, de virtualité, d'éventualité dans les propositions hypothétiques (si ou qui uenial), après ante quam, prius quam, dum, poliiis quam, etc., et en divers tours : nemo est qui dicat, nihil habeo quod dem « je n'ai rien à donner (que je puisse donner) », quod sciam « autant que je sache (que je puisse savoir) » — la traduction par l'auxiliaire fr. « pouvoir » n'étant souvent qu'un moyen de fixer la nuance modale. Λ partir de l'éventualité, un glissement se produit parfois vers l'indéterminé ou le général : qui facial « celui qui vient à faire, qui fait (en général) ». Mais il arrive également au subjonctif subordonné de s'employer pour des faits réels : c'est du réel non-actualisé. Le fait est réel ; mais il n'est pas envisagé en tant que tel et pour lui-même dans son entière actualisation. Ancien et courant est à cet égard le subjonctif du discours indirect qui rapporte l'énoncé à un tiers. Mais beaucoup d'autres emplois existaient dans le même sens ou se sont développés avec la langue classique : cum hisloricum, cum causal, cum adversatif ou conccssif, relatives causales et adversatives, propositions consécutives (puer ita cecidit ul crus fregerit), interrogation indirecte, etc. Co subjonctif dil de subordination indique plus précisément que la considération d'un rapport, l'appartenance a un ensemble de pensée, voire une simple insistance de l'auteur conduisent à énoncer le fail sans l'actualiser en lui-même. Utilisation souvent ténue ct poussée à l'extrême par un écrivain féru d'analyse comme Cicéron, mais non étrangère aux possibilités du mode
REMARQUES D'ENSEMBLE
293
Un subjonctif de subordination purement s u b s t i t u é à l'indicatif s'est s u r t o u t manifesté à l'époque impériale, où son emploi devient presque a u t o m a t i q u e après diverses conjonctions : cum, elsi, priusqttam, quamquam, etc. VA a u x g r a m m a i r i e n s il a p p a r a î t c o m m e un oui il g r a m m a t i c a l : c'est le « mode qui unit » (subiunctiuus, coniunctittits), voire « qui s'ajoute » (adiunctiuus) s a n s exprimer de sens : idea... quod per sc nau exprimât sensum (l)iomède, G. L. K., I, p . 340, 24). Cette évolution n'empêche pas, du reste, «pie certaines conjonctions, s u r t o u t quanda, quia, ubi, restent a t t a c h é e s à l'indicatif. § 300. Pour la clarté de l'exposé, nous maintiendrons la distinction traditionnelle des propositions subordonnées en : 1) propositions complétives étroitement r a t t a c h é e s à la principale et dont elles forment le complément d'objet indispensable au sens : rogo ul neniat ; dico cum uenisse ; etc. Elles comprennent : les propositions introduites par quod (quia) « ce fait que » ; celles qui le sont par ut, ne, quin, quominus | subjonctif; l'interrogation i n d i r e c t e ; la proposition infinitive ; 2) propositions relatives ; 3) propositions circonstancielles : finales, consécutives, causales, concessives, temporelles, conditionnelles, comparatives. § '801. P r i n c i p a l e s conjonctions. —Beaucoup sont des formes figées du relatif : 17710^, quo(minus), ou de l'interrogatif / indéfini : quia (accus. pi. n.), quin (abl. sg. -f- ne), — ou des formes reposant sur l'un ou l'autre de ces thèmes : quom, quando, ubi, ul (uti). D'autres sont des adverbes devenus conjonctions à date récente : prius(quam), ante(quam), simul(ac), etc. II y a même des formes verbales : licet, (quam)uis. Trois de ces conjonctions étaient particulièrement usitées : cum (anciennement, quem) à la fois temporel « au moment où », causal « du moment que », conccssif κ bien que » ; avec un sens mixte, temporel et adversatif « alors (pie », temporel et causal « comme ». ul (forme renforcée uti) a d'abord été une parli;;iile indéterminée signifiant « de quelque manière », par ex. Ter., An. 277 : sed uint ut queas ferret « puisses-tu de quelque manière supporter la contrainte ! », c.-à-d. « y parviendras-tu? » ; Cic, Tu. t, 49 : quod ut ila sit « quand même il en serait
204
SUBORDINATION ET COORDINATION
ainsi », m. à m . « la c h o s e serait-elle ainsi en q u e l q u e façon ». 17 a v a i t d e u x séries d ' e m p l o i s : les u n s a v e c l'indicatif au s e n s de « d a n s la m e s u r e où, d e m ê m e q u e , selon q u e » et, p a r e x t e n s i o n , « dès q u e (temporel) » ; les a u t r e s a v e c le subjonctif : « q u e (complétif), p o u r q u e (final), «le s o r t e q u e (consécutif) ». Toutefois, ceux du p r e m i e r g r o u p e s o n t en régression ; ut t e n d à d e v e n i r une c o n j o n c t i o n e s s e n t i e l l e m e n t « s u b j o n c t i v e »; quod «ce fait; q u e » (complétif) et « p a r c e q u e » (causal) e u t u n e i m p o r t a n c e c r o i s s a n t e . E n v. l a t i n , il est d é j à s u b s t i t u é à quoin : PL, Ain. 302 : iam diu est quod... « il y a d é j à l o n g t e m p s q u e . . . ». E t plus t a r d , il d e v i e n t u n e c o n j o n c t i o n universelle, t e n a n t lieu de quant : poslquod, antequod ( = poslquam, anlequam) ; d e quantum, cf. C. E. 9 9 1 , 1 : uixi quod uolui ; d e ut final, consécutif, ou c o m p a r a t i f ; d e né a p r è s les v e r b e s d e c r a i n t e : uereor quod (Salv., Gub. 5, 7), non debelis limere quod (Hier., in Matth. 10, 29) ; d e quin ou quomintts, a p r è s dubitare, prohibere, e t c . : haud dubium est quod ( J u v c n c 2, 180) ; du relatif a v e c a c c o r d : Peregr. Aeth. 2. 2 : his diebus quod sanctus Moyses ascendit in montent « les j o u r s o ù . . . » ; ce q u i a n n o n c e les m u l t i p l e s e m p l o i s d u fr. « q u e », p r é c i s é m e n t issu d e quod. Voir J . - B . H o f m a n n , p . 722 s q q . ; D . N o r b c r g , Synt. Forsch., p . 232 srpj. quia, n e u t r e pluriel de l'intcrrogatif, a pu a c q u é r i r sa fonction « c a u sale » à p a r t i r de t o u r s c o m m e : discrucior animi. — quia? — abcunduin est « je suis d a n s l'angoisse. p o u r q u o i ? • Il me faut p a r t i r ». Même glissement de sens p o u r quare? « p o u r quelle raison? », «pii a b o u t i t au fr. « car ». Sur l'utilisation de ne c o m m e c o n j o n c t i o n et ses c o m b i n a i s o n s avec ul (ul ne, ne... et ul..., etc.), cf. J. A n d r é , R. fi. L., 35 [1057], p . 164 sq.
CHAPITRE PREMIER PROPOSITIONS
COMPLÉTIVES
Complétives introduites par « quod (quia) » « le fait que » § 302. Quod (nom.-accus, neuf, du relatif), fixé comme conjonction au sens de « le fait que », introduit des propositions complétives qui indiquent ou rappellent une cbose ou une circonstance effectivement réalisée et qui — sauf raison particulière de sens ou de construction — sont par suite à l'indicatif. Elles avaient une certaine latitude d'emploi. On les trouve comme sujet d'un verbe quelconque : Nep. 18, i, 2 : multum ci deiraxit... quod alienae erat ciuitatis « le fait qu'il était d'une cité étrangère lui lit beaucoup de tort » ; ct en pareil cas quod reste encore très pioche du relatif, puisqu'il ne lui manque que d'être en corrélation avec un pronom neutre comme dans Cie, Of. 3, n i : unum illud est admiratiane dignum quod captiuos retinendos censuit. Parfois, il conserve la valeur d'un accusatif de relation, la proposition qu'il introduit restant comme en suspens : Cic, Mu. 5 : nam quod legem de ambitu tuli, certe Ha tttli ul... « en ce qui concerne le fait que j'ai présenté un projet de loi sur la brigue... », c.-à-d. « quant à mon projet de loi sur la brigue, je l'ai présenté dans des conditions telles que... ». Également, avec un subjonctif éventuel, surtout dans la vieille langue : PL, Au. 91 : quod quispiam ignem quaerat, exslingui uolo « quant au fait que quelqu'un pourrait venir demander . du feu, je veux qu'on l'étcigne », c.-à-d. « si qqn vient à demander du feu, je veux... »; cf. PL, Mi. 162-3.
296
SUBORDINATION ET COORDINATION
§ 303. Mais d'ordinaire quad complétif apparaît dans certains tours particuliers : avec les verbes « ajouter, omettre, laisser de côté » : adde quod « ajoute que »; acccdil quod « il s'ajoute que » ; practereo quod (Cic, Cl. 188) « je passe le fait que » ; mitto quod (Cie, Prov. Cons. 3) « j'omets le fait que » ; avec les impersonnels d'événement, accompagnés d'un adverbe ou d'une détermination équivalente : bene, male, incommode accidit, euenit, fil quod ; Cic, Al. 1, 17, 2 : accidit perincommode quod eum nusquam itidisti « il est très malheureux que tu ne l'aies vu nulle part »; Tu. 1, 97 : magna me spes lend bene mihi euenire quod miliar ad mortem « j'ai grand espoir «pie c'est pour moi un bonheur d'être envoyé à la mort » (subjonctif du discours indirect). avec facio accompagné d'un adverbe : bene, male, amice facts quod... : Cic, Q. fr. 2, 14 (13), 2 : facts tu quidem fralcrnc quod me horlaris « tu agis vraiment en bon frère en m'exhortant », m. à m. « tu agis fraternellement en ce que tu m'exhortes » ; parfois, d'ailleurs, avec ut : Cie, Fa. 1, 7, r : facio libenter ut... conloquar « il m'est bien agréable de causer ». De même : Cic, Al. 16, 15, 1 : noli putare pigrilia me facere quad non mea manu scribam « ne va pas croire que c'est par paresse que je ne l'écris pas de ma propre main » (subj. du dise ind.). pour développer un pronom neutre ou un substantif : PL, Mo. 69 : quid est quod tu me nunc oplucrc? « qu'as-tu à me regarder maintenant? » ; Cic, N. D. 2, 131 : illa quanta (est) benignitas naturae quod iam multa..., tant uaria... gignit« ... cette bienveillance de la nature qui consiste en ce que... » ; quid quod...? « et que dire de ce que... ? » (formule de transition). Ce quod se laisse difficilement analyser ; cf. le français familier : « qu'est-ce que tu me regardes? » ( = cur, § 37). dans les locutions nisi quod « si ce n'est (le fait) que » ; praelerquam quad n cxccplé (le fail) «pie » ; tantum quad qui avait deux sens : a) « si ce n'est que » (restrictif), comme nisi quod, cf. Cie, Ver. 1, 116; — b) plus souvent « à peine, justement », avec valeur temporelle ( = uix) ; Cie, Fa. 7, 23, χ : tantum quod ex Arpinali ueneram cum... « j'étais à
COMPLETIVES AVEC « QVOD ( Q V I A ) »
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peine venu de ma propriété d'Arpinum que... »; c'était proprement une phrase nominale : « il y avait seulement ce fail que » (tantum erat quod) ; cf. aussi Suét., Vesp. 5, 8 : dcntem... tantum quod exemptum « une dent qui veinait d'être arrachée » (sans verbe). Notes. — 1) Le tour bene (male, etc.) accidit quod apporte un jugement sur un fait qui s u r v i e n t ; accidit ut l'énonce simplement, tout en se rencontrant parfois lui aussi avec une détermination adverbiale : Ces., B. G. 6, 30, 2 : magno accidit casu ut... « par grand hasard il arriva que... ». D'autre part, accedil ut existe à côté «le accedit quod, peutêtre en insistant sur l'idée de circonstance accidentelle par influence de accidit ut : C i c , C. M. 16 : ad Appii Claudii senectulem accedebat etiam ut caecus esset « à la vieillesse d'Appius Claudius s'ajoutait cette circonstance qu'il était aveugle », en face de At. 13, a i , 7 : accedit enim quod patron... plus etiam... amo ; cf. Ces., B. G. 3, 13, 9. 2) Dans la vieille langue, 17110m et: quod. n'étaient pas toujours différenciés. On n vu quod substitué à quom (§ 301) ; mais quom s'employait aussi à la place de quod complétif : PL, A tn. (1-12-3 : hoc me beat || ... quom perduc.llis uicit « ceci me rond heureuse qu'il ait vaincu 1rs ennemis »; Poe. 589 : bene cl benigne facilis quom cro amanti operam datis « vous nous rendez un grand ct signalé service en aidant mon maître amoureux ». P c son côté, 1710a alternait: avec quod comme conjonction complétive : PL, Au. 4 18 : islud male lactam arbiträr quia non latus fodi « j'estime cela mal fait que je ni; t'aie pas percé le liane », c.-à-d. « j ' a i eu tort de ne pas... » ; Tri. 3«).|-(> : hoc unum consolatur me... quia... nugas agit n cela seul me console, à savoir qu'il perd sa peine ». Cf. aussi nisi quia « si ce n'est que » (PL, Ru. 1015). Les prosateurs classiques, au contraire, tendaient à limiter quia au sens causal de « parce que ».
§ 301. Extension de la complétive a v e c « quod (quia) ». — Ce type de proposition, qui laissait le verbe à une forme personnelle claire, était appelé à s'étendre. Aussi s'est-il employé concurremment avec la proposition infinitive auprès des verbes de sentiment comme dolea, gaudco, angar, mirer, indignar, glorior,'queror, etc., par ex. miror quad, Cic, Al. 14, 18, 5, en face de mirar | -prop. inf. (Cic, Pomp. 39) ; également (me) paenitet quod, Cic, Al. 7, 3, 6. Il était, d'autre part, usuel après les verbes « se fâcher, louer, féliciter, blâmer, remercier, reprocher, accuser » : irascor, suscensco, laudo, gralulor, gratias ago, obicio, reprehendo, uitupero, accuso, etc., la proposition infinitive dans ce groupe étant rare ou d'extension secondaire La complétive propre-
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SUBORDINATION ET COORDINATION
ment dite (je me réjouis [de ce] que) était alors proche de la causale (je me réjouis parce que). Pour le mode, il y avait alternance entre l'indicatif ct le subjonctif, celui-ci é t a n t amené par le style indirect : C i c , Of. 2, 76 : laudat Africanum Panaelius quod fuerit abslinens « Panétius loue l'Africain de son désintéressement » (pensée rapportée d'un tiers, et non de l'auteur), en face de C i c , At. 3, 3 : utinam illum diem uideam cum tibi agam grattas quod me uiuere coegisli ' « puissé-jc voir ce jour où je te rendrai grâce de m'avoir contraint à vivre ! » (fait énoncé par l'auteur). Cf. de même : C i c , Of. 2, 60 : Plialereus Demetrius... Periclem uituperat quod tantam pecuniam... conieccrit, en face de Leg. 3, 1 : gaudeo quad le interpellant. En ce rpii concerne la conjonction, c'est quad qui tendait ici encore à être généralisé. Mais, en v. latin, quia était plus fréquent que lui : PL, Au. 105 : discrurior animi quia ab domo abcundumsl mihi; également, delco quia (PL, .S7. 34) ; et il apparaît encore à l'époque ( lassique : laude quia ( t i c , AI. 9, (), 1), reprehende quia (ibid. 2, 16, 3) ; etc. Cum aussi a laissé des traces : PL, Ep. 71 1 : quom lu es liber gaudeo « je me réjouis de te voir libre », même encore chez Cicéron : Aft. ()Q : te... cum iste anime es salis laudare non possum « j«; ne peux te louer assez d'être dans les dispositions oil tu es » (passage de conversation), en particulier dans les formules de remerciements ou de félicitations : gratifier, grattas ago cum... : Cic, Ea. <), 1 4 , 3 ; 13, 24, 2 ; SaL, /. 102, 5. Cum dans ces tournures est toujours construit avec l'indicatif; avec quia, le subjonctif, quoique rare, n'est pas inconnu : PL, Ci. 101-2 : mea mater iratast mihi \\ quia non redierim; cf. Cic, Sui. 50. Cur apparaît parfois : Cic, At. 3, 13,. 2 : me saepe accusas cur hune meum casum lam grauiler feram « tu me reproches souvent de... », proprement n en me demandant pourquoi... »; Ver. 3, 16 : illud et reprehendo et accitso cur... feceris ; Hor., Ep. 1, 8, 9-10 : irascar amicis \\ cur... propercnl « de ce qu'ils s'empressent » ; cf. T a c , A. 15, 60. Également, quare : Mart. .(, 30, 10. F.nfm, si se rencontrait parfois comme conjonction complétive auprès des verbes de sentiment : mirer si (Ij H7!l). 5 1105. T o u r « dico » 011 « solo quod ( q u i a ) ». — Par un développement qui resta longtemps étranger ;'i La langui; littéraire, la complétive avec «71/0(7 (quia) gagna les verbes déclaratifs « dire, savoir, etc. », supplantant après eux la proposition infinitive en français. Cet emploi était préparé
il DICO QVOD ( Q V I A ) »
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jiar les locutions addc quod, practcrco quod, ct aussi par le type miror quod. En outre, il arrivait à quod complétif de se trouver auprès d'un verbe dicendi ou sciendi par l'intermédiaire «l'une forme neutre à laquelle il était rattaché : Ces., B. C. 1, 23, 3 : pauca apud eos loquitur quod sibi... gratia relata non sit « il leur parle en «piclqucs mots, disant «pi'on ne lui a pas été reconnaissant » (pauca... quod) ; Liv. 38, 4«), 10 : quod... actes... circumuencrunt (hostem), quod multa milia ipso die... ceciderunl cl ceperunt, hoc, si ipsi tacucrint, uos scituros... 11011 credunt? « que les troupes en ligne aient enveloppé l'ennemi, qu'elles aient taillé en pièces ct fait prisonniers plusieurs milliers d'hommes, ceci, même s'ils l'ont tu, ne pensent-ils pas (pie vous le saurez? » (quod... hoc). Mais le premier exemple net de quod dépendant directement du verbe « dire, savoir, etc. » — si l'on met à part le passage discuté et peu sûr de PL, As. 52 — est : B. Flisp. 36, 1 : legati Carleienses renuntiauerunl quod Pompeium in potestate haberent « les envoyés des gens de Cartéia annoncèrent qu'ils avaient Pompée on leur pouvoir ». Cette construction appartenait au latin vulgaire. Pétrone la met dans la bouche d'affranchis ou de petites gens, soit avec quoi/ : 71, () : scis quod. cpnluni dcdi « tu sais que j ' a i donné un repas »; 131, 7 : uides quod aliis leporcm excilaui « tu vois que j'ai levé un lièvre pour d'autres », soit avec quia : 45, 10 : subolfacio quia cpultint daturus est « je (laire qu'il va donner un repas » ; ,|6, 4 : dixi quia muslella cemedit « je (lui) ai dit (pic la belette avait mangé (les chardonnerets) ». Le gr. λέγ(.> im exerça une inllucnce déterminante dans la langue des traducteurs, notauiiuei.il dans celle des chrétiens : Vulg., foh. <), 20 : scimus quia hic est filins nos! er (gr. οίδαμεν «m). VA, sous l'influence des traductions de la liiblc, le type dico ou scie quod (quia) pénétra dans les textes littéraires eux-mêmes. L'analogie du gr. διότι, substitué à δτι (— λέγω διότι), appuyait quia dans cet emploi ; clic entraînait également quoniam dans le tour plus rare dico qiioniain, Peregr. Aeth. 46, 4. On trouve aussi : dico eo quod, ibid. 8, 2. Voir P. Perrochat, Recherches sur... l'infinitif subordonné..., p. 132 sqq.
Propositions complétives introduites par « ut (ne, ut ne) » § 301». Parmi les complétives introduites par 11/ -|- subj., deux groupes sont à distinguer. Les unes, dites finales, désignent l'action voulue, désirée, attendue, possible : rogo ul neniat; le subjonctif y
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SUIIORDINATION ET COORDINATION
garde sa valeur propre. Les autres, dites consécutives, indiquent un fait, un événement qui se produit : accidit ut, fil ut, le subjonctif perdant sa valeur modale § 307. Complétives finales a v e c <« ut ». — A l'époque historique, l'emploi de la conjonction ut y est devenu courant. Toutefois, le subjonctif seul, reste de la parataxe primitive, a laissé d'assez nombreuses traces : a v e c les v e r b e s a u x i l i a i r e s uolo (uelim), licet, oportet, necesse est, e t c . : T e r . , An. 418 : hodic uxerem ducas, ut dixi, uolo « j e v e u x q u ' a u j o u r d ' h u i t u (e m a r i e s , c o m m e j e l'ai d i t » ; C i c , At. 8, 12, 6 : uolo etiam exqutras « j e v e u x aussi (pic tu r e c h e r c h e s »; Fa. y, 13, 2 : ad me... scribas uelim; Cat o n , Agr. 1 4 , 1 : faber haec faciat oportet ; C i c , Rep. 6, 25 : te oportet... ipsa uirtus traitai; R. Am. 31 : lied omnes in me Urrores... impendeattl; Fi. 2, 118 : inlcrcludal necesse est; p a r f o i s , opus est, e t c . Vt s ' e s t i n t r o d u i t , m a i s il r e s t e rare, p a r e x . nolo ut, P L , lia. 77 ; C i c , Val. 17, e t c . ; necesse est ut, 1er., En. 9Ο9 ; C o h i m . , Sén., Cjiiint., Gell., Hist. Aug. ; c i e ; chez Cicéron, p r e s q u e t o u s les e x e m p l e s d e necesse est ut s o n t a n n o n c é s p a r hoc, ita, illud, s a u t Diu. 2, 172 : ut cibo ulantur non necesse est, o ù il y a i n v e r s i o n . Licet ul c l oportet ut ne s o n t a t t e s t é s q u ' à basse é p o q u e ; opus est ul, PL, l a c . ; a v e c l'impératif far. : C i c , T'a. 7, 16, 3 : quid agatis... fac plane sciant; l'L, Ba. 754 : facile colis, e t aussi a v e c les s u b j o n c t i f s e t o p t a t i f s a r c h a ï q u e s faxo I faxim, m a i s non a v e c les a u t r e s formes d e facio. Fac, c o m m e caue (§ 251 11 II), est. d e v e n u u n e s o r t e d e c o n j o n c t i o n s u b o r d o n n a n t e ; cf., cep e n d a n t , /ac ni, PL, Ain. 9 7 8 ; C i c , Q. /r. 2, 1, 3 . É g a l e m e n t , a p r è s l ' i m p é r a t i f -sine : PL, Cas. 2 of» : sine omet ; T e r . , An. 901 : sine te hoc exorem ; L i v . 8, 38, 13 : sine... praepc.diant; d a n s d i v e r s e s e x p r e s s i o n s (le la l a n g u e p a r l é e : C i c , At. 3, I : te, oro des operant ; l'a. 13, 34 : magnoque opère abs te peto cures ; Cat. 2, 20 : cos hoc menée, desinant jurere ; P é t r o n e 58, 2 : curabo iam tibi louis (nomin.) iralus sit « je ferai en s o r t e q u e J u p i t e r soit i r r i t é c o n t r e toi »; — d e la l a n g u e a d m i n i s t r a i ive, mil i l a i n · ou h i s t o r i q u e : Ces., /?. G. 3, 11, 2 : huic mandat... Helgas adeat « il le c h a r g e d'aller 1 liez les Helges » ; 4, 2 1 , 8 : huic imperal, quits /'assit, adeat ciuitales; SaL, (". 29, λ : senatus decrcuil /tarent operant consults ne... (Ces., II. C. 1, 7, 3). D e m ê m e , a v e c scribrre « e n v o y e r l ' o r d r e d e », Ces., H. C,. 5, .\(>, 4 ; admonrre, ibid. 5, 40, 2 ; hertarï. Ces., B. C. 1 , 2 1 , 4 ; suadere, N e p . 9, 4, 1 ; paslularc, Liv. 22, 53, 12 : iurcs postula (formule) ; a v e c censée ( s o u v e n t ) , edico, operant do, praccipio, e t c . P a r -
COMPLÉTIVES AVEC « VT (NE, VT NE) »
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fois, pour la commodité du style : SaL, C. 45, 1 : cetera uti facto opus sit ita aganl permiltil (déjà ut dans le contexte). D a n s le tour négatif, la particule ne servit à elle seule de conjonction : rogo ne ueniat. Mais elle se trouve aussi combinée avec ut sou. la forme ut ne, qui est plus r a r e et m a r q u e d'ordinaire une insistance : C i c , Fa. 10, 14, 2 : in illam igilur curam incumbe ut ne quae scintilla taelerrimi belli relinquatur « donne-toi donc à la tâche de faire qu'il ne reste pas la moindre étincelle d ' u n e guerre aussi odieuse ». Un équivalent de ut complétif était en v. latin l'ablatif adverbial qui, proprement « par suite de quoi » : Ter., An. 334-5 : efficite qui delur tibi ; || ego id agam mihi qui ne delur « faites en sorte qu'elle te soit donnée ; moi, je vais travailler à ce qu'elle ne me soit pas donnée ». Cf. aussi la forme négative quin, de qui + ne (§ îflfJ). § 308. Les compléf ives finales avec ut /ne étaient beaucoup plus répandues que les propositions correspondantes du grec avec δπως, δπως μή. Elles se rencontrent avec de nombreux verbes i n d i q u a n t u n e manifestation de la volonté ou de l'activité. Souvent elles concurrençaient auprès d'eux la construction infinitive : rus ut irem... constilueram (PL, Ps. 549) « j ' a v a i s décidé d'aller à la campagne » équivaut à rus ire constitueram : « demander, prier de » oro, peto, rogo, precor, obsecro, flagito, postulo, posco ut ; n exhorter à, conseiller de, persuader de, inciter à » (ad)hortor, (ad)moneo, (per-)suadeo, incilo, impcllo ul ; « souhaiter » oplo ut ; « ordonner, enjoindre de » edico, impero, dcnunlio, praescribo, praecipio, mando ut, etc. Avec iubco, c'est la proposition infinitive qui est usuelle et classique : iubeo aliquem facere. Cependant, iubep ul — comme impero ut -— existe, et cela dès le v. latin : PL, Ain. 205 : Tclobois iubel sentenliam ut dicant suant « il leur ordonne (à ses envoyés) de faire connaître sa décision aux Télébocns ». Cette construction devait appartenir au style officiel, comme le montre la formule ueliiis iubeatis ut « veuillez et ordonnez que », Cic, Pis. 72 ; cf. aussi l.iv. 28, 3b, 1 : senatum iuberc ut classent traicerct. Toutefois, avec un datif complément, iubeo ut est très rare : T a c , A. 13, 40 : quibus iusseral ut... résistèrent (pour l'inf. v. § 77). Iubeo ne : Hirt., B. G. 8, 52, 5 ; Hist. Aug. ;
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SUIÎORDINATION ET COORDINATION
ι· écrire d e » scribe ut; « d i n ; d e » dico ut, l a n g a g e f a m i l i e r ; T e r . , Hau. 340 : dicam ul reuortantur domum « j e l e u r d i r a i d e r e v e n i r à la m a i s o n », cf. C i c , Fa. 12, 17, 2 ; n i n t e r d i r e d e » interdico ne ou ul ni· ; m a i s interdico ut « e n j o i n d r e e x p r e s s é m e n t d e », C i c , Rep. 1, 6 1 . « c o n t r a i n d r e , forcer » cego, subigo ut, e t , p a r r a c c o u r c i d ' e x p r e s s i o n , ratio c.ogtt ul « h; r a i s o n n e m e n t force à a d m e t t r e q u e » ( C i c , Fi. 3, 42) ; udducor ul « ê t r e a m e n é à » ( C i c , Cal. 1, 5), c t parfois « se laisser g a g n e r à l'idée (pie » ( C i c , Fi. i, 14) ; « c o n c é d e r , p e r m e t l i e , laisser » concéda, permitto ut ; sinoul (pré- e t p o s t class.) ; palier ut, class, s u r t o u t d a n s le t o u r négatif non potior ul (à c ô t é d e palier | p r o p , inf.) ; « d é c i d e r q u e » constitua, decerno, staluo ut ; placet mihi (senatui) ul t je décide, le S é n a t d é c i d e q u e » ; s u r t o u t si le v e r b e s u b o r d o n n é a u n s u j e t différent : Ces., B. G. y, 2 1 , 2 : slaliiunl ut decent milia hominum... mitlantur ; si c ' e s t le m ê m e sujet, l'infinitif s e m b l e préféré : slatuo facere (plut ô t q u e ut faciam), s a n s q u ' i l y ait en cela rien d ' a b s o l u , cf. ci-dessus l ' e x e m p l e d e P L , Ps. 549 ; censée ut « j e suis d ' a v i s d e » ; « a v o i r l ' i n t e n t i o n de, former le projet d e » cegito, animum indueo, constitutum mihi est ul ; t o u t e f o i s , l'infinitif e s t l r é q u e n l ; « s'efforcer d e » laboro, coitlendo, alitor ul ( m a i s conor -\- inf. s e u l e m e n t ) . A v e c studeo, ago, spe/lo « j e m ' a p p l i q u e , j e vise à », la langui; l i t t é r a i r e a n n o n c e h a b i t u e l l e m e n t ul p a r un corrélatif : id studeo, id ago, id specto ul. Mais studeo ul e x i s t e : C a t o n , Agr. 5, 8 ; Ter., Ad. 868, à c ô t é d e studeo suivi d ' u n infinitif c o m p l é m e n t (avec ou s a n s sujet) ; parfois, cupio ul ; « a v o i r soin de, veiller à » euro, prospirio, (pro)uideo ut ; caueo ut « p r e n d r e ses p r é c a u t i o n s p o u r q u e , s t i p u l e r (pic » ( C i c , Pis. 28 ; Leg. 2, 51) ; « faire en s o r t e q u e » facio, efficio ut ; « o b t e n i r q u e » impetro ut, adipiscor ut ; « m é r i t e r (pic » mereo (mercor) ut, e t , p a r a n a l o g i e , dignus ut (pré- e t p o s l c l a s s . ) , a u lieu d e dignus qui -f- s u b j . ; e x p r e s s i o n s i m p e r s o n n e l l e s o u l o c u t i o n s : conuenit mihi cum aliquo ut « j e suis c o n v e n u a v e c q q n d e » ; salis est ut « il suffit d e » ; interest (refert) ut « il i m p o r t e d e ou q u e » ; r a r e s , t o u t e f o i s , o u n o n classiques s o n t opus est ut, lied ut, oportet ut (§ 807) ; — restai ul, reliquum est ut « il r e s t e à (faire) » ; aequunt est ut « il e s t j u s t e q u e » ; conscnlancum est ut « il e s t c o n v e n a b l e q u e » ; --- locus est ut ( C i c , R. Ain. 33) κ c ' e s t le lieu d e » ; tanpus est ut « c ' e s t le m o m e n t d e » ; consilium mihi est ul « j ' a i l ' i n t e n t i o n d e » ; fatum est ut ( C i c , Balb. 58) « c'est la d e s t i n é e q u e » ; meum ius est ut « c'est m o n d r o i t d e » ; mos est ut ; optumum (rectum) est ut ; VI I né d é v e l o p p e c o u r a m m e n t u n s i m p l e ' r o n o m n e u t r e (id... ut, hoc... ut, illud... ut) ou m ê m e le s u b s t a n t i f res : C i c , Tu. 1, 99 : suum illud nihil ut affirmet, tenet ad exlremum « son p r i n c i p e d e n e rien affirmer, il le m a i n -
COMPLÉTIVES AVEC « VT (NE, VT NE.) »
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tient jusqu'au bout » ; Of. r, 66 : altera res est ut res géras magnas Mas « la secontle condition est de faire ces grandes choses ». Dans ces tournures ut se rapproche de quad. ; mais la nuance est encore celle d'une chose à faire, et il se dégage du contexte une idée d'intention ou de volonté. Cf., au contraire, § 1)10, 2. § 309. Plusieurs des verbes précédents avaient en même temps u n sens déclaratif, et ils se construisaient alors avec la proposition infinitive, tandis que la proposition avec ut énonçait un ordre ou une intention. Ainsi s'opposent : prop. inf. censeo concéda dico decerno moneo persttadeo
« j ' e s t i m e que » « je conviens que » « je dis que » « je reconnais p a r décret que », C i c , Cal. 4, 5 « je rappelle que » « je persuade qu'(une chose existe) »
uljnê complétif « je suis d'avis de » « je concède de » « je dis de » « je décide de » « j ' a v e r t i s de » « je persuade de (faire) »
Exemple : Ces., B. G. 7, 21, 2 : statuunt ut deeem milia hominum... mittantur « ils décident que soient envoyés... », en face de C i c , Ver. 2, 29 : non slatuebas tibi... rationem esse reddcndam? « tu ne pensais p a s qu'il te faudrait rendre compte? ». Après un verbe comme censeo, une proposition infinitive, contenant un adjectif en -ndus, équivaut d'ailleurs à une complétive avec ut : Cic, Of. 3, 114 : eos senatus non censuit redimendos « le Sénat ne fut pas d'avis de les racheter ». Et, d'autre part, hors de la prose classique, il arrivait que l'infinitif seul fût substitué après ce même verbe à la complétive avec ut : Hor., Ep. 1, 2, 9 : cen.sel belli praccidere causam « il est d'avis de supprimer la cause «le la guerre » ; Colum. 1, 3, 7 : M. Perdus talem pestent uitare censuit « fut d'avis d'éviter un tel fléau ». § 310. C o m p l é t i v e s « c o n s é c u t i v e s » a v e c <« ut ». — De même que, dans les propositions circonstancielles, ut consécutif est issu de ut final, de même ut complétif fut utilisé pour exprimer simplement un
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SUBORDINATION ET COORDINATION
fail : Ces., B. G. 4, 29, ι : accidit ut esset luna plena « il arriva que c'était pleine lune ». La négation était celle de la réalité, c.-à-d. non, d'où ul non : C i e , /I/. il», 2, 2 : fit saepe ut H qui debent non respondeant « il arrive souvent que les débiteurs ne répondent pas à l'échéance ». 1) VI est complément d'expressions impersonnelles : accidit. euenit. cantingit ul « il arrive que », cf. aussi quod (§ 303) ; fit ut, fieri palest ul « il se produit que, il peut se produire que », fieri non palest ni ; accedit ul « il s'ajoute que », C i e , C. M. 16 (§ 303, n. 1) ; scquilur ul, cfficitur ut « il s'ensuit que » ; est ut « il se trouve que, c'est un fait que » : Ter., Ph. 270 : si est... cttlpam ul Anlipho in se admiscril « s'il est exact q u ' A n t i p h o n ait commis une faute » ; cf. C i e , de Or. 2, 152 ; Cad. 48 ; plus rarement, au sens de « il y a lieu de » : C i e , Cad. 14 : magis est ut ipse moleste ferai... quant ut... reformidel ; cf. Pline, Nat. 18, 3 : neque est ul pulcmus. A cette coiislruclion se l'attache la périphrase fore ou futurum esse ut « devoir être que », par ex. spero fore ul eum paeniteat « j'espère qu'il arrivera qu'il se repentira »; locutions impersonnelles multum abest ut « il s'en faut de beaucoup «pie » ; /allium abcs! ul... (d'ordinaire avec un second u( de sens consécutif) « il s'en faul tellement «pic... (qu'au contraire, ut contra) » ; prope adcsl ut (PL), prope est ut (Liv.) « il est sur le point d'arriver que » ; in eo est ul, même sens, mais plus souvent in co res est ut (Liv.) avec la tournure personnelle Celle-ci, du reste, tendait comme ailleurs à s'étendre : B. Alex. 22, 1 : milites nostri tantum afucrunt ul perturbarentur ut... « nos soldats furent si loin d'être troublés (pie... » ; lfyg., Fab. 26t : in eo sum ut ; cf. aussi Cic, Fi. 3, 48 : catulus Me qui iam appropinqual ut uideat « qui est tout près de voir ». 2) VI développe un substantif ou un pronom neutre au sens de « à savoir que », sans qu'il y ait idée d'intention : PL, An. 220-1 : hand decorum /acinus luis /actis facts || ut... me irridcas « t u fais une chose indigne de la façon d'agir habituelle en le riant de moi » ( = à savoir q u e . . ) ; C i e , N. D. 1, 104 : cum hoc proprium sit animantium ut aliquid appelant... « comme c'est le propre des êtres v i v a n t s d'avoir
COMPLÉTIVES AVEC « VT (NE, VT NF.) »
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quelque apjiélence ». D a n s ces emplois, ul se distingue à peine de quod « le fait que », malgré la différence du mode. C'est du reste quod qui a survécu d a n s cette fonction comme d a n s t a n t d ' a u t r e s ; ul n'est p a s représenté en roman. 3) VI en arrivait à être substitué à la proposition infinitive a p r è s des locutions de sens déclaratif : ucrum est ul (Nep. 23, 1 , 1 ) « il est exact que », falsum est ut « il est faux que » ct mirum est ut « il est étonn a n t que » (Cie, Diu. 2, 66) ; rarum est ut (Quinl. 3, 10, 3) « il est rare que »; etc. Ainsi : C i c , Pomp. 62 : quid tarn inusilalum quam ut... eques Romanus... pro consiilc milterclur? « quoi d'aussi inaccoutumé que de voir un chevalier romain envoyé en qualité de proconsul? », à côté de ibid. 61 : quid tarn nouum quam adulcscenlulum... exercitum... canficerc? « quoi d'aussi i n a t t e n d u que de voir un tout jeune h o m m e constituer une armée? ». Ce qui permet à Cicéron d'écrire : N. D. 1, 63 : de dis neque ut sint neque ut non sint habeo dicere « au sujet des dieux, qu'ils soient ou qu'ils ne soient pas, je ne suis pas à même de le dire », traduction du gr. ούκ ϊχω εΐδέναι ουΟ' ώς είσίν ούΟ' ώς ούκ είσίν ; plus t a r d : Ifyg-, Λ sir. 2, 4 : de hoc ferlur ut sit Areas nomine «« on dit de lui que son n o m est Areas ». Cette extension de ut complétif était préparée par divers faits de détail. Fit ut désignait l'événement qui se produit ; mais, dans fieri potest ul, il y avait, une notion (l'éventualité conforme au subjonctif. De'même, avec ucrisimile est ul, le subjonctif était justifié par l'idée de doute : Cic, Sest. 78 : an uerisimilc est ut ciuis Romanus... cum gladio in forum descendent ante lucent? « est-il vraisemblable qu'un citoyen romain ait pu descendre au forum avec une épéc avant le jour? » ; ct de ucrisimile est ut il n'y avait qu'un pas à ucrum est ut. Pour restai ut aussi, le glissement était facile de l'idée d'intention (« il reste à faire ») à celle de constatation : « il reste que » (Cic, Quinct. 33 ct 41). Cf., tiidc ne (Cic, Sén.) « observe que ». Emploi de la négation. — Ne ct ut non sont parfois opposés d'une manière très nette : Cic, /·'/'. 2, 24 : efficitur non ul uoluplas ne sit uoluplas, sed ut uoluplas non sit summum bonum « il résulte non pas que le plaisir ne soit pas le plaisir (possibilité écartée comme inexacte), mais que le plaisir n'est pas le bien suprême (conséquence admise comme réelle) ». Le sens appelait toutefois des chevauchements «l'emploi : Cic, At. 11, 21, 1 tu etsi non poluisti facere ul mihi Main epistulam non mitteres... « bien que ne pouvant te dispenser de m'envoyer cette lettre... »; malgré
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SUBORDINATION ET COORDINATION
la nuance d'intention el d'cflorl ]>ro]irc à facere ut, la négation non est employée, parce «pie la lettre ne pouvait pas ne pas être envoyée. De même : Cic, Leg. Agr. 2, 7 : facere non possum ut... non essem popularis : il s'agit d'un résultat acquis dans le passé et sur lequel il est impossible de revenir. Cf. Cic, Cal. 3, 7.
Complétives introduites par « ne » § 311. Ce sont surtout celles des verbes de crainte : meluo, timeo, ttercor, et, par extension, pauca, solliciter, limidus sum, periculum est ne. etc. : t y p e timeo ne neniat « je crains qu'il ne vienne ». Si la crainte porte sur le passé, contrairement au grec qui emploie l'indicatif d a n s la complétive (δέδοικα μή ήμάρτηκα), le latin a le sub jonctif qui introduit un d o u t e : timeo ne peccauerim « je crains d'avoir (peut-être) commis une faute ». Par ex. : C i e , Caec. 4 ; uereor ne id... astute fcccritit « je crains qu'ils ne l'aient fait par astuce ». Il n'est pas, en effet, absolument sûr que la chose soit arrivée, même si c'est probable. Pour indiquer qu'on craint qu'une chose n'arrive pas, non fut a d joint à ne; et l'on eut tic, non, d'après ul tic et ut non : timeo ne non iteniat « je crains qu'il ne vienne pas ». Par ex. : C i e , At. 9, 6, 6 : timeo ne 11011 impetrem « je crains de ne pas obtenir ». Ce tour est attesté dès le v. latin, cf. PL, Cas. 575 ; mais il y est encore rare. C'est ut interrogatif qui était anciennement utilisé : timeo ut neniat « je me demande avec crninle comment il pourrait venir » ; C i e , Fa. 14, 2, 3 : omnes labores le exciperc uideo: limeo ul sustincas « je te vois a s s u m a n t toutes les fatigues ; je crains que tu ne les supportes pas » ; la construction est la même que d a n s la phrase quid possem timebam de C i e , At. 12, 24. r. Avec opposition : Ter., An. 349 : id panes ne ducas lu illam, lu autan ul ducas « tu as peur, toi, de l'épouser, ct toi (il s'agit d'un autre personnage) de ne pas l'épouser » ; cf. Ph. 965. A l'époque classique, Cicéron préfère timeo ne non à timeo ut. Une autre trace de construction interrogative apparaît dans SaL, Or. Lepidi 20 (//. 1, 55) : quantum audcatis uereor « je redoute votre (manque
« NE, QVIN
» OU « QVOMINVS Λ
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d'Jaiidai e », m. à ni. n combien vous pourrez oser ». D'autre part, timeo ut est substitué il timeo ne pour la crainte qu'une chose arrive, dans des passag«;s comme Ilor., -S', i, 3, 120-1, ct Liv. 28, 22, 12 ; mais ceci n'a lieu qu'exceptionnellement et par suite d'une anacoluthe. Plus tard, on eut timeo quod, § SOI. § 312. En plus des verbes de crainte, la complétive avec ne était la construction usuelle de : caiteo « prendre garde de ou que » : C i e , Of. 1, 123 : cauendum est senecluli... ne languor i se desidiacque dedal « la vieillesse doit se garder de s'abandonner à la langueur et à l'inertie », à côté du subjonctif p a r a t a c t i q u e m a i n t e n u dans des locutions figées où caue jouait le rôle de ne : caue me attigas (v. lat.), caue facias, caue putes, etc.
(§251 II B); uito (me eripio) « éviter de » : C i c , At. 3, 10, 2 : quem ego... uitaai ne uiderem « j ' a i évité de le voir » ; Ces., B. G. 1, 4, 2 : ne causam diccrcl se eripuil « il parvint à éviter de plaider sa cause » ; cf. C i c , Sest. 18. D'après facio ut ne, en face de facio ne, l'analogie avait entraîné catieo ul m·, en face de eauee ne : Ci··., Q. fr. 1, 1, 38 : caucamus utile... dicatur, cf. Liv. 34, 17, 8, etc. Pour caueo ni, voir ci-dessus, § 308.
Complétives introduites par « ne, quin » ou « q u o m i n u s » § 313. Parmi ces propositions, deux groupes sont à distinguer : I) Propositions complétives dépendant de verbes d'empêchement, d'opposition, de refus, etc. (impedio, prohibe«, obslo, obsislo, resisto, dclcrrca. continea, rclinco, tempera, interpella, récusa, mora est, moram tntrtpona, etc.), inliodiiiles d a n s l'ensemble par les c o n j o n c t i o n s « ? , quin mi quominus | siibj. A l'époque classique, une répartition tend à s'établir d'api es laquelle ces verbes se construisent : avec ne, s'ils sont employés affirmativement : C i c , At. i r , 13, 5 : plura ne scribam dolore impcdior n la douleur m'empêche d'écrire
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d a v a n t a g e »; Of. 3, 100 : sentenliam ne diecret recusauit « il refusa de donner son avis » ; avec quitt, s'ils sont employés négativement (négation de forme ou de sens, interrogation) ; Ter., Eu. 859-60 : uix me continca quin inuo1cm in || capillum « je me retiens à peine de te voler sur les cheveux » ; C i e , Ac. 2, 7 : non possumus quin alii a nobis dissenliant recusare « nous ne pouvons p a s refuser que d ' a u t r e s soient d'un avis différent de nous » ; PL, Mi. 369-70 : numquam her de delcrrebor || quin uiderim id quod uiderim « j a m a i s menace ne m'empêchera d'avoir vu ce cjue j ' a i vu ». Également: : nil obstat quin, quid obstat quin? Du point de vue de la parataxe, l'emploi de ne après la négation eût abouti à une contradiction : *non prohibée, ne facial «qu'il ne fasse pas, je ne l'empêche pas ». Quin, qui fut utilisé à sa place, associait l'abl. qui de l'interrogatif à la négation ne : « pourquoi ne... pas? » ; puis, par effacement du sens interrogatif : « par suite de quoi ne... pas ». Le tour non prohibeo quin ucnial signifiait ainsi : « je ne fais pas d'empêchement, par suite de quoi il ne viendrait pas ». E t en v. latin, avec cette valeur, quin se rencontre même après un verbe de crainte : PL, Ain. 110Γ» : non meluo quin. Il acquit, eu outre, d'autres fonctions comme équivalent de qui non (§ 888) ct de ul non (§§ 814, 843). avec quominus (à titre subsidiaire) dans les deux cas précédents, c.-à-d. que le verbe d'empêchement soit employé affirmativement ou négativement : C i e , R. Am. 110 : impedimento est quominus de his rebus Sulla doceatur « obstacle est mis à ce que Sylla soit instruit de ces choses » ; At. 8, 8, 2 : inlercludor dolore quominus ad te plura scribam « la douleur m'empêche de t'écrire plus longuement » ; cf. N. D. 2, 35 : quominus perficiantur... obsistere ; C i c , C. M. 60 : nec aetas impedit quominus... agri colendi studia leneamus usque ad ultimum tempus senectulis « l'âge n'empêche pas que nous gardions le goût de l'agricult u r e . . . »; Fi. 1, 7 : nec uero... recusabo quo minus omnes mea leganl « je ne refuserai p a s d'être lu par tous » ; cf. N. D. 1, 95 : quid obstat quominus sit battus?; per aliquem slat quominus « il dépend de qqn d'empêcher que » : Ces., B. C. 1, 41, 3. Quominus, c.-à-d. quo (abl. du relatif) -\- minus avec valeur négative
« NE, QVIN » OU « QVOMINVS »
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c o m m e d a n s si minus (§ 378). a v a i t au p r o p r e le sens d e n p a r s u i t e d e q u o i n e . . . p a s », q u i a p p a r a î t e n c o r e n e t t e m e n t d a n s Ter., An. 196-7 : s» sensero 'hodic quicquam in his te nupliis || fallaciac conari quo fiant minus... « si je m ' a p e r ç o i s q u ' à p r o p o s de ces n o c e s t u m e t t e s en oeuvre q u e l q u e fourberie p o u r e m p ê c h e r q u ' e l l e s a i e n t lieu », m . à m . « p a r s u i t e d e q u o i elles n ' a i e n t p a s lieu... ». Mais quominus est p l u s t a r d i f q u e quin. C h e z P l a u t e , il est e n c o r e à peine a t t e s t é : Am. 84 (+ subj.) ; Cap. 430 e t St. 162 (-f i n d . ) . C'est s e u l e m e n t d a n s la p r o s e classique qu'il d e v i e n t c o u r a n t c o m m e c o n j o n c t i o n s u b o r d o n n a n t e . A ce m o m e n t , les r a i s o n s d e l ' o p p o sition e n t r e ni· e t quin n ' é t a n t p l u s p e r ç u e s , quominus s e r v i t de s u b s t i t u t aussi bien au p r e m i e r q u ' a u second, ce «lui e x p l i q u e q u ' i l se t r o u v e à la fois d a n s le t o u r atfirmatif (prohibeo quominus) e t d a n s le t o u r négatif (11011 prohibeo quominus). Un é q u i v a l e n t r a r e d e quoniinus é t a i t quo selius : A f r a n . 292 R i b b . ; C i c , Inu. 2, 132 e t 170. Notes. — 1) L'idée «l'empêchement pouvait se dégager simplement du contexte : PL, Tri. 587-9 : nullo modo || aequom ui delur quin quod peccauerim... Il mihi id obsit « il me semble inique («le vouloir empêcher) que ma faute ne nie nuise » ; C i c , Ea. 7, 1, I : it te... infirmitas ualetudinis tune lenuit quoniinus ad ludos uenircs si quelque indisposition t'a retenu (et empêché) d'assister aux j e u x . . . »; Ces., 13. G. 3, 24, 5 : exspectari diutius non operiere quin ad castra ire.tur « on ne devait pas attendre plus longtemps pour a t t a q u e r le camp ». 2) Même dans la prose classique, les particularités de détail sont nombreuses. Non impedio quin est très rare (Rhet. lier. 3, 1), alors que non impedio quominus est constant. Non recuse ne n'est pas inconnu (Ciç., Cl. 154). D'autre part, l'infinitif alterne pour prohibeo (§§ 272, 328), avec ne, quin et quominus. lin dehors de la prose classique et après elle, la répartition est encore moins respectée. Quin sc trouve avec des verbes non accompagnés de négation : B. Alex. 7, 1 : morari quin... iuberet « tarder à » ; T a c , A. 14, 29 : quin ultra bellum pro/erret morte prohibitifs est. Quant à quominus, il est fréquent cher. Tite-Live, Sénèque, Tacite, saint Cyprien, etc. : liequeo mihi le.mperarc quominus unum excmplum... ad/cram (Pline, Nat. 18, 41) « je ne peux me retenir d'apporter un exemple » ; non uelo quominus (Sén., Ep. g5, 8) ; non quiesco quominus (Tac, 11. 4, 28) n je n'ai pas de cesse que »; etc. Mais il n'appartenait pas à la langue parlée. Un écrivain comme Vilrtive n'en use pas. 3) Les verbes « interdire, défendre » ne se construisent en général ni avec quin ni aver quominus : interdico ut ne ou ne « j ' i n t e r d i s de » (§ :t(IS), uelo | l'infinitif ou la proposition infinitive (§§ 272 c, 028).
§ 311. II) Complétives introduites plus spécialement p a r « quin ». — Il existe plusieurs tournures négatives usuelles où la
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SUBORDINATION ET COORDINATION
conjonction quin est restée seule ou à peu près seule employée, leur caractère ancien ct fixé n ' a y a n t pas permis à quominus de s'y introduire, sauf d'une manière très restreinte : i) non multum (paulum) a best quin « il ne s'en faut pas de beaucoup que » ; quid abest quin... ? (Liv. 8, 4, 2) « s'en manquc-t-il de beaucoup q u e . . . ? » ; C i e , At. n , 15, 3 : prorsus nihil abest quin sim miserrimus « il ne s'en faut absolument de rien que je sois le plus malheureux des hommes » ; mora nulla est quin ; nulla causa est quin « il n ' y a pas de raison pour que n e . . . pas » ; quid est causae quin? « quelle raison y a-t-il pour que n e . . . pas? », c. à-d. « rien n'empêche de..., qu'est-ce qui empêche d e . . . ? ». Cf., toutefois, C i e , Inn. 2, 132 : nihil adferre causae quo minus..., où le caractère formulaire de l'expression était précisément effacé; nan possum facerc quin (en v. latin, non possum ou ncqueo quin) « je ne peux pas m'empêcher de » ; fieri non potest quin (en v. latin, non polest quin, avec potest impers.) « il est impossible que n e . . . pas ». Quin équivaut alors à ut non (ne), comme d a n s C i e , Fi. 1, 27 : fieri... nulla pacta palest ul non dicas « il est absolument impossible do ne pas dire ». Kl il arrive que les deux touts coexistent : PL, Tri. 105 : quin liirant nan est ; mérita ul ne dicant, id est « les empêcher de parler n'est pas en mon pouvoir; mais qu'ils le fassent à tort, cela m'est possible ». 2) Expressions négatives de doute : non dubilo quin «« je ne doute pas (pie » ; quis dubilat quin? « qui doute que? » ; non dubiitm est quin « il n'est pas douteux que » ; etc. Par ex. : PL, Poe. 881-2 : quid ergo dnbitas quin lubcnter tuo cro meus... || ... facial male? « pourquoi doulcs-tu que mon maître ne fasse volontiers du mal au tien? » ; C i c , Br. 71 : non dubitari debet quin juerinl ante Ilomerum podae « on ne doit pas douler qu'il y ait eu des poètes a v a n t Homère » ; Liv. 2, r, 3 ; neque ambigihtr quin « il est hors de contestation que » ; T a c , A. 12, f) : nec diu am/uirendum quin « il n'était pas douteux que » ; ibid. b, 22 : non eximilur quin « on n'ôle pas la croyance que ». Avec line interrogation : C i c , Par. 48 : quis dubitet quin in uirtule diuitiac sint? « qui peut douter qu'il n ' y ait des richesses d a n s la v e r t u ? ».
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Quin s'étendait à des tours voisins. On le trouve — au lieu de l'infinitif — après non dubito « je n'hésite pas à » : Cic, Pomp. 68 : nolite dubitare quin huic uni credalis omnia n n'hésitez pas à lui confier tout à lui seul ». Il se substituait à la proposition infinitive d.ans des expressions de sens déclaratif : Ces., B. G. 1 , 4 , 4 : neque abest suspicio... quin ipse sibi mortem consciucril « on n'est pas sans soupçonner qu'il s'est lui-même donné la mort » ; B. C. 3, 94, 3 : neque Caesarem fe/cllil quin ab Us cohorlibus... initium uidoriae orirelur « César ne se trompa point en pensant que le début de la viotoire viendrait de ces cohortes ». De même : neque est obscurum quin (Cic, Part. 51) ; quis ignorât quin (Fl. 64) ; quis aliler exislimat quin (Fi. 5, 32) ; controuersia non erat quin (Caec. 31) ; negare non possum quin (Liv. 40, 36, 2) ; etc. inversement, à la faveur d'équivalences comme non dubito ( = scio) «m quis dubitat? (— quis ignorât?), la proposition infinitive en arrivait à s'employer au lieu de quin après non dubito. ('clic construction évitée par les prosateurs classiques se rencontre depuis Lucrèce : 5, 249 : neque unterem dubitaui aurasque perire « je n'ai pas douté «pie l'eau et l'air étaient périssables », c.-à-d. n j'ai affirmé sans hésiter (pic » ; elle se poursuit chez les correspondants de Cicéron : Fa. 16, 21, 2 (lettre de son fils) : gralos tibi oplatosque esse qui de. me minores ail/eruntur, non dubito ; chez Népos, Tite-Live, Çhiinlilien, Suétone, etc. Avec les constructions de type non dubito quin, etc., la conjonction quin s'est longtemps maintenue en usage : dans T a c , /•/. 2, 45 : nec apud duces Vitcllianas dubitaium quominus pacem concédèrent « chez les généraux de Vitellius il n'y eut pas d'hésitation à accorder la paix », l'emploi de quominus est une recherche de style. Néanmoins, quin fut même là menacé et remplacé par la complétive plus simple ct plus uniforme avec quod : Grég. T., H. F'. 1, 1 : nec dubium est quod... praelulisset ; 2, 6 : procul dubium est quod... permansil (Bonnet, p. 663). § 316. Remarque. —· On voit le grand trouble qui règne dans la syntaxe des complétives et les confusions nombreuses qui s'y produisent : les conjonctions s'échangent entre elles ; les complétives à l'infinitif alternent avec des propositions à mode personnel et même parfois le tour à l'indicatif avec la construction subjonctive (accidit quod et accidit ut). La langue des meilleurs auteurs n'échappe pas toujours à ces confusions, et on comprend (pic la langue populaire, devant ces incertitudes, se soit ralliée à une construction unique introduite par la seule conjonction quod, laquelle à date ancienne se
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SUBORDINATION ET COORDINATION
trouve déjà dans nombre de phrases, et dont le rôle ira sans cesse en grandissant. Par contre-coup, l'indicatif se trouve parfois même après ut complétif : Itala, Exod. 33, 7 (Lucif. Cal., non conti. 1) : ctficbatut omnis...
ibat ad tabernaculum
(influence du gr. έξεπορεύετο?).
Résumé. — 1) timeo ne ueniat, ne non (ou ul) ueniat. — 2) prohibeo ne ueniat « j'empêche qu'il vienne » ; non prohibeo quin ueniat « je n'empêche pas qu'il vienne » ; prohibeo ou non prohibeo quominus ueniat « j'empêche ou je n'empêche pas «pi'il vienne ». — interdico ne (ou ut ne) ueniat « je (lui) interdis de venir » ; uelo cum uenire « je lui défends de venir ».
C H A P I T R E II
PROPOSITIONS COMPLÉTIVES (suite) Interrogation indirecte § 310. L'interrogation indirecte est une phrase interrogative rattachée comme proposition complétive à un verbe. La subordination s'y traduit par l'emploi du subjonctif : quaero quis uencrit, en face de quis uenit? Le choix des temps est déterminé par la concordance (§ 400). En outre, le passage de l'interrogation directe à l'interrogation indirecte entraîne eventuell einen t un changement de personne ; ab homine quaesiui quis esset « j'ai demandé à l'homme qui il était » : interrogation directe = « qui es-tu? » (quis es?). Le grec, au contraire, pouvait maintenir le mode, le temps et la personne de la proposition indépendante : ήρώτησα τις εΤ. En latin, du reste, le subjonctif s'est généralisé dans l'interrogation indirecte à date relativement récente. La vieille langue présente encore souvent l'indicatif : PL, Men. 349 : uideamus qui hinc egreditur « voyons qui sort d'ici » ; parfois, elle emploie les deux modes successivement sans différence appréciable : PL, Am. 17-8 (prol.) : nunc cuius iiissu uenio et quam ob rem uenerim \\ dicam « maintenant je vais dire sur l'ordre de qui je viens et pourquoi je suis venu ». L'extension du subjonctif dans ce type de propositions était facilitée par des'tournurcs où il était nécessaire au sens, par exemple comme subjonctif du style indirect, ou bien comme subjonctif délibératif : PL, Am. 1056 : quid again nescio « je ne sais que faire », ou encore comme potentiel : PL, Men. 384 : miror quid hoc sit negoli « je me demande ce que cela
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peut bien être » (cf. déjà en phrase libre : PL, As. 407 : quid hoc sil negoti? « ipi'est-ce que cela peut bien être? ») ; ou, enfin, comme subjonctif de volonté : C i c , Quinct. 84 : tibi, quid facias, (edictum) définit « l'édit définit ce que tu as à faire ». Mais, en généralisant le subjonctif, les prosateurs classiques ont surtout voulu souligner le rattachement de l'interrogation au sujet qui l'énonce (§ 2119). Cas particuliers. - - Dans certaines tournures interrogatives, exclamatives ou imperatives, en particulier avec les formes audin (= audisne), die, sein ( = srijfic), uiden (—- uidesne), etc., l'indicatif était courant dans la langue parlé«; à cause du lien très faible qui unissait les deux propositions : PL, Cu. 311 : uiden ut expalluit? « voyez-vous comme il est devenu pâle? » ; Ter., Hau. 494 : sein quid nunc facere te uolo? n sais-tu ce que je veux maintenant te voir faire? » ; etc. Cet usage ne disparut jamais entièrement : Cic, Tu. 1, 10 : die, quacso, num le Ma terrent « dis-moi, je te prie, ces choses-là t'cffrayent-cllcs? »; At. 1, 1, 4 : uides... in quo cursu sumtts « tu vois dans quelle course je suis engagé »; Vg., En. 6, 779 : uiden ul geminac slant uerlice crislae? « vois-tu comme les deux aigrettes se dressent sur sa tête? » (ibid. 8, 190-2). Il n'était pas non plus toujours facile de distinguer l'interrogation indirecte «le la relative : PL, Cap. 206 : scimus nos nostrum officium quod est n nous savons, nous, ce que nous avons à faire », — surtout lorsqu'il y avait enclave de l'antécédent : Cic, Leg. Agr. 2, 49 : patefacio uobis quas isti... insidias se postasse arbilrantur « je vous dévoile les pièges qu'ils s'imaginent avoir tendus ». On doit aussi mettre à part les formules nescio quis, nescio quomodo, etc., employées comme de véritables pronoms ou adverbes indéfinis et ne pouvant par suite avoir de valeur subordonnante : nescio quis uenit « il est venu je ne sais qui » ( = aliquis uenit) ; cf. Cic, Tu. 1, 24 : sed nescio quomodo, dum lego, assentior ; également, les phrases nominales mire quam, mirum quantum n [c'est] étonnant combien », fixées avec valeur adverbiale : Liv. 2, 1, 11 : id mirum quantum profuit « cela fut prodigieusement utile ». Pour sane quam, italde quam, § 171, η. (hianl à la langue vulgaire, elle ne s'est jamais .astreinte à un emploi strict du subjonctif de l'interrogation indirecte : Pétr. 76, 11 : tantum quod mihi non dixerat quid pridie cenaueram « c'est tout juste s'il ne m'a pas dit ce que j'avais mangé la veille », et le grammairien Diomède remarque (G. L. K. I, 305, if>) : imperitia la psi... dicunt 'nescio quid fads'. De même : Itala, Matth. 2, 4 (codd. Cant. Colli.) : inlcrrogauil ubi Christus nascilur (Rönsch, p. 428; le présent nascilur dénonce sans doute un calque du
INTERROGATION INDIRECTE
SC1!
grec) ; Iren. 5, 30, 4 : scirntes quis est ; Grég. T., Martyr. 105 ; cpiscopo quid actum fitcral indicant ; //. /·'. 2, 30 .narr nuit quai iter... meruit. § 317. Pas plus que pour l'interrogation directe, la présence d'un terme introducteur n'était indispensable Néanmoins, lorsqu'il n ' y en a pas, le contexte est (l'ordinaire suffisamment explicite Par exemple, il s'agit d'une reprise : Ter., Hau. 454 : estne ea intus?. — sit rogas? « est-elle là? — est-elle là, demandes-tu? », — ou bien de termes qui s'opposent : C i e , Ver. 3, 62 : homo quid agerd : taccret responderet, quid faccrcl denique illa actate et auciorilate praedihts, nesciebat « notre homme ne savait quelle conduite adopter, s'il devait se taire ou répondre... » ( = tacerclne an responderet) ; — ou bien d'une formule : Liv. 21, 17, 4 ; lalum inde ad populum uellcnt inherent populo Carthaginiensi bellum indict. En revanche, il arrivait que la dépendance de la proposition, interrogative fût soulignée par l'emploi simultané de deux pronoms interrogatifs, l'un faisant fonction de sujet, l'autre d'objet : C i e , R. Com. 21 : considéra... quis quem fraudasse dicatur « considère quel serait le (lupeur et quel serait le dupé », m. à in. « qui devrait être dit avoir dupé qui? ». P a r anticipation ou prolepse, le sujet de la proposition interrogative devenait parfois le complément d'objet du verbe principal. Cette construction, qui m e t t a i t en relief le terme ainsi déplacé, est surtout répandue dans la langue parlée : PL, Ep. 575-6 : hanc quae sid || neque scio neque noui, —• mais non exclusivement (§ 32 bis). § 318. T e r m e s i n t r o d u c t e u r s . — Les pronoms ct adverbes interrogatifs sont sensiblement les mêmes que pour l'interrogation directe : quis ; ccqnis « si quelqu'un », dont le neutre ccquid « si en quelque chose » devenait une vérilable parlicule : C i c , Fa. 7, 16, 3 : quid agalis ct ccquid in Italiam uenturi sitis hac hicme. fac plane sciant, ci. PL, Ba. 1084; ul « comment », qui lend à d i s p n r a î l j e ; qua ralione, quo modo; cur; quare, qui appartient jilulôt à la langue parlée ; etc. -Ne ct num sont les particules les plus employées; num, du reste même d a n s la prose classique, n'était pas toujours distingué de
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SUnORDINATlON ET COORDINATION
-tie ; C i c , At. 13, 8 : uelim... alicui des negotium qui quacrat numqiiis Q. Stabcrii fundus sit ucnalis κ je voudrais que tu charges quelqu'un de s'informer s'il n ' y a pas quelque propriété de Q. Slaberius à vendre » ; cf. Of. 3, 54. Nonne « si ne pas » est surtout utilisé par Cicéron, qui ne s'en sert q u ' a p r è s quacra ; <:f , toutefois. T a c , /1. 3, 34. En, comme dans l'interrogation directe, se trouve en liaison avec umquam (cnumquam). § 319. An, pour introduire une interrogation indirecte simple, n ' a p paraît d a n s , l a prose classique que d a n s les locutions dubito an, haud scio (nescio) an, incertum csl an f- subj. et avec la valeur d u b i t a t i v e de « si n e . . . pas ». Ces expressions arrivent ainsi à être les équivalents du fr. n peut-être » : haud scia an uencrit u je ne sais pas s'il n'est pas venu », c.-à-d. « peut-être est-il venu ». P a r exemple r i 1 ! . , Ep. 543 : haud scio an congrediar « je ne sais pas si je ne devrais pas (— peutêtre devrais-je) l'aborder » ; Cic., Al. ib, 5, 3 : dubito an Venusiam tend am « je me d e m a n d e si je n'irai p a s (peut-être irai-je) à Venouse » ; cf. lu. 4, 50. Avec une négation s'ajoutant à an : haud scia an non, dubito an non, etc. « peut-être ne... pus ». Ainsi, C i c , Ac. 2, 81 : quod haud scia an non possis « et peut-être ne le pourras-tu pas » ; Br. 126 : (C. Gracchus) si diu tins uixisset..., claquenlia quidem nescio an hahuisset paraît neminem « pour l'éloquence, il n ' a u r a i t peut-être p a s eu son pareil » ; Of. 3, 50 : qui... dubitet an turpe non sit « (un homme) qui estimerait que ce n'est peut-être pas m a l h o n n ê t e ». Avec ne... quidem ; C i c , Lac. 51 : atque haud sciant an ne opus sit quidem... « et peut-être n'est-il même p a s nécessaire ». Parfois, les expressions haud scio (nescio) an et incertum est an devenaient de véritables ((imposés adverbiaux : Cic, C. M. 74 : moriendum ccrlc, et id incertum an hoc ipso die « ... et peut-être ce jour même » ; Of. 3, 105 : quorum quidem lestait non mediocran sed haud scio an grauissimum Regulum nelite uiluperare « ... témoin rpii est peut-être le plus important » ; N. D. 2, 11 : uir sapicnlissinius atque haud scio an omnium pracstantissimus... malutt. D'autres équivalents du fr. « peut-être » étaient : qui scis an?, douillet archaïque de A«it*if scie an, littéralement : « comment sais-tu si ne... pas? »
INTERROGATION INDIRECTE
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(ΓΙ., Mo. 58) ; — forsitan. (fors fuel an c h e z P l a u t e , Ps. 432), p r o p r e m e n t « ι c s e r a i t un h a s a r d (si telle c h o s e ne κ«; p r o d u i s a i t pas) », e n c o r e le p l u s s o u v e n t a v e c le subjonctif - - et cela, p e u t - ê t r e p a r un r e s t e d e c o n c o r d a n c e -•- p r é s e n t ou p a r f a i t : Ter., Ph. 717 : forsitan nos reiciat « p e u t - ê t r e n o u s chassera-1-il » ; C i c , 11. Am. 5 : forsitan quar.ralis « p e u t - ê t r e allez-vous d e m a n d e r »; ibid. ji : rt forsitan in stiscipiaula causa lauere... fecerim « p e u t - ê t r e en m e c h a r g e a n t d e la c a u s e ai-je agi a v e c t é m é r i t é », s a n s e x < Iure d ' a i l l e u r s l'irréel : C i c , Of. 1, 112 : céleris forsitan uitio datum esset, si se interanisseul « p c i i l - ê l n · a u r a i t - o n fail grief a u x a u t r e s . . . ». T r a i t é ( l i m i n e a d v e r b e , forsitan a p p a r a î t p o u r la p r e m i è r e fois a v e c u n indicatif chez Lucrèce : .s, 104-5 : dirtis dabil ipsa fidem res\\ forsitan « p e u t - ê t r e l ' é v é n e m e n t confirinera-l-il mes p a r o l e s », s o u v e n t e n s u i t e à l ' é p o q u e i m p é riale : Liv., praef. 12 ; Ον., A. Am. 1, 483 ; M. 15, 135, e t c . (non class.). P a r f o i s il p o r t e s e u l e m e n t s u r u n m o t ou g r o u p e de. m o t s : C i c , Ph. 3, 29 : spe forsitan reciperandac liberlatis ( l i v . 9, 11, 1 3 ) ; s u r u n e p r o p o s i t i o n infinitive : Liv. 10. 24, 13 : cl forsitan... se exstinclurum. — /orsan n ' e s t a u t r e q u ' u n e p h r a s e n o i n i n a l e fors an ; n o n e m p l o y é p a r Cicéron ; s u r t o u t poéf. : L u c r . 6, 729 ; Vg., En. t, 203 ; 4, 19 ; e t c . Dubito, a v e c une i n t e r r o g a t i o n i n d i r e c t e i n t r o d u i t e p a r u n i n t e r r o g a t i f ou p a r -ne (num, p o s l c l a s s . ) , signifie : « j e m e d e m a n d e q u i , s i . . . » : C i e , 7?. Ain. 78 : dubilate cliantnunc... a quo sit... occisus « d e m a n d e z - v o u s e n c o r e (c.-à-d. hésite/, à décider) p a r qui il a é l é t u é » ; Fi. 5, 85 : dubitabunt situe tantum in uirtule... « ils se d e m a n d e r o n t s'il y a assez d e force d a n s la v e r t u . . . » ; cf. l ' u n . , Ep. (>, 27, 1, a v e c num ; e t c . E M P L O I é L A R G I D E an
( I N T E R R O G . S I M P L E ) ; I N C I D E N C E S S U R num.
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E n d e h o r s d e s l o c u t i o n s dubito an, nescio an, e t c . , la p a r t i c u l e an e s t e x clue p a r la p r o s e c l a s s i q u e d e l ' i n t e r r o g a t i o n i n d i r e c t e s i m p l e . Mais, d è s P l a n t e , elle s'y t r o u v a i t : Poe. 557 : temptas an sciamus? « tu essayes d e v o i r si n o u s s a v o n s ? ». P l u s t a r d , à l ' é p o q u e i m p é r i a l e , chez T a c i t e e n p a r t i c u l i e r , elle se r é p a n d a v e c c e t t e f o n c t i o n : T a c , A. 2, 9 : quaesiloque an Caesar uenisset « a p r è s a v o i r d e m a n d é si César é t a i t v e n u »; 16, 2 : nec missis per quos noscerel an uera afferrentur « sans e n v o y e r d e s g e n s p o u r s ' a s s u r e r si ce q u ' o n a n n o n ç a i t é t a i t v r a i ». An fut ainsi a p p l i q u é s e c o n d a i r e m e n t a u x v e r b e s ' scio, nescio, dubilo, n o n p l u s a v e c la v a l e u r d e « si n e . . . p a s », m a i s a v e c celle d e « si », ce qui c h a n g e a i t c o m p l è t e m e n t le s e n s : H o r . , Od. 4, 7, 17-18 : quis seil an adiciant... crastina... \\ tcmpora di? n q u i s a i t si les d i e u x a j o u t e r o n t les i n s t a n t s d e d e m a i n ? » (— num adiciant) ; Ον., M. 6, 208 : an dea sint dtibitor « o n m e t en d o u t e m a d i v i n i t é »; Sén., Ep. 25, 2 : an profedurus sim nescio « j e n e sais p a s si je réussirai » ( = profeclurusne) ; P l i n e , Ep. 5, 3, 7 : quod Mi an fcccrinl nescio « j ' i g n o r e s'ils l ' o n t fait » ( = fecerintne).
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SUBORDINATION ET COORDINATION
Par contre-coup, num prit au besoin le sens de «si ne... pas» : T a c , A. 4, 57 : pcrmnueer num... uerius sit « je suis tenté de me demander s'il ne serait pas plus exact... »; cf. 11, 29. D'où cet exemple significatif : T a c , A. 3, 52 : apud se pensitato an coerceri... cupidines possent, num coercilio plus damni ferret « après s'êlrc demandé s'il était possible de réprimer ces passions, si la répression ne serait pas plus dommageable », où, par un renversement des riMcs, an équivaut au fr. n si », num au fr. « si ne... pas »; cf. aussi T a c , //. 2, 37 (après dubito). Du reste, an continua d'être employé dans sa fonction ancienne après les expressions de doute et: d'incertitude comme dubito, nescio, incertum : T a c , A. 3, 53 : nescio an suasurus fuerim « je ne sais pas si je n'aurais pas conseillé, peut-être aurais-je conseillé » ; cf. 13, 50. Il en résultait une grande complexité, et l'on comprend que la généralisation d'une particule unique, comme en français, ait répondu à un besoin de simplification ; cf. § B21. § 320. I n t e r r o g a t i o n d o u b l e . —- Dans le type classique et usuel, l'interrogation indirecte double a son premier membre introduit par ulrum ou -ne, le second (ou les suivants) p a r an au sens de « ou » : C i e , de Or. 3, i t 2 : perquiritur... uirtus suamne propter dignitatem an propter frudus aliquos expetatur « on d e m a n d e si la vertu est recherchée pour sa valeur propre ou pour quelques avantages » ; At. 16, 8, 2 : consttltabat ulrum Romain... proficisceretur an Capuam teneret... an iret ad 1res legiones Macedonicas « il voulait savoir s'il partirait pour Rome, s'il tiendrait Cajxnie ou s'il irait auprès des trois légions macédoniennes ». Comme pour l'interrogation directe, ulrum annonçait en réalité l'alternative, et il arrive q u ' a p r è s lui -ne soit encore exprimé au premier membre : C i e , N. D. 2, 87 : uideamus ulrum ea fortuitane sint an eo statu... ; cf. PL, Cap. 268. An est quelquefois renforcé en anne : PL, Ba. 57b ; (me itissit percontaricr) ulrum aurum reddat anne eat ; cf. C i c , Or. 206. Le type ulrum... -ne... an... est le plus ancien ; et c'est de lui que sont issus, par suppression d'un des éléments, d'une part ulrum... an... et d'autre part -ne... an... Il existait du reste d'autres formes d'interrogation double : an seul : Ces., B. G. y, 15, 3 : deliberatur de Auarico... incendi placeal an
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defendi « on délibère sur Avarictim pour savoir si on décide de brûler la ville ou de la défendre » ; cf. Cic, Or. 217. lour fréquent chez Tacite ; -ne seul : Liv. 5, 28, 5 : adeo ut in incerlo fuerit... niassent uicline essent «1 on ignorait s'ils étaient vainqueurs ou vaincus » ; cf. Cic, Ph. 2, 41 ; -ne... -ne : Ces., B. G. y, 14, 8 : neque intéresse ipsosne interficiant impedinienlisne exuant « il n'y avait pas de différence à les tuer ou à leur enlever leurs bagages » ; cf. Vg., fin. 1, 308-9 ; utrumne... an : Hor., S. 2, Ci, 75 (agitamus) ; également Sén., Quint., Curt., T a c , etc. ; ulrum... aul : non class., premier exemple dans Var., L. L. y, 32 : dubitatur... ulrum primum una canis aut canes sit appcllata « 011 ne sait au juste si l'on a d'abord dit. una canis ou una canes ». Construction de la langue populaire ; an... an (postclass.) : Vg., En. 10, 680 sqq. ; Gains 2, 144 ; an... uel (postclass.) : Lilian. (Dig.) 24, 2, 6 : in incerto est an uiuiis apud hosles teneatur uel morte pracuentus ; si... siue (an) : latin familier ou tardif; Vitr. 2, 8, 19 : si (lesta) sit optima seu uitiosa iudicare « juger si la tuile est bonne ou mauvaise » ; Grég. T., //. F. 9, 38 : ul cognoscamus si ucra sunt an falsa. 11 ou non » au deuxième membre se rend par neenc : PL, Cap. 283 : uiualne neenc, id Orcum scire oportet ; C i e , N. D. 3, 17 : di ulrum sint neenc sint quaeritur. Annan — quoique surtout employé dans l'interrogation directe — se rencontre parfois : Rhet. lier. 3, 2 : (délibérai) senatus, captiuos ab hostibus redimat annon ; ci. C i c , Balb. 22. Avec neene seul exprimé : Hor., 5 . 1, 4, 45-6 et 63. § 821. Si interrogatif. — Les particules proprement interrogatives ont toutes disparu en roman, où elles ont été remplacées par la conjonction si (fr. « si », it. « se »). Cet emploi est annoncé en latin même par la construction de si avec les vertus d'at tente ou d'effort, au sens éventuel de « au cas où » : Ces., B. G. 2, 9, 1 : hanc (paludem) si noslri transirent hosles exspectabanl « les ennemis attendaient au cas où (pour voir si) les nôtres traverseraient le marais ». La vajenr hypothétique s'affaiblissant, si devenait complétif : Cic, R. Am. 56 : canes alunlur in Capitalio ut significent si furcs uenerinl « des chiens sont nourris au ('.apitoie pour avertir si des voleurs s'introduisent »; l'élr. 33, 5 : lern planus Hamen, si adhuc (oita) sorbilia sunt « voyons cependant si les œufs se laissent encore avaler ». Indépendamment de ce cas, il y avait des exemples anciens de it inter-
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rogafif après uidc, uiso, etc. : PL, Tri. 748 : uide si hoc ulibile magis... députas « vois si tu ne trouves pas ceci meilleur » ; Ter., Eu. 545 : uisani si domist « je vais aller voir s'il est chez lui » ; même dans la prose classique : C i c , Ver. 3, 180 : uide, quaere, circumspicc, si quis forte est ex ea prouincia... qui te nolit périsse. II apparaît aussi après un verbe « demander » dans Cic, Top. 84 : (quaeritur) si expetendae (sint) diuitiac, si fugienda pauperlas ; ct ce tour est attesté chez Properce 2, 3, 5 : quaerebam... si posset piscis (uiuere), assez souvent chez Tite-Live : 29, 25, 8 : ab Us qitaesiuit si aquam... imposuisscnl « s'ils avaient placé l'eau (sur les navires) » ; cf. 40, 49, 6. Une influence du grec est en même temps possible, par ex. Liv. 39, 50, 7 : quaesisse si, en face de Polybe 24, 8 : ήρώτησεν εΐ Voir E. de Saint-Denis, R. fi. L., 1946, p. 82 sqq. En bas latin, si interro gatif se développe dans les textes de traduction : Itala, Sap. 2, 17 (Lact. Inst. 4, 16, 8) : uideamus ergo si sermones Mius ucri sunt (Vulg. sint), et aussi ailleurs, Grég. T. (Bonnet, p. 320sq.). De l'interrogation indirecte, il arrivait même à si de passer à l'interrogation directe : Itala, Jon. 4, 4 (cod. Wcing.) : si |εΐ) ualde conlrislalus es tu? Pour la concordance des temps dans l'interrogation indirecte, § 400.
Proposition infinitive § :122. On a vu (pic l'infinitif pouvait servir directement de complément à un verbe : exire. nolo « je veux sortir » (§ 272 c). Mais il s'est employé aussi avec un sujet à l'accusatif : dicebat se paralum esse mort « il disait [lui] être prêt à mourir ». A ce second t y p e de phrase est réservé communément le nom de proposition infinitive (accusatiuus cum infinitiuo), sans qu'il y ait d'ailleurs de différence à l'origine avec le premier : ce sont simplement deux aspects d'un même emploi de rinfinitif, ct certains verbes a d m e t t e n t l'une ct l ' a u t r e construction : uolo, cupio, studeo, etc. La proposition infinitive a élé tout d'abord un cas de double accusatif du type doceo pueras grammaticam. La phrase senlio eum uenire s'est analysée, d'une part, en senlio cum « je l'aperçois », et, d'autre part, en senlio uenire « j'aperçois venir ». Le nom à l'accusatif parut ensuite faire groupe avec, rinfinitif : sentio cum || uenire est alors devenu sentio || cum uenire. Kl les Latins d'époque historique, oubliant l'origine de cet accusatif, le considérèrent comme un véritalile « sujet ». Ι λ proposition infinitive est constituée dès les premiers textes. Son emploi très fréquent en fait une
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des caracléristicpies du latin, surtout littéraire. Il n'est pour ainsi dire pas de période cicéronicnnc qui n'en présente un ou plusieurs exemples. Cependant, la langue parlée s'en détournait. Elle préférait la complétive avec quod : gaudco quod, dico quod (§§ 804-5), qui, en maintenant le sujet au nominatif ct le verbe à un mode personnel, évitait toute ambiguïté.
Proposition infinitive dépendant d'un verbe déclaratif ou assimilé § 323. La proposition infinitive est courante après les verbes qui expriment une déclaration ou une opinion (uerba dicendi ou de.clarandi) ; dico, ne go, affirma, fateor, narro, scribo, trado, nuntio ; «( croire, penser » credo, exislima, opinor, puto, iudico, censeo, duco, etc. ; « savoir, montrer, apprendre » scio, nescio, ignora, cognosce, oslcndo, demonstro, significo, disco, doceo, ohliuiscor ;.« jurer, menacer, promettre, espérer » iuro, minor, polliceor, spero, exspedo (ce dernier toutefois, plus souvent avec dum) ; « accuser » argua, criminor, crimini do, insimulo (class.), accuso ( T a c ) , à côté de quod (§ 301) ; — ou bien qui expriment une perception ou un sentiment (uerba sentiendi) ; « voir, apercevoir, entendre » sentio, uideo, audio, animaduerto ; « souffrir, se réjouir, être inquiet, s'irriter, s'indigner, se plaindre » dolea, moleste fera, gaudeo, miror, angor, sollicilor, ira incendor, indignor, queror, me paeniiet, à côté de quod, quia ; etc. A ces divers groupes se r a t t a c h e n t des verbes impersonnels ou des locutions : apparet, liquet « il est clair que » ; constat « il est établi que » ; conuenit « il est convenu que » ; me failli, fugit, praelerit « il m ' é c h a p p e que » ; sequitur, efjicitur « il s'ensuit que », à côté de ut (§ 310) ; uerisimile (ucrum). est, credibile est, cerium est, pcrspicuum est ; fama est, spes est, auctor sum « je g a r a n t i s que » ; testis sum, certiorem facio aliquem « j'informe qqn (pic » ; etc. Bref, presque tous les verbes c o m p o r t a n t une affirmation positive ou négative sont susceptibles de se construire avec la proposition infinitive. Noter : adducor « je suis amené à croire que » (class.) ; uolo « je prétends que », Cic, Tu. i, 79; pono « je suppose, j'estime que », Ter., Ph. 630, Cie, de Or. 2, 85 ; accidit avec un adverbe : Cic, Caec. 8 : uidete quam
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inique accidat... turpem exislimalionem sequi « voyez combien il est injuste qu'il s'ensuive une mauvaise réputation » ; statuo « j'ai idée que » (§ BOO); etc. Ι λ proposition infinitive avait même gagné non dubito, construction du reste rare, au lieu de quin (§ 1114), — et aussi les verbes « craindre » : Liv. 10, 36, 3 : ni cedenti instalurum allerum timuissent « s'ils n'avaient craint «pic, l'un se retirant, l'autre ne l'assaillit ». Les poètes retendent à des verbes comme fleo (Prop. 1, 7, 17-18), tremisco (Vg., En. 12, 916) • je vois en tremblant que », etc. § 324. La proposition infinitive d é p e n d a n t d ' u n verbe déclaratif rappelle de très près p a r sa s t r u c t u r e une proposition à un mode personnel : a) Expression du « sujet ». — L'accusatif sujet tend à être exprimé, même s'il est identique à celui du verbe principal. Le latin n e dit p a s seulement scia eum dixisse « je sais qu'il a dit », mais aussi scio me dixisse « je sais que j ' a i dit ». L ' a t t r i b u t est alors à l'accusatif : scio me esse felicem. Cette tendance, toutefois, ne s'est qu'imparfaitement réalisée : PL, Cap. 194 : que ire dixeram n «ni j'avais dit que j'allais » ( = me ire) ; Ter., An. 13-14 : quae conuenere... || faletur translulisse atque usum pro suis « les parties «pii s'adaptaient, il avoue les avoir transportées et traitées comme siennes » (— jatelur se translulisse) ; Liv. 25, 8, 10 : node maxime commeare (eum) propter metum hostium credcbant « ils croyaient qu'îTcircuïait de nuit de préférence, par crainte des ennemis », en particulier avec l'infinitif futur : Liv. 21, 12, 4 : precibus aliquid (se se) moturum ratus « persuadé qu'il arriverait à quelque résultat par ses prières ». Même dans la prose classique, il n'est pas rare que l'accusatif sujet soit omis : Cic, R. Am. 61 : con fitere hue ca spe uenisse « «avoue que tu es venu ici dans cet espoir » (-• le uenisse) ; Dei. 21 : in cubiculo (uomerc) malle dixisti (—- te malle) ; de Or. 1, 101 : dum mihi liceat negate, (me) posse quod non potero. Voir J. Lebreloii, l'.tudes sur la langue... de Cicéron, p. 376 sqq. Kn paieil cas, l'attribut continuait à être à l'accusatif, comme si le sujet était exprimé : Ces., B. G. 7, 2, 1 : bellum facluros pollicenlur (-* se factures esse). Cependant, n'ayant plus l'appui de ce dernier, il lui arrive — hors de la prose classique — d'êlrc mis au nominatif, comme dans le type uolo esse studiosus (§ 278 b), par accord avec le sujet du verbe principal : Hor., Ep. 1, y, 22 : ail esse paralus « il dit qu'il est prêt » ; cf. Catul.
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4, 2. C e l t e c o n s t r u c t i o n d i t e d u nominatiuus cum infiniliuo s u b i s s a i t l'influence d e t o u r n u r e s g r e c q u e s c o r r e s p o n d a n t e s , ce q u i a b o u t i s s a i t à d e s i m i t a t i o n s t r è s artificielles : Vg., En. 2, 377 : sensit medios delà ρ sus in hosles « il s ' a p e r ç u t q u ' i l é t a i t t o m b é a u milieu d e s e n n e m i s », a u lieu d e se dclapsttm esse ( = βσΟετο έμπεσών) ; 12, 634 : nequiquam f aliis dea, c.-à-d. dissimulas te esse deam ( = λανθάνεις Οεος οδσα) « t u c a c h e s e n v a i n t a d i v i n i t é »; P r o p . 2, 9, 7 : uisura et quamuis numquam speraret Vlixen... « e t bien q u ' e l l e n ' e û t j a m a i s espéré r e v o i r U l y s s e . . . » ( = se ui suram esse). P a r f o i s , d ' a i l l e u r s , le p a r t i c i p e p o u v a i t ê t r e c o n s i d é r é en m ê m e t e m p s c o m m e a p p o s é a u s u j e t d u v e r b e : Vg., G. 2, 510 : gaudenl perfusi sanguine, m . à m . 0 ils se r é j o u i s s e n t é t a n t r e c o u v e r t s d e s a n g ». C e r t a i n s v e r b e s c o m m e audio, senlio, uideo a d m e t t e n t u n p a r t i c i p e p r é s e n t a u lieu d e l'infinitif (§ 293 b). C e t t e é q u i v a l e n c e m o n t r e q u e le « s u j e t » d e l'infinitif é t a i t bien à l'origine le c o m p l é m e n t d u v e r b e p e r s o n n e l : e n t r e le eum d e eum audiui dicentan e t celui d e cum audiui dicere, il n ' y a p a s d e différence. Note. —- Impersonnels du type me paenilet : l'accusatif qui les accompagne devenait en même temps sujet de la proposition infinitive, lorsqu'ils en constituaient une : Ter., Hau. 18-19 : factum... esse id non negal \\ neque se pigcre... autumat « il ne se défend pas de l'avoir fait e t il avoue ne pas en avoir «le regret ». S'ils commandaient eux-mêmes une proposition infinitive, il y avait alors deux sujets à l'accusatif, celui de l'impersonnel et celui de la proposition elle-même : C i c , Sest. 95 : neque hic tarnen ulla umquam iniuria adducelur ut eum tali uirtule... se in rem publicam fuisse paeniteat « il ne sera jamais amené à regretter d'avoir fait preuve de tels mérites... ». Remarquer, en outre : C i c , Ver. 1, 77 : neque me lui neque tuorum liberum... misereri polest « je ne peux avoir pitié ni de toi ni de tes ent a n t s », littéralement « il ne peut y avoir pitié de ma p a r t ni envers toi ni envers tes enfants » : polest est lui-même traité comme impersonnel. Ces constructions, ambiguës, sont rares.
§ 325. b) Emploi des temps. — L'action énoncée par la proposition infinitive pouvait se situer dans la durée à tout autre moment que celle du verbe déclaratif ; il était par suite nécessaire que l'infinitif exprimilt par lui-même lo temps. Aussi est-ce dans la proposition infinitive que les diverses formations temporelles de l'infinitif trouvent leur principal emploi : dico eum uenisse ou rem cohfcdam esse (parfait) ; dico eum uenturum esse ou rem confectum iri (futur simple) ; dico rem confeclam fore (futur du perfectum passif). Cette dernière locution in-
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cliquait que l'action serait acquise à un moment donné de l'avenir : spera prapediem omnia confecta fore « j'espère que tout sera rapidement achevé ». Il manque à celte série un imparfait ct un plus-que-parfait. Le premier est suppléé par l'infinitif présent, de lui-même formation atemporelle (§ 270), mais qui reçoit du contexte le sens passé : C i c , Of. 1, ro8 : Q. Maximum acceptants facile eclarc, lacère, dissimulât c... « nous avons appris que Fabius Maximus savait cacher (ses desseins), se taire, dissimuler », — le second par l'infinitif parfait : type nuntiauit Gallos in Italiam transisse « il annonça que les Gaulois avaient passé en Italie ». Verbes « se souvenir ». — Memini et ses synonymes se construisent de préférence avec l'infinitif présent en fonction d'imparfait pour souligner qu'on garde d'une chose \\n souvenir vivant ou qu'elle a occupé dans le liasse une certaine durée, parfois les deux en même temps : Ter., An. 428-9 : ego Main uidi uir gittern : forma bona || memini uideri « je me souviens qu'elle nie parut d'une grande beauté »; Cic, Leg. 1, 13 : a primo tempore actalis iur'i le situiere memini « dès ta jeunesse je me souviens «pie tu étudiais le droit » ; Rep. 1, 23 : menant, me admodum adiilescentule, cum pater in Macedonia consul esset, perturbait exercilum nostrum « ... que notre armée était dans le trouble » (perturbabatur). L'infinitif parfait, est: plutôt employé, si l'on considère le résultat de l'acte : Cic, R. Am. 122 : maninislis me ita initio dislribuisse causam « vous vous souvenez «pi'au début j'ai ainsi distribué mon plaidoyer », ou le fait en tant qu'événement : Cic, Cat. 3, 19 : memoria tendis Cotta et Torquato consulibus complures in Capilelio res de caelo esse percussas « que beaucoup d'objets furent frappés », — ou encore si le verbe de souvenir est lui-même au passé : Ces., B. G. 3, 6, 4 : alio se in hiberna consilio uenisse meminerat ; de mêine : B. C. 3, 47, 5 ; T a c . A. 14, 46. Enfin, il arrivait que les deux constructions fussent confondues, le parfait tendant à se substituer au présent comme temps par excellence de la narration passée, ainsi que cela se produit en français : « je me souviens d'avoir fait ». Verbes « proniel Ire, menacer, espérer, c i c ». — Auprès des verbes de ce groupe qui impliquent par eux-mêmes une idée d'avenir, l'emploi de l'infinitif futur n'était pas indispensable au sens. Aussi — dans la langue parlée surtout —• polliccor, promitto, minor, spero, etc., se trouvent-ils assez souvent avec un infinitif présent sans sujet qui leur sert de com-
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INFINITIVE
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p l e u r a n t d ' o b j e t : t y p e pelliceor dare « je p r o m e t s d e d o n n e r », c o m m e d a n s atpio facerc « j«; désire faire ». Ainsi : P L , Tri. 5 : si quidem operant dare promiltitis « si du m o i n s v o u s m e p r o m e t t e z d e m ' é c o u t e r » ; As. 699 ; si quidem hoc argentuin ferre speras n si d u m o i n s tu e s p è r e s o b t e n i r c e t a r g e n t » ; Mai. 843 : minatur mihi oculos exurere « il m e m e n a c e d e m e b r û ler les y e u x »; é g a l e m e n t : ,Cés., B. G. 4, 2 1 , 5 : legati ucniunt qui polliceantur absides darc « d e s e n v o y é s v i e n n e n t p o u r offrir d e d o n n e r d e s o t a g e s » ( P . P e r i o i l i a l , /11/. sub., p . 25 s q q . ) . N é a n m o i n s , les p r o s a t e u r s classiques — plus s p é c i a l e m e n t Cicéron — é t a i e n t p o r t é s à généraliser, m ê m e d a n s ce g r o u p e d e verbes, l'infinitif futur a v e c a c c u s a t i f d ' o b j e t : C i c , Ver. 4, 76 : se fundittts euersurum esse illam ciuitatem minabatur « il m e n a ç a i t d e r e n v e r s e r d e fond en c o m b l e c e t t e cité » ; Mi. 78 : spero multa uos... bona esse insures « j ' e s p è r e (pie v o u s verrez » ; Ac. 2, 2 : polliccnti cuidam se arlem... Iraditurum n à q q n q u i p r o m e t t a i t d e livrer (cet) a r t »; d e m ê m e , p o u r iure « s ' e n g a g e r p a r s e r m e n t à » : C i c , Of. 1, 39 : cum... iurasscl... se rediturum ; cf. 3, 112. Enfui, iure au sens d e « jurer » et spero au s e n s d e « croire », d u fait q u ' i l s n ' é t a i e n t p a s s p é c i a l e m e n t liés au futur, se r e n c o n t r a i e n t aussi bien a v e c l'infinitif p r é s e n t ou parfait : C i c , Vu. .\, 50 : iurare possum non Mum iracundia tum inflammalunt fuisse « je p u i s j u r e r «pi'il n ' é t a i t p a s a l o r s e n l l a m m é d e colère »; la. /., 2 : spero nostrum amiciliam non egere testibus « je crois «pie n o t r e a m i t i é n ' a p a s besoin d e t é m o i n s »; At. 1, I, 4 : spero me tibi causam probasse « je p e n s e l ' a v o i r fait a g r é e r m e s r a i s o n s ». Les formulions e x p r i m a n t le futur à ΓίιιΙΙηΚΙΓ é t a i e n t r é c e n t e s . A l ' a c tif, la p é r i p h r a s e en -turnm esse e s t d ' o r i g i n e o b s c u r e (A. E r n o u t , Morph., § 320). S o u v e n t le v e r b e esse n ' y e s t p a s e x p r i m é . E t il a r r i v e e n v. l a t i n (pic -turuni s o i t t r a i t é c o m m e i n v a r i a b l e : Valerius A n t i a s a p . Gell. 1, 7, 10 : dixerunt omnia ex scnte.ntia processurum esse. E t , é g a l e m e n t d ' a p r è s Gell., ibid., § 2, Cicéron a u r a i t e n c o r e écrit : Ver. 5, 167 : hanc sibi rein praesidio speranl futurum. Q u e h p i c s t r a c e s d ' u n e forme en -asserc e x i s t e n t aussi d a n s l ' a n c i e n n e l a n g u e , p a r e x . oppugnasserc, PL, Am. 210, à c ô t é d e reduclurum, v. 208 ; c ' é t a i t là u n e t e n t a t i v e (qui n ' a p a s a b o u t i ) p o u r créer un infinitif f u t u r actif s u r les formes p e r s o n n e l l e s du t y p e amasso /amassim. 1 ,'in fini! if futur passif en -tum iri csl u n e l o c u t i o n p é r i p h r a s l i q u c c o m p r e n a n t le s u p i n et. l i n linitif présent d u v e r b e eo à l ' i m p e r s o n n e l , cf. Λ . E r n o u t , Merfdi., § 322. Le l o u r credo mihi /actum iri caiitumeliam s'analyse p a r s u i l e eu «je crois q u ' o n va (iri) me faire un alfrotit. » : l'accusatif n ' é t n i l p a s le « s u j e t » d e l'infinitif, m a i s le c o m p l é m e n t d ' o b j e t du s u p i n . Aussi c e l t e l o c u t i o n est-elle i n v a r i a b l e : Ter., lie. 39-40 : rumor uenit || datum iri gladialorcs « le b r u i t c o u r t q u e l'on v a d o n n e r d e s j e u x d e g l a d i a t e u r s ».
32f)
SUBORDINATION ET COORDINATION
Cet infinitif futur passif est encore peu représenté en v. latin (4 ex. chez l'L). C'est chez Cicéron qu'il est le plus fréquent (54 ex.). Ensuite, il n'apparaît plus (pic rarement (Liv., 9 ex.) ; cf. Perrochat, op. cit., p. 70 sqq., et il a été suppléé en partie par l'adjectif verbal en -ndus : Tert., Praes. 11 : spero aliud esse inueniendum (^ inucntum iri) ; Ulp. (Dig.) 46, 3, 31 : si neuem a se fabricandam quis protniserit... Cf. § 207 d. De plus, pour rendre le futur à l'infinitif, le latin disposait de l'auxiliaire posse : Ces., B. G. 1, 3, 8 : totius Galliac se.se potiri posse speranl, sans (pic, du reste, la valeur propre de cette forme disparût jamais entièrement. Il y avait aussi la périphrase fore ou futurum esse ut -{- subj. qui suppléait l'infinitif futur pour les verbes dépourvus de supin : Cic, Ph. 12, 7 : an non putainus fore ut eos paeniteat...? « ne pensons-nous pas qu'ils se repentiront...? ». Mais elle se trouve aussi sans cette raison : Ces., B. G. y, 32, 5 : fore uti pars cum parte ciuilatis confîigal « il arriverait (styl, ind.) qu'une partie de la cité en viendrait droit aux mains avec l'autre ». § 320. c) Expression du potentiel et de l'irréel. — Le potentiel n ' a pas à l'infinitif d'expression distincte du futur : c'est la locution en -turum esse (faclurum esse) qui sert pour les deux. Pour l'irréel, a u contraire, a été créée la périphrase en -turum fuisse (faclurum fuisse), qui sert à la fois pour l'irréel du présent : C i c , Fa. 4, 9, 2 : nunc omnia tenentem nostras sententias desiderahtrum censes fuisse? « penses-tu que maintenant, s'il avait le pouvoir suprême, il aurait besoin de nos conseils? », — et pour celui du passé : C i c , Ph. 3, 5 : iudico, nisi unus adolcscens illius furenlis impetus... cohibitissel, rem publicam funditus inlcriluram fuisse « j ' e s t i m e que, si un jeune homme à lui seul n ' a v a i t contenu les emportements de ce fou, la république aurait entièrement péri ». La périphrase -turum fuisse était encore ignorée de. la vieille langue, qui, en pareil ras, usait de la parataxe : PL, Ci. 625 : nain ni inlellexes, numquam, credo, amilteres « si lu n'avais pas compris, tu ne m'aurais, je crois, jamais laissé partir » (P. Perrochat, Inf. sub., p. 75 sqq.). Elle s'est développée chez Cicéron et a connu une certaine survie dans la langui; littéraire. Les verbes du type debeo, possum, oportet, etc., n'avaient pas d'expression spéciale pour le conditionnel à l'infinitif. Plusieurs d'entre eux étaient dépourvus de supin ; en outre, le sens n'appelait pas de forme particulière, lorsqu'ils indiquaient le pouvoir ou le devoir effectifs : Cic, Of. 1,
PROPOSITION INFINITIVE
327
4 : Plalonem existimo, si genus forense dicendi tradare uoluisset, grantssime el copiosissimc poluisse dicere « j'estime que Platon, s'il avait voulu..., aurait pu parler... », proprement « il avait le pouvoir de parler ». E n ρ π posit i m indépendante, on aurait, en effet, l'indicatif potuit; et, du reste, même la périphrase du type habituel peritttrum fuisse correspond à un perilurus fuit dans une principale : « il était sur le point de périr ». § 327. C o n s t r u c t i o n p e r s o n n e l l e ou i m p e r s o n n e l l e d u v e r b e d é c l a r a t i f . — Lorsque le sujet du verbe déclaratif restait indéterminé, la construction ancienne consistait à employer le passif impersonnel, tout en le faisant suivre de la projwsition infinitive : dicitur Gallos in Italiam transisse « il est dit (on dit) que les Gaulois ont passé en Italie » ; c'est là d'ailleurs une trace r e m a r q u a b l e de la faculté q u ' a v a n t l'époque historique le passif impersonnel eut de recevoir un complément à l'accusatif. Puis, par un effet de la tendance ultérieure à réduire l'impersonnel, le verbe déclaratif, passant à l'emploi personnel, reçut pour sujet au nominatif l'accusatif sujet de la proposition infinitive, tandis que l'infinitif subsistait sans changement : Galli dicuntur in Italiam transisse « les Gaulois sont dits avoir passé en Italie ». O :'.(' seconde construction, d'ailleurs attestée dès les premiers textes, est la plus fréquente chez Cicéron ct César ; car ces auteurs, conformément aux règles de l'analogie, retournaient exactement les termes des propositions, lorsqu'ils substituaient le passif à l'actif : PL, Pe. 202 : nullus esse... peior perhibelur « personne ne passe pour avoir plus de malignité » ; Lucr. 4, 388 : nauis praeter creditur ire « on croit que le navire se déplace »; Cic, Caec. 44 : haec ubi conceduntur esse fada... « là où il est concédé que des faits de cette nature ont eu lieu... »; C. M. 63 : consurrexisse omîtes Mi dicuntur « on dit que tous se levèrent » ; de même, arguor, ostendor, reperitur (Cic, Rep. 2, 28). A l'époque impériale, cette tournure personnelle fut appliquée à plusieurs verbes qui ne s'employaient pas auparavant avec elle : < >v., Am. 2, 0, Cn : colli gor... dominae placuisse «on en déduit que j'ai plu à ma maîtresse », m. à m. «je suis déduit avoir plu » ; Pline, Nat., 29, 127 : biibonis oculorum cinis... clarUatem oculis facere promittitur « on assure que la cendre d'yeux de hibou rend la vue plus claire » ; également, speror ( L a c , II. 2, 74), scier (Arnobe, Nat. 1, 34), reprehendor (Donat, Ter., Eu. 479) ; etc. Un archaïsant comme Apulée évite, au contraire, ces tournures.
328
SUBORDINATION ET COORDINATION
L a c o n s t r u c t i o n Impersonnelle n ' a laissé q u e d e s t r a c e s à l'Infectum : Ces., B. G. 6, 4, ι : adesse Romanos nuntiatur « il e s t a n n o n c é (on a n n o n c e ) q u e les R o m a i n s a r r i v e n t »; N e p . 4, 5, 3 : dicitur eo tempore matran Pausaniac uixissc « il e s t d i t (on dit) «pie la m è r e d e P a u s a n i a s v i v a i t e n c o r e » ; creditur « on c r o i t «pi«; » (Liv. 40, 29, 8) ; ex quo inlcllcgitur ; adfalur «ion a p p o r l c la n o u v e l l e (pie » (Liv. 4, 55, 1) ; eam grnlem traditur... Alpes transisse (Liv. 5, 33, 2). Chez Cicéron, dicitur « o n d i t » n ' a p p a r a î t q u ' a c c o m p a g n é d ' u n e d é t e r m i n a t i o n ou d a n s u n e c o n s t r u c t i o n s o u l i g n a n t le c a r a c t è r e i m p e r s o n n e l d«; l'emploi : C i c , Fi. 3, 60 : non sine causa dicitur « o n d i t n o n s a n s raison »; Ver. 4, 38 : de hoc Verri dicitur habere cum toreuinala « au s u j e t d e c e t h o m m e , il est d i t à V e r r e s q u ' i l a v a i t d e s v a s e s ciselés » ( p h r a s e i m i t é e d e la l a n g u e p a r l é e ) . S a l l u s t e , T i t e - L i v e , T a c i t e , e t c . , u s e n t p l u s l i b r e m e n t d e ces f o r m u l e s . Λ11 perfecluni, l ' a n a l o g i e d e s l o c u t i o n s n e u t r e s aperlum est, manifestum est, ucrum est, etc., |- p r o p . inf. a p p u y a i t la c o n s t r u c t i o n i m p e r s o n n e l l e q u i s ' e s t m i e u x c o n s e r v é e : l'ér., An. 79G : in hac habitasse platea dictumst Chrysidcm « on m ' a dit q u e Chrysis h a b i t a i t d a n s c e t t e rue », en face d e PL, As. (Xi .· : indes... || Drmaeuetns ubi dit iliii habitarr « la maison où D é m é n è l e est dit liabilei » ; d e m ê m e : Ces., B. C. 1, 1 , 5 : una pars quam Gallos nblinerr dictum est; C i c , Br. . ; o | : ut Isocralem... dixisse traditum est. L o r s q u e l'itilmitil devait, e l l e lui m ê m e au /ui/ecluiu passif, le t o u r imp e r s o n n e l s'imposait p o u r la c l a r t é : Liv. 8, ?..\, 2 : codent anno Alexandrcam in Aegvple prodituin (est) condilam (esse) « on r a p p o r t e q u ' A l e x a n d r i e fut fondée la m ê m e a n n é e ». et non p a s Alexandren prodita (est) concilia. 11 )' a v a i t é g a l e m e n t q u e l q u e s e x e m p l e s ta l'adjectif en -ndus : Ces., B. G. 5, 28, 1 : ciuilatcni... lUnirenum... bellum facere ausam uix crut credendum n il n ' é t a i t guère c r o y a b l e q u e . . . » ; Vg., En. (j, 719-20 : anne aliquas ad caelum hinc ire putattduni est \\ ... animas? 11 faut-il croire q u e q u e l q u e s â m e s v o n t d'ici à la l u m i è r e ? ».
Proposition infinitive dépendant d'un verbe de volonté § 32K. La p r o p o s i t i o n i n f i n i t i v e se r e n c o n t r e c o m m e c o m p l é m e n t d e p l u s i e u r s v e r b e s d e v o l o n t é , a u p r è s d e s q u e l s elle a l t e r n e s o u v e n t a v e c l ' i n f i n i t i f c o m p l é m e n t (uolo facerc) o u a v e c ul (pcrmitla ul nattas). Us s o n t m o i n s n o m b r e u x q u e les v e r b e s d é c l a r a t i f s : uolo, nolo, malo, cupio, opta ( r a r e , d ' o r d i n a i r e ul), shiden, postule ', deed, placet, oportet, necesse est; mas est, tempus est; cxpcdil, conuenil, praestat, interest.
PROPOSITION INFINITIVE
329
refert ; iubeo ; impero (plus souvent avec ut) ; constituo, decerno, staluo, à côté de ut (§ 308) ; cogo et permitlo (ut également usuel) ; palior, sino ; ucto ; prohibeo (à côté de ut) ; impedio (rare) ; etc. Exemples : Cic, Tu. 2, 36 : corpora iuuenum firmari laborc uolucrunt « ils ont voulu que les corps des jeunes gens fussent endurcis par l'effort » ; Ces., B. G. 2, 20, 3 : ab opère... legatos discedcre uetucrat « il avait défendu aux légats de s'éloigner des travaux ». A v e c censeo, m ê m e s a n s a d j . en -ndus (§ Î109) : C i c , Ph. 8, 21 : cum ante legatos decerni non censuissan... « bien q u e j e n ' e u s s e p a s é t é d ' a v i s d e d é c i d e r l ' e n v o i d ' u n e d e p u t a t i o n . . . ». Facio -\- p r o p . inf. a u s e n s d e « faire q u e » ( = facio ul) a p p a r t i e n t à la l a n g u e familière : Var., R. R. 3, 5, 3 : desiderium arborum facit marcescc.re uolucres inclusas « fait s ' a l a n g u i r »; V i t r . 2, 6, 4 : efficit ea cotre ; s o u v e n t en poésie d e p u i s L u c r . 3, 100-1 ; u n e fois chez Cicéron : Br. 142 (par souci d e s y m é t r i e ) . Ce t o u r a s u b s i s t é d a n s son c o r r e s p o n d a n t français : « faire venir q q n ». A basse é p o q u e , la p r o p o s i t i o n infinit ivi· (lépeinlanl île v e i b e s il·· v o l o n t é n'a pas subi wnv. c o n c u r r e n c e a n a l o g u e à celle q u ' e x e r ç a p o u r la c a t é g e le p r é c é d e n t e le t o u r dico quod; elle g a g n e m ê m e c e r t a i n s verbes, p a r ex. Grég. T., H. F. 5, 3 : rogat sibi... raidi sues /notules « il d e m a n d e q u ' o n lui r e n d e ses s e r v i t e u r s ». § 3 2 9 . Ce t y p e d e p r o p o s i t i o n i n f i n i t i v e é t a i t la s t r u c t u r e d ' u n e p r o p o s i t i o n p e r s o n n e l l e .
e s t é plus éloigné de
L'infinitif, en effet, n'y exprime pas le temps par lui-même : l'action qu'il désigne, nécessairement postérieure à celle du verbe principal, est située par celui-ci dans le temps. Aussi, c< mine pour l'infinitif complément (uolo facerc), la forme usuelle est-elle rinfinitif proprement dit ou infinitif présent qui indiquait seuler icnt l'idée verbale : uolo le facere. L'infinitif parfait n'apparaît qu( rarement et souligne le résultat cherché : MOS monilos esse uolo · je veux que vous soyez avertis » ; voir § 293 a. D'autre part, le « sujel » n'a lieu d'être exprimé que s'il est différent de celui du verbe principal : uolo eum uenire, rem fieri iussit. Si c'est le même, l'infinitif complément employé seul suf.it : nolo facere « je veux faire » (§ 272 c). Néanmoins, la tendance à mer de la proposition infinitive était si forte que même alors le latin rep-end parfois le sujet en le mettant à l'accusatif : type uolo me facere : .'îal.,'C. ι, ι : omnis
33»
SUIîORDINATION ET COORDINATION
homines qui sesc student praeslare ; et même, C. 7, 6 : se quisque hostem ferirc... firopcrabal. Selon que la construction adoptée était l'infinitif seul ou la proposition infinitive, l'attribut se incitait au nominatif ou à l'accusatif : C i e , AI. 4, 15, 2 : si uis homo esse, en face de C i c , C. M. 73 : uult, credo, se esse cttrum ; C i e , Ver. 4, 115 ; dissolttti si cupiamus esse, en face de C i c , Cat. 1 , 4 ; cupio... me non dissolulum uideri. § 330. E x p r e s s i o n d e l ' i n d é f i n i . — La question se pose plus spécialement avec les verbes « ordonner, permettre, contraindre, empêcher, etc. » (iubeo, sino, cogo, prohibeo, etc.) : 1) Type : « on ordonne, on permet, on empêche que ». C'est le sujet du verbe de volonté qui est indéfini. Λ la différence de ce qui s'observe pour les verbes déclaratifs, seule existe au passif la construction personnelle : ittbcar, cogor, sinar, prohibcor, uelor ran aliquant facere, m. à m. « j ' a i ordre, je suis contraint, autorisé, empêché de faire une chose » ; C i c , Scsi. 95 : accusare eum, a quo ipse... accusatur, non situs est « on ne l'a pas laissé accuser celui p a r qui il est lui-même accusé » ; Liv. 3, 30, 3 : (causales) iubentur subitarium scribere exercilum « ordre est donné aux consuls d e . . . » ; C i e , Ph. 2, 7g : iussus es renuntiari consul « ordre a élé donné (pie tu fusses proclamé consul » (avec double passil). 2) Type « j'ordonne, je permets, je défends qu'on fasse une chose ». C'est le sujet de la proposition infinitive dépendant du verbe de volonté qui est indéfini. L'infinitif est au passif avec le nom de la chose à l'accusatif comme sujet : Ces., B. G. 1, 7, 2 : pontem... rescindi iubcl « il donne ordre de couper le pont »; C i e , Cal. 1, 27 : nonne hune in uincula duci... imperabis? « ne le feras-tu pas m e t t r e aux fers? ». Mais l'infinitif actif employé sans sujet m a r q u e aussi l'indétermination : C i e , Cat. 3, 20 : (haruspices) iusserunt simulacrum louis facerc mains « dirent de faire une s t a t u e de J u p i t e r plus grande »; Leg. 1, 19 : (lex) rede facere iubet, tidal delinqticre « la loi ordonne de bien agir, défend de mal faire ». Anciennement, c'est à l'impersonnel que revenait cette fonction : Caton, Agr. 6, 1 : agrum quibus
PROPOSITION INFINITIVE
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locis cotiseras, sic obscruari oportet « pour la destination des pièces de terre à. ensemencer, il faut observer ceci » ; ct, du reste, ce tour subsiste : B. Afr. 40 ; cum receptiii cani iussisset, en face de Liv. 2g, 7, 6 : receptiii cancre cum iussisset. Résumé : i) iubeor facere; iubcor fieri consul. — 2) iubeo rem fieri. — 3) iubeo receptui cancre, parfois cani. Notes. — Constructions do uideor « je parais » (médio-passif) : a) Personnelle. Avec nom. a t t r i b u t : domus pulchrior (esse) mihi uisa est " la maison m'a paru plus belle ». Avec infinitif seul : mihi uisus est dicere « il m'a paru dire ». Si le sujet de uideor représente la même personne que le complément au datif, on aboutit aux tours : (mt'At) uideor loqui « il me semble que je parle », (/if>t) uideris loqui « il te semble que tu parles », « je crois, tu crois parler », le datif n'étant pas toujours exprimé : C i c , Cal. 1 , 2 : satisfaccre rei publicae uidemur « nous croyons faire assez envers l ' É t a t » ; Ces., B. G. 2, 1 1 , 5 : quod abesse a periculo uidereniur « parce qu'ils pensaient être hors de «langer ·. En incise, ut uidemur « à ce qu'il nous semble ». b) Impersonnelle. Alicui uidetur « il parait bon à qqn de » avec infinitif compl. : C i c , C. M. 1, 1 : uisum est mihi de senectute aliquid... ronscribere « il m'a paru bon d'écrire qqe chose sur la vieillesse » ; avec prop, infinitive : C i c , Tu. 5, 12 : non mihi uidetur ad béate uiuendum satis posse uirlutem « il ne me semble pas que la vertu suffise pour donner le bonheur » Kn incise, ut mihi uidetur « à ce qu'il me semble ». Développement ultérieur de l'infinitif subordonné. — En bas latin, l'infinitif gagna des tours très éloignés de son domaine propre. Il s'introduit, par exemple, dans 1rs complétives avec quod (quia), par confusion avec la proposition infinitive : Cypr. ep. 53 (Maximus) : congaudere quod nos... pacem /ecisse « de ce que nous avons fait la paix ». On le rencontre aussi dans les relatives, surtout du type non habeo quod dem : Itala, Luc 14, 14 (cod. Verc.) : non habent unde reddere tibi « ils n ' o n t pas de quoi te rendre » [— "ύχ έ/ο-.σιν ovroutoSouvi·.], et dans l'interro gation indirecte : Von. Fort., Carm. 10, 1, 1 : nesciendo quae petere « ne sachant que demander ». Outre l'influence du grec, l'équivalence qui s'établissait entre nescio quid faciam et nescio facere contribuait à répandre ces emplois. Ils ont, du roste, survécu : fr. « je n'ai que faire », • je ne sais (pie faire ». J. H. Ilofmauii, p. 721.
CHAPITRE
LA PROPOSITION
III
RELATIVE
§ 331. L'emploi d'un relatif pour r a t t a c h e r une proposition dépend a n t e à un substantif ou à un pronom de la principale est un t y p e de subordination simple et ancien. Le relatif latin est tiré d'un thème *k"o-, partiellement confondu avec l'intcrrogatif-indéfini *k"'i-, cf. Ernout, Morph., § 117. Introduite p a r un terme de forme pleine ct bien marquée, appelée à suppléer à la pauvreté du latin en participes, la proposition relative est très répandue d a n s tous les domaines, en particulier d a n s ce vieux fonds de la langue que constituent les textes juridiques. Pour souligner la relation, la langue parlée accompagnait parfois le relatif d'une forme démonstrative :. PL, Tri. 1023 : quorum eorum unus surrupuil... « dont chacun d'eux a volé... ». Plus souvent, l'antécédent était repris de façon à éviter toute équivoque : Ter., Hau. 20-1 : habet bonorum exemplum, quo exempta sibi || licere... putat; Liv. 23, 37, 10 : qui bus diebus Cutnae liberatae sunt obsidione, isdem dichus... Ti. Scmpronius... prospère pu gnat; Ces., B. G. r. 6, 4 : diem dicunt, qua die... omnes conueniant. Ce tour est fréquent d a n s la langue du droit dont il satisfait le besoin de clarté ct de précision, ainsi (pic d a n s la langue administrative, e l e Le lai in n ' a y a n t pas conservé pour le relatif L u i d e n corrélatif de forme *ta- qui subsiste dans tant, tanins, tum en face de quom, quam, quantus, c'est le pronom anaphorique is ou un démonstratif qui en font office Souvent, du reste, ceux-ci ne sont p a s exprimés, lorsqu'ils seraient au même cas que le relatif : PL, Mi. 368-9 : carebis, credo,
LA PROPOSITION RELATIVE
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(oculis) Ü qui plus uidenl quam quod (— id quod) uident; Cic, Of. ι, 118 : imitamur quos cuiquc uisum cil, en face de Cat. ι, 9 ; quos ferro trucidari oportebat, eos nondum noce uulnero. Même lorsque le corrélatif devrait être à un cas différent du relatif, il est parfois omis : Cie, Tu. 5, 20 : Xerxes... praemium proposait qui (— ei qui) inuenisset nouam uoluptatem. On dit de même en français : « à qui aurait trouvé » ; l'absence de corrélatif souligne l'indétermination. § 332. Malgré les progrès de la dépendance grammaticale, la proposition relative jouit d'une certaine autonomie. Elle sert de parenthèse à la phrase : Cic, R. Am. 10 : sin a nobis, id quod non spero, deserar... Parfois, à la faveur d'une anacoluthe, elle prend la valeur d'une proposition conditionnelle (qui — si quis) : PL, As. 323 : ista uirtus est... qui malum fert forlilcr « le courage, c'est supporter vaillamment le malheur », cf. Enn., Se. 302 V 2 ; Var., L. L. 7, 93 : quibus res erat in controuersia, ea uoeabatur lis, m. à m. « ceux qui avaient une affaire en contestation, cela était appelé procès ». Ou bien, restant en suspens, elle apportait une détermination causale : Cic, Fa. 7, 2, 1 : quod si mihi permisisses, qui meus in le amor est, confecissem « si tu m'avais confié l'affaire, avec l'affection que j'ai pour toi, je l'aurais menée à bien » (ibid. n , 13, 1), souvent chez Cicéron, mais déjà aussi PL, Mi. 83. De même, avec quantus : Cic, de Or. 1, 95 : quanta... ingénia in nostris hominibus esse uideo, (non) despero fore aliquem aliquando qui... exsistat talis orator qualem quaerimus « à voir les dons de nos concitoyens, je ne désespère pas... »; SaL, / . 31, 22. Ailleurs, le relatif est rattaché pour le cas, non pas à là relative ellemême, mais à une proposition secondaire incluse dans celle-ci et qui le suit immédiatement : Cic, Fi. 2, 64 : aberal (ei) omnis dolor, qui si adesset, non molliler ferret « il était entièrement exempt de la douleur, que, du reste, si elle était survenue, il eût supportée sans faiblesse » ( = quern... ferret); Fa. 6, 6, 5 : ea... quibus ille (Pompeius) si paruisset,... hic (Caesar)... tantas opes... non haberet « des conseils tels que, si Pompée les avait suivis, César n'aurait pas tant de puissance ». Deux propositions relatives sont ainsi enchâssées l'une
.1.11
SUBORDINATION
ET
COORDINATION
dans l'a Hire, et lents relatifs se suivent à des cas différents : C i e , Cal. 3, 27 : magna uis (est) canscicnhac, quam qui ncglcgcnl,... se ipsi indicabunl « grande est la force de la conscience ; ct ceux qui la négligeront se trahiront d'eux-mêmes ». (Jiiand deux propositions relatives se succèdent, le relatif est répété avec, ou sans particule copulative : C i e , Of. 2, 40 : leges latronum esse dicunlur, quibus parrant, quas absentent « on dit que les brigands ont des lois auxquelles ils obéissent, qu'ils respectent » ; Fi. 4, 40 : omnia quae (uirtus) leget quaeque reicict « tout ce que la vertu choisira et ce qu'elle rejettera » (surtout q u a n d il s'agit d'objets différents). Mais il y avait une construction de caractère plus lâche d a n s laquelle le relatif, au lieu d'être répété, était continué par le pronom is avec une particule de liaison : C i c , Br. 258 : amncs... qui nec extra urbem hanc uixerant neque cas aliqua barbaries domestica infuscauerat... « ceux qui n'avaient pas vécu en dehors de celle ville ou q u ' u n e influence barbare n'avait pas corrompus... ». E t même, is n'était pas toujours exprimé : C i c , Ver. 4, q : mancipium qua et amncs uti mur d non pracbetur a populo « l'esclave dont nous usons tous ct qui (-= et id) n'est pas fourni par l'Ktat ». Pour l'ait taction du relatif cl le relatif de liaison, voir § 161 et §423. Formes archaïques : qui, abl. sg. adverbial : Ter., An. 511-2 : multa... qui caniccluram hanc nunc facia « beaucoup de choses grâce à quoi (auxquelles) je le suppose » ; quis (quels), dat.-abl. plur. du thème en -0-, encore assez fréquent : Cic, de Or. 1, 85 : homines Alhenienses... in quis erat Mcncdanus (— in quibus) ; Vg., En. 1, 94 sqq. : o terque quaterque beati || quis (— quibus) ... || contigit oppetere « qui ont eu le bonheur de tomber... ». — Relatif adverbial unde, équivalent de a quo, ex quo, etc. : Cic, de Or. 1, 67 : Me ipse unde rem cognoril « celui-là même dont il tient la chose » ( = a que) ; Ac. 2, 100 : aquam nigram esse unde illa (nix) concreta esset (- - ex qua).
Emploi des modes § 333. La proposition relative se t r o u v a n t d a n s une dépendance très faible jiar r a p p o r t à la principale, le mode y était à l'origine presque aussi libre «pie d a n s une phrase indépendante. Aussi y trouve-
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t-on des tours à l'impératif ou au subjonctif jussif qui ne seraient plus possibles aujourd'hui en français : Cie, Leg. Agr. 2, 95 : quid enim niderunt? hoc quad nunc, quaeso, pcrspicile atque cagnoscite « qu'ont-ils vu? ceci, que je vous prie de remarquer et de considérer », m. à m. « cette chose que, je vous prie, remarquez. » ; C. Ε. τ ιοί, 1 : hic tumulus Frucli sacer est, quem laedere noli = « lequel veuille ne pas violer » ; Cie, Br. 297 : rem... commauisti noua disputationc dignam, quam in aliud tempus differamus « ... une question qui mérite une nouvelle discussion et que nous remettrons à un autre moment », littéralement « laquelle remettons ». § 334. L'indicatif a sa fonction de mode de la réalité : Ces., B. G. 1, 1, 3 : Germant qui Irans Rhcnum incolunt. En particulier, il est la construction habituelle des propositions introduites par un relatif indéterminé : quicumque, quisquis, quotquot, (quoi-) ubi cumque, utcumqiic, etc., alors que dans ce type le grec use du subjonctif ou de l'optatif : PL, Ru. 1146 : tibi hcrcle deos iralos esse oportet, quisquis es « tu dois avoir les dieux irrités contre toi, qui que tu sois » ; Cic, Q. fr. 1,2,4 : quascumque de le queri audiui, quacumque polui ralione, placaui « tous ceux (pic j'ai entendus se plaindre de toi, je les ai calmés par tous les moyens que j'ai pu » ; Fa. 2, 5, 1 : ubiciimque es..., in eadem naui es « où (pie tu sois, tu es sur le même navire (que nous) ». En pareil cas, la réalité du fait n'est pas en cause ; l'indétermination concerne seulement la nature du sujet ou de l'objet ; et le latin se contente de marquer celle-ci dans la forme du relatif par le redoublement ou par la particule généralisante -que. Le subjonctif apparaissait au style indirect, également à la 2 e personne indéfinie : Cic, Of. 3, 57 : neque. enim id est celare, quicquid reticeas «( ce n'est pas toujours le celer que de taire quelque chose ». Toutefois, même hors de là, il lendaità s'introduire, appelé par l'idée d'éventualité qui se glisse facilement dans ces tournures (§ 392, b) ; et, à l'époque impériale, il y devient, fréquent sous la forme du subjonctif de répétition (§§ 389, 390). § 336. La proposition relative exprime souvent un rapport lo-
33ο
St'IlORDINATlON ET COORDINATION
ginne : lin, condition, cause, concession, coiiséfpience. «pie le subjonctif eoiili ibuait à m a r q u e r ; mais celui-ci n'a pas parbuil le même caraclère. Dans les relatives finales, il était appelé par sa valeur propre de subjonctif de volition, et, par suite, l'indicatif n'y alterne jamais avec, lui : Caton, Agr. 53 : jenum... c.andita... quad cdinl boucs « mettez en réserve du foin pour le donner a u x bœufs »; C i c , Pomp. 63 : ilium ex omnibus delegistis quem bello praedonum praeponcrelis « vous l'ave/, choisi entre tous pour lui faire diriger la guerre des pirates »; Liv. 21, 54, 3 : Ma go locum monstrabit quem insideatis « Magon vous m o n t r e r a le lieu à occuper ». Les relatives eonditioimclles présentent la répartition des temps et des inodes particulière aux propositions de cette nature (cf. S 370 sqq.). On y trouve ainsi le subjonctif présent pour le potentiel : C i e , N. D. 2, 12 : hacc... qui aidait, nonne cegatur confilcri deas esse? (— si quis itidcal) « celui qui v e n a i t ces choses, pourrail-il ne pas être contraint de reconnaîlre qu'il y a des dieux? » ; le subjonctif imparfait pour l'inéel du présent : Ter., Eu. 487-8 : nemo passet..., || qui haberet qui (abl.) pararel alium (senium), hune perpeli « il n'est personne, a y a n t les moyens de se procurer un autre (esclave), qui pourrait supporter celui-ci » (~ si quis haberet), - - ou pour le potentiel du passé : C i e , Ver. 4, 52 : qui uideret..., urban captant diccrcl « qui eût vu, eût dit une ville prise » (— si quis uideret...) ; etc. § 33(i. Dans les relatives causales, concessives, consécutives, le subjonctif s'est employé pour souligner l'intervention d'un sujet qui établi! une relation logique, au lieu de simplement constater. 11 s'est s u r t o u t répandu à partir de l'époque classique. a) Itelufivcs causales : PL, Mi. 58-1) .amant te amncs midieres, neque iniuria, || qui sis Iam pu/cher « tu es aimé de toutes les femmes, cl non à tort, toi qui es si beau » ; C i e , Fa. 7, 30, 1 ; fuit enim mirifica uigilanlia, qui sua tola consulalu samnum non uiderit « lui qui n ' a pas vu le sommeil de lotit son consulat ». Le sens causal était précisé par des particules ou des adverbes adjoints au relatif : quippe qui « bien
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sûr lty qui » ; ut qui « comme (il est naturel de la part d')un homme qui » ; ulpole qui « comme il est possible pour qqn qui » : PL, Pe. 699 : quippe qui frater sid « bien sûr puisqu'il est mon frère » ; Cie, Ph. n , 30 : ut qui oplimo iure cam prouinciam obtinucrit ; utpotc qui est plus rare : PL, 7?«. 462 ; Cic, Ph. 5, 30 ; SaL, C. 57, 4. Quippe était proprement un interrogatif (quid + pe, § 181) ; et le relatif qui le suivait introduisait la réponse à la question; quippe, comme quia, est passé ensuite du sens interrogatif au sens causal. En ulpole, on reconnaît une phrase nominale : ut pote (est). Dans les relatives causales, l'indicatif était encore fréquent en v. latin : PL, Mi. 1376 : slulte feci qui hune amisi « j'ai fait une sottise de le lâcher » ; ou encore : PL, Pe. 75 : sunine ego stultus qui rem euro publicam? « ne suis-je pas fou de m'occuper des affaires publiques? », en face de Tri. 1057 : sed ego sum insipientior qui rebus eurem publias « mais je suis bien sot de m'occuper des affaires publiques », où une certaine nuance modale est encore sensible, « moi qui veux m'occuper ». Comme survivance de la vieille langue, l'indicatif se retrouve même après quippe qui chez Salluste, chez Tite-Live (3, 6, 6 ; 3, 53, 7 ; 5, 37, 7, etc.). Il n'est pas non plus inconnu de la prose classique : Cic, C. M. 46 : habeo seneduti magnam graliam, quae mihi sermonis auiditatem auxil, petionis cl cibi sustulit « j'ai une grande reconnaissance pour la vieillesse qui a accru mon gofit pour la conversation ct m'a enlevé celui de boire et: de manger ». Cf. aussi, d'après les mss. : Cic, N. D. 1, 28 : quippe qui bellum reuoeat et At. 2, 24, 4 : utpote qui solemus ; mais, dans ces deux passages, le rétablissement du subjonctif serait à peine une correction, qui, du reste, a été faite.
§ 337. b) Relatives concessives ou adversatives : Cie, de Or. 1, 82 : egomet qui sero ac leuiter Graecas litteras attigissem, tarnen... complures... ibi (Athenis) dies sum commoratus « moi qui (pourtant) n'avais abordé les lettres grecques que tard et· d'une manière superficielle, j'ai cependant séjourné là (à Athènes) plusieurs jours ». Ici encore l'indicatif se rencontre en v. latin, et parfois à l'époque classique : PL, Am. 561-2 : audes mihi praedicare id, \\ domi te esse nunc, qui hic ades? « lu oses in'alfirmcr (pic tu es maintenant à la maison, quand tu es ici? », en face de ibid. 177-8 : hodieqili fuerim liber, || eum nunc poliuil paler seruilutis « moi qui étais libre ce matin encore, mon père m'a réduit en esclavage »; Cie, Ph. 8, 19 : Caesar ipse, qui ittiê
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fuerat iratissimus, tarnen... calidie aliquid iracundiac rcmittebat « alors qu'il avait été très irrité... » ; cf. Pomp. 5 5 ; Fa. 5, 18, 1 ; etc. c) HeliitivcN consécutives. — Une idée latente de possibilité a pu aider le subjonctif à s'introduire : C i c , Fa. b, 18, 5 : domus est quae nulli mcarttm uillarum cedat « une maison qui ne saurait le céder à aucune de mes propriétés ». c - à - d . « telle qu'elle ne le cède... »; Alt. 11, 8, 2 : qui ex ipso audissent « des gens qui avaient pu (c.-à-d. en bonne situation pour) l'apprendre de sa bouche ». D a n s l'ensemble, toutefois, le,subjonctif, même appliqué à un fait, traduit l'effort de l'esprit qui s'attache à caractériser : C i e , R. Am. 52 : nunc dicis aliquid quod ad rem perlineal « m a i n t e n a n t tu dis une chose qui concerne l'affaire (toile qu'elle c o n c e r n e . . ) ». mêmes corrélatifs q u e pour ut consécutif : PL, Cu. 284 : nec... quisquamsl tam apulculus qui mi obsistal in uia « il n'est personne de si puissant qu'il puisse me faire obstacle en chemin »; C i c , Cal. 2, 3 : si quis est lalis qui... me accuset... « si qqn est d a n s de telles dispositions qu'il m'accuse ». On trouve également le relatif employé, comme ul, après comparatif -|- quam au sens de « t r o p . . . pour » : Ον., M. b, 195 : maior sunt quam cui possit Fortuna nocere « je suis t r o p g r a n d e (il s'agit de Niobé) pour (pie la fortune puisse me nuire » (§ 344). L'usage est de distinguer : is qui 4- i n d i c «1 l'homme qui, celui qui » (constatation d'un fail), ct is qui + subj. ( = is... ul) n un homme qui, c.-à-d. tel que ». Ainsi : 1) Cic, Tu. 5, 41 : sine metu is habendus est... qui omnino indu uacat a celui-là doit être estimé sans crainte qui est exempt de toute crainte » ; Fa. 15, 4, 11 : lu es is qui me luis scntenliis saepissime ornasti « tu es celui qui (— c'est toi qui)... »; — 2) Cic, Fa. 5, 12, 6 : neque tu is es qui quid sis nescias * tu n'es pas homme à ignorer ce que tu es » ; Liv. 22, 30, 15 : dubitas ergo quin... siiperaluri simus eum qui senescat in dies? n doutes-tu que nous n«; triomphions d'un ennemi qui s'affaiblit de jour eu jour? ». § 338. R e l a t i v e s d e s e n s I n d é t e r m i n é , é v e n t u e l , etc. — D ' a s sez nombreuses tournures habituellement r a t t a c h é e s a u x relatives consécutives sont des tonnes affaiblies du subjonctif d'éventualité ou d'indétermination ct n ' o n t p a s lieu d'être considérées a u t r e m e n t qu'en elles-mêmes. Ce sont des expressions indiquant d ' u n e manière touto
LA PROPOSITION RELATIVE
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générale qu'il y a ou qu'il n'y a pas une personne ou une chose à qui puisse se rapporter l'affirmation énoncée par la proposition relative ; est qui, sunt qui, non désuni qui ; exslilit, exstilerunt qui ; reperiunlur qui ; habeo quod « j'ai de quoi », nihil habeo quod dem « je n'ai pas de quoi donner » ; nemo est qui ; nihil est quod ; quis est qui?', etc. Par exemple : PL, Am. 509 : feminarum nullast quam aeque diligam « il n'est pas de femme que j'aime (que je puisse aimer éventuellement) autant » ; Cap. 103 : nihil est quo me recipiam « je n'ai pas d'endroit où je puisse me réfugier » ; Ba. 92 : quid est quod ( = cur) metuas? « qu'as-tu à craindre ? » ; Var., R. R. 2, 7, 13 : sunt qui dicant « il y a des gens qui disent » ; Cie, Tu. 1, 18 : sunt qui censeant « il y a des gens qui estiment » ; 5, 23 : est ubi id ualeat « il y a des cas où cela vaut » ; Lac. bi : est quatenus amicitiae uenia dari possit « il y a une limite jusqu'où il peut être pardonné à l'amitié » ; Ces., B. G. 7, 77, 5 : qui se ultro morti offeranl, facilius reperiunlur quam qui dolorem patienter ferant « il se trouve plus facilement des gens pour s'offrir d'eux-mêmes à la mort... » ; etc. Les locutions est quad ct habeo quod -|- subj. prenaient en se fixant le sens de <« il y a lieu, j'ai lieu de » : PL, Tri. 310 : est quod gaudeas « tu as lieu de le réjouir » ; Cie, C. M. 13 : nihil habeo, inquit, quod accusem seneciulem « je n'ai pas lieu d'accuser la vieillesse », m. à m. « de chose par rapport à quoi (accus, de relation) je puisse accuser ». Dans les phrases négatives nullus est, nemo est qui, si la relative est elle-même négative, qui non est parfois remplacé par la conjonction quin. Celle-ci se trouve indifféremment après un antécédent masculin, féminin ou neutre : PL, Ba. 336 : nullust quin sciai « il n'est personne qui ne sache »; Ces., B. C. 3, 53, 3 : nemo fuit omnino milttum quin uulnerarelur « il n'y eut absolument pas un soldat qui ne fût blessé » ( = qui non) ; Cie, Ver. A , I '• nego ullam picluram (fuisse)... quin conquisicrit « qu'il n'ait recherchée » (—-· quam non) ; N. D. 3, 30 : nihil est quin intercut « qui ne périsse » (— quod non). L'extension de quin a ce type de phrase avait pu être facilitée par les tournures nulla causa est quin, quid causae est quin...? qui entraient dans la catégorie des verbes d'empêchement (§§ 313, 314). Note. — On distinguera : 1) avec le subjonctif : nemo est qui putet « il n'est
340
SUBORDINATION ET COORDINATION personne qui pense (cpii puisse penser) · ; quis est qui dicat? (Cic, Quinct. 74) ; nuance (le possibilité ct d'indétermination ; — 2) avec l'indicatif, expression du fait y nemo iustus esse potest qui mortem...timet (Cic, Of. 2, 38) n personne ne peut être juste qui craint la mort », c.-à-d. « s'il craint », ou encore : « aucun de ceux qui craignent la mort, ne peut être juste » ; an quicquam est secundum naturam quod fit répugnante ralione? (Cic, Tu. 4, 79) « de ce qui se fait malgré la raison, y a-t-il rien qui puisse être conforme à la nature? ».
§ 8 8 8 bis. L e s u b j o n c t i f d a n s le t o u r sunt qui dicant é t a i t a p p e l é p a r l'idée d'indétermination : « il y a des gens q u i d i s e n t » (on n e précise p a s lesquels), v a l e u r sensible d a n s un p a s s a g e c o m m e P L , Men. 457 : affalimst hominum in dies qui singulas escas edinl n il y a des tas de gens q u i n e m a n g e n t q u ' u n e fois p a r j o u r ». lin m ê m e t e m p s , le s u b j o n c t i f insiste s u r l a chose é n o n c é e q u ' i l m e t en relief, p l u t ô t (pie s u r les i n d i v i d u s en q u i elle s ' a c t u a l i s e : sunt qui censcant... « il y a d e s gens p o u r e s t i m e r q u e . . . »; inueniuntur (reperiunlur) qui... « il se t r o u v e d e s gens p o u r . . . » ; cf. C i c , Tu. 2, 28 : philosophi inue.nti sunt qui summum malum doloren diccrenl « p o u r d i r e q u e . . . ». I.'iinlii.it il a p p a r a t ) d a n s le c a s (le p e r s o n n e s ou de c h o s e s d é t e r m i n é e s q u e l'on vise : P L , Tri. 01 : sunt quos scio esse amicos « il y a d e s gens q u e je sais ê t r e nies a m i s »; Ps. 462 : sunt quae te uolumus perronlari « il y a q u e l q u e s choses (précises) «pic n o u s v o u l o n s te d e m a n d e r », — ou bien si un adjectif c o m m e alii, multi, pauci a p p o r t e u n e limitation : C i c , Of. 1, 43 : sunt mulli qui eripiunt ; Tu. 3 , Ö3 : sunt alii quos... dclcdat ; Lac. 72 : sunt quidam qui... faciunt ; Fi. 5, 38 : sunt bestiac quaedant in quibus inesl aliquid simile uirltllis, til in leonibus, mais Of. 1, 84 : inue.nti mulli stint qui... uilam profundere pro palria paraît essent,... ul Callicralidas ( n u a n c e d e c o n s é q u e n c e : « c a p a b l e s d e »). H o r a c e r é u n i t les d e u x c o n s t r u c t i o n s d a n s u n m ê m e v e r s : Ep. 2, 2, 182 : sunt qui non habcant, est qui non curat habere : le s e c o n d m e m b r e d é s i g n e p r é c i s é m e n t u n e p e r s o n n e q u e l ' a u t e u r c o n n a î t bien, à s a v o i r l u i - m ê m e . Mais il a r r i v e aussi q u ' a u c u n e r a i s o n p a r t i c u l i è r e n e justifie l ' e m p l o i d e l ' i n d i c a t i f : C i c , Inu. 1, 72 : sunt qui putant; L u c r . 2, 4 2 6 : sunt quae... putantur ; H o r . , Od. 1, 1, 3-4 : sunt quos... iuuat ; Ces., B. G. 4, 10, 5 : sunt qui exislimantitr ; l'indicatif s«; c o n f o n d a l o r s a v e c le subjonctif. L g a l c n i c n l : l'ér., Eu. 558 : quid est quod sic geslis? « q u ' a s - l u à e x u l t e r ? », à c ô t é d e v. 559 : quid est quod lactus sis? H e l l é n i s m e est : P r o p . 3, <), 17 : e:;t quibus Elcae concurril palma quadrigae n il en e s t à q u i c o n v i e n t la p a l m e d u q u a d r i g e », à la fois p o u r le singulier (est) e t p o u r l'indicatif d e la r e l a t i v e ( = Eortv οίς).
§ 339. Tours particuliers. a) Relatives restrictives : formules quod sciam « que je sache », m.
LA PROPOSITION RELATIVE!
34I
à m,-« pour ce qui est de ce que je peux savoir » ; quod meminerim « autant que je me souvienne » ; le subjonctif indique proprement la possibilité, cf. PI., Men. 500; Cie, Fi. 2, 7. Hors de ces formules, le sens restrictif est souligné par quidem ou modo : Cie, de Or. 2, 93 : antiquissimi fere sunt, quorum quidem scripta constent, Pericles atque Alcibiades « les plus anciens, du moins dont les écrits subsistent... »; Diu. 1, 86 : nemo aliter philosophus sensit, in quo modo esset audoritas <( aucun philosophe, qui eût du moins de l'autorité... » ; parfois, il se dégage de lui-même : Or. 208 : nemo qui aliquo esset in numéro « personne qui eût du moins quelque rang... ». Mais l'indicatif alternait : Liv. 32, 6, 8 : céleri Graeci Latinique auctores, quorum quidem ego legi annales; ou encore Cie, Dei. 16 : cui porro, qui modo populi Romani nomen audiuit, Dciotari integrilas... non est.audita?, à côté de Ph. 2, 7 : quis... umquam, qui paulum modo bonorum consueludinem nosset, litlcras ad sc ab amico missas... in medium pratulil? L ' i n d i c a t i f s'est m ê m e seul m a i n t e n u d a n s le l y p e quantum in me est, quad in me est « a u t a n t (pie cela est en m o n p o u v o i r » ( C i c , N. D. 3, 15 ; Ph. 1, 1 ; c i c ) ; quod potes, quod poteris « d a n s la m e s u r e d e t o n p o u v o i r » : Ter., Ad. si 1-2 : islam, quod. fioles, || far considère ; C i c , Al. 10, 2, 2 : tu tarnen, quod poteris,... nos consiliis iuuabis, e t c .
b) Type dignus qui -| subj. « digne de » ; idoneus qui -\- subj. « apte à » ; etc. Cie, Leg. 3, 5 : qui modeste parcl, uidetur qui aliquando imperet dignus esse « . . . paraît digne de commander un jour » (cf. PL, Ps. 611) ; Pomp. 57 : idoneus qui impetret « susceptible d'obtenir »; aptus qui (Cie, Lae. 4), opportunissimus unde (Liv. 26, 43, 7), indigni qui impetrarent (Cie, R. Am. 119). Le relatif se met au cas réclamé par le verbe : dignus est quem âmes, cui confidas, etc., m. à m. « une personne digne que tu puisses ou doives l'aimer, en qui tu puisses ou doives te lier », etc. Le subjonctif est amené par l'idée modale latente de possibilité ou d'obligation : l'indicatif est exclu de ces tournures. Dignus ul existe dès Plante, cf. Mi. 1140, ct se retrouve à l'époque impériale (Quint. 8, 5, 12) ; mais la prose classique l'évite. Noie. — Pour E. Brnvcnistc, B. S. L. 53 [1958], p. 39 sq., le relatif était à l'origine un article déterminatif «jui pouvait être lié même à une forme nominale sans verbe : ainsi encore Vg., En. 6, 661 sq. : quique sacér* dotes casti... quique pii uales... « ct les prêtres... et les poètes..'. ».
CHAPITRE
IV
PROPOSITIONS CIRCONSTANCIELLES
§ 340. Les propositions circonstancielles sont réparties en finales, consécutives, causales, adversatives, comparatives, temporelles, conditionnelles. Cette classification, établie d'après la nature du rapport logique, a l'avantage de grouper les différents tours utilisés pour l'expression d'une même notion. Mais elle sépare les emplois d'une même forme Les divers sens — temporel, causal, adversatif — de cum se trouvent ainsi répartis sous des rubriques différentes, alors qu'ils se sont développés les uns à partir des autres. Et l'on peut en dire autant des divers emplois de ul.
Propositions finales § 341. Les propositions finales, indiquant le but visé ou le résultat cherché, sont au subjonctit, employé conformément à son sens propre d'intention ou de volonté. Ces propositions sont introduites le plus souvent par ut « afin «pie, pour que » : Rhet. Her. 4, 39 : esse oportet ut uiuas, non uiuere ut cdas « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger », — et, si elles sont négatives, par ni : dans une phrase comme PL, Au. 1 : ne quis mirclur qui sim, paucis cloquar, la valeur première de ne comme négation du subjonctif est encore sensible : « qu'on ne se demande pas qui je suis, je vais l'exposer brièvement », c.-à-d. « pour qu'on ne se demande pas... ». Ainsi que cela se produit dans l'emploi complétif, ut est parfois joint à ni sous la forme ut ne : PL, Ci. 41 : ut ne esurirem « pour ne pas avoir faim » (ici encore pour
PROPOSITIONS CONSÉCUTIVES
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insister) ; Cic, N. D. i, 17 : sed ut hic qui inleruenit — me intuens — ne ignoret quae res agalur, de natura agebamus deorum (avec disjonction). Les principaux corrélatifs sont : eo, idcirco, ob eam rem (causam), eo consilio, ea causa ut (ne), etc. ; mais grammaticalement la finale ne se distingue plus alors de la complétive explicative développant le corrélatif. Si la proposition finale contient un comparatif, l'usage est de préférer à ut l'ablatif adverbial quo — « par suite de quoi », d'où « afin que par là, d'autant » : Ter., Eu. 150 : adiuta me quo fiat facilius « aide-moi pour que cela se fasse plus facilement », et la .locution quo minus des verbes d'empêchement a ici son origine : Ter., An. 197 (§ 313). Cependant, ut n'est pas inconnu en pareil cas : PI., Am. 110 : ut rem teneatis redius ; Cie, Arch. 28 : ut id libentius faciatis. Et, de son côté, quo se trouve sans qu'il .y ait de comparatif : Cic, Fi. 3, 22 : ut omnia facial quo propositum adsequatur « faire tout pour, atteindre son but ». On voit même se créer quo ne (lat. fam., Hor., S. 2, I, 37 ; etc.), d'après ul ne. En v. latin, l'ablatif adverbial qui servait aussi de conjonction finale : PL, Poe. 1264 : magis qui crcdatis, dicam n pour que vous y croyiez mieux, je vais vous dire ceci ». Non pouvait être appelé comme négation de mot : Cic, Cat. 1, 23 : ut a me non eiedus ad alienos, sed tnuitatus ad tuos esse uidearis. La formule ut non dicam relève touteiois d'un autre type d'expression (§ 383). Les temps habituels de la proposition finale sont le présent et — en concordance passée — l'imparfait du subjonctif ; le parfait est rare. Voir infra, § 401.
Propositions consécutives § 342. Les propositions consécutives — à la différence des finales — indiquent un résultat qui n'est pas nécessairernent cherché ou voulu, et qui est même souvent un fait réalisé. Elles ont été cependant établies sur le modèle des finales, avec la même conjonction (ut), et aussi
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SUIIORDINATION ET COORDINATION
avec le même mode : le subjonctif y a été, en effet, généralisé, alors qu'en grec &axt, si le sens l'exige, se construit avec l'indicatif au lieu de l'infinitif. Au point de départ d o i v e n t être placés des tours où subsiste une idée d'intention ou d'éventualité (§337) : PL, Ps. 579 sqq. : ita parant copias... || facile ut uincam « j ' a i préparé mes troupes de manière à vaincre facilement » ; C i e , Tu. 3, 71 : quis Iam démens (est) ul sua italunlatc maercat? « qui est assez fou pour qu'il puisse s'affliger volontairement ? ». De là, le passage était facile à la proposition consécutive énonçant un fait : C i e , Ver. 3, 20 : scripta lex ita diligenter est ut... appareal « la loi a élé rédigée si soigneusement qu'il est clair que... » ; et même alors peut a p p a r a î t r e une légère signification modale d'intention : « la loi a été rédigée assez soigneusement pour qu'on voie bien... ». E n t r e les deux sens la différence est faible, et souvent le lecteur ou l'auditeur a le choix. Cf. aussi § 344, 1. Néanmoins, en bas latin, avi;c l'oubli des « règles », le sentiment l'emportait .parfois qu'une proposition exprimant un fait devait se trouver à l'indicatif, cl l'on rencontre celui-ci à l'occasion : Grég. T., Mart. 4, 10 : Bodilo... turba-tus crut ita ut non scriberc iuxta consueludinem... poterat (Bonnet, p. 680) ; déjà C. / . /-. VIII, 2728 (a. 152 p.Chr.) ; inscr., Lucif., juristes, etc. Kn outre, ul tendait à être remplacé par quod : Paneg. 3, 8, 1 : indc... illa impatienlia... crupit, quod uos nulla regionum longinquitas... niorari potuit. § 343. La proposition consécutive exprimait souvent l'effet d'une situation ou d'une finalité atteignant un certain degré; les corrélatifs de ut étaient dans ce cas adeo, lam, talis, tantus, tantum et, par assimilation, is au sens de « tel ». Avec d'autres corrélatifs, surtout ita et sic, elle indiquait In manière dont s'effectue l'action du verbe principal : Nep. 25, 4, 5 : quem discedenlem sic uniuersa ciuitas Atheniensium prosecuta est ul lacrimis desiderii futuri dolorem indicarcl « à son départ, la ville d'Athènes entière l'accompagna en m o n t r a n t par ses larmes la douleur qu'elle allait éprouver de ne l'avoir plus ». La valeur première de la construction se laisse encore reconstituer : « la cité accompagna le personnage dans les conditions suivantes (sic), à savoir q u e . . . » (ut explicatif).
PROPOSITIONS
CONSÉCUTIVES
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La négation est d'ordinaire celle de la réalité, c.-à-d. non ; PL, ML. 70-71 : ad scse arccssi iubent, || ul tuo non liceat dare operam negotio « elles veulent que je te conduise à elles, de sorte qu'il ne m'est pas possible de m'occuper de ton affaire ». Ne, cependant,'peut être appelé, s'il y a une idée d'intention assez forte : Cic, de'Or. 3, 171 : struere uerba sic ut neue asper concurstis eorum nette hiulcus sit « disposer les mots de telle façon qu'il n'y ait ni rencontre dure ni discontinuité ». Comme à ut non complétif (§814), quiti — après une proposition principale négative — servait de substitut à ut non consécutif : Ter., Hau. 67 sqq. : numquam lam mane egredior... || ... quin te in fundo conspiccr || fodere « je ne sors jamais si matin «pie je ne t'aperçoive sur ton domaine en train de bêcher »; Cic, Ver. .\, 05 : numquam tain maie est Sicnlis quin aliquid facetc... dicanl « les Siciliens ne sont jamais dans une situation si mauvaise qu'ils ne trouvent à plaisanter». Lasubstitulion n'était peut-être pas entièrement: mécanique 11 se dégage m-algré tout du contexte une idée d'empêchement qui ne devait pas être étrangère au choix de quin : l'heure matinale pouvait empêcher qu'on ne trouve le personnage de Terence déjà au travail, etc. Les principaux temps employés sont, comme pour la finale, le présent et l'imparfait du subjonctif. Mais le parfait y est plus fréquent à la fois comme parfait proprement dit ct comme prssé historique (§§ 402-405). L'expression du potentiel et de l'irréel î S fait d'après les indications données §§ 387, 388.
§ 344. Constructions particulières. 1) ita... ut (ou ut seul) restrictif = « à la condition que < : Cie, Of. 1, 88 : ita probanda est... dementia ut adhibcalur, rei publicae causa, seueritas « la clémence doit être approuvée, à la condition que, dans l'intérêt de l'État, on y adjoigne la sévérité », propremen : « de cette façon, à savoir que... »; ibid. 3, 99 : (Rcgulus) missus est ad senatum ul, nisi reddili essen I Pectus capliui, rcdircl ipse « Kégulus ft t envoyé au Sénat à la condition (pie... » ; dans la parataxe, ul servait ^implement d'introducteur à des subjonctifs indiquant un ordre dans 1;î passé : « à cette condition, à savoir : si les prisonniers n'étaient pas rendis, il devait revenir lui-même » (sur cette valeur de rcdirel, voir plus h tut, §252).
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SUBORDINATION ET COORDINATION
Ce type de phrase relevant du subjonctif de volonté, c'est ne qui sert de négation (ita ut ne'ou. ita ne) : Cie, Of. 2, 72 : sed ita ul ea res aut prosit aut certe ne obsit reipubltcae « mais à la condition que cela soit utile ou du moins ne nuise pas à l'État » ; Liv. 22, 6r, 5 : ita (in urbem) admisses esse, ne tarnen iis senatus darehir « ils avaient été, dit-on, admis dans la ville, à la condition toutefois qu'une audience du Sénat ne leur serait pas accordée ». Parfois, ne est seul exprimé : Liv. 25, 5, n ; 26, 2, 14 ; etc. 2) quam ut après un comparatif = « trop pour » : Cic, Br. 70 : signa rigidiora... quam ut imitentur ueritatem « des statues trop raides pour reproduire la vie ». 3) ut non consécutif équivaut parfois au fr. « sans que, sans » : Cic, Fi. 2, 71 : malet existimari bonus uir, ut non sit, quam esse, ul non putetur « il aimera mieux être estimé homme de bien sans l'être que de l'être sans être estimé tel », m. à m. n être estimé homme de bien dans des conditions telles qu'il ne le soit pas... » ; Diu. Caec. 44 : cuius ego ingenium ita laudo ut non pertimescam « dont je loue le talent sans le craindre ». Ici encore, quin se rencontre : Ter., Eu. 1092 : numquam eliam (jamais encore) fui usquam quin me omnes amare.nl. Ailleurs le contexte peut donner à ul non une traduction différente : Phèdre, 3, 7, 27 : regnare nolo, liber ut non sim mihi « je ne voudrais pas régner, si c'est pour ne pas me sentir libre ». Mais toujours il convient de revenir au sens propre : <« dans des conditions telles que je ne sois pas libre ». 4) Locution tantum abest ut... ul (contra)... « il s'en faut tellement que... qu'au contraire... » ; le premier ut est complétif, le second consécutif : Cic, Tu. 2, 4 : tantum abest ul scribi contra nos nolimus, ul id eliam maxime optemus « nous sommes si loin d'être fâchés qu'on écrive contre nous qu'au contraire nous le souhaitons vivement ».
Propositions causales § 345. Les propositions causales indiquent la raison ou le motif de l'action énoncée dans la principale (négation non).
PROPOSITIONS CAUSALES
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Pour le mode, deux grouj)es sont à distinguer : a) Propositions causales introduites par cum « puisque » : le subjonctif y est « de règle » à partir de l'époque classique : Cie, Fi. i, 66 : cum soliludo et uita sine amicis... metus plena sit, ratio ipsa monet amicitias comparare « comme la solitude et la vie sans amis sont pleines de crainte, l'intérêt même conseille de se procurer des amitiés » ; Of. 3, 6 : ad quos cum tanquam ad mercaturam bonarum artium sis profedus, inanem redire turpissimum est « puisque tu es parti auprès d'eux... »; Nep. 23, 10, 4 : dolo erat pugnandum, cum par non esset armis « il lui fallait combattre par ruse, puisqu'il n'était pas égal par les armes » ; formule quae cum Πα sint « puisqu'il en est ainsi », cf. Cic, Cat. 1, 10. Ce subjonctif n'a pas de valeur sémantique particulière; c'est un subjonctif de subordination, tendant à différencier de l'emploi strictement temporel de cum ses fonctions plus abstraites de cause et de concession (§ 350). Comme pour le relatif, le sens causal de cum était renforcé par des particules : quippe cum et utpote cum depuis, Cicéron ; praesertim cum (class.) « surtout étant donné que, d'autant que » ; ut cum (Quint. 5, 10, 44), d'après ul qui, cf. § 330. D a n s la vieille l a n g u e , l'indicatif se r e n c o n t r e e n c o r e : P L , Ba. 536-7 : saluus quom... aduenis, \\ cena delur « p u i s q u e t u a r r i v e s sain e t sauf, q u ' u n d î n e r soit servi ». K Ç _ p l u s t a r d , il r é a p p a r a j t ^ e n b a s l a t i n : G r é g . T., Mari, praef. : quid timeo rusticiiatem meant, cum redemptor nosier non oratores, sed piscatores praeelegit? ( B o n n e t , p . 681).
b) Propositions introduites par quod, quia « parce que », quando (quandoque, arch., Cie, Liv.), quandoquidem et quoniam « puisque ». Quod ct quia, neutres respectivement du relatif et de l'interrogatif, introduisaient aussi des complétives, cette fonction étant restreinte toutefois pour quia, dans la langue littéraire (§§ 303-4). Quando ct quoniam sont des conjonctions temporelles ayant pris le sens causal, comme en français les locutions « du moment que, dès l'instant (pie, du jour où, maintenant que, etc. ». Cette valeur temporelle est demeurée courante pour quando ', pour quoniam, il n'y en a plus que des traces, surtout en v. latin : PL,
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SUBORDINATION ET COORDINATION
Mi. 129-30 : quoniam inspcxi mulieris sentenliam, \\ ccpi labellas «( q u a n d j ' e u s pénétré les dispositions de la (jeune) femme, je pris des tablettes » ; cf. aussi C i c , 5 . Rose. I19. Quod et quia ont les mêmes corrélatifs (pie d a n s leur fonction explicative : co, ideo, ideirco, proplerea, ob hanc. causam, ah cam rem, e l c Ceux-ci ne se sont guère étendus à quando et à quoniam; cf., cependant, proplerea ou ideirco quoniam, Lucr. 2, 835, Prop. 2, 33, 14. § 346. Les conjonctions du groupe quod, quia, quando, etc., en t a n t qu'elles expriment un fait ou une raison effective, appellent naturellement l'indicatif. Toutefois, le subjonctif n'en est pas exclu ; surtout après quad et quia, il s'emploie n o t a m m e n t : 1) q u a n d la raison donnée représente la pensée d'un tiers (style indirect), et non de l'auteur : C i c , Tu. 5, 105 : Aristidcs... nonne ab eam causant exptdsus est palria, quad praeter madum iuslits esset? « Aristide n'a-t-il pas élé exilé, parce qu'on trouvait que sa justice déliassait la mesure? » ; c'est le motif qui a déterminé ceux qui l'ont banni ; erat voudrait dire que réellement sa justice était excessive et que l'auteur prend cette affirmation à son compte ; Pour l'attraction qui s'exerce en pareil cas sur un verbe « dire » ou « penser », voir § 418, n. 2) pour indiquer une raison à laquelle on pourrait penser, mais qu'on repousse comme n ' é t a n t pas fondée : C i c , de Or. 3, 52 : nemo enim unquam est orator cm, quod Latine laquerctur, admiratus « personne n'a jamais admiré un orateur, parce qu'il parlait correctement » ; Vg., G. 1, 415-b : haud equidem credo, quia sit diuinitus Ulis \\ ingenium «je ne crois pas (qu'il en soit ainsi), parce qu'elles (les abeilles) auraient une intelligence divine ». Particulièrement fréquent est nan quad (ou non quia) -|- subj. « non que », la cause effective étant énoncée ensuite p a r sed quod (quia) -|- ind. : C i e , Tu. 2, 56 : ingemescunt, non quod dolcant..., sed quia... omne corpus inlenditur « ils poussent un soupir, non point qu'ils souffrent, mais parce que tout leur corps se tend »; Fi. 1, 32 : nemo enim ipsam uoluptatem, quia uoluplas sil, aspernalur..., sed quia consequuntur magni dolores... « personne ne repousse
PROPOSITIONS CAUSALES
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le pjaisir parce que c'est le plaisir, mais parce qu'il s'ensuit de fortes douleurs... » ; ci. PL As. 844. Avec négation d a n s la proposition causale : non quod non + subj. « non que n e . . . p a s » ; et aussi non quin, même sens, la conjonction quin é t a n t sans doute appelée par le caractère négatif de la tournure : C i e , Fa. 4, 7, ι : non quin ab eo (consilio) ipse dissenliam, sed quod... « non que je ne diffère pas d'avis, mais parce q u e . . . ». A côté de non quad, on trouve aussi non quo -f- subj. : Lucr. 2, 336-7 : nan quo... sint, || sed quia... constant; cf. PL, Am. 913 ; Var., R. R. 2, 1, 3 ; C i e , de Or. 2, 74 ; etc. Non quia, suivi de l'indicatif, semble s'être employé, à la différence de non quad (quia) -|- subj., pour introduire une raison que l'on repousse, mais dont on n'entend pas pour cela contester l'existence C'est la valeur du fr. « non pas parce que », en face de « non que ». Par exemple : Cic, Leg. 2, 31 : neque uero hoc, quia sunt ipse augur, ita sentio, sed quia sic exisliinare nos est necesse « ct je pense ainsi, non parce que je suis augure (fait réel), mais parce (pic... » ; de même : Cic, Plane. 78 ; Prop. 1, 11, 17 ; Liv. 33, 27, 6 ; etc. Mais la différence ainsi établie avec non quod n'était pas constante : dans Lucr. 2,' 3 : non quia uexari quemquamst iucunda uoluplas, il s'agit d'un sentiment qui est. écarté par l'auteur sans être reconnu par lui comme réel ; et d'autres exemples apparaissent à l'époque impériale (Tac, A. 13, 1 ; 15, 60, etc.) par un effet de la tendance déjà signalée à construire automatiquement quia avec l'indicatif. Indépendamment des cas précédents, le subjonctif dans les propositions causales pouvait être amené — notamment en v. latin — par un sentiment encore vif des nuances de ce mode. Ainsi : PL, Ba. 735-6 : Chrysalus mihi usque quaque loquitur nec rede, paler, || quia tibi aurum reddidi el quia non le defriidauerim « Chrysale me gronde à tout bout de champ, parce que je t'ai rendu l'or et n'ai pas voulu t'escroqner » : quia reddidi s'applique à un acte qui a eu lieu ; quia non defrudaucrim est négatif ct énonce un ai le «pii n'a pas eu lieu. C'est seulement au cours de l'époque impériale et plus tard «pie I«; subjonctif s'est parfois étendu à quod, quia, etc., sans raison de sens cl sans doute d'après cum : Hyg., Fab. 68 ; G". / . L. VIII, 26560; Sidoine, Ep. 1,5, 1 (avec alternance). § 847. Autres conjonctions à sens causal. — Plusieurs conjonctions prenaient incidemment en latin un sens causal : dum — qui marquait la simultanéité — désigne, avec le présent et le par-
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SUBORDINATION ET COORDINATION
fait d e l'indicatif, la c a u s e i n v o l o n t a i r e d ' u n e a c t i o n ( = fr. α en » -f- g é r o n dif) : C i c , Cat. 2, 20 : hi dum aedificanl,... in tantum aes alienum inciderunt ut... n en v o u l a n t c o n s t r u i r e , ils se s o n t e n d e t t é s a u p o i n t q u e . . . » ; Br. 282 : dum Cyri et Alexandri similis esse uoluit,.., L. Crassi et multorum Crassoriim inuentus est dissimillimus « en v o u l a n t r e s s e m b l e r à C y r u s ct à Alexandre... » ; pestqiiam a déjà en v. lai in le sens d u fr. « p u i s q u e », lequel, d u r e s t e , en d é r i v e : PL, Mo. Λ47-Ν : postquam haec aedes ita erant..., || continue est alias aedes niercatus « p u i s q u e c e l l e maison-ci é t a i t d a n s u n tel é t a t , il e n a a c h e t é u n e a u t r e »; C i c , Ver. 5, 103 : quae omnia nunc intelle git sibi nihil prodessc, posteaquam certis... testibus conuincitur « ... m a i n t e n a n t q u ' i l est c o n f o n d u p a r d e s t é m o i n s précis » ; cf. Ter., Ph. p r o l . 1 ; quittants « d a n s la m e s u r e où » (relatif) se t r o u v e a v e c v a l e u r c a u s a l e (n == p u i s q u e ») d e p u i s L u c r è c e : 2, 027 ; 3, 218, e t il r é a p p a r a î t a v e c elle en poésie cl en p r o s e à l ' é p o q u e i m p é r i a l e : H o r . , 5 . 1, 1, 64 ; Od. 3, 24, 30 ; Ον., Tr. 5, 5, 21 ; P l i n e , Ep. 3, 7, 14 ; T a c , Λ . 3, 1 6 ; e t c . ; ut -|- i n d . a v a i t d e s t r a c e s d e s e n s c a u s a l e n r a p p o r t a v e c s o n e m p l o i c o m p a r a t i f (§ 352), m a i s aussi d ' u n e m a n i è r e p l u s e x p l i c i t e : Ces., B. G. 3, 8, 3 : ul sunt Gallorum subita et repcntina consilia n vu (pie les décisions d e s C a u l o i s sont r a p i d e s et s o u d a i n e s » ; SaL, C. 5g, 2 ; H o r . , S. 1 , 9 , 42-3. E n b a s l a t i n , la v a l e u r c a u s a l e é c h o i t parfois à ul -f s u b j . d a n s d e s t o u r s corrélatifs c o m m e ideo ut ou propter ut, cf. C a s s i o d . , Var. 2, 32, 3, au lieu d e ideo quod ou propter quod, p a r e x t e n s i o n d e ul explicatif ; ubi « p u i s q u e » : C i e , Quitict. 71 : accusa, ubi ita necesse est « a c c u s e , p u i s q u e c ' e s t nécessaire »; a v e c s e n s t e m p o r e l m ê l é : Vg., fin. 3, 670 : ucrum, ubi nulla datur dextra afjedare potestas... « m a i s , c o m m e (du m o m e n t que) il n e p e u t a u c u n e m e n t d e la m a i n a t t e i n d r e (le n a v i r e ) . . . »; cf. Ces., B. G. 2, 9, 2. Cur, enfin, à p a r t i r d u t y p e aecuso cur (§ 304), é v o l u a i t v e r s n p a r c e q u e », e m p l o i a t t e s t é d e p u i s Q u i n t . 1, 3, 15 : ut pueri... cur non fecerinl, puniantur « p a r c e q u ' i l s n ' o n t p a s fait »; cf. Lucif. Cal., Reg. Aposl. 7 : nos... execraris, primo omnium cur dei filium uerum dei filium confiteamur, secundo cur non tibi adulanur.
Propositions concessives ou adversatives § 34H. Les propositions concessives (ou adversatives) forment un groupe très disparate, car elles ont des conjonctions très différentes de nature ct de construction, ct qui ont agi les unes sur les autres au
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cours d u latin. L a particule tarnen est souvent exprimée dans la principale pour préciser la relation. i ) C o n j o n c t i o n s c o m p o s é e s d e « s i », i n d i q u a n t la circonstance qui peut ou pourrait entraver l'action et malgré laquelle celle-ci a lieu : elsi, eliamsi, lametsi, tamenetsi « même si, q u a n d bien m ê m e », d'où « bien que, quoique ». La s y n t a x e est celle des conditionnelles : PL, Cap. 543 : tarn sum se.ruus quam lu, elsi ego domi liber fui « je suis a u t a n t esclave que toi, bien que j ' a i e été libre d a n s mon p a y s », proprement « ... et p o u r t a n t (et) tel que je suis (si — sic) j ' a i été libre » ; Ces., B. G. 5, 34, 2 : lametsi ab duce et a Fortuna deserebantur, tarnen omnem spem salulis in uirtule ponebant « bien qu'ils fussent a b a n d o n nés... » (fait réel) ; —· Ter., Ad. 851 : etiam si nolit, cogam « même s'il ne voulait pas, je le contraindrais » (potentiel) ; C i e , Mi. 79 ; etiamsi propter amicitiam uellet illum ab inferis euoeare, propter rem publicam non fecisset « même si à cause de son amitié il avait eu le désir de le ramener des enfers,... » (irréel) ; Liv. 28, 35, 10 : (affirmât) id se, etiamsi iam pridem uellet, minus praeslare... potuisse « bien qu'il le voulût depuis l o n g t e m p s . . . » (style indir.) ; etc. Eliamsi et tamenetsi — formes renforcées de elsi, lametsi et encore rares en v. latin — concurrencent ensuite ces derniers à l'époque impériale. A l'époque impériale, le subjonctif de subordination s'étendait parfois sans raison de sens, d'après cum conccssif : Pétrone 46, 5, et 71, 1, avec elsi, peut-être par souci de purisme ; également, avec tametsi et etsi chez Justin, 8, 1, 10; 18, 7, 8 ; cf. saint Ambroisc, Of. 1, 5, 2 0 ; etc. D'autre part, si lui-même n'est pas rare avec nuance concessive : PL, Au. 100 : si Bona Fortuna Ueniat, ne intromiseris « même si c'était la Bonne Fortune qui vienne, ne la laisse pas entrer », chez Cicéron aussi et notamment à l'irréel : Mu. 8 : quae si causa non esset, tarnen... « quand même il n'y aurait pas cette raison, cependant... ». Fi n à supposer que », dans le tour ul desitit uircs (§ 88Λ), prend aussi une valeur voisine. Vel si s'est parfois employé comme substitut de et si : Liv. 30, 26, 8 : uir certe fuit dignus tanto ooghominc, uel si nottum ab eo inciperet « même s'il avait, été le premier à porter ce prénom ». Le sens disjonctif existe encore à côté de la valeur concessive dans Cic, Fi. 2, 49. § 349. 2) Q u a m q u a m , q u a m u l s , l i c e t , « bien que, quoique ». quamquam — c.-à-d. la particule quam redoublée, proprement « à
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SUBORDINATION ET COORDINATION
quelque degré (que) » — se construit avec l'indicatif comme les relatifs indéterminés quicumque, quisquis, etc. : PL, Cas. 421 : quamquam hoc tibi acgre est, tarnen fac. accurcs « à quelque degré que cela te soit pénible », d'où « bien que cela te soit très pénible, tâche de prendre soin » ; Cie, Of. 1, 56 : quamquam omnis uirtus nos ad se allicit,... tarnen iustitia et liberal Has id maxime efficit « bien que toute vertu nous attire à elle... ». Mais l'analogie de quamuis appela peu à peu le subjonctif après quamquam : Nep. 25, 13, 6 ; Liv. 36, 34, 6 ; T a c , A. 1, 3 (très souvent chez cet auteur) ; etc. quamuis à été tout d'abord, comme quamquam, une locution adverbiale : « (autant) (pic tu veux », — valeur qui se retrouve encore : PL, Men. 318 : quamuis ridi:ulus est, ubi uxor non adest « il est plaisant autant qu'on veut (au possible), quand son épouse est absente »; Cie, Ver. 5, 11 : facinus quam uitltis improbum « un acte aussi odieux que vous voulez». Aussi a-t-011 à l'occasion une autre forme du verbe uellc ; Cic, Λ^. D. 2, 46 : quant uolet Epicurus ioeelur ; Cad. 67 : quam uolent... diserti sint; et quantum parfois se substitue à quam ; Hor., Ep. 2, 2, 39 : quantum uis r.tsticus « tout paysan qu'il était ». Comme conjonction concessive, quamuis s'est lié au subjonctif potentiel : « à quelque degré que soit une chose, cependant... », et il se 1 encontre de préférence auprès d'adjectifs ou adverbes indiquant une qualité susceptible de degrés : PL, Tri. 554 : quamuis malam rem quacras, il lie repentis « si mauvaise «pie soit l'affaire que vous cherchez, vous pouvez la trouver là » ; Cic, Fa. 7, 32, 3 : illa quamuis ridicitla essent,... mihi tarnen rirum non mouerunt « ces choses si gaies qu'elles pussent être (potentiel dans le passé), cependant ne me firent pas rire ». Mais, le sentiment de sa valeur propre se perdant, quamuis glissait au sens de « quoique. » et au rôle de conjonction subordonnante avec, le subjonctif : déjà, Cic, Ver. 5, 168 : quamuis ciitis Ramanus esset... « bien qu'il fût cit lyen romain » ; ibid. 3, 209 : quamuis res mihi non placent... Dans etile acception, l'influence de quamquam entraîna parfois — quoique plus rarement — l'indicatif : I e r exemple, Lucrèce 3, 403; peut-être Cie, Rab. Post. 4 : quamuis pattern suum numquam uiderat (mss.) ; surtout, en dehors de la prose clas-
PROPOSITIONS CONCESSIVES
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siquc :-Ncp. ι , 2, 3 ; Vg., B: 3, 8 4 ; fin. 5, 5 4 2 ; Ilor., S. 1, 3, 129 : quamuis lacet Hermogcnes ; Liv. 2, 40, 7 ; Quint. 8, 6, 7 3 ; également, chez Cclse, Val. Max., Sén., juristes, écrivains ecclésiastiques. Licet « quoique » n'est a u t r e que l'impersonnel signifiant « il est possible », devenu conjonction ct accompagné du subjonctif de la p a r a taxe : C i c , de Or. 1, 195 :' /reniant omîtes lied, dicam quod sentio « dussent tous protester, je dirai ce que je pense », proprement : «il est loisible (libre) à tous de protester, (cependant)... ». Combiné avec quamuis : C i c , Tu. 4, 53 : quamuis licet insedemur Sloicas « a t t a q u o n s , j ' y consens, les Stoïciens, a u t a n t qu'on v o u d r a »; cf. Leg. 3, 2 4 ; N. D. 3, 88. E n raison de cette valeur verbale persistante, licet •— en v. latin et d a n s la prose classique — n'est employé, selon la concordance, qu'avec un présent (faciam) ou un parfait (fecerim). Le premier exemple de licet au sens évolué de.« quoique », ct qui se t r o u v e par surcroît avec un temps passé, est : B. Hisp. 16, 3 : quod factum licet necopinantibus nostris esset gesinnt... «bien que ce coup eût été accompli sans que les nôtres s'y ait endissent... ». Licet comme conjonction est fréquent chez Martial, J u v é n a l , les juristes ct, d ' u n e façon générale, à basse époque : Peregr. Aeth. 7, 1 ; 8, 3 ; sous l'influence de quamquam, il est parfois construit avec l'indicatif ; Apul., Met. 2, b, 8. Quamltbet, proprement « autant qu'il plaît », du même type que quamuis, est pratiquement conjonction concessive chez Lucrèce 3, 987 : quanilibet immani proieclu corporis extet... « si effroyable que soit la grandeur du corps étendu... »; d'où, sans adjectif: Quint. 12, 1, 29 : prodil enim se, quanilibet custodiatur